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Le déclinisme comme perspective de civilisation

Le déclinisme comme perspective de civilisation

La mouvance décliniste   se caractérise par des positions le plus souvent  réactionnaires et qui propose  notamment comme solution d’avenir le repli national sectaire et/ou  l’indifférence   à l’égard de ce qui se passe à l’extérieur de frontières  totalement grillagées. Ce mouvement décliniste  traverse à  peu près toutes les formations politiques ;  le FN bien sûr mais aussi une partie de la droite classique, tout autant que la gauche du PS, extrême-gauche comprise. Pour schématiser cette mouvance refuse l’ouverture au monde et propose d’ériger des murs infranchissables aux frontières de la France pour protéger les Français de tous les dangers et ainsi maintenir tous les « avantages acquis ».  Une sorte de futur orienté vers le passé,  sorte d’archaïsme politique qui propose un souverainisme obsolète afin d’exclure tout corps ou influence étrangère bref l’aspiration au paradis perdu. Une nostalgie du passé qu’entretiennent savamment quelques les intellos douteux à droite  comme Zemmour bien sûr, Finkielkraut, Buisson, Houellebecq mais aussi certains à gauche chez les frondeurs, surtout à l’extrême gauche comme Todd voire récemment Onfray. À gauche c’est surtout la condamnation du capitalisme et de l’impérialisme occidental qui conduit ses intellos à refuser  l’ouverture sur les autres, en tout cas à adopter une neutralité notamment  vis à vis notamment vis à vis des conflits inter nationaux. À droite, c’est le racisme et la peur du progrès  qui justifient  surtout le repli nationaliste. Malheureusement face à cette mouvance décliniste qui va triompher dans les urnes dans les prochaines années le mouvement progressiste peine à résister. La crise est en effet passée par là  et compte tenu des déficiences chroniques des Français en matière d’économie beaucoup tombent  dans le piège de l’isolationnisme. Il faut bien reconnaître que le mouvement progressiste tarde à faire émerger des leaders politiques crédibles et aussi   des intellos susceptibles d’éclairer les problématiques économiques, sociales, technologiques, environnementales et culturelles. Des dimensions aux interactions incontournables qui exigeraient un minimum de connaissances dans les différents domaines. Onfray par exemple qui parle de tout, sur tout et tout le temps déclare sans complexe qu’il  ne connaît rien à l’économie ce qui ne l’empêche pas de pérorer sur la nature de la crise globale  et sur les moyens d’en sortir. Bref une sorte  de cocktails de discours philosophique mélangé à des convictions gauchistes et à des propos de bistrot. Pas vraiment un discours   pertinent pour répondre  au simplisme mystificateur des déclinistes. La construction d’un discours cohérent n’est  cependant pas évidente  car il faut intégrer les mutations de nature systémique qui interviennent dans les champs socio-économiques, techniques, écologiques et sociétaux déjà  évoqués. Bref, comme Diogène, on cherche un homme, l’intellectuel généraliste  capable d’appréhender  la complexité de l’ensemble de ces champs. Il en existe sans doute mais pour  l’instant les lumières médiatiques préfèrent éclairer  les penseurs qui rêvent d’un avenir qui ressemble au passé.

BeIN : la chaine télé qui monte… comme son déficit !

BeIN : la chaine télé  qui monte… comme son déficit !

 

Guerre d’audience et la guerre du fric entre Canal+ qui ne cesse de perdre des abonnés. La chaine  BeIN qui  gagne des abonnés mais perd de l’argent (comme Canal+ encore qu’il faudrait clarifier les rapports financiers entre CANALSAT et Canal+).  Du coup financièrement les deux chaînes sont dans le rouge et condamnées  à collaborer. Malheureusement l’autorité de régulation de l’audiovisuel a refusé l’accord d’exclusivité entre ces deux chaînes en raison de son caractère trop monopolistique. Du coup il faudra trouver un accord qui permet une plus grande concurrence en matière de sport. Faute de cela l’avenir de Canal+ pourrait bien être fortement menacé d’autant que parallèlement Bolloré a repris la ligne éditoriale en main ce qui a fait chuter encore l’audience (environ 20 dirigeants sur 25 de Canal  plus ont été virés plus nombre danimateurs vedettes). Pour compliquer la situation les matchs les plus regardés au monde ceux du foot anglais ont été achetés à prix d’or par le groupe Altice qui les revendra sans doute mais à quel prix !   La filiale d’Al-Jazira, lancée en juin 2012, juste avant… l’Euro : elle affiche aujourd’hui plus de 2,8 millions d’abonnés. En face, le groupe Canal+ cumule 5,7 millions d’abonnés à la chaîne cryptée et au bouquet Canalsat en France métropolitaine, à un prix mensuel trois fois supérieur. Mais les abonnés s’échappent : 250 000 manquent à l’appel fin 2015, et 400 000 auront encore disparu fin 2016, selon Vincent Bolloré, le patron de Vivendi, propriétaire de Canal+. La chaîne qatarienne vagissante s’est muée en un temps record en un colosse empêcheur de tourner en rond. La terre tremble pour les amateurs de football qui ne voient plus le PSG sur Canal+ à l’occasion de la Ligue des champions. Exemple : beIN a diffusé douze des seize huitièmes de finale en 2016 (dont deux matchs du PSG) ; et six des huit quarts de finale (dont encore les deux matchs du PSG contre Manchester City). Ce renversement entre les deux chaînes cryptées est le parfait symbole des nouveaux droits, décrochés à coup d’enchères stratosphériques, tous pétrodollars dehors : du football, du tennis, du rugby, du basket, du handball, de la boxe, de la natation, du cyclisme, des sports mécaniques (voir la chronologie ci-contre)… Très tôt, dans Le Monde du 7 mars 2012, l’ancien patron de Canal+ Bertrand Meheut avait dénoncé la concurrence« déstabilisante » du Qatar, un Etat aux « ressources illimitées »pratiquant « une politique de surenchère ». Les prix explosent en effet. Exemple le plus récent : pour conserver le Top 14 de rugby, Canal+ s’est fendue de 97 millions d’euros par saison pour la période 2019-2023, contre 74 millions d’euros pour la période en cours (2014-2019) et… 31,7 millions seulement durant les quatre années précédentes. L’Euro 2016 s’est négocié à 110 millions d’euros, et la Ligue des champions aurait obtenu 144 millions annuels, en hausse de 30 %. Quant aux matchs de la Ligue 1 et de la Ligue 2, ils se sont arrachés à 748 millions d’euros par an sur la période 2016-2020.  Le groupe Altice de Patrick Drahi s’est jeté sur les droits pour la France des matchs très convoités de la Premier League anglaise. Car les droits du sport s’envolent partout dans le monde. « Le football anglais atteint 2,3 milliards d’euros en droits domestiques, et ce n’est pas du fait de beIN Sports », rappelle Vincent Chaudel, l’expert sport du cabinet de consultants Kurt Salmon. L’Allemagne et l’Italie connaissent la même inflation.

(Avec Reuters)

Réconcilier « deux France »(Montebourg) …comme Macron !

Réconcilier « deux France »(Montebourg) …comme Macron !

 

 

 

D’une certaine manière Montebourg tente de marcher dans les pas de Macron en affirmant qu’il veut réconcilier les deux France celle qui perd et celles qui gagnent. Finalement comme Macron qui  déclare « ni droite, ni gauche » pour la modernité pour la modernité. Montebourg a sans doute pris conscience de l’impact médiatique de la démarche de macro, qui incarne à la fois la jeunesse et la modernité. Seul détail Montebourg s’affirme clairement de gauche, en tout cas nettement plus nettement que Macron. Pour le reste Montebourg demeure relativement flou quant à ses orientations, Il annonce seulement qu’il « proposera dans les mois qui viennent de construire un grand projet alternatif pour la France ». Il s’est adressé aux « économistes, aux entrepreneurs et aux syndicalistes, (…) aux citoyens engagés et tout simplement aux Français qui souhaitent peser sur le destin de notre nation et de notre continent ». Des propos déjà entendus et qui ne brille pas par leurs originalités. Montebourg parle de projet alternatif mais sans grande indication sur son contenu. Ce « projet alternatif » vise à réconcilier « les deux France: la France qui va bien et la France qui va mal ». « Chacune de ces deux France devra être entendue, mais aucune des deux ne devra éviter des concessions à l’autre. Il s’agit de construire des compromis gagnants pour tous (…) Ce projet devra s’inspirer de certaines valeurs. Il ne niera certainement pas ce que nous sommes, nous qui sommes des hommes et des femmes de gauche », a-t-il déclaré. Arnaud Montebourg s’est également amusé à attaquer le gouvernement de Manuel Valls en rappelant ce qu’est « être de gauche ». « Etre de gauche », c’est « considérer que le pouvoir politique doit être parfois supérieur au pouvoir économique, (…) être de gauche, c’est avoir à cœur de défendre sans relâche nos libertés ».z sur ses orientations Montebourg l’est aussi sur sa candidature. Ceux qui attendaient une déclaration de candidature ont été pour leurs frais, Arnaud Montebourg n’a rien dit de tel. Il n’empêche, l’ancien trublion des gouvernements de Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls s’est une nouvelle fois démarqué de la ligne politique de François Hollande. Mais, le Président de la République n’ayant toujours pas annoncé officiellement son intention de se présenter à sa succession en 2017, Arnaud Montebourg ne peut pas se déclarer officiellement candidat sans prendre le risque d’être accusé de diviser le parti. Toutefois, le 8 mai dernier sur France 2, Arnaud Montebourg a ainsi déclaré qu’il serait attentif « s’il y a des responsabilités à prendre », tout en estimant que « le moment n’était pas venu ».

