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« Le contresens économique de la fermeture des rayons non-alimentaires »

« Le contresens économique de la fermeture des rayons non-alimentaires »

Philippe Goetzmann , expert économique, considère que la fermeture des rayons de produits non alimentaires dans les supermarchés constitue une véritable contresens économique qui sera défavorable aux productions françaises. (Tribune dans l’Opinion)

 

Philippe Goetzmann a 25 ans d’expérience opérationnelle du retail et de la grande consommation. Administrateur de La Note Globale, membre du think-tank Agroalimentaire Les Echos et élu de la CCI Paris Ile-de-France, il a fondé en 2019 Philippe Goetzmann &, une agence de conseil dédiée au changement de modèle de la consommation et à la relation industrie-commerce.

La décision, étonnante pour le moins, du gouvernement de fermer les rayons non-alimentaires de la grande distribution pourrait sembler circonscrite à ces seuls secteurs. Par ricochet elle est un mauvais coup porté à l’agriculture et à l’agroalimentaire pourtant bien silencieux alors que leurs clients sont chahutés.

Nous sommes début novembre, au moment où la campagne de négociations commerciales annuelles commence. Des initiatives ont été prises : Serge Papin, l’ancien patron de Système U, mandaté par le ministre de l’Agriculture pour « préserver l’esprit des Etats généraux de l’Alimentation », par exemple. Les enjeux sont considérables et alors que la crise fait des ravages, la grande distribution, préservée jusqu’ici dans son chiffre d’affaires, portait quoi qu’on en dise une attention marquée aux sujets agricoles. Certes les distributeurs ne sont pas des anges, les industriels non plus, mais ils ont pris conscience du caractère collectif et systémique des enjeux.

Patatras. En 10 minutes au journal télévisé de TF1, le Premier ministre a pris le risque, en fermant les rayons non-alimentaires des grandes surfaces, de fragiliser le subtil équilibre de la seule — ou presque — filière qui tienne bien. Pourquoi donc cette décision non-alimentaire jouerait-elle sur l’alimentaire ? Trois raisons à cela.

« La grande distribution, qui avait pu passer la crise, se retrouve donc dedans jusqu’au cou. Cette ponction lourde sur les résultats va devoir être récupérée. Où ? Puisqu’il n’y a plus de non-alimentaire, reste… l’alimentaire »

1. Un changement de priorité

Depuis plusieurs années et particulièrement en cette période, les sujets agricoles sont sur le haut de la pile de tous les dirigeants de la grande distribution. Le non-alimentaire vit mal, mais il suit son rythme. L’attention est portée aux négociations, aux relations de filière, au référencement local, comme en atteste encore le communiqué altruiste de Système U de jeudi matin.

D’une phrase, le Premier ministre a créé et mis une pile entière de dossiers non-alimentaires sur la table des patrons du retail, par-dessus ceux de l’agriculture. Un de mes anciens patrons me répétait souvent : « On ne va pas se créer des problèmes qu’on n’a pas ». Avec un certain talent, c’est ce que le gouvernement vient de faire.

Résultat : toute l’attention de la distribution est focalisée depuis une semaine et pour deux mois à gérer les stocks, déplacer les flux, changer les horaires, bouger les implantations, chiffrer les impacts, mettre en place sans doute du chômage partiel et recruter ailleurs, négocier les accords de retour, et surtout gérer les clients. Rappelons que le non-alimentaire se gère avec entre 18 et 9 mois d’anticipation quand le produit frais se gère à court terme. Répondre au fournisseur local ? Référencer ? Se rendre rue de Varenne, au ministère de l’Agriculture ? Intercéder aux demandes des filières en crise ? Pas le temps ! On gère la crise non-alimentaire !

2. La pression de résultat

Le non-alimentaire de la grande distribution est peu rentable. Mais là, il va carrément être dans le rouge vif. Du stock coûteux ! Moins de ventes ! Et surtout des frais considérables pour déplacer les stocks qui sont à cette date largement en magasin alors que la vente en ligne est branchée sur des entrepôts. Ajoutons que le stock du moment sera bien sûr largement obsolète dans sept semaines.

