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Estrosi: « Je m’en vais » …… chez Macron ?

Estrosi: « Je m’en vais » …… chez Macron ?

 

 

Il n’y a pas de doute que Macron a réussi une certaine opération politicienne en créant la division au sein des républicains. Il a pour cela utiliser le moyen le plus classique à savoir la promesse d’être ministre à Christian Estrosi, maire de Nice aussi à Hubert Falco, maire de Toulon également démissionnaire du parti des républicains. Les Français ne sont pas dupes et un sondage démontre qu’ils considèrent  l’opération comme une manœuvre politique de Macron. Le prétexte de battre le front national avancé par Estrosi ne parait  guère totalement convaincant. Il s’explique dans le Figaro :

 

Pourquoi avoir voulu en Paca un rassemblement aux régionales qui allait contrarier vos amis de LR comme les responsables de LREM ? Jean Castex décide, vous exécutez ?

 

Christian ESTROSI. - J’ai gagné la région en 2015 dans des conditions extrêmement pénibles. Cette campagne a été sans doute l’une des plus difficile de ma vie publique. Avec l’aval de Nicolas Sarkozy et le retrait de la liste du parti socialiste conduite par Christophe Castaner, j’ai fait campagne sur le thème de la plus grande ouverture possible pour empêcher Marion Maréchal-Le Pen et le FN de s’emparer de cette région. J’ai passé le relais en cours de mandat, suite à l’attentat du 14 juillets 2016 à Nice, à mon ami Renaud Muselier qui a veillé pendant tout son mandat à respecter les principes qui nous ont guidés pendant notre campagne et de mener à bien le projet porté par une majorité très diverse.

 

Purges chez les militaires en Turquie

Purges chez les militaires en Turquie

500 personnes vient d’être arrêtées en Turquie essentiellement des militaires. Cette purge est lancée au moment où le régime turc essuie revers sur revers. Economiques, avec une flambée de l’inflation et la dépréciation de la devise en raison d’une politique monétaire jugée aberrante par les investisseurs . Et diplomatique, au vu d’un isolement croissant, Ankara n’ayant plus guère que Pékin comme allié en ce moment. Washington, allié de longue date, vient d’infliger un camouflet à Recep Tayyip Erdogan, avec la reconnaissance par Joe Biden du génocide arménien de 1915-1917, une première.

La justice turque a lancé ce lundi matin une énième purge de personnes accusées de complicité avec les auteurs de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Ont été arrêtées, selon l’agence Anadolu, 532 personnes, dont 459 issues des rangs de l’armée, soupçonnées d’avoir des liens avec la confrérie Gülen. Cette dernière est accusée par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, d’avoir fomenté ce putsch qui avait avorté grâce à la loyauté d’une partie de l’armée.

Depuis juillet 2016, selon un décompte dressé par l’ONG Turkish Purge, environ 80.000 personnes ont été arrêtées et sont en attente de jugement, 150.000 fonctionnaires, dont 4.000 juges et 3.000 universitaires ont été limogés ou suspendus, 20.000 militaires révoqués de l’armée, 3.000 écoles et une centaine des médias fermés. Avec 320 journalistes emprisonnés, la Turquie est numéro deux mondial en matière de répression de la presse, derrière la Chine.

Nouvelle sanction chez Canal+

 Nouvelle sanction chez Canal+

 

 

 

Encore une journaliste sanctionnée chez Canal+ ou Bolloré gère à la trique la chaîne et la ligne éditoriale.. En plus une représentante du personnel. Ce vendredi 30 avril, la direction de Canal+ a présenté devant le comité social et économique (CSE) le projet de licenciement pour motif « disciplinaire » de Solange Tricaud, a déclaré un témoin au journal Le Monde. Ladite journaliste est membre de la société des journalistes (SDJ), et élue en tant que représentante du personnel, sous les couleurs du syndicat +Libres.

Elle faisait également partie des salariés à l’initiative de la pétition interne signée par 150 journalistes pour protester contre le licenciement de Sébastien Thoen. L’humoriste était coupable, aux yeux de la direction, d’avoir participé à un sketch parodiant Pascal Praud, l’animateur star de CNews, la chaîne d’informations de Canal+.

Selon les informations du Monde, la direction de Canal+ reproche à la journaliste des fuites reprises dans un article des Jours, publié le 31 mars, et relatant le contenu d’une réunion ayant eu lieu le 24 mars entre la SDJ et quatre dirigeants de Canal+.

Brune Poirson va pantoufler chez Accor

 

 

Brune Poirson grâce à son passage en politique va pouvoir faire augmenter de manière substantielle sa rémunération. En allant pantoufler chez Accor. Alors que son salaire comme élue ne pouvait sans doute pas dépasser 10 000 € elle va passer brusquement sans doute à 100 000 € par mois..

 

L’intéressée, c’est le terme qui convient, anticipe sans doute aussi la défaite possible de Macron et son reclassement n’est peut-être pas étranger un éventuel échec de Macron aux présidentielles. Secrétaire d’État à la Transition écologique de 2017 à juillet 2020, Brune Poirson a principalement porté la loi contre le gaspillage et pour l’économie circulaire, adoptée début 2020. Le monde de l’entreprise lui est familier. Diplômée de la London School of Economics et de la Kennedy School de Harvard, elle a travaillé plusieurs années en Inde, en cabinet ministériel, puis pour l’Agence française de développement et pour le groupe Veolia.

 

Elle devrait s’impliquer dans l’environnement et en particulier dans le suivi d’un accord stratégique noué le mois dernier entre Accor, la plateforme Expedia et l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), pour étendre davantage l’Engagement de l’Unesco en faveur du tourisme durable. Cet accord stratégique tripartite verra le regroupement de 3.358 hôtels Accor dans le monde entier pour promouvoir la durabilité environnementale et le tourisme durable aux quatre coins de la planète.

Leader mondial de l’hôtellerie, Accor occupe 260 000 collaborateurs et compte quelque 5.100 hôtels et 10.000 espaces de restauration et bars dans 110 pays. En 2020 il a réalisé un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros.

Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes ?

 Le clivage gauche-droite obsolète chez les jeunes  ?

