Archive pour le Tag 'classes'

Politique- » Classes populaires « : fin ou mutation

Politique- » Classes populaires « : fin ou mutation

 

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Visiblement la gauche politique à des difficultés à appréhender l’évolution sociologique des couches qu’elle est supposée représenter. On est un ainsi passé d’une sémantique à une autre pour parler d’abord de prolétariat, de classe ouvrière, puis de classes populaires sans pour autant clarifier l’évolution. Aujourd’hui on devrait sans doute parler davantage de couches moyennes relativement paupérisées et surtout plombées par les dépenses contraintes dont celles relatives au logement dans les métropoles.

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

Politique- » Classes populaires » : fin ou mutation

Politique- » Classes populaires » : fin ou mutation

 

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Visiblement la gauche politique à des difficultés à appréhender l’évolution sociologique des couches qu’elle est supposée représenter. On est un ainsi passé d’une sémantique à une autre pour parler d’abord de prolétariat, de classe ouvrière, puis de classes populaires sans pour autant clarifier l’évolution. Aujourd’hui on devrait sans doute parler davantage de couches moyennes relativement paupérisées et surtout plombées par les dépenses contraintes dont celles relatives au logement dans les métropoles.

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

Classes populaires »: fin ou mutation

 » Classes populaires « : fin ou mutation

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Visiblement la gauche politique à des difficultés à appréhender l’évolution sociologique des couches qu’elle est supposée représenter. On est un ainsi passé d’une sémantique à une autre pour parler d’abord de prolétariat, de classe ouvrière, puis de classes populaires sans pour autant clarifier l’évolution. Aujourd’hui on devrait sans doute parler davantage de couches moyennes relativement paupérisées et surtout plombées par les dépenses contraintes dont celles relatives au logement dans les métropoles.

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

« Classes populaires »: la mutation

 « Classes populaires »: la mutation 

 

Il existe une « incapacité persistante », de la part des partis politiques et notamment de gauche, à comprendre les frontières, les transformations et les divisions d’un monde populaire beaucoup plus divers qu’autrefois, estime le directeur du think tank Terra Nova dans une tribune au « Monde ».

 

Voilà plus de dix ans que la gauche est accusée d’avoir « abandonné les classes populaires ». Ce faisant, elle aurait délibérément brisé son socle électoral historique et organisé sa propre déroute. Ceux qui adhèrent à ce récit prétendent en avoir trouvé la preuve dans la publication, en mai 2011, d’un rapport de Terra Nova sur la stratégie électorale de la gauche qui lui conseillait de rechercher les suffrages des jeunes, des femmes, des diplômés, des minorités et des quartiers populaires plutôt que ceux des ouvriers et des employés.

J’ai, dès mon arrivée à Terra Nova, pris mes distances avec ce rapport, mais la polémique qu’il a suscitée masque, aujourd’hui encore, un fait qui empêche la gauche de renouveler son assise : une incapacité persistante à comprendre les frontières et les transformations du monde populaire. C’est cette difficulté qui était le plus problématique dans l’analyse de Terra Nova, comme chez la plupart de ses contradicteurs, et qui transparaît, aujourd’hui encore, dans l’ensemble des discours politiques.

Commençons par les ouvriers, composante longtemps hégémonique des classes populaires dans l’imaginaire collectif. La tendance des dernières décennies est clairement au déclin : les ouvriers représentent aujourd’hui 20 % de l’emploi total, soit 10 points de moins qu’au début des années 1980 et 20 points de moins qu’à la fin des années 1950. Le monde ouvrier s’éloigne en outre de l’industrie : si les ouvriers qualifiés (fraiseurs, chaudronniers…) n’ont pas trop mal résisté, les ouvriers non qualifiés sont passés, en quarante ans, de près de 30 % de l’emploi ouvrier à 15 % environ. Les deux tiers des ouvriers d’aujourd’hui ne travaillent plus dans le secteur industriel.

De fait, l’identification des ouvriers aux prolétaires des grands ateliers industriels d’antan relève de la persistance rétinienne d’une gauche nostalgique. Si elle veut renouer avec les ouvriers d’aujourd’hui, il ne lui suffira pas de parler au monde de l’usine ou de faire des gammes sur la réindustrialisation (projet essentiel, mais pour d’autres raisons). Qu’ils soient chauffeurs, cuisiniers ou maçons, la majorité des emplois d’ouvriers se trouve en effet aujourd’hui dans des entreprises de plus petite taille où la socialisation des expériences de travail est moins aisée, les interactions avec les autres catégories plus diversifiées et les syndicats souvent absents. Le sentiment d’appartenance au monde ouvrier s’est d’ailleurs affaibli : au début des années 2010, un quart seulement des ouvriers se considérait encore comme appartenant à la « classe ouvrière ». Celle-ci n’a pas seulement perdu en nombre et en cohérence : elle s’est aussi dépouillée d’une conscience d’elle-même et des grands récits qui lui donnaient forme.

La lutte des races comme substitut à la lutte des classes ?

La lutte des races comme substitut à la lutte des classes ?

Les nouveaux avocats de la lutte antiraciste portent la voix d’un militantisme qui a pris « un tournant identitaire » et tend à segmenter les communautés, divisant plus qu’il ne rassemble, juge la ministre de la diversité et de l’égalité des chances Elisabeth Moreno dans une tribune au « Monde ».(Extrait)

 

Des frontons de nos institutions aux manuels scolaires de nos enfants, ces trois mots résonnent toujours avec la même force depuis 1848. Ils sont, comme la Marseillaise les soirs de victoire ou les vers de Victor Hugo les jours de deuil, des boussoles de notre République.

