Archive pour le Tag 'cinéma !'

Vers l’ubérisation et l’appauvrissement du cinéma

Vers l’ubérisation et l’appauvrissement du cinéma

 

A l’initiative de la Société des réalisateurs de films, plus de 150 cinéastes de la nouvelle génération, parmi lesquels Julia Ducournau, Palme d’or au dernier Festival de Cannes, et Audrey Diwan, Lion d’or à la Mostra de Venise en septembre, alertent sur l’émiettement annoncé des droits de diffusion de leurs œuvres.

 

Tribune.

 

Nous sommes jeunes cinéastes, nous avons réalisé un ou deux longs-métrages, et nous souhaitons nous adresser à celles et ceux qui entendent bâtir le monde de demain. Nous vous écrivons parce qu’un modèle vertueux pour les auteurs et pour la création est en train d’être démembré. Et que personne ne semble en prendre la mesure.

Ces trente dernières années, les droits reversés aux cinéastes par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) en contrepartie d’une diffusion télévisuelle de leurs œuvres ont permis à chaque auteur diffusé de vivre entre deux films et d’initier de nouvelles écritures.

La fabrication d’un film de cinéma nous réclame environ quatre années d’ouvrage. Néanmoins, l’écriture d’un scénario ne donne lieu à aucun salaire, seulement à une avance de droits. Les droits d’exploitation sont donc notre seule rémunération. Un préachat sur Canal+ assure des droits d’auteur minimaux permettant de vivre pendant dix-huit mois aux conditions du smic. Un film qui passe pour la première fois sur France 2 ou France 3 donne lieu à des droits d’auteur permettant de vivre entre dix et treize mois au smic.

Sur une plate-forme de vidéo à la demande sur abonnement, il n’y a actuellement aucune assurance de montant, tout y est mouvant, car la quantité d’œuvres proposées et le nombre de vues changent sans cesse. Mais on estime, par exemple, qu’un préachat sur Netflix assurerait une part fixe minimum permettant de vivre entre trois jours et deux semaines au smic.

Un film de cinéma en première diffusion sur Netflix après une sortie en salle, qui cumulerait un demi-million de vues françaises, permettrait, selon le contexte, de vivre quatre mois au smic. Le même film passant sur Netflix après avoir été diffusé sur une autre chaîne, pour le même nombre de vues, permettrait de vivre environ un mois et demi au smic.

Cet émiettement est le résultat d’une offre pléthorique d’œuvres auxquelles est appliqué un principe de rémunération ancien calculé au prorata. Ainsi, plus il y a d’œuvres proposées sur la plate-forme… plus la rémunération baisse pour chaque auteur.

Catastrophe annoncée

L’ubérisation de la majorité des cinéastes de fiction et de documentaire est en marche, signant la fin d’un modèle protecteur pour les individus, leurs droits sociaux et leur juste rémunération.

Pourtant, les Françaises et les Français n’ont jamais autant payé chaque mois pour accéder à nos œuvres (tickets de cinéma, achats d’écrans et de tablettes, chaînes payantes, abonnements Internet, à des plates-formes ou à des services de visionnage et de vidéo à la demande…). Et les plates-formes ne se sont jamais aussi bien portées, la crise sanitaire ayant amplifié leur déploiement.

Face aux plates-formes , sauver le cinéma indépendant

Face aux plates-formes , sauver le cinéma indépendant

 

 

Les distributeurs de films indépendants, déjà fragilisés par la crise sanitaire, doivent faire face à la concurrence des grandes plates-formes, s’alarment, dans une tribune au « Monde », Eric Lagesse et Carole Scotta, coprésidents du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens.

 

Tribune.

 

Une étude menée par l’Agence nationale pour le développement du cinéma en régions montre que les distributeurs indépendants français ont perdu 70 % de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33 %.

Cette catégorie de distributeurs, fragilisée par la crise sanitaire, est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pourtant, leur travail reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scénarios des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaînes de télévision, les régions, les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et autres financeurs de la filière. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bandes-annonces, affiches, dossiers de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes des entrées en salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films – auteurs, réalisateurs, producteurs – et ceux qui les exploitent – les salles de cinéma. La numérisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgé un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plates-formes de sortir leurs « originals » sur grand écran en négociant directement avec les salles prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Sauver le cinéma indépendant

Sauver le cinéma indépendant

 

 

Les distributeurs de films indépendants, déjà fragilisés par la crise sanitaire, doivent faire face à la concurrence des grandes plates-formes, s’alarment, dans une tribune au « Monde », Eric Lagesse et Carole Scotta, coprésidents du syndicat des Distributeurs indépendants réunis européens.

