Archive pour le Tag 'concept'

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Le macronisme: un concept politique fumeux

Le  macronisme: un concept politique fumeux

Au-delà d’un effet de mode se pose la question de la réalité du macronisme en tant qu’idéologie et mouvement. Si on peut effectivement considérer par exemple que le gaullisme, le libéralisme ou le socialisme ont pu un temps s’installer comme mouvement  politique , comme projet et comme philosophie,  il en va différemment pour le macronisme. Première observation, le macronisme  n’est pas un mouvement en ce sens qu’il ne repose sur aucune organisation,  aucune  autre incarnation que celle de Macron lui-même. Pas tellement étonnant dans la mesure où Macron a pris le soin de s’entourer seulement  de seconds couteaux et de techniciens susceptibles de ne pas faire de l’ombre. Par exemple , il faut se souvenir  avec quelle brutalité il a humilié Borloo susceptible de lui faire de la concurrence suite à la remise d’un  rapport très complet et très soutenu concernant les banlieues. Le parti la république en marche ne comporte aussi que des seconds couteaux ou  des courtisans. C’est davantage un club de fans qu’un véritable parti. Tous les responsables de la république en marche sont désignés par le sommet et la base est interdite de débat ,  de propositions et de contestation. Le secrétaire général supposé de la république en marche,  à savoir Guerini,  n’apparaît pratiquement nulle part, il est sur le fond comme sur la forme complètement transparent. Du point de vue philosophique,  Macron se réclame du progressisme mais la vérité c’est que jusque-là,  il a surtout privilégié les intérêts des plus favorisés. En outre sa volonté réformatrice est très relative car il ne cesse d’alterner la marche en avant et les pas en arrière. Il en est ainsi par exemple sur la délicate question de la laïcité, des retraites, des équilibres financiers et de la réforme de l’État. Un seul exemple, il avait promis de supprimer 50 000 fonctionnaires;  dans le prochain budget,  c’est autour de seulement 1500 postes qui seront supprimés. La vérité, c’est que la philosophie n’est pas très clairement établie, c’est une espèce de mélange de libéralisme, d’étatisme au service d’un pouvoir théocratique qui slalome entre les évolutions de l’opinion surtout pour  maintenir le pouvoir de Macron. Le président de la république n’a pas de véritable projet pas plus en France qu’en Europe ou au plan mondial;   après avoir espéré être la nouvelle coqueluche politique internationale, il s’est discrédité  auprès de la  plupart des grands de ce monde. La philosophie de Macron est assez approximative. On a pu le constater encore dans l’interview qu’il a accordée à valeurs actuelles à propos notamment de la laïcité. Une interview finalement où il ne dit rien sinon que rabâcher certaines évidences dans une diarrhée verbale interminable caractéristique du macronisme  qui endort par la forme les questions de fond. En fait avec un certain talent, la dialectique énarchique qui consiste à endormir son auditoire pour oublier la question  posée. Ainsi a-t-il procédé lors du grand débat avec les interminables réunions qui ont usé jusqu’aux intellectuels tombant sommeil après des heures et usés par un discours brillant  sur la forme mais creux sur le fond. Ainsi vient- il de le faire encore à Amiens où il a dit tout et son contraire à propos aussi bien de Whirpool que des retraites. Sa vraie philosophie est en fait celle d’un monarque décalé et décadent si l’on se fie à ses propres visions du pouvoir:

« Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l’espace. On le voit bien avec l’interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ». OK boomer diraient les jeunes!

 

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau concept narcissique

La révolution numérique et l’émergence d’un nouveau 

concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites :

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

La collapsologie: le nouveau concept pour discréditer les écologistes

La collapsologie: le nouveau concept pour discréditer les écologistes

 

La collapsologie n’est pas réellement nouvelle mais elle est d’une certaine manière réhabilitée pour discréditer les écologistes et les experts de l’environnement. Certains climat- sceptiques hystérisent  ce qu’ils considèrent  comme des dérives des protecteurs de l’environnement en qualifiant les écolos de collapsolgues  voire de prophètes du malheur. Il conteste évidemment l’idée selon laquelle la civilisation est en péril. En fait, deux  idéologies s’affrontent : celle des partisans du productivisme sans limite et celle  de la décroissance ou en tout cas pour un  autre contenu de la croissance (calculée aujourd’hui uniquement sur l’addition des valeurs ajoutées, donc des valeurs marchandes). Les antis collapsologues agitent  évidemment le chiffon rouge du chômage pour démolir  les thèses économiques et sociales détendues par certains écologistes radicaux. Il est clair que la question n’est pas simple, qu’on ne changera pas brutalement la société et une transition écologique soit doit s’inscrire dans le temps pour progressivement faire évoluer les modes de production, d’échange, de consommation et de comportement. Le problème, c’est qu’il y a une certaine urgence avec le dérèglement climatique qui s’accélère et qui se traduit notamment par une augmentation des températures, un déplacement du climat, la raréfaction de l’eau en certains endroits, des inondations dans d’autres, une augmentation des tempêtes et autres typhons, d’une manière générale la fonte des glaces et la montée des eaux. Sur la tendance, il est évident que les objectifs de l’accord de Paris ne seront pas tenus et que la température aura augmenté d’au moins 2° ici la fin du siècle sinon davantage. Sur la tendance on sera même proche de 3 degrés. Il y a sûrement un chemin pour concilier la nécessité d’un développement économique et social avec  le respect et la protection de l’environnement. Encore faudrait-il sortir du clivage caricatural entre écologistes, considérés comme des collapsologues apocalyptiques et des productivistes irresponsables qui nient l’impact de l’activité humaine sur le climat et plus généralement sur l’environnement. Mais ce chemin n’est certainement celui qui consiste à faire des discours très volontaristes mais à ne rien changer concrètement.

