Archive pour le Tag 'chinoise'

Le danger de la sournoise diplomatie chinoise

Le danger de la sournoise diplomatie chinoise 

 

Les récentes ouvertures de la diplomatie chinoise vis-à-vis des autorités européennes s’apparentent à un réajustement opportuniste de Pékin, et non à une quelconque modification des positions problématiques de la Chine à l’international, constate, dans une tribune au « Monde », l’analyste Grzegorz Stec.

Les autorités diplomatiques chinoises semblent avoir lancé une offensive de charme vis-à-vis des Européens, avec la visite d’un envoyé spécial, de multiples demandes d’entretien lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G20 à Bali (Indonésie), les 15 et 16 novembre, l’annonce de l’achat de trois cents Airbus et l’approbation de la relance du dialogue économique et commercial à haut niveau avec l’Union européenne.

Il y aurait aussi eu des approches pour obtenir un crochet par Pékin des dirigeants allemands, français, italiens et espagnols en amont du G20 en Indonésie de cet automne. Autant de signaux nouveaux après des mois de froid, qui ne doivent pas être surinterprétés.

Ces ouvertures, à peu de frais pour Pékin, n’apparaissent pas en mesure de remettre en cause une relation bilatérale cantonnée au « damage control » [limitation des dégâts] depuis plusieurs années. Les divergences fondamentales ayant dégradé la relation restent inchangées. Pékin maintient ses échanges politiques et économiques avec la Russie en dépit de l’invasion de l’Ukraine. Les mesures de coercition économique à l’encontre de la Lituanie à la suite de l’ouverture d’un bureau de représentation à Taïwan répondant à ce nom, au lieu de celui de la seule ville de Taipei, sont toujours en place. Aucune inflexion non plus sur le front des droits humains des Ouïgours.

 

La vigilance des Européens doit être d’autant plus importante que les tentations d’un apaisement vont croissant avec les difficultés rencontrées par ailleurs.

Taïwan : Mélenchon félicité officiellement par la dictature chinoise !

Taïwan : Mélenchon félicité officiellement par la dictature chinoise  !

 

Une nouvelle fois Jean-Luc Mélenchon s’est rangé du côté des dictateurs avec l’affaire de Taiwan puisqu’il a soutenu la position de la Chine. Cette posture de soutien aux dictatures est constante chez Mélenchon, elle vaut pour la Chine mais aussi pour Poutine , les dictatures et autres autocraties d’Amérique du Sud.

Une position qui a quand même du mal à être avalée par les autres sensibilités de la NUPES notamment les écologistes et les socialistes

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est rapidement démarqué de ses alliés au sein de la Nupes. Tout en critiquant l’initiative de Nancy Pelosi, qu’il a qualifiée de « discutable » sur Twitter, il a relevé que « la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas ».

La critique a été plus vive encore du côté de Julien Bayou : « Mélenchon parlait de “provocation” quand l’Ukraine démocrate se défendait au Donbass face à la Russie autoritaire. Et parle de “provocation” de Taïwan quand… ce pays agit librement face à la Chine. Un pays démocrate, c’est forcément une “provocation” pour une dictature », a considéré, lui aussi sur Twitter, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Dans la foulée, le parti a dénoncé les manœuvres militaires de la Chine à Taïwan. « EELV condamne l’intimidation militaire de la Chine et appelle à la désescalade. Nous apportons notre soutien au peuple taïwanais, à la démocratie taïwanaise », est-il écrit dans un communiqué.

  Yannick Jadot, l’ancien candidat du parti à l’Elysée, a ajouté sa voix au concert des critiques écologistes, en assurant sur Twitter, sans citer son ancien rival, que « le nationalisme chinois est un outil de propagande pour justifier la barbarie ». A ses yeux, « une seule Chine », c’est d’abord « une seule dictature ».

 

Taïwan : Mélenchon remercié officiellement par la dictature chinoise !

Taïwan : Mélenchon remercié officiellement par la dictature chinoise  !

 

Une nouvelle fois Jean-Luc Mélenchon s’est rangé du côté des dictateurs avec l’affaire de Taiwan puisqu’il a soutenu la position de la Chine. Cette posture de soutien aux dictatures est constante chez Mélenchon, elle vaut pour la Chine mais aussi pour Poutine , les dictatures et autres autocraties d’Amérique du Sud.

Une position qui a quand même du mal à être avalée par les autres sensibilités de la NUPES notamment les écologistes et les socialistes

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est rapidement démarqué de ses alliés au sein de la Nupes. Tout en critiquant l’initiative de Nancy Pelosi, qu’il a qualifiée de « discutable » sur Twitter, il a relevé que « la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas ».

La critique a été plus vive encore du côté de Julien Bayou : « Mélenchon parlait de “provocation” quand l’Ukraine démocrate se défendait au Donbass face à la Russie autoritaire. Et parle de “provocation” de Taïwan quand… ce pays agit librement face à la Chine. Un pays démocrate, c’est forcément une “provocation” pour une dictature », a considéré, lui aussi sur Twitter, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Dans la foulée, le parti a dénoncé les manœuvres militaires de la Chine à Taïwan. « EELV condamne l’intimidation militaire de la Chine et appelle à la désescalade. Nous apportons notre soutien au peuple taïwanais, à la démocratie taïwanaise », est-il écrit dans un communiqué.

  Yannick Jadot, l’ancien candidat du parti à l’Elysée, a ajouté sa voix au concert des critiques écologistes, en assurant sur Twitter, sans citer son ancien rival, que « le nationalisme chinois est un outil de propagande pour justifier la barbarie ». A ses yeux, « une seule Chine », c’est d’abord « une seule dictature ».

 

Politique -Afrique : Après la colonisation occidentale, la colonisation chinoise, la colonisation russe !

Politique Afrique : Après la colonisation occidentale,  la colonisation chinoise, la colonisation russe !

 

Après le Mali, des manifestations  anti françaises se développent au Burkina Faso inspirées par les Russes. La Russie déjà depuis un moment pousse  ses pions en Afrique pour influencer les régimes politiques y compris en les déstabilisant.

D’une certaine manière,  les colonisations se succèdent sur ce continent encore fragile mais qui au moins connaît la démocratie. Cependant certains régimes autocratiques mettraient  bien la démocratie entre parenthèses en s’inspirant du modèle russe pour se maintenir au pouvoir et éviter l’obstacle des urnes.

