Archive pour le Tag 'contradictions'

Politique-L’Iran piégée par ses contradictions

Politique-L’Iran piégée par ses contradictions

L’Iran vient sans doute de commettre une erreur géostratégique majeure en attaquant directement et massivement Israël. Israël qui en a profité pour montrer l’efficacité de son système de défense puisque 95 % des missiles et autres drones ont été détruits.

La propagande iranienne affirme cependant que les objectifs ont été atteints ! Il s’agit évidemment de donner le change aux plus extrémistes du pays. L’Iran était en effet agitée en ce moment par des contradictions internes au sommet du pouvoir avec d’un côté les plus radicaux et de l’autre des plus modérés y compris dans la hiérarchie religieuse mais aussi militaire.

Les plus modérés dans les rangs militaires savent bien que le pays ne ferait pas le poids dans une guerre directe avec Israël et que l’extension du conflit au Moyen-Orient pourrait se traduire par un affaiblissement du mouvement chiite.

L’erreur stratégique majeure est surtout d’avoir réussi l’exploit de ressouder les pays arabes d’obédience sunnite autour d’Israël pour détruire l’attaque iranienne.

Il y a aussi les contradictions relatives à la société iranienne avec un fort mouvement qui lutte contre les contraintes religieuses. Et la vérité c’est que le pouvoir religieux et militaire est de plus en plus mal supporté par la population. En faisant appel au nationalisme,  le pouvoir iranien pensait  à la fois satisfaire des objectifs de politique interne et des objectifs de politique externe. L’opération est ratée sur tous les plans.

Il faut espérer qu’Israël ne tombera pas dans le piège de l’extension du conflit car les alliances contre l’Iran pourraient alors se défaire.

Politique-L’Iran piégée par ses contradictions

Politique-L’Iran piégée par ses contradictions

L’Iran vient sans doute de commettre une erreur géostratégique majeure en attaquant directement et massivement Israël. Israël qui en a profité pour montrer l’efficacité de son système de défense puisque 95 % des missiles et autres drones ont été détruits.

La propagande iranienne affirme cependant que les objectifs ont été atteints ! Il s’agit évidemment de donner le change aux plus extrémistes du pays. L’Iran était en effet agitée en ce moment par des contradictions internes au sommet du pouvoir avec d’un côté les plus radicaux et de l’autre des plus modérés y compris dans la hiérarchie religieuse mais aussi militaire.

Les plus modérés dans les rangs militaires savent bien que le pays ne ferait pas le poids dans une guerre directe avec Israël et que l’extension du conflit au Moyen-Orient pourrait se traduire par un affaiblissement du mouvement chiite.

L’erreur stratégique majeure est surtout d’avoir réussi l’exploit de ressouder les pays arabes d’obédience sunnite autour d’Israël pour détruire l’attaque iranienne.

Il y a aussi les contradictions relatives à la société iranienne avec un fort mouvement qui lutte contre les contraintes religieuses. Et la vérité c’est que le pouvoir religieux et militaire est de plus en plus mal supporté par la population. En faisant appel au nationalisme,  le pouvoir iranien pensait  à la fois satisfaire des objectifs de politique interne et des objectifs de politique externe. L’opération est ratée sur tous les plans.

Il faut espérer qu’Israël ne tombera pas dans le piège de l’extension du conflit car les alliances contre l’Iran pourraient alors se défaire.

L’Iran piégée par ses contradictions

L’Iran piégée par ses contradictions

L’Iran vient sans doute de commettre une erreur géostratégique majeure en attaquant directement et massivement Israël. Israël qui en a profité pour montrer l’efficacité de son système de défense puisque 95 % des missiles et autres drones ont été détruits.

La propagande iranienne affirme cependant que les objectifs ont été atteints ! Il s’agit évidemment de donner le change aux plus extrémistes du pays. L’Iran était en effet agitée en ce moment par des contradictions internes au sommet du pouvoir avec d’un côté les plus radicaux et de l’autre des plus modérés y compris dans la hiérarchie religieuse mais aussi militaire.

Les plus modérés dans les rangs militaires savent bien que le pays ne ferait pas le poids dans une guerre directe avec Israël et que l’extension du conflit au Moyen-Orient pourrait se traduire par un affaiblissement du mouvement chiite.

L’erreur stratégique majeure est surtout d’avoir réussi l’exploit de ressouder les pays arabes d’obédience sunnite autour d’Israël pour détruire l’attaque iranienne.

Il y a aussi les contradictions relatives à la société iranienne avec un fort mouvement qui lutte contre les contraintes religieuses. Et la vérité c’est que le pouvoir religieux et militaire est de plus en plus mal supporté par la population. En faisant appel au nationalisme,  le pouvoir iranien pensait  à la fois satisfaire des objectifs de politique interne et des objectifs de politique externe. L’opération est ratée sur tous les plans.

Il faut espérer qu’Israël ne tombera pas dans le piège de l’extension du conflit car les alliances contre l’Iran pourraient alors se défaire.