Selon la sociologue Anne Muxel, l’extrême droite ne fait plus figure de repoussoir chez les jeunes générations. Marine Le Pen est parvenue à incarner en partie le « vote protestataire ». (Interview le monde)

La sociologue Anne Muxel, directrice de recherches au Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, revient sur la forte tentation des jeunes pour un vote protestataire, à l’extrême droite mais aussi pour La France insoumise.

Existe-t-il un vote jeune ?

Au fil du temps, les jeunes se sont mis tendanciellement à voter comme le reste de l’électorat, avec cependant quelques inflexions. Ce n’était pas le cas dans les années post-Mai 68, où l’électorat jeune était marqué par un tropisme de gauche – on a pu parler d’une « génération Mitterrand » – qui avait sensiblement contribué à l’arrivée du candidat du Parti socialiste (PS) au pouvoir.

Ce vote s’est ensuite quelque peu résorbé, notamment avec l’élection de Jacques Chirac en 1995, pour lequel une majorité de jeunes électeurs a voté, participant finalement à un désir d’alternance politique. En 2007, lors de l’élection qui opposait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal, a ressurgi un vote majoritaire pour la gauche, mais, depuis, si l’électorat jeune reste plus à gauche que ses aînés, il est moins à gauche qu’auparavant.

 

Notamment avec le trouble introduit par le vote frontiste, qui a toujours concerné une partie significative de l’électorat jeune, particulièrement dans ses segments les plus populaires, les moins scolarisés, déjà au travail ou en quête de travail, chez qui Jean-Marie Le Pen ou sa fille ont fait des scores tout à fait importants. Beaucoup de jeunes qui votent pour Marine Le Pen se disent d’ailleurs ni de droite ni de gauche ; le clivage a perdu de sa pertinence chez eux. Et ce mouvement ne profite guère à la droite classique, Les Républicains ayant beaucoup de difficultés à attirer l’électorat jeune. Par ailleurs, l’enjeu écologique, devenu premier dans les préoccupations des jeunes, ne se traduit encore que timidement dans le vote écologique.

Y a-t-il eu un tournant dans ce vote pour le RN ?

C’est plutôt très progressif et cela participe des fluctuations, des mouvements, des réalignements qui ont affecté les évolutions de l’ensemble du corps électoral. Sans oublier la persistance de l’abstention, qui ne cesse de croître, mais est nettement plus marquée chez les jeunes. Quel que soit le type de scrutin, il y a toujours dix points d’abstention de plus dans cet électorat.

La dernière présidentielle est intéressante : alors même qu’il s’agissait d’une élection assez politisée, mettant en scène un candidat très jeune avec un discours net de renouveau de la vie politique, cette élection s’est soldée non seulement par un vote très tiède des 18-24 ans pour Emmanuel Macron, mais surtout une abstention forte, puisqu’un tiers des étudiants, a priori ceux qui ont le plus de chance de participer à un scrutin, sont restés en retrait.

 

 

Sondage laïcité : une conception revue en baisse chez les lycéens (étude de l’Ifop)

Sondage laïcité : une conception revue en baisse  chez les lycéens (étude de l’Ifop)

Une étude de l’IFOP pour la LICRA qui remet en fait en cause le concept français de laïcité.

 

 ENQUÊTE AUPRÈS DES LYCÉENS SUR LA LAÏCITÉ ET LA PLACE DES RELIGIONS À L’ÉCOLE ET DANS LA SOCIÉTÉ

 

A l’occasion d’un numéro spécial consacré à la laïcité, le magazine de la LICRA « Droit de Vivre » a commandé à l’Ifop une enquête permettant de mieux cerner la place que les lycéens accordent aujourd’hui à la religion, le sens qu’ils donnent à la laïcité dans l’enceinte scolaire mais aussi leur point de vue sur le droit de « blasphémer » à la manière d’un journal satirique comme Charlie Hebdo.

 

Pour cela, l’Ifop a mis en place un dispositif d’étude d’envergure permettant de mesurer la spécificité de la population lycéenne sur ces sujets – à travers des indicateurs offrant des comparaisons avec le point de vue de l’ensemble des Français majeurs – mais aussi d’analyser certaines variables pouvant influencer leur rapport à la laïcité comme leur affiliation religieuse, leur degré de religiosité ou leur évolution dans certains contextes scolaires (ex : éducation prioritaire, enseignement professionnel). Au regard de cette enquête menée auprès d’un échantillon représentatif d’un millier de lycéens – constitué à partir des dernières données ministérielles (RERS 2020) –, la population scolarisée dans le second cycle du second degré apparaît imprégnée d’une vision très « inclusive » de la laïcité dans laquelle celle-ci est réduite au principe de neutralité de l’État tout en étant associée à une grande tolérance à l’égard des manifestations de religiosité dans l’espace scolaire (ex : voile).

 

Ces jeunes, et tout particulièrement les lycéens musulmans et/ou scolarisés dans les zones d’éducation prioritaire (REP), se distinguent aussi par leur hostilité à toute critique susceptible de heurter la susceptibilité des minorités.

 

 

1 – Des jeunes majoritairement favorables au port du voile dans les lycées

 

Si on observe depuis longtemps une plus grande réticence de la jeunesse à la prohibition des signes religieux, c’est la première fois qu’une enquête montre que les lycéens sont majoritairement favorables au port de tenues religieuses dans les lycées publics. Le port de signes religieux ostensibles (voile, kippa…) par les élèves dans les lycées publics s’avère ainsi soutenu par plus d’un lycéen sur deux (52 %), soit une proportion deux fois plus grande que dans la population adulte (25 %).

 

Cette adhésion à l’expression religieuse des élèves dans l’espace scolaire semble en hausse si on se fie aux données de l’enquête REDCo[1] (2006-2009) qui montrait qu’il y a une quinzaine d’années, cette idée était majoritairement rejetée (à 58 %) par les élèves de 14-16 ans. Ce hiatus entre les lycéens et le reste de la population se retrouve dans leur net soutien au port de tenues religieuses par des parents accompagnateurs (à 57 %, contre 26 % chez l’ensemble des Français), mais aussi dans leur adhésion beaucoup plus forte à leur port par les agents du service public : 49 % des lycéens y étant favorables pour des policiers ou des enseignants (contre 21 % chez l’ensemble des Français), signe d’une faible imprégnation des principes de neutralité fixés à la fonction publique depuis 1905.

