Archive pour le Tag 'clivage'

Politique : « Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Politique : « Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Le journal Le Monde rend compte du dernier ouvrage de la politiste Janine Mossuz-Lavau retrace l’histoire et montrerait la persistance, chez les Français, de l’axe droite-gauche. Pourtant cette justification droite gauche paraît bien peu convaincante au regard des arguments évoqués qui se fondent davantage sur une société des années 50 que sur celle de 2020. Une vision assez traditionnelle de la gauche bourgeoise qui ne sans doute n’a pas totalement perçue les changements sociologiques. Une approche des clivages qui ont tué par exemple le parti socialiste se référant aux valeurs traditionnelles dans l’opposition mais appliquant l’idéologie de droite une fois au pouvoir. Si des clivages tels que définis existent, ils persistent essentiellement chez des intellectuels et des responsables politiques un peu coupés des réalités sociales et sociétales. Les clivages ont en effet évolué et leur description mérite mieux qu’une opposition entre droite et gauche.

 

« Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », de Janine Mossuz-Lavau, Presses de Sciences Po, « Nouveaux Débats », 176 p., 12 €. Le papier du monde :

« Par-delà la droite et la gauche » : la formule du sociologue anglais Anthony Giddens a fait date dans la politologie et dans le champ idéologique. Avec l’effondrement du communisme, la mondialisation et la crise écologique, soutenait-il en 1994, le vieux clivage droite-gauche devait être dépassé. Ainsi justifiait-il l’avènement d’un nouveau centre gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ensuite rebaptisé « progressisme ». Mais son approche se heurta vite aux critiques de ceux qui, tel le philosophe italien Norberto Bobbio, mirent en avant l’idéal égalitaire : irréaliste et dangereux pour la droite, il restait pour la gauche une « étoile Polaire ».

Aujourd’hui, ce débat renaît en France, après la victoire d’Emmanuel Macron autour d’une idéologie qui se voulait « et de droite et de gauche », et dans un contexte où plusieurs forces politiques évitent de se situer sur l’axe droite-gauche, jugé toujours moins pertinent pour l’électorat. Il s’agit pourtant, avertit la politiste Janine Mossuz-Lavau, d’une grave erreur intellectuelle et politique. Le Clivage droite gauche, son nouvel ouvrage, qui synthétise et prolonge des décennies de recherche, soutient qu’une grande partie de la population française continue à se positionner clairement autour des références de droite et de gauche, et sait très bien de quoi il en retourne. Sa méthode, fondée avant tout sur des entretiens fouillés, lui permet de repérer les choix de valeurs qui sous-tendent les orientations des uns et des autres.

Les catégories de « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, où elles servirent à distinguer dans l’assemblée partisans et adversaires du veto royal, que la Constituante accorda à Louis XVI en 1789. Elles ont certes mis du temps à structurer la vie politique en traduisant les batailles entre cléricaux et anticléricaux, royalistes et républicains, opposants et soutiens du progrès social. Mais elles indiquent un net clivage qui, par-delà ses évolutions, procède d’une différence d’attitude vis-à-vis de l’égalité. Ainsi, depuis les premières études des années 1950-1960 sur l’autopositionnement des citoyens suivant l’axe droite-gauche, on observe des constantes.

En gros, les personnes de droite sont attachées à des formes de hiérarchie et d’autorité, à des inégalités de salaire et de patrimoine, à un ordre dans la société et les mœurs. Elles valorisent la liberté entrepreneuriale et les chefs, les sanctions et punitions, dénigrent l’« assistanat » au nom du travail et de la méritocratie. Au contraire, les personnes de gauche s’indignent des inégalités et de l’injustice sociale, aspirent à une démocratisation des institutions, sont plus tolérantes sur les mœurs, s’alarment des inégalités Nord-Sud. Elles défendent des politiques redistributives et un ample Etat social. En outre, alors que les gens de droite manifestent un fort pessimisme sur l’être humain, dont il faudrait brider les conduites, les gens de gauche sont plus optimistes et confiants quant aux capacités de la société et de l’humanité à s’améliorer. »

 

« Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

« Clivage droite gauche : des valeurs tenaces ? »

Le journal Le Monde rend compte du dernier ouvrage de la politiste Janine Mossuz-Lavau retrace l’histoire et montrerait la persistance, chez les Français, de l’axe droite-gauche. Pourtant cette justification droite gauche paraît bien peu convaincante au regard des arguments évoqués qui se fondent davantage sur une société des années 50 que sur celle de 2020. Une vision assez traditionnelle de la gauche bourgeoise qui ne sans doute n’a pas totalement perçue les changements sociologiques. Une approche des clivages qui ont tué par exemple le parti socialiste se référant aux valeurs traditionnelles dans l’opposition mais appliquant l’idéologie de droite une fois au pouvoir. Si des clivages tels que définis existent, ils persistent essentiellement chez des intellectuels et des responsables politiques un peu coupés des réalités sociales et sociétales. Les clivages ont en effet évolué et leur description mérite mieux qu’une opposition entre droite et gauche.