 

(Avec avec Reuters et AFP)

Valls à Macron : « Tu finiras comme Montebourg ! »

Valls à Macron : « Tu finiras comme Montebourg ! »

On se doutait évidemment que les relations entre Hollande, Valls et Macron  étaient  de plus en plus délétères en raison d’une part de la descente aux enfers en matière de popularité pour Valls et Hollande alors que Macon incarne de plus en plus la modernité et s’envole dans les sondages. Les oppositions sont telles que l’hypothèse d’un départ de Macon du gouvernement n’est pas à exclure. Manuel Valls aurait même menacé Macron en lui promettant le sir de Montebourg. Bref une ambiance quasi idyllique au sein du gouvernement ! Un problème toutefois si Macron devait être exclu du gouvernement ou s’il devait partir de lui-même ce serait un coup supplémentaire porté à la popularité du gouvernement et de Hollande. Il est clair que cette guerre entre Valls et Hollande Macon va encore se poursuivre car l’enjeu c’est la succession de Hollande soit en 2017, soit en 2022 Manuel Valls ne semble donc pas cacher son agacement vis-à-vis d’Emmanuel Macron, qui ne cesse de s’attirer les lumières des projecteurs avec son nouveau mouvement politique « En marche » et ses nombreuses prises de parole qui ont le don d’agacer la gauche. Selon Le Canard Enchaîné du mercredi 4 mai, le Premier ministre aurait sérieusement averti son ministre de l’Économie en lui assénant la semaine passée : « Tu finiras comme Montebourg, si tu continues comme ça !«  C’est le pensionnaire de Bercy qui aurait lui-même rapporté cette pique auprès de son entourage.  Avec cette phrase lourde de sens, Manuel Valls semble laisser entendre qu’il pourrait bien finir par évincer Emmanuel Macron du gouvernement. Il suivrait alors la voie d’Arnaud Montebourg qui, après avoir publiquement désavoué la politique de l’exécutif, avait été écarté de son poste au ministère de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique en août 2014.  Pour ne pas en arriver là, le Premier ministre aimerait donc que son jeune ministre se fasse plus discret. « Il faudrait qu’Emmanuel (Macron) s’occupe davantage de ses dossiers. Il en a beaucoup à régler, comme EDF, Areva ou les télécoms. Il a de quoi faire », aurait d’ailleurs aussi lancé le locataire de Matignon à des visiteurs.

 

(RTL)

Salaire patron : comme les joueurs de foot ?

 

Salaire patron : comme les joueurs de foot ?

 

Curieuse cette déclaration du patron de PSA qui d’une certaine manière se considère un peu comme un mercenaire ou encore comme un joueur de foot ;  ce qui d’une certaine manière légitime les hauts salaires et les augmentations accordées aux patrons. On pourrait faire observer que les sportifs ont une carrière relativement courte, que cela peut justifier des rémunérations substantielles. Mais des rémunérations quand même condamnables, trop excessives quand elles approchent ou dépassent 1 million par mois. Excessive car elle résulte de la folie des dirigeants qui par ailleurs sont responsables de situations financières le plus souvent catastrophique des clubs. En outre qui font payer aux spectateurs un prix d’accès au stade difficilement abordable pour le supporter moyen. Pour les patrons d’entreprises outre le montant c’est surtout le taux de progression qui est scandaleux au moment légitimement des efforts sont demandées aux salariés à fin de redresser la compétitivité de l’économie française. Les salariés font des efforts mais ce sont essentiellement les patrons et les actionnaires qui en profitent ;  d’un certain point de vue, on peut considérer que l’attitude des patrons ne brille pas le sens de  l’humilité et de la responsabilité. Pas étonnant non plus s’il est aussi difficile de gérer la négociation des relations sociales en France. Tout est fait pour la rendre inopérante soit avec l’excès des positions gauchistes de certains syndicats, soit avec l’excès des revenus des patrons. En pleine polémique sur la rémunération des chefs d’entreprises, le patron du groupe PSA a été entendu à l’Assemblée nationale. Sa rémunération a doublé l’an dernier pour dépasser les 5 millions d’euros (5,24 millions d’euros pour 2015, selon PSA. contre 2,75 en 2014). L’assemblée générale des actionnaires du groupe a ainsi validé, il y a une semaine, à 76,53%, cette hausse de salaire, malgré un vote négatif de l’État, actionnaire minoritaire du constructeur automobile.

Pas de fermeture de Fessenheim (Sarkozy)….comme Hollande !

Pas de fermeture de Fessenheim (Sarkozy)….comme Hollande !

 

Dans une interview au JDD Sarkozy affirme que s’il était élu en 2017 il ne fermera pas la centrale nucléaire de Fessenheim comme le prévoit la loi de transition énergie qui vise à ramener la part de 75 % à 50 % pour la production d’électricité en 2025. De son côté François Hollande a déclaré que « certaines centrales nucléaires seront fermées ». Une divergence de fond qui n’est en réalité qu’apparente. Pendant sa campagne électorale François Hollande avait promis de fermer Fessenheim mais il est vraisemblable que cette centrale ne sera pas fermée avant la fin du mandat de l’actuel président de la république. En effet d’après Ségolène Royal elle-même la fermeture de Fessenheim ne sera possible après la mise en service de la nouvelle centrale de Flamanville. Or cette centrale enregistre retard sur retard et son ouverture est prévue avant fin 2018 voire en 2020. Du coup l’orientation de François Hollande concernant la fin de certaines centrales paraît relativement virtuelle. Il est en effet vraisemblable que la prochaine majorité vraisemblablement de droite  ne fermera aucune centrale. Une annonce de Hollande un peu contradictoire avec la décision d’autoriser le prolongement de 10 ans de la  vie des centrales décidé par Ségolène Royal. Du coup Hollande sort  avec une pirouette pour équilibrer ce propos en indiquant que certaines seront maintenues, d’autres prolongées. On voit mal comment la loi sur la transition énergétique qui prévoit de ramener la part du nucléaire à 50 % pour la production d’électricité en 2025 (75 % aujourd’hui).Au mieux les parts cumulées de l’éolien et du solaire atteindraient 10% en 2025, il y aurait donc autour de 65% d’origine nucléaire. « La transition énergétique, c’est un changement de modèle. »François Hollande avait prononcé cette phrase il y a quatre ans, il l’a répété lundi à l’ouverture de la quatrième conférence environnementale.  »Tous les textes d’application (de la loi sur la transition énergétique promulguée en août 2015) seront pris d’ici l’été », a-t-il assuré au premier jour de ce rendez-vous annuel qu’il a institué entre ONG, élus, patronat, syndicats et le gouvernement. Mais près des trois quarts des décrets d’application sont encore en attente. « La politique énergétique de la France a été fixée par cette loi », a rappelé le président, alors que la publication d’un document détaillant l’évolution des différentes énergies, notamment nucléaire, jusqu’en 2023 a été plusieurs fois reportée. Plusieurs objectifs ont été inscrits dans cette loi : réduction de la consommation d’énergie et des émissions de gaz à effet de serre, baisse de la part des énergies fossiles et nucléaire. « Pour atteindre à l’horizon 2025 les 50% (d’électricité d’origine nucléaire, contre 75% aujourd’hui), ce que nous devons faire en termes de renouvelables puis de nucléaire sera présenté », a-t-il assuré, en confirmant la date butoir du 1er juillet pour la publication de la très attendue « programmation pluriannuelle de l’énergie ».  »Cela suppose de faire d’abord monter les renouvelables encore plus rapidement », a-t-il ajouté. Auparavant, Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement et de l’Energie, avait, elle aussi,  mis l’accent sur les énergies renouvelables. Les objectifs de la France pour 2023 feront l’objet d’un arrêté mercredi qui « va donner de la visibilité aux investisseurs », a-t-elle déclaré. Pour la production d’électricité, le parc éolien terrestre doit doubler et le parc solaire photovoltaïque tripler. Quant à la production de chaleur, la part des renouvelables (bois, biomasse, géothermie, etc.) devra augmenter de plus de 50%. Ceci étend la part du nucléaire dans la production d’électricité passante demeurée autour de 60 % d’ici 2025

