Archive pour le Tag 'CFDT'

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SNCF : le conflit va durer (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : le conflit va durer (Laurent Berger, CFDT)

Contrairement à Air France (la CFDT recommande la reprise du travail), Laurent berger adopte une  ligne dure sur la SNCF. En cause, le fait qu’il ne constate aucune réelle ouverture de négociation. Cependant il a ouvert la porte sur les objectifs qui pourraient faire l’objet d’un compromis à savoir la dette, le financement des investissements et les garanties de la convection collective remplaçant le statut des cheminots. De fait le taux moyen des grévistes diminue mais la mobilisation reste pratiquement intacte chez les conducteurs avec toujours autour de 60% de grévistes, ce qui compte tenu des situations de repos et congés représente environ 80%. La grève tient donc même si le soutien populaire s’affaisse légèrement. Berger critique evidemmenet l’absence de négociation mais tout autant la volonté du gouvernemenet d’humilier les cheminots. “L’issue du conflit, c’est d’abord les trains qui circulent normalement mais c’est aussi que les cheminots ne se sentent pas humiliés”, a-t-il ajouté. Il a critiqué ceux qui avaient “fait croire” que les cheminots étaient “ultra-privilégiés” alors que “la moitié d’entre eux sont payés 1,3 fois le smic». Edouard Philippe a proposé mardi aux syndicats de la SNCF menant le mouvement de grève – CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT – de les rencontrer le 7 mai, un rendez-vous qu’ils réclamaient, excédés par la tournure de la concertation avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Pour la CFDT, ce rendez-vous est “extrêmement important” car le gouvernement doit y préciser quel “financement (…) du système ferroviaire il propose”, que ce soit la reprise de la dette – 47 milliards d’euros pour la seule SNCF – ou encore des investissements. Le syndicat attend également des garanties dans la future convention collective remplaçant le statut des cheminots. Près de six Français sur dix (59%) jugent que la grève des cheminots n’est pas justifiée et 62% d’entre eux souhaitent que le gouvernement aille jusqu’au bout dans ce dossier, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

Air France: La CFDT condamne les corpos du syndicat des pilotes

Air France: La CFDT condamne les corpos du syndicat des pilotes

Il est clair que le courant n’a jamais vraiment passé entre la CFDT et le SNPL, syndicat majoritaire chez les pilotes. Mais dans le conflit actuel la CFDT dénonce clairement l’attitude corporatiste  des pilotes de lignes qui mènent  leur entreprise dans le mur avec leurs revendications excessives. La CFDT a d’ailleurs refusé de s’inscrire dans ce conflit dirigé en fait par et pour les pilotes. La CFDT appelle donc à voter pour la reprise du travail considérant que l’action en cours est complètement irresponsable. Certes les pilotes ont raison de parler de retard par rapport à l’inflation mais ils oublient qu’ils sont parmi les mieux payés au monde et qu’Air France est sérieusement bousculée par la concurrence. – Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a  donc appelé dimanche ses membres à voter pour la fin du conflit chez Air France et dénoncé une “prise en otage” de la compagnie par le syndicat de pilotes majoritaire menant le mouvement. “On a un syndicat majoritaire de pilotes qui s’appelle le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne, NDLR), qui prend tout le monde en otage”, a déclaré Laurent Berger au Grand Rendez-vous Europe 1-Les Echos-CNews. “Et ça va se passer comment à la fin, si on suit le SNPL? (…) les pilotes, on va leur donner de quoi s’en sortir et puis le personnel au sol, il trinquera. On aura des suppressions d’effectifs,

Non à l’écrasement des conflits (L.Berger, CFDT)

Non à l’écrasement des conflits  (L.Berger, CFDT)

 

 

Laurent Berger ne se caractérise pas par une radicalité irresponsable ;  le patron du syndicat réformiste (majoritaire désormais dans le privé) met cependant en garde le gouvernement sur sa volonté d’écraser les conflits et les organisations syndicales avec. De quoi précisément nourrir à l’avenir la détérioration du climat social et la radicalité. Le secrétaire général de la CFDT a accusé vendredi le gouvernement de pousser les syndicats à la radicalisation pour obtenir une “victoire à la Pyrrhus”, ce qui serait “très mauvais pour le climat social”. “On a l’impression que le gouvernement veut du bloc contre bloc”, a déclaré Laurent Berger sur France 2. “On peut se demander si ça ne l’intéresse pas, finalement, d’avoir de la radicalité en face de lui, comme ça, il y aura un gagnant à la fin”. Les syndicats représentatifs de la SNCF ont annoncé jeudi qu’ils suspendaient d’un commun accord les concertations avec la ministre des Transports et ont demandé à être reçus à Matignon, après une série d’annonces récentes pour lesquelles ils n’auraient pas été prévenus.“Il y a à la fois un peu d’ouverture à certains moments et, hop, on referme, comme s’il fallait mettre à terre (…) C’est de l’irrespect des interlocuteurs”, a ajouté Laurent Berger, qui avait salué la semaine dernière des “avancées” au sujet de la concurrence. “Les victoires à la Pyrrhus de ce type-là, c’est très mauvais pour le climat social dans les mois et les années à venir (…) Je ne suis pas pour la convergence des luttes, mais je ne suis pas non plus pour l’écrasement des conflits.”“Je suis pour qu’enfin ce gouvernement comprenne qu’il y a de la démocratie sociale à faire vivre dans ce pays et qu’il s’engage vraiment à écouter les organisations syndicales”.