 

L’héritage : un concept obsolète

L’héritage : un concept obsolète

 

On sait que les Français sont relativement attachés au principe de transmission des biens familiaux. Le problème c’est que ce concept n’a plus beaucoup de sens au plan social et économique. En effet il, y a une centaine d’années, l’âge  moyen des héritiers tournait autour de 30 ans, c’est-à-dire à un âge où les charges de famille sont les plus importantes et les besoins financiers les plus criants.  Maintenant les héritiers ont en moyenne  60 ans. C’est-à-dire évidemment un âge  où les charges  diminuent, ou le patrimoine a été constitué et les besoins financièrement bien moindres qu’à 30 ans. Pour tout dire, socialement et économiquement les héritages à cet âge sont inutiles ; pire ils sont sources d’inégalités. Certes dans la plupart des cas la transmission concerne essentiellement l’immobilier avec un peu de liquidités.

 

Près d’un ménage sur deux a déjà été bénéficiaire d’une succession ou d’une donation. Selon l’Insee, la proportion est exactement de 45%. Ce chiffre place donc les Français loin devant leurs voisins allemands (27%), italiens (32%) ou espagnols (33%). Si les transmissions sont fréquentes en France, leur montant est en revanche plus limité qu’ailleurs. Le transfert moyen est de 135.400 euros alors qu’il est de 186.300 euros en Allemagne et approche même des 300.000 euros en Allemagne.

Dans le détail, un héritage moyen s’élève à 120.800 euros dans l’Hexagone et une donation moyenne à 118.600 euros.

L’Insee ne donne pas la ventilation de ces transmissions. Néanmoins, un élément permet d’affirmer qu’il y a en la matière de fortes disparités. Alors que la transmission moyenne (héritage et/ou donation) est de 135.400 euros, la médiane n’est que de 41.100 euros. Concrètement, cela signifie que parmi les bénéficiaires, un ménage sur deux a reçu moins de 41.100 euros. La moyenne est quant à elle tirée vers le haut par les grosses transmissions.

 

Recevoir comme un Français sur deux de leurs deux 10 000 à 20 000 € n’a pas beaucoup de sens social à 60 ans. Il en a encore moins lorsqu’il s’agit de grosses fortunes qui sont alors thésaurisées pour préparer l’héritage des enfants lorsqu’ils auront eux-mêmes 60 ou 70 ans. L’héritage constitue une des principales inégalités totalement injustifiées.

On peut comprendre qu’économiquement des héritiers de 25 à 30 ans puissent utiliser à bon escient le patrimoine même si cela constitue un facteur d’inégalité sociale mais à 60 -70 ans, le principe de l’héritage est à la fois obsolète et ridicule.

 

La révolution numérique favorise un nouveau concept narcissique (Clotilde Leguil)

 La révolution numérique favorise un nouveau  concept narcissique (Clotilde Leguil)

 

Notre époque favorise un nouveau narcissisme numérique pour  la philosophe et psychanalyste Clotilde Leguil dans son dernier livre « “Je”, une traversée des identités » (PUF). Elle en attribue la cause à un internet de l’intime qui provoque souffrance et enfermement. Car si le narcissisme est nécessaire à la constitution de l’individu, il devient mortifère quand il n’est pas dépassé. Indiscutablement les technologies numériques ont permis des progrès qui rendent possible de s’affranchir d’une certaine manière de l’espace. Elle constitue un moyen d’ouverture sur le monde en favorisant l’accélération des échanges d’informations, de bien et de culture. C’est un changement fondamental aussi dans les conditions de production et de consommation. Des outils qui peuvent permettre un accès sans limite à la formation, à la culture et à l’échange. Mais des outils qui peuvent aussi aliéner quand en fait le sujet utilisateur de ces technologies devient l’unique objet de l’utilisation de ces outils. Le monde virtuel qui l’accompagne constituant une sorte de miroir sujet lui-même. Avec en plus une addiction quasi permanente à ce miroir. (Interview de lobs) extraites : 

Vous expliquez que nous vivons dans une période particulièrement propice au narcissisme, quels en sont les symptômes ?