Agriculture : le salon des contradictions

 

Scruté par les commentateurs, redouté par l’exécutif, le Salon de l’Agriculture qui ouvre ses portes samedi est annoncé comme l’acte final de la crise qui secoue depuis un mois le monde agricole. Exercice de communication politique par excellence, les vraies batailles (normes et compétitivité) ne seront pourtant pas visibles. Par Timothée Gaget, Président de l’agence Artcher, spécialiste des questions de souveraineté industrielle et agricole. ( dans le Figaro)

Le passage dans les allées du Salon vaut adoubement ou rejet. Les politiques s’y frottent, un petit godet par-ci, une tranche de cochonaille par-là. Tout l’exercice consiste à montrer, devant les caméras, une connexion réelle au terrain. Car s’il n’y a plus que 400 000 exploitations agricoles, la France garde son imaginaire paysan. Pour le politique, être connecté à ce dernier signifierait donc être connecté à la France. Le SIA est le seul endroit où les élus locaux avec des origines paysannes partent avec un avantage sur les élites parisiennes.

En février 2016, le slogan « Je suis éleveur, je meurs » marque les esprits et François Hollande est accueilli dos tourné et sous les huées. 2017, des millions de volailles sont abattues lors du deuxième épisode de grippe aviaire. Les candidats à la présidentielle défilent. Ambiance tendue. Emmanuel Macron y reçoit un œuf sur la coquille. Le SIA 2024 devait être sympathique et s’articuler avec la sortie de la Loi d’Orientation agricole en préparation depuis un an. La fronde paysanne et le blocage des routes en ont décidé autrement. Surtout qu’en coulisse, des syndicats agricoles se jaugent à l’approche des élections des Chambres d’agriculture.

Le Président acculé tentera donc, face aux gilets verts, ce qu’il a fait avec les gilets jaunes : un « grand débat ». On le sait excellent dans l’exercice, si tant est qu’il ait lieu (Les soulèvements de la terre ayant initialement été invités, la FNSEA veut le boycotter). Car s’il est une profession qui n’apprécie guère se faire payer de mots, ce sont les paysans. Et si le maintien du GNR à prix bas est une victoire, il demeure dérisoire face aux problèmes structurels et stratégiques auxquels l’agriculture française fait face.

La bataille est d’abord normative. La stricte application d’Egalim est incontournable, le rabot annoncé de quelques règles est bienvenu, mais c’est le curage de ruisseau qui cache le torrent de normes.

En matière de normes, comme pour les denrées qu’on autorise ou non à entrer dans l’UE, le destin de l’agriculture française se joue en grande partie à Bruxelles. Les Français peinant à citer plus de trois députés européens devraient d’ailleurs s’intéresser aux élections européennes de juin… puisque la proposition sur la future PAC 2028-2034 sera connue à l’automne 2025. Le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski le sait bien: en Pologne, son propre parti appelle à sa démission. Il faut dire que, ne pouvant s’aligner sur les prix bas des denrées ukrainiennes qui inondent leur marché, les agriculteurs polonais en sont les premières victimes.

Toujours sur la règle de Droit, il est facile d’accuser Bruxelles, mais le carcan normatif est aussi français : sans même parler de surtransposition, il n’y a pas que les vaches qui émettent du méthane, le Conseil d’État fustigeait déjà en 1991 « le droit mou, le droit flou, le droit à l’état gazeux ». On passe plus de temps à défricher un texte qu’une bordure de champs. La recette proposée pour simplifier ? Commission, mission-flash, rapport transpartisan, table-ronde, États généraux, mission sur la mission… On se gausse autant qu’on s’étrangle : il y aura bientôt davantage de rapports sur les tables de nos gouvernants que de vaches dans les champs. Le politique doit décider, pas diriger des thèses. Le législateur doit produire une loi simple et claire, tournée vers l’intérêt général. Pas un amas de revendications particulières.
Si le débat s’est focalisé sur les normes, le pouvoir d’achat des agriculteurs est avant tout une question économique. S’agissant de la compétitivité, on aurait là encore tort de reprocher à Bruxelles ce qui incombe à Paris. La concurrence est aussi intra-européenne. Sur les 38 pays de l’OCDE, la France est le pays avec le plus fort taux de prélèvements obligatoires. Or l’agriculture subit les mêmes coûts économiques du travail et de la production que les autres secteurs. Comment un maraîcher français peut concurrencer un maraîcher espagnol, si le coût de la main-d’œuvre y est bien plus élevé en France ? De même, pourquoi une entreprise alimentaire française, elle-même en concurrence avec d’autres entreprises alimentaires européennes ou internationales, achèterait son porc, son lait ou son bœuf plus cher à un agriculteur français quand elle peut l’avoir moins cher auprès d’un Espagnol ou d’un Allemand ? La fraternité résiste hélas peu à l’économie de marché.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’État a imposé une politique de prix alimentaires bas. Or comme les agriculteurs ne peuvent pas en vivre, il réinjecte (directement ou via la PAC) de l’argent par-derrière pour ne pas que le système s’effondre. On a créé des marchés déconnectés des réalités économiques. Les agriculteurs ne veulent pas vivre de subventions, ils veulent vivre de leur métier, condition d’ailleurs nécessaire au renouvellement des générations. Pour assurer notre souveraineté alimentaire tout en assurant des revenus justes aux paysans, il n’y a que deux options : soit on permet aux agriculteurs de vendre plus cher. Soit on leur permet de produire moins cher. Idéalement, les deux. Pour la deuxième option, le choix n’est pas juridique, il est politique. Moins facile, mais plus impactant que de flatter le cul des vaches le temps d’un week-end.