Industrie 4.0 : Pour une culture de la compétence et pas seulement du diplôme (Marylise Léon, CFDT)

Industrie 4.0 : Pour une culture de la compétence et pas seulement du diplôme (Marylise Léon, CFDT)

Dans un intreview de la Tribune, Marylise Léon, secrétaire nationale de la CDFT insiste sur la prise en compte de la compétence pour faciliter la révolution 4.0 dans l’industrie.

 

 L’industrie 4.0 va-t-elle susciter de nouveaux métiers ?

MARYLISE LÉON - En fait, très peu. Le cœur de la transformation de l’industrie, c’est de modifier les métiers existants principalement avec le numérique. Ce phénomène n’est pas nouveau. Ce qui change, c’est l’accélération et l’ampleur de cette transformation. Toutes les industries sont concernées par cette évolution.

Les opérateurs de production devront-ils être ingénieurs ?

On ne va pas leur demander un diplôme d’ingénieur mais les opérateurs développent des compétences individuelles qu’il va bien falloir reconnaître. C’est une révolution pour les DRH : fini l’homme standard. Les DRH vont devoir travailler pour mieux connaître les individus afin de mieux cerner leurs compétences, faciliter leur évolution de carrière et la mobilité interne. En fait, les DRH ont la culture du diplôme – même reconnu par la validation des acquis de l’expérience (VAE) – mais pas celle de la compétence.

Est-ce un thème important pour la CFDT ?

Oui car cette évolution est très anxiogène. Nous avons besoin de savoir de quoi ont besoin les salariés pour être sécurisés dans cette transformation du 4.0. Il y a un énorme besoin de formation mais il n’existe pas de catalogue de compétences tout fait. Chaque entreprise doit le trouver elle-même. Un opérateur dont les tâches sont enrichies par le numérique va donc devoir réfléchir à l’organisation de son travail, consulter des rapports d’analyse pour prendre des décisions ou faire des propositions d’amélioration en termes de prévention des pannes ou des accidents… Avec cette évolution, l’innovation sera de plus en plus attendue. Chacun va y contribuer à son niveau. C’est passionnant mais cela ne s’improvise pas !

Comment faire ?

J’ai une recette miracle ! Souvent, les entreprises se trompent lorsque leur approche de cette transformation est purement technique. Car, en fait, le vrai levier est organisationnel. D’ailleurs, souvent, lorsque les patrons de PME s’adressent à des cabinets de conseil en innovation, ils repartent avec un schéma d’organisation de l’entreprise ! Il faut alors penser à l’environnement global de l’entreprise : son fonctionnement interne, ses relations avec les fournisseurs et les clients. Elle est là, la recette miracle ! C’est ce que nous essayons de mettre en place dans le cadre des filières du Conseil national de l’industrie (CNI) au niveau de la section thématique Emploi et compétences.

Que pensez-vous du projet de réforme de la formation professionnelle de Muriel Pénicaud ?

L’idée de l’approche par compétences, c’est intéressant. Rappelons que nous sommes signataires de l’Accord national interprofessionnel (ANI) du 22 février dernier qui a été conclu. Pour l’instant, on ne voit pas comment le gouvernement va reprendre cet accord pour en faire une proposition de loi. Nous sommes favorables à l’idée de renforcer la formation des personnes les plus fragiles, de donner des moyens à un salarié qui a un projet de reconversion. En revanche, nous ne voulons pas du principe de transformer le compte formation de 50 heures en une somme de 500 euros.

