Archive pour le Tag 'climatique'

Changement climatique et pluralité des opinions

Changement climatique et pluralité des opinions

« A quoi sert de mettre en avant, dans un journal de référence, des points de vue qui nient tout ce que la science nous apprend ? », interroge Anne-Sophie Anglaret, lectrice du Monde au sujet d’une tribune sur les réductions d’émissions de gaz à effet de serre parue dans « Le Monde ».

Je vous écris suite à la tribune de Dominique Finon, publiée le 4 décembre dans Le Monde. Je sais que cette tribune ne vient pas de votre rédaction, mais il me semble qu’il serait de la responsabilité du Monde de ne pas propager de tels discours. Le texte de Dominique Finon rentre tout à fait dans ce que plusieurs chercheurs ont récemment décrit, dans la revue Global Sustainability, comme des « discourses of climate delay ».

Autrement dit, des discours qui ne nient plus le changement climatique mais qui prétendent notamment (il y a plusieurs catégories dans leur article) qu’agir serait plus coûteux que de ne pas agir. Au final, comme le démontrent les auteurs, ces discours n’ont pas d’autre but que ceux des climatosceptiques : freiner les tentatives de limiter les émissions de carbone.

Et de fait, Dominique Finon ne propose rien, dans son article, sinon d’aller beaucoup plus lentement. Or tous les climatologues (ce qu’il n’est pas, il faut le rappeler, car la mention « spécialiste du climat », sous son nom, pourrait être trompeuse) s’accordent à dire que nous n’avons pas le temps d’attendre. En faisant croire qu’agir nous mènerait à un choc plus grand que de ne pas agir, Dominique Finon ignore donc sciemment les vrais spécialistes du sujet (dont les prévisions sont horrifiantes, faut-il le rappeler ? Avec des scénarios probables aujourd’hui de 3 à 4° d’augmentation des températures, disparition de niches écologiques à certains endroits, augmentation des morts dues aux canicules, famines, sécheresses, pandémies…).

En tant qu’historienne, je ne peux pas ne pas faire un parallèle avec la place que Le Monde a un jour accordée à Robert Faurisson. Pas pour faire un point Godwin facile, mais parce qu’il me semble que la situation est assez comparable du point de vue du rapport de la science et des médias : en publiant des avis qui s’opposent à ceux de l’écrasante majorité des spécialistes, vous avez peut-être l’impression de favoriser la pluralité. Mais quand le déséquilibre entre spécialistes est aussi énorme, il faut s’interroger : à quoi sert de mettre en avant, dans un journal de référence, des points de vue qui nient tout ce que la science nous apprend ? Les conséquences peuvent être catastrophiques, et la catastrophe climatique n’a pas besoin qu’on lui donne un coup de pouce.

 

 

Anne-Sophie Anglaret, Paris

«Mutation climatique et économie » : Laurent Fabius sort de son rôle

 «Mutation climatique et économie » : Laurent Fabius sort de son rôle

 

Sans doute un mal existentiel, le président du conseil constitutionnel Laurent Fabius, propose une politique de relance plus écologique. Le propos n’est pas incohérent mais il est pour le moins baroque, voire anticonstitutionnel. En effet le rôle des membres du conseil constitutionnel et de s’en tenir strictement à l’analyse juridique des textes proposés par le gouvernement. Pendant tout leur mandat, ils doivent éviter de s’investir sur la scène politique. Par ailleurs, on voit mal ce qui qualifie Laurent Fabius pour parler avec pertinence de la comparaison entre le covid et la relance économique. Pendant tous ses mandats au gouvernement, Laurent Fabius n’a guère fait la preuve concrète de ces convictions dans le champ environnemental. Il a plutôt été un ministre socialiste libéral classique.

«La mutation climatique est, d’une certaine façon, beaucoup plus grave encore que la Covid, y compris en matière de santé», a d’abord affirmé l’ancien ministre socialiste. «Là où est le paradoxe, c’est qu’on ne fait pas, pour lutter contre la mutation climatique, le même effort qu’on fait pour lutter – à juste raison – contre la Covid. (…) Il n’y a pas de vaccin, d’accord, mais il y a un antidote (…) qui s’appelle l’application intégrale de l’Accord de Paris», a-t-il poursuivi.

« La crise climatique n’ est pas une affaire malthusienne »

« La crise climatique n’ est pas une affaire malthusienne » 

L’énergie est un phénomène qui s’appréhende mal avec des équations forgées au siècle dernier pour étudier la multiplication des mouches dans un bocal, observe l’historien Jean-Baptiste Fressoz dans sa chronique au Monde .

Chronique.

 

Le pic est la grande affaire de notre époque : pic de la pandémie, pic de la population mondiale (prédit pour 2050), pic du pétrole (récemment annoncé par BP). Que les émissions de CO2 stagnent en 2019, et voilà poindre l’espoir d’un autre pic salutaire. Cette figure du pic paraît plus naturelle qu’elle ne l’est en réalité. Que des phénomènes disparates s’y conforment repose sur différentes hypothèses : par exemple que les processus en question passent bien par un pic et non plusieurs, ou que la phase de croissance soit bien suivie d’un reflux de même ampleur. Ce sont ces caractéristiques qui confèrent au pic sa vertu prédictive et salvatrice.

L’omniprésence actuelle du pic n’est pas sans rappeler la période de l’entre-deux-guerres. On scrutait alors avec angoisse les courbes de mortalité (de la grippe espagnole entre autres), mais surtout celles des naissances : en 1927, un Congrès mondial de la population réunit, à Genève, le gratin des néomalthusiens – dont John Maynard Keynes, Raymond Pearl, Julian Huxley et Margaret Sanger – pour discuter du pic de population et des moyens de le hâter.

C’est aussi à cette époque que les biologistes établissent les lois mathématiques gouvernant la croissance et l’effondrement des populations. Raymond Pearl, en étudiant les mouches drosophiles dans un bocal, démontre que leur nombre suit une courbe en S (ou logistique) : une croissance lente, puis rapide, suivie d’un point d’inflexion et d’une asymptote. Et il ne s’arrête pas là. Dans The Biology of Population Growth (1925, non traduit), Pearl fait suivre son étude sur les mouches d’une seconde, portant sur la démographie de l’Algérie. Verdict logistique : la population de ce pays culminera à 5,5 millions d’habitants…

La courbe en S s’appliquerait aussi à l’économie. La croissance exponentielle de la consommation de charbon qui a prévalu au XIXe siècle ne peut perdurer : « Le volume de la planète est strictement limité (…) et il n’est pas besoin de projeter la consommation de houille loin dans le temps avant qu’elle n’atteigne un point où son tonnage correspondrait à un globe entièrement composé de charbon » (Raymond Pearl, Studies in Human Biology, 1924, non traduit). Les néomalthusiens conçoivent la Terre à l’instar d’un bocal au sein duquel l’humanité commence à se sentir à l’étroit. Et ces limites planétaires pourraient produire un chaos immense dont la première guerre mondiale n’a donné qu’un avant-goût.

Réchauffement climatique : le conseil d’État met la France en demeure de prendre des mesures

Réchauffement climatique : le conseil d’État met la France en demeure de prendre des mesures

La France se gargarise évidemment de l’accord de Paris sur le climat, le problème c’est qu’elle ne le respecte pas davantage que les autres. Si la France est effectivement en pointe en matière de déclaration concernant la protection de l’environnement en général et le réchauffement climatique en particulier par contre le décalage entre ses proclamations et son action concrète n’a jamais été aussi grand. Pour preuve, la France a encore été condamnée par les autorités européennes. Pire, le Conseil d’État met en demeure la France de prendre des mesures dans les trois mois pour réduire les émissions polluantes concernant en particulier les gaz à effet de serre.

