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Vers un nouveau choc pétrolier ?

Vers un nouveau choc pétrolier ?

 

 

Les attentats sont évidemment toujours néfastes notamment pour l’économie mais cette fois ils touchent  le pétrole à  un moment précisément où le tassement économique mondial se fait sentir. On craignait même que certains pays ne tutoient sérieusement la récession à partir de 2020. Du coup,  le renchérissement des cours du pétrole pourrait précipiter l’écroulement de la croissance. La hausse du pétrole viendrait handicaper la compétitivité de nombre de secteurs économiques et évidemment peser sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Alors que justement on compte sur la consommation des ménages dans la plupart des pays pour suppléer l’atonie des échanges internationaux et des investissements. La première conséquence sera sans doute une hausse significative du carburant.

. «On peut s’attendre assez rapidement à une augmentation de l’ordre de 4 ou 5 centimes» parce que «les grandes sociétés répercutent au jour le jour l’évolution des prix sur le marché de Rotterdam sur l’essence et le gazole», explique le patron de l’Ufip. «Quand vous payez 1,50 euro sur un litre d’essence, vous avez à peu près 50 centimes de matières premières, de raffinage et de distribution», le reste étant constitué de taxes diverses.

C’est donc cette fraction d’environ un tiers du prix à la pompe qui suit l’augmentation des cours. Les entreprises ne seront pas davantage épargnées. L’assureur crédit Euler Hermes a estimé lundi qu’une hausse du prix du pétrole de 10 % coûterait 0,3 point de marge aux sociétés françaises en 2019. On peut imaginer que cela couterait  autant pour le pouvoir d’achat  consommateurs.  Et si le carburant devait couter

Le prix du pétrole a bondi de plus de 14,6 % lundi, battant des records. Le baril de Brent, la principale référence du marché mondial, a atteint 70 dollars, avant de clôturer à environ 69 dollars. C’est la plus forte progression de son histoire. Quant au marché new yorkais, le WTI (West Texas Intermediate) a progressé de 14,7% à 62,90 dollars le baril après avoir gagné jusqu’à 19,5%, sa plus forte hausse en pourcentage en séance depuis le 14 janvier 1991, pendant la guerre du Golfe.

Les cours du brut risquent alors de se tendre sérieusement. Avec une production réduite d’un peu plus de 5 millions de barils par jour (Mbj), le prix du pétrole peut bondir de 10 à 20 dollars avant d’arriver à un équilibre de marché.

L’Arabie saoudite est l’un des trois premiers producteurs au monde avec la Russie et les États-Unis et le premier exportateur. Elle produit près de 10Mbj, soit environ 10 % de la production mondiale. Or, les attaques l’ont contrainte à stopper plus de la moitié de sa production.

«Loi Élan : pas de choc d’offre » (Nordie Hachemi)

«Loi Élan : pas de choc d’offre » (Nordie Hachemi)

 

Le PDG de Kaufman&Broad, Nordine Hachemi, regrette que le projet de loi dit Elan  sur l’Évolution du logement n’encourage pas suffisamment la densification urbaine et une hauteur plus grande des bâtiments. ! Normal pour un lobbyiste de l’hyper métropolisation qui devrait pourtant trouver des vertus à la loi Elan depuis que l’avis de l’architecte des bâtiments de France n’est plus déterminant  pour transformer certains immeubles  anciens. Bref la défense d’un aménagement du territoire réduit à la hauteur du béton ! (interview la Tribune)

 

-La loi Élan vous satisfait-elle ?

NORDINE HACHEMI - La loi traite un certain nombre de blocages liés à des dysfonctionnements administratifs et urbains. Sur les recours contre les permis de construire par exemple, l’approche adoptée accélère leur traitement sans pour autant remettre en question le droit des requérants. C’est une amélioration dans la lutte contre les recours plus ou moins frauduleux. Notamment, la loi impose la cristallisation des moyens en début de procédure. Par ailleurs, la création de la catégorie « immeubles de moyenne hauteur » pour les bâtiments supérieurs à 50 mètres, va permettre de densifier certains territoires. On retiendra également le fait que les logements neufs de demain devront être accessibles à 20% aux personnes handicapées, et évolutifs à 100%, ce qui, de mon point de vue, ne remet pas en cause le droit de ces dernières.

Le « choc d’offre » promis par le gouvernement sera-t-il au rendez-vous selon vous ?

Non. Contrairement à l’objectif initial, le projet de loi ne créera pas de choc d’offre. La recette pour l’obtenir est connue : cela nécessite que davantage de permis de construire soient accordés et que nous soyons plus ambitieux sur la densité. Arrêtons de penser que la densification est synonyme de logements de mauvaise qualité ! Aujourd’hui, en Île-de-France, nous construisons en moyenne des immeubles R+3 ou R+4 (un rez-de-chaussée plus trois ou quatre étages). Si nous passions à R+5 ou R+7, cela permettrait de créer plus de mètres carrés habitables. C’est tout de même aberrant qu’actuellement, nous construisions moins haut qu’à l’époque du baron Haussmann ! Commençons par densifier, et ainsi nous créerons le choc d’offre.

Dès mars dernier, vous avez signé avec le secrétaire d’État Julien Denormandie et neuf autres promoteurs une charte visant à trouver 500.000 m² de bureaux d’ici à 2020 pour réaliser 5.000 à 10.000 logements d’ici à 2022. Où en êtes-vous de cette transformation ?

Souvent, nous trouvons des bureaux vides dans des zones d’activité éloignées de tout. C’est pourquoi ce n’est pas toujours propice de les transformer en logements. Lorsqu’il en existe dans des quartiers d’affaires, il faut les accompagner par des grands projets d’ensemble qui ne se limitent pas aux simples logements. Nous soutenons donc la démarche, mais nous estimons actuellement que cela ne va pas révolutionner la production de logements.

Le projet de loi réintroduit également le carnet numérique d’entretien et de suivi du logement, déjà prévu dans la loi Royal mais dont le décret d’application n’a jamais été publié. Comment anticipez-vous la mise en place de cet outil avant son déploiement à horizon 2020 ?

 

Nous nous appuyons beaucoup sur le BIM (Building Information Modeling). Nous commençons, en effet, à concevoir nos bâtiments de manière totalement numérique. En collaboration avec un architecte qui construit une « enveloppe », nous concevons l’intérieur, y plaçons des appartements et, au fur et à mesure, la maquette numérique prend forme. Le résultat obtenu est très bien pour la suite, du fait de l’excellent niveau de précision.

Actuellement, nous réservons l’utilisation de la maquette numérique à nos opérations d’envergure, dont les temps de gestation sont suffisamment longs pour que nous puissions systématiser la démarche. Il faut, en effet, que nous ayons en face de nous des entreprises, cabinets d’architectes et bureaux d’études suffisamment solides, comme les majors du BTP, ayant les moyens de s’équiper d’un tel outil de travail, le BIM restant pour l’instant encore peu accessible aux petites structures. C’est donc principalement en Île-de-France que nous utilisons ce matériel.

Dans le même temps, les pouvoirs publics incitent à toujours plus de bâtiments zéro carbone ou à énergie positive. Comment y travaillez-vous ?

L’impact carbone est une préoccupation tant lors de la phase des travaux que pendant la phase d’utilisation. La tendance actuelle est à la baisse des consommations d’énergie. À l’échelle de notre parc, les immeubles neufs consomment parfois cinq fois moins d’énergie que les bâtiments existants, avec des résultats allant de -20% à -30 %. La tendance est bien enclenchée et va se poursuivre. En termes de construction, nous favorisons l’usage des matériaux bio-sourcés, notamment dans la structuration béton avec l’utilisation de matières recyclables et recyclées. En outre, nous sommes déjà leader au plan national dans la construction en bois. Nous concevons ainsi l’un des deux projets les plus emblématiques de France, le futur siège régional d’EDF à Bordeaux, qui comprendra 30% de bois. Cette matière permet en effet de construire plus vite et de retenir le carbone. Certes, cela prendra encore du temps de tout construire ainsi, mais nous avons déjà plusieurs projets en ce sens. Nous allons ainsi livrer dans les prochaines semaines une réalisation de 10.000 m² d’immobilier d’entreprise à Arcueil, dont la façade, la structure et le plancher sont en bois. Dans ce cas précis, cela répond à notre souci prioritaire : réaliser un bon investissement, tant dans sa durée que dans sa qualité.

Nouveau mini choc de simplification ?

  • Nouveau mini choc de simplification ?
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  • Un nouveau texte dit choc de simplification mais centré surtout sur le droit à l’erreur  promis aux particuliers, aux entreprises et aux associations pendant la campagne, a fait l’objet d’une réunion interministérielle mardi autour du chef de l’Etat et du Premier ministre. « La philosophie générale du texte découle du projet présidentiel qui était d’apporter un changement de culture dans l’administration, pour passer d’une administration de contrôle à une administration de conseil », explique une source gouvernementale. « C’est un mouvement qui avait déjà été lancé en partie dans le précédent quinquennat mais l’idée c’est d’aller plus loin et plus fort dans un certain nombre de domaines, notamment le droit à l’erreur », ajoute-t-elle. « On a le droit de se tromper, de rectifier, et de payer ce qui est dû, ni plus ni moins », avait expliqué le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, mi-juin dans un entretien au quotidien Les Echos. « Si vous vous trompez de bonne foi dans l’accomplissement d’une obligation réglementaire, l’administration ne vous sanctionnera pas financièrement, on ne vous infligera pas de pénalités ou d’intérêts de retard », ajoutait-il. Ceci étant la problématique est beaucoup plus large que la reconnaissance du droit à l’erreur. Manuel Valls avait  déclaré il y a quelques temps : « nous ne sommes plus le pays de la complexité ». C’était à l’occasion de la présentation des 170 mesures destinées à  faciliter la vie des entreprises et des particuliers, se rajoutant à près de 450 autres déjà prises qui alimentent le « choc de simplification« , hissé au rang des priorités du quinquennat. Un « choc »  qui avait été annoncé par François Hollande en mars 2013, et qui s’est traduit par deux textes de lois. En fait comme d’habitude ce micro choc de simplification ressemblait à une auberge espagnole où chaque ministère avait  bien voulu mettre dans le pot commun de la simplification quelques  dispositions dont la plupart sont anecdotiques même si certaines peuvent être utiles. Ce ne sont pas quelques centaines de mesures qui peuvent être à la hauteur de l’enjeu. Le véritable problème c’est que la France est engluée dans dispositif réglementaire indémêlable qui découle des 10 500 lois et 130 000 décrets existants (record mondial) qui définissent les millions de contraintes auxquelles sont soumis entreprises et particuliers (il faut aussi prendre en compte la réglementation relevant de la responsabilité des collectivités territoriales.) Pourquoi une telle complexité ? Simplement parce que le pays compte trop de fonctionnaires inutiles qui comblent leur vide existentiel en imposant chaque jour de nouvelles réglementations. Une bureaucratie française qui s’ajoute en outre à celle de Bruxelles (de la France). Tout choc  de simplification sera impossible tant que les fonctionnaires inutiles seront maintenus en fonction. La complexité administrative qui leur permet de vivre et de se développer est telle que les politiques d’abord n’y comprennent rien, ensuite sont incapables de la maîtriser. Au total, au printemps 2017, 770 mesures avait été prises en faveur des entreprises, des collectivités et des particuliers, avec un bilan mitigé pointé dans un rapport du Sénat qui évoquait des « blocages systématiques » dus à la résistance de ceux à qui « profite la complexité ou à l’inquiétude liée au changement ».