La grosse erreur de Macron vis-à-vis de la CFDT

La grosse erreur de Macron vis-à-vis de la CFDT

 

D’une certaine manière Macron aura réussi l’exploit de refaire l’union syndicales entre les radicaux et les réformistes. Depuis de nombreuses années, les syndicats corpos et radicaux ignoraient les syndicats réformistes. Pratiquement aucune position commune sur les grandes revendications nationales et aucun mouvement en commun. La guerre en particulier entre la CGT et la CFDT interdisait tout rapprochement. Or du fait de certaines mesures  très mal calibrées (fiscalité du début d’année, CSG retraité, de décisions  un peu à la va vite (justice, prison, agriculture, fonctionnaires et bien sûr SNCF), Macron et son gouvernemenet ont réussi à recréer un front syndical commun ; le président de la république a surtout montré son dédain de la concertation et ignoré notamment la CFDT syndicat qui en matière dévolution structurelle s’est toujours montré ouvert et très constructif.  Sur les ASSEDIC, le code du travail ou la formation permanente Macron a également négligé les observations des syndicats réformistes (aujourd’hui pourtant majoritaires dans le pays°, la CFDT étant le premier syndicat dans la privé).  D’où la colère de Laurent Berger qui n’admet pas qu’on marche sur le ventre des organisations. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a  donc défendu une journée de mobilisation en forme d’alerte et appelé le gouvernement à accélérer le dialogue sur les réformes de la fonction publique et de la SNCF. “Soit ils écoutent et ce sera un coup de semonce et il n’y aura pas de suite, soit ils n’écoutent pas et là, je vous le dis, les fonctionnaires, y compris les militants de la CFDT des fonctions publiques, seront extrêmement mobilisés”, a-t-il dit sur RTL, évoquant les rencontres des syndicats avec Olivier Dussopt. “Il reste dix jours pour discuter et montrer que les réunions et les concertations sont utiles pour les cheminots”, a-t-il ajouté à l’intention de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, qui mène ces consultations.

Manif 22 mars : avec la CFDT et les cheminots

Manif  22 mars : avec la CFDT et les cheminots  

 

La journée nationale de grève de la fonction publique recevra le soutien de la confédération CFDT mais aussi des cheminots. Du cou, p la participation pourraiat être assez importante.  La CFDT Cheminots a décidé mardi de participer le 22 mars à la manifestation nationale organisée à Paris par la CGT Cheminots pour protester contre le projet gouvernemental de réforme de la SNCF et à laquelle participeront aussi l’Unsa, SUD-Rail et FO. Certains syndicats cheminots dont la CFDT n’était pas trop partisans de l’amalgame avec la fonction publique et inversement des fonctionnaires craignaient de voir leur manif écrasée par l’affaire de la SNCF. Cependant en l’état du rapport de force, il est apparu souhaitable de ne pas disperser les forces syndicales déjà affaiblies par Macron qui passe outre leur consultation. C’est à partir du 22 mars que pourrait être engagée une grève reconductible à la SNCF.   Le 22 mars  les fonctionnaires manifesteront également à Paris pour défendre leurs propres revendications (pouvoir d’achat, statut, recours aux contractuels) dans le cadre d’une journée nationale de grève et de mobilisation de la fonction publique.  Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF, CGT (1er syndicat), Unsa (2e), SUD-Rail (3e) et CFDT (4e), doivent décider le 15 mars si elles lancent un appel à la grève nationale reconductible. S’il était décidé, un tel mouvement ne débuterait qu’après le 22 mars, avait précisé la CGT la semaine dernière. La CFDT, elle, souhaitait au départ une grève dès le 12 mars.

Les syndicats prendront leur décision au vu du résultat des premiers jours de la concertation lancée le 1er mars par le gouvernement et du contenu du projet de loi d’habilitation des ordonnances que ce dernier devrait présenter le 14 mars.

Jacques Chérèque, un des acteurs essentiels du recentrage de la CFDT

Jacques Chérèque, un des acteurs essentiels  du recentrage de la CFDT

Officiellement on retiendra de Jacques Chérèque (le père de François, ancien secrétaire général de la CFDT) qu’il fut secrétaire de la fédération de la métallurgie, qu’il a aussi été ministre et qu’il contribué à la reconversion de la sidérurgie de Lorraine. Cependant ce n’est peut-être pas ce qui est à mettre le plus crédit car Jacques Chérèque ;  c’est surtout celui qui a contribué à opérer le recentrage de la CFDT c’est-à-dire une organisation de masse à vocation majoritaire dépolitisée. Une stratégie qui a payé puisque la CFDT est devenue le premier syndicat de France. Logiquement Jacques Chérèque était programmé pour succéder au charismatique Edmond Maire, il en fut empêché précisément car trop marqué par sa vision réformiste. Les gauchistes et autres crypto marxistes à l’époque avaient un pouvoir de nuisance important dans l’organisation, par la suite ils sont partis notamment vers Sud. Jacques Chérèque était aussi partisan par exemple d’une réduction du temps de travail mais non compensé financièrement, c’est-à-dire un vrai partage du travail. C’est grâce à des hommes comme Jacques Chérèque que l’organisation a su se débarrasser de ce virus gauchiste et utopiste pour se consacrer totalement à la défense des travailleurs mais à la différence d’autres syndicats avec la volonté d’aboutir. Il aura fallu presque 40 ans pour que la CFDT recueille les fruits de son changement de stratégie en devenant la principale force syndicale du pays. Le syndicaliste Jacques Chérèque, figure de la CFDT qui fut également ministre chargé de l‘Aménagement du territoire et des Reconversions sous François Mitterrand, est mort à l’âge de 89 ans, a annoncé dimanche le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. “Jacques Chérèque, un homme remarquable et un syndicaliste authentique nous a quittés, la CFDT est une nouvelle fois en deuil en 2017”, écrit le leader syndical sur son compte Twitter. Le fils de Jacques Chérèque et ancien numéro un du syndicat, François Chérèque, est mort en tout début d‘année. “Je rends hommage à Jacques, à son engagement toute sa vie pour une société plus juste. Pensées et condoléances pour sa famille et ses proches”, ajoute-t-il. Dans un communiqué distinct, la CFDT salue un “grand militant qui a eu le cran de comprendre que l‘avenir de la région Lorraine pouvait passer par une fermeture d‘usine, à condition que l‘on sache anticiper, reconvertir et bien sûr se battre, parfois dans l‘adversité syndicale totale, même violente”. “C‘est un grand monsieur qui s‘est éteint, porteur d‘une vision d‘avenir, profondément attaché à la personne humaine, animé en permanence par la quête de sens, avec le souci de traduire ses valeurs en actes”, ajoute le syndicat.

Berger (CFDT) à Mélenchon : «pas de leçon ! »

Berger (CFDT) à Mélenchon : «pas de leçon ! »

 

En bon communiste Mélenchon considère les syndicats comme la courroie de transmission du politique mais en bon démocrate, Laurent Berger entend préserver l’indépendance syndicale. Dans une interview au Parisien le 24 novembre, le leader de la France insoumise affirmait que le manque de mobilisation dans la rue contre les ordonnances réformant le Code du Travail était, pour partie, la faute de la « division syndicale ». Alors qu’en réalité la division était surtout de nature politique surtout du fait de Mélenchon qui voulait instrumentaliser les syndicats pour obtenir le brevet de premier opposant à Macron. E de toute manière m^me avec l’union des forces politiques de gauche pas sûr que les français seraient descendus en masse sur l’objectif sous tendu de faire de Mélenchon l’opposant numéro un à Macron. La ficelle était en effet un peu trop grosse. Du coup hier Berger le patron de la CFFDT s’est lâché / « Je ne me mêle pas de politique, alors que M. Mélenchon ne se mêle pas de syndicat. Je ne vois pas en quoi il pourrait s’autoproclamer porte-parole des travailleurs. Pas plus lui que n’importe lequel. » « Au bout d’un moment, il faut stopper. Qu’il ne nous donne pas de leçon. En tout cas, ça n’aura pas beaucoup d’effets », enfonce le responsable syndical. Par ailleurs les  propos tenus sur le Venezuela par l’équipe de Jean-Luc Mélenchon n’ont pas échappé au numéro un de la CFDT, qui a exprimé sa colère lors d’une interview donnée sur France Inter, mettant au passage en garde contre les idées que portent le candidat de La France insoumise avec qui il a indiqué ne partager « quasiment aucune » position. Laurent Bergé avait par ailleurs indiqué qu’il ne partageait pas grand-chose avec Mélenchon. Il avait notamment indiqué  « J’ai été choqué qu’il y ait une forme de révérence chez Mélenchon  qui soit faite à ce qui se passe au Venezuela », a déclaré le syndicaliste, dont la centrale soutient un « syndicat libre vénézuélien ». Ajoutant : « Aujourd’hui, on a un pouvoir qui, depuis Chavez, a saigné le pays » et « une population extrêmement pauvre qui vit sous un régime totalitaire ». « Il y a aussi un risque en termes d’une vision assez totalitaire », a-t-il ajouté, Se défendant de toute  »comparaison hâtive », il avait  pointé le «risque d’une vision assez brutale des rapports humains, des rapports sociaux et des rapports politiques que porte parfois Jean-Luc Mélenchon ». Laurent Berger a aussi déploré « les comportements et les attaques » contre son syndicat « de la part de gens qui sont autour de Jean-Luc Mélenchon »« Parfois, a-t-il ajouté, il y a des discours qui donnent à penser qu’il y aurait des ennemis, ceux qui ne penseraient pas comme lui. C’est dangereux. »

