Archive pour le Tag 'Changement'

ENA : un simple changement sémantique !

 ENA : un simple changement  sémantique !

L’Ecole nationale d’administration (ENA) changerait de nom et s’intitulerait l’Institut supérieur des fonctionnaires (ISF) ! En fait une petite manipulation sémantique qui ne changera pas grand-chose quant à la nature et au rôle de cette fabrique d’oligarques. La question centrale qui se pose pour avec l’ENA  n’est pas seulement le problème de son nom, des conditions d’entrée et de sortie mais de sa réelle utilité. En effet au départ, l’ENA a été créée après la guerre pour former et unifier le profil des grands administrateurs publics. Or progressivement cette école a évolué pour former aussi des oligarques du monde politique. La plupart des partis ont en effet à la tête d’anciens élèves de l’ENA à gauche comme à droite. Certains ont même été présidents de la république. Dans l’histoire de la république, ce ne sont sans doute pas ces responsables qui auront marqué le plus l’histoire. L’autre dérive de l’ENA, c’est de former également de futurs businessmen ou prétendus comme tels. Il faut noter que parmi les énarques figurent des managers particulièrement efficaces mais aussi de piètres dirigeants qui ont tué certaines grandes entreprises voire certains secteurs économiques. Dans une formation de deux ans on ne peut évidemment couvrir l’ensemble du champ des connaissances concernant la gestion de l’administration, le business ou la politique. Du coup, la formation est assez superficielle. Elle aborde à peu près tous les sujets mais sans en approfondir aucun. Surtout,  elle donne des connaissances théoriques qui ne s’appuient sur aucune expérience concrète, sur aucune réalité sociale, technique, économique ou environnementale. C’est le même reproche qu’on pourrait faire à la multitude d’instituts d’études politiques qui préparent d’ailleurs à l’ENA. Nombre des élèves de ces instituts noyautent  d’ailleurs le parti de la république en marche. Des anciens élèves, d’un conformisme désolant,  tous formatés de la même manière répétant  les idées à la mode, les idéologies approximatives, voir les pires âneries.  Le problème de ces anciens élèves, c’est  qu’ils ont constitué une sorte de caste dont les membres se reproduisent parce qu’ils s’occupent  maintenant l’essentiel des fonctions dans la politique, dans l’administration et dans le business. On recrute un énarque dans le privé en raison de son carnet d’adresses parce qu’il pourra facilement communiquer avec l’administration ou encore avec les finances et réciproquement. Globalement ces écoles sont à la fois inefficaces sur le plan public si l’on en juge par les résultats du pays et non démocratiques puisque réservées aux fils de l’élite (60 à 70 %.)

 

ENA : un simple changement de nom !

ENA : un simple changement de nom !

L’Ecole nationale d’administration (ENA) changerait de nom et s’intitulerait l’Institut supérieur des fonctionnaires (ISF) ! En fait une petite manipulation sémantique qui ne changera pas grand-chose quant à la nature et au rôle de cette fabrique d’oligarques. La question centrale qui se pose pour avec l’ENA  n’est pas seulement le problème de son nom, des conditions d’entrée et de sortie mais de sa réelle utilité. En effet au départ, l’ENA a été créée après la guerre pour former et unifier le profil des grands administrateurs publics. Or progressivement cette école a évolué pour former aussi des oligarques du monde politique. La plupart des partis ont en effet à la tête d’anciens élèves de l’ENA à gauche comme à droite. Certains ont même été présidents de la république. Dans l’histoire de la république, ce ne sont sans doute pas ces responsables qui auront marqué le plus l’histoire. L’autre dérive de l’ENA, c’est de former également de futurs businessmen ou prétendus comme tels. Il faut noter que parmi les énarques figurent des managers particulièrement efficaces mais aussi de piètres dirigeants qui ont tué certaines grandes entreprises voire certains secteurs économiques. Dans une formation de deux ans on ne peut évidemment couvrir l’ensemble du champ des connaissances concernant la gestion de l’administration, le business ou la politique. Du coup, la formation est assez superficielle. Elle aborde à peu près tous les sujets mais sans en approfondir aucun. Surtout,  elle donne des connaissances théoriques qui ne s’appuient sur aucune expérience concrète, sur aucune réalité sociale, technique, économique ou environnementale. C’est le même reproche qu’on pourrait faire à la multitude d’instituts d’études politiques qui préparent d’ailleurs à l’ENA. Nombre des élèves de ces instituts noyautent  d’ailleurs le parti de la république en marche. Des anciens élèves, d’un conformisme désolant,  tous formatés de la même manière répétant  les idées à la mode, les idéologies approximatives, voir les pires âneries.  Le problème de ces anciens élèves, c’est  qu’ils ont constitué une sorte de caste dont les membres se reproduisent parce qu’ils s’occupent  maintenant l’essentiel des fonctions dans la politique, dans l’administration et dans le business. On recrute un énarque dans le privé en raison de son carnet d’adresses parce qu’il pourra facilement communiquer avec l’administration ou encore avec les finances et réciproquement. Globalement ces écoles sont à la fois inefficaces sur le plan public si l’on en juge par les résultats du pays et non démocratiques puisque réservées aux fils de l’élite (60 à 70 %.)