 

Nouveau mini choc de simplification ?

Nouveau mini choc de simplification ?

 

Un nouveau texte dit choc de simplification mais centré surtout sur le droit à l’erreur  promis aux particuliers, aux entreprises et aux associations pendant la campagne, a fait l’objet d’une réunion interministérielle mardi autour du chef de l’Etat et du Premier ministre. « La philosophie générale du texte découle du projet présidentiel qui était d’apporter un changement de culture dans l’administration, pour passer d’une administration de contrôle à une administration de conseil », explique une source gouvernementale. « C’est un mouvement qui avait déjà été lancé en partie dans le précédent quinquennat mais l’idée c’est d’aller plus loin et plus fort dans un certain nombre de domaines, notamment le droit à l’erreur », ajoute-t-elle. « On a le droit de se tromper, de rectifier, et de payer ce qui est dû, ni plus ni moins », avait expliqué le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, mi-juin dans un entretien au quotidien Les Echos. « Si vous vous trompez de bonne foi dans l’accomplissement d’une obligation réglementaire, l’administration ne vous sanctionnera pas financièrement, on ne vous infligera pas de pénalités ou d’intérêts de retard », ajoutait-il. Ceci étant la problématique est beaucoup plus large que la reconnaissance du droit à l’erreur. Manuel Valls avait  déclaré il y a quelques temps : « nous ne sommes plus le pays de la complexité ». C’était à l’occasion de la présentation des 170 mesures destinées à  faciliter la vie des entreprises et des particuliers, se rajoutant à près de 450 autres déjà prises qui alimentent le « choc de simplification« , hissé au rang des priorités du quinquennat. Un « choc »  qui avait été annoncé par François Hollande en mars 2013, et qui s’est traduit par deux textes de lois. En fait comme d’habitude ce micro choc de simplification ressemblait à une auberge espagnole où chaque ministère avait  bien voulu mettre dans le pot commun de la simplification quelques  dispositions dont la plupart sont anecdotiques même si certaines peuvent être utiles. Ce ne sont pas quelques centaines de mesures qui peuvent être à la hauteur de l’enjeu. Le véritable problème c’est que la France est engluée dans dispositif réglementaire indémêlable qui découle des 10 500 lois et 130 000 décrets existants (record mondial) qui définissent les millions de contraintes auxquelles sont soumis entreprises et particuliers (il faut aussi prendre en compte la réglementation relevant de la responsabilité des collectivités territoriales.) Pourquoi une telle complexité ? Simplement parce que le pays compte trop de fonctionnaires inutiles qui comblent leur vide existentiel en imposant chaque jour de nouvelles réglementations. Une bureaucratie française qui s’ajoute en outre à celle de Bruxelles (de la France). Tout choc  de simplification sera impossible tant que les fonctionnaires inutiles seront maintenus en fonction. La complexité administrative qui leur permet de vivre et de se développer est telle que les politiques d’abord n’y comprennent rien, ensuite sont incapables de la maîtriser. Au total, au printemps 2017, 770 mesures avait été prises en faveur des entreprises, des collectivités et des particuliers, avec un bilan mitigé pointé dans un rapport du Sénat qui évoquait des « blocages systématiques » dus à la résistance de ceux à qui « profite la complexité ou à l’inquiétude liée au changement ».

Le choc de confiance préalable à tout

Le choc de confiance préalable à tout

 

Dans une  récente interview à la Tribune, Anne-Marie Idrac qui pourrait jouer un rôle important dans le prochain gouvernement, considérait  que la France avait besoin d’un choc de confiance.  Une confiance qui pourrait dynamiser la croissance et rendre les plus faciles à opérer « Il y a un énorme déficit d’explication. Pour la sécurité, l’environnement, le numérique, la défense de nos intérêts, il faut une Europe plus forte. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un choc de confiance. Les Français y sont prêts. Et c’est ce qu’Emmanuel Macron va leur apporter. » déclarait l’ancienne ministre des transports. Cette confiance bénéficie d’un bon alignement des planètes d’abord parce que la conjoncture est meilleure depuis avril après un premier trimestre assez décevant un peu partout dans le monde. Ensuite parce que l’élection de Macron a bénéficié d’un accueil très favorable de la part des principaux chefs d’État notamment de ceux  qui se trouve ainsi rassurés quant à l’avenir de l’union européenne. Cette confiance pourrait être de nature a boosté la croissance qui ainsi peut-être atteindre 2 % en 2017 au lieu des 1,3 % prévus. Or faire progresser le PIB de 1 % c’est  rendre réellement possible l’inversion du chômage par la création nette d’emplois dans le secteur privé. 1 % de croissance en plus c’est aussi le moyen de limiter les déséquilibres des comptes publics. Si la plupart des chefs d’entreprise sont convaincus de la logique économique il conviendra cependant de persuader ceux qui doutent et  ils sont nombreux. L’objectif est de  permettre l’appropriation  de la problématique des mutations en cours, de nos forces et de nos faiblesses des réformes à faire pour moderniser le pays. D’une certaine façon, la véritable urgence est peut-être dans la capacité à expliquer la complexité d’un monde en pleine transformation. Les élections législatives offrent peut- être l’opportunité de contribuer à ce travail d’explication car malheureusement les présidentielles ont été trop étouffées par les affaires et les outrances voire la vulgarité.

« Avec Macron, un choc de confiance » (Anne-Marie Idrac)

 « Avec Macron,  un choc de confiance » (Anne-Marie Idrac)

Dans une interview à  la tribune, Anne Marie Idrac qui a laissé une excellente  image au ministère des transports et qui a aussi été patronne de la SNCF et de la RATP estime a juste titre que l’élection de Macron va d’abord provoquer un choc de confiance qui sera favorable à la relance de l’économie et précise les enjeux des grandes mutations à venir.  

 

 Emmanuel Macron a remporté son duel télévisé face à Marine Le Pen mercredi. Quel est votre état d’esprit à l’approche du second tour ?

ANNE-MARIE IDRAC. Emmanuel Macron va gagner l’élection présidentielle. La liberté et l’Europe, cela constitue un plafond de verre que Marine le Pen ne peut pas franchir. Le Front national au pouvoir ce serait le désordre économique et civil. Cela opposerait les Français les uns contre les autres. L’esprit cartésien va l’emporter.

A l’issue du débat, qui a permis de voir le vrai visage de Marine Le Pen, j’attends l’issue du second tour avec fierté et responsabilité. Je suis fière de l’image de la France donnée par Emmanuel Macron, une France ouverte et optimiste pour l’avenir, soutenu par Obama, Renzi et Schäuble. Mais avec gravité car le premier tour a révélé un pays profondément divisé et en colère. Il y a donc une immense responsabilité de rassemblement et d’efficacité car les Français ne croient plus en la parole politique. Nous voyons clairement deux projets antagonistes: celui d’une France dynamique et d’une Europe réformable face à une France repliée sur elle-même et en dehors du projet européen. Un président de la République doit savoir se poser : pendant le débat, Emmanuel Macron a su, face aux attaques incessantes de son adversaire, garder son calme et répondre avec justesse et précision sur les faits.

Comment avez vous rejoint En Marche! ?

Je suis une centriste et en cela je me sens libérale, sociale et européenne dans l’âme. Emmanuel Macron coche toutes ces cases. Il est pour une économie sociale de marché européenne. Je l’ai connu personnellement quand il était ministre, dans le cadre de ma  présidence de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. J’ai tout de suite compris que c’est un homme d’Etat capable de comprendre les enjeux nouveaux du monde et dont les idées sont réalistes et cohérentes. Il a su poser les bons diagnostics : il faut en même temps libérer et protéger, sortir des situations de rente et des carcans et donner de nouveaux droits aux personnes. Il sait aussi comment marche l’Etat et comment fonctionnent les entreprises. Il a compris que dans nos sociétés modernes, dix ans après la crise de 2008, le sujet clef, c’est de rendre la croissance inclusive. Il faut de la croissance et pour cela il faut libérer les initiatives, soutenir l’innovation mais il faut aussi que le progrès soit mieux partagé. Son projet est pragmatique. Il est chiffré et il a une colonne vertébrale. Il est d’ailleurs le seul à avoir un projet : Marine Le Pen n’en a pas, elle l’a bien montré mercredi soir et ses positions, en particulier sur l’euro, sont incompréhensibles et dangereuses pour les épargnants, les consommateurs, et les entreprises.

On dit que vous jouerez un rôle dans le futur gouvernement ?

J’avais arrêté la politique. Le mouvement En Marche m’a redonné l’envie d’y croire. Le seul casting qui compte, pour l’heure, c’est de faire très bien élire Emmanuel Macron à l’Elysée. Et de lui apporter la majorité présidentielle la plus forte possible pour qu’il puisse agir et transformer la France. C’est pour cela que je me suis engagée auprès de lui et que je me bats. Ce qui me satisfait, c’est de voir enfin les idées centristes, progressistes, être en mesure de rassembler. L’Europe, l’entreprise, l’éducation, la sécurité, la moralisation de la vie politique sont au cœur de notre projet et cela me semble de nature à rassurer et à rallier beaucoup de gens.

Y aura-t-il une majorité présidentielle aux législatives ?

Quand j’entends  la droite parler de  revanche et de cohabitation, je me dis que ses responsables n’ont rien compris aux enjeux ni au profond désir de renouvellement et d’efficacité du pays. Je suis convaincue qu’une fois élu, Emmanuel Macron obtiendra aux législatives une majorité car c’est le bon sens et l’intérêt général de la France. Emmanuel Macron pourra agir avec légitimité car il a tout dit de son projet en amont. Nous savons bien que le pays est très fracturé mais ce n’est pas le moment de finasser, ni avec le Front national, ni avec le principe d’efficacité. Dés l’élection remportée, il va nommer un nouveau gouvernement resserré composé de ministres responsables qui seront jugés aux résultats. Ils seront les vrais patrons de leur administration. La priorité, ce sera l’emploi, avec la réforme du marché du travail. Le périmètre des ordonnances sera proposé au Parlement après une concertation avec les partenaires sociaux, syndicats et patronat, afin d’agir vite, dès cet été. Il y aura aussi une loi de moralisation de la vie politique, la préparation de la rentrée scolaire avec le dédoublement des classes et la préparation du budget, autour des priorités clairement définies par le candidat. Le président de la république donnera le tempo, et le gouvernement, avec le Parlement, appliquera le programme des réformes choisi par les Français.

La réforme du marché du travail qui va plus loin que la loi El Khomri ne risque-t-elle pas dès le début du quinquennat de déclencher une forte opposition ?

Contrairement à François Hollande qui avait sorti sa loi travail par surprise, Emmanuel Macron a expliqué son projet durant la campagne. Chacun a donc pu se faire son idée. Quant à la définition des contours exacts et des détails de cette réforme, elle fera l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux. Le fait que la CFDT est devenue cette année le premier syndicat de France dans le secteur privé, sur une ligne réformiste, peut contribuer à trouver un accord. Cette réforme du marché du travail bénéficiera, j’en suis sûre, de l’appui d’une majorité.

L’une des pierres angulaires du programme d’Emmanuel Macron est la compétitivité des entreprises. Allez-vous aller au-delà du CICE ?

Si ce dispositif a permis aux entreprises de commencer à reconstituer leurs marges, il est insuffisant pour soutenir une politique de compétitivité à long terme car l’objectif à atteindre est une montée en gamme de nos entreprises pour faire face à la concurrence dans une économie mondialisée. C’est vital. C’est pourquoi Emmanuel Macron veut pérenniser le CICE en le transformant en un allégement de 6 points des charges sociales patronales et les réduira jusqu’à 10 points au niveau du Smic. Il y aura aussi une baisse de l’impôt sur les sociétés qui sera ramené de 33,3% à 25%.

Au titre des réformes structurelles, il est nécessaire de libérer le dialogue social, le système actuel est trop crispé. Les principes fondamentaux, comme la durée légale du travail, resteront fixés par la loi. Mais les horaires effectifs ou l’organisation du travail doivent s’appuyer sur la réalité des entreprises, de leurs marchés, des technologies  et des évolutions du monde. C’est pourquoi la réforme du marché du travail est cruciale : il faut pouvoir établir au niveau du terrain le contrat pragmatique qui régit les relations sociales et non l’imposer d’en haut. Chaque entreprise a ses spécificités, ses problèmes et doit s’adapter à la conjoncture.

Cela suffira-t-il pour retrouver de la compétitivité ?

L’autre priorité, c’est d’investir dans l’éducation, l’apprentissage, et la formation, qui  seront les vecteurs de cette montée en gamme de l’appareil productif. Dans son plan d’investissement de 50 milliards d’euros, Emmanuel Macron a prévu d’en consacrer 15 à la seule formation qu’il faudra réformer pour l’adapter aux réels besoins tant des salariés et des demandeurs d’emploi que des entreprises. Il faut se concentrer sur les secteurs d’avenir, c’est-à-dire le numérique, les biotechnologies, les technologies vertes …

En matière de politique de l’emploi, Emmanuel Macron prévoit une réforme de l’assurance-chômage, notamment pour sa gestion…

Emmanuel Macron est cohérent. Dans son projet, tout le monde pourra bénéficier du chômage, y compris les agriculteurs, les commerçants et artisans et les indépendants, ainsi que, tous les cinq ans, les salariés qui démissionnent. Dans ce cadre, il est logique que ce soit l’Etat qui gère le système. Le RSI sera supprimé et intégré dans le régime général. Le financement du chômage et de l’Unedic sera fiscalisé par la suppression des cotisations salariales maladie et chômage ce qui sera compensée par une hausse de 1,7 point de la CSG. .

Cela va-t-il changer la politique d’indemnisation actuelle ?

Non, les calculs resteront faits selon les termes actuels. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’Emmanuel Macron veut changer la philosophie de l’assurance chômage avec un accroissement des droits individuels, qui implique aussi une plus grande responsabilité individuelle.

Il a insisté durant toute cette campagne sur la nécessité pour la France de s’inscrire dans le cadre européen. En même temps, la politique européenne n’a plus d’ambitions. Que compte-t-il faire ?

La première condition pour relancer l’Union européenne est que la France retrouve sa crédibilité auprès de ses partenaires, notamment l’Allemagne. Pour cela, la majorité des réformes à mener dépend de la France elle-même, non de l’Europe, en particulier en matière de déficit public. Nous devons tenir nos engagements.

Faut-il aller vers plus d’intégration pour la zone euro?

Oui, bien sûr; il faut pouvoir investir ensemble davantage, prévenir et résoudre les crises, avec un budget  porté par un ministre de l’Economie et des Finances de la zone euro.

Mais précisément ces réformes au niveau européen ne sont pas très populaires en France où au nom de la défense de la souveraineté, on s’en méfie…

Il y a un énorme déficit d’explication. Pour la sécurité, l’environnement, le numérique, la défense de nos intérêts, il faut une Europe plus forte. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un choc de confiance. Les Français y sont prêts. Et c’est ce qu’Emmanuel Macron va leur apporter.

 

«La France a besoin d’un traitement de choc» (Denis Kessler)

 «La France a besoin d’un traitement de choc» (Denis Kessler)

 

 

L e très libéral Denis Kessler, enfant terrible du Medef, milite pour une thérapie économique  de choc pour la France. Le médecin patronal n’a pas totalement tort dommage que dans son entreprise il se soigne en premier avec des émoluments un peu en décalage avec le poids  de son groupe. Pour autant son point de vue mérite d’être entendu. Le PDG de Scor s’exprime dans uen interview au Figaro.

 

LE FIGARO. - La campagne électorale traite-t-elle selon vous des véritables enjeux économiques de la France?

Denis KESSLER. - Le diagnostic que portent la plupart des candidats sur l’état de la France est erroné. Dès lors, la probabilité que la thérapeutique prescrite soit adaptée et efficace est à peu près nulle dans le meilleur des cas, et catastrophique dans le pire… La France traverse une crise aiguë, la situation est très grave. La France est en stagnation. En 2016, le PIB n’a crû que de 1,1 %… Et ce malgré la perfusion d’un déficit budgétaire exorbitant. La production industrielle reste 12 % en dessous de celle de 2008. Le niveau de la dette publique - bientôt un an de PIB! - est plus qu’alarmant. Et d’autant plus dangereux que les taux d’intérêt vont remonter. L’investissement productif est très insuffisant. Les comptes extérieurs de la France sont déficitaires. Quant au chômage…

Nous venons de perdre cinq ans. C’est pourquoi le prochain quinquennat sera décisif. C’est le sursaut - par la transformation du pays - ou le déclin - par le rafistolage d’un modèle périmé! La France a besoin d’un traitement de fond et de choc! La France a surtout besoin d’une vision mobilisatrice pour se reforger un destin et sortir de la patouille actuelle.

Vous plaidez pour des réformes structurelles. Quelle serait la priorité?

La société française est déséquilibrée, avec une sphère publique hypertrophiée et une société civile étouffée, ployant sous les prélèvements et les réglementations. Il faut procéder au «grand rééquilibrage». C’est la condition sine qua non pour retrouver croissance, compétitivité et plein-emploi. L’objectif contraignant devrait être de retrouver le niveau de dépenses publiques et sociales de notre principal partenaire - l’Allemagne - avec qui nous partageons la même monnaie, en passant de 57 % du PIB à 44 %, tout en éradiquant les déficits. Il en va de notre destin national et de notre rang dans le monde. Le chantier est énorme, mais d’autres pays ont réussi des redressements de même ampleur.

Vous regrettez le manque de vision de cette campagne. Redoutez-vous celle que développent les extrêmes, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon?

Populisme, protectionnisme et mauvais patriotisme qu’incarnent et que défendent les extrêmes sont le terreau de l’obscurantisme. Je suis très inquiet lorsque j’entends certains candidats multiplier les anathèmes, et accuser le capitalisme, la mondialisation, l’Europe, l’immigration, la Chine, le libéralisme, le patronat, l’euro… Les extrémistes de droite et de gauche font en permanence monter des boucs émissaires sur l’autel. C’est le retour de l’obscurantisme. Il faut le combattre.

La sortie de l’euro est-elle inenvisageable?

Une sortie de l’euro serait une catastrophe. Cela ruinerait tous les efforts consentis depuis vingt ans, et provoquerait une dévaluation de l’ordre de 25 % de notre «nouveau franc», un phénomène d’inflation importée au coût exorbitant pour tous, une fuite des capitaux, des cerveaux et des compétences. On sortirait de l’histoire par la petite porte, celle des oubliettes.

Possible choc pétrolier en 2022 (AIE)

Possible choc pétrolier en 2022 (AIE)

« Il est nécessaire d’investir davantage dans les capacités de production pétrolière pour éviter le risque d’une forte hausse des prix du pétrole vers 2022 a indiqué l’AIE dans son rapport sur le marché du pétrole à cinq ans, renouvelant un avertissement déjà exprimé en novembre dernier.  Le secteur pétrolier a drastiquement réduit ses investissements, annulant ou reportant des projets, pour faire face à la chute des cours du brut qui vaut actuellement moitié moins qu’à l’été 2014, après une remontée autour de 55 dollars le baril depuis la conclusion l’automne dernier d’un accord de limitation de la production par l’Opep et onze pays partenaires. Après une réduction de 25% en 2015, les investissements dans les projets d’exploration-production ont subi une nouvelle coupe de 26% en 2016 pour s’établir à 433 milliards de dollars, selon l’AIE. Avec la stabilisation des cours, « une hausse marginale » des dépenses est attendue cette année dans le monde, portée essentiellement par le redémarrage des projets d’hydrocarbures de schiste aux Etats-Unis et les budgets revus en hausse de certains géants pétrogaziers comme l’américain ExxonMobil. Mais cela reste insuffisant. « A moins que de nouveaux projets soient sanctionnés rapidement, l’offre n’augmentera quasiment plus à partir de 2020″, a mis en garde le bras énergétique des pays développés de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Dans le détail, la production devrait croître de 5,6 millions de barils par jour (mbj) jusqu’en 2022, dont 60% en provenance des pays non membres de l’Opep. Parmi ces derniers, les États-Unis constitueront la principale source de hausse sur la période (+1,6 mbj dont 1,4 mbj pour les seuls hydrocarbures de schiste grâce à des améliorations en termes de coûts et de productivité), suivis par le Brésil (+1,1 mbj) et le Canada (+0,8 mbj). Au total, les pays non-Opep devraient pomper 60,9 mbj dans cinq ans, soit 3,3 mbj de plus qu’en 2016, tandis que la capacité de production de brut du cartel pétrolier devrait augmenter de 1,95 mbj à 37,85 mbj, tirée par les pays du Moyen-Orient, en particulier l’Irak et de l’Iran.   Dans le même temps, la demande d’or noir sera « relativement robuste », stimulée par l’accélération de la croissance économique mondiale. L’AIE, qui n’entrevoit pas de pic de consommation à moyen terme, l’anticipe en hausse moyenne de 1,2 mbj par an entre 2016 et 2022, soit une augmentation totale à 7,3 mbj à 103,8 mbj.  »Le niveau symbolique de 100 mbj sera franchi en 2019″, a précisé l’agence énergétique basée à Paris, soulignant des avancées surtout dans la pétrochimie et le secteur des transports, malgré le frein attribuable à l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules, moins gourmands en carburants.   Alors que la zone OCDE marquera le pas (-1,2 mbj), les pays émergents concentreront la totalité de la hausse (+8,5 mbj) et représenteront au final 56% de la consommation mondiale, avec l’Asie pour principal moteur.

Projet Fillon : thérapie de choc ou démagogie ?

Projet Fillon : thérapie de choc ou démagogie ?

Dans ses orientations Fillon propose une thérapie de choc pour guérir le malade France. La question se pose de savoir si ce programme peut s’appliquer ou s’il s’agit seulement d’une démarche électorale pour rompre avec une gestion molle du pays.  Parmi les mesures les plus importantes,  il faut surtout noter l’allégement de la fiscalité sur les entreprises d’un montant de 40 milliards. Parallèlement la fiscalité sur les ménages va augmenter de manière sensible avec en particulier la hausse de la TVA de 2%  qui devrait rapporter de l’ordre de 30 milliards. Pour parler clair,  on opère un transfert au profit des l entreprises. On comprend évidemment qu’on veuille renforcer la compétitivité des entreprises handicapées non seulement par les prélèvements obligatoires mais également par la bureaucratie. Un sujet que  Fillon n’aborde pas directement mis à part la réduction significative du nombre de fonctionnaires puisqu’il prévoit la suppression de 600 000 postes. De ce point de vue les départs à la retraite ne suffiront pas, pour atteindre le chiffre de 600 000 il faudrait supprimer des fonctionnaires au statut précaire, aussi redéployer  les effectifs. En clair, r recentrer l’État sur les tâches réellement régaliennes. Une opération sans doute nécessaire mais qui ne pourra se faire sans réaction et contestation. Autre mesure radicale,  la suppression des 35 heures et d’une façon plus générale à durée du temps de travail désormais négociée dans les branches et les entreprises. En clair cela risque d’aboutir à un allongement de la durée effective du temps de travail sans compensation totale en matière de salaire. Ce qu’il propose d’ailleurs pour les fonctionnaires qui devront effectuer 39 heures vraisemblablement payer 35 contrairement à Sarkozy qui lui parlait de 37 heures payées 37. Une autre mesure radicale concerne l’âge de la retraite dont le départ légal serait fixé à 65 ans, une mesure qui d’une certaine manière était  déjà dans les tuyaux. Par contre,  Fillon veut aussi un n’alignement des régimes spéciaux sur le régime général. Sur ce terrain en particulier,  Fillon rencontrera des contestations fortes et sans doute des conflits difficiles à gérer à moins évidemment de limiter cette disposition aux nouveaux entrants. Mais même cette mesure risque de générer une forte réprobation de syndicats. Fillon propose  une refonte code du travail à 200 pages au lieu de 3000 actuellement. Un énorme travail juridique encore plus conflictuel que la loi travail ;  il y a aussi la réforme des allocations chômage dont Fillon prévoit la dégressivité et l’application sur une durée plus réduite. Face à cette thérapie de choc qui va toucher les salariés et les ménages,  Fillon propose un cadeau aux plus riches avec la suppression de l’ISF. L’ISF produit une recette fiscale finalement marginale mais risque d’être le symbole des transferts de richesse entre couches sociales. Ces différentes mesures ne pourront être prises immédiatement compte tenu pour certaines de leurs complexités ; elles vont s’étaler sur des mois voire des  années laissant ainsi le temps à la contestation de s’organiser et de monter. Ce que précisément à la Juppé craignait et qui explique largement le caractère plus modéré des propositions du maire de Bordeaux. Mais comme après chaque élection reste à savoir s’il s’agit pour Fillon d’un réel programme de gouvernement ou d’un catalogue de nature électorale qui rejoindra les tiroirs des innombrables réformes enterrées. Pour faire passer la purge socialeFrançois Fillon propose cependant une flat tax (un impôt à taux unique) de 30% sur les revenus du capital. Reste à savoir s’il sera aussi capable de l’imposer car il rencontrera dans ce domaine d’autres oppositions

Le choc des civilisations (Mezri Haddad) !

Le choc des civilisations (Mezri Haddad) !

 

Mezri Haddad philosophe, écrivain et diplomate tunisien analyse dans une interview au Figaro analyse dans une interview au Figaro les différents facteurs explicatifs de la montée du terrorisme.

 

En tant que philosophe de culture musulmane, que vous inspire ce dernier acte terroriste qui a visé une Eglise et lors duquel le père Jacques Hamel a été atrocement assassiné?

 

Mezri HADDAD. – Cela m’inspire de la compassion pour les victimes, du dégout à l’égard d’une religion sclérosée et souillée et un profond sentiment de haine – comme disent les enfants chéris de la diversité – vis-à-vis des auteurs de cet acte barbare et de leurs nombreux semblables qui peuvent à tout moment basculer dans le terrorisme islamiste parce qu’ils y sont psychologiquement et idéologiquement prédisposés. Cela me renvoie aussi à tous les crimes commis au nom d’Allah et pour la gloire affligeante de son prophète, des moines de Tibhirine aux victimes de Nice, en passant par les nombreux prêtres et pasteurs en Syrie et en Irak dont nul n’évoque le supplice. L’assassinat d’un prêtre chrétien dans son Eglise ajoute à cette barbarie humaine une réalité irréductible que certains anesthésiés par l’islamophilie, ou dissuadés par l’islamophobie, refusent de voir: le choc des civilisations est bien là et il est loin d’avoir atteint son stade paroxystique.

Comment expliquez-vous un tel enchainement d’événements terroristes, les uns aussi violents que les autres?

Un tel emballement ne s’explique pas, mais il se décline et se raconte! En France et dans le monde occidental en général, on est incapable de rationaliser un phénomène qui échappe par définition même à la rationalité cartésienne, d’où les concepts ineptes qu’on invente tous les jours sur les plateaux de télévisions comme pour conjurer un mal faute de le supprimer: radicalisation, auto-radicalisation, déradicalisation, loup solitaire… Si certains candides ou cyniques n’osent plus justifier l’abomination terroriste par l’injustice sociale et la ghettoïsation, il y a aujourd’hui des «spécialistes» qui convoquent la psychanalyse pour expliquer l’attitude de l’homo islamicus. Ainsi, le criminel de Nice serait en instance de divorce et c’est pour cette raison qu’il a pris la vie à 84 innocents ; idem pour les quatre auteurs d’attaques terroristes en une semaine en Allemagne qui souffriraient de troubles mentaux.

 

Et votre explication de ces événements?

Cette accélération d’actes islamo-terroristes a une histoire dont certaines élites intellectuelles, politiques et médiatiques devraient avoir honte. C’est l’histoire, au nom de la sacro-sainte laïcité, de la déchristianisation du pays qui fut jadis et naguère la fille aînée de l’Eglise. L’histoire des belles églises qu’on a remplacées par des mosquées sous le prétexte fallacieux qu’elles n’avaient plus de fidèles, alors qu’on n’a pas cessé, depuis trois siècles, de culpabiliser les catholiques et d’enseigner aux chrétiens que leur foi était strictement intérieure et qu’elle n’avait pas besoin de temples ni d’églises pour être vécue et partagée. C’est ainsi qu’est née chez certains intégristes musulmans le phantasme de la conversion de la France à la religion de Saïd Qutb, d’Abdelwahab, de Qaradaoui et de Ben Laden. C’est l’histoire de la sempiternelle idéologie des droits de l’homme qui a ouvert la voix au fondamentalisme et qui tétanise encore aujourd’hui les rares responsables politiques qui voudraient extirper par ses racines l’islamo-fascisme. L’histoire de l’école dite laïque qu’on croit sauver par des réformettes cosmétiques. L’histoire de l’université aujourd’hui envahie par les voilées et les enturbannés. L’histoire des territoires perdus de la République et conquis par les délinquants et les trafiquants de drogue recyclés dans le djihadisme et rédempteur pour certains et expiatoire pour d’autres. L’histoire des relations avec certaines monarchies du Golfe qu’on a autorisé à subvertir l’islam en France avant de lui réexpédier ses hordes fanatisées. L’histoire de l’antisémitisme qu’on a laissé couver jusque dans les écoles, les universités et les mosquées pour sauvegarder un semblant de paix sociale… Ajoutez à toutes ces causes endogènes les méfaits du «printemps arabe» que le monde occidental a soutenu et exalté, et vous aurez l’histoire exhaustive de l’islamo-terrorisme en France.

En quoi le printemps arabe serait-il responsable de ce qui se passe aujourd’hui en France et en Europe?

En janvier 2011, j’avais déclaré sur une grande chaîne de télévision française que si vous continuez à applaudir le printemps arabe, vous finirez par l’avoir chez vous. Il existe sans l’ombre d’un doute un lien de causalité entre ce printemps dit arabe et la prolifération du terrorisme islamiste partout dans le monde et notamment en France. Sous les régimes de Saddam Hussein, de Kadhafi, de Bachar Al-Assad et de Ben Ali, il n’y avait sans doute pas de démocratie mais il n’y avait pas non plus ce type de terrorisme systématique, global et aveugle. Al-Qaïda existait mais elle était beaucoup plus un ramassis de wahhabites et de Frères musulmans qu’une organisation planétaire et à plus forte raison un «Etat islamique», avec un territoire, une armée active sur le terrain conquis, une autre, celle de l’ombre et qui est délocalisée eu Europe, une bannière, une idéologie théocratique et totalitaire, des gisements de pétrole sous son contrôle et une stratégie de guerre pour soumettre le monde civilisé à ses exigences obscurantistes. Les liens de causes à effets entre «printemps arabe», islamisme et terrorisme sont multiples. Je n’en prendrais ici qu’un seul exemple, celui de la Tunisie dont certains continuent à louer l’exemplarité par cécité ou par cynisme. De pays fournisseurs jusqu’en 2011 de cadres scientifiques et de mains d’œuvre qualifiés, elle est devenue le premier pays exportateur de terroristes, avec près de 13000 djihadistes éparpillés entre la Syrie, l’Irak, la Libye et certaines capitales européennes.

Que faire devant une telle situation où la France, la Belgique, l’Allemagne et également la Tunisie, indistinctement, subissent les assauts du terrorisme?

Pour le leur avoir dit et réitéré, les gouvernants de Nidaa Ennahda en Tunisie savent ce qu’ils ont à faire pour éradiquer un mal à l’implantation duquel ils avaient largement contribué. Quant à la France, il va falloir que l’on prenne les choses bien au sérieux, en commençant par réaliser que le terrorisme islamiste n’est pas un épiphénomène conjoncturel qui finira par se résorber, mais un fléau qui s’inscrit dans la durée, qui est appelé à s’amplifier et qui va frapper encore plus cruellement pour faire imploser la société française et provoquer une guerre civile consubstantiellement liée au conflit des religions. L’heure n’est plus à l’allumage de bougies, aux oraisons funèbres et aux discours martiaux. Il ne suffit pas de répéter ce que les Français savent et subissent dans leur chaire et dans leur esprit, à savoir que la France est en guerre. Il s’agit désormais d’agir et d’appliquer les impératifs catégoriques en temps de guerre.

 

Comment, puisque cette guerre est non-conventionnelle et que l’ennemi est insaisissable, qu’il peut surgir de partout et frapper où il veut?

D’abord par la prévention et l’anticipation en mettant hors d’état de nuire toute personne susceptible de basculer dans le terrorisme. Ces personnes, et a fortiori les djihadistes de retour de Syrie et d’Irak, doivent être isolés de la société quitte à leur construire un Guantanamo après leur avoir retiré la nationalité française. Les milliers d’immigrants qui ont afflué ces cinq dernières années doivent bénéficier d’un billet sans retour chez eux, lorsque certains gouvernants occidentaux qui ont contribué à la destruction de leurs pays y auraient réinstauré la paix civile et la sécurité. Les frontières nationales doivent redevenir hermétiques en dépit des dogmes suicidaires des européistes. Les réseaux sociaux doivent être strictement surveillés et leurs fournisseurs poursuivis en justice pour apologie du terrorisme. Les relations diplomatiques avec les pays musulmans complices idéologique ou financier ou logistique de l’islamisme daéchien doivent être rompues. Ne s’est-ont pas interrogé comment la Turquie à qui on a confié la sécurité des frontières de l’Europe est-elle devenue exportatrice de pétrole? Ensuite par les mesures stratégiques à tous les niveaux, à commencer par une révision globale de la politique pénale, par une véritable réforme scolaire intransigeante sur les valeurs républicaines, ainsi que par la réorganisation totale de l’islam en France en revoyant à la baisse ses revendication communautaristes, prosélytes et intrinsèquement islamistes. L’islam de France doit ressembler à la France et il doit être parfaitement compatible avec les idéaux éthiques et philosophiques de ce pays. L’islam wahhabite, l’islam des Frères musulmans, l’islam des talibans ne doivent plus se sentir chez eux en France. Il faut libérer l’islam du carcan islamiste. C’est d’autant plus exact qu’une lourde responsabilité pèse sur la majorité des musulmans quiétistes en France et qui aspirent à vivre en paix avec leurs compatriotes catholiques, protestants, juifs, bouddhistes ou athées. Amalgame ou pas, les criminels qui massacrent au nom d’Allah n’ont pas émergé du néant mais ils viennent des entrailles mêmes de l’islam coranique. C’est à eux et à eux seuls que revient la tâche historique d’expurger l’islam de ses scories et de ses nécroses. Un aggiornamento n’est plus souhaitable mais il est urgent, vital et décisif. Nonobstant la sacralité pathologique du corpus coranique, la sécularisation de l’islam est tout à fait possible à condition de se libérer des dogmes éculés, de se libérer de la «tradition déviante» et de renouer avec ce qu’Olivier Carré appelait la «Grande tradition», c’est-à-dire l’islam d’Averroès, celui d’Ibn Arabi, de Tawhidi et de Miskawayh qui ont opéré voilà des siècles la disjonction du temporel et du spirituel dont la confusion constituait et constitue toujours l’un des dogmes fondateurs de l’islam. Au diable les droits de l’homme si le droit à la vie n’est plus assuré. Primo, la sécurité est également un droit de l’homme des plus précieux, que tous les philosophes contractualistes comme Hobbes, Locke, Kant ou même Rousseau mettent au cœur du contrat social et au-dessus même de la liberté. C’est que la liberté n’a aucun sens dans l’insécurité. Secundo, le premier devoir de l’Etat, c’est d’assurer la liberté de chacun dans la sécurité de tous. Un Etat qui n’est plus en mesure d’assurer la sécurité à ses citoyens perd ipso facto sa légitimité. La violence légitime chère à Max Weber est le monopole exclusif de l’Etat. Il doit en faire usage sans tergiversation et sans état d’âme. C’est le prix à payer si l’on veut éviter ce qui peut arriver de pire dans une société, la guerre civile. Les musulmans doivent comprendre qu’il y va aujourd’hui et dans les années à venir de la survie de l’islam en tant que religion, et les dirigeants français doivent réaliser qu’il y va de la pérennité de la France en tant qu’Etat, en tant que civilisation, en tant que modèle de société basé sur la tolérance, sur l’humanisme des Lumières, sur l’altérité et sur le vivre ensemble.

Après le choc, la presse est aussi dans l’incantation

Après le choc, la presse est aussi dans l’incantation

 

Quand on prend connaissance de la presse ce week-end on mesure bien l’état de choc dans lequel se trouve le pays y compris ses leaders d’opinion. Pour résumer c’est surtout l’incantation qui est privilégiée. Mais peu de développement sur les facteurs explicatifs encore moins sur la stratégie à entreprendre. On n’en reste aux mêmes slogans que ceux employés par Hollande et son gouvernement « lutter contre le terrorisme avec les valeurs républicaines » une belle formule mais qui ne signifie pas grand-chose sans contenu plus concret et plus opérationnel. La question centrale de troupes au sol en Syrie comme en Irak est éludée. De même que les moyens de neutralisation des terroristes potentiels présents en France. Comme le gouvernement nombre de journalistes affirment  souvent que désormais la France est en état  de guerre mais sans en tirer les conséquences en termes d’organisation policière, juridique et militaire tant en France qu’à l’extérieur. Certes la problématique est complexe, les ripostes possibles ne sont pas sans danger pour autant aucune stratégie réellement crédible ne pourra être défini si l’on s’en tient seulement à constater l’état de guerre sans prendre les moyens pour la conduire. Après le choc causé par les pires attentats jamais commis en France, la colère et la volonté de faire bloc mais aussi de « rendre coup pour coup » sont au cœur des analyses de la presse dominicale. A l’unisson des autres titres, le quotidien sportif L’Equipe est « en deuil ».  »Le chagrin et la colère » ont saisi Le Figaro qui, comme Libération, paraît exceptionnellement, deux jours après les actions kamikazes revendiquées par le groupe Etat islamique, qui ont ensanglanté Paris et fait 129 morts. « Je suis Paris » titre justement Libé, reprenant un slogan qui fait florès sur les réseaux sociaux, à l’instar du « Je suis Charlie » qui avait été scandé après les attentats de janvier.  »Résistons », clame Le Parisien/Aujourd’hui en France dans un numéro spécial.  »La France est en guerre. En guerre contre un terrorisme totalitaire, aveugle, terriblement meurtrier », insiste le directeur du Monde Jérôme Fenoglio dans son éditorial.  »Cette guerre, maintenant chacun l’a compris, ne fait que commencer », prévient Alexis Brézet du Figaro. Laurent Joffrin de Libération livre « la conclusion (qui) s’impose avec son terrible réalisme: les Français doivent désormais vivre avec le terrorisme ». Mais « nous ne remporterons aucune victoire durable sur le terrorisme en laissant place au rejet de l’autre », avertit Guillaume Goubert dans l’éditorial diffusé sur le site internet du quotidien catholique La Croix. Le mot d’ordre d’unité est relayé par toute la presse. C’est « la République face à la barbarie » qui se dresse ainsi à la Une du Journal du dimanche. Pour Dominique Jung des Dernières Nouvelles d’Alsace, « le vrai enjeu est l’affirmation des valeurs républicaines ». « On nous fait la guerre. Unis, nous saurons faire face à cette inacceptable folie », renchérit Jean Levallois de la Presse de la Manche.  »Je ne sais pas si ‘nous sommes en guerre’, comme le clament les médias. Je sais, en revanche, qu’il nous faut réapprendre à penser la guerre sans paniquer », confie l’écrivain et journaliste Jean-Claude Guillebaud dans son billet dominical paru dans Sud-Ouest. L’heure est à l’unité mais aussi à la riposte, insistent de nombreux éditorialistes aux accents martiaux.  »Notre démocratie ne peut être sauvée qu’avec les armes de la République », fait valoir Jean-Claude Souléry de La Dépêche du midi. Certes, « refusons toujours la haine. Restons civilisés », martèle David Guévart de Nord Littoral. « Mais acceptons aussi qu’il n’y aura pas de solution qui ne ressemble à une éradication du mal. » Car « le temps est venu de rendre coup pour coup, d’être impitoyable face à nos ennemis, de l’intérieur comme de l’extérieur », assure Raymond Couraud dans L’Alsace. « Même si le prix à payer pour contrer cet ennemi doit s’ériger en riposte musclée, la France a le devoir d’entrer en résistance », affirme Philippe Palat dans les colonnes du Midi libre. »Contre la brutalité, il n’est qu’un principe : la force. Contre la sauvagerie, qu’une loi : l’efficacité. (…) Pour gagner la guerre, il faut la mener », conclut Alexis Brezet dans Le Figaro.-

 

Choc de simplification :une fumisterie ( un chef d’entreprise témoigne)

 Choc de simplification :une  fumisterie ( un chef d’entreprise témoigne)

 

« J’ai repris une entreprise en sauvegarde. Dans un schéma classique, j’ai commencé par créer une holding, ce qui est un bien grand mot pour une SARL sans aucun salarié. Cette démarche de création nécessite impérativement le recours à un expert-comptable ou un avocat, tant le nombre de formulaires à compléter est un repoussoir. Je passe sur la difficulté à comprendre comment la transition du régime de salarié à celui de gérant majoritaire de SARL, donc forcément au RSI, va se faire (retraite, sécurité sociale…). J’ai 37 ans, j’y penserai plus tard, d’autres chats à fouetter pour le moment ». « Etant encore sur Paris, et l’entreprise cible dans le sud, je me suis temporairement domicilié chez mes parents. C’est à leur adresse que j’ai également domicilié la holding. Très vite les premiers courriers sont arrivés : ceux de moult assureurs proposant des retraites complémentaires, de la SACEM qui, par deux fois, me propose une musique d’attente pour mon répondeur, des services fiscaux qui me questionnent notamment sur la taille du local qui héberge cette SARL sans salarié, des Urssaf, qui, alors que je ne me rémunèrerai pas en 2015, m’envoient un forfait de charge de l’ordre de 4.000 euros, calculé sur mes revenus de l’année précédente (!) où j’étais cadre dirigeant dans un grand groupe ». « Parallèlement, j’entame les démarches auprès de Pôle emploi afin de bénéficier de l’aide à la création d’entreprise dite ACRE. J’ai quand même cotisé quinze ans plein pot, alors je ne dois pas avoir de scrupule, me dit-on. Cette aide ne doit pas être confondue avec l’ARCCE, aide à solliciter parallèlement auprès des URSAFF afin d’être exonéré partiellement de charges durant les douze premiers mois de la création d’entreprise. Je rappelle qu’à ce stade, j’ai déjà reçu le forfait à 4.000 euros de ces derniers. Là où ces acronymes anagrammes (involontaires j’espère) prennent toute leur saveur, c’est qu’il n’est pas possible de bénéficier de l’ACRE sans avoir obtenu l’ARCCE au préalable. Pourquoi ? Concrètement, Pôle emploi ne te donne l’ACRE que si l’Urssaf t’a accordé l’ARCCE. En outre, on obtient l’ARCCE par accord tacite sous un mois. Donc, il faut prouver à Pôle emploi que tu as fait une demande depuis un mois et certifier sur l’honneur qu’elle t’a été accordée. Pas facile d’expliquer ce mécanisme au téléphone ! Mêmes les agents de l’administration y perdent parfois leur latin. Et après ? Une fois les 30 jours écoulés, je peux remplir un nouveau formulaire au Pôle emploi demandant l’ACRE, l’aide en capital pour la création d’une société. J’avais parfaitement en tête cette démarche lors de mon premier rendez-vous à Pôle emploi, mais évidemment, il n’était pas possible de remplir le formulaire à ce moment-là. Je le porte à l’agence Pôle emploi, ayant bien pris connaissance de la mention précisant que le choix de l’aide en capital est irréversible, et que je ne pourrai donc pas bénéficier des allocations mensuelles. Je reçois à ma plus grande surprise dans les dix jours qui suivent un courrier m’indiquant que Pôle emploi a bien compris que j’avais opté pour l’allocation mensuelle et m’en établit le calcul (!). Je ne réagis pas tout de suite, et reçois 15 jours plus tard un accord pour l’aide en capital (!) Je ne saurai jamais si ma visite entre ces deux courriers en est responsable ou pas ».  » Passé ces quelques formalités, il est temps de s’occuper de l’entreprise que je reprends, d’un point de vue opérationnel. Et pour cela, je dois me « mettre à nu » devant le banquier historique de l’entreprise, le CIC, dont les services marketing et de communication en font la banque d’un tiers des entreprises françaises. Je possède un atout dans ma manche. Bien que fortement endettée, l’entreprise que je reprends possède une trésorerie largement positive depuis plusieurs années, au moins supérieure à 1,5 million d’euros. Les différentes lignes de caution mises en place par la banque n’ont jamais été exécutées. Me voilà tout fier d’exposer au banquier toutes mes intentions louables de réductions des coûts, de relance de l’activité, de sécurisation des créances, d’amélioration du résultat et de la trésorerie, pour une entreprise, qui, je le rappelle, était encore à l’abandon deux mois plus tôt, en sauvegarde, et vouée à sa perte sous deux ans. J’en profite pour leur demander de me donner un peu de délai sur un prêt d’un montant modeste – 50.000 euros – afin de faciliter la relance. Le « représentant » repart en me disant qu’il a bien compris mon projet, puis m’informe quelques jours plus tard qu’il va « présenter le dossier à un comité d’engagement » et pour cela me demande de joindre une déclaration de patrimoine personnel. Je comprends là que mon arrivée est surtout un moyen pour lui de récupérer des garanties, notamment personnelles, alors qu’il n’en disposait d’aucune jusqu’à présent… Outré par la démarche, je prends contact avec la banque « amie » des PME qui se vante de soutenir l’économie française : la banque publique d’investissement, Bpifrance ». « Je découvre alors que Bpifrance ne finance pas les entreprises en « procédures collectives », dont la procédure de sauvegarde, ce qui n’aide donc guère à leur sauvegarde. On m’explique enfin que si d’autres banques me soutiennent, ils me soutiendront ! Comme il est de notoriété publique que Bpifrance propose spontanément des lignes de crédit à des entreprises largement rentables, quelle est la logique pour ce « bras armé de l’Etat » ? Me voilà donc reparti dans un roadshow bancaire, en commençant, non sans amertume, par une banque devenue célèbre pour l’amende à plusieurs milliards que lui ont infligé les Etats-Unis. L’entretien se passe bien. « Votre CV est impressionnant, votre projet est bien vu, etc… ». Six semaines passent avant la transmission de documents au comité d’engagement. Je serai finalement rappelé pour qu’on m’explique qu’il n’est pas possible d’ouvrir un compte pour une entreprise en sauvegarde. Certes, cette donnée du problème était connue dès la première rencontre mais, celle-ci s’étant bien passée, j’avais espéré un peu de compréhension. Je me tourne alors, non sans ironie, vers une banque devenue célèbre pour son trader repenti, qui aura au moins eu le mérite de me donner la même réponse, mais cette fois-ci en deux jours. A ce jour, j’attends encore des réponses de comités d’engagement d’autres banques de seconde zone, auxquelles mon dossier sera sans doute présenté, un jour peut-être. Mais bon, tant qu’il y a de la trésorerie, il y’a de la vie ! »

 Lu dans la Tribune

« Choc de simplification » : surtout des gadgets

«  Choc de simplification » : surtout des gadgets

 

 

92 nouvelles mesures du gouverrnement  qui s’ajoutent aux 375 déjà annoncées mai en fait surtout des gadgets. Pour essentiel il s’agit de substituer le support informatique au support papier. Par contre on s’attaque rarement la suppression pure et simple de la contrainte administrative. En cause évidemment l’armada administrative qui tient à conserver son objet, ses vannages et ses emplois. Or tant que ces fonctionnaires inutiles n’auront pas été supprimés , la bureaucratie va se perpétuer sur papier ou sur informatique. Des exemples de gadgets :

  • Dès septembre, vous pourrez vous inscrire à Pôle emploi directement sur le web. Fini donc les minutes, voire les heures passées à remplir votre dossier administratif. Fini la galère pour vous informer sur une procédure judiciaire ou comprendre comment marche l’aide juridictionnelle : vous trouverez tout sur un site dédié d’ici la fin de l’année.

 

  • Envolé le stress de l’attente du facteur après le passage du permis de conduire : dès la fin juin, vous pourrez voir votre résultat en ligne et en cas de réussite, télécharger un permis provisoire sur votre Smartphone (à ne pas dégainer au volant…) Vous pourrez aussi contester une amende radar en ligne.

 

  • Si vous êtes fonctionnaire : toutes vos fiches de paie seront consultables en ligne sur un espace sécurisé bien sûr. Une phase d’expérimentation commencera en 2016.

 

  • Sur Internet, vous pourrez aussi entre autres : faire une demande de bourse scolaire, faire une demande de procuration et demander votre attestation fiscale sur le site de l’Agirc-Arrco, les caisses de retraites complémentaires.

Si vous êtes demandeur d’emploi, en cas d’arrêt maladie…Dès la fin de l’année, vous ferez votre déclaration à Pôle emploi qui la  transmettra directement à votre caisse d’assurance maladie.

 

  • Si vous êtes locataire d’un logement social et souhaitez bénéficier d’une aide au logement, elle sera transmise automatiquement à la CAF par votre bailleur.

 

  • Une dizaine de ces mesures visent spécifiquement les personnes handicapées. Dès 2017, une carte unique mobilité inclusion remplacera la carte  de stationnement et  la carte de priorité  dans les transports.
  • L’obtention de l’allocation adulte handicapé sera aussi simplifiée. Et si vous êtes invalides à plus de 50%, son renouvellement sera fait tous les 5 ans, au lieu de deux.
  • Enfin les décisions de l’administration, parfois rédigées dans un langage nébuleux, devront être « faciles à lire et à comprendre ».

Bien sûr, tout ça n’est pas seulement là pour nous aider. L’objectif de toutes ces mesures, c’est aussi pour le gouvernement de faire des économies. Jusqu’à 11 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat.
 

Sarkozy : un programme chic… pas très choc

Sarkozy : un programme chic… pas très choc

 

Visiblement Sarkozy manque d’inspiration voire même d’enthousiasme car le programme qu’il  vient d’annoncer dans le Figaro manque cruellement de de précision, de dynamisme et de nouveauté. Pour résumer,  la retraite  à 63 ans ( au lieu de 62 ans et alors qu’on va à terme vers les 69 ans avec d’abord la reforme des complémentaires ,ensuite du régime général), la reforme du code  travail mais sans préciser ce qui dépendra du code et ce qui dépendra des entreprises comme l’avenir des 35 heures à décider au plan des entreprises aussi  ( ce qui est déjà possible et ce que propose d’étendre encore  Macron et Valls ). Autre proposition faire travailler davantage les fonctionnaires là où il faudrait au contraire en supprimer purement et simplement pour alléger la fiscalité.  Alors que la bataille s’annonce toujours aussi serrée pour la primaire UMP, Nicolas Sarkozy passe à l’offensive. Le président de l’UMP dévoile ainsi, lundi dans Le Figaro, ce qui ressemble fort à un programme présidentiel.  Ainsi, quand ses rivaux Alain Juppé et François Fillon prônent la retraite à 65 ans, l’ancien chef de l’Etat « préfère passer l’âge légal de départ à 63 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein, mais le faire à raison d’une augmentation de quatre mois par an. C’est-à-dire repousser l’âge de départ à 63 ans (et à 68 ans, sans décote), en trois ans ».  Pour rappel, l’âge légal de départ à la retraite était de 65 ans avant d’être abaissé à 60 ans en 1982 au début du premier septennat de François Mitterrand. La réforme des retraites de 2010 a depuis fixé cet âge légal à 62 ans, à partir de la génération née en 1955 (2017). L’an dernier, l’UMP avait proposé de le reculer à 65 ans en 2023.  Mais Nicolas Sarkozy veut aussi « repenser tout notre Code du travail » et propose « une règle simple »: « ne garder que les droits fondamentaux des salariés dans le Code du travail et renvoyer le reste à la négociation d’entreprise ».  Jugeant que « l’écart entre le secteur public et le secteur privé est devenu injustifiable », il estime « impératif d’augmenter » le temps de travail des fonctionnaires « si on veut que la France s’en sorte ». « Je souhaite que l’on renégocie les accords sur le temps de travail dans la fonction publique, il y aurait moins de jours de RTT mais, en contrepartie, je propose de rétablir les heures supplémentaires défiscalisées, pour inciter les fonctionnaires à travailler plus », souligne l’ancien locataire de l’Elysée.  Contrairement à François Fillon, il ne plaide pas pour l’abrogation pure et simple des 35 heures. « Mon principe est simple: les entreprises qui souhaitent sortir des 35 heures doivent pouvoir le faire par la négociation. Comprendre les besoins de l’économie française, c’est oser dire qu’il faut faire confiance aux entreprises, aux entrepreneurs et aux salariés pour négocier à leur niveau le temps de travail », déclare ainsi Nicolas Sarkozy.  Il plaide en outre pour un retour « à un niveau de dépenses publiques équivalent à 50% du PIB » et une inscription de « ce chiffre dans la Constitution, pour qu’il ne puisse plus être dépassé ».  Et alors que la France est « écrasée d’impôts », il estime qu’il « ne doit plus y avoir d’ISF ». « On ne peut pas vouloir l’Europe, c’est-à-dire la liberté de circulation des hommes et des capitaux, et avoir la fiscalité la plus lourde du continent. Cette inconséquence nous coûte cher. Il faut désidéologiser le débat fiscal ». Belle sémantique mais pas très précise !

 

Terrorisme : un choc de civilisation

Terrorisme : un choc de civilisation

 

Il convient désormais de nommer les choses clairement  sans crainte de subir la réprobation du politiquement correct. Oui le monde -et la France en particulier- vit un choc de civilisation. Dun coté la civilisation traditionnelle qui a évolué au cours du temps pour construire progressivement la démocratie moderne, de l’autre des fondamentaliste qui rêvent  de mettre à bas la laïcité, d’imposer le religieux comme pouvoir suprême dans tous les domaines y compris politique. Ces notamment le projet de l’Etat islamique. En France cette vision est soutenue surtout par les populations marginales mal ou pas intégrées, surtout dans les banlieues, aujourd’hui zones de non droit. Cette idéologie fondamentalisme donne enfin un sens à leur marginalité voir même une légitimité à ceux qui se nourrissent du crime et de la délinquance. Le phénomène n’est pas seulement français, il est international et frappe encore davantage les pays musulmans qui recrutent à bon compte les criminels, les asociaux, les détraqués, les extrémistes de toutes natures. S’il est indispensable de tenir compte de cette environnement international, il importe cependant d’ analyser la situation spécifique de la France. Une France qui fournit le plus gros contingent international de djihadistes (plus de 1000), donc sans doute plusieurs milliers qui sont potentiellement candidats. D’autres ne peuvent ou ne veulent pas faire le djihad mais peuvent causer de graves dommages à l’intérieur du pays. Autant le dire une grande partie de cette population de marginaux qui vit essentiellement de délinquance n’adhère aux principes républicains. Pas étonnant si à Marseille la manifestation a été aussi peu suivie comparée à celles des autres villes. On ne réglera pas ce choc de civilisation en quelques semaines ou quelques mois même en quelques années. Un travail fondamental est à entreprendre sur les facteurs explicatif de cette situation (rôle de école, efficacité des services de surveillance,  de  répression, de prévention, de la justice, rôle des parents, de la société devenue elle-aussi laxiste par rapport aux atteintes à ses  propres valeurs, dimensions économiques sociales, engagement de la France dans les conflits internationaux etc.). Autant dire un travail immense avec des moyens à la hauteur de l’enjeu, il y va de l’avenir de notre civilisation démocratique.

Un choc de simplification ? Non, un « pet »

Un choc  de simplification ? Non,  un « pet »

50 mesures de simplification, le grand choc a eu lieu. En fait il s’agit du plutôt d’un «  pet » de simplification tellement ces mesures (pour intéressantes que soient certaines) sont loin de l’enjeu. Ce ne sont pas 50 mesures qui sont nécessaire mais 500 ou 1000 tellement la France est engluée dans la bureaucratie qui fait vivre politiques et  fonctionnaires mais qui tue l’initiative et la compétitivité. Il ne faut vraimenet rien connaître aux réalités économiques pour ne pas s’apercevoir que notre bureaucratie (aidée par celle de Bruxelles) enfonce un peu plus chaque jour nos entreprises. Pas étonnant, il  a plus de 10 000 lois, plus de 30 000 décrets, 200 à 300 000 circulaires, autant d’arrêtés. Une vraie folie administrative pour tout et pour rien, la sécurité, hygiène, l’environnement, le social, les statistiques, la fiscalité etc. etc. Un  seul exemple, on ne forme plus d’apprentis en France (en tôt cas pas assez) mais on a interdit aux apprentis de monter dans les échelles hautes. Du coup l’apprenti couvreur ou l’apprenti maçon apprendra son métier en regardant. La bureaucratie s’est encore sophistiquée depuis l’avènement des écolos en politique auxquels  il faut donner de gages pour obtenir le soutien. La plupart des bobos de ville qui ne sauraient pas planter un rang de pommes de terre mais qui ont des idées sur tout en matière de plantes, d’éco système et de culture bio ( la grande rigolade, l a plupart des produits ne peuvent être bio, les plants ne le sont pas, les semences non plus sans parler des retombée pluviales et écoulements avec pesticides  et engrais ; Des  préoccupations écologiques, il en faut bien entendu mais là comme ailleurs c’est une question d’équilibre et de réalisme, aussi de connaissances concrètes. Les écolos finiront comme les anciens gauchistes, au PS (sil existe encore) et seront libéraux en oubliant l’écologie (comme cambadélis l’ancien Trotskiste). Pour quoi une telle complexité ? Tout simplement parce qu’elle fait vivre des millions de fonctionnaires zélés qui entretiennent le métier, le développe sans évidemment se rendre compte qu’ils sont en train de tuer le pays.  La première mesure phare est une imposture ;  baptisée « zéro charge supplémentaire pour toute nouvelle mesure » vise à prévenir l’inflation de normes : le coût de toute nouvelle réglementation devra être évalué et compensé, ce qui correspondrait  parait-il au « one in, two out » (une norme nouvelle, deux éliminées) introduit par les Britanniques, encore un mensonge d’Etat !

Choc de simplification : quelques mesures et des gadgets

Choc de simplification : quelques mesures et des gadgets

 

Il y aura quelques mesures intéressantes (feuille de paye, marchés publics) et beaucoup de gadgets. En effet pas de simplification tant que subsisteront des administrations inutiles qui ont besoin de justifier leur objet social par des règlements et des contrôles. Ce ne sont pas les procédures qu’il faut supprimer en premier mais ceux qui les élaborent et les rendent obligatoires. En outre ce travail n’est pas à la hauteur de l’enjeu, il faut certes de mesures de portée générale mais le même travail doit être entrepris dans tous les ministères, tous les secteurs, à tous les niveaux géographiques. . Conseil de simplification, qui doit annoncer ce lundi 50 nouvelles mesures pour simplifier la vie des entreprises. Ce deuxième acte du pacte de responsabilité a pour vocation de redonner de l’air aux entreprises asphyxiées par la paperasserie et portera essentiellement sur la fiscalité et le contrôle de production de normes. À l’origine de ce «choc de simplification» voulu par François Hollande: Thierry Mandon, porte-parole des députés socialistes et Guillaume Poitrinal, chef d’entreprise, qui coprésident le Conseil de simplification. Chargés d’une mission sur la simplification de la vie des entreprises, ils avaient rendu une première copie fin 2013, qui avait orienté le premier train de mesures décidées en janvier. Ils ont achevé le 8 avril un second rapport dont les préconisations devraient être quasi intégralement reprises dans les mesures annoncées aujourd’hui. Si ces mesures ne devraient rien coûter à l’État, elles pourraient constituer une manne financière source de croissance pour les entreprises. L’OCDE estime en effet que le système administratif français, trop complexe, leur coûte presque 60 milliards d’euros par an. Les nouvelles mesures annoncées aujourd’hui devraient permettre de récupérer et réinjecter cet argent dans l’écosystème. Une promesse de Manuel Valls qui avait évoqué dans son discours de politique générale la nécessité de «simplifier les procédures» des entreprises pour «libérer les énergies et embaucher». Parmi les nouvelles mesures qui devraient être annoncées: la simplification des appels d’offres publics, la réduction du nombre de statuts des entreprises individuelles mais surtout la tant attendue simplification de la fiche de paie. Un projet auquel les gouvernements précédents avaient renoncé à s’attaquer tant ce serpent de mer vieux de plusieurs décennies apparaît complexe. Cette mesure sera pourtant complémentaire de la simplification comptable annoncée en janvier. Les entreprises de moins de 10 salariés avaient ainsi été exonérées de l’obligation d’établir une annexe comptable et de publier leurs comptes, tandis que celles de 50 salariés avaient obtenu un bilan simplifié. De premières expérimentations pour simplifier les déclarations de salaires avaient également été décidées. L’ensemble des mesures devrait être mis en œuvre au 1er janvier 2015

 

Hollande : nouveau choc ou nouveau ploc de simplification

Hollande : nouveau choc ou nouveau ploc de simplification

 

Les médias unanimes soulignent la volonté de Hollande de simplifier ; volonté qui sera réaffirmée aujourd’hui à Toulouse. On oublie seulement que Hollande avait déjà promis un choc de simplification le 29 mars 2013 qui a accouché d’une souris ; Hollande avait alors déclaré qu’une petite entreprise devait fournir à  administration environ 3000 informations par an et qu’il fallait les réduire par 2 ou par 3. On est loin du compte aujourd’hui. Ce que va proposer Hollande c’est de simplifier, de regrouper, de dématérialiser les infos. Mais l’enjeu n’est pas là, il est de supprimer purement simplement des infos inutiles qui n’ont d’autre but que de nourrir l’objet d’une administration surabondante et inutile. Hollande n’a évidemment rien compris comme la plupart des membres du gouvernement qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise. Ce n’est pas par 2 ou 3 qu’il fauta réduire la demande d’infos de administration, c’est par 10. Et cela suppose de supprimer aussi ces administrations qui ne servent à rien. Exemples,  des services statistiques de l’INSEE répartis dans les ministères ou encore des services du ministère du travail, sans parler de ceux de l’ environnement «  les poètes de l’administration ».  Comme il l’a rappelé lors de l’annonce de son pacte de responsabilité, le 31 décembre, François Hollande veut libérer les entreprises de leur fardeau administratif et réglementaire afin de relancer la création d’emplois. Ce 9 janvier, il doit profiter d’une table ronde organisée avec des chefs d’entreprises à Toulouse, dans les locaux de l’avionneur ATR, pour détailler davantage les mesures envisagées.  Fiches de paie simplifiées, déclarations uniques, délais d’autorisations administratives raccourcis, tous les secteurs devraient être concernés. Du côté des entreprises, les attentes en la matière sont nombreuses. « Le chef d’entreprise a trop souvent l’impression de dire ou d’écrire plusieurs fois les mêmes chiffres, de répondre plusieurs fois aux mêmes questionnements », explique Joseph Zorgniotti, le président de l’ordre des experts comptables, qui a été associé à la réflexion menée par le gouvernement. Unifier les déclarations fait donc partie des demandes prioritaires.  Tout comme la mise en place d’un cadre réglementaire claire et stable. « Le chef d’entreprise a besoin de savoir dans quel univers il vit. Il a besoin d’un univers fait de stabilité, il a besoin de savoir que, lorsqu’il lance un projet il n’y a pas de problème de rétroactivité « , détaille le président de l’Ordre des experts comptable. Il ajoute également que les entrepreneurs souhaitent être confortés dans leur rôle de décideur et pouvoir affirmer leur sens des responsabilités sur la gestion de leurs entreprises et ainsi faire ce qu’ils savent faire : développer leurs activités et ainsi créer des emplois.Les Français semblent d’ailleurs d’accord sur ces points avec les chefs d’entreprise. Selon le baromètre BVA/BFM publié ce 9 janvier, 74% des personnes interrogées (contre 19%) se déclarent favorables à la « simplification des procédures de création d’entreprises » en raison de leur impact positif sur l’économie française.

Choc simplification : des broutilles !

Choc simplification : des broutilles !

Il n’y aura pas de choc mais un gel et des broutilles. En 2013, les procédures relatives aux demandes de visas seront rénovées. Il sera possible de télé-déclarer ses revenus et de payer ses impôts via le téléphone mobile. Par ailleurs, un plan d’amélioration des procédures à destination des communautés françaises à l’étranger est prévu.  Un site proposant des informations sur «la qualité des prises en charge dans les établissements de santé», à destination des usagers et de leurs représentants verra le jour. Côté emploi, à la mi-2013, les employeurs comme les demandeurs d’emploi auront accès, à partir du site internet de Pôle emploi, à une plateforme de diffusion en ligne des offres d’emploi et des CV des demandeurs d’emplois. A la rentrée prochaine, les jeunes pourront s’inscrire en ligne dans un lycée dans les académies mettant en place ce service. Et l’an prochain, une procédure de déclaration de grossesse en ligne sera mise en place. Certaines avancées ont déjà été annoncées en décembre et mises en place. La victime d’une atteinte aux biens peut désormais déposer une pré-plainte en ligne sur le site www.pre-plainte-en-ligne.gouv.fr et prendre rendez-vous dans le commissariat ou la brigade de gendarmerie de son choix. Il est aussi possible de déclarer en ligne et en une seule fois le décès d’un proche auprès des principaux organismes concernés (Cnav, Cnaf, Ircantec …). Au sujet des normes, il a été décidé que toute nouvelle règle sera assortie de l’abrogation d’une ancienne.

Le droit communautaire est systématiquement privilégié. Et une marge d’appréciation est laissée pour tout nouveau texte émis (loi, règlement et circulaire), ce qui permettra le «flux» de normes. Le gouvernement annoncera fin avril une liste de normes à abroger.Le gouvernement souhaite en outre «rationaliser» la politique des achats publics. Objectif : économiser  2 milliards d’euros d’ici 2015 et 900 millions d’euros à l’hôpital public d’ici 2014. Une quinzaine d’agences de l’Etat vont être regroupées ou supprimées. Le gouvernement poursuivra en outre sa politique d’évaluation des politiques publiques, entamée en 2012.  Neuf nouvelles évaluations sont lancées, dont «l’accueil et l’orientation des demandeurs d’asile, l’articulation entre le régime d’assurance chômage et les régimes de solidarité» ou encore «l’aide à l’insertion professionnelle des jeunes et la politique en faveur de la baisse des coûts de construction» de logements.

 

Simplification : un choc ou un plouf ?

Simplification : un choc ou un plouf ?

 

Le choc de simplification risque de se réduire à pas grand-chose, essentiellement le bâtiment et pour le reste un simple gel avec téléinformatique. Ainsi les 150 taxes payées en moyenne seraient maintenues (50 en Allemagne, ce qui est déjà beaucoup). Le gouvernement veut alléger le poids administratif qui pèse sur les entreprises. Jean-Marc Ayrault détaillera mardi le « choc de simplification », annoncé jeudi par François Hollande. Un plan qui sera ensuite complété, en avril, par des mesures visant à simplifier les démarches des entreprises, comme le révèle le Journal du Dimanche.  . « Le temps des papiers est plus long que le temps des chantiers », avaient dénoncé mercredi Alain Lambert, président divers droite du Conseil général de l’Orne, et Jean-Claude Boulard, maire PS du Mans, dans un rapport remis à Matignon. Les deux élus déploraient l’existence de 400.000 normes en France, dont beaucoup ont peu de raisons d’être. D’autant que le coût qu’entraîne le respect de ces normes s’élèverait à 2 milliards pour les collectivités, selon les deux élus, et même à 60 milliards d’euros pour les entreprises, selon les calculs de l’OCDE. Diminuer par trois les délais de réalisation des projets d’immobilier d’entreprise, par deux le nombre de documents papier à transmettre à l’inspection du travail ou encore réduire à vingt jours les délais de paiement de l’État aux entreprises sont autant d’engagements attendus pour mardi, selon l’hebdomadaire dominical. Jean-Marc Ayrault devrait également imposer aux administrations le principe « dites-le nous une seule fois », ajoute le JDD. L’idée est que l’entreprise n’ait plus à transmettre ses demandes qu’à une seule administration, qui se chargera ensuite de la transmettre aux autres guichets. Matignon devrait imposer le gel des nouvelles normes. En clair, toute création d’une nouvelle règle administrative devra être accompagnée de la destruction d’une autre. Le gouvernement ne devrait toutefois pas annoncer de suppression de normes dans m’immédiat, assure le JDD.. Au-delà des contraintes aux entreprises, le gouvernement souhaiterait simplifier la vie des citoyens en développant les déclarations administratives par internet. Des dépôts de plainte pourraient ainsi être effectués en ligne en cas d’atteinte aux biens (vol, abus de confiance, escroquerie), de même que des déclarations de décès ou le choix et les inscriptions des options avant l’entrée au lycée. Une ordonnance de huit mesures est également attendue pour le mois d’avril, lors d’un séminaire gouvernemental sur le bilan du pacte de compétitivité. Suppression de commissions, fusions d’organisme publics, remise à plat des subventions ou encore réorganisation des sous-préfectures devraient être au menu de cette ordonnance.

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