Réforme sociale : la CFDT ne veut plus être piégée

Réforme sociale : la CFDT ne veut plus être piégée

D’une certaine manière en réclamant une nouvelle méthode de concertation pour la deuxième phase des réformes sociales, la CFDT ne veut plus être prise au piège. Sur le code du travail,  l’organisation réformiste avait obtenu un certain nombre de concessions de la part du gouvernement mais globalement avait considéré que ses orientations n’avaient pas été suffisamment prises en compte notamment concernant la représentation des salariés. La CFDT avait notamment regretté que le gouvernement  refuse de s’engager dans la voie d’une cogestion à l’allemande. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a demandé ce vendredi à Emmanuel Macron l’organisation d’une multilatérale, entre l’État et les partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance chômage à l’issue d’une tête à tête à l’Élysée. La CFDT réclame de pouvoir élaborer une analyse partagée de la situation de l’Unedic considérant que des reproches faits par le gouvernement à cet organisme sont injustes. En clair la CFDT veut favoriser dès le départ un rapport de force intersyndicale s’opposait aux velléités du gouvernement d’évincer en grande partie les syndicats de la gestion de l’assurance chômage. Pour résumer la CFDT durcit sa position sur ce sujet.  « Sur l’assurance chômage, j’ai souhaité qu’on démarre non pas par des bilatérales, mais par une multilatérale », a-t-il ainsi déclaré, après une heure d’entretien avec le président de la République. Il pense que ses « arguments ont pesé » et qu’il a été « entendu » par Emmanuel Macron au sujet de cette multilatérale, qui permettrait d’avoir « un diagnostic partagé » sur la situation. « Les partenaires sociaux ont fait preuve, par le passé, de responsabilité dans la gestion de l’assurance chômage », a-t-il ajouté. « Nous n’avons pas démérité sur l’assurance chômage. Une partie du déficit s’explique parce qu’il y a un haut niveau de chômage. Il est aussi lié au fait que l’Unedic (qui gère l’assurance chômage, NDLR) participe au financement de Pôle emploi et d’autres politiques publiques », a rappelé le leader syndical. La réforme de l’assurance chômage doit être étendue aux indépendants et aux démissionnaires, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron. Les syndicats craignent que l’arrivée de ces nouveaux bénéficiaires n’entraîne une baisse des allocations pour l’ensemble des chômeurs. « J’ai posé la question. Le président de la République a été extrêmement clair en disant qu’il ne voulait pas des réductions des droits. Je serai satisfait lorsque j’aurai vu que c’est exactement le cas », a souligné Laurent Berger.

Manifestation du 12 : »un vice d’entrée »(CFDT)

Manifestation du 12 : »un vice d’entrée »(CFDT)

 

 

La manifestation était viciée d’entrée pour le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, du fait que la CGT en a décidé seule le principe et ne s’est pas impliquée dans les processus de concertation préparant la réforme du Code du travail.  On retrouve à travers cette position de la CFDT le clivage classique entre le mouvement syndical réformiste et le mouvement syndical protestataire par principe. Deux conceptions qui s’affrontent depuis des décennies. D’un côté le bloc des contestataires qui refusent toute perspective d’amélioration du système, de l’autre ceux qui pensent qu’on peut obtenir des progrès sociaux à l’intérieur de ce système. En fait, la traditionnelle posture à anarcho  révolutionnaire contre  la vision réformiste ; Les manifestations lancées à l‘appel de la CGT ont réuni mardi 223.000 personnes à travers la France, selon le ministère de l‘Intérieur et 500.000 selon la CGT. Les directions de la CFDT, de FO, de la CFE-CGC et de la CFTC n‘ont pas souhaité se joindre au mouvement, expliquant qu‘elles préféraient garder leurs forces en vue des prochaines concertations sur la formation professionnelle et l‘assurance chômage. “Cette manifestation, elle avait un vice d‘entrée, c‘est qu‘elle était décidée par une seule organisation syndicale et qu‘en plus, cette organisation syndicale avait décidé de ne pas s‘investir dans les concertations”, a dit Laurent Berger sur BFMTV. Il estime que la CGT “a laissé faire” aux autres centrales “le boulot de contrer des propositions qui n’étaient pas acceptables”, comme d’éviter que le seuil de déclenchement des plans sociaux ne passe de 10 à 30 salariés ou encore que les délais de recours aux prud‘hommes ne soient réduits à six mois. “Nous, on n‘a pas appelé à la manifestation le 12 juin. On a pesé tout l’été”, a poursuivi le numéro un de la CFDT. Il assure que les syndicats peuvent encore peser, notamment sur le contenu des décrets qui doivent déterminer les moyens accordés aux nouvelles instances représentatives du personnel. Ces décrets devraient être adoptés avant la fin de l‘année, selon le ministère du Travail.

