Archive pour le Tag 'concertation'

Concertation sur les retraites : la CFDT dit non pour l’instant

Concertation sur les retraites : la CFDT dit non pour l’instant

Pour la CFDT pour l’instant, une concertation sur les retraites « n’a pas lieu d’être », alors qu’il « n’y a pas de voie de passage pour une quelconque réforme d’ici 2022 ». Et de préciser : « Toute concertation qui s’opérerait serait un peu lunaire (…) On ne va pas se mettre à discuter avec un gouvernement pour nourrir le programme d’un candidat. Ça n’a pas de sens. »

Depuis des années, la CFDT se bat pour la création d’un système universel. Elle ne conteste donc pas la nécessité d’une réforme, à condition que le but soit de rendre le système plus juste et pas d’augmenter l’âge de départ à la retraite. Du coup la concertation proposée par le ministre semble vouée un échec.

Concertation éoliennes : du vent !

Concertation éoliennes : du vent !

 

- Dans le JDD, 54 maires et élus de Dordogne disent au gouvernement leur opposition au projet éolien des Grands Clos. Ils dénoncent la non-prise en compte de la phase de consultation : « Si l’avis que vous demandez d’exprimer ne vous convient pas, le préfet, donc l’Etat, passe outre! »

La tribune :

 

« Monsieur le ministre de l’Intérieur, Madame la ministre de la Cohésion des territoires, le président de la République et votre gouvernement ne cessent d’appeler au dialogue avec les maires et à la prise en compte de l’opinion des citoyens, mais si l’avis que vous leur demandez d’exprimer ne vous convient pas, le préfet, donc l’Etat, passe outre! Elus de nos territoires, nous ne l’acceptons plus.

Le projet éolien des Grands Clos, en Dordogne, est en discussion depuis 2013. La population a été consultée cinq fois, elle l’a refusé cinq fois. Lors de la dernière consultation, du 5 janvier au 7 février dernier, sur un arrêté de défrichement de la forêt de la Double pour y implanter cinq éoliennes, la population locale l’a rejeté à 99,6%. Sur 700 contributeurs, seulement trois personnes se disaient favorables au projet!

Trente-quatre maires de la Double, avec le soutien de leur conseil municipal, s’y sont également opposés. Et, afin que les choses soient encore plus claires, la communauté de communes du Pays de Saint-Aulaye et la commune de Saint-Aulaye-Puymangou, directement concernées par ce projet, ont voté deux motions contre, les 8 et 14 avril, pour sceller leur refus d’éoliennes géantes dans la forêt de la Double.

Passant outre les résultats des consultations, le préfet, représentant de l’Etat en Dordogne, a pris le 20 avril des arrêtés autorisant ce projet, une semaine à peine après ces motions de refus!

Ironie du moment, ce camouflet de l’Etat aux élus locaux intervient alors que le projet de loi ‘Climat et résilience’, récemment voté à l’Assemblée nationale, instaure la mise en place de comités régionaux de l’énergie réaffirmant le principe de concertation locale en matière éolienne.

Cette décision est en totale contradiction avec la volonté affichée de votre gouvernement de respecter la démocratie locale et de remettre les maires au cœur de la vie républicaine. A ce degré d’unanimité d’opposition, la question n’est plus de savoir si le projet est nuisible ou non à l’environnement. Il s’agit de respecter la démocratie lorsqu’on l’invite à s’exprimer : nous, élus locaux, demandons le retrait immédiat des arrêtés préfectoraux autorisant ce projet dans la Double. »

La concertation , moyen d’amortissement de la crise

La concertation , moyen d’amortissement de la crise

 

 

Le chercheur Christophe Degryse rapporte, dans une tribune au « Monde », la façon dont les entreprises ont, par la négociation entre salariés et patrons, su affronter

Tribune. 

