Archive pour le Tag 'Chypre'

Erdogan provoque l’union européenne en continuant ses forages au large de Chypre

Erdogan  provoque l’union européenne en continuant ses forages au large de Chypre

 

Les immenses réserves de gaz au large de Chypre attisent les convoitises de la Turquie qui a entamé des forages en dépit de la législation internationale. L’Europe a évidemment réagi pour contester cette décision unilatérale de la Turquie. Cependant Erdogan qui ne se fait plus beaucoup d’illusions sans doute sur son entrée dans l’union européenne a déclaré qu’il continuerait d’exploiter cette ressource. Le problème est évidemment complexe puisqu’en fait Chypre et coupée en deux et que la république indépendante de ne couvre  que les deux tiers du territoire, l’autre partie étant  sous tutelle de fait  de la Turquie.

«L’UE qui a annoncé de prétendues mesures contre la Turquie. ne nous nuit pas à nous mais à elle-même», a affirmé Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse à Ankara, retransmise à la télévision. «Nous poursuivons nos activités d’exploration et continuerons à le faire avec une détermination inchangée», a ajouté le chef d’Etat.

 

Bruxelles a adopté à la mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages réalisés illégalement par la Turquie dans les eaux territoriales de Chypre malgré ses mises en garde. La mesure la plus lourde est une coupe de 145,8 millions d’euros dans les fonds européens dont devait bénéficier la Turquie en 2020.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit de Chypre et de la Turquie, déclenchant un conflit entre ces deux Etats. Ankara, qui a déjà envoyé plusieurs navires de forage protégés selon elle par l’armée, estime que les ressources devraient être équitablement divisées entre les deux pays. Chypre rejette catégoriquement cette hypothèse, la jugeant «inacceptable».

Chypre: démission du ministre des Finances et enquête pour fraude

Chypre: démission du ministre des Finances et enquête pour fraude

Le gouvernement a mis en place mardi une commission chargée d’enquêter sur la façon dont l’île a été poussée au bord de la faillite, au point de devoir accepter un plan de sauvetage européen assorti de mesures draconiennes.  M. Sarris a indiqué à des journalistes avoir décidé de quitter son poste car l’enquête doit se pencher sur la période pendant laquelle il dirigeait en 2012 la deuxième banque du pays, Laïki, mise en faillite dans le cadre du plan de sauvetage.  Haris Georgiades, actuellement ministre du Travail, doit être investi en tant que nouveau ministre des Finances mercredi.  Le président Nicos Anastasiades a remercié M. Sarris pour sa participation au gouvernement, mis en place il y a à peine plus d’un mois, soulignant que « la décision de M. Sarris de donner sa démission (…) pour faciliter le travail de la commission d’enquête, constitue un phénomène culturel nouveau dans la vie politique chypriote ».  M. Sarris avait été nommé à la tête de la Laïki début 2012, avant de démissionner en août 2012, sur demande du gouverneur de la Banque centrale.  Le président Anastasiades a appelé les trois juges formant la commission d’enquête, qui ont trois mois pour rendre leurs conclusions, à se pencher « en priorité » sur sa propre personne et sur sa famille.  Les médias chypriotes bruissent ces derniers jours de rumeurs sur des transferts financiers effectués par des proches de M. Anastasiades, de son prédécesseur communiste, Demetris Christofias, ou d’autres personnalités politiques. Outre des accusations de transferts douteux, la commission doit aussi enquêter sur une liste de personnalités politiques et leurs proches qui auraient bénéficé d’effacements de dettes ces cinq dernières années auprès de banques chypriotes.  Le gouvernement chypriote et ses créanciers internationaux sont parvenus mardi à un protocole d’entente qui donne à Chypre jusqu’à 2018, soit deux années de plus qu’initialement prévu, pour atteindre les objectifs exigés en contrepartie du prêt de 10 milliards d’euros.  Le plan de sauvetage européen a été assoupli, en donnant notamment un peu plus de temps à l’île pour réduire son déficit, afin de « réduire la pression sur l’économie » chypriote, a indiqué le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides.  Chypre a désormais cinq ans pour atteindre un excédent primaire (hors service de le dette) de 4% du PIB.  Au bord de la faillite, Chypre a obtenu le 25 mars un plan de sauvetage international de 10 milliards d’euros, au prix d’une restructuration drastique de son système bancaire qui va mettre largement à contribution les gros clients des deux plus grandes banques de l’île.  Les comptes dépassant 100.000 euros sont gelés à la Laïki et la Bank of Cyprus. La première doit être liquidée, et les gros comptes de la seconde doivent subir une ponction qui pourrait aller jusqu’à 60%.  Les petits comptes de la Laïki ainsi que tous les prêts vont être transférés à la Bank of Cyprus où ils fonctionneront normalement.  Un cadre de la banque centrale chypriote, Yiangos Demetriou, a indiqué à la radio nationale que les clients de la Bank of Cyprus pourraient avoir accès à 10% de leurs dépôts au-delà de 100.000 euros, le reste restant immobilisé le temps que soit déterminée l’ampleur de la ponction nécessaire pour remplir les conditions du plan de sauvetage. Il est déjà acquis qu’au moins 37,5% de leurs fonds seront transformés en actions.  Parallèlement, la banque centrale continue d’assouplir peu à peu les restrictions sur les mouvements de fonds. Pour les entreprises, les transferts sont libres jusqu’à 25.000 euros, au lieu de 5.000 jusque là, et il est désormais possible d’émettre des chèques allant jusqu’à 9.000 euros. Pour les particuliers, les retraits sont limités à 300 euros par jour et par personne. Les virements bancaires restent impossibles vers l’étranger et limités vers Chypre même.  En attendant, la solidarité s’organise avec les victimes de la crise économique. Lundi soir une foule immense a assisté à Nicosie à un concert d’artistes grecs et chypriotes à l’initiative d’associations caritatives afin de collecter des denrées alimentaires.