 » Fainéant » : le mot de trop (Berger, CFDT)

 » Fainéant » : le mot de trop (Berger, CFDT)

 

Fainéant le mot de trop aussi pour Laurent Berger, leader pourtant modéré de la CFDT. Laurent berger n’apprécie surtout pas qu’on stigmatise  publiquement certaines catégories et qu’on gère des problématiques de réforme de manière caricaturale en priorité dans les médias. Laurent berger fait en particulier référence à la volonté du chef de l’État de remettre en cause certain régimes spéciaux notamment de retraite de a SNCF (et d’autres secteurs). Il reconnaît volontiers que la situation de la SNCF mérite une réforme mais regrette qu’on installe cette problématique par des voies médiatiques de manière simpliste voire provocante. « Qu’il y ait nécessité de discuter de la situation de la SNCF oui (…), mais pas à coup de communication », a estimé Laurent Berger. « J’en ai un peu assez (….) que les questions fondamentales pour les salariés, fondamentales pour les citoyens se passent à coup de slogans ou à coup d’arguments un peu réducteurs », a-t-il conclu. Dans un entretien avec des agents SNCF, publié dans la revue interne du groupe, Emmanuel Macron défend un projet de transformation profonde de la SNCF passant par une suppression rapide des régimes spéciaux de retraite. En échange, il propose que l’Etat reprenne la dette de la SNCF et accentue les investissements publics vers l’entretien des lignes. La SNCF ploie sous une dette de 44,9 milliards d’euros pour SNCF Réseau et 7,9 milliards pour SNCF Mobilités. Laurent berger répondant à Emmanuel Macon qui avait déclaré   »Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes », a lancé le chef de l’Etat ». Un chef de l’État qui hypothéqué déjà sur l’échec probable de la mobilisation tant de la CGT le 12 que de Mélenchon le 23. Mais pour désamorcer un peu cette sortie un peu provocatrice de macro, l’entourage du chef de l’Etat a expliqué qu’il visait « tous les conservatismes qui ont empêché la France de se réformer ». Laurent Berger a pour sa part répondu que la CFDT, tout en refusant de se joindre à la journée de mobilisation organisée mardi prochain par la CGT, garderait pour sa « liberté de ton » et « sa liberté d’action ». « Nous ne nous ferons instrumentaliser ni par ceux qui voudraient faire de nous des alliés faciles ni par ceux qui voudraient instrumentaliser le monde du travail à des fins politiques », a ajouté le dirigeant de la CFDT, une double critique d’une part en direction de Mélenchon qui veut détourner le mécontentement social à des fins politiques, d’autre part en direction du gouvernement en recherche d’alliés syndicaux dociles pour équilibrer la contestation de la CGT.  

Code du Travail : le risque de chienlit» (CFDT)

Code du Travail : le risque de chienlit» (CFDT)

« Concentrer le pouvoir  ne serait pas sans risques et sans difficultés tant les fractures sociales et territoriales sont réelles», décaler Laurent Berger le secrétaire de la CFDT. Tout en ajoutant: «les risques de manifestations et de violences sont importants tant la société vit sous tension». Laurent Berger fait évidemment allusion aux menaces de constitution d’un front social soutenu par les syndicats gauchistes et corporatistes. De ce point de vue le risque est réel non pas une mobilisation massive mais de l’installation d’une sorte de chienlit qui pourrait pourrir le climat de confiance qui semble émerger chez les acteurs économiques. Les syndicats craignent surtout l’inversion des normes et le référendum d’entreprise qui pourraient marginaliser leur rôle. Si la démocratie d’entreprise devait prendre le pas sur la démocratie syndicale ce pourrait être effectivement la mort ou en tout cas le très grand affaiblissement des organisations classiques. Il y a aussi le risque que des patrons en profitent pour installer des syndicats maison surtout dans les entreprises moyennes. . Le chef de l’État, ainsi que son premier ministre Edouard Philippe et la ministre du Travail ont déjà rencontré tour à tour tous les représentants syndicaux et patronaux. De nombreuses réunions sont encore prévues tout au long de l’été avant une réforme par ordonnances. «Jusqu’à fin septembre nous avons six rendez-vous avec le ministère du Travail» précise Laurent Berger, qui assure que le calendrier n’est «pas un facteur de blocage». Toujours est-il qu’une large victoire de la République en Marche à l’Assemblée permettrait au chef de l’État d’appliquer clairement sa politique, à commencer par les ordonnances controversées sur la réforme du Code du travail. Le numéro un de la CFDT a d’ailleurs répété les principales lignes jaunes, qui selon lui, ne doivent pas être franchies sur la réforme du Code du Travail. À savoir: le «référendum d’entreprise à l’usage de l’employeur en cas d’absence d’accord avec les organisations syndicales» ou encore le «plafonnement des dommages et intérêts versés aux prud’hommes». Sur ce second point, les syndicats considèrent que cela équivaut à une autorisation de licencier sans motif. «Attention aux fausses solutions!» avertit Laurent Berger. «Contrairement à ce que disent certains, ce n’est pas plié», veut croire le leader syndical. «Ne sifflons pas la fin du match avant qu’il ne soit joué!».