On observera d’ailleurs que la plupart des pays qui se rapprochent de la Russie présentent de grandes fragilités démocratiques autant qu’économiques. Ce n’est sans doute pas la Russie qui apportera à ces pays les moyens d’un développement durable et d’une société démocratique.La Russie veut au contraire combattre les valeurs démocratiques et imposer par la terreur la dictature et le sous-développement. Le pouvoir et les richesses étant confisquées par des oligarques et des voyous voire des criminels.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov débutera une tournée en Afrique dimanche afin de développer les liens économiques entre la Russie et le continent, alors que l’Occident a imposé des sanctions contre Moscou en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Pour accroître l’influence de la Russie,Sergueï Lavrov rencontrera les membres de la Ligue arabe au Caire, en Egypte, avant de se rendre en Ethiopie, en Ouganda et en République du Congo.Trois pays pas spécialement exemplaires

L’Egypte entretient des liens stratégiques et économiques avec la Russie, qui lui fournit notamment des armes et lui livre des céréales.

L’Egypte « estime que le monde devient de moins en moins polarisé, et elle ne voit pas pourquoi elle devrait limiter ses relations à l’Occident », explique-t-on.

Moscou a également profité de la détérioration des relations entre l’Occident et l’Ethiopie – en raison du conflit au Tigré – pour développer des liens avec Addis-Abeba.

La Russie a trouvé sur le continent les moyens de rétablir son influence en proposant surtout une aide sécuritaire aux pays fragiles politiquement.

Politique Afrique : Après la colonisation occidentale, la colonisation chinoise, la colonisation russe !

Politique Afrique : Après la colonisation occidentale,  la colonisation chinoise, la colonisation russe !

 

La Russie déjà depuis un moment ses pions en Afrique pour influencer les régimes politiques y compris en les déstabilisant.

D’une certaine manière l,es colonisations se succèdent sur ce continent encore fragile mais qui au moins connaît la démocratie. Cependant certains régimes autocratiques mettraient  bien la démocratie entre parenthèses en s’inspirant du modèle russe pour se maintenir au pouvoir et éviter l’obstacle des urnes.

On observera d’ailleurs que la plupart des pays qui se rapprochent de la Russie présentent de grandes fragilités démocratiques autant qu’économiques. Ce n’est sans doute pas la Russie qui apportera à ces pays les moyens d’un développement durable et d’une société démocratique.La Russie veut au contraire combattre les valeurs démocratiques et imposer par la terreur la dictature et le sous-développement. Le pouvoir et les richesses étant confisquées par des oligarques et des voyous voire des criminels.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov débutera une tournée en Afrique dimanche afin de développer les liens économiques entre la Russie et le continent, alors que l’Occident a imposé des sanctions contre Moscou en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Pour accroître l’influence de la Russie,Sergueï Lavrov rencontrera les membres de la Ligue arabe au Caire, en Egypte, avant de se rendre en Ethiopie, en Ouganda et en République du Congo.Trois pays pas spécialement exemplaires

L’Egypte entretient des liens stratégiques et économiques avec la Russie, qui lui fournit notamment des armes et lui livre des céréales.

L’Egypte « estime que le monde devient de moins en moins polarisé, et elle ne voit pas pourquoi elle devrait limiter ses relations à l’Occident », explique-t-on.

Moscou a également profité de la détérioration des relations entre l’Occident et l’Ethiopie – en raison du conflit au Tigré – pour développer des liens avec Addis-Abeba.

La Russie a trouvé sur le continent les moyens de rétablir son influence en proposant surtout une aide sécuritaire aux pays fragiles politiquement.

Afrique : Après la colonisation occidentale, la colonisation chinoise, la colonisation russe !

Afrique : Après la colonisation occidentale,  la colonisation chinoise, la colonisation russe !

 

La Russie déjà depuis un moment ses pions en Afrique pour influencer les régimes politiques y compris en les déstabilisant.

D’une certaine manière l,es colonisations se succèdent sur ce continent encore fragile mais qui au moins connaît la démocratie. Cependant certains régimes autocratiques mettraient  bien la démocratie entre parenthèses en s’inspirant du modèle russe pour se maintenir au pouvoir et éviter l’obstacle des urnes.

On observera d’ailleurs que la plupart des pays qui se rapprochent de la Russie présentent de grandes fragilités démocratiques autant qu’économiques. Ce n’est sans doute pas la Russie qui apportera à ces pays les moyens d’un développement durable et d’une société démocratique.La Russie veut au contraire combattre les valeurs démocratiques et imposer par la terreur la dictature et le sous-développement. Le pouvoir et les richesses étant confisquées par des oligarques et des voyous voire des criminels.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov débutera une tournée en Afrique dimanche afin de développer les liens économiques entre la Russie et le continent, alors que l’Occident a imposé des sanctions contre Moscou en raison de l’invasion de l’Ukraine.

Pour accroître l’influence de la Russie,Sergueï Lavrov rencontrera les membres de la Ligue arabe au Caire, en Egypte, avant de se rendre en Ethiopie, en Ouganda et en République du Congo.Trois pays pas spécialement exemplaires

L’Egypte entretient des liens stratégiques et économiques avec la Russie, qui lui fournit notamment des armes et lui livre des céréales.

L’Egypte « estime que le monde devient de moins en moins polarisé, et elle ne voit pas pourquoi elle devrait limiter ses relations à l’Occident », explique-t-on.

Moscou a également profité de la détérioration des relations entre l’Occident et l’Ethiopie – en raison du conflit au Tigré – pour développer des liens avec Addis-Abeba.

La Russie a trouvé sur le continent les moyens de rétablir son influence en proposant surtout une aide sécuritaire aux pays fragiles politiquement.

Sri Lanka : Bientôt une province chinoise ?

Sri Lanka : Bientôt une province chinoise ?

L’état dramatique de l’économie du pays, très endetté auprès de la Chine, fait craindre une situation similaire ailleurs dans la région. La crise a abouti à la démission, lundi, du premier ministre Mahinda Rajapaksa après de violents affrontements dans la capitale Colombo.(« Le monde »)

Un Etat pris à la gorge qui n’a plus assez de dollars pour importer des biens et assurer les services essentiels à la population comme l’électricité, les soins, les transports ou l’approvisionnement alimentaire. Des pompes à essence à sec, des magasins vides, des habitants déclassés, écrasés par une inflation galopante (+ 30 % en avril) : le Sri Lanka est devenu synonyme de faillite totale. La crise a abouti à la démission, lundi 9 mai, du premier ministre Mahinda Rajapaksa après de violents affrontements dans la capitale Colombo.

Le 12 avril a marqué une étape historique dans la crise économique et financière qui ravage la nation insulaire de 22 millions d’habitants : le gouvernement a temporairement interrompu ses paiements aux créanciers internationaux. Pour la première fois, le Sri Lanka faisait défaut.

Les causes de ce monumental fiasco sont connues : un endettement massif de 51 milliards de dollars (48,3 milliards d’euros), dont 31 milliards de dette extérieure publique, un creusement du déficit budgétaire en raison d’allégements fiscaux populistes décidés quand les caisses de l’Etat étaient vides, une réforme agricole qui a plongé le pays dans l’insécurité alimentaire et, enfin, la pandémie de Covid-19, qui a porté un coup fatal au secteur touristique et fait revenir des expatriés au pays, asséchant les rentrées de devises étrangères. S’ajoutent les conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. « C’est une combinaison de chocs économiques externes et d’erreurs politiques », résume Ganeshan Wignaraja, de l’Institut des études d’Asie du Sud de l’université de Singapour.

La corruption

Au sortir de la crise sanitaire, la situation financière du pays était suffisamment alarmante pour inciter le gouvernement à demander d’urgence l’aide du FMI. Mais l’exécutif, formé par le duo des frères Rajapaksa, a préféré continuer à emprunter et à mendier des lignes de crédit auprès de ses voisins chinois et indien, deux rivaux pressés de renforcer leur emprise sur l’île de l’océan Indien.

Les responsables du désastre sont identifiés : les frères Mahinda et Gotabaya Rajapaksa, respectivement premier ministre et président, ont semé les graines de la crise. L’aîné, Mahinda Rajapaksa, a déjà occupé le fauteuil de premier ministre entre 2004 à 2005, puis celui de président de la République entre 2005 et 2015. Onze ans au pouvoir, interrompus par quatre années dans l’opposition, avant de redevenir premier ministre de son cadet, Gotabaya, élu à son tour président de la République, en 2019.

L’économie chinoise en grande difficulté

L’économie chinoise en grande difficulté

 

 

Un industriel européen, un économiste américain et un financier chinois s’inquiètent, chacun de leur côté, de la santé économique de la deuxième économie mondiale.

La Chine n’en finit pas de s’enfoncer dans sa politique paralysante du zéro Covid. La conséquence est une paralysie de près d’un tiers de l’économie sans parler des atteintes de plus en plus insupportable aux libertés et même à la mobilité. S’y ajoute le processus de production en cours de restructuration au plan mondial qui pèse sur les exportations chinoises. Bref l’économie et la société chinoise va mal un facteur explicatif supplémentaire à la menace sur la croissance mondiale NDLR

 

Quand trois de vos fervents supporteurs vous indiquent, à quelques heures d’intervalle, que vous foncez droit dans le mur, votre intérêt est de prendre leurs avis en considération. Même si vous vous appelez Xi Jinping et êtes à la tête d’un pays de 1,4 milliard d’habitants. Or, trois hommes d’affaires influents – un industriel européen, un économiste américain et un financier chinois – viennent, chacun de son côté, de tirer la sonnette d’alarme : la Chine va mal, disent-ils.

Commençons par Weijian Shan, le financier chinois. Né en 1954, quelques mois après l’actuel président, il a, comme lui, été envoyé « en rééducation » durant la Révolution culturelle. Mais Weijian Shan a quitté le pays dès la mort de Mao. Direction : les Etats-Unis. Passé par la Banque mondiale, la banque JP Morgan et le fonds d’investissement TPG, il dirige désormais PAG, un fonds d’investissement installé à Hongkong, doté de plus de 50 milliards de dollars (47,5 milliards d’euros) de capital.

Cet ancien administrateur de Lenovo et récemment nommé dans celui d’Alibaba incarne l’ouverture de la Chine sur le monde. Or, dans une vidéo adressée à ses clients – qu’a interceptée le Financial Times –, Weijian Shan estime que la Chine subit actuellement « une crise économique profonde » comparable à ce que l’Occident a vécu en 2008. D’après lui, « l’économie chinoise n’a jamais été dans une forme aussi mauvaise depuis trente ans ». Même constat pour « le mécontentement populaire », qui n’a, selon lui, jamais été aussi élevé depuis les années 1990. S’il reste « confiant à long terme sur la croissance chinoise », il se dit « très prudent » sur d’éventuels investissements financiers dans le pays.

Le deuxième, Stephen Roach, est un ancien président de Morgan Stanley Asie et a gagné beaucoup d’argent grâce à la Chine. Quand, sous Donald Trump, la propagande chinoise avait besoin d’un avocat américain, c’est souvent à lui qu’elle faisait appel.

Jeudi 28 avril, au moment même où le Financial Times révélait les propos de Weijian Shan, cet économiste aussi écouté à Wall Street qu’à Pékin accordait un entretien à SupChina, un média en ligne spécialisé sur la Chine : selon lui, les principaux problèmes chinois – la politique zéro Covid, la proximité avec la Russie, la mise au pas de la tech… – relèvent « d’un processus de prise de décision étonnamment rigide, qui, premièrement, est incapable de reconnaître ses erreurs et, deuxièmement, n’est pas assez souple pour adopter une stratégie différente ». Pour lui, « même un parti unique et un Etat autoritaire ont besoin d’avoir des débats et d’être capables de se regarder dans le miroir ».

La covid va faire plonger l’économie chinoise

La covid va faire plonger l’économie chinoise

 

La politiste Valérie Niquet  juge, dans une tribune au « Monde », que la gestion zéro Covid adoptée par Pékin révèle la fragilité du régime. Une politique qui fait monter le mécontentement dans la population et en même temps qu’il fait plonger l’économie.( Ce qui par parenthèse ne sera pas sans conséquences sur une économie mondiale déjà affectée par une nette tendance à la baisse).

Il y a quelques années, le sinologue François Jullien publiait un Traité de l’efficacité (Grasset, 1996), qui opposait la rigidité occidentale à la faculté d’adaptation, fondée sur la saisie opportune du « bon moment », de la pensée chinoise. Le régime de Pékin a beaucoup vécu de ce type d’illusions, qui servaient aussi à attirer les investisseurs étrangers. Pourtant, dès l’époque maoïste, et à nouveau sous Xi Jinping, c’est un traité de l’inefficacité, une inefficacité dangereuse, qu’il faudrait écrire pour rendre compte des impasses dans lesquelles la République populaire de Chine (RPC) s’est enfoncée.

La dernière de ces impasses est celle du traitement de la pandémie de Covid-19. Loin du pragmatisme, le seul facteur qui a présidé aux prises de décision est celui de l’image et du pouvoir du Parti communiste et de son dirigeant Xi Jinping, qui ne pouvait en rien être contesté ; même au prix d’un coût considérable dont on ne mesure sans doute pas encore l’étendue.

La Chine en effet – si l’on s’en tient aux 4 665 morts officiels depuis le début de la pandémie – a fait bien mieux que le reste du monde. L’économie chinoise a connu en 2021 une croissance de 8 % qui impressionne. Les Jeux olympiques ont pu se tenir, en dépit de la pandémie, de Hongkong et de la répression des Ouïghours dans le Xinjiang.

Tout cela s’effondre devant la flambée du variant Omicron et de ses dérivés, beaucoup plus contagieux que les précédents. La Chine n’est pas la seule à subir cette vague, et elle la subit semble-t-il moins fortement que d’autres, mais il a suffi d’une augmentation inédite du nombre de cas et de morts – ou peut-être de leur plus grande visibilité – pour que l’inanité du fonctionnement du pouvoir chinois soit soudainement exposée aux yeux du monde.

La Chine avait réussi à échapper à une condamnation universelle, après l’irruption à Wuhan de la pandémie de Covid-19, dans des conditions qui ne sont toujours pas éclaircies. On ne parlait plus de ces médecins, lanceurs d’alerte muselés, dont un, le docteur Li Wenliang, sera l’une des premières victimes de la pandémie. Chacun alors s’émerveillait devant la construction en un temps record d’hôpitaux de campagne, véritables vitrines de la supériorité du régime pendant que le reste du monde hésitait.

A l’extérieur, le pyromane se faisait pompier en distribuant des masques le long des nouvelles « routes de la soie de la santé ». Enfin, la Chine pouvait annoncer, la première après la Russie, la production d’un vaccin qui lui aussi serait largement imposé aux pays proches, sommés – comme le Cambodge – de l’accepter.

Politique monétaire chinoise. Pédale douce en 2022

Politique monétaire chinoise. Pédale douce en 2022

 

Pour schématiser pas d’accroissement inconsidéré de la masse monétaire, contrôle des taux d’intérêt, soutien à la croissance et au désendettement des entreprises.

 

Compte tenu d’une croissance relativement molle pour le pays et de graves questions d’endettement notamment dans l’immobilier, la banque centrale chinoise a décidé de se montrer relativement flexible en 2022. Plus clairement elle n’envisage pas une remontée significative des taux d’intérêt. Une politique qui d’ailleurs sera suivie par les autres banques centrales qui sont peu décidées à opérer des relèvements importants de taux d’intérêt en 2022

La  banque centrale entend gérer les taux d’intérêt afin de réduire les coûts de financement des entreprises. La banque centrale mettra également en œuvre une gestion prudente et régulière de la politique de financement du secteur immobilier, réaffirmant une position adoptée lors de la Conférence centrale sur le travail économique au début du mois.

Commerce et politique–L’ambiguïté permanente de la politique chinoise de la France

Commerce et politique–L’ambiguïté permanente de la politique chinoise de la France

 

A la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, Paris doit clarifier ses positions vis-à-vis de Pékin alors même que les pressions chinoises contre des Etats membres de l’UE s’amplifient, relève le chercheur, spécialiste de la Chine, dans une tribune au « Monde ».

 

A la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE), il est urgent de clarifier la politique de la France à l’égard d’un acteur incontournable des relations internationales : la République populaire de Chine. Alors que, à travers le monde et l’Europe, nombre d’Etats actualisent leur politique chinoise, prenant acte de la rupture politique qui s’est opérée en Chine sous la direction du secrétaire général [du Parti communiste chinois] Xi Jinping, la France, elle, ne montre pas de signe d’inflexion. 

Qu’il s’agisse de la répression des Ouïgours, de la brutale reprise en main de Hongkong, de la pression militaire sur Taïwan, ou même des attaques verbales contre des parlementaires, des chercheurs et des médias en France, le gouvernement français réagit peu et, quand il le fait, c’est sous la pression de l’opinion publique ou quand le Parlement l’interroge expressément. Pour ainsi dire, le gouvernement s’exprime davantage à propos de la Chine quand il s’agit de communication de crise à destination interne que si c’était un enjeu central de politique internationale.

Notre politique chinoise est devenue illisible et inaudible, parce que dépassée et insuffisamment exigeante. Elle repose toujours sur l’engagement économique et commercial avec Pékin, en traitant les questions politiques sensibles en coulisse ou en les déléguant à Bruxelles (à l’exception du climat). Or, à l’échelle de l’UE, les pressions chinoises contre des Etats membres se multiplient. Celles-ci requièrent l’élaboration d’une réponse commune et l’expression d’une solidarité intergouvernementale plus claire, à commencer de la part de l’Etat qui préside le Conseil.

La République tchèque, la Slovaquie, la Suède et bien d’autres ont subi ces pressions, mais c’est véritablement la Lituanie sur laquelle il est crucial d’insister. En novembre, l’ouverture d’un bureau de représentation de Taïwan à Vilnius a provoqué l’ire de Pékin. Ce type de représentation existe dans de nombreux autres pays européens, mais sous la dénomination « Taipei », et non « Taïwan », ce qui constitue aux yeux de Pékin une entorse de la Lituanie au « principe d’une seule Chine ». C’est le dernier marqueur en date de la dégradation de la relation bilatérale depuis des mois entre les deux pays. La Chine a rappelé son ambassadeur de façon permanente, puis a interrompu l’ensemble des échanges commerciaux avec l’Etat balte. En outre, des multinationales européennes, y compris françaises, voient maintenant leurs marchandises à destination de la Chine retenues à la douane chinoise, du fait que leur chaîne de valeur passe par la Lituanie. Ce faisant, la Chine rompt avec ses engagements internationaux et fait planer la menace sur un grand nombre d’entreprises européennes commerçant avec elle.

Géostratégie–L’ambiguïté permanente de la politique chinoise de la France

Géostratégie–L’ambiguïté permanente de la politique chinoise de la France

 

A la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, Paris doit clarifier ses positions vis-à-vis de Pékin alors même que les pressions chinoises contre des Etats membres de l’UE s’amplifient, relève le chercheur, spécialiste de la Chine, dans une tribune au « Monde ».

 

A la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE), il est urgent de clarifier la politique de la France à l’égard d’un acteur incontournable des relations internationales : la République populaire de Chine. Alors que, à travers le monde et l’Europe, nombre d’Etats actualisent leur politique chinoise, prenant acte de la rupture politique qui s’est opérée en Chine sous la direction du secrétaire général [du Parti communiste chinois] Xi Jinping, la France, elle, ne montre pas de signe d’inflexion. 

Qu’il s’agisse de la répression des Ouïgours, de la brutale reprise en main de Hongkong, de la pression militaire sur Taïwan, ou même des attaques verbales contre des parlementaires, des chercheurs et des médias en France, le gouvernement français réagit peu et, quand il le fait, c’est sous la pression de l’opinion publique ou quand le Parlement l’interroge expressément. Pour ainsi dire, le gouvernement s’exprime davantage à propos de la Chine quand il s’agit de communication de crise à destination interne que si c’était un enjeu central de politique internationale.

Notre politique chinoise est devenue illisible et inaudible, parce que dépassée et insuffisamment exigeante. Elle repose toujours sur l’engagement économique et commercial avec Pékin, en traitant les questions politiques sensibles en coulisse ou en les déléguant à Bruxelles (à l’exception du climat). Or, à l’échelle de l’UE, les pressions chinoises contre des Etats membres se multiplient. Celles-ci requièrent l’élaboration d’une réponse commune et l’expression d’une solidarité intergouvernementale plus claire, à commencer de la part de l’Etat qui préside le Conseil.

La République tchèque, la Slovaquie, la Suède et bien d’autres ont subi ces pressions, mais c’est véritablement la Lituanie sur laquelle il est crucial d’insister. En novembre, l’ouverture d’un bureau de représentation de Taïwan à Vilnius a provoqué l’ire de Pékin. Ce type de représentation existe dans de nombreux autres pays européens, mais sous la dénomination « Taipei », et non « Taïwan », ce qui constitue aux yeux de Pékin une entorse de la Lituanie au « principe d’une seule Chine ». C’est le dernier marqueur en date de la dégradation de la relation bilatérale depuis des mois entre les deux pays. La Chine a rappelé son ambassadeur de façon permanente, puis a interrompu l’ensemble des échanges commerciaux avec l’Etat balte. En outre, des multinationales européennes, y compris françaises, voient maintenant leurs marchandises à destination de la Chine retenues à la douane chinoise, du fait que leur chaîne de valeur passe par la Lituanie. Ce faisant, la Chine rompt avec ses engagements internationaux et fait planer la menace sur un grand nombre d’entreprises européennes commerçant avec elle.

L’ambiguïté permanente de la politique chinoise de la France

L’ambiguïté permanente de la politique chinoise de la France

 

A la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, Paris doit clarifier ses positions vis-à-vis de Pékin alors même que les pressions chinoises contre des Etats membres de l’UE s’amplifient, relève le chercheur, spécialiste de la Chine, dans une tribune au « Monde ».

 

A la veille de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE), il est urgent de clarifier la politique de la France à l’égard d’un acteur incontournable des relations internationales : la République populaire de Chine. Alors que, à travers le monde et l’Europe, nombre d’Etats actualisent leur politique chinoise, prenant acte de la rupture politique qui s’est opérée en Chine sous la direction du secrétaire général [du Parti communiste chinois] Xi Jinping, la France, elle, ne montre pas de signe d’inflexion.

Qu’il s’agisse de la répression des Ouïgours, de la brutale reprise en main de Hongkong, de la pression militaire sur Taïwan, ou même des attaques verbales contre des parlementaires, des chercheurs et des médias en France, le gouvernement français réagit peu et, quand il le fait, c’est sous la pression de l’opinion publique ou quand le Parlement l’interroge expressément. Pour ainsi dire, le gouvernement s’exprime davantage à propos de la Chine quand il s’agit de communication de crise à destination interne que si c’était un enjeu central de politique internationale.

Notre politique chinoise est devenue illisible et inaudible, parce que dépassée et insuffisamment exigeante. Elle repose toujours sur l’engagement économique et commercial avec Pékin, en traitant les questions politiques sensibles en coulisse ou en les déléguant à Bruxelles (à l’exception du climat). Or, à l’échelle de l’UE, les pressions chinoises contre des Etats membres se multiplient. Celles-ci requièrent l’élaboration d’une réponse commune et l’expression d’une solidarité intergouvernementale plus claire, à commencer de la part de l’Etat qui préside le Conseil.

La République tchèque, la Slovaquie, la Suède et bien d’autres ont subi ces pressions, mais c’est véritablement la Lituanie sur laquelle il est crucial d’insister. En novembre, l’ouverture d’un bureau de représentation de Taïwan à Vilnius a provoqué l’ire de Pékin. Ce type de représentation existe dans de nombreux autres pays européens, mais sous la dénomination « Taipei », et non « Taïwan », ce qui constitue aux yeux de Pékin une entorse de la Lituanie au « principe d’une seule Chine ». C’est le dernier marqueur en date de la dégradation de la relation bilatérale depuis des mois entre les deux pays. La Chine a rappelé son ambassadeur de façon permanente, puis a interrompu l’ensemble des échanges commerciaux avec l’Etat balte. En outre, des multinationales européennes, y compris françaises, voient maintenant leurs marchandises à destination de la Chine retenues à la douane chinoise, du fait que leur chaîne de valeur passe par la Lituanie. Ce faisant, la Chine rompt avec ses engagements internationaux et fait planer la menace sur un grand nombre d’entreprises européennes commerçant avec elle.

 

L’affaire Peng Shuai est significative de la dictature chinoise

L’affaire Peng Shuai est significative de la dictature chinoise

 

 

Un papier du Monde souligne la contradiction entre la dictature chinoise et l’image d’ouverture qu’elle souhaite donner.

Quoi qu’on pense des « témoignages » de vie prodigués après la disparition de la joueuse de tennis, la Chine n’a pas pu ignorer les pressions extérieures pour maintenir sa réputation de « grand-pays-ouvert-sur-l’extérieur ».

 

Chronique. Un court instant, quelques minutes, l’Empire a été sur la défensive. Une petite jeune femme défiait « le Parti ». La très masculine direction chinoise a dû s’inquiéter. On ne prend pas à partie l’un de ses membres, surtout quand il s’agit de vie privée. Secret d’Etat. Il en va de l’image, régulièrement sanctifiée par Xi Jinping, d’un groupe dirigeant qui, personne n’en doute, n’a qu’une préoccupation : la grandeur de la Chine.

L’histoire de Peng Shuai ressemble à l’un de ces contes populaires, comme il y en a sûrement en Chine, où le faible s’attaque au puissant sans qu’on sache au départ quelle en sera la fin. A bien des égards, cette histoire est exemplaire de la Chine du président Xi. Elle illustre les paradoxes du « modèle chinois » – et, incidemment, elle dit quelque chose du tennis professionnel d’aujourd’hui.

Rappel des faits. Le 2 novembre, sur son compte Weibo, Peng Shuai, 35 ans, qui a talonné les dix premières places du tennis mondial, accuse l’un des grands pontes du Parti communiste chinois (PCC), aujourd’hui retraité, d’agression sexuelle. Si elle n’a pas de « preuves » à apporter, elle assure ne plus pouvoir garder pour elle une histoire qui la hante. Son post reste dix minutes en ligne avant d’être censuré, mais il a fait l’objet de nombreuses captures d’écran : le texte de la jeune femme ne passe pas inaperçu à l’étranger.

Sommé de réagir

Deux semaines durant, on ne sait plus rien d’elle. Assignée à résidence ? Interrogée par la police ? Le milieu du tennis s’inquiète. Les plus grands champions, femmes et hommes, demandent des nouvelles. Le pouvoir chinois est sommé de réagir. Il n’a pas pour habitude de céder à la pression extérieure. Seulement, les Jeux olympiques (JO) d’hiver 2022, hébergés par la Chine, sont dans deux mois.

Alors, sans doute pilotées et mises en scène, des nouvelles arrivent, mi-novembre : un message écrit puis des clips filmés de Peng Shuai, enfin une conversation de l’ex-championne avec Thomas Bach, l’Allemand qui préside le Comité international olympique (CIO). Message ainsi relayé : Peng Shuai va bien, elle est à la maison, elle aimerait qu’on la laisse tranquille…

Quoi qu’on pense de ces « témoignages », un fait est là : le PCC a dû répondre. Il n’a pas pu ignorer la pression extérieure. Il en allait de la réputation de la Chine-grand-pays-ouvert-sur-l’extérieur, de son image de superpuissance accueillant certaines des plus importantes manifestations sportives du siècle. Pas question de risquer un boycottage sportif, les JO approchent.

Les économies française et chinoise: L’impossible découplage ?

 Les économies française et chinoise:L’impossible découplage ?

 

L’économiste Mary-Françoise Renard relativise, dans une tribune au « Monde », la dépendance de l’économie française vis-à-vis de la Chine, en soulignant la diversité des situations selon les secteurs.

 

Tribune. 

 

La crise sanitaire et les tensions géopolitiques actuelles ravivent en Europe et en France les inquiétudes vis-à-vis de la mondialisation en général et des relations économiques avec la Chine en particulier. Doit-on, et peut-on, découpler les économies française et chinoise ?

En fait, la dépendance de la France vis-à-vis de la Chine est assez modérée. En 2020, la Chine représentait 4 % de nos exportations et 7 % de nos importations. Ces chiffres sont respectivement de 5 % et 9 % pour l’Union européenne. Ces résultats globaux masquent cependant de grandes disparités sectorielles. Ainsi, l’agroalimentaire représente 18,7 % des
exportations françaises vers la Chine en 2020, et l’automobile seulement 1,2 %. De même, les investissements chinois ne représentent qu’environ 5 % du stock d’investissements étrangers en Europe ; mais alors qu’ils s’étaient précédemment orientés vers une grande diversité de secteurs, ils se concentrent de plus en plus sur des secteurs stratégiques pour l’économie chinoise, comme les ports. Ils ont cependant baissé de 45 % entre 2019 et 2020, dans un contexte de crise économique mais aussi de contrôle beaucoup plus strict des Européens.

Découpler les économies française et chinoise consisterait à produire sur le territoire national ce qui était produit en Chine et importé par les entreprises françaises. Il est aussi possible de diversifier nos partenaires commerciaux afin d’être moins dépendants de la Chine, et de limiter les investissements chinois en France et en Europe, surtout dans les secteurs stratégiques. Ceci est aujourd’hui d’autant plus à considérer que le programme du président chinois Xi Jinping, dit de « circulation duale », vise notamment à être moins tributaire des investissements étrangers et à avoir une insertion internationale de l’économie chinoise ciblée sur des secteurs prioritaires stratégiques.

Mais la relocalisation des activités sur le territoire national recouvre des situations très hétérogènes selon les secteurs, mais également selon les entreprises au sein d’un même secteur. Si une délocalisation a eu pour motif l’accès au marché chinois, la probabilité d’une relocalisation sur le territoire national est bien sûr très faible. Lorsque Michelin construit une usine en Chine, c’est pour être au plus prêt des consommateurs chinois. Une relocalisation en France lui ferait perdre en grande partie de sa compétitivité et de ses parts de marché.

Il en est de même lorsque les délocalisations visent à bénéficier de bas coûts de main-d’œuvre. La hausse des coûts salariaux en Chine a d’ailleurs plutôt incité les entreprises françaises à se tourner vers le Vietnam ou le Bangladesh qu’à relocaliser en France… Les coûts environnementaux sont aussi une cause de délocalisation pour des secteurs très polluants, comme la chimie. Dans ce cas, une relocalisation est toutefois envisageable si une taxe carbone est instaurée aux frontières, afin que les entreprises ne soient pas défavorisées en s’adaptant aux normes environnementales européennes.

 

L’Europe malade de la dépendance économique chinoise

Par Jonathan Holslag, spécialiste des relations internationales, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

Décembre 1858 : le journal satirique Le Charivari publie la caricature d’un gros bourgeois chinois avalant de l’opium servi par un marchand européen. L’empire du Milieu se trouve alors littéralement à genoux, dépendant de l’opium importé de l’Ouest. Pourtant, des réformateurs chinois avaient averti de cette dangereuse dépendance. « Si l’agression militaire peut ruiner un peuple, suggérait l’entrepreneur Zheng Guanying (1842-1922), il est clair que l’agression commerciale peut ruiner un peuple invisiblement. »

2021 : le vent aurait-il tourné ? L’Europe serait-elle à son tour tombée dans le piège de la décadence et de la dépendance auxquelles la Chine a échappé par son ambitieuse politique d’industrialisation ? L’Europe sera-t-elle capable de résister à l’offensive commerciale de Pékin, qui sera inévitablement suivie par la croissance de son influence politique et militaire ? Le problème de l’Europe n’est même pas qu’elle ne voit pas le péril, mais qu’elle ne sait plus comment réagir.

 

Certes, l’Europe et la France ont empêché le géant des télécoms Huawei de se nicher dans leurs réseaux 5G. Une loi française de 2020 a exclu l’entreprise des parties vitales du réseau et des grandes villes. Mais cela n’a pas stoppé la « route de la soie numérique ». Orange, par exemple, a affirmé son intention de poursuivre sa coopération avec Huawei pour maximiser sa marge de manœuvre dans les autres Etats membres et pénétrer le marché africain. L’opérateur français s’est associé avec une autre entreprise chinoise pour tirer un câble sous-marin du Pakistan à Marseille…

La limitation des activités de Huawei n’est qu’une bataille dans la vaste guerre de pouvoir économique et, plus largement, de domination mondiale. L’Europe tend à se focaliser sur des batailles limitées et à ne prendre que des mesures limitées, alors que la stratégie chinoise est de long terme et globale. Sur le contrôle des investissements stratégiques, la réponse européenne paraît forte, mais sa mise en œuvre dépend de chaque Etat membre, qui manquent souvent de moyens et de volonté. De plus, l’approche chinoise devient plus inventive, utilisant les fonds d’entreprises intermédiaires ou se limitant à des participations minoritaires.

L’Europe se fie à ses mesures de défense commerciale, comme les procédures antidumping, alors même qu’elles sont rarement utilisées et que la Chine recourt beaucoup à d’autres moyens pour promouvoir ses exportations, comme les crédits à l’export, la manipulation de sa monnaie, sa politique industrielle et la protection de son vaste marché pour renforcer sa place centrale dans les chaînes de production. Pour l’Europe, le commerce reste une matière technocratique ; pour la Chine, c’est une question stratégique.

Un autre grand patron tech chinoise viré

Un autre grand patron  tech chinoise viré

 

Le fondateur de JD.com, Richard Liu, n’est pas viré  à proprement parler mais mis dans un placard. D’autres grands patrons chinois ont déjà subi le même sort.

.En mars dernier, Colin Huang, fondateur et président de la plateforme Pinduoduo, rivale de JD.com et d’Alibaba, avait renoncé à son statut d’actionnaire de référence du groupe. Quelques mois auparavant, il avait confié la direction opérationnelle de Pinduoduo à Chen Lei, qui a depuis repris la fonction de président. Sans parler du grand patron qui a été purement et simplement tué: Lai Xiaomin, ancien patron du conglomérat financier China Huarong condamné notamment pour bigamie. À noter aussi la mise à l’écart du grand patron d’Alibaba.

Risque d’écroulement des valeurs de la tech chinoise

Risque d’écroulement des valeurs de la tech chinoise

 

Un article du Wall Street Journal évoque le risque d’écroulement des valeurs de la tech chinoise totalement reprise en main par le parti communiste. (Extrait)

 

 

Ces derniers mois, Pékin a dynamité ce qui aurait pu être la plus grosse introduction en Bourse de l’histoire, ouvert des enquêtes sur plusieurs géants technologiques et fait disparaître plus de mille milliards de dollars de capitalisation pendant que les investisseurs cherchaient à se couvrir comme ils pouvaient.

Et tout porte à croire que ce n’est pas fini.

Investisseurs, analystes et chefs d’entreprise en sont convaincus : l’offensive du gouvernement, destinée à remettre les entreprises privées dans le droit chemin de l’Etat (et veiller à ce qu’elles servent les intérêts économiques, sociaux et de sécurité nationale du Parti communiste), ne fait que commencer.

Xi Jinping a de grandes ambitions pour la Chine, des ambitions qui risquent d’avoir des conséquences graves et imprévisibles sur les entreprises, affirment ces observateurs. Et satisfaire les investisseurs étrangers n’en fait pas partie.

Les risques se sont accrus pour ceux qui ont déversé des milliards de dollars dans les très dynamiques entreprises chinoises, en espérant miser sur le seul secteur technologique capable de concurrencer la Silicon Valley

Selon un rapport de Goldman Sachs daté du 29 juillet, les régulateurs ont (ou auraient) lancé plus de 50 procédures sur des questions de concurrence, de finance, de sécurité des données et d’égalité des chances depuis le mois de novembre, soit plus d’une par semaine.

Parmi elles, le sabotage de la méga-introduction en bourse d’Ant Group, l’amende record de 2,8 milliards de dollars infligée à Alibaba et le rejet d’un projet de fusion mené par Tencent.

Pas question de trêve estivale : une enquête de cybersécurité visant Didi Global a été ouverte quelques jours après que la plateforme de VTC entre en Bourse à New York, et il a été décidé (sans préavis) que les cours particuliers devaient désormais relever d’organisations à but non lucratif. Les secteurs de l’immobilier et la livraison de repas sont également dans la ligne de mire.

Mardi, un journal chinois proche de l’agence de presse officielle Xinhua a critiqué les jeux en ligne, les qualifiant d’« opium de l’esprit », des propos qui ont fait craindre un assaut du régulateur contre Tencent et ses jeux très appréciés des Chinois. Signe de la fébrilité des investisseurs, l’article a provoqué un effondrement de son cours de Bourse. Il a ensuite disparu du site, avant d’être republié dans une version édulcorée, sans référence à l’opium.

Le même jour, le département de propagande du parti, qui décide quels livres, films et jeux peuvent sortir dans le pays, a adopté une règle limitant le rôle des algorithmes dans la diffusion de contenus, une décision qui pourrait pénaliser des entreprises comme ByteDance et Tencent.

Le département n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Le gouvernement chinois s’est peu exprimé sur les différentes enquêtes en cours, et ne s’est pas montré plus prolixe concernant leur date de conclusion. Dans certains cas, les détails ne sont pas encore arrêtés.

Les salariés de plusieurs entreprises technologiques ont raconté que les autorités ont passé des dossiers au peigne fin et posé des questions sur la façon dont les données étaient collectées. Des contrats et des documents financiers ont été saisis par les enquêteurs, ainsi que des e-mails et des communications internes.

Certaines entreprises ont aussi été informées qu’en vertu des règles de lutte contre les monopoles, elles devaient réduire leur part de marché.

Mais ce qui inquiète particulièrement les investisseurs et les dirigeants de ces entreprises, c’est l’impression que les régulateurs, eux-mêmes, ne savent pas jusqu’où tout cela peut aller.

Fin juillet, de nouvelles règles ont été édictées ; elles imposent notamment le versement d’un salaire minimum et la fourniture d’une assurance maladie aux livreurs. Quand les entreprises concernées ont contacté les autorités pour avoir plus de précisions, on leur a répondu que les autorités cherchaient elles aussi à en savoir plus, a indiqué l’une des sources.

La Chine est coutumière des revirements soudains dans sa réglementation en fonction des objectifs à long terme. Avec, parfois, des conséquences graves. En décembre 2020, le régulateur bancaire a ainsi annoncé qu’après une opération lancée en 2018, le secteur des prêts entre particuliers avait été « supprimé ».Les dernières initiatives de Pékin sont portées par des ambitions bien plus grandes, et une volonté manifeste d’agir.

Après un passage à vide en raison de la Covid-19, l’activité est repartie grâce aux exportations : les dirigeants ont donc plus de marge de manœuvre pour les réglages économiques et les questions qui agacent les investisseurs étrangers. Au premier semestre, le produit intérieur brut (PIB) a bondi de 12,7 %, ce qui devrait permettre à la Chine de dépasser son objectif de croissance annuelle (6 %).

Parallèlement, les tensions avec les Etats-Unis n’ont pas baissé avec l’arrivée de Joe Biden à la présidence, ce qui conforte Pékin dans sa volonté de se concentrer sur la sécurité et l’autosuffisance.

Dans ce contexte, Xi Jinping avance avec détermination sur des priorités sociales, économiques et de sécurité nationale qui patinent souvent depuis des années.

« Ce n’est pas la première fois que les régulateurs chinois changent totalement de cap », indique Robin Xing, économiste en chef pour la Chine chez Morgan Stanley.

Dans le secteur technologique, les craintes de la Chine sont assez similaires à celles qui agitent les régulateurs en Occident : pouvoir de marché, utilisation des données, entre autres choses. Pékin considère aussi que le pouvoir du secteur pourrait menacer le sien, d’où la tendance répressive.

Pour les investisseurs, il est intéressant de comprendre le pourquoi du comment, mais cela ne fait pas tout, estime Logan Wright, responsable de la recherche sur les marchés chinois chez Rhodium.

« Cela ne modifie pas fondamentalement l’idée que le risque réglementaire est voué à augmenter, et c’est très loin d’être fini », souligne-t-il.

Et il y a des limites à ce que le gendarme de la bourse peut faire pour rassurer les investisseurs sur les projets chinois, estime Lyndon Chao, responsable des actions de l’association asiatique des valeurs mobilières et des marchés financiers, une organisation qui regroupe des banques, des courtiers et des gestionnaires d’actifs.

« Il s’agit de politiques de très haut niveau, qui sont portées par des questions de sécurité nationale et de prospérité partagée, ajoute-t-il. La CSRC peut essayer de faire illusion et d’apaiser les marchés, mais elle n’a aucun pouvoir sur ces politiques. »

Pourtant, selon lui, « les dirigeants s’intéressent au sort des investisseurs étrangers, parce qu’ils savent que, dans le contexte actuel de concurrence frontale entre les Etats-Unis et la Chine, ils doivent se faire des amis et influencer les gens ».

Les inquiétudes ont également été attisées par la crainte de voir ces entreprises sortir de la Bourse ou encore des inquiétudes sur la viabilité des structures juridiques utilisées par bon nombre de groupes chinois.

En vertu d’une loi adoptée en 2020, à l’époque de l’administration Trump, les entreprises chinoises risquent d’être exclues des places boursières américaines si elles refusent de transmettre certains documents aux autorités américaines. Pour Pékin, cela veut dire prendre le risque que des données précieuses, notamment des informations sur les clients et les organismes publics chinois, figurent dans ces documents et finissent entre les mains d’un gouvernement étranger.

La décision qui a récemment frappé le secteur des cours particuliers a mis en lumière les « variable interest entities », des structures juridiques utilisées par les entreprises chinoises présentes dans des secteurs sensibles pour se coter à l’étranger.

Entre le point haut de février et maintenant, les six plus grandes entreprises technologiques chinoises, dont Alibaba et Tencent, ont vu s’envoler quelque 1 100 milliards de dollars de valorisation, soit une chute de plus de 40 %.

Les stratégistes de BofA Securities ont récemment recommandé aux investisseurs de sortir des valeurs de croissance chinoises et de se tourner vers d’autres pays de la zone Asie-Pacifique

Les stratégistes de BofA Securities ont récemment recommandé aux investisseurs de sortir des valeurs de croissance chinoises et de se tourner vers d’autres pays de la zone Asie-Pacifique, estimant que le positionnement des investisseurs étrangers sur ces titres n’était « pas compatible avec les stratégies qui se profilent ».

Certains investisseurs et analystes considèrent cependant les évolutions récentes comme positives à terme pour la Chine, et estiment qu’il y a donc des opportunités d’investissement. Les entreprises cotées sur les marchés de Shanghai et Shenzhen sont souvent présentes dans des secteurs plus proches des priorités nationales, comme les semi-conducteurs, les véhicules électriques ou l’intelligence artificielle.

Wim-Hein Pals, responsable de l’équipe marchés émergents chez Robeco, un gestionnaire d’actifs, affirme que la Chine reste un pays intéressant. « Il était très simple de gagner de l’argent en Chine, estime-t-il. Cette idée a clairement été battue en brèche ces derniers temps, et il était temps. »

La tech chinoise sous la tutelle du parti communiste

La tech chinoise sous la tutelle du parti communiste

 

 

Editorial du « Monde » (extrait).

 

 La mise au pas du high-tech chinois par le régime de Xi Jinping n’est pas nouvelle mais elle est en train de prendre une ampleur inédite. Ces derniers jours, les fleurons du secteur ont subi un sérieux tour de vis réglementaire qui a provoqué une vague de défiance parmi les investisseurs internationaux. Alors que ces entreprises promettaient jusque-là des taux de croissance attractifs, l’heure est au doute aujourd’hui. En quelques jours, leur capitalisation boursière s’est effondrée de plusieurs centaines de milliards d’euros.

Les attaques portées contre ces géants chinois de l’Internet sont tous azimuts. Il y a quelques mois, Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, le numéro un du commerce électronique, avait déjà subi les foudres du régime, l’obligeant à renoncer brutalement à l’introduction en Bourse d’Ant, sa filiale spécialisée dans les prêts financiers.

Aujourd’hui, d’autres entreprises sont dans le collimateur du gouvernement. Didi, le leader chinois de services de voitures de transport avec chauffeur, a fait l’objet d’une enquête approfondie de cybersécurité, jetant ainsi le discrédit sur la société au lendemain de ses débuts en Bourse. De leur côté, les entreprises du secteur de l’éducation privée doivent se transformer en sociétés à but non lucratif. Quant aux jeux vidéo, ils sont désormais considérés par la propagande officielle comme un « opium du peuple ». Tencent, qui réalise un tiers de son chiffre d’affaires dans cette activité, a lourdement chuté en Bourse.

 

Pour justifier son offensive régulatrice, Pékin dit vouloir lutter contre des entraves à la concurrence, tout en veillant à la sécurité des données personnelles et au respect des droits des utilisateurs. La formulation est surprenante de la part d’un pouvoir qui multiplie les atteintes à la vie privée pour asseoir son propre monopole politique.

Par ailleurs, il est légitime de s’interroger sur la valeur à accorder au droit de la concurrence dans un pays où les règles peuvent changer d’une semaine à l’autre en fonction des intérêts du pouvoir politique. Quant à la sécurité nationale, invoquée à tout bout de champ, les contours sont si flous sur le plan juridique qu’ils laissent libre cours à toutes les interprétations.

 

Que le high-tech soit sous la surveillance grandissante des gouvernements n’est pas spécifique à la Chine. Depuis des années, l’Union européenne et, plus récemment, les Etats-Unis cherchent à réguler le secteur. La différence est que cette reprise en main se déroule dans le cadre d’un Etat de droit, parfois au prix de procédures longues et fastidieuses mais qui garantissent le respect de la propriété privée.

Xi Jinping a choisi une autre voie, plus radicale. Les investisseurs occidentaux doivent plus que jamais se poser la question de la compatibilité de la nature du régime avec le fonctionnement d’une économie de marché. En Chine, celle-ci a tendance à se transformer en un théâtre d’ombres.

Politique–La diplomatie chinoise des « loups combattants »

Politique–La diplomatie chinoise des « loups combattants »

Il y a quelque chose d’inquiétant et en même temps désuet dans la stratégie de la Chine qui consiste notamment  à nommer un peu partout dans le monde des loups combattants comme ambassadeurs. C’est le cas en France et bientôt aux États-Unis. Des ambassadeurs qui ne se limitent pas à gérer les liens diplomatiques entre deux Etats mais qui se comportent en militants pour critiquer la gestion interne des Etats où ils ont été nommés.

Cette agressivité a pourtant peu de chances d’être efficace tellement elle est grossière et peu crédible dans des pays développés nourris de démocratie. De ce point de vue , la propagande chinoise avec ses gros sabots rappelle un peu les années 50 et montre le décalage culturel énorme entre les responsables communistes chinois et la société mondiale contemporaine

 

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