 

Mettant plus directement le doigt sur la question de l’islam et des injonctions à la pudeur pesant sur les femmes, le port du « burkini » lors des cours de natation n’est, lui, soutenu que par une minorité de lycéens mais avec, là aussi, un degré d’acception nettement plus élevé (38 %) que dans la population adulte (24 %). Dans tous les cas, ces indicateurs mettent tous bien en exergue un très net clivage générationnel sur la question des tenues religieuses dans l’espace scolaire, mais aussi un clivage entre les lycéens musulmans et les autres.

 

2 – Une vision très « ouverte » et dépolitisée de la laïcité

 

Pour les lycéens, la laïcité constitue avant tout un cadre juridique destiné à assurer la séparation du religieux du politique, la liberté de conscience et l’égalité entre les religions. Contrairement à leurs aînés, ils ne l’associent pas à une forme d’anticléricalisme.

 

En effet, les lycéens se distinguent par leur rejet de l’idée selon laquelle la laïcité consisterait à « faire reculer l’influence des religions dans la société » : seuls 11 % d’entre eux partagent ce point de vue, soit deux fois moins que chez l’ensemble des Français âgés de 18 ans et plus (26 %). À l’inverse, ils affichent leur préférence pour une vision assez minimaliste de la laïcité en l’associant en priorité à un traitement égal des différentes religions (à 29 %, soit 10 points de plus que chez l’ensemble des Français). II est intéressant de noter que cette association de la laïcité à l’absence de discrimination entre les croyants est particulièrement forte dans les rangs des adeptes des religions minoritaires (38 %) – notamment les élèves de confession musulmane (37 %) –  mais aussi d’autres catégories souvent plus exposées aux discriminations telles que les personnes perçues comme « non blanches » (42 %) ou résidant dans des banlieues populaires (37 %).

 

Cette lecture littérale de la laïcité fixée par la loi de 1905 va de pair avec une faible politisation du concept : les deux tiers des jeunes interrogés (68 %) estiment que la laïcité ne se rattache à « aucun courant » idéologique particulier, contre 16 % qui l’associent à la gauche, 8 % au centre et 8 % à la droite. Ainsi, son association à l’extrême droite – de l’ordre du possible depuis que le RN s’est emparé du sujet dans une logique « musulmanophobe » – reste donc marginale, y compris chez les musulmans (4 %).

 

3 – Des lois « laïques » perçues par beaucoup comme discriminatoires envers les musulmans

 

Les accusations de « musulmanophobie » portées depuis des années envers les lois associées (1905, 2004) ou apparentées (2010) à la laïcité n’en imprègnent pas moins fortement les représentations que se font les jeunes de ces dispositifs législatifs. Dans un contexte marqué par un renforcement de la laïcité au sein de l’institution scolaire – via des initiatives comme la Charte de la laïcité (2013), le Vade-mecum pour la laïcité (2018), le Conseil des sages (2018) ou les équipes Valeurs de la République –, on ne peut que constater l’impact des discours décrivant par exemple la loi de 2004 comme une loi de « ségrégation » antimusulmans (Edwy Plenel, janvier 2015) et, depuis son vote, un « durcissement des mesures discriminatoires contre la population musulmane[2] ».

 

Sans être encore majoritaire, l’étiquette diffamante d’« islamophobie » colle ainsi à ces grandes lois au point qu’un nombre élevé de lycéens (37 %) les jugent désormais discriminatoires envers les musulmans. Et ce sentiment n’est pas l’apanage des musulmans (81 %) : il est également partagé par beaucoup d’élèves scolarisés en zone d’éducation prioritaire (55 %), en lycée professionnel (43 % en bac pro) ou se percevant par les autres comme « non blancs » (64 %). Déjà observée par Olivier Galland et Anne Muxel dans leur enquête auprès des lycéens en 2016[3]  – tout particulièrement dans les lycées très populaires et à forte proportion de jeunes d’origine étrangère – cette « solidarité » de segments non musulmans de la population lycéenne serait d’après Olivier Galland le produit d’un « phénomène d’acculturation leur faisant rejoindre les opinions de leurs camarades musulmans lorsque ceux-ci sont très représentés dans l’espace scolaire [4] ».

 

4 – Un « droit au blasphème » rejeté par une (courte) majorité de lycéens

 

Récemment remise sur le devant de la scène par l’affaire Mila (2020), le « droit au blasphème » clive profondément une opinion lycéenne qui penche contre ce droit pourtant acquis depuis plus d’un siècle (1881) : 52 % des lycéens contestent la liberté de se montrer irrespectueux vis-à-vis une religion et ses dogmes, soit une proportion quasi identique à celle observée chez l’ensemble des Français (50 %).

 

Cette question du « droit au blasphème » met surtout en lumière le clivage existant sur ce sujet entre les musulmans et le reste de cette jeunesse scolarisée dans le second degré. En effet, si les jeunes musulmans s’opposent massivement (à 78 %) au droit d’outrager une religion – tout comme les personnes perçues comme « non blanches » (à 65 %) ou habitant dans les banlieues populaires (à 60 %) –, ce n’est le cas que d’une minorité de catholiques (45 %), d’élèves sans religion (47 %) ou non scolarisés en REP (44 %).

 

D’après Jean-François Mignot, qui observait la même tendance dans l’enquête auprès des lycéens dirigée par Olivier Galland et Anne Muxel (2016), cette réaction s’expliquerait par « une conception de l’islam selon laquelle la critique de la religion, de ses croyances, de ses pratiques témoigne d’un manque de respect envers les croyants eux-mêmes, comme si l’irrévérence envers la religion agressait l’estime de soi des croyants[5] ».

 

Dans ce cadre, il n’est pas étonnant que les lycéens soutiennent moins que la moyenne (à 49 %, contre 59 % chez l’ensemble des Français) le droit des journaux à caricaturer les personnages religieux, sachant que là aussi, l’opposition à cette publication – partagée en moyenne par un lycéen sur quatre (27 %) – est très forte dans les rangs des musulmans (61 %) et, plus largement, chez les élèves se disant « religieux » : à 45 %, contre 22 % chez les élèves non religieux mais pas athées et 15 % chez les athées convaincus.