Berger (CFDT) dénonce le syndicalisme ringard

Berger (CFDT) dénonce le syndicalisme ringard

 

 

Le secrétaire général de la CFDT a bien raison de dénoncer ce syndicalisme systématique d’opposition des organisations gauchistes et corporatistes d’une autre époque. Laurent Berger dénonce par avance ceux  qui tente d’organiser un troisième tour social après la défaite des gauchistes aux présidentielles et législatives. Un phénomène bien connu et utilisé à peu près à chaque élection politique par l’extrême gauche qui fonde son  approche sur une idéologie crypto marxiste voir communiste complètement obsolète. Bref qui soutient la lutte des classes entre les salariés et les patrons pour masquer le corporatisme qui tue la compétitivité et l’emploi tout en accentuant la misère. L’affrontement stérile entre patronat et syndicats est pourtant « dépassé » et « ringard », a déclaré mardi à Reuters le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, face aux mouvements de mobilisation qui s’organisent contre le projet de réforme du Code du travail. « Le syndicalisme divisé qui se cantonnerait à organiser des manifestations pour faire croire qu’il est d’accord contre quelque chose mais jamais pour quelque chose, je pense qu’il faut que ça s’arrête », a dit Laurent Berger dans une interview. « Il faut se mobiliser pour des idées », a-t-il poursuivi. « L’affrontement stérile entre d’un côté les syndicats et de l’autre le patronat où la seule issue c’est de se taper dessus, c’est ringard et dépassé. » La CGT a appelé mardi ses adhérents à se déployer dans les entreprises pour « débattre avec les salariés », « élaborer leurs cahiers revendicatifs », et « faire de la troisième semaine du mois du juin des temps forts d’initiatives et de mobilisations ». Elle a surtout mis en garde dans un communiqué contre la forte majorité dont devrait disposer Emmanuel Macron à l’Assemblée nationale dimanche prochain, ce qui lui permettrait de lancer le processus des ordonnances sans opposition. D’autres mouvements ont commencé à se former ces dernières semaines. Le syndicat Solidaires a tenu jeudi dernier des rencontres avec la CGT, la FSU, le syndicat étudiant UNEF et le syndicat lycéen UNL pour envisager de possibles mobilisations. Des manifestations sont aussi prévues le 19 juin prochain à l’initiative du Front Social, qui regroupe des syndicalistes qui refusent tout compromis sur le droit du travail. Pour Laurent Berger, il est temps de faire valoir un syndicalisme plus moderne. « On a trop souvent pensé en France que la palette du syndicalisme, c’était manifestations, grèves, mobilisations », a-t-il dit. « Ça existe, et on les utilise quand c’est nécessaire, mais il y a aussi propositions, négociations, engagements, contre-propositions. » Laurent Berger dit aussi attendre avec impatience la tenue des consultations sur la sécurisation des parcours professionnels, en septembre prochain. « Il faut à la fois de la performance économique, personne ne remet ça en cause, mais on veut que notre modèle social continue de se baser sur de la solidarité et de la mutualisation. »

Code du travail: attendre début octobre (CFDT)

Code du travail: attendre début octobre (CFDT)

 

 

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a demandé dimanche au gouvernement d’attendre « fin septembre-début octobre » pour réformer le code du travail par ordonnances, « le temps de la concertation nécessaire ». Souhaitant aller vite, l’Elysée a précisé cette semaine vouloir une ratification des ordonnances « d’ici la fin de l’été », soit avant le 21 septembre. « Il ne faut pas passer des ordonnances en août (…) on peut être rapide sans être précipité », a déclaré Laurent Berger, invité du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro. « Il faut aller vers fin septembre-début octobre pour qu’on ait le temps de discuter du fond des sujets » et notamment « ce qui doit être traité » dans le code du travail, la branche ou l’entreprise, a-t-il ajouté. Sur cette question, la CFDT estime que « le code du travail doit garantir un socle important de droits », auxquels aucun accord de branche ou d’entreprise ne peut déroger, parmi lesquels « le salaire minimum » et « la sécurité au travail ». Ensuite, les branches professionnelles doivent déterminer les « classifications, les déroulements de carrière », a-t-il ajouté en estimant que « l’organisation du travail, la responsabilité sociale, les conditions de travail » devaient se négocier au niveau de l’entreprise. Mais « cette négociation doit être menée avec des représentants des organisations syndicales ». « Un référendum sans être passé par un accord, non », a-t-il prévenu alors qu’Emmanuel Macron a promis, pendant sa campagne, le référendum d’entreprise à l’initiative de l’employeur. Le numéro un de la CFDT, qui sera reçu lundi par le Premier ministre, entend à cette occasion « lui apporter un gros dossier avec un tas de propositions » sur « tous les sujets y compris la question européenne, la protection sociale, l’outre-mer ». Il a cité la création d’une « assurance chômage européenne ». La CFDT viendra aussi avec des « contrepropositions » sur les projets auxquels le syndicat est hostile, comme la barémisation des indemnités prud’homales pour licenciements abusifs. L’objectif est que « si des projets devaient se mettre en place, ce soit le moins difficile possible pour les travailleurs sur ces sujets là », a expliqué M. Berger.

