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Cop 26: Un fiasco hypocrite

Cop 26: Un fiasco hypocrite

 

Avec maintenant un peu de recul, les médias reconnaissent que la COP 26 constitue une véritable arnaque. On constate en effet un nombre impressionnant d’engagements partiels qui en réalité ne sont nullement contraignants et surtout la mise de côté de l’objectif central de ne pas dépasser 1,5° de réchauffement par rapport à l’ère pré industrielle. Même ambiguïté concernant les énergies fossiles y compris le charbon. Un papier du « monde confirme » l’échec de cette COP 26

 

Papier du « Monde ». ( extrait)

 

 

C’était sans doute le plus spectaculaire des rendez-vous manqués de cette conférence mondiale tant attendue sur le climat, mais on en retiendra surtout la persistance du profond clivage Nord-Sud. La solidarité des pays développés à l’égard des plus vulnérables, qui ne sont pas responsables du dérèglement climatique mais se trouvent souvent en première ligne, n’a pas été à la hauteur du défi : les pays riches ont certes accepté de doubler les fonds consacrés à l’adaptation au réchauffement climatique, mais ils ont refusé des financements spécifiques pour les dégâts irréversibles auxquels il n’est plus possible de s’adapter.

On se dirige donc toujours vers 2,7 °C de réchauffement à la fin du siècle. L’action a été repoussée à l’an prochain. Le renoncement sur le charbon montre qu’il sera difficile de sortir à temps de cette énergie, la plus polluante. Ainsi, malgré la mise à disposition de 8,5 milliards de dollars (7,4 milliards d’euros) annoncée par la France, l’Allemagne, l’Union européenne et les Etats-Unis pour l’aider dans sa transition énergétique, l’Afrique du Sud s’est exprimée contre la mention d’une sortie du charbon dans le pacte climatique de Glasgow. Les pays du Sud ont rappelé qu’ils étaient aussi en droit de profiter des énergies fossiles pour se développer, comme l’ont fait avant eux les pays du Nord : lorsque les riches parlent de transition énergétique, les pauvres, eux, demandent simplement l’accès à l’énergie.

Parmi les problèmes non résolus, enfin, figurent ceux de la crédibilité et de la transparence des promesses faites. Aucun dispositif ne permet de vérifier la validité et la force des annonces dont cette COP26 a été riche, pas plus que des engagements de neutralité carbone. L’Australie, l’Arabie saoudite, le Brésil, la Turquie et la Russie se sont engagés à atteindre des émissions nettes nulles d’ici à 2050, 2053 ou 2060, mais sans fixer d’objectifs réalistes de réduction des émissions pour 2030. A la COP27, qu’accueillera l’Egypte en 2022, les Etats devront faire mieux. Procrastiner n’est plus une option.

COP 26 : un aveu d’échec

COP 26 : un aveu d’échec

 

La COP 26 devrait au moins avoir le mérite d’acter le fait que la plupart des Etats n’ont pas suffisamment mis en application l’accord de Paris. Un accord pourtant pas très contraignant puisque chaque État demeurait maître de déterminer ses objectifs et de leur actualisation. Un dernier travail qui n’a même pas été suffisamment effectué

Le communiqué final de la COP 26 devrait d’une certaine manière acter l’incapacité des grandes puissances concernées a hausser leur objectif de réduction d’émission, du moins pour cette session, comme espérés par certains. Le projet d’accord final appelle ainsi les Etats à délivrer leurs nouvelles contributions d’ici la 27e COP, en novembre 2022. Soit dans un an. Mais aussi, trois ans avant la nouvelle échéance prévue en 2025.

Selon les dernières estimations de l’Onu données mardi, les nouveaux engagements climatiques à l’échéance 2030 de certains Etats, juste avant ou au début de la COP, ne devraient entraîner aucun changement de la trajectoire de température vers un réchauffement « catastrophique » de +2,7°C d’ici la fin du siècle.

Les prévisions mises à jour mardi par le PNUE, qui évaluent les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet serre de quelque 150 Etats pour 2030 ne changent pas vraiment la donne. Les engagements pour 2030 des deux dernières semaines représenteraient 0,5 gigatonne (gt) d’équivalent CO2 d’émissions en moins en 2030, mais il faudrait ajouter à cela 27 gt pour limiter le réchauffement à +1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.

De ce fait, les objectifs à 2030 révisés n’entraînent aucun changement de la trajectoire de température: +2,7°C d’ici la fin du siècle, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Pour Jennifer Morgan, directrice de Greenpeace international,  »il ne s’agit pas d’un plan pour régler la crise climatique mais d’un accord pour croiser les doigts en espérant que ça va aller. Une demande polie aux pays de si possible, peut-être, faire plus l’an prochain. Ce n’est pas assez ».