 

Des centaines de milliers de saisonniers traversant l’Europe saisie par la pandémie pour venir aider aux récoltes ont dû faire face à une mosaïque de règles frontalières incohérentes. Des pêcheurs européens ont été immobilisés dans l’Atlantique en raison de la fermeture des ports de débarquement au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Des employés de commerce des grandes villes ont été agressés par des clients en raison de pénuries de certains biens de consommation et des mesures obligatoires de distanciation sociale.

Des imprimeurs ont été confrontés à des pénuries de solvants à cause de l’explosion de la demande de gel hydroalcoolique. Des techniciens en télécommunications ont même été harcelés parce que, disait la rumeur des réseaux sociaux, la 5G favoriserait la pandémie ! Comment employeurs et travailleurs ont-ils géré de telles situations, parfois totalement inattendues ?

L’Institut syndical européen s’est penché sur les négociations sociales entre représentants d’employeurs et de travailleurs au niveau européen. Quelque trente secteurs d’activité économique, allant de l’hôtellerie-restauration aux services de sécurité privée en passant par le tourisme, le transport, l’agriculture et la pêche, le spectacle vivant, etc., ont été passés au peigne fin, à la lumière des mesures prises ou demandées à l’Europe et aux gouvernements pour tenter de surmonter les conséquences concrètes de la pandémie dans leur secteur (« “Union sacrée ? Les partenaires sociaux sectoriels face à la crise du Covid-19 en Europe », Christophe Degryse, rapport de l’ETUI 2021-4).

Une gestion sectorielle

Il est vrai que la gestion de la pandémie par les autorités publiques a été principalement sectorielle. La plupart des mesures prises depuis plus d’un an portent sur l’ouverture ou la fermeture des écoles, des commerces, des restaurants et des cafés, des administrations publiques, de la culture, du tourisme…

Bien malgré eux, ces secteurs constituent la principale variable d’ajustement à la pandémie. Et les interdépendances créent des effets dominos. Par exemple, employeurs et travailleurs de la pêche maritime fournissent près de 50 milliards de repas par an aux Européens ; lorsque, en début de pandémie, ils avertissent la Commission européenne que les navires de pêche risquent de devoir arrêter leurs opérations, on prend conscience que la priorité sera de trouver les conditions d’un maintien à tout prix de l’activité économique.

Comment adapter en quelques jours les chaînes d’approvisionnement, les services de transport, la logistique, l’activité portuaire − sans laquelle 75 % des marchandises auraient été purement et simplement bloquées en Europe au printemps 2020 ? L’analyse du dialogue social sectoriel européen en temps de pandémie apporte plusieurs enseignements.

Loi Climat : la concertation en entreprise contestée !

Loi Climat : la concertation en entreprise contestée !

 

Etienne Forcioli-Conti et Olivier Mériaux, spécialistes des relations sociales en entreprise, expliquent, dans une tribune au « Monde », que les mesures contenues dans la loi Climat pour lutter contre le dérèglement climatique sont minées par le formalisme et vont aboutir à l’inverse du but recherché.( en fait une contestation de la concertation en entreprise ! NDLR)

 

Tribune. En prévoyant que l’employeur informe et consulte le comité social et économique (CSE) sur les conséquences environnementales de l’activité économique de l’entreprise et ses modes d’organisation, l’article 16 du projet de loi Climat semble ouvrir un nouvel espace pour le dialogue social, mis au service de la lutte contre le dérèglement climatique.

Les pouvoirs publics misent en tout cas sur ces mesures pour enclencher un mouvement progressif d’intégration des paramètres environnementaux dans l’agenda social des entreprises.

Pourtant, la déception domine, sur ce sujet comme sur d’autres, chez la plupart des militants de la cause environnementale et des organisations syndicales.

Un monde fantasmé

Notre vision d’observateurs et d’accompagnateurs des relations sociales nous amène aussi à un certain scepticisme, mais pour des raisons assez différentes : le problème n’est pas que ces mesures soient trop timides, c’est qu’elles prêtent au dialogue social à la française des facultés qui n’existent malheureusement que de manière localisée et exceptionnelle.