 

 

«Gilets jaunes»: Bayrou pour un «changement de gouvernance»… et de gouvernement

«Gilets jaunes»: Bayrou pour un  «changement de gouvernance»… et de gouvernement

 

D’une certaine manière, c’est une double critique qu’adresse François Bayrou à Emmanuel Macron en mettant en cause la nature de la gouvernance mais aussi sans doute certaines personnalités du gouvernement. La critique est très sévère puisque François Bayrou considère en effet qu’Emmanuel macro qui avait suscité beaucoup d’espoir n’a provoqué en fait aucun changement dans la culture du pouvoir. Certes il dédouane Emmanuel Macron en considérant que cette crise couvait depuis des décennies et qu’on ne saurait en imputer la responsabilité au président de la république. Cependant en même temps, il constate que cette culture centralisée, technicienne et gestionnaire est responsable de la crise. Autant dire qu’il s’adresse là aussi directement à Macron autant qu’au Premier ministre ou à son ministre des finances. Bayrou pointe le manque de vision et souhaite la «redéfinition du projet national de la France et des Français».

. François Bayrou vise particulièrement Édouard Philippe même s’il n’est pas explicitement cité, indirectement il s’adresse aussi à Macron et à son entourage. Pour atténuer ces critiques, François Bayrou donne acte du virage social de Macron en décembre mais met en demeure le gouvernement de donner des suites concrètes au grand débat dont il approuve particulièrement le principe mais dont il doit craindre l’effet boomerang faute de décision à la hauteur des enjeux.

 

Changement d’heure : 84% pour arrêter cette stupidité, pourquoi ?

Changement d’heure : 84% pour arrêter cette stupidité, pourquoi ?

 

 

84 % des Français qui ont répondu à la consultation de l’assemblée nationale se sont prononcés pour la suppression de cette idiotie. Une consultation identique avait été conduite par la commission européenne au cours de l’été et avait obtenu le même résultat. . Le 31 mars 2019,  il  va falloir se soumettre à nouveau au rituel ridicule de changement d’heure ; Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire. En matière d’énergie, ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure  et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage Opinion Way pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). (59 %) mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

Changement d’heure : 84% pour arrêter cette idiotie

Changement d’heure : 84% pour arrêter cette idiotie

 

 

84 % des Français qui ont répondu à la consultation de l’assemblée nationale se sont prononcés pour la suppression de cette idiotie. Une consultation identique avait été conduite par la commission européenne au cours de l’été et avait obtenu le même résultat. . Le 31 mars 2019,  il  va falloir se soumettre à nouveau au rituel ridicule de changement d’heure ; Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire. En matière d’énergie, ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure  et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage Opinion Way pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). (59 %) mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

Le dernier changement d’heure, pourquoi ?

Le dernier changement d’heure, pourquoi ?

 

Le 31 mars 2019,  il  va falloir se soumettre à nouveau au rituel ridicule de changement d’heure ; Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire. En matière d’énergie, ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure  et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage Opinion Way pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). (59 %) mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

Fed : changement de politique ?

Fed : changement de politique ?

 

 

 

Il se pourrait bien que finalement Donald Trump ait  convaincu le président de la Fed de mettre la pédale douce sur la perspective de nouveaux relèvements des taux d’intérêt. Des taux d’intérêt relevés quatre fois en 2018 et qui devaient continuer d’augmenter en 2019. Mais le ralentissement de l’activité internationale est passé par là. À tel point que certaines banques centrales comme la BCE se demandent s’il ne convient pas de revenir à une politique encore plus accommodante. Certes la croissance a été très dynamique aux États-Unis l’année dernière mais des signes de ralentissement sont très nets pour l’année en cours. Un relèvement des taux serait de nature à affaiblir le taux  de croissance du PIB. D’une certaine manière, ce serait aussi une bonne nouvelle pour l’économie internationale. Des taux très sages seraient de nature à limiter l’affaiblissement prévisible de l’activité mondiale au cours de cette année.  L’important pour Jay Powell, patron de la Fed en place depuis tout juste un an et nommé par Trump, semble donc décidé à opérer un virage. Début janvier, après le pire mois de décembre que Wall Street ait connu depuis 1931, il annonçait une pause. Depuis la semaine dernière, il explique que la Fed est agnostique et attend de voir comment évoluera la conjoncture avant de modifier ses taux. Il vaudrait mieux pour la Fed et pour la crédibilité de son patron que son revirement n’ait rien à voir avec les colères tweetées de Trump et soit uniquement justifié par un ralentissement de la croissance.

Un changement de gouvernement ?

Un changement de gouvernement ?

 

 

Il est clair que Macron comptait gagner du temps avec le débat national en espérant que pendant le temps de la discussion la mobilisation faiblirait. Or la participation ne diminue pas,  même s’il faut la relativiser au regard du nombre de participants habituels lors des mouvements sociaux. Du coup la lettre Français que va adresser aujourd’hui le chef de l’État ne suffira pas à apaiser le mécontentement. Il lui faudra un acte politique plus significatif. Il pense maintenant à un changement de gouvernement, une autre manière de gagner du temps. En effet il n’est pas certain qu’après quelques semaines ou quelques mois le mécontentement ne reprendra pas. En effet la question fondamentale est celle de la légitimité d’un pouvoir qui dispose d’une majorité écrasante à l Assemblée nationale mais ne représente en réalité que de l’ordre de 15 % des inscrits. On voit mal le président de la république décider pour le moment de la dissolution de l’Assemblée nationale car du coup le mouvement en marche sans doute réduit  à une trentaine de députés. C’est justement la problématique qui nourrit la crise politique en France. Ceci étant,  il n’est pas impossible qu’un éventuel changement de gouvernement produise un petit effet tellement l’équipe en place fait preuve de maladresse et d’amateurisme. Macron pourrait se décider de rappeler quelques politiques  un peu armés pour trouver une sortie de crise. Le problème, c’est que ce n’est pas certain d’être à la hauteur de l’enjeu.