 

Chypre : 60% de perte pour les gros déposants

Chypre : 60% de perte pour les gros déposants

 

Les titulaires de comptes de la plus grande banque de Chypre, la Bank of Cyprus vont perdre autour de 60% de leur épargne au-dessus de 100.000 euros, a confirmé samedi la banque centrale du pays, durcissant les conditions du sauvetage qui a évité à l’île la faillite. Le décret officiel publié samedi confirme que la Bank of Cyprus distribuera des actions correspondant à seulement 37,5% de leur épargne au-delà de 100.000 euros. En vertu de ce décret, 22,5% des dépôts de plus de 100.000 euros à la Bank of Cyprus ne porteront pas intérêt. Les 40% restants continueront de porter intérêt mais ils ne seront versés que lorsque la banque se redressera. Les dépôts inférieurs à 100.000 euros continueront d’être garantis. Toujours selon le décret paru samedi, les avoirs de la Cyprus Popular Bank (aussi connue sous le nom de Laiki) seront transférés à la Bank of Cyprus. Le durcissement des conditions du renflouement va faire comprendre que ce sauvetage financier signifie la fin du rôle de Chypre comme plaque financière offshore, et pourrait accélérer le déclin économique de l’île et accroître le chômage. Le président chypriote, Nicos Anastasiades, avait déclaré vendredi que le plan de sauvetage de 10 milliards d’euros de l’Union européenne avait enrayé le danger de faillite du pays et l’empêcherait de sortir de la zone euro.

Un euro dévalué pour Chypre

Un euro dévalué pour Chypre

 

Nicosie envisagerait d’encadrer strictement les retraits bancaires et les transferts vers l’étranger pour éviter une fuite massive des capitaux à la réouverture, jeudi, des banques de l’île fermées depuis le 16 mars. Il s’agirait, selon les autorités chypriotes, d’une mesure de prudence après l’annonce de la taxation des comptes de dépôts dont le solde est supérieur à 100.000 euros dans le cadre du plan de sauvetage européen. Le ministre chypriote des Finances a assuré que ce contrôle ne s’appliquerait que pendant « quelques semaines », mais l’exemple d’autres pays confrontés par le passé à cette situation, comme l’Islande, laisse penser qu’il pourrait rester en vigueur plus longtemps. L’impact de ces mesures sur l’économie chypriote dépendra de plusieurs facteurs, dont leur durée et leur nature exacte. Si Chypre impose un plafonnement des paiements, cela aura en revanche une conséquence immédiate sur le fonctionnement du marché unique, puisque les euros détenus dans les banques chypriotes ne pourront plus servir à acheter des biens ou des services dans les autres pays de la zone euro. Les euros chypriotes deviendraient de facto moins liquides que les euros allemands et français et auraient donc moins de valeur. « Si des restrictions devaient être imposées aux transferts de capitaux et aux paiements, alors économiquement parlant, l’euro chypriote deviendrait une monnaie différente d’un euro non chypriote », souligne Kai Schaffelhuber, associé du cabinet d’avocats Allen & Overy à Francfort.

Le modèle de sauvetage de Chypre : la grande trouille de la contagion !

Le modèle de sauvetage de Chypre : la grande trouille de la contagion !