De ces valeurs, piliers de notre idéal universel découle, un principe : toutes les discriminations, quelles qu’elles soient, doivent être combattues. Pourtant, un constat s’impose aujourd’hui : l’universalisme est attaqué de toutes parts. Et avec lui, c’est l’unicité de la République qui s’effrite. Chemin faisant, c’est l’origine même de notre patrie à l’identité multiple que nous abîmons. Cet ensemble de couches qui fait qu’au bout du compte, « nous sommes tous des additionnés », pour reprendre Romain Gary [1914-1980].

En tant que femme noire née au Cap-Vert, produit de l’école républicaine, ces mots résonnent en moi avec un écho particulier. Néanmoins, depuis quelques années, mon « métissage identitaire » est pris en tenaille dans le débat public, malmené par de nouveaux vocables qui se sont invités dans les espaces médiatique, politique et universitaire : « racisé », « pensée décoloniale », « racisme d’Etat », etc. Des mots qui blessent ceux-là mêmes qu’ils sont censés qualifier et qui installent mécaniquement « ceux d’en face » sur le banc des accusés.

« Remplacer la lutte des classes par la lutte des races crée de la discorde à une époque où notre pays a plus que jamais besoin de concorde »

Le remède est pire que le mal. En segmentant les communautés, en essentialisant, en s’érigeant en procureurs permanents, une partie des nouveaux avocats de la lutte antiraciste déchirent le socle universaliste sur lequel repose notre modèle républicain. Résultat, ce nouveau militantisme divise plus qu’il ne rassemble, emprisonne plus qu’il ne libère, ravive des plaies plus qu’il ne les suture.


En remplaçant la lutte des classes par la lutte des races, en cherchant à réécrire le passé sous le tamis du présent, en pratiquant l’indignation sélective et l’excommunication permanente, ce nouveau militantisme crée de la discorde à une époque où notre pays a plus que jamais besoin de concorde. Et bien que les concernés s’en défendent, ce tournant identitaire, maladroitement importé des Etats-Unis et plaqué sur une réalité française tout autre, donne du grain à moudre à une extrême droite que l’on cherche pourtant à contenir.

Nouvelle ENA : 74 classes préparatoires …. pour résoudre la crise des banlieues ?

Nouvelle ENA : 74 classes préparatoires …. pour résoudre la crise des banlieues ?

 

 

 

On peut sérieusement s’interroger sur le sérieux de la stratégie gouvernementale pour gérer la crise économique, sociale et culturelle des banlieues. En effet parmi les mesures envisagées figurent la réforme de l’ENA appelée institut du service public.

 

Grâce à 74 classes prépas qui permettront de faire entrer au maximum sept ou huit élèves à l’ENA par an, on escompte un changement de situation dans les quartiers difficiles.

Créée en 1945 par le général de Gaulle, l’ENA, qui sélectionne 80 élèves par an, était régulièrement critiquée pour sa formation d’élites «hors sol».

 

Début avril, Emmanuel Macron a annoncé sa suppression, pour la remplacer par un Institut du Service public (ISP). Ce qui évidemment ne changera strictement rien. L’ENA nouvelle appellation va donc demeurer et ce n’est pas l’entrée de quelques élèves de quartiers difficiles qui vont changer la donne sociale , économique et culturel des zones en crise.

Covid-19: des classes fermées et moins d’élèves

Covid-19: des classes fermées et moins d’élèves

Le ministère de l’éducation tente de rassurer en indiquant que de l’ordre de 4000 classes étaient fermées lundi sur plus de 500 000. Soit Moins de 1 % des classes d’écoles, collèges et lycées qui seraient fermées en ce début de semaine.  Ce que n’indique pas par contre le ministère , c’est que la participation des élèves s’affaiblit de plus en plus par crainte de contamination dans les familles.

Chaque classe ferme désormais dès qu’un cas de Covid positif est repéré chez un élève, contre trois auparavant.  Le problème  est que les moyens ne sont pas mis en œuvre pour déceler tous les élèves. Or dans la majorité des cas les élèves sont porteurs du virus mais asymptomatiques. Il constitue donc un vecteur de propagation de la pandémie. Ce qui est en jeu derrière la fermeture ou pas des écoles c’est surtout le problème de la garde des enfants. La fermeture des écoles porterait un coup à l’économie du fait que les parents ne pourraient plus travailler. Le débat sanitaire  se heurte la particulièrement à l’enjeu économique

De la « lutte des classes » à la « lutte des races »

De la « lutte des classes » à la « lutte des races »

Le livre du sociologue et de l’historien balaye des siècles de controverses et d’évolutions du concept de race et des « études raciales ». Mais il ne convainc pas pleinement.(Chronique du monde Par Florent Georgesco)

« Race et sciences sociales. Essai sur les usages publics d’une catégorie », de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, Agone, « Epreuves sociales », 422 p., 22 €.

Ces dernières années, peu de livres ont suscité, avant leur sortie, autant de réactions que Race et sciences sociales, du sociologue Stéphane Beaud et de l’historien Gérard Noiriel. La publication d’extraits dans le numéro de janvier du Monde diplomatique a suffi à déchaîner une vague de protestations, beaucoup, comme le philosophe Norman Ajari sur son blog, y voyant une « incompréhension de la race » et « des effets réels du racisme ».

Etait-il trop tôt pour aboutir à une conclusion si tranchée, sans parler du tombereau d’injures et d’absurdes accusations de racisme sur les réseaux sociaux ? De Stéphane Beaud, dont les travaux sur les classes populaires font autorité, et Gérard Noiriel, pionnier de l’histoire de l’immigration en France, il y a lieu d’attendre qu’ils ne se contentent pas, lorsqu’ils portent un regard critique sur l’importance croissante des questions de race dans les sciences sociales, d’alimenter des polémiques sommaires.

De fait, l’objet du livre paraît être de critiquer le concept de race, non parce qu’il serait inadéquat, mais parce qu’il tendrait à devenir hégémonique, et d’ouvrir, à l’inverse, le spectre interprétatif à l’ensemble des « variables » – « appartenance de classe, sexe, situation de génération, couleur de peau, etc. » –, qu’il s’agit de « faire jouer conjointement ».