Gilets jaunes : changement des lignes éditoriales

Gilets jaunes : changement des lignes éditoriales

 

 

Jusque-là les gilets jaunes ont bénéficié d’un soutien bienveillant des grands médias mêmes si c’était souvent avec une certaine condescendance. Un soutien d’une certaine manière un peu contraint par l’audience dans la mesure où l’opinion publique approuvait  le mouvement des gilets jaunes à hauteur de 70 %. Depuis samedi dernier toutefois, on assiste à un net  changement de la tonalité des lignes éditoriales. Un changement qui se caractérise par un focus sur les violences et les mots d’ordre de certains manifestants d’extrême droite. On y ajoute aussi les conséquences de ce mouvement sur l’évolution de l’activité économique. Bref l’intelligentsia commence à être agacée par ce populo qui non seulement revendique sur le plan social mais se mêle aussi de réforme démocratique. Les gilets jaunes qui défilent sur les plateaux sont souvent mis à la question, ils ont bien du mal à se dépêtrer des attaques des représentants de l’élite. Cela d’autant plus qu’ils n’ont guère d’expérience médiatique, sociale ou politique. Dans les jours à venir il est vraisemblable que les lignes éditoriales vont encore se durcir pour tenter de discréditer un mouvement qui évidemment s’effrite avec le temps et surtout durant la trêve des confiseurs. Les gilets jaunes s’ils veulent perpétuer leur mouvement auraient intérêt à se structurer rapidement sur une ligne idéologique un peu claire qui d’une part condamne sans équivoque les violences, d’autre part qui dénonce les propos racistes. Certes e ces propos racistes sont le plus souvent le fait d’extrémistes qui instrumentalisent  à leur profit la colère sociale des délais jaunes, cependant la condamnation de ces excès est insuffisante pour éviter le procès en populisme des gilets jaunes. En outre il serait sans doute aussi utile de  ne pas revendiquer l’exclusivité de la représentation du peuple français. Certes les gilets  jaunes représentent indiscutablement des couches moyennes et populaires mais pas toutes. D’autres qui approuvent la colère sociale ne se retrouvent pas forcément dans les gilets jaunes qui mettent dans le même sac toutes les organisations intermédiaires comme si la pureté et la représentativité ne pouvait découler que des ronds-points occupés. En clair, il faudra une plus grande cohérence idéologique, une structuration, une tarification des revendications y compris sur le RIC enfin un peu de réalisme sur la représentativité. Aujourd’hui ,le mouvement est encore soutenu par environ 70 % de la population mais les moyens d’action commencent à être de plus en plus contestés et seulement 20 % de la population se considère comme gilets jaunes. Ce mouvement doit développer doit évoluer qualitativement s’il ne veut pas sombrer dans les contradictions du populisme. Et pour prendre un exemple concret la plupart  des porte-paroles actuels du mouvement des gilets jaunes ne sont pas à la hauteur des enjeux. Là aussi il faut un peu de réalisme quand on se laisse embarquer sur les plateaux de télé ou dans les ministères.

 

La demande d’énergie mondiale : peu de changement en 20 ans.

La demande d’énergie mondiale : peu de changement en 20 ans.

 

D’après le  dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). il n’y aura pas de vraie révolution d’ici 20 ans. Le charbon demeurera la principale source, la demande pétrole ne va pas diminuer et restera devant le gaz et le nucléaire. Dans l’énergie renouvelable c’est surcout le voltaïque qui va progresser. La confirmation qu’une transition énergétique ne peut s’inscrire que dans le temps et entraine notamment des énormes investissements pour renouveler l’offre technique aussi peut-être de l’acceptabilité sociale des transformations.  La demande globale en énergie devrait croître de 25% d’ici à 2040, et celle en électricité de 60%, ce qui en porterait la part à 25% du mix énergétique contre 19% aujourd’hui. Ce développement  nécessitera des investissements de 2.000 milliards de dollars par an, dont 70% seront portés par les politiques publiques. D’après les auteurs, les marchés pétroliers sont à l’orée d’une nouvelle période d’incertitude et de volatilité, et pourraient même traverser une phase tendue en matière d’approvisionnement au début des années 2020. En effet, la demande devrait continuer à croître d’ici à 2040 pour répondre aux demandes de la pétrochimie, du transport routier et de l’aviation. Pour ce faire, il faudrait que le nombre de projets conventionnels approuvés soit multiplié par deux, ou que le gaz de schiste américain produise 10 millions de barils supplémentaires chaque jour d’ici à 2025. La demande en gaz naturel va également poursuivre sa croissance. L’électricité, dont la croissance se fera aux deux-tiers grâce aux énergies renouvelables, représentera 40% du mix énergétique en 2040, contre 25% aujourd’hui. Mais le charbon restera la première source d’énergie devant le gaz, qui devrait rester stable à 20% et le nucléaire à 10%. Si le solaire photovoltaïque, qui poursuivra sa course en tête, verra la baisse de ses coûts (déjà divisés par 10 en 10 ans) se poursuivre de 40% d’ici à 2040, d’autres technologies bas-carbone, en particulier dans l’efficacité énergétique, nécessiteront d’importants investissements. Le développement du numérique et des véhicules électriques sont les causes principales de l’électrification attendue. Mais dans le cas où cette dernière pénétrerait plus encore les transports, les bâtiments et l’industrie, comme le prévoit le scénario « Le futur est électrique », cela pourrait conduire à une hausse de 90% de la demande en l’électricité, et à un pic de la demande pétrolière dès 2030. En revanche, cela n’aurait qu’un impact négligeable sur les émissions de CO2, dans la mesure où une part importante de l’électricité continuerait d’être produite à partir de sources fossiles.