Les uns après les autres, les responsables financiers veulent rassurer et démentir les propos du président de l’Eurogroup qui avait affirmé que Chypre pouvait être un modèle en cas de crise financière ; en clair que la solution était la pontion sur des dépôts bancaires. Après le gouverneur de la banque de France, c’est le représentant français à la BCE qui y va de son couplet rassurant ;  « M. Djisselbloem a eu tort de dire ce qu’il a dit », a dit M. Coeuré à la radio Europe 1. « L’expérience de Chypre n’est pas un modèle pour le reste de la zone euro parce que la situation avait atteint une ampleur qui n’est comparable à aucun autre pays ». Dans un entretien au « Financial Times » et à une agence de presse, le président des ministres des Finances de la zone euro avait laissé entendre que la solution apportée à Chypre pourrait être répliquée dans d’autres pays fragiles de la zone euro. Quelques heures plus tard, il avait affirmé que Chypre était un cas spécifique et que le plan de sauvetage ne saurait servir de modèle au règlement d’autres problèmes à l’avenir.  Mais ses premières déclarations avaient provoqué un retournement des Bourses, qui ont terminé la séance de lundi dans le rouge, et un net fléchissement de l’euro. Le plan de sauvetage de Chypre prévoit la fermeture de la deuxième banque du pays, la Laïki, et la restructuration de la première, la Bank of Cyprus, en échange d’un prêt de 10 milliards d’euros qui sera en grande partie payé par les Etats membres, et donc les contribuables, de la zone euro. Et les titulaires de comptes dépassant 100.000 euros auprès de la Bank of Cyprus vont subir une ponction de l’ordre de 30% de leurs avoirs. « C’est une solution apportée à un problème qui était devenu désespéré. Chypre était en banqueroute, c’est quelque chose qui n’existe nulle part ailleurs dans la zone euro », a assuré M. Coeuré. « La situation était tellement particulière qu’il a fallu une solution particulière mais je ne vois pas de raison qu’on emploie les mêmes méthodes ailleurs ». « Les banques chypriotes n’étaient plus solvables, la BCE a dit qu’elle ne pouvait plus les financer. Elles redeviennent solvables grâce au soutien de l’Eurogroupe, la liquidité repart sur Chypre », a-t-il indiqué, précisant que les établissements bancaires du pays ont été soutenus pendant « plusieurs mois » à hauteur d’une « dizaine de milliards d’euros ». Selon lui, « le système chypriote a été maintenu à flot grâce à la BCE et il va continuer à l’être grâce aux décisions qui ont prises par les ministres le week-end dernier ». Il a écarté tout risque de contagion car Chypre se trouvait dans une situation « tout à fait unique. C’était une place financière offshore, ça n’existe par ailleurs dans la zone euro ». « Tous les pays ont des problèmes différents, des problèmes économiques, des problèmes de chômage, mais il n’y a aucun pays qui présente la même concentration de problèmes que Chypre », a-t-il fait valoir. S’agissant de la France et de ses déficits, Benoît Coeuré a relevé sur Europe 1 que le pays a encore « beaucoup de travail à faire ». Selon lui, le travail réalisé jusqu’ici a été « fait beaucoup par la hausse des impôts ». Et il a ajouté  :« Maintenant, il faut que ça se fasse par le contrôle de la dépense publique ». De Francfort, au siège de la BCE, « la France est vue comme un pays qui a beaucoup de travail à faire pour restaurer sa compétitivité, pour rééquilibrer ses finances publiques », a-t-il décalré. « Ca a commencé, ça va dans la bonne direction, mais il ne faut pas croire que ça va se faire tout seul. Il restera beaucoup d’efforts à faire. » Le membre du directoire de la BCE estime aussi que la France pouvait se relever si elle prenait conscience de ses atouts  : « La croissance peut repartir, le chômage peut baisser à condition de mobiliser ces atouts et de réaliser cet ajustement dont j’ai parlé ». En fait il n’y a pas de quoi être rassuré par ces propos contradictoires. Chypre n’est pas comparable à la France c’est évident, les dépôts bancaires sont d’environ 70 milliards à Chypre, ceux des particulier en France de l’ordre de 2000 milliards ; le fond de garantis pour les dépôts jusqu’à 100 000 euros serait bien incapable d’assurer cette garantie en cas de retrait massif, les fonds propres des banques n’y suffiraient pas non plus. Il ne s’agit pas seulement d’une question de solvabilité mais de liquidités. Les dépôts sont placés et toutes les banques tomberaient en faillite en cas de retrait massif. L’Europe elle même serait incapable de soutenir un pays de l’importance de la France. Mais ces démentis sur l’exemple Chypriote est surtout destinés d’une part à éviter les paniques, d’autre part et surtout à rassurer actionnaires, créanciers et gros déposants.

Chypre : un modèle de renflouement qui pourrait s’appliquer à d’autres y compris à la France

Chypre : un modèle de renflouement qui pourrait s’appliquer à d’autres y compris à la France

 

Récemment le gouverneur  de la Banque de France affirmait Le plan de sauvetage élaboré pour Chypre ne pourrait jamais être appliqué en France. Il est démenti par le président de l’Eurogroup qui considère que ce plan chypriote constitue un nouveau cadre de résolution des difficultés bancaires dans la zone euro et d’autres pays pourraient devoir restructurer leur secteur bancaire, a déclaré lundi le président de l’Eurogroup dans une interview à Reuters et au Financial Times. « Ce que nous avons fait la nuit dernière, c’est ce que j’appelle repousser les risques », a dit Jeroen Dijsselbloem. « S’il y a un risque dans une banque, notre première question devrait être ‘d’accord, qu’allez-vous faire, vous, dans la banque ? Que pouvez-vous faire pour vous recapitaliser vous-mêmes ?’ », a-t-il ajouté. « Si la banque ne peut pas le faire elle-même, alors nous discuterons avec les actionnaires et les créanciers obligataires, nous leur demanderons de contribuer en recapitalisant la banque et, si nécessaire, (nous le demanderons) aux détenteurs de dépôts non garantis. » Au terme de négociations longues et tendues, Chypre a accepté lundi de fermer la deuxième banque du pays. Les dépôts garantis (jusqu’à 100.000 euros, le seuil de garantie publique dans l’Union européenne) seront transférés à Bank of Cyprus, le numéro un local du secteur, mais les dépôts non garantis subiront des pertes dont le montant global pourrait atteindre 4,2 milliards d’euros. Cet accord s’apparente donc à un « bail-in », c’est-à-dire un renflouement par les actionnaires et les créanciers, voire par les dépositaires non garantis, et non par une aide extérieure (« bail-out »). Cette approche traduit un changement de stratégie des autorités européennes après trois ans de crise qui les ont conduites à plusieurs reprises à renflouer des banques ou des Etats avec l’argent des contribuables. Ce processus devait s’interrompre, a jugé Jeroen Dijsselbloem, expliquant que le retour récent du calme sur les marchés représentait une opportunité pour engager ce changement de modèle.  

 

Chypre : banques toujours fermées

Chypre : banques toujours fermées

 

Pas de date pour la réouverture des banques du pays qui devait avoir lieu mardi après 10 jours de fermeture, en indiquant que la décision serait prise «dès que possible». «Il faut trouver un équilibre entre prudence et stabilité», a déclaré M. Sarris lors d’une conférence de presse à Bruxelles à l’issue de la réunion de l’Eurogroupe qui a validé l’accord sur le sauvetage du pays. «Nous allons décider aussi vite que possible du jour exact où les banques vont rouvrir», a-t-il ajouté. «Je ne peux pas dire quand cela sera fait, mais cela doit être fait dès que possible», a déclaré de son côté le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem. Cette fermeture des banques destinée à éviter la fuite des capitaux, ainsi que la limitation des retraits d’argent liquide aux distributeurs, pose de sérieux problèmes à l’économie du pays. M. Sarris a estimé que l’accord conclu avec les bailleurs internationaux du pays lui «évitait la possibilité d’une banqueroute, le désastre et une sortie de la zone euro». «Nous avons abouti au résultat le meilleur possible compte tenu des circonstances », a-t-il ajouté. Il a aussi estimé que l’accord « mettait fin à l’incertitude qui affecte l’économie chypriote depuis trois ans ». « Le peuple et le gouvernement chypriotes sont prêts à assumer toutes les décisions et le travail difficiles » qui les attendent, a-t-il ajouté, en soulignant que la population allait « traverser des temps difficiles ». Interrogé sur la réaction des Russes à cet accord qui les affectera via la restructuration du secteur bancaire, le ministre a reconnu que «nombre de nos partenaires internationaux loyaux sont très déçus».

