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Comptes publics: Dérapage des coûts de la fonction publique

Comptes publics: Dérapage des coûts de la fonction publique


Les fonctionnaires ont coûté quelque 107 milliards d’euros à l’État en 2024. Soit une masse salariale « en hausse de 6,7 % par rapport à 2023, alors que l’inflation en 2024 (2 %) a nettement reflué par rapport à 2023 », écrit Matignon, dans un courrier envoyé à tous les ministres ce jeudi 24 avril.Preuve supplémentaire que les dérapages des coûts de l’État ne sont maîtrisés par personne .

« En cohérence avec nos engagements en faveur du redressement des finances publiques, la maîtrise des dépenses de masse salariale doit donc impérativement être renforcée », avance la circulaire, qui en profite pour imposer une piqûre de rappel aux ministères quant aux « règles fondamentales qui doivent être respectées dans le cadre de l’exécution en matière d’emplois et de masse salariale ».

Dérapage des coûts de la fonction publique

Dérapage des coûts de la fonction publique


Les fonctionnaires ont coûté quelque 107 milliards d’euros à l’État en 2024. Soit une masse salariale « en hausse de 6,7 % par rapport à 2023, alors que l’inflation en 2024 (2 %) a nettement reflué par rapport à 2023 », écrit Matignon, dans un courrier envoyé à tous les ministres ce jeudi 24 avril.Preuve supplémentaire que les dérapages des coûts de l’État ne sont maîtrisés par personne .

« En cohérence avec nos engagements en faveur du redressement des finances publiques, la maîtrise des dépenses de masse salariale doit donc impérativement être renforcée », avance la circulaire, qui en profite pour imposer une piqûre de rappel aux ministères quant aux « règles fondamentales qui doivent être respectées dans le cadre de l’exécution en matière d’emplois et de masse salariale ».

Royaume-Uni : réduction des coûts de la fonction publique

Royaume-Uni : réduction des coûts de la fonction publique


La ministre des Finances du Royaume-Uni s’engage à réduire de 15 % les coûts de fonctionnement du gouvernement d’ici la fin de cette législature en 2029.

Réduire le nombre de fonctionnaires de 10.000, c’est l’objectif que s’est fixé la ministre des Finances du Royaume-Uni qui doit présenter ce mercredi sa « déclaration de printemps », une mise à jour économique et budgétaire.

« Nous nous engageons, d’ici la fin de cette législature (2029, ndlr), à réduire de 15 % les coûts de fonctionnement du gouvernement », a déclaré la ministre sur la BBC.
Selon la BBC, cette mesure permettrait d’économiser 2,2 milliards de livres sterling par an (2,6 milliards d’euros). Le Royaume-Uni compte environ 500 000 fonctionnaires. « Nous allons réduire les fonctions administratives et la bureaucratie, a ajouté Rachel Reeves. Je préfère que les gens travaillent en première ligne dans nos écoles, nos hôpitaux, notre police, plutôt que dans des emplois administratifs », a-t-elle expliqué sur Sky News.

Le gouvernement de Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet, fait face à une situation économique morose. Les dernières données font état d’une croissance en recul de 0,1 % et d’une inflation à 3 % en janvier.

Coûts cachés de l’éolien et du solaire : 100 milliards

Coûts cachés de l’éolien et du solaire : 100 milliards

Il faudra 96 milliards pour raccorder les nouveaux parcs solaires et éoliens ainsi que les bornes de recharge pour voitures électriques.

Enedis prévoit au total d’engager 96 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2040, a signalé l’entreprise ce lundi à l’occasion de la publication de son plan « préliminaire » de développement du réseau. Il ne s’agit pour l’heure que d’estimations, puisque ce calcul évoluera selon la prochaine feuille de route énergétique, que le gouvernement doit faire voter prochainement dans la loi de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour 2024-2033. Mais l’entreprise de 38.000 salariés, qui accélère d’ailleurs ses propres embauches, n’a pas attendu cette échéance pour envoyer un message à ses partenaires industriels, alors qu’Emmanuel Macron souhaite multiplier par dix la capacité de production d’énergie solaire d’ici à 2050, et déployer 50 parcs éoliens en mer.
«
Pour se financer, la filiale d’EDF prévoit ainsi « un recours maîtrisé à de la dette » avec un programme d’émissions d’obligations vertes qui a déjà commencé et va se poursuivre. Mais aussi une revalorisation de la taxe d’acheminement de l’électricité, (ou Turpe), hausse qui sera là aussi « maîtrisée », avec des « hypothèses d’augmentation inférieure ou limitée à l’inflation dans la durée », promet-on en interne. « C’est dans notre ADN d’optimiser chaque euro investi, et de veiller à ce qu’on limite au maximum l’impact sur le consommateur en termes de de pouvoir d’achat », assure même Christophe Gros, directeur de la régulation chez Enedis. Néanmoins, cela risque forcément de se traduire par une hausse de la facture d’électricité, alors que la Turpe représente aujourd’hui environ 30% du tarif global payé chaque mois par les clients particuliers.

Logement neuf : la crise des coûts et des prix

Logement neuf : la crise des coûts et des prix


Le président de la Fédération des promoteurs immobiliers Pascal Boulanger dresse, pour La Tribune, le bilan de l’année 2022 et dessine des perspectives inquiétantes pour l’an prochain.

– Votre homologue de la Fédération française du bâtiment (FFB), Olivier Salleron, vient d’alerter sur une « cassure » dans le logement neuf en 2023. Confirmez-vous une telle perspective de marché ?
PASCAL BOULANGER – Je n’emploie pas ce terme, mais je vous confirme que 2023 sera une très mauvaise année. La chute amorcée en 2022 va se poursuivre. Après une baisse de nos mises en vente de 12% entre le troisième trimestre 2021 et le troisième trimestre 2022, nous devrions atteindre les -20% à la fin de l’année, comparé à l’an dernier. Une petite baisse des ventes a commencé au 1er juillet et s’est accélérée depuis le 1er septembre.

