Archive pour le Tag 'Corruption'

Gerhard Schröder sanctionné en Allemagne pour sa corruption avec Poutine

Gerhard Schröder sanctionné en Allemagne pour sa corruption avec Poutine

La déchéance lamentable de l’ancien premier ministre d’Allemagne compromis jusqu’au cou dans des affaires de corruption avec Poutine.

On objectera que l’intéressé ne n’est pas le seul responsable à connaître une fin aussi lamentable. En Angleterre mais aussi en France, certains manifestent une bienveillance coupable à l’égard de Poutine en raison notamment de relations très douteuses.

 

Gerhard Schröder tombe en disgrâce. Alors que de nombreuses voix au sein du parti social-démocrate (SPD) demande son éviction du parti, l’ancien chancelier allemand a été privé de ses avantages liés à son ancienne fonction, dont l’attribution de bureaux. Ce proche de Vladimir Poutine continuait en effet de bénéficier de plusieurs bureaux à la chambre des députés et d’un budget pour du personnel. Un privilège qu’il doit à son statut d’ancien chancelier mais dont le coût s’élève à 400.000 euros par an pour les contribuables allemands.

« Les groupes parlementaires de la coalition ont tiré les conséquences du comportement de l’ancien chancelier et lobbyiste Gerhard Schröder face à l’invasion russe en Ukraine », indique la commission budgétaire du Bundestag, la chambre basse du parlement allemand. La coalition au pouvoir justifie aussi cette décision par le fait que  »l’ancien chancelier Schröder n’assume plus aucune obligation continue liée à sa fonction ». Il conserve cependant sa protection policière et sa pension de retraite d’ex-chancelier.

 

Au centre des critiques, le refus de celui qui a dirigé l’Allemagne de 1998 à 2005 de quitter son poste de président du conseil d’administration de Rosneft, premier groupe pétrolier russe, et du comité d’actionnaires de Nord Stream 2, gazoduc russo-allemand controversé. D’autant qu’il doit en principe entrer en juin au conseil de surveillance du géant russe Gazprom.

En avril, il avait fait savoir qu’il n’avait aucune intention de démissionner, sauf si Moscou venait à cesser ses livraisons de gaz à l’Allemagne. À l’inverse, la plupart des anciens dirigeants européens présents avant la guerre en Ukraine dans les instances dirigeantes des entreprises russes ont depuis démissionné à l’instar des chefs de gouvernement finlandais Esko Aho, italien Matteo Renzi et autrichien Christian Kern. Gerhard Schröder maintient ainsi une position ambiguë, condamnant l’invasion de l’Ukraine, mais appelant à  »ne pas couper complètement les liens » avec Moscou. Il s’est même fendu d’une visite à Vladimir Poutine, en février, dans le cadre d’un « effort de médiation » selon le site d’information Politico.

 

 

Bitcoin: piège et corruption

Bitcoin:  piège et corruption 

 

L’adoption du bitcoin comme monnaie légale, au Salvador, en septembre 2021, a surtout profité à son président, Nayib Bukele. La reine des cryptomonnaies est encore peu utilisée dans le pays et a creusé son déficit, mais elle augmente le capital politique de son dirigeant. (papier du Monde)

Le Salvador a justifié l’adoption de cette devise par les possibilités économiques qu’elle offre, comme attirer des touristes étrangers souhaitant dépenser leurs bitcoins, ou faire économiser aux personnes travaillant à l’étranger les commissions bancaires prélevées sur les montants qu’ils envoient à leurs familles, et qui représentent à eux seuls 22 % du produit intérieur brut. En septembre 2021, les habitants ont reçu, en guise d’incitation, l’équivalent de 30 dollars en bitcoins à dépenser depuis un porte-monnaie électronique et certains ont été même formés à son utilisation.

 

Un rapport publié en avril par le National Bureau of Economic Research, basé aux Etats-Unis, montre pourtant que seule une entreprise sur cinq l’accepte comme monnaie de transaction et seuls 5 % des commerces l’utilisent régulièrement. La devise est plutôt utilisée par les hommes, jeunes, éduqués et qui disposent déjà d’un compte bancaire. Les plus récalcitrants disent ne pas posséder de smartphone avec un accès à Internet, ne pas savoir comment se servir de la technologie, ou faire confiance au paiement en espèces plutôt qu’en monnaie virtuelle. Autrement dit, le bitcoin laisse de côté les plus âgés et les plus défavorisés.

Il n’arrange pas les finances de l’Etat non plus. L’agence Bloomberg a calculé que la valeur de la cryptomonnaie achetée par l’Etat depuis septembre s’était dépréciée de 40 millions d’euros, alors que son cours a baissé de 40 % depuis mars. Le pays, qui a vu sa note souveraine dégradée par l’agence Fitch Ratings, se rapproche dangereusement d’un défaut de paiement, avec une dette qui a fortement augmenté depuis le début de la pandémie de Covid-19. Or, la politique du bitcoin du président Bukele ne facilite pas les négociations avec le Fonds monétaire international, qui lui a demandé de l’abandonner. L’instance estime que les fluctuations importantes du cours de la cryptomonnaie menacent la stabilité financière du pays, tout comme celle des épargnants qui risquent aussi de perdre leurs économies en cas de piratage électronique. L’adoption de cette monnaie, très prisée du crime organisé pour l’anonymat qu’elle offre, complique aussi la lutte contre le blanchiment d’argent.

Suisse : la corruption derrière le secret bancaire (Joseph Stiglitz)

Suisse : la corruption derrière le secret bancaire (Joseph Stiglitz)

Le Prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz,  salue  dans le Monde l’effet provoqué par les « Suisse Secrets » et souligne que les principales victimes de l’argent sale caché chez Credit Suisse sont les populations de pays pauvres ayant des dirigeants corrompus.

 

Tribune.

 

« Suisse Secrets », la dernière bombe lâchée par un groupe de médias internationaux, est la continuation du travail commencé avec les « Panama Papers » et les « Paradise Papers ». Il s’agit de la même vieille histoire qui se répète, à l’infini. Chaque fois que des journalistes lèvent le voile sur ce qui se passe dans le secteur financier, nous comprenons mieux l’importance du secret bancaire : chaque fois apparaît un réseau de corruption et d’activités sordides derrière lesquels se cachent sans surprise une armée de clients douteux et de familles de dictateurs, mais aussi une poignée de responsables politiques, apparemment respectables, de pays démocratiques.

Mais cette fois-ci, cela semble différent. Il ne s’agit pas d’une petite île obscure située dans des eaux reculées, ni d’un pays en développement en quête d’un autre modèle économique que celui de la drogue. Non, il s’agit d’une grande banque, Credit Suisse, implantée au cœur de l’Europe, dans l’un des pays les plus prospères du monde, un pays où l’État de droit est censé primer. Ces révélations sont d’autant plus désolantes que le pays et la banque impliqués ont promis transparence et amendement – après avoir, des décennies durant, facilité l’évasion fiscale sans que cela paraisse poser le moindre problème. Or le problème se trouve précisément là : il ne saurait y avoir de responsabilité financière des États et des banques en l’absence de transparence accrue.

La position de la Suisse, dont la loi sanctionne ceux qui tentent de percer son secret, semble de plus en plus double. Dans le monde entier, des pays adoptent des lois sur les lanceurs d’alerte, exposés à l’extrême difficulté de faire la lumière sur des comportements nuisibles. Aux Etats-Unis, les révélations de Frances Haugen sur les méfaits de Facebook n’auraient sans doute pas été possibles sans les solides lois américaines sur les lanceurs d’alerte. A l’inverse, la Suisse semble s’arc-bouter sur la défense du secret bancaire, en dépit de ses conséquences néfastes, et sanctionne les journalistes et autres personnes qui parviennent à accéder à des données sur ce qui se passe à l’ombre de son système financier.

Il est regrettable, mais hélas pas surprenant, qu’aucun média suisse n’ait pu participer à cette enquête collaborative mondiale, étant donné les lourdes conséquences légales prévues par les lois suisses sur le secret bancaire. Nous ne pouvons donc que saluer l’action de ces journalistes non suisses qui risquent des poursuites des autorités helvétiques. Sans aucun doute, la Suisse sait l’effet dissuasif de sa législation : sans aucun doute ou presque, son but est de préserver aussi longtemps que possible son modèle économique, pour empocher une petite part des biens illicites ou mal acquis, en échange d’un refuge sûr et secret où amasser et stocker leurs lingots.

 

Samuel Patty : une corruption aussi des idées

Samuel Patty : une corruption aussi des idées 

A l’heure des hommages à Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020, Dominique Schnapper observe d’un regard aigu et inquiet le monde de l’éducation où les principes républicains reculent. La sociologue, qui s’exprime ici à titre personnel, préside le Conseil des sages de la laïcité, mis en place dès 2018 par Jean-Michel Blanquer.(extrait, l’Opinion)

Un an après l’assassinat de Samuel Paty, rien ne semble avoir vraiment changé dans l’école. Le malaise des enseignants vis-à-vis de la laïcité persiste, tout comme les revendications d’élèves ou de leurs familles. La pression islamiste reste forte ?

L’attentat contre Samuel Paty empêche de prétendre que le problème n’existe pas. Mais la situation de fond n’a pas changé, les islamistes continuent de menacer les démocraties, et la France en particulier, qui comprend les plus importantes communautés musulmanes et juives d’Europe et dont la laïcité est chargée d’histoire et de sens. Dans ces conditions, des enseignants peuvent être soumis à de fortes pressions. Ils n’ont pas été formés à cette situation, ils se sentent désarmés. Il serait trop commode de leur faire la morale. Il faut parfois être un héros pour exercer ce métier dans certains établissements. Or, les héros n’ont jamais été nombreux. Le million de fonctionnaires de l’Education nationale ne peut être formé d’autant de héros.

Est-ce donc la peur qui domine ?

La peur existe et elle est parfois justifiée. Mais le renoncement vient aussi d’une forme de corruption intellectuelle sur ce que sont la laïcité, la défense de la République, ses principes (ou « valeurs ») aujourd’hui attribués à la droite alors qu’ils ont longtemps été portés par la gauche. La gauche est aujourd’hui très divisée entre « républicains » et « identitaristes ». Ces derniers défendent un relativisme absolu expliquant qu’il faut « tout comprendre, tout accepter et que la République est trop dure » Le monde enseignant, traditionnellement de sensibilité de gauche, est traversé par ces courants, d’autant qu’il y a eu une mauvaise transmission de ce qu’est la laïcité aux plus jeunes générations. Le ministre a organisé un vaste programme de formation à la laïcité pour les personnels. Il nous faut aujourd’hui rappeler ce qui, dans les générations précédentes, aurait été perçu comme des platitudes : la laïcité est l’instrument de la liberté, liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, liberté d’exercer son culte, liberté d’expression.

La « corruption intellectuelle » que vous évoquez a-t-elle servi de terreau à l’assassinat de Samuel Paty ?

Remettre en question la liberté d’expression et ne pas prendre de manière radicale la défense de quelqu’un qui est dénoncé sur les réseaux sociaux et directement menacé en est une illustration. Je ne connais pas l’enquête dans le détail, mais il semble, en lisant la presse, qu’un manque de solidarité de certains des collègues de Samuel Paty, la perméabilité au relativisme sur la laïcité et la peur ont effectivement laissé ce cancer se développer. Il y avait en face de ce monde hésitant des mensonges et des démarches fortement organisés.

« A un moment donné, il faut donner un coup d’arrêt. C’est la guerre ou l’honneur. En général, en cédant, on perd sur les deux tableaux »

Plusieurs récentes enquêtes d’opinion montrent une adhésion à la laïcité qui diminue parmi les jeunes générations, a fortiori parmi les populations musulmanes. Quelle est votre analyse ?

Toutes les enquêtes montrent en effet que les jeunes sont plus nombreux à rejeter la laïcité que les générations précédentes et, parmi eux, les jeunes musulmans sont surreprésentés. Des cas particuliers remontent jusqu’au ministère : un père inscrivant sa fille en maternelle qui exige qu’elle ne soit pas assise à côté d’un petit garçon, par exemple. Le refus de la mixité est central dans ces revendications. Il existe aussi un antisémitisme diffus, mais parfois violent, qui rend difficile l’enseignement de la Shoah, ou encore une contestation systématique de la science au nom de la religion. Cette atmosphère conduit des professeurs à s’autocensurer. Mais il faut bien comprendre que, si on cède aux revendications des fondamentalistes, on aura à céder toujours plus. A ceux qui nous demandent de cesser d’être ce que nous sommes, il faut opposer des règles simples et claires. Appliquer la charia à l’école, ce n’est pas possible. A un moment donné, il faut donner un coup d’arrêt. C’est la guerre ou l’honneur. En général, en cédant, on perd sur les deux tableaux. A cet égard, la loi de 2004 (sur l’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école) a été un succès.

La moitié des lycéens sont aujourd’hui hostiles à cette loi, selon un sondage Ifop de mars 2021. Vu l’évolution sociologique que vous décrivez, imaginez-vous qu’elle soit un jour abrogée ?

Ce serait un terrible échec. Je suis d’un tempérament plutôt pessimiste mais qui conduit à l’idée qu’il faut lutter politiquement et intellectuellement. Contre la minorité active et très organisée des fondamentalistes, il faut mener le combat intellectuel et politique. Aux musulmans « républicains », la majorité, qui ont envie de lutter et qui sont les victimes des fondamentalistes, il faut apporter aide et soutien.

Jusqu’à quel point, y a-t-il une prise de conscience que la laïcité est en danger ?

Si Emmanuel Macron a mis un certain temps à prendre une position nette, il l’a fait clairement lors de son discours des Mureaux. Mais le milieu intellectuel et médiatique se montre encore très « compréhensif » au nom du libéralisme culturel, de la « reconnaissance de l’Autre » et d’un « droit à la différence ». L’écrivain Kamel Daoud a bien montré que ce sont des minorités — mais des minorités très actives — qui ont détruit la société algérienne dans la décennie 1990. Quand des gens sont prêts à mourir, il est très difficile de les arrêter. En France, les services de renseignement ont fait des progrès pour déjouer les attentats, mais le poids du soft power islamiste reste inquiétant.

Un soft power qui, insistez-vous, poursuit des visées politiques sous couvert de demandes religieuses.

Si les demandes des musulmans étaient purement religieuses, la loi de 1905, quitte à l’adapter, permettrait d’y répondre. Mais nous sommes face à des demandes politiques qui touchent à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la liberté d’expression et qui ne sont pas compatibles avec la démocratie. Comme disait Paul Ricœur, nous avons droit à la continuité historique. La séparation du politique et du religieux sous la forme de la laïcité dite « à la française », c’est l’héritage que nous avons à défendre.

Quel rôle peut jouer le Conseil des sages de la laïcité ?

Nous donnons aux gens de bonne volonté les instruments intellectuels pour lutter. Nous avons contribué à la publication du Guide républicain, aujourd’hui diffusé dans tous les établissements scolaires, auquel les acteurs de terrain peuvent se référer. Nous travaillons actuellement au vade-mecum de la laïcité dans le milieu sportif.

 

Samuel Patty : une corruption aussi des esprits

Samuel Patty : une corruption aussi des esprits

A l’heure des hommages à Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020, Dominique Schnapper observe d’un regard aigu et inquiet le monde de l’éducation où les principes républicains reculent. La sociologue, qui s’exprime ici à titre personnel, préside le Conseil des sages de la laïcité, mis en place dès 2018 par Jean-Michel Blanquer.(extrait, l’Opinion)

Un an après l’assassinat de Samuel Paty, rien ne semble avoir vraiment changé dans l’école. Le malaise des enseignants vis-à-vis de la laïcité persiste, tout comme les revendications d’élèves ou de leurs familles. La pression islamiste reste forte ?

L’attentat contre Samuel Paty empêche de prétendre que le problème n’existe pas. Mais la situation de fond n’a pas changé, les islamistes continuent de menacer les démocraties, et la France en particulier, qui comprend les plus importantes communautés musulmanes et juives d’Europe et dont la laïcité est chargée d’histoire et de sens. Dans ces conditions, des enseignants peuvent être soumis à de fortes pressions. Ils n’ont pas été formés à cette situation, ils se sentent désarmés. Il serait trop commode de leur faire la morale. Il faut parfois être un héros pour exercer ce métier dans certains établissements. Or, les héros n’ont jamais été nombreux. Le million de fonctionnaires de l’Education nationale ne peut être formé d’autant de héros.

Est-ce donc la peur qui domine ?

La peur existe et elle est parfois justifiée. Mais le renoncement vient aussi d’une forme de corruption intellectuelle sur ce que sont la laïcité, la défense de la République, ses principes (ou « valeurs ») aujourd’hui attribués à la droite alors qu’ils ont longtemps été portés par la gauche. La gauche est aujourd’hui très divisée entre « républicains » et « identitaristes ». Ces derniers défendent un relativisme absolu expliquant qu’il faut « tout comprendre, tout accepter et que la République est trop dure » Le monde enseignant, traditionnellement de sensibilité de gauche, est traversé par ces courants, d’autant qu’il y a eu une mauvaise transmission de ce qu’est la laïcité aux plus jeunes générations. Le ministre a organisé un vaste programme de formation à la laïcité pour les personnels. Il nous faut aujourd’hui rappeler ce qui, dans les générations précédentes, aurait été perçu comme des platitudes : la laïcité est l’instrument de la liberté, liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, liberté d’exercer son culte, liberté d’expression.

La « corruption intellectuelle » que vous évoquez a-t-elle servi de terreau à l’assassinat de Samuel Paty ?

Remettre en question la liberté d’expression et ne pas prendre de manière radicale la défense de quelqu’un qui est dénoncé sur les réseaux sociaux et directement menacé en est une illustration. Je ne connais pas l’enquête dans le détail, mais il semble, en lisant la presse, qu’un manque de solidarité de certains des collègues de Samuel Paty, la perméabilité au relativisme sur la laïcité et la peur ont effectivement laissé ce cancer se développer. Il y avait en face de ce monde hésitant des mensonges et des démarches fortement organisés.

« A un moment donné, il faut donner un coup d’arrêt. C’est la guerre ou l’honneur. En général, en cédant, on perd sur les deux tableaux »

Plusieurs récentes enquêtes d’opinion montrent une adhésion à la laïcité qui diminue parmi les jeunes générations, a fortiori parmi les populations musulmanes. Quelle est votre analyse ?

Toutes les enquêtes montrent en effet que les jeunes sont plus nombreux à rejeter la laïcité que les générations précédentes et, parmi eux, les jeunes musulmans sont surreprésentés. Des cas particuliers remontent jusqu’au ministère : un père inscrivant sa fille en maternelle qui exige qu’elle ne soit pas assise à côté d’un petit garçon, par exemple. Le refus de la mixité est central dans ces revendications. Il existe aussi un antisémitisme diffus, mais parfois violent, qui rend difficile l’enseignement de la Shoah, ou encore une contestation systématique de la science au nom de la religion. Cette atmosphère conduit des professeurs à s’autocensurer. Mais il faut bien comprendre que, si on cède aux revendications des fondamentalistes, on aura à céder toujours plus. A ceux qui nous demandent de cesser d’être ce que nous sommes, il faut opposer des règles simples et claires. Appliquer la charia à l’école, ce n’est pas possible. A un moment donné, il faut donner un coup d’arrêt. C’est la guerre ou l’honneur. En général, en cédant, on perd sur les deux tableaux. A cet égard, la loi de 2004 (sur l’interdiction des signes religieux ostensibles à l’école) a été un succès.

La moitié des lycéens sont aujourd’hui hostiles à cette loi, selon un sondage Ifop de mars 2021. Vu l’évolution sociologique que vous décrivez, imaginez-vous qu’elle soit un jour abrogée ?

Ce serait un terrible échec. Je suis d’un tempérament plutôt pessimiste mais qui conduit à l’idée qu’il faut lutter politiquement et intellectuellement. Contre la minorité active et très organisée des fondamentalistes, il faut mener le combat intellectuel et politique. Aux musulmans « républicains », la majorité, qui ont envie de lutter et qui sont les victimes des fondamentalistes, il faut apporter aide et soutien.

Jusqu’à quel point, y a-t-il une prise de conscience que la laïcité est en danger ?

Si Emmanuel Macron a mis un certain temps à prendre une position nette, il l’a fait clairement lors de son discours des Mureaux. Mais le milieu intellectuel et médiatique se montre encore très « compréhensif » au nom du libéralisme culturel, de la « reconnaissance de l’Autre » et d’un « droit à la différence ». L’écrivain Kamel Daoud a bien montré que ce sont des minorités — mais des minorités très actives — qui ont détruit la société algérienne dans la décennie 1990. Quand des gens sont prêts à mourir, il est très difficile de les arrêter. En France, les services de renseignement ont fait des progrès pour déjouer les attentats, mais le poids du soft power islamiste reste inquiétant.

Un soft power qui, insistez-vous, poursuit des visées politiques sous couvert de demandes religieuses.

Si les demandes des musulmans étaient purement religieuses, la loi de 1905, quitte à l’adapter, permettrait d’y répondre. Mais nous sommes face à des demandes politiques qui touchent à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la liberté d’expression et qui ne sont pas compatibles avec la démocratie. Comme disait Paul Ricœur, nous avons droit à la continuité historique. La séparation du politique et du religieux sous la forme de la laïcité dite « à la française », c’est l’héritage que nous avons à défendre.

Quel rôle peut jouer le Conseil des sages de la laïcité ?

Nous donnons aux gens de bonne volonté les instruments intellectuels pour lutter. Nous avons contribué à la publication du Guide républicain, aujourd’hui diffusé dans tous les établissements scolaires, auquel les acteurs de terrain peuvent se référer. Nous travaillons actuellement au vade-mecum de la laïcité dans le milieu sportif.

 

Chine : entrisme, manipulation et corruption

Chine : entrisme, manipulation et corruption

 

Longtemps la Chine s’est tenue à l’écart des grands enjeux géo politiques s’efforçant même de montrer une image relate vivement lisse du régime. Mais depuis l’arrivée du président Xi, désormais président à vie, la stratégie a changé. La Chine a opté pour la brutalité, la manipulation et la corruption.

Le mensonge est partout y compris dans les ambassades de Chine sans parler évidemment des extraordinaires réseaux d’intoxication sur Internet. Il faut lire par exemple les interviews de l’ambassadeur de Chine en France. Un véritable discours de propagande en outre très agressif pour le pays où l’ambassadeur est censé se limiterà des relations diplomatiques apaisées

L’ambassadeur de Chine en France va jusqu’à affirmer que les Français sont admiratifs devant le régime politique chinois et qu’il déteste la démocratie pratiquée en France. On croit rêver, on croit entendre Georges Marchais, on croit entendre les responsables communistes des années 50 .

En fait, toutes les manipulations obéissent à une stratégie d’intrusion de la Chine dans toutes les sphères économiques bien sûr mais aussi politiques et culturelles. Une étude d’une ampleur sans précédent, de 650 pages, que vous révèle France Inter, dévoile le gigantisme tentaculaire et très professionnalisé des réseaux d’influence construits par la Chine partout dans le monde.

« C’est un moment machiavélien », écrivent les deux auteurs du rapport, Paul Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, au sens où Pékin semble désormais estimer que, comme l’écrivait Machiavel dans « Le Prince », « il est plus sûr d’être craint que d’être aimé. Ce qui correspond donc à une ‘russianisation’ des opérations d’influence chinoise ».

Les objectifs de la Chine à l’étranger sont de « séduire et subjuguer » mais surtout « d’infiltrer et de contraindre », en modernisant les méthodes russes pour aboutir à ce que les deux auteurs du rapport appellent le « techno-autoritarisme » ou « autoritarisme numérique » chinois. Cette industrialisation des moyens d’influence de Pékin s’est accélérée depuis 2017, avec « une agressivité croissante ces dernières années », constate le rapport de l’Irsem.