COP 26: Une assemblée citoyenne mondiale !

COP 26: Une assemblée citoyenne mondiale !

 

 

Le retour d’une chimère ou de la caricature démocratique avec la création d’une assemblée citoyenne mondiale. Comme si on ne disposait pas déjà de suffisamment d’institutions représentatives et surtout compétentes pour discuter de problématiques complexes au lieu de rassembler des citoyens qu’on peut manipuler sans état d’âme.

Claire Mellier est l’une des initiatrices de la première assemblée mondiale de citoyens sur le climat qui a démarré ses travaux en octobre. Auparavant elle a participé à la conception ou à l’animation d’une dizaine d’assemblées citoyennes sur la crise climatique, dont celles du Royaume-Uni et d’Ecosse, et a aussi observé en tant que chercheuse la convention citoyenne pour le climat en France. Elle explique l’intérêt et les difficultés d’un panel mondial, et montre aussi comment les modes d’organisation de ces dispositifs, en donnant plus ou moins de marge de manœuvre aux citoyens, peuvent jouer un rôle dans les conclusions qui en découlent.

L’assemblée citoyenne mondiale sur le climat va présenter le 1er novembre ses premières recommandations dans le cadre de la COP26. Pourquoi avoir organisé ce dispositif ?

Le changement climatique est une crise à l’échelle mondiale, mais les décisions qui permettraient d’y remédier dépendent des politiques publiques que seuls les Etats ont le pouvoir de mettre en place à l’échelle nationale. Malheureusement, on voit bien que le processus de gouvernance mondiale mis en place au sein de la COP et fondé sur les négociations entre Etats n’est pas suffisamment efficace. On entame la 26e édition et les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Les engagements pris par les Etats à ce jour mènent la planète vers un réchauffement climatique de 2,7 °C à la fin du siècle.

 

L’idée de réunir une assemblée de citoyens est née de ce constat d’échec de notre système de gouvernance, et de la volonté de chercher des leviers efficaces. Elle a été initiée par des chercheurs, des membres de fondations, des spécialistes de la démocratie participative parmi lesquels le Conseil danois de la technologie, la Fondation pour l’innovation en politique [en Afrique] et l’université de Canberra [Australie].

Les financements proviennent de fondations et d’organisations philanthropiques. Un échantillon de la population mondiale peut-il dépasser les clivages politiques et géopolitiques en apportant une expertise citoyenne ? C’est ce que cherche à montrer ce processus expérimental.

L’expérience est inédite à l’échelle de la planète. Comment travaillez-vous ?

L’assemblée est composée de cent citoyens tirés au sort, représentatifs de la population mondiale dont dix-huit Chinois, dix-huit Indiens, cinq Américains, dix-sept Africains… Elle est aussi représentative des disparités de développement dans la population mondiale : environ 60 % des citoyens tirés au sort gagnent moins de dix dollars par jour.

A la COP 26: pour une relance verte

A la COP 26: pour une relance verte

Constatant que les engagements pris en 2015 lors de la COP21 sont très loin de répondre aux objectifs, Laurent Fabius, Alok Sharma et Laurence Tubiana appellent à poursuivre l’action commune pour orienter le monde vers une reprise verte.

AGlasgow (Ecosse), le monde doit honorer les engagements définis par l’accord de Paris pour l’avenir de notre planète. A son adoption en 2015, l’accord de Paris a fait naître un espoir pour notre planète : il marquait le moment où les dirigeants mondiaux ont véritablement décidé de lutter contre le changement climatique et de contenir ses pires conséquences.

Cet accord historique a tracé une voie permettant de limiter le réchauffement du globe à nettement moins de 2 °C de plus que les niveaux pré-industriels, avec l’espoir de ne pas dépasser 1,5 °C d’augmentation.

Cela, bien entendu, n’a pas instantanément résolu le problème, et la crise climatique continue de s’aggraver. Les banquises disparaissent, le courant du Gulf Stream est à son plus bas niveau depuis un millénaire, inondations et sécheresses menacent vies et moyens de subsistance aux quatre coins de la planète.

A la fin février, les Nations unies (ONU) ont adressé au monde un signal d’alarme. On doit écouter ce signal. Qualifié d’« alerte rouge » pour notre planète, le récent rapport de l’ONU sur l’évaluation des objectifs de réduction des émissions mondiales d’ici à 2030 souligne que les engagements climatiques collectifs, qui ont été pris jusqu’à présent, sont très loin de pouvoir répondre aux objectifs convenus à Paris en 2015.

