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Comprendre la crise économique et sociétale (G. Bessay, expert en prospective)

Comprendre la  crise économique et sociétale  (G. Bessay, expert en prospective)

Rien de fondamental ne pourra être résolu sans adhésion  à la complexité de la crise qui est à la fois .une crise, économique, sociétale, environnementale et culturelle. Les aspects socio-économiques sont les plus visibles (processus de production, marché du travail, technologie etc.) mais la crise est tout autant sociétale dans la mesure où elle affecte le rapport des citoyens à la démocratie et plus généralement aux valeurs notamment collectives.  Cette crise est systémique car  les transformations internes interagissent les unes sur les autres. Un des problèmes réside dans le fait qu’il n’existe pas de formation scientifique de type généraliste pour tenter de comprendre et d’expliquer les évolutions du système global dans lequel nous évoluons. D’une certaine façon au contraire,  nous assistons à un éclatement des connaissances qui certes s’approfondissent de façon spectaculaire mais de manière de plus en plus éclatée ; même si certaines découvertes d’un champ peuvent indiscutablement profiter à un autre. Ce qui est en cause, c’est  la nature des changements et aussi leur rythme. Jamais sans doute dans l’histoire humaine les transformations n’ont été aussi importantes et aussi rapides. Les changements ont été plus importants en quelques dizaines d’années que pendant des siècles et des millénaires, ils ont été encore plus rapides au cours de la dernière dizaine d’années. Les changements les plus médiatisées et les mieux connus du grand public concernent les domaines économiques et technologiques  avec leurs conséquences sociales. Les processus de production sont aujourd’hui complètement éclatés dans plusieurs pays qui se spécialisent sur un des éléments de la chaîne. Les grandes marques  se contentent  surtout du montage final voire  seulement du pilotage numérique de l’ensemble du système de production. C’est  valable d’abord évidemment pour l’industrie, mais cela affecte progressivement l’agriculture et surtout les services. Finalement,  le concept de nationalité d’un produit n’a plus beaucoup de sens. Le made in France par exemple est une fiction puisqu’il peut se limiter à l’apposition d’une étiquette ou d’un couverte pour que le produit importé devienne français. Il en est de même par exemple pour l’industrie automobile française  dans la plus grande partie vient de l’étranger. Cet éclatement est surtout le fruit de distorsions de concurrence relatives aux coûts sociaux, à la fiscalité et aux normes environnementales et sanitaires. La recomposition du produit final et sa distribution génèrent évidemment des gaspillages incalculables qui affectent l’environnement. Un simple yaourt peut nécessiter par exemple 1000 km de transport. On ne peut nier cependant certains aspects indiscutables du progrès matériel qui a permis à de plus en plus de populations de mieux se nourrir, se vêtir, s’instruire ,  se loger et vivre plus dignement. Par contre si le niveau moyen de satisfaction matérielle a augmenté, on ne peut contester l’augmentation des inégalités. Avec d’un côté des géants industriels, financiers ou des géants du numérique qui non seulement brassent  des milliards de profits   mais surtout imposent  une domination économique et culturelle. Dans l’agriculture,  l’industrialisation a permis de multiplier par 5 ou par 10 les rendements grâce à la mécanisation mais aussi à l’utilisation de cocktails chimiques dont  on ne pourra mesurer les effets sur la santé que dans des dizaines d’années par exemple concernant le développement des affections neurovégétatives ou des cancers. Concernant les inégalités,  il faut citer l’accès au logement de plus en plus difficile dans les grandes métropoles qui rejette dans les banlieues lointaines ou les zones rurales les catégories les moins favorisés. En France par exemple,  les couches moyennes sont progressivement chassées de Paris où il faut en moyenne 1 million d’euros pour un appartement à peu près décent. C’est un peu le même phénomène dans le monde entier ou dans des métropoles françaises de province. Les inégalités se développent aussi en matière de formation même si globalement les effectifs scolarisés augmentent et vont de plus en plus loin dans les études. Des études très approfondies pour certains ( notamment les écoles d’ingénieurs et certaines disciplines universitaires)  mais des études qui débouchent sur des diplômes fictifs pour d’autres condamnés à des emplois de faible qualification ou au chômage, un phénomène particulièrement français qui culturellement pointe l’apprentissage comme une sorte de tare sociale. D’un point de vue social, il n’est pas admissible que des pays développés comptent autant d’inégalités voire de pauvreté sans parler des gens dans la rue. Le domaine culturel est aussi affecté  avec d’un côté des productions de grande qualité mais de l’autre des productions de masse de type industriel faites  pour abêtir, endoctriner ou endormir. Pour s’en persuader, il suffit  d’analyser le contenu des 200 ou 300 chaînes de télévision disponibles en France. La complexité qui mériterait d’être bien davantage appropriée   crée une sorte de refuge vers  l’individualisme. Faute de réassurance identitaire, nombre de personnes se réfugient  dans le mirage d’un passé illusoire avec le fol espoir qu’il  prendra la place du  futur. Ce qui explique aussi les nouvelles résistances face aux flux migratoires considérés comme des facteurs anxiogènes économiques mais aussi culturels. Cela d’autant plus que les capacités d’intégration se sont considérablement affaiblies pour ne pas dire parfois écroulées dans certaines zones   D’où le développement de formes  de populisme  voire de néopoujadisme  et de nationalisme. Une sorte de reflexe  face à la peur des changements. Ce repli réactionnaire et individualiste remet en cause le ciment et le dynamisme qui fonde uen nation ; une  nation dont l’unité est mise en cause également  par le refuge dans des groupes identitaires religieux autant que civils. Un refuge qui peut se même se réduire à la cellule familiale voire encore moins. En bref,  la dimension collective fout le camp sauf dans quelques cercles très restreints. Ceci étant, tout cela se nourrit aussi de l’injustice,  des dysfonctionnements de l’anarchie des marchés et des flux  qui souffrent d’un manque évident de régulation et d’équité ;   Non seulement à  l’échelle européenne mais mondiale. Les facteurs explicatifs de cette crise sont nombreux et complexes, on ne saurait les résumer dans un court papier. Mais la première démarche pour mieux comprendre consisterait d’abord à admettre cette complexité. Cela pour éviter le piège du simplisme qui ne peut conduite qu’à la caricature. Les responsables chacun à leur échelle, tentent  bien de résoudre certains des effets de la crise mais ce sont le plus souvent des actes trop partiels et de court terme là ou il faudrait des orientations plus globales qui s’inscrivent dans le temps. De ce point de vue,  la démocratie en est sans doute encore au stade néandertalien concernant le mode d’élection et les conditions d’exercice du mandat. D’où l’insatisfaction générale et souvent partout dans le monde trop de contradictions entre les intentions affichées et les réalités pouvoir : De quoi nourrir un peu plus le populisme et l’incompréhension de la crise.