 

Pas de changement pas après le grand débat ! (Griveaux)

Pas de changement pas après le grand débat ! (Griveaux)

 

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement ne respire pas l’intelligence. D’un certain point de vue, il est un peu l’archétype de l’énarque perroquet qui répète bêtement l’Évangile à la mode. On avait évidemment compris que le grand débat était une manière pour Macron d’une part d’étouffer pendant une période le mécontentement des gilets jaunes, d’autre part de continuer sa forme de démocratie directe en shuntant  les organisations intermédiaires. On avait aussi compris qu’on ne voit pas très bien ce qui peut sortir d’un tel cirque sur des enjeux économiques sociaux et sociétaux aussi importants et dont  le traitement doit être bâclé en deux mois. En plus sous l’égide de maires  pour la plupart bien incompétents pour conduire ce type de dialogue. Mais Benjamin Griveaux a cru bon d’en rajouter en indiquant qu’il n’y aurait aucun changement de politique après ce débat. La confirmation que ce grand débat national va constituer une grande illusion. Mais le porte-parole gouvernement n’était pas obligé de le dire de manière aussi brutale pour  ne pas dire, idiote. Peut-être ne fallait-il pas attendre autre chose de cet énarque qui jusqu’à leur n’a jamais manifesté la moindre parcelle d’humanité, de charisme et d’originalité- “Il y a un principe simple qui est que ces 18 mois ne seront pas détricotés en totalité par les trois mois de débat”, a-t-il dit lors du compte rendu du conseil des ministres à l’Elysée. “Je rappelle que nous avons un président de la République et une majorité parlementaire nette qui ont été élus sur un projet.”“Soit on jette aux orties la démocratie représentative qui est le fondement de nos institutions et on considère que désormais il n’y a plus que la démocratie participative directe… ce n’est pas le choix que nous faisons”, a-t-il indiqué. “Nous faisons le choix de moderniser notre démocratie représentative en y associant mieux les citoyens”. “Quand bien même un consensus se ferait (sur le rétablissement de l’ISF à l’issue du débat-NDLR), la mesure a moins d’un an d’existence”, a-t-il fait valoir. “Si on passe son temps à détricoter en moins d’un an ce qui a été fait l’année précédente, ça ne s’appelle pas gouverner, ça s’appelle zigzaguer, ça s’appelle ne pas tenir les grands axes structurants d’une politique publique, ça n’est pas un service rendu au débat démocratique”.“Le calendrier c’est d’arriver autour de la mi-mars avec la fin d’un grand débat qui nous permette d’ici la fin du mois de mars ou la mi-avril de prendre des décisions très concrètes”, a dit mercredi Benjamin Griveaux. Une légère contradiction avec son propos liminaire indiquant qu’il n’y aura aucun changement de politique à l’issue du grand débat. Mais chez les énarques dire une chose et le contraire constitue un principe dialectique qui relève presque de la génétique  oligarchique

Macron: Pas de changement de cap

Macron: Pas de changement de  cap

C’est lavis de l’opposition qui acte quelque pas avec toutefois le risque d’une “smicardisation” de la société il y aura un effet d’aubaine dans certaines entreprise).  La France insoumise note que  président épargne “les grandes fortunes et les profits». On note aussi que Macron n’est pas revenu sur la désindexation des retraites dont l’augmentation reste  limitée à 0.3% quand l’inflation aura atteint au moins 2% en 2019.

Le chef de file de La France insoumise a repris le thème du “président des riches”, leitmotiv des “Gilets jaunes”, en affirmant que “toutes les mesures qu’il a annoncées seront payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes et les profits.” “On attend une vraie redistribution des richesses”, a abondé sur BFM TV le fondateur du mouvement Génération.s, Benoît Hamon. L’ancien candidat à la présidentielle a déploré la non-remise en cause de l’impôt sur la fortune (ISF), l’absence de contribution des “grandes entreprises polluantes” ou encore “des banques et des actionnaires». Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, est lui aussi allé sur ce terrain. “Le cap n’est pas modifié”, a-t-il déploré sur France 2, estimant que le gouvernement aurait pu toucher aux “20 milliards” correspondant au “doublement en 2019 du CICE”, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi en passe d’être transformé en baisse de charges pérenne. Nicolas Dupont-Aignan a décrit sur Périspcope “un grand numéro de théâtre” présidentiel. “J’allais dire de mauvais théâtre. De fausse empathie, fausses mesures, une hypocrisie incroyable”, a insisté le député de l’Essonne. “Il va continuer la même politique avec un petit paquet cadeau et un petit ruban en couleur. La même politique, cela veut dire la même spoliation des Français qui travaillent”. Pour le président de Debout la France, les Français doivent retourner aux urnes. “Il faut absolument maintenant que le peuple arbitre par le suffrage universel.” Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a reconnu que le président avait fait des “constats justes” mais déploré qu’il ne s’attaque pas à la baisse de la dépense publique. “Il ne peut pas y avoir de baisses d’impôts s’il n’y a pas de baisse des dépenses publiques”, a-t-il dit sur France 2. “À concentrer les aides sur le smic, on va smicardiser la société française”, a-t-il aussi déploré. “Ceux qui vont être au-dessus vont avoir toujours la double peine : la CSG et la non indexation”.