Pour ces actions à l’étranger, la Chine utilise plusieurs courroies de transmission : le département de la propagande du Parti communiste chinois, la Ligue de la jeunesse communiste, le bureau 610 en charge de la lutte contre le mouvement Falun Gong, l’armée et ses cybers-soldats de la base 311, les centres culturels Confucius, les diasporas chinoises et une myriade d’associations, etc.

La Chine a aussi recours à des opérations de manipulation de l’information sur les réseaux sociaux :

« Elles se déploient simultanément dans plusieurs secteurs afin de circonvenir les diasporas, les médias, la diplomatie, l’économie, la politique, l’éducation, les think tanks, la culture, etc. », notent les auteurs du rapport.

Autriche : le chancelier soupçonné de corruption viré

Autriche : le chancelier soupçonné de corruption viré

 

Il y a de toute évidence une différence de taille entre les pays du Sud et les pays anglo-saxons. Dans les pays du Sud y compris la France les plus hauts dirigeants peuvent continuer d’exercer leur mandat y compris avec des casseroles et cela pendant des années voire davantage ( affaire Sarkozy, affaire Chirac, affaire Macron et le financement de son parti).

Dans les pays anglo-saxons le moindre soupçon conduit les dirigeants à démissionner aussitôt. Le chancelier conservateur autrichien Sebastian Kurz, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de corruption, a, lui, annoncé ce samedi soir sa démission, nouveaux soubresauts politiques dans ce pays d’Europe centrale.

Sebastian Kurz est soupçonné d’avoir utilisé par le passé des fonds gouvernementaux pour s’assurer une couverture médiatique favorable. Selon le parquet, entre 2016 et 2018, des articles élogieux et des études d’opinion «partiellement manipulées» auraient été publiés en échange de l’achat d’espaces publicitaires par le ministère des Finances, géré à cette époque par les conservateurs.

La corruption , principal sujet international (Alexeï Navalny )

 La corruption ,   principal sujet international (Alexeï Navalny   )

 

Victime d’une tentative d’empoisonnement le 20 août 2020, et aujourd’hui emprisonné, l’opposant russe et militant anticorruption propose, dans une tribune au « Monde » également publiée par la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » et « The Guardian » de  lutter contre la cupidité des dirigeants autocrates.(extrait

 

J’ai été empoisonné par une arme chimique il y a exactement un an et je ne suis pas mort. La corruption a, semble-t-il, joué un rôle non négligeable dans cette issue heureuse : elle a sapé de l’intérieur le système étatique, et donc aussi les services secrets. Une équipe du FSB [les services russes de sécurité intérieure] a mis un agent neurotoxique sur mes sous-vêtements de façon peu professionnelle. On m’avait pris en filature depuis trois ans et demi avec la même absence de professionnalisme, en violant toutes les instructions, ce qui a permis à des enquêteurs indépendants de démasquer tout le groupe. Quand les chefs sont occupés à offrir une protection mafieuse au monde des affaires et à extorquer des fonds, la qualité des opérations secrètes en souffre inéluctablement.

Un régime reposant sur la corruption exécute très bien, en revanche, des tâches plus simples. Les autocrates qui souhaitent dépouiller leur peuple prennent le contrôle, en premier lieu, du système judiciaire, et celui-ci travaille parfaitement sur le mode « un prêté pour un rendu ». C’est pourquoi, quand je suis rentré en Russie [en janvier] après avoir été soigné, j’ai été envoyé en prison dès ma sortie de l’avion. Il n’y a là pas grand-chose d’agréable, mais au moins ai-je le temps de lire les mémoires de dirigeants du monde entier.

Ceux-ci racontent comment ils ont entrepris de régler les principaux problèmes de l’humanité : les guerres, la pauvreté, les migrations, le changement climatique, les armes de destruction massive. Ces sujets sont considérés comme de « première importance ». Mais ces dirigeants ne mentionnent pas souvent la lutte contre la corruption. Rien d’étonnant : c’est une question « d’importance secondaire ».

En revanche – et c’est frappant –, ces leaders parlent presque toujours de corruption quand ils évoquent des échecs. Les leurs et (le plus souvent) ceux de leurs prédécesseurs : « Nous avons consacré des années, des centaines de milliards de dollars et des milliers de vies humaines à l’Irak, à l’Afghanistan, au Mali, où vous voulez, mais, à cause de ses pillages, le gouvernement corrompu de Nouri Al-Maliki, Hamid Karzaï, Ibrahim Boubacar Keïta, qui vous voulez, a vu le peuple se détourner de lui et a permis que des radicaux armés de slogans sur un pouvoir juste et honnête l’emportent. »

Et là, une question évidente se pose : puisque la corruption nous empêche de régler les problèmes « de première importance », le moment n’est-il pas venu de la mettre tout en haut de cette liste de problèmes ?

République dominicaine: une corruption à 100 millions !

République dominicaine: une corruption à 100 millions  !

 

 

On peut s’étonner qu’une procédure judiciaire ait été engagée pour un motif de corruption en République Dominicaine. Il fallait en effet solliciter la justice ce motif dans certains pays où la corruption cons situe une sorte de mode de régulation alors la vie économique s’écroulerait. En  République Dominicaine, l’affaire a pris une tournure judiciaire compte tenu du montant à savoir une centaine de millions concernant plusieurs responsables dont un ancien ministre des travaux publics.

Observons aussi que cette pratique particulière demeure encore un peu partout dans le monde dans le secteur des travaux publics où il est d’usage d’arroser des responsables  pour empocher des marchés. Dans certains pays en voie de développement, la pratique de corruption est d’autant plus facile qu’elle est largement ancrée dans la culture du plus haut niveau de l’État jusqu’au plus bas. Une sorte de fiscalité virtuelle qui permet d’améliorer le revenu des responsables et autres fonctionnaires mais qui en même temps pénalise en fait l’économie et le développement du pays.

Violences en Haïti : une tradition de mafia et de corruption

 

Haïti souvent victime de catastrophes en tous genres a pourtant vu des pluies de milliards s’abattre sur l’île. Pour autant, le pays est demeuré l’un des plus pauvres au monde et des plus violents. Témoin l’assassinat récent du président haïtien, Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques et chargé d’études pour l’ONG Centre tricontinental (Cetri), explique le contexte dans le JDD.

Interview (extrait )

L’assassinat du président Jovenel Moïse était-il prévisible?
Malheureusement, oui. Cela reste un choc, mais il y avait un environnement d’insécurité, d’impasse politique, de recrudescence de gangs armés, de « gangstérisation » de l’Etat qui rendait le scénario du pire possible. Jovenel Moïse est victime d’une violence dont il est largement responsable.

Que voulez-vous dire?
En Haïti, il y a une tradition d’instrumentalisation des bandes armées par la classe politique. Mais la violence a explosé ces derniers mois, avec des affrontements très violents au mois de juin dans le quartier populaire de Martissant, à Port-au-Prince. Ils ont provoqué 150 morts, dont 15 en une seule nuit, parmi lesquels le journaliste Diego Charles et la militante féministe Antoinette Duclair. Plus de 10.000 personnes ont été déplacées. L’assassinat du président s’inscrit dans cette recrudescence des bandes armées, qui contrôlent une large partie du territoire de Port-au-Prince, coupant même l’accès à la partie sud de l’île. Or ces violences se sont développées à partir de la fin 2018, en réponse aux contestations populaires contre la vie chère et la corruption. Cela a été une manière de contrôler ces contestations sociales et de s’assurer le pouvoir. Cette instrumentalisation est documentée par des enquêtes, qui montrent l’implication de policier, de fonctionnaires. Il y a une impunité totale qui permet ce cycle de violence. Et l’obstination de Jovenel Moïse à se maintenir au pouvoir n’a fait qu’alimenter cette violence, catalysée par la perspective des prochaines élections. En effet, ces bandes armées cherchent à assoir leur contrôle sur des territoires de la capitale afin d’assurer les votes à ceux qui les payent le plus.

