Archive pour le Tag 'Christophe'

Christophe Castaner : ancien proche du grand banditisme

Christophe Castaner : ancien proche du grand banditisme

Comme indiqué dans un récent article de ce site, Castaner qui emploie des méthodes de voyou pour discréditer les gilets jaunes (même si des bavures ultra minoritaires doivent être reconnues comme dans toutes les manifestations) a bien entretenu des liens très proches avec le grand banditisme et notamment avec son protecteur Christian Oraison. . Ce que confirme l’article de Libé. : «Christian Oraison, dit « le Grand Blond ». Si ce nom ne vous dit rien, sachez juste que cet homme, un caïd des Alpes-de-Haute-­Provence, a été abattu de plusieurs balles de 9 millimètres, une nuit d’août 2008, alors qu’il ­s’apprêtait à rentrer chez lui. Le «Grand Blond» avait été formé par ­Gaëtan Zampa, l’un des parrains du Marseille des années 1970. Et, fait beaucoup moins connu, c’était un proche de Christophe ­Castaner, l’actuel ministre des Relations avec le Parlement. « Oraison, c’était mon grand frère, mon protecteur. Il m’appelait l’étudiant », confirme le chef d’En marche, le parti présidentiel.». Cette information a été largement reprise au moment de sa nomination à Beauveau. Au JDD, il évoquait ainsi avoir «été sur le fil du rasoir». Un an plus tôt, c’est Libération qui évoquait ce passé «interlope» dans un portrait. Notre collègue Guillaume Gendron écrivait : «Après avoir claqué la porte du domicile familial à 17 ans – il arrive toujours un moment où l’enfant devient plus fort que le père et le laisse «sec sur le carreau» -, il se met à vivre la nuit. Entre sorties en boîte et parties de poker, où il croise quelques figures du milieu marseillais. «Manosque était leur base arrière. J’ai vu ces gens-là de près, certains se faisaient buter.» Il dit avoir vécu des cartes ces années-là, attiré par «l’argent facile» et les grosses cylindrées. Comme figure de l’ordre républicain, on peut faire mieux en tant que ministre de l’intérieur !

 

Gilets jaunes: Christophe Castaner rejoue au poker

Gilets jaunes: Christophe Castaner rejoue au poker

Ministre de l’intérieur, ancien joueur de poker, très lié à l’époque avec le grand banditisme, Castaner reprend ses bonnes méthodes de bluff en racontant n’importe quoi à propos du conflit des gilets jaunes. Il n’a même pas hésité à utiliser la mort d’une vieille dame victime l’après-midi d’après ses dires des blocages des gilets jaunes alors que la personne en question était décédée le matin par suite des retards de secours non lié aux barragex. « Le droit de manifester (…) ce n’est pas celui de bloquer, de ne pas déclarer, de blesser les forces de l’ordre », a souligné Christophe Castaner, affirmant qu’il y a eu depuis samedi « autant de blessés dans nos forces de l’ordre que pendant l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes » en avril. »Dans les faits, ça se passe de façon beaucoup plus souple que ce que présente M. Castaner » explique Alexandre Langlois, syndicat de police du ministère de l’Intérieur sur BFMTV. »On le voit d’ailleurs sur les images, mes collègues CRS avancent souvent non casqués, on voit que ce n’est pas un maintien de l’ordre très ferme » soutient le syndicaliste. « Et puis contrairement à la ligne de fermeté affichée, il y a certaines tolérances, notamment pour les ralentissements de la circulation». Christophe Castaner a aussi évoqué le cas de « trois policiers blessés dans la nuit de lundi à mardi à coup de boules de pétanque » à Langueux dans les Côtes-d’Armor, et munis de « barres de fer et de cocktails molotov » délogés d’un centre commercial par les forces de l’ordre. Or le parquet de Saint-Brieuc a fait savoir que 6 personnes avaient bien été interpellées pour jets de projectiles (notamment des canettes) sur les forces de l’ordre, mais a contesté avoir eu connaissance d’une éventuelle utilisation de cocktails Molotov. Bref la partie de poker menteur continu avec la dramatisation et la caricature du mouvement des gilets jaunes par Castaner.

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Malbouffe : «Tous les produits industriels sont suspects» (Christophe Brusset)

Malbouffe : «Tous les produits industriels sont suspects» (Christophe Brusset)

 

 

Christophe Brusset , expert en malbouffe industrielle estime que tous les produits sont suspects.

 

 

Les petits pots pour bébé, les petits déjeuners, les produits diététiques… Faut-il se méfier de tous les produits vendus en grandes surfaces?

 

Christophe Brusset. - Oui, j’ai travaillé pour différents produits, de la vente de miel au jus de fruit en passant par les épices, pendant des années, et j’ai observé des pratiques peu reluisantes dans tous les aliments transformés. Toutes les modes culinaires, comme le bio ou le végane, sont détournées par les industriels.

 

Quels sont les meilleurs et les pires produits?

Par nature, tous les produits industriels sont suspects. Nous pouvons quand même avoir de bons produits mais il faut être méfiant. Les produits frais et ceux qui comptent le moins d’additifs sont les plus sains. Mais même les fruits et légumes doivent être passés à la loupe car un grand nombre contient des pesticides. La viande s’en sort plutôt mieux, sauf la charcuterie et notamment le jambon.

Les sodas sont certainement les pires produits, ils contiennent uniquement du sucre et les sodas light sont à proscrire car le sucre est remplacé par des produits artificiels. Les boîtes de conserve sont également à retirer de nos placards. Je n’ai aucune confiance dans ces produits.

 

Quels conseils donner aux lecteurs pour éviter les pièges de la malbouffe?

Il faut éplucher les étiquettes des produits et fuir les longues listes d’ingrédients. Il faut privilégier les produits simples, les produits bruts, le moins transformés possibles. Les fruits et légumes bios, de saison et locaux.

 

Dans tous ce maquis peut-on se fier à des marques, des chaînes, des labels?

Les marques ne sont pas une garantie. Par exemple, le numéro un mondial du secteur, Nestlé, est aussi un champion de la malbouffe. Les slogans comme «élus produits de l’année» sont également de pures stratégies marketing mais cela ne recouvre aucune réalité, c’est du mensonge! Certaines appellations ont toutefois leur importance. Pour les yaourts par exemple, il faut les préférer aux «spécialités laitières» ou autres inventions de l’agro-alimentation. De fait, l’appellation yaourt est réglementée et doit remplir certains critères pour porter ce nom. Les innovations des industriels visent à contourner ces contraintes.

 

Vous appelez à la plus grande méfiance vis-à-vis des innovations culinaires…

La science est capable du meilleur comme du pire et plus le produit est chimique, plus il faut s’en méfier. En apparence il y a une prise de conscience et un début de rejet de la malbouffe mais la course au gigantisme dans l’agriculture, les cultures hors sols, les viandes sans viande ne sont pas rassurantes.

 

Vous dites que c’est aux consommateurs de reprendre le pouvoir. Que pensez-vous des applications comme Yuka?

 

Oui, les consommateurs ont le pouvoir. Si nous voulons plus de transparence, c’est possible. Yuka est une bonne chose car elle rend les informations des emballages plus claires. C’est une aide intéressante mais elle retranscrit les informations transmises par les industriels. Elle ne peut toutefois fournir plus que ce qu’il lui a été indiqué. Par exemple, impossible de savoir si un produit a été touché par la pollution aux métaux lourds, s’il contient des pesticides et en quelle quantité. Les industriels ne sont pas, non plus, tenus d’informer sur la présence ou non d’ «additifs techniques». Ces éléments chimiques permettent d’améliorer la texture ou la tenue d’un produit par exemple. Pour éviter qu’un jus de fruits ne mousse, certains industriels ajoutent du diméthicone. Cet élément est également utilisé comme traitement anti-poux et ajouté dans les shampoings pour donner du volume à la chevelure…

Reconquérir les territoires perdus de la république ! (Christophe Castaner)

Reconquérir les territoires perdus de la république ! (Christophe Castaner)

Castaner, nouveau ministre de l’intérieur, reprend à son compte l’objectif de reconquête des territoires perdus défendus par Gérard Collomb. Reste à savoir si Castaner sera davantage entendu par Macon que l’ancien ministre de l’intérieur. On se souvient en effet que Macron avait enterré sans ménagement le plan banlieue de Borloo. Un plan banlieue qui visait à rétablir la sécurité en développant la formation, l’insertion professionnelle et l’activité économique Interview du JDD.

 

En quittant ce ministère, Gérard Collomb a évoqué des « narcotrafiquants, des islamistes radicaux » qui feraient « la loi » dans des cités et envisagé « que demain on vive face à face ». Vous êtes d’accord ?
Gérard Collomb avait dit cela bien avant de démissionner et il a raison : il y a une situation de tension extrême et une grande violence dans certains quartiers. Il s’est battu pour mettre en place des solutions en obtenant un budget dynamique et en créant, justement, la police de sécurité du quotidien et les « quartiers de reconquête républicaine ». Quand vous mettez trente policiers de plus dans un quartier, ça change tout – des policiers que j’ai rencontrés sur le terrain me l’ont dit. Et je ne parle pas de remplacements de fonctionnaires à la retraite, mais bien de 30 policiers de plus. Partout où l’on voit que la République recule, il faut agir. Reconquérir mètre carré par mètre carré la souveraineté républicaine. Ce sera un combat. Je le mènerai et nous le piloterons ensemble avec Laurent Nuñez.

Vous êtes partisan d’une politique d’immigration musclée?
J’assume une politique ferme contre l’immigration irrégulière. Nous devons tout faire pour empêcher la création et la reconstitution des campements illicites. À Grande-Synthe, des passeurs tiennent 1.500 personnes dans des conditions de vie scandaleuses. Je mettrai fin à cette situation, quitte à ordonner des évacuations, en lien avec les collectivités locales. Mais pour que notre politique soit crédible, il faut aussi réussir l’intégration des réfugiés.

 

 

Droits voisins : «aller plus vite » !!! (Christophe Caron)

Droits voisins : «aller plus vite » !!! (Christophe Caron)

 

Christophe Caron, avocat,  dans uen interview à la Tribune, défend le corporatisme de la presse ( les grands médias) qui veulent récupérer une partie de la cagnotte des GAFA tout en faisant complètement l’impasse sur les atteintes à la libertés des autres producteurs d’infos qui forcément seront interdits de diffusion par les GAFA pour des questions techniques. Une manière aussi de soutenir artificiellement une grande presse de moins en moins crédible.

 

LA TRIBUNE – Le Parlement européen a voté ce mercredi une directive sur les droits d’auteur, qui ouvre la voie à un droit voisin pour la presse. Cela va obliger les Gafa à rémunérer les éditeurs pour les contenus qu’ils diffusent. Est-ce vraiment une bonne nouvelle pour les journaux ?

CHRISTOPHE CARON - C’est incontestablement une bonne nouvelle pour la presse. Rappelons qu’aujourd’hui, les journaux ne disposent que dans certains cas seulement du droit d’auteur des journalistes. Or, le texte voté ce mercredi acte le principe que, de façon certaine, la presse va bénéficier d’un droit voisin du droit d’auteur, c’est-à-dire d’un droit spécifique, qui lui sera propre.

Quels sont les outils juridiques qui seront, à terme, mobilisables par les éditeurs, et qui leur permettront, en clair, de récupérer une partie de la manne publicitaire qui leur échappe ?

Il y a plusieurs actions possibles. En premier lieu, un droit permet d’abord de conclure des contrats – c’est-à-dire des contrats de cessions ou de licences, par exemple. Le deuxième outil à la disposition de la presse, qui est extrêmement puissant, est l’action en justice pour contrefaçon. Cette action pour contrefaçon peut être sanctionnée par un tribunal civil. Mais elle peut également être sanctionnée au pénal. La troisième arme qui pourrait être mobilisable est la possibilité de recourir, pour les éditeurs de presse, à une gestion collective de leurs droits. Cela reviendrait à créer un organisme spécifique, un peu similaire à la SACEM [Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, ndlr] ou à la SACD [Société des auteurs et compositeurs dramatiques]. Celui-ci aurait la charge de gérer les droits des éditeurs de presse. C’est, dans ce cas, cet organisme qui conclurait des contrats avec un utilisateur comme Google, percevrait des redevances, et les redistribuerait, in fine, aux titulaires des droits. Mais j’évoque cette perspective au conditionnel. Car si le principe d’un droit voisin a été voté, nous n’en connaissons pas encore totalement les modalités. Si cette possibilité n’est pas précisée dans le texte final, ce sera aux États de décider de l’inclure – ou pas -, lors de la transposition de la directive européenne dans les droits nationaux.

Si vous évoquez cette possibilité, c’est parce qu’il y a une vraie réflexion à ce sujet ?

Effectivement. Si la SACEM et la SACD ont vu le jour, c’est bien parce que les titulaires de droits, les auteurs en l’occurrence, estimaient qu’ils seraient plus fort ensemble… On peut avoir cette même logique pour la presse. Reste que plusieurs cas de figure sont envisageables : il y a des cas où adhérer à un organisme de gestion collective est obligatoire, d’autres où ce n’est pas le cas… Tout dépendra, une fois encore, ce que dira le droit européen et de la manière dont il sera transposé par les 28 pays membres.

Les Gafa ne vont-ils pas se rebiffer ? En Espagne, à la suite de l’instauration d’un droit voisin, Google n’a pas hésité à fermer son service Google News dans ce pays, ce qui a porté préjudice à de nombreux médias…

Ce sont des craintes légitimes. Mais imagine-t-on Google claquer la porte à tous les titres de presse des 28 pays de l’UE ? Sur le fond, je pense que ce texte sur le droit voisin contribue à rééquilibrer un rapport de force entre les entreprises de presse et certains Gafa. Ils ont tous intérêt à travailler ensemble. Le but n’est pas de condamner les Gafa, de leur interdire l’accès à la presse, mais qu’il y ait simplement un meilleur partage de la valeur. Les Gafa ont besoin des médias, et réciproquement. Une bonne entente serait profitable à tous.

Après ce vote du Parlement européen, que va-t-il se passer ?

Aujourd’hui, nous disposons d’un texte qui n’est pas définitif. Il va se passer ce qu’on appelle le « trilogue ». Concrètement, des réunions informelles vont avoir lieu entre trois entités : la Commission, le Conseil de l’UE et le Parlement. Après débats, ils vont se mettre d’accord sur un texte final. Celui-ci sera, ensuite, voté une dernière fois au Parlement européen. Si le « oui » l’emporte encore – ce qui est le plus probable -, le texte deviendra une directive, laquelle sera transposable dans les droits nationaux. À mon avis, on peut espérer disposer d’une directive au printemps prochain. La transposition dans les droits nationaux se fait dans les deux années qui suivent. Autrement dit, nous aurons une loi française d’ici deux à trois ans, au minimum.

Étant donné les difficultés de la presse française, n’y a-t-il pas la possibilité d’instaurer ce droit voisin plus rapidement ?

La France peut très bien choisir, de son propre chef, d’aller plus vite. Une proposition de loi sur le droit voisin a d’ailleurs été portée par le député Patrick Mignola (Modem). Mais, Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, a indiqué qu’elle préférait attendre la position de Bruxelles à ce sujet. Reste que la France peut très bien anticiper l’apparition du droit voisin, à travers une loi nationale, quitte à la modifier lorsque la directive européenne sera disponible. Cela relève d’un choix politique.

Pourquoi, d’après vous, les députés ont finalement approuvé le texte comprenant le droit voisin alors qu’ils l’avaient retoqué deux mois plus tôt ?

J’ai le sentiment que certains députés ont compris que certains arguments, très anxiogènes, qui étaient contre le droit voisin, n’étaient pas fondés en droit. On a dit, par exemple, que cela allait tuer les liens hypertextes… Or, c’est faux. Les liens hypertextes, dans le texte qui a été voté mercredi, ne sont pas concernés par le droit voisin. On a également dit qu’avec cette mesure, Wikipédia allait fermer, ce qui est encore faux. Certains députés s’en sont peut-être rendu compte…

Catalogne : réveils identitaires multiformes (Jean Christophe Gallien)

Catalogne : réveils identitaires multiformes (Jean Christophe Gallien)

 

Dans une tribune, Jean Christophe Gallien, Professeur associé à l’Université de Paris 1 explique les raison de la montée des scissionnistes en Catalogne et ailleurs.

« Ce week-end, nous avons assisté au réveil massif d’une autre rue catalane. Elle est venue crier son attachement à l’unité espagnole et tenter de déstabiliser la stratégie populaire et médiatique de Carles Puigdemont et de ses alliés indépendantistes. La bataille est rude. L’Espagne et l’Europe sont secouées et réfutent un assaut sécessionniste qualifié d’illégitime autant qu’illégal. C’est vrai que ni l’Espagne, pas plus la Grande-Bretagne, la Belgique ou la France ne sont des dictatures. Il faut redire haut et fort : pas plus les Catalans, que les Ecossais, les Flamands, les Bretons ou les Corses ne sont des populations opprimées. Reste que si, comme l’écrit l’historien Arnaud Teyssier, « dans nos démocraties, c’est bien l’Etat Nation qui a su concilier les deux exigences contradictoires »d’autorité et de liberté « à travers un pouvoir identifié, admis et incarné », l’Union Européenne et ses pays/nations doivent ouvrir les yeux. « Jamais la défiance citoyenne envers les institutions n’a été aussi puissante. Et jamais les utopies incitant à créer des communautés autonomes n’ont autant séduit », pointait très justement récemment Blaise Mao. On assiste, en particulier à des réveils identitaires multiformes, souvent associés à des volontés sécessionnistes. Régionalismes anti Etat-Nation, écossais, catalan, corse, flamand… exacerbations nationales anti-européennes avec la montée des partis qualifiés de populistes partout en Europe et même de la riche Allemagne avec la récente explosion de l’AFD, revendications identitaires religieuses en particulier avec l’Islam, ou encore mobilisations ethniques ou liées au genre… et affirmation de formes de « tribalismes » sécessionnistes comme les « zadistes », les « survivalistes » ou encore les « libertariens ». On pourrait vouloir se rassurer en rappelant qu’il n’y a rien de très neuf individuellement dans ces différentes aspirations. C’est vrai. Mais ce qui est nouveau, c’est d’abord la démultiplication simultanée des différents sécessionnismes, leur niveau d’intensité et la fréquence des secousses d’émergence. Le changement, c’est aussi la rencontre de ces phénomènes avec les outils de communication sociaux qui, d’activistes invisibles, transforment les militants en guerriers stratèges d’une bataille de communication qui tourne le plus souvent à leur avantage médiatique face aux arguments et dispositifs institutionnels. Entre actions de rue, occupations urbaines, débats télévisés, en passant par une guérilla notamment visuelle 2.0, la guerre catalane qui se déroule sous nos yeux illustre très bien une asymétrie qui booste l’avantage des sécessionnistes. La question identitaire est individuelle et collective. Pour bon nombre d’entre nous, elle accompagne un sentiment de perte de situation au sein des sociétés contemporaines. Collectivement, les imparables mouvements d’homogénéisation poussés par la mondialisation accélérée défient voire effacent tout ou partie des identités locales et nationales renforçant les déstabilisations individuelles. « Les hommes et les femmes recherchent des groupes auxquels ils peuvent appartenir assurément et pour toujours, dans un monde dans lequel tout le reste bouge et change », écrivait l’historien britannique Eric Hobsbawm. Quand les crises se multiplient, quand les instruments de la solidarité institutionnelle craquent petit à petit, les individus et les communautés cherchent à compenser et inventent ou réinventent d’autres formes. On le voit partout dans le monde et donc aussi en Europe. Ici encore, c’est le mix moderne d’internet et des circuits courts, entre local et global, la solidarité directe, la proximité territoriale, une communauté de destin et un lien identitaire. Nous voyons naître une solidarité de nature presque néo-tribale. Elle allie la dimension traditionnelle qui associe la permanence des comportements d’avant la création des institutions de solidarités du modèle social et les très contemporaines solidarités des réseaux digitaux et du 2.0. Il y a comme une affirmation collective puissante : nous Catalans, nous sommes mieux armés pour faire face aux difficultés nées de la crise et de la mondialisation. Mieux armés que qui ? Autres peuples effacés, autres populations divisées et assistées, partis politiques impuissants, corps intermédiaires contestés, institutions centrales dépassées… Traduction concrète, la plateforme sécessionniste ne dit pas : « J’ai toute la solution », mais elle exprime un constat et des exigences concrètes. Langue, fiscalité, emplois, éducation, monnaie… Dans la crise, c’est l’expression d’un autre espoir, pas forcément une proposition alternative de système. Il y a là une interpellation légitime : où se situent la souveraineté et la protection justes et efficaces ? Il faut en finir avec des alternances sans alternatives et la seule lecture technocratique dominante et continue. L’identité est au cœur de ces mouvements et même chez la très performante et riche Allemagne. Cessons de nier cette réalité qui irrigue désormais tout débat. Emmanuel Macron, les pays européens et l’Europe doivent offrir vision et espoir mais surtout des réponses concrètes et rapides entre apaisement économique et invention institutionnelle pour éviter la poursuite de la radicalisation politique. Sinon, l’Europe aura beaucoup de Catalogne à gérer. »




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