Même si nous sommes convaincus de l’impérieuse nécessité du dialogue social comme moyen de trouver les voies d’une performance durable, nous nous interrogeons : est-il raisonnable d’une nouvelle fois « charger la barque » du dialogue social sans envisager de changer radicalement un système de gouvernance de l’entreprise qui, globalement, n’a pas démontré sa capacité à prendre des décisions à la hauteur des enjeux sociétaux ?

Car que constate-t-on dans la pratique du dialogue social d’entreprise, dès lors que l’on quitte le monde fantasmé par le code du travail et les législateurs de tous bords ?

D’abord que les « bons acteurs », les vrais décideurs, ne sont pas sur la scène officielle des instances représentatives du personnel, qu’il s’agisse des actionnaires ou des donneurs d’ordre dont les décisions d’achats détermineront les conditions de la production. Notons que cette absence nourrit le procès en « irresponsabilité » de ceux qui, au sens étymologique, ne rendent pas compte de leurs décisions, et le sentiment d’inutilité d’instances qui semblent souvent « tourner à vide » (y compris pour ceux qui y participent).

 

Pire, les acteurs en scène doivent suivre un script rigoureux qui n’est pas forcément écrit dans une langue qu’ils maîtrisent : le cadre juridique impose aux entreprises de discuter de catégories d’action publique (« l’égalité professionnelle », « l’inclusion », et demain « l’impact environnemental »), qui sont tout à fait légitimes mais ne font pas immédiatement sens du point de vue de l’organisation du travail ou du rationnel économique. Et les protagonistes doivent s’approprier ce script dans des contraintes de temps qui permettent rarement d’identifier les sources des difficultés rencontrées et de valider toutes les implications des décisions à prendre.

Castex relance la concertation sociale

Castex relance la concertation sociale

 

 

 

Le premier Ministre a bien du mal à exister coincé entre un président omnipotent et des ministres très jaloux de leurs prérogatives. Ainsi même sur la crise sanitaire qui normalement met en cause la responsabilité de plusieurs ministres, Castex a du mal à trouver un créneau entre deux bavards que sont Macron etVéran

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Du coup le premier ministre propose un nouveau round de négociation sociale mais pas sur les sujets trop explosifs comme les retraites, le financement du grand âge et l’autonomie ou  la réforme globale de l’Unedic

 

le premier Ministre compte évoquer les dispositifs mis en place durant la crise, comme le chômage partiel, mais aussi le recours au télétravail ou les aides à la reconversion professionnelle, selon son entourage.

 

 

Mais l’attention se porte aussi sur l’avenir de grands dossiers à l’heure où le quinquennat d’Emmanuel Macron aborde sa dernière année pleine: réforme de l’assurance-chômage, pour l’heure reportée jusqu’au 1er avril 2021; réforme des retraites, pour sa part suspendue sine die et dont le caractère inflammable invite l’exécutif à la prudence; devenir de la loi «grand âge et autonomie» qui doit permettre de lever près de 10 milliards d’euros par an à l’horizon 2030.

«Il faut qu’on ait avec les partenaires sociaux un moment d’examen de tout cela. Voir effectivement quel est l’état de nos comptes sociaux, ce qu’il est possible de faire ou de ne pas faire», estime ainsi William en l’entourage du premier ministre.

Réforme des retraites : une « concertation citoyenne » un remake du grand débat national bidon

Réforme des retraites : une « concertation citoyenne » un remake du grand débat national bidon

 

Macron a sans doute décidé de refaire le coup du grand débat national ;  ce qui lui a permis de faire une grande tournée dans le pays et auprès de certaines catégories socio professionnelles ; cela au rythme de  deux réunions par semaine. La vérité, c’est que cette décision est de nature électorale, elle vise à reconquérir une partie des 70 % de Français qui condamnent la politique économique et sociale du gouvernement.