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Chypre : paradis des russes

Chypre :   paradis des russes

À l’entrée de la ville balnéaire de Limassol, dans le sud de Chypre, la plupart des pancartes des kiosques à journaux sont sous-titrées en russe. Sur le front de mer, les palaces hôteliers se suivent et se ­ressemblent: de grandes bâtisses bétonnées ornées de palmiers verdoyants avec des pelouses taillées au millimètre. La grande majorité affiche bien haut le drapeau russe. Dans le centre-ville, si l’on ferme les yeux et que l’on passe outre le claquement des vagues, on en oublierait presque se trouver à Chypre tant les langues se mélangent. Tout comme les sociétés. Il est ainsi étonnant de voir, en plein centre-ville et pas dans la capitale chypriote, la présence du bureau Moyen-Orient de l’agence de notation Moody’. Tous les cinq mètres, une agence immobilière propose maisons et appartements de luxe à une clientèle venue essentiellement de Moscou. Leurs somptueux yachts occupent 80 % de la marina, sans que personne ne demande comment ils en ont fait l’acquisition. De surcroît, ici les 400 000 touristes par an et 8 000 résidents russes sont accueillis à bras ouverts. Leurs capitaux s’élèveraient à 23 milliards d’euros, soit… 33 % des avoirs de l’île. Le système bancaire repose de facto sur eux et les intéressés réfutent toute accusation de blanchiment d’argent sale. Sergei Patrisof gère les fonds de ses compatriotes. Le regard persan et le sourire glacial, il n’arrive pas à comprendre la foudre qui s’abat sur les Russes depuis le début de la crise. «Dans les années 1990, mes compatriotes cherchaient un endroit pour placer leur argent en toute sécurité, rappelle-t-il. À Chypre, les taux d’intérêt étaient intéressants, le pays magnifique et les gens accueillants. Mais ce n’est pas du blanchiment! Les gens ont durement travaillé pour avoir ces fonds!» Mieux, Sergei certifie que les Russes essaient de mettre fin aux pratiques illégales et à la présence de sociétés offshore «détenues par des Ukrainiens pour la plupart». Pour lui, les banques chypriotes sont clairement responsables de la situation. «Elles avaient une politique trop laxiste pour accorder les prêts, surtout la Laiki Bank qui a prêté des millions d’euros à de pauvres gens en sachant qu’ils ne rembourseraient pas, accuse ainsi ­Sergei. À cela, il faut ajouter la restructuration de la dette grecque, qui a beaucoup coûté. Mais ce n’est pas de la faute des Russes.» La situation de Chypre préoccupe de plus en plus la communauté russophone installée à Limassol. Les Russes qui y ont école, centre culturel, restaurants et toutes sortes d’activités, ne décolèrent pas. «Si les Chypriotes restent dans la zone euro après un tel chantage des Européens, c’est nous qui allons partir du pays, s’insurge Svletlana, une retraitée de 65 ans dont la fille a épousé un Chypriote il y a dix ans. Nous irons au Luxembourg ou à Malte pour mettre notre argent.» Quelle que soit la solution adoptée pour sauver le secteur bancaire du défaut de paiement, la confiance des Russes envers le pays est entachée. Certains experts estiment ainsi que ce ne sera qu’une question de temps pour que leurs capitaux voguent vers d’autres pays.

 

Chypre : accord sur un plan d’aide

Chypre : accord sur un plan d’aide

 

Chypre, l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé lundi un accord de dernière minute qui impose la fermeture de la deuxième banque du pays contre un plan d’aide de 10 milliards d’euros. L’accord a conclu une journée de négociations tendues à Bruxelles entre Nicos Anastasiades, le président chypriote, et les dirigeants de la « troïka » composée par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI. Le texte, approuvé peu après par les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles, prévoit de liquider Popular Bank of Cyprus, dite Laïki, provoquant ainsi des milliers de suppressions d’emplois, et de la séparer en une banque assainie (« good bank ») et une structure de défaisance (« bad bank »). Les dépôts assurés, c’est-à-dire de moins de 100.000 euros, de Laïki seront transférés à Bank of Cyprus (BoC), première banque du pays. Dans les deux établissements, les dépôts de plus de 100.000 euros seront gelés et serviront à régler les dettes de Laïki, et à recapitaliser BoC, à travers une conversion des dépôts en participations.

 

Chypre : le sauvetage est encore hypothétique

Chypre : le sauvetage est encore hypothétique

 

Chypre affirme pouvoir lever 6 milliards pour le plan de sauvetage de l’île et éviter un effondrement financier, prélude à une sortie de la zone euro, a assuré vendredi le parti au pouvoir à Nicosie. Le numéro deux du Rassemblement démocrate, Averof Neophytou, a pris acte de l’échec des discussions entre Nicosie et la Russie, qui dispose d’importants capitaux dans les banques chypriotes mais a rejeté le déblocage d’une nouvelle aide de cinq milliards d’euros. « Il y a un optimisme prudent sur le fait que nous puissions, au cours des prochaines heures, aboutir à une plateforme afin que le Parlement puisse approuver des mesures détaillées compatibles avec l’approche, le cadre et les objectifs convenus lors du dernier Eurogroupe », a-t-il assuré. Averof Neophytou n’a rien dit sur les tractations en cours, mais le ministre des Finances, Michael Sarris, a déclaré que l’hypothèse d’une taxe sur les dépôts bancaires, rejetée mardi par le Parlement chypriote, restait d’actualité. « Je crois que c’est clairement sur la table, c’est quelque chose qui doit être débattu pour voir si une taxe sur les dépôts, sous quelque forme que ce soit (…) pourrait contribuer à finaliser le plan », a-t-il dit à la presse à son retour de Moscou. « Nous sommes en train de discuter de différents chiffres et il faut regarder quelles sont les sources possibles ». Selon un responsable du parti au pouvoir, un projet de taxe de plus de 10% sur les dépôts bancaires dépassant 100.000 euros est en discussion. Dans l’intervalle, le Parlement chypriote a adopté vendredi soir des lois créant un « fonds de solidarité » rassemblant des actifs publics en vue d’une émission obligataire d’urgence et donnant au gouvernement

 

Chypre: Moscou menace l’euro

Chypre: Moscou menace l’euro

Moscou veut protéger ses avoirs à Chypre et ceux de ses nouveaux riches (anciens dirigeants du PC) y compris ceux de la mafia russe. Le Premier ministre russe Dimitri Medvedev a menacé de revoir la part de l’euro dans les réserves russes si le règlement de la crise financière à Chypre lèse les intérêts russes.  La perspective d’une taxe exceptionnelle imposée par l’UE sur les dépôts bancaires à Chypre, la plupart  sont des fonds russes, « est une raison pour réfléchir » sur l’euro, a déclaré le Premier ministre russe dans une interview à des médias européens publiée jeudi sur le site du gouvernement.   »Si cela est possible à Chypre, pourquoi ne serait-ce pas possible en Espagne, en Italie ou dans d’autres pays qui souffrent de problèmes financiers? Demain c’est là-bas qu’on va confisquer les économies », a-t-il lancé.   »Entre 41% et 42% de nos réserves sont en euros et la proposition (européenne à Chypre) était non seulement imprévisible, mais elle est inadéquate », a poursuivi M. Medvedev. « Je vais dire tout cela à mon vieil ami José Manuel Barroso », a conclu M. Medvedev qui doit rencontre jeudi matin le chef de la commission européenne à Moscou.

 

Chypre : blocus monétaire de la BCE

Chypre : blocus monétaire de la BCE

 

Après avoir «pris acte» du rejet du plan d’aide par Nicosie, la BCE a sorti son arme de dissuasion massive: le blocus monétaire. Elle a prévenu qu’elle n’alimenterait plus les banques chypriotes en liquidités, tant que le plan de sauvetage UE-FMI ne serait pas accepté. «Les liquidités d’urgence de la BCE ne sont disponibles que pour les banques solvables, or les banques chypriotes ne sont pas solvables tant qu’elle ne seront pas recapitalisées rapidement», a indiqué Jorg Asmussen, l’un des membres du directoire de la BCE. Jamais la BCE n’avait encore brandi une telle menace. Du coup, le ministre des Finances chypriote et le gouverneur de la banque centrale de l’île n’ont pas d’autre choix que de laisser les banques fermées jusqu’à nouvel ordre. «S’ils ouvrent les banques, alors que la BCE bloque l’accès aux liquidités, ce sera la ruée sur les guichets», prévient Gilles Moec de la Deutsche Bank. Certains évoquent un risque d’émeutes comme en Argentine en 2002.  «Les déposants ne pourraient plus retirer du cash, faute de billets suffisants, et ceux qui voudraient faire des virements à l’étranger se verraient répondre que c’est impossible car la banque n »est plus autorisée à le faire par la BCE…», poursuit Gilles Moec, spécialiste des questions monétaires européennes. En attendant, les distributeurs automatiques de billets fonctionnent toujours à Chypre. Ils sont alimentés par les réserves de la banque centrale chypriote. Combien de temps cela va-t-il durer? Nul ne le sait. Cela dépendra des réserves en «cash» de la banque centrale locale qui, selon les pays, peuvent permettre de «tenir un siège» d’après les experts Plus grave encore: les entreprises, notamment les compagnies aériennes chypriotes ne pourront bientôt plus payer leurs factures de kérosène, faute de pouvoir faire des virements à l’étranger… Si la situation se prolonge, le blocus monétaire peut très vite se transformer en blocus économique. Du jamais vu dans l’Union européenne!

 

Chypre : banques fermées

Chypre : banques fermées

 

Les banques resteront fermées jusqu’à mardi à Chypre, a-t-on appris mercredi auprès d’une source au sein de la Banque centrale, un décret annonçant que les banques n’allaient pas rouvrir jeudi et vendredi. Lundi prochain étant un jour férié, le responsable a affirmé que les banques ne rouvriraient pas avant mardi matin. Samedi à l’aube, après des heures de négociations, la zone euro et le FMI sont parvenus à un accord sur un plan de sauvetage d’un maximum de 10 milliards d’euros pour Chypre, à condition que l’Etat obtienne 5,8 milliards d’euros grâce à une taxe exceptionnelle sans précédent allant jusqu’à 9,9% sur les dépôts bancaires. L’accord, très impopulaire , a été rejeté mardi par le Parlement chypriote. Les banques n’ont plus rouvert depuis samedi. Elles ne rouvriront pas avant la semaine prochaine, et tous les virements bancaires via internet sont totalement bloqués, sur l’île et avec l’étranger. Cette annonce de fermeture prolongée des banques chypriotes porte un nouveau coup aux entreprises déjà fragilisées par la récession dans laquelle le pays est plongé. « On ne peut pas acheter, on ne peut pas vendre », résume Costakis Sophoclides, directeur d’une société de produits surgelés, qui paie d’habitude ses fournisseurs étrangers en se rendant à la banque pour faire des virements. « Nous ne savons pas quand nous allons êtres payés et surtout si nous allons être payés », lance encore ce chef d’entreprise dont les produits sont importés d’Europe, en particulier d’Allemagne et des Pays-Bas. Les banques étant fermées le samedi, les Chypriotes, paniqués, se sont se rués sur les distributeurs automatiques, dont beaucoup ont été rapidement vidés même si la plupart ont été réapprovisionnés depuis. « Plus la fermeture des banques se prolonge, plus l’incertitude s’accroît (…). Si le plan n’est pas approuvé, sans aucune autre solution, la panique sera encore plus forte », a aussi prévenu Constantinos Lyras, un responsable du réseau des banques coopératives, à l’agence chypriote CNA. Pour les particuliers, il est toujours possible de payer par carte bleue dans de nombreux magasins, en particulier les grandes surfaces, mais nombre de commerçants refusent désormais les chèques, et certains commencent à demander à être payés en liquide.Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a estimé mercredi que « toutes les erreurs possibles » avaient été commises dans l’approche de la crise financière à Chypre, et souhaité une approche « réfléchie » pour ne pas nuire aux relations Russie-UE. « Il me semble que toutes les erreurs possibles dans cette situation ont déjà été commises » a déclaré Dmitri Medvedev dans un entretien cité par l’agence Interfax, ajoutant espérer que la solution adoptée permettrait de ne pas « détériorer nos relations avec l’UE ».  Alors que le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et les 16 commissaires européens seront jeudi à Moscou pour des entretiens sur la coopération Russie-UE, le Premier ministre russe a souligné que la crise chypriote ferait l’objet d’une « attention particulière » lors de la rencontre. Il a reproché à l’UE d’avoir tenu la Russie à l’écart des négociations avec Chypre alors qu’une grande partie des ldépôts bancaires sur l’île proviennent des fonds russes. « De telles négociations et de telles décisions doivent être discutées avec les différentes parties concernées », a souligné Dmitri Medvedev. « Nous avons là nos raisons et nos intérêts d’Etat : nos banques y détiennent leurs actifs, ainsi que de nombreux hommes d’affaires russes ». (…) Tous ne cherchent pas à se cacher derrière la juridiction spéciale de Chypre », a-t-il déclaré. Le ministre chypriote des Finances, Michalis Sarris, est également à Moscou depuis mardi pour négocier une aide de la Russie, qui a déjà accordé un crédit de 2,5 milliards d’euros en 2011 à l’île méditerranéenne.

Chypre: l’impasse

Chypre: l’impasse

Au lendemain du rejet de le taxation des dépôts bancaires du pays par le Parlement, Nicosie est dans l’impasse. Cette mesure constituait la contrepartie à l’aide européenne pour l’île au bord de la faillite. Le plan initial, décidé avec la zone euro et le FMI, prévoyait une taxe exceptionnelle sur tous les comptes bancaires. Celui présenté aux députés exonérait les dépôts inférieurs à 20.000 euros. Il devait rapporter 5,8 milliards d’euros. Le projet avait provoqué un tollé à Chypre et au-delà. Notamment en Russie, particulièrement visée : des milliards d’euros de fonds de particuliers et de sociétés russes font des petits dans les banques de l’île, réputée pour sa fiscalité avantageuse.  Désormais, si Nicosie veut toucher les 10 milliards d’euros que ses partenaires européens ont accepté de lui prêter, elle va devoir trouver rapidement d’autres moyens de se procurer près de 6 milliards d’euros. Les créanciers de l’île ont fait savoir après le vote du Parlement que leur offre tenait toujours tant que Chypre respectait sa part du contrat. Aujourd’hui, ils attendent une contre-proposition. Dans ce but, une réunion d’urgence se tient, ce mercredi matin, entre les différents chefs de partis chypriotes, à la demande du président de droite, Nicos Anastasiades. Ils doivent examiner des solutions alternatives.  Chypre pourrait envisager l’émission d’obligations ou restructurer ses banques. Une autre alternative pourrait venir de Russie. Le ministre des Finances, Michalis Sarris, se trouve à Moscou ce mercredi pour rencontrer le président russe, Vladimir Poutine. Les deux hommes doivent discuter des modalités d’étalement du remboursement d’une dette de 2,5 milliards d’euros de Nicosie envers son partenaire. Mais selon le quotidien Vedomosti, l’autre sujet à l’ordre du jour est le soutien renforcé de Moscou. La banque russe Gazprombank, détenue à 41% par le géant public gazier Gazprom, aurait proposé à Chypre de lui accorder un crédit en échange de licences d’exploitation de prometteuses réserves de  gaz naturel au large de l’île. En attendant un nouveau plan, les banques chypriotes, fermées depuis samedi, le resteront jusqu’à jeudi. La Bourse de Nicosie a annoncé la suspension des échanges mardi et mercredi.

Chypre : Taxe réduite pour les petits dépôts

Chypre : Taxe réduite pour les petits  dépôts

 

Les ministres des Finances de la zone euro se sont dits lundi soir favorables à ce que les autorités chypriotes abaissent la taxe sur les dépôts bancaires pour les petits déposants, à condition que la taxe rapporte près de 6 milliards d’euros comme prévu. La zone euro ne veut plus taxer les déposants à Chypre ayant moins de 100.000 euros sur leur compte, mais la décision finale reviendra aux autorités chypriotes, ont indiqué lundi soir des sources proches des discussions.  « La zone euro est bien en faveur de zéro taxe pour les petits déposants », a indiqué une source à l’issue d’une réunion téléphonique des ministres des Finances de l’Union monétaire.  « Les autorités chypriotes vont introduire plus de progressivité en ce qui concerne la taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires par rapport à ce qui a été décidé le 16 mars, à condition que (…) cela ne modifie pas le montant total de l’aide financière (des Européens et du FMI) », a indiqué l’Eurogroupe dans un communiqué, après une conférence téléphonique.

Chypre : rejet de la taxe par le parlement

Chypre : rejet de la taxe par le parlement  

Le parlement chypriote n’approuvera « semble-t-il » pas la taxe polémique sur les dépôts bancaires et réfléchit à une nouvelle formule, a annoncé mardi matin un porte-parole du gouvernement. Le président chypriote doit de nouveau s’entretenir avec les chefs d’État russe et allemand, Angela Merkel et Vladimir Poutine, a par ailleurs ajouté cette source.

 

Chypre : une taxe sur les dépôts bancaires

Chypre : une taxe sur les dépôts bancaires

 

 

On comprend que Bruxelles ait voulu mettre à contribution les chypriotes pour le plan de sauvetage de l’Ile. Toutefois, cette mesure brutale n’est pas nécessairement très juste dans la mesure où elle ne va pas peser de la même manière sur le patrimoine. Un mesure en forme de coup de serpe qui témoigne du caractère punitif que l’Europe veut infliger à Chypre et qui pourrait conduire dans d’autres pays aussi endettés à des retraits de précaution. Le sauvetage de Chypre est sur les rails. À l’issue d’une réunion extraordinaire des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles, l’Eurogroup et le FMI ont trouvé tôt samedi matin un accord sur un plan d’aide de 10 milliards d’euros pour l’île, dont les besoins financiers sont estimés à 17 milliards d’euros, soit l’équivalent de son PIB. Pour réduire leur participation et ainsi éviter que la dette du pays ne s’envole à plus de 140% du PIB, les bailleurs de fonds ont en effet exigé de Nicosie un compromis inédit: instaurer une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires.  Cette taxe sera de 6,75% sur les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil. Une retenue à la source sur les intérêts de ces dépôts sera également instaurée. Ces prélèvements devraient rapporter au total 5,8 milliards d’euros, selon le chef de file de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. À ces taxes, s’ajoutent des privatisations et une hausse de l’impôt sur les sociétés qui passera de 10 à 12,5%. Enfin, Nicosie devrait également se tourner vers la Russie, dont la contribution devrait toutefois être limitée. «Le pays est prêt à prolonger le remboursement d’un prêt» de 2,5 milliards d’euros venant à échéance en 2016 «et à réduire les taux d’intérêt, mais il n’entend pas aller au-delà», a prévenu le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn. Le ministre chypriote des Finances, Michalis Sarris, se rendra à Moscou dès lundi pour engager des discussions sur ce volet de l’aide internationale.  Chypre avait demandé en juin une aide financière pour notamment renflouer ses deux principales banques, plombées par la crise grecque. L’île devient ainsi le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d’un programme d’aide internationale. Le montant de l’aide est toutefois inférieur aux centaines de milliards déboursées pour la Grèce et aux dizaines de milliards versées au Portugal, à l’Irlande et au secteur bancaire espagnol. Au terme du processus d’approbation par chaque État membre de l’euro, un accord définitif sur le sauvetage de Chypre devrait être entériné dans la seconde moitié du mois d’avril.  Au final, tous les épargnants seront touchés par les nouvelles taxes imposées par Nicosie, qu’ils soient chypriotes ou étrangers, en particulier russes. Un scenario qui pourrait faire craindre une ruée sur les guichets, avertissent certains analystes. «On ne pénalise pas Chypre», a insisté Jeroen Dijsselbloem. «C’est ce paquet qui permettra une restructuration du secteur bancaire et rendra la dette durable.» Un argument repris par Christine Lagarde, la directrice générale du FMI. «La solution présentée est durable, pérenne et dans l’intérêt de l’économie chypriote», a-t-elle rénchéri, alors que l’institution devrait participer au plan d’aide. Le montant de cette participation n’a pas été précisé, mais il pourrait atteindre 1 à 3 milliards d’euros, estime Michala Marcussen, économiste chez Société Générale CIB.  Enfin, le ministre chypriote Michalis Sarris a indiqué que les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seront entièrement compensées par la distribution d’actions. Selon lui, ces mesures ont surtout permis d’éviter «des coupes dans les salaires et les pensions». Il a toutefois reconnu que «les temps vont être durs et les ceintures vont devoir être serrées

Chypre : les déposants taxés

Chypre : les déposants taxés

Après l’annonce du plan d’aide, le premier dans l’Union européenne à mettre largement à contribution les déposants, Chypriotes et résidents étrangers de l’île méditerranéenne étaient sous le choc, certains tentant de retirer leur fonds des banques.  Le Parlement, engagé dans une course contre la montre pour valider cet accord avant que les banques ne rouvrent leurs portes mardi matin (lundi étant férié), doit se réunir dimanche pour entamer le processus de ratification du texte.  A peine rentré de Bruxelles, M. Anastasiades a rencontré des dirigeants de partis politiques de l’île, et devait s’entretenir dans la foulée avec les dirigeants de banques basées dans l’île.  Le président doit s’exprimer devant la Commission des Finances du Parlement dimanche à 09H (07H00 GMT) puis devant l’ensemble des députés à 09H30 GMT, avant une assemblée plénière du Parlement à 14H00 GMT.  Les débats risquent d’être houleux, le parti communiste Akel, qui dispose de 19 sièges sur 56 au Parlement, et les socialistes de l’Edek (5 sièges) ayant d’ores et déjà rejeté selon les médias chypriotes le plan de sauvetage, également critiqué au sein du Diko (8 sièges), pourtant allié de M. Anastasiades.  Chypre avait initialement demandé 17 milliards d’euros. Afin de réduire leur participation à ce prêt, les bailleurs de fonds ont demandé à Nicosie d’instaurer une taxe exceptionnelle de 6,75% sur tous les dépôts bancaires en-deçà de 100.000 euros et de 9,9% au-delà de ce seuil.  Ces prélèvements, censés rapporter 5,8 milliards d’euros, seront appliqués à toutes les personnes résidant sur l’île.  Les taxes sur le capital et les intérêts des dépôts seront entièrement compensées par la distribution d’actions, a précisé le ministre des Finances Michalis Sarris.  Dans ses négociations avec l’UE et le FMI, le gouvernement a également dû céder sur une autre ligne rouge et accepter la hausse de l’impôt sur les sociétés.  Chypre a obtenu une aide de 10 milliards d’euros, avec une contribution du FMI à hauteur d’un milliard selon une source diplomatique européenne.  Peu après l’annonce des contreparties de l’accord, des dizaines de Chypriotes et d’étrangers mécontents ont tenté de retirer de l’argent des distributeurs automatiques.   »C’est une catastrophe », estime un Chypriote de 45 ans venu retirer de l’argent. « Cela va nous donner envie de sortir de l’euro », dit un autre, retraité.  Un dirigeant d’entreprise belge était également très inquiet. « Je ne sais pas encore si ça touche ma société, mais si jamais la mesure s’applique aux sociétés, c’est la faillite pour nous ».   »La situation est grave mais pas tragique, il n’y a pas de raison de paniquer », a tenté de rassurer le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides.  Bank of Cyprus, la première banque de Chypre, qui avait dû solliciter l’aide du gouvernement en raison de ses pertes liées à la crise grecque, a qualifié les décisions prises à Bruxelles de « douloureuses et surprenantes », estimant « parfaitement compréhensible que l’opinion publique soit inquiète ».  Une centaine de personnes ont manifesté samedi soir devant le palais présidentiel, a constaté un photographe de l’AFP, et une autre manifestation était prévue devant le Parlement dimanche matin. Le candidat déçu aux élections présidentielles de février, George Lillikas, qui avait fait campagne contre le plan de sauvetage a appelé à une mobilisation mardi.  Chypre a demandé une aide européenne en juin 2012 après que ses deux principales banques, plombées par la crise grecque, ont appelé le gouvernement à la rescousse, ayant subi des pertes évaluées à 4,5 milliards de dollars.

Accord franco-allemand pour sauver Chypre

Accord franco-allemand pour sauver Chypre

 

Dans un communiqué commun, Pierre Moscovici et Wolfgang Schäuble saluent les résultats de cette élection, qui a vu la victoire du conservateur Nicos Anastasiades, lequel a promis de trouver rapidement un accord de sauvetage financier de l’île. Ces résultats permettront la formation d’un gouvernement qui pourra rapidement continuer les négociations sur le programme d’assistance financière à Chypre, estiment les deux ministres. « Les discussions devraient reprendre sous peu avec pour objectif d’atteindre un accord avant la fin du mois de mars », ajoutent-ils. « Nous appelons la troïka et les autorités chypriotes à progresser dans la finalisation du projet de ‘mémorandum of understanding’. » La « troïka » est constituée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI). C’est avec elle que le futur gouvernement chypriote devra boucler un accord de sauvetage pour éviter qu’un nouvel Etat de la zone euro ne bascule, après la Grèce, dans la crise financière, ce qui risquerait de rallumer la crise de la dette. Estimés à 17,5 milliards d’euros, les besoins financiers de Chypre sont relativement modestes mais un prêt équivalent à sa richesse nationale ferait monter son ratio d’endettement à 140% du produit intérieur brut (PIB). Un tel niveau d’endettement est considéré comme non soutenable et empêcherait probablement le FMI de prendre part à un plan de sauvetage. D’autres options sont donc examinées. Les créanciers de Chypre ont ainsi suggéré de privatiser trois sociétés nationales afin de rembourser une partie de la dette. Mais cette mesure serait très largement insuffisante.  

 

Chypre : bientôt en faillite ?

Chypre : bientôt en faillite ?

« Des experts de la troïka calculent, notamment sous la pression de Berlin, les conséquences financières d’une faillite de Chypre », écrit le quotidien le plus lu d’Europe, sans citer de source.  La Grèce serait le pays le plus affecté, à travers la faillite des principales banques chypriotes qui y ont un réseau de succursales où environ 10% des économies grecques sont entreposées.   »Les banques des autres pays de la zone euro ne seraient, en revanche, guère touchées », poursuit Bild.  Chypre a demandé une aide européenne en juin, après que ses deux principales banques, très exposées à la crise grecque, ont appelé le gouvernement à l’aide.  Lundi, les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles avaient renvoyé la décision sur l’aide à Chypre à après l’élection présidentielle, dont le premier tour se tient dimanche. Un audit mené par le fonds d’investissement Pimco, mandaté par la troïka pour estimer les besoin des banques chypriotes, selon divers scénarios, aboutirait à une fourchette de 5,9 à 8,8 milliards d’euros, abaissant d’autant le coût d’un plan d’aide global.  Toutefois, le principal obstacle à une aide à Chypre ne semble pas tant être le montant du plan que l’opposition de Nicosie à un audit d’une entreprise privée sur le respect des règles anti-blanchiment par les banques locales, une demande très fortement appuyée notamment par l’Allemagne.

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