 

« Le Clivage droite gauche. Toute une histoire », de Janine Mossuz-Lavau, Presses de Sciences Po, « Nouveaux Débats », 176 p., 12 €. Le papier du monde :

« Par-delà la droite et la gauche » : la formule du sociologue anglais Anthony Giddens a fait date dans la politologie et dans le champ idéologique. Avec l’effondrement du communisme, la mondialisation et la crise écologique, soutenait-il en 1994, le vieux clivage droite-gauche devait être dépassé. Ainsi justifiait-il l’avènement d’un nouveau centre gauche aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ensuite rebaptisé « progressisme ». Mais son approche se heurta vite aux critiques de ceux qui, tel le philosophe italien Norberto Bobbio, mirent en avant l’idéal égalitaire : irréaliste et dangereux pour la droite, il restait pour la gauche une « étoile Polaire ».

Aujourd’hui, ce débat renaît en France, après la victoire d’Emmanuel Macron autour d’une idéologie qui se voulait « et de droite et de gauche », et dans un contexte où plusieurs forces politiques évitent de se situer sur l’axe droite-gauche, jugé toujours moins pertinent pour l’électorat. Il s’agit pourtant, avertit la politiste Janine Mossuz-Lavau, d’une grave erreur intellectuelle et politique. Le Clivage droite gauche, son nouvel ouvrage, qui synthétise et prolonge des décennies de recherche, soutient qu’une grande partie de la population française continue à se positionner clairement autour des références de droite et de gauche, et sait très bien de quoi il en retourne. Sa méthode, fondée avant tout sur des entretiens fouillés, lui permet de repérer les choix de valeurs qui sous-tendent les orientations des uns et des autres.

Les catégories de « droite » et « gauche » remontent à la Révolution française, où elles servirent à distinguer dans l’assemblée partisans et adversaires du veto royal, que la Constituante accorda à Louis XVI en 1789. Elles ont certes mis du temps à structurer la vie politique en traduisant les batailles entre cléricaux et anticléricaux, royalistes et républicains, opposants et soutiens du progrès social. Mais elles indiquent un net clivage qui, par-delà ses évolutions, procède d’une différence d’attitude vis-à-vis de l’égalité. Ainsi, depuis les premières études des années 1950-1960 sur l’autopositionnement des citoyens suivant l’axe droite-gauche, on observe des constantes.

En gros, les personnes de droite sont attachées à des formes de hiérarchie et d’autorité, à des inégalités de salaire et de patrimoine, à un ordre dans la société et les mœurs. Elles valorisent la liberté entrepreneuriale et les chefs, les sanctions et punitions, dénigrent l’« assistanat » au nom du travail et de la méritocratie. Au contraire, les personnes de gauche s’indignent des inégalités et de l’injustice sociale, aspirent à une démocratisation des institutions, sont plus tolérantes sur les mœurs, s’alarment des inégalités Nord-Sud. Elles défendent des politiques redistributives et un ample Etat social. En outre, alors que les gens de droite manifestent un fort pessimisme sur l’être humain, dont il faudrait brider les conduites, les gens de gauche sont plus optimistes et confiants quant aux capacités de la société et de l’humanité à s’améliorer. »

Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

Le clivage droite-gauche est dépassé pour 66% des Français

 

Selon un sondage Viavoice pour Libération le clivage gauche droite est dépassé. Une manière sans doute de condamner les politiques qui ont été menées au cours des 30 dernières années alternativement par les partis soit de la gauche, soit de la droite. Pas sûr cependant que cette condamnation soit fondée sur les mêmes motifs. En nouveau en effet un nouveau clivage pourrait apparaître entre patriotes ouverts au monde et nationaliste partisan du repli économique mais aussi identitaire. Autrement dit entre progressistes et réactionnaires. En cause sans doute le niveau culturel des intéressés mais aussi le niveau d’intégration dans la modernité et de développement économique. Selon cette enquête,  45% se déclarent  proches des idées « progressistes », et 50% proches des idées « pro-européennes », deux valeurs essentielles dans le positionnement d’Emmanuel Macron tout au long de cette campagne. Pour 66%, le clivage gauche-droite n’est plus pertinent et doit être dépassé, un sentiment partagé par 83% des électeurs d’Emmanuel Macron, et 70% des électeurs de Marine Le Pen. Les valeurs patriotiques (52%) sont aussi fortes dans l’électorat, à l’inverse des idées « nationalistes » (28%). Marine Le Pen voit dans le scrutin une opposition des « patriotes » contre les « mondialistes » et Emmanuel Macron une opposition des « patriotes » contre les « nationalistes » représentés selon lui par la candidate du FN. Si beaucoup parient aujourd’hui sur une large victoire du leader d’En Marche !, seuls 55% des Français estiment que le second tour « est joué d’avance ».