C’était au départ un recours déposé en janvier 2019 par le maire écologiste de Grande-Synthe, Damien Carême ( élu depuis député européen). Cette ville du nord étant à terme potentiellement exposée à des risques de submersion, l’élu avait attaqué l’État pour «inaction climatique». Le gouvernement avait en effet fait la sourde oreille aux appels de l’édile pour de nouvelles mesures en vertu des accords de Paris. Un collectif regroupant quatre associations, «L’affaire du Siècle» et les villes de Paris et Grenoble se sont jointes au recours.

«Le Conseil d’État juge que la requête de la commune de Grande-Synthe est recevable, cette commune littorale de la mer du Nord étant particulièrement exposée aux effets du changement climatique», note d’abord la haute juridiction. Avant de rappeler que si la France s’était engagée à réduire ses émissions de 40% d’ici à 2030, « elle a, au cours des dernières années, régulièrement dépassé les plafonds d’émissions qu’elle s’était fixés et que le décret du 21 avril 2020 a reporté l’essentiel des efforts de réduction après 2020». Le Conseil d’État donne donc trois mois au gouvernement pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée”.

Au-delà de ces délais, la décision implique que la Cour pourrait imposer au gouvernement de nouvelles mesures en faveur du climat, si celui-ci ne parvient pas à justifier sa trajectoire au regard des objectifs fixés par les accords de Paris. « Le Conseil d’État sera en mesure de «forcer la main» de l’exécutif pour le sommer d’agir», explique Christel Cournil, professeure de droit public à Sciences Po Toulouse et auteure de Les procès climatiques : entre le national et l’international. Une première en France. 

Changement climatique : revoir l’approche économique

Changement climatique : revoir l’approche économique

 

La sociologue Dominique Méda détaille, dans sa chronique du Monde, l’insuccès des économistes à comprendre la catastrophe écologique avec leurs outils traditionnels

 

Chronique.

 

Les écologistes doivent-ils rompre avec la critique de la croissance, du productivisme et du capitalisme, pour mener de façon réaliste la « transition écologique » ? En 1972, le rapport du Club de Rome intitulé « Les limites à la croissance » (Rue de l’Echiquier, 2012) – plus connu sous le nom de « rapport Meadows », signé des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology Dennis et Donnella Meadows – prédisait un effondrement de nos sociétés avant la fin du XXIe siècle si des mesures drastiques n’étaient pas prises pour ralentir le rythme de la croissance.

Ces résultats étaient immédiatement et violemment critiqués par un économiste, William Nordhaus, futur récipiendaire, en 2018, du Prix de la Banque de Suède en sciences économiques. Il reprochait notamment aux Meadows de ne pas introduire la notion de prix dans leur modèle : le signal prix permettrait, selon lui, d’organiser la substitution d’une ressource rare à une autre et d’enrayer, grâce au progrès technologique, à la fois le risque de déplétion des ressources naturelles et de pollution. Avec la crise de la fin des années 1970, les travaux des Meadows ont été oubliés et c’est le modèle proposé par Nordhaus qui a été largement adopté, comme le raconte le passionnant ouvrage Les Modèles du futur (La Découverte, 2007).

L’exactitude des projections des Meadows a pourtant été confirmée par un chercheur australien, Graham Turner, qui les a comparées aux données réelles : il met en évidence la validité de la plupart des prévisions de l’équipe du MIT. Quant aux travaux de Nordhaus, ils font, depuis quelques années, l’objet de vives critiques : selon ses contradicteurs, l’économiste aurait minimisé les effets du changement climatique, considérant que celui-ci n’adviendrait que dans un futur très éloigné, et se serait essentiellement intéressé au coût de la transition écologique sans prendre en compte des questions physiques, indiquant par exemple qu’un réchauffement de 6 degrés coûterait 10 points de PIB et que la solution optimale consisterait en un réchauffement de 3,5 °C en 2100…

Dans un article publié en 2019 sur le site Mint Magazine et traduit en français, l’économiste australien Steve Keen dénonce avec vigueur les travaux de Nordhaus. Il aurait, selon lui, omis d’intégrer dans ses équations une notion déterminante pour les climatologues : celle de point de basculement, qui signifie que les évolutions ne sont pas linéaires et peuvent connaître de brusques changements une fois que certains seuils sont franchis. Il conclut ainsi ses réflexions : « Plutôt que d’“intégrer le changement climatique dans l’analyse économique de long terme”, comme le mentionne son prix Nobel, Nordhaus a emmené l’espèce humaine dans une promenade qui la conduit vers la possibilité d’une hécatombe. Lui emportera son prix Nobel dans sa tombe, mais nous, nous devons nous sortir de cette marche vers la mort, maintenant. Etant donné le niveau irrémédiablement mauvais du travail qu’ont fait les économistes sur les conséquences économiques du changement climatique, cette tâche devrait être laissée entre les mains de climatologues comme Steffen, Lenton et Garrett. On peut au moins leur faire confiance pour comprendre ce qu’est le réchauffement climatique. »

 

Changement climatique : record de chaleur en septembre

Changement climatique : record de chaleur en  septembre

En matière de climat, les records succèdent aux records, c’est encore le cas pour le mois de septembre qui n’a jamais été aussi chaud un peu partout dans le monde. Si la douceur continue jusqu’à décembre 2020 pourrait être une année record en matière d’élévation de la température. “Alors que le monde entre dans une période encore plus chaude, certains (épisodes météorologiques) extrêmes sont susceptibles de se produire plus souvent et avec plus d’intensité”, a averti la chercheuse Freja Vamborg, membre du C3S, interrogée par Reuters.

A l’échelle mondiale, le mois de septembre 2020 a été respectivement 0,05 et 0,08 degré Celsius plus chaud que ceux de 2019 et 2016, qui tenaient jusqu’ici les deux premières places du classement.

Suivant les températures du dernier trimestre, qui dépendront de phénomène comme La Niña et de l’état de la banquise dans l’Arctique, l’année tout entière pourrait devenir la plus chaude jamais enregistrée, souligne le C3S.

Urgence climatique : les contradictions du citoyen

Urgence climatique : les contradictions du citoyen

Le politologue Brice Teinturier constate, dans une tribune au « Monde », que les citoyens n’ont pas encore mis totalement en accord leurs comportements individuels avec leurs convictions écologiques.

 

Tribune. Vu de loin, il peut sembler paradoxal que les Français n’aient pas adopté plus de comportements vertueux en matière de protection de l’environnement, alors que cette préoccupation fait maintenant partie des trois ou quatre sujets qu’ils jugent majeurs, ce qui n’était absolument pas le cas il y a quelques années.

Vu de près, le paradoxe s’éclaire.

Tout d’abord, la prise de conscience des enjeux environnementaux et climatiques n’est, malgré tout, pas sans effet sur les comportements : les enquêtes montrent bien que ceux que l’on peut qualifier de vertueux ont incontestablement progressé chez les citoyens et consommateurs français, que ce soit dans l’alimentation, le tri des déchets, la gestion de l’eau, etc. La question est donc celle de l’ampleur du changement, non sa réalité.

Quatre grands freins à un véritable basculement des comportements subsistent néanmoins.

Vouloir, ou le poids des habitudes. Changer de comportement a un coût – psychologique, organisationnel, économique –, a fortiori quand il s’agit de s’imposer des contraintes supplémentaires là où le confort et la facilité peuvent prévaloir. Il ne faut pas non plus négliger l’incivisme d’une partie de la population, qui continue à jeter sans vergogne mégots ou plastiques dans la nature, à prendre la voiture ou l’avion pour de petits déplacements et ne se préoccupe absolument pas du reste de la population.