 

Enfin, les lycéens se distinguent par un soutien moins ferme au choix, fait par Samuel Paty, de présenter en cours ces caricatures pour illustrer la liberté d’expression : 61 % d’entre eux estiment qu’il a eu raison de le faire, contre 71 % chez les enseignants du second degré. La proportion de lycéens estimant qu’il a eu tort n’en reste pas moins faible (17 %), sauf dans les rangs des musulmans (48 %), des élèves en REP (27 %) ou de ceux se disant religieux (31 %).

 

5 – Retour en 2015 : une condamnation des attentats faisant moins l’unanimité

 

En 2015, la perturbation des minutes de silence organisées en l’honneur des victimes de Charlie Hebdo a suscité débats et polémiques sur l’attitude ambiguë de certains élèves à l’égard des attaques terroristes sans que beaucoup de données représentatives n’appuient ces assertions.

 

À la suite des travaux pionniers d’Anne Muxel et d’Olivier Galland sur l’ampleur des formes de désolidarisation exprimées à l’égard des victimes, cette étude a donc le mérite donner un aperçu de l’opinion des lycéens sur ce sujet à partir d’un échantillon national représentatif de la jeunesse scolarisée dans un second cycle du second degré. Or, il en ressort une condamnation des terroristes moins forte que chez l’ensemble des Français mais aussi moins consensuelle que dans le passé. En effet, si la proportion de lycéens ne condamnant pas fermement ces attentats reste une minorité (16 %), leur nombre semble avoir augmenté par rapport à une enquête de 2016 où elle s’élevait à 7 % [6] chez l’ensemble des jeunes âgés de 15 à 17 ans.

 

Toutefois, les différences de cibles entre les deux enquêtes – l’une portant sur tous les jeunes de 15 à 17 ans, l’autre sur les lycéens de 15 ans et plus – incitent à rester prudent sur ces évolutions et à approfondir plutôt certaines variables d’analyse. Cette analyse montre que la désapprobation radicale du terrorisme fait moins l’unanimité chez élèves musulmans : 9 % « condamnent les terroristes mais partagent certaines de leurs motivations », 2 % déclarent qu’ils « ne les condamnent pas » et 11 % se disent indifférents à l’égard des terroristes ayant assassiné tous ces personnes.

 

Au total, la proportion d’élèves musulmans n’exprimant pas de condamnation totale à l’égard des terroristes est donc presque deux fois supérieure (22 %) à celle observée chez les non-musulmans (14 %). Cependant, cette tendance à se montrer émotionnellement indifférent à l’égard des attentats touche encore plus fortement les élèves en REP – 30 % ne condamnent pas explicitement les auteurs des attentats –, sans doute parce qu’ils voient dans l’irrévérence envers l’islam une forme d’irrespect tellement inacceptable qu’elle légitime la violence. Il faut sans doute y voir l’influence de l’importance donnée à la notion de « respect » dans une jeunesse populaire qui condamne par principe tout contenu potentiellement offensant pour des minorités perçues comme « dominées ».

 

LE POINT DE VUE DE FRANÇOIS KRAUS SUR L’ENQUÊTE

 

Au regard du double clivage mis en exergue par cette enquête – celui entre les jeunes et le reste des Français d’une part, celui entre les jeunes musulmans et le reste de la jeunesse d’autre part  –, il est difficile de ne pas avoir des doutes sur la pérennité de la loi de 2004 : son assise politique ne pouvant que s’effriter au fil des années en raison du poids croissant des musulmans en France (18% chez les nouveau-nés masculins en 2016, contre 8% en 1997*) mais aussi d’une évolution des mentalités qui fait de l’acceptation des expressions religieuses dans l’espace scolaire un marqueur générationnel affectant l’ensemble des jeunes de moins de 25 ans (53%) et pas seulement les minorités religieuses et/ou ethniques. L’intériorisation des notions de droit à la différence et la primauté donnée au respect de la liberté de choix de chacun y sont sans doute pour beaucoup dans une génération qui se distingue par un certain relativisme des valeurs et un grand respect pour les minorités. Ainsi, la question du frein à la liberté de « blasphémer » se posera également sans doute à terme pour une « génération offensée » (Fourest, 2020) qui tend plus toute autre à interpréter la critique à l’égard d’un dogme ou d’un personnage religieux comme une forme d’irrespect envers les croyants eux-mêmes..

 

François Kraus, directeur du pôle « politique / actualités » au Département Opinion de l’Ifop

 

* cf Jérôme Fourquet L’Archipel français, Points, septembre 2020. p 190

 

[1] Enquête européenne sur « la religion dans l’enseignement. Contribution au dialogue ou facteur de conflit dans des sociétés européennes en mutation ? » réalisée entre 2006 et 2009.

[2] Joan W. Scott, La politique du voile, Paris, Éditions Amsterdam, 2017.

[3] Olivier Galland, Anne Muxel (dir.), La Tentation radicale. Enquête auprès des lycées, Puf, 2018.

[4] Olivier Galland, La laïcité au prisme du regard des jeunes, Telos, 1er décembre 2019.

[5] Olivier Galland, Anne Muxel (dir.), La Tentation radicale, op. cit., p. 174.

[6] Olivier Galland, Anne Muxel (dir.), La Tentation radicale, op. cit., p. 170.

Covid-19 : la logique actionnariale emporté chez Sanofi

Covid-19 : la logique actionnariale emporté chez Sanofi

Chez les fabricants de médicaments, la logique actionnariale l’a emporté sur la logique de santé publique, estime la chercheuse Nathalie Coutinet dans un entretien au « Monde ».

Entretien. Nathalie Coutinet est maîtresse de conférences en économie au Centre d’économie de l’université Paris-Nord, spécialiste de l’économie de la santé, de la protection sociale et de l’industrie du médicament.

Le groupe Sanofi, leader de l’industrie pharmaceutique française, est aujourd’hui critiqué pour son retard dans la course au vaccin contre le Covid-19. Est-ce un échec de la recherche et développement (R&D) et de l’industrie « à la française » ?

Je ne crois pas qu’on puisse véritablement parler d’échec. Sanofi a fait le choix d’utiliser les technologies classiques de développement d’un vaccin – comme celui contre la grippe – plutôt que l’ARN messager. Le délai classique dans ce domaine est de cinq à dix ans (un vaccin en deux ans serait déjà exceptionnel).

La surprise scientifique est venue de la performance de l’ARN messager, pourtant étudié et mis au point depuis longtemps. Sanofi est d’ailleurs partenaire, depuis 2018, d’une biotech américaine, Translate Bio, experte de l’ARN messager, tout comme Pfizer l’est de BioNTech. Ce qu’on ne sait pas, c’est pourquoi Sanofi n’a pas activé ce partenariat dans sa quête d’un vaccin.


Le fait que l’américain Pfizer ait découvert un vaccin avant le français Sanofi n’est pas une surprise : depuis vingt ans, la R&D du médicament migre vers les Etats-Unis. Les dépenses annuelles de R&D des firmes pharmaceutiques américaines ont augmenté de 7,4 % entre 2003 et 2007, puis de 8,9 % entre 2013 et 2017, alors qu’elles ont augmenté pour les firmes européennes de 5,8 % et de 3 % respectivement sur les mêmes périodes.

La Biomedical Advanced Research and Development Authority américaine a mis, en toute transparence, 10 milliards de dollars (8,3 milliards d’euros) sur la table pour inciter les industriels à trouver un vaccin anti-Covid-19 – dont 2,7 milliards de dollars pour Sanofi GSK. L’Union européenne et la France sont bien en dessous, mais on ne sait pas vraiment de combien, faute de transparence sur le sujet…

Pourquoi la R&D s’est-elle déplacée vers les Etats-Unis ?

Parce que le modèle économique de l’industrie pharmaceutique s’est transformé, passant d’un objectif de santé publique – mettre au point des médicaments soignant le plus grand nombre possible de maladies et de gens – à un objectif financier – servir le plus gros dividende possible à ses actionnaires.


A l’origine, Sanofi est le résultat d’un montage industriel des années 1990, construit par l’Etat et les grands actionnaires de l’époque (L’Oréal et Total) selon la logique du « champion national ». Auparavant, la pharmacie était une activité des grands groupes chimiques – en France, mais aussi ailleurs en Europe.

Secteur aérien : 13.000 postes menacées chez American Airlines

Secteur aérien : 13.000 postes menacées chez American Airlines

 

Le secteur aérien aura perdu 60 à 70 % de sa clientèle en 2020 entraînant ainsi une catastrophe financière de la plupart des compagnies et des plans considérables de licenciement. La compagnie American Airlines, affectée par la chute du trafic aérien, a prévenu ce mercredi qu’elle pourrait licencier jusqu’à 13.000 salariés si la situation ne s’améliorait pas et si les aides gouvernementales en place jusqu’au 1er avril n’étaient pas prolongées.

 «Nous travaillerons avec les dirigeants syndicaux pour faire tout ce que nous pouvons pour atténuer autant que possible l’impact sur l’emploi», ont affirmé les dirigeants de l’entreprise dans une lettre aux salariés consultée par l’AFP.

Le pire sans doute c’est que le secteur aérien n’est pas seulement victime de la conjoncture sanitaire qui a fortement pesé évidemment sur la mobilité par avion mais aussi d’un changement de comportement plus structurel des voyageurs dont la demande va se réduire pendant encore des années comparées à celles de fin 2019.

Sondage vaccins : le doute toujours important chez les Français

Sondage vaccins : le doute toujours important chez les Français

Une enquête internationale, codirigée par YouGov et l’Imperial College London’s Institute of Global Health Innovation (IGHI), a révélé que les Britanniques étaient les plus disposés à recevoir un vaccin COVID-19, à 78%, suivis du Danemark à 67%. À l’inverse les Français doutent toujours. La France avait la proportion la plus élevée de répondants qui déclaraient ne pas se faire vacciner, à 44%, mais a vu doubler la proportion de ceux qui étaient fortement d’accord pour se faire vacciner, de 15% en novembre à 30% en janvier. La faiblesse de la proportion relevée en France par rapport à d’autres pays peut revenir de la mentalité du jeu critique de l’opinion française sur beaucoup de sujets mais aussi des contradictions d’un pouvoir sur la question sanitaire générale

En Australie, au Japon, en Corée du Sud et à Singapour, la volonté de se faire vacciner a diminué depuis novembre, le Japon étant le moins préparé, suivi de Singapour.

Depuis avril 2020, les chercheurs ont interrogé plus de 470 000 personnes dans le monde. Cette enquête la plus récente s’est déroulée du 4 au 24 janvier.

Il a révélé que la plupart des gens font confiance aux vaccins, les deux tiers exprimant une confiance forte ou modérée et seulement 12% ne déclarant aucune confiance. Il a également révélé que les deux tiers des personnes pensent que se faire vacciner est important pour leur santé.

E-commerce : la hausse grâce au Covid y compris chez les personnes âgées

E-commerce : la hausse grâce au Covid y compris chez les personnes âgées

 

Sur franceinfo, Philippe Moati, professeur d’économie à l’université de Paris, cofondateur de l’ObSoCo (l’Observatoire société et consommation), observe une explosion du e-commerce du fait du Coronavirus y compris chez les personnes âgées parfois peu familières des technologies de communication. Interview France Info)

 

franceinfo : Comment définiriez-vous le mode de consommation actuel ?

 

Philippe Moati : On est clairement dans un régime de consommation sous contrainte. Horaires d’ouverture des magasins, plus ou moins tôt, plus ou moins tard, crainte de la sortie. Encore énormément de gens hésitent à sortir par peur de la contamination. Donc, si on se met à acheter en ligne c’est parce qu’on ne veut ou ne peut pas acheter en magasin. Il y a eu un boom et de nouveaux acheteurs.

« On voit que 8% des Français ont fait leurs premières courses sur internet durant la crise sanitaire, notamment des personnes âgées pour l’alimentaire car c’est une offre des services qui leur est particulièrement adaptée. »

Philippe Moati à franceinfo

On a constaté d’une manière générale que les personnes âgées se sont mises au numérique pendant la crise sanitaire. Il y a un verrou qui a sauté. On peut penser que certaines de ces habitudes demeureront. Clairement, le e-commerce en a profité.

Que pensez-vous d’Amazon ?