Cette filière, qui avait pu passer la crise, se retrouve donc dedans jusqu’au cou. Cette ponction lourde sur les résultats va devoir être récupérée. Où ? Puisqu’il n’y a plus de non-alimentaire, reste… l’alimentaire. On voit mal comment les services achats de la grande distribution vont pouvoir se montrer magnanimes sur le lait ou la viande dès lors qu’ils ne pourront compter sur leurs amis du jouet, de l’habillement ou de la décoration pour compenser. Si Serge Papin avait raison de dire pendant les EGA que « le coco de Paimpol ne doit pas payer le Coca d’Atlanta », il y a un risque qu’il doive payer la cocotte-minute ou la poupée Corolle invendue, bradée, déplacée inutilement.

« De l’employé au directeur général, du directeur de magasin aux représentants des fédérations, le sentiment est à la trahison. Vrai ou pas, qu’importe. C’est le ressenti »

3. La confiance part au galop et revient à pied

L’apport majeur, historique, de la crise du printemps et du premier confinement a été, dans cette filière, d’établir un dialogue, de resserrer les rangs, donc les liens entre retail, industrie, agriculture et gouvernement. Certes, ce n’était pas parfait, mais quand même une grande avancée. La volonté de collaborer était là. Et les fédérations du secteur, Fédération du commerce et de la distribution (FCD) en tête, n’ont eu de cesse de se féliciter du suivi de Bercy.

Toute la grande distribution, dès jeudi est ressortie de sa tranchée pour nourrir les Français, assurer les débouchés agricoles, tendre la main aux commerçants et producteurs locaux comme elle l’avait fait au printemps.

Et elle a l’impression, désagréable, de s’être fait tirer dans le dos par le gouvernement. De l’employé au directeur général, du directeur de magasin aux représentants des fédérations, le sentiment est à la trahison. Vrai ou pas, qu’importe. C’est le ressenti. Et pour les soutenir, les voix de ceux qu’ils ont aidés au printemps se sont montrées fort discrètes à part la Fédération des entreprises et des entrepreneurs de France (FEEF) qui, il est vrai, porte aussi la voix des PME non-alimentaires.

Pendant des années la distribution fuyait les demandes de la filière agroalimentaire et des gouvernements. C’était un rapport de force, uniquement. Les dirigeants de la génération actuelle, à la tête des groupes ou de chaque magasin, ont voulu jouer plus collaboratif. S’ils n’ont pas répondu à tout – pression du pouvoir d’achat oblige – ils ont voulu écouter, comprendre et répondre.

Ils se sentent aujourd’hui bien peu payés de retour. Ils vont bien sûr continuer à porter leurs politiques alimentaires, vers le mieux manger, le plus local, le plus frais, pour leurs clients. Il est peu probable, dans les états-majors comme sur le carrelage plus remonté encore, qu’ils aient désormais beaucoup d’écoute pour les discours officiels.

Souhaitons que le ministre de l’Agriculture, tempéré, constructif, à l’écoute, parvienne à rétablir côté pair la confiance perdue côté impair, rue de Varenne, où se trouve Matignon.

 

« Ensauvagement : un contresens  » ?

« Ensauvagement : un contresens  »

La brutalisation de la société française, liée à la crise économique, aux inégalités sociales, au rejet du débat au profit des certitudes autocentrées, n’est pas l’ensauvagement des individus, estime l’historien Jérôme Kennedy dans une tribune au « Monde », qui éclaire le débat par des exemples puisés dans l’histoire romaine et dans celle de la première guerre mondiale.

 

Tribune.

 

 Une querelle sémantique s’empare du sommet de l’Etat français. Le garde des sceaux reproche au ministre de l’intérieur l’emploi du mot ensauvagement pour qualifier la situation sécuritaire du moment.

Ensauvagement n’est pas qu’un mot : c’est un concept connoté. Dans le champ des sciences historiques, il désigne parfois le rapport que les soldats impliqués dans la première guerre mondiale entretenaient vis-à-vis du recours à la violence.

Cette approche s’inspire d’un autre concept, celui de « brutalisation », développé en 1990 par l’historien américain George L. Mosse (1918-1999), et qui permettait à l’origine, de manière parfois schématique, d’interroger la manière dont la mort de masse a été rendue « acceptable », à cette époque, aux yeux des sociétés. Il a par la suite été employé afin d’expliquer comment la banalisation des actes de violence, rendue possible par le conflit, a progressivement pénétré la société civile. Et nourri l’avènement des régimes totalitaires.