 

Tribune.

 

Une étude menée par l’Agence nationale pour le développement du cinéma en régions montre que les distributeurs indépendants français ont perdu 70 % de leurs entrées en septembre 2021 par rapport au mois de septembre 2019, alors que les studios américains ont progressé de 33 %.

Cette catégorie de distributeurs, fragilisée par la crise sanitaire, est pourtant celle qui finance et distribue la majorité des films présentés à Cannes chaque année, les grands auteurs du cinéma mondial, mais aussi les premiers et seconds films qui assurent le renouvellement des talents. Ces mêmes distributeurs sont ceux qui assurent la présence des films pour le jeune public, et alimentent les programmes écoles, collèges et lycées au cinéma mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée. Pourtant, leur travail reste méconnu du grand public.

Les distributeurs sont les premiers à lire et investir dans les scénarios des futurs films, français ou étrangers, bien avant les chaînes de télévision, les régions, les sociétés de financement de l’industrie cinématographique et audiovisuelle et autres financeurs de la filière. Lorsque le film est tourné, ils sont encore les premiers à en découvrir le montage, à le retravailler parfois avec producteur et réalisateur et orchestrent ensuite la sortie du film : présentation en festivals, choix de la date de sortie et de l’attaché de presse, choix des salles et du nombre d’écrans, création des bandes-annonces, affiches, dossiers de presse et de tous les éléments de promotion. Tout cela sur leurs fonds propres, auxquels viennent s’ajouter les avances financières versées pour acquérir les films. Au total, leurs investissements s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros par an, récupérables pour l’essentiel sur les recettes des entrées en salles.

Le distributeur est le lien indispensable entre ceux qui font les films – auteurs, réalisateurs, producteurs – et ceux qui les exploitent – les salles de cinéma. La numérisation de la société, accélérée par la crise sanitaire, tend à supprimer les intermédiaires, et les géants de la distribution en ligne se sont forgé un accès direct, voire incontournable, vers le consommateur. La tendance très volontaire de certaines plates-formes de sortir leurs « originals » sur grand écran en négociant directement avec les salles prouve combien la place du distributeur est de plus en plus menacée.

Les usages ont muté vers l’achat en ligne de biens culturels, et ont inauguré un débat nouveau dans notre société : qu’est-ce qu’un bien essentiel ? C’est ainsi que le combat commun des libraires et de leurs lecteurs a permis aux livres d’accéder à cette distinction nouvelle du gouvernement, distinction refusée au cinéma et aux spectacles culturels en général.

Cinéma-Culture : production artistique à la chaîne avec les plates-formes

Cinéma-Culture : production artistique à la chaîne avec les plates-formes

 

 

Cette sorte de production industrielle encouragée en particulier par les plates-formes qui visent à contrôler non seulement la production mais aussi la distribution devient insupportable même pour les salariés qui les produisent aux États-Unis dans des conditions sociales insupportables.

 

La tendance streaming constitue une espèce de vague déferlante sur l’univers de la production. Des productions créées à la chaîne un peu comme n’importe quel produit de consommation. La création artisanale n’a plus sa place dans ce dispositif. En même temps par le jeu des contrats,  la production est formatée pour répondre à une demande populaire. En clair, il n’y a plus de place pour les films d’auteur. L’avantage des grandes plates-formes et d’offrir une audience internationale à peu près immédiate;  l’inconvénient, c’est de niveler par le bas la création pour satisfaire le plus grand nombre aussi de le fidéliser à partir de critères de type marketing.

C’est un peu comme si dans le domaine de la littérature un grand de la Tech décidait par exemple de produire des romans à la chaîne, de les distribuer dans les dans le cadre de contrats de production avec les auteurs fixant les limites et le cadre culturel susceptible de plaire au plus grand nombre.

