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Défense « La France : colosse aux pieds d’argile ? »

Défense « La France : colosse aux pieds d’argile ? »

« La France : un colosse militaire aux pieds d’argile ? », par Driss Aït Youssef, docteur en droit public
Face à la menace russe au désalignement de la politique de Donald Trump, Driss Aït Youssef, docteur en droit public, spécialiste en sécurité globale, appelle à dépasser les clivages pour renforcer notre défense et sauver notre démocratie des ingérences extérieures.
Par Driss Aït Youssef

par Driss Aït Youssef, docteur en droit public, spécialiste en sécurité globale, appelle les politiques à dépasser leurs clivages pour renforcer notre défense. dans la Tribune

Le contexte international impose au gouvernement de dégager des moyens financiers supplémentaires et inédits pour préparer nos armées à un potentiel conflit militaire de haute intensité. Cette perspective, si elle est qualifiée de très sérieuse par les autorités militaires et politiques, se heurtera à une opposition du fait des tensions politiques et communautaires que traverse la France.

La revue nationale stratégique 2025 parue, le 14 juillet dernier aborde sans détour et de façon inquiétante, les menaces auxquelles notre monde est, désormais, confronté. Elle aborde également l’incertitude grandissante s’agissant de nos rapports avec notre allié historique, les États-Unis d’Amérique.

Driss Aït Youssef : docteur en droit public, spécialiste en sécurité globale : « Je suis très inquiet de l’état du renseignement en France »

Cette situation place la France – et c’est un doux euphémisme – entre le marteau américain convaincu d’être volé par des européens incapables d’assurer leur propre sécurité et la faucille russe déterminée à sabrer durablement la première puissance militaire européenne et soutien inconditionnel de l’Ukraine.

Si les deux nations n’ont pas les mêmes objectifs, elles nourrissent un but commun, celui d’influencer l’opinion publique dans un sens qui affaiblirait notre démocratie en mettant à rude épreuve notre résilience.

D’abord à commencer par notre allié historique, les USA. L’interventionnisme direct de responsables politiques américains sur la politique intérieure vise à valoriser un projet de société qui dresse les communautés les unes contre les autres. Il suffit pour s’en convaincre d’analyser les attaques récentes du président Trump sur les commémorations du 8 mai et de son vice-président Vance sur les armées françaises et britanniques pour mesurer leur détestation du modèle français avec une préférence pour l’immigration incontrôlée coupable, selon eux, de mettre en péril la civilisation occidentale.

L’interventionnisme direct de responsables politiques américains sur la politique intérieure vise à valoriser un projet de société qui dresse les communautés les unes contre les autres
Ensuite la Russie – qui de façon plus ou moins assumée – via des groupes non étatiques cristallise et instrumentalise les tensions politiques et communautaires. Les exemples les plus frappants sont les 5 cercueils déposés en 2024 au pied de la tour Eiffel ou encore les étoiles de David déposées au pochoir sur de nombreux murs de Paris et sa banlieue.

C’est encore plus manifeste lorsque des fermes de trolls instrumentalisent des tensions politiques afin d’encourager le séparatisme et les velléités insurrectionnelles notamment dans les territoires d’Outre-Mer.

Ces ingérences prennent des formes différentes, mais produisent les mêmes effets, c’est-à-dire un délitement de la cohésion nationale au profit du chacun chez soi et chacun pour soi.

Le président de la République, Emmanuel Macron, dans les vœux aux armées, le 13 juillet indiquait que « Pour être libres dans ce monde, il faut être craints, pour être craints, il faut être puissants ». Il insistait, dans le même temps, sur la nécessité d’un effort collectif de toute la nation pour notre défense, outil indispensable à la conservation de notre souveraineté.

Nos concitoyens pour adhérer à cette cause ont besoin de croire à la réalité de cette menace et au caractère précaire de notre modèle de société.

Or c’est bien la difficulté que nous observons depuis des années avec une société qui peine à s’unir devant de grands enjeux. En effet, l’union nationale lors des attentats de 2015 a laissé place à une République très abîmée au plus grand bonheur de nos compétiteurs étatiques. Ce constat est d’autant plus navrant que la situation est potentiellement plus dangereuse qu’en 2015.

Nos concitoyens pour adhérer à cette cause ont besoin de croire à la réalité de cette menace et au caractère précaire de notre modèle de société.

C’est précisément ce que cherchent ces États afin d’éviter le rassemblement d’un peuple déterminé à défendre ses valeurs, essentielles à l’édification d’une France et d’une Europe puissantes.

De ce point de vue, la situation actuelle et à venir mettra à rude épreuve notre démocratie. C’est d’ailleurs dans cette veine que le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, appelait, il y a quelques jours, à un compromis politique et à la responsabilité.

Pour conclure, la confiance dans la croyance d’un destin commun doit suivre la courbe budgétaire de nos armées. Il faudra pour cela convoquer le courage des organisations politiques pour dépasser les clivages autrement elles seront renversées par une base incontrôlable.

Chine : colosse aux pieds d’argile ?

Chine : colosse aux pieds d’argile ?

La résilience du Parti communiste chinois tient à sa capacité d’adaptation, constate la sinologue Chloé Froissart dans le Monde.

La sinologue Chloé Froissart analyse l’évolution du régime chinois et des rapports entre l’Etat et la société chinoise. Elle coorganise les 24 et 25 juin, à l’Inalco, le colloque international « Trajectoire du PCC sur cent ans à la lumière de ses principes fondateurs ».

Le Parti communiste chinois (PCC) va fêter ses 100 ans le 1er  juillet 2021. Il est au pouvoir depuis soixante-douze ans, moins que les soixante-quatorze ans durant lesquels le Parti communiste d’Union soviétique (PCUS) a dirigé l’URSS. Peut-on dire qu’il se porte bien ?

Les sondages d’opinion, avec le biais qu’ils comportent en Chine, montrent que le PCC jouit d’un fort soutien au sein de la population. Même la crise due au Covid-19 n’a pas eu l’« effet Tchernobyl » attendu. Depuis son accession au pouvoir en 2012, Xi Jinping n’a eu de cesse de renforcer l’autorité du Parti, son emprise sur l’Etat, la société et l’économie, à travers l’éradication de la société civile, l’emprisonnement des activistes, des avocats, et la création de cellules du Parti dans les entreprises, y compris les sociétés étrangères. Mais justement, cette volonté du PCC d’éradiquer tout ce qu’il ne peut pas absorber révèle plus de fragilité que de force. Son pouvoir repose sur la terreur, mais lui-même vit dans la terreur.

Quelles conséquences cela peut-il avoir pour son avenir ?

La sécurité nationale est une priorité de l’agenda politique, elle fait l’objet de cinq commissions centrales sur les onze qui existent. Toute critique est assimilée à de la dissidence, et le Parti est aujourd’hui dirigé comme une armée. Il n’y a plus aucun mécanisme de feed-back ni de procédure pour limiter les pratiques dictatoriales. La peur d’être accusé de déloyauté empêche les cadres de faire preuve d’initiative et d’innovation, voire de faire remonter des informations cruciales comme au début de la crise due au Covid-19, à Wuhan. Le Parti n’est donc pas en bonne position pour relever les défis à venir.




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