Cela devra impérativement changer lorsque les pays du monde se retrouveront cet automne à Glasgow. Nous devons, à cette occasion, obtenir des engagements fermes à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cela implique des actes forts – à la fois des décisions cohérentes à court terme, des objectifs renforcés à l’horizon 2030, intégrés à des stratégies à long terme ouvrant des orientations claires pour la neutralité carbone d’ici à 2050.

Nous avons besoin d’un nouveau paquet de soutien aux pays en développement, comme le prévoit clairement l’accord de Paris. Le chemin vers cet objectif commence la semaine prochaine avec la Conférence ministérielle sur le climat et le développement, organisée par le Royaume-Uni, et se poursuit avec les réunions du Fonds monétaire international (FMI), du G7 et du G20.

Il faut donc se féliciter de la décision prise, la semaine dernière, par les ministres des finances du G7, qui sont convenus de créer des fonds de réserve d’urgence pour les pays en développement confrontés aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

Mais cela doit être le début d’une action plus large visant à offrir un allègement de la dette et un soutien financier plus importants et de meilleure qualité à ceux qui en ont le plus besoin. L’engagement de ne laisser personne de côté est au cœur de l’accord de Paris. Six ans plus tard, ce mantra est toujours d’actualité : il incombe à toutes les grandes économies de se mobiliser et d’aider les personnes dans le besoin. Il est impératif que les pays contributeurs honorent leur engagement collectif à consacrer au moins 100 milliards de dollars [85 milliards d’euros] par an à aider les pays les plus menacés par les conséquences du réchauffement climatique. Le sommet ministériel international Climat et Développement, prévu fin mars, s’attachera à mobiliser les esprits autour de cet objectif.

Cop 22 climat : « Un retrait des Etats-Unis très grave »

Cop 22 climat : « Un retrait des Etats-Unis très grave »

Dans une interview au JDD Ségolène Royal considère que le retrait des Etas -Unis serait grave pour le climat mais relativise la position de Trump.

 

 

La victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine a secoué le sommet climat. Comment l’avez-vous vécue?
Une immense déception bien sûr. D’autant que, avec environ 1 million de voix d’avance, Hillary Clinton est l’élue du peuple, contrairement à ce qu’affirme la propagande qui utilise les résultats pour opposer peuple et élite. Et puis, depuis le Sommet de la Terre de Rio en 1992, c’est la première fois dans l’histoire des négociations sur le climat que le leader d’un grand pays affirme aussi violemment son climato-scepticisme. C’est une rupture.

L’accord de Paris est-il irréversible?
Un retrait des États-Unis, qui représentent 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), serait symboliquement très grave. Mais l’accord de Paris resterait malgré tout applicable puisqu’on serait toujours, avec les autres pays l’ayant ratifié, au-dessus des 55% d’émissions de GES nécessaires pour son entrée en vigueur. Quant à une dénonciation par Washington de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), je n’y crois pas. Quand George Bush a refusé de ratifier le protocole de Kyoto, il n’a pas pour autant dénoncer la convention-cadre de Rio.

 

COP 22: 2 ans pour sauver le climat ?

COP 22: 2 ans pour sauver le climat ?

 

 

 

On sait qu’il faudra bien d’autres COP pour sauver le climat. En effet les orientations retenues lors de la COP  21 seront insuffisantes pour faire diminuer le réchauffement climatique. Pollution, inondation, sécheresse, disparition d’espèces, changement de culture agricole autant de conséquences de la montée inexorable de la température. Il est urgent de limiter notre pollution si l’on veut éviter la montée de la température moyenne du globe au-delà de 2°C d’ici 2100, chiffre décidé lors de la conférence climat de Copenhague de 2009. Actuellement, si nous ne faisons rien, il faut en fait s’attendre à un climat de 4°C de plus, Pour éviter d’atteindre cette hausse, nous ne devons pas envoyer dans l’atmosphère plus de 900 milliards de tonnes de CO2, un chiffre qui sera atteint d’ici 20 ans si nous poursuivons à notre rythme actuel. Les derniers constats scientifiques montrent que les effets du changement climatique sont déjà présents : vagues de chaleur, les inondations et fonte des glaces.  Les scientifiques rappellent qu’il faut réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 40% à 70% d’ici 2050, si nous voulons arriver à zéro émission en 2100. C’est encore possible si nous mettons un prix au carbone, si nous investissons dans des transports, des villes propres. Cela ne représente qu’une petite part des milliards que nous allons consacrer dans nos futurs investissements d’infrastructures. Les scientifiques reconnaissent que les changements seront plus faciles à faire pour la production d’énergie, les voitures ou l’efficacité énergétique, mais qu’ils seront plus compliqués dans l’aviation, les transports routiers et maritimes.   Les perspectives bien que modestes de la COP  22 au Maroc visent  à concrétiser dans les deux ans l’accord de Paris.  Pour que cet objectif très modéré devienne réalité, des règles d’application sont nécessaires car l’accord de Paris a laissé un certain nombre de points dans le vague, notamment en ce qui concerne la façon dont les pays préciseront  leurs promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre et comment elles seront contrôlées .Le texte adopté vendredi rappelle aussi aux pays riches leur objectif de fournir à l’horizon 2020 une aide de 100 milliards de dollars par an (95 milliards d’euros) aux pays en développement.

 

COP 21 : accord en Chine et aux USA

COP 21 : accord en Chine et aux USA

 

175 Etats ont signé vendredi l’Accord de Paris, étape préalable à la ratification. Parmi eux, 15 Etats ont annoncé officiellement à l’Onu qu’ils avaient ratifié la convention. La Chine est les USA ont également apporté leur signature. Un accord évidemment intéressant mais dont  la réalisation ne permettra sans doute pas de réduire les émissions polluantes autant que prévu ou alors il faudrait dès maintenant décider d’une date pour l’abandon des énergies fossiles.  Pour entrer en vigueur, l’Accord de Paris doit être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre. Les Etats-Unis et la Chine totalisent à eux deux 38% des émissions. Lors de la cérémonie de signature vendredi, à laquelle ont assisté 55 chefs d’Etat et de gouvernement, le vice-Premier ministre chinois Zhang Gaoli a indiqué que la Chine procéderait à la ratification « avant le sommet du G20 à Hangzhou en septembre cette année ». Au nom des Etats-Unis, le secrétaire d’Etat John Kerry a évoqué une adoption officielle de la convention « cette année ». Le président Barack Obama utilisera pour ce faire ses pouvoirs exécutifs. Les pays parties à l’Accord de Paris devront faire en sorte que la hausse des températures dans le monde par rapport à leurs niveaux de la période préindustrielle soit inférieure à deux degrés Celsius. Pourtant, même si l’Accord est appliqué, les réductions de gaz à effet de serre promises par les Etats sont insuffisantes pour parvenir à cet objectif. Sur les trois premiers mois de 2016, les températures ont atteint de nouveaux records tandis que 2015 a été l’année la plus chaude depuis que des statistiques ont commencé à être tenues, au XIXe siècle.

COP 21 : Hulot rend son tablier

COP 21 : Hulot rend son tablier

Missionné pendant trois ans par Hollande sur le climat pour préparer la COP  21, Hulot rend son tablier. On ne peut pas dire qu’il soit vraiment optimiste quant à la capacité de la droite comme de la gauche à prendre en compte la problématique environnementale. Pour lui, COP 21  est sans doute un succès diplomatique mais pas forcément écologique  » : « Paris a été un moment de volonté et de sincérité. Le monde s’est mis en marche dans la même direction. Sur un plan diplomatique, c’est un moment historique ; sur un plan climatique, nous ne sommes pas à la hauteur. » Il assure qu’il « reste beaucoup de chemin à faire » et s’en prend à l’Union européenne et son rôle au cours des négociations : « On ne peut pas dire que l’Europe nous a beaucoup aidés pendant la COP21. » La fin de sa mission ne veut pourtant pas dire qu’il va revenir en politique. Nicolas Hulot s’inquiète du rapport de la classe politique à l’écologie. « Je suis frappé par l’indigence des partis politiques sur la question du climat. Comment la droite peut-elle se revendiquer de la modernité quand un sujet qui conditionne tous les autres – le climat – est aussi absent de ses écrans radar? », s’interroge-t-il. L’écologiste n’est pas plus tendre avec le PS : « A gauche, on ne croule pas sous la créativité et l’analyse fine. Cette exigence de réflexion, il va falloir qu’on l’exerce. » S’il ne s’interdit rien, sa candidature pour 2017 est loin d’être acquise, surtout après son expérience des primaires EELV en 2011. « Chat échaudé craint l’eau froide », déclare-t-il.

