Archive pour le Tag 'citoyen'

Un Pacte pour un service public citoyen

Un Pacte pour un service public citoyen

 

. Par Paul Duan, président-fondateur de l’ONG Bayes Impact, ONG fondée aux Etats-Unis pour mettre les données et les algorithmes au service du « bien commun » veut redéfinir le concept de service public, article dans la Tribune.

« En ces temps de tension sociale continue, la narrative dominante est celle de l’effritement du service public et de la victoire de l’individualisme. Il n’y aurait plus que la Coupe du monde de football qui vient de débuter pour nous faire croire à la notion de collectif. Tous les éléments existent pourtant pour faire émerger une nouvelle génération de solutions citoyennes prêtes à être mises au service de l’intérêt général. Et s’il ne manquait qu’une chose pour les réunir ?

Les nouvelles technologies offrent, de manière inédite, les moyens à tout citoyen d’agir à grande échelle et dans un laps de temps réduit. Elles rendent possible pour chacun d’innover au service de l’intérêt général, et de construire ensemble un monde de demain profitable à tous. Cependant, l’innovation technologique profite aujourd’hui majoritairement aux intérêts privés, et les innovations sociales – aussi prometteuses soient-elles peinent à atteindre une envergure à la hauteur des enjeux de société. Deux voies qui se connaissent mal : l’innovation privée et la conception traditionnelle du service public. Les géants du numérique exploitent avec succès ces opportunités pour répondre aux nouveaux besoins de la société. Ils font de l’innovation de rupture leur fonds de commerce. Le numérique transforme fondamentalement la société et ses équilibres, et les ramifications s’étendent à des domaines que l’on pensait réservés au domaine du service public. Pourtant, les récents scandales autour de l’utilisation faite par Facebook de nos données, ou l’exemple d’Intuit – l’éditeur de TurboTax, le principal service de déclaration fiscale américain – qui fait un important lobbying aux États-Unis pour éviter une simplification de l’impôt, montrent que, dans ces nouveaux équilibres, il reste important de garantir le respect des principes du service public.

Dans le même temps, le service public tel qu’on le connaît reste construit comme si l’État avait le monopole de l’intérêt général. Les réponses qu’il formule en s’ouvrant petit à petit à l’innovation sont une première étape nécessaire. C’est le cas en particulier du concept d’État-plateforme. Mais elles relèvent surtout de mesures techniques visant des gains d’efficience, plutôt que d’une vision nouvelle du rôle du service public dans la société d’aujourd’hui. En l’absence de cette vision, il perd toujours plus d’influence face aux intérêts privés.

Il est urgent de réagir, de proposer une réponse à la hauteur des enjeux. Bien que de nouveaux modèles et dispositifs encourageants se développent – comme les contrats à impact social ou les modèles économiques hybrides -, l’innovation sociale reste trop souvent l’affaire de compromis, soit en termes d’échelle, soit en termes d’impact. Car en s’efforçant d’inscrire leur action dans le respect des valeurs du service public, les innovateurs d’intérêt général se limitent volontairement en matière de modèle économique. Ils sont ainsi désavantagés dans le rapport de force avec l’innovation privée. Pour rééquilibrer le jeu, ils doivent pouvoir bénéficier d’une alliance avec l’État ou la collectivité. Le service public citoyen est une vision sociétale pour combiner les forces de l’innovation et celles du service public.

Toutefois, cela ne pourra se produire que si l’on fait évoluer la vision actuelle du service public et du rôle de l’État. Il est aujourd’hui mal équipé. Le cadre actuel est trop étroit et centré sur une vision verticale et descendante de son rôle. Il doit faire évoluer sa conception des services publics : d’unique créateur, il doit devenir le garant de ses valeurs.

En l’absence d’une vision sociétale de ce que doit être le service public dans le monde d’aujourd’hui, il est de plus en plus remis en cause par la concurrence des services proposés par les acteurs du numérique, car plus agiles, plus innovants, et souvent gratuits en apparence. Pourquoi se préoccuper de l’existence de Pôle emploi, lorsque l’on a LinkedIn, Indeed ou Leboncoin ? Parce que les intérêts privés ne permettent pas toujours de garantir l’intérêt général. Et parce qu’il existe une différence entre servir les besoins du plus grand nombre et ceux de tous. Le service public citoyen est une nouvelle voie qui combine les forces de l’innovation et celles de l’État dans le cadre d’une alliance inédite. Cette alliance doit lever les blocages qui empêchent l’intérêt général de profiter aussi facilement que les intérêts privés de l’innovation technologique. En d’autres termes, cette voie offre aux citoyens le moyen de répondre aux besoins de la société tout en garantissant le respect des valeurs et des principes – adaptés au monde numérique – du service public.

