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Climat : une responsabilité collective

Climat : une responsabilité collective

Le juriste Kamel Ajji propose, dans une tribune au « Monde », que la France se dote d’une « armée de la Terre », sur le modèle de la force citoyenne consacrée à la protection de l’environnement, créée aux Etats-Unis par un décret de Joe Biden.Tribune. Le président Joe Biden vient de signer plusieurs décrets relatifs à la lutte contre le changement climatique. Le texte reconnaît la crise climatique comme un élément essentiel de la diplomatie et de la sécurité nationale. Surtout, il prévoit la création d’une force citoyenne consacrée à la protection de l’environnement (Civilian Climate Corps Initiative). Si les contours de ce projet demeurent encore inconnus, l’idée en elle-même devrait inspirer la France et l’Europe.

L’analogie entre la lutte contre le dérèglement climatique et l’armée a une valeur pédagogique et symbolique. Historiquement, les sociétés humaines se sont rassemblées, équipées et ont constitué des armées pour faire face aux menaces extérieures. De la même manière, le dérèglement climatique menace les populations et nous met collectivement en demeure d’agir. Il est donc temps de s’organiser pour parer la menace en créant une armée de la Terre.

 

La comparaison avec l’armée est bien sûr relative. Il ne s’agit pas ici de combattre d’autres nations ou de développer de nouvelles armes mais bien d’intervenir comme une force de préservation de l’environnement. Cette tâche immense requiert une organisation et une planification qui ne trouve que deux équivalents : l’armée et l’administration. Seule une combinaison des atouts de ces deux institutions nous permet de faire face aux défis qui nous attendent.

Nous disposons d’une arme redoutable pour assurer le succès d’une telle initiative : l’enthousiasme et la détermination sans précédent de la jeunesse. Ses appels répétés à l’action des gouvernants peuvent enfin trouver une réponse concrète de nature à engager la société et lui permettre de contribuer activement à la mission du XXIe siècle. En quoi consiste concrètement cette force publique ? La Civilian Climate Corps Initiative doit permettre aux jeunes de s’engager dans les secteurs de la préservation de la biodiversité, de la reforestation, de la protection des eaux et des sols.

 

La France, puissance administrative, peut s’inspirer de ce modèle et aller plus loin. Certes, le service civique offre d’ores et déjà des missions relatives à la protection de l’environnement. Toutefois, il faut changer d’échelle et proposer un imaginaire puissant. Ainsi, nous pouvons créer un service public national de la protection de l’environnement dont la mission consiste à mettre en place des parcours universitaires et des formations professionnelles destinées à former et recruter les futurs agriculteurs, ingénieurs agronomes, enseignants, juristes, chercheurs, soignants, inspecteurs et agents déployés sur notre sol. 

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Pandémie : la réponse doit être collective et internationale (Macron)

Dans une interview au JDD, le président de la république considère qu’il faut mener la guerre contre la pandémie à l’échelle mondiale. Pour Emmanuel Macron, cette « guerre mondiale » ne sera gagnée qu’au prix de la plus grande ­coopération internationale. « Nous sommes désormais engagés dans une lutte contre les variants, qui est une véritable course contre la montre, confie-t‑il au JDD. Sans une action collective internationale rapide, efficace et solidaire, nous prenons le risque que le virus nous échappe. »

 

« Les pays africains nous interpellent à juste titre sur leur accès aux vaccins, indique le chef de l’État. L’initiative ACT-A aura permis de sécuriser plus de 2 milliards de doses de vaccins à bien meilleur prix que si chaque pays les avait négociés séparément, c’est en soi une réussite. Mais nous devons encore accélérer les efforts, car chaque semaine compte. » Au cours des prochains jours, Emmanuel Macron échangera avec ses pairs de l’Union africaine et relaiera leurs messages vendredi lors d’une réunion par visioconférence du G7 organisée par Boris Johnson, qui en assure la présidence cette année.

Comme on l’admet volontiers à l’Élysée, et pour s’en réjouir ouvertement, cette mobilisation accrue n’aurait pas été la même sans le soutien de la nouvelle administration Biden aux États-Unis. Non seulement le président démocrate a rejoint immédiatement l’OMS dès ses premières heures à la ­Maison-Blanche, mais il a également confirmé le déblocage de 4 milliards de dollars pour financer les efforts d’ACT-A. « C’était l’un de mes premiers sujets d’échange avec le président Biden », raconte Emmanuel Macron, tout en se montrant perplexe sur l’absence ou le retard d’autres grandes puissances à rejoindre l’effort collectif. « Nous devons travailler avec les Chinois et les Russes pour que les vaccins développés par leurs scientifiques s’intègrent à ce grand effort multilatéral contre la pandémie – dès lors qu’ils auront fait l’objet des certifications nécessaires par l’OMS », plaide-t‑il.