Qu’en est-il de vos mises en chantier ?

Ce n’est guère mieux. Pour des raisons économiques, 20% des projets ne sortent plus. Les promoteurs obtiennent les permis de construire, mais les coûts de revient deviennent supérieurs aux prix de vente. Sachant que les coûts de construction représentent 50% des coûts de revient, quand ils augmentent de 10%, nos marges après impôts ne sont plus de 5% mais de zéro.

Les acquéreurs ne peuvent plus supporter une augmentation des prix de vente ?
Avant, le marché pouvait accepter des petites hausses de 2, 4 voire 5%, mais aujourd’hui, nous sommes arrivés au plafond des prix. Résultat, nous ne pouvons pas nous rattraper là-dessus et nous n’avons pas de solutions. Même lorsque nous poussons auprès de nos services commerciaux, ils nous rétorquent que cela se joue à 100-150 euros du mètre carré. Nous sommes dans l’impasse.

Faut-il donc changer les règles sur la durée de l’emprunt, limité à 25 ans, et le taux d’effort ?
Comme tout le monde, nos clients subissent l’inflation. Rien que dans l’alimentaire, les prix ont grimpé de 12% en 2022. L’immobilier n’est donc pas une priorité, sachant que c’est un investissement qui rime avec long-terme et sérénité. Le taux de désistement, à la suite du délai des dix jours ou du fait d’un refus de prêt, a doublé : il était de 12-13% et est passé à 27%. Quant au taux d’usure, qui exclut de nombreux ménages de l’accession, il n’a pas d’impact sur l’inflation. Nous risquons de perdre sur tous les tableaux : moins d’acquéreurs et une inflation sans économie.

Comment inverser la tendance ?

En réalité, il s’agit d’un vrai problème d’offre. Plus il y en a, plus il existe de la demande. Je réitère mon appel de Strasbourg [au congrès annuel de juillet, Ndlr] : fléchons une partie de la TVA vers les maires bâtisseurs. Je ne dis pas qu’il faut le faire dès le premier logement, car sinon cela risque de créer un effet d’aubaine. Prenons la moyenne des trois dernières années et, pour les logements produits au-dessus de cette moyenne, affectons une partie de la TVA aux villes qui construisent. Tout le monde sera gagnant, ces ressources complémentaires permettant de rénover une crèche, de construire une école… Quand je discute au quotidien avec les maires, sur le terrain ou au téléphone, je me rends compte qu’ils n’ont aucun intérêt à signer des permis. Avec une part de l’impôt national, ils pourraient, au contraire, passer en force. Je voudrais d’ailleurs que tous ceux qui font capoter les projets soient stigmatisés et ne soient plus considérés comme des vedettes. Ce sont ces derniers qui devraient prendre tous les coups de la population.

Comme la FFB, considérez-vous également qu’il faille « assouplir » le principe de non-artificialisation des sols ?
Je suis pour la non-artificialisation des sols, si et seulement si nous pouvons construire dans les villes denses. Bien sûr qu’il faut laisser des terres naturelles, mais nous avons peur d’être punis doublement si nous ne pouvons pas reconstruire la ville sur la ville et/ou monter. Aujourd’hui, les plans locaux d’urbanisme (PLU), qui ne sont déjà pas très généreux, ne sont utilisés qu’à 65% de leur capacité. Laissez-nous densifier !

Et les entrées de ville, qui permettent de reconvertir des fonciers déjà aménagés ?
Nous ne les avons jamais désertés, mais il existe, comme partout, des entrées de villes « sympas » et d’autres « moches ». Ce n’est pas un sujet en tant que tel, mais une réponse aux questions habituelles : est-ce que l’endroit mérite une promotion immobilière ? est-ce attractif ? est-ce qu’il y a des commerces, des écoles et des transports à proximité ? Ce qui compte pour notre profession, c’est l’emplacement !

Confirmez-vous par ailleurs que la réglementation environnementale des bâtiments neufs dite « RE2020 », entrée en vigueur, occasionne un surcoût de 8 à 10% ? La responsabilité élargie des producteurs (REP) lié aux produits et matériaux de construction du bâtiment (PCMB), censée s’appliquer le 1er janvier 2023, va-t-elle permettre d’accélérer l’économie circulaire du secteur ?
Nous sommes évidemment prêts à réemployer et/ou à réutiliser des matériaux de construction, mais est-ce que cela coûte moins cher ou plus cher ? Attention à force d’empiler les normes de ne pas arriver à l’insolvabilité de nos clients. Le patron final, c’est l’acquéreur. Nous pouvons lui proposer des choses formidables, mais s’il n’y a plus personne pour acheter du logement à un prix abordable, à quoi bon ? Revenons à la réalité et évitons que le mieux devienne l’ennemi du bien.

Le logement abordable, c’est le cœur de métier d’Action Logement, le premier bailleur social et premier producteur de logements sociaux et intermédiaires. Comprenez-vous la ponction de 300 millions d’euros sur son budget inscrit dans la loi de finances 2023 ?
En tant qu’administrateur d’Action Logement, je le regrette, mais ce n’est pas vraiment le sujet de la Fédération des promoteurs immobiliers.
L’organisme paritaire co-finance pourtant l’opération de revitalisation des villes moyennes « Action Cœur de ville » en co-promotion avec des professionnels comme vous…
Les promoteurs aiment bien « Action Cœur de ville », mais 75-80% de leur métier se fait dans les zones denses, pour l’essentiel les zones A et B1 [Paris, 75 communes d'Île-de-France (situés dans le 78, le 92, le 93, le 94 et le 95), une partie de la grande couronne parisienne, la Côte d'Azur, la partie française de l'agglomération genevoise et plus généralement des communes où les loyers et les prix des logements sont (très) élevés, Ndlr] . Personnellement, cela m’arrive de faire 25 logements dans une ville moyenne, mais cela reste marginal.