Netflix avait pris l’habitude d’opérer des raids sur les stars de Hollywood. À présent, le leader de la vidéo à la demande par abonnement braconne les talents là où ils sont. C’est-à-dire partout dans le monde. Dernière prise en date? Omar Sy. Le comédien révélé par le film Intouchables et catapulté star internationale grâce à la série Lupina scellé un contrat de plusieurs années avec la plateforme américaine pour produire et jouer dans des films. Une grande première pour un artiste français.

D’ores et déjà, Tour de Force, le prochain long-métrage réalisé par Louis Leterrier, avec Omar Sy et Laurent Lafitte, devrait être lancé sur Netflix en 2022. Et Au-delà du périph , la suite du film sorti en 2012 De l’autre côté du périph, est également attendue sur le service américain. Fin août, Netflix avait enrôlé de la même manière la comédienne Vanessa Kirby, qui joue la princesse Margaret dans la série à succès The Crown , afin de développer des films centrés sur les femmes.

 

Le streaming va-t-il tuer le cinéma ?

Le streaming va-t-il tuer le cinéma ?

 

 

 

Hollywood produit plus de films que jamais. Mais combien sont bons ?

Un article du Wall Street Journal

La révolution du streaming n’a pas seulement changé la donne en matière de production et de distribution de longs-métrages. Elle a aussi bouleversé la façon dont ils sont jugés, car les grands studios hollywoodiens et les géants technologiques accélèrent la forte hausse du nombre de films sur le marché.

A Hollywood, Netflix est le leader incontesté dans la production de nouveaux films. L’entreprise en a sorti plus d’un par semaine en 2020. Et Amazon produit de plus en plus de films originaux pour Prime Video. Mais les plateformes de streaming ne sont pas les seules à augmenter le volume. Les studios traditionnels comme Walt Disney et Paramount Pictures accélèrent aussi leur production de films proposés directement en streaming sur leurs propres plateformes afin de faire face à la concurrence et de conserver leurs abonnés. Paramount a récemment annoncé prévoir de sortir un nouveau film chaque semaine sur son service Paramount+ d’ici à 2022.

D’où une crise existentielle : qu’est-ce que cela implique pour le cinéma ?

« C’est une manière différente d’envisager les films », explique le producteur Randy Greenberg, ancien dirigeant chargé du marketing et de la distribution chez Universal Pictures, qui développe à présent des projets de longs-métrages pour les services de streaming.

Traditionnellement, l’industrie du cinéma est axée sur les hits et l’objectif des producteurs et des studios est de créer des films susceptibles d’attirer le public en salle et de faire vendre des places. « Vous devez donner une raison aux gens pour sortir de chez eux », résume Randy Greenberg.

De leur côté, les plateformes de streaming cherchent à attirer les abonnés avec un flux constant de films et de séries de sorte qu’ils restent suffisamment satisfaits pour continuer à payer tous les mois leur abonnement, dont le prix est comparable à celui d’une place de cinéma. La qualité individuelle de chaque film revêt moins d’importance, tant du point de vue de l’entreprise que du consommateur. De nombreux professionnels de Hollywood s’inquiètent de la pression que les studios s’infligent à eux-mêmes pour maintenir la qualité dans ce contexte de hausse majeure de la production.

Selon les données calculées par Ampere Analysis pour le Wall Street Journal, Netflix a produit 133 films entre 2016 et début 2020 soit trois fois plus que Disney, le studio dominant de Hollywood, qui a également produit le plus petit nombre de longs-métrages. Sony Pictures Entertainment est le deuxième studio le plus prolifique de la liste, avec 111 films.

Le réalisateur Martin Scorsese, récompensé aux Oscars, a récemment écrit dans Harpers pour faire part de ses craintes que le cinéma soit dévalorisé en tant qu’art et mis dans le même sac que les séries et émissions de télé en tant que « contenu » des plateformes de streaming

Bien que Hollywood produise davantage de films, très peu d’entre eux obtiennent les faveurs du public et de la critique. Ampere a mesuré la popularité à l’aide de deux indicateurs : une note critique, qui correspond à une moyenne pondérée des critiques de Rotten Tomatoes et de Metacritic, et une autre du public, basée sur l’agrégation des notes des spectateurs en ligne.

En moyenne, le public a donné aux productions originales Netflix, parmi lesquelles figurent des films sélectionnés pour les Oscars, une note de 59,1 sur 100, tandis que les critiques leur ont attribué 54,4 sur 100, selon Ampere. La société de recherche a également noté que les spectateurs ont perdu leur intérêt pour les films Netflix plus vite que pour ceux produits par les grands studios.

En comparaison, Disney a enregistré la meilleure moyenne auprès du public comme des critiques, selon Ampere. Le long-métrage Disney moyen, parmi lesquelles de grandes franchises telles que Marvel, a obtenu une note de 70,3 du public et de 66 des critiques. Disney comptait en outre le plus grand nombre de films à avoir gagné une popularité durable.

Cette augmentation du volume et de la distribution mène à un débat chez les professionnels du secteur. D’un côté, les jeunes réalisateurs et projets ambitieux qui n’auraient jamais eu leur chance dans l’ancien système hollywoodien disposent de plus d’opportunités que jamais. Mais de l’autre, certains professionnels du secteur et cinéphiles sont inquiets. Le réalisateur Martin Scorsese, récompensé aux Oscars, a récemment écrit dans Harpers pour faire part de ses craintes que le cinéma soit dévalorisé en tant qu’art et mis dans le même sac que les séries et émissions de télé en tant que « contenu » des plateformes de streaming.

Avec cette évolution, il devient plus difficile de définir ce qui constitue un succès. Pendant des décennies, les chiffres du box-office ont apporté l’indication la plus claire de la popularité, mais les ventes de places perdent de leur importance pour déterminer les films gagnants, lorsque de plus en plus de longs-métrages sortent directement sur les plateformes de streaming. Et bien que le box-office profite du déconfinement, il est peu probable que cela ralentisse la tendance de Hollywood à sortir plus de films en ligne soit exclusivement soit parallèlement à une sortie en salles limitée, selon plusieurs vétérans du secteur. Les plateformes de streaming sont réticentes à publier des données sur la popularité de certains titres et les chiffres sur lesquels elles communiquent manquent de contexte, comme le nombre de personnes ayant regardé un film en entier en comparaison de ceux qui n’ont visionné que quelques minutes. Certaines entreprises, comme Nielsen, essaient de créer un moyen de suivre le visionnage en ligne et donc la popularité.

Les changements dans les modes de distribution rebattent aussi les cartes pour les réalisateurs. Dans le passé, ils étaient souvent moins rémunérés pour des projets coup de cœur pour lesquels ils faisaient équipe avec les studios en vue d’obtenir un pourcentage des recettes si le film connaissait le succès en salle. Réalisateurs et studios endossaient conjointement le risque dans l’espoir de toucher le jackpot.

Une sortie en streaming change ce calcul. Pour un film diffusé en ligne, les réalisateurs perçoivent généralement une rémunération généreuse, mais renoncent à la chance de bénéficier financièrement du succès éventuel du film par la suite.

De nombreux poids lourds de Hollywood se demandent comment ce modèle de travail sur commande pourrait influencer la qualité. Sans l’opportunité de partager les recettes du box-office, les réalisateurs ne sont plus partenaires des distributeurs et ont dès lors moins de motivation à la réussite commerciale de leur film.

« Le comportement à l’égard de qui constitue un succès ou ce qui fait un flop a radicalement changé », commente Peter Guber, un producteur de film fort de quarante ans d’expérience, qui a également été directeur de Sony dans les années 1990. Dans sa carrière à Hollywood, Peter Guber a contribué à la production de films cultes comme Rain ManLa Couleur pourpre et Batman.

Que la pression soit plus forte ou plus faible pour les réalisateurs et producteurs, il n’a jamais été facile de faire un film qui plaise au public et aux critiques.

« Si vous vous référez à l’âge d’or de Hollywood… ils ne croyaient pas aux suites et aux franchises. Chaque film se faisait à l’instinct », explique Stephen Galloway, un journaliste qui a couvert le secteur du divertissement pendant environ quarante ans, avant de devenir le doyen de l’école de cinéma de Chapman University. « On ne peut jamais vraiment garantir la qualité. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Astrid Mélite)

Cannes :le cinéma s’éveille aux thématiques sociétales, enfin !

Cannes :le cinéma s’éveille aux thématiques sociétales, enfin !

 

Pour l’essentiel Cannes pour une fois est sorti de son cocon de paillettes et a honoré du cinéma engagé sur des thèmes de sociétés . C’est plutôt réconfortant surtout pour le cinéma français  largement récompensé qui s’était surtout spécialisé depuis des années sur une problématique de chambre à coucher type «  je t‘aime, moi non plus » . Il faut espérer seulement que d’autres supports artistique ( théâtres, roman, cinéma, télé, poème, peinture,  musique) sortiront aussi de leur cocon et participeront à l’effort d’analyse d’une crise qui n’est pas  seulement économique mais aussi sociale et  culturelle et aux multiples intrications. Et dont nous sortirons pas sans effort intellectuel. L’art de tout temps a précédé les grandes mutations et c’est sans doute  parce cette art se complait dans un rassurant sommeil qu’aucune perspective crédible et audible ne perce encore derrière la crise exceptionnelle que nous vivons. Le Festival de Cannes a donc sacré dimanche le film « Dheepan », réalisé par le Français Jacques Audiard, avec la Palme d’or, et les acteurs français Vincent Lindon et Emmanuelle Bercot, respectivement prix d’interprétation masculine et féminine. Emmanuelle Bercot, récompensée pour son rôle dans « Mon roi », de la réalisatrice française Maïwenn, partage son prix avec l’actrice américaine Rooney Mara pour son rôle dans « Carol ». Jacques Audiard avait reçu à Cannes le prix du scénario pour « Un héros très discret » en 1996 et le Grand prix en 2009 pour « Un prophète ». Dheepan raconte la nouvelle vie que tentent de créer dans une cité française sensible des réfugiés tamouls ayant fui le Sri Lanka. Vincent Lindon, prix d’interprétation masculine pour son rôle dans « La loi du marché », réalisé par le Français Stéphane Brizé, interprète un chômeur prenant un emploi de vigile et confronté à un dilemme moral. Le jury était présidé cette année par les réalisateurs américains Joel et Ethan Coen, Palme d’or en 1991 pour « Barton Fink ».Le Grand prix est revenu à « Saul Fia » (« Le Fils De Saul »), réalisé par le Hongrois László Nemes. Le prix de la mise en scène a été attribué au Taïwanais Hou Hsiao-Hsien pour « Nie Yinniang » (« The Assassin »). « The Lobster », réalisé par le Grec Yorgos Lanthimos, a obtenu le prix du jury.  Le prix du scénario a été remis au réalisateur mexicain Michel Franco pour « Chronic », dans lequel Tim Roth interprète un aide soignant accompagnant des patients en fin de vie.

Cinéma : Plafonnement des salaires des stars

Cinéma : Plafonnement des salaires des stars

Le Centre national du cinéma (CNC), selon les Echos., s’apprête à fixer un plafond sur le salaire touché par un seul talent, qu’il soit producteur, réalisateur ou acteur. Désormais, pour bénéficier de subventions du CNC, il faudra limiter le salaire maximum à 990.000 euros, tous postes confondus, pour les films coûtant plus de 10 millions d’euros. Si les producteurs choisissent de payer une vedette plus cher, ils ne pourront pas bénéficier du financement du CNC. En pratique, cette mesure pourrait impacter toute une série de vedettes dont les cachets récents dépassent le million d’euros. Parmi eux, Le Marsupilami, pour lequel Alain Chabat et Jamel Debbouze ont chacun touché plus d’un million d’euros. Ou Astérix, qui a rapporté plus d’un million à Gérard Depardieu, indique le classement annuel du Figaro.  L’année précédente, d’autres acteurs avaient touché plus d’un million d’euros pour un seul film, comme Jean Dujardin, qui demande 2 millions d’euros pour les films grand public, ou Kad Mérad, qui avait touché un million d’euros pour l’Italien. Mais, ces dernières années, le champion reste Dany Boon,. Il a ainsi touché 3,5 millions d’euros pour Eyjafjallojökul, et 3 millions d’euros pour Rien à déclarer.  Une polémique avait été lancée par une tribune du producteur Vincent Maraval dans Le Monde, en 2012, où il dénonçait les salaires des stars des films à gros budgets qui s’étaient ″plantés″ et avaient ″perdu des millions d’euros″. 

Salaires déguisés des stars de cinéma (Cour des comptes)

Salaires déguisés des stars de cinéma  (Cour des comptes)

Un sujet tabou: les à-côtés de la rémunération des stars (sans parler des salaires démentiels NDLR).  Le rapport de la cour des comptes en date du 2 avril dénonce l’utilisation « abusive » du régime du droit à l’image. Ce régime du code du travail a été créé pour l’utilisation de l’image d’une star dans la publicité par exemple. Mais ce régime est de plus en plus utilisé pour verser à la star d’un film un complément de rémunération qui s’ajoute à son cachet officiel.  « Cela alimente la hausse du coût » des films, pointent les limiers de la rue Cambon.  Première critique: cette pratique « nuit à la transparence ». En effet, cet à-côté n’apparaît pas dans les chiffres officiels du CNC (Centre national du cinéma), qui a toujours refusé de la chiffrer.  Pour la première fois, le rapport ose une estimation: « le poste du devis dans lequel ces sommes sont retracées, intitulé ‘droits divers’, a progressé de +119% entre 2003 et 2012 pour atteindre un total de 8 millions d’euros pour l’ensemble des films de fiction. Le dynamisme de cette augmentation est préoccupant. »  Seconde critique: verser de l’argent à la star au titre de son droit à l’image permet au producteur de payer moins de charges sociales: « cette pratique conduit à minorer artificiellement le salaire versé en vue de réduire les sommes dues au titre des cotisations sociales, tout en compensant cette minoration par un complément de rémunération déguisé en droit à l’image ». Régulièrement, l’URSSAF conteste ce droit à l’image, qu’elle requalifie en salaire.  Dernière critique: ce droit à l’image découle « en théorie » des recettes du film, et ne devrait donc être versé qu’une fois le film sorti.  « Or, certains contrats d’acteurs prévoient, avant même le début du tournage, une somme minimale susceptible de leur être attribuée sous la forme de droit à l’image. Cette pratique peut être tenue pour abusive », dénonce la Cour.  Face à tous ces problèmes, la Cour propose donc de « plafonner la prise en charge par le soutien public des rémunérations les plus élevées », et « d’exclure de tout soutien public automatique les films qui ont recours à cette pratique ».  Malheureusement, ce souci de moralisation n’est pas partagé par le CNC, qui argue que cela serait « incompatible avec la réglementation communautaire ».   Un argument qui ne tient pas debout, selon la Cour. En effet, il existe déjà moult subventions publiques qui ne sont pas assises sur le budget réel, mais sur un budget fictif calculé avec des cachets plafonnés. Par exemple, en Allemagne, le cachet du producteur est plafonné à 125.000 euros pour le calcul des subventions publiques. Et même en France, le cachet des acteurs est plafonné au minimum conventionnel dans le calcul du crédit d’impôt. Cela permet de « maîtriser la dépense », estime la Cour.

 

Baisse de la TVA….du cinéma !

Baisse de la TVA….du cinéma !

Hausse de la TVA en particulier dans le bâtiment et la restauration mais baisse dans la culture. Une nouvelle toujours bonne à prendre ; pas sûr que cela réponde totalement  aux enjeux du moment concernant la compétitivité économique. Pour la culture en tout cas, c’est toujours une mesure positive.  Aurélie Filippetti  a annoncé que le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) serait mis à contribution en 2014 à hauteur de 90 millions. Ce qui permettra de baisser la TVA sur les billets de cinéma de 7 % à 5 %, comme cela a été fait précédemment pour les livres et le spectacle vivant. Cette annonce intervient après des mois d’inquiétude des professionnels du secteur qui craignaient que ce taux intermédiaire, qui avait grimpé de 5,5% à 7% en juillet 2012 (sauf pour le livre et le spectacle vivant), ne passe à 10% en janvier 2014, comme prévu pour d’autres secteurs. Les réserves des collections du Louvre, actuellement situées en zone inondable sous le musée, seront installées près du site du Louvre à Lens (Pas-de-Calais), a annoncé Aurélie Filippetti. « L’urgence, ce sont les réserves du Louvre, qui doivent être sécurisées. Cela se fera à Lens, où le Louvre est déjà présent, dans un partenariat avec le conseil régional Nord Pas-de-Calais », a-t-elle expliqué au Monde. Le Louvre qui va par ailleurs consacrer une partie de l’aile Richelieu aux enfants, a également révélé Aurélie Filippetti. Elle a afin annoncé que l’ouverture du musée du Louvre Abou Dhabi se fera en 2015.  Une nouvelle loi sur le patrimoine sera soumise au Parlement en décembre 2013. Elle proposera, entre autres, de remplacer les périmètres de protection actuels des monuments et sites historiques par une catégorie unique : la Cité historique. « Je crois aux réformes structurelles. Pour le patrimoine, depuis cent ans, on a accumulé des textes sans cohérence : aujourd’hui la défense du patrimoine s’en trouve affaiblie. Il faut simplifier la législation pour mieux le protéger », a-t- elle justifié.

 

Loi Florange reprise des sites rentables : du cinéma !

Loi Florange  reprise des sites rentables : du cinéma !

 

La proposition de loi dite Florange doit être déposée ce mardi devant l’Assemblée Nationale mais cette loi Florange ne s’appliquera pas à cette usine ! C’est en fait la promesse faite par François Hollande à Florange le 24 février 2012 sur la camionnette de l’intersyndicale d’ArcelorMittal. Le candidat socialiste assurait que s’il était élu, il ferait voter une loi qui obligerait un industriel souhaitant se séparer d’un site rentable à le céder à un repreneur.
Le paradoxe c’est que cette loi, qui doit être votée avant les vacances d’été, ne s’appliquera jamais aux hauts-fourneaux de Florange. Ce mardi, la proposition de loi sur la reprise des sites rentables devrait donc être déposée à l’Assemblée nationale. L’esprit de cette loi : c’est d’obliger le propriétaire d’un site rentable qui veut fermer à revendre à un repreneur, s’il y en a un. Une loi qui pourrait être adoptée d’ici cet été. Mia qui ne sera pratiquement pas appliquée car un site dit rentable devient vite non rentable après une période de tergiversations et d’incertitudes, en effet la demande baisse, comme le chiffres d’affaires et les résultats financiers et le site devient alors non rentable. Cas typique de Spanghero que le gouvernement a coulé ; un site qui était rentable mais que les incertitudes ont fait plonger.

Déclaration patrimoine politique : du cinéma !

Déclaration patrimoine politique : du cinéma !