Essayer de mieux comprendre la crise économique et sociétale (G. Bessay, expert en prospective)

Essayer de  mieux comprendre la crise économique et sociétale (G. Bessay, expert en prospective)

 

Rien de fondamental ne pourra être résolu sans adhésion  à la complexité de la crise. Une crise, économique, sociétale, environnementale et culturelle. Une sorte de crise systémique où les transformations internes interagissent les unes sur les autres. Un des problèmes réside dans le fait qu’il n’existe pas de formation scientifique de type généraliste pour tenter de comprendre et d’expliquer les évolutions du système global dans lequel nous évoluons. D’une certaine façon au contraire,  nous assistons à un éclatement des connaissances qui certes s’approfondissent de façon spectaculaire mais de manière de plus en plus éclatée ; même si certaines découvertes d’un champ peuvent indiscutablement profiter à un autre. Ce qui est en cause, c’est  la nature des changements et aussi leur rythme. Jamais sans doute dans l’histoire humaine les transformations n’ont été aussi importantes et aussi rapides. Les changements ont été plus importants en quelques dizaines d’années que pendant des siècles et des millénaires, ils ont été encore plus rapides au cours de la dernière dizaine d’années. Les changements les plus médiatisées et les mieux connus du grand public concernent les domaines économiques et technologiques  avec leurs conséquences sociales. Les processus de production sont aujourd’hui complètement éclatés dans plusieurs pays qui se spécialisent sur un des éléments de la chaîne. Les grandes marques  se contentent  surtout du montage final voire  seulement du pilotage numérique de l’ensemble du système de production. C’est  valable d’abord évidemment pour l’industrie, mais cela affecte progressivement l’agriculture et surtout les services. Finalement,  le concept de nationalité d’un produit n’a plus beaucoup de sens. Le made in France par exemple est une fiction puisqu’il peut se limiter à l’apposition d’une étiquette ou d’un couverte pour que le produit importé devienne français. Il en est de même par exemple pour l’industrie automobile française  dans la plus grande partie vient de l’étranger. Cet éclatement est surtout le fruit de distorsions de concurrence relatives aux coûts sociaux, à la fiscalité et aux normes environnementales et sanitaires. La recomposition du produit final et sa distribution génèrent évidemment des gaspillages incalculables qui affectent l’environnement. Un simple yaourt peut nécessiter par exemple 1000 km de transport. On ne peut nier cependant certains aspects indiscutables du progrès matériel qui a permis à de plus en plus de populations de mieux se nourrir, se vêtir, s’instruire ,  se loger et vivre plus dignement. Par contre si le niveau moyen de satisfaction matérielle a augmenté, on ne peut contester l’augmentation des inégalités. Avec d’un côté des géants industriels, financiers ou des géants du numérique qui non seulement brassent  des milliards de profits   mais surtout imposent  une domination économique et culturelle. Dans l’agriculture,  l’industrialisation a permis de multiplier par 5 ou par 10 les rendements grâce à la mécanisation mais aussi à l’utilisation de cocktails chimiques dont  on ne pourra mesurer les effets sur la santé que dans des dizaines d’années par exemple concernant le développement des affections neurovégétatives ou des cancers. Concernant les inégalités,  il faut citer l’accès au logement de plus en plus difficile dans les grandes métropoles qui rejette dans les banlieues lointaines ou les zones rurales les catégories les moins favorisés. En France par exemple,  les couches moyennes sont progressivement chassées de Paris où il faut en moyenne 1 million d’euros pour un appartement à peu près décent. C’est un peu le même phénomène dans le monde entier ou dans des métropoles françaises de province. Les inégalités se développent aussi en matière de formation même si globalement les effectifs scolarisés augmentent et vont de plus en plus loin dans les études. Des études très approfondies pour certains ( notamment les écoles d’ingénieurs et certaines disciplines universitaires)  mais des études qui débouchent sur des diplômes fictifs pour d’autres condamnés à des emplois de faible qualification ou au chômage, un phénomène particulièrement français qui culturellement pointe l’apprentissage comme une sorte de tare sociale. D’un point de vue social, il n’est pas admissible que des pays développés comptent autant d’inégalités voire de pauvreté sans parler des gens dans la rue. Le domaine culturel est aussi affecté  avec d’un côté des productions de grande qualité mais de l’autre des productions de masse de type industriel faites  pour abêtir, endoctriner ou endormir. Pour s’en persuader, il suffit  d’analyser le contenu des 200 ou 300 chaînes de télévision disponibles en France. La complexité qui mériterait d’être bien davantage appropriée   crée une sorte de refuge vers  l’individualisme. Faute de réassurance identitaire, nombre de personnes se réfugient  dans le mirage d’un passé illusoire avec le fol espoir qu’il  prendra la place du  futur. Ce qui explique aussi les nouvelles résistances face aux flux migratoires considérés comme des facteurs anxiogènes économiques mais aussi culturels. Cela d’autant plus que les capacités d’intégration se sont considérablement affaiblies pour ne pas dire parfois écroulées dans certaines zones   D’où le développement de formes  de populisme et de nationalisme. Une sorte de reflexe  face à la peur des changements. Ceci étant, cela se nourrit aussi des dysfonctionnements et de l’anarchie des marchés et des flux  qui souffrent d’un manque évident de régulation non seulement à  l’échelle européenne mais mondiale. Les responsables chacun à leur échelle, tentent  bien de résoudre certains des effets de la crise mais ce sont le plus souvent des actes trop partiels et de court terme là ou il faudrait des orientations plus globales qui s’inscrivent dans le temps. De ce point de vue,  la démocratie en est sans doute encore au stade néandertalien concernant le mode d’élection et les conditions d’exercice du mandat. D’où l’insatisfaction générale et souvent partout dans le monde trop de contradictions entre les intentions affichées et les réalités pouvoir : De quoi nourrir un peu plus le populisme et l’incompréhension de la crise.