Wikipédia est une illustration de ce à quoi peut ressembler une innovation partie d’une initiative citoyenne pour servir ensuite à grande échelle. En mettant à profit les forces de la multitude pour créer des contenus de manière collaborative, tout en refusant de monétiser leurs contenus par la publicité afin de ne pas les biaiser, Wikipédia a créé de facto une nouvelle forme – certes perfectible – de service public de l’information. Demain, à travers le service public citoyen, nous, citoyens, pourrons tous contribuer à l’essor d’une nouvelle génération de services publics.

Le service public citoyen doit se réaliser dans le cadre d’un Pacte service public citoyen qui vient non pas en remplacement du cadre existant mais en complément. Ce Pacte doit permettre au service public de trouver un nouveau souffle. Les citoyens souhaitant innover au service de l’intérêt général peuvent ainsi s’allier à l’État en contrepartie d’engagements réciproques.

Les premiers offrent les garanties du respect des principes du service public. Le second met en retour à disposition ses infrastructures, ses données, son savoir-faire, ainsi que sa force de distribution et de financement.

Alors seulement, les services publics citoyens nés de cette alliance entre le citoyen et l’État pourront prendre une envergure à la hauteur de nos enjeux de société. Et faire que l’idée d’un monde numérique profitable à tous ne reste pas une image.

Le service public citoyen est une invitation à construire une nouvelle forme de service de l’intérêt général. Un service propre à répondre aux grands enjeux des transitions – numérique, écologique et sociale – d’aujourd’hui. Nous sommes partis de l’existant pour identifier les besoins, les opportunités, et apporter une proposition de réponse. La suite, nous vous invitons à l’écrire ensemble.

La Fondation Digital New Deal, think tank du numérique, s’attache à éclairer la société et à proposer aux décideurs des pistes concrètes pour faire face à la nouvelle donne technologique. À l’heure où Emmanuel Macron va accélérer la réforme de l’État avec la remise des propositions de la mission « Action publique 2022″, la Fondation publie un nouveau rapport sur « le service public citoyen ». Confié à Paul Duan, qui s’est fait remarquer il y a quelques années en proposant d’utiliser les technologies pour vaincre le chômage, ce qui a donné naissance à une expérimentation inédite, « Bob emploi », en partenariat avec Pôle emploi, ce document propose une approche nouvelle, de coopération entre l’État-plateforme et les citoyens utilisant la force apportée par le numérique. »

Un «parcours citoyen» gnangnan pour remplacer «le service militaire» !!!

Un «parcours citoyen»  gnangnan pour remplacer «le service militaire» !!!

 

 

 

Finalement on a d’abord promis le retour du service militaire puis sa transformation en un mini service national pour finalement sans doute aboutir à un ersatz de parcours citoyen qui n’a plus grand-chose à voir avec l’intention de départ. Le service militaire n’était sans doute pas le moyen idéal pour régler certains aspects de la crise sociétale française mais s’il avait au moins le mérite de permettre l’appropriation de certaines valeurs citoyennes, de permettre le brassage social et accessoirement de permettre de se confronter à l’ordre et la discipline. Au lieu de cela on intégrera quelques enseignements citoyens dans le parcours scolaire. Encore une fois le service militaire ne pourrait être ne peut être considéré comme la solution miracle pour résoudre certains problèmes sociétaux pour autant son existence témoignait de la  nécessité de consacrer temps et disponibilité au service de l’intérêt général et en particulier de la défense. Pas étonnant qu’on abandonne  aussi facilement une proposition pourtant tellement indispensable. En effet la génération qui vient au pouvoir, à commencer  par le président de la république, n’a jamais effectué le moindre service militaire. Dès lors il ne faudra pas s’étonner  de la dégradation des valeurs citoyennes et républicaines chez certains jeunes qui par ailleurs ne bénéficient  pas d’un véritable cadre familial et ont quitté l’école de manière prématurée. C’était pourtant une promesse d’Emmanuel Macron lors de sa campagne électorale. Le « service national » obligatoire d’un mois pour tous les jeunes pourrait finalement ne jamais voir le jour, rapporte ce jeudi France info. Cette proposition pourrait être très largement remaniée et se transformer en un simple « parcours citoyen » obligatoire d’une semaine par an. Il s’agit d’une des pistes étudiées par les députés en charge d’établir un rapport qui sera rendu public à la fin du mois de janvier. Ce « parcours citoyen » s’adresserait aux jeunes de 10 à 16 ans et se déroulerait au sein même des établissements scolaires. Il serait encadré par des enseignants et des volontaires du service civique et se déroulerait en trois étapes. Ce système aurait l’avantage d’être beaucoup moins coûteux pour l’Etat, note France info.

Première étape. Chaque année au collège, une semaine serait consacrée à la défense, à la sécurité, mais aussi aux gestes qui sauvent (comme lors de la Journée d’appel de préparation à la défense), aux droits et devoirs, ou à la mémoire.

Deuxième étape. En classe de seconde au lycée, les élèves participeraient à une immersion « pour favoriser la mixité sociale et les valeurs fraternelles ». Cette immersion s’apparenterait au stage qu’effectuent les élèves en 3e​, mais serait réalisée dans une association.