Macron promet aux maires un « changement de méthode » !!!

Macron promet aux maires un « changement de méthode » !!!

 

 

Changement de méthode promis aux maires par Macron mais pas de changement de cap ni de retour en arrière. Macron  qui n’a pas manqué de les brosser dans le sens du poil en s’apitoyant sur le sort des élus “Il faut un changement de méthode entre nous, c’est ce que j’ai voulu initier ce soir et ce qu’on va poursuivre ensemble dans les prochains mois, dans la manière de préparer les textes au niveau national et de les porter”, a-t-il poursuivi, quelques heures après une rencontre avec le bureau de l’Association des maires de France (AMF) qui n’a pas mâché ses mots ces dernières semaines contre l’exécutif. Selon l’Elysée, le chef de l’Etat a, au cours de cet échange avec les instances de l’AMF, appelé à mettre un terme à de “fausses polémiques” et “à la scénarisation des désaccords” et s’est dit prêt à “travailler ensemble” sur la taxe d’habitation et la dotation globale de fonctionnement (DGF), deux points de crispations. Il a également donné son accord à une méthode de concertation en amont sur les projets du gouvernement et sur la modification du fonctionnement de la conférence nationale des territoires, a précisé l’Elysée. Le chef de l’Etat s’est par ailleurs engagé à se rendre l’an prochain au congrès porte de Versailles. Sa décision de ne pas s’y rendre cette année, contrairement à l’an dernier où il avait essuyé des sifflets, a été déplorée par certains maires qui ont décidé de boycotter en retour la réception à l’Elysée.

Prochain changement d’heure : retour au ridicule

Prochain changement d’heure : retour au ridicule

 

Ce week-end, il  va falloir se soumettre à nouveau au rituel ridicule de changement d’heure ; Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire. En matière d’énergie, ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure  et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage Opinion Way pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). (59 %) mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

La fin du changement d’heure ? (UE)

La fin du changement d’heure ? (UE)

Grande décision de la commission européenne, on va peut-être décider de la suppression du ridicule changement d’heure mais on laissera chaque État décidé dans ce domaine. Bref de l’ambiguïté de Bruxelles sur un sujet pourtant simple. Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire en matière d’énergie. Ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

Referendum européen changement d’heure : dernier jour

Referendum européen changement d’heure : dernier jour

 

C’est le dernier jour pour le « référendum » européen sur le changement d’heure. Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire en matière d’énergie. Ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). Ils ignorent notamment que cela leur permet des économies (59 %) et mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

Changement d’heure : retour au ridicule

Changement d’heure : retour au ridicule

 

Dans quelques jours, il va falloir se soumettre à nouveau au rituel ridicule de changement d’heure ; Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire en matière d’énergie. Ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). Ils ignorent notamment que cela leur permet des économies (59 %) et mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

Pensions : « pas de changement Jusqu’à quand ?

 

 

Pas de changement aujourd’hui a assuré Macron qui utilise la dialectique confuse des politiques pour signifier en fait que la réforme sera par contre applicable demain, c’est à dire en 2019. Réforme des pensions pour ceux qui seront en retraite après cette date, réforme des pensions de reversions en même temps. En matière de retraite « aujourd’hui n’a pas de sens ». C’est un peu comme si on promettait de maintenir ce qui existe sauf changement. Notons que la fameuse rumeur que dénonce Macron a été lancé par des ministres du gouvernemenet ; Et Macron d’ajouter hypocritement  «  les jeunes « ne croient plus au système de retraite». Comme si les jeunes s’intéressaient vraiment à cette question avant d’avoir 40 ou 50 ans. Avant on est préoccupé par l’emploi,  par le pouvoir d’achat, ensuite on commence à penser à la retraite. En clair l’objectif de Macron est de raboter les retraites  et de privatiser l’éventuelle couverture du manque à gagner via les mutuelles et les assurances.

Changement d’heure : un rituel idiot et nuisible à la santé

Changement d’heure : un  rituel idiot et nuisible à la santé

 

Non seulement le changement d’heure ne permet pratiquement aucune économie d’énergie mais il est néfaste pour la santé. Il faut être un technocrate pour penser le contraire en matière d’énergie. Ce qui est économisé  le matin est dépensé le soir et inversement. C’est un peu comme si on décidait de raccourcir les mois d’une journée pour réduire la consommation mensuelle ! Des études récentes montrent que l’avancement de l’heure au printemps (qui retarde la sécrétion de la mélatonine – l’hormone du sommeil) peut réduire le temps de sommeil de façon transitoire, et ainsi augmenter le nombre et la gravité des accidents cardiaques pendant au moins 7 jours après le changement d’heure et augmenter la fréquence des accidents du travail et de la circulation. Selon le Dr Marc Schwob: « Changer d’heure provoque entre autres des troubles du sommeil et de l’attention. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement touchés et mettent environ une semaine pour s’adapter aux nouveaux horaires ». Au-delà de la phase transitoire d’adaptation au nouvel horaire, le coucher du soleil tardif en été peut rendre l’endormissement plus difficile.  54 % Selon un sondage OpinionWay pour Comprendre Choisir, les Français seraient majoritairement contre cette pratique du changement d’heure (54 %), contre un peu moins d’un sur cinq favorables (19 %) et un peu plus d’un sur quatre indifférents (27 %). Ils ignorent notamment que cela leur permet des économies (59 %) et mettent en avant un impact négatif sur « le sommeil, l’alimentation ou l’humeur » (75 %). Ce dernier constat est régulièrement appuyé par des études sur l’impact du changement d’heure dont une  réalisée par la Commission européenne, qui écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ». En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait elle « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment celui d’été. La baisse de consommation d’éclairage pourrait être compensée par l’augmentation des besoins de chauffage le matin au début du printemps. Un rapport de l’École des Mines de 1992 concluait cependant à un effet minime (< 0,1 TWh pour la France). La généralisation des lampes plus économes en énergie (les lampes fluocompactes et plus récemment les lampes à LED) réduit l’économie d’énergie permise par le passage à l’heure d’été. Une étude portant sur l’État de l’Indiana conclut que la faible économie d’énergie réalisée sur l’éclairage est très largement compensée par une utilisation accrue de la climatisation. Le supplément d’énergie consommée est estimé dans ce rapport d’environ 2 à 4 %.  Un rapport remis au Sénat français en 1997concluait : « Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations », en particulier en ce qui concerne la santé publique, les conditions de travail et les modes de vie, l’agriculture, la protection de l’environnement et la sécurité routière.

 

 » Changement radical du modèle social » (Jacques Barthélémy-Yves Fromont)

 » Changement radical du modèle social » (Jacques Barthélémy-Yves Fromont)

 

Jacques Barthélémy et Yves Fromont, avocats spécialisés en droit social,  analyse les effets des ordonnances travail et perçoivent un changement radical du modèle social. (Interview de la Tribune)

 

 

Une partie des ordonnances Macron sont appliquées depuis quelques temps, d’autres le seront dès janvier 2019, quelles observations faites-vous tant sur leur contenu, leur pertinence que sur leur objectif ?

YVES FROMONT : Il me semble que personne n’a mesuré, lors de la parution des ordonnances, leur impact direct sur l’économie. Les spécialistes se sont focalisés sur le côté juridique mais n’ont pas anticipé le changement radical du modèle social que nous connaissions jusqu’à présent. L’exemple le plus marquant est celui du barème applicable en matière de licenciement. Ce barème a radicalement bouleversé « la donne prud’homale ». Pour bon nombre de chefs d’entreprise et d’investisseurs étrangers, le volet judiciaire des licenciements était un véritable « repoussoir ». Le recours systématique au Conseil de Prud’hommes et le montant des indemnités allouées étaient dissuasifs à l’embauche surtout dans les PME qui, ne l’oublions pas, représentent plus de 50 % de l’emploi salarié en France.

Je constate qu’avec le nouveau barème, la donne a radicalement changé : si aucun chef d’entreprise notamment dans les PME n’embauche de salariés avec l’intention de licencier, il n’en reste pas moins que, désormais, le coût d’une rupture potentielle n’est pas dissuasive. Cela devrait aussi décourager l’emploi précaire (stage, intérim, CDD), les chefs d’entreprise ayant moins peur d’embaucher en CDI.

JACQUES BARTHÉLEMY : L’ordonnance dont est issue ce dispositif traite de la prévisibilité et de la sécurisation des rapports au travail. Il s’agit de l’un des dispositifs phares de cette réforme, mais il y en a d’autres qui peuvent avoir des effets aussi importants, dès l’instant où les personnes intéressées se l’approprient comme un instrument d’organisation de l’entreprise. Néanmoins, je pense que l’essentiel de la réforme du droit du travail ne se trouve pas là. Il l’est dans l’ordonnance sur les rapports entre les sources et la création de l’institution unique de représentation du personnel : le comité social économique (CSE). À l’image de l’Allemagne dont le betriebsrat est, en quelque sorte, le « conseil d’administration de la collectivité de travail ».

En quoi la fusion des trois institutions (le comité d’entreprise, les délégués du personnel et le CHSCT) au sein du CSE est-elle une évolution ?

J.B. : On a tendance à présenter la création du comité social économique comme la fusion des trois institutions. Ce n’est pas le cas. Il s’agit de la création d’une institution qui reprend les attributions des trois anciennes. Ce n’est pas pareil. Cette institution unique permet plus aisément la prise en considération de l’intérêt de la collectivité de travail. Ce qui n’apparaît pas pour des activités séquencées au travers d’institutions ayant des prérogatives différentes. Plus nous allons dans le sens du modèle allemand, mieux ce sera.

Cependant, il nous manque deux éléments pour y parvenir. Le premier : l’employeur n’a rien à faire dans cette institution unique. La France est le seul pays où le comité d’entreprise est présidé par le chef d’entreprise. Il faut donc l’en faire sortir. Le second réside dans la capacité de négocier des accords confiés à cette institution. Comme en Allemagne, il faudrait que, s’il n’y a pas d’accord, l’employeur ne puisse prendre de décision unilatérale (ce qui est possible en France). Un arbitrage extérieur est alors nécessaire.