La Covid-19 n’a-t-elle donc pas rebattu les cartes de la géographie du logement ?
50% de nos clients sont des investisseurs qui regardent les zones A et B1, et non la zone B2 [villes-centres de grandes agglomérations, grande couronne autour de la capitale et communes de Corse, Ndlr]. Je dois quand même vous avouer que le zonage est trop binaire. Chez moi dans les Hauts-de-France, des villes comme Valenciennes et Béthune sont éligibles au Pinel [dispositif de réduction d'impôt sur le prix d'achat d'un logement mis en location, Ndlr], mais pas Arras, pourtant préfecture du département du Nord. L’exemple du Pinel breton n’est pas idiot : les pouvoirs publics et les promoteurs se mettent d’accord sur telle ou telle commune. C’est plus intelligent comme démarche plutôt que de créer cette France à deux vitesses qui risque de faire mourir certains territoires.

La guerre en Ukraine: Des coots très sous-estimés

La guerre en Ukraine: Des couts très sous-estimés

 

D’après les institutions officielles,  la guerre en Ukraine pourrait coûter de l’ordre d’un point à la croissance mondiale. Des prévisions tout à fait  approximatives  car il n’y a pas seulement les conséquences des freins à l’approvisionnement du gaz du pétrole russe. Ce sont la plupart des chaînes de valeur qui risquent  d’être remises en cause car nombre de pays vont prendre conscience des conséquences graves d’une trop grande dépendance économique. Les processus de production et de distribution vont donc se restructurer aussi bien pour les produits industriels que pour les produits alimentaires. Cela va se traduire également par une augmentation des prix qui va alimenter encore davantage une inflation déjà inquiétante. Les institutions officielles ne veulent pas inquiéter les entreprises et les ménages, elles en ont tendance à minimiser les incidences de la guerre.

En outre nombre d’institutions officielles freinent  des quatre fers pour empêcher un réajustement des revenus à l’inflation afin de faire payer la dette par les consommateurs et les épargnants

La guerre en Ukraine risque de coûter un point à la croissance planétaire en un an si ses effets sur les marchés énergétiques et financiers s’avèrent durables, a averti jeudi l’OCDE dans un rapport, et pourrait pousser l’inflation d’environ 2,5 points supplémentaires. « Le rôle de la Russie et de l’Ukraine dans l’économie mondiale est faible », affirme l’OCDE, chiffrant ce poids à 2% du PIB mondial, tout comme la part de ces deux États dans le commerce mondial.

Lors d’une récente réunion avec des journalistes, l’économiste et conseiller de la banque Natixis Patrick Artus a parlé d’une économie de guerre. « Il y a des raretés, des pénuries, des grands problèmes de fournitures, de l’inflation dans une économie de guerre [...] Le choc sur le pouvoir d’achat des plus modestes est monstrueux », a prévenu l’économiste.

 

Si la flambée des prix se poursuit sur une année après l’éclatement du conflit, alors la croissance mondiale pourrait se voir amputée d’un point et l’inflation augmenter de 2,5 points supplémentaires, estime l’institution.

Son secrétaire général, Mathias Cormann a affirmé au cours d’une conférence de presse jeudi que « les bouleversements économiques sont larges et devraient se poursuivre à l’avenir ».

Toutefois, « l’impact économique du conflit est très incertain et dépendra de la durée de la guerre et des réponses des États », écrit l’institution dans son rapport. Devant l’incertitude, l’OCDE a modifié sa traditionnelle publication de prévisions annuelles mondiales, privilégiant une évaluation des conséquences de la guerre sur l’économie.

« Ce conflit se répercutera sur le monde et ses conséquences seront ressenties non seulement cette année mais l’an prochain au moins. La Russie et l’Ukraine représentent 30% des exportations mondiales de blé. Les agriculteurs ukrainiens n’ont pas encore vendu leur récolte de l’an dernier. Les acheminements par la Mer noire sont perturbés, et plus important encore, les fermiers ukrainiens ne sèment pas encore. En plus, la Russie et la Biélorussie sont producteurs d’ammoniaque et potasse, qui sont des composants d’engrais », a expliqué à l’AFP la cheffe économiste de la Banque européenne de développement (BERD), Beata Javorcik.

Les grandes organisations économiques internationales telles que la BERD, le FMI et la Banque mondiale ont averti vendredi des « vastes » conséquences de l’invasion russe en Ukraine pour l’économie mondiale.

Dans un communiqué commun, elles se disent  »horrifiées et profondément inquiètes », et indiquent s’être réunies jeudi pour discuter de son impact et de la réponse collective au conflit. Les organisations signataires, qui comprennent aussi la Banque européenne d’investissement (BEI), soulignent qu’en plus « de la dévastatrice catastrophe humanitaire en Ukraine, la guerre perturbe les moyens de subsistance dans la région et au-delà ».

Elle réduit l’approvisionnement en énergie, en nourriture, augmente les prix, « nuira à la reprise post-pandémie planétaire ».

« L’économie mondiale entière en sentira les effets à travers une croissance plus lente, des perturbations des échanges commerciaux, et les plus pauvres et vulnérables seront les plus touchés, s’inquiètent les organisations signataires. Les pays voisins de l’Ukraine en particulier souffriront de perturbations du commerce, de la chaine d’approvisionnement, et feront face à des « vagues de réfugiés ».

 

Plan d’épargne retraite : Des coûts trop élevés

Plan d’épargne retraite : Des coûts trop élevés

 

Sébastien d’Ornano , président de Yomoni, une société de gestion de type robo-advisor estime dans l’Opinion  que les coûts du plan d’épargne retraitent sont trop élevés du fait en particulier du manque de concurrence

 

Le Plan d’épargne retraite vient de fêter son deuxième anniversaire. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire s’est félicité du grand succès remporté par cette enveloppe, l’objectif de 3 millions de plans ouverts en 2022 étant déjà largement dépassé, avec 3,8 millions de détenteurs !