On touche là une tendance profonde, l’hyper-individualisme, qui concerne 17 % environ de la population, ceux qui, dans nos enquêtes, déclarent : « Dans la vie, ce qui compte, c’est moi d’abord, les autres viennent toujours après. » Le premier obstacle à l’orientation massive des comportements en faveur de l’environnement est donc la tension entre l’individu et le collectif, le consommateur et le citoyen. Le premier veut des cerises en hiver et des mandarines en été. Le second est sensible aux conséquences : aberration écologique, impact énergétique, destruction des ressources, etc.

Savoir, ou l’intensité de la menace perçue. Certes, la dégradation de l’environnement, le changement climatique, la pollution inquiètent de plus en plus. Mais les études montrent aussi que ces questions restent très abstraites pour une grande partie de la population. En revanche, plus la menace est visible, comme le réchauffement climatique ou la multiplication des épisodes de pollution, plus ce savoir abstrait s’enrichit d’une expérience directe du sujet. C’est bien ce qui s’est produit ces dernières années, mais le chemin de la connaissance est encore long à parcourir et peut conduire à une forme de relativisation de la menace – ce qui est différent de la contestation de sa réalité –, nuisant au basculement des comportements.

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Crise climatique : changer de modèle agricole

Crise climatique : changer de modèle agricole 


Le développement de l’agroécologie paysanne et de la permaculture pourrait permettre d’amortir les conséquences du changement climatique et de déployer en France une agriculture durable et résiliente, affirme, dans une tribune au « Monde », Olivier Hébrard, de l’association Terre & Humanisme. Un article intéressant mais qu’il convient de relativiser car les modalités d’exploitation des sols ont déjà évolué avec notamment moins en moins  de labours profonds et  moins de traitements chimiques. Certes,  il reste encore beaucoup à faire mais l’action ne peut s’inscrire que dans le temps pour transformer à la fois l’offre mais aussi la demande. Et de ce point de vue les consommateurs ont aussi une grande responsabilité.

 

Année après année, la fréquence et la sévérité des sécheresses progressent sur nos territoires, conséquences des changements climatiques en cours. En première ligne, le monde agricole souffre tout particulièrement de la récurrence des températures extrêmes, de leur persistance et des longues périodes sans pluie.

Le modèle agricole français actuel reste largement dominé par l’agriculture dite conventionnelle, reposant en partie sur la chimie et bien trop souvent sur une mauvaise gestion des sols, de la biodiversité et de l’eau. Là où ce modèle parvenait à franchir tant bien que mal les sécheresses estivales il y a encore quelques dizaines d’années, avec leur récurrence et leur persistance, il montre à présent clairement ses limites.

Les sols travaillés en profondeur, les engrais minéraux et les pesticides chimiques sont autant de facteurs qui, année après année, fragilisent les sols et leur enlèvent leur aptitude à retenir et stocker les eaux en période de pluies, puis en période sèche, à les redistribuer progressivement aux plantes, aux aquifères profonds, aux sources et aux cours d’eau.

Ainsi, lors des principaux événements pluvieux, ces sols dégradés génèrent plus facilement des crues. A l’inverse, n’ayant pas pu correctement retenir et stocker les eaux lors des périodes de pluies, ils nécessitent alors rapidement une irrigation conséquente. De surcroît, les prélèvements d’eau agricole s’effectuent souvent dans des nappes et des cours d’eau eux-mêmes mal rechargés pendant les périodes hivernales en raison de cette mauvaise gestion globale des sols, ce qui ne fait qu’accentuer leurs faibles niveaux d’étiage.

C’est notamment dans ce contexte global que les demandes de création de retenues d’eau se multiplient. Si parfois elles s’avèrent fondées et légitimes, bien souvent elles visent à répondre aux besoins en eau d’un système agricole devenu aujourd’hui obsolète. L’arrosage massif de grandes surfaces de maïs, destinées à alimenter du bétail qui, normalement, devrait se nourrir à l’herbe, en est un exemple criant. Le projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, est un des cas les plus médiatisés de débats portant sur les liens entre ressource en eau et choix du modèle agricole global.

A la lumière des erreurs passées et actuelles, nous savons aujourd’hui que d’autres modèles agricoles et alimentaires sont possibles, mais aussi que le consommateur, qui se trouve en bout de chaîne, représente un vrai levier. Si celui-ci choisit par exemple de consommer moins de viande mais de meilleure qualité, telle que celle issue de vaches nourries à l’herbe et certifiées en agriculture biologique, et dans la mesure du possible selon un approvisionnement en circuits courts, les effets positifs sur les milieux seront notables.

Fessenheim : réchauffement climatique 2 – climat 0

Fessenheim : réchauffement climatique 2 – climat 0

Le GIFEN, qui représente l’ensemble des industriels de la filière nucléaire française, déplore cette décision de fermeture de Fessenheim ( cadeau surtout fait par François Hollande à Europe écologie les Verts en 2012), qui fragilisera considérablement le tissu économique local et contribuera à l’accroissement des émissions de CO2. Par Cécile Arbouille, déléguée générale du GIFEN.

« Aujourd’hui, les équipes d’EDF ont mis à l’arrêt le second réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin), en application du décret gouvernemental du 18 février abrogeant l’autorisation d’exploitation de la centrale par l’électricien français. Quatre mois après l’arrêt du réacteur 1, la mise à l’arrêt du second réacteur met fin, de manière prématurée, au bon fonctionnement d’une installation dont l’Autorité de sûreté nucléaire elle-même, en 2015, rappelait la sûreté irréprochable. Le GIFEN, qui représente l’ensemble des industriels de la filière nucléaire française, déplore cette décision, qui fragilisera considérablement le tissu économique local et contribuera à l’accroissement des émissions de CO2.

Vers l’importation d’électricité fortement carbonée

Depuis sa mise en service en 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim produisait en moyenne 11 milliards de kWh par an, soit l’équivalent de 70% de la consommation d’une région comme l’Alsace – avec presque deux millions d’habitants. Sa fermeture est avant tout un coup dur pour  la lutte contre le réchauffement climatique ; l’énergie issue des éoliennes et des panneaux solaires – des énergies intermittentes – ne saurait suffire pour combler l’arrêt de la production de la centrale.

Il y a donc fort à parier qu’il faudra importer de l’électricité produite en dehors du territoire français, à partir de sources fortement émettrices de CO2 comme le charbon ; rappelons que pour 812 g de CO2/KWh, le charbon produit 67 fois plus de CO2 que le nucléaire et ses 12g de CO2/KWh.

Vers un désert économique à Fessenheim

 

La fermeture de Fessenheim suscite également une inquiétude légitime, non seulement pour les entreprises de la filière et leurs collaborateurs, mais aussi pour les populations locales : avec près de 2.000 emplois directs et indirects (salariés EDF, salariés des entreprises prestataires et sous-traitants), mais aussi 14 millions d’euros de taxes versées aux collectivités locales en 2019, elle constituait un véritable poumon économique local.

Son démantèlement, qui devrait débuter en 2025 pour une durée prévisionnelle de 15 ans, ne générera pas autant d’emplois que ceux nécessaires à une centrale en exploitation. Par ailleurs, le « projet d’avenir » initié en 2019 par le Ministre de la Transition écologique et solidaire pour le territoire de Fessenheim ne présente pas d’avancées concrètes et n’apporte pas la clarté nécessaire pour l’avenir du territoire ; en témoigne l’inquiétude manifestée en février dernier par plusieurs élus de la communauté de communes Pays Rhin-Brisach et du Conseil départemental du Haut-Rhin.