Salon de l’agriculture : la foire des contradictions

Salon de l’agriculture : la foire des contradictions

Scruté par les commentateurs, redouté par l’exécutif, le Salon de l’Agriculture qui ouvre ses portes samedi est annoncé comme l’acte final de la crise qui secoue depuis un mois le monde agricole. Exercice de communication politique par excellence,  les vraies batailles (normes et compétitivité) ne seront pourtant pas visibles. Par Timothée Gaget, Président de l’agence Artcher, spécialiste des questions de souveraineté industrielle et agricole. ( dans le Figaro)

Le passage dans les allées du Salon vaut adoubement ou rejet. Les politiques s’y frottent, un petit godet par-ci, une tranche de cochonaille par-là. Tout l’exercice consiste à montrer, devant les caméras, une connexion réelle au terrain. Car s’il n’y a plus que 400 000 exploitations agricoles, la France garde son imaginaire paysan. Pour le politique, être connecté à ce dernier signifierait donc être connecté à la France. Le SIA est le seul endroit où les élus locaux avec des origines paysannes partent avec un avantage sur les élites parisiennes.

En février 2016, le slogan « Je suis éleveur, je meurs » marque les esprits et François Hollande est accueilli dos tourné et sous les huées.  2017, des millions de volailles sont abattues lors du deuxième épisode de grippe aviaire. Les candidats à la présidentielle défilent. Ambiance tendue. Emmanuel Macron y reçoit un œuf sur la coquille. Le SIA 2024 devait être sympathique et s’articuler avec la sortie de la Loi d’Orientation agricole en préparation depuis un an.  La fronde paysanne et le blocage des routes en ont décidé autrement. Surtout qu’en coulisse, des syndicats agricoles se jaugent à l’approche des élections des Chambres d’agriculture.

Le Président acculé tentera donc, face aux gilets verts, ce qu’il a fait avec les gilets jaunes : un « grand débat ». On le sait excellent dans l’exercice, si tant est qu’il ait lieu (Les soulèvements de la terre ayant initialement été invités, la FNSEA veut le boycotter). Car s’il est une profession qui n’apprécie guère se faire payer de mots, ce sont les paysans. Et si le maintien du GNR à prix bas est une victoire, il demeure dérisoire face aux problèmes structurels et stratégiques auxquels l’agriculture française fait face.

La bataille est d’abord normative. La stricte application d’Egalim est incontournable, le rabot annoncé de quelques règles est bienvenu, mais c’est le curage de ruisseau qui cache le torrent de normes.

En matière de normes, comme pour les denrées qu’on autorise ou non à entrer dans l’UE, le destin de l’agriculture française se joue en grande partie à Bruxelles. Les Français peinant à citer plus de trois députés européens devraient d’ailleurs s’intéresser aux élections européennes de juin… puisque la proposition sur la future PAC 2028-2034 sera connue à l’automne 2025. Le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski le sait bien: en Pologne, son propre parti appelle à sa démission. Il faut dire que, ne pouvant s’aligner sur les prix bas des denrées ukrainiennes qui inondent leur marché, les agriculteurs polonais en sont les premières victimes.

Toujours sur la règle de Droit, il est facile d’accuser Bruxelles, mais le carcan normatif est aussi français : sans même parler de surtransposition,  il n’y a pas que les vaches qui émettent du méthane, le Conseil d’État fustigeait déjà en 1991 « le droit mou, le droit flou, le droit à l’état gazeux ».  On passe plus de temps à défricher un texte qu’une bordure de champs. La recette proposée pour simplifier ? Commission, mission-flash, rapport transpartisan, table-ronde, États généraux, mission sur la mission… On se gausse autant qu’on s’étrangle : il y aura bientôt davantage de rapports sur les tables de nos gouvernants que de vaches dans les champs. Le politique doit décider, pas diriger des thèses. Le législateur doit produire une loi simple et claire, tournée vers l’intérêt général. Pas un amas de revendications particulières.

Si le débat s’est focalisé sur les normes, le pouvoir d’achat des agriculteurs est avant tout une question économique. S’agissant de la compétitivité, on aurait là encore tort de reprocher à Bruxelles ce qui incombe à Paris. La concurrence est aussi intra-européenne. Sur les 38 pays de l’OCDE, la France est le pays avec le plus fort taux de prélèvements obligatoires. Or l’agriculture subit les mêmes coûts économiques du travail et de la production que les autres secteurs. Comment un maraîcher français peut concurrencer un maraîcher espagnol, si le coût de la main-d’œuvre y est bien plus élevé en France ? De même, pourquoi une entreprise alimentaire française, elle-même en concurrence avec d’autres entreprises alimentaires européennes ou internationales, achèterait son porc, son lait ou son bœuf plus cher à un agriculteur français quand elle peut l’avoir moins cher auprès d’un Espagnol ou d’un Allemand ? La fraternité résiste hélas peu à l’économie de marché.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’État a imposé une politique de prix alimentaires bas. Or comme les agriculteurs ne peuvent pas en vivre, il réinjecte (directement ou via la PAC) de l’argent par-derrière pour ne pas que le système s’effondre. On a créé des marchés déconnectés des réalités économiques. Les agriculteurs ne veulent pas vivre de subventions, ils veulent vivre de leur métier, condition d’ailleurs nécessaire au renouvellement des générations. Pour assurer notre souveraineté alimentaire tout en assurant des revenus justes aux paysans, il n’y a que deux options : soit on permet aux agriculteurs de vendre plus cher. Soit on leur permet de produire moins cher. Idéalement, les deux. Pour la deuxième option, le choix n’est pas juridique, il est politique. Moins facile, mais plus impactant que de flatter le cul des vaches le temps d’un week-end.