Y.F. : La réforme met fin au « millefeuille » typiquement français de la représentation du personnel. Désormais, les institutions de représentation du personnel classique (délégué du personnel, comité d’entreprise, CHSCT) pourront être fusionnées dans le cadre d’un comité social économique qui récupère leurs attributions. L’objectif de simplification est évident surtout dans les entreprises de 11 à 49 salariés où l’instance unique reprend une partie des missions et attributions des délégués du personnel avec un rôle important en matière de santé et de sécurité du travail.

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE reprend les attributions des DP, du CE et du CHSCT avec une grande simplification de fonctionnement : la gestion actuelle d’un comité d’entreprise est en effet extrêmement lourde s’agissant notamment des obligations d’information et de consultation qui sont, rappelons-le sanctionnées pénalement.

J.B. : Je compléterai en disant qu’il s’agit là d’une position « employeur ». Pour les syndicats de salariés, la fusion des institutions aura des effets négatifs, car elle va entraîner une diminution des heures de délégation et du nombre des élus. Je m’inscris en faux contre cette vision, d’autant que les institutions ne sont que des instruments au service de l’intérêt de la collectivité du personnel.

L’unicité d’institution amène plus d’efficacité dans la fonction protectrice des salariés, ne serait-ce que parce que cela permet de donner de la consistance juridique à la collectivité de travail. Une nouvelle fois, nous nous rapprochons du système allemand.

Ainsi, des accords de garantie d’emploi qui visent à fixer le maintien des niveaux des effectifs lors d’une période difficile, en contrepartie de baisses des salaires et des temps de travail. En Allemagne, celui qui refuse est démissionnaire tandis que, chez nous, non seulement il est licencié, mais l’est pour cause économique. Dans le cadre de l’ordonnance de septembre, on a abandonné la qualification de cause économique et la rupture à une cause réelle et sérieuse. Ce qui veut dire que cela devrait sécuriser le recours à ce qui est un mode de gestion des conflits.

Estimez-vous que le gouvernement ose attaquer frontalement la problématique du droit du travail en remettant à plat tout ce qui a été entrepris depuis des années ? Ou l’ajuste-t-il seulement ?

J.B. : Concernant le CSE, il s’agit d’une innovation décisive. En revanche, sur ce qui touche à l’évolution de l’importance du tissu conventionnel, il s’agit du fruit d’évolutions successives. L’évolution a commencé avec la philosophie de la nouvelle société de Chaban-Delmas (société de contrat). Entre 1982 et 2004, sous tous les gouvernements, de gauche et de droite, on a accru les domaines où l’on pouvait déroger. Et à l’intérieur de ces domaines, on a accru l’autonomie de l’accord. Ensuite, la loi du 4 mai 2004 a permis que cette règle soit rendue applicable dans les rapports entre la convention de branches et l’accord d’entreprise. Cette loi était inspirée d’une déclaration commune des partenaires sociaux de juillet 2001.

Enfin, la dernière évolution avant la loi El Khomri et les ordonnances est la loi de 2008 où Xavier Bertrand a introduit la supplétivité, mais dans le seul domaine de la durée du travail. Ce qui précède constitue une critique à l’égard des opposants qui affirment que le Code du travail est cassé par le droit nouveau ; c’est d’autant moins vrai que les normes légales deviennent supplétives et s’appliquent donc en l’absence d’accord.

Y.F. : Le vrai bouleversement est celui qui va résulter – notamment pour les PME et les ETI – de la possibilité de négocier avec le CSE et pour les petites entreprises, par référendum. Ainsi, dans les entreprises de moins de 11 salariés et dans celles entre 11 et 20 salariés (en l’absence de CSE), des accords pourront être négociés sur l’ensemble des thèmes ouverts à la négociation collective (durée du travail, conditions de travail, etc…) par un référendum approuvé à la majorité des deux tiers.

Cette possibilité existait mais dans des domaines limités à celui de l’intéressement, de la participation et de la protection sociale. Ainsi, comme en Allemagne où l’employeur peut négocier avec un Conseil d’établissement dans toute entreprise dont l’effectif est supérieur à 5 salariés, les chefs d’entreprise pourront négocier directement avec les salariés ce qui va constituer un changement radical en matière de négociation sociale d’entreprise. Il faut attendre, pour mesurer les effets de la réforme qui prendra véritablement effet à partir du 1er janvier 2019.

J.B. : Seulement pour que cela fonctionne, les « patrons » doivent sortir de leur posture qui prétend que le droit du travail est trop compliqué, et se contentent de ce fait d’en gérer administrativement les contraintes. Ce droit, adaptable au contexte de chaque entreprise, l’employeur doit se l’approprier, afin de faire du dialogue social un outil de management.

Comment peut-il y parvenir ?

Y.F. : En tant que chef d’entreprise, vous avez besoin de salariés que vous payez pour réaliser un travail afin de développer votre activité, mais vous devez aussi obtenir une garantie d’adaptation des conditions de travail à l’impératif économique. Les ordonnances le permettront. Par la négociation, les préoccupations économiques du chef d’entreprise pourront coïncider avec les aspirations des salariés.

J.B. : Nombreux sont les dirigeants – surtout de PME – qui pensent que le droit du travail n’est pas de leur compétence parce que leur mission est d’être des producteurs. Mais s’ils ne sont que des producteurs, ils ne peuvent être chefs d’entreprise. Ils doivent savoir résoudre l’ensemble des relations à la fois avec leurs clients, leurs fournisseurs et leur personnel.