Fessenheim, une centrale sure

Enfin, l’ancienneté de Fesseinheim – invoquée par certains pour justifier sa fermeture, n’est pas un argument rationnel : l’Autorité de Sûreté nucléaire, réputée pour sa rigueur et son indépendance, faisait encore valoir en 2018 l’exemplarité des installations de Fessenheim en matière de sûreté. En dépit de la fermeture d’une installation sûre, bas carbone et compétitive, le GIFEN reste plus que jamais déterminé à faire valoir la capacité de la filière nucléaire française à participer au renouvellement du parc nucléaire français et à poursuivre l’exploitation du parc existant.

Le travail cause de la pandémie et du changement climatique) ? Marc Guyot et Radu Vranceanu)

Le  travail  cause de la  pandémie  et du  changement climatique) ? Marc Guyot et Radu Vranceanu)

 

 

 

 

Chronique de Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs d’économie à l’ESSEC dans la Tribune

 

Le déconfinement et la reprise progressive de l’activité dans un grand nombre de domaines a également touché la production de manifestes indiquant la direction que l’humanité doit prendre une fois la crise résolue. La lecture du document « Démocratiser l’entreprise pour dépolluer la planète » est édifiante

 

Celui publié dernièrement par Le Monde et d’autres journaux internationaux ce vendredi 15 mai - Démocratiser l’entreprise pour dépolluer la planète - atteint des sommets à la hauteur de la période que nous vivons. Ses respectables auteurs, tous universitaires reconnus dans leur domaine de spécialisation propre, affirment que l’exploitation des travailleurs dans les entreprises et l’économie de marché sont non seulement la cause du changement climatique mais également celle de la crise du coronavirus. Dès lors, leur proposition pour vaincre le virus et stopper le changement climatique est l’emploi garanti pour tous et la co-représentation des travailleurs dans les conseils d’administration. Bien qu’ils dénomment « green deal » cette proposition, on ne voit pas immédiatement en quoi l’emploi garanti à vie ou l’autogestion pourraient contribuer à stopper la pandémie et diminuer les émissions de dioxyde de carbone.

On y apprend par ailleurs que c’est la soumission de l’hôpital aux lois du marché qui est la cause du nombre élevé de décès dus au coronavirus. Le ministère de la Santé, les ARS et le haut personnel de direction de ces places fortes de l’interventionnisme d’Etat apprécieront. On doit donc déduire en corolaire que les relativement bonnes performances des hôpitaux et des systèmes de santé allemand ou sud-coréen proviennent d’une meilleure résistance à l’économie de marché.

En reprenant un concept ancien, présent dans une littérature très spécifique, les auteurs dénoncent la « marchandisation » du travail, qui, selon eux, ne doit pas être vendu et échangé comme une marchandise ordinaire. Pour les rassurer, nous leur recommandons la lecture des 3.500 pages du code du travail français et particulièrement celle des mille et une règles qui fixent le salaire minimum, la durée maximale du travail, la durée minimale, les congés, la couverture sociale, les modalités de négociation, les sanctions pour licenciement abusif, les droits de chômeurs, etc. Sans considération pour la protection du travail propre à notre pays, ils demandent donc la création d’une garantie d’emploi pour tous, financée en Europe par… la BCE. La suggestion d’un tel transfert de dépenses directement sur la banque centrale rejoint celles des grands partis populistes qui rêvent encore d’un retour aux monnaies nationales et d’une monétisation des dépenses sociales, en tout dédain du risque d’inflation. Cette proposition risque de recevoir un accueil particulièrement froid chez nos amis allemands.

Conscient peut-être que leurs propositions ne sont pas franchement nouvelles, les auteurs du manifeste proposent néanmoins du neuf en matière de novlangue. Les employés ne sont plus des travailleurs mais des « investisseurs en travail ». Les auteurs insistent également sur le fait que les humains au travail ne sont pas des ressources. Faudra-t-il débaptiser dans l’urgence les départements des ressources humaines dans toutes les infâmes entreprises et leur trouver un nom novlangue moins attentatoire à leur dignité ? Nous attendons la position de la ministre du Travail ex-directrice des ressources humaines d’une grande entreprise présumée maltraitante.

En cherchant bien dans le manifeste, il est néanmoins possible de trouver des points sur lesquels il est possible d’être d’accord. Il est dit que les personnels essentiels qui ont travaillé pendant la période de confinement ont témoigné de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leurs fonctions. Nous appuyons sans réserve ces paroles qui par ailleurs sont approuvées par 100% des Français.

De notre côté nous estimons que la crise révèle la nécessité d’une révision en profondeur de l’organisation de notre système de soin dont la faille essentielle n’est pas dans les moyens alloués mais dans le gaspillage de ceux-ci du fait d’une centralisation extrême qui a montré encore une fois ses limites. Nous partageons également l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique mais nous estimons que l’objectif de limitation de l’augmentation des températures à 2 degrés en 2050, tel qu’il a été défini par les accords de Paris, peut être atteint par un déploiement courageux de la taxe carbone et par le développement de l’énergie renouvelable tiré par l’innovation technologique et la finance verte.

 

« La crise sanitaire présage la crise climatique »

« La crise  sanitaire présage la crise climatique  »

 

 

Edouard Bard, Climatologue dans une tribune au « Monde » voit dans cette crise une « répétition générale ».

‘La pandémie de Covid-19 n’est sans doute pas d’origine climatique, même si nous n’avons pas encore de certitude sur les éventuels changements environnementaux qui auraient pu rapprocher les populations des animaux hôtes (chauve-souris et pangolin) de l’homme. Néanmoins, l’épidémie en cours donne à réfléchir aux climatologues, car elle préfigure en accéléré la propagation du réchauffement mondial prévu pour les prochaines décennies. La crise provoquée par le coronavirus constitue en quelque sorte une répétition générale, un crash test, pour les sociétés humaines.

Bien évidemment, la vague climatique s’inscrit dans une durée plus longue que celle du Covid-19, mais on constate les mêmes réactions individuelles et collectives face au risque et à l’adversité, avec des réflexes d’incrédulité, de sidération ou de panique. Au début des crises, certains émettent des doutes sur l’importance du problème en remettant en question la parole des experts scientifiques sur des sujets hautement complexes. Les tâtonnements et joutes scientifiques ajoutent à la confusion dans l’esprit des populations et des décideurs, et alimentent de leurs débordements la blogosphère et les réseaux sociaux.

Pour les deux types de crises, on assiste aussi à une remise en question des prévisions fondées sur des modèles mathématiques qui sont pourtant le meilleur moyen pour se projeter quantitativement dans le futur. Les plus extrêmes profitent de l’occasion pour propager des thèses complotistes à la recherche de boucs émissaires.

Au-delà de ces caricatures, les crises épidémiques et climatiques montrent des similitudes bien réelles et malheureuses pour les populations humaines. La crise sanitaire que nous traversons aura un impact plus fort sur les plus pauvres à l’échelle internationale, ainsi qu’au sein de la population d’un même pays. Même si la propagation en Afrique est en retard par rapport à celle des autres continents, on voit déjà s’esquisser un drame humain pour des populations qui n’ont pas les moyens de se protéger et de se soigner. Certains s’inquiètent de la persistance du virus dans certaines régions, constituant des réservoirs permanents prêts à alimenter de nouvelles poussées épidémiques.