Mais quelques semaines après la remise d’un rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) ,qu’il avait lui-même commandité, le ministre n’a pas pu ignorer ce qui vient quelque peu gâcher la fête, l’éléphant au milieu du couloir : le niveau trop élevé des frais.

Au-delà de la critique objective d’une pratique commerciale excessive, il faut surtout craindre la désillusion de ces premiers volontaires qui acceptent de prendre en main une partie de leur retraite à venir.

Un avantage considérable pour les distributeurs au détriment des épargnants

Certes, Bruno Le Maire a reconnu l’importance du sujet en déclarant récemment qu’il allait « prendre les mesures nécessaires pour que les frais soient moins élevés ». Mais la voie qu’il envisage pour trouver une solution laisse perplexe : « un travail de place avec les banques et les assurances », autrement dit avec les responsables directs de ces frais trop élevés.

Le rapport du CCSF, très pédagogique, est pourtant édifiant. Si le CCSF a trouvé sur le marché 34 PER assurantiels, il n’en a déniché que deux au format compte-titres. Et pourtant, 12 des PER assurantiels analysés émanent de banques à réseaux, qui auraient pu choisir l’autre formule… mais ces banques ont elles aussi des activités d’assurance et ont préféré cette enveloppe bien mieux margée pour promouvoir leur solution.

C’est l’éternel recommencement des produits disposant d’un avantage fiscal à l’entrée, avantage qui profite trop largement au distributeur du produit plutôt qu’au bénéficiaire théorique

Les frais sur versements ressurgissent également de plus belle sur les PER. C’est l’éternel recommencement des produits disposant d’un avantage fiscal à l’entrée, avantage qui profite trop largement au distributeur du produit plutôt qu’au bénéficiaire théorique.

D’autres acteurs existent

Monsieur le ministre, le rapport du CCSF vous apporte tous les éléments d’appréciation pour faire bouger les lignes. En réunissant banquiers et assureurs autour d’une table, vous n’aurez en fait que des acteurs très similaires, qui auront bien du mal à promouvoir des solutions innovantes et performantes.

Pourquoi ne pas mettre tout simplement en avant des acteurs déjà existants, sachant parler à une clientèle de particuliers, et qui ont démontré sur le marché leur capacité à faire la chasse aux frais ?

Le rapport met clairement en évidence que les PER proposés par des courtiers en ligne affichent systématiquement une gratuité des frais sur versements et qu’ils sont aussi les mieux placés en matière de frais de gestion des contrats sur la partie “unités de compte”.

C’est tout sauf une surprise : cela fait maintenant près de vingt ans que le monde de la distribution en ligne est l’aiguillon concurrentiel qui fait chuter les coûts d’accès à l’épargne du plus grand nombre.

La seule solution pour faire baisser les frais : favoriser une concurrence saine

La Loi Pacte a créé le PER “compte-titre” pour favoriser la création de PER par les sociétés de gestion et impliquer ainsi ces acteurs spécialistes de la gestion de l’épargne directement dans la problématique des retraites. Là encore, beaucoup de chemin reste à faire puisque, deux ans après, un seul PER émanant d’une société de gestion a vu le jour.

Il est temps de tirer les leçons de cette réalité. Les assureurs ont beau jeu de mettre en avant l’avantage de leurs produits en matière de droits successoraux par rapport aux PER bancaires. On s’étonne ici que le législateur ait omis d’aligner parfaitement les règles du jeu entre des produits reposant sur des enveloppes différentes, mais ayant le même nom. Remédier à cette incohérence est un premier pas si l’on veut voir le potentiel du PER compte-titres se matérialiser pleinement.

Saluons l’initiative récente des sénateurs pragmatiques Albéric de Montgolfier et Jean-François Husson qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes en élargissant à l’assurance-vie en général le sujet du coût de la gestion de l’épargne avec 17 propositions concrètes.

Pour faire baisser les frais sur les produits d’épargne vie ou retraite, il n’y a qu’une seule solution : favoriser une saine et dynamique concurrence. Il convient de ne pas céder au mirage d’un accord de place qui se négocierait au sein d’un oligopole de banquiers et d’assureurs. C’est bien l’ensemble de la chaîne de valeur autour de l’épargne des Français qu’il faut convier à la table des négociations. Cela inclut à la fois les sociétés de gestion, cœur du réacteur en matière d’épargne, et les acteurs de la distribution numérique, qui ont prouvé leur capacité à faire bouger les lignes et tomber les prix.

Sébastien d’Ornano est président de la société Yomoni.

Développement du tourisme spatial: à quels coûts ?

 

 

Un article dans l’OPINION de Roland Lehoucq, chercheur en astrophysique au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Emmanuelle Rio, enseignante-chercheuse en physique à l’université Paris-Saclay et François Graner, biophysicien et directeur de recherche CNRS à l’université de Paris.(extrait)


Alors que Richard Branson et Jeff Bezos ont réalisé cette année un aller-retour pour toucher l’espace du doigt, SpaceX et ses quatre touristes vient tout juste de rentrer sur Terre, allongeant encore la liste des touristes de l’espace.

En septembre 2018, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa a acheté à Elon Musk les services du système Starship de son entreprise SpaceX pour un voyage autour de la Lune, à partir de 2023. On ignore le montant de l’addition, mais il est probablement colossal.

Entre 2001 et 2009, huit billets pour embarquer en compagnie d’astronautes à bord du vaisseau russe Soyouz ont été vendus. Direction la Station spatiale internationale, la fameuse « ISS ». Un aller-retour entre 20 et 35 millions de dollars par personne – ce qui représente le budget quotidien d’une quinzaine de millions d’humains vivant au seuil de pauvreté international.

Au-delà de l’obscénité d’une opération visant à satisfaire le rêve d’un seul individu, ces excursions ancrent l’idée que l’espace est une marchandise. Elles consomment aussi matière et énergie et ont des conséquences environnementales qui augmenteraient considérablement si ce tourisme spatial devait faire l’objet d’un commerce plus large.