Le président de la république oublie cependant que les Chinois comme les Russes grâce précisément à leurs vaccins utilisent cet outil pour renforcer leur impact diplomatique dans de nombreux pays en développement notamment en Afrique.

L’offensive pour vacciner toute la planète afin de prendre de vitesse les variants émerge aussi dans la presse scientifique écrit le JDD. Arnaud Fontanet cosigne cette semaine un article dans The Lancet où il insiste sur la « vulnérabilité » paradoxale des pays riches. « La fin de la pandémie », écrivent l’épidémiologiste du conseil scientifique et ses coauteurs (dont Salim Abdool Karim, qui conseille le gouvernement d’Afrique du Sud dans la lutte contre le Covid‑19), ne sera « possible » que lorsque « les vaccins seront distribués de manière équitable à travers le monde ». 

Dérèglement climatique : une responsabilité collective

Dérèglement climatique : une responsabilité collective

Le juriste Kamel Ajji propose, dans une tribune au « Monde », que la France se dote d’une « armée de la Terre », sur le modèle de la force citoyenne consacrée à la protection de l’environnement, créée aux Etats-Unis par un décret de Joe Biden.

Tribune. Le président Joe Biden vient de signer plusieurs décrets relatifs à la lutte contre le changement climatique. Le texte reconnaît la crise climatique comme un élément essentiel de la diplomatie et de la sécurité nationale. Surtout, il prévoit la création d’une force citoyenne consacrée à la protection de l’environnement (Civilian Climate Corps Initiative). Si les contours de ce projet demeurent encore inconnus, l’idée en elle-même devrait inspirer la France et l’Europe.

L’analogie entre la lutte contre le dérèglement climatique et l’armée a une valeur pédagogique et symbolique. Historiquement, les sociétés humaines se sont rassemblées, équipées et ont constitué des armées pour faire face aux menaces extérieures. De la même manière, le dérèglement climatique menace les populations et nous met collectivement en demeure d’agir. Il est donc temps de s’organiser pour parer la menace en créant une armée de la Terre.

 

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Joe Biden promet une réponse mondiale à la crise du climat 

La comparaison avec l’armée est bien sûr relative. Il ne s’agit pas ici de combattre d’autres nations ou de développer de nouvelles armes mais bien d’intervenir comme une force de préservation de l’environnement. Cette tâche immense requiert une organisation et une planification qui ne trouve que deux équivalents : l’armée et l’administration. Seule une combinaison des atouts de ces deux institutions nous permet de faire face aux défis qui nous attendent.

La détermination sans précédent de la jeunesse

Nous disposons d’une arme redoutable pour assurer le succès d’une telle initiative : l’enthousiasme et la détermination sans précédent de la jeunesse. Ses appels répétés à l’action des gouvernants peuvent enfin trouver une réponse concrète de nature à engager la société et lui permettre de contribuer activement à la mission du XXIe siècle. En quoi consiste concrètement cette force publique ? La Civilian Climate Corps Initiative doit permettre aux jeunes de s’engager dans les secteurs de la préservation de la biodiversité, de la reforestation, de la protection des eaux et des sols.

 

La France, puissance administrative, peut s’inspirer de ce modèle et aller plus loin. Certes, le service civique offre d’ores et déjà des missions relatives à la protection de l’environnement. Toutefois, il faut changer d’échelle et proposer un imaginaire puissant. Ainsi, nous pouvons créer un service public national de la protection de l’environnement dont la mission consiste à mettre en place des parcours universitaires et des formations professionnelles destinées à former et recruter les futurs agriculteurs, ingénieurs agronomes, enseignants, juristes, chercheurs, soignants, inspecteurs et agents déployés sur notre sol. 

Covid : IMMUNITÉ COLLECTIVE avec 50 à 60 % de vaccinés ?

Covid : IMMUNITÉ COLLECTIVE avec 50 à 60 % de vaccinés ?

Karine Lacombe, infectiologue et cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, n’est pas favorable « à la vaccination obligatoire ». Car « avec un vaccin efficace à 95% », nul besoin de vacciner tous les Français afin d’assurer une immunité de groupe dans la population française. Publicite

« Il suffit que la couverture vaccinale atteigne 50 à 60% pour que l’intégralité de la population soit immunisée, même ceux qui ne veulent pas se vacciner pour protéger les autres », détaille-t-elle.

Jean-Stéphane Dhersin, épidémiologiste et directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs interactions du CNRS, explique les raisons pour lesquelles ce chiffre pourrait en effet être suffisant.

« En terme d’immunité collective, il est difficile de savoir où l’on se situe car cela dépend du R0 sous-jacent. Pour s’assurer l’immunité collective, il faudrait être aux alentours de 60% de la population française immunisée. »

 6,33 millions de Français de 15 ans et plus ont été contaminés par le Covid-19, soit un peu plus de 11% de la population, soulignait de son côté l’Institut Pasteur début décembre. Si l’infection à Covid-19 ne garantit pas une immunité parfaite et durable, il est à noter que les cas documentés de réinfection restent à ce jour assez isolés.

Coronavirus : l’ immunité collective une illusion

Coronavirus : l’ immunité collective une illusion

L’idée d’une immunité collective collective a pu paraître intéressant à certains politiques qui refusaient le principe du confinement. Le problème c’est que cette immunité collective passe par la contamination de 60 à 70 % de la population mais aussi dans chaque pays par des centaines de milliers de morts. Sans doute des dizaines de millions au plan mondial. « L’hypothèse d’une immunité collective est intéressante mais semble s’éloigner », juge le docteur Jimmy Mohamed, mercredi sur Europe 1. « On partait sur une hypothèse d’immunité collective de 60 à 70% de la population qui devrait avoir le virus pour que le virus disparaisse et que nous soyons quasiment tous immunisés. Dans ce cas on aurait plus de chances de rencontrer une personne immunisée qu’une personne malade. Mais dans ce scénario il y aurait des dizaines voire des centaines de milliers de morts », prévient le docteur.

Secteur automobile: surveillance négative collective (Moody’s)

Secteur automobile: surveillance négative collective (Moody’s)

L’agence de notation financière vient de publier une note où il place quasiment tous les constructeurs européens sous surveillance négative. Pas moins de sept groupes dont Renault, PSA, Daimler, Jaguar-Land Rover, Volkswagen, Volvo et McLaren ont ainsi été mis sous surveillance négative, ce qui signifie que leur note peut potentiellement être dégradée à court terme. Celle de BMW a été, elle, abaissée assortie d’une perspective négative, et passe à A2.

Moody’s constate une dégradation sans précédent de la conjoncture économique consécutive à la crise du coronavirus et son impact sur les ventes. Il n’est pas fait grief aux constructeurs d’avoir pu ou su anticiper une situation inédite par son ampleur et sa soudaineté. En revanche, l’agence de notation observe que cette crise met en exergue les faiblesses structurelles des constructeurs. Selon elle, « la faiblesse de leur profil crédit » ajoutée à « leur exposition à la demande de voitures particuliers » les ont rendus vulnérables » aux aléas du marché, dans un contexte de crise sanitaire où l’épidémie de coronavirus ne cesse de s’étendre. Autrement dit, la suite de la notation pourrait en grande partie dépendre de la poursuite de la pandémie ou pas.

A noter également Fiat Chrysler Automobiles (FCA) est simplement placé sous surveillance mais sans direction (positive ou négative par l’agence de notaion américaine !

 

 

La confiance, le ressort de l’intelligence collective ? ( Mathieu Laine)

La  confiance, le ressort de l’intelligence collective ? ( Mathieu Laine)

 

 

Une interview intéressante sur la confiance et l’Etat (même cela peut  être discutée notamment parce que  intelligence, même collective, n’est pas nécessairement la morale) de Mathieu Laine, entrepreneur et professeur affilié à Sciences Po  (tribune dans l’Opinion).

 

C’est l’un des pièges les plus retors de notre monde et nous finissons tous par nous faire avoir : parce que le monde nous paraît, à raison, de plus en plus complexe, parce que la demande d’intervention se fait plus pressante, il nous semble inéluctable que les Etats doivent toujours plus intervenir. Or, qui dit intervention de l’Etat, dit, si ce n’est défiance, du moins recul de la confiance accordée aux individus de trouver par eux-mêmes la solution aux difficultés rencontrées.