Un impact maximal sur les populations pauvres s’observe aussi pour le changement climatique. L’évolution récente des précipitations est beaucoup plus contrastée à l’échelle régionale que celle des températures, et les modèles climatiques prévoient un creusement des contrastes régionaux de précipitations. Le réchauffement et la baisse de la ressource en eau (incluant l’eau « virtuelle » liée aux importations de nourriture) auront un effet catastrophique sur les nations les plus déshéritées, souvent tributaires d’une agriculture précaire pour nourrir des populations sensibles à toute perturbation supplémentaire, comme les épidémies. »

 

« La pandémie sanitaire présage la pandémie climatique »

« La pandémie sanitaire présage la pandémie climatique  »

Edouard Bard, Climatologue dans une tribune au « Monde » voit dans cette crise une « répétition générale ».

‘La pandémie de Covid-19 n’est sans doute pas d’origine climatique, même si nous n’avons pas encore de certitude sur les éventuels changements environnementaux qui auraient pu rapprocher les populations des animaux hôtes (chauve-souris et pangolin) de l’homme. Néanmoins, l’épidémie en cours donne à réfléchir aux climatologues, car elle préfigure en accéléré la propagation du réchauffement mondial prévu pour les prochaines décennies. La crise provoquée par le coronavirus constitue en quelque sorte une répétition générale, un crash test, pour les sociétés humaines.

Bien évidemment, la vague climatique s’inscrit dans une durée plus longue que celle du Covid-19, mais on constate les mêmes réactions individuelles et collectives face au risque et à l’adversité, avec des réflexes d’incrédulité, de sidération ou de panique. Au début des crises, certains émettent des doutes sur l’importance du problème en remettant en question la parole des experts scientifiques sur des sujets hautement complexes. Les tâtonnements et joutes scientifiques ajoutent à la confusion dans l’esprit des populations et des décideurs, et alimentent de leurs débordements la blogosphère et les réseaux sociaux.

Pour les deux types de crises, on assiste aussi à une remise en question des prévisions fondées sur des modèles mathématiques qui sont pourtant le meilleur moyen pour se projeter quantitativement dans le futur. Les plus extrêmes profitent de l’occasion pour propager des thèses complotistes à la recherche de boucs émissaires.

Au-delà de ces caricatures, les crises épidémiques et climatiques montrent des similitudes bien réelles et malheureuses pour les populations humaines. La crise sanitaire que nous traversons aura un impact plus fort sur les plus pauvres à l’échelle internationale, ainsi qu’au sein de la population d’un même pays. Même si la propagation en Afrique est en retard par rapport à celle des autres continents, on voit déjà s’esquisser un drame humain pour des populations qui n’ont pas les moyens de se protéger et de se soigner. Certains s’inquiètent de la persistance du virus dans certaines régions, constituant des réservoirs permanents prêts à alimenter de nouvelles poussées épidémiques.

Un impact maximal sur les populations pauvres s’observe aussi pour le changement climatique. L’évolution récente des précipitations est beaucoup plus contrastée à l’échelle régionale que celle des températures, et les modèles climatiques prévoient un creusement des contrastes régionaux de précipitations. Le réchauffement et la baisse de la ressource en eau (incluant l’eau « virtuelle » liée aux importations de nourriture) auront un effet catastrophique sur les nations les plus déshéritées, souvent tributaires d’une agriculture précaire pour nourrir des populations sensibles à toute perturbation supplémentaire, comme les épidémies. »

« Coronavirus, en tirer des enseignements sur le changement climatique »

« Coronavirus, en tirer des enseignements  sur le  changement climatique »

Pour François Gemenne, Chercheur en science politique, Anneliese Depoux Spécialiste de la santé publique, le Corona virus aura forcément des effets dévastateurs sur le plan sanitaire et sur le plan économique. Mais cette épidémie permettra de tirer des enseignements sur un autre combat du fait de la réduction drastique des émissions polluantes pendant la maladie.  ( Tribune dans le Monde)

 

« Face à la crise du coronavirus, de nombreux gouvernements ont fait le choix de mettre en place des mesures radicales pour contenir l’avancée de l’épidémie, avec un impact économique sans précédent, encore difficile à chiffrer aujourd’hui.

Même si nous manquons encore de recul, il est prévisible que beaucoup de ces mesures de ralentissement forcé de l’économie ont induit une baisse significative des émissions de gaz à effet de serre. On estime ainsi que ces émissions ont baissé de 25 % en Chine au cours du mois de février 2020, tandis que le trafic aérien mondial baissait de 4,3 % au cours du même mois – avant même que Donald Trump n’annonce, le 11 mars, l’interdiction pour les Européens de se rendre aux Etats-Unis.

Paradoxalement, certaines de ces mesures ont même des effets bénéfiques pour la santé publique : la concentration de particules fines a baissé de 20 % à 30 % en Chine pendant la période de confinement, ce qui a vraisemblablement épargné, dans ce pays, un nombre de vies plus important que le coronavirus n’en a coûté : la pollution atmosphérique y est responsable au bas mot, d’une surmortalité annuelle de 1,1 million de personnes, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il sera sans doute difficile d’estimer l’ensemble des effets, à moyen et long terme, de la crise du coronavirus sur le climat. Mais cette crise montre en tout cas une chose : il est possible que des gouvernements prennent des mesures urgentes et radicales face à un danger imminent, y compris des mesures (très) coûteuses. Et il est possible que ces mesures soient acceptées par la population.

Et pourtant, malgré les menaces très graves qui y sont également associées, nous n’avons pas été capables de prendre des mesures similaires pour contrer le changement climatique. Avant la pandémie, et malgré les appels répétés des scientifiques et des activistes pour décréter « l’urgence climatique », les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuaient de croître de 1 % par an en moyenne, très loin des objectifs de l’accord de Paris, signé en 2016.

Alors que nous sommes parfaitement capables de traiter la pandémie du coronavirus pour ce qu’elle est – une urgence absolue, nécessitant des mesures radicales sur la base d’avis scientifiques – nous sommes à l’évidence incapables de faire de même pour le changement climatique. Pour le dire simplement : nous avons beaucoup plus peur du coronavirus que du changement climatique. Pourquoi ? »

 

Réchauffement climatique: la disparition des plages à terme ?

Réchauffement climatique: la disparition des plages à terme ?

 

Avec le réchauffement climatique et de développement du nombre et de l’ampleur des tempêtes, les plages sont menacées de disparaître à terme. Avec le réchauffement climatique, le niveau des océans s’élève. Et la mer finit par grignoter le littoral. Résultat : l’eau menace une partie de l’habitat en bord de mer, les terres agricoles et la nappe phréatique qui se charge en sel. Selon la nature du littoral, ce recul de la terre ferme peut aller de quelques centimètres par an pour les falaises à un ou deux mètres pour certaines plages. D’ici à 2050, 300 millions d’habitants risquent d’être confrontés à des inondations côtières au moins une fois par an. Alors, pour faire face à l’érosion du littoral, en Normandie, chercheurs et élus se mobilisent. Notre journaliste est allé à leur rencontre. Pour en venir à cette conclusion, les scientifiques ont utilisé des images satellites. Ils ont étudié la manière dont les plages ont évolué au cours des 30 dernières années et ont ainsi pu prédire les impacts que le changement climatique aurait sur elles.

« D’ici la fin du siècle, la moitié des plages du monde vont souffrir d’une érosion de plus de 100 mètres », explique le chercheur Michalis Vousdoukas, qui a dirigé l’étude. « Il est très probable qu’elles disparaissent. »

Plus la température de la planète augmente, plus les plages sont en danger. En cause: l’augmentation du niveau de la mer et de violentes tempêtes. Certaines plages pourraient être englouties par les vagues.