Comment pourrait-on qualifier la vie politique haïtienne?
Il y a une vie politique de débat d’idées très active au sein de la société civile : des organisations sociales et syndicales, des mouvements de femmes, de paysans, mais avec des partis politiques peu représentatifs et peu institutionnalisés. Ce sont souvent des partis centrés autour d’une personne, qui se constituent en vue des élections pour mener campagne, mais qui n’ont pas une durée de vie très longue. Aux dernières élections, Jovenel Moïse a été élu avec un taux de participation autour de 20%. Il y a un discrédit très fort des partis politiques, qui ont un fonctionnement très clientéliste. Il y a quelques partis d’opposition, mais ils ont peu de poids face à une population qui témoigne d’une très grande défiance envers la classe politique, et plus généralement l’élite au pouvoir.

Ariel Henry avait été nommé lundi pour organiser des élections. Que devient ce calendrier électoral avec le meurtre du président?
Les seuls à croire à ces élections ce sont les Etats-Unis, la communauté internationale et le gouvernement. Il n’y a aucune conditions juridique, sécuritaire, politique ni même technique – toute une partie de la population n’est pas inscrite sur les listes électorales – pour que ces élections aient lieu dans moins de 100 jours. Par ailleurs, la majorité de la population ne veut pas de ce scrutin, parce qu’elle se défie du pouvoir. Le conseil électoral provisoire en charge de ces élections n’est pas légitime, il y a des irrégularités, des accusations de corruption… Ces élections sont une manière de reconduire l’impunité et le système dont la population ne veut plus. Elles ne sont portées que par le pouvoir et par la communauté internationale. Les Etats-Unis viennent de faire une déclaration pour appeler à maintenir le calendrier électoral. C’est aussi illusoire qu’absurde.

En attendant, Claude Joseph, Premier ministre sortant, a repris la gouvernance par intérim. Que peut-on dire de cet homme?
Les personnes autour de Jovenel Moïse sont ses dauphins. Aussi bien Claude Joseph, qu’Ariel Henry n’ont pas de parti politique derrière eux : ce sont des personnes de pouvoir qui ne représentent rien. Ils ne portent pas de projets différents, ils ne bénéficient pas de la confiance de la population et ne sont pas garants d’une transition, d’un renforcement démocratique. Nous sommes à nouveau dans une forme de rivalité au sein d’une même clique. Les enjeux de démocratie et de liberté se jouent ailleurs. Les organisations de la société civile ne croient pas du tout à ces hommes politiques. Ils ne sont là que pour reconduire le système, le mener à des élections qui seront une farce et se maintenir au pouvoir pour avoir accès à des ressources économiques et de pouvoir.

L’Etat de siège a été déclaré, est-ce que cela signifie que la police, l’exécutif vont reprendre le pouvoir?
Théoriquement oui, mais la police a été totalement absente au cours des derniers mois pour affronter les bandes armées. Que veut dire un état de siège alors qu’une partie de Port-au-Prince est aux mains de gangs armés qui agissent en toute impunité? Il y a une forme aussi de déliquescence, d’affaiblissement, de captation et de privatisation de toutes les institutions publiques qui font qu’il est difficile de faire la part des choses entre les effets d’annonce et ce qui va se dérouler sur le terrain. Mercredi, la plupart des gens à Port-au-Prince ne sont pas sortis parce qu’ils sont dans la crainte d’une fuite en avant, d’une dérive mafieuse et autoritaire encore plus accélérée, mais pas parce qu’il y a un état de siège. Le gouvernement gouverne très peu en réalité.

Puissances étrangères craignent une « spirale de violence », pensez-vous que la situation peut encore s’aggraver?
Le pays brûle déjà. Au moins de juin, les affrontements ont déplacé 10.000 personnes, réfugiées dans des écoles, des gymnases. Dans leurs quartiers, les commissariats sont tenus par les bandes armées. Il faut plutôt voir dans l’assassinat de Jovenel Moïse le retour du bâton de la communauté internationale qui ne veut pas regarder en face la situation et qui en appelle toujours aux même types de solutions faussées : des élections menées par un gouvernement illégitime dans un contexte de violence et de contrôle des gangs armés.

Soupçons de corruption Rafale à l’Inde !

Soupçons de corruption Rafale à l’Inde !

 

 

De manière un peu naïve le parquet national financier et les grands médias découvrent  la possibilité de corruption lors de ventes de rafale à l’Inde. Le problème évidemment c’est que sans certaines méthodes douteuses la vente de matériel militaire serait impossible. Il faut en effet utiliser des appuis politiques incontournables, s’appuyer sur des intermédiaires pour le plus souvent emporter les marchés et ceci vaut pour tous les pays exportateurs comme les pays importateurs.

Parfois n’utilise même des arguments politiques très lourds. On peut par exemple s’interroger pourquoi la Suisse vient de choisir du matériel américain pour renouveler ses chasseurs au lieu de prendre de matériels Allemands ou Français. Pourtant la Suisse jouit d’une situation particulièrement confortable en Europe. À l’abri de la bureaucratie bruxelloise mais au cœur du marché européen qui lui permet de prospérer en toute tranquillité. Et en récompense, la Suisse choisit la protection militaire américaine ! Par quel miracle ?

Pour les rafales du signal Inde c’est l’époque Hollande qui est en question ( mais tous les présidents ont été mouillés de la même manière avec en plus souvent des commissions occultes pour financer leur partie. Là on découvre que la société Reliance Group a financé un film coproduit par Julie Gayet, la compagne de François Hollande. Le président de la République avait alors assuré n’avoir « pas eu le choix » du partenaire indien de Dassault. Ce qui avait suscité l’émoi en Inde. François Hollande a-t-il été piégé par des cercles proches du pouvoir à New Delhi ? Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, avait assuré que Paris n’avait subi « aucune pression » de la part de l’Inde. Faut-il y voir une négation en forme d’aveux ? « Commissions occultes ». Plus étonnant, en avril 2019, le journal Le Monde révélait que Paris avait, en 2015, annulé un redressement fiscal visant une entreprise française appartenant à Reliance Group. Et ce, pour un montant de 143,7 millions d’euros. À la croisée des pouvoirs politiques, judiciaires et économiques, l’affaire a pris un autre tournant à la suite de la publication d’un article de Mediapart.

Selon le site d’information, des « millions d’euros de commissions occultes » auraient été versés à un intermédiaire qui aurait aidé Dassault à conclure la vente, dont « une partie […] aurait pu être reversée sous forme de pots-de-vin » à des officiels indiens. Selon le groupe français, « aucune infraction n’[a] été signalée ». Mediapart a également fustigé le PNF et l’Agence française anticorruption (AFA) d’avoir « enterré » les soupçons concernant l’affaire. Pour être vraiment vertueux il est clair que les pays incriminés devraient renoncer à toute fabrication et exportation de matériel militaire car sur toutes les présidences on a découvert ces phénomènes d’intermédiation douteuse avec retour éventuel de rétro commissions. Mais tous les prêtres pays pratiquent de la manière.

Corruption : le mandat d’Anticor renouvelé mais. …..

Corruption : le mandat d’Anticor renouvelé mais. …..

 Bien que contesté par certains, le mandat d’anticorps est reconduit :

 

«Au regard des réponses faites par l’association indiquant son intention de modifier ses statuts pour mieux garantir les conditions de transparence sur son financement, d’une part, et de l’absence de décision de justice à ce jour sur la régularité des décisions contestées» concernant le renouvellement de son conseil d’administration, «le premier ministre a décidé de renouveler l’agrément de l’association Anticor», selon le communiqué.

L’agrément avait été accordé à l’association en 2015 puis renouvelé sans difficulté, et expirait officiellement le 15 février.

 

Les adversaires d’Anticor accusent aussi l’association anticorruption de mener un combat partisan, en attaquant la Macronie et la droite. Elle a ciblé ces dernières années plusieurs proches du président Emmanuel Macron: le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti ou dernièrement le ministre de la Santé Olivier Véran pour «favoritisme» pour la gestion de l’application StopCovid.

 

 

Le premier ministre a cependant renouvelé le mandat d’anticorps mais avec des réserves en effet le premier ministre a «relevé un manque de transparence interne sur les dons collectés». Le texte évoque aussi «une contestation des conditions de renouvellement du Conseil d’administration en juin 2020, dans le cadre d’une action contentieuse portée par une partie des membres de l’association.»

Au fil des ans, elle est devenue un acteur, parfois contesté, de la justice financière. Son levier: la plainte avec constitution de partie civile qui permet la saisie quasi automatique d’un juge d’instruction et la relance des investigations quand une enquête a été classée par le parquet. Anticor est à l’origine de plusieurs enquêtes judiciaires – concernant l’ancien président de l’INA (Institut national de l’audiovisuel) Mathieu Gallet, les sondages de Élysée – et ses plaintes avec constitution de partie civile ont permis de relancer les investigations sur Alexis Kohler ainsi que Richard Ferrand (mais la cour d’appel de Douai a jugé cette dernière affaire prescrite mercredi ! ). Outre Anticor, deux autres associations bénéficient de cet agrément en matière de corruption, accordé pour trois ans: Sherpa et Transparency international.

Corruption Bolloré au Togo: une affaire qui finira en eau de boudin

  • Corruption Bolloré au Togo: une affaire qui finira en eau de boudin

 

L ‘affaire est déjà complexe sur le plan juridique puisque la poursuite judiciaire engagée est le fait du parquet national financier qui conteste un accord entre la justice et Bolloré via une reconnaissance préalable de culpabilité. Bref l’acceptation de cette culpabilité par Bolloré contre le paiement d’une somme de 375 000 € pour des faits délictueux au Togo.

 

L’affaire va être envoyée un juge d’instruction qui devra décider de la procédure engagée ou non. La justice met le doigt dans une affaire qui devrait finir en eau de boudin. En effet on sait que le groupe Bolloré a surtout réalisé ses profits au départ sur ses activités africaines et c’est grâce à ces profits qu’ il a pu étendre le champ de ses activités et leur nature ailleurs. Pour permettre une telle rentabilité le patron de Bolloré n’a jamais fait dans la dentelle pas plus au Togo, en Afrique qu’en France.

Mais en Afrique on connaît les modes de régulation des marchés. Bref s’il fallait faire une enquête complète sur les pratiques de Bolloré en Afrique ( ou d’autres grandes entreprises) il faudrait sans doute des années et trop de personnalités se trouveraient impliquées.

 

Le parquet national financier (PNF) a donc décidé de renvoyer à un juge d’instruction le dossier de Vincent Bolloré et deux responsables après la non-homologation de leur «plaider coupable» fin février pour notamment des faits de corruption au Togo, a-t-il indiqué dimanche 21 mars à l’AFP.

 «le PNF a introduit, vendredi, un recours pour excès de pouvoir devant la chambre criminelle de la Cour de cassation» en raison de plusieurs mentions, dans l’ordonnance de validation de la CJIP des trois CRPC qui n’ont finalement pas été homologuées, a souligné le parquet financier. La CJIP pourrait donc être invalidée pour vice de forme et retourner à la présidence du tribunal qui devra ensuite statuer sur son homologation, mais le PNF n’entend pas la remettre en cause.

 

Comment lutter contre la corruption en Afrique

Comment lutter contre la corruption en Afrique

 

Ibrahim Mayaki, ancien premier ministre du Niger, coprésident du Groupe de haut niveau sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité financières internationales

Ibrahim Mayaki, coprésident du Groupe de haut niveau sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité financières internationales (FACTI) de l’ONU, demande, dans une tribune au « Monde », une mobilisation des Etats contre les abus fiscaux, la corruption et le blanchiment d’argent, pour récupérer les milliards de dollars nécessaires à la lutte contre la pandémie.

Tribune

 

Depuis plus d’un an maintenant, le monde est confronté à une crise sanitaire d’une ampleur sans précèdent qui a d’ores et déjà conduit à un recul historique du développement humain avec un accroissement aigu des inégalités et une augmentation inquiétante (de l’ordre de 7 %) des indicateurs d’extrême pauvreté.

Dans le même temps, nous sommes confrontés à une potentielle catastrophe environnementale dont les conséquences sont chaque jour un peu plus visibles, et à une pénurie des investissements qui seraient pourtant nécessaires à la gestion de l’ensemble de ces défis.

Si tous les pays sont confrontés à la même tempête, ils ne sont cependant pas dans le même bateau. Aussi, en raison de la lourdeur de la dette et de la diminution de l’aide publique au développement, il y a fort à parier que les pays les plus pauvres paieront le prix le plus élevé des conséquences du Covid-19.

Plus que jamais, le manque à gagner que représentent pour les revenus des Etats les abus fiscaux, la corruption et le blanchiment d’argent, doit être sévèrement combattu.

 

Il y a près de cinq ans déjà, le groupe de travail de haut niveau de l’Union africaine sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, présidé par Thabo Mbeki, concluait que plus de 50 milliards de dollars américains (environ 42 milliards d’euros) étaient perdus chaque année en Afrique à cause de ces flux illicites. 

Bien avant le Covid-19, on recensait en effet déjà de nombreux cas de corruption globale ainsi que des comportements scandaleux d’évasion fiscale. Les nombreuses révélations d’abus fiscaux dans les « Panama Papers », « Paradise Papers » et OpenLux ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

Le monde a besoin d’un engagement renouvelé en faveur de l’intégrité financière afin de soutenir les objectifs du développement durable, partout et pour tous. C’est précisément l’appel lancé aux Etats par le Groupe de haut niveau sur la responsabilité, la transparence et l’intégrité financières internationales (FACTI) qui vient de publier le rapport « L’intégrité financière pour un développement durable ».

Notre idée est simple : en recouvrant juste une fraction des milliards actuellement dilapidés, les gouvernements pourraient investir dans l’éducation, renforcer leur système de santé, développer l’économie verte, promouvoir les droits de l’homme et des sociétés inclusives.

 

Cela nécessitera évidemment des systèmes de gouvernance nationaux également transparents. 

Démocratie Chine : un critique Xi Jinping condamné à 18 ans de prison pour corruption

Démocratie Chine : un critique de Xi Jinping condamné à 18 ans de prison pour corruption

 

L’étau de la dictature ne cesse de se serrer autour de certains responsables économiques qui osent émettre des critiques vis-à-vis du parti communiste chinois et de son chef suprême, élu maintenant à vie, Xi Jinping .

Récemment c’est le patron sans doute plus influent de Chine qui a été rappelé à l’ordre sévèrement à tel point d’ailleurs qu’il a pratiquement disparu médiatiquement. C’est tout juste si on a autorisé une petite vidéo de quelques secondes pour rappeler son existence et rassurer ainsi les investisseurs étrangers concernant l’immense groupe Alibaba présidé par Jacques Ma.

Ce dernier avait osé émettre des critiques d’ordre économique du pouvoir. Maintenant c’est un autre responsable qui vient d’être victime de la reprise en main du parti communiste chinois à savoir Ren Zhiqiang, l’ancien président du groupe public d’immobilier Huayuan; il vient d’être condamné à 18 ans de prison et à une amende de 4,2 millions de yuans (525.960 euros environ. Les experts quand ils se considèrent que la curie va continuer contre tous ceux qui vont oser émettre des critiques vis-à-vis du régime et de son président. Pour ces derniers il n’y a que trois solutions : la mort, l’exil ou la prison.

On peut légitimement s’interroger sur les engagements des Chinois concernant le futur accord sur les investissements entre l’union européenne et la Chine. L’union européenne espère que la Chine respectera les règles de concurrence. Comment faire confiance à un pays qui non seulement ne respecte aucune règle de concurrence mais aucune règle démocratique ; pire qui rétablit la politique de répression chère à Mao aussi bien vis-à-vis des chefs d’entreprises contestataires que vis-à-vis des ouïgours dont il faut rappeler qu’un million sont actuellement emprisonnés et ou contraints à des travaux forcés.

Selon l’avis publié mardi, Ren Zhiqiang a restitué tous les gains illégalement accumulés, a “volontairement avoué ses crimes”, accepté sa condamnation et ne fera pas appel.

Ren Zhiqiang a été arrêté en mars après avoir assimilé le président Xi Jingping à un clown alors que ce dernier se félicitait de la gestion de la crise du nouveau coronavirus par son gouvernement. Dans un billet, qui ne mentionnait pas explicitement Xi Jinping, Ren Zhiqiang disait ne pas avoir vu “un empereur vêtu de ses habits neufs, mais un clown nu soucieux de vouloir continuer de passer pour un empereur”, rapporte le China Digital Times, une publication basée aux Etats-Unis.