 

Mieux comprendre la crise économique et sociétale (G. Bessay, expert en prospective)

Mieux comprendre la crise économique et sociétale (G. Bessay, expert en prospective)

 

Rien de fondamental ne pourra être résolu sans adhésion  à la complexité de la crise. Une crise, économique, sociétale, environnementale et culturelle. Une sorte de crise systémique où les transformations internes interagissent les unes sur les autres. Un des problèmes réside dans le fait qu’il n’existe pas de formation scientifique de type généraliste pour tenter de comprendre et d’expliquer les évolutions du système global dans lequel nous évoluons. D’une certaine façon au contraire,  nous assistons à un éclatement des connaissances qui certes s’approfondissent de façon spectaculaire mais de manière de plus en plus éclatée ; même si certaines découvertes d’un champ peuvent indiscutablement profiter à un autre. Ce qui est en cause, c’est  la nature des changements et aussi leur rythme. Jamais sans doute dans l’histoire humaine les transformations n’ont été aussi importantes et aussi rapides. Les changements ont été plus importants en quelques dizaines d’années que pendant des siècles et des millénaires, ils ont été encore plus rapides au cours de la dernière dizaine d’années. Les changements les plus médiatisées et les mieux connus du grand public concernent les domaines économiques et technologiques  avec leurs conséquences sociales. Les processus de production sont aujourd’hui complètement éclatés dans plusieurs pays qui se spécialisent sur un des éléments de la chaîne. Les grandes marques  se contentent  surtout du montage final voire  seulement du pilotage numérique de l’ensemble du système de production. C’est  valable d’abord évidemment pour l’industrie, mais cela affecte progressivement l’agriculture et surtout les services. Finalement,  le concept de nationalité d’un produit n’a plus beaucoup de sens. Le made in France par exemple est une fiction puisqu’il peut se limiter à l’apposition d’une étiquette ou d’un couverte pour que le produit importé devienne français. Il en est de même par exemple pour l’industrie automobile française  dans la plus grande partie vient de l’étranger. Cet éclatement est surtout le fruit de distorsions de concurrence relatives aux coûts sociaux, à la fiscalité et aux normes environnementales et sanitaires. La recomposition du produit final et sa distribution génèrent évidemment des gaspillages incalculables qui affectent l’environnement. Un simple yaourt peut nécessiter par exemple 1000 km de transport. On ne peut nier cependant certains aspects indiscutables du progrès matériel qui a permis à de plus en plus de populations de mieux se nourrir, se vêtir, s’instruire ,  se loger et vivre plus dignement. Par contre si le niveau moyen de satisfaction matérielle a augmenté, on ne peut contester l’augmentation des inégalités. Avec d’un côté des géants industriels, financiers ou des géants du numérique qui non seulement brassent  des milliards de profits   mais surtout imposent  une domination économique et culturelle. Dans l’agriculture,  l’industrialisation a permis de multiplier par 5 ou par 10 les rendements grâce à la mécanisation mais aussi à l’utilisation de cocktails chimiques dont  on ne pourra mesurer les effets sur la santé que dans des dizaines d’années par exemple concernant le développement des affections neurovégétatives ou des cancers. Concernant les inégalités,  il faut citer l’accès au logement de plus en plus difficile dans les grandes métropoles qui rejette dans les banlieues lointaines ou les zones rurales les catégories les moins favorisés. En France par exemple,  les couches moyennes sont progressivement chassées de Paris où il faut en moyenne 1 million d’euros pour un appartement à peu près décent. C’est un peu le même phénomène dans le monde entier ou dans des métropoles françaises de province. Les inégalités se développent aussi en matière de formation même si globalement les effectifs scolarisés augmentent et vont de plus en plus loin dans les études. Des études très approfondies pour certains ( notamment les écoles d’ingénieurs et certaines disciplines universitaires)  mais des études qui débouchent sur des diplômes fictifs pour d’autres condamnés à des emplois de faible qualification ou au chômage, un phénomène particulièrement français qui culturellement pointe l’apprentissage comme une sorte de tare sociale. D’un point de vue social, il n’est pas admissible que des pays développés comptent autant d’inégalités voire de pauvreté sans parler des gens dans la rue. Le domaine culturel est aussi affecté  avec d’un côté des productions de grande qualité mais de l’autre des productions de masse de type industriel faites  pour abêtir, endoctriner ou endormir. Pour s’en persuader, il suffit  d’analyser le contenu des 200 ou 300 chaînes de télévision disponibles en France. La complexité qui mériterait d’être bien davantage appropriée   crée une sorte de refuge vers  l’individualisme. Faute de réassurance identitaire, nombre de personnes se réfugient  dans le mirage d’un passé illusoire avec le fol espoir qu’il  prendra la place du  futur. Ce qui explique aussi les nouvelles résistances face aux flux migratoires considérés comme des facteurs anxiogènes économiques mais aussi culturels. Cela d’autant plus que les capacités d’intégration se sont considérablement affaiblies pour ne pas dire parfois écroulées dans certaines zones   D’où le développement de formes  de populisme et de nationalisme. Une sorte de reflexe  face à la peur des changements. Ceci étant, cela se nourrit aussi des dysfonctionnements et de l’anarchie des marchés et des flux  qui souffrent d’un manque évident de régulation non seulement à  l’échelle européenne mais mondiale. Les responsables chacun à leur échelle, tentent  bien de résoudre certains des effets de la crise mais ce sont le plus souvent des actes trop partiels et de court terme là ou il faudrait des orientations plus globales qui s’inscrivent dans le temps. De ce point de vue,  la démocratie en est sans doute encore au stade néandertalien concernant le mode d’élection et les conditions d’exercice du mandat. D’où l’insatisfaction générale et souvent partout dans le monde trop de contradictions entre les intentions affichées et les réalités pouvoir : De quoi nourrir un peu plus le populisme et l’incompréhension de la crise.

Comprendre la crise des prisons (Jean-Marie Delarue)

Comprendre la crise des prisons (Jean-Marie Delarue)

 L’ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, évoque dans un article du JDD les solutions possible pour résoudre la crise des prisons

 

« Il est aisé de prédire des événements réalisés. Admettons pourtant que la colère des surveillants pénitentiaires (peut-on arrêter de les baptiser « gardiens de prison »?) était aisément prévisible. Il y a des signes de retrait du travail qui ne trompent pas depuis plusieurs années, qui auraient dû préoccuper les responsables : peu de candidats aux concours de recrutement (avec la baisse de qualité corollaire) ; démissions nombreuses dans les premières années du métier ; et surtout, quotidiennement, absentéisme important (« maladies ») des surveillants de coursive, ceux qui s’occupent directement des personnes détenues. A cet égard, le conflit actuel a bien des traits communs avec le « soulèvement » spontané des fonctionnaires de police voici quelques mois. Cette colère n’a pas pour origine l’agression de la prison de Vendin-le-Vieil. Ses causes résident dans l’étouffement progressif de l’exercice du métier en raison du surpeuplement des maisons d’arrêt : il y devient impossible de pratiquer le dialogue, avec pour conséquence le développement des rapports de force ; il y faut renoncer à des missions que l’on sait indispensables, avec comme suite la frustration qui en résulte. Mais les causes résident aussi, dans tous les établissements, dans une hiérarchie trop souvent « omniabsente » dans les coursives de la détention ; dans l’anonymat complet qu’engendre le gigantisme des nouvelles prisons ; dans la difficulté à affirmer l’autorité face à des jeunes générations de prisonniers (et non pas seulement des terroristes) indociles, ignorantes des règles et intolérantes à la frustration ; dans l’absence de normes et l’accroissement des brutalités qui en résultent dans les relations entre surveillants et personnes détenues ; dans l’accroissement des tâches sans augmentation corrélative des effectifs ; dans le peu d’appétence – c’est une litote – pour les questions humaines et sociales du personnel d’une administration pénitentiaire opaque et jalouse, elle, de son autorité ; dans le « populisme » (puisque c’est ainsi qu’on le baptise) enfin, qui gagne en influence dans les métiers de la sécurité et pèse sur la conception que l’on se fait des choses et des gens.  Il appartient aux parties en présence dans le conflit, et non au signataire de ces lignes, de trouver en responsabilité une issue rapide. Faute de quoi, à la colère des surveillants se superposera celle des prisonniers, privés de leurs droits élémentaires (se soigner, voir leurs proches, rencontrer leur juge). On ne peut oublier qu’en tout état de cause surveillants et personnes détenues se retrouveront face à face : il vaut mieux dans l’intérêt de tous que ce soit aussi paisiblement que possible. Mais la crise sera positive si elle permet d’appréhender les difficultés à leurs vraies dimensions et de prendre les décisions courageuses génératrices de solutions durables. Non, la question sociale ne se résume pas au traitement des terroristes, mais le terrorisme est aussi une question sociale. Non, la violence carcérale n’est pas que le fait des djihadistes. Non, la sécurité développée sans frein au sein des prisons, comme on le fait depuis trente ans, ne peut suffire à y ramener le calme. Non, les hommages appuyés aux forces de sécurité ne peuvent remplacer une gestion intelligente de leur emploi. Il convient d’affronter l’opinion commune et de modifier une politique pénale qui remplit sans limites les prisons en multipliant les courtes peines et en allongeant les très longues peines. De développer et inventer des peines alternatives convaincantes. De limiter le recours croissant à la détention provisoire, responsable d’une grande part de la croissance actuelle du nombre de détenus. Il est indispensable d’aborder de front la question de la maladie mentale pour retirer de la prison tous ceux qui en souffrent. De renoncer absolument à la démesure des dimensions et des effectifs des prisons construites depuis trente ans et de ne plus mêler des « quartiers » à vocation différente dans un même établissement. Il est nécessaire d’instaurer des instances de dialogue entre administration et personnes détenues. De penser des politiques de prise en charge de ces dernières par le soin pour celles qui en ont besoin ; par le travail pour celles qui le veulent (la très grande majorité) ; la culture ; l’économie numérique (évidemment contrôlée). De responsabiliser l’administration pénitentiaire sur le devenir de ceux et celles qu’elle a hébergés. Il faut développer massivement la formation continue des surveillants et la prise en charge de leurs problèmes sociaux. Faire évoluer les règles de commandement et le rôle de l’encadrement pour mettre fin à la solitude de l’exécutant. Améliorer le cadre matériel du travail. On doit, enfin, répandre chez tous les acteurs professionnels comme dans l’opinion la conviction que, dans toutes les prisons du monde, la prise en charge par la confiance, le respect de la dignité des personnes et les initiatives qu’on leur permet de prendre est beaucoup plus efficace pour la tranquillité et l’ordre public que l’usage de mesures de sécurité toujours renforcées, d’obstacles au dialogue, de renforcement de la seule discipline et de la peur. »

Comprendre la radicalisation djihadiste, (Valls) … il serait temps !

Comprendre la radicalisation djihadiste, (Valls) … il serait temps

Manuel Valls change de logiciel à propos de la radicalisation, il serait temps car jusqu’à maintenant  il n’a pas compris grand-chose.  Le 25 novembre dernier, deux semaines après les attentats de Paris et Saint-Denis, le chef du gouvernement avait affirmé devant l’Assemblée nationale qu’expliquer de tels actes, c’était « déjà vouloir un peu excuser », une position qui lui avait valu de nombreuses critiques. Lundi, lors d’une réunion de « L’instance de dialogue avec l’islam de France » au ministère de l’Intérieur, Manuel Valls a expliqué qu’il fallait « d’abord et surtout combattre cette hyper-violence ». Mais il a ajouté : « C’est un phénomène complexe et protéiforme, et les sciences sociales ont bien sûr un rôle à jouer pour comprendre, analyser, décortiquer les mécanismes qui font que des individus basculent dans cette forme d’hyper-violence, de négation de l’autre, de nihilisme ». « C’est une idéologie de mort et nous n’avons jamais connu cela à cette échelle, en plus avec cette force liée à un conflit en Syrie et en Irak, la volonté de créer un Etat avec ses attributs », a-t-il ajouté. Une analyse un peu moins schématique que précédemment mais encore bien insuffisante dans la mesure où 2000 français environ sont officiellement impliqués dans le phénomène jihadiste. À cela il faut ajouter tous les individus fortement radicalisés et non n’encore repérés comme terroristes potentiels soit d’après les experts environ  5000 personnes. Des  chiffres évidemment relativement approximatifs tellement les services de renseignements sont débordés par l’ampleur de la tâche. En vérité c’est le déni de radicalisme qui a permis au phénomène jihadiste de prendre une telle dimension en France. Un radicalisme qui s’est surtout développé dans des quartiers sensibles ou la paix sociale a été achetée par l’État comme par les collectivités locales en échange d’une tolérance à l’égard du communautarisme radical. En fait  Manuel Valls découvre la situation seulement aujourd’hui et le dispositif anti terroriste décidé par le gouvernement est bien loin d’être à la hauteur de l’enjeu  « Mais nous savons qu’il y a aujourd’hui des milliers de jeunes, d’individus dans nos quartiers qui sont de près ou de loin séduits par cette radicalisation ». Une découverte un peu naïve et tardive de la part de Manuel Valls alors que  le processus est en cours depuis 20 à 30 ans.

L e FMI prône un Smic plus flexible, …comprendre plus bas

L e FMI prône un Smic plus flexible, …comprendre plus bas

Le FMI n’a pas honte de réclamer un SMIC plus bas ( plus flexible ») notamment  sa directrice Lagarde qui gagne 100 000 euros nets dimpôts par mois. Surtout que cette dernière n’a aucune formation et aucune compétence en matière d’économie et qu’elle n’a été nommée l qu’en récompense des services rendus à Sarkozy (l’affaire Tapie ?). L’avis du FMI risque de ne pas plaire à tout le monde. Le Fonds monétaire international s’est dit, ce jeudi 15 mai, favorable à une indexation « plus flexible » du Smic. Edward Gardner, chef d’une mission d’observation de la France au FMI, a jugé qu’en plus de s’orienter selon l’inflation et l’évolution du salaire moyen, l’évolution du Smic pourrait « peut-être aussi faire référence au chômage » des personnes les moins qualifiées, ainsi qu’à la « situation conjoncturelle ». Le Smic « est un choix qui a une valeur sociale que nous ne remettons pas en question », mais il « a aussi des effets d’exclusion sur le marché du travail », estime-t-il.  Dans un résumé de son rapport consacré à la France, le FMI juge que si le salaire minimum permet « d’assurer un niveau de vie suffisant aux travailleurs », il « pèse par ailleurs sur les créations d’emplois pour les travailleurs les moins productifs » et les plus touchés par le chômage. Le Fonds rejoint un débat déjà virulent en France sur le Smic, que le président du Medef, Pierre Gattaz, propose d’abaisser de manière temporaire pour les chômeurs de longue durée et les jeunes sans formation. Le Smic est actuellement de 1.118 euros net par mois. Il est revalorisé le 1er janvier de chaque année.

 

Règles du chômage « plus faciles à comprendre». Tu m’étonnes !

Règles du chômage « plus faciles à comprendre». Tu m’étonnes !

 

 

Pôle emploi qu’on aurait du nommer « pôle chômage » tellement cet organisme est incompétent affirme que les règles seront davantage compréhensibles. Il y a de la marge ! Comment en effet comprendre les règles d’indemnisation en particulier en activité réduite ? Comment comprendre les radiations ? Comment comprendre qu’on ne puisse rencontrer son conseiller emploi pendant des années ? Comment comprendre que pôle emploi n’offre que des petits boulots ? Exemple un cdi de 4 heures par semaine à 50 kms du domicile. « J’ai le sentiment que les nouvelles règles de l’activité réduite seront plus faciles à expliquer et à comprendre qu’elles ne l’étaient auparavant », a expliqué le directeur général de Pôle Emploi, Jean Bassères, vendredi 11 avril. L’activité réduite permet de conjuguer petits boulots et allocations chômage. Jean Bassères a dit avoir « le sentiment que l’accord (conclu le 22 mars entre trois syndicats et le patronat, ndlr) comporte des évolutions positives en termes de simplification », lors d’une rencontre avec l’association des journalistes de l’information sociale (Ajis).   Le directeur de Pôle Emploi s’est aussi réjoui que l’accord, qui prévoit une mise en place de la nouvelle réglementation à partir du 1er juillet, « permette d’envisager des dates d’application jusqu’au 1er octobre ». « Il y a nécessité d’adapter notre système informatique, mais c’est une obligation de second rang par rapport à celle d’informer les demandeurs d’emploi et de former 30.000 agents » à cette nouvelle réglementation qui prévoit notamment la mise en œuvre d’un système de « droits rechargeables » pour l’ensemble des chômeurs, a-t-il affirmé.  Interrogé sur l’impact de ces nouvelles règles sur les allocations versées à tort aux chômeurs (756 millions d’euros en 2013), Jean Bassères à dit « espérer » une amélioration grâce à la « simplification » des règles de cumul allocations-salaire, qui concerne la moitié des 2,2 millions de chômeurs indemnisés (sur un total de 3,3 millions de demandeurs d’emploi sans activité).   »Ce sont des indus (ou trop perçus) structurels, c’est le principe de l’activité réduite : vous déclarez chaque mois vos salaires pour qu’on ajuste votre indemnisation, s’il y a un décalage entre la déclaration et sa prise en compte, il y a mécaniquement un indu », a-t-il insisté, rappelant que Pôle Emploi en recouvrait « 500 millions ». Alors qu’on lui demandait si Pôle Emploi était dans le viseur de Bercy, qui doit trouver 50 milliards d’euros d’économie, Jean Bassères a répondu avoir fait « l’effort à Pôle Emploi ». Il a assuré avoir réalisé 15% d’économie sur son budget annuel, un effort qui a notamment permis à Pôle emploi de financer « 700 des 4.000″ renforts en CDI accordés ces deux dernières années par le gouvernement.

 




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