Les scientifiques ont travaillé à partir de deux scénarios, celui « du pire » où les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel, ou un autre scénario où le réchauffement climatique est limité à 3°C, un niveau toutefois élevé. Dans le scénario du pire, 49,5% des plages de sable disparaîtraient, soit environ 132.000 km de côte. Dans l’autre cas, environ 95.000 km seraient concernés, soit un tiers des littoraux sablonneux de la planète.

L’activité humaine sur de nombreuses zones côtières, notamment les constructions sur les rives et l’élévation de digues, aggrave la situation en réduisant la quantité de limon qui s’écoule dans l’océan. Ces fines particules sont pourtant nécessaires à la bonne santé des plages.

Si les plages venaient à disparaître les unes après les autres, les vacanciers ne seraient pas les seuls à en souffrir:

« En dehors du tourisme, les plages de sable offrent souvent le premier mécanisme de protection contre des tempêtes et des inondations et sans elles, les impacts des événements climatiques extrêmes seront probablement plus forts », a averti Michalis Vousdoukas, chercheur au Centre commun de recherche de la Commission européenne. « Nous devons nous préparer ».

Certains pays seront plus touchés que d’autres, d’après les scientifiques. En Gambie et Guinée-Bissau, en Afrique de l’Ouest, plus de 60% des côtes sablonneuses pourraient disparaître.

L’Australie serait le pays le plus durement touché, avec près de 15.000 km de plages de sable rayés de la carte d’ici à 80 ans, devant le Canada, le Chili et les États-Unis. Le Mexique, la Chine, la Russie, l’Argentine, l’Inde et le Brésil font aussi partie des pays en première ligne.

Contre le réchauffement climatique, il faut un changement radical d’approche

Contre le réchauffement climatique, il faut un changement radical d’approche

 

 

Pierre Calame, Polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées, président honoraire de la Fondation Charles Léopold Mayer, critique par avance les travaux anecdotiques de la fameuse convention citoyenne ( 150 personnes choisies au hasard) du fait des méthodologies douteuses et prône un changement radical d’approche.

Tribune.

 

« Avertissement de la communauté scientifique ; émoi public ; engagement des pouvoirs publics à agir ; constat que rien n’a vraiment changé ; nouvel avertissement des scientifiques, etc. Comme un pas de danse bien rodé, le rituel se répète depuis 1979 date du premier avertissement scientifique, lors de la Conférence mondiale sur le climat. Jusqu’à quand ? Progressivement, le ballet se transforme en danse macabre, entraînant riches et pauvres dans la même ruine.

La récente tribune « Face à la crise écologique la rébellion est nécessaire » signée par près de 1 000 scientifiques et présentée en Une du Monde du 21 février, souligne, après des dizaines d’avertissements du même tonneau, que « depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique ». Elle en appelle à une action des citoyens eux-mêmes. On découvrira demain, bien sûr, que ces actions sont tout aussi impuissantes à engager la transformation structurelle indispensable.

Les scientifiques se prennent à espérer que les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat, dont la sixième session (sur sept) se termine le dimanche 8 mars, seront enfin à la hauteur du défi. C’est beaucoup d’illusions si l’on regarde le mandat donné à la Convention, qui invite les citoyens à lister des actions classées dans cinq domaines (se loger, se déplacer, travailler et produire, se nourrir, consommer), le faible temps laissé à des citoyens qui pour la plupart ne peuvent consacrer que leurs week-ends à la réflexion sur un sujet aussi vaste et la méthodologie de travail qui les met dans une moulinette qu’ils n’ont pas choisie.

Les mêmes causes produiront les mêmes effets. On découvrira dans deux ou trois ans que les mesures adoptées étaient malheureusement « anecdotiques », pour reprendre les critiques portées par certaines ONG à l’encontre du président de la République après sa visite le 13 février au massif du Mont-Blanc. Que dirait-on d’un médecin qui recommanderait pendant plusieurs décennies le même traitement sans résultat ? On envisagerait de changer l’un et l’autre. Mais non, dans une affaire qui concerne notre avenir à tous, on continue, on prend les mêmes et on recommence.

Encore un tour de valse : avertissement, émoi, mesures nouvelles, constat que rien n’a changé. Seuls les musiciens semblent infatigables. Où est le loup ? Il est bien visible, pas besoin d’aller le chercher dans les bois. La démarche est toujours identique. On montre par des scénarios techniques qu’il serait possible de réduire notre empreinte carbone totale, incluant l’énergie grise (celle qui a servi à fabriquer et transporter les biens et services importés). Puis on met en place des obligations de moyens pour faire advenir ces scénarios, tout en veillant à ne pas mettre en péril notre industrie, notre croissance, notre niveau de vie. Et, bien entendu, si ces moyens n’ont pas obtenu le résultat escompté, personne n’en est responsable. »

Crise climatique : un coût 15.000 milliards de dollars d’ici 2050

Crise climatique : un coût  15.000 milliards de dollars d’ici 2050

D’après  étude  de WWF, d’ici 2050,si  rien n’est fait pour endiguer le déclin de la nature, la crise  pourrait se chiffrer à au moins 479 milliards de dollars par an en termes de PIB mondial, soit près de 15. 000 milliards d’ici à 2050. C’est ce que révèle cette étude menée dans 140 pays en collaboration avec les experts des universités américaines de Purdue et du Minnesota. Un travail de deux ans de recherche et de développement grâce à la contribution inédite de scientifiques, économistes et experts politiques du monde entier.

En revanche, des efforts ambitieux pour protéger et restaurer la nature amélioreront considérablement les résultats économiques. Il est encore possible d’inverser la tendance, avec une meilleure utilisation des terres et en préservant mieux les écosystèmes et la biodiversité», stipule le rapport. Les experts évaluent une augmentation du PIB mondial à 490 milliards de dollars par an si les États se tournent vers ces systèmes plus durables et conservent «les services écosystémiques des milieux naturels».

Les plus importantes pertes économiques – 327 milliards de dollars par an – seraient dues à l’érosion des côtes..

Les autres services fournis par la nature seront également durement impactés si rien n’est fait. Le rapport chiffre les pertes inhérentes à la déforestation à 128 milliards de dollars: avec des forêts réduites à peau de chagrin, c’est tout autant d’arbres qui n’aspirent pas de CO2 et ne joueront donc plus leur rôle naturel de réducteur de carbone. Les secteurs alimentaires et agricoles pourraient eux, connaître «des hausses de prix pour des produits comme le bois (+8%), le coton (6%), les graines oléagineuses (+4%) ou encore les fruits et les légumes (+3%)». Une montée des prix vertigineuse qui s’explique par la raréfaction de l’eau (quatre personnes sur dix en souffrent déjà dans le monde selon l’ONU), et la disparition des insectes pollinisateurs.

Réchauffement climatique : l’économie de la neige en danger

Réchauffement climatique : l’économie de la neige en danger

 

Le phénomène n’est pas nouveau, il y a déjà des dizaines d’années que l’enneigement se fait plus en plus rare à basse et même moyenne altitude. Cette année, le phénomène s’amplifie compte tenu des températures exceptionnellement douces, les plus douces depuis le début des relevé, c’est-à-dire vers 1900. En janvier, environ 170 stations de ski ont fermé, soit un peu plus d’une sur quatre. Un phénomène à l’effet boule de neige, qui se répercute sur une grande partie du marché du ski. Pour résumer cette année pour skier , il faut aller entre 1300 et 400 m dans les Alpes trouver de la neige, au moins 1800 m dans les Pyrénées. La neige se fait rare dans les Vosges et le Massif central. Ce phénomène structurel affecte évidemment l’économie des stations qui tentent bien sûr de proposer d’autres activités mais qui ne compensent  pas celles du ski traditionnel.