Tentons donc d’en chiffrer les conséquences en distinguant les vols un peu polluants, mais très nombreux, les vols moyennement polluants et assez nombreux, et les vols extrêmement polluants, mais peu nombreux.

La propulsion hybride du SpaceShip Two ne produit pas que du CO2. Le vaisseau crache aussi des suies, résultant de la combustion incomplète d’un mélange de protoxyde d’azote (N2O) liquide et d’un dérivé solide du polybutadiène hydroxytéléchélique. Un article scientifique de 2010 a estimé que 1 000 vols suborbitaux par an produiraient de l’ordre de 600 tonnes de suies, qui, en restant à peu près dix ans en suspension dans la stratosphère, entre 30 et 50 kilomètres d’altitude, contribueraient à modifier le climat à l’échelle de la planète entière – même si tous les tirs partaient d’un même endroit. Par comparaison, l’aviation civile paraîtrait presque propre : elle émet plus de suies au total, 7 200 tonnes par an, mais à des altitudes de l’ordre de 10 kilomètres, ce qui réduit leur durée de suspension et permet leur lessivage par les pluies.

Continuons en passant à l’échelle supérieure. Depuis 2009 et la mise en service des modules scientifiques européen et japonais, l’équipage des expéditions vers l’ISS est passé à six astronautes des pays l’ayant financé. Cette obligation ne laissa plus aucune place pour un passager privé et l’agence spatiale russe a interrompu les vols touristiques.

Mais les vols vers l’ISS pour ultrariches vont reprendre à l’initiative de la société Space Adventures (qui vend aussi des vols en apesanteur). Après des années d’absence, les États-Unis ont en effet retrouvé leur capacité à envoyer des humains dans l’espace suite au succès du vol de qualification de la capsule Crew Dragon lancée par SpaceX en mai dernier. Space Adventures en a profité pour récupérer deux places libres dans les vols Soyouz russes, tout en annonçant un partenariat avec la société SpaceX.

Le prix d’un tel vol sera autour de 100 millions de dollars. À un tel tarif, pour réaliser le rêve d’Icare (attention, il se termine mal), il faut sans doute faire partie des 11 000 personnes possédant plus de 250 millions de dollars ou peut-être gagner un lot de la télé-réalité. Il reste ensuite à passer les tests d’aptitude physique au vol spatial, notamment pour s’assurer que l’organisme du passager pourra supporter l’accélération du décollage.

Les 119 tonnes de kérosène raffiné utilisées par le premier étage de la fusée Falcon 9 produisent, lors de leur combustion contrôlée, une énergie comparable à celle dégagée par la récente explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et ses environs : l’équivalent de 1 220 tonnes de TNT.

D’après le rapport d’évaluation environnementale de la Falcon 9, le vol complet, avec récupération de la capsule habitée grâce à des navires spécialisés et un hélicoptère, émettra 1 150 tonnes de CO2, l’équivalent de 638 ans d’émission d’une voiture moyenne parcourant 15 000 km par an. Bien plus qu’un chassé-croisé de vacanciers sur l’autoroute ! À raison de quatre passagers par vol, cela fait près de 290 tonnes de CO2 par passager. Autrement dit, un touriste en orbite vaut 65 touristes suborbitaux et presque 160 années d’émission d’une automobile…

Un vol autour de la Lune comme celui que projette Maezawa est bien sûr encore réservé à des milliardaires, qui sont déjà plus de 2 000 et dont le nombre croît constamment. Le vaisseau Starship, à bord duquel s’effectuera le voyage, est le second étage de la fusée Super Heavy, le lanceur orbital super-lourd et réutilisable développé par SpaceX. Le dernier rapport environnemental de ce lanceur indique que l’ensemble Starship/Super Heavy produit la bagatelle de 3 750 tonnes de CO2 à chaque vol. Le projet DearMoon prévoyant d’embarquer de 6 à 8 personnes, cela conduit à des émissions individuelles comprises entre 470 et 625 tonnes de CO2. Chacun grille ainsi en un voyage de quelques jours le « budget CO2 » annuel de plusieurs centaines de personnes. Mais cela reste inférieur aux 1 630 tonnes de CO2 émises annuellement par Bill Gates pour ses déplacements en jet privé…

Nous vous épargnons, sans doute à tort, le coût en CO2 de la construction des pas de tir. C’est du béton, et aussi beaucoup d’emprise en termes de surface occupée. Si à Roissy, l’aéroport occupe environ le tiers de la superficie de Paris intra-muros (32 km2), il le fait pour plus de 470 000 mouvements d’avions par an et près de 70 millions de passagers. Par comparaison, les vols suborbitaux prévus par Virgin Galactic doivent partir du Spaceport America au Nouveau-Mexique, dont la superficie de 73 km2 ne servira tout au plus qu’à 1 000 vols par an.

Nous vous épargnons aussi les conséquences environnementales de l’extraction, du transport et de la transformation des matériaux de haute qualité, l’acier ou l’aluminium par exemple, nécessaires pour fabriquer la masse totale des fusées, et dont l’ensemble ne sera pas totalement récupéré.

Les 1% les plus riches sont responsables de deux fois plus d’émissions que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Après leurs yachts privés et leurs avions d’affaires, les lubies spatiales de ces (ultra)riches entretiennent l’illusion de toute-puissance à l’origine des graves dérèglements de la biosphère terrestre. Si des économies d’échelle dues aux améliorations techniques rendaient le tourisme spatial accessible ne serait-ce qu’aux classes supérieures, ces inégalités seraient encore amplifiées, ajoutant aux dégradations provoquées par nos sociétés en général et par le tourisme de masse en particulier.


Auteurs : Roland Lehoucq, chercheur en astrophysique au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), Emmanuelle Rio, enseignante-chercheuse en physique à l’université Paris-Saclay et François Graner, biophysicien et directeur de recherche CNRS à l’université de Paris.