Sans basculer dans l’anarchie, nous aurions grand intérêt à questionner notre habitude à déresponsabiliser les hommes et les femmes composant nos sociétés alors que leur intelligence collective, sans même qu’elle soit organisée par une instance supérieure, produit des résultats bien souvent éblouissants.

Pour mieux le comprendre, il faut lire ou relire le splendide livre d’Alain Peyrefitte, La société de confiance. Dans cette enquête fascinante au creuset de ce qui a fait le succès de l’Occident, l’auteur découvre que « le ressort du développement réside en définitive dans la confiance accordée à l’initiative personnelle, à la liberté exploratrice et inventive – à une liberté qui connaît ses contreparties, ses devoirs, ses limites, bref sa responsabilité, c’est-à-dire sa capacité à répondre d’elle-même ».

. Ce qui a fait la beauté de notre monde, ce sont les valeurs du monde libre, la liberté, la responsabilité, la propriété, la séparation des pouvoirs et la libre circulation des idées, notamment dans le domaine scientifique et juridique. Dans le cadre de l’Etat de droit, c’est la confiance qui libère et la défiance qui opprime.

Nous sommes toutefois biaisés par notre passé, nos réflexes, nos habitudes. Le recul de la confiance pointait déjà chez certains penseurs comme Hobbes et Rousseau, quand ils ont théorisé le contrat social par lequel chacun remet une partie de sa liberté d’action à un souverain supérieur supposé capable de les représenter et de savoir mieux que lui ce qui est bon pour lui. Benjamin Constant n’aura de cesse d’alerter sur les dangers d’une telle approche. « En se donnant à tous, il n’est pas vrai qu’on ne se donne à personne. On se donne au contraire à ceux qui agissent au nom de tous », écrit-il dans Principes de politiqueHayek décrira derrière le concept de constructivisme la fragilité majeure de l’intervention publique en raison d’un défaut congénital d’information du dirigeant politique. Aucune raison, aucun esprit humain, fusse-t-il supérieur, n’est en mesure d’appréhender l’intégralité et la complexité des informations nécessaires à la construction d’un ordre social. Cessons de raisonner sur cette illusion synoptique consistant à enfermer la confiance et, par là même, la liberté. La vraie transformation, c’est de refaire confiance à l’intelligence de chacun. Résultats garantis !

 

 

Mathieu Laine est entrepreneur et professeur affilié à Sciences Po. Il vient de publier Il faut sauver le monde libre chez Plon.

 

Après Nice : « absence de réflexion collective » (Jean-Pierre Raffarin)

Après Nice : «  absence de réflexion collective » (Jean-Pierre Raffarin)

 

À droite Jean-Pierre Raffarin fait un peu exception et ne rejoint pas le cœur des critiques en tout genre et encore moins les élucubrations populistes de certains. « Je souhaiterais que nous puissions avoir des débats sereins et apaisés, là où ils doivent se dérouler, c’est-à-dire au Parlement et non dans les JT. Notre démocratie ne connaît pas la réflexion collective, c’est désolant». Il veut «éviter que les politiques de sécurité ne s’inventent dans les quarante-huit heures suivant un drame». Ceci étant  Jean-Pierre Raffarin aborde une question essentielle à savoir la trop grande exposition de la France contre l’État islamique. Jean-Pierre Raffarin remet en cause l’intérêt d’une intervention militaire française contre l’État islamique. «On peut se poser la question de la surexposition de nos armées en Irak et en Syrie. Dans cette aventure, nous sommes partis avec les Américains, et aujourd’hui notre action est globalement minoritaire mais politiquement très exposée. En va-t-il de l’intérêt supérieur de la France? Nous payons doublement le prix de la guerre, humainement et matériellement», s’interroge le sénateur. Jean-Pierre Raffarin ne rejoint pas les propositions fantaisistes de certains de ses collègues comme  Georges Fenech (LR): qui propose «Un Guantanamo à la française», ou encore comme  Alain Marsaud (LR) qui déclare «Je me défends, je porte une arme» Pour l’ex-juge antiterroriste, la population française doit être armée. «, Autre proposition, celle de Jacques Bompard qui consiste à faire «Faire sauter l’État de droit» sans oublier  Henri Guaino (LR) qui  a suggèré de mettre un lance-roquettes sur la Promenade des Anglais est sans doute lors de toutes les manifestations festives ou non. À juste titre Jean-Pierre Raffarin s’est donc inquiété de la surenchère des leaders de la droite




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