 

Pour habiller cette campagne électorale, le gouvernement va organiser une « concertation citoyenne » sur la réforme des retraites pour recueillir l’avis des Français sur les pistes avancées par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, a annoncé ce mercredi 21 août la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn.

 

Après le « Grand débat national », la consultation des citoyens sur les grandes orientations que doit prendre la France semble avoir les faveurs du gouvernement. Pour cause, ce dernier a annoncé ce mercredi 21 août la mise en place d’une « concertation citoyenne » sur la réforme des retraites.

Objectif de l’opération : recueillir « le retour de nos concitoyens sur les propositions qui ont été faites« , a déclaré la ministre de la Santé Agnès Buzyn sur BFMTV et RMC. Les modalités de cette opération ne sont pas encore définitivement fixées mais elles devraient être précisées « probablement dans une semaine », a ajouté Agnès Buzyn.

Confiance économique : décentralisation et concertation

Confiance : décentralisation et concertation  

 

Aux journées d’Aix-en-Provence, les économistes se penchent sur la question du rétablissement de la confiance comme vecteur du redémarrage économique. Chacun constate bien que le monde est engagé sans doute pour plusieurs années dans une période de croissance très molle entre parenthèses (exemple : la zone Euro aura du mal à atteindre une augmentation de 1 % du PIB en 2019). Ce tassement économique résulte de deux nombreuses évolutions qui créent des incertitudes. Or face à ces incertitudes, les acteurs économiques (investisseurs,  chefs d’entreprise ou consommateurs ont tendance à adopter une certaine position attentiste). En France en particulier, une grande incompréhension des mutations et des politiques vient alimenter cet attentisme. Aussi des économistes soutiennent-ils que le rétablissement de la confiance pourrait découler de davantage de décentralisation et de concertation avec les acteurs. On sait qu’en France pays particulièrement centralisée, les  politiques se décident  à Paris et ont  du mal à être comprises et intégrées au plan local. S’ajoutent aussi à cela l’insuffisance chronique de la concertation avec les acteurs en France. Une sorte de maladie qui a été notoirement amplifiée par le faite que Macron et le gouvernement se sont complètement assis sur les corps intermédiaires. Justement ceux qui ont pour objet de travailler à la médiation entre pouvoir central et le terrain. Aujourd’hui plus personne n’assure ce lien et surtout pas le parti du président, la république en marche, qui demeure un parti virtuel, hyper centralisé lui-même.  Résultat de cette situation dans les derniers sondages, il y a encore près de 70 % de la population qui n’a pas confiance dans les orientations politiques pour un redressement économique et social. Certes avec Macron on ne manque pas de nouveaux machins plus ou moins bidon type haut conseil, conseil national et autre comité. Mais la démarche demeure toujours très verticale. Il n’est pas certain que la décentralisation et la concertation suffisent pour sortir l’économie de sa relative léthargie, il faudra aussi des orientations stratégiques sur les enjeux majeurs. Justement des enjeux qui pourraient être mis en discussion et dont certains pourraient être gérés de manière nettement moins centrale.

 

Projet loi santé : élaborer à la va-vite et sans concertation

Projet loi santé : élaborer à la va-vite et sans concertation

 

Ce que dénoncent dans une tribune Frédéric Valletoux, président de la fédération hospitalière de France, les représentants des grandes associations d’élus, François Baroin (maires), Dominique Bussereau (départements) et Hervé Morin (régions). Extrait:

 

« Alors que le gouvernement:  s’apprête à présenter le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé en Conseil des ministres, les représentants des collectivités territoriales et des établissements publics de santé s’unissent et prennent l’initiative d’une interpellation large du gouvernement sur la nécessaire prise en compte – dans la loi comme dans le cadre du grand débat national – de huit enjeux qu’ils ont identifiés comme majeurs pour notre système de santé. [...] Prenant acte d’une concertation insuffisante en amont, les associations des collectivités territoriales et de l’hospitalisation publique s’unissent pour faire entendre une parole forte et ambitieuse auprès du gouvernement. Aussi, nous, représentants des collectivités locales et des hospitaliers, nous engageons dans une démarche de large sensibilisation sur les enjeux auxquels cette réforme doit répondre pour faire face à la situation d’urgence que nous connaissons.