Cet article avait été initialement par The Conversation sous licence Creative Commons le 24 septembre 2020. Il a été mis à jour après le vol spatial de Richard Branson et avant celui de Jeff Bezos

L’envolée folle des coûts du transport maritime

L’envolée folle des coûts du transport maritime

 

 

Le coût d’un containers de 20 pieds de Chine en Europe représentait  de l’ordre de 1000 $ avant la crise, désormais ce coût est passé à plus de 8000 $. En cause une désorganisation complète des systèmes logistiques qui ne parviennent pas à rattraper le retard à la crise sanitaire. Une augmentation du fret maritime qui se répercute évidemment sur les coûts de production et de distribution et qui alimente l’inflation de la même matière que la hausse des métaux et autres terres rares. Le pire n’est peut-être pas d’ailleurs dans la hausse du prix fret maritime mais dans les retards de livraison qui font monter la note à la consommation du fait de l’incapacité de l’offre actuelle à répondre à la reprise de la demande. Certains experts considèrent que l’inflation ainsi générée est transitoire. Le problème est que la taxe carbone envisagée un peu partout dans le monde pourrait prendre le relais des surcoûts engendrés par la crise sanitaire

 

Transition énergétique: à quels coûts ?

Transition énergétique: à quels coûts ?

 

L’économiste , Patrick Artus minimise, dans sa chronique au Monde , l’ampleur des investissements nécessaire à l’abandon des énergies fossiles ( mais aussi les rendements énergétiques NDLR), mais insiste sur la nécessité d’une redistribution entre gagnants et perdants.

 

Chronique. Quelles seront les conséquences de la transition énergétique en Europe, en supposant que cette dernière réussisse à se placer sur la trajectoire compatible avec une hausse de la température de la planète de 1,5 °C à 1,7 °C à la fin du siècle ? Nombre d’économistes s’inquiètent du montant des investissements nécessaires et des effets de la hausse du prix de l’énergie due au passage aux énergies renouvelables.

Le scénario envisagé est celui d’une neutralité carbone en Europe en 2050, avec la disparition des émissions nettes de CO2 à cette date. En 2019, les émissions de CO2 de la zone euro sont 20 % plus basses qu’en 1990, et 23 % plus basses en 2020. Mais rappelons qu’elles devraient être plus basses de 55 % en 2030.

D’ici à 2050, l’Europe devra avoir à peu près fait disparaître la consommation de charbon et avoir réduit de 85 % sa consommation de pétrole et de 55 % sa consommation de gaz naturel. Les émissions résiduelles de COdevront être compensées par la capture-stockage ou la réutilisation de carbone. Toutes ces diminutions de l’utilisation des énergies fossiles doivent être remplacées par des énergies renouvelables.

Si l’on cumule de 2012 à 2050 le besoin d’investissement en énergie solaire photovoltaïque, en éolien onshore et offshore, en stockage de l’électricité par fabrication d’hydrogène vert (électrolyse de l’eau), en capture et stockage du carbone, on parvient pour l’Europe à un besoin d’investissement de 1 500 milliards d’euros constants de 2020, soit 50 milliards d’euros par an – environ 0,4 % du produit intérieur brut (PIB) européen.

Selon les estimations de l’Agence internationale de l’énergie, ces investissements dans la production d’énergie renouvelable représentent environ le tiers des investissements totaux nécessaires pour la transition énergétique, le reste étant l’isolation des bâtiments, le matériel de transport, les réseaux électriques.

Au total, l’investissement nécessaire serait donc de 1,2 point de PIB pendant trente ans, ce qui est en réalité faible par rapport à l’épargne disponible dans la zone euro (environ 25 % du PIB, en hausse de 2 points de PIB depuis vingt ans), et ne devrait pas poser de problème de financement, d’autant plus que l’union monétaire dégage un excédent d’épargne extérieur.

Second faux problème : la perte de pouvoir d’achat. La transition énergétique doit être en effet considérée comme une relocalisation industrielle : la zone euro va remplacer des importations d’énergie fossile (qui représentent 2,5 % du PIB pour un prix du pétrole à 50 dollars le baril) par une production domestique d’énergie renouvelable.

Passer de la réduction des coûts à celle des risques

Passer de la réduction des coûts à celle des risques

 

 

Jean Pisani-Ferry, professeur ­d’économie à Sciences Po, à la Hertie School de Berlin et ­à l’Institut ­universitaire européen ­de Florence

 suggère dans le onde  de passer d’un objectif de réduction des coûts à celui de la réduction des risques.

Chronique« C’est seulement quand la mer se retire qu’on découvre qui nageait sans maillot » : formulée à propos de la tourmente financière de 2008, l’image de Warren Buffett s’applique parfaitement au choc pandémique de 2020. En même temps que la réactivité de nos hôpitaux, la crise, chacun l’a vu, a mis à nu les carences de notre bureaucratie sanitaire et le déclassement de notre industrie pharmaceutique. Elle expose aujourd’hui l’excellence israélienne et le chaos américain.

Avec les faiblesses des nations, les crises révèlent aussi les failles des systèmes. Dans la tempête de 2008, les banques ont découvert qu’aussi émancipées des Etats qu’elles aient pu se croire, c’était en définitive de ceux-ci que dépendait leur survie. Réglementation, incitation et prudence se sont conjuguées pour enrayer une mondialisation financière qu’on croyait irrépressible. Résultat : les avoirs extérieurs (essentiellement créances et titres) des économies avancées, qui avaient été multipliés par quatre en dix ans, ont pratiquement cessé d’augmenter.


A première vue, il ne semble pas que la crise sanitaire ait donné pareil coup d’arrêt à la mondialisation économique. Selon les données du Bureau du plan néerlandais, les échanges mondiaux de biens sont en recul de 2 % seulement sur un an, ni plus ni moins que la production industrielle, et le fret de conteneurs est même en hausse de 6 %. La croissance du commerce mondial a certes ralenti depuis 2008, mais on n’observe pas de démondialisation.

Ne pas se tromper d’objectif

La commotion est cependant trop forte pour ne pas laisser de traces. Des décennies durant, l’impératif des entreprises a été de minimiser les coûts. Parce que l’efficacité primait sur toute autre considération se sont constitués à l’échelle planétaire des réseaux de production d’une extraordinaire sophistication, gérés sur le modèle du just in time. Les Etats eux-mêmes s’étaient convaincus que l’immensité du marché mondial garantissait à tout moment et en tout lieu la sécurité des approvisionnements.

Cette croyance n’a pas survécu à la pénurie globale de masques et d’équipements médicaux. Les réseaux de production mondiaux ont bien résisté, mais sécurité, autonomie et résilience sont partout les nouveaux mots d’ordre. De la même manière que depuis 2008 aucun banquier ne peut plus ignorer le risque de dévalorisation des actifs ou de stress de liquidité, aucun industriel ni aucun gouvernement ne peut plus ignorer le risque de rupture des approvisionnements.

La France couvrira les coûts du reconfinement par des bons du Trésor !

La France couvrira les coûts du reconfinement par des bons du Trésor !

Curieux cette information du ministère des finances qui indique que les coûts supplémentaires entraînés à la crise sanitaire vont être financés par des bons du Trésor. Des dépenses supplémentaires qu’on évolue à 20 milliards d’euros. Or les bons du Trésor constituent des sortes d’emprunts à court terme d’une durée maximale d’un an qui sont mal adaptés à des coûts qui ne pourront s’amortir que sur des années. En clair, il  faudra d’autres modes de financement comme les obligations classiques pour rembourser les bons du Trésor qui ne constituent qu’une facilité de trésorerie. Le gouvernement français absorbera la pression supplémentaire que le reconfinement va exercer sur le budget 2020 par l’émission de bons du Trésor, a-t-on donc appris mardi de sources au sein du ministère des Finances.

Ce second confinement, décidé pour amortir la deuxième vague de l’épidémie de coronavirus, est entré en vigueur vendredi dernier et doit rester d’actualité au moins jusqu’à début décembre.

Il va entraîner au moins 20 milliards d’euros de dépenses supplémentaires pour l’Etat qui figureront dans le projet de loi de finances rectificatives présenté mercredi en conseil des ministres (le quatrième depuis le début de l’année).

A Bercy, on indique on indique d’ailleurs que des émissions obligataires compléteront l’addition.

“Sur les montant, les émissions de titres à moyen et long terme net de rachats devraient rester inchangées à 260 milliards d’euros. Les ajustements nécessaires se feront sur les autres moyens de financements, notamment à court terme”, dit-on à Bercy.

Le ministère des Finances s’attend désormais pour l’année en cours à un déficit budgétaire record à 11,3% du PIB et à une contraction de l’économie de 11%.

Coronavirus :  » Arbitrage entre bénéfices et coûts trop flou

Coronavirus : «  Arbitrage entre  bénéfices et coûts trop flou  

l’économiste Bruno Deffains et le juriste Thomas Perroud observent, dans une tribune au « Monde », que l’intérêt général a été relégué derrière un impératif médical, faute d’un processus clair et transparent de la prise de décision politique publique.

Tribune. La crise sanitaire actuelle révèle de façon quasiment paroxystique le problème de la décision politique en période de crise. Comment concevoir une décision politique qui intègre l’ensemble des conséquences éthiques et économiques qu’elle emporte ?

Deux canaux peuvent permettre d’élaborer une telle décision : un canal démocratique et/ou un canal scientifique.

En France, le canal démocratique a été fragilisé par la déclaration d’état d’urgence. Cette déclaration a transféré la compétence principale de la prise de décision vers l’exécutif.

Le second canal est l’expertise. Or, celle-ci a tardé à s’établir et, surtout, elle ne reflète qu’un seul élément de l’analyse : le suivi de l’épidémie et la préconisation de mesures pour ralentir son expansion.

Qu’en est-il des autres questions que soulèvent ces décisions ? Comment sont-elles prises en compte ? Au Royaume-Uni, l’initiative prise par l’opposition travailliste d’instaurer une commission scientifique « d’opposition » permet de combiner les deux approches.

Quelques spécialités médicales

Mais notre culture politique est plutôt réfractaire aux contre-pouvoirs, notamment scientifiques, ce qui se traduit par une difficulté à poser comme préalable à la décision une véritable analyse coût-bénéfice des décisions de confinement, préférant ne pas se confronter à la question éthique et sociale de l’évaluation du coût des vies sauvées.

La domination de la décision publique jusqu’à présent par des scientifiques issus majoritairement du monde de quelques spécialités médicales (au sein du comité scientifique Covid-19) a ainsi occulté du débat les autres dimensions de l’intérêt général.

Cette domination était sans doute légitime en début d’épidémie, mais arrive le moment où les conséquences de chaque décision sur la société doivent imposer de contrebalancer ces avis par d’autres. Or, l’action publique qui organise le déconfinement donne l’impression d’être guidée, non par la poursuite de l’intérêt général, mais par un objectif uniquement médical.

Dans cette crise, à chaque stade de la prise de décision, l’arbitrage entre les bénéfices et les coûts semble avoir été omis ou à tout le moins n’a pas été rendu public. Autrement dit, toute décision de l’exécutif aurait dû mettre en balance l’avis du comité scientifique Covid-19 par un comité représentant l’intérêt global de la société, y compris de médecins qui nous alertent sur les effets délétères du confinement prolongé sur la santé physique et mentale, en particulier des enfants et adolescents. »

Coûts des déchets nucléaires sous-estimés ?

Coûts des déchets nucléaires sous-estimés ?