 

On a eu une vague ces derniers mois d’Amazon bashing y compris à la tête du gouvernement. Mais dans nos enquêtes ce n’est pas ce que l’on voit. On a plus de répondants qui nous disent qu’ils achètent davantage sur Amazon qu’avant que de personnes qui disent acheter moins. Donc, si on se base sur nos données, il y a un accroissement de la fréquentation d’Amazon. L’image est plutôt bonne. Le groupe est très bien noté sur les aspects consommateurs, que ce soit sur la livraison, le choix, les prix, plutôt mal noté sur les aspects sociaux, mais ce qui l’emporte c’est une satisfaction. Donc, il y a un décalage entre le discours qui désigne Amazon comme le mal absolu et les consommateurs qui y vont parce qu’ils y trouvent leur compte.

 

« Génération COVID » : embauche de 15 000 jeunes chez Carrefour en France

« Génération COVID » : embauche de 15 000 jeunes chez Carrefour en France

 

Il est clair que les jeunes de la « Génération COVID » vont être lourdement handicapés par les perturbations de leur enseignement et que leur diplôme presque d’être dévalorisé. Parallèlement compte tenu de la crise économique, le chômage va se développer et le recrutement se réduire en même temps.- Carrefour, premier distributeur européen, prévoit cependant d’embaucher 15.000 jeunes, l’année prochaine en France, dont la moitié dans des quartiers défavorisés, a annoncé mardi le PDG du groupe, Alexandre Bompard.

“Il y a quelque 750.000 jeunes qui entrent chaque année sur le marché du travail. C’est toujours difficile pour eux de trouver une place”, a déclaré Alexandre Bompard à la radio RTL, en faisant référence aux travailleurs de moins de 25 ans.

“Cette année, pour ce que nous pouvons appeler la ‘génération COVID’, c’est d’une complexité folle. Les portes sont fermées parce que de nombreuses entreprises sont en difficultés”, a-t-il poursuivi. Les emplois proposés seront des contrats à durée indéterminée ou en alternance. Carrefour emploie actuellement 321.000 personnes dans le monde, dont 105.000 en France.

Transfert de cadres de Debout la France chez Marine Le Pen

Transfert de cadres de Debout la France chez Marine Le Pen

 

Soixante cadres de Debout la France – dont une dizaine de secrétaires départementaux comme autant de membres du bureau national – ont rejoint le mouvement de Marine Le Pen.

Plan social chez Nokia : 1000 salariés concernés

Plan social chez Nokia : 1000 salariés concernés

La procédure d’information et de consultation concernant le projet de suppressions de postes chez Nokia est arrivée à son terme vendredi dernier. Après plusieurs mois de mobilisation, dont plusieurs manifestations, tous les syndicats, à l’exception de la CGT, ont signé l’accord sur les mesures d’accompagnement des salariés qui quitteront l’entreprise.

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

Brexit: la peur commence à poindre chez Boris Johnson

 

Boris Johnson semble désormais très partisan d’un accord avec l’Union européenne. Sans doute une position tactique pour mettre l’Union européenne dans l’embarras afin de lui faire porter le chapeau d’une éventuelle rupture et de l’échec des négociations. Il y a aussi chez Boris Johnson des préoccupations de plus importantes quant à l’avenir du pays surtout en cas de No deal . Certes l’union européenne aura à subir un certain ralentissement de sa croissance dans le cas d’absence d’accord mais le choc sera nettement plus rude pour le Royaume uni. Ce que pense aussi l’Allemagne.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a mis en garde le Royaume-Uni contre les conséquences d’un échec des négociations avec l’UE sur un accord commercial après le Brexit. Une situation pas du tout réglementée aurait des conséquences très significatives pour l’économie britannique, a-t-il estimé, lors d’un point presse à Berlin, à l’issue d’une réunion des ministres des Finances de l’UE.

En revanche, il s’attend à ce que l’Europe soit en mesure d’y faire face après les préparatifs qui ont déjà été faits. Le ministre allemand a toutefois affirmé toujours espérer que les discussions avec Londres parviennent à un bon résultat. L’Allemagne souhaite même cet accord continuer d’exporter ses biens industriels et manufacturés.

Un «no deal», qui pourrait avoir de rudes conséquences économiques, mais aussi sur la vie quotidienne des citoyens européens et britanniques.

 Selon le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. D’après un rapport de l’institution, publié en novembre 2018, en cas de «no deal» et dans le scénario du pire, le PIB britannique serait amputé de 7,8 % à 10,5 % d’ici à 2024, par rapport à ce qu’il aurait été sans Brexit. Une étude du gouvernement britannique, parue au même moment, évalue de son côté la perte de PIB à 9,3 % en quinze ans.

La croissance ne serait pas le seul indicateur économique à basculer dans le rouge, selon la Banque d’Angleterre. Le taux de chômage grimperait en flèche à 7,5 % (contre 3,9 % aujourd’hui), tout comme l’inflation à 6,5 % (contre 2,1 % actuellement), tandis que la livre sterling s’effondrerait de 25 % et les prix de l’immobilier de 30 %. Des prévisions alarmistes, très loin de «l’énorme opportunité économique» vantée par Boris Johnson fin juillet.

L’Union européenne (UE) aussi verrait son économie touchée par un Brexit sans accord, puisque les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union seraient encadrées par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), plus drastiques que celles de l’UE, restreignant dès lors le commerce entre les deux parties. Selon les économistes du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), l’impact serait tout de même moins important qu’au Royaume-Uni. Ils prévoient en effet un repli du PIB de 0,8 % de façon permanente (0,3 % en France), contre 2,8 % outre-Manche (ce qui représente annuellement près de 2.000 livres, soit 2.150 euros, en moyenne par ménage). Par ailleurs, d’après une étude de l’institut allemand IWH, un Brexit sans accord menacerait 600.000 emplois dans le monde, dont 179.000 dans l’UE (50.000 en France)

 

Crise sanitaire : « les conséquences graves chez les élèves »

Crise sanitaire : « les conséquences graves chez les élèves »

La crise sanitaire ne sera pas sans dommage pour l’enseignement et les élèves pour  Andreas Schleicher , à la tête de la direction de l’éducation et des compétences de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il est également conseiller spécial du secrétaire général, chargé de la politique de l’éducation. Il a notamment lancé le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa).( Interview dans l’Opinion)

Pendant ce reconfinement, l’école reste ouverte en France. Une décision que vous saluez.

Oui, tant la fermeture des écoles au printemps a eu des conséquences négatives. A court terme, pour les élèves qui ont « décroché », mais aussi, à plus long terme, sur les apprentissages en général. Il est encourageant de constater que, dans ce nouveau confinement, le maintien de l’ouverture des écoles a désormais la priorité sur celui des bars et des restaurants.

Avec le recul, quels sont les pays de l’OCDE qui se sortent le mieux de cette période ?

Les pays qui ont des systèmes éducatifs misant sur l’innovation et la coopération tirent leur épingle du jeu. Comme le Danemark, l’Estonie, plusieurs régions en Allemagne et une large partie de l’Asie. Ils ont pour caractéristique commune de donner une très large marge de manœuvre aux enseignants, mais aussi aux responsables des établissements. L’autonomie professionnelle, l’éducation collaborative ne sont pas que des mots. Face à une situation de crise, elles permettent d’être plus agile et plus résilient.

« Les professeurs, dans leur grande majorité, travaillent de façon trop isolée, sans coopérer avec leurs collègues, sans être incités à prendre des initiatives »

A cet égard, quelles sont les principales lacunes du système français ?

Les professeurs, dans leur grande majorité, travaillent de façon trop isolée, sans coopérer avec leurs collègues, sans être incités à prendre des initiatives. Bien sûr, des initiatives individuelles formidables existent mais, globalement, le travail en solitaire est ancré dans les habitudes et dans les mentalités. Pour prendre une image, l’éducation pourrait s’inspirer de l’hôpital où les médecins soignent, mais font aussi de la recherche, expérimentent, échangent sur leurs pratiques. C’est ce qui manque au système éducatif français : s’intéresser systématiquement à ce que fait son voisin.

Quelles formes concrètes prend cette collaboration dans d’autres pays ?

L’exemple extrême est celui de la Chine où les enseignants y consacrent la moitié de leur temps. Ils échangent beaucoup avec leurs collègues, discutent avec les parents. Ils ne sont pas seulement des « profs », ils sont aussi des mentors, des coachs, des animateurs et des travailleurs sociaux vis-à-vis de leurs élèves. Cette conception de l’éducation a également cours dans les pays scandinaves comme le Danemark, la Finlande ou l’Estonie. Dans dix ans, ce dont les élèves se souviendront peut-être le plus, c’est l’enseignant qui a veillé sur eux, qui a été à l’écoute et qui les a aidés à aller de l’avant. En période de pandémie, l’école reste souvent un repère de stabilité. L’Espagne s’est bien débrouillée aussi, notamment parce que les partenariats public-privé ont été multipliés et des initiatives très intéressantes pour l’éducation par de multiples canaux, notamment en ligne, à la télévision et à la radio, ont été prises.

« On arrive à un coût stupéfiant à long terme de 2 000 milliards d’euros pour la France » 

L’OCDE a commencé à mesurer les conséquences des pertes dans les apprentissages. Quelles sont-elles ?

Il est naturel qu’une grande partie de l’attention du public se concentre aujourd’hui sur les défis à court terme en matière de santé et d’emploi. Mais les lacunes dans l’apprentissage qui découlent des fermetures d’écoles jetteront une ombre durable sur le bien-être économique des individus et des nations. Les personnes moins qualifiées seront moins productives, moins aptes à participer aux activités économiques et sociales et plus susceptibles de bénéficier de transferts sociaux. Et contrairement à l’impact économique direct de la pandémie, qui sera temporaire, ces effets se feront probablement sentir longtemps. Pour dire les choses simplement, nos écoles d’aujourd’hui sont nos économies de demain. Nous estimons que les élèves peuvent s’attendre à une baisse de revenus de quelque 3 % sur l’ensemble de leur vie. Ce calcul est basé sur des pertes d’apprentissage déjà équivalentes à un tiers de l’année scolaire en moyenne. Projeté sur nos économies, on arrive à un coût stupéfiant à long terme de 2 000 milliards d’euros pour la France. Et ce n’est que la moyenne. Les effets pour les élèves issus de familles défavorisées seront beaucoup plus importants.

Vous échangez souvent avec le ministre Jean-Michel Blanquer. Quelle appréciation portez-vous sur sa gestion de la crise ?

Jean-Michel Blanquer est sans doute l’un des meilleurs experts de l’éducation, et l’expertise est rare parmi les principaux décideurs politiques en Europe. Le problème majeur est le poids de la bureaucratie qui rend très difficile la mise en place de pratiques innovantes dans le système scolaire. L’idéal serait d’inclure les enseignants dans l’élaboration des politiques éducatives. Il n’est pas difficile d’introduire de nouvelles idées à l’école. Mais il est bien plus important de trouver ce qui fonctionne vraiment dans les salles de classe, de les mettre à l’échelle et de les diffuser. Lors d’une crise, la question n’est pas de savoir combien de personnes suivent les instructions, mais plutôt quelle est la qualité de leur collaboration

Le Groupe Arnault grimpe à 7% du capital chez Lagardère

Le Groupe Arnault grimpe à 7% du capital chez Lagardère

Peut-être en réponse à la menace d’OPA que veut lancer Bolloré sur Lagardère, le groupe Arnault renforce encore ses positions chez Lagardère après avoir déjà pris 27 % de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère.

Au même moment se déroulait une audience sur la légalité d’une demande d’assemblée générale exigée par Vivendi et le fonds Ambert, Bernard Arnault avait déjà pris 5 % du capital de Lagardère. Une sorte de contre-feu contre ces derniers qui demandent clairement le départ de Lagardère.

L’affaire cependant est loin d’être terminée quand on connaît la stratégie brutale de Vivendi pour prendre le contrôle d’une entreprise cela d’autant plus que Vivendi et Ambert détiennent 43,5 % du capital de Lagardère. Vivendi pourrait bien pourrir la vie de Lagardère et finalement par son action provoquer une dévalorisation de la société. Bref on notera que les capitalistes français sont plus forts pour se faire la guerre entre eux que pour ce solidifier à l’international. A près l’affaire Veolia Suez, l’affaire Bolloré Lagardère risque d’occuper l’actualité. Notons aussi qu’en matière de fusion, la France ne se caractérise pas par des réussites très spectaculaires. Faut-il rappeler cette lamentable affaire de fusion entre Alstom et General Electric. Les mécanos capitalistiques ne correspond pas toujours à des stratégies très pertinentes techniquement et commercialement.