Tout part d’une formule que j’ai découverte par hasard à Venise. Alors que je me surprenais à regarder des touristes se filmant avec leur iPhone plutôt que de contempler la beauté de la ville, j’ai lu un graffiti : « Le narcissisme de masse est le goulag des temps modernes. » Aphorisme que j’ai trouvé poétique et rassemblant quelque chose d’un diagnostic de notre époque. Il ne s’agit pas pour moi de dénoncer le narcissisme en tant que tel. Ce que j’interroge, c’est une nouvelle version du narcissisme au XXIe siècle, liée à la révolution numérique, un narcissisme à la fois globalisé et enfermant.

Aujourd’hui, l’univers d’internet – les réseaux sociaux, les sites de rencontre etc. – capte quasiment l’entièreté de la libido : les foules sont comme hypnotisées par le regard de l’autre qui les contemple derrière son écran. »

Retraite: un nouveau concept « l’âge d’équilibre » !

Retraite: un nouveau concept   »l’âge d’équilibre » !

 

Un nouveau concept a été évoqué en tout cas repris par le premier ministre : l’âge d’équilibre pour le départ en retraite ;  en faite en lieu et place d’un âge légal qui deviendra de plus en plus accessoirs. En outre cet  équilibre qui s’opére sur le rpport recettes et dépenses des retraites pourrait varier dans le temps. Pour l’immédiat en fonction des scénarios financiers l’équilibre se situerait autour de 64 ans pour les départs réels (l’âge de 62 ans constituant la norme théorique) . En  fait,  cet âge d’équilibre à 64 ans pourrait bien naître en vigueur que pour quelques années. En effet tout dépendra pour l’avenir du rapport en actif et retraité, donc aussi de la croissance. Alors de ce point de vue avec des hypothèses de croissance ne dépassant pas 2 % entre parenthèse et en tenant compte des gains de productivité) le régime de retraite risque de s’installer dans une situation de déséquilibre pour longtemps Avant même de connaître les conclusions de ce travail, Emmanuel Macron avait prévenu qu’il faudrait « travailler plus longtemps », lors de son intervention post-grand débat. Édouard Philippe a confirmé cet objectif devant les députés ce mercredi lors de son discours de politique générale. Le Premier ministre a cependant pointé les « incertitudes » sur l’avenir et le financement des retraites. La veille, le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites, qui a fuité dans la presse, révélait que le déficit du système serait deux fois plus élevé que prévu d’ici à 2022, atteignant 10 milliards d’euros. Le gouvernement va modifier les règles de départ pour assurer sa pérennité financière:

Le «patriotisme inclusif», le concept approximatif de Macron

Le «patriotisme inclusif»,  le concept approximatif de Macron

Le problème de Macron est double. Sur le plan théorique, il est un peu court car sa formation est essentiellement littéraire. Les fondements théoriques des problématiques politiques, économiques et sociales lui sont étrangers. Et ce n’est pas le vernis fourni par l’ENA qui permet de combler cette lacune.  sa deuxième insuffisance tient à son ignorance complète des réalités concrètes. Du coup pour séduire intellectuellement Macron fait émerger de temps en temps dans ses discours un nouveau concept. Lors de sa dernière conférence de presse il a ainsi évoqué la notion de patriotisme inclusif.  «Ce qu’il nous faut faire, c’est rebâtir un patriotisme inclusif où chacun prend sa part, où l’intérêt général français et européen est au fond réaffirmé, mais n’est pas simplement l’addition des intérêts particuliers», a-t-il déclaré. En fait, Macron se trompe de concept car sans doute ce dont il veut parler c’est de démocratie participative. Seule la démocratie participative peut permettre de faire confronter les intérêts particuliers, converger vers l’intérêt général. Le problème c’est que Macron est opposé à cette démocratie participative qui rend les acteurs à la fois conscients mais aussi actifs. Ce n’est sans doute pas par hasard s’il a étouffé toutes les instances intermédiaires qui nourrissaient précisément le débat. Macron, lui, préfère la relation directe avec le peuple comme tous les autocrates, les monarques républicains et autres apprentis dictateurs. Ce dont parle Macron dans sa définition,  c’est de démocratie et non de patriotisme fut-il  inclusif pour satisfaire à la mode de ce qualificatif employé dans les salons parisiens.

Le concept de progressisme de Macron : un breuvage idéologique sulfureux

Le concept de  progressisme de Macron : un breuvage idéologique sulfureux 

 

Sur les chaînes info continue, l’ancien conseiller très proche de Macron, Ismaël Émélien, est venu vendre son livre et défendre en même temps la stratégie du président de la république. Le maître mot de l’idéologie est  progressisme, un concept très vaseux qui essaye de récupérer les oripeaux des idées sociales ou marxistes d’il y a 50 ans avec l’individualisme et l’ultralibéralisme. En fait, un curieux breuvage idéologique très sulfureux et qui démontre surtout l’absence de vision et les grandes faiblesses d’analyse du macronisme. Hier sur la chaîne d’information continue, celui qui est considéré comme l’alter ego de Macron affirmait que l’analyse de la société par le président de la république était pertinente, que le cap était bon mais que les résultats étaient pratiquement nuls. Et cette absence de résultats ne semblait créer aucun doute quant à la pertinence de l’analyse pas plus que sur les perspectives. Finalement pas tellement étonnant car Ismaël Émilien, comme la plupart des proches de Macron, n’est pas vraiment un intellectuel. Le seul intellectuel toléré à l’Élysée par le chef de l’État, c’est Macron lui-même ! Or Ismaël Émilien est très représentatif de la sociologie de l’entourage de Macron composée essentiellement de responsables formés aux idées  superficielles  de Sciences-po. Une école où on traite de tout et en même temps de rien tellement l’enseignement est indigent voire surréaliste. À l’Élysée, au gouvernement, au Parlement, les enfants de Sciences-po ont noyauté le pouvoir enivrant le pays de poncifs, de contradictions et d’approximations. Le plus grand danger c’est que les adhérents de cette secte se prennent pour des intellectuels alors qu’ils ne sont que les moines serviles d’une sorte d’évangélisme politique creux, abstrait et d’une nullité confondante. Ce ne sont ni des intellectuels, ni des techniciens mais des bonimenteurs qui se font une spécialité de parler de ce qu’ils ne connaissent pas à savoir les réalités socioéconomiques voir sociétales et qu’ils encore moins capables de théoriser.  On serait évidemment intéressé par la liste des ouvrages théoriques qu’on produit ces intellos de café du commerce.

Pour un nouveau concept de la citoyenneté (Jean-François Chantaraud)

Pour un nouveau concept de la citoyenneté (Jean-François Chantaraud)

Pour un nouveau concept de la citoyenneté par  Jean-François Chantaraud, délégué général de l’Odissée (*).( La tribune »

 

« Depuis toujours, se faire comprendre suppose de rendre acceptable son expérience et ses idées par autrui. Il faut pour cela se connaître, mais aussi connaître ses interlocuteurs, tous uniques. Gérer ses relations interpersonnelles représente donc en soi une énorme difficulté, qui croît de façon exponentielle avec la quantité de protagonistes.

A cela s’ajoute la disparition des sas spatio-temporels : le digital convoque la réactivité immédiate au flux continu d’informations et la mobilité des personnes nous place face à la diversité des cultures. La gestion de la complexité devient inaccessible et les manquements à appréhender la multitude de signaux faibles deviennent criants.

Chacun peut désormais constater l’insuffisance des dispositifs de décision. Dans l’entreprise, nombre d’alertes et idées quotidiennes ne sont pas prises en compte. Pire encore, la société mondiale se voit comme impuissante sur les terrains aussi variés de la transition énergétique et écologique, de l’équité économique et sociale, de la transparence financière et géopolitique. Le respect pour les décideurs et experts de toutes les sphères s’en trouve écorné a priori.

En termes de performance globale, neuf pays d’Europe de l’Ouest se classent parmi les vingt premiers mondiaux tandis que la France se range désormais à la… 55e place[1] ! Pour n’évoquer que le PIB par habitant, elle était à parité avec l’Allemagne voici vingt ans alors que le pouvoir d’achat d’un Allemand est désormais plus d’un quart supérieur à celui d’un Français ! La France s’est fait déborder par le mouvement du monde. Si nos voisins s’en sortent, le mal n’est pas dans la mondialisation, mais dans la façon dont elle est gérée : le système socio-éco-politique monopolistique français. Paris est le siège de tous les pouvoirs : politique, économique, social, culturel, éducatif, médiatique. De plus, à Paris, l’Etat est l’acteur principal : régulateur expansif (multiplication des codes), formateur omniscient (toutes les grandes écoles sont publiques), géant économique (les grandes entreprises sont presque toutes liées à l’Etat), médiateur social (souverain du paritarisme). Dans l’Etat, le pouvoir exécutif s’impose sur les pouvoirs législatif et judiciaire. Au sein de l’exécutif, la Présidence de la République omniprésente écrase Matignon. Ainsi, un acteur unique procède seul à presque tous les arbitrages. Attendu sur tous les terrains, la tête de l’Etat est sur responsabilisée tandis que les citoyens, démunis de marges de manœuvre, baignent dans l’irresponsabilité. Ils ne sont pas en situation de contribuer à la maîtrise de leur destin collectif. Cet excès de centralisme ne permet pas à la France d’impliquer tous les français dans le débat. Le système politique ne sait pas entendre les signaux d’alerte ni les idées nouvelles. Il finit toujours par commettre et enchaîner les erreurs, ce qui aboutit à son renversement. Voilà pourquoi 16 constitutions se sont enchaînées depuis 1789. Cette fois-ci, nous devons éviter d’attendre la révolution de la rue, mère de tous les excès. L’alternative consiste à inventer un nouveau mode de gouvernance qui applique enfin l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Nul besoin de VIe République : il faut installer le Débat citoyen comme le préalable systémique au débat parlementaire afin d’activer les intelligences et les énergies de tous ! Plus aucune grande Loi ne doit être soumise au Législateur sans avoir été précédée d’un processus en trois phases : consultation nationale pour réaliser une Carte des faits et des idées (recueil exhaustif, synthétique et ordonné des contributions) et une Carte des acteurs (positionnement des participants dans la carte des faits et idées) ; remise du kit de Débat citoyen aux 36.000 communes – ainsi qu’à tous ceux qui le souhaitent (associations, organisations sociales, entreprises, médias…) – pour tenue d’une réunion ouverte à tous ; remise des comptes rendus au député et au sénateur de la circonscription, qui bénéficient alors d’un niveau augmenté de vigilance, d’innovation et de conscience de leurs citoyens. Alors, seulement, la France sera en situation de réformer dans la sérénité ses systèmes fiscal, éducatif, sanitaire, social, écologiques, politique, administratif tout en prenant en compte le climat, la biodiversité, la pollution, le dialogue interreligieux, les crises financières… Et alors aussi, elle sera en situation de ré-éclairer le monde en mettant à disposition ses kits de Débat citoyen à la communauté européenne et mondiale pour que tous entrent dans une nouvelle ère démocratique. Et alors seulement, elle sera en mesure d’accomplir sa vocation universelle.

(*) L’Odissée

[1] Classement de la performance mondiale - L’état social du monde – 2015, L’Odis, La Documentation française

Canicule : la découverte du concept ICU !

Canicule : la découverte du concept ICU !

 

. Il aura fallu du temps aux chercheurs pour découvrir le nouveau concept ICU, , îlot de chaleur urbains , qui agit comme une sorte de radiateur du faîte que la ville est surtout composée de bitume, de ciment et de fer à béton. Dans les périodes de très forte chaleur, la différence de température entre les zones rurales et les grandes villes peut atteindre autour de 10° car la nuit la ville restitue la chaleur accumulée le jour à l’inverse des zones rurales où la végétation restitue la fraîcheur. L’idée géniale des urbanistes et de végétaliser la ville. En clair de mettre ici ou là quelques pots de fleurs comme si c’était la solution à long terme. Le vrai problème c’est celui de cette vision urbanistique délirante qui concentre de plus en plus de populations dans les grandes villes devenues de plus en plus ingérables, invivables sans parler des problèmes sanitaires et de sécurité notamment. La vraie solution c’est de concevoir un autre aménagement du territoire avec une autre répartition des activités humaines. Au lieu de cela on concentre 80 % des populations dans les métropoles et autres grandes villes. Les petites villes dépérissent et les territoires ruraux deviennent  de véritables déserts économiques et humains. La canicule aura eu au moins le mérite de poser cette problématique fondamentale de l’aménagement du territoire et de la politique urbanistique. À ce rythme, certains experts pensent qu’une ville de Lyon connaîtra d’ici 2101 un climat comparable à celui d’Alger !

Les Français soutiennent le concept d’UE

Les Français soutiennent le concept d’UE

L’institut Elabe a cherché à évaluer la popularité de l’Union européenne. Et, alors que les instances européennes sont parfois accusées de compliquer la formation d’un gouvernement issu des élections du mois de mars dernier en Italie, trois ans après avoir fait plier la volonté du peuple grec et de son gouvernement exprimée notamment dans un référendum, il semble que les Français en soutiennent toujours le bien-fondé. 70% d’entre eux se déclarent en effet favorables au principe d’une union entre plusieurs pays européens dans le but de mettre en place des politiques communes. 30% lui sont opposés.  C’est parmi les plus aisés que l’Union européenne fait le plus d’heureux avec 85% d’opinions favorables. Le pourcentage décroît légèrement au sein des classes moyennes avec 71%. Le score tombe à 59% parmi les classes populaires. Enfin, les plus jeunes et les moins jeunes partagent un même enthousiasme: 79% des 18-24 ans disent leur faveur, tout comme 78% des plus de 65 ans. Entre ces deux classes d’âge, les avis sont plus nuancés bien que toujours favorables à l’existence d’une Union européenne. 72% des Français signalent qu’ils ne sont pas satisfaits de l’organisation et du fonctionnement de l’UE, et seulement 28% disent leur satisfaction. Les électorats politiques sont partagés et même souvent sur la réserve (58% des sympathisants d’Emmanuel Macron sont insatisfaits, comme 85% de ceux de Marine Le Pen, et 71% de ceux de François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon). On remarque aussi que l’insatisfaction grandit avec l’âge, passant de 49% chez les 18-24 ans à 78% chez les plus de 65 ans.   Enfin, il apparaît que nos concitoyens ne croient pas en la faculté du président de la République à faire bouger les lignes en Europe. Ils sont ainsi 61% à expliquer que selon eux Emmanuel Macron ne parviendra pas à faire évoluer significativement le fonctionnement et l’orientation politique de l’Union européenne.

Echantillon de 1.004 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, dont 962 inscrites sur les listes électorales. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 29 et 30 mai 2018. 

Concept de la Voiture autonome : l’utopie

Concept de la Voiture autonome : l’utopie

 

Après l’accident mortel aux Etats- Unis (piéton percuté sur un passage clouté), on peut se demander si le concept n’est pas une utopie car il pose d’énormes problèmes de sécurité et de responsabilité. Fortement bousculé par l’affaire des émissions polluantes,  le secteur automobile tente de réagir en soulignant le caractère de modernité de l’automobile future. L’objectif est évidemment de peser pour que l’automobile ne soit pas exclue un jour de la ville. On affirme ainsi que l’automobile sera autonome, électrique et connectée. Le patron de Valeo dans une interview au JDD affirmait que cette voiture autonome et même déjà là. Il est évident que la voiture électrique va se substituer au moteur à combustion et que d’ici une dizaine d’années 80 % des véhicules neufs seront électriques. Reste la question de l’autonomie et du partage. Contrairement à ce qu’affirme le patron de Valeo l’autonomie totale n’est pas pour demain. Pour des raisons de sécurité elle nécessite notamment des les infrastructures spécifiques finalement un peu comme le métro ou le train. Pour l’instant les navettes mobiles qui existent fonctionnent sur le mode ferroviaire. Les autres qui circulent sur les voies normales présentent un énorme risque.  Reste aussi la question fondamentale de l’automobile partagée qui constitue aussi un enjeu central pour l’industrie automobile. Sachant qu’un véhicule classique passe plus de 95 % de son temps à l’arrêt, il est évident que des formules de mutualisation sous différentes formes seront mises en place. Mais cette mutualisation aura un impact considérable sur le nombre de véhicules fabriqués. Ceci étant  l’interview de Jacques Aschenbroich, président de Valeo  au JDD  mérite d’être lue.

 

À quand la première voiture autonome commercialisée?
La première voiture autonome est déjà là. Nous avons pris une participation de 5% dans une start-up qui s’appelle Navya, dont les véhicules électriques et autonomes, des navettes, circulent à Sion en Suisse, à Confluence à Lyon, à La Défense, dans le Michigan ou à Singapour. En revanche, il faudra attendre encore un peu de temps pour que vous et moi puissions acheter une voiture totalement autonome.

 

Ce sera dans cinq, dix ou vingt ans?
Des voitures partiellement autonomes, ce sera dans quelques années. Vous pourrez déléguer leur conduite à certains moments et dans certaines conditions. Une voiture dans laquelle vous n’aurez ni volant ni pédales, cela va prendre plus de temps. Entre cinq et dix ans sans doute.

 

Laisser un véhicule se garer tout seul dans un parking, est-ce déjà possible?
Il y a déjà un modèle de la classe E de Daimler que vous pouvez envoyer se garer tout seul avec votre smartphone. Nous avons développé ce système avec le constructeur allemand. Valeo et Cisco ont développé une technologie qui permet aux voitures de se garer seules dans un parking. Beaucoup de parkings dans le monde sont intéressés par cette nouvelle technologie, mais cela prendra encore quelque temps avant que l’on passe à la phase commerciale.

 

L’automobile autonome sera-t-elle aussi partagée?
Le sujet de la propriété de la voiture versus la voiture considérée comme un service est un changement sociologique profond. Quand vous ou moi possédons un véhicule, il est utilisé 4 à 5% de son temps. Sinon, il dort dans un garage. Partager l’usage de la voiture, c’est ce que l’on fait avec un taxi ou avec les nouveaux services qui sont apparus comme Uber ou Blablacar. La plus grande innovation d’Uber est que le prix dépend du nombre de personnes ou de la demande. Une innovation absolument fabuleuse qui est rendue possible par des systèmes digitaux.

 

 Est-ce qu’un jour, dans les grandes villes, vous cesserez d’avoir votre automobile comme vous avez cessé d’avoir votre vélo pour utiliser un Vélib’?

Personne ne connaît la réponse à cette question. Le frein est que l’on part tous au travail ou en vacances en même temps.

 

La technologie de l’automobile autonome doit-elle encore progresser?
Les bases sont là mais les logiciels qu’il faut embarquer dans la voiture sont d’une très grande complexité. Il faut encore beaucoup travailler. Nous sommes numéro un mondial pour les caméras, les capteurs ultrason, les radars ou les lidars avec tous les logiciels qui permettent d’interpréter les données. Mais il faut encore redoubler d’efforts pour qu’une voiture soit autonome en toutes circonstances. Un exemple de problème à régler : ces capteurs doivent être utilisables tout le temps. Pour que l’automobile ne soit jamais aveugle, il faut les nettoyer, et cela coûte cher.

 

La voiture autonome a fait entrer les Gafa sur le marché de l’automobile. Vont-ils le changer comme Amazon bouscule la distribution?
L’histoire n’est pas écrite. Pour l’instant, les constructeurs et les géants du digital travaillent souvent ensemble. Mais l’important sera de savoir où se trouvera la valeur. Concevoir et construire une voiture, ce n’est pas si facile que ça. Ces deux mondes se développent en essayant d’entrer dans la mobilité digitale avec leurs armes respectives : le combat est ouvert.

Si les véhicules deviennent propres, tout ira bien?
Oui, la voiture électrique sera un des éléments essentiels de la mobilité urbaine en complément des transports en commun.

 

Comment jugez-vous les politiques lorsqu’ils rendent la circulation plus difficile à Paris?
Joker! Ce n’est pas en fossilisant l’espace urbain que vous assurez son développement économique.

« Offre raisonnable d’emploi » ? Le concept flou

« Offre raisonnable d’emploi » ? Le concept flou

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette définition paraît particulièrement floue. Elle existait d’ailleurs déjà dans les textes mais n’étaient pas appliquées car guère applicable. La nouvelle définition du gouvernement n’est gère plus éclairante : Le chômeur ne pourrait pas refuser plus de deux fois sans s’exposer à des sanctions pour sa  mauvaise volonté.  Une offre impliquant un temps de trajet d’une heure ou 30 kilomètres maximum  »est considérée comme une offre raisonnable d’emploi ». Encore faut-il que l’offre corresponde aux compétences et qu’elle ne contienne pas de contraintes impossibles à remplir (horaire par exemple). En outre le plus souvent,  les offres seront des CDD parfois de durées très limitées. Cela concerne surtout les chômeurs peu qualifiés qui pourraient subir uen perte de revenus. En effet, il faudra intégrer les frais de transport. Or faire 60kms par jour représente une dépense de l’ordre de 300 euros par mois. Une sérieuse ponction pour des salaires souvent au SMIC (1150 euros nets). De toute évidence cette dimension n’a pas été intégrée. Au lieu de cette menace en cas de refus dune offre dite raisonnable, on ferait mieux de vérifier comme quelles sont les effortts et les démarches qu’effectue le chômeur pour se réinsérer.

 

Débat sur service national : révélateur du délitement du concept de citoyenneté

Débat sur  service national : révélateur du délitement du concept de citoyenneté

 

Nombre experts se sont exprimés ces jours-ci sur l’affaire d du service nationale. Le plus souvent beaucoup doutaient de son intérêt et mettaient notamment son cout. D’autres estimaient que l’appropriation du concept de citoyenneté n’incombait pas à l’armée mais à l’école. Comme si la responsabilité dans ce domaine pouvait se diviser ? Une responsabilité qui incombe autant à la famille, à l’entourage, à l’école, à l’armée notamment. Le problème,  c’est que dans certains zones de non droit (et parois aussi ailleurs) personne n’assume plus la moindre responsabilité. Le concept de citoyenneté se réduit à l’idée que le citoyen est seulement un consommateur de démocratie républicaine sans devoir en échange. Autre observation toute aussi fondamental,e l’objet même de ce service : militaire ou non. La plupart des lobbys militaire y sont opposés, ils défendent leur profession et ne veulent pas que soit amputs leur budget ; Pourtant, stratégiquement il n’est pas évident que la totale professionnalisation de l’armée soit adaptée aux enjeux des conflits actuel et futurs. Il se pourrait même que les forces infanterie classique, force de maintien de l’ordre surtout et de lutte contre le terrorisme soient davantage prioritaires que les deux forces nucléaire franç iaçes (pourquoi 2 ?). La professionnalisation d’une grande partie de l’armée est sans doute nécessaire compte tenu de la sophistication des outils de défense. Ceci étant encore une fois, le risque est moins la guerre conventionnelle entre deux pays mais vraisemblablement le développement du terrorisme à l’inférieur et à l’extérieur de nos frontières. . Pour preuve 10 000 militaires assurent dans la rue des missions de sûreté qui  pourrait parfaitement être confiées  à des appelés.  Il n’ya pas si longtemps au cours du siècle précédant des millions de Français se sont sacrifiés pour la défense du pays, d’autres se sont soumis à l’obligation du service militaire. Aujourd’hui on s’interroge sur le degré d’acceptation des jeunes à donner quelques semaines ou quelques mois pour servir leur pays. Un débat qui témoigne vraiment du délitement du concept de citoyenneté y compris chez les élites. Quant au cout de l’opération 3 ou 4 milliards, il est à mettre en relation avec le cout provenant de la marginalisation de centaines de zones de non droit (cout du trafic de drogue, cout des aides sociale, cout surtout de l’inactivité de centaines de milliers de jeunes sur le PIB etc.). Un cout autremenet importanat d’au moins 30  millirds. Macron a un peu recadré la problématique, le service sera obligatoire et comportera une dimension militaire. Le reste encore très flou. Avant den préciser le contenu, il serait bien avisé d’indiquer que le service du pays ne se conteste pas qu’il est constitutif de la citoyenneté. Certes le service national à lui seul ne pourra combler les déficiences civiques de ceux qui vivent en dehors des règles républicaines. Mais il peut contribuer avec l’école, avec la formation permanente,  avec les familles, avec l’entourage à réinsérer le concept de citoyenneté républicaine chez des jeunes marginaux devenus sauvageons voire délinquants.

2017 : l’arnaque du concept de « candidat du peuple »

 2017 : l’arnaque du concept de  « candidat du peuple »

 

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Pour tenter de minimiser son échec lors du débat avec Macron, Marine le Pen s’est réfugiée dans le concept de candidate du peuple.  Face au discrédit qui touche les organisations politiques, désormais il est de bon ton pour les candidats de se présenter avec des vertus « anti systèmes ». Un concept qui n’a évidemment aucun sens, une proclamation entièrement gratuite tant qu’elle n’est pas approfondie et vérifiée. De quels systèmes parle-t-on ? Du système social, économique, financier ou politique ? Quand on examine la sociologie des principaux candidats notamment en France on constate que pratiquement tous appartiennent aux classes aisées voir même très  aisées (témoin par exemple le nombre de ministres du gouvernement actuel soumis à l’impôt sur la fortune). Il y a donc une continuité sociologique : les classes sociales supérieures dominent et de très loin le paysage électoral. Pas forcément pour des questions de compétence, d’intelligence ou de courage. Simplement parce qu’en France notamment la démocratie demeure virtuelle en tout cas néandertalienne. La France vit sous le régime d’une monarchie républicaine avec des déclinaisons dans les baronnies locales. La richesse des candidats constitue un argument favorable au recueil des voix. Le paradoxe est évidemment quand des candidats ultra riches se déclarent représentants des moins favorisés voir des opprimés. Evidemment pas avec un discours argumenté économiquement mais avec des explications simplistes en forme de slogan qui désignent des boucs émissaires comme responsable des discriminations et de la pauvreté. Le plus bel exemple récent étant évidemment le milliardaire Trump qui a réussi avec sa dialectique  populiste contradictoire à être considéré comme un candidat anti système. Un candidat qui a pourtant multiplié les relations sulfureuses avec les élus pour étendre dans l’immobilier l’empire hérité de son père. En France, Marine Le Pen, héritière également, fait aussi partie de ces multimillionnaires qui se veulent représentatifs des gens « d’en bas ». Dans la droite classique, on ne trouve guère non plus de miséreux. Socialement donc la plupart des candidats dit  « anti système » sont  les produits d’un processus de reproduction de la richesse des nantis. Des liens évidents existent souvent entre la dimension sociale et la dimension économique. Nombre de candidats « anti système » entretiennent en fait des liens douteux avec le monde économique. Soit pour recueillir des fonds nécessaires au financement de la campagne et/ou pour  en fait servir les intérêts particuliers de secteurs ou de groupes économiques. En cause, notamment des modalités de financement d’une campagne électorale avec souvent un ticket d’entrée financier dans les baronnies locales et une enveloppe minimale de 20 à 50 millions pour une campagne présidentielle. Au-delà de l’enjeu financier, le soutien des forces économiques dominantes constitue aussi un appui utile voire indispensable. Le dernier aspect de l’argumentation anti système touche au ridicule, à savoir, la dimension politique. En France en particulier,  tous les candidats sont des professionnels de la politique. En place depuis 20, 30 ans, davantage, ils vivent de la politique et ont transformé la fonction en métier et en rente. Les conditions démocratiques françaises imposent d’ailleurs l’appartenance à un appareil notamment quand il s’agit de l’élection présidentielle qui nécessite d’obtenir le soutien des élus pour valider une candidature. Tous appartiennent à des organisations, sont passés par des systèmes et sont d’une certaine façon le fruit d’appareils. Il n’existe pas de candidat réellement indépendant, ils sont le résultat d’un système qui se reproduit. La dépendance est plus ou moins forte. Pour être élu,  il est nécessaire d’être soutenu par les parrains d’un système,  au moins pour se lancer « dans la  carrière ». Une fois passée les obstacles sociaux, économiques et politiques les candidats ne peuvent donc revendiquer l’étiquette « anti système ». Cet argument populiste et démagogique ne peut être entendu que par les mouches victimes complices  attirées par le miel des promesses sans lendemain. Les candidats anti système n’existe pas, autant l’admettre et se déterminer sur des critères moins ésotériques.

 

 

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