Zen Zhiqiang a été exclu du Parti communiste chinois en juillet. Il a été accusé le même mois d’avoir détourné des fonds pour assouvir sa passion pour le golf ou encore d’avoir illégalement accumulé d’importantes sommes d’argent.

Corruption du patron de Samsung: un nouveau procès

Corruption du patron de Samsung: un nouveau procès

Un nouveau procès aura lieu pour l’héritier de Samsung. Mais un procès qui met en cause le mode de développement exceptionnel de la Corée fondée surtout sur le dynamisme de grandes entreprises dans les mains de grandes familles monopolistiques.

 

Lee Jae-yong, héritier de Samsung, avait en 2017 été condamné à cinq ans de prison pour corruption, détournement de fonds et autres délits en lien avec le retentissant scandale de corruption qui avait entraîné la destitution de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye (2013-2017), puis son incarcération. En appel, la plupart des poursuites pour corruption avaient été écartées et Lee Jae-yong avait écopé d’une peine de prison avec sursis. Mais la Cour suprême a ordonné un nouveau procès.

L’affaire porte sur des millions de dollars que le groupe avait versés à la confidente de l’ombre de la présidente, Choi Soon-sil. Des pots-de-vin qui étaient selon l’accusation destinés à faciliter la passation de pouvoir à la tête du conglomérat, alors que Lee Kun-hee était alité après une attaque cardiaque en 2014. La Cour suprême a définitivement confirmé jeudi la condamnation de l’ex-présidente Park à vingt ans de prison. Ce scandale avait souligné une fois de plus les accointances troubles entre le pouvoir sud-coréen et les grandes familles qui contrôlent les «chaebols», ces conglomérats à l’origine du prodigieux redressement du pays après la Guerre de Corée.

En mai 2020, l’héritier avait présenté de rares excuses devant les médias, en particulier pour le processus de succession controversé qui lui permet de prendre la tête du groupe fondé par son grand-père Lee Byung-chull. Lee Jae-yong avait même promis qu’il serait le dernier dans la ligne de succession familiale, et que ses enfants n’en hériteraient pas. Son père et son grand-père ont également eu maille à partir avec la justice, mais aucun n’a purgé de peine de prison.

Chine : condamnation à mort pour bigamie et corruption

Chine : condamnation à mort pour bigamie et corruption

La grande reprise en main de l’économie par le parti communiste à la mode Mao est en route avec notamment la mise en accusation de très grands patrons. Certains sont accusés de corruption. Un patron va même être condamné à mort pour ce motif et pour bigamie ! Voitures de luxe, lingots d’or, liasses de billets, auxquels il n’aurait même pas osé toucher… Ce butin devrait coûter la vie à Lai Xiaomin. L’ancien président de l’une des plus grandes sociétés de gestion d’actifs contrôlées par l’Etat chinois a été condamné à mort ce mardi pour corruption et bigamie, a annoncé le Tribunal de Nianjin (Nord de la Chine).

Lai Xiaomin, 58 ans, qui était président de China Huarong Asset Management avant de faire l’objet d’une enquête en 2018, a été reconnu coupable d’avoir reçu 215 millions d’euros de pots de vin entre 2008 et 2018 et tenté d’en obtenir 13 millions supplémentaires. Il aurait également utilisé son poste pour détourner plus de 3 millions d’euros de fonds publics.

 

Sénégal: enterrement d’une grosse affaire de corruption

Sénégal: enterrement d’une grosse affaire de corruption

Sans doute du fait de l’apparition des noms de British Petroleum et de celui du frère du président, la justice vient d’enterrer une immense affaire de corruption au Sénégal.

L’affaire porte sur l’attribution, en juin 2012, de l’exploration et de l’exploitation de deux champs pétroliers et gaziers à la société Petro-Tim de l’homme d’affaires australo-roumain Frank Timis, novice dans le secteur, associée à Petrosen (Société des pétroles du Sénégal).

Macky Sall avait pris la tête du pays en avril 2012. La BBC a affirmé en juin 2019 que la compagnie de Frank Timis avait secrètement versé en 2014 une prime de 250.000 dollars à Agritrans, une société contrôlée par Aliou Sall.

La BBC disait aussi que les participations du groupe de Frank Timis avaient été rachetées par BP en 2017 pour 250 millions de dollars, assortis de redevances de quelque 10 milliards de dollars sur 40 ans, détournant d’importants revenus des caisses de l’Etat.

Iran : la corruption généralisée de la mafia au pouvoir (Hamid Enayat)

Iran : la corruption généralisée de la mafia au pouvoir (Hamid Enayat)

 

La prise de contrôle de l’économie par la mafia au pouvoir a provoqué son effondrement complet. Estime Hamid Enayat, analyste et écrivain iranien dans une chronique à la Tribune.

 

 

Les chiffres n’ont plus la capacité d’exprimer des détournements astronomiques. Des sommes capables d’affecter gravement le budget et les conditions économiques d’un pays ou qui pourraient assurer le financement de centaines voire de milliers d’écoles et d’universités.

La corruption étendue dans les organes gouvernementaux, les banques, le secteur privé, les entreprises publiques, semi-gouvernementales et affiliées, et des dizaines d’autres cas s’est tellement répandue la dernière décennie qu’elle a envahi toute l’économie iranienne : corruption en pétrochimie de 6,656 milliards de dollars en 2019 ; corruption de plus de 694 million dollars en 2011 ; corruption de la Fondation des Martyrs avec au total plus de 2 milliards de dollars en 2013 ; détournement de fonds d’environ 2,5 milliards de dollars au ministère du Pétrole en 2017 ; corruption de plus de 4,15 milliards de dollars en 2013, abus de pouvoir avec détournement de 750 millions de dollars en 2012, disparition de plates-formes pétrolières pour un montant de 124 millions de dollars en 2015, et ce n’est que la pointe de l’iceberg rendue publique.

95 milliards de dollars : le chiffre a de quoi donner le tournis mais, selon l’agence Reuters, l’ayatollah iranien Ali Khamenei règne bien sur un vaste empire économique représentant une somme aussi impressionnante. Cela équivaut à environ 71 milliards d’euros, soit davantage que la valeur actuelle des revenus pétroliers annuels de l’Iran.

Dans l’Iran actuel, la corruption et le pouvoir sont si étroitement liés qu’ils ne forment plus qu’un seul corps. De nombreuses personnes corrompues commettent des détournements de fonds en utilisant leur influence et leurs relations dans les organisations et les ministères. Mehdi Jahanguiri, le frère du premier vice-président, en est un exemple. En réponse à l’arrestation de son frère, le premier vice-président Ishaq Jahangiri a parlé de « corruption organisée » dans le pays.

Auparavant, le 16 juillet 2019, le frère du président Hassan Rohani, Hussein Fereydoun, avait été convoqué par la justice pour un délit financier. Le tribunal avait fixé une caution d’un montant très élevé. Le règlement de cette caution astronomique par le ministre de la Santé de l’époque avait fait la une des journaux.

Farshad Momeni, proche du régime iranien et professeur d’économie à l’Université Allameh Tabataba’i, a déclaré dans une cérémonie de la Journée des étudiants : « L’économie de l’Iran est de plus en plus est dominée par la mafia depuis la fin de la guerre Iran-Irak. » Soulignant que tous les gouvernements des 30 dernières années avaient développé ces relations mafieuses, il a noté que les classes défavorisées et les producteurs étaient les premières victimes de cette politique. Ce sont les sanctions et le Covid 19 qui ont mis à nu la mainmise de la mafia sur l’économie.

Hussein Raghfar, un économiste proche du pouvoir, cible lui aussi cette dérive : « Le principal problème de l’économie est le mensonge manié pour détourner l’opinion publique des réalités amères que le régime a apportées à la population. » Les États-Unis sont toujours cités comme la principale cause des problèmes du pays, alors que ces problèmes sont l’œuvre du pouvoir et n’ont rien à voir avec les sanctions.