Antisémitisme : Macron critiqué par Valls pour ses absences et ses contradictions

Antisémitisme : Macron critiqué par Valls pour ses absences et ses contradictions


D’une certaine manière Valls a voulu se faire le porte-parole de l’opinion à propos du mécontentement concernant les hésitations et contradictions du président à propos du conflit Israël au palestinien. Notons effectivement qu’au départ Macon a clairement affiché sa totale solidarité avec Israël proposant même une alliance internationale contre le amasse. Une proposition qui a fait chou blanc ! Ensuite Macon a réclamé une pause pour des motifs sanitaires. Mais ensuite il a ensuite adhéré au principe d’un cessez-le-feu finalement total contradiction avec sa première posture. Surtout son interview à la BBC en Angleterre a beaucoup choqué.

L’ancien premier ministre trouve le président «un peu à côté de la plaque» dans son approche du conflit au Proche-Orient. Il lui reproche aussi son absence à la grande marche contre l’antisémitisme.

L’actualité internationale lui a permis de retrouver une place dans le débat public. Offensif dans son soutien à Israël depuis les attaques terroristes du Hamas le 7 octobre, et mobilisé contre l’explosion des actes antisémites en France, Manuel Valls a eu l’occasion d’aborder ces sujets entre les murs de l’Élysée. Selon nos informations, l’ancien premier ministre a été reçu mercredi par Frédéric Michel, patron de la communication et conseiller en stratégie d’Emmanuel Macron, qu’il connaît de longue date. L’occasion pour lui de faire passer quelques messages sur ses thèmes de prédilection, et de partager son jugement sur l’action du chef de l’État.

Reçu à l’Élysée, valse a très nettement critiqué le président sur ce dossier.
«Je lui ai évidemment dit ce que je pensais des propos tenus par le président sur la BBC (où il a appelé à un «cessez-le-feu» et «exhorté» Israël à stopper ses bombardements tuant «des bébés, des femmes et des personnes âgées», NDLR), ce que je pensais de ses zigzags en matière de diplomatie , et ce que je pensais de l’argument qu’il a invoqué…

Santé-Déserts médicaux : le Sénat pris dans ses contradictions

Santé-Déserts médicaux : le Sénat pris dans ses contradictions

Curieusement, le Sénat qui représente surtout les collectivités locales de province s’est prononcé contre une réglementation visant à contraindre l’installation de généralistes dans les déserts médicaux. Le Sénat est en quelque sorte victime de son idéologie généralement très libérale et de ses contradictions quant à la prise en charge des intérêts des territoires loin de Paris.

En clair, le Sénat a rejoint les positions très corporatistes de la profession. Pourtant ce n’était sans doute pas un drame d’imposer par exemple un séjour de 2 à 3 ans en zone notamment rurale pour apprendre précisément la médecine très généraliste puisque dans ces zones le médecin remplit aussi assez souvent les fonctions de médecine spécialisée, également introuvable. Sans parler de la prise en compte des pathologies psychologiques.

À l’instar de l’Assemblée nationale, le Sénat a donc voté ce mardi 24 octobre 2023 contre plusieurs mesures visant à mieux garnir les déserts médicaux.

La proposition du sénateur Les Républicains Stéphane Sautarel, la plus proche d’être adoptée par la chambre haute, a été écartée par 124 voix pour et 188 voix contre

Déserts médicaux : le Sénat pris dans ses contradictions

Déserts médicaux : le Sénat pris dans ses contradictions

Curieusement, le Sénat qui représente surtout les collectivités locales de province s’est prononcé contre une réglementation visant à contraindre l’installation de généralistes dans les déserts médicaux. Le Sénat est en quelque sorte victime de son idéologie généralement très libérale et de ses contradictions quant à la prise en charge des intérêts des territoires loin de Paris.

En clair, le Sénat a rejoint les positions très corporatistes de la profession. Pourtant ce n’était sans doute pas un drame d’imposer par exemple un séjour de 2 à 3 ans en zone notamment rurale pour apprendre précisément la médecine très généraliste puisque dans ces zones le médecin remplit aussi assez souvent les fonctions de médecine spécialisée, également introuvable. Sans parler de la prise en compte des pathologies psychologiques.

À l’instar de l’Assemblée nationale, le Sénat a donc voté ce mardi 24 octobre 2023 contre plusieurs mesures visant à mieux garnir les déserts médicaux.

La proposition du sénateur Les Républicains Stéphane Sautarel, la plus proche d’être adoptée par la chambre haute, a été écartée par 124 voix pour et 188 voix contre.

Elle consistait à expérimenter pendant trois ans le « conventionnement sélectif » des médecins: les directeurs d’agences régionales de santé (ARS) auraient déterminé des zones en « fort excédent » d’offres de soins, dans lesquelles l’installation d’un nouveau médecin aurait été conditionnée au départ d’un confrère.