Troisième étape. La dernière étape, en fin de seconde, serait la délivrance d’un « passeport citoyen » qui permettrait aux jeunes de poursuivre leur engagement après l’âge de 16 ans, mais aussi d’avoir un accès simplifié et moins cher au permis de conduire.

Parrainage citoyen : enterré

 

Parrainage citoyen : enterré

Pendant la campagne électorale, on promet ensuite on gère ; enfin on essaye ! Du coup les unes après les autres les promesses sont enterrées comme le parrainage citoyen. Le constat n’est pas nouveau. Depuis des années, des politiques pestent contre le système des 500 parrainages d’élus, nécessaires pour se lancer dans la course à la présidentielle. En 2007, déjà, Jean-Marie Le Pen disait à qui voulait l’entendre ses difficultés à récupérer les précieuses signatures. Des reportages le montraient, lui et ses conseillers, arpentant les campagnes françaises à la recherche du soutien des maires. « Ce parrainage, qui était défini comme une simple formalité administrative, a évolué dans l’esprit des gens de telle sorte qu’il est réputé aujourd’hui être un soutien politique. Les maires ont peur de se faire critiquer [s'ils donnent leur soutien au FN, NDLR]« , explique le fondateur et président d’honneur du Front national.  Mardi matin sur France Info, Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) s’en exaspérait : « Toutes les élections présidentielles, on a le candidat du Front national qui nous fait un cinéma, en disant qu’il n’a pas ses parrainages et qui finalement a ses parrainages ». Lorsque Nicolas Sarkozy est élu président de la République en 2008, il confie à Édouard Balladur une mission de modernisation et de rééquilibrage des institutions. Celle-ci avait notamment pour objet de se pencher sur cette question épineuse. Le comité Balladur a ainsi proposé que « la sélection des candidats soit le fait d’un collège de quelques cent mille élus qui (…) seraient appelés à désigner, à bulletin secret, le candidat qu’ils souhaitent voir concourir à la présidence de la République ». La suggestion n’a finalement pas été retenue par Nicolas Sarkozy, car elle lui apparaissait déjà, à l’époque, difficile à mettre en œuvre.  En mai 2012, François Hollande arrive à l’Élysée. Le scénario n’a guère varié. Pendant sa campagne, il avait manifesté son souhait de réformer le système des parrainages. Il confie donc à Lionel Jospin une commission pour la rénovation de la vie publique et lui demande d’étudier la question. Fin novembre, la commission Jospin rend son rapport. Elle affirme que « les citoyens devraient désormais pouvoir habiliter directement les candidats à l’élection majeure de la vie politique du pays ». Dans cette optique, chaque candidat devrait recueillir au moins 150 000 signatures. Une proposition qui ne satisfait pas plus les petits candidats, qui y voient, d’après le JDD, « un verrouillage du système politique », sous couvert d’une plus grande ouverture.  Cette proposition ne verra finalement jamais le jour. François Hollande ayant annoncé devant le Conseil constitutionnel, lundi soir, qu’il y renonçait. La « difficulté de sa mise en œuvre » l’aurait dissuadé, affirme-t-il. Sur RMC, Roselyne Bachelot (UMP), membre de la commission Jospin, ne croit pas à cet argument. « Je suis surprise qu’on soulève cet argument alors que le parrainage citoyen existe sans difficulté dans de nombreux pays européens », remarque-t-elle. Contacté par Le Point.fr, Dominique Rousseau, professeur de droit, et lui aussi membre de la commission, la rejoint : « Je ne crois pas du tout à l’argument technique. Qu’on ne fasse pas supporter au droit des choses qui relèvent du courage et des affaires politiques », s’agace-t-il.  Il est en effet étonnant que la commission Jospin, composée de six professeurs de droit et de presque autant de praticiens chevronnés, n’ait pas considéré cet obstacle. « Si politiquement, il semble opportun de donner aux citoyens le droit de choisir les candidats, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher de le faire. Les problèmes techniques ne nous ont pas paru insurmontables », explique le professeur Rousseau. La commission Jospin avait soulevé l’hypothèse de mettre en place un système électronique de signature en ligne, avec la mise à disposition par les communes de « points d’accès à Internet ». « Les parrainages citoyens impliquent un coût et une trop grosse lourdeur administrative », argue-t-on dans l’entourage de François Hollande. « Il y a une autre raison. Si le président décède ou démissionne, la Constitution impose un délai maximum de 35 jours pour élire un nouveau chef de l’État. Si on instaure un parrainage citoyen, le délai serait dans ce cas trop juste », poursuit la source présidentielle. Louis Alliot (FN) a une autre solution. « Le problème, ce n’est pas le filtre des parrainages en lui-même, c’est les pressions qu’exercent les grands partis sur les élus locaux », explique-t-il au Point.fr. « Il faut l’anonymat des parrainages », conclut-il. Une proposition rejetée illico par l’entourage présidentiel : « On ne peut pas vouloir la transparence sur tout, sauf sur ça. »




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol