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Surendettement : Le droit à la seconde chance

Surendettement :  Le droit à la seconde chance 

L’économiste Ydriss Ziane regrette, dans une tribune au « Monde », que la loi sur le surendettement et l’effacement des dettes, qui a vingt ans, soit trop peu connue par les principaux intéressés.

 

Les Français connaissent mal les lois de leur pays. C’est dommage, surtout lorsque celles-ci servent à protéger les personnes en détresse financière qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts, les surendettés, de plus en plus nombreux aujourd’hui, face à l’augmentation du coût de la vie.Après deux années d’inflation élevée, à 5,2 % en 2022 puis à 4,9 % en 2023, du jamais-vu depuis plus de trente ans, la Banque de France a enregistré une hausse de 17 % des dépôts de dossiers de surendettement au premier trimestre 2024. Et ce n’est que la partie visible, car bien des personnes en difficulté financière n’osent pas pousser sa porte, par peur, par honte ou par méconnaissance de la procédure.

La probabilité que l’on passe l’éponge, qu’ils puissent repartir de zéro, est en réalité d’autant plus forte que leur situation est sans espoir d’amélioration. Mais combien de surendettés savent-ils que, s’ils engagent ainsi des démarches, ils auraient de bonnes chances de voir la totalité de leur dette effacée ?

Un Français sur cinq vit chaque mois à découvert

Voulue par Jean-Louis Borloo, alors ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine [de 2002 à 2004] et inspirée du droit local d’Alsace-Moselle, la loi instituant cette procédure dite de « rétablissement personnel » fête cette année ses vingt ans d’application. En deux décennies, ce droit à la seconde chance s’est progressivement imposé comme la solution privilégiée par les commissions de surendettement pour soulager les ménages n’arrivant plus à faire face à leurs dettes.

En moyenne, c’est un peu plus de 20 000 euros de dette que l’on efface ainsi par dossier, pour un coût global de 1,3 milliard supporté par la communauté des créanciers. Parmi ceux-ci, outre les sociétés de crédit à la consommation ou les banques, ce sont aussi de plus en plus d’autres institutions et entreprises qui sont touchées, car beaucoup de ménages n’arrivent simplement pas aujourd’hui à faire face aux dépenses de la vie courante (loyers, énergie, santé, transports…), avec une forte hausse de ce que l’on appelle le surendettement passif.

Société- Réseaux sociaux : une chance ou une catastrophe pour la démocratie ?

Société- Réseaux sociaux : une chance ou une catastrophe pour la démocratie ?

Alors que le président libertarien Javier Milei, récemment élu en Argentine, a largement profité des réseaux sociaux lors de sa campagne présidentielle, notamment pour séduire les plus jeunes générations, d’autres personnalités politiques envisagent au contraire de quitter ces mêmes réseaux. En France, c’est la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a initié ce mouvement, déclarant en novembre dernier que X (ex-Twitter) constituait « une arme de destruction massive de nos démocraties ». Force est de constater que depuis de nombreuses années, les réseaux sociaux dominants, dont le modèle d’affaires repose sur l’économie de l’attention favorise structurellement le clash et la polarisation des opinions.

par Anne Alombert
Chercheuse associée à l’IRePh (Institut de Recherches Philosophiques), Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

Jean Cattan
Secrétaire général du Conseil national du numérique, Sciences Po dans The Conversation.

Selon ce modèle économique, il s’agit de « maximiser l’engagement » des utilisateurs afin de vendre leur « temps de cerveau » et leurs données personnelles à des entreprises susceptibles de les cibler avec leurs publicités. Dès lors, tout ce qui compte pour gagner en visibilité sur ce type de réseau, est de trouver la ligne de fracture – chez chaque utilisateur ou dans la société – et d’enfoncer le coin, afin d’obtenir plus de clics et plus de vues, alimentant ainsi le « business de la haine » des géants du numérique, qui tirent profit de cette cacophonie.

Le résultat, tel que décrypté par l’écrivain et politologue italien Giuliano da Empoli, est le suivant : tandis qu’hier la politique était « centripète » – il fallait rallier autour d’un point d’équilibre –, elle est devenue aujourd’hui centrifuge. L’expression d’« ingénieurs du chaos » trouve alors tout son sens : pour conquérir le pouvoir, la politique consiste désormais à exploiter au mieux les dynamiques d’infrastructures, ici de communication, pour éclater la société en tous points.

Comment changer la donne ? Il parait difficile d’imaginer l’ensemble des démocrates pratiquer la politique de la terre brûlée et quitter les réseaux sociaux dominants tant que l’espoir est encore à leur régulation. De même, nous ne pouvons uniquement nous en remettre à la bonne volonté de quelques autres réseaux dominants faisant pour l’instant office de refuge, tant que leur modèle demeure fondé sur la captation de l’attention.

Si nous devons poursuivre nos efforts pour « trouver des réponses politiques à la colère », nous ne pouvons pas non plus nous aveugler sur les velléités autoritaires ou nationalistes exploitant les failles des réseaux sociaux les plus utilisés. Néanmoins, nous pouvons les priver de l’infrastructure qui les fait émerger comme forces politiques de premier plan partout dans le monde. Pour cela, nous devons faire évoluer le modèle économique et l’architecture des réseaux sociaux. Car il faut bien se rendre compte, dans la lignée de la pensée du professeur de droit Lawrence Lessig, que l’architecture numérique est normative : de même que l’architecture de nos rues détermine nos comportements, l’architecture des réseaux sociaux détermine la façon dont nous nous y exprimons et dont nous y interagissons.

De manière générale et par définition, le principe des « followers », qui consiste à suivre des personnalités en particulier, ne favorise pas l’expression de points de vue diversifiés, mais plutôt les comportements mimétiques, la concurrence, la rivalité et in fine la dévalorisation de soi comme des autres.

Plus spécifiquement, X/Twitter et Thread sont construits pour faire se rencontrer absolument tous les sujets, points de vue et personnes d’opinions très diverses sur un flux unique et assurer des interactions directes au vu et au su de tous.

Le modèle des réseaux sociaux les plus populaires repose sur la captation de l’attention et la recherche de profits en vendant du temps de cerveau disponibles à des annonceurs publicitaires.

Autre architecture, autre ambiance, il en va autrement si l’on se rassemble autour d’un sujet, que ce soit pour en débattre ou seulement pour échanger. Sans qu’ils soient exempts de très nombreux défauts, TrustCafé, Reddit, Twitch, Discord donnent l’opportunité de créer des salons de discussion thématiques ou de regrouper des communautés en un espace et in fine d’avoir un débat plus approfondi. Mastodon repose quant à lui sur une structure décentralisée, c’est-à-dire que « chaque serveur Mastodon est totalement indépendant, mais capable d’interagir avec les autres pour former un réseau social mondial ». Cela permet d’éviter de cultiver l’animosité sociale. Des communautés irréconciliables n’ont pas à se côtoyer, ce qui permet d’éviter de propager le conflit de manière inopportune.

C’est pour orienter les réseaux sociaux vers des architectures permettant de créer des espaces de débat, d’apprentissage, d’échanges et de coopération que nous devons agir en premier lieu, avant même de nous intéresser à la modération des contenus qui y circulent. Le règlement européen sur les services numériques le permet en théorie, mais il faudra que la Commission européenne se mobilise en ce sens. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Jusqu’à présent, le débat a bien plus porté sur le nombre de modérateurs de tel ou tel réseau ou le nombre de contenus retirés que sur la structure des réseaux sociaux en elle-même. Ce qui risque surtout de nous épuiser pour un résultat très relatif.

Pour nous assurer que les réseaux servent une société démocratique où le débat, la construction collective et l’écoute sont privilégiés, nous devrions nous préoccuper de la manière dont les infrastructures numériques sont conçues, développées et financées. Comme les réseaux sociaux dominants sont structurellement fondés sur l’économie de l’attention, l’enfermement de leurs utilisateurs et l’amplification des contenus polémiques et choquants, nous devrions aussi décider de ne plus laisser aux mains du seul réseau social, c’est-à-dire d’une entreprise privée, le monopole de déterminer le flux algorithmique, soit le choix des contenus apparaissant sur nos fils d’actualités.

Une telle proposition est une exigence minimale pour tendre vers une plus grande réappropriation des réseaux sociaux par les utilisateurs. Elle a d’ailleurs déjà été faite sous diverses formes, que ce soit par des spécialistes du numérique, la Comission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), des journalistes ou des chercheurs. Ainsi, il s’agit non plus seulement de forcer la plate-forme à accentuer tel ou tel paramètre de leur algorithme mais de contester le fait que la recommandation soit le seul fait de la plate-forme.

Pour justifier ce principe, nous pouvons nous demander si une fois une taille critique et une certaine concentration du marché atteintes, il est bien légitime de laisser uniquement à des entreprises privées le soin de décider ce qui doit être vu ou ce qui doit être invisibilisé dans l’espace médiatique numérique. Quand bien même certains d’entre nous souhaiteraient s’abandonner aux algorithmes de TikTok ou de Twitter, pourquoi tout un chacun devrait-il s’y plier ? Est-ce à un acteur unique de déterminer les critères en fonction desquels les contenus apparaissent ou disparaissent de nos écrans ?

La chose doit encore être affirmée : oui les réseaux sociaux dominants sont des espaces publics. Ce ne sont plus seulement des cafés que l’on est libre ou non de fréquenter. L’analogie ne fonctionne plus. Ils ont un impact structurant sur nos sociétés, que l’on y soit ou non.

De plus, si tout le monde peut virtuellement s’exprimer sur les réseaux, ceux qui auront le plus de vues sont ceux qui joueront les codes du réseau et sponsoriseront leurs comptes ou publications. Ce qui laisse sur le bas-côté ceux qui ne peuvent pas ou refusent de jouer à ce jeu malsain de la mésestime de soi, des autres et du clash constant.

La prétendue liberté d’expression masque le sévère contrôle qui s’exerce sur la recommandation et la hiérarchie qu’elle recèle : l’apparence d’horizontalité (celle de tous les usagers exprimant leurs opinions ou leurs avis publiquement) masque une extrême verticalité (celle des entreprises décidant des critères de ce qui sera vu ou non).

Pour restaurer les libertés d’expression et de pensée, il nous faut donc décorréler l’intérêt du réseau social à voir promu tel ou tel contenu et l’intérêt social ou personnel à s’informer ou échanger sur tel ou tel sujet.

Cela n’est désormais plus une seule affaire d’imagination ou de prospective. Regardons Bluesky (le réseau social alternatif créé par Jack Dorsey, l’un des fondateurs de Twitter) ou Mastodon : les flux algorithmiques y sont à la main des utilisateurs.

Sur Bluesky, les utilisateurs les plus chevronnés, des médias ou autres tiers de confiance peuvent proposer à l’ensemble des utilisateurs des algorithmes de leur cru. Et le choix est particulièrement simple à opérer pour un effet immédiat. Sur Mastodon, le classement chronologique reste la clef d’entrée vers les contenus publiés, mais le principe même du logiciel libre permet à l’administrateur comme à l’utilisateur de développer les fonctionnalités de curation de contenus qu’il souhaite. Cela ne veut pas dire que tout le monde doit savoir coder, mais que nous pouvons avoir le choix entre de nombreux algorithmes, paramètres ou critères de recommandations qui ne sont pas seulement le fait de la plate-forme.

Comment bien débuter sur Mastodon, le réseau social qui attire les déçus de Twitter (BFMTV).
Regardons aussi des projets comme Tournesol : cette plate-forme de recommandation collaborative de contenus permet à de nombreux citoyens de participer en évaluant les contenus en fonction de leur utilité publique (et non en fonction d’intérêts privés ou d’agendas politiques déterminés). Grâce à de telles initiatives, il devient possible de découvrir des vidéos pertinentes et pédagogiques que des réseaux sociaux dominants ou une plate-forme comme YouTube n’auraient probablement pas recommandées.

Toutes ces initiatives nous montrent qu’il est possible d’œuvrer pour des infrastructures numériques démocratiques. Nous ne sommes qu’à un pas politique de les valoriser. Et entendons-nous bien, l’objectif n’est pas de nous anesthésier en empêchant le désaccord. Bien au contraire ! Le but est de vivifier la démocratie et renforcer l’intelligence collective en exploitant tout le potentiel des réseaux sociaux.

Réseaux sociaux : chance ou catastrophe pour la démocratie ?

Alors que le président libertarien Javier Milei, récemment élu en Argentine, a largement profité des réseaux sociaux lors de sa campagne présidentielle, notamment pour séduire les plus jeunes générations, d’autres personnalités politiques envisagent au contraire de quitter ces mêmes réseaux. En France, c’est la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui a initié ce mouvement, déclarant en novembre dernier que X (ex-Twitter) constituait « une arme de destruction massive de nos démocraties ». Force est de constater que depuis de nombreuses années, les réseaux sociaux dominants, dont le modèle d’affaires repose sur l’économie de l’attention favorise structurellement le clash et la polarisation des opinions.

par Anne Alombert
Chercheuse associée à l’IRePh (Institut de Recherches Philosophiques), Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

Jean Cattan
Secrétaire général du Conseil national du numérique, Sciences Po dans The Conversation.

Selon ce modèle économique, il s’agit de « maximiser l’engagement » des utilisateurs afin de vendre leur « temps de cerveau » et leurs données personnelles à des entreprises susceptibles de les cibler avec leurs publicités. Dès lors, tout ce qui compte pour gagner en visibilité sur ce type de réseau, est de trouver la ligne de fracture – chez chaque utilisateur ou dans la société – et d’enfoncer le coin, afin d’obtenir plus de clics et plus de vues, alimentant ainsi le « business de la haine » des géants du numérique, qui tirent profit de cette cacophonie.

Le résultat, tel que décrypté par l’écrivain et politologue italien Giuliano da Empoli, est le suivant : tandis qu’hier la politique était « centripète » – il fallait rallier autour d’un point d’équilibre –, elle est devenue aujourd’hui centrifuge. L’expression d’« ingénieurs du chaos » trouve alors tout son sens : pour conquérir le pouvoir, la politique consiste désormais à exploiter au mieux les dynamiques d’infrastructures, ici de communication, pour éclater la société en tous points.

Comment changer la donne ? Il parait difficile d’imaginer l’ensemble des démocrates pratiquer la politique de la terre brûlée et quitter les réseaux sociaux dominants tant que l’espoir est encore à leur régulation. De même, nous ne pouvons uniquement nous en remettre à la bonne volonté de quelques autres réseaux dominants faisant pour l’instant office de refuge, tant que leur modèle demeure fondé sur la captation de l’attention.

Si nous devons poursuivre nos efforts pour « trouver des réponses politiques à la colère », nous ne pouvons pas non plus nous aveugler sur les velléités autoritaires ou nationalistes exploitant les failles des réseaux sociaux les plus utilisés. Néanmoins, nous pouvons les priver de l’infrastructure qui les fait émerger comme forces politiques de premier plan partout dans le monde. Pour cela, nous devons faire évoluer le modèle économique et l’architecture des réseaux sociaux. Car il faut bien se rendre compte, dans la lignée de la pensée du professeur de droit Lawrence Lessig, que l’architecture numérique est normative : de même que l’architecture de nos rues détermine nos comportements, l’architecture des réseaux sociaux détermine la façon dont nous nous y exprimons et dont nous y interagissons.

De manière générale et par définition, le principe des « followers », qui consiste à suivre des personnalités en particulier, ne favorise pas l’expression de points de vue diversifiés, mais plutôt les comportements mimétiques, la concurrence, la rivalité et in fine la dévalorisation de soi comme des autres.

Plus spécifiquement, X/Twitter et Thread sont construits pour faire se rencontrer absolument tous les sujets, points de vue et personnes d’opinions très diverses sur un flux unique et assurer des interactions directes au vu et au su de tous.

Le modèle des réseaux sociaux les plus populaires repose sur la captation de l’attention et la recherche de profits en vendant du temps de cerveau disponibles à des annonceurs publicitaires.

Autre architecture, autre ambiance, il en va autrement si l’on se rassemble autour d’un sujet, que ce soit pour en débattre ou seulement pour échanger. Sans qu’ils soient exempts de très nombreux défauts, TrustCafé, Reddit, Twitch, Discord donnent l’opportunité de créer des salons de discussion thématiques ou de regrouper des communautés en un espace et in fine d’avoir un débat plus approfondi. Mastodon repose quant à lui sur une structure décentralisée, c’est-à-dire que « chaque serveur Mastodon est totalement indépendant, mais capable d’interagir avec les autres pour former un réseau social mondial ». Cela permet d’éviter de cultiver l’animosité sociale. Des communautés irréconciliables n’ont pas à se côtoyer, ce qui permet d’éviter de propager le conflit de manière inopportune.

C’est pour orienter les réseaux sociaux vers des architectures permettant de créer des espaces de débat, d’apprentissage, d’échanges et de coopération que nous devons agir en premier lieu, avant même de nous intéresser à la modération des contenus qui y circulent. Le règlement européen sur les services numériques le permet en théorie, mais il faudra que la Commission européenne se mobilise en ce sens. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Jusqu’à présent, le débat a bien plus porté sur le nombre de modérateurs de tel ou tel réseau ou le nombre de contenus retirés que sur la structure des réseaux sociaux en elle-même. Ce qui risque surtout de nous épuiser pour un résultat très relatif.

Pour nous assurer que les réseaux servent une société démocratique où le débat, la construction collective et l’écoute sont privilégiés, nous devrions nous préoccuper de la manière dont les infrastructures numériques sont conçues, développées et financées. Comme les réseaux sociaux dominants sont structurellement fondés sur l’économie de l’attention, l’enfermement de leurs utilisateurs et l’amplification des contenus polémiques et choquants, nous devrions aussi décider de ne plus laisser aux mains du seul réseau social, c’est-à-dire d’une entreprise privée, le monopole de déterminer le flux algorithmique, soit le choix des contenus apparaissant sur nos fils d’actualités.

Une telle proposition est une exigence minimale pour tendre vers une plus grande réappropriation des réseaux sociaux par les utilisateurs. Elle a d’ailleurs déjà été faite sous diverses formes, que ce soit par des spécialistes du numérique, la Comission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), des journalistes ou des chercheurs. Ainsi, il s’agit non plus seulement de forcer la plate-forme à accentuer tel ou tel paramètre de leur algorithme mais de contester le fait que la recommandation soit le seul fait de la plate-forme.

Pour justifier ce principe, nous pouvons nous demander si une fois une taille critique et une certaine concentration du marché atteintes, il est bien légitime de laisser uniquement à des entreprises privées le soin de décider ce qui doit être vu ou ce qui doit être invisibilisé dans l’espace médiatique numérique. Quand bien même certains d’entre nous souhaiteraient s’abandonner aux algorithmes de TikTok ou de Twitter, pourquoi tout un chacun devrait-il s’y plier ? Est-ce à un acteur unique de déterminer les critères en fonction desquels les contenus apparaissent ou disparaissent de nos écrans ?

La chose doit encore être affirmée : oui les réseaux sociaux dominants sont des espaces publics. Ce ne sont plus seulement des cafés que l’on est libre ou non de fréquenter. L’analogie ne fonctionne plus. Ils ont un impact structurant sur nos sociétés, que l’on y soit ou non.

De plus, si tout le monde peut virtuellement s’exprimer sur les réseaux, ceux qui auront le plus de vues sont ceux qui joueront les codes du réseau et sponsoriseront leurs comptes ou publications. Ce qui laisse sur le bas-côté ceux qui ne peuvent pas ou refusent de jouer à ce jeu malsain de la mésestime de soi, des autres et du clash constant.

La prétendue liberté d’expression masque le sévère contrôle qui s’exerce sur la recommandation et la hiérarchie qu’elle recèle : l’apparence d’horizontalité (celle de tous les usagers exprimant leurs opinions ou leurs avis publiquement) masque une extrême verticalité (celle des entreprises décidant des critères de ce qui sera vu ou non).

Pour restaurer les libertés d’expression et de pensée, il nous faut donc décorréler l’intérêt du réseau social à voir promu tel ou tel contenu et l’intérêt social ou personnel à s’informer ou échanger sur tel ou tel sujet.

Cela n’est désormais plus une seule affaire d’imagination ou de prospective. Regardons Bluesky (le réseau social alternatif créé par Jack Dorsey, l’un des fondateurs de Twitter) ou Mastodon : les flux algorithmiques y sont à la main des utilisateurs.

Sur Bluesky, les utilisateurs les plus chevronnés, des médias ou autres tiers de confiance peuvent proposer à l’ensemble des utilisateurs des algorithmes de leur cru. Et le choix est particulièrement simple à opérer pour un effet immédiat. Sur Mastodon, le classement chronologique reste la clef d’entrée vers les contenus publiés, mais le principe même du logiciel libre permet à l’administrateur comme à l’utilisateur de développer les fonctionnalités de curation de contenus qu’il souhaite. Cela ne veut pas dire que tout le monde doit savoir coder, mais que nous pouvons avoir le choix entre de nombreux algorithmes, paramètres ou critères de recommandations qui ne sont pas seulement le fait de la plate-forme.

Comment bien débuter sur Mastodon, le réseau social qui attire les déçus de Twitter (BFMTV).
Regardons aussi des projets comme Tournesol : cette plate-forme de recommandation collaborative de contenus permet à de nombreux citoyens de participer en évaluant les contenus en fonction de leur utilité publique (et non en fonction d’intérêts privés ou d’agendas politiques déterminés). Grâce à de telles initiatives, il devient possible de découvrir des vidéos pertinentes et pédagogiques que des réseaux sociaux dominants ou une plate-forme comme YouTube n’auraient probablement pas recommandées.

Toutes ces initiatives nous montrent qu’il est possible d’œuvrer pour des infrastructures numériques démocratiques. Nous ne sommes qu’à un pas politique de les valoriser. Et entendons-nous bien, l’objectif n’est pas de nous anesthésier en empêchant le désaccord. Bien au contraire ! Le but est de vivifier la démocratie et renforcer l’intelligence collective en exploitant tout le potentiel des réseaux sociaux.

Rishi Sunak, Premier ministre: La dernière chance pour sauver la Grande-Bretagne du naufrage ?

Rishi Sunak,Premier ministre: La dernière chance pour sauver la Grande-Bretagne du naufrage ?

D’une certaine manière ce sont les marchés financiers et non pas le parti conservateur qui ont décidé d’imposer le financier Rishi Sunak , ancien ministre des finances comme nouveau premier ministre en Grande-Bretagne.Il y avait urgence avec l’écroulement de la livre, de la croissance, l’inflation et le risque de crise financière.

Une belle revanche pour l’ancien ministre des finances .

L’incompétente Liz Truss a dû renoncer totalement à ses propositions initiales mais les marchés financiers ont contraint le parti conservateur à la limoger compte tenu des attaques contre la livre.

Mais le financier a écarté le retour du fantasque Boris Johnson handicapé cependant encore par quelques gamelles judiciaires.

Rishi Sunak a contre lui, en pleine crise du coût de la vie, son image de richissime banquier passé par les écoles et universités d’élite puis Goldman Sachs.
Mais d’une certaine manière, c’est une des dernières chances de sauver les conservateurs et l’économie britannique. Rishi Sunak est un effet condamné à réussir sinon la Grande-Bretagne qui ne s’est jamais remise du Brexit risque une crise économique et même financière sans précédent

Compte tenu de la crise le pays a surtout besoin de crédibilité au plan intérieur comme au plan international. Or la situation interne est socialement et économiquement catastrophique avec une explosion notamment des coûts de l’énergie, de l’inflation en général qui induit une augmentation considérable de la pauvreté. Le prochain premier ministre aura besoin de rassurer et de rassembler mais aussi de donner des gages de sérieux au plan international.

Figure rassurante pour les marchés financiers, ce « British Indian », issue d’une famille émigrée d’Afrique de l’Est dans les années 1960, signe une spectaculaire revanche, comme rarement vue dans la politique britannique. Face à ses concurrents dans la course à Downing Street, il était l’un des rares à ne pas promettre de baisses d’impôts.

Remise en cause de l’abondance », une chance pour l’ humanité

Remise en cause de l’abondance », une chance pour l’ humanité

OPINION. . Par Laurent Bibard, ESSEC  dans The Conversation.

À noter que la remise en cause n’a  commençé dans les années 90 mais plutôt dans les années 70 même si elle était alors  minoritaire, finalement comme aujourd’hui. NDLR

 

« la fin de l’abondance », « la fin de l’évidence » et « la fin de l’insouciance ». Ces propos ont suscité de vives indignations, bien évidemment en particulier de la part de ceux qui représentent les parties de la population les plus démunies.

Il y a en effet de quoi éprouver un sentiment de scandale voire de naïveté à une telle annonce : qui vit de nos jours dans l’abondance, dans l’insouciance, dans l’évidence, à part les classes sociales les plus riches, de plus en plus riches, et de moins en moins nombreuses (dans un contexte où disparaissent les classes moyennes) ?

Le propos du chef de l’État n’est cependant pas dénué de sens. Mais c’est au terme d’« évidence » plutôt qu’à ceux d’« abondance » et d’« insouciance » qu’il faut s’arrêter pour y réfléchir à deux fois.

Depuis l’effondrement du mur de Berlin, le monde a en effet vécu dans la conviction de plus en plus dominante qu’il n’y avait pas d’alternative au libéralisme, au capitalisme, au « technologisme » de notre temps. Et l’arrière-plan fondamental de cette présupposition est que nous – les humains – allions mettre sous contrôle la nature – humaine et non humaine. Et la mise sous contrôle, disons du monde entier, allait garantir notre sécurité et notre paix civiles.

Nous pourrions enfin jouir de tout dans l’insouciance et une abondance généralisée. Cela avait été annoncé par l’usage incantatoire qu’avait fait en son temps la première ministre britannique Margaret Thatcher de l’acronyme « TINA » : « il n’y a pas d’alternative » (« There Is No Alternative »). Un seul monde est viable, le monde libre du capitalisme libéral adossé aux sciences et aux technologies.

Or, nous n’avons pas fini de croire à ce monde-là. Malgré la crise du Covid-19, l’on ne cesse d’entendre que nous allons revenir à la « normale » – c’est-à-dire au monde d’« avant ». Au monde d’avant le Covid. Laquelle pandémie a été la seule à même de nous faire un peu lever le nez du guidon ou sortir la tête de dessous la terre.

Jusque-là, depuis 1989, le monde entier faisait l’autruche, malgré les crises gravissimes dont il était affecté. Les attentats du 11-Septembre et leurs suites, la crise financière de 2008, la catastrophe de Fukushima, et j’en passe. Non pas qu’une partie toujours insupportablement importante de la population mondiale ne souffrît pas de faim, de précarité, d’exil et de violences. Mais l’on continuait de faire « comme si » on allait mettre un terme à tout cela, en mettant tout sous contrôle et maîtriser.

Il a fallu les confinements pour que l’on se réveille de la torpeur post-guerre froide, mais nous persistons à rêver que le monde d’« avant » revienne sur scène, comme si de rien n’avait été.

Confronté à un été catastrophique sur le plan climatique, sur le fond de la guerre plus du tout froide imposée par la Russie à l’Ukraine, avec en arrière-plan la crise du Covid qui menace et menacera de reprendre à chaque changement de saison, le président Emmanuel Macron a sans doute raison d’attirer notre attention sur la fin peut-être pas de l’abondance, mais en tout cas de l’insouciance et des évidences.

Le monde n’est plus « évident ». Il ne se « dévide » plus comme si de rien n’était. Nous ne le tenons pas sous contrôle. Quoi qu’on en ait, notre paix et notre sécurité civiles ne sont pas garanties. On ne peut plus, on ne peut en rien les tenir pour acquises.

Cela a-t-il cependant jamais été le cas ? Les guerres et les crises se sont-elles vraiment arrêtées depuis l’effondrement du mur de Berlin ? Avons-nous lucidement vécu les quelques décennies passées ? Fascinés par les nouvelles technologies et les potentiels gigantesques qu’elles laissent imaginer, obnubilés par les start-up, frénétiquement accrochés au profit et à la surconsommation, souhaitant oublier que la mort est toujours le lot de notre humanité mortelle et potentiellement malade, avons-nous vraiment cultivé notre conscience du monde où nous vivons ? Il faut sans doute reconnaître que non.

Nous avons voulu faire comme si nous pouvions vivre dans l’insouciance, dans l’abondance, dans les évidences de notre monde. Y compris les classes sociales les plus démunies, dont le but principal est toujours, si l’on en croit les analyses les plus averties de la vie sociale et politique comme le sont celle d’un Alexis de Tocqueville, de se hausser au niveau de possessions, de richesse, d’abondance, des classes sociales les plus nanties. La pauvreté est toujours relative, au sens où manquer de ce dont les autres jouissent augmente significativement le sentiment de dénuement.

Les affirmations de notre président ont quelque chose d’indéniable : l’évidence, ou les évidences, sur le fond desquelles nous vivions ou voulions vivre ne sont plus de mise. Il nous faut tout remettre sur le métier. Il nous faut interroger ce que nous voulons, pourquoi nous le voulons, comment nous le voulons.

Par exemple – et c’est symptomatique – faut-il vraiment vouloir un nouvel iPhone, la 5G, de nouveaux logiciels, qui ont pour condition de leur mise en œuvre la fabrication de nouveaux ordinateurs, téléphones, tablettes, etc, rendant les précédents caducs, et conduisant à l’épuisement des ressources comme les métaux rares ? Nous devons bien évidemment nous demander de manière générale vers quoi et pourquoi nous courons. C’est ça la mise en question des évidences, de l’insouciance, de l’abondance.

Or, nous savons toutes et tous interroger le réel et nous-mêmes. Nous savons toutes et tous faire un pas de côté. On pourrait dire que c’est même le propre de ce qui fait notre commune humanité. Voyons en quoi et à quoi cela nous engage au quotidien.

Depuis que nous nous sommes mis debout, nous humains, sommes faits à la fois d’une capacité et d’un désir de contrôle de notre monde à proportion de ce que la verticalisation a rendu possible : une vue au loin, une maîtrise de notre environnement, la prévention contre les prédateurs, l’identification de nos proies, etc. De l’autre côté, la position debout nous rend significativement plus vulnérables à la chute que lorsque nous vivions à quatre pattes.

La dynamique de la marche le signale clairement : marcher c’est commencer par tomber en avançant le pied, et rattraper le déséquilibre en reposant le pied au sol. La marche n’est pas seulement une image utile. Elle est à la fois une métaphore et la réalité de nos vies lorsque nous vivons des vies véritablement humaines. Se tenir debout sur un sol stable symbolise parfaitement le fait d’être posé sur des évidences que nous n’interrogeons pas.

Elles sont ce que l’on tient pour acquis, à partir de quoi nous pouvons nous élancer vers des tas d’autres choses – à partir de quoi nous levons le pied pour aller « ailleurs ». Le problème est que nous avons une sérieuse tendance à rester immobiles sur le sol stable sur lequel nous sommes posés, dans nos « zones de confort ». Tous les humains, président ou pas.

Depuis 1989, notre sol stable était symbolisable par l’acronyme « TINA ». Aucun autre monde n’était possible ni même imaginable. Voilà qu’au travers de crises aussi radicales et graves que celle du Covid-19, du climat, et des guerres, nous sommes mis en demeure de nous mettre à marcher. À lever le pied de nos évidences.

Nous l’avons suggéré plus haut : l’abondance (relative), l’insouciance et les évidences tiennent du même registre. Être posé sur des évidences que l’on n’interroge jamais, c’est à proprement parler de l’insouciance. C’est n’avoir en vue que de jouir de l’abondance qui nous est accessible, quelle que soit la classe sociale à laquelle on appartient. Alors que notre humanité est faite d’une tension constitutive entre évidence – se tenir debout immobile sur un sol solide et stable – et mise en question – ou élan vers autre chose toujours d’abord inconnu. Marcher, c’est d’abord prendre le risque de tomber dans l’inconnu.

Si elle est entière, notre humanité est faite à la fois d’évidences, de désirs d’abondance et d’insouciance, et de mises en question du réel, de pauvreté, de « souci ». Et vouloir n’être que l’un – qu’évidences, abondance (encore une fois, toujours strictement relative) insouciance – ou n’être que dans l’autre – n’être que dans le doute, la pauvreté, le souci – nous déshumanise ou nous rend fou.

Nous étions en train de nous déshumaniser depuis « TINA ». Il ne s’agit en aucun cas de se réjouir de la situation dramatique actuelle. Mais si cette situation est propre à nous faire sortir nos têtes de sous la terre, c’est une chance pour notre humanité. Se tenir immobile debout sur un sol solide dont on ne démord jamais tient de la plus grande bêtise voire de la plus profonde brutalité.

Comme le dit le dicton, « il n’y a que les c… qui ne changent jamais d’avis ». Gardons cependant clairement à l’esprit que si le monde n’est que mise en doute, qu’interrogations, que soucis, que pauvreté ou manque, ce n’est plus un « monde ». Cela devient, comme le dit si clairement le mot, « immonde ». C’est le chaos et c’est invivable.

Comment faire alors ? Comment vivre dans une crise permanente ? Cela revient à ne faire que tomber, à ne plus avoir de sol. C’est à proprement parler invivable.

La bonne nouvelle est que tant qu’on n’est pas mort, on a toujours un sol. Le sol minimum que nous ne voyons pas parce que nous sommes posés dessus, le plus souvent exclusivement poussés par nos envies et nos désirs, est la vie même. Infinie richesse si l’on y prend garde. Car la vie est toujours faite d’un minimum d’évidences, de choses que l’on tient pour acquises, et qui restent possibles.

Ces choses que nous tenons pour acquises et qui restent possibles tiennent des apprentissages les plus archaïques que nous faisons dès l’enfance : celui d’une langue que l’on parle, celui de la manière de se vêtir, de parler, d’échanger avec les autres, de faire communauté. Notre appui fondamental, c’est tout ce que l’on a appris à faire depuis l’enfance.

Ce que nous avons appris à faire depuis l’enfance, qu’il faut sur certains plans, à certains moments, remettre en question, constitue tout autant le sol solide sur lequel nous sommes posés. Encore faut-il, pour vivre de manière pleinement humaine, sans cesse trier entre ce que nous pouvons – voire que nous devons – garder et qui restera sol solide – et ce qu’il faut quitter, abandonner, changer.

À ce compte, vivre en acceptant l’idée que c’est la fin de la (seule) évidence, de la (seule) abondance, de la (seule) insouciance, c’est sans cesse remettre sur le métier de séparer le grain de l’ivraie. L’ivraie est faite de ce qu’il faut quitter. Le grain, de ce qu’il faut garder. Plus, qu’il faut aider à germer.

Cela demande du courage, de la détermination, de la lucidité, d’une aide qui s’appelle éducation. Nous avions simplement oublié de le faire. Depuis trente ans. Il est temps de s’y remettre tous ensemble, dûment aidés par celles et ceux qui ont déjà appris à le faire, ou qui l’ont jamais oublié de le faire.

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Par Laurent Bibard, Professeur en management, titulaire de la chaire Edgar Morin de la complexité, ESSEC

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

L’intelligence artificielle, une chance pour l’Europe ?

 L’intelligence artificielle, une chance pour l’Europe ?

Tribune de Pierre-Etienne Bardin et Guillaume Leboucher* dans l’Opinion 

 

La crise sanitaire a montré l’obligation pour les entreprises de se transformer et pour les citoyens d’être formés et accompagnés dans un monde de plus en plus technologique. Nulle organisation, publique comme privée, ne semble devoir échapper à son destin numérique. Alors, autant le prendre en main.

La maîtrise des données et leur exploitation, notamment par des techniques d’intelligence artificielle (IA), s’avèrent comme le plus sûr moyen de rester dans la course économique, politique et géostratégique. L’IA est un outil de transformation majeur, nécessaire et indispensable, pour rebondir et saisir les opportunités économiques qui se présentent.

Grâce aux gains de productivité et à la relance de la consommation, l’IA contribuera de plus en plus à la croissance. Les entreprises ayant une culture de la donnée voient jusqu’à 5 % d’augmentation de leur valeur selon le Data Literacy index.

Technologie complexe, de plus en plus prédictive, l’IA simplifie la tâche des salariés. Elle s’immisce dans tous les pans de l’activité. Elle est tour à tour auxiliaire de santé, pour prévenir l’évolution d’un virus, ou de justice, pour fournir une analyse de jurisprudences exhaustive par exemple. Présente au quotidien, elle rend des voitures de plus en plus autonomes, des transactions financières plus fluides et rapides, des gestions logistiques et de livraisons plus affinées, des procédures de contrôles renforcées, des compteurs électriques intelligents, etc. Sans parler de nos smartphones qui répondent à l’œil et à la voix.

Tout en veillant à ne pas brider l’innovation, l’affirmation d’une base juridique doit constituer une occasion de renforcer le cadre de confiance dans la technologie

Déclassement. Dans le match de superpuissances numériques que les Etats-Unis et l’Asie ont installé, l’Europe et ses entreprises risquent le déclassement si l’IA ne devient pas un élément central de leurs stratégies. La commission européenne vient d’annoncer sa volonté de réglementer le marché de l’IA. Tout en veillant à ne pas brider l’innovation, l’affirmation d’une base juridique doit constituer une occasion de renforcer le cadre de confiance dans la technologie.

C’est aussi pour l’Europe une occasion d’affirmer un peu plus encore ses valeurs de respect de la dignité humaine et de droit de la propriété intellectuelle en particulier. Un modèle alternatif de développement du numérique, ouvert et pérenne, respectueux des humains et leurs données, est possible. Le projet GAIA-X en constitue une parfaite illustration.

Face à la domination des géants du numérique (Google, Amazon, Microsoft) qui concentrent deux tiers d’un marché de l’hébergement des données qui a triplé ces trois dernières années, la création d’un champion européen en tous points égaux serait vouée à l’échec. Au contraire, GAIA-X offre un cadre de référence et une labellisation pour permettre le développement d’une infrastructure de données déconcentrée et référente.

Fer de lance. Etre souverain, ce n’est pas se replier sur soi-même mais reprendre le dessus sur le cours des choses. L’Europe, avec la France comme fer de lance, peut et doit mobiliser ses talents autour de grands projets à visage humain et à géométrie variable mêlant les compétences et l’ambition, les savoirs et les savoir-faire.

Pour servir une telle ambition, les grands groupes doivent pouvoir s’inspirer de l’agilité des jeunes poussent, lesquels y trouveront à leur tour les moyens d’innover tout en les aiguillonnant.

C’est le sens du rapprochement du Groupe La Poste avec Openvalue, expert reconnu de l’IA, pour accompagner les organisations dans l’amélioration de leur performance industrielle. La France a besoin d’acteurs majeurs de la transformation de l’économie alliant le crédit et la confiance d’opérateurs de services aux publics. Notre continent est aussi une terre d’innovation et d’entrepreneurs.

*Pierre-Etienne Bardin, chief data officer du Groupe La Poste, et Guillaume Leboucher, fondateur et directeur général d’OpenValue.

Plan relance italien : la dernière chance pour le pays ?

Plan relance italien : la dernière chance pour le pays ?

 « Le plan Draghi est l’une des dernières opportunités pour le pays d’accroître sa croissance potentielle » pour le directeur de la conjoncture chez Rexecode (interview dans l’Opinion)

 

Pourquoi la situation économique de l’Italie est un sujet pour toute l’Europe ?

Parce que l’Italie est une pierre angulaire de la zone euro. Troisième économie de l’union monétaire, le pays représente 15 % du PIB de la zone euro et finance 17 % du budget de l’Union européenne (UE). Sans l’Italie, la zone euro ne tiendrait pas. C’est aussi un pays très important pour les banques françaises. BNP Paribas et Crédit Agricole y sont fortement exposées avec des filiales qui comptent parmi les dix premières banques du pays.

Avec plus de 115 000 morts et près d’un million d’emplois détruits en un an après un recul de 8,9 % de son PIB en 2020, l’Italie est-elle l’homme malade de l’Europe ?

Elle dispute le titre avec l’Espagne qui est encore plus exposée aux secteurs les plus touchés par la crise, comme le tourisme. Mais c’est vrai que l’Italie souffre davantage que la moyenne de la zone euro. C’est d’ailleurs l’un des points cruels de cette crise : les pays les plus endettés sont aussi ceux les plus durement affectés par la récession, ce qui est de nature à aggraver les déséquilibres qui existaient avant.

L’Italie est effectivement l’un des pays européens les plus endettés. Qu’est-ce qui explique le dérapage de ses finances publiques ?

Sa dette est trop importante et sa croissance trop faible pour la faire diminuer. L’excédent budgétaire primaire enregistré depuis des années permet simplement de stabiliser la dette. L’Italie subit une spirale négative depuis son entrée dans la zone euro, coincée entre des taux plus élevés et une croissance potentielle plus faible que la moyenne européenne. L’écart d’endettement public avec l’Allemagne ne fait que se creuser : il est passé de 40 points de PIB en 2008 à 88 points fin 2020. Le poids de la dette italienne est aujourd’hui plus de deux fois supérieur à celui de l’Allemagne !

C’est un risque pour la zone euro ?

Cela ne poserait pas de problème si les dettes étaient totalement mutualisées. Mais incontestablement, la concentration des dettes dans certains pays en l’absence de mécanisme de correction fragilise l’édifice.

Sauf que les taux sont bas, y compris pour l’Italie en ce moment…

C’est à moitié vrai. Certes, le taux d’intérêt apparent est d’à peu près 2 %, ce qui est peu. Mais le vrai problème, c’est le besoin d’appel au marché qui va sortir considérablement accru de cette crise. Pour l’instant, le surcroît de dette est absorbé par la Banque centrale européenne (BCE) qui a quasiment doublé sa détention depuis 2017 à plus de 30 % du PIB, mais ça ne fonctionnera qu’à la condition que la BCE continue d’intervenir sur les marchés. Il y a de ce point de vue une forme de japonisation dans le rôle de la banque centrale dans l’économie italienne pour soutenir les finances publiques.

Comment échapper à cette spirale ?

Des transferts monétaires et budgétaires au niveau européen y contribueraient. Il faudrait que la BCE accepte de dévier de sa clé de répartition pour détenir davantage de dette italienne. Le côté budgétaire est quant à lui assuré par le plan de relance qui va commencer à se mettre en œuvre, mais ce n’est pas un free lunch pour l’Italie. Sur les 220 milliards d’euros du plan de relance italien, 192 milliards viennent de NextGenerationEU, dont 123 milliards de prêts. C’est de l’endettement auprès de la Commission plutôt que sur les marchés, mais au final, il faudra rembourser. Les subventions ne dépassent pas 69 milliards, dont 46 milliards devront aussi être remboursés indirectement. Ce qui laisse 13 milliards de transferts nets, soit 1,3 point de PIB seulement. Est-ce suffisant pour remettre l’Italie sur les rails ? On peut en douter.

L’Italie peut-elle faire exploser la zone euro ?

Pas à court terme. Mais cette force centrifuge qui éloigne inexorablement le pays de la moyenne européenne est inquiétante. Attention, je ne parle pas de la compétitivité. La part de marché de la Péninsule dans les exportations de la zone euro est plutôt stable depuis la crise de 2009, contrairement à celle de la France qui recule. Le problème italien concerne plutôt la faiblesse de la demande interne, liée au décrochage d’une partie du pays et qui traduit aussi un déficit d’investissement, sans parler des problèmes de productivité ou démographiques (l’Italie est le 2e pays le plus vieux au monde après le Japon). Le plan Draghi revêt donc une importance historique. C’est l’une des dernières opportunités d’inverser cette tendance et d’accroître la croissance potentielle du pays, qui si rien ne change approchera de zéro dans les prochaines années.

Le problème, c’est que neuf mois après l’adoption du plan de relance, pas un euro n’a encore été distribué par Bruxelles. Que se passe-t-il ?

Plusieurs facteurs rentrent en compte. Il y a d’abord le caractère suradministré du plan, avec des conditions soumises à des boucles de validation multiples. Le contraste est sur ce point saisissant avec les Etats-Unis qui donnent la priorité aux déblocages rapides des fonds. Le risque, c’est qu’on termine au final avec un plan Juncker bis : lourd, long, devant remplir des conditions drastiques avec des effets de substitution avec l’investissement privé.

2022 : la chance de Marine Le Pen , c’est Macron

2022 : la chance de Marine Le Pen , c’est Macron

 

 

Il se confirme de plus en plus que la meilleure chance de Marine Le Pen aux élections présidentielles de 2022, ce sera la présence de Macron. Un Macron détesté dans l’opinion publique depuis pratiquement mon arrivée pouvoir au motif notamment qu’il se comporte davantage en souverain qu’en président aussi en raison de ses échecs pratiquement sur tous les plans. Sur le terrain économique, dans l’espace social mais aussi concernant la crise sanitaire. En outre il n’a réussi à mettre en œuvre aucune véritable réforme structurelle significative hormis la réforme du statut des cheminots ( et encore pour les nouveaux ce qui reporte les effets pleins de la réforme à 20 ou 30 ans).

 

 

On observera que dans tous les domaines politique la présidente du rassemblement national se fait très discrète. C’est sûrement aussi son meilleur argument politique car elle n’a pas fait vraiment la preuve de ses compétences. Les erreurs répétées et les contradictions de Macron constituent son meilleur agent électoral. Évidemment la problématique de sa compétence posera à l’approche des élections. L’intéressé commence à y répondre en souhaitant un gouvernement de rassemblement national.

 

 À un an de la présidentielle française, le Financial Times s’est posé cette semaine la question des chances de victoire de Marine Le Pen. Interrogé par le quotidien britannique, l’ancien ministre de François Hollande et candidat malheureux à la primaire de la gauche de 2017, Arnaud Montebourg, pronostique en 2022 une victoire de la chef du Rassemblement national face à Emmanuel Macron« Détesté parce qu’il est arrogant », le chef de l’État et ses « politiques oligarchiques » ne constituent plus selon le socialiste un « rempart » contre Marine Le Pen mais au contraire « la mettront au pouvoir. » La candidate nationaliste a-t-elle véritablement plus de chances qu’il y a cinq ans de l’emporter ?

 

« Enjeux économiques et sociaux : la décennie de la dernière chance»

« Enjeux économiques et sociaux : la décennie de la dernière chance»

 

Florence Tondu-Mélique Florence Tondu-Mélique ,présidente-directrice générale pour la France du Groupe Zurich ,explique que la décennie en cours sera stratégique en matière d’innovation durable.

La Covid-19 nous a réveillés avec brutalité. Il a révélé les failles de notre système : impréparation générale à la crise sanitaire, manque de coopération internationale, vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement… Autant de symptômes de notre inhabilité collective à appréhender les grands risques contemporains. Alors que les vagues successives continuent de paralyser nos économies et nos sociétés, le dernier Global Risks Report publié par le World Economic Forum (*) nous exhorte à corriger nos modèles de développement économiques et financiers pour assurer leur résilience face aux chocs à venir.

L’endettement massif, la reconfiguration du tissu industriel et la dynamique de « stop and go » sanitaire nous plongent dans l’incertitude. D’après le FMI, ce sont 22 000 milliards de dollars de PIB qui auront été perdus entre 2020 et 2025, soit le quart de la richesse mondiale. Naturellement, la capacité des économies à relever la tête est au sommet des priorités. La cohésion sociale est, elle aussi, un sujet prégnant. La peur d’une précarité galopante et le creusement des inégalités nourrissent la montée des colères, vecteur de déstabilisation politique.

Dans ce contexte, le danger est grand de reléguer au second plan des enjeux essentiels comme le risque environnemental, pourtant première préoccupation des dirigeants à la veille de la crise. Le faible écho donné au One Planet Summit consacré à la biodiversité, malgré les efforts de la France pour mobiliser les parties prenantes, en est une manifestation. Ironie du sort, au-delà du coût évalué à 440 milliards d’euros par an d’ici à 2050, la destruction des écosystèmes déclenche un cercle vicieux : plus de maladies infectieuses et moins de ressources naturelles disponibles pour la recherche médicale.

En parallèle, l’abrupte accélération de la digitalisation des économies expose à d’autres virus. La menace cyber ne faiblit pas. Des cyber-armées se forment, capables de mettre à terre une multinationale, voire un pays tout entier. Le récent cas de SolarWinds — qui a ciblé des départements d’Etat américains, des géants de la tech et par ricochet, certaines entreprises du CAC 40 — incarne à lui seul la capacité des cyberattaques à déstabiliser des pans entiers de nos économies. Sans parler des impacts diplomatiques sur des relations internationales déjà marquées par le repli sur soi.

« A terme, les économies et les entreprises les plus responsables seront aussi les plus compétitives. Au-delà de la seule question éthique, le risque RSE impactera aussi bien l’actif, que le passif des bilans »

Externalités négatives. Dans nos économies globales et interconnectées, les risques prennent une dimension systémique. Puisqu’ils ne peuvent être cantonnés, parce qu’ils impactent toute l’économie avec des réactions en chaîne, ils deviennent quasiment inassurables par le seul secteur privé. A ce titre, la pandémie, dont nous ne parvenons pas à nous extraire, est une démonstration sévère du coût des externalités négatives de nos modèles de développement. L’urgence est désormais de les corriger. Seul un engagement commun du politique, des acteurs économiques et de la société civile sera en mesure de mener les évolutions nécessaires et ainsi renforcer notre résilience.

Que ce soit en matière de progrès social, écologique ou numérique, l’Europe dispose des atouts pour devenir le chef de file d’une économie et d’une finance plus innovantes, au service d’une société plus durable. C’est tout l’enjeu du Green Deal et du plan de relance européen de 750 milliards d’euros, dont la moitié est consacrée à l’innovation et à la transition énergétique.

A terme, les économies et les entreprises les plus responsables seront aussi les plus compétitives. Au-delà de la seule question éthique, le risque RSE impactera aussi bien l’actif, que le passif des bilans. Les entreprises capables de démontrer leur engagement en matière de durabilité sociale, environnementale et digitale bénéficieront d’un accès au capital moins coûteux dans la durée. La Place de Paris peut être moteur de cette transformation qui conjugue croissance, inclusion et décarbonation.

« Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne à la gorge » avertissait Churchill. D’après le World Economic Forum, la fenêtre d’opportunité pour agir est restreinte : nous avons dix ans pour réaliser ce changement, inverser la tendance et assurer un futur résilient.

Florence Tondu-Mélique est présidente-directrice générale pour la France du Groupe Zurich. Zurich Insurance est partenaire stratégique du Global Risks Report, élaboré chaque année par le World Economic Forum avec l’aide de 650 professionnels du risque.

L’intelligence artificielle : chance ou menace ?

L’intelligence artificielle : chance ou menace ?

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Lintelligence artificielle constitue-t-elle une chance pour notre économie et où une menace pour les libertés démocratiques. C’était le thème dun débat du Forum Europe 1 organisé au Bataclan. (Source Europe 1) 

« L’intelligence artificielle (IA) souffre-t-elle d’une mauvaise image dans l’Hexagone ? « On vit en France une vraie schizophrénie sur ce sujet », estime Eric Hazan, directeur associé chez McKinsey, cabinet de conseil en intelligence artificielle, interrogé lors du Forum Europe 1 Liberté, Egalité, Fraternité, organisé mardi au Bataclan.

Quatre fois plus de chômage sans l’IA ?  »On veut plus de vie privée et en même temps on est sur trois ou quatre réseaux sociaux. On vit avec le stress d’être écouté et on est bien content d’avoir des logiciels de traduction », énumère ce spécialiste pour qui l’intelligence artificielle est l’un des enjeux économiques majeurs des décennies à venir. « Si on déploie l’Intelligence artificielle, on va croître de 0,1 à 0,2% par an la croissance des pays développés. On créerait quatre fois plus de chômage en n’utilisant pas l’IA. On estime en effet à 5 à 10% des emplois qui seront supprimés à cause de l’IA. Mais il y aura aussi beaucoup de créations d’emploi ». Selon Eric Hazan, les bénéfices pourront toucher tous les secteurs. Détection ultraprécise du diabète, lutte contre le braconnage en Afrique, identification des prémices d’un ouragan, réduction des déchets de production dans l’industrie, analyse des capacités de remboursement de dette des ménages… « L’intelligence artificielle est un facteur de segmentation, de détails dans la compréhension des choses. On peut optimiser énormément de choses », conclut-il.

« La société de consommation existait bien avant l’intelligence artificielle »

Une incitation à la consommation ? L’intelligence artificielle est-elle pour autant une panacée ? Ne menace-t-elle pas notre vie privée et notre liberté ? « Ne risque-t-elle pas de nous pousser à consommer non-stop ? Aujourd’hui, je peux recevoir des publicités (ciblées) dans mes toilettes avec mon téléphone. Cela ne pousse-t-il pas à son maximum notre asservissement à la société de consommation ? », interroge pour sa part David Abiker, journaliste à Europe 1 et animateur du forum Europe 1. « La société de consommation existait bien avant l’intelligence artificielle », balaye pour sa part Eric Hazan, qui reconnaît que les enjeux éthiques sont importants et que l’IA devra être encadrée.

Pour Marie-Laure Denis, présidente de la CNIL, « les consommateurs d’IA doivent avoir conscience que leurs données sont enregistrées, comprendre comment elles sont enregistrées et utilisées » par l’IA. Si elle assure que la France est bien armée pour lutter contre les dérives en matière de protections des données, elle s’étonne encore de recevoir certains types de publicités : « Des publicités pour de l’alcool par exemple. Cela risque de poser problèmes pour ceux qui luttent contre une addiction… »

« L’économie de la connaissance, on y va ».  »Il y a des enjeux éthiques très importants. Si tous les logiciels d’intelligence artificielle sont faits par des hommes blancs, pour des hommes blancs, cela peut poser des problèmes » de discrimination, ajoute pour sa part Olivier Derrien, directeur général de Salesforce, éditeur de logiciels, participants aussi au débat. Mais pour Eric Hazan, toutes ces questions, légitimes, ne freineront pas le développement de l’IA. Elles devront être résolues mais il est désormais impossible de revenir en arrière. « L’intelligence artificielle, l’économie de la connaissance, on y va », conclut-il.

 

Air France-KLM : la dernière chance

Air France-KLM : la dernière chance

Les syndicats d’Air France-KLM ont critiqué le choix d’un nouveau directeur général du groupe aérien, le Canadien Benjamin Smith. Certes on aurait pu peut-être trouver un responsable origine française mais la désignation du nouveau patron d’Air France est une garantie en termes d’expérience et de gestion. La première conséquence d’un échec du nouveau patron  serait sans doute d’abord d’opérer un divorce entre Air France et KLM, cette dernière compagnie appréciant de moins en moins les soubresauts de sa maison-mère et réclamant justement davantage d’autonomie voire une indépendance totale. Le fameux savoir-faire d’Air France est une illusion car tous ceux qui ont  voyagé sur d’autres compagnies ont pu mesurer la qualité de service et la compétitivité des sociétés concurrentes d’Air France. La spécificité d’Air France c’est surtout le cout de ses pilotes (les plus chers du monde) intégrant le temps réel de travail. Sans parler de la velléité permanente du SNPL de vouloir cogérer l’entreprise y comprise au détriment des autres catégories de personnel. Le transport aérien mondial présente la particularité de constituer un marché très concurrentiel où  les compagnies sont substituables sans dommage pour la qualité de service et sans dommage pour la compétitivité. Ce que n’ont jamais compris les corporatistes du syndicat national des pilotes de ligne d’Air France qui vivent encore sur le fantasme d’une entreprise nationale disposant d’un  monopole.

Une chance pour Macron grâce à Fillon

Une chance pour Macron grâce à Fillon

Il est clair que si Juppé doit être vainqueur de la primaire cela fermera en grande partie les perspectives progressistes pour Macron. En effet Juppé est susceptible de mordre très largement dans le camp des modérés et de ceux  qui veulent un changement plus moderniste. À l’inverse la position très radicale de Fillon mais relativement conservatrice offre des opportunités à Macron pour se placer au centre. Une situation  très bien comprise par  François Bayrou qui s’interroge maintenant sur sa propre candidature. En effet Macron pourrait bien occuper tout l’espace laissé au centre (centre-droit, centre-gauche). La victoire désormais probable de François Fillon au second tour de la primaire de la droite pour l’élection présidentielle de 2017 ouvre DONC de nouvelles perspectives pour Emmanuel Macron face à un candidat plus conservateur que son rival Alain Juppé. L’ancien ministre de l’Economie de François Hollande entend sortir du carcan des partis pour promouvoir un large rassemblement de « progressistes », au grand dam des formations de gauche, PS en tête. Avec Fillon « Ça lui ouvre un espace bien plus évident que si c’était Alain Juppé qui gagnait », estime Céline Bracq, de l’institut de sondage Odoxa. « Le programme de François Fillon est un programme de droite traditionnelle, conservatrice. Quand ce programme sera mieux connu, ça lui sera plus simple de marquer sa différence. » Qui s’interroge maintenant sur sa propre candidature. En effet macro pourrait bien occuper tout l’espace laissé au centre (centre-droit, centre-gauche). St datée, archaïque et profondément réactionnaire », a déclaré à Reuters le député socialiste Richard Ferrand, secrétaire général d’ »En Marche ! », son mouvement. « Ça correspond à l’état de la droite militante mais pas à l’état d’esprit des Français. » « La probable victoire de François Fillon va mettre plus en exergue encore ce qui est porté par Emmanuel Macron face à un programme très conservateur et très dur socialement », renchérit le député PS Stéphane Travers, autre soutien de l’ex-ministre. Pour le porte-parole d’ »En Marche ! », Benjamin Griveaux, réconcilier les deux droites, incarnées par Alain Juppé et François Fillon, sera en tout état de cause difficile pour le vainqueur de la primaire, quel qu’il soit. « Ils n’ont rien en commun sur des sujets fondamentaux et sont condamnés à une synthèse bancale au soir du 27 novembre », explique-t-il. Un écueil qu’évitera selon lui Emmanuel Macron en refusant d’entrer dans le jeu de la primaire du PS. Refus réitéré lundi par l’ancien ministre de l’économie en marge d’un déplacement en province, en réponse à un nouvel appel lancé par le premier secrétaire du PS. Pour Céline Bracq, une inconnue, pour Emmanuel Macron, est l’attitude du président du MoDem, François Bayrou, qui soutient Alain Juppé et avait fait savoir qu’il se présenterait à la présidentielle si Nicolas Sarkozy gagnait la primaire de droite. « Emmanuel Macron a lancé une OPA sur le centre. L’arrivée de Bayrou lui rendrait la tâche plus difficile », estime-t-elle. Un proche collaborateur d’Emmanuel Macron estime cependant qu’une candidature de François Bayrou n’est plus à craindre. « L’anti-sarkozysme qu’il pouvait incarner à droite et au centre est désormais purgé », explique-t-il. « Si Fillon gagne, Juppé aura sans doute la sagesse de se ranger derrière lui et Bayrou apparaîtrait complètement isolé. S’il veut avoir des députés, il aura aussi intérêt à s’aligner sur Fillon. »

Le Royaume-Uni : handicap ou chance pour l’Europe ?

Le Royaume-Uni : handicap ou chance pour l’Europe ?

 

L’idée que le Royaume-Uni serait un handicap pour l’Europe progresse dans l’opinion publique même s’il reste encore une majorité de Français à considérer encore que la présence du  Royaume uni est plutôt positive ; sans doute faut-il voir là les récurrentes demandes d’exception formulées par les Britanniques afin échapper aux règles de l’union européenne. De fait le  Royaume-Uni milite depuis longtemps pour une Europe à la carte ou sorte d’auberge espagnole où on trouve tout mais où on peut choisir ce qu’on veut. La vérité c’est que les britanniques souhaitent surtout que l’Europe se limite à une zone de libre-échange avec le moins de règles possibles même pas sur le plan social, fiscal ou environnemental et encore moins au plan financier et monétaire. Pourtant c’est  le Royaume-Uni est le plus à perdre d’un Brexit compte tenu des échanges avec l’union économique. La perte pourrait être de l’ordre de  0,5 % du PIB par an. En outre Londres risque de voir l’importance de sa place financière rééquilibrée par celle de Paris. Le premier ministre David Cameron n’a sans doute pas tort de regretter la bureaucratie de Bruxelles pour autant son opposition systématique aux politiques communes constitue un handicap majeur pour une intégration plus effective de l’Europe. On peut se demander si le retrait du Royaume-Uni au moins pour une période ne serait pas une bonne chose pour l’Europe  qui a un urgent besoin de cohésion et de dynamisme. En outre cela permettrait peut-être au Royaume-Uni de prendre conscience de ce qu’elle est réellement,  non plus une puissance mondiale dominante comme leur de l’époque décolonisation mais une puissance de seconde zone,  comme la France ! La séparation serait sans doute profitable aux deux parties. Désormais Plus de quatre Français sur dix jugent que le Royaume-Uni est plutôt un handicap pour l’Union européenne (44%), une opinion en progression de sept points par rapport à mai 2015, selon un sondage BVA pour Orange/iTELE diffusé samedi. Seule une courte majorité de Français considère que la présence du Royaume-Uni dans l’UE est plutôt un atout (54%). Malgré tout, plus d’un Français sur deux souhaite que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne, notamment les sympathisants Les Républicains (67%) et Modem-UDI (65%). A contrario les sympathisants de partis situés à la « gauche du PS » (58%) et ceux du FN (64%) souhaitent majoritairement une sortie du Royaume-Uni de l’UE. Une nette majorité de Français se dit pessimiste concernant le futur de l’Union européenne (71%), moins de trois sur dix s’estimant optimistes (28%).

Migrants : une chance pour la croissance ?

Migrants : une chance pour la croissance ?

 

 

La commission européenne et la BRED se sont livrées  livrée à de varis calculs d’apothicaires pour conclure que les migrants peuvent concourir à accroitre la croissance avec des chiffres d’une précision surréaliste. De la part de la commission européenne ce n’est guère étonnant, mais d’une certaine manière pas surprenant non plus de la part de la BERD.  La banque européenne de développement (BERD), au fait qui sert à quoi ? Une institution créée sur l’idée de Mitterrand, dirigée à sa création par Attali plus fort en conseil qu’en gestion  (Attali avait commencé par dépensé près d’un milliard pour des dépenses somptuaire internes) et finalement ‘est s’est fait virer. La vérité est pourtant toute simple : début l’arrivée de migrants génèrent des dépense et au bout d’un certain temps participent  à la croissance. Mais le phénomène ne peut être étudié que sur une longue période. Quand aux indications chiffrées et précises (deux chiffres après la virgules !),  elles relèvent de méthodologies fantaisistes  qui ont au moins le mérite de fournir des emplois- très bien rémunérés-  aux pseudos experts qui les produisent. La Commission européenne table donc sur l’arrivée de trois millions de demandeurs d’asile dans l’Union d’ici la fin 2017, un mouvement qui devrait soutenir la croissance économique et pourrait même bénéficier à long terme aux finances publiques grâce à l’intégration d’une partie des réfugiés dans la population active. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) dresse de son côté un tableau plus contrasté de la situation, expliquant que l’impact de la présence des migrants n’était pas uniforme selon les pays. Dans ses prévisions économiques d’automne, l’exécutif communautaire dit s’appuyer, pour estimer l’impact économique de l’afflux de demandeurs d’asile, sur l’hypothèse d’un million d’arrivées cette année, 1,5 million en 2016 et 500.000 en 2017. Si les réfugiés dont la demande d’asile est acceptée ont le même niveau de qualifications que les citoyens des pays qui les accueillent, la croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’UE pourrait augmenter de 0,21 point de pourcentage l’an prochain et de 0,26 point en 2017. S’ils sont moins qualifiés, leur contribution positive à la croissance serait inférieure, de 0,14 point en 2016 et de 0,18 point l’année suivante, précise la CE. Ce mouvement d’immigration aurait parallèlement un impact très limité sur les finances publiques de l’Union: il creuserait le déficit budgétaire cumulé des pays membres de 0,04 point de PIB en 2016 comme en 2017 mais le réduirait de 0,03 et 0,05 point respectivement en 2019 et 2020, montrent les simulations de la Commission. « Même inéquitablement réparties entre les pays, les dépenses publiques supplémentaires estimées liées à l’arrivée de demandeurs d’asile sont limitées pour la plupart des Etats membres », conclut-elle. Pour les pays de transit les plus concernés, le coût budgétaire serait au maximum de 0,2% du PIB cette année avant de revenir vers zéro l’an prochain.  Pour les pays considérés comme des destinations finales pour les demandeurs d’asile, comme l’Allemagne, l’impact serait là encore de 0,2% du PIB au maximum pour 2015 mais il augmenterait légèrement pour certains en 2016.  En Suède, qui figure parmi les pays dans lesquels la part des réfugiés dans la population totale est la plus élevée, le coût budgétaire serait plus élevé, de l’ordre de 0,5 point du PIB cette année, et la contribution à la croissance plus faible, précise la Commission. La BERD a de son côté réduit ses prévisions de croissance pour la Croatie, la Hongrie, la Slovénie et la Grèce, quatre pays de transit par où passent les migrants en provenance de Syrie, d’Irak ou encore d’Afghanistan. Elle souligne également que la Turquie pourrait subir un impact économique non négligeable. La BERD n’impute pas la révision de ses prévisions uniquement à la présence de migrants, mais elle souligne que les pays en question doivent assumer les coûts liés à la mise en place de structures d’accueil sans pour autant bénéficier de la présence d’une nouvelle main d’œuvre. Selon une étude réalisée en 2014 par l’University College of London, les migrants européens ont contribué à hauteur de plus de 20 milliards de livres aux finances publiques britanniques entre 2001 et 2011. (Une étude un peu plus sérieuse que celle de la commission européenne ou de la BERD dont les productions relèvent davantage de la scientologie que d’une approche économique).

« Dernière chance » pour Hollande (CGPME)

« Dernière chance » pour François Hollande  (CGPME)

Dans une interview accordée jeudi à Reuters, Jean-François Roubaud estime que le président français, qu’il accompagnait récemment en Turquie, a deux mois pour démontrer sa volonté de passer à l’acte malgré les freins dans sa majorité. Le président de la CGPME raconte lui avoir dit que son offre de baisse de charges et d’impôts contre des investissements et des embauches a suscité chez les chefs d’entreprises une « attente forte » et même, chez certains, un « vent d’optimisme ». « Mais il faut tenir les engagements, maintenant. Donc on a besoin tout de suite de mesures pour montrer qu’il y a une vraie volonté », explique-t-il. « Pour nous, c’est la dernière chance. C’est pour ça qu’on dit ‘chiche, on est derrière vous et on est prêt à vous aider. Mais il faut aller’. » « Ce serait dramatique si on ne réalisait pas les espérances qu’il a fait naître chez les chefs d’entreprises », ajoute-t-il. « Si dans deux mois les mesures ne sont pas prises, ça va être catastrophique (…) Les chefs d’entreprises vont se dire ‘c’est fini, là, on n’y croit plus du tout’. » Selon le président de la CGPME, qui revendique 550.000 entreprises adhérentes, le chef de l’Etat « est d’accord ». « Il est très conscient de la situation et d’avoir besoin des entreprises. Le problème est qu’il n’a pas les mains libres. Il ne peut pas s’appuyer sur une majorité qui dise ‘allez-y’. » « Est-ce qu’il est capable politiquement de dire ‘tant pis, je passe outre, je légifère par ordonnances ? » demande Jean-François Roubaud. « On va le savoir vite. »




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