Hollande va organiser la fausse transparence mais il y aura un retour de bâton car beaucoup vont maquiller leur patrimoine ; la preuve, les premiers qui ont faiat l’exercice déclare des biens immobiliers sous évalués, un PEA de 120 euros !, des voitures de plus de dix ans ! Des sortes d’auto proclamation sans aucune vérification. De quoi nourrir la presse pendant des mois. Le projet de loi fera l’objet d’une communication, selon l’Elysée « précise », en Conseil des ministres dès mercredi, avec pour objectif sa présentation devant ce même Conseil deux semaines plus tard, le 24 avril, et une adoption définitive par le Parlement « avant l’été ».  Sans attendre et devant le risque d’une décrédibilisation encore plus profonde du pouvoir et de la classe politique, onze mois après l’élection de François Hollande à l’Elysée, le Premier ministre a annoncé par ailleurs la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres d’ici au 15 avril.  Pour le chef du gouvernement, cet exercice de transparence est « de nature à recréer de la confiance ». « C’est bien que ceux qui exercent une responsabilité publique, ministres, parlementaires ou encore élus de grandes collectivités territoriales, rendent public leur patrimoine », a déclaré à la presse M. Ayrault, lors d’un déplacement à Tours.  A l’Elysée, on est conscient du risque de cette opération de transparence. « Psychologiquement ça va être dur et politiquement ça peut être ravageur », affirmait ainsi un conseiller.   »La marge est très étroite entre la dissimulation d’un côté et le déballage de l’autre. La solution intermédiaire c’est la transparence », plaidait-on. « Ca va dépendre beaucoup de la situation des parlementaires chez eux » mais « on sait que pour la gauche c’est toujours plus dur ».  Quant à la « rumeur » repercutée par le quotidien Libération, prêtant au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius un compte en Suisse, en reprenant une piste « explorée » par Médiapart, c’est « un scoop assez spécial », ironisait-t-on à l’Elysée. « Personne ne sait quelle est la consistance de la rumeur » concernant M. Fabius, ajoutait-on cependant.  On a en tous cas formellement démenti tout mouvement de panique à l’Elysée à ce sujet. Quant à la possibilité que d’autres personnalités soient mises en cause, « on ne va pas vivre dans la paranoïa non plus », affirmait-on.   »Il n’existe à Mediapart que ce qui est publié sur notre site », a pris soin de souligner un journaliste du site d’information, tandis que M. Fabius a « formellement démenti » les assertions du journal, promettant « des procédures juridiques ».  Les consultations sont allées bon train tout au long du week-end avec une entrevue entre le chef de l’Etat et Jean-Marc Ayrault dimanche. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, ont également été vus au palais présidentiel.  Des réunions devaient se dérouler encore lundi soir à l’Elysée.  Visiblement affecté par la tournure des événements, François Hollande y a de nouveau fait allusion, au cours de la réception lundi des skippers du Vendée Globe, comme il l’avait fait samedi lors d’une brève visite sur ses terres corréziennes.  Les Français « s’interrogent », a-t-il dit. « Est-ce que le cap est bon, est-ce que la direction est bien la plus courte pour arriver à l’essentiel, est-ce qu’au-delà des tumultes, des turbulences, nous pouvons réussir? », s’est-il demandé.  Il a répondu d’un simple « oui », saluant la capacité des marins, « quand il y a un certain nombre d’intempéries et qu’il y a quelques cassures », de « tenir bon, de réparer, de repartir et de finir ».  Prenant les devants, la ministre Marie-Arlette Carlotti a publié dès lundi sa déclaration de patrimoine sur son blog. Les deux ministres écologistes du gouvernement, Pascal Canfin et Cécile Duflot, l’ont imitée en fin d’après-midi, tout comme plusieurs députés de tous bords plaidant aussi pour la « transparence ».  François Fillon a annoncé dans la soirée qu’il le ferait également.  Deux propositions de loi seront également déposées par les députés écologistes, dès mardi à l’Assemblée, sur la lutte contre les paradis fiscaux et la moralisation de la vie politique.  Après le calendrier annoncé par Matignon, le patron du PS Harlem Désir a appelé « toutes les formations républicaines représentées au Parlement » à adopter le futur projet de loi du gouvernement.  Pour l’UMP Valérie Pécresse, qui avait précédé Jérôme Cahuzac au ministère du Budget, « toutes les propositions (de moralisation de la vie publique, ndlr) qui sont sur la table ne servent qu’à faire diversion face à la gravité du séisme ». Elle a assuré n’avoir eu en sa possession « absolument aucun élément » sur les comptes à l’étranger de Jérôme Cahuzac lorsqu’il était à la tête de la commission des Finances de l’Assemblée nationale.  Quant au président UMP de cette commission, Gilles Carrez, il a affirmé ne pas être « satisfait » des réponses apportées par le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, sur l’enquête fiscale qui devait déterminer si Jérôme Cahuzac était détenteur d’un compte en Suisse. Le député s’interroge encore sur les raisons pour lesquelles Bercy n’a pas sollicité Singapour et ne s’était intéressé qu’à une seule banque suisse, UBS.  Ancien chirurgien, Jérôme Cahuzac doit désormais faire face aussi à ses pairs. L’Ordre des médecins souhaite l’entendre sur d’éventuels manquements à la déontologie et tout particulièrement sur ses relations avec les laboratoires pharmaceutiques. La sanction maximale encourue est la radiation à vie du droit d’exercer la médecine  L’affaire Cahuzac enfin continue à avoir des effets délétères sur l’opinion : ainsi, selon un sondage BVA-Orange pour l’Express-France Inter et la presse régionale, 63% des Français (contre 54% en juillet 2010) pensent que les affaires sont le signe que les personnalités politiques sont le plus souvent corrompues  D’après le baromètre de l’action politique Ipsos/Le Point publié lundi, le président François Hollande perd 5 points de popularité en un mois avec 26% de satisfaits de son action, tandis que son Premier ministre Jean-Marc Ayrault en perd 3 points à 28%.

 




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