Sa structure même, composite, témoigne de cette volonté de voir plus large. Analyses de l’émergence de l’idée de race dans les champs politique et savant, récit du tournant des années 1970, qui débouchera dans les années 2000 sur une « institutionnalisation des études raciales », étude de cas : la généalogie du contemporain balaye des siècles de controverses, d’ajustements conceptuels, d’évolution des sociétés et de leurs représentations.

Il était difficile d’aller aussi loin et d’une manière aussi ample dans les soubassements de la question. La promesse d’ouverture du spectre est-elle pour autant tenue ? En réalité, des biais apparaissent bientôt, qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec les errances qu’on a attribuées aux auteurs durant la polémique. Ainsi du choix de s’en tenir à la France : s’il est vrai, comme ils le répètent, que l’obsession pour la race est en grande part importée des Etats-Unis, pourquoi ne pas remonter à la source, et étudier les travaux d’auteurs américains ?

14 nouveaux départements classés en rouge

14 nouveaux  départements classés en rouge

vingt-huit départements étaient déjà en rouge : les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, les deux départements corses, la Côte-d’Or, le Gard, la Haute-Garonne, la Gironde, l’Hérault, le Loiret, le Nord, le Bas-Rhin, le Rhône, la Sarthe, la Seine-Maritime, le Var, le Vaucluse, les départements d’Ile-de-France, la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion.

Ils sont rejoints par 14 départements : le Pas-de-Calais, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique, l’Ille-et-Vilaine, les Pyrénées-Atlantiques, le Tarn-et-Garonne, les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Ain, le Puy-de-Dôme, la Loire, l’Isère, la Guyane et Mayotte. Ces deux derniers départements, en plus d’être en rouge, sont en état d’urgence sanitaire jusqu’au 30 octobre.

«La lutte des classes s’éveille à nouveau»!!! (Jérôme Sainte-Marie )

 «La  lutte des classes s’éveille à nouveau»!!!  (Jérôme Sainte-Marie )

 

 

Encore une analyse assez confuse d’un politiste dont la clarté n’est pas la caractéristique première. Contrairement à ce qu’affirme cet expert, l’ hypothèse la plus probable n’est pas le réveil d’un lutte des classes – même dans son imaginaire- surtout gérée par Marine Le Pen mais davantage un rejet pur et simple d’une grande partie de la population de la chimère du macronisme et pas seulement du « bloc identitaire » lequel n’a d’ailleurs rien de très homogène. 

 

Politologue, Jérôme Sainte-Marie estime qu’à la suite de l’élection d’Emmanuel Macron et de la crise des Gilets jaunes, deux blocs se font face : un bloc élitaire et un bloc populaire. Selon lui, cette crise va « renforcer la potentialité » du second. ( interview dans l’Opinion)

Directeur de PollingVox, Jérôme Sainte-Marie est l’auteur de Bloc contre bloc (Cerf).

Pourquoi, à l’occasion de cette épidémie de Covid-19, l’union nationale n’existe-t-elle pas ?

Tout simplement parce que nous ne sommes pas en guerre. Nous ne sommes pas face à un ennemi humain, stratège, qui pourrait interpréter nos divisions et les exploiter. Nous sommes face à un problème sanitaire qui appelle des réponses administratives, techniques, médicales, qui relèvent pour certaines du champ politique et peuvent donc faire l’objet de débat. Ce n’est pas la même chose. Il faut néanmoins noter que sur la mesure sanitaire la plus spectaculaire et la plus contraignante – le confinement – il n’y a pas de discussion et donc pas de mise en danger de la vie d’autrui. Puisqu’il est légitime de débattre des décisions de l’exécutif, cette crise sanitaire vient réinitialiser des conflits qui existaient préalablement, notamment autour de la dépense publique. Depuis le début du quinquennat Macron, il y avait un projet de transformation de la société française dans un sens plus libéral, qui divisait les Français. La réhabilitation de l’Etat en cette période de crise, et en particulier de l’hôpital public, remet à jour ce clivage.

L’hôpital, profond foyer de colère depuis plus d’un an, se retrouve en première ligne. Cette crise met-elle le doigt là où cela fait mal?

Bien sûr, mais il n’est pas évident d’en percevoir l’issue. Certes, cette crise transforme en héros un personnel médical qui était en grève perlée depuis un an pour protester contre la dégradation de ses conditions de travail et de l’état de l’hôpital. Mais, malgré cette célébration des médecins et infirmières, le débat de fond sur notre système de santé public n’est pas tranché. Certains peuvent en déduire que, décidément, tout ce qui relève du service public fonctionne mal ; d’autres qu’il faut investir davantage dans le système de soins sous sa forme actuelle. Ces lectures diverses relèvent du débat démocratique normal.

Quelles fractures cette pandémie révèle-t-elle ?

Cela creuse un peu plus le clivage entre, d’une part, le bloc élitaire constitué autour du macronisme et, d’autre part, un bloc populaire en gestation. Personnels de soin, caissières, ouvriers agricoles… : il y a une corrélation directe et négative entre leur niveau de revenu et le caractère indispensable de leur fonction. Parallèlement, le fait que beaucoup de cadres peuvent profiter du télétravail et rester à domicile, parfois dans des conditions très agréables, sans qu’on ait l’impression qu’ils participent à l’effort collectif parce qu’ils sont moins visibles, peut accentuer ce sentiment d’inégalité. C’est une nouvelle fois un imaginaire de lutte des classes qui s’éveille.

Cela appuie-t-il sur des ressorts déjà à l’œuvre lors de la crise des Gilets jaunes ?

La crise des Gilets jaunes a d’abord concerné, dans la mobilisation et le soutien le plus actif, les travailleurs pauvres du secteur privé. Aujourd’hui, c’est cette catégorie qui peut avoir le sentiment d’être la plus mobilisée et la plus exposée. Des antagonismes, des tensions sociales qui traversent le pays sont donc réveillés. Cela se voit dans les jugements sur la gestion gouvernementale de la crise, critiquée selon l’institut BVA par 59% des Français. Tout cela peut annoncer une conflictualité sociale forte lors de la sortie de crise. Non seulement on peut anticiper une certaine vindicte de l’opinion publique par rapport au pouvoir, mais il est probable que l’on assiste à des tensions importantes au sein même des entreprises. En effet, celles-ci sont et seront amenées à faire des choix douloureux. Qui mettre au chômage partiel ou non ? Qui licencier ou conserver ? Par définition, ces décisions sont et seront prises par des cadres qui auront traversé cette crise dans des conditions plus convenables. Au niveau micro comme macro-social, si l’on ose dire, la sortie de crise sera très clivante, et potentiellement conflictuelle.

Jusqu’à quel point les réseaux sociaux jouent-ils un rôle dans l’absence d’union nationale ?

En cette période où chacun est confiné, les réseaux sociaux interviennent à un très haut niveau dans l’information et la politisation. Ils permettent de débattre mais aussi de vérifier des informations, y compris « officielles », et d’en chercher, alors que le climat est très anxiogène. Cela confronte sans cesse la parole publique ou les médias dominants à des processus de vérification et de contradiction. Cela accentue l’esprit critique et entretient un climat de surpolitisation, alors que, parallèlement, Emmanuel Macron et le gouvernement donnent le sentiment de tancer les Français en ne cessant de les mettre en garde, comme s’ils étaient des mineurs, contre les « fake news » ou des phénomènes de panique que l’on ne constate pourtant guère.

Marine Le Pen critique durement le gouvernement. Quelles peuvent en être les conséquences politiques de cette crise ?

Elle ne fait que renforcer la potentialité d’un bloc populaire, dans ses trois dimensions. Au niveau sociologique, car elle contribue à mobiliser son noyau dur, les travailleurs pauvres du privé, autour d’une conscience commune, faite de colère et de fierté. Au niveau idéologique, car le souverainisme intégral est renforcé par cette crise, notamment par la mise en exergue des frontières et des productions stratégiques. S’il est trop tôt pour savoir si cette crise renforcera le service public, il est certain que l’échelon national est redevenu la référence. La mondialisation, l’Union européenne (si les divisions l’emportent et que les mesures tardent), seront, elles, sur le banc des accusés. Tout cela va mettre un peu plus en avant la question – c’est la troisième dimension – d’une direction politique unifiée pour le bloc populaire. Marine Le Pen avait pris l’ascendant sur Jean-Luc Mélenchon ; elle renforce aujourd’hui son avantage. Le RN a politisé immédiatement la crise. Il devrait être plus en mesure d’en profiter que La France insoumise qui, dans un premier temps, s’est montré plus hésitante. Si, dans les sondages, Marine Le Pen ne semble pas engranger directement pour le moment, elle aura investi en vue de la sortie de crise qui ne s’annonce pas comme un moment d’apaisement.

Dévalorisation du patrimoine des classes moyennes

Dévalorisation du patrimoine des classes moyennes

Un article de Xerfi repris par la Tribune sur la dévalorisation du patrimoine des classes moyennes.

 

 

Opinion

 

« Le patrimoine privé des classes moyennes est attaqué sur ses trois composantes : immobilière, mobilière (avec l’automobile) et financière. Immobilière d’abord. Dans un pays, où les prix de l’immobilier sont à un pic historique cela a de quoi surprendre.

 

Certes les prix de l’immobilier montent, mais pas partout. Les tendances haussières à Paris en petite couronne et dans quelques grandes métropoles régionales (Nantes, Rennes, Bordeaux, Lyon par exemple) ne résument pas à elles seules la réalité d’un marché national à trois vitesses : selon les données notariales, 45% des départements ont enregistré une progression des prix des appartements dans l’ancien en 2018, 40% ont connu une baisse et 15% sont restés stables. Bref, la tendance haussière ne concerne même pas la moitié des départements.

En outre, même là où les prix augmentent, ce n’est qu’une moyenne. La carte de France immobilière ressemble à une peau de léopard. Une peau de léopard où les taches brunes représentent les zones les plus tendues où les prix flambent, le plus souvent les grandes agglomérations. Mais il y a aussi les taches blanches, ces zones en perte de vitesse, le plus souvent situées en périphérie. Ces zones, c’est la France pavillonnaire celle des lotissements situés en couronnes périurbaines où les prix baissent voire chutent brutalement. Or le poids de la résidence principale dans l’ensemble du patrimoine des classes moyennes est écrasant : c’est nettement plus de la moitié et jusqu’à plus de 70% pour les ménages dont le montant du patrimoine les place entre le 5ème et le 7ème décile.

Plus varié en haut de la pyramide, le patrimoine des plus aisés est plus diversifié faisant tomber la part de la résidence principale à peine plus de 10%. La France des lotissements c’est aussi celle de la voiture. Et pour cause. Aux manques de transports en communs s’ajoutent les conditions d’accès difficiles aux services au sens large (écoles, commerces, services administratifs, médicaux, culturels). L’automobile est dès lors l’outil indispensable pour y accéder et la multi-motorisation une quasi-obligation. Pour les Français les plus modestes la voiture va jusqu’à représenter plus de 20% de leur patrimoine. Pour les classes moyennes c’est un peu moins de 5%. Ce n’est pas négligeable d’autant plus que c’est un patrimoine qui se déprécie d’autant plus rapidement qu’il est essentiellement constitué de véhicules diesels, ceux-là même que le gouvernement et les grandes métropoles veulent chasser du territoire. Le bilan est là, les ventes de diesel d’occasion sont en recul. Selon les chiffres de AAA Data, elles déclinent depuis 2017 et les plus touchées sont les diesels d’occasion de plus de six ans, cœur de cible des classes moyennes avec à la clé de sévères baisses de prix pour des vendeurs contraints pour certains de brader leur véhicule.

De surcroît, face à ce patrimoine mobilier et immobilier qui perd de sa valeur, il y a de l’endettement : plus du quart des ménages dont le patrimoine les situe entre le 4ème et le 5ème décile sont endettés au titre de leur résidence principale, une part qui monte à 42,4% pour ceux qui sont entre le 6ème et 7ème décile. La part des ménages endettés pour l’achat d’automobile est plus faible mais près du quart des ménages situés entre le 6ème et le 7ème décile sont concernés. Reste le patrimoine financier des classes moyennes, constitué à près de 90% des comptes chèques, des livrets défiscalisés et de l’assurance-vie. Si les comptes chèques ne rapportent rien, les autres placements sont également de moins en moins rémunérateurs : de 0,5% pour le Compte d’Epargne Logement à 1,25% pour le Livret d’Epargne Populaire en passant par 0,75% pour le livret A.

En fait seul le LEP se hisse au-dessus de l’inflation. Bref, en termes réels les rendements sont globalement négatifs. L’assurance-vie s’en sort un peu mieux mais la tendance est à la baisse. Attaqué sur toutes ses composantes, le patrimoine des classes moyennes se déprécie et participe à la montée des mécontentements.

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Soutien gilets jaunes : les pauvres pour, les classes aisées contre

Soutien gilets jaunes : les pauvres pour, les classes aisées contre

D’après un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo  et Le Figaro, le soutien au mouvement des gilets jaunes est encore majoritaire à hauteur de 55 % mais cela cache une opposition assez nette entre les catégories pauvres et les classes supérieures. Pour schématiser entre les urbains aisés qui bénéficient de la mondialisation et les Français des zones périphériques faiblement rémunérées, mal formés et de plus en plus privé de services publics. Le mouvement est soutenu par près des deux tiers des ouvriers (64%), à l’inverse, les deux tiers des cadres (66%) souhaitent que le mouvement cesse.

La poursuite du mouvement est appréciée différemment selon le niveau de revenus des personnes interrogées. Près des trois quarts des Français les plus modestes (72%) souhaitent qu’il perdure, alors que près des deux tiers des Français les plus aisés (61%) veulent que le mouvement s’arrête. Même si les Français sont moins nombreux à soutenir les « gilets jaunes », ils continuent de partager une partie de leurs revendications. Ainsi, le pouvoir d’achat est la principale préoccupation des Français pour 2019, selon le sondage Odoxa-Dentsu Consulting. Augmenter le pouvoir d’achat est le souhait numéro un de 54% des sondés. La lutte contre le chômage est citée par 32% personnes interrogées.   Ce rapport s’est totalement inversé par rapport à l’enquête Odoxa publiée le 1er janvier 2015. La baisse du chômage était la priorité pour 59% des Français, soit 27 points de plus que cette année. Quant à la préoccupation sur le pouvoir d’achat, elle n’avait la faveur que de 41% des sondés. La lutte contre le chômage, préoccupation majeure des décennies passées, est désormais la quatrième priorité des Français. Les deuxième et troisième attentes citées par les personnes interrogées sont la lutte contre la pauvreté (45% de citations, plus 12 points en quatre ans) et la baisse du niveau des impôts et des taxes (41% de citations, plus un point en quatre ans). Ces préoccupations, mises en exergue depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », supplantent désormais les sujets plus régaliens et sociétaux que sont la sécurité et la délinquance (29%, contre 34% en 2015) et la lutte contre l’immigration clandestine (26%, contre 30% en 2015). À noter enfin que l’amélioration de la protection de l’environnement est citée par 24% des Français. C’est sept points de plus qu’il y a quatre ans (17%).

Cette enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro a été réalisée par internet les 2 et 3 janvier 2019, sur un échantillon de 1 004 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Heures travaillées par an: les salariés français mal classés

Heures travaillées par an: les salariés français mal classés

En France en moyenne, le nombre d’heures travaillées est inférieur de 7 % à celui de la moyenne européenne. Mais les Allemands font mieux encore, puisqu’ils travaillent 111 de moins que leurs voisins français. Avec 1371 heures travail annuelles, personne ne fait mieux dans l’OCDE. Des chiffres cependant à prendre avec des pincettes dans la mesure il existe bien davantage de contrats à temps partiel en Allemagne ce qui mécaniquement fait diminuer le nombre d’heures travaillées par salarié. Même observation concernant la productivité. En France, la productivité horaire s’élevait à 67,5 dollars en 2015 et en Allemagne à 66,6 dollars. Le problème c’est que les Allemands sont beaucoup plus nombreux à travailler qu’en France proportionnellement à leur population. Concernant la durée du travail au plan mondial les Mexicains sont ceux qui ont le moins de temps libre, avec 2246 travaillées par an. Les Coréens du sud passent eux aussi beaucoup de temps au travail (2113 heures), suivie par les Grecs qui consacrent 2042 heures par an à leur activité professionnelle. Ce sont les seuls pays qui dépassent les 2000 de travail annuel. Même si la Chili et la Russie sont juste en dessous de cette barrière symbolique, avec respectivement 1988 et 1978 heures.

Sortir de la stérile lutte des classes (Lemaire)

Sortir de la stérile lutte des classes (Lemaire) –

 

Bruno le maire, ministre de l’économie, révèle ses principales préoccupations  dans une interview à la tribune (extrait)

 

BRUNO LE MAIRE - Mon rôle ici à Bercy est  d’accomplir la transformation économique de la France, pour pouvoir annoncer de bonnes nouvelles. Les meilleures, ce serait qu’il y ait enfin du travail pour tous dans notre pays ; ce serait que ceux qui payent le tribut le plus élevé au chômage, les jeunes les moins qualifiés, puissent trouver leur place dans la société ; ce serait enfin que l’économie française réalise pleinement son potentiel.

 

Avec les difficultés, les références de gauche et de droite pourraient bien faire leur retour. Comment vous situerez-vous alors ?

Nous sommes dans une période de recomposition complète de notre vie politique. Elle est encore inachevée et va se poursuivre. Jamais je n’aurais envisagé d’entrer au gouvernement sans avoir la légitimité que donne l’élection. Les Français, au fond, se moquent de savoir si l’on vient de la droite ou de la gauche : ils demandent des résultats et c’est cela qui compte pour moi. Dans ma circonscription, je ne me suis pas retrouvé opposé à la droite ou à la gauche mais aux extrêmes. Cela a été le cas dans beaucoup de circonscriptions en France. Face à ce risque, nous n’avons pas le droit d’échouer.

L’audit de la Cour des comptes a mis en évidence un grave dérapage des comptes publics en critiquant sévèrement la gestion Hollande. Quelles mesures allez-vous prendre pour tenir l’objectif d’un déficit inférieur à 3% dès 2017 ?

Notre niveau de dépenses publiques est un des plus élevés d’Europe (56,2 % du PIB), et nous avons pourtant un niveau de chômage parmi les plus hauts et un taux de croissance parmi les plus bas. Vous le voyez donc : la voie du « toujours plus de dépenses publiques » est une impasse. À nous de le faire comprendre et d’opérer une vraie transformation culturelle. La deuxième erreur à ne pas renouveler, c’est de penser que l’on peut corriger nos déficits en augmentant les impôts et les taxes. Non ! Augmenter les impôts est une solution de facilité. Le seul choix courageux, c’est de réduire la dépense publique. J’insiste sur ce point : pas de nouveaux impôts ! C’est une promesse du président de la République. C’est pourquoi il n’y aura pas de projet de loi de finance rectificative cet été.

Quelles seront vos priorités entre mesures de compétitivité pour les entreprises et mesures de pouvoir d’achat ?

La transformation de notre culture économique, c’est aussi arrêter d’opposer l’intérêt des salariés à l’intérêt des entreprises. Les deux vont de pair et se rejoignent. Sortons une fois pour toutes de la lutte des classes ! Une entreprise qui se porte bien peut redistribuer la richesse produite à ses salariés. Je souhaite donc que l’on avance sur deux jambes. Dès le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, il faudra supprimer toutes les charges sociales salariales sur la maladie et le chômage, pour que les salariés puissent avoir en 2018 une amélioration visible de leurs revenus. Pour les salariés du secteur privé, le gain de salaire net sera de 526 euros pour un couple de personnes rémunérées au Smic. Autre exemple, une personne rémunérée 2 000 euros brut par mois bénéficiera d’un gain de salaire net de 355 euros par an. Il faut que chacun constate que le principal changement, dans ce quinquennat, c’est que le travail paye ! C’est la priorité. Mais cela n’interdit absolument pas d’engager les mesures pour permettre à nos entreprises d’être compétitives, notamment la baisse de l’impôt sur les sociétés. Nous souhaitons parvenir en 2022 à un taux de 25 %, ce qui doit être programmé sans attendre.

Cela sera-t-il repris dans les ordonnances sur le travail ?

Dans la réforme du marché du travail, il y a la volonté de valoriser les accords d’entreprise. C’est une façon de reconnaître le dialogue social et une occasion d’améliorer les relations syndicats-patronat dans notre pays. Derrière ces mesures, il y a une vision de la société. Qu’il y ait des désaccords entre des chefs d’entreprise et leurs salariés, c’est normal et naturel. Mais pourquoi ces désaccords se régleraient-ils systématiquement dans le conflit ? Nous quittons cette culture du conflit pour aller vers une culture du dialogue, qui existe dans des pays voisins et donne de bien meilleurs résultats. C’est la méthode voulue par le président de la République et conduite par le Premier ministre. Parce que conflit veut dire perte de temps, épuisement des personnes, angoisses sur l’avenir, tout ce qui, à mon sens, affecte la société française et que nous devons transformer. Nous y parviendrons en rétablissant la confiance entre les Français.

Quels atouts ? Notre image à l’étranger souffre de notre fiscalité et de notre droit du travail trop lourds…

Nous allons agir, en baissant la fiscalité des entreprises, en allégeant les charges sur les salaires, en réformant le marché du travail, mais aussi par des mesures spécifiques, comme le développement des classes bilingues dans notre système éducatif et l’ouverture de nouveaux lycées internationaux. L’ISF sera remplacé par un impôt sur l’immobilier, qui ne concernera plus les valeurs mobilières. À New York, ces mesures sur l’amélioration de l’attractivité ont été bien reçues. Les investisseurs ont compris qu’avec l’élection d’Emmanuel Macron, les choses changent en France. Ils attendent des actes concrets : signe de l’importance que le gouvernement accorde à ce sujet, le Premier ministre en personne dévoilera prochainement d’autres mesures concernant spécifiquement la place de Paris.

L’ISF sera bien réformé dès 2018 ?

La réforme de l’ISF sera votée cette année et entrera en vigueur en 2019.

L’Union européenne ne fait plus rêver. Pour autant, ceux qui prônent un repli national ne parviennent pas à séduire une majorité des électeurs. Que peut faire la France pour relancer le projet européen ?

Durant la campagne, Emmanuel Macron a placé l’Union européenne au cœur de son projet. Il a été élu. C’est un fait politique majeur qui permet à la France de jouer à nouveau un rôle de leadership en Europe. L’Union européenne doit se remettre en cause et se transformer pour mieux défendre les intérêts des Européens. C’est en ce sens que nous avons engagé la révision du statut des travailleurs détachés, qui crée des situations de concurrence déloyale dans de nombreux secteurs, comme le transport routier et le BTP. Il est nécessaire de trouver le bon équilibre. Troisième exemple, la Chine, qui veut avoir accès à nos marchés publics mais refuse aux entreprises européennes l’accès aux marchés publics chinois. La réciprocité est nécessaire.