L’historien Antoine Prost a bien montré, en 2004, combien cette approche mérite d’être nuancée : la brutalisation des sociétés et de l’art de la guerre – définitivement industrialisé – ne peut être confondue avec le prétendu ensauvagement des individus (« Les limites de la brutalisation. Tuer sur le front occidental, 1914-1918 », Antoine Prost, Vingtième siècle. Revue d’histoire, 2004/1. No 81). Le recours massif – et traumatisant – à l’artillerie ne signifie pas que les soldats aient personnellement expérimenté la violence mortelle contre l’ennemi.

Tout est donc question d’échelle. Pour ne pas dire de mesure.

Nourrie par ces débats historiographiques propres à l’histoire contemporaine, une relecture de l’histoire romaine du Ier siècle avant notre ère, siècle de Cicéron (106 avant J.-C. – 43 avant J.-C.) et de Jules César (100 av. J.-C. - 44 av. J.-C.), peut également éclairer le concept. A cette époque en effet – à partir des proscriptions accomplies par Sylla en 82 avant notre ère –, on assiste à une asphyxie progressive des espaces traditionnels de confrontation politique, au profit d’un antagonisme de plus en plus aiguisé par des rivalités, liées à des commandements militaires et aux butins considérables qui en découlent.

Poutine soutient mollement Loukachenko, pourquoi

Contesté en Russie, Vladimir Poutine n’a plus intérêt à soutenir le président biélorusse, qui semble condamné par la persistance de la mobilisation contre sa réélection, relève la politiste, Marie Mendras , spécialiste de la région.

Dans l’histoire moderne, rarement un tyran a pu sauver un autre tyran, à moins d’en faire un vassal et d’asservir la population. La mobilisation massive des Biélorusses depuis août 2020 rend improbable le scénario d’une mise sous tutelle militaire et policière du pays, et annonce le départ d’Alexandre Loukachenko.

Plusieurs semaines ont passé depuis le fiasco du « plébiscite » du 9 août, qui devait assurer un sixième mandat au « président à vie ». Manifestations, grèves perlées, plaintes en justice, dénonciations des abus et exactions du régime ont lieu chaque jour et ne montrent aucun signe de reflux.

Vladimir Poutine n’a plus intérêt à soutenir son camarade biélorusse, et aurait beaucoup à perdre d’une intervention militaire. Pour quatre raisons majeures : la détermination de la société biélorusse ; l’incapacité de Loukachenko, déjà à genoux ; l’échec du scénario russe d’asservissement de l’Ukraine en 2014 ; et la contestation politique en Russie même, aiguisée par la tentative d’assassinat contre Alexeï Navalny, leader de l’opposition démocratique.

Depuis mai, l’opposition a réussi un remarquable réveil de la société biélorusse, en un mouvement d’abord spontané puis structuré à chaque niveau, de l’entreprise au quartier, des grandes aux petites villes, à l’est et à l’ouest du pays.

Comme en Ukraine pendant l’hiver 2013-2014, la mobilisation est impressionnante par son ampleur et par la tranquille détermination d’une société qui reprend son destin en main. Les électeurs ne tolèrent plus qu’on leur vole leurs suffrages.

Comme en Ukraine encore, mais à une moindre échelle, des maillons du pouvoir ont commencé à lâcher : désertion d’anciens ministres et diplomates, démission de policiers et de militaires, solidarité de directeurs d’usine avec leurs employés, ou dénonciation des violences, le 30 août, par des dignitaires religieux et près de 400 sportifs.

La fraude effrénée a suscité un réflexe courageux chez de nombreux responsables de bureaux de vote, qui ont refusé de trafiquer les urnes, et l’ont fait savoir. Les témoignages audio et vidéo se comptent par milliers, attestant la réécriture des procès-verbaux, la substitution d’une urne par une autre, les pressions multiples sur les électeurs.

Selon des évaluations d’experts, basées sur des données partielles mais représentatives, la présidentielle du 9 août aurait été largement remportée par Svetlana Tikhanovskaïa, principale candidate de l’opposition.

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Taxation des complémentaires santé : un contresens

Taxation des complémentaires santé : un contresens

 

Au motif que les complémentaires santés auraient réalisé des économies pendant la période sanitaire, le gouvernement a décidé d’une imposition supplémentaire de 1,5 milliards. La question immédiate qui se pose est de savoir qui va en réalité payer : les assurés bien entendu qui rapidement vont constater une augmentation de leurs cotisations. Cette imposition supplémentaire parait  particulièrement inopportune et injuste. En effet,  il est clair que pendant la période de forte crise, nombre de soins ont été différés tout simplement parce que certains actes médicaux non liés aux Coronavirus étaient interdits. Le problème c’est qu’on constate maintenant un report du traitement des pathologies dans la période actuelle et qu’il faut parfois d’ailleurs des mois pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste et pour être traité. Tout cela se traduira en coût supplémentaire pour les complémentaires concernant le second semestre 2020 voire le premier semestre 2021.

Les complémentaires santé devront donc s’acquitter d’une:«contribution exceptionnelle» de 1,5 milliard d’euros sur les deux prochaines années, pour compenser leurs profits liés à la crise sanitaire, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. Discutée depuis juin et actée début août, cette mesure avait été présentée par le gouvernement comme «une récupération des montants qui n’ont pas été déboursés», du fait notamment de la chute des dépenses de santé durant le confinement et de la prise en charge à 100% par l’Assurance maladie de certains actes (téléconsultations, tests de dépistage).

Métropolisation : contresens écologique et économique

Métropolisation : contresens écologique et économique

 

Finalement on va faire payer aux prisonniers de la voiture individuelle de la France périphérique le prix de la métropolisation. Un métropolisation qui est un non-sens écologique et économique. Non sens écologique car les grands villes émettent 80% des émissions polluantes et consomme autant d’énergie.  .dans la sururbanisation,  l’économie ne se conçoit qu’entre grandes métropoles mondiales avec son lot de gaspillage de transport. Le contraire de l’économie circulaire de proximité des petites localités ; cela au nom de la croissance endogène qui considère comme profitable le renchérissement de tous les produits et services urbains. Cette  mode de la métropolisation risque d’aboutir à un aménagement du territoire composé d’un côté d’une dizaine de villes de plus d’un million d’habitants concentrant une majorité d’emplois et de l’autre des zones en voie de régression voire  de désertification. Un non-sens non seulement économique et social mais aussi environnementale et sociétal. En effet l’hyper concentration qui génère effectivement une croissance endogène provoque aussi des dégâts humains et environnementaux catastrophiques. Les créations d’emplois se en effet concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, zones où l’on trouve les métiers les plus dynamiques – notamment les postes de cadres - au détriment des villes petites et moyennes, constate une étude de France Stratégie. Au total, c’est une douzaine de métropoles régionales qui se partagent quasiment la moitié (46%) des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. Et ce marché de l’emploi à deux vitesses se creuse. La situation est inédite: entre en 1968 et 1999, la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du pays… avant que les territoires ne se différencient de plus en plus, et que la fracture ne se transforme en fossé entre 2006 et 2013. C’est durant cette période que les aires urbaines de plus de 500.000 habitants ont massivement créé des emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre. Ce phénomène a un nom: la «métropolisation». Or cet aménagement du territoire qui privilégie l’hyper concentration autour de quelques centres conduits le reste à la désertification.  . La mode aujourd’hui est à la métropolisation, c’est à dire à la sururbanisation (qui constitue pourtant une  aberration environnementale) tandis que certaines  petites villes, des villages s’appauvrissent, des villes moyennes stagnent ou régressent. L’élément le plus significatif de cette désertification c’est la raréfaction de l’emploi. Du coup,  les populations sont contraintes de rechercher des embauches de plus en plus loin de leur domicile (20, 30, 50 kms). Jusqu’au  jour où elles décident de quitter leur zone d’habitat pour  rejoindre des zones plus riches en emplois. Pour preuve de cette désertification : la baisse dramatique de la valeur du patrimoine immobilier. Par manque de populations,  les services rétrécissent comme peau de chagrin. Le cœur de la problématique de la désertification, c’est la disparition de l’emploi qui génère mécaniquement la fermeture des commerces et des services. La réactivation des villes moyennes, des  zones rurales défavorisées passe d’abord par une  analyse fine des réalités et de leur évolution sur longue période (emploi, PIB,  population, services etc.) ; aussi  par une prise en compte des  typologies différenciées des zones dont l’approche globale masque les disparités. Au-delà,  il convient d’agir sur les  leviers susceptibles d’abord de fixer la population active existante et d’encourager la création d’emplois. Bien entendu une  commune ne peut, à elle seule, inverser ces tendances lourdes même si elle peut intervenir utilement dans le champ actuel  de sa  responsabilité. Beaucoup de communes se préoccupent de leur développement pour autant l’environnement défavorable limite leur action (fiscalité, réglementation, transport, équipements et services). En fonction de certains scénarios économiques, sociaux et démographiques, en 2040 certains villages se transformeront en zones pour retraités voire même disparaîtront (d’autant qu’à cette date un  Français sur trois aura plus de 60 ans). L’activité économique interagit sur la qualité et le niveau des services et réciproquement. Si on se préoccupe légitimement des équipements et des services publics, par contre le soutien à l’emploi et à l’économie locale en particulier est plus déficient. Or en fonction du rythme de destruction  des emplois locaux, ce devrait être aussi une priorité. Encore une  fois compte tenu de la mode de la « métropolisation » ‘ pas spécifique à la France, il y a fort à parier qu’on pourra attendre encore longtemps des mesures significatives pour le développement rural des zones défavorisées. On ne saurait se limiter  à quelques dispositions certes utiles mais très insuffisantes (couverture internet, bureau de poste, quelques services …peut-être. Pour le reste, il faudra se résoudre à aller dans uen grande ville jusqu’au jour où on décide d’y résider définitivement.