COP 21: ça coince

COP 21:  ça coince

Ça coince sérieusement concernant la négociation de Cop 21. Les négociations ont par exemple été très tendues mercredi et jeudi autour de la question de la différenciation – c’est-à-dire la. Sur deux points essentiels les modalités de contrôle de la politique de chaque Etat aussi sur le financement. On se souvient que Hollande avait arraché à la Chine le principe d’une clause de révision régulière et d’évaluation. Ce sera sans doute le seul principe un peu contraignant à condition bien entendu qu’on n’y introduise pas des biais méthodologiques. En clair qu’on ne trafique pas les chiffres.  Sur le financement, on est encore dans le flou car on ne sait pas  sur quelle sources financer les 100 milliards annuels destinés aux pays en développement afin qu’ils opèrent leur transition énergétique et qu’Is réparent aussi les dégâts causées par la pollution des pays développés. Le risque est grand de rebaptiser d’anciens crédits au développement pour réduire l’apport financier des pays développés. Ce sujet du financement est depuis le début de cette COP le principal point d’achoppement. En 2009 à Copenhague, les pays  développés se sont engagés à  fournir 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 aux pays les plus pauvres afin de les aider  à s’adapter aux objectifs de réduction des gaz à effet de serre.  Le ton est d’ailleurs monté à ce sujet, mercredi. Le groupe des 77 qui rassemble 134 pays en développement, s’est inquiété publiquement que les pays riches ne respectent pas leurs obligations en la matière. Leur crainte est née de l’introduction de nouvelles expressions dans le texte, impliquant que la base des donneurs soit élargie. Les passages suggèrent que le financement devra se faire non seulement par des pays développés mais aussi par ceux « en position de le faire ».  »On patine, rien n’est très précis sur ce sujet, affirme Matthieu Orphelin. Le texte remis à Laurent Fabius n’indique d’ailleurs même pas si ces financements vont augmenter après 2020″. « Il y a une grosse incertitude, renchérit Célia Gautier. La France, par exemple, mise sur l’élargissement de sa taxe sur les transactions financières pour financer les pays du sud. Mais l’Assemblée nationale n’a pas encore donné son feu vert à cette taxe ». Le nouveau texte liste encore pas moins de 18 options s’agissant du financement.

Cop 21 : taxer le carbone ?

Cop 21 : taxer le carbone ?

 

Beaucoup d’économistes militent pour une taxation internationale du carbone et d’une certaine manière tente d’introduire la problématique environnementale dans la logique du marché. Il n’est cependant pas certain que cette stratégie de taxation soit la meilleure même avec les apparats de la science économique. Une politique de normes  serait sans doute plus efficace qu’une régulation par la voie monétaire. Il suffirait par exemple d’interdire la motorisation diesel d’ici une vingtaine d’années et de passer au tout électrique d’ici environ 40 ans. Des mutations du même type pourraient être décidées pour le chauffage ou la production d’électricité. On peut comprendre que pour des motifs corporatistes certains économistes tentent de récupérer la problématique du réchauffement mais il y a quand même lieu de s’inquiéter de cette tendance à l’économicisation trop systématique des grandes questions sociétales  comme en témoigne les propos de  Christian de Perthuis, professeur associé à Paris Dauphine, fondateur de la chaire économie climat. Dans une interview à la Tribune

 

Quelle est la meilleure solution pour lutter contre le changement climatique ? Faut-il un prix unique mondial ? Une taxe carbone ? L’établissement du marché de droits à polluer ?

CHRISTIAN DE PERTHUIS – D’un point de vue théorique, un marché international de droits est une bonne solution pour donner un prix au carbone. S’il s’avère impossible de se mettre d’accord sur la répartition des droits, les pays pourraient s’accorder sur un prix minimal du carbone, en introduisant simultanément des taxes carbones nationales d’un même montant. Tous les manuels d’économie vous diront que les deux solutions sont efficaces et strictement équivalentes si les marchés fonctionnent correctement. Le seul problème, c’est qu’elles sont en pratique impossibles à mettre en œuvre dans le cadre de la négociation internationale. La « meilleure solution », c’est celle qui pourra aussi sortir d’une négociation entre 195 pays, pour lesquels les transferts provoqués par toute tarification internationale du carbone sont le véritable nœud du problème.

Qu’entendez-vous par là ?

On émet actuellement de l’ordre de 50 milliards de tonnes d’équivalent CO2 dans le monde. Si on introduit un prix moyen de 40 dollars la tonne, on crée une valeur de 2000 milliards de dollars. Comment répartir cette nouvelle valeur dans l’économie mondiale ? Si on distribue les droits entre pays au prorata de leur population, on crée un système équivalent à une taxe mondiale dont le produit serait redistribué uniformément entre les citoyens du monde. Ce système générerait des transferts massifs depuis les pays industrialisés vers les pays moins avancés. Comme nous le montrons dans Le Climat, à quel prix ? (1), ce sont les pays riches qui s’opposent à ce type d’architecture. À l’opposé, vouloir construire un « super-Kyoto » à partir des références historiques ne peut pas fonctionner : la méthode est trop généreuse pour les gros émetteurs, et tout à fait injuste pour les pays pauvres.

Que proposez-vous alors ?

De partir de l’existant. L’expérience de Kyoto a montré que les marchés de permis appliqués aux États ne fonctionnent pas, car il n’y a pas d’autorité mondiale. Sitôt qu’un pays n’est pas en conformité, il négocie et quitte le dispositif s’il ne parvient pas à ses fins : c’est ce qu’on fait le Canada, le Japon après Fukushima, la Russie… Les marchés qui tournent sont ceux que les États imposent aux acteurs privés. Le marché européen existe depuis 2005. Techniquement, il fonctionne bien mais il est plombé par une mauvaise gouvernance et une absence d’ambition politique. Si demain les gouvernements décidaient de réduire de 20 % les quotas en circulation, le marché retrouverait toute son efficacité. En Amérique du Nord, un nombre croissant d’États américains et de provinces canadiennes ont mis en place des marchés qui communiquent entre eux. Plus récemment, la Corée en a créé un. En Chine, sept programmes pilotes ont été lancés, dans deux provinces et cinq municipalités. Cela concerne 300 millions d’habitants. Un marché national du carbone ouvrira en 2017, ce qui va changer la donne internationale. Le problème, c’est l’absence de cohérence entre ces marchés et leur segmentation génératrice d’inefficacité. Le premier objectif de l’après-COP21 serait d’obtenir un engagement politique pour construire un marché transcontinental du carbone, à partir de ces programmes pilotes. Cela passerait par la mise en place d’un plafond global d’émissions ambitieux, et un accord sur mode de distribution qui doit privilégier les mises aux enchères. Bien évidemment, une gouvernance forte est nécessaire, avec la création d’une autorité indépendante de marché.

Mais comment passer d’un club de cinq pays aux 195 qui négocient à l’ONU ?

La question rejoint celle des transferts financiers, indispensables pour que tous les pays, y compris les plus pauvres, s’engagent dans le mouvement. Le Fonds vert lancé après Copenhague peine à mobiliser des ressources pérennes crédibilisant la promesse de transférer 100 milliards de dollars par an vers les pays pauvres, au titre du climat. D’où notre proposition de bonus-malus international.

Comment fonctionnerait-il ?

Partons du niveau moyen d’émission de gaz à effet de serre par habitant, soit environ six tonnes. Les pays qui se trouvent au-dessus sont redevables d’un malus, ceux en dessous peuvent prétendre à un bonus. Un pays émettant quatre tonnes par habitant a droit un bonus, sous forme d’une créance équivalant à deux tonnes, multipliées par le nombre d’habitants et le prix du carbone. Mais il y a une condition pour toucher la créance : rentrer dans le cadre commun de vérification. Les pays émettant plus de six tonnes par habitant ont en revanche une dette à l’égard des autres. La première vertu de ce système, c’est l’incitation financière envers les pays pauvres, faibles émetteurs, qui accepteraient ainsi d’être contrôlés. Ils rentreraient dans une logique de modération des émissions, puisqu’ils y seraient intéressés.

Quel devrait être le prix de la tonne de carbone ?

Tout dépend du « consentement à payer » des pays riches. Avec un prix du carbone très bas de seulement 1 dollar la tonne de CO2, ce sont 14 milliards qui pourraient être transférés des pays fortement émetteurs de CO2 vers les pays pauvres. Ce serait un premier pas pour amorcer la pompe. À 7 dollars la tonne de CO2, 100 milliards seraient redistribués. L’intérêt de ce mécanisme est de créer une ressource récurrente, additionnelle : on n’est plus dans le verdissement de fonds préexistants.

Qui paierait le plus ?

Les États-Unis et l’Union européenne. Mais pas seulement. Les pays pétroliers sont devenus de gros émetteurs par tête. La Chine est proche du niveau pivot. Ce serait une façon de changer la dialectique habituelle, qui veut que seuls les vieux pays industriels soient appelés à payer. Aujourd’hui, les pays pétroliers réclament de l’argent au titre de la compensation et le jeu de la Russie est pour le moins ambigu.

Avec ce système, le niveau moyen d’émissions pourrait ne pas baisser, voire augmenter…

Effectivement, mais le bonus-malus est un système d’amorçage. En régime de croisière, il pourrait évoluer vers un système plus incitatif, avec une diminution de la référence moyenne et une augmentation graduelle du prix du carbone appliqué. Autrement dit, il pourrait se transformer en une véritable taxe carbone mondiale redistribuant une partie de son produit vers les pays moins avancés au titre de la justice climatique.

 

COP 21 : l’agence de notation Standard & Poor’s note les Etats

COP 21 : l’agence de notation Standard & Poor’s note les Etats

 

 

Même si l’exercice est encore très embryonnaire et très partiel voire partial il est intéressant de constater que l’agence de notation commence à intégrer les conséquences de la hausse du climat sur la notation financière des pays.  Standard & Poor’s est loin de prendre en compte tous les éléments relatifs au réchauffement (ce que reconnaît l’agence) mais a commencé d’évaluer l’impact de la hausse des températures sur le risque souverain des États. Ce risque, gradué par les notes qui vont du fameux AAA à D, reflète la capacité d’un État à rembourser ses dettes, et donc sa bonne santé financière. Sur l’échantillon de 38 pays étudiés, la Thaïlande apparaît comme le plus vulnérable. La multiplication des catastrophes naturelles induite par le réchauffement entraînerait à elle seule une dégradation de 1,8 cran. Un chiffre abstrait, qu’il faut comparer avec une dégradation de 1 cran pour la République dominicaine ou 0,5 cran pour le Vietnam ou les Bahamas, archipel dépassant à peine le niveau de la mer. Pour rendre son estimation plus concrète, S&P’s s’est aussi appuyé sur les données de l’assureur Swiss Re qui évalue les dégâts potentiels des catastrophes naturelles. Dans le cas de la Thaïlande, la valeur des destructions matérielles augmenterait de plus de 4 % par rapport aux scénarios sans réchauffement climatique. L’alourdissement de la facture due au changement climatique serait de 4 % pour les Bahamas, 2,5 % pour la Jamaïque ou près de 2 % pour le Vietnam. Le réchauffement n’aurait qu’un impact «négligeable» sur la notation financière des pays développés, constate S&P’s tandis que les États des Caraïbes et de l’Asie du Sud-Est seraient les plus touchés. L’étude estime que les dommages subis à cause des cyclones augmenteront d’ici 2050, de 45 % aux États-Unis, de 50 % en Nouvelle-Zélande et de 64 % au Japon. Cette hausse est spectaculaire mais le niveau de départ étant bas, l’effet sur les finances publiques de ces pays riches restera faible. L’impact chiffré de l’étude peut sembler somme toute limité. Mais il est partiel, avertit l’agence de notation. Ses experts n’ont en effet pris en compte que deux types de catastrophes naturelles pour lesquelles les modèles climatiques et les bilans des années passées fournissent suffisamment de données: les cyclones tropicaux et les inondations. S&P’s n’a par exemple pas calculé l’impact de l’aggravation des sécheresses, pourtant attendue par les climatologues, mais trop complexe à chiffrer.

Cop 21 : comment masquer l’échec

Cop 21 : comment masquer l’échec

Il faut la dialectique énarchique de Fabius pour dissimuler le futur échec de cette Cop 21. Un échec annoncé dans « la pré-COP ». « L’objet de cette pré-COP ne consiste pas à renégocier le texte issu de la dernière session de négociations formelles », a expliqué Laurent Fabius. « L’objectif c’est de trouver le chemin d’un accord sur le plus grand nombre d’options possible. » Plus de 60 ministres se retrouvent en effet à partir de dimanche et jusqu’à mardi à Paris pour tenter de dégager la voie d’un compromis introuvable. Sur une trentaine de questions en suspens dans les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique. A trois semaines de la conférence de Paris sous égide de l’Onu, cette « pré-COP21″ constituera une forme de « répétition générale », a expliqué vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, lors d’une conférence de presse. Six ans après l’échec de la conférence de Copenhague, il faut donc masquer celui de  COP21 est considérée comme une des dernières chances de conclure le premier accord universel contraignant sur la réduction des gaz à effet de serre (GES), avant que le réchauffement de la planète et ses effets deviennent irréversibles.

COP 21 : du vent !

COP 21 : du vent !

 