Une proposition transpartisane similaire avait déjà beaucoup fait parler à l’Assemblée nationale au mois de juin mais avait été rejetée.

« Croire qu’un médecin de moins en centre ville est un médecin de plus en zone rurale, c’est faux », a insisté la ministre Agnès Firmin Le Bodo qui ui aurait mieux fait de se taire au lieu de de parler pour rien.

Au programme d’Emmanuel Macron en 2022
Les parlementaires étaient particulièrement partagés sur cette régulation, qui séduit globalement à gauche, mais aussi certains au centre et à droite, majoritaires au Sénat.

« Je ne comprends pas que le Sénat, chambre des territoires, soit en retrait par rapport à l’Assemblée sur la défense de l’accès aux soins en zone rurale », a pesté le sénateur Hervé Maurey (groupe centriste).
Le groupe communiste a de son côté fait remarquer que cette mesure figurait au programme d’Emmanuel Macron en 2022. « Ce vers quoi je souhaite qu’on avance, c’est de stopper les conventionnements dans les zones qu’on considère comme déjà bien dotées », avait en effet déclaré le président de la République en campagne.

Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau avait lui assuré en début de débat se refuser à de telles « mesures de coercition », jugées « contreproductives ».

Planification écologique : trop de contradictions chez Macron

Planification écologique : trop de contradictions chez Macron

Le président de la République est resté silencieux sur un grand nombre des leviers indispensables à une transition juste, estime, dans une tribune au « Monde », la directrice des programmes du Réseau Action Climat, qui fédère des associations écologistes.

Emmanuel Macron l’a répété à l’issue du très attendu conseil de planification écologique : la France doit aller « deux fois et demie plus vite » dans la baisse de ses émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, dans le même temps, il se refuse à engager une réelle transformation des transports, alors que ce secteur est le premier émetteur en France. En l’état de la planification annoncée, les contradictions du président de la République risquent de nous mener à l’échec, alors que nous serons confrontés aux impacts de plus en plus violents du changement climatique et soumis à la volatilité du prix des énergies fossiles.

Le chef de l’Etat a évoqué une écologie « accessible et juste ». Cet objectif est d’autant plus indispensable dans le contexte actuel de prix élevés des carburants et alors que les transports sont toujours trop dépendants d’énergies fossiles importées. Mais le président est resté flou sur les moyens concrets pour permettre à tous les ménages, surtout les plus modestes, d’avoir accès à des mobilités moins polluantes.

Sa promesse de campagne, le leasing social à 100 euros par mois pour un véhicule électrique, ne sera pas mise en place avant 2024 et sera limitée cette première année. Quant à l’accès aux autres modes de transport, le train, les transports en commun ou le vélo, il a été peu évoqué. Seule annonce dans ce domaine : une contribution financière de l’Etat de 700 millions d’euros pour développer des RER métropolitains, mais sans visibilité sur le bouclage du budget total estimé à 10 milliards d’euros.

L’enjeu est pourtant de taille. Le mouvement des « gilets jaunes » a débuté en 2018 parce qu’aucune alternative n’était proposée aux ménages aux bas revenus face à la hausse du prix des carburants, dans des territoires où il est difficile de se déplacer sans voiture. Sans solutions concrètes pour tous, l’accélération de la transition ne se fera pas.

Emmanuel Macron a, par ailleurs, prôné une « sobriété mesurée », sans préciser cette nouvelle notion. Faut-il réduire la consommation, mais pas trop ? C’est pourtant le moyen le plus efficace et rapide pour réduire l’impact de nos modes de production et de consommation sur le climat et la biodiversité.

Construction et bas carbone : Les contradictions des réglementations

Construction et bas carbone : Les contradictions des réglementations


Construction bas carbone, plus de 600 élus, architectes, promoteurs et bailleurs pointent les contradictions de l’Etat dans l’atteinte de ses objectifs en matière de transition écologique. dans le Monde
.

Pour lutter contre le changement climatique, la France s’est donné l’objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Dans ce contexte, la première ministre, Élisabeth Borne, a récemment placé le bâtiment parmi les chantiers les plus prioritaires de décarbonation. L’effort est considérable, le secteur doit réduire d’au moins 53 % ses émissions de gaz à effet de serre pour y parvenir.

La construction bas carbone est un formidable levier pour améliorer le bilan carbone du pays et le rendre plus résilient aux effets liés au changement climatique. L’usage du bois et d’autres matériaux biosourcés est le meilleur moyen de rendre réelle la transition écologique dans les territoires. Nous en sommes convaincus et c’est pour cette raison que nous, élus, architectes, promoteurs, bailleurs, aménageurs, représentants de la société civile, nous construisons déjà les villes de demain en privilégiant des matériaux qui répondent aux enjeux climatiques.

Pourtant, alors même que l’Etat a adopté une nouvelle réglementation environnementale visant à décarboner le secteur du bâtiment (RE2020), l’administration menace cette grande révolution écologique d’une décision couperet sur la sécurité incendie dans les établissements recevant du public, dans laquelle il est clair que les règles entourant la construction en bois et biosourcés seront considérablement durcies.