Comment mener une telle intégration politique ?

Il nous faut déjà mieux coordonner nos politiques économiques et budgétaires. Cela veut dire respecter les règles communes, mais aussi que les pays en situation d’excédent utilisent une partie de leur marge de manœuvre pour soutenir la croissance de l’ensemble de la zone. L’Union bancaire est déjà bien engagée, mais il faut aller jusqu’au bout pour permettre un financement efficace des entreprises de la zone euro. Il faut également parvenir à une harmonisation fiscale. Avec Wolfgang Schäuble [ministre des Finances allemand, Ndlr], nous sommes décidés à œuvrer rapidement en ce sens. Au-delà, il faut créer un budget de la zone euro qui permettrait par exemple de financer des infrastructures et d’investir dans un système éducatif harmonisé et dans le numérique. Cet objectif atteint, il faudra logiquement nommer un ministre des Finances de la zone euro. Enfin, il y a la proposition de Wolfgang Schäuble, qui a avancé l’idée d’un Fonds monétaire européen qui s’inspire du FMI. C’est une mesure dont il faut discuter.

IR : une petite baisse de l’impôt pour acheter le vote des classes moyennes

IR : une petite baisse de l’impôt pour acheter le vote des classes moyennes

 

Une baisse évidemment ridicule qui doit se situer dans une enveloppe limitée à 1 milliard, concrètement cela ce traduira par une ristourne de leur de 300 € pour les bas revenus. Toujours bons à prendre évidemment mais ridicule dans la mesure où la ficelle est grosse, il s’agit en effet d’une ristourne temporaire destinée uniquement à acheter le vote des classes moyennes. La baisse de la fiscalité promise aux ménages par François Hollande pour 2017 serait limitée en effet à un milliard d’euros au maximum et prendrait la forme d’une « ristourne » de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, rapporte le journal Les Echos à paraître mardi. « Selon nos informations, la piste qui tient la corde est celle d’une baisse forfaitaire de l’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, comme cela avait été le cas en 2014″, écrit le journal. « Le sujet doit encore être évoqué jeudi matin lors d’un entretien entre le Premier ministre et le président de la République, si bien que les lignes peuvent encore bouger d’ici là. Mais il semble qu’à ce stade, les autres options à l’étude – celles d’une hausse de la prime d’activité ou d’une baisse de CSG (contribution sociale généralisée) pour les retraités – soient écartées ». « Pour l’instant, le gouvernement travaille sur un geste fiscal d’environ un milliard d’euros, voire moins », indiquent Les Echos en soulignant que c’était la conséquence d’une croissance moins forte qu’envisagée un temps pour 2017. En juin, puis lors de son interview traditionnelle du 14-juillet, François Hollande avait évoqué une baisse de la fiscalité des ménages de l’ordre de deux milliards d’euros dans le cas où la prévision de croissance serait relevée à 1,7% pour 2017. Parmi les options envisagées, « c’est celle d’une réduction d’impôt forfaitaire sur les revenus de 2016 qui serait privilégiée, sur le modèle de la baisse d’impôts de l’été 2014″, indiquent encore Les Echos. Le journal rappelle que les contribuables dont le revenu était inférieur à 1,1 smic par tête avaient alors bénéficié d’une ristourne, jusqu’à 350 euros (pour un célibataire) ou 700 euros (pour un couple). La mesure avait bénéficié à quatre millions de ménages pour un coût total de 1,3 milliard d’euros.

(Avec Reuters)

La lutte des classes d’actualité ?

La lutte des classes  d’actualité ?

Un résultat qui pourrait paraître curieux voir un peu daté pourtant   sept Français sur dix considèrent que « la lutte des classes est une réalité en France » aujourd’hui, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien, France Info et MCI, publié vendredi. Il faut sans doute voir là  le renforcement des inégalités avec une partie de la population réellement appauvrie depuis la crise est en état de survie économique. Mais il faut sans doute y ajouter une très grande partie des couches moyennes qui ont eu à subir de nombreuses conséquences notamment en matière de fiscalité. Dans le même temps,  les riches n’ont jamais été aussi riches en France comme ailleurs. Faut-il rappeler qu’un pour cent des plus riches possède 50 % de la richesse mondiale et que les inégalités n’ont jamais été aussi grandes. À cet égard les écarts de conduite de certaines grandes fortunes en matière de fiscalité, les salaires excessifs de certains très grands patrons, la collusion entre systèmes financiers et systèmes politiques nourrissent  certainement le sentiment d’une sociologie éclatée et conflictuelle. Sept Français sur dix considèrent que «la lutte des classes est une réalité en France» aujourd’hui, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien, France Info et MCI, publié vendredi. A deux jours du 1er mai, 69% des personnes interrogées estiment que «la lutte des classes est une réalité en France à l’heure actuelle», un avis partagé dans les mêmes proportions quelle que soit leur sympathie politique. Invités à dire si eux-mêmes se sentent «concernés par la lutte des classes», 59% des Français répondent oui (69% chez les sympathisants de gauche, 68% chez les sympathisants du FN et 42% chez les sympathisants de droite). Mais les intérêts des salariés leur semblent mal défendus. 72% des personnes interrogées jugent que l’action des syndicats n’est «pas efficace». Les entreprises leur paraissent mieux loties, puisque 50% estiment «efficace» l’action des organisations patronales pour les défendre. Enfin pour 63% des sondés, ni Nuit debout, ni les syndicats, ni les partis ne sont «en phase avec les salariés».