En trente ans, l’enneigement a diminué de 30 % dans les Alpes. Pour ne rien arranger, la pluie se substitue de plus en plus au manteau blanc en basse et moyenne montagnes. La limite pluie-neige, qui était autrefois à 1.200 mètres, remonte en effet à 1.500 mètres.

La hausse des températures n’est pas seulement un signe alarmant du réchauffement climatique, elle a également des conséquences économiques sur le marché du ski. Comme nombre de stations manquent de neige de façon chronique, beaucoup de pistes de basse et moyenne montagne ferment, comme celle de Céüze, dans les Hautes-Alpes. La Cour des Comptes estime que, pour être rentable, une station de ski doit être ouverte au minimum 100 jours dans la saison, typiquement du 1er décembre au 15 avril. Pour skier, il faut donc aller toujours plus haut, dans les stations de haute montagne.

Haute montagne ou non, le secteur du ski fait face à plusieurs défis. Car ce sport devient de plus en plus élitiste. À cause de ces températures élevées, les stations doivent, par exemple, investir dans de la neige artificielle pour garantir un bon domaine skiable. C’est indispensable. Pour ceux qui ne sont pas équipés, la saison est irrattrapable.

Hausse température, une catastrophe climatique: + 3 à 5 degrés en plus d’ici la fin du siècle

Hausse température, une catastrophe climatique:  + 3 à 5 degrés en plus d’ici la fin du siècle

A lors qu’on ergote encore sur les mesures à prendre que la COP 21 reste au stade du slogan de marketing politique sans effet y compris en France, une catastrophe se  prépare pour la fin du siècle. En cause évidemment une financiarisation mondiale de l’économie incompatible avec la problématique environnementale. Le Record de chaleur est confirmé pour 2019 par   l’organisation météorologique mondiale qui  prévoit une augmentation de 3 à 5° la fin du siècle. La température moyenne mondiale a gagné entre 1,05°C et 1,2°C l’an dernier par rapport à l’ère préindustrielle, confirme l’Organisation météorologique mondiale.

Des  scientifiques de Météo France avaient déjà  présenté les scénarios de changement climatique en France jusqu’en 2100 dans un rapport intitulé Le climat de la France au 21e siècle..  En métropole dans un horizon proche entre 2021 et 2050, les chercheurs projettent une hausse des températures moyennes entre 0,6 et 1,3 °C, une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été (surtout dans le quart Sud-est) ainsi qu’une diminution du nombre de jours anormalement froids en hiver sur l’ensemble de la France.

Puis, d’ici la fin du siècle entre 2071 et 2100, les tendances s’accentueraient encore. Les scientifiques observent une forte hausse des températures moyennes pouvant atteindre de 2,6 °C à 5,3°C en été, des vagues de chaleur pouvant dépasser 20 jours dans le Sud-Est mais aussi la poursuite de la diminution des extrêmes froids Les scénarios sont en effet alarmants : des épisodes de sécheresse plus nombreux sont à prévoir ainsi qu’un renforcement des précipitations extrêmes sur une large partie du territoire.

Pour  l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’agence des Nations unies pour la météorologie. La température moyenne sur l’ensemble du globe a affiché une hausse comprise entre 1,05°C et 1,2°C l’an dernier par rapport à l’ère préindustrielle, selon les cinq sources différentes compilées par l’OMM. L’agence de Genève utilise deux jeux de données en provenance des États-Unis, fournies par l’Institut Goddard de la Nasa et celles de l’administration américaine pour l’océan et l’atmosphère (NOAA), les informations communiquées par le bureau britannique de météorologie (Met Office) regroupées avec celles de l’université East Anglia. Enfin, l’OMM compile les statistiques japonaises et celles en provenance de l’Union européenne fournies par Copernicus et le Centre européen de prévision météorologique à moyen terme. Ce dernier était arrivé aux mêmes conclusions la semaine dernière.

La température moyenne l’an dernier a toutefois été un peu inférieure à celle de 2016, qui avait été aggravée par un fort phénomène climatique El Niño.

 

L’OMM précise que la moyenne sur les cinq dernières années est la plus haute mesurée, comme celle sur la dernière décennie. Chaque période de dix ans bat le record de la précédente décennie depuis le début des années 1980. «Malheureusement, nous nous attendons à voir de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et au cours des prochaines décennies, alimentés par des niveaux records de gaz à effet de serre qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère», prévient le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. La concentration de CO2 dans l’atmosphère a atteint un nouveau pic depuis le début de l’ère industrielle en 2019.

En outre, «plus de 90 % de la chaleur excédentaire (liée au réchauffement) est stockée dans les mers du monde entier, où elle s’accumule et provoque des augmentations de température de l’océan», estiment des chercheurs américains dans la revue Advances in Atmospheric Sciences. Ils soulignent que la température a encore augmenté l’an dernier, comme ce fut le cas au cours des années précédentes.

L’activité humaine est grandement responsable de la hausse de la température. Cette activité génère des gaz

 

  • le dioxyde de carbone (CO2);
  • le méthane;
  • le protoxyde d’azote;
  • les gaz fluorés.

Le CO2est le gaz à effet de serre le plus produit par les activités humaines; il est responsable de 63 % du réchauffement de la planète causé par l’homme. Sa concentration dans l’atmosphère est actuellement supérieure de 40 % à celle du début de l’industrialisation.  

Les causes de la hausse des émissions

  • La combustion du charbon, du pétrole et du gaz produit du dioxyde de carbone et du protoxyde d’azote.
  • La disparition des forêts (déforestation). Les arbres contribuent à réguler le climat en absorbant le dioxyde de carbone (CO2) de l’atmosphère. Aussi, lorsqu’ils sont abattus, cet effet positif est perdu et le carbone stocké dans les arbres est libéré dans l’atmosphère, aggravant l’effet de serre.
  • L’augmentation de l’élevage. Bovins et ovins produisent de grandes quantités de méthane lorsqu’ils digèrent leur nourriture.
  • Les engrais contenant de l’azote produisent des émissions de protoxyde d’azote.
  • Les gaz fluorés ont un effet de réchauffement considérable, jusqu’à 23 000 fois supérieur à celui du CO2. Heureusement, ils sont libérés en plus petites quantités et sont progressivement interdits par la réglementation de l’Union européenne.

La température moyenne de la planète a subi une augmentation de de plus de 1 degré  par rapport à la fin du XIXe siècle. Chacune des trois dernières décennies a été plus chaude que toutes les décennies précédentes depuis le début des relevés statistiques, en 1850. Pire on prévoit donc une augmentation de 3 à 5° d’ici la fin du siècle.

Une catastrophe climatique: + 3 à 5 degrés en plus d’ici la fin du siècle

Une catastrophe climatique:  + 3 à 5 degrés en plus d’ici la fin du siècle

A lors qu’on ergote encore sur les mesures à prendre que la COP 21 reste au stade du slogan de marketing politique sans effet y compris en France, une catastrophe se  prépare pour la fin du siècle. En cause évidemment une financiarisation mondiale de l’économie incompatible avec la problématique environnementale. Le Record de chaleur est confirmé pour 2019 par   l’organisation météorologique mondiale qui  prévoit une augmentation de trois à 5° la fin du siècle. La température moyenne mondiale a gagné entre 1,05°C et 1,2°C l’an dernier par rapport à l’ère préindustrielle, confirme l’Organisation météorologique mondiale.