Certes, ces dernières affectent l’économie quand elles détruisent la capacité de production nationale. Mais la capacité de production en Iran s’est détériorée à partir du neuvième gouvernement rendant le pays de plus en plus dépendant des importations, qui sont passées en valeur de 16 milliards de dollars en 1984 à 90 milliards de dollars en 1990. C’est de cette manière que les ressources de production ont été détruites jour après jour.

Un membre de la commission de la Santé du Majlis (parlement) a tweeté : L’augmentation des prix des matières premières n’a rien à voir avec les sanctions et le taux des devises. On a entendu dire qu’une cargaison de 81.000 tonnes de maïs a été dédouanée sans l’autorisation du ministère de l’Agriculture, et on ne sait pas à qui est allé le profit de la vente de ce maïs sur le marché noir, qui se monte à plus de 1.600 milliards de tomans.

En 1997 et 1998, selon la Banque centrale, 180 milliards de dollars ont été sortis du pays, mais on ne sait pas à quoi l’argent de ces exportations a été utilisé. Selon certaines études, cette somme aurait permis de fournir des biens et produits de base pendant trois ans à hauteur de 35 milliards de dollars.

Yahya al-Ishaq, un ancien ministre du Commerce qui a lui-même été impliqué dans la corruption institutionnalisée, décrit ainsi l’économie mafieuse : « Dans l’ombre de l’insouciance des responsables dans la guerre économique et avec le manque de courage de fonctionnaires pour prendre des décisions dans des circonstances particulières, on voit apparaitre des Arsène Lupin qui pillent tous les biens du pays sans le moindre souci. » (Agence Fars, 7 décembre 2020)

Les organisations internationales estiment qu’il y a environ 10.000 personnes en Iran qui détiennent et gèrent exclusivement des ressources financières, bancaires, pétrolières et autres. Étonnamment, le secrétaire général de la Société des comptables certifiés d’Iran a abordé les mêmes chiffres d’une autre manière : « Environ 12.000 personnes physiques et morales dans les 13.000 unités économiques du pays ont consommé près de 110 milliards de devises. Elles n’ont fourni de bilan financier vérifié à aucune institution et n’ont pas été contrôlées ni tenues responsables. » (Bazar, 6 décembre 2020)

Au moins 60 % de l’économie iranienne est entre les mains du corps des pasdarans. En détruisant la plupart des productions de produits de base, les pasdarans importent des richesses astronomiques à partir de produits de base de Chine et d’ailleurs et les stocke. Or tous les ports et quais sont entre leurs mains. Ce qu’on appelle la mafia du pouvoir n’est rien d’autre que le corps des pasdarans ou les sociétés géantes affiliées au guide suprême et aux cercles les plus proches du pouvoir, qui sont exonérées de tout audit et de toute taxe.

Plus de 150 milliards de dollars d’argent iranien bloqués ont été débloqués après l’accord nucléaire en 2015, et le régime iranien a vendu au moins deux millions de barils de pétrole par jour jusqu’au retrait américain du JCPOA et la mise en place des sanctions. Cependant, les soulèvements de 2017 et 2019 déclenchés par la pauvreté, l’inflation et le chômage ont secoué toutes les villes d’Iran et ébranlé le pouvoir.

Il est très clair que l’embargo pétrolier vise à exercer une pression sur l’économie iranienne. Mais la cause de la pauvreté de plus de 70% des Iraniens dans l’un des pays les plus riches, ce ne sont pas les sanctions mais la destruction des ressources, la corruption systématique et le pillage opérés par le corps des pasdarans.

Leurs actions destructrices, la répression et les meurtres auxquels ils se livrent ne se limitent pas à l’Iran. C’est pourquoi, la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes britannique a exhorté dans son dernier rapport le gouvernement du Royaume Uni à inscrire le corps des pasdarans du régime iranien dans la liste des entités terroristes.

 

«Corruption: des progrès à faire»

«Corruption: des progrès à faire»

Pour Marine Gourlet , avocate en droit pénal, il y a encore des progrès à faire en matière de corruption (tribune dans l’Opinion)

L’Agence française anticorruption (AFA) a publié le 21 septembre un premier diagnostic des dispositifs de lutte contre la corruption mis en place par les entreprises françaises depuis l’adoption de la loi Sapin II. Celui-ci révèle une prise de conscience croissante du risque de corruption, dont la prise en charge demeure néanmoins insuffisante.

Premier constat, les sociétés françaises estiment être suffisamment informées des risques liés à la corruption et dotées de mécanismes de prévention efficaces : 94% des entreprises interrogées disent bien connaître les différentes infractions à la probité sanctionnées en droit français, et 70% avoir mis en place un dispositif de lutte contre la corruption qu’elles jugent satisfaisant. Réalisme ou excès de confiance ? Le reste du rapport laisse en tout cas une grande marge d’amélioration pour toutes les entreprises concernées…

Second constat, elles n’ont pas attendu l’entrée en vigueur de la loi Sapin II pour déployer des mécanismes de lutte contre la corruption. Près de la moitié des entreprises dotées d’un tel dispositif agissaient avant 2016. Cette proactivité peut notamment s’expliquer par la crainte des entreprises évoluant dans un contexte international d’être soumises aux législations anti-corruption étrangères préexistantes (notamment aux Etats-Unis et au Royaume-Uni), dont le champ d’application excède souvent les frontières de ces Etats.

Avantage compétitif. Ces chiffres révèlent par ailleurs un changement de mentalité : être compliant devient aujourd’hui un avantage compétitif. Parmi les motifs avancés par les entreprises françaises pour justifier la mise en place de dispositifs anticorruption, la volonté de se mettre en accord avec les valeurs de l’organisation arrive au même niveau que la simple nécessité de se mettre en règle avec les textes.

Au-delà de ces constats encourageants, le diagnostic de l’AFA livre de nombreuses pistes d’amélioration.

Premier signal d’alarme : 5% des entreprises assujetties aux dispositions de la loi Sapin II ne sont toujours pas dotées d’un dispositif de lutte contre la corruption. Elles restent donc vulnérables et s’exposent à des sanctions administratives et des condamnations pénales. Pourtant, ce risque n’est pas anodin : environ une entreprise sur cinq déclare avoir déjà été confrontée au moins une fois à un cas de corruption au cours des cinq dernières années.

S’agissant des sociétés déjà équipées de dispositifs de lutte contre la corruption, la plupart semblent se satisfaire du système qu’elles ont mis en place. Celui-ci reste pourtant lacunaire à plusieurs égards. Plusieurs mesures imposées par l’article 17 de la loi Sapin sont souvent absentes des dispositifs mis en place : la cartographie des risques n’existe que dans 53% des cas, 39% seulement des entreprises disposent de procédures d’évaluation des tiers, 56% dispensent des formations, 61% ont d’un dispositif d’alerte interne et 56% un mécanisme de contrôle interne.

Dissuasion. Les mécanismes de sanctions disciplinaires ne sont pas dissuasifs : seule la moitié des entreprises ayant connu des cas avérés de corruption a engagé des procédures disciplinaires à l’égard des salariés concernés. Quant au nombre de condamnations pénales, celui-ci est de l’ordre de 1% seulement pour toutes les entreprises ayant rencontré des cas de corruption.

Le rôle de la fonction conformité est sous-estimé : à peine 48% des entreprises ont nommé un responsable de la conformité qui, dans la moitié des cas, n’est pas entièrement dédié et doit cumuler d’autres fonctions au sein de l’entreprise (directeur juridique, directeur de l’audit interne, etc.) et, en outre, ne dispose en pratique d’aucune influence sur les décisions stratégiques.

Le diagnostic de l’AFA est bien plus sévère encore à l’égard des PME et petites ETI. L’intérêt pour elles de déployer un dispositif est pourtant réel, autant pour satisfaire aux exigences de leurs partenaires commerciaux assujettis à la loi Sapin II, que pour se prémunir contre tout risque de condamnation pénale.

Diagnostic mitigé mais utile : face au risque omniprésent de corruption, toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, doivent rester vigilantes et être capables de remettre en question la pertinence de leurs dispositifs actuels pour garantir une protection efficace de la personne morale et de ses instances dirigeantes contre tous les risques liés à la corruption (financier, réputationnel, etc.). »

Marine Gourlet est avocate en droit pénal chez Allen & Overy Paris.

 

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