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PRIX DU CARBURANT: L’EXÉCUTIF A LE CHOIX ENTRE DE MAUVAISES SOLUTIONS

PRIX DU CARBURANT: L’EXÉCUTIF A LE CHOIX ENTRE DE MAUVAISES SOLUTIONS

La problématique u prix du carburant prend de l’ampleur en raison d’un niveau de prix qui va rapidement atteindre des records, soit autour de deux euros le litre d’abord pour le 98 ensuite pour le 95 mais aussi pour le gazole. Les médias rendent compte des solutions étudiées par le gouvernement. En réalité l’exécutif a le choix entre seulement deux mauvaises solutions. La première consiste à baisser les taxes ce qui priverait l’ État d’une manne fiscale considérable. La seconde solution consiste à cibler l’avantage sur les moins favorisés.

Comme déjà indiqué la solution consistant à baisser les taxes serait nuisible aux recettes fiscales de l’État puisque le carburant est composé de 60 % d’impôts. La seconde raison est plus politique. En effet ce serait un mauvais signal adressé aux écolos dont nombreux deux partis y compris celui du gouvernement se disputent les suffrages. Pour les écolos ,la voiture c’est l’ennemi et réduire la fiscalité constitueraient une forme d’encouragement au pollueur automobile.

La seconde solution aurait la préférence du gouvernement à savoir la distribution de chèques. D’une part cette redistribution est médiatiquement plus visible qu’une réduction de quelques centimes de la fiscalité. Politiquement, cela marque l’intérêt de l’exécutif vis-à-vis des couches sociales défavorisées. Se pose cependant le difficile problème du seuil à retenir. Beaucoup qui se trouveront  au-dessus de ce seuil risquent  de manifester leur mécontentement. Le gouvernement est particulièrement attentif au réveil d’un mouvement type gilet jaune.

On pourrait évidemment comme pour le gaz et l’électricité prévoir un bouclier mais qui n’est qu’un report des taxes à plus tard après les présidentielles.

Il convient aussi de prendre en compte les incidences économiques. Jusque-là en effet la France est parvenue à refaire son retard de croissance due notamment à la crise sanitaire. Mais cette dynamique pourrait bien être affectée par une baisse du pouvoir d’achat provoquée par la hausse du carburant mais aussi du fioul et plus généralement des autres énergies.

Sous-marins nucléaires américains. un choix militaire judicieux pour l’Australie

Sous-marins nucléaires américains. un  choix militaire judicieux pour l’Australie

Par John Blaxland, Australian National University (*)

 

Le gouvernement australien a décidé que la meilleure option pour le pays était d’accélérer la production d’une plate-forme de sous-marins à propulsion nucléaire plus performante avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

L’Australie sera ainsi plus étroitement intégrée dans l’orbite américaine. Technologiquement et militairement, cela signifie que si les États-Unis entrent en conflit dans la région indopacifique, il sera beaucoup plus difficile pour les Australiens de ne pas être directement et presque automatiquement impliqués.

C’est aussi un élément positif en termes de dissuasion face à la Chine. Sur les prochaines années, le nouvel accord renforcera le pouvoir de dissuasion qu’a l’Australie face à Pékin.

Les stratèges et les dirigeants chinois devront prendre en compte les risques accrus et seront sans doute moins enclins à décider de se lancer dans des actions hostiles. Les enjeux seraient trop élevés et les perspectives de succès trop faibles.

Ces dernières années, le gouvernement australien et son ministère de la Défense ont davantage mis l’accent sur les capacités militaires à plus longue portée, notamment avec la Defence Strategic Update de 2020.

Ce plan inclut l’acquisition de missiles ainsi que de capacités spatiales et cybernétiques. Les sous-marins à propulsion nucléaire s’inscrivent dans ce cadre, bien au-delà des capacités navales australiennes existantes.

L’avantage des sous-marins nucléaires est qu’ils n’ont pas besoin de remonter à la surface et peuvent rester immergés, donc furtifs, plus longtemps. À l’inverse, les sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique) doivent faire surface régulièrement, s’exposant alors à la détection. Ils disposent donc d’une portée furtive bien moindre.

Le nouvel accord va potentiellement transformer les capacités de la défense australienne, lui permettant de déployer ses sous-marins sur des distances bien plus importantes. Par ailleurs, l’Australie sera bien mieux intégrée avec les forces américaines et britanniques.

C’était évidemment moins le cas concernant l’accord précédent, de 90 milliards de dollars australiens (environ 56 milliards d’euros), signé avec la société française DCNS pour construire jusqu’à douze sous-marins.

L’ironie est que la France disposait de la propulsion nucléaire dans ses sous-marins Barracuda ; et si l’Australie avait opté pour cette option lors de la signature de l’accord en 2016, les Français auraient pu dire : « D’accord, nous allons reproduire notre technologie et vous la donner ». Dans ce cas, l’Australie serait sans doute sur le point de se faire livrer son premier sous-marin nucléaire.

Mais les Australiens ont demandé une propulsion conventionnelle, ce qui a retardé le programme français et donne désormais à la France une bonne raison d’être irritée par ce nouvel accord.

La question est de savoir quand les sous-marins américano-britanniques seront opérationnels, car les sous-marins français étaient loin d’être prêts.

Le nouvel accord permet potentiellement à l’Australie de louer des sous-marins britanniques et/ou américains, de manière temporaire, afin de développer l’expertise australienne en matière de propulsion nucléaire. Au minimum, on peut s’attendre à voir des équipages australiens à bord, aux côtés des Américains ou des Britanniques, pour développer leurs connaissances.

Mais pour le moment, l’Australie n’a pas la capacité d’exploiter et de maintenir des sous-marins nucléaires. Elle ne dispose pas de l’infrastructure nécessaire.

Cela signifie que le pays va soit devoir dépenser d’immenses sommes d’argent pour mettre en place cette infrastructure, soit sous-traiter cette mission au Royaume-Uni ou aux États-Unis, ce qui le soumettra à leur dynamique politique intérieure et le rendra redevable.

L’Australie a fait des erreurs dans la gestion de sa future capacité sous-marine ces quinze dernières années. Elle aurait dû prendre une décision sur la conception d’un nouveau sous-marin il y a longtemps – avec un programme de développement réaliste – et s’y tenir.

Ainsi, elle a refusé d’autres options, notamment une mise à niveau de son sous-marin actuel de classe Collins, pour une version plus récente, plus élégante et plus performante.

À la place, le pays a opté pour une conception radicalement nouvelle, que même les Français n’avaient jamais construite auparavant. Tout ce qui fait appel à une technologie de pointe est susceptible d’entraîner des retards et des dépassements de coûts. Et c’est exactement ce à quoi l’Australie a été confrontée.

Entre-temps les tensions sont montées dans la région et la nécessité d’acquérir de nouveaux sous-marins performants est devenue d’autant plus pressante et importante.

La combinaison de ces facteurs a conduit à une réévaluation rigoureuse des décisions antérieures jugées un peu trop hâtives en ce qui concerne les besoins australiens futurs en matière de sous-marins.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la décision australienne d’opter pour une plate-forme technologique fiable, connue, mieux intégrée aux systèmes américains et, avec un peu de chance, opérationnelle beaucoup plus rapidement, semble susciter une large approbation au sein des cercles de l’industrie de la défense du pays.

Les détails restent vagues, mais il semble que le plan initial consiste à sous-traiter le développement des sous-marins aux États-Unis ou au Royaume-Uni.

Mais si l’Australie doit être autonome, ce dont le gouvernement semble reconnaître la nécessité, une grande partie de cette technologie devra être transférée sur place – au moins pour permettre la maintenance.

De nombreux aspects de la construction de ces sous-marins ne sont pas directement liés à des connaissances spécifiques des secrets de la propulsion nucléaire. Une partie considérable du travail pourrait donc être effectuée en Australie. Mais cela entraînera des retards et des coûts supplémentaires.

La situation régionale est plus turbulente que jamais et la perspective que l’alliance américaine vienne à la rescousse l’est aussi. L’ironie est que, afin d’être plus autonome, il est nécessaire pour l’Australie de mettre les bouchées doubles pour intégrer la technologie et les compétences américaines. Les Américains sont les leaders mondiaux dans ce domaine et ils ont la capacité industrielle de fournir rapidement les équipements.

Le ministre australien de la Défense, Peter Dutton, est allé à Washington pour persuader les États-Unis de partager leur technologie. L’arrangement AUKUS prévoit de développer une base industrielle technologique et des lignes d’approvisionnement – cela signifie que les États-Unis et le Royaume-Uni semblent convaincus de la capacité de l’Australie à soutenir ces engagements.

Comment la Chine va-t-elle réagir ?

La question est fondamentale : cet accord accroît-il la sécurité de l’Australie ? Il ne fait aucun doute que le pays subira des critiques virulentes et acerbes de Pékin, qui verra les récents développements d’un très mauvais œil.

Mais la rhétorique chinoise ne doit pas être prise au pied de la lettre. Elle est en grande partie tournée vers ses propres citoyens. Il s’agit pour la Chine d’influencer et de façonner l’opinion d’une manière qui soit conforme à ce qu’elle perçoit comme étant ses intérêts.

Ces dernières années, à l’image de son renforcement militaire, la Chine s’est radicalisée dans sa rhétorique mais la plupart des experts en sécurité affirment qu’il s’agit surtout d’intimider des adversaires potentiels afin qu’ils fassent marche arrière.

Alors, une coalition AUKUS plus performante, avec l’Australie au milieu, dissuade-t-elle ou agace-t-elle encore plus la Chine ?

Il y a, en Australie, un consensus croissant sur le fait que le pays doit faire davantage pour dissuader les actions chinoises dans la région. Or, la dissuasion exige des capacités crédibles. Cette nouvelle alliance est cohérente avec ce raisonnement.

Le pays a décidé de mettre ses œufs dans le panier de la sécurité américaine depuis 70 ans – et cette nouvelle coalition va dans ce sens. L’espoir est que la collaboration avec le Royaume-Uni et les États-Unis améliorera la capacité de l’Australie à se défendre.

Mais les sous-marins ne sont vraiment utiles que si vous envisagez de devoir les utiliser. Tant que ce n’est pas le cas, une diplomatie habile et un engagement régional sont essentiels. Le Livre blanc de la politique étrangère australienne de 2017 parlait d’investir dans les liens de sécurité régionale. Pour que ce changement de politique améliore la sécurité du pays, il doit être associé à des efforts beaucoup plus importants visant à renforcer la sécurité et la stabilité aux côtés des voisins de l’Australie en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique.