Ce dialogue social peut-il faire peur aux dirigeants ?

J.B. : Des dirigeants s’y intéressent, mais le recours au dialogue social a un risque : si le patron accepte de négocier, il abandonne une partie de son pouvoir ; néanmoins ce sera au nom de l’intérêt général, celui de l’entreprise qui ne se limite pas à la société, c’est à dire à la collectivité des détenteurs du capital.

Y.F. : Mon expérience me fait constater que les chefs d’entreprise ne sont pas effrayés par le dialogue social : encore moins dans les PME. Cependant, ils ont été habitués au modèle français de centralisation qui faisait primer les accords de branche sur les accords d’entreprise. Par ailleurs, dans les PME, en l’absence de représentation syndicale, il n’y avait pas de négociation collective puisque les outils n’existaient pas. Par exemple, vous ne pouviez pas négocier un aménagement de la durée du travail lorsque votre entreprise se trouvait confrontée à une baisse d’activité. L’interlocuteur n’existait pas.

Désormais, ce sera possible. Ainsi, un chef d’entreprise confronté à une baisse d’activité pourra négocier avec les salariés les modalités d’une récupération et les compensations accordées. La promotion de l’accord d’entreprise se trouvera renforcée par la perte de la primauté du mandatement syndical (élu ou salarié) dans les entreprises de moins de 50 salariés. Le dialogue social sortira nécessairement renforcé, peu importe qu’il soit désormais déplacé au niveau des entreprises.

Ces ordonnances sont-elles plus pragmatiques que technocratiques ?

Y.F. : Dans une certaine mesure, le modèle social français était basé sur le statut et non sur le contrat. Le droit du travail avait jusqu’à présent toujours fait prévaloir des règles formelles très strictes qui laissaient peu de place au droit des contrats qui naturellement implique initiative et créativité. Le meilleur exemple est celui des entreprises publiques dans lesquelles des circulaires (circulaires PERS) organisent des procédures extrêmement lourdes entraînant une rigidité incroyable des relations du travail. Par ailleurs, force est de constater que la représentation syndicale a considérablement baissé dans les entreprises ce qui va de pair avec un individualisme grandissant. De ce point de vue, les ordonnances vont pouvoir reconstruire du collectif notamment par le jeu de la négociation collective dans les PME.

J.B. : Nous sommes entrés dans une phase de pragmatisme, encore faut-il que les employeurs et les organisations syndicales sachent se saisir des outils mis à leur disposition. Il faut inventer une autre manière de concilier la somme des libertés individuelles avec l’intérêt de la collectivité.

Ceci du fait du passage progressif de la civilisation de l’usine à celle du savoir grâce aux progrès des TIC. L’entreprise est en train de voir sa définition remise en cause (unité de temps, unité de lieu, d’action) du fait de l’intelligence artificielle et de la robotique. Que sera l’entreprise de demain ? Les relations n’y seront pas les mêmes et tout le monde doit donc évoluer.

Avec ces ordonnances, le dialogue social va-t-il sortir grandi ?

J.B. : À condition, une nouvelle fois, que les employeurs – notamment dans les PME – prennent conscience de leur vecteur d’efficacité. Remplacer un mode d’organisation fondé sur l’idée que le chef d’entreprise décide seul parce qu’il est seul responsable économique par une organisation fruit de normes résultant de discussions en vue d’un compromis a pour effet que l’employeur perd une partie de son pouvoir, mais au nom de l’intérêt général.

Cela nécessitera des évolutions de comportement. Quant aux organisations syndicales, elles doivent posséder une meilleure maîtrise de la technique contractuelle. Il faut condamner l’idée que, si une décision est bonne pour l’employeur, elle est mauvaise pour le salarié et inversement car il est possible de construire un projet profitable aux deux ; l’accord collectif y joue un rôle essentiel puisqu’il bâtit une loi commune sur des concessions réciproques.

Y.F. : Nous sommes en train de sortir d’un carcan anti-emploi, anti-patrons, qui décourage tout le monde et notamment les investisseurs étrangers. La dimension psychologique des ordonnances a été négligée et je constate, chez mes clients, le sentiment que le modèle social rigide qu’ils connaissaient est en train de changer.

En est-on certain ?

Y.F. : Un pari est fait. Libéraliser l’emploi en enlevant l’incertitude sur le coût des licenciements va-t-il conduire en contrepartie à des embauches ? Il faut attendre les statistiques à fin 2018 mais je constate, chez les chefs d’entreprise une modification déterminante de leur rapport à l’emploi. N’oublions pas que si un chef d’entreprise recrute une personne et la forme, ce n’est pas pour la licencier du jour au lendemain.

Evidemment, il y aura toujours des exceptions mais globalement, ce qui importe, c’est favoriser l’embauche en CDI. On peut aussi espérer que le nouveau modèle social permettra de réduire l’emploi précaire (stages à rallonge, intérim et CDD). La peur d’embaucher en CDI a conduit jusqu’à présent bon nombre de chefs d’entreprise à recourir à de l’emploi précaire. Cela doit changer.

  • Yves Fromont, avocat spécialisé en droit social, cabinet Fromont Avocats
  • Jacques Barthélémy, avocat spécialisé en droit social, cabinet Barthélémy Avocats
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