Face au dérèglement climatique partout il y a urgence surtout quand se multiplient les catastrophes dites naturelles. Or pour  l’instant le COP 21, c’est du vent. C’était prévu dés le départ quand on a considéré que chaque pays avait la responsabilité de définir seul objectifs et moyens. Cela se confirme avec l’incapacité de définir même une problématique commune et y compris les perspectives. Ne parlons pas des moyens. Notamment des moyens destinés aux pays en développement pour faciliter leur transition énergétique alors que les émissions polluantes proviennent essentiellement des pays développés (avec la Chine maintenant). On renvoie  donc la balle dans le camp de politiques puisque les diplomates ont été incapables de se mettre d’accord. Comme Hollande veut absolument sa conférence internationale, on risque d’affaiblir encore le contenu de l’accord. L’essentiel pour Hollande c’est de pouvoir dire : j’ai un accord pour COP 21. Peu importe le contenu dans l’état de délabrement de sa popularité, il va  accepter toutes les concessions y compris si Cop 21 se réduit à un emballage sans contenu. Le dernier round de négociations du futur accord sur le changement climat s’est donc conclu à Bonn vendredi soir. La séance s’est terminée sur un appel émouvant du délégué mexicain. Alors que son pays est frappé par un violent cyclone, il a plaidé pour que les négociateurs concluent un accord ambitieux à Paris.  « Dans environ quatre heures, l’ouragan Patricia touchera les côtes mexicaines. Si vous vous rappelez, nous étions ici il y a deux ans et nous vous avions dit comment le Mexique avait été frappé par deux ouragans au même moment« … Roberto Glovinsky avait la voix tremblante d’émotion en évoquant l’ouragan Patricia qui approche des côtes mexicaines. Un ouragan de force 5, le plus violent jamais enregistré dans cette zone. « Je ne pense pas que j’ai besoin d’en dire plus sur l’urgence d’un accord (sur le climat). Je vous demande à tous de mettre de côté vos différences afin qu’ensemble nous puissions commencer à travailler », a-t-il plaidé.  Applaudi par l’ensemble de la salle, ce témoignage du délégué mexicain reflète aussi la frustration de beaucoup de ne pas avoir pu avancer plus cette semaine. Les négociateurs renvoient ainsi la balle aux ministres qui se réuniront sous la houlette de Laurent Fabius du 8 au 10 novembre pour trancher les nombreux points clés de l’accord, et espérer présenter aux chefs d’états à Paris avec un texte clair.

COP 21: un accord de l’UE très théorique

COP 21:  un accord de l’UE très théorique

 

Cet accord de l’union économique sur des les objectifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et toujours bon à prendre. Pour autant il laisse à chaque État le soin de définir objectifs et moyens. En outre n’a pas été abordé la question centrale du financement de la transition énergétique des pays en voie de développement. Or il est clair que nombre de productions des pays occidentaux notamment celles qui polluent le plus ont été délocalisées dans les pays pauvres. Pays qui  réclame légitimement le droit au développement. En l’état actuel des discussions pour la Cop 2 on peut déjà considérer que les objectifs sosnt insuffisants et les moyens dérisoires.  Les ministres européens sont parvenus vendredi à dégager une position commune assez théorique, grâce à un compromis arraché à la délégation polonaise, avant la COP21, le sommet sur la lutte contre le réchauffement climatique qui se tiendra en décembre à Paris. Les discussions achoppaient notamment sur les objections présentées par la Pologne dont la production énergétique repose largement sur le charbon, un sujet sensible pour le parti de droite Droit et Justice avant les élections générales le mois prochains. Les négociations ont progressé d’une manière plus rapide que prévu vendredi, le gouvernement de Varsovie se rendant compte qu’il était isolé sur cette question et acceptant quelques modifications dans la formulation qui n’introduisent pas de différences substantielles. « C’est un compromis mais il va ouvrir la voie à un accord sur le climat ambitieux, solide et dynamique », a commenté Carole Dieschbourg, ministre luxembourgeoise de l’Environnement dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. Le commissaire européen au Climat et à l’Energie, Miguel Arias Canete, s’est félicité de cette convergence de vues entre les Vingt-Huit, précisant que l’UE ne signera pas à Paris d’accord qui ne soit pas suffisamment ambitieux. Les Européens ont promis aux Nations unies une réduction de 40% de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport aux niveaux de 1990. L’accord conclu vendredi prévoit que les émissions de GES atteindront un pic d’ici 2020 au plus tard avant d’être réduites d’au moins 50% d’ici 2050 par rapport aux niveaux de 1990. Il prévoit également des évaluations quinquennales pour constater les progrès enregistrés et s’assurer que tous les pays participants conservent « la vision à long terme d’une neutralité climatique mondiale et durable ». L’expression « neutralité climatique » a remplacé dans le texte le terme de « décarbonisation » auquel s’opposait la Pologne qui veut continuer à utiliser le charbon pour son industrie. Les autorités polonaises font valoir que cet ajustement sémantique permet d’envisager des solutions techniques telles que la captation et le stockage du carbone pour parvenir aux objectifs fixés. La ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a jugé que l’Union européenne s’était fixée « des objectifs ambitieux pour parvenir à un accord universel, équitable et juridiquement contraignant ». La ministre estime, dans un communiqué, que le compromis trouvé vendredi à Bruxelles constitue « sans nul doute une étape vers un succès à Paris ».  Les organisations non-gouvernementales écologistes estiment pour leur part que la position communautaire est « encore loin de ce qui serait nécessaire pour parvenir à un accord global efficace », a jugé Jiri Jerabek, membre de Greenpeace.

 




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