Des  scientifiques de Météo France avaient déjà  présenté les scénarios de changement climatique en France jusqu’en 2100 dans un rapport intitulé Le climat de la France au 21e siècle..  En métropole dans un horizon proche entre 2021 et 2050, les chercheurs projettent une hausse des températures moyennes entre 0,6 et 1,3 °C, une augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur en été (surtout dans le quart Sud-est) ainsi qu’une diminution du nombre de jours anormalement froids en hiver sur l’ensemble de la France.

Puis, d’ici la fin du siècle entre 2071 et 2100, les tendances s’accentueraient encore. Les scientifiques observent une forte hausse des températures moyennes pouvant atteindre de 2,6 °C à 5,3°C en été, des vagues de chaleur pouvant dépasser 20 jours dans le Sud-Est mais aussi la poursuite de la diminution des extrêmes froids Les scénarios sont en effet alarmants : des épisodes de sécheresse plus nombreux sont à prévoir ainsi qu’un renforcement des précipitations extrêmes sur une large partie du territoire.

Pour  l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’agence des Nations unies pour la météorologie. La température moyenne sur l’ensemble du globe a affiché une hausse comprise entre 1,05°C et 1,2°C l’an dernier par rapport à l’ère préindustrielle, selon les cinq sources différentes compilées par l’OMM. L’agence de Genève utilise deux jeux de données en provenance des États-Unis, fournies par l’Institut Goddard de la Nasa et celles de l’administration américaine pour l’océan et l’atmosphère (NOAA), les informations communiquées par le bureau britannique de météorologie (Met Office) regroupées avec celles de l’université East Anglia. Enfin, l’OMM compile les statistiques japonaises et celles en provenance de l’Union européenne fournies par Copernicus et le Centre européen de prévision météorologique à moyen terme. Ce dernier était arrivé aux mêmes conclusions la semaine dernière.

La température moyenne l’an dernier a toutefois été un peu inférieure à celle de 2016, qui avait été aggravée par un fort phénomène climatique El Niño.

L’OMM précise que la moyenne sur les cinq dernières années est la plus haute mesurée, comme celle sur la dernière décennie. Chaque période de dix ans bat le record de la précédente décennie depuis le début des années 1980. «Malheureusement, nous nous attendons à voir de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et au cours des prochaines décennies, alimentés par des niveaux records de gaz à effet de serre qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère», prévient le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. La concentration de CO2

dans l’atmosphère a atteint un nouveau pic depuis le début de l’ère industrielle en 2019.

En outre, «plus de 90 % de la chaleur excédentaire (liée au réchauffement) est stockée dans les mers du monde entier, où elle s’accumule et provoque des augmentations de température de l’océan», estiment des chercheurs américains dans la revue Advances in Atmospheric Sciences. Ils soulignent que la température a encore augmenté l’an dernier, comme ce fut le cas au cours des années précédentes.

 

Incendies monstres en Australie: un déni de réalité climatique (Clive Hamilton)

Incendies monstres en Australie: un déni de réalité climatique (Clive Hamilton)

 

Le philosophe australien Clive Hamilton dit sa colère  face au déni des dirigeants de son pays, qui refusent d’admettre que le réchauffement climatique soit à l’origine des terribles feux de forêt ravageant l’Australie. ( Tribune du Monde)

Tribune

 

« On croirait l’apocalypse. Une catastrophe nationale est en train de se produire, qui, chaque jour, crée de nouveaux chocs. « Le ciel est en feu »« Une telle rapidité et une telle furie »« On dirait une zone de guerre ». Voilà quelques-unes des phrases employées pour saisir la violence des incendies par ceux qui les combattent.

Cela fait maintenant trois mois que le feu ravage des terres déjà grillées par la sécheresse et des arbres assoiffés par des vagues de chaleur précoces [l’été débute en décembre dans l’hémisphère Sud]. La surface de forêt rasée à ce jour est six fois supérieure à celle de la forêt amazonienne détruite pendant toute l’année 2019. Une superficie équivalente à celle de la Belgique a été réduite en cendres.

Le sud du littoral de la Nouvelle-Galles du Sud, à cette période de l’année plein à craquer de familles en vacances, est en train d’être évacué alors qu’une localité après l’autre disparaît sous les flammes. Dans l’Etat de Victoria, des milliers de personnes se sont retrouvées piégées sur une bande de terre coupée du continent par le feu et la marine a été mobilisée pour les secourir par bateau.

Le nombre d’animaux qui ont déjà péri est estimé à 1 milliard. Des colonies entières de koalas ont été réduites à néant. Des renards et des chats errants attendent aux abords des fronts de flammes que de petits mammifères et reptiles en fuite leur courent tout droit dans la gueule. »

 

 

« L’intérêt de la  5G en question » ( Hugues Ferreboeuf, Jean-Marc Jancovici, experts)

 

Deux Experts de la transition énergétique, Hugues Ferreboeuf et Jean-Marc Jancovici s’alarment, dans une tribune au « Monde », de l’absence de réflexion sur le boum de consommation énergétique et les risques économiques que représente le déploiement de la 5G ( sans parler de son intérêt sociétal réel NDLR).

Tribune.

 

« Cela fait maintenant quelques semaines que le processus d’attribution des fréquences nécessaires aux réseaux 5G est lancé. Comme pour beaucoup d’autres sujets « tech », ce déploiement semble aller de soi, sur la seule base de l’affirmation maintes fois entendue qu’il s’agit d’un enjeu stratégique et d’un projet industriel majeur.

Mais, ce faisant, ne sommes-nous pas en train de confondre, comme un gamin excité à la veille de Noël, ce qui est nouveau avec ce qui est utile, ce qui semble urgent avec ce qui est important ? Est-il normal, maintenant que la décarbonation est dans tous les esprits, que la mise en place de la 5G ne s’accompagne en France d’aucune évaluation mettant en balance le supplément de service rendu avec les inconvénients environnementaux additionnels – car il y en a ?

Et, alors que les effets négatifs de la « prolifération numérique » sur le bien-être personnel – notamment des enfants – et le bien vivre collectif commencent à être bien documentés, devons nous en rajouter sans même prendre le temps de savoir dans quoi nous nous lançons ? Parlons énergie, d’abord : 65 % de la consommation énergétique directe d’un opérateur mobile vient du fonctionnement des équipements fournissant la couverture radio.

Or, il y a aujourd’hui un consensus pour dire qu’un équipement 5G consomme trois fois plus qu’un équipement 4G, et qu’ajouter des équipements 5G aux sites existants (2G, 3G, 4G) conduira à doubler la consommation du site (5G Telecom Power Target Network Whitepaper, Huawei, septembre 2019). Par ailleurs, avec la 5G il faudra trois fois plus de sites qu’avec la 4G pour assurer la même couverture, conformément aux souhaits du gouvernement.

Au final, avec ce déploiement la consommation d’énergie des opérateurs mobiles serait multipliée par 2,5 à 3 dans les cinq ans à venir, ce qui est cohérent avec le constat des opérateurs chinois, qui ont déployé 80 000 sites 5G depuis un an. Cet impact n’a rien d’anecdotique puisqu’il représenterait environ 10 TWh supplémentaires, soit une augmentation de 2 % de la consommation d’électricité du pays.

A cela il faudra rajouter l’énergie nécessaire à la fabrication des éléments de réseau, et surtout à la production des milliards de terminaux et d’objets connectés que nous souhaiterons relier via ce réseau, et dont le Consumer Electronics Show 2019, qui se termine le 10 janvier, a fait à nouveau étalage. L’énergie nécessaire à la fabrication des terminaux, serveurs, et éléments de réseau représente trois fois l’énergie de fonctionnement des réseaux, hors data centers. »

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