 

 

Huile de palme: contresens économique et écologique

Huile de palme: contresens économique et écologique

L’ONG Transport et Environnement dénonce le contre-sens économique et économique de l’huile de palme.

«  Le biodiesel consomme même 46% de l’huile de palme importée en Europe, un point devant l’utilisation pour la nourriture humaine, animale, la chimie, etc. L’huile de palme est régulièrement montrée du doigt comme étant nocive dans l’alimentation humaine. Pâte à tartiner, pain de mie (pour le moelleux), cappuccino en poudre, etc., l’huile de palme est partout dans l’agro-alimentaire. Cette huile est obtenue à partir de la pulpe du fruit du palmier à huile. Cette huile est très peu chère (17% moins chère que l’huile la moins chère) et la demande explose. L’huile de palme représente 1/4 de l’huile consommée mondialement. Sauf que, en plus d’être très mauvaise pour les artères – surtout si hydrogénée, cette huile demande de plus en plus de terres agricoles. Pour cela, les pays producteurs (Indonésie, Malaisie, Papouasie, etc.) détruisent des pans entiers de forêt. Ces habitats naturels des orangs-outans ou autres espèces disparaissent et les espèces aussi. En outre, ce sont des puits de carbone naturels. Pour tout cela, l’huile de palme est considérée comme très mauvaise pour l’environnement. Ainsi, la voir incorporée à de l’agrodiesel est pour le moins scandaleux. Le « biodiesel » ou agrodiesel contient une part d’huile issue de l’agriculture. Les agrocarburants de première génération utilisent du colza ou du soja. Ils sont déjà scandaleux car ils utilisent des plantes destinées à l’alimentation humaine. De plus, ils sont plus polluants que le diesel fossile.

En effet, T&E s’appuie sur une étude de Globiom pour chiffrer que le diesel avec du colza pollue 20% de plus que le diesel fossile. Quant à l’huile de palme, elle la décroche justement la palme avec +200% de pollution ! Trois fois plus que le diesel fossile. Donc, les consommateurs, qui pensent faire un geste bon pour la planète, font, en fait, totalement l’inverse. Plus scandaleux, ces agrodiesel sont toujours autorisés à la vente alors que l’on sait pertinemment qu’ils sont une aberration. En un an, la consommation d’huile de palme dans le diesel a augmenté de 2,6%. Dans certains pays, le diesel avec de l’huile de palme représente plus de 90% des agrodiesels vendus. Le « biodiesel » tout comme le « bioéthanol » (pour l’essence) sont des carburants scandaleux plus polluants que les carburants fossiles et qui trompent le consommateur. Pire, ces carburants rentrent dans le calcul des parts d’énergies renouvelables des pays européens. Mais, visiblement, la commission européenne ne compte pas changer d’objectif. Les états doivent, d’ici 2020, utiliser 10% de ces « biocarburants ». Les agrocarburants de deuxième génération (éthanol et huile issus de déchets ou de plantes entières) ne sont pas attendus avant plusieurs années. En attendant, nous brûlerons de l’huile de palme et détruirons plus de 1 million d’hectares rien que pour la consommation européenne. »

Source : T&E,




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