Pour Greenpeace, il manquerait une vingtaine de milliards pour  la gestion des matières radioactives stockées. Pourtant, les couts de cette gestion sont déjà estimés à hauteur de près de 75 milliards dont 25 pour le site  d’enfouissement profond  Cigeo.  La différence porte sur la nature des déchets à stocker et leur volume. De toute manière, cela ne change pas la situation financière catastrophique d’EDF  qui traîne déjà un déficit de l’ordre de 35 milliards et qui aura dans les années à venir des besoins de financement de 200 milliards environ notamment pour le grand carénage, le démantèlement des vieilles centrales et la gestion des déchets.

 

Greenpeace estime que les volumes de déchets de haute activité à vie longue sont cinq à sept fois supérieurs aux chiffres officiels (…) Cela signifie qu’il faudrait a minima doubler les dimensions du projet Cigéo», a déclaré Florence de Bonnafos, de Greenpeace France.

 

Pour l’ONG anti-nucléaire, un certain nombre de substances radioactives, comme le combustible usé entreposé dans les piscines de La Hague, devraient être classées comme déchets et non pas comme matières (substances pour lesquelles une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée).

Dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes avait déjà noté les «limites» et l’«ambiguïté» de cette classification pour certaines substances, comme le MOX usé et l’uranium de retraitement ré-enrichi (URE) dont la réutilisation est liée à l’hypothétique développement de réacteurs de 4e génération à protons rapides. Une perspective qui s’est éloignée avec l’abandon, au moins à moyen terme, du projet de réacteur prototype Astrid.

«Le coût du seul stockage éventuel des MOX et URE usés dans Cigéo est évalué à plus de 5 milliards d’euros», soulignait la Cour.

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Mais Greenpeace plaide pour requalifier en déchets davantage de types de matières et l’ONG en arrive au total à une estimation «conservatrice» de 18 milliards d’euros supplémentaires pour leur gestion, dont 15 milliards à la charge d’EDF, déjà endetté à hauteur de 33 milliards d’euros.

Cette passe d’armes intervient à deux semaines de l’issue du débat national sur la gestion des matières et déchets radioactifs lancé en avril, sujet sensible et très clivant dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs nucléaires au monde.

Après le bilan de ce débat qui sera publié d’ici à la fin novembre, le gouvernement présentera le 5e Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

 

Assurance chômage : coûts insupportable pour les démissionnaires et les indépendants

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Fin février, Emmanuel Macron proposait d’étendre le régime l’assurance-chômage aux actifs qui en sont actuellement exclus : les artisans, les professions libérales, les commerçants, les entrepreneurs, les agriculteurs, mais aussi les salariés démissionnaires. Cette « assurance-chômage universelle » était présentée à la fois comme une mesure de justice sociale – sécuriser le parcours des non-salariés – et comme un outil favorisant la mobilité professionnelle. Reste que le cout serait exorbitant par exemple 5 milliards pour les indépendants  et à peu  près autant pour les démissionnaires. Macon a dû faire une erreur d’addition ; en effet, une intégration des indépendants  aurait coûté la bagatelle de 5 milliards d’euros à un régime déjà largement en déficit avec une  dette de 30 milliards.  Du coup, le gouvernement envisage un micro dispositif qui ne concernera pas les 3 millions d’indépendants mais seulement environ 50 à 60 000. En outre ils ne toucheront pas les indemnités prévues par l’ASSEDIC mais seulement 7 à 800 € par mois. Enfin la durée d’indemnisation sera limitée entre six mois et un an. Autant dire que cette orientation n’a strictement rien à voir avec la promesse d’Emmanuel Macon puisque la plupart des travailleurs indépendants seront exclus de cette mini indemnisation. Même pour ce mini plan, le financement n’est même pas assuré. – Le gouvernement français réfléchit donc à la mise en place d‘une indemnisation forfaitaire de 700 à 800 euros par mois sur une durée de six mois à un an pour les travailleurs indépendants ayant perdu leur activité, écrit jeudi soir le quotidien économique Les Echos. Promesse de campagne d‘Emmanuel Macron, la réforme de l‘assurance-chômage prévoyait  d’étendre l’octroi des Assedic aux travailleurs indépendants. Le dispositif évoqué par Les Echos exclut les microentrepreneurs, ce qui permettrait de limiter à 50.000 ou 60.000 personnes environ le nombre de bénéficiaires par an, ajoute le quotidien économique, qui précise qu‘il s‘agit là d‘une des “options privilégiées mais non encore arrêtée”. “Mis bout à bout, l‘ensemble de ces paramètres conduit à un coût budgétaire qui ne devrait pas dépasser les 250 millions d‘euros par an”, ajoute le journal. “Financés par une cotisation ou par l‘impôt ? Le débat n‘est pas tranché.”M^me interrogation concernant l’indemnisation chômage des démissionnaires. L’extension des droits aux seules personnes démissionnaires représenterait un surcoût annuel pour l’Unedic (l’organisme qui gère cette protection) de 3 à 5 milliards d’euros par an en rythme de croisière, selon les estimations du ministère du Travail révélées par Les Échos. Très loin de l’estimation d’Emmanuel Macron, qui chiffrait sa mesure à 1,44 milliard d’euros pendant sa campagne. La fourchette serait même comprise entre 8 et 14 milliards d’euros la première année, toujours selon le quotidien économique, à cause des effets d’aubaine que la mesure occasionnerait.  L’extension des droits aux seules personnes démissionnaires représenterait un surcoût annuel pour l’Unedic (l’organisme qui gère cette protection) de 3 à 5 milliards d’euros par an en rythme de croisière, selon les estimations du ministère du Travail révélées par Les Échos. Très loin de l’estimation d’Emmanuel Macron, qui chiffrait sa mesure à 1,44 milliard d’euros pendant sa campagne. La fourchette serait même comprise entre 8 et 14 milliards d’euros la première année, toujours selon le quotidien économique, à cause des effets d’aubaine que la mesure occasionnerait.

 

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