À titre d’exemple, l’arrêté prévoit, en substance, l’interdiction du bois apparent dans les bâtiments, de nombreuses restrictions relatives aux modes constructifs, des critères de disqualification du matériau bois par rapport à d’autres matériaux sont autant de points qui représentent une absurdité en termes d’usage ainsi qu’un surcoût financier et environnemental non négligeable à l’heure où la sobriété est érigée en valeur cardinale par le gouvernement lui-même !

Nous voici revenus dix ans en arrière, avec le retour du mythe de la fragilité des matériaux naturels… comme si nos voisins nordiques, qui construisent des immeubles de plus de dix étages à base de biosourcés, prenaient des risques insensés pour leurs occupants.

Retraites et régimes spéciaux : le Sénat pris au piège de se contradictions

Retraites et régimes spéciaux : le Sénat pris au piège de ses contradictions

C’est toute la contradiction de la société française et de son système politique. Les élites proposent des transformations qu’ils refusent de s’appliquer à eux-mêmes. C’est ainsi le cas concernant la réforme des retraites. Le Sénat veut être en pointe sur ce sujet et veut absolument que la réforme du gouvernement soit appliquée. Par contre, il se refuse à supprimer la très avantageuse caisse de retraite des sénateurs. Une position qui discrédite évidemment les sénateurs à légiférer au nom des intérêts collectifs et un scandale démocratique de plus.

Le texte de l’exécutif prévoit bien la suppression de certains régimes spéciaux déficitaires comme celui de la RATP ou de la Banque de France. Mais pour le président du Sénat, Gérard Larcher, le régime du Sénat ne doit pas être logé à la même enseigne, celui-ci étant «autonome» et autofinancé. En fait autofinancé par les finances publiques qui rémunèrent les sénateurs !

Aujourd’hui, le régime de retraite des sénateurs est géré par le Sénat lui-même. Concrètement, d’après les comptes du Sénat, 38 millions d’euros ont été versés aux anciens sénateurs en 2021. Sur cette somme, 33% sont financés par les cotisations des sénateurs et du Sénat, et 67% par «des actifs financiers qui ont été constitués afin de consolider les équilibres à moyen et long terme du régime» (l’argent aussi du contribuable) , indique le site du Sénat. Ces actifs ne proviennent pas des impôts des Français mais de «l’excédent des cotisations constitué depuis la création du régime en 1905», explique au Figaro le service de presse de la chambre haute. ( comme si le salaire des sénateurs n’était pas aussi payé par l’Etat.

«Le montant élevé des cotisations salariales, le nombre peu important des pensionnés et leur utilisation sur une durée faible des services de pension» expliquent le montant important épargné, ajoute-t-on. Les sénateurs partent en effet à la retraite plus tard que la moyenne des Français, et ont donc moins recours à leur droit à la retraite que la moyenne des Français. Bien gérée, cette épargne a permis d’équilibrer le régime et d’éviter ainsi d’avoir recours à des subventions de l’État : «Il n’y a ni dotation d’équilibre, ni subvention d’équilibre, ni transfert financier venant de l’extérieur», souligne le Sénat. Parmi les 33% de cotisation, 21% sont des cotisations employeur, comme c’est le cas pour tout régime où l’État est employeur, et sont donc financés par l’État. Ce montant s’élève à 8 millions d’euros. Cependant cela ne relève pas d’une subvention pour équilibrer les comptes. Une vraie explication ésotérique !

nergie :les contradictions de la régulation par les marchés

Energie :les contradictions de la régulation par les marchés

Par Bruno Alomar, économiste, a travaillé au Cabinet du commissaire européen à l’énergie dans La Tribune

Au cours des derniers mois, les limites du marché en matière énergétique ont été mises en lumière. Par la France pour critiquer les modalités de fixation du prix. Par le Portugal et l’Espagne qui ont obtenu d’être provisoirement placés hors des mécanismes de marché européens. Par l’UE elle-même, la très libérale la Commissaire à la concurrence ayant reconnu les limites du tout marché, alors même que le conseil de l’UE adoptait le 26 juillet un accord portant sur la réduction coordonnée de la demande de gaz.

Pour autant, si l’on veut bien considérer la question énergétique, le rapport au « tout marché », même si l’on fait abstraction de ces périodes de crise exceptionnelle, est loin d’être un long fleuve tranquille. Le rapport à l’énergie de l’UE tangente parfois la contradiction. Qu’on en juge.

D’un côté, l’UE, en matière énergétique, comme dans beaucoup de matière, place le libre marché et la concurrence au premier plan. Ainsi, au cours des vingt dernières années, l’UE a adopté une série de normes (les « paquets énergie ») qui ont ouvert les marchés et mis fin aux monopoles légaux qui prévalaient jusqu’à lors. La Commission, s’appuyant sur sa très puissante Direction générale de la concurrence, a mené une action résolue visant à développer la concurrence, qu’il s’agisse des interdictions en matière d’aides d’État, des procédures antitrust, ou du contrôle des fusions.
D’un autre côté, la belle cathédrale intellectuelle que constitue la concurrence par les mérites s’est retrouvée confrontée à des limites récurrentes.