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(*) Par John Blaxland Professor, Strategic and Defence Studies Centre, Australian National University.

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Vaccination : un choix citoyen et solidaire

Vaccination : un choix citoyen et solidaire

 

Les errements dans la gestion de la pandémie permettent de comprendre la défiance, mais nous avons la possibilité d’agir, chacun, en faisant de la vaccination de tous un projet commun renforçant notre pacte social, souligne dans une tribune au « Monde » un collectif de médecins et de citoyens.(extrait

 

Tribune.

 

L’obligation vaccinale pour les professionnels de santé et l’utilisation du passe sanitaire divisent les soignants, mais aussi les citoyens. A la liberté individuelle et à l’inquiétude face à des vaccins considérés comme trop récents sont opposées la nécessaire protection des plus fragiles et l’urgence de lutter contre une possible 4vague.

Ce débat traduit l’état de confusion de notre société dans son rapport à la liberté individuelle, aux autres, à la communauté, à notre protection sociale, au bien commun, en particulier chez les gens de gauche.

 

Certes, la confiance que nous accordons aux décideurs est légitimement abîmée. Nous avons tous à l’esprit les scandales sanitaires passés, les conflits d’intérêts entre des médecins et l’industrie pharmaceutique, les mensonges et l’incompétence du gouvernement depuis le début de la pandémie, le mépris puis la stigmatisation des soignants ainsi que les reniements du président de la République qui déclarait, le 1er mai 2020, que le vaccin devrait être « un bien mondial de l’humanité, et pas la propriété de l’un ou l’autre ».

Mais si on peut comprendre et partager la défiance envers nos gouvernants, refuser la vaccination ne peut être un acte d’opposition efficace à ce gouvernement. Ce serait une mauvaise réponse à une juste colère. Le risque individuel de survenue à long terme d’effets secondaires graves de la vaccination est très hypothétique : il ne repose sur aucune base théorique fiable, ni sur des observations faites avec les autres vaccins.

Sur cette question, on ne peut que conseiller la lecture de « A lire si vous ne savez pas quoi penser des vaccins Covid-19 ». Si se vacciner nous octroie une protection individuelle, c’est la vaccination du plus grand nombre qui permettra une protection collective. Décider de se faire vacciner n’est donc pas qu’une décision sanitaire ou médicale, c’est aussi un geste politique, car il concerne les affaires de la cité, les autres, le collectif.

La vaccination, comme chaque médicament, est associée à un risque individuel. La prescription ou la prise d’un médicament (ou d’un vaccin) nécessite d’évaluer le bénéfice attendu du traitement par rapport au risque spontané de la maladie et au risque de survenue d’effets secondaires liés au traitement.

Par exemple, malade d’un cancer, on accepte le plus souvent d’être traité par des chimiothérapies – qui ont beaucoup d’effets secondaires mais qui permettent de survivre à la maladie – car le bénéfice du traitement est supérieur au risque de ne pas le prendre et aux nuisances liées aux effets secondaires. Le rapport bénéfice/risque est ainsi jugé favorable.

Le choix du chômage

Le choix du chômage 

Le grand reporter de Radio France Benoît Collombat et l’illustrateur Damien Cuvillier sont allés à la rencontre de conseillers politiques, directeurs du Trésor, économistes et philosophes pour tenter de plonger aux racines idéologiques du chômage de masse. Une question brûlante d’actualité au moment où la crise sanitaire frappe des millions de travailleurs.(Interview dans la Tribune)

 Quelle est la genèse de votre ouvrage ?

BENOIT COLLOMBAT - L’idée est venue lors d’une rencontre au festival de bande-dessinée de Saint-Malo en 2016. Ma précédente BD enquête « Cher pays de notre enfance » avec Etienne Davodeau s’intéressait à la violence politique en explorant les coulisses de la vie politique française avec ses officines comme le SAC (service d’action civique) qui a connu une dérive mafieuse. L’idée de cet ouvrage était de dévoiler l’envers du décor en allant à la rencontre des acteurs de cette histoire comme des barbouzes, des syndicalistes, des responsables politiques, ou des agents secrets. C’est une histoire qui n’est pas forcément dans les livres d’histoire.

A cette époque, le pouvoir politique avait encore les manettes sur l’économie et le monde de la finance. Cela m’intéressait de raconter la suite de cette histoire, le moment de bascule où le politique se dessaisit de ces manettes. Je voulais raconter comment ces choix économiques vont produire une autre forme de violence. Il s’agissait de retourner à la racine de ces choix, les documenter et retrouver les acteurs et les témoins de ce processus pour dresser la photographie la plus complète pour les lecteurs.

Pour montrer la violence économique du chômage, Damien Cuvillier, vous évoquez un moment très personnel de votre enfance en Picardie au début de l’ouvrage où votre mère est radiée de Pôle emploi. Pourquoi avez-vous choisi d’évoquer cet épisode familial ?

DAMIEN CUVILLIER - Au moment où Benoît évoque le sujet de cette enquête en 2016 à Saint Malo, l’idée m’intéresse beaucoup en tant que lecteur, notamment sur la mise en perspective. Ce sujet résonnait d’une manière très personnelle dans la mesure où ma mère et plusieurs personnes dans ma famille ont vécu au chômage et le sont toujours. Au-delà des parcours individuels, ce qui m’intéressait encore plus était d’élargir la question sur les origines du chômage de masse et cette fatalité soi-disant inexorable.

Malgré les alternances politiques, vous montrez qu’il y a une permanence dans les politiques économiques menées sur les cinquante dernières années. Comment expliquez-vous cette continuité ?

B.C- Le point de départ de l’enquête est de raconter cette grande continuité idéologique au-delà des alternances politiques. Le récit commence par un conseil des ministres au début des années 70 où Pompidou paraît accablé parce que le chômage touche 400.000 personnes en France. Cette scène marque le début d’une séquence historique. Elle dit beaucoup de choses. Elle montre une préoccupation politique mais elle envoie surtout un signal clair en expliquant que désormais il va falloir se serrer la ceinture et mener des politiques dites « de compétitivité.»

On trouve les prémices de ce mouvement dans les années 60 avec le démantèlement d’une partie du contrôle de l’Etat sur la masse monétaire et les circuits financiers. A partir des années 80, il y a une certaine forme de continuité, après une période assez courte de relance keynésienne. L’orthodoxie budgétaire et financière va être poursuivie par les socialistes. On revient par exemple sur les coulisses des nationalisations, du tournant de la rigueur. Ce couloir d’options économiques va se poursuivre jusqu’à aujourd’hui. La bande dessinée en proposant un cadre était un format adapté pour raconter cette pensée reposant sur un cadre idéologique : le néolibéralisme. L’Etat doit servir avant tout le marché et le droit privé doit prévaloir.

 

Quarante ans après l’arrivée de François Mitterrand à la Présidence de la République le 10 mai 1981, quel regard portez-vous sur le rôle de la gauche dans cette politique économique ?

B.C - Dans le livre, nous avons accordé une grande place à cette période car le début des années 80 constitue un moment de bascule important dans notre récit. Très rapidement, le pouvoir socialiste va se rallier à une orthodoxie monétaire autour de la construction européenne. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans cette séquence historique. Le pouvoir socialiste de l’époque ne s’est pas contenté d’accompagner ce mouvement de mondialisation et de dérégulation financière. Ce que montre l’enquête, c’est qu’ils ont soutenu et promu ce mouvement. Jacques Delors ou Michel Camdessus ont joué un rôle de promoteurs de ces idées néolibérales. Il y a un ralliement presque enthousiaste des socialistes de l’époque à cette idéologie.

D.C- La force de cette idéologie est que les socialistes sont eux-mêmes convaincus qu’il n’y a pas d’autres alternatives. En matière économique, les autres façons de penser ne sont pas jugées « sérieuses ».

 

Dans le récit, un personnage de la bande dessinée qui a travaillé au Trésor a accepté de témoigner mais sous anonymat. Au total, vous avez mené une quarantaine d’entretiens. Avez-vous été confrontés à des refus ?

B.C- Nous avons essuyé très peu de refus suite à nos sollicitations. Jacques Attali a annulé notre rendez-vous au dernier moment, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont décliné nos demandes. Nous avons été clairs et transparents dès le début sur l’objet de notre travail : une enquête en bande dessinée sur les grands choix économiques de la politique française. Dans la méthode, c’était un travail journalistique classique. L’objectif était de restituer la vérité personnelle de ces acteurs et de les confronter à leurs propres choix à partir de documents et d’archives par exemple.

Dans votre enquête vous mentionnez plusieurs pièces à conviction. Parmi ces documents, quels sont ceux qui vous ont le plus marqué ?

B.C- Il y a deux documents qui sont particulièrement frappants, je trouve. Le premier est une note de 1979 d’un haut fonctionnaire du ministère de l’Economie et des finances. Il écrit au premier ministre Raymond Barre en expliquant qu’il ne faut surtout pas tenter de lutter contre le chômage à court terme. Il faut rester dans le couloir des « bonnes » options économiques.

Le second document est une note de la banque américaine JP Morgan de 1987 qui applaudit les grands choix économiques et monétaires français opérés, quel que soit le parti politique au pouvoir. Les auteurs se félicitent clairement qu’il y ait un taux de chômage de 11% en France car cela permet de faire notamment pression sur les salaires. Cette note a été écrite à l’occasion d’un déplacement du directeur du Trésor de l’époque Daniel Lebègue pour vendre la politique monétaire de la France auprès des investisseurs étrangers. C’est assez rare de trouver un document qui permet de faire tomber un coin du voile de manière aussi claire.

D.C- Le rapport Eisner commandé par le Parti socialiste et Dominique Strauss Kahn qui a été enterré rapidement est également une pièce importante. Le destin de ce rapport qui préconisait la poursuite des politiques de relance et le plein emploi montre que les autres choix de politiques économiques possibles ont été évacués par les socialistes.

 

Vous mentionnez à plusieurs reprises le rôle central d’un personnage méconnu mais important, Tommaso Padoa-Schioppa. Pourquoi cet économiste italien et ministre des Finances a-t-il joué un rôle déterminant à l’échelle européenne ?

B.C- Tommaso Padoa-Schioppa est peu connu du grand public. Ce proche de Jacques Delors fait pourtant partie de ceux qui ont joué un rôle décisif dans cette histoire. Il a joué un rôle éminent en Italie dans le monde bancaire et dans le monde politique. Il a notamment eu des responsabilités au sein de la Banque centrale européenne, été ministre de l’Economie sous Romano Prodi, puis membre du conseil d’administration de Fiat. Padoa-Schioppa a été l’un des architectes de cette pensée qui a structuré la construction européenne. Cette idée que l’Etat ne doit pas avoir le contrôle de la monnaie, que les banques centrales doivent être « indépendantes » et les déficits limités. Quand on se penche sur ses écrits, on voit qu’il porte une vision assez violente et finalement assez peu démocratique de la société. Peu de temps avant sa mort en 2010, il a conseillé le gouvernement grec avant l’arrivée au pouvoir de Syriza.

 

Vous montrez que le chômage n’est pas une fatalité mais le résultat de choix politiques. La pandémie contribue-t-elle à revoir ces choix de politique économique ?

B.C- Avec la révolte des « gilets jaunes », et le coronavirus, une forme d’accélération de l’histoire a accompagné le bouclage de notre livre. La pandémie montre que l’on arrive à la fin d’une séquence historique mais cette fin peut être très longue. Le néolibéralisme n’a pas dit son dernier mot. Cette idéologie a survécu à de nombreuses crises. Dans de nombreux pays, comme en France, les responsables néolibéraux sont encore aux manettes. Avec la pandémie, on a vu que les Etats ont dû sortir de l’orthodoxie monétaire car ils n’avaient pas vraiment le choix. Il a fallu sauver en catastrophe l’économie mais on voit bien en France que sur le fond rien n’a vraiment changé, on voit resurgir le discours sur l’équilibre financier et « la dette Covid qu’il faudra bien rembourser »… Il y a un décalage important avec ce qui se passe aux Etats-Unis, où le pouvoir américain, si libéral qu’il soit, a toujours été beaucoup plus pragmatique. Dans l’enquête, on a voulu démythifier ces grands choix économiques présentés comme intangibles et les questionner. Il faut remettre ces choix dans le débat public. Rien ne pourra bouger si la société entière ne se saisit pas de ces questions-là.

D.C- Il est compliqué à ce stade de voir vers quoi les Etats vont aller. Il y a toujours un discours dominant sur l’économie. Cette idéologie s’adapte à la pandémie ou au capitalisme vert. Malgré la pandémie, la question de l’investissement public dans la santé, l’éducation n’est pas vraiment mise en avant. Tout le monde a applaudi le personnel soignant l’année dernière. Finalement, l’argent injecté par l’Etat dans le milieu hospitalier correspond à des miettes.

 

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez été confrontées pour la mise en récit graphique de cette enquête fouillée ?

D.C- Une des grandes difficultés était de synthétiser au mieux cette histoire. Le livre a différentes dimensions à la fois politique, économique et historique. La mise en perspective est immense. Il a fallu faire des choix. C’est un livre sur lequel nous avons travaillé pendant quatre ans. Il a fallu faire une forme de maquette du livre avant de mettre en forme les pages et les dessiner. Le travail de montage a exigé beaucoup de travail.

Propos recueillis par Grégoire Normand

Retour sur la Lune : Blue Origin conteste contre le choix de SpaceX

Retour sur la Lune : Blue Origin conteste contre le choix de SpaceX

Pour des raisons économiques liées à des risques de monopole tout autant que pour des raisons techniques Blue Origin , la société spatiale de Jeff Bezos conteste le choix fait par la NASA de choisir Space X pour retourner un jour sur la Lune.

Il est vrai que la fusée Space X en cours de développement est encore loin d’être opérationnelle car plusieurs tirs se sont traduits par des échecs. En outre, Space X va bénéficier d’un énorme soutien financier de près de 3 milliards de la part de la NASA qui risque de le mettre en situation de monopole. Mais les déclarations tapageuses du patron de Space X ( sa promesse de voyage sur Mars pour le public !) et son image ont sans doute eu raison des arguments économiques et techniques

 «La Nasa a réalisé une acquisition défectueuse pour son programme» de vaisseau lunaire, «et changé les règles du jeu au dernier moment», a dénoncé la société du milliardaire Jeff Bezos dans une déclaration transmise à l’AFP. Cette «décision élimine la possibilité de concurrence (…) et ne fait pas que retarder, mais aussi met en danger le retour de l’Amérique sur la Lune», pour le moment annoncé pour 2024, poursuit l’entreprise. «A cause de cela, nous avons déposé une plainte» auprès du Government Accountability Office (GAO), une agence dépendant du Congrès américain.

Selon Blue Origin, la Nasa a mal jugé les risques induits par le choix de la solution de SpaceX, d’«un véhicule entièrement nouveau» pour lequel «le développement est notoirement difficile», souligne la plainte, dont l’AFP a consulté une copie. Des prototypes de cette fusée sont actuellement à l’essai au Texas, mais les derniers tests se sont soldés par d’impressionnantes explosions.

Des choix politiques aux dépens du scientifique

Des choix politiques aux dépens du scientifique

Invité de France Inter mardi, le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon de Paris a critiqué la stratégie du gouvernement et dénoncé une action politique sans cohérence avec les avis scientifiques.

 

Près de 1.500 patients en réanimation. La situation épidémique dans les hôpitaux d’Ile-de-France fait toujours l’objet de grandes inquiétudes. Le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Tenon de Paris, a tiré la sonnette d’alarme mardi matin sur France Inter, décrivant l’afflux massif de malades auquel les établissements devaient faire face. Avec un taux d’incidence de 640 cas pour 100.000 habitants, l’Ile-de-France est l’une des régions les plus touchées par le Covid-19. Les hôpitaux comptent près de 1.500 patients contaminés en réanimation. « A l’échelle de mon hôpital, les mesures de freinage n’ont quasiment aucun effet », a déploré le professeur, critiquant le confinement local plutôt lâche adopté par les autorités.

 

Le pic de la première vague dépassé quoiqu’il arrive? Mais ce sont surtout les projections qui affolent les médecins. « Les semaines qui vont s’écouler sont déjà écrites », soupire Gilles Pialoux. Le médecin a participé à une réunion de crise le 27 mars à l’AP-HP pour préparer le difficile mois d’avril à venir. Selon les estimations, le nombre de malades en réanimation est amené à exploser dans les prochains jours, quelles que soient les mesures restrictives prises par le gouvernement. Ainsi, si un confinement strict entrait en vigueur le 1er avril, un pic pourrait être atteint le 12 avril avec plus de 3.400 patients en réanimation. Si le confinement mettait une semaine de plus à arriver, ce chiffre pourrait passer à plus de 4.400 patients en réanimation le 29 avril. Ces niveaux sont donc amenés à dépasser ceux du pic de la première vague lors duquel 2.877 lits étaient occupés par les patients Covid. Gilles Pialoux décrit une situation « à la Lombarde » qui se profile : un tri devra s’opérer entre les patients, certains mourront « sur les brancards ».

« Le politique a éclipsé le scientifique ». Selon lui, en faisant le pari de ne pas reconfiner, « le politique a éclipsé le scientifique ». « Depuis janvier, on a des décisions politiques qui n’ont aucune cohérence scientifique », s’exclame-t-il au micro de France Inter. En plus des mesures de freinage actuelles qu’il juge inefficaces, le professeur dénonce l’absence de transparence du gouvernement sur sa stratégie sanitaire. Selon lui, l’exécutif est conscient que les déprogrammations d’opérations à venir et la dégradation de la qualité des soins vont être des conséquences directes de sa stratégie.

Macron l’apprenti épidémiologiste. Des critiques émergent au sein des scientifiques et de la classe politique sur l’attitude du président de la République qui s’émanciperait de plus en plus de l’avis des experts. Alors qu’Emmanuel Macron avait scrupuleusement suivi les recommandations du Conseil scientifique au cœur de la première vague, il semble désormais les considérer comme un avis parmi d’autres, à mettre en balance avec les conséquences sociales de la pandémie. Il avait effectué un premier pas de côté en avril 2020, en rouvrant les écoles contre l’avis du Conseil scientifique. Mais la bascule s’est réellement opérée lorsque le chef de l’Etat a refusé de reconfiner le pays en janvier. Certains commentateurs lui prêtaient alors une attitude « d’apprenti épidémiologiste ». Le 25 mars, lors d’un point presse, Macron refusait tout « mea culpa » et défendait sa stratégie face au virus. Des propos qu’il réitérait dans les colonnes du JDD dimanche.

Politique sanitaire : faire un choix clair

Politique sanitaire : faire un choix clair

 

 Matthias Fekl avocat, ancien ministre estime que l’absence de choix clair participe à la croissance de la pandémie ( dans l’Opinion)

 

Un an après la mise en place du premier confinement, une forme de lassitude a gagné les citoyens, malgré la patience remarquable dont font globalement preuve nos sociétés. Si la pandémie a frappé le monde entier, elle a aussi évolué à des rythmes parfois divergents entre les pays, si bien que chacun d’entre eux a pu être pris, à certains stades, comme modèle, avant d’être ensuite décrié pour son inefficacité dans tel ou tel aspect de la gestion de crise.

Pour ce premier « anniversaire », France et Allemagne se retrouvent étrangement synchronisées sur un point précis et central de la gestion de crise : le choix à opérer entre une approche restrictive et autoritaire, d’une part, et une approche plus libérale, fondée sur un appel à la responsabilité individuelle et collective, d’autre part. Ces deux approches sont, en réalité, inconciliables. C’est ce qu’illustre, en France, l’incompréhension suscitée par la « troisième voie » souhaitée par le président de la République et, en Allemagne, la polémique autour du tour de vis initialement prévu pour le week-end pascal, suivi des spectaculaires excuses de la chancelière.

Les deux pays gèrent la pandémie avec des processus de prise de décision fort différents. En France, tout semble se décider en Conseil de défense voire, pour les décisions les plus stratégiques, dans le seul bureau présidentiel. Matignon met loyalement en œuvre les décisions, et la nomination comme Premier ministre d’un haut fonctionnaire consensuel, auparavant chargé de la coordination administrative et logistique du déconfinement, prend valeur de symbole. La fonction a changé et le changement est assumé comme tel ; le poste n’est plus occupé par une personnalité politique mais par un administrateur. Le contrôle parlementaire est résiduel et les concertations avec les élus locaux consistent, au mieux, en des réunions d’information immédiatement en amont de l’annonce publique de décisions déjà actées.

En Allemagne, du fait de la nature fédérale de l’Etat, les échelons locaux ont des compétences qui les rendent incontournables dans la gestion de la crise. Avant chaque changement important, tous les présidents des Länder sont réunis autour de la chancelière pour parvenir à un diagnostic partagé et à des décisions aussi coordonnées que possible. La dernière de ces réunions a duré pas moins de quinze heures (!) : si c’est excessif, c’est aussi la preuve d’authentiques débats et prises de décision en commun.

Nostalgie. Les régimes de restriction mis en place ont, eux aussi, fortement différé entre la France et l’Allemagne. Celle-ci n’a pas connu de mesures d’interdiction générale applicables sur l’ensemble du territoire, mais a d’emblée préféré une adaptation aux spécificités locales. Elle a fermé les écoles face aux nouvelles vagues de Covid. En France, le premier confinement a été, tout le monde s’en souvient sans nostalgie, hyper-restrictif. L’impact sur les libertés comme sur l’économie a été considérable. Le confinement suivant a été plus souple avec un recours facilité aux dérogations via des attestations que le monde entier regarde avec étonnement – et qui introduisent cette pratique étrange : une norme générale édictée par l’Etat fixe des interdictions strictes, mais chacun peut ensuite y déroger assez tranquillement en s’autodélivrant des justificatifs dont personne ne peut, in fine, réellement contrôler la véracité.

De part et d’autre du Rhin, le résultat est identique: confusion, incompréhension, polémiques. Le plus grave étant que, de ce fait, la pandémie progresse, en raison de cet enchaînement d’évidences: des consignes incompréhensibles ne sont pas comprises, des consignes incomprises ne sont pas suivies, des consignes non suivies ne permettent pas de freiner la progression du virus

Désormais, les deux pays connaissent une confusion et des polémiques similaires : en Allemagne a été envisagé un « lockdown renforcé » pour le week-end de Pâques, qui peut s’analyser comme un tour de vis assez puissant et restrictif. En France, le gouvernement a annoncé de nouvelles restrictions dans de nombreux départements au vu de leur situation sanitaire, en mettant en place une nouvelle attestation, complexe et aussitôt supprimée, tout en se refusant à décréter en tant que tel un nouveau confinement.

De part et d’autre du Rhin, le résultat est identique : confusion, incompréhension, polémiques. Le plus grave étant que, de ce fait, la pandémie progresse, en raison de cet enchaînement d’évidences : des consignes incompréhensibles ne sont pas comprises, des consignes incomprises ne sont pas suivies, des consignes non suivies ne permettent pas de freiner la progression du virus.

Mélange. Il ne s’agit pas de donner des leçons faciles : la pandémie est inédite, sa gestion est infiniment complexe, et chacun fait au mieux. La période la plus récente permet en revanche de tirer collectivement au moins une leçon : confiner ou responsabiliser, il faut choisir. Le désordre et la confusion actuels résultent pour l’essentiel du mélange hasardeux de deux approches différentes. D’un côté, une approche restrictive et même autoritaire, en partie dérisoire d’ailleurs du fait d’auto-attestations invérifiables. De l’autre côté, une approche plus libérale, reposant sur des appels à la responsabilité citoyenne.

Malgré le côté un peu ridicule et infantilisant des campagnes de communication, le fond des messages portés est tout sauf absurde : appeler à la prudence, souligner l’importance des gestes barrière, rappeler la dangerosité du virus reste nécessaire en l’absence déplorable de doses suffisantes pour vacciner à grande échelle. Chacune de ces approches a sa cohérence et sa légitimité. Mais en ayant simultanément recours aux deux, des messages contradictoires se percutent pour finalement s’annuler et être privés d’effet.

Les pessimistes en déduiront que l’humanité ne comprend que la contrainte. Les optimistes tâcheront de tracer un autre chemin, où l’Etat aurait durablement à cœur de traiter les citoyens en adultes responsables

Pour résumer grossièrement, 1 la population, à force de petits indices distillés ici et là, s’attend à des interdictions absolues (ambiance générale avant la conférence de presse française la semaine dernière ; interdictions prévues en Allemagne pour le week-end de Pâques – exercice en soi périlleux pour la chancelière dirigeant un Etat non laïc, et appartenant à un parti chrétien), 2) elle est ensuite soulagée de voir que les régimes mis en place sont plus cléments que prévus (refus de reconfiner en France, annulation des interdictions en Allemagne) et ce soulagement est ô combien légitime après une année d’efforts et de difficultés, 3) du coup, les appels par ailleurs sages et raisonnables à la responsabilité deviennent inaudibles : puisqu’on a le droit de sortir, sortons, puisqu’on a le droit de voir des amis, voyons des amis.

Les pessimistes en déduiront que l’humanité ne comprend que la contrainte, et que seul le retour à des confinements stricts permettra – en attendant les vaccins – d’endiguer la pandémie. C’est malheureusement ce qui risque de nous arriver sous peu. Les optimistes tâcheront de tracer un autre chemin, où l’Etat aurait durablement à cœur de traiter les citoyens en adultes responsables.

L’année écoulée a révélé un esprit de responsabilité largement partagé. Les abus ont existé, mais ils n’ont pas été majoritaires. Ils doivent légitimement être réprimés, ce qui est possible sans en faire porter le poids à l’ensemble de la population, durement éprouvée et désormais bien fatiguée. Ce chemin est aussi un test pour chacun d’entre nous, tant il repose sur le civisme et l’esprit de responsabilité.

Matthias Fekl est avocat, ancien ministre.

Covid 19 : faire le bon choix des indicateurs d’alerte

Covid 19 : faire le bon choix des indicateurs d’alerte

 

Seuls les indicateurs d’aval doivent être considérés pour anticiper l’évolution et éviter prévisions et commentaires hasardeux, mettent en garde les professeurs Fanchon Bourasset, Bruno Mégarbane et Jean-Michel Scherrmann dans une tribune au « Monde ». Le choix de ne pas confiner dans l’immédiat reste une décision politique.

Tribune. 

 

La diversité des marqueurs caractérisant l’évolution du Covid-19 entraîne des confusions dans l’interprétation de leur évolution, tant au niveau des spécialistes que des médias et du grand public. Ces marqueurs peuvent se classer en deux groupes dont la temporalité est bien différente.

En amont, nous pouvons regrouper les marqueurs les plus précoces avec la détection virale dans les eaux usées et le nombre de cas détectés positifs qui sont publiés tous les jours.

En aval, les indicateurs concernent la situation hospitalière, comme les nombres de patients hospitalisés et ceux admis en réanimation. Enfin, la publication du nombre de décès constitue l’ultime marqueur clinique du suivi de l’épidémie.

Si l’on se place début février 2021, les nombres de patients admis à l’hôpital, de patients hospitalisés en réanimation et de patients décédés expriment l’activité épidémique des semaines antérieures. Il est donc normal que l’augmentation du nombre de cas moyens hebdomadaires de contaminations d’environ 10 000 à 25 000 observés entre fin novembre et actuellement se traduise par une hausse du nombre de patients admis à l’hôpital et des décès que nous observons depuis la mi-janvier.

Ces indicateurs, dits « d’aval », nous informent sur l’évolution clinique des patients atteints par les formes graves de la maladie mais ne peuvent pas servir de sources prédictives quant à l’évolution de l’épidémie dans les prochains jours et les prochaines semaines. Bien entendu, ils ont une valeur incontournable sur la gestion de la pression qui se manifeste sur la capacité d’accueil hospitalier.

En revanche, les marqueurs, dits « d’amont », expriment l’état de la progression épidémique le jour même et sont les plus appropriés pour estimer l’évolution de l’épidémie.

Le suivi de l’évolution du nombre de cas détectés positifs peut être analysé de deux façons : par le nombre lui-même et par la vitesse à laquelle ce nombre évolue. L’évolution quotidienne de ce nombre est largement privilégiée par les observateurs. Son analyse peut prêter à discussion en raison de l’irrégularité des données liée à l’effet « week-end » où le nombre de tests chute et de sa dépendance au nombre de tests réalisés.

Pour limiter ces effets, nous recommandons de mesurer à partir des nombres de cas de contamination cumulés leur vitesse de progression quotidienne et d’en établir une moyenne hebdomadaire. Cette dimension de vitesse nous a récemment permis d’analyser l’efficacité du confinement lors de la première vague pandémique de l’hiver 2020.

Convention citoyenne climat : le choix du simplisme face à la complexité

Convention citoyenne climat : le choix du simplisme face à la complexité

La convention citoyenne pour le climat « n’a fait que reprendre des idées qui circulent dans la société, idées simplistes alors que la complexité exige précisément de ne pas s’appuyer sur ces idées-là, estime Bernard Egal, un lecteur du Monde. Aurait-on l’idée de rassembler une convention citoyenne pour régler des problèmes monétaires ou mettre au point un vaccin ? Non, et pourtant la question climatique est bien plus complexe. »

Seuls les Etats instruits par des scientifiques et munis de l’outil de la complexité peuvent définir les stratégies à mettre en place pour arriver dans quelques décennies à zéro émission de gaz à effet de serre (et non à la neutralité énergétique, car celle-ci suppose qu’on n’arrête pas les émissions mais qu’on les masque par des mécanismes de compensation).

Seuls des Etats peuvent contraindre éventuellement d’autres Etats à arrêter de brûler des forêts équatoriales. Seuls des Etats pourront œuvrer pour la baisse des températures, parallèlement au zéro émission atteint sur toute la planète, en plantant plusieurs milliards d’arbres.

Il importe de bien comprendre que la forêt ne capte le CO² que pendant un temps limité, jusqu’à un équilibre entre la mort d’une partie des arbres et la pousse de nouveaux (moins d’un siècle en zone tempérée). Après, elle devient neutre en carbone et on ne peut plus l’utiliser pour compenser des émissions de CO². Il faudra à nouveau replanter mais, à force, il n’y aura pas la place sur Terre.

En revanche, si on arrête totalement l’utilisation des énergies fossiles – et donc les émissions -, on stabilise les températures. Il ne reste alors qu’à les faire baisser en plantant ce qu’il faut de forêts et en n’y touchant plus. Les experts le préciseront, mais on est certainement autour de dizaines ou centaines de milliards d’arbres nécessaires, soit beaucoup plus que la surface des Etats-Unis.

Dans ces conditions, l’idée que chacun peut faire quelque chose dans son coin n’a aucune consistance rationnelle et doit être combattue vigoureusement, car elle détourne le regard de l’essentiel, c’est-à-dire de mesures massives au niveau au moins européen.

L’urgence fait qu’au niveau de la planète et de chaque Etat, la politique climatique (et la prise en compte des pollutions qu’elle produit) doit être placée au-dessus des politiques économiques et sociales, sauf pour les pays très pauvres bien sûr. La diminution drastique de l’utilisation des énergies fossiles n’est pas discutable. Les politiques économiques et sociales, que ce soit de la part des institutions internationales ou des Etats, ne pourront que s’adapter à la politique climatique.

Une des ornières dans lesquelles on a tendance à tomber, c’est la confusion entre climat et environnement. S’il y a certains liens entre ceux-ci, il est essentiel, pour la compréhension et la mobilisation de tous, de ne pas se tromper d’objectifs. Tout cela montre bien l’importance de l’outil de la complexité. [...] La convention citoyenne pour le climat n’est pas un Etat, elle n’est pas experte, elle ne connaît pas la complexité (le journal Le Monde l’a bien montré dans son analyse de certaines de ses propositions). De ce fait, elle n’a strictement aucune légitimité bien qu’elle se croie supérieure au parlement !

Je suis effaré, par exemple, de voir qu’elle prône les biocarburants alors que beaucoup d’agronomes s’y opposent depuis trente ans ! Effaré qu’elle parle encore de véhicules propres, alors que ceux-ci exportent de la pollution vers des pays et des gens pauvres et créent les conditions de futurs conflits géostratégiques ! Je suis vraiment très négativement surpris que dans son budget, elle ait prévu la trompeuse et fallacieuse compensation carbone (dénoncée plus haut). Même l’interdiction des terrasses chauffées, totalement inefficace, est une bêtise en période de pandémie…

Finalement, cette convention ne pouvait faire mieux, malgré l’implication remarquable de ses membres, car, vu son mode de désignation (elle est composée de représentants de catégories sociales en lieu et place d’organisations structurées pour produire des idées et de la science), elle n’a fait que reprendre des idées qui circulent dans la société, idées simplistes alors que la complexité exige précisément de ne pas s’appuyer sur ces idées-là, quitte à les retrouver éventuellement plus tard, déchargées de leur gangue simpliste.

Aurait-on l’idée de rassembler une convention citoyenne pour régler des problèmes monétaires ou mettre au point un vaccin ? Non, et pourtant la question climatique est bien plus complexe.

Cette convention a – hélas ! – encore un peu plus affaibli le parlement. Au final, on aura fait croire à 150 personnes qu’elles travaillaient pour changer le monde, alors qu’elles n’étaient que les pions d’une stratégie électorale.

Bernard Egal, Mialet (Gard)

Le choix entre légalité et liberté ?

Le choix entre légalité et  liberté ?

Dominique Schnapper , sociologue et politologue,  pose la problématique de l’équilibre entre l’égalité et la liberté « Sans doute une majorité (55 %) déclare que le « libéralisme » « évoque pour eux quelque chose qu’ils aiment », mais loin derrière ce qu’assure l’Etat providence, à savoir la protection (91 %), la solidarité (91 %), le travail (89 %). En même temps, ils plébiscitent la France, l’initiative et la responsabilisation (92 %) » (sondage Ifop pour l’Opinion et la Fondation Concorde)

 

chronique

 

 

Valeurs, rôle de l’Etat, poids du secteur public, politiques sociales, libertés, fiscalité… L’Opinion publie la cinquième édition de son sondage exclusif sur les Français et le libéralisme. Des personnalités le commentent.

Les deux principes qui organisent les sociétés démocratiques, la liberté et l’égalité de tous les citoyens, ne sont pas spontanément en accord. S’ils étaient appliqués à l’extrême, ils seraient même contradictoires. La liberté – ou, concrètement les droits-libertés – implique l’abstention de l’Etat dans la vie des individus. Les droits-créances (droit au travail, droit à la protection, droit à l’éducation etc.), qui s’efforcent d’établir l’égalité entre les citoyens imposent en revanche une intervention de l’Etat dans l’économie et plus généralement dans l’ensemble de la vie collective.

 

Les démocraties de l’Europe occidentale depuis l’instauration de l’Etat de redistribution sociale (ou « Etat providence ») s’efforcent de conjuguer l’essentiel des libertés publiques avec la protection des individus qui permet sinon d’établir l’égalité entre tous leurs membres, de compenser les inégalités trop fortes et d’assurer à tous une condition sociale décente.

Reste que, selon leur histoire et leur culture politique, les démocraties européennes privilégient plutôt la liberté ou plutôt l’égalité. Depuis Tocqueville, on constate que les Français ont une aspiration plus forte pour l’égalité que pour la liberté. Ce sondage récent confirme et nuance cette analyse traditionnelle.

Responsabilisation. Sans doute une majorité (55 %) d’entre eux déclare que le « libéralisme » « évoque pour eux quelque chose qu’ils aiment », mais loin derrière ce qu’assure l’Etat providence, à savoir la protection (91 %), la solidarité (91 %), le travail (89 %). En même temps, ils plébiscitent la France, l’initiative et la responsabilisation (92 %). D’autres résultats suggèrent que la faveur donnée au libéralisme concerne le libéralisme politique et non économique puisqu’ils sont beaucoup moins nombreux à déclarer que les GAFA (24 %), le capitalisme (28 %), la mondialisation (34 %) et les privatisations (35 %) évoquent pour eux « quelque chose qu’ils aiment ».

L’autre résultat à noter est l’attachement plus grand des jeunes à l’égalité que donne la protection – ce qui au premier abord peut paraître paradoxal puisque les plus âgés ont besoin de plus de « protection ». Il est toujours difficile de distinguer dans les réponses ce qui est lié à l’âge et ce qui tient à la génération. Je fais l’hypothèse de l’effet de génération car les jeunes d’aujourd’hui sont nés à la conscience politique en luttant contre les inégalités dans une société libre, alors que les plus âges gardent présent le souvenir des sociétés autoritaires ou totalitaires. On peut d’autant plus le penser que la préférence donnée à la liberté sur l’égalité s’affaiblit au cours du temps, 42 %/29% en 1999 et 41 %/39% en 2020, à l’exception de l’année 2015 par suite de l’effet « Charlie ». Autre effet qui s’inscrit dans la continuité, les variations selon les opinions politiques continuent à être significatives. Plus on est de gauche, plus l’égalité est préférée à la liberté.

Libéralisme politique moins prégnant, sentiment ambigu mais réticent à l’égard du capitalisme, attachement de la gauche à l’égalité : constances et évolution de l’opinion publique.

Dominique Schnapper est sociologue et politologue, auteure avec Alain Schnapper de Puissante et fragile, l’entreprise en démocratie (Odile Jacob, 2020).

Sondage exclusif

Enquête Ifop réalisée par questionnaire auto-administré en ligne, du 13 au 14 octobre 2020, selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1 032 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

« Ensauvagement « : un choix lexical révélateur

« Ensauvagement « : un choix lexical révélateur

Pour éclairer la récente polémique, le lexicographe Edouard Trouillez revient sur le vrai sens du mot.

Tribune

 

L’emploi des mots de la famille de sauvage pour décrire des problèmes de sécurité fait aujourd’hui polémique. Si le rôle des linguistes et des lexicographes n’est pas de se prononcer ni de porter un jugement, l’analyse des choix lexicaux des personnalités publiques peut être révélatrice des préoccupations de notre époque.

Les politiques savent que notre vocabulaire perd de sa puissance à force d’être répété. En choisissant des mots moins fréquents que les habituelles violences et insécurité, ils cherchent à surprendre et à marquer l’opinion.

L’origine et l’histoire de sauvage nous éclairent par ailleurs quant aux connotations du mot et de ses dérivés. Sauvage vient du latin silvaticus « fait pour la forêt » et « qui est à l’état de nature ». Il appartient à la famille de silva « forêt, bois ». Et c’est bien la nature dont il est question. L’animal sauvage vit en liberté dans la nature, les plantes sauvages se développent spontanément, sans être cultivées.

Appliqué aux humains, l’adjectif est notamment employé à la Renaissance à propos des peuples amérindiens. Il est ensuite impliqué dans l’opposition philosophique entre nature et culture. Ceux qu’on dit sauvages sont-ils des êtres non évolués proches de l’animal ou, selon Rousseau et le mythe du « bon sauvage », des êtres purs préservés des corruptions de la société ?

A partir du XIXe siècle, avec le développement de l’ethnologie, la science se détache du débat philosophique et délaisse le mot sauvage qui reste aujourd’hui imprégné des représentations tantôt positives et tantôt négatives de la nature en ce qu’elle s’oppose à la construction sociale. Sauvage peut suggérer la spontanéité, l’aventure et la liberté des grands espaces, loin de la monotonie citadine et des carcans sociaux. En témoignent le nom d’une célèbre eau de toilette et toute l’imagerie publicitaire qui lui est associée.

Mais le mot revêt surtout un sens plus inquiétant. Sont qualifiés de sauvages les individus qui fuient la société (vivre en sauvage) et les actes marqués par la brutalité et la barbarie (crime sauvage). Il est question d’une incapacité ou d’un refus de se soumettre aux lois de la vie en groupe.

Cette idée apparaît dans l’évolution du dérivé sauvageon. Il désigne un « arbre non greffé », puis un « enfant qui a grandi sans éducation, comme un petit animal ». En 1998, avec les propos de Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de l’intérieur, s’ajoute le sens de « jeune délinquant », où subsiste la notion d’absence de cadre éducatif. Avec ensauvager et ensauvagement, le retour à la nature peut être perçu positivement : « Un antre, une tanière, où il fait bon de s’ensauvager toute une journée », écrivent les Goncourt en 1866.

 

Économie : l’impératif des choix

 Économie : l’impératif des choix

 

Eric Fourel, Président d’EY, cabinet d’avocats d’affaires insiste sur la nécessité de faire de vrais choix pour soutenir l’économie dans la Tribune.

 

 

« A n’en point douter, le « Quoi qu’il en coûte » lancé depuis la tribune présidentielle à l’aube du confinement aura symbolisé une force de volonté sur le plan économique sans précédent depuis le plan Marshal. D’une indemnisation généreuse de l’activité partielle, en PGE accordés abondamment, tout en multipliant de nombreux autres soutiens plus ciblés, une croyance s’est ainsi dessinée dans notre imaginaire collectif qu’il serait possible de rester immun face à la crise économique à défaut d’être protégés du virus lui-même sur un plan épidémiologique.

Malgré un optimisme volontariste qu’il est de bon ton d’afficher, et que relaye une bourse ayant déjà reconquis plus de la moitié du terrain perdu depuis la mi-mars, le risque d’une deuxième vague dépressionsiste plane pourtant comme aéroportée par une traîne épidémiologique qui s’étire dans la durée.

Le plan de relance gouvernemental visant à mitiger un tel risque est annoncé de manière imminente. Le temps de procéder à certains choix est-il advenu ? Et comment s’assurer de faire les bons ?

En matière fiscale, l’orientation retenue sera placée sur le terrain d’une politique d’offre en faveur des entreprises avec une baisse des impôts de production chiffrée à 10 milliards et le maintien de la réduction d’ores et déjà votée de l’impôt sur les sociétés pour ramener son taux pour toutes les entreprises à 25% d’ici 2022 ; soit à un niveau un peu plus proche de la moyenne OCDE qui s’établit aux environs de 20%.

En termes d’attractivité, difficile de contester que le maintien de la baisse programmée de l’IS permettra de renouer avec une meilleure prévisibilité de la norme; terrain sur lequel la France affichait une réelle faiblesse encore accentuée ces dernières années par le report dans le temps d’engagements votés mais jamais encore entrés en vigueur. Rien de pire pour la crédibilité des pouvoirs publics que de créer des mirages législatifs. En matière d’impôts de production, privilégier une baisse de la contribution sur la valeur ajoutée (CVAE) plutôt que de supprimer totalement la contribution de sociale de solidarité des sociétés (C3S) tel qu’envisagé initialement, semble également un choix qu’il faut saluer. Frappant la marge dégagée par une production réalisée grâce une main d’œuvre employée en France, la CVAE opère comme un accélérateur de délocalisation des activités humaines génératrices de valeur tandis que la C3S est plus neutre sur ce plan puisqu’elle ne dépend que du chiffre d’affaires réalisé (sous réserve des effets d’un plafonnement éventuel).

 

Si ces choix paraissent en définitive opportuns, on peut malgré tout s’interroger s’il ne serait pas préférable de privilégier l’allégement de prélèvements encore plus directement en lien avec l’emploi et en particulier tabler sur une baisse générale et pérenne des charges sociales sur les salaires. Certes avec la conversion du CICE et les différentes mesures sur les emplois faiblement qualifiés, un chemin significatif a déjà été parcouru. On le constate d’ailleurs dans l’étude de l’OCDE Taxing Wages parue en avril dernier qui fait apparaître depuis 2015 un abaissement cumulé de plus de 4 points sur les bas salaires. Mais, le taux de prélèvement obligatoire sur les rémunérations moyennes, ressortant à 46,7%, demeure néanmoins 10 points au-dessus de la moyenne de l’OCDE et 5 points au-dessus de la moyenne de l’UE. Surtout, ce sont les cotisations sociales patronales qui, dépassant le seuil des 26%, pèsent le plus lourd en France dans le total de ces prélèvements et la placent en tête de l’OCDE pour les charges de sécurité sociales supportées exclusivement par l’entreprise.

Deuxième vague ou pas en matière économique, l’organisation du travail, en France comme ailleurs, ressortira profondément impactée par la crise Covid. Le télétravail ayant acquis ses lettres de noblesse, une tendance à la délocalisation des emplois intellectuels va probablement s’accentuer. La bataille de la compétitivité du coût du travail va de nouveau s’exacerber. Or, l’abaissement des charges sociales patronales présenteraient le triple avantage d’alléger immédiatement les coûts de production de toutes les entreprises, de faciliter la reprise des embauches lorsque sonnera vraiment l’heure de la reprise, tout en permettant de dégager des marges de négociation pour celles des entreprises qui en ont les moyens aux fins d’une revalorisation salariale.

Parce qu’il autorise à la fois un choc d’offre et potentiellement de demande, le levier du coût du travail n’est donc pas à négliger au moment où il faudra bien malheureusement se résoudre à ce que des choix s’imposent malgré le slogan du « quoi qu’il en coûte » et à défaut de pouvoir tout faire en « même temps ».

«Environnement : faire le bon choix de l’investissement».

«Environnement : faire le bon choix de l’investissement».

 

Nicolas Mazzucchi, chercheur, milite pour des choix fondés sur la pertinence notamment la performance.( l’Opinion)

Dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement, deux philosophies opposées s’affrontent. D’un côté les chantres de la décroissance qui voudraient que la seule solution soit dans le moins (moins de déplacements, de consommation, de confort, etc.). Cette philosophie de la frugalité pose le principe que les activités humaines sont dans le fond délétère et cache mal un nouveau malthusianisme sur fond de multiplication des interdictions. Face à elle, de manière bien plus réaliste, se pose la volonté de penser l’avenir de l’Homme sur un autre mode, celui du mieux.

Des transitions réalistes ne peuvent être en l’état – où que ce soit sur la planète d’ailleurs – que des transitions liées à l’efficience et à la performance. La crise des Gilets jaunes, entre autres, nous a montré que la population est tout à fait disposée à faire des efforts et à modifier ses modes de consommation, à la condition expresse de conserver son niveau de confort. Cette demande qui est tout à fait normale, ne pourra être satisfaite que si dès maintenant les politiques et les stratégies sont orientées vers des transitions liées justement à l’efficience et à la performance. Pour arriver à ce résultat, il n’y a qu’une seule voie qui puisse fonctionner : celle de l’investissement.

Que ce soit dans le changement dans la promotion de nouvelles technologies, dans le changement des systèmes productifs, dans la mise en place de nouvelles filières, seuls des investissements pérennes, ciblés et efficients pourront permettre d’aboutir à l’harmonie recherchée entre l’Homme et son environnement.

Trop souvent par ailleurs, ces investissements ont été saupoudrés et mal orientés. Il s’agit maintenant de faire un état des lieux clair et sans concessions qui soit à même d’identifier les leviers de croissance réels sur lesquels la France et l’Europe peuvent s’appuyer. S’agissant de notre pays, deux secteurs industriels sont depuis longtemps des pôles d’excellence qu’il convient de mieux structurer et accompagner, au risque de perdre les quelques avantages compétitifs restants et, avec eux, des emplois par milliers.

Plutôt que de vouer le secteur nucléaire aux gémonies, il est temps de lui redonner toute sa place comme pôle d’excellence et porteur d’innovations dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre

Energie. Le premier d’entre eux est l’énergie. Le secteur qui est le premier contributeur aux émissions de gaz à effet de serre dans le monde, est aussi le plus prometteur en termes d’innovations. Toutefois il ne faut pas se tromper de combat. Les Britanniques qui ont dès 2009 fait le choix d’une transition qui soit à la fois sur le nucléaire et l’éolien offshore – pour des raisons géographiques – nous démontrent, au contraire des Allemands qu’une transition réussie est une transition réaliste.

Plutôt que de vouer le secteur nucléaire aux gémonies, il est temps de lui redonner toute sa place comme pôle d’excellence et porteur d’innovations dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Identiquement la course aux batteries lithium-ion est d’ores et déjà perdue et il appartient de se focaliser sur d’autres technologies de stockage. Au sein de celles-ci l’hydrogène apparaît comme le nouveau pilier des transitions un peu partout dans le monde. Là aussi il s’agit de ne pas se tromper de combat et d’arrêter de promouvoir tout un panel de solutions contradictoires entre elles pour faire le choix de technologies compatibles avec le savoir-faire et les ambitions de la France.

Vient ensuite le secteur eau-environnement qui est, depuis de nombreuses décennies un pôle où la France excelle. Les deux plus grandes entreprises mondiales du domaine sont françaises (Suez et Veolia) or elles peinent à se faire une place dans un paysage industriel national fragmenté. Pourtant ce secteur est porteur lui aussi de nombreuses potentialités dans le cadre des transitions. Sur l’eau tout d’abord, il est évident que la rationalisation de certains aspects du secteur est possible que ce soit sur la mise en place de réseaux intelligents mais également d’une amélioration de la réutilisation des eaux usées. Dans la vision d’une économie la plus circulaire possible, la mise en place d’une filière de valorisation à grande échelle des boues d’épuration serait idéale pour le développement du biogaz et de la filière biomasse dans son ensemble.

Dans le domaine de l’environnement de manière plus large, la valorisation des déchets est là aussi un axe industriel majeur d’investissement pour la France

Valorisation des échets. Dans le domaine de l’environnement de manière plus large, la valorisation des déchets est là aussi un axe industriel majeur d’investissement pour la France. S’agissant des déchets organiques – ménagers ou non – plusieurs débouchés sont envisageables : biogaz (pour le transport, le chauffage, la production d’hydrogène), biocarburants, etc. En outre le recyclage doit également être fortement promu s’agissant des déchets industriels, en particulier pour la récupération et la valorisation des métaux stratégiques. Au-delà de l’amélioration des processus de fabrication, la séparation des composants électroniques et leur valorisation – dans la vision de la « mine urbaine » – est un axe fondamental de la réduction de la dépendance stratégique de la France à des fournisseurs extérieurs, tout autant que dans la préservation de l’environnement en limitant les nouvelles mines.

Le point commun de toutes ces solutions technologiques, c’est leur besoin d’investissements. Celui-ci se conçoit à la fois dans la nécessité de financer la recherche et l’industrialisation, mais également d’être le premier à proposer des solutions commercialement viables, pour ne pas être le perdant systématique de la compétition internationale. Les transitions demandent principalement une orientation et une focalisation des investissements ; en un mot une stratégie.

Dr Nicolas Mazzucchi, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique – Auteur de Énergie, ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, 2017.

Lagardère: menacé par ses mauvais choix économiques et….. politiques

Lagardère: menacé par ses mauvais choix économiques et….. politiques

Lagardère pourrait bien aujourd’hui être bousculé lors de son assemblée générale par le fonds activiste Amber capital qui souhaite en fait prendre le pouvoir. Pour se défendre, Lagardère a tenté de renforcer ses alliés et compte en particulier sur Vivendi aussi sur des participations de pays arabes et autres institutionnels français. La bataille risque d’être dure car les résultats ne sont pas brillants pour le groupe qui ne cesse de réduire la voilure. En cause de mauvais choix économiques, aussi de piètres résultats de certaines activités qui ne cessent de régresser comme par exemple les relais H, Paris-Match, le JDD encore Europe un. Des médias qui se sont sans doute un peu trop engagé dans la politique avec des lignes éditoriales un peu trop partisane sans doute responsable des pertes de l’audience. Au-delà de ses mauvais choix ,Lagardère s’est un peu trop engagé politiquement. D’abord auprès de Sarkozy ensuite en devenant l’un des principaux promoteurs de l’arrivée de Macron. À l’avant-veille de l’assemblée générale du groupe Lagardère, l’ambiance est tellement délétère que, fait rarissime, l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’est fendue d’un communiqué dimanche 3 mai à midi pour taper du poing sur la table. Le gendarme de la Bourse a intitulé son communiqué: «L’AMF rappelle le droit fondamental des actionnaires d’exprimer leur vote en assemblée générale». Sans jamais nommer le groupe Lagardère, il rappelle que «si un dialogue actionnarial, et notamment des échanges entre les dirigeants sociaux (ou leurs mandataires) d’un émetteur et des actionnaires, peut naturellement intervenir en amont d’une assemblée générale, de telles démarches ne sauraient se traduire par des pressions de nature à compromettre la sincérité du vote ou à entraver la libre expression du vote des actionnaires, ou intervenir en violation du règlement». Or, le groupe Lagardère a appelé les grands investisseurs institutionnels à se mobiliser pour tenter de se sauver des griffes du fonds activiste Amber. Pour assurer le sauvetage Lagardère a aussi recruté Nicolas Sarkozy au conseil d’administration notamment pour ses liens avec les pays arabes.

Municipales à Paris: le choix très douteux de Rachida Dati (LR)

Municipales à Paris: le choix très douteux de Rachida Dati (LR)

 

Il faut vraiment que les républicains (LR) soient dans une situation délicate pour se rabattre sur le choix de Rachida Dati comme leader de la liste municipale  à Paris. Le problème des républicains c’est qu’aucun leader ne veut peut-être prendre la responsabilité d’une défaite annoncée. On se souvient en effet que le parti de Macron a ramassé la mise à l’occasion des européennes prenant de fait  la place de la droite. Certes la république en marche est divisée avec d’un côté la candidature estampillée Macron de Benjamin Griveaux  et de l’autre la candidature atypique de Cédric Villani qui ne cesse de progresser dans les sondages. Bien entendu les voix destinées à la république en marche vont s’éparpiller mais il y aura un second tour est un accord  et probable entre les deux tendances évoquées.  Le problème de Rachida Dati est récurrent. Elle consacre peu de temps  à la politique et elle survole les dossiers. Sa présence est plus significative dans la jet-set, dans les milieux financiers et les soirées mondaines. Elle est certes représentative de certains habitants du septième arrondissement mais pas forcément de l’ensemble des électeurs de Paris qui souhaitent  un maire d’une autre consistance politique. En outre, l’intéressé traîne certaines gamelles relatives à son parcours politique et à sa vie personnelle. La dernière concerne une rémunération de services qu’elle aurait rendu à Renault. On peut légitimement s’interroger sur la nature de ces services dits juridiques. Pour le nouveau patron des républicains , Christian Jacob, l’adoubement de la maire du 7e arrondissement, dont il est proche, pourrait intervenir dès la commission d’investiture du 6 novembre. «C’est une formalité», souligne le conseiller de Paris François-David Cravenne, qui soutient Rachida Dati. Et ce malgré la pression de l’autre postulante à l’investiture, Marie-Claire Carrère-Gée – présidente du groupe LR au Conseil de Paris -, qui réclame un processus «public et transparent».

Mais la faible notoriété de l’élue du 14e arrondissement et le retrait du maire du 6e, Jean-Pierre Lecoq, ont plié le match. «Une certaine unité se crée autour de Rachida » déclare-t-on avec une certaine résignation. .

Automobiles : pas le choix pour de nombreux territoires

Automobiles : pas le choix pour de nombreux territoires

Jean Coldefy, expert en mobilité, explique dan une  tribune au Monde que nombre de Français n’ont pas d’autre choix que d’utiliser leur automobile pour se rendre au travail entre collectivités pour développer les offres de transport collectif.

 

Tribune. Alors que se déroulent du 1er au 3 octobre les « journées de la mobilité », ce sujet émerge de plus en plus au cœur des enjeux des élections municipales dans les grandes villes. Mais, paradoxalement, alors que le pays sort à peine de sa plus grande crise sociale depuis cinquante ans, le message envoyé par la ville-centre est « bannissons la voiture ! ». Affirmer que la suppression de la voiture serait le seul horizon de la politique de mobilité, c’est aller un peu vite en besogne.

 

C’est oublier que la voiture a permis de desserrer la contrainte financière du marché du logement, en allant chercher plus loin ce qui n’était plus disponible à proximité, même si aujourd’hui cette solution a trouvé sa limite : le prix des logements a été multiplié par trois en vingt ans dans les villes-centres et contamine les périphéries de proche en proche. C’est l’inadéquation du marché de l’immobilier avec les besoins et la localisation des emplois qui ont induit une décorrélation entre habitat et emplois avec son lot de pollution et d’émissions de CO2. 80 % des trajets sont réalisés en voiture pour accéder aux agglomérations.

Avec la gentrification au centre et le blocage de l’urbanisation dans les communes de proche périphérie, c’est, in fine, une moindre mixité sociale et un allongement des distances domicile-travail que le jeu des acteurs a induites. Ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler tous les jours n’ont, pour la plupart, tout simplement pas le choix. L’absence d’alternatives à la voiture solo depuis les périphéries génère des flux de véhicules saturant les réseaux routiers aux heures de pointe.

Le sentiment d’iniquité est ainsi très fort : les habitants des périphéries et zones rurales à faibles revenus – dont 70 % des dépenses sont contraintes par le logement et l’énergie (enquête Ipsos de 2018 auprès de 11 000 ménages) – reçoivent très mal les leçons d’écologie de ceux qui peuvent utiliser moins souvent la voiture parce qu’ils habitent dans la ville-centre : on ne peut que les comprendre.

Il faut tout de même rappeler que Paris dispose du système de transport en commun le plus dense du monde avec une station de métro tous les 300 mètres : c’est pour cela que les Parisiens utilisent très peu leur voiture, et non pas parce qu’ils auraient un comportement moral plus vertueux que les autres. Les deux tiers du trafic dans Paris et 80 % sur le périphérique ne sont pas le fait d’habitants de Paris (enquête ménage déplacement Ile-de- France)…..»

Mairie de Paris– : le choix entre un oligarque et un scientifique créatif

Mairie de Paris– : le choix entre un oligarque et un scientifique créatif

 

Très proche de Macron, Griveaux  pensait bien que la charge de maire de Paris lui revenait de droit du fait  précisément de sa proximité avec le chef de l’État. Du reste, le sulfureux comité de désignation des candidats REM l’avait désigné par avance. Le problème, c’est que Villani a à juste raison contesté cette procédure de désignation bureaucratique. Sur le fond,  il s’agit de savoir si les sélecteurs parisiens sont prêts à se satisfaire d’un oligarque prétentieux et sans beaucoup d’originalité  ou s’ils sont prêts à confier les clés de la ville un scientifique créatif comme Villani. Il semble bien que Villani n’ait  guère apprécié le piège dans lequel il est tombé dans l’appareil de la république en marche. Certes il a été élu député grâce à cette étiquette mais il n’avait pas besoin de ce mandat compte tenu de sa réputation scientifique internationale. Villani s’est aperçu que la république en marche était une sorte d’armée sans idée avec la discipline en plus. Pas vraiment l’idée qu’il se faisait de la politique, lui qui préfère la démocratie participative, la créativité et le dynamisme.  . Le mathématicien star a indiqué mercredi qu’il fera connaître ses intentions le 4 septembre. Comme le révélait déjà le JDD, les préparatifs pour sa candidature dans la capitale vont en fait bon train. S’il confirme celle-ci, Cédric Villani entrerait en dissidence contre La République en marche (LREM) et Benjamin Griveaux, officiellement choisi par le parti présidentiel en juillet. Le mathématicien ne gênerait pas seulement les siens, mais aussi la gauche. Notamment Anne Hidalgo, la maire sortante.

Avec Cédric Villani candidat, c’est Benjamin Griveaux, l’ancien porte-parole du gouvernement, qui est directement mis en danger. Certes, le mathématicien sera alors « exclu [de LREM] dans la minute », selon les termes de Stanislas Guerini, le patron du parti. Mais cela n’arrêtera pas le député qui a qualifié, la semaine dernière dans Paris Match, de « vicier » la procédure d’investiture interne.

Jeudi matin, lors d’un point presse, Benjamin Griveaux semblait d’ailleurs un peu décontenancé. « Nos équipes ont travaillé tout l’été, échangé sur les propositions que je souhaitais faire à Cédric », des échanges consignés « dans la lettre de trois pages » adressée le 23 août et qui restait pour l’heure sans réponse.

En fait il semble bien que Benjamin Rigaud constate lui-même son manque de popularité scellée parisiens. Un cadre de la majorité, cité par l’AFP, n’a « pas le sentiment que Benjamin Griveaux fait son trou, mais que Villani fait le sien ». Et de rappeler que l’enjeu est de taille : « Une partie de la victoire des municipales se jouera à Paris […] Je ne vois pas le président de la République laisser Paris » à l’opposition.

Au vu des scores d’En marche à Paris lors de la présidentielle et des législatives de 2017, Benjamin Griveaux pouvait faire figure de favori pour défaire la maire socialiste Anne Hidalgo.

Le 4 juillet, lors de son grand meeting organisé dans le cadre de la campagne interne à LREM, Cédric Villani lançait à la tribune : « Je peux être le premier maire écologiste de Paris. » Et de porter une proposition forte sur le sujet : « Je le dis à la maire sortante : l’avenir de l’écologie à Paris ne s’écrira pas à coup de com’ et d’arbres plantés entre le béton et le bitume. J’assumerai de réinstaurer des quotas d’espaces verts dans chaque opération d’aménagement. »

Les propos ne visaient pas seulement Anne Hidalgo, mais s’adressaient aussi aux électeurs écologistes. Depuis 20 ans, les Verts ne cessent de progresser à Paris, aux élections nationales comme locales. Aux municipales de 2008, Denis Baupin faisait 6,78% et, en 2014, Christophe Najdovski parvenait à la troisième place avec 8,86%.

Pour 2020, Europe Ecologie-Les Verts, crédité de 13 à 15% dans les sondages, a désigné David Belliard comme tête de liste. Ce dernier souffre toutefois d’un certain déficit de notoriété. A l’inverse du médaillé Fields.

Idéologie : Le choix réducteur entre ultralibéralisme et gauchisme

Idéologie : Le choix réducteur entre ultralibéralisme et gauchisme

 

 

Le choix se limiterait-t-il entre ultralibéralisme et ultra gauche.

Certains s’interrogent pour savoir sil faut choisir Friedman ou Keynes en économie et plus prés de nous entre Finkielkraut et Onfray en philosophie. Une sorte de choix cornélien plutôt caricatural comme si l’on devait se situer que par rapport à l’extrême. Il faudrait choisir par exemple en économie aujourd’hui entre Elie Cohen et Piketty. Elie Cohen fonctionnaire au CNRS qui n’a pas son pareil pour chanter les vertus de l’ultra libéralisme. Piketty  au contraire qui retombe souvent dans ses délires gauchistes.  L es deux ne sont pas sans qualités mais se laissent envahir par leurs démons idéologiques. Même chose aujourd’hui en France en philosophie avec d’un côté le réactionnaire Finkielkraut  et le gauchiste Onfray. On pourrait continuer dans d’autres champs   les exemples de ce dualisme infernal qui finalement conduit à la caricature militante. Pourtant force est de constater que l’ultra libéralisme a atteint ses limites. Il faut convenir que si  cela a permis à une grande partie de la population d’accéder à de meilleures conditions de vie par contre les inégalités n’ont jamais été aussi fortes.

La question de la justice sociale se pose évidemment à l’échelle mondiale et peut entre encore davantage dans les pays en développement. Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé  en 2016 celui des 99% restants, a affirmé l’organisation non-gouvernementale Oxfam (ONG)  L’organisation non-gouvernementale indique  que « la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches était passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016″. » En 2014, les membres de cette élite internationale possédaient en moyenne 2,7 millions de dollars par adulte. Le reste du cinquième (20%, ndlr) le plus riche de la population possède 46% du patrimoine mondial alors que 80% de la population mondiale ne se partagent que les 5,5% restant », a précisé Oxfam. En France, les 1%  les plus riches possèdent environ 25% du patrimoine. Avec les crises subprimes, le phénomène n’a fait que se renforcer. Les 80 premiers milliardaires de la liste de Forbes possédait en 2010 un patrimoine de 1.300 milliards d’euros. Leur fortune cumulée est passée à 1.900 milliards en 2014, soit une augmentation de 50% en seulement quatre ans. En parallèle, la richesse totale détenue par la moitié la plus pauvre de la population mondiale a décliné sur la même période.  Pire, la concentration de la richesse s’est encore accentuée en 2018, selon le rapport annuel de l’ONG Oxfam sur les inégalités mondiales. 26 milliardaires ont désormais entre leurs mains autant d’argent que la moitié la plus pauvre de l’humanité, dénonce l’ONG. D’une manière générale, la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 900 milliards de dollars l’an dernier, soit au rythme de 2,5 milliards par jour, alors que celle de la moitié la plus pauvre de la population de la planète a chuté. Le nombre de milliardaires a d’ailleurs doublé depuis la crise financière de 2008, souligne le rapport d’OXFAM   «les 10% les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches». Les grandes fortunes bénéficient notamment de l’envolée du prix des actifs (en particulier des actions), soutenus notamment par les politiques monétaires accommodantes des grandes banques centrales de la planète. En outre, « 20% des milliardaires de la liste de Forbes auraient des intérêts et ou des activités dans les secteurs de la finance et de l’assurance », note Oxfam. Un constat déjà dressé par Challenges en juillet dernier lors de la sortie de son classement des grandes fortunes de France. Ainsi, après une hausse de 25% en 2012, le patrimoine des 500 premiers patrimoines professionnels français avait gonflé de 15% en 2013 pour atteindre 390 milliards d’euros. L’ultra gauche propose pour résoudre cette question inégalitaire et les autres aspects socio économiques de réintroduire l’étatisme à la place de la propriété privée des moyens de production et de r remplacer le marché. Ce qu’ont pratiqué bien  des régimes dictatoriaux notamment communistes avec les échecs que l’on sait ;  sans parler des atteintes aux libertés individuelles et collectives. Pour donner une nouvelle crédibilité à cette vieille recette,  on n’y ajoute un doigt de populisme en sollicitant parfois les réactions les plus condamnables. Il y a sans doute un chemin entre ces deux voies extrêmes. Le marché n’est sans doute pas la solution idéale mais on n’a pas trouvé mieux pour l’instant (notamment tant que  les mentalités seront telles qu’elles sont) car la convergence des intérêts particuliers et des intérêts généraux n’est pas facile à concilier. Reste que ce marché pour corriger les excès notamment les inégalités de toutes sortes doit être régulé, c’est-à-dire comporter des règles qui établissent une certaine égalité de la concurrence dans le domaine économique, fiscal, social et environnemental. Or cette régulation est aujourd’hui à la fois excessive mais aussi insuffisante. Excessive quand elle s’attache à des détails insupportables qui n’ont d’autre objet que de répondre aux problèmes existentiels des fonctionnaires, insuffisante quand elle ne tient pas compte des réalités et qu’elle est par ailleurs peu contraignante notamment dans un champ international

 

« Nous avons depuis cinquante ans été formés à respecter des tables de la loi économiques peu nombreuses mais très strictes: le plein-emploi crée l’inflation et celle-ci pousse les taux d’intérêt à la hausse. Le financement de l’État par une banque centrale est un anathème car facteur d’inflation. La création monétaire doit demeurer dans des limites raisonnables sous peine, là aussi, de nourrir l’inflation. Et enfin, plus globalement, une révolution technologique engendre des progrès de productivité qui constituent le meilleur adjuvant de la croissance. Les dix dernières années viennent de nous démontrer que ces principes fondateurs n’ont plus lieu d’être et nous sommes, dès lors, désemparés car privés de boussole macroéconomique. Nombre de pays occidentaux vivent, depuis quatre ou cinq ans, en plein-emploi – États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne en particulier. » Justifie Alain Minc.   L’avantage de Minc  que c’est que dans un an ou deux, il pourra dire exactement le contraire avec la même conviction pour  que la réalité soit conforme à ses propos.

Idéologie : Le choix réducteur entre ultralibéralisme et gauchisme

Idéologie : Le choix réducteur entre ultralibéralisme et gauchisme

 

 

Dans une Keynes ans une société caractérisée par la complexité et le doute,

Certains interrogent pour savoir sil faut choisir Friedman ou Keynes en économie et plus prés de nous entre Finkielkraut et Onfray en philosophie. Une sorte de choix cornélien plutôt caricatural comme si l’on devait se situer que par_rapport_à l’extrême. Il faudrait choisir par exemple en économie aujourd’hui entre Elie Cohen et Piquet y. Elie Cohen fonctionnaire au CNRS qui n’a pas son pareil pour chanter les vertus de l’ultra libéralisme. Qui au contraire retombe souvent dans ses délires gauchistes les deux ne sont pas sans qualités mais se laisse envahir par leurs démons idéologiques. Même chose aujourd’hui en France en philosophie avec d’un côté le réactionnaire séquelle chrome et le gauchiste Onfray. On pourrait continuer dans d’autres champs les exemples de ce dualisme infernal qui finalement conduit à la caricature militante. Pourtant force est de constater que l’ultra libéralisme a atteint ses limites. Il faut convenir qu’on a permis à une grande partie de la population d’accéder à de meilleurs conditions de vie par contre les inégalités n’ont jamais été aussi forte.

Sondage Paris: Hidalgo, Dati ou Griveaux : le choix entre la peste et choléra

Sondage Paris: Hidalgo, Dati  ou Griveaux : le choix entre la peste et choléra

Il est clair que la ville de Paris, capitale de la France, mérite un grand maire. Ce n’est évidemment plus le cas depuis le départ de Bertrand Delanoë qui avait réussi à dépasser les clivages partisans est largement contribué à l’amélioration de l’image de marque internationale de Paris.  Avec Hidalgo, c’est le retour du gauchisme bobo coupé des réalités. L’intéressée paraît assez menacée pour les prochaines élections municipales de 2020. En fait d’après un sondage délabre Anne Hidalgo, le candidat de la république en marche et celui des républicains seraient dans un mouchoir de poche autour de 20 % chacun. Personne ne semble se détacher vraiment pour l’instant. Pas vraiment étonnant car il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer avec la perspective d’un éventuel remplacement d’Hidalgo. En effet le candidat de la république en marche est Benjamin Griveaux qui vient de quitter le gouvernement ;  aussi charismatique qu’un huissier, aussi condescendant voire méprisant que Macron, Côté des républicains c’est la mondaine Rachida Dati qui semble émerger. Ce qu’il y a de pire en matière de superficialité aussi d’arrivisme. Il faut espérer que d’ici ces élections municipales d’autres candidats un peu plus rayonnants, un peu plus visionnaire émergeront. Pour l’instant, dans l’hypothèse où les trois seraient en lice, les scores seraient extrêmement serrés. Avec 22 % des intentions de vote, Anne Hidalgo ne devance que d’une très courte tête le candidat de La République en marche (21 %) et celle des Républicains (19,5 %). La socialiste se retrouve loin, très loin de son score du premier tour des municipales de 2014 où elle avait à l’époque recueilli 34,4 % des voix. Après un mandat marqué par les polémiques et l’apparition du mouvement macroniste, les cartes sont rebattues dans la capitale. Du côté de La République en marche, les résultats du sondage confortent la stature de favori de Benjamin Griveaux pour représenter le mouvement présidentiel. «Il apparaît comme le candidat légitime, soutenu par Emmanuel Macron. De fait, l’électorat macroniste se tourne vers lui», explique Bernard Sananès, PDG d’Elabe. Souvent présenté comme son principal adversaire interne, Mounir Mahjoubi arrive loin derrière. L’ancien secrétaire d’État au Numérique – qui a quitté le gouvernement en même temps que Griveaux – ne recueille que 14 % des intentions de vote face à Anne Hidalgo et Rachida Dati. Soit une perte de six points comparée à son adversaire direct… À LREM, la surprise vient en revanche du député de Paris, Cédric Villani. Le mathématicien, longtemps vu comme l’outsider derrière Mahjoubi et Griveaux, se rapproche du favori. Quand l’ancien porte-parole du gouvernement enregistre 21 % face à Anne Hidalgo et Rachida Dati, Cédric Villani recueille, lui, 20 % des intentions de vote. «Il mord dans l’électorat de gauche et écologiste, ce que ne parvient pas à faire Benjamin Griveaux», note Bernard Sananès.

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