 

Valls : baisses d’impôts des classes moyennes quand les français seront morts

Valls : baisses d’impôts des baisses dimpôts des classes moyennes quand les français seront morts

 

 

Valls est comme Hollande : dans le potage. Il promet des baisses d’impôt pour les classes moyennes mais seulement quand la dépense publique aura diminué. Ce net pas pour demain puisque malgré la politique d’austérité le déficit ne fait que s’aggraver ; Pas vraiment un cercle vertueux plutôt le chat qui courre après sa queue.  Après le récent geste fiscal en direction des foyers modestes, Manuel Valls veut faire baisser les impôts des classes moyennes, mais une fois la dépense publique réduite. C’est ce qu’il a affirmé devant le Conseil national du PS, ce samedi 14 juin.  « Il nous faudra explorer d’autres chemins, sans tabou. Je pense à la baisse de la fiscalité des ménages et notamment des classes moyennes. Car je l’ai dit, les impôts sont trop lourds. Mais nous ne pourrons nous engager dans cette voie que si nous avons réduit la dépense publique« , a-t-il dit. Mais sans donner de date précise… S’exprimant à quelques jours de l’examen des projets de loi mettant en musique les mesures du pacte de responsabilité, il a lancé en direction des socialistes: le choix de la politique de l’offre, « je l’assume » et « je n’ai qu’une certitude: prendre un autre chemin nous conduirait à l’échec. C’est pourquoi je suis très déterminé à quelques jours des votes importants que nous avons au Parlement. C’est notre crédibilité qui est en jeu ». Face à la grogne de la gauche du PS, il a ajouté: « la radicalité en interne ou dans la société mène à une impasse. C’est le réformisme qui est en jeu. Tenir dans la durée. Nous avons encore trois ans pour nous. Trois ans pour réussir et pour continuer à gouverner. Autour du président de la République, autour de François Hollande ».  Pour lui, les socialistes doivent avoir « l’obsession » d’ »en finir avec la gauche du ‘un petit tour et puis s’en va’ ».

 

Impôts : les classes moyennes vont trinquer d’après Gilles Carrez

Impôts : Les classes moyennes vont trinquer d’après Gilles Carrez »

Le gouvernement de Manuel Valls présente mercredi en Conseil des ministres une loi de finances rectificative censée mettre en œuvre le nouveau cap politique : la baisse de la pression fiscale. Principale mesure de ce texte, la création d’une réduction d’impôt forfaitaire de 350 € pour un célibataire (700 € pour un couple) gagnant moins d’environ 1 232 € par mois.  Selon Bercy, ce dispositif devrait alléger l’impôt sur le revenu 2013 de 3 millions de foyers. Parmi eux, 1,8 million devraient même en être totalement dispensés.
Reste que les autres contribuables verront, eux, leur facture fortement augmenter. C’est ce que démontre aujourd’hui le député UMP Gilles Carrez, en dévoilant une étude intitulée « Rétablir la vérité sur l’impôt sur le revenu ». Le président de la commission des Finances déposera un amendement pour aménager la mesure Valls.  Il s’en explique dans une interview au «Parisien-Aujourd’hui»

Le Parisien : Que reprochez-vous à la réduction d’impôt proposée
par Manuel Valls ?

Gilles Carrez, président UMP de la commission des finances à l’Assemblée nationale : «Les hausses d’impôts sur le revenu déjà votées pour 2014 se montent à 4,5 Mds€. Le gouvernement souhaite atténuer la douloureuse de 1 Md€. Cette mesure va dans le bon sens, mais elle est beaucoup trop ciblée. Je m’inquiète de l’hyper concentration des augmentations d’impôt sur les classes moyennes : les 3,5 Mds€ de hausse restants vont être principalement payés par une douzaine de millions de foyers fiscaux qui déclarent entre 20 000 € et environ 50 000 €. Ces particuliers vont ainsi voir leur imposition s’alourdir de 200 à 300 € cette année. Ce n’est pas rien. II vaudrait donc mieux limiter la réduction d’impôt à 150 € et en faire profiter un plus grand nombre, à savoir tous les contribuables dont le revenu imposable ne dépasserait pas 40 000 €. Ce serait un effort de 1,8 Md€.»

 

Inégalités : appauvrissement des classes moyennes depuis 30 ans

Inégalités : appauvrissement des classes moyennes depuis 30 ans

 

Dans certains pays riches comme les Etats-Unis, la France, le Canada ou l’Autriche, la montée des inégalités depuis trente ans pèse sur les classes moyennes qui récoltent de moins en moins les fruits de la croissance, souligne un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié lundi. Intitulé «Rendre la croissance plus inclusive», l’OCDE rappelle que depuis le début des années 1980, les bénéfices de la croissance ont été captés de façon disproportionnée par les plus hauts revenus. «Dans les pays de l’OCDE en 2010, le revenu moyen des 10 % les plus riches de la population était 9,5 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres, alors qu’il n’était que 7 fois supérieur il y a 25 ans», signalent les auteurs, confirmant les inquiétudes du Forum économique mondial qui tirait déjà la sonnette d’alarme en début d’année. A en croire les conclusions de l’OCDE, cette tendance s’accentue aux États-Unis, en Autriche, en Australie, au Canada et en France. Située entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres, la classe moyenne capte moins les bénéfices de la croissance et voit la part de ses revenus «baisser au fil des années». En France, ce phénomène s’explique par «un système de redistribution moins progressif avec un poids plus élevé de la fiscalité sur les classes moyennes», détaille Lamia Kamal-Chaoui, un des auteurs du rapport. Autre explication: la polarisation du marché du travail. «Il s’agit du déplacement des emplois moyennement qualifiés vers des occupations à la fois plus qualifiées (par exemple en R&D, design, management) et plus faiblement qualifiées (par exemple dans la vente au détail), détaille Alain de Serres, également économiste à l’OCDE. Ce déplacement peut être le résultat du développement technologique qui profite davantage à la création d’emplois hautement qualifiés, combinée à la délocalisation de certaines activités manufacturières». Il est clair que leur pouvoir d’achat a augmenté moins vite que celui des bas et hauts revenus sur les trente dernières années.




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