Nous demandons donc que des mesures ambitieuses soient prises pour affirmer une lutte volontariste contre les “déserts médicaux”, une démarche en faveur d’une médecine de proximité pour la garantie d’accès à des soins de qualité pour tous et permettant de répondre aux enjeux d’attractivité médicale et paramédicale. »

François Baroin, président de l’Association des maires de France (AMF)
Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des départements de France (ADF)
Hervé Morin, président de l’Association des régions de France (ARF)
Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF)

Avenir service public : des syndicats boycottent la concertation

 Avenir service public : des syndicats boycottent la concertation

Des syndicats ont décidé de boycotter la concertation relative à l’avenir du service public. Les syndicats CGT, FO et Solidaires de la fonction publique ont annoncé lundi qu’ils se retiraient des « groupes de travail » sur l’organisation d’une consultation des agents et des usagers concernant les missions de service public, qu’ils qualifient de « mascarade». En fait une nouvelle fois certains syndicats amalgament  le champ du service public, les moyens de l’assumer et les conditions sociales des fonctionnaires. Trois sujets qu’il convient de distinguer. La première priorité est en effet de savoir ce qui relèvent ou pas de l’intérêt général, ensuite de rechercher les moyens les plus efficaces d’assurer ces missions publiques, enfin de discuter des statuts et plu généralement des conditions sociales et non l’inverse. Sinon évidemment on tombe dans le corporatisme habituel. L’amalgame entre défense des fonctionnaires et défense du concept de service public aboutit au poujadisme le plus éculé. Témoin l’argumentaire de ces syndicats : qui contestent «  les  objectifs budgétaires de réduction de la dépense publique » et condamne par avance le  comité d’experts chargé d’identifier des « réformes structurelles et des économies significatives et durables » dans les administrations publiques. Le ministre des Comptes publics chargé de la fonction publique Gérald Darmanin a indiqué que cette grande réflexion commune était pourtant  indispensable en début de quinquennat. « Il s’agit de faire les choses dans le bon ordre: définir d’abord ce vers quoi nous voulons aller, c’est-à-dire réfléchir aux missions, puis allouer ensuite les moyens adaptés à cette ambition », a réaffirmé le ministère. De son côté, la CFE-CGC a annoncé dans un communiqué qu’elle boycottait une réunion prévue lundi au ministère avec les syndicats sur les modalités et le calendrier de la consultation. Pour elle, le gouvernement « s’enlise depuis de longs mois dans une posture rigide de pseudo-dialogue social », qui « dénote un mépris intolérable des agents ». « Ce sur quoi on appelle à la vigilance, c’est sur ce qui suivra », estime en revanche la CFDT, qui entend continuer, comme la FSU et l’Unsa, d’assister aux « réunions d’information » prévues par le gouvernement. « Aucune des actions (consultation, comité d’experts) ne se substitue au dialogue social », a ajouté Mylène Jacquot.

Grèves transport pourquoi ? Un manque de concertation

Grèves  transport pourquoi ? Un manque de concertation

Une nouvelle fois les transports risquent d’être l’un des secteurs les plus affectés par les conflits. En toile de fond figure la protestation contre la loi travail cependant nombre de salariés de la branche ne sont pas concernés directement par cette loi. Des facteurs explicatifs spécifiques au monde des transports doivent être pris en compte. De nombreuses transformations économiques, technologiques, environnementales affectent l’organisation des transports et les conditions sociales des salariés. D’une certaine manière, le transport vit une crise dans une crise plus générale. Une des caractéristiques de la crise est de présenter un caractère systémique aux interactions complexes et multiples. L’étude trop fragmentée des phénomènes constitue un des facteurs explicatifs essentiels  de l’incompréhension des transformations structurelles que nous vivons. A cela, s’ajoute bien entendu l’influence des clivages partisans qui s’alimentent cependant d’un manque de vision de l’avenir. C’est pourquoi il semblerait utile d’engager avec tous les acteurs un travail réflexion prospective pour déboucher sur une analyse la plus partagée possible du futur des transports. Un exercice de concertation paraît indispensable  avant les  réformes nécessaires face aux nouveaux enjeux. Un tel exercice n’a pas été effectué depuis longtemps et les réflexions qui sont  menées ici ou là l’ont été de manière trop sectorielle (réforme SNCF par exemple ou encore réformes dans le secteur routier). Nombre d’organisations pour des raisons corporatistes préfèrent  limiter le champ de l’analyse cependant les interactions à caractère intermodal et systémique imposent souvent une vision plus large à la fois des techniques, des modes et souvent du champ spatial. Le Premier ministre a récemment indiqué qu’il envisageait d’actualiser la LOTI (loi d’orientation transport)  pour la remplacer par une autre. Une nécessité sans doute car depuis 1982 l’environnement a connu de nombreux changements. Il faut toutefois observer que l’élaboration de la LOTI  a fait l’objet au préalable d’un profond travail d’analyse et de concertation avec tous les acteurs. La concertation plus générale et plus officielle avec les pouvoirs publics a permis d’aboutir à un texte dont le principe a été beaucoup moins contesté par la suite. Aujourd’hui force est de constater que la quasi-totalité de la profession porte un jugement favorable sur la loi d’orientation de 1982. Mieux, nombre d’organisations,  y compris  patronales de se sont souvent référées aux principes de cette loi pour améliorer la régulation du secteur. Le rythme actuel des mutations  contraint à nous interroger sur la cohérence des articulations entre les systèmes techniques, les formes organisationnelles et la dimension sociale. En contractant de l’espace par le temps le transport à grandement contribué au concept de mondialisation (et même de démocratisation). Mais faute de régulation, le risque est grand d’accélérer les contradictions entre progrès social et progrès technique du futur. Un futur porteur de progrès mais aussi d’inquiétudes quand il n’est pas régulé.  On ne peut aller à l’encontre de la recherche d’un  transport de meilleure qualité et d’un moindre coût. Pour autant le principe managérial de nos systèmes ne saurait se soumettre uniquement aux progrès techniques  d’autant que ces derniers peuvent parfois être détournés par l’intermédiation d’intérêts financiers qui n’apportent aucune plus-value à la chaîne du transport. D’où la nécessité d’un réel effort d’évaluation et de concertation afin de faire  évoluer en même temps les formes organisationnelles et les dimensions sociales y compris au sens large.

Conférence sociale : une concertation bidon

Conférence sociale : une concertation bidon

 

 

Pas une vraie négociation, non une simple concertation, en fait une opération communication pour donner l’impression que les intéressés ont été entendus (syndicats et patrons). Une conférence sociale de 2 jours avec trop de participants, trop courte et sur des sujets trop vastes. Pour résumer, simplement une juxtaposition de points de vue. Au terme de cette série d’expressions, on ne sera as plus avancé ; On ne gère certainement pas le débat social de cette manière et on va renforcer l’étatisation des rapports sociaux ; en dernier ressort seul le gouvernement tranchera y compris sur des questions qui auraient pu être traités uniquement par les partenaires sociaux. C’est la grande différence avec l’Allemagne où le dialogue est permanent et n’a pas besoin d’une telle mise en scène stérile. François Hollande ouvrira ce jeudi les travaux de la deuxième conférence sociale de son quinquennat dans un climat tendu, après l’annonce par le gouvernement qu’il n’y aurait pas d’augmentation générale des salaires de fonctionnaires en 2014. La perspective de la réforme des retraites à venir, un exercice toujours à risque en France, suffisait déjà à elle seule pour entamer le consensus qui avait marqué la première édition de cette « grand messe », organisée dans la foulée du retour des socialistes au pouvoir. Conscient de l’impossibilité de réunir les partenaires sociaux autour d’un accord sur cette réforme réclamée par la Commission européenne, le gouvernement a choisi une simple concertation sur le sujet avant des décisions à la fin de l’été. Plus encore qu’il y a un an, cette conférence de deux jours se déroule dans un environnement économique difficile -un chômage qui ne cesse de monter et une légère récession attendue en France en 2013- avec en toile de fond la nécessité de ramener à l’équilibre les comptes sociaux et publics conformément aux engagements européens de la France. La confirmation, mardi par la ministre de la Fonction publique, d’une poursuite en 2014 du gel du point d’indice des fonctionnaires, qui sert de base au calcul de leur rémunération, en vigueur depuis 2010 s’inscrit dans ce contexte. Elle a suscité la colère des syndicats, y compris de la CFDT dont le secrétaire général, Laurent Berger, s’est déclaré « scandalisé » d’une telle décision annoncée « sans concertation ». La centrale, qui se veut en pointe du dialogue social, n’a toutefois pas rallié à ce stade la mobilisation annoncée par une majorité de syndicats de la fonction publique à la rentrée. Le gel du point d’indice des fonctionnaires risque de parasiter la partie des travaux de la conférence sociale consacrée à la modernisation de l’action publique, un exercice conçu par le gouvernement pour identifier des économies. Même si aucune décision n’est attendue sur le sujet, les retraites constitueront le plat de résistance de la conférence réunie au palais d’Iéna, à Paris, avec des débats autour du rapport Moreau remis la semaine passée au gouvernement. Les partenaires sociaux ont tracé par avance leurs « lignes rouges » sur les moyens de trouver sept milliards d’euros pour rééquilibrer le régime général à l’horizon 2020: pas d’allongement de la durée de cotisation ni de rapprochement public-privé pour la CGT et FO, pas de hausse des cotisations pour le patronat. « La ligne qui va être affirmée, c’est l’équité ou la juste répartition des efforts entre les catégories -les actifs, les entreprises et les retraités ». Il y a six ou sept manières de faire, ça sera un des éléments de la discussion », déclare-t-on dans l’entourage de François Hollande. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, estime que « les partenaires sociaux, quand on leur laisse la possibilité de négocier et de s’exprimer, sont capables d’aller assez loin et d’être assez ambitieux ». Le gouvernement en veut pour preuve l’accord sur la réforme du marché du travail de janvier, initié lors de la première conférence sociale, ou celui conclu en mars pour sauver les régimes de retraite complémentaire (Agirc-Arrco). L’enjeu d’une réforme du régime général est tout autre, d’autant plus qu’aucun dirigeant socialiste ne s’y est encore risqué sous la Ve République. Depuis la première conférence sociale, les deux principaux syndicats français, la CGT et la CFDT, ont changé de dirigeants. Côté patronat, le Medef s’apprête à en élire un nouveau, Pierre Gattaz, mais c’est l’équipe de la présidente sortante, Laurence Parisot, qui participera aux débats. Celle-ci a déjà pressé le gouvernement d’aller plus loin que le pacte de compétitivité de l’automne dernier -un autre fruit de la conférence de 2012- et des baisses de charges sociales qu’il a permises, en faisant valoir que les marges des entreprises sont à des plus bas depuis près de 30 ans. Les pouvoirs publics entendent pour leur part demander aux entreprises de se mobiliser autour des dispositifs mis en place pour lutter contre le chômage -emplois d’avenir, contrats de génération- à défaut d’être en mesure d’y consacrer plus de fonds publics. La conférence sociale sera aussi l’occasion de discuter de pistes pour une réforme de la formation professionnelle, elle aussi envisagée de longue date, pour la réorienter vers ceux qui en ont le plus besoin, les chômeurs.

 




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