La plus évidente a été que l’instillation au forceps de la concurrence a eu ses ratés. En France, le développement de la concurrence s’est bien produit : il n’a cependant pas – irritant d’ailleurs une Commission peu désireuse d’admettre qu’un ancien monopole peut aussi s’adapter – eu pour effet une fuite massive des clients vers les nouveaux fournisseurs d’électricité. Il a aussi conduit à l’adoption par la loi NOME de 2010 de l’ARENH (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), qui permet jusque 2025 aux fournisseurs alternatifs de s’approvisionner auprès de l’opérateur historique aux conditions fixées par l’État. La complexité et les limites de ce système ne sont pas étrangères aux difficultés qui ont conduit aux décisions récentes concernant EDF, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne craignent pas de déroger au tout-marché.

Alors que l’UE est confrontée à une crise énergétique majeure, elle ne peut plus – et ses membres qui conservent une part essentielle de responsabilités en la matière – se tromper. Certains de ces États-membres ont d’ailleurs réalisé des voltefaces brutales. Ainsi l’Allemagne qui a décidé le 6 septembre de reporter la fermeture de deux centrales nucléaires. Ainsi la Suède, qui a annoncé le 14 octobre relancer la construction de centrales nucléaires. L’UE, pour ce qui la concerne, doit trouver le juste milieu entre les gains réels que la concurrence apporte, et la nécessité de prendre en compte les multiples objectifs et contraintes que la question énergétique recèle et que le marché ne peut à lui seul satisfaire : indépendance énergétique, coût pour les populations et les entreprises, protection de l’environnement. Et veiller à ne pas changer les règles dans deux, trois ou cinq ans, car l’énergie est une question de temps long, et les industriels doivent pouvoir se projeter à suffisamment long terme.

La révolte antitchador des Iraniennes met la gauche devant ses contradictions

« La révolte antitchador des Iraniennes met la gauche devant ses contradictions !

La réalité iranienne d’un voile instrument d’oppression politique heurte les schémas qui tendent à le présenter comme un strict choix individuel, observe, dans sa chronique, Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde ».Une gauche- surtout extrême- particulièrement silencieuse face à la révolte en Iran mais aussi en Afghanistan.

Notons que Sandrine Rousseau a été largement sifflé lors du rassemblement à Paris et traitée de collabo compte tenu de ses positions particulièrement ambiguës sur le voile. NDLR

Un soulèvement populaire contre l’oppression, des femmes héroïques à l’avant-garde pour l’égalité, une dictature ébranlée : la révolte de la société iranienne depuis la mort, le 16 septembre, à Téhéran, de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation par la police des mœurs, magnifie bien des valeurs que la gauche a portées tout au long de son histoire. Logiquement, les défilés au cri de « femme, vie, liberté », le spectacle incroyable des Iraniennes arrachant leurs foulards et les brûlant dans des feux de joie, auraient dû susciter des cortèges de soutien massifs et des actions de solidarité enthousiastes.

En Iran, la colère grandit après la mort de Mahsa Amini, devenue le symbole de la brutalité du régime. Bien sûr, des mouvements féministes et des élus de gauche ont participé à des rassemblements, publié des communiqués de soutien. Le Parti socialiste a « salué le courage des femmes iraniennes » et La France insoumise (LFI) a rendu hommage à « une révolution citoyenne de la jeunesse iranienne ». Mais les manifestations ont été tardives, peu suivies, et les commentaires limités à des généralités. Comme si les « insoumis » et les Verts, empêtrés dans leurs affaires mêlant violences faites aux femmes et batailles de leadership, n’avaient guère d’énergie à consacrer à un événement international majeur.

En réalité, la révolte antitchador des Iraniennes renvoie la gauche à une question qui n’a cessé de la fracturer depuis 1989, année de la fatwa contre Salman Rushdie lancée par l’ayatollah Khomeyni, et de l’exclusion d’élèves voilées d’un collège de Creil. Le foulard islamique est-il un accessoire vestimentaire dont la signification relève strictement de la libre interprétation individuelle ou bien un vecteur politique de domination ? La première réponse est majoritaire au sein de la gauche réunie dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).
Instrument d’oppression politique

« Si vous décidez comment les femmes doivent s’habiller, vous ne vous en sortirez pas », affirmait Jean-Luc Mélenchon, sur C8, en février, en évoquant le foulard des « grands-mères bonnes catholiques », qui « n’était pas un problème ». Un positionnement à rapprocher des 69 % des voix des électeurs musulmans, selon une étude de l’IFOP, que le leader de LFI a recueillies au premier tour de l’élection présidentielle d’avril. Quant à Sandrine Rousseau (Europe Ecologie-Les Verts), lors d’une interview sur LCP, fin 2021, elle disait se « désespér[er] que le corps des femmes et la manière dont elles habillent leur corps soient encore un sujet ». Affirmant que « les femmes qui sont voilées, ce n’est pas l’islam politique », elle estime que certaines « portent [le voile pour des raisons] qui sont juste un embellissement ».