«La société anonyme Financière Agache (…) a déclaré avoir un franchi individuellement en hausse, le 29 septembre 2020, le seuil de 5% des droits de vote de Lagardère SCA et détenir individuellement 8.776.933 actions» de la société, soit 6,69% du capital et 5,07% des droits de vote, a détaillé l’AMF. «Ce franchissement de seuil résulte d’une acquisition d’actions Lagardère SCA sur le marché», a précisé le gendarme boursier.

Fin septembre, le groupe Lagardère, déjà bousculé par ses deux premiers actionnaires Vivendi et le fonds Amber Capital, a vu arriver dans son capital Bernard Arnault. L’homme le plus riche de France a acquis, à travers Financière Agache, 27% de la holding personnelle d’Arnaud Lagardère, qui détient sa participation de 7,26% dans le groupe qui porte son nom. À cet investissement de quelque 80 millions d’euros s’était ajoutée une prise de «participation directe» de Bernard Arnault de 5,5% du capital du groupe Lagardère, qui s’élevait, au prix du marché, à une centaine de millions d’euros.

«M. Arnaud Lagardère et les sociétés Lagardère, LM Holding et Lagardère Capital agissant de concert avec les sociétés Groupe Arnault et Financière Agache (…) détiennent de concert, au 29 septembre 2020, 13,95% du capital» de Lagardère, a ajouté l’AMF.

Sondage 2022 : Philippe en tête chez les Républicains

Sondage 2022 : Philippe en tête chez les Républicains

 

D’après un sondage IFOP pour La Lettre de l’Expansion de lundi 31 août 26% des électeurs LR souhaiteraient voir Édouard Philippe porter les couleurs de la droite. Un résultat qui le place devant François Baroin (21%), Xavier Bertrand (18%) ou encore Valérie Pécresse (15%).. 20% des électeurs LR interrogés préféreraient aussi un autre candidat que ces quatre noms testés. De quoi, sans doute, réveiller de nouvelles ambitions…

Plus largement, 20% des Français aimeraient voir l’ancien locataire de Matignon représenter la droite en 2022. Cela le place, là encore, devant Xavier Bertrand (11%), et même très loin devant François Baroin (7%) et Valérie Pécresse (6%). 56% des Français aimeraient cependant qu’une autre personnalité puisse représenter la droite.

Globalement si 19% d’entre les français aimeraient voir Emmanuel Macron défendre les couleurs de sa majorité, 18% lui préféreraient son ancien premier ministre.

Coronavirus : forte hausse chez les jeunes adultes

Coronavirus : forte hausse chez les jeunes adultes

Le nombre de nouveaux cas confirmés continue d’augmenter progressivement, comme c’est le cas depuis la mi-juin, mais de manière encore plus marquée depuis mi-juillet : 7.565 cas ont ainsi été enregistrés pendant la semaine étudiée, du 27 juillet au 2 août. Soit une augmentation de 33 % par rapport à la semaine précédente, qui ne peut pas s’expliquer uniquement par la hausse du nombre de patients testés (+14 %).

Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas rapportés à la population, monte ainsi à 12 cas pour 100.000 habitants dans l’ensemble du pays, contre 9,7 la semaine précédente. La hausse est nettement plus marquée chez les 15-44 ans (et surtout les 20-29 ans) que dans les autres classes d’âge, note l’organisme.

Coronavirus : Un vaccin américain efficace chez les singes ?

Coronavirus : Un vaccin américain efficace chez les singes ?

Le vaccin développé par la biotech américaine Moderna est comme le vaccin britannique entré en phase trois c’est-à-dire en expérimentation sur une population très large. On ne connaît pas encore les résultats chez l’homme. Par contre il semblerait que le vaccin américain ait déclenché une réponse immunitaire «robuste» et empêché la réplication du virus dans les poumons et les nez des singes, selon des résultats publiés mardi.

Sept des huit singes vaccinés dans cette étude, puis exposés délibérément au coronavirus quatre semaines plus tard, n’avaient plus de virus en réplication détectable dans les poumons deux jours plus tard, et aucun des huit n’avait de virus dans le nez, selon les résultats publiés par la revue médicale New England Journal of Medicine. Les scientifiques avaient auparavant constaté que la vaccination, en deux doses séparées de 28 jours, provoquait non seulement la production d’anticorps contre le coronavirus, mais également de lymphocytes T indispensables à la réponse immunitaire. «C’est la première fois qu’un vaccin expérimental contre le Covid-19 testé sur des primates non-humains démontre sa capacité à produire un contrôle viral rapide dans les voies respiratoires supérieures», se sont félicités les NIH dans un communiqué.

Mais seuls les essais de phase 3, en cours, permettront de vérifier si l’un et/ou l’autre des vaccins protège les humains.

Le grand danger de la propagation chez les jeunes asymptomatiques

Le grand danger de la propagation chez les jeunes asymptomatiques

 

 

Les jeunes sont beaucoup plus asymptomatiques que la moyenne de la population, ils sont porteurs du virus et le transmettent d’autant plus facilement qu’ils n’ont aucune affection. L’accélération de la propagation souterraine est encouragée par la multiplication des contacts à l’occasion notamment des vacances. «La circulation du virus s’intensifie chez les jeunes dans certaines régions, reflétant un probable relâchement dans l’application des mesures de distanciation sociale et du respect des mesures barrières, confirme la Direction générale de la Santé (DGS). Cette tendance, pour le moment limitée, est suivie très attentivement par les autorités sanitaires.»

Le même phénomène est observé dans tous les pays. L’augmentation de l’incidence (nombre de cas positifs pour 100.000 habitants) concerne certes toutes les tranches d’âge. Mais elle reste en effet presque deux fois plus importante pour les 15-44 ans (près de 8 cas pour 100.000) par rapport aux autres classes d’âge, selon le dernier point hebdomadaire de Santé publique France pour la semaine du 13 au 19 juillet. Ce taux monte même à 11 chez les 20-29 ans! Conséquence de ce rajeunissement, les personnes asymptomatiques représentent 54% des cas positifs. Si ce chiffre montre que le dépistage est efficace, il n’est pas non plus exclu qu’une bonne partie passe encore sous les radars. Auquel cas des personnes infectées pourraient sans le savoir contaminer des proches plus vulnérables. La seule réponse qui casse à limiter les grands rassemblements surtout ceux en milieu clos voir à fermer certains établissements où le respect des gestes barrières ne peut être respecté.

Pause

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