Déchéance de nationalité :le bal des faux-culs à gauche comme à droite

Déchéance de nationalité :le  bal des faux-culs à gauche comme à droite

 

 

D’une certaine manière la tendance générale à gauche comme à droite concernant la déchéance de nationalité a consisté à approuver l’orientation mais en l’assortissant de réserves telles que cela revenait à en critiquer le principe même. Difficile de s’y retrouver dans l’auberge espagnole des réflexions « philosophiques » des principaux leaders. À droite on trouve ceux qui approuvaient  mais qui pensaient qu’il fallait compléter la mesure, d’autres qui estimaient qu’il n’était pas nécessaire pour autant de modifier la constitution, d’autres encore qui étaient  prêts à voter la modification constitutionnelle avec des interrogations sur son efficacité. À gauche bien sûr il y a les bobos et les indignés permanents gardiens du temple des dogmes, aussi toute cette vieille gauche, anciens marxistes reconvertis au PS pour faciliter leur carrière politique.  La démonstration évidente de l’énorme décalage qui peut exister entre des élites embourgeoisées d’autant plus fermes sur le terrain des valeurs qu’ils sont éloignés des réalités sociales et sociétales. Pour résumer le clergé politique est pour la préservation de la théologie de l’immobilisme contre l’envie de mouvement régalien exprimé par l’opinion publique. À tout cela s’ajoute les discussions byzantines des juristes sophistes qui ne cessent de relire la Bible juridique républicaine. Certes on pourra légitimement objecter que Hollande voulait en même temps réaliser un coup politique en mettant la droite en porte-à-faux. De la même manière on peut argumenter sur le fait que cette mesure (comme d’ailleurs l’inscription de l’état d’urgence dans la constitution) serait  bien insuffisante pour lutter à elle seule contre le terrorisme. Reste que l’opinion publique est favorable à ce symbole qui correspond à une nette revalorisation du rôle régalien de l’État. Un symbole qui nécessairement aurait dû inspirer une politique beaucoup plus opérationnelle et plus volontariste pour affronter  le terrorisme.

Terrorisme : Dati comme Bachelot reconvertie dans le journalisme :

Terrorisme : Dati comme Bachelot reconvertie  dans le journalisme :

Rachida Dati, la mondaine, envisage peut-être de se reconvertir comme Bachelot dans le journalisme. La preuve supplémentaire que les responsables politiques sont plus à l’aise dans le commentaire que dans l’action. Elle a  sans doute oublié qu’elle avait été ministre de la justice pendant le mandat de Sarkozy. Certains  commentaires ne sont sans doute pas sans pertinence mais on attend de la politique autre chose que des bavardages évidents. En outre et peut-être surtout le déni d’intégrisme n’est pas le seul fait du gouvernement actuel mais qu’il est pratiqué depuis une trentaine d’années. (Interview JDD)

Existe-t-il un Molenbeek français?
Partout en France, il existe des terreaux et des territoires favorables à la radicalisation. Aujourd’hui, nous sommes dans la réaction, comme tétanisés par la crainte du prochain attentat. Alors que nous devrions comprendre ce processus de radicalisation qui conduit à la barbarie, pour le prévenir et l’empêcher. ­Manuel Valls a fait une faute en déclarant qu’il ne fallait pas « comprendre car ce serait excuser »! C’est exactement ce que veulent ces terroristes : que nous ne comprenions pas ces processus criminels pour qu’ils nous terrorisent à leur guise. Il faut aussi accepter d’entendre que le terreau de cette radicalisation est en partie dû à une aggravation des inégalités, notamment à l’école, à un nombre croissant de jeunes sans formation et sans qualification perdus dans la nature. Pendant des années, on a glorifié le plan Borloo de rénovation urbaine à coups de milliards d’euros avec l’efficacité mitigée que l’on connaît : des ghettos avec leurs propres règles et des communautarismes. On a repeint et rénové les immeubles en y remettant dans les mêmes lieux les mêmes populations en difficulté. Valérie Pécresse a raison de ne plus vouloir de constructions de logements très sociaux dans des quartiers qui en sont déjà « surdotés ». On a aussi fermé les yeux sur ce qui se passait dans ces ghettos par facilité ou par cynisme. Nous devons cesser l’angélisme.

 

La droite n’est-elle pas encore, sur ce terrain, dans une logique du tout répressif?
Comme je vous l’ai dit, nous sommes dans la réaction. Et la réaction à des attentats de masse est d’abord sécuritaire. Mais nous devons agir dans la durée en mettant en œuvre une politique publique de détection de la radicalisation, de déradicalisation et d’intégration de tous ces jeunes qui sont français. Cessons de déléguer cette mission de service public aussi fondamentale pour notre cohésion à des associations non contrôlées, à des imams autoproclamés et à des experts improvisés, sans parler de l’influence dangereuse d’organisations financées par certains pays du Golfe! Nous le payons très cher aujourd’hui. Cette politique doit être une politique d’Etat incarnée par une autorité d’Etat. On a trouvé 8 milliards pour sauver les banques en 2008, ne peut-on pas trouver quelques millions pour sauver durablement notre jeunesse, préserver notre sécurité et notre cohésion? C’est une cause nationale. Oui le monde a changé, oui l’économie s’ubérise, mais le plus grave est cette ubérisation du terrorisme. Ce sont des sujets sur lesquels nous avions travaillé avec Nicolas Sarkozy avant 2007. Nous étions conscients des enjeux, de l’échec de l’intégration et des dangers du communautarisme.

 

2017 : Lasalle (MoDem) comme Menigon (lutte ouvrière), aussi candidat … comme ma concierge !

2017 : Lasalle (MoDem) comme Menigon  (lutte ouvrière), aussi candidat … comme ma concierge !

Et de deux pour les candidats du MoDem ; il y a bien sûr l’inusable François Bayrou mais aussi maintenant le sympathique et iconoclaste Jean Lassalle. Celui qui parcourt les routes de France à pied pour savoir ce qui se passe dans le pays. Sympathique mais un peu cucul. D’autres candidats encore, celui de lutte ouvrière à travers sa responsable. Si l’on compte tous les candidats à la primaire de la droite plus ceux  envisagent  de se présenter on doit bien parvenir à 25 ou 30 candidats. Bref ce n’est plus une élection présidentielle mais une sorte d’éliminatoire type « the Voice ». On espère aussi que l’inoxydable fonctionnaire qui s’ennuie, à savoir Cheminade, se présentera encore pour obtenir au moins 0,5 %. Même ma  concierge s’interroge !   On savait que le tonitruant député Jean Lassalle se détachait peu à peu du Mouvement démocrate pour construire une candidature à l’élection présidentielle de 2017. Dimanche, la rupture avec la formation de François Bayrou a été explicitée: «La démarche que j’engage est non partisane. Maintenant, je dois le dire clairement: je me mets en congé du MoDem», annonce Jean Lassalle à Marianne. Le 2 mars dernier, LeFigaro.fr révélait les ambitions élyséennes du député béarnais, connu pour sa grève de la faim en 2006 et sa grande marche à travers le pays en 2013. «Je veux participer à mon niveau à l’animation d’une campagne présidentielle qui doit être d’un autre type», nous expliquait-il. Ajoutant: «On est à un moment tourmenté de notre histoire où les gens nous demandent de changer des têtes». Auprès de nos confrères, il confirme: «Je pose un acte et si je sens qu’il trouve un écho, je l’incarnerai et je serai candidat à la magistrature suprême».

 

 

 

Myriam El Khomri : comme un malaise !

Myriam El Khomri : comme un malaise !

Malaise, grosse fatigue, déprime, accident domestique difficile de savoir quelle est la nature de la pathologie exacte qui a contraint la ministre du travail à s’arrêter pendant une journée et à éviter ainsi l’épreuve de la télé prévue sur France 2mardi.  De toute évidence il s’agit d’un malaise mais d’un malaise de nature politique. Il se révèle de plus en plus que la jeune ministre est  prise entre de nombreuses pressions contradictoires qu’elle est incapable d’affronter et de maîtriser. La faute sans doute à François M Hollande qui a commis une grave erreur de casting. Être jeune, femme, d’origine immigrée ne suffit pas pour gérer une problématique aussi complexe que celle du chômage. D’autant plus que l’intéressée n’a aucune expérience ni dans la production ni comme parlementaire. Depuis maintenant plus d’une semaine Manuel Valls la même privée de parole en confisquant l’expression gouvernementale à son profit. Une maladie qui tombe bien, Manuel Valls ne souhaitait  pas que Myriam Khomri vienne s’exprimer sur un dossier qu’il veut totalement maîtriser. Manuel Valls veut continuer de garder la haute main sur l’évolution du projet de loi et sur d’éventuelles améliorations qui pourraient être acceptées.  D’une certaine façon la ministre du travail est réduite au silence ;  pour preuve le fait que Manuel Valls ait déclaré lui-même le report du débat de 15 jours sur cette loi. D’une certaine façon la ministre du travail à la fois peu expérimentée et peu compétente se trouve écartelé entre les exigences de Valls qui se veut intraitable sur le sujet et le souhait de Hollande d’introduire davantage de souplesse et d’équilibre dans la gestion de la loi en cause. On assiste donc à une nette crispation au sein même du gouvernement. Des ministres comme Ségolène Royal, Jean-Marc Ayrault ou même Emmanuel Macron avait fait savoir la semaine passée qu’ il convenait de faire preuve de davantage de concertation et d’esprit d’ouverture ;  sans doute aussi pour préparer le terrain à François Hollande qui a imposé à Manuel Valls-mais non sans mal – d’ouvrir la concertation et de reculer le débat d’au moins 15 jours. Pour éviter les éventuels dérapages quant à la nature de cette concertation,  Valls punit donc sa ministre du travail en lui interdisant de s’exprimer à la télé. Au lendemain de l’annonce du report de son très controversé loi sur le TravailMyriam El Khomri était très attendue ce mardi matin sur le plateau de France 2. Mais la ministre du Travail a finalement annulé sa venue à la dernière minute. De la même manière les rendez-vous de la ministre du travail avec des partenaires sociaux ont également été annulés. Ils se dérouleront chez Manuel Valls en présence des Manuel Macon et de Myriam el Khomri

Crise agricole : l’agroécologie comme perspective (François Houllier, PDG de l’Inra)

Crise agricole : l’agroécologie comme perspective  (François Houllier, PDG de l’Inra , Institut national de la recherche agronomique).

 

L’agroécologie vise à “produire autrement”, d’une manière qui soit à la fois performante économiquement, environnementalement et socialement, en s’appuyant autant que possible sur les mécanismes naturels, concernant notamment la vie des sols. Le défi est de rompre avec certains excès des modes d’agriculture antérieurs tout en répondant aux besoins qui sont considérables, tant en quantité qu’en qualité. L’agriculture doit être en effet capable de produire plus de nourritures et de biomasses, parce qu’il y a à la fois plus de monde à nourrir et plus de débouchés à fournir (chimie, substituts au carbone). L’agroécologie ambitionne de produire mieux en utilisant moins d’intrants chimiques, moins d’antibiotiques pour l’élevage, moins d’engrais et de pesticides et plus de systèmes verts. L’agroécologie a aussi une dimension sociale, tant il est vrai que l’agriculture est un métier difficile où on ne compte pas son temps. Elle a pour objectif d’atteindre simultanément toutes ces formes de performance. La dimension écologique est primordiale en préconisant une agriculture plus proche de fonctionnement naturel.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, l’enjeu était d’assurer la sécurité alimentaire nationale avec comme mot d’ordre l’autosuffisance, et comme impératif d’accroître les rendements. Cette agriculture reposait sur un modèle familial organisé autour d’un chef d’exploitation, avec éventuellement deux frères formant un GAEC [Groupement agricole d’exploitation en commun], sur des surfaces autour d’une cinquantaine d’hectares, une taille n’ayant rien à voir avec le modèle d’élevage à l’échelle industrielle pratiqué en Australie ou en Amérique du Nord. Parallèlement, l’agriculture s’est intensifiée avec l’utilisation croissante d’intrants chimiques, de produits phytosanitaires, d’engrais et le recours à la génétique des plantes. C’est ainsi que le rendement du blé en France a été multiplié par cinq entre les années 50 et aujourd’hui. Une fois l’autosuffisance atteinte, l’objectif a été dans les années 70 et 80 une “agro-alimentation” visant la transformation des produits agricoles grâce à des industries agroalimentaires visant une valeur ajoutée. Un objectif couplé avec celui de l’exportation.

Puis petit à petit, dans le courant des années 90, les questions liées à l’environnement ont commencé à émerger, la politique agricole commune (PAC) commençant même à se verdir. C’est l’époque où des surfaces ont même été mises en jachère pour réguler les stocks et les excédents. Au début des années 2000, le thème du développement durable a surgi – un peu moins en France qu’ailleurs –, annonciateur du thème de l’agroécologie autour duquel s’opère aujourd’hui une sorte de cristallisation. Parallèlement, la crise alimentaire en 2008-2009, qui a été l’une des raisons des révolutions dans le monde arabe, a fait revenir brutalement sur le devant le thème de la sécurité alimentaire à l’échelle du monde à l’horizon 2025. Face à la demande étrangère – les pays d’Afrique du Nord vont être dépendants à 50 % des importations pour leur nourriture –, imaginer que l’agriculture française ne produirait que pour la France est tout simplement inconcevable. Cela relève aussi d’une forme de solidarité.

On doit comprendre la question de l’intensité de notre agriculture par rapport à nos besoins propres, mais aussi par rapport aux besoins du monde. Et si l’on peut imaginer préférable de relocaliser les activités agricoles au plus près des consommateurs, il y a néanmoins dans le monde des zones structurellement et durablement déficitaires, et d’autres structurellement et durablement excédentaires. Et il faut les faire se rencontrer. Tous les produits n’ont certes pas une vocation exportatrice, et il y a des produits dont on peut avoir besoin, y compris pour assurer une forme de souveraineté, par exemple sur les protéines. Le “produire autrement”, “plus et mieux” donne précisément les moyens de concilier tous les tenants de la problématique

La problématique des sols, support essentiel de l’agriculture, est cruciale. L’usage de produits de synthèse et la simplification des systèmes de culture ont amené à une perte de biodiversité des sols. La biodiversité n’a pas une vertu en soi, mais il se trouve qu’elle a aussi un intérêt pour la production dans le moyen et long terme. Or en matière de connaissance des sols, nous sommes en pleine révolution scientifique, à l’instar des progrès que l’on fait dans la connaissance des micro-organismes de notre tube digestif. L’utilisation intensive des sols fait perdre à ces derniers de la matière organique, se traduisant d’une part par une perte de fertilité, et d’autre part par des émissions croissantes de gaz à effet de serre, notamment de CO2. Or la question est désormais posée : les sols ne peuvent-ils pas être un lieu de stockage du carbone plutôt que d’émission ? Un enjeu décisif à l’heure de la COP 21 et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le deuxième enjeu est de continuer l’amélioration génétique pour pouvoir maintenir des rendements dans un contexte climatique qui évolue, voire pour les accroître dans les régions du monde où ils sont trop faibles. Il s’agit aussi d’obtenir des variétés plus efficaces ayant de bonnes propriétés, notamment des teneurs élevées en protéines pour le blé par exemple. Une révolution scientifique est en cours, notamment en génomie des plantes, permettant d’accélérer la création de nouvelles variétés sans faire appel nécessairement à des biotechnologies de rupture – qui ne sont pas acceptées par la société – mais en jouant de l’effet de levier biotechnologique. Troisième enjeu d’ordre sanitaire, la prophylaxie des maladies et des parasites émergents ou ré-émergents, avec un effort mis en particulier sur leur détection précoce grâce aux outils moléculaires. Réduire le recours aux produits phytopharmaceutiques et aux pesticides passe par le recours à plus de molécules naturelles et ce que l’on appelle la “lutte” biologique.

Ce que l’on observe sur le blé est instructif. Après des hausses de rendement spectaculaires, jusqu’a +20 % en rythme annuel, on observe depuis le milieu des années 90 une stagnation de ces rendements. Les progrès génétiques continuent, mais ces progrès sont pour moitié effacés par des événements liés au changement climatique et pour l’autre moitié par un changement de pratiques agricoles, comme par exemple la simplification des rotations des cultures. À force de faire du blé sans mettre par exemple des légumineuses capables de fixer l’azote de l’air, les sols se sont appauvris… Or le blé est un produit emblématique du “produire plus et mieux”. Comment fabriquer en quantité un blé ayant une teneur en protéines plus élevée tout en utilisant moins d’engrais ? La réponse tient en partie dans la rotation des cultures qui est une composante du “produire autrement”.

Cette idée de rotation est essentielle en agroécologie. En diversifiant les cultures, par exemple en alternant le blé avec des protéagineux, les besoins en engrais chimiques ou de synthèse diminuent, et les émissions de gaz à effet de serre reculent, ce qui est du point de vue environnemental bénéfique. Et du point de vue économique aussi. Mais encore faut-il trouver un débouché pour les protéagineux, que ce soit en alimentation animale ou humaine. Or les protéagineux ont eu tendance à diminuer dans les assolements parce que leur production n’a pas été assez soutenue, notamment par la PAC. Un contresens, alors qu’il faut au contraire les valoriser.

Les productions animales connaissent une situation particulière. La consommation est stable ou en décroissance en Europe, mais elle croît dans le monde. D’où inévitablement la question posée des débouchés, qui sont à l’exportation. Le secteur de l’élevage vit une crise conjoncturelle sur un fond de problèmes structurels de compétitivité. Dans ce contexte, quid des objectifs de type agroécologie ? 18 % des émissions de gaz à effet de serre viennent de l’agriculture, et principalement du monde animal. La prise de conscience de cette réalité est en train de s’opérer chez les éleveurs qui sont prêts à emboîter le pas, pour peu que l’on propose des solutions pour être plus économes en production de gaz.

Deuxième problématique : remettre plus d’herbes dans les élevages, sachant que les élevages adossés à des prairies ont de meilleurs bilans environnementaux, mais aussi économiques, car moins dépendants des variations de coût de l’alimentation animale. La bonne réponse en termes agroécologiques est de recoupler la culture ou la prairie avec l’élevage. La spécialisation dans le temps n’est pas une bonne pratique en termes de durabilité environnementale. Cette problématique du recouplage, que l’on appelle parfois le bouclage du cycle, relève de l’agroécologie.

 

(Interview dans le Nouvel Economiste)

Croissance mondiale 2016 : comme en 2015 et encore !

Croissance mondiale 2016 : comme en  2015 et encore !

 

 

Selon l’OCDE, La croissance mondiale aura peut-être du mal à atteindre celui  de 2015, qui était déjà le plus faible des cinq dernières années.  « Avec 3 % de croissance en 2016 ou 3,4 % en 2017, cela ne permet pas aux jeunes de trouver un emploi, aux retraités de percevoir l’intégralité de leur pension et aux investisseurs d’avoir des retours sur investissement suffisants », analyse Catherine Mann, chef économiste de l’OCDE. . L’absence d’accélération de l’activité se voit dans la faiblesse du commerce et dans la dégringolade des prix des matières premières. La contraction des importations en provenance de Chine et d’autres grands émergents ont pesé sur les exportations des pays avancés et ralenti d’un demi-point, en 2015, la progression du PIB de la zone OCDE. La faiblesse de la demande est, de l’avis de l’institution, un des facteurs principaux des bas prix des matières premières, pétrole en tête. La reprise dans la zone euro reste des plus laborieuses. La croissance a été révisée de 0,4 point en moyenne à + 1,4 % en 2016 et de 0,2 point à + 1,7 % en 2017. Les ajustements les plus forts, cette année, concernent l’Allemagne et l’Italie, qui ont perdu chacune un demi-point de croissance, à respectivement + 1,3 % et + 0,9 %. La France afficherait : + 1,2 % en 2016 et + 1,5 % en 2017, soit une baisse limitée à 0,1 point dans les deux cas. Dans l’ensemble de la zone euro, l’investissement est faiblard et le chômage élevé, deux points au-dessus de sa moyenne d’avant-crise. Les premiers indicateurs de début d’année  ne sont pas réjouissants.  Comme dans toutes les autres zones mondiales, la croissance stage aussi en zone euro en février. Du coup la reprise économique du premier trimestre subira vraisemblablement un ralentissement. Pour la France il s’agit même d’une contraction en février. Les résultats préliminaires de l’enquête mensuelle de Markit, qui montrent également de nouveaux signes de baisse des prix, devraient renforcer les anticipations de nouvelles mesures de soutien à la croissance de la Banque centrale européenne (BCE) lors de sa prochaine réunion en mars.  L’indice composite des directeurs d’achats (PMI) — qui intègre le secteur manufacturier et celui des services — est ressorti à 52,7 ce mois-ci dans sa version préliminaire, à son plus bas niveau en 13 mois, contre 53,6 en janvier. Selon un consensus établi par Reuters, les économistes attendaient en moyenne 53,3. « La forte baisse en février de l’indice PMI composite de la zone euro soutient notre conviction que la reprise économique de la région pourrait bien avoir ralenti au premier trimestre. La BCE devra renforcer son soutien via la politique monétaire le mois prochain », souligne Jessica Hinds chez Capital Economics. Les économistes interrogés par Reuters récemment estimaient à 50% la probabilité de voir la BCE augmenter en mars le montant de son programme de rachat d’actifs, actuellement à 60 milliards par mois, et une nouvelle baisse du taux de dépôt est considérée comme étant presque acquise. La croissance du secteur privé a ralenti en Allemagne pour le deuxième mois de suite, freinée notamment par les exportations qui ont souffert du ralentissement mondial. En France, l’activité s’est contractée pour la première fois en plus d’un an. Les responsables de politique monétaire noteront également la faiblesse du sous-indice PMI de la production de la zone euro, qui est tombé à un creux d’un an à 48,6 contre 48,9 en janvier, s’enfonçant un peu plus sous la barre des 50 points qui marque la frontière entre la croissance et la contraction. L’inflation s’inscrit tout juste à 0,4% en janvier, selon les statistiques officielles, très loin du taux légèrement inférieur à 2% visé par la BCE.  L’indice PMI du secteur dominant des services en zone euro, qui était attendu à 53,3 contre 53,6 en janvier, est tombé à un plus bas de 13 mois de 53,0. Celui du secteur manufacturier, attendu à 52,0 points, a reculé à 51,0, son plus bas niveau depuis un an, contre 52,3 en janvier. Il s’est retrouvé en dessous de l’estimation la plus pessimiste des économistes interrogés par Reuters. Le sous-indice de la production est tombé pour sa part à un creux de 14 mois, à 51,9 contre 53,4 le mois précédent.  Et les perspectives d’une nette amélioration le mois prochain sont maigres, la croissance des nouvelles commandes à l’industrie étant tombée à un plus bas d’un an avec un sous-indice à 51,6 contre 53,0 en janvier. En conséquence, après avoir vu la confiance des entrepreneurs pour l’année à venir atteindre son plus haut niveau depuis mi-2011 le mois dernier, l’optimisme dans le secteur des services est lourdement retombé.  Le sous-indice des attentes des entrepreneurs dans les services a connu l’une de ses plus fortes baisses de son histoire, à 61,6 en février contre 65,1 en janvier. « Les indicateurs avancés (…) suggèrent un nouveau ralentissement en mars, qui pourrait ramener la croissance du PIB à 0,2% », note Chris Williamson, économiste en chef de Markit. Selon une enquête de Reuters publiée récemment, la croissance est attendue à 0,4% pour le trimestre en cours.

Hollande est-il encore de gauche……. Comme Mitterrand !

Hollande est-il encore de gauche……. Comme Mitterrand !

Êtes-vous encore de gauche ? C’est la question qui a été posée à trois reprises à François Hollande lequel a éprouvé quelques difficultés à se positionner. Pas étonnant Hollande n’est sans doute pas plus de gauche que ne l’était Mitterrand. Certes l’affichage, surtout pendant les campagnes électorales et très marquée à gauche (Mitterrand voulait en finir avec le capitalisme, Hollande avec la finance) mais une fois au pouvoir un président socialiste ne fait pas grand-chose de différent par rapport un président de droite. Une problématique qui explique largement la montée du front national. Certes, il reste le totem des valeurs derrière lesquels on s’abrite mais pour mieux masquer l’absence de prise en considération des réalités socio-économiques et sociétales. Par ailleurs Hollande-comme Mitterrand -est un oligarque qui a toujours vécu de la politique et  coupé des  réalités concrètes de ceux  qu’il est sensé représenter. D’une certaine manière, Hollande- comme Mitterrand- illustre bien le détournement d’objet social du parti socialiste qui aujourd’hui ne se situe ni à droite ni à gauche mais plutôt nulle part. En cause surtout une sociologie des principaux responsables qui ne peut justifier d’aucune représentativité des couches sociales supposées défendues par le parti socialiste. Pas étonnant si Hollande a éprouvé autant de difficultés à dire s’il était toujours de gauche. Première tentative de réponse: «Je suis président de la République, je représente tous les Français.» Relance du journaliste: «Etes-vous de gauche?» Deuxième ébauche de réponse: «Mon parcours, ma vie, mon engagement, mes choix sont toujours ceux qui permettent de respecter l’égalité, la dignité humaine et le progrès.» Ce n’est qu’à la troisième question que M. Hollande concédera, finalement, que «toute [sa] vie est une vie d’un homme qui s’est engagé à gauche et qui le reste». Et de poursuivre: «Je suis toujours engagé comme je l’ai été mais je ne suis plus un militant.» Contesté par une partie des électeurs depuis qu’il a accédé à la présidence de la République, 2012, François Hollande conclut : «Je suis le président de la République française qui doit agir en fonction de ses propres valeurs, de ses propres engagements, pour le bien du pays et en n’oubliant rien de ce que je suis, de ce que j’ai fait et de ce que je ferai demain, parce que mon engagement n’a pas changé.»

2017 : Sarkozy out !…. Comme Hollande .

2017 : Sarkozy out !…. Comme Hollande

Sondage après sondage Juppé devient le grand favori pour 2017. Nicolas Sarkozy, comme Hollande d’ailleurs, ne parvient pas à décoller des 20 % d’opinions favorables. Pas étonnant si Sarkozy- comme Hollande- hésite encore à déclarer officiellement sa candidature. Tous les sondages démontrent que François Hollande est rejeté dans l’opinion par environ 80 % des personnes. On peut émettre l’hypothèse vraisemblable que sauf événement imprévisible toujours possible (terrorisme, crack financier, crise géopolitique etc.). Sarkozy comme Hollande seront contraints de renoncer à se présenter en 2017. Selon une  étude réalisée pour Orange et iTELE, 48% des sympathisants de droite jugent que le maire de Bordeaux serait le meilleur candidat LR à la présidentielle, contre 20% pour Nicolas Sarkozy et 11% pour François Fillon et Bruno Le Maire. Alain Juppé devance également nettement l’ancien président chez les seuls sympathisants LR (43% contre 30%). Ils estiment majoritairement que, dans la perspective de la présidentielle, Alain Juppé serait davantage capable que Nicolas Sarkozy de rassembler les Français (64% contre 34%), de faire gagner la droite (58% contre 38%) et in fine, d’améliorer la situation de la France (62% contre 36%), souligne BVA. Le capital image de l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac est également nettement plus fort dans l’opinion publique : 63% des Français déclarent avoir une bonne opinion de lui, contre 35% qui en ont une mauvaise, alors que Nicolas Sarkozy ne recueille que 26% de jugements positifs (contre 73% de négatifs). Et 83% des sympathisants LR ont une bonne image d’Alain Juppé contre 72% pour Nicolas Sarkozy, qui est aussi devancé par Bruno Le Maire (79%) et fait jeu égal avec François Fillon (71%).

2017 : Hollande, comme Sarkozy pourrait retirer sa candidature

2017 : Hollande, comme Sarkozy pourrait retirer sa candidature

 

Officiellement la candidature de François Hollande pour 2017 est conditionnée par la fameuse inversion de la cour du chômage. Une inversion de plus en plus improbable puisque le chômage aura augmenté de 600 à 700 000 personnes depuis 2012. Tout au plus pourra-t-on faire apparaître une petite évolution purement statistique avec le plan d’urgence concernant l’emploi. Ce n’est donc pas l’évolution de la courbe du chômage qui pourra justifier la candidature de Hollande mais plutôt l’évolution de sa courbe de popularité aujourd’hui scotchée comme celle de Nicolas Sarkozy à moins de 25 %. L’avantage de François Hollande par rapport à Nicolas Sarkozy c’est qu’il n’aura pas à subir le supplice des primaires. Pour autant en l’état actuel des sondages, François Hollande est donné battu en 2017 et il est même peu probable qu’il  puisse se qualifier pour le second tour. Dès lors dans son entourage on  n’exclut plus qu’Hollande renonce à se présenter pour un second mandat. De toute évidence François Hollande va se battre jusqu’au bout pour remonter la pente mais nombre de ces collaborateurs estiment que la tâche est presque insurmontable. François Hollande pourrait attendre la fin de l’année pour se décider. Mais le retrait de l’actuel président de la république risque de provoquer un grand vide à gauche. En effet pour l’instant aucun candidat crédible soutenu par le parti socialiste n’émerge. Il y a bien entendu Manuel Valls mais qui pour l’instant préférerait attendre 2022. D’après les sondages, Macron apparaît comme le mieux placé, cependant son handicap personnel c’est de n’être soutenu par aucun parti politique, il n’est même pas membre du parti socialiste. En outre sa posture très réformatrice et même libérale heurte les dogmes à gauche.  Un ancien poids lourd du gouvernement, qui connaît bien le président, ne dit pas autre chose: «Il fera évidemment tout pour se représenter. Mais si le chômage n’a pas reculé à l’automne 2016, s’il sent qu’il peut ne pas être qualifié au deuxième tour, il jettera l’éponge. Je le pense depuis longtemps.»

 

Crise économique et financière comme en 2008 ?

Crise économique et financière comme en 2008 ?

 

De toute évidence,  les experts sont dans le potage y compris à Davos où se rassemblent le Gotha économique, financier et politique. Pour les uns,  la crise actuelle ne constitue qu’un accident conjoncturel qui pourrait être surmonté dès 2017. La volatilité des marchés financiers de ce début d’année comme le tassement économique enregistré au plan mondial ne remette pas en cause la croissance à moyen long terme. Pour d’autres au contraire, c’est le signe d’une prochaine crise durable. Une crise alimentée surtout par la situation chinoise dont les exportations et les importations en baisse depuis plusieurs mois ont provoqué un écroulement des matières premières notamment du pétrole. Du coup en même temps les ressources des pays producteurs se sont asséchées. Faute de ressources, les pays producteurs à leu r tour ne passent plus commandes aux pays développés dont  les économies se tassent de manière dangereuse. Ce qui pourrait être en cause, c’est la baisse durable des échanges internationaux. Pour résumer ont pensait  être définitivement sorti de la crise de 2008 mais il faudra sans doute s’habituer pendant plusieurs années à un net affaiblissement de la croissance mondiale voir affronter un nouveau krach financier. La forte baisse de l’ensemble des marchés financiers a dominé mercredi les discussions entre dirigeants d’entreprise et responsables politiques réunis à Davos, même si la plupart excluent pour l’instant l’éventualité de la voir dégénérer en crise mondiale.   »Je ne pense qu’il s’agisse d’une répétition de 2008 (…) Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risques importants qui pèsent sur les marchés, dont le ralentissement de la croissance chinoise n’est pas le moindre », a dit John Veihmeyer, le président du groupe d’audit KPMG, lors d’un débat organisé par Reuters. Certains participants au Forum de Davos se sont toutefois dits moins optimistes pour cette année.   »Les turbulences sur les marchés peuvent être un signe avant-coureur montrant que quelque chose ne fonctionne pas et même si elles sont irrationnelles, elles peuvent avoir des conséquences bien réelles. Ce qui se passe en ce moment montre que l’optimisme excessif qui s’était répandu était injustifié », a ainsi dit à Reuters l’économiste américain Joseph Stiglitz.  Du côté des dirigeants d’entreprises, Roger Carr, le président du groupe britannique de défense BAE Systems, a lui aussi estimé que l’horizon économique semblait sombre. « A la même date l’an dernier à Davos, le contexte était très différent, il était assez calme. Le débat portait sur les pauvres et les riches, et non sur la question de savoir si nous allons tous devenir plus pauvres », a-t-il dit à Reuters. « Le climat est très pessimiste en ce moment », a-t-il ajouté.

Comme en 2015 l’année 2016 ne sera pas rose (Fabius)

Comme en 2015 l’année 2016 ne sera pas rose (Fabius)

Dans sa dialectique très diplomatique Laurent Fabius qui s’apprête peut-être à rejoindre le conseil constitutionnel prévoit une année 2016 sans doute aussi complexe et difficile que l’année 2015. Dans son style très policé Fabius constate toutes les limites aussi bien de COP  21, que du fonctionnement européen ou encore de la lutte, contre le terrorisme. En creux une sorte de vision nettement moins optimiste que celle de Hollande concernant 2016 qui pour Fabius risque sans doute d’être  marquée comme en 2015 par l’imprévu !

 

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international a reçu Challenges au Quai d’Orsay le 21 décembre dernier, une dizaine de jours après la signature à Paris de l’accord sur le climat, dont il fut le principal artisan.

Challenges. La fin d’année 2015 a été marquée par deux événements majeurs à Paris, les attentats et la tenue de la COP21. Le monde sera-t-il le même en 2016 ?

Laurent Fabius. En un an, les tendances de fond ne changeront pas. Notamment, ces deux risques majeurs que sont le terrorisme et le dérèglement climatique. Ces périls sont d’une nature très différente, mais ni la pollution ni le terrorisme ne s’arrêtent aux frontières : dans les deux cas, la réponse doit donc être mondiale. Dans la lutte contre le terrorisme, l’unité de la communauté internationale est une condition de l’efficacité : il faut non seulement qu’aucun Etat ne soutienne les terroristes, mais que le plus grand nombre possible d’entre eux agisse pour les éradiquer, avec des décisions de souveraineté qui impliquent, le cas échéant, l’engagement de leurs forces. La lutte contre le changement climatique est d’un autre ordre : elle nécessite que les Etats et les sociétés civiles appliquent les engagements qu’ils ont pris, mais il n’existe pas – en tout cas, pour l’instant – de sanction pénale en cas de non-respect. Seuls jouent la pression nationale et internationale et le risque « réputationnel ».

En quoi l’accord sur le climat est-il historique ?

Parce qu’il est le premier accord climatique du monde et pour le monde. Tout n’a pas été réglé lors de la Conférence de Paris, mais il y aura un avant et un après-Paris. La COP21 a permis l’adoption d’un accord universel et ambitieux. C’est sans précédent et cela constitue un acquis considérable, pas seulement dans le domaine environnemental, mais dans de nombreux domaines, y compris la recherche de la paix : il n’est pas si courant de voir les représentants de 195 pays s’embrasser à l’issue d’une conférence internationale, et encore moins d’une conférence sur le climat ! D’autre part, au-delà même de l’accord entre Etats, la COP21 a permis le basculement d’un nombre considérable d’acteurs non gouvernementaux – entreprises, collectivités locales, ONG, citoyens – vers le développement bas carbone. L’accord engage le monde entier dans une dynamique irréversible de développement durable. Un seul exemple : quand l’agence de notation Standard & Poor’s, qui n’est pas un organisme philanthropique, décide de pénaliser les entreprises ou les pays n’ayant pas pris en compte le risque climatique, c’est le signe qu’un tournant s’opère. Nous allons vivre un changement profond de modèle économique. Le fondement même de ce qui a constitué le développement industriel depuis le XIXe siècle est en train de muter.

Comment va l’Europe ?

Pas très bien, et 2016 pourrait bien être pour l’Union européenne l’année de tous les dangers. Croissance économique languissante, mouvements migratoires massifs qui posent des défis politiques considérables, forces de dissociation à l’œuvre : je pense au référendum sur la sortie de l’Union prévu cette année au Royaume-Uni, ou encore à la montée des populismes nationaux et des souverainismes régionaux. A cela s’ajoute la situation ukrainienne, qui n’est toujours pas réglée malgré les efforts de la France et de l’Allemagne. Et je n’oublie pas les questions fondamentales concernant le projet européen : faut-il intégrer davantage ? Si oui, dans quelles conditions ? Tout cela crée une situation instable, alors qu’une Europe forte, unie, avec un projet clair, serait indispensable dans notre monde incertain et dangereux. L’enjeu ne consiste pas seulement à empêcher une dissolution de l’Europe, mais à faire en sorte que l’Union mène une politique cohérente, notamment vis-à-vis de l’Afrique et du Moyen-Orient, qu’elle construise une véritable politique de défense et de sécurité, qu’elle prépare la croissance de demain avec des priorités claires : transition énergétique, technologies vertes, économie numérique, emploi des jeunes. Beaucoup de travail reste à accomplir.

Le problème a été traité avec efficacité. Il faut en féliciter notamment la Banque centrale européenne et son président, Mario Draghi. A l’étranger, on m’interroge désormais moins sur l’avenir de l’euro et davantage sur l’avenir de… l’Europe.

Quelle est la priorité sur votre feuille de route européenne ?

Sur des questions essentielles, comme les migrations, le référendum britannique, l’Ukraine, le traité transatlantique, une position franco-allemande commune est souhaitable pour entraîner l’ensemble de l’Union : avec l’Allemagne, nous devons rester unis face aux crises et aux menaces.

Le traité économique transatlantique va-t-il être signé un jour ?

Pour l’instant, et je le regrette, les négociations n’avancent guère. Par exemple, sur la question majeure de l’ouverture réciproque des marchés publics, on ne constate aucun progrès. Il n’y aura d’accord que si chacun y trouve son compte : l’accord transatlantique sera gagnant-gagnant, ou ne sera pas.

Le « printemps arabe » fête ses 5 ans, quel bilan ?

Au départ, le point commun a été une aspiration des peuples à la liberté, mais les suites ont été très diverses, et il est difficile de dresser un bilan compte tenu de la variété des situations. En Tunisie, la transition démocratique a été opérée. En Syrie, une révolte de quelques étudiants a été réprimée de telle façon par Bachar al-Assad qu’aujourd’hui il y a plus de 250 000 morts. L’Egypte est passée par plusieurs phases. Je pourrais continuer l’énumération… Aujourd’hui, outre la Syrie et le Yémen, notre principale préoccupation concerne la Libye. Ses richesses attirent les convoitises, les armes y circulent sans contrôle, cependant que de plus en plus de terroristes y trouvent refuge. Il est indispensable qu’après l’accord signé en décembre le nouveau gouvernement s’affirme, et dispose des moyens suffisants pour assurer la sécurité du pays et éradiquer les terroristes. Une dégradation de la situation aurait des conséquences graves, notamment sur la Tunisie et le Sahel, mais aussi sur l’Europe. Un autre danger majeur au Proche et au Moyen-Orient concerne le conflit israélo-palestinien : faute d’avancées, il y a là un potentiel d’embrasement.

L’effondrement des cours du pétrole va-t-il avoir des répercussions géostratégiques ?

Les répercussions sont lourdes sur de nombreux pays. Pour m’en tenir aux économies exportatrices du Moyen-Orient, la baisse des prix enregistrée depuis la fin de l’été 2014 entraîne des modifications profondes mais pas homogènes. Les pays les plus touchés sont ceux qui ne peuvent compenser l’effet-prix par l’effet-volume : Irak, Bahreïn et, dans une moindre mesure, Oman. L’Arabie saoudite et l’Iran sont touchés, mais disposent à des degrés divers des marges nécessaires. Enfin, certains ne sont que modestement affectés, comme le Koweït, le Qatar et les Emirats. Quelles que soient les situations, les conséquences sont multiples : plutôt positives pour les importateurs, comme la France, négatives pour les producteurs-exportateurs – à cela près que ce déséquilibre pourrait ensuite, par contrecoup, affecter… notre propre croissance.

Avec un baril à 35 euros, les énergies renouvelables ne sont plus du tout compétitives, dommage pour le climat…

On devrait mettre à profit cette baisse pour diminuer, comme le propose l’OCDE, les subventions considérables aux énergies fossiles et encourager les renouvelables, dont les prix se réduisent. Les investissements massifs et croissants dans la R&D pour les énergies propres vont créer des ruptures technologiques qui rendront ce type d’énergies très compétitives. Elles seront au cœur du mix énergétique de demain.

Qu’espérer des Etats-Unis en campagne présidentielle ?

En règle générale, cette période n’encourage pas les initiatives fortes. En outre, au sein même de la population américaine, les contradictions ne manquent pas. D’un côté, certains reprochent au président un manque de leadership extérieur, mais, d’un autre côté, il existe au sein même du pays une « war fatigue », une lassitude face aux interventions extérieures, qui s’explique par ce qui s’est produit en Afghanistan et en Irak. Quelle que soit l’attitude des Etats-Unis dans les mois à venir, on doit saluer l’engagement du président Obama dans la lutte contre le changement climatique : son soutien comme celui de la Chine ont été précieux pour le succès de la COP21.

La Réserve fédérale monte ses taux, la BCE continue d’assouplir sa politique monétaire, va-t-on vers une guerre des changes ?

Je ne le pense pas. Mario Draghi, le président de la BCE, et Janet Yellen, la présidente de la Réserve fédérale américaine, sont compétents et habiles. Des concertations ont lieu entre les grandes banques centrales. J’ajoute que la Chine, qui préside le G 20 en 2016, projette d’engager des discussions sur la diversification du système monétaire mondial afin de lui assurer une plus grande stabilité – objectif soutenu par la France.

Le ralentissement chinois est-il inquiétant ?

C’est un ralentissement relatif. La croissance en Chine est maîtrisée par les autorités chinoises, qui souhaitent rééquilibrer l’économie vers plus de consommation intérieure, mais aussi vers une économie moins carbonée, moins polluante. Dans mes fonctions, je rencontre de nombreux dirigeants, ceux de Pékin font incontestablement partie des plus compétents sur le plan économique.

Concernant l’évolution de la croissance mondiale, quel est votre scénario ?

A court terme, on prévoit une certaine faiblesse en Amérique du Sud, dans une partie de l’Asie et de l’Europe ; mais à moyen terme, il existe de puissants réservoirs de croissance. Le continent africain, par exemple, dispose d’un formidable potentiel : il occupera une place importante dans la croissance mondiale des années à venir, nous devons nous y préparer. Les développements technologiques futurs constituent, eux aussi, un énorme réservoir de dynamisme économique. Dans ces deux cas, la France a un rôle particulier à jouer, et elle est bien placée pour être un hub du XXIe siècle. Notre diplomatie économique, qui est active, y contribue.

Justement, l’économie française, quand va-t-elle se réveiller ?

Nous possédons énormément d’atouts. La question est de savoir quand les résultats se manifesteront pleinement. En tout cas, les réformes pour mettre en valeur ces atouts doivent se poursuivre.

Déchéance de nationalité : le bal des faux-culs à gauche comme à droite

Déchéance de nationalité : le bal des faux-culs à gauche comme à droite

 

 

D’une certaine manière la tendance générale à gauche comme à droite concernant la déchéance de nationalité consiste à approuver l’orientation mais en l’assortissant de réserves telles que cela revient à en critiquer le principe même. Difficile de s’y retrouver dans l’auberge espagnole des réflexions « philosophiques » des principaux leaders. À droite on trouve ceux qui approuvent  mais qui pensent qu’il faut compléter la mesure, d’autres qui estiment qu’il n’est pas ce nécessaire pour autant de modifier la constitution, d’autres encore qui sont prêts à voter la modification constitutionnelle avec des interrogations sur son efficacité. À gauche bien sûr il y a les bobos et les indignés permanents gardien du temple des dogmes, aussi toute cette vieille gauche, anciens marxistes reconvertis au PS pour faciliter leur carrière politique, ceux qui enfin sont à la recherche de la martingale qui permettrait d’approuver la proposition de Hollande avec des amendements qui rendraient impossible l’application de la mesure, exemple avec un ajout du type « sous réserve des désaccords internationaux passés par la France en matière d’apatridité« . Bref on approuve sans approuver ou on condamne sans vraiment condamner. La démonstration évidente de l’énorme décalage qui peut exister entre des élites embourgeoisées d’autant plus fermes  sur le terrain des valeurs qu’ils sont éloignés des réalités sociales et sociétales. Pour résumer le clergé politique est pour la préservation de la théologie de l’immobilisme contre l’envie de mouvement régalien exprimé par l’opinion publique. À tout cela s’ajoute les discussions byzantines des juristes sophistes qui ne cessent de relire la Bible juridique républicaine. Certes on pourra légitimement objecter que Hollande veut en même temps réaliser un coup politique en mettant la droite en porte-à-faux. De la même manière on peut argumenter sur le faite que cette mesure (comme d’ailleurs l’inscription de l’état d’urgence dans la constitution) sera bien insuffisante pour lutter à elle seule contre le terrorisme. Reste que l’opinion publique est favorable à ce symbole qui correspond à une nette revalorisation du rôle régalien de l’État. Un symbole qui nécessairement devra inspirer une politique beaucoup plus opérationnelle et plus volontariste pour affronter  le terrorisme inspiré dans le domaine du renseignement, de la sécurité, du pénal et de la stratégie militaire notamment.

Retraites : les fonctionnaires inquiets pour leur avenir…comme les autres !

Retraites : les fonctionnaires inquiets pour leur avenir…comme les autres !

 

Une étude montre que les fonctionnaires sont inquiets pour leur l’avenir de leur retraite ; ils ont sans doute raison car le montant de ces retraites n’est pas provisionné par l’État qui devra les financer par l’emprunt donc par la dette. Les fonctionnaires ont raison d’être inquiètes  mais ni plus ni moins que les autres salariés eux aussi qui ne peuvent avoir aucune certitude quant à l’âge de départ en retraite et au niveau de leur pension en l’état actuel des déficits budgétaires, des déficits des comptes sociaux et de la croissance. Si rien ne change sur le plan économique,  il est vraisemblable que tout devra être remis en cause et de manière significative tant  pour les fonctionnaires que pour les salariés du privé. L’inquiétude des fonctionnaires traduits peut-être la découverte des réalités économiques du pays Les fonctionnaires broient du noir. Selon une étude de la Préfon, la caisse nationale de prévoyance de la fonction publique, 60% d’entre eux se disent « inquiets » voire « très inquiets » pour leur avenir et leur future retraite. Le pourcentage grimpe même à 70% parmi les fonctionnaires âgés de 35 à 49 ans, ce qui correspond à une hausse de neuf points par rapport au dernier baromètre réalisé en août 2015.

Régionales : la défaite des barons du PS comme en Île-de-France

 

Régionales : la défaite des  barons  du PS comme en Île-de-France

 

Cela fait 30 ans que Bartolone accumule les responsabilités et les mandats. De ce point de vue Bartolone est représentatif des caciques du parti socialiste. En effet Bartolone comme nombre de responsables socialistes est un spécialiste du grand écart entre un discours volontariste et gauchisant et une pratique approximative et droitière ;  pour résumer avant les élections les candidats du PRS pimentent  leurs discours de formule radicale de  gauche mais une fois au pouvoir ils poursuivent tout simplement les politiques antérieures du fait d’une part de leur incompétence et de leur manque de courage votre politique. On ce souvient que Bartolone avait appelé contre (avec Fabius !) le traité constitutionnel européen de 2005. Par la suite évidemment il a donné son adhésion à toutes les orientations qui s’inscrivaient dans le cadre de ce traité. Comme nombre de ses amis socialistes Bartolone sociologiquement n’appartient pas à ce peuple de gauche qu’il prétend représenter ;  de ce point de vue il ne faut pas s’étonner qu’il se soit opposé à la publication de la fortune des députés par voie publique (aussi de la sienne !). On attendrait évidemment de l’intéressé qui renonce à la présidence de l’assemblée nationale après une telle défaite. Il est vraisemblable qu’il n’en fera rien puisqu’il a déclaré qu’il remettait son mandat dans les mains de son groupe parlementaire autant dire qu’il sollicite habilement la prolongation de son mandat de président de l’assemblée nationale. Une posture habituelle au PS, aussi dans la classe politique française mais qui polluent la démocratie. Depuis 30 ans et plus ce sont presque les mêmes dirigeants qui sont à la tête du parti socialiste, des dirigeants qui d’une part n’ont jamais été représentatifs du peuple de gauche et qui ,aujourd’hui, en plus sont politiquement usés, sans projet cohérent et sans réelle volonté politique.

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