En réaction à Macron, Valls veut conserver le clivage droite gauche

 

Manuel Valls qui s’est fait dérober à gauche  l’image du plus réformiste par Emmanuel Macron ; il  réagit avec une certaine vigueur en même temps qu’une grande maladresse à la proposition d’Emmanuel Macron de dépasser les vieux clivages droite gauche. Pourtant il est souvent bien difficile d’identifier des clivages  essentiellement artificiels et finalement régulés  par l’immobilisme. Pour Valls qui veut conquérir le parti socialiste il est nécessaire de conserver des marqueurs à gauche. Ce qui n’est pas le cas d’Emmanuelle Macron qui lui cherche plutôt un positionnement au centre de l’échiquier politique et chez les plus réformateurs. L’argumentaire de Manuel Valls est par ailleurs assez fumeux et contradictoire puisque le Premier ministre  propose de maintenir en l’état les partis de droite et les partis de gauche il estime en même temps nécessaire de dépasser les clivages partisans. Justement ce que propose Emmanuel M Macron. En réalité Valls et Macron sont sans doute idéologiquement assez proches mais c’est justement cette proximité qui les conduit à se différencier de manière un peu outrancière voir caricaturale pour décrocher le titre de leader de la gauche. Il serait absurde de vouloir effacer « les différences entre la gauche et la droite, a donc déclaré jeudi à Metz Manuel Valls, au lendemain du lancement du mouvement «transpartisan» du ministre de l’Économie Emmanuel Macron baptisé En Marche! Dans une démocratie, «il y a forcément des forces politiques. Il y a même une gauche et même une droite. Il y a des extrêmes gauches et une extrême droite. Et heureusement. C’est ainsi que fonctionne notre démocratie. Il serait absurde de vouloir effacer ces différences», a déclaré le Premier ministre, en marge de la cérémonie de la pose de la première pierre du centre des congrès Robert-Schuman à Metz. «Mais nous savons aussi que ces perceptions ont changé, que les différences se sont estompées et parfois même elles ne sont pas perçues par nos concitoyens», a-t-il poursuivi. «C’est pourquoi nous devons être capables de dépasser les clivages partisans et de nous situer au-dessus des petites querelles.»

Loi travail: un clivage de plus en plus important entre syndicats réformistes et radicaux

Loi travail: un clivage de plus en plus important entre syndicats réformistes et radicaux

Le clivage entre syndicats réformistes et syndicats radicaux était déjà évident mais avec la loi travail cette opposition devient sans doute définitivement inconciliable. Reste à savoir quelle stratégie risque de triompher auprès de l’opinion publique. Une opinion publique certes opposée de façon assez majoritaire au texte initial mais qui en même temps souhaite un changement assez fondamental en matière de dialogue social y compris concernant la loi travail.  La CGT a estimé par la voix de son numéro un Philippe Martinez que la mobilisation contre le projet de loi travail et la journée de grève prévue le 31 mars sont « plus que jamais d’actualité ». Le secrétaire général de la centrale syndical a dénoncé les « effets d’annonce » du gouvernement et annoncé que son syndicat allait   »discuter avec les autres organisations (syndicales) pour pouvoir concrétiser ce rendez-vous important » du 31 mars. Le secrétaire général de Force ouvrière (FO) Jean-Claude Mailly a une nouvelle fois réclamé lundi le retrait du projet de loi réformant le code du travail, n’étant pas satisfait par les modifications au texte présentées par Manuel Valls.  »Je viens de confirmer au Premier Ministre, au nom de FO, faute de suspension, la demande de retrait du projet de loi », a indiqué sur son compte Twitter le patron de Force ouvrière, alors que la réunion des partenaires sociaux à Matignon était toujours en cours.  Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a salué les annonces de Manuel Valls de réécriture du projet de loi travail, « potentiellement » porteur de « progrès pour les jeunes et les salariés », à la sortie de la réunion de Matignon.  »Si les annonces se manifestent dans l’écriture du projet de loi, la CFDT considère que nous avons fait avancer ce texte », a-t-il ajouté. La centrale va se prononcer sur ces annonces lors de son bureau national « mercredi et jeudi », a-t-il précisé. La présidente de la CFE-CGC, Carole Couvert, s’est réjouie sur Twitter du fait que « l’unité de toutes les organisations syndicales permet(te) le retrait du barème d’indemnisation des prud’hommes qui devient indicatif ».  »L’unité syndicale réformiste fait bouger les lignes », ajoute-t-elle dans un autre message sur Twitter, « mais (ce n’est) pas tout pour CFE-CGC » qui réclame le « retrait du référendum » d’entreprise. La centrale syndicale a déclaré qu’elle déciderait le 21 mars si le projet de loi Travail « a suffisamment bougé ». L’Unef, premier syndicat étudiant de France, appelle les « jeunes à continuer la mobilisation. »  »Est-ce que ce gouvernement avec ce projet de loi travail a répondu aux aspirations des jeunes? On est profondément convaincus que non. Évidemment, on appelle les jeunes à continuer cette mobilisation », a déclaré William Martinet de l’Unef. Alexandre Leroy, président de la Fage, deuxième syndicat étudiant, a pour sa part jugé que la nouvelle mouture permettait « la poursuite du dialogue » et n’a pas appelé à la mobilisation.

(Avec AFP)




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