Notons que Sandrine Rousseau a été largement sifflé lors du rassemblement à Paris et traitée de collabo compte tenu de ses positions particulièrement ambiguës sur le voile. NDLR

Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 

Face à l’embargo russe sur le gaz, l’entreprise doit retrouver son excellence perdue pour construire les nouveaux réacteurs EPR, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

 

On souhaite bien du courage – sinon du plaisir – au futur directeur général d’Electricité de France (EDF), qui sera sans doute Luc Rémont. Le responsable des activités internationales de Schneider Electric devrait prendre les rênes d’un groupe stratégique dont l’Etat actionnaire à 84 % va reprendre le contrôle total pour lancer la construction de six à quatorze réacteurs EPR. Du courage, oui, car il lui faudra composer avec une tutelle exigeant de lui, entre autres défis, d’exécuter ce programme nucléaire en évitant la ruineuse dérive du calendrier et des coûts constatée à Flamanville (Manche). Et sans regimber, comme son prédécesseur Jean-Bernard Lévy, pour ne pas s’exposer aux foudres jupitériennes d’Emmanuel Macron.

Le nouveau patron l’apprendra vite, s’il ne le sait déjà : EDF n’est pas une entreprise comme les autres. Quelle autre société publique cotée en Bourse le gouvernement aurait-il pu priver de 10 milliards d’euros de résultat d’exploitation pour fiancer le plafonnement à 4 % de la hausse des factures d’électricité des Français, alors qu’elle supporte une dette nette de 43 milliards d’euros et prévoit des dizaines de milliards d’investissements dans un proche avenir ?

M. Lévy a dû s’exécuter. Non sans adresser à l’Etat un recours gracieux pour qu’il revienne sur sa décision ; puis, faute de réponse, de saisir le Conseil d’Etat et réclamer 8,3 milliards d’indemnisation. Sans plus de succès. Sa récente passe d’armes avec M. Macron instruira le nouveau PDG. Un dirigeant d’entreprise publique, c’est comme un ministre, « ça ferme sa gueule ou ça démissionne », selon la formule de Jean-Pierre Chevènement.

Le gouvernement ayant décidé d’avancer son départ de six mois, M. Lévy s’est lâché, fin août, imputant notamment l’arrêt de 30 réacteurs sur 56 au projet de l’Etat de fermer douze « tranches », après les deux de Fessenheim. « On n’a pas embauché des gens pour en construire douze, on en a embauchés pour en fermer douze », a-t-il déploré.

« Absolument inacceptable », a cinglé M. Macron, persuadé d’avoir « redonné de la visibilité à la filière » dès 2018 en repoussant l’arrêt progressif de 2025 à 2035, puis en supprimant cette date butoir. L’exploitation et la maintenance sont du ressort d’EDF, et leur défaillance est à mettre au débit du patron sortant.

Mais la visibilité – et donc la planification de nouvelles centrales nécessaires à une industrie du temps long – est de la responsabilité de l’Etat. Et au plus haut niveau, tant les enjeux de financement, de sécurité d’approvisionnement et de sûreté des réacteurs sont lourds. L’annonce des nouveaux EPR s’est fait attendre jusqu’en février 2022, à la veille du scrutin présidentiel.

Nucléaire–Les énormes contradictions de Macron

Nucléaire–Les  énormes contradictions de Macron

 

 

Face aux critiques du patron d’EDF concernant la politique nucléaire de la France, Macron tente vainement de se défendre. Et pour cela,  il impute la responsabilité du manque d’électricité ( la France importe actuellement d’Allemagne de l’énergie produite par des centrales à charbon !) à EDF. Il y a sans doute des responsabilités propres à l’entreprise nationale concernant autant l’entretien du parc actuel que le maintien de compétence pour le développement des nouvelles centrales.

De ce point de vue,  il y a sans doute nécessité de secouer sérieusement le management. Il faut cependant souligner pour la défense d’EDF que la France depuis Macron et Hollande se sont complètement trompés sur le plan énergétique. Pour son premier mandat Macron avait en effet confirmé la fermeture de Fessenheim mais aussi celle prévue de 14 réacteuNucléairers. Changement total de stratégie avec la crise puisque Macron ne parle plus du tout de fermeture des réacteurs et prévoit de construire six EPR, puis huit plus tard.

La semaine dernière, le patron d’EDF avait remis en cause la stratégie du gouvernement et pointé du doigt les erreurs en matière de nucléaire. Invité à s’exprimer lors des Rencontres des Entrepreneurs de France du Medef, Jean-Bernard Lévy avait regretté le « manque de bras ». « On n’a pas assez d’équipes formées… Un soudeur, un tuyauteur, il faut deux-trois ans pour le former », avait-il expliqué, avant de se montrer offensif devant la ministre de la transition énergétique, Agnès Panier-Runacher.

Il avait alors indiqué que sa stratégie avait été basée sur la loi réduisant la part du nucléaire dans le mix électrique à 50 %. « Pourquoi on n’a pas assez d’équipes formées ? Parce que l’on nous a dit que le parc nucléaire va décliner, « préparez-vous à fermer des centrales ». On a déjà fermé les deux premières. Ce sont d’ailleurs les textes en vigueur au moment où l’on se parle. On nous a dit : « Préparez-vous à fermer les douze suivantes ». Nous, avec la filière, nous n’avons pas embauché de gens pour construire douze centrales, nous avons embauché pour en fermer douze », avait-il poursuivi, alors que 32 réacteurs sont actuellement à l’arrêt et qu’EDF affiche une disponibilité de son parc historiquement faible, aggravant la crise énergétique qui frappe le vieux Continent.

 

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol