Archive pour le Tag 'chinois'

Nucléaire : Areva sauvée par les Chinois

Nucléaire : Areva sauvée par les Chinois

 

Il est clair que l’accord passé avec les Chinois pour le retraitement de combustible nucléaire usé offre un sérieux ballon d’oxygène à Areva, Areva désormais recentré sur la gestion des combustibles usagés alors que le département réacteur a été transféré à EDF. Certes il reste encore la délicate question de la recapitalisation d’Areva mais l’accord sauve Areva pour des dizaines d’années.  Un chantier, colossal, devrait débuter en 2020 et durer une décennie. La première future usine franco-chinoise pourrait traiter jusqu’à 800 tonnes de combustibles usés par an, permettant d’en recycler une partie sous forme de « MOX », un mélange de plutonium usagé et d’uranium, selon les technologies développées par New Areva, désormais recentré sur la gestion du cycle du combustible, sur son site de La Hague en France (dans la Manche). En Chine, il s’agira du tout premier site de retraitement des déchets radioactifs, aujourd’hui stockés dans des piscines temporaires, malgré l’existence de 38 réacteurs en activité ainsi que de 20 en construction, soit un tiers des réacteurs en chantier dans le monde, selon la World Nuclear Association, qui en dénombre également une quarantaine « en projet ». Dans environ six mois devrait notamment être mis en fonction le réacteur EPR construit par EDF dans le sud de la Chine, a également annoncé mardi la présidence française. Il représenterait ainsi le premier EPR opérationnel dans le monde, avant ceux en chantier à Flamanville (France) et en Finlande, qui ont subi de nombreux retards et surcoûts.

Les Etats-Unis refusent l’achat de Moneygram par le chinois Alibaba

Les Etats-Unis refusent l’achat de Moneygram par le chinois Alibaba

 

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Un refus motivé par l’intérêt national et le risque de voir les chinois disposer des données financières des citoyens américains. Le spécialiste américain des paiements électroniques MoneyGram International et Ant Financial Services, bras financier du géant chinois du commerce en ligne Alibaba Group Holding, ont annoncé mardi renoncer à leur projet de fusion en raison de l‘opposition des autorités américaines. Dans un communiqué commun, les deux groupes expliquent que l‘offre de 1,2 milliard de dollars (près de 1,0 milliard d‘euros) d‘Ant Financial sur MoneyGram n‘a pas reçu l‘aval du Comité américain des investissements étrangers (CFIUS). Ce dernier se prononce sur les opérations transfrontalières susceptibles de poser un risque pour la sécurité nationale. “Malgré nos efforts incessants pour travailler de manière constructive avec le gouvernement américain, il est maintenant devenu clair que le CFIUS n‘autorisera pas cette fusion”, a déclaré Alex Holmes, le directeur général de MoneyGram. L‘action MoneyGram chutait de 8,5% à 12,06 dollars dans les échanges d‘après-Bourse à Wall Street, à un plus bas de près d‘un an. Selon des sources proches du dossier, MoneyGram et Ant ont proposé à trois reprises des concessions pour tenter d‘obtenir le feu vert du CFIUS, dont les inquiétudes portaient principalement sur la sécurité de données pouvant servir à identifier des citoyens américains.

La menace du chinois C919 pour Airbus et Boeing

La menace du chinois C919 pour Airbus et Boeing

Deuxième prototype pour l’avion chinois C919 commercialisables à partir de 2020 et  qui doit concurrencer Airbus et Boeing sur le créneau le plus porteur. La Chine a l’ambition de donner le jour à un concurrent de Boeing et Airbus, qui se partagent pour l’instant le marché mondial de l’aéronautique civile. Cet avion est en effet un moyen-courrier moderne, doté d’un rayon d’action de 5 500 km et pouvant emporter jusqu’à 168 passagers. Il est donc en concurrence frontale avec le B732 de Boeing ou l’A320 d’Airbus, les avions les plus vendus au monde, au cœur du marché. Le C919 est équipé d’un moteur Leap-1c, produit de l’américain General Electric et du français Safran. Safran, qui fournit également 725 harnais électriques et 52 km de câbles dans chaque appareil,  Le C919 embarque également des toboggans et des toilettes fournies par Zodiac Aerospace, des trains d’atterrissages Liebherr, un calculateur des commandes de vol électriques Honeywell, des pneus Michelin ou des pièces usinées par Figeac-Aero.  Le fabricant chinois annonce avoir reçu 570 commandes de 23 clients pour cet appareil et avoir l’ambition d’en vendre 2000 d’ici à 2030. En comparaison, Airbus dispose d’un carnet de commandes de 5 500 A320 ce qui lui assure plus d’une dizaine d’années d’activité. Et Boeing se trouve dans une situation identique. La bataille se fera également sur le prix pour cet avion qui vaut au tarif catalogue une centaine de millions d’euros. Le C919 a effectué son vol inaugural le 5 mai dernier, après plusieurs reports. Il a accompli son premier vol longue distance le 10 novembre, en parcourant plus de 1.300 km entre Shanghai et Xian en deux heures 23 minutes et en atteignant l‘altitude de 7.800 mètres. Son fabricant, Comac (Commercial Aircraft Corp of China) a estimé que le vol inaugural était une étape cruciale en vue d‘obtenir le certificat de navigabilité.

L’Aéroport de Toulouse vendu aux Chinois ?

L’Aéroport de Toulouse vendu aux Chinois ?

Visiblement les Chinois continuent  de faire leurs courses en France y compris en matière d’investissements stratégiques. Dernier exemple en date l’aéroport de Toulouse déjà détenu à 49,99 % par les Chinois et qui pourrait racheter les 10 % de parts de l’État avec le consentement de ce dernier. Il faut rappeler que les investissements étrangers concernant les infrastructures en Chine sont interdits ! Mais la France reste très ouverte au commerce et aux investissements chinois. Les échanges de biens sont particulièrement déséquilibrés entre la France et la Chine. La Chine qui exporte chaque année environ 46 milliards et la France une quinzaine. Un résultat qui tient compte des écarts de compétitivité mais aussi du soutien artificiel de l’État chinois à des entreprises en surcapacités de production. (Ce qui a justifié notamment l’augmentation considérable des droits de douane de la part des États-Unis sur l’acier et l’aluminium). Les importations concernent  avant tout des produits électroniques. D’abord, tout ce qui touche les téléphones portables. Nous en achetons pour plus de 5.5 milliards, suivi de très près de l’informatique. Beaucoup plus loin derrière on trouve les vêtements avec quand même de gros volumes. Côté français, la meilleure vente française c’est notre aéronautique, des avions Airbus l’an dernier. C’est le tiers de nos exportations vers la Chine. Viennent ensuite les céréales et les médicaments. Des exportations qui restent très en dessous de nos importations. Notre déficit commercial continue de se creuser »,   La Chine ne se contente pas de ce déséquilibre commercial à son profit, elle prend aussi des bardes plus importantes dans les investissements français, des investissements dans les entreprises mais aussi des investissements dans les terres agricoles. Certes La Chine ne pèse que 2% de l’investissement total étranger en France mais chaque année, des fleurons de l’économie nationale passent sous le contrôle partiel ou total des investisseurs du pays communiste. Ainsi par exemple  Dongfeng est devenu le premier actionnaire du groupe PSA à la faveur de la crise traversée par le groupe en 2014. De même, la compagnie aérienne China Eastern Airlines vient d’acquérir 10% d’Air France-KLM. En juin dernier, le fonds Fortune Fountain Capital (FFC) s’est emparé de Baccarat, une entreprise lorraine âgée de 250 ans. Dans la mode, les marques Sandro, Maje ou Sonia Rykiel sont également passées sous pavillon chinois. Le groupe Jinjiang, leader de l’hôtellerie sur son marché, a franchi le seuil des 15% du capital d’Accor. En 2014, Il a déjà racheté la Louvre Hotels Group, qui possède des établissements de luxe et des chaînes grand public, comme Campanile ou Golden Tulip. Il vient également d’annoncer la prise de contrôle majoritaire du réseau français Hôtels & Préférence qui fédère 140 établissements de luxe dans le monde. Le Club Med. Fosun est devenu l’actionnaire unique du champion des clubs de vacances. Les infrastructures sont aussi dans le viseur. De futures têtes de pont pour les entreprises et les marchandises en provenance d’Asie. Sur le modèle du Pirée, en Grèce, 14 hectares d’entrepôts du port du Havre sont passés sous contrôle chinois. Comme les 600 hectares de l’ancienne base américaine de Châteauroux, qui entourent un aéroport dédié notamment aux formations des pilotes d’Air France et à l’entretien des avions de ligne comme l’A380. Mais l’acte le plus fort reste le choix surprise, en 2016, d’un financier de Hongkong pour prendre le contrôle de l’aéroport de Blagnac au moment de sa privatisation. Et pour conforter cette prise de contrôle l’état s’apprêterait à vendre les 10 % de parts qu’il détient de sorte que les Chinois détiendraient la majorité du capital de l’aéroport de Toulouse.  L’aéroport de Toulouse pourrait connaître un nouveau tournant au printemps 2018. (Crédits : Rémi Benoit)Dans six mois, l’État pourra vendre ses 10,01 % de parts restantes dans l’aéroport de Toulouse, avec la possibilité que l’actionnaire chinois devienne majoritaire dans la plateforme. Le pacte d’actionnaires conclu au moment de la cession entre l’État et Casil Europe pourrait compromettre le front commun mis en oeuvre par les actionnaires locaux. « On a le sentiment que l’État prépare le terrain pour mettre en oeuvre l’option de vente de ses parts restantes de l’aéroport », estime Pascal Boureau. Le représentant du Conseil départemental de Haute-Garonne au sein du conseil de surveillance de la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB) s’interroge après les propos tenus la semaine dernière par Bruno Le Maire. Le ministre de l’Économie a été interpellé à l’Assemblée nationale par le député (Modem) de la 2e circonscription de Haute-Garonne Jean-Luc Lagleize sur le devenir de la plateforme aéroportuaire. Pour rappel, en avril 2015, l’État a cédé 49,99% des parts d’ATB à l’actionnaire chinois Casil Europe. À compter du 18 avril 2018, l’État aura six mois (renouvelable une fois) pour décider s’il met en oeuvre l’option de vente à Casil Europe de ses 10,01% de parts restantes. Avec 60% des parts, l’investisseur chinois deviendrait alors majoritaire au sein du capital de l’aéroport.  À l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie est loin d’exclure ce désengagement total de l’État : «Ce qui compte au final n’est pas de savoir si l’aéroport est public ou privé, mais qu’il puisse avoir de l’activité et des investissements afin de rester moderne et innovant, a répondu Bruno Le Maire à Jean-Luc Lagleize. L’État conserve d’autres moyens d’interventions : les normes, les règles et la distribution des créneaux pour les compagnies aériennes». Pour Christophe Lèguevaques, l’avocat du collectif contre la privatisation d’ATB, « les propos de Bruno Le Maire ne sont là que pour amuser la galerie. La messe est dite depuis le 4 décembre 2014 via la signature du pacte d’actionnaires entre l’État et Casil Europe qui contraint l’État à voter à chaque fois dans le sens des propositions de l’actionnaire chinois.

 

Investissements : les Chinois font leur marché en France

Investissements : les Chinois font leur marché en France

Il est clair que les échanges de biens sont particulièrement déséquilibrés entre la France et la Chine. La Chine qui exporte chaque année environ 46 milliards et la France une quinzaine. Un résultat qui tient compte des écarts de compétitivité mais aussi du soutien artificiel de l’État chinois à des entreprises en surcapacités de production. (Ce qui a justifié notamment l’augmentation considérable des droits de douane de la part des États-Unis sur l’acier et l’aluminium). Les importations concerne  avant tout des produits électroniques. D’abord, tout ce qui touche les téléphones portables. Nous en achetons pour plus de 5.5 milliards, suivi de très près de l’informatique. Beaucoup plus loin derrière on trouve les vêtements avec quand même de gros volumes. Côté français, la meilleure vente française c’est notre aéronautique, des avions Airbus l’an dernier. C’est le tiers de nos exportations vers la Chine. Viennent ensuite les céréales et les médicaments. Des exportations qui restent très en dessous de nos importations. Notre déficit commercial continue de se creuser »,   La Chine ne se contente pas de ce déséquilibre commercial à son profit, elle prend aussi des bardes plus importantes dans les investissements français, des investissements dans les entreprises mais aussi des investissements dans les terres agricoles. Certes La Chine ne pèse que 2% de l’investissement total étranger en France mais chaque année, des fleurons de l’économie nationale passent sous le contrôle partiel ou total des investisseurs du pays communiste. Ainsi par exemple  Dongfeng est devenu le premier actionnaire du groupe PSA à la faveur de la crise traversée par le groupe en 2014. De même, la compagnie aérienne China Eastern Airlines vient d’acquérir 10% d’Air France-KLM. En juin dernier, le fonds Fortune Fountain Capital (FFC) s’est emparé de Baccarat, une entreprise lorraine âgée de 250 ans. Dans la mode, les marques Sandro, Maje ou Sonia Rykiel sont également passées sous pavillon chinois. le groupe Jinjiang, leader de l’hôtellerie sur son marché, a franchi le seuil des 15% du capital d’Accor. En 2014, Il a déjà racheté la Louvre Hotels Group, qui possède des établissements de luxe et des chaînes grand public, comme Campanile ou Golden Tulip. Il vient également d’annoncer la prise de contrôle majoritaire du réseau français Hôtels & Préférence qui fédère 140 établissements de luxe dans le monde. le Club Med. Fosun est devenu l’actionnaire unique du champion des clubs de vacances. Les infrastructures sont aussi dans le viseur. De futures têtes de pont pour les entreprises et les marchandises en provenance d’Asie. Sur le modèle du Pirée, en Grèce, 14 hectares d’entrepôts du port du Havre sont passés sous contrôle chinois. Comme les 600 hectares de l’ancienne base américaine de Châteauroux, qui entourent un aéroport dédié notamment aux formations des pilotes d’Air France et à l’entretien des avions de ligne comme l’A380. Mais l’acte le plus fort reste le choix surprise, en 2016, d’un financier de Hongkong pour prendre le contrôle de l’aéroport de Blagnac au moment de sa privatisation. Enfin, plus récemment, les Chinois se sont pris de passion pour l’agroalimentaire et notamment les produits laitiers. Fosun (encore!) et Sanyuan ont acquis les laiteries Saint-Hubert. Biostime s’est associée à la coopérative d’Isigny pour financer la création d’une usine de lait infantile…

 

Investissements chinois sous surveillance

Investissements chinois sous surveillance

En quatre ans, Pékin a multiplié par huit ses acquisitions et dépensé 35 milliards d’euros en Europe l’an dernier. En France, ces investissements sont étroitement surveillés. et depuis peu dans les bureaux de la Commission de Bruxelles. Après le port du Pirée en Grèce, le constructeur automobile suédois Volvo, les pneus Pirelli en Italie, le Club Med en France ou la pépite allemande de la robotique Kuka, sur quels actifs stratégiques et marques emblématiques les entreprises et milliardaires de la deuxième économie mondiale vont-ils jeter leur dévolu? En quatre ans, Pékin a multiplié par huit ses acquisitions et dépensé 35 milliards d’euros en Europe l’an dernier. En France, ces investissements sont étroitement surveillés. La doctrine libre-échangiste ne fait plus vraiment la loi à Bercy. Les décrets Villepin en 2005, dégainé pour protéger Danone de Pepsi, et surtout Montebourg en 2014, après le psychodrame du rachat d’Alstom par GE, l’ont, il est vrai, écornée. Paris peut désormais bloquer les opérations qui touchent à la défense, la sécurité, l’énergie, l’eau, les transports ou la santé. De quoi mettre sous cloche les deux tiers des sociétés du CAC 40. Qualifié par certains d’ »ectoplasme » tant il est flou, cet outil de filtrage est piloté par le Multicom 3, un service de la direction du Trésor. Dans une aile du bâtiment Colbert, une dizaine de hauts fonctionnaires gèrent les dossiers extracommunautaires soumis à autorisation préalable. Et la Chine est devenue le nouveau chiffon rouge des contrôleurs.

Etats-Unis : hausse des droits de douane sur l’aluminium chinois

Etats-Unis : hausse des  droits de douane sur l’aluminium chinois

 

 

Après les droits de douanes nouveaux sur l’acier et  c’est maintenant  l’aluminium qui est lourdement taxé par les Etats Unis., les États-Unis ont décidé la mise en place de mesures antidumping préliminaires visant les importations de fil d’acier en provenance d’Italie, de Corée du Sud, d’Afrique du Sud, d’Espagne, de Turquie, d’Ukraine et du Royaume-Uni. Washington estime que des producteurs de ces pays « ont vendu du fil en acier allié ou en acier carbone aux Etats-Unis à un prix inférieur à sa juste valeur », est-il indiqué dans un communiqué. Les « marges de dumping » vont selon le département du Commerce de 2,80% à près de 150%. « L’administration Trump prend très au sérieux le déversement de biens aux Etats-Unis à des prix inférieurs à leur prix de revient », a souligné le secrétaire d’Etat au commerce Wilbur Ross, cité dans le communiqué.  Vendredi, Le département du Commerce américain a aussi imposé des droits antidumping provisoires compris entre 97 et 162% sur les importations de feuilles d‘aluminium chinoises, jugées contraires au droit de la concurrence. En août déjà, le département avait instauré des droits antidumping provisoires allant de 17 à 81% sur ces importations.

Air France bientôt chinois ?

Air France  bientôt chinois ?

Après la vague d’investissements chinois en France, la dernière de participation dans Air France interroge. On se demande même parfois si la compagnie aérienne pourrait un jour passer contrôle chinois. Pour l’instant sans doute pas ; que cet investissement du géant chinois de l’aérien, China Eastern se limite à 10 % total d’Air France et qu’il est par ailleurs équilibré par une autre prise de participation de 10 % par l’Américain. Delta Air Lines  . Certes l’État voit son influence se réduire que sa part de capital passera à 14 % au lieu de 17,6 % précédemment. Pour l’instant il n’y a pas péril en la demeure mais le poids de l’État français se réduit. En l’état actuel des textes aucune société étrangère ne peut prendre une part majoritaire dans le capital européenne. Ceci étant, on sait bien qu’Air France présente une fragilité financière qui pourrait la contraindre à accepter que son capital soit progressivement grappillé soit de l’intérieur de l’Europe, soit de l’extérieur. Objectera que ces prises de participation respectives présentent  un caractère stratégique pour mieux desservir d’un côté la Chine de l’autre le continent américain. Pour certains actionnaires et salariés du groupe, l’arrivée des deux compagnies étrangères au capital du groupe franco néerlandais est vécue comme une menace. La CFDT, pourtant sensible à la «dynamique de conquête», évoque une «perte d’autonomie dans la gouvernance». Dans un «point de vue» publié sur latribune.fr, deux pilotes d’Air France – Bernard Pedamon, ancien administrateur d’Air France et d’Air France-KLM, et Philippe Raffin, ancien vice président du SNPL d’Air France – enfoncent le clou: «Cette augmentation de capital réservée engendre, à terme, le risque d’une perte d’indépendance du groupe AFKL, avec l’approbation surprenante de l’État français (…). Pour l’Europe, ce n’est assurément pas une bonne nouvelle puisque, après le groupe IAG (dont 20% du capital est déjà détenu par Qatar Airways), le groupe Air France KLM pourrait lui-même tomber un jour sous le contrôle du groupe américain ou du groupe chinois».

 

Bruxelles veut bloquer les investissements chinois

Bruxelles veut bloquer les  investissements chinois

Face à la progression des investissements étrangers notamment chinois en Europe Bruxelles envisage de rendre plus difficiles les acquisitions notamment sur des secteurs stratégiques. Les investissements chinois ont quasiment doublé en Europe (+ 90 %) en 2016 pour atteindre le montant record de 45,8 milliards de dollars, par rapport aux 24,1 milliards de dollars de 2015.   L’Allemagne et le Royaume-Uni ont représenté, à eux deux, près de la moitié (46 %) des investissements chinois en Europe en 2016. En Allemagne, les investissements chinois ont été multipliés par dix passants de 1,3 milliard de dollars en 2015 à 12,1 milliards en 2016 : cette hausse s’explique en particulier par les investissements chinois réalisés dans le pays en matière d’équipements industriels à hauteur de 5,9 milliards de dollars. De son côté, le Royaume-Uni a connu une importante hausse (130 %) pour atteindre 9,2 milliards de dollars : la plupart des opérations ayant été annoncées avant le vote du Brexit, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’impact de ce dernier sur les investissements chinois dans le pays. La Finlande (7,6 milliards de dollars) vient compléter ce trio de tête, suivie par la Suisse (4,8 milliards de dollars) et l’Irlande (2,9 milliards de dollars). La Suisse aurait même pu se classer en première position en Europe si l’opération entre ChemChina et Syngenta s’était conclue en 2016.  Le secteur technologique a été le plus ciblé par les investisseurs chinois en Europe en 2016 avec 13,7 milliards de dollars : c’est un montant record pour le secteur en Europe. Les transports et les infrastructures se situent en seconde position avec 12,2 milliards de dollars suivis, loin derrière, par les équipements industriels (6,2 milliards de dollars). La Commission européenne fera donc à l’automne des propositions au sujet des investissements étrangers en Europe, alors que l’inquiétude grandit au sujet des acquisitions chinoises, a annoncé samedi la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager. « Ces derniers mois, nous avons entendu des inquiétudes au sujet d’investisseurs étrangers -des sociétés souvent détenues par des Etats- prenant le contrôle d’entreprises européennes détenant des technologies clés », a affirmé Mme Vestager lors du forum The European House – Ambrosetti, sorte de mini-Davos à l’italienne qui se tient jusqu’à dimanche à Cernobbio, sur le lac de Côme. L’Italie, la France et l’Allemagne ont demandé récemment à Bruxelles de définir une ligne commune au sujet des investissements venant de pays extérieurs à l’UE. Le 22 août, deux quotidiens italiens, Il Sole 24 Ore et La Stampa révélaient que ces trois pays avaient envoyé une lettre à la Commission le 28 juillet lui demandant de renforcer les règles autorisant les pays de l’Union européenne (UE) à bloquer l’achat d’entreprises européennes par des sociétés étrangères. Celle lettre faisait suite à un autre courrier adressé en février dans lequel Paris, Berlin et Rome voulaient que l’UE limite les investissements étrangers dans les entreprises détenant des technologies de pointe en les soumettant notamment à des règles de réciprocité. Ce document de 10 pages stipulait que les prérogatives européennes seraient renforcées pour toute entreprise ciblée considérée comme stratégique et dans le cas d’OPA financées par des fonds ou organismes publics. « Nous devons exiger la réciprocité dans les relations commerciales et dans l’accès au marché public. La concurrence doit être loyale et équitable », a martelé Bruno Le Maire. Le gouvernement allemand a adopté de son côté le 12 juillet un décret renforçant les règles sur les investissements étrangers dans ses entreprises jugées stratégiques. Les pays visés ne sont pas cités mais la Chine en fait clairement partie.

Les chinois rachètent aussi des banques

Les  chinois rachètent aussi des banques

Profitant notamment du déversement massif de liquidités de leur  banque centrale, nombre de sociétés chinoises investissent  l’économie européenne y compris les banques dernières exemple en date La société chinoise Legend Holdings a annoncé vendredi avoir conclu un accord portant sur l‘acquisition de 90% du capital de Banque internationale à Luxembourg (BIL) pour 1,48 milliard d‘euros, dans le cadre du plus important rachat à ce jour d‘une banque de dépôts européenne par un groupe chinois. Legend, surtout connu pour être le propriétaire du fabricant d‘ordinateurs personnels Lenovo, rachète cette participation dans BIL, établissement vieux de 161 ans, à Precision Capital, un véhicule d‘investissement de certains membres de la famille royale qatarie, dont l‘ancien Premier ministre, le cheikh Hamad ben Djassim al Thani. Reuters avait rapporté début juillet que Legend, qui procèdera à son acquisition via une filiale hongkongaise Beyond Leap, négociait le rachat de 90% de BIL. Le solde des 10% de l’établissement est détenu par l‘Etat luxembourgeois. Les sociétés chinoises montrent un intérêt croissant pour des banques européennes dont la rentabilité est pourtant faible du fait du bas niveau des taux. Début mai, le conglomérat chinois HNA Group est devenu le premier actionnaire direct de Deutsche Bank en portant sa participation dans la banque allemande à près de 10%.  Les investissements chinois ont quasiment doublé en Europe (+ 90 %) en 2016 pour atteindre le montant record de 45,8 milliards de dollars, par rapport aux 24,1 milliards de dollars de 2015.   L’Allemagne et le Royaume-Uni ont représenté, à eux deux, près de la moitié (46 %) des investissements chinois en Europe en 2016. En Allemagne, les investissements chinois ont été multipliés par dix passant de 1,3 milliard de dollars en 2015 à 12,1 milliards en 2016 : cette hausse s’explique en particulier par les investissements chinois réalisés dans le pays en matière d’équipements industriels à hauteur de 5,9 milliards de dollars. De son côté, le Royaume-Uni a connu une importante hausse (130 %) pour atteindre 9,2 milliards de dollars : la plupart des opérations ayant été annoncées avant le vote du Brexit, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur l’impact de ce dernier sur les investissements chinois dans le pays. La Finlande (7,6 milliards de dollars) vient compléter ce trio de tête, suivie par la Suisse (4,8 milliards de dollars) et l’Irlande (2,9 milliards de dollars). La Suisse aurait même pu se classer en première position en Europe si l’opération entre ChemChina et Syngenta s’était conclue en 2016.  Le secteur technologique a été le plus ciblé par les investisseurs chinois en Europe en 2016 avec 13,7 milliards de dollars : c’est un montant record pour le secteur en Europe. Les transports et les infrastructures se situent en seconde position avec 12,2 milliards de dollars suivis, loin derrière, par les équipements industriels (6,2 milliards de dollars).

Taxe sur l’acier chinois (Union économique)

Taxe sur l’acier chinois  (Union économique)

 

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Des taxes  sur l’importation de produits de l’aciérie chinoise ont été décidées par l’union européenne au motif que ces produits auraient bénéficié d’aides de l’État chinois. Notons que les produits visés ont fait l’objet d’importation qui ont augmenté de près de 50 % en un an. En cause, la surproduction chinoise qui la contrainte à se débarrasser à petit prix e l’acier excédentaire. La Commission européenne (CE), qui a rendu sa décision le 9 août, avait agi sur requête de l’organisme professionnel Eurofer. Ces importations chinoises d’acier galvanisé ont augmenté de 45% cette année et représentent 51% du total du produit importé par l’UE, selon des données citées par la banque d’investissement Jefferies.   »Dans la mesure où Voestalpine, ThyssenKrupp et ArcelorMittal sont les plus impliqués dans l’acier galvanisé, c’est une bonne nouvelle, qui peut stimuler la part de marché et les marges locales », expliquent des analystes de Jefferies. L’UE a imposé toute une série de droits antidumping sur l’acier chinois ces dernières années pour tenter d’endiguer un flot d’importations à vil prix, selon les producteurs européens, résultant des surcapacités de la sidérurgie chinoise. La CE estime que l’imposition de ces droits contribuera au redressement de l’industrie européenne en permettant une hausse des prix générale. Les droits varient de 17,2% à 28,5%; ils toucheront les sociétés Hesteel Group, Shougang Group, Shagang Group et plusieurs autres sociétés chinoises, lesquelles disposent de 25 jours pour contester la décision.

Pourquoi les Etats-Unis, les Russes et les Chinois veulent casser l’Europe ? (Attali)

Pourquoi les Etats-Unis, les Russes et les Chinois veulent casser l’Europe ? (Attali)

 

Jacques Attali explique dans une interview d’EurActiv parue dans à la Tribune pourquoi de grandes puissances notamment la Russie et les Etats Unis veulent casser l’Europe et pourquoi le risque de guerre n’est pas à écarter avec les nationalismes qui progressent.

EURACTIV – Il y a dix ans, vous publiiez Une brève histoire de l’avenir, dans lequel vous faisiez déjà des projections pour 2030, à 50 ans.

JACQUES ATTALI - En effet, en cinq phases : déclin relatif de l’empire américain, tentative d’organisation du monde autour de plusieurs puissances indépendantes et hostiles les unes aux autres (ce qui ne fonctionne pas), domination par le marché en l’absence de régulations mondiales, guerre et ordre après la guerre.

Où nous situons-nous ?

À la fin de la deuxième phase et au début de la troisième, c’est-à-dire au sein d’une tentative de régulation. Les États-Unis ont décidé de ne plus être une puissance dominante, de ne plus gérer le monde. Donc on a tout d’abord une tentative de trouver un remplaçant pour les États-Unis, qui ne marchera pas.

Vous ne croyez pas que la Chine pourrait remplir ce rôle ?

Non, la Chine ne le veut pas. Elle veut être puissante, mais pas gouverner le monde comme les États-Unis le souhaitaient. L’Histoire chinoise est une Histoire de puissance et d’influence chinoise, mais pas de domination mondiale. Pékin veut tout ce qui est nécessaire à la croissance chinoise, au bien-être des Chinois. Les Chinois rêvent d’avoir le niveau de vie [actuel] des Américains en 2050. Ils auront alors une immense influence dans la région, mais ne sera pas le pays le plus peuplé du monde, et nombre d’autres enjeux seront apparus.

Revenons un instant à la fin de l’empire américain. Vous parliez de la fin d’un empire il y a dix ans, deux ans avant l’élection de Barack Obama, qui semblait pouvoir retourner cette situation.

Pas vraiment, parce qu’Obama lui-même a toujours répété que l’Amérique n’était qu’une puissance relative, qu’elle ne devait pas intervenir, ce qu’il n’a d’ailleurs pas fait, et qu’il ne pouvait pas porter le fardeau du monde. Ça lui a même été reproché, notamment dans le contexte de la Syrie. Il n’est pas intervenu dans le Moyen-Orient, à l’égard de la Russie il a été ferme, mais sans plus. Il a beaucoup poussé les Européens à faire les choses entre eux. Et Donald Trump est dans la continuité d’Obama de ce point de vue, il va plus loin que lui sur le thème du retrait américain.

Analysons un peu Donald Trump. À la veille de son inauguration à Washington, il a exprimé des propos très durs vis-à-vis de l’Europe, et d’Angela Merkel, par exemple. En se renfermant sur eux-mêmes, les Américains tournent-ils donc le dos à l’idée d’hégémonie ?

Donald Trump a en tout cas une hégémonie médiatique, mais c’est normal, c’est l’élection. Je pense que son discours s’inscrit dans l’idéologie dominante du moment, c’est-à-dire « moi d’abord », « moi, maintenant, tout de suite, d’abord », sans s’occuper des autres ou penser qu’ils peuvent être utiles. Ce qu’il veut, c’est une Amérique forte, qui doit être « la plus forte », mais sans  s’occuper de gouverner le monde, l’Amérique latine, etc. Si une idéologie hostile à l’Occident s’installait en Afrique ou en Amérique latine, il ne voudra pas intervenir. Il y a deux scénarios du pire. Le premier serait que la Chine contrôle Taïwan. Il s’est exprimé en faveur de l’indépendance de Tawaïn, mais fera-t-il la guerre pour Taïwan ? Première question. La deuxième question est de savoir ce qui se passera en cas d’invasion des pays baltes par la Russie, qui s’assurerait ainsi un accès à [son enclave de] Kaliningrad.  L’armée américaine interviendra-t-elle dans ces deux cas ? Je ne le pense pas. Cela pourrait d’ailleurs donner envie à d’autres de le faire à sa place, mais Donald Trump n’interviendra pas, comme, je pense, Barack Obama ne serait pas intervenu.

Comment voyez-vous les relations entre les États-Unis et l’Europe ?

Nous sommes dans une période très particulière, où les Américains, les Chinois et les Russes ont tous un président fort pour les quatre années à venir. Des présidents qui considèrent que l’Europe n’est pas un allié, mais une proie, un gibier, et qu’il faut reprendre tout ce qui est en Europe. Tous les trois ont donc objectivement intérêt à la faiblesse de l’Europe. C’est la première fois que ça arrive. Avant, ce n’était ni le point de vue d’Obama ni celui des Russes. Tous les trois ont donc intérêt à ce que l’Europe se casse. Et dans le même temps, il y a des élections aux Pays-Bas, en France, en Allemagne, et probablement en Italie.  Ce qui veut dire qu’avant octobre, l’Europe ne sera pas capable de prendre la grande initiative qui est nécessaire aujourd’hui. Aujourd’hui, il faudrait prendre une grande initiative en faveur de l’intégration européenne en matière de défense.

Pourquoi pensez-vous qu’ils pensent comme cela ?

Les autres veulent casser l’Europe, pourquoi ? Parce qu’ils sentent bien qu’à long terme, si l’Europe s’unit, elle deviendra la première puissance du monde. Si l’Europe a un ministre de la Défense, elle sera la première puissance au monde. Non seulement ça, mais le modèle européen deviendrait une force d’attraction. Quand on dit que les États-Unis ont défini un modèle pour le monde, ce n’est pas juste, il s’agit d’un modèle européen. Le monde ne s’américanise pas, il s’européanise, c’est l’Europe qui est le grand modèle de l’Amérique. Ils ont donc intérêt, à tous points de vue, du point de vue de la puissance douce, de l’économie, de la défense, à affaiblir l’Europe. Ils sont donc très heureux du Brexit. Tant les Russes que les Américains vont souffler sur les braises d’un possible « ital-exit », d’un « frexit ». Ils voient bien qu’au 21ème siècle, la grande puissance, avec 550 000 à 8 millions d’habitants, le plus haut niveau de vie, la meilleure position géographique, la meilleure attraction des talents, le meilleur niveau culturel, les meilleurs systèmes de santé, c’est l’Europe.

Comment croyez-vous que l’Europe peut réagir à ça tout en ayant des calendriers assez chargés du point de vue électoral ?

Il faut voir si les institutions fonctionnent indépendamment des calendriers électoraux. Nous sommes à Davos, j’aurais rêvé d’entendre un discours de François Hollande et Angela Merkel qui seraient venus tous les deux et qui auraient dit : « face à Xi Jinping, face à Theresa May, face à Donald Trump, nous affirmons qu’il y a une continuité en Europe et que quelles que soient les élections, nous avons décidé de lancer une Europe de la défense et de la sécurité ensemble ». C’est ça que j’aurais aimé entendre ici à Davos.

De quel genre de leadership avons-nous besoin ?

Nous avons besoin de leaders qui se souviennent, qui incarnent les dangers d’une fragmentation de l’Europe. L’Europe peut retourner à la guerre, supposons que l’Italie sorte de l’euro, que la France aussi, que l’Allemagne parte dans une autre direction : dans trente ans il y aura une guerre franco-allemande. Il faut se souvenir de ce risque qui existe dans le cas d’une rupture de la construction européenne. Il faut des leaders qui ont le sens du tragique, ce que l’on n’a pas. Il ne faut pas des leaders de temps heureux, ni de la neutralité.

Croyez-vous que l’Europe peut avoir un leader comme Trump ?

Oui, il peut y avoir un Trump en France avec Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon. En Allemagne, ça peut arriver si Angela Merkel n’est plus chancelière ou si elle cède dans la coalition face aux membres de la CSU. En Italie, il peut y avoir Beppe Grillo.

Si on se dirige vers ce scénario de petits Trump surgissant en Europe, craignez-vous que cela accélère le risque de guerre, la désintégration de l’Europe ?

Nous sommes dans une période qui ressemble beaucoup à 1910 où il y a eu une vague de progrès techniques, une grande globalisation et une vague de démocratie….. Et il y a eu une crise financière, du terrorisme, et on a choisi le protectionnisme et la guerre. Le 20ème siècle aurait pu être un siècle très heureux, tout était réuni pour qu’il soit heureux. Au lieu de cela, on a eu deux guerres mondiales, de la barbarie jusqu’en 1989. Ca fait seulement 25 ans qu’on est sortis des erreurs de 1910 et on peut faire les mêmes aujourd’hui. On a tout pour avoir un 21ème siècle très heureux : progrès techniques, augmentation des classes moyennes, demande de démocratie partout dans le monde, naissance d’États stables, tout est en place mais en même temps on peut partir vers le pire, c’est même à mon avis vraisemblable

Est-ce qu’on part vers le pire ?

Oui, la seule chose qui est différente de 1910 et qui est positif c’est qu’à cette époque les peuples voulaient la guerre en Europe : les Français, les Anglais, les Allemands, tout le monde voulait la guerre, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Dans votre livre, vous parlez de neuf grandes puissances. On a le G20 donc on est dans une autre dialectique, mais dans ces neuf puissances vous voyez l’UE comme une grande puissance possible.

Les grandes puissances de demain restent la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, les États-Unis, le Nigéria et l’Indonésie. Le G20 pour moi c’est une photo et rien d’autre, ça n’existe pas. Dès le premier G20 j’avais dit « il faut écrire le G vain ». Maintenant, l’Europe est la plus grande puissance du monde, elle est la seule à ne pas le savoir et la seule à ne pas le vouloir. Les Suisses ont fait ça : créer un État du bas vers le haut, mais en général un État est créé par un conquérant : la Russie c’est un conquérant, la Chine aussi, les États-Unis aussi. Les puissances sont toujours créées par un conquérant. Là, on essaie de créer un pays du bas vers le haut, ce que les Suisses ont fait en trois siècles. Ils se sont unis progressivement face à des ennemis. Nous pouvons nous unir, un peu comme les Suisses, face à nos ennemis. C’est pour ça que la menace extérieure est une bonne nouvelle parce que ça va nous forcer à nous unir. Ce qu’il faut faire crève les yeux : il faut faire une Europe de la défense, de la sécurité, qui gère la politique des frontières, qui gère le problème des migrants, qui gère la menace terroriste et qui se prépare à prendre le relais du retrait américain de l’OTAN.

Est-ce que la démocratie est en crise aujourd’hui dans l’Europe et dans le monde ?

Les pays les plus efficaces ne sont pas les démocraties à l’heure où nous parlons. Les trois gouvernements les plus efficaces sont le chinois, le russe et le Vatican.  Mais ce ne sont pas des démocraties. Deuxièmement, il y a un grand ennemi de la démocratie en ce moment : le marché devient mondial et la démocratie reste locale. On a donc toutes les conséquences d’un marché tout puissant qui rend la démocratie dérisoire et les citoyens s’en rendent bien compte. Il y a huit milliardaires qui ont une fortune supérieure à 40 % de la population de la planète et le peuple est amené par toute une série de contraintes ou de persuasion à voter en faveur de l’intérêt des milliardaires, ce qui vient de se passer aux États-Unis. Ce n’est pas nouveau, ce n’est pas exceptionnel. Tous les résultats des élections sont les votes en fonction de l’intérêt des plus riches. Ça discrédite la démocratie qui a perdu son pouvoir. La seule solution c’est aller vers le haut, qu’on me dise pas que ce n’est pas possible d’aller vers le haut, c’est possible. Et qu’on ne me dise pas qu’une gouvernance mondiale c’est impossible, on essaye de le faire, la COP21 en est un exemple. Il y a des domaines où il y a une gouvernance mondiale, où il y a une instance mondiale qui décide avec une extrême puissance partout dans le monde. Prenez la FIFA pour le football, elle gouverne le football dans le monde entier. Pourquoi quelque chose qu’on fait pour un sujet aussi important que le football, on ne pourrait pas le faire pour des sujets moins importants comme l’égalité fiscale ou l’harmonisation fiscale, la lutte contre le trafic ou la prostitution.

Vous envisagez ça par thématiques, ou envisagez-vous une gouvernance mondiale ?

Non, il faut que ça soit par thématiques. C’est un peu comme la construction de l’État au Moyen-âge : des corporations se sont mis ensemble pour gouverner leurs corporations et puis ensuite les corporations ensemble ont formé l’État. En Europe c’est comme ça que ça s’est fait. Dans le secteur bancaire, il y a Bâle qui règne, il y a énormément de secteurs où il y a des normes mondiales, il n’y a simplement pas de cohérence d’ensemble. Même sur la fiscalité, l’OCDE fait un travail formidable. L’OCDE et la Commission européenne font un très bon travail d’harmonisation. On peut donc y parvenir, ce n’est pas hors de portée.

Quel est votre souhait à l’aube d’une année très difficile ?

Pour que ça réussisse à l’échelle mondiale il faut d’abord que ça n’échoue pas à l’échelle européenne. Car si on n’est pas capables de le faire à l’échelle européenne, on ne le fera jamais à l’échelle mondiale. L’Europe doit être un modèle. Mon souhait pour 2017 c’est d’abord que l’Europe tienne le coup et que malgré l’absence de leader, on avance de façon crédible vers une Europe de la défense et de la sécurité qui à mon avis est la clé de la survie de l’Europe et de la paix.

On aurait dû commencer par ça, non ?

On ne pouvait pas car on avait le parapluie américain et les Allemands étaient trop près de la guerre et ne voulait pas avoir une armée, à juste titre. Aujourd’hui, personne ne remet en cause la démocratie allemande et les Américains sont plus là, donc il faut absolument l’avoir.

Les calissons d’Aix deviennent chinois

Les calissons d’Aix deviennent chinois

On sait que les Chinois rachètent tous les terres, les technologies les industries et maintenant les appellations locales : celle des calissons d’Aix. Une histoire invraisemblable qui découle des processus tordus et complexes de reconnaissance des dominations commerciales. Du fait du caractère sulfureux de ces processus,  les appellations locales sont devenues marchandes. Un exemple même de l’anarchie qui régule le commerce international Ye Chunlin, un industriel de la région de Shanghaï, vient en effet de déposer cette dénomination commerciale en Chine auprès du Sipo, l’équivalent de notre Inpi (Institut national de la propriété industrielle), faisant de lui le fabricant officiel de cette confiserie provençale sur l’ensemble de la planète. À Aix-en-Provence, les spécialistes, mais aussi les consommateurs, n’en reviennent toujours pas. Une spécialité régionale aussi emblématique n’était donc pas protégée? « Avant de lire les articles dans la presse, je pensais que c’était une blague et je n’en reviens pas », nous a confié cet aixois, voisin du musée du Calisson à Aix-en-Provence. En fait, la marque « Calisson d’Aix » est bien protégée, mais seulement en France. Quant à la protection mondiale, une demande d’IGP (indication géographique protégée) est en cours… depuis 14 ans, comme le révèle La Provence. Depuis le début des années 2000, la dizaine de fabricants locaux tentent de définir un cahier des charges permettant de définir le calisson d’Aix depuis sa composition jusqu’à sa forme et sa taille. Mais ils ne se sont mis d’accord qu’en 2015 sur le cahier des charges. L’IGP est en cours de dépôt et devrait être effective en 2018.

Avec RTL

Le yuan chinois devient monnaie officielle du FMI : attention aux secousses

Le yuan chinois devient monnaie officielle du  FMI : attention aux secousses

C’est sans doute davantage pour des raisons politiques économiques que le fonds monétaire international vient de reconnaître le yuan chinois comme monnaie officiel comme l’euro ou le dollar.  Depuis longtemps la Chine réclamait ce statut. Reste à savoir si le yuan sera si significativement intégré dans le système financier. En cause plusieurs interrogations. D’abord la richesse réelle sur laquelle est supposée s’appuyer la monnaie chinoise. De ce point de vue,  nombre d’experts s’interroge depuis des années sur la mesure de l’activité en Chine. Les statistiques chinoises présentent en effet un caractère très politique, témoin par exemple cette croissance de 7 % annuels décrétés  par l’État et atteintes dans les statistiques officielles. Une croissance qui d’après nombre d’experts devrait être divisée par deux depuis des années. Autre interrogation celle de l’endettement ;  un endettement qui affecte les entreprises publiques dont l’offre est en  surcapacité structurelle et dont les déficits s’ajoutent aux déficits. Un endettement qui concerne aussi les collectivités publiques notamment locales mais aussi les particuliers. Des perspectives de bulle financière ne sont pas à écarter. Une intégration trop rapide du yuan pourrait être de nature à accélérer une guerre des monnaies déjà largement engagées. Avant de devenir une monnaie officielle réellement utilisée, il faudra un peu plus de transparence financière et économique en Chine.   Depuis le 1er octobre, la devise chinoise est en donc officiellement partie intégrante de l’unité de compte du Fonds monétaire international, les droits de tirage spéciaux (DTS), où elle a rejoint les monnaies américaine et européenne mais également la livre britannique et le yen japonais. C’est une « étape historique » pour Pékin, a affirmé la directrice générale du FMI Christine Lagarde, ajoutant que cette décision allait accélérer « l’intégration de l’économie chinoise dans le système financier et monétaire international ». Concrètement, le changement ne devrait pas bousculer le rapport de forces sur le globe où le billet vert reste de loin le plus utilisé (41% des transactions mondiales) devant l’euro (30,8%) ou la livre (8,7%), selon la société financière Swift. Le renminbi (l’autre nom du yuan, ndlr) devrait toutefois en profiter pour poursuivre son internationalisation naissante et pourra désormais atterrir dans les caisses des pays placés sous assistance financière du FMI.pas de quoi vraiment rassurer les pays en cause.  Après un long examen, l’organe de direction du Fonds, qui représente ses 189 Etats membres, a donné son feu vert en novembre 2015 en assurant que le yuan remplissait deux grands critères: être massivement présent dans les transactions internationales et être « librement utilisable ». La dernière modification de son panier de devises remontait à 2000 quand l’euro avait remplacé le franc et le deutsche mark.

(Avec AFP)

Centrale Hinkley Point : OK des Britanniques mais méfiance vis-à-vis des Chinois

Centrale Hinkley Point : OK des Britanniques mais méfiance vis-à-vis des Chinois

 

La Grande-Bretagne se prononce en faveur de la centrale nucléaire mais exige que la France reste actionnaire de cette construction car elle se méfie des Chinois. Et pour cause l’éclatement d’une bulle financière n’est pas à exclure en Chine compte  tenu d’une part de l’endettement généralisé aussi du très net tassement économique. Reste à savoir si EDF sur endettée a les reins assez solides pour assumer les risques d’une construction très coûteuse. La Première ministre britannique Theresa May a bien donné jeudi son feu vert à la construction par EDF d’une centrale nucléaire à Hinkley Point, un projet de 18 milliards de livres sterling (21,2 milliards d’euros) financé en partie par des capitaux chinois. Le gouvernement britannique a précisé dans un communiqué que son aval à la construction de deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre était assorti de nouvelles conditions qui lui permettent notamment d’intervenir en cas de vente de la participation de contrôle d’EDF. Les autres termes des accords précédemment signés sont inchangés et EDF détiendra comme prévu 66,5% du projet tandis que le chinois CGN investira 6 milliards de livres pour en acquérir 33,5%. « La principale demande du gouvernement britannique était qu’EDF reste actionnaire du projet pendant toute la durée de construction, c’est-à-dire qu’il ne vende pas aux Chinois », a dit source au fait du dossier. « Ensuite, Londres bénéficiera d’un droit de veto, d’une ‘golden share’, en cas de cession pendant la durée d’exploitation. » Le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy a indiqué que le capital d’Hinkley Point pourrait un jour évoluer mais que l’électricien public français en resterait l’actionnaire de contrôle. « Peut-être un jour, mais ce n’est pas l’ordre du jour, il y aura des évolutions (…) Aujourd’hui, nous ne sommes pas à la recherche d’investisseurs tiers sur le sujet », a-t-il dit lors d’une conférence téléphonique. Le gouvernement britannique a pour sa part évoqué une « action spéciale » dans tous les futurs projets nucléaires, qui imposera son aval à des ventes de participations significatives, estimant ainsi que le nouveau cadre garantira la « sécurité nationale » en cas d’investissements étrangers dans des infrastructures. Londres, qui n’a pas mentionné CGN dans son communiqué, a précisé que le nouveau cadre juridique serait confirmé dans un « échange de lettres » avec EDF, qui « se réjouit » pour sa part du feu vert au projet et confirme l’engagement de « son partenaire de longue date » chinois. Reste que le groupe EDF n’a pas encore apaisé toutes les craintes d’une partie de son conseil d’administration et des analystes financiers sur sa capacité à mener un bien un projet dont il devra aussi supporter le poids sur sa dette. L’agence de notation Moody’s a redit jeudi que le projet Hinkley point, du fait de son ampleur et de sa complexité, était de nature à détériorer le profil de risque à la fois commercial et financier d’EDF. EDF estime le taux de rentabilité prévisionnel (TRI) d’Hinkley Point à environ 9% sur l’ensemble de la durée du projet. Reste de que la rentabilité d’un projet aussi considérable peut-être remise en cause,  comme souvent, en cas de dérive des coûts de construction

(Avec Reuters)

La France cible des investisseurs chinois

La France cible des investisseurs chinois

 

L’ ’Europe et en particulier la France sont devenus des cibles privilégiées des investisseurs chinois. En cause la volonté des chinois de réorienter leur économie vers la consommation et ne plus se limiter à être l’usine du monde. L’objectif est de s’approprier des savoir-faire et de satisfaire les nouvelles couches moyennes chinoises avec des produits locaux. D’après une étude récente du cabinet américain Baker & McKenzie, l’Europe est devenue en 2015 la principale cible des investissements chinois, en particulier la France et les montants engagés depuis le début de 2016 représentent déjà le double du total de l’an dernier. En 2015, le Club Med a été racheté par Fosun, l’aéroport de Toulouse par un consortium chinois, et Louvre Hotels par le géant du tourisme Jin Jiang. Le mouvement se poursuit. Le 30 mars, Pierre & Vacances a réalisé une augmentation de capital de près de 25 millions d’euros réservée à HNA, maison mère de Hainan Airlines. Avec 10 % du capital de l’entreprise, fondée et toujours dirigée par Gérard Brémond, HNA aura deux représentants au conseil d’administration du spécialiste des résidences de vacan ces, également propriétaire de Center Parcs. Les investissements concernent en effet aussi les activités touristiques mais aussi le sport. On connaissait l’attrait des pays du Golfe (Qatar avec le PSG, Emirats Arabes Unis pour Manchester City) et des Russes (Chelsea, Monaco) pour le football, mais l’intérêt de la Chine pour le ballon rond est grandissant. Il faut dire que Xi Jinping, fan de football, ambitionne de faire de son pays une des grandes puissances mondiales de ce sport et encourage les investissements allant dans ce sens. Ainsi, l’acquisition par le groupe chinois Suning de l’Inter Milan, vainqueur de la Ligue des Champions en 2010, ne semble pas anodine. Ce conglomérat, qui détient près de 1.600 magasins en Chine et qui a réalisé un chiffre d’affaires de 24 milliards de dollars (21 milliards d’euros) en 2015, est la propriété du milliardaire Zhang Jindong, 403ème fortune mondiale selon Forbes et… membre de la conférence consultative politique du peuple chinois, une assemblée sans pouvoirs de décision mais placée sous la tutelle du Parti communiste chinois. Outre l’Inter Milan, son rival historique, l’AC Milan, serait lui aussi sur le point de devenir la propriété d’investisseurs chinois où le nom de Jack Ma, fondateur d’Alibaba, revient avec insistance de l’autre côté des Alpes. Le magnat chinois entretient des relations étroites avec le président Xi Jinping, qui de 2002 à 2007, a été le secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) de la province du Zhejiang, où Alibaba a son siège. Une proximité qui avait également conduit l’actuel président chinois à emmener une délégation visiter Alibaba, au cours de ses sept mois à la tête du Parti à Shanghai, en 2007.Enfin, le récent finaliste de la Ligue des Champions, l’Atlantico de Madrid, a vu arriver en 2015 dans son capital, à hauteur de 20%, Wanda, le numéro un de l’immobilier en Chine, détenu par la plus grosse fortune du pays, Wang Jianlin (18ème fortune mondiale selon Forbes avec 34,9 milliards de dollars). Ancien soldat de l’Armée populaire de libération, il est membre du Parti communiste chinois où plusieurs proches du pouvoir sont actionnaires.  Des allègements fiscaux ont été proposés à tous les grands groupes industriels chinois pour qu’ils investissent dans le foot. L’objectif est de développer ce sport en Chine afin d’une part d’améliorer les relations diplomatiques mais aussi de constituer un éventuel amortisseur du mécontentement populaire dû au développement des inégalités.

(Avec Challenges)

La bulle de l’endettement chinois va –t-elle éclater ?

La bulle de l’endettement chinois va –t-elle éclater ?

 

En Chine les bulles succèdent aux bulles ;  après la bulle immobilière, c’est la bulle de l’endettement des entreprises qui menacent L’endettement des entreprises chinoises augmenterait encore de 77% sur les cinq prochaines années pour atteindre 28.800 milliards de dollars.  , Moody’s et Fitch s’inquiètent de la dette galopante, publique et privée, et pointent une « hausse prévisible des créances douteuses ». Pour empêcher l’éclatement de cette bulle la banque centrale ne cesse d’injecter de nouvelles liquidités.  L’économie chinoise, d’une certaine manière, ne cesse d’accumuler les bulles. Elle a d’abord généré une bulle de crédit absolument immense, inédite dans l’histoire économique, y compris aux Etats-Unis avant les subprimes », soulignait  Pierre Sabatier, PDG de PrimeView, sur BFM Business mercredi. Au départ, les fonds de ces crédits « ont servi à investir, non pas dans les actions, mais dans tout le reste. Par exemple dans le résidentiel », continue Pierre Sabatier. « Il y a aussi eu une bulle globale entraînée par les surcapacités de production. On a construit des aéroports, des voies ferrées, des outils de production en capacité surnuméraire par rapport à ce que peut digérer le marché intérieur », poursuit le spécialiste. C’est selon lui « une bulle au sens propre du terme, puisque ces nouvelles infrastructures ont créé une inadéquation entre capacité d’offre et demande pas suffisamment solvable pour l’acheter ». Aujourd’hui, alors que « la bulle immobilière s’est dégonflée depuis quelques mois, une autre a pris le relais. L’une se substitue à l’autre », conclue-t-il. « L’économie réelle chinoise est en ralentissement depuis un moment, bien avant qu’il y ait eu cette bulle sur les actions A (les plus grandes valeurs chinoises, ndlr) », relève de son côté Didier Saint-Georges, de Carmignac Gestion. « Il y a un ralentissement que tout le monde connaît, on sait qu’il y a une transition absolument majeure, que Xi Jinping, le dirigeant chinois, organise. L’une des conséquences a été d’injecter beaucoup de liquidités dans l’économie, qui elle-même, a eu tendance à créer des bulles boursières». Il faudrait donc des reformes structurelles pour réguler les surcapacités production sinon « La croissance du PIB de la Chine ralentirait de manière plus marquée, une dette lourde entravant l’investissement des entreprises et l’évolution de la démographie se révélant de plus en plus défavorable. La dette publique augmenterait de manière bien plus nette que nous ne le pensons actuellement », écrit Moody’s mercredi. Moody’s évalue la dette publique chinoise à 40,6% du PIB fin 2015. Mais Standard & Poor’s estimait en juillet que la dette des entreprises représentait déjà 160% du PIB en 2014, deux fois le niveau de celle des Etats-Unis, contre 120% en 2013. Pis: cet endettement augmenterait encore de 77% sur les cinq prochaines années pour atteindre 28.800 milliards de dollars. L’éclatement de la bulle chinoise ne serait pas sans conséquences pour l’économie mondiale et notamment pour de nombreuses banques occidentales dont certaines créances deviendraient plus que douteuses.

Lutte contre le dumping chinois sur l’acier

 

Lutte contre  le dumping chinois sur l’acier

Plusieurs pays européens ont appelé l’union européenne à réagir vigoureusement contre le dumping chinois qui menace la production d’acier en Europe. La production totale mondiale et de l’ordre de 1 600 000 000 dont la moitié consommée mais aussi produite par la Chine. Or la consommation d’acier en Chine ne cesse de se réduire depuis plus d’un an d’où une surproduction qui vient envahir les marchés étrangers notamment l’Europe. Certes La Chine a annoncé son intention de réduire sa production d’acier de quelque 150 millions de tonnes sur les cinq prochaines années, au moment où ce pays cherche à réduire ses surcapacités de production industrielle qui pèsent sur sa croissance. Le Conseil d’Etat, qui fait office de gouvernement, a indiqué qu’il comptait fermer les usines vétustes et qu’il allait désormais refuser d’autoriser de nouvelles aciéries, a rapporté l’agence officielle Chine Nouvelle. La production d’acier brut a baissé de 2,3 % en 2015 à 803,8 millions de tonnes par rapport à 2014, a indiqué le Bureau national des statistiques le mois dernier. Selon Xinhua, il s’agit de la première baisse depuis 1981. Cependant, ce secteur est sinistré par la surcapacité tant en Chine que dans le reste du monde depuis des années et les prix ont dégringolé en raison de l’offre excédentaire. Selon les experts, la Chine souffre d’une surproduction de 340 millions de tonnes. Les ministres de sept pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, exhortent l’Union européenne à prendre des mesures destinées à protéger le secteur sidérurgique européen de la concurrence jugée déloyale de la Chine et de la Russie. Dans une lettre datée de vendredi que Reuters a pu consulter, les cosignataires, parmi lesquels le Français Emmanuel Macron, s’inquiètent de l’état de cette industrie en Europe. « (Elle) est confrontée à des pratiques commerciales déloyales récurrentes dans un contexte de forte concurrence internationale intensifiée par une situation de surcapacité internationale », peut-on lire dans ce courrier. « L’Union européenne ne peut rester passive lorsque l’augmentation des pertes d’emplois et des fermetures d’aciéries montre qu’il existe un risque important et imminent d’effondrement du secteur européen de l’acier », lit-on également. La commission européenne a également exprimé son inquiétude face au bond d’environ 50% des exportations chinoises constaté en 2015 et à la chute des prix qui en a résulté, de moitié pour certains produits.  Selon la Fédération européenne de l’acier (Eurofer), l’industrie sidérurgique a perdu 85.000 emplois depuis 2008.

Premier concurrent chinois de l’A320 : le C 919

Premier concurrent chinois de l’A320 : le C 919

 

 

La chine vient de commander plus de100 A 320 mais s’apprête à le concurrencer avec son C 919.à partir de 2020.  .  La compagnie aéronautique chinoise Comac a en effet présenté son avion de ligne C919, un appareil à fuselage étroit qui doit venir concurrencer le Boeing B737 et l’Airbus A320.  La télévision publique chinoise a diffusé des images de l’avion sortant des chaînes d’assemblage de la Commercial Aircraft Corp of China à Shanghai. Dans un communiqué, le groupe aéronautique public dit avoir d’ores et déjà reçu 517 commandes, émanant pour l’essentiel de compagnies aériennes chinoises. Le président de la Comac, Jin Zhuanglong, a déclaré que les tests au sol de plusieurs systèmes équipant le C919, dont ses instruments de contrôle en vol, débuteraient prochainement et a ajouté que le vol inaugural aurait lieu l’année prochaine.  Le programme C919 a connu plusieurs reports. En mai, des sources proches du projet avaient expliqué à Reuters que le processus d’assemblage final avait pris du retard. De même source, on précisait alors que le vol inaugural, initialement programmé d’ici la fin de l’année, aurait lieu au cours du premier semestre 2016 et que les premières livraisons, qui devaient intervenir en 2018, étaient repoussées, peut-être jusqu’à 2020.

Le yuan chinois encore sous-évalué

Le yuan chinois encore sous -évalué

Preuve que la Chine est devenue incontournable sur le plan économique, les Etats unis sollicite les autorités chinoises pour une réévaluation de sa monnaie  En fait c’est peut être moins pour obtenir une réévaluation que pour empêcher une nouvelle dévaluation comme celle qui avait été faite en aout. Cela pour tenter de relancer une activité dont la croissance est en net recul en Chine. Ce qui donne des arguments à la Chine pour maintenir le statu quo de la parité monétaire même si la balance des échanges demeure  largement excédentaire.  Les importations de la Chine ont nettement chuté au mois de septembre sur un an, à près de 18%, ont annoncé ce mardi les douanes chinoises, dernier chiffre traduisant le tassement de l’activité dans la deuxième économie mondiale. En valeur, les importations sont tombées à 924 milliards de yuan (environ 128 milliards d’euros), ont indiqué les douanes dans un communiqué. La Chine a également été affectée par l’affaiblissement de la demande sur certains marchés pour ses biens manufacturés, à l’origine de la baisse de ses exportations, qui ont reculé de 1,1% à 1.300 milliards de yuan (180 milliards d’euros), de même source. Première puissance commerciale mondiale, la Chine connaît un ralentissement de sa croissance qui s’est accompagné d’une chute des prix des matières premières, à l’origine d’une onde choc dans beaucoup de pays producteurs. L’excédent commercial a quasiment doublé sur un an, à 376,2 milliards de yuan (52,3 milliards d’euros).  Dans son rapport semestriel sur les politiques économiques et de change des principaux partenaires commerciaux de Washington, le Trésor américain estime que le yuan, également dénommé renminbi, reste donc sous sa « valorisation à moyen terme appropriée ».  Cette expression marque une légère inflexion du discours américain puisque le précédent rapport, en avril, jugeait la devise chinoise nettement sous-évaluée.  Le Trésor ne reproche à aucun des grands partenaires commerciaux des Etats-Unis de manipuler sa monnaie mais appelle les pays enregistrant d’importants excédents courant- ce qui inclut l’Allemagne et la Corée du Sud – à faire davantage pour soutenir la croissance mondiale.

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