« Pour la performance économique, il faut de la performance sociale »(CFDT)…..et réciproquement !

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A juste titre que la CFDT considère qu’il faut de la performance sociale pour atteindre la performance économique mais la CFDT devrait aussi insister sur la réciprocité à savoir qu’il n’y aurait y avoir de progrès social sans progrès économique. D’une certaine manière, c’est la grande maladie française qui consiste à traiter séparément les problématiques sociales et économiques. À cet égard on peut se réjouir que la nouvelle ministre du travail, ancienne DRH, ait proposé ce dialogue à la fois social et économique avec les partenaires sociaux. Le travail de compréhension et d’appropriation de la problématique économique est immense car les Français manifestent une sous-culture dans ce domaine. Une étude d’Allianz montrait que la France occupe la dernière place sur 19 pays européens étudiés dans ce domaine de connaissance. Pour être clair, la plupart des Français ne comprenne rien à l’économie ce qui explique largement la montée du gauchisme et des extrémistes qui peuvent caricaturer les enjeux économiques au service de leur idéologie. L’urgence est donc d’engager un vaste débat et pas seulement au niveau national pour permettre au plus grand nombre de comprendre la nature, l’ampleur et le rythme des mutations en cours ;  faute de cela la France retombera dans ses vieux travers à savoir le gauchisme, le corporatisme et l’étatisme  qui plombent le progrès social et le progrès économique.  Pour Laurent Berger, plusieurs points sont indispensables, « il faut qu’on aille vers une forme de codétermination à la française. Il faut plus de poids pour que les salariés puissent s’exprimer dans l’entreprise, aient des espaces de parole par le biais de leurs représentants mais aussi en propre ». Ensuite, pour Laurent Berger, « ce qui se joue c’est une articulation intelligente entre un code du travail – un socle de droits important – des négociations de branches et de la liberté de négociations dans les entreprises ». Et sur ce dernier point, il précise: « À la seule condition que le fait syndical soit reconnu plus fortement qu’aujourd’hui ».

Code du travail : « pas de réforme hâtive »(CFDT)

Code du travail : « pas de réforme hâtive »(CFDT)

 

 

Laurent Berger le patron de la CFDT met en garde le gouvernement sur le caractère trop hâtif d’une réforme du code de travail. Il a sans doute à la fois tort et raison. Il a raison car la concertation approfondie avec les partenaires sociaux (patrons et salariés) est un préalable pour obtenir un minimum d’adhésion à la réforme. Par contre, il a sans doute tort d’estimer qu’un allongement de la procédure de réforme serait susceptible de réduire l’opposition de certains syndicats. De toute façon décidée rapidement ou pas la réforme du code du travail rencontrera une totale opposition de la part des syndicats gauchistes et corpos. Lesquels souhaitent surtout préparer une vaste mobilisation sociale pour la rentrée. Le positionnement de la CFDT est sans doute aussi tactique afin d’obtenir des modifications du projet notamment sur deux points : à savoir l’indemnisation par les prud’hommes et les conditions punitives de l’assurance-chômage Fraîchement nommé Premier ministre, Edouard Philippe a affirmé son intention d’appliquer le programme du président Macron, notamment en ce qui concerne la réforme du droit du travail par ordonnance. « La volonté du président de la République, elle est clairement affirmée et moi, mon objectif, c’est de faire en sorte que les objectifs qu’il a fixés soient atteints », a déclaré sur TF1 le nouveau chef du gouvernement. Des objectifs que ne partage pas le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Dans une interview aux Echos ce mardi, le leader de la première centrale syndicale du privé ne s’est pas montré opposé à l’usage des ordonnances; « ça, c’est une question qui concerne l’exécutif et le parlement »; mais sur le tempo de la réforme. « Une réforme hâtive du code du travail serait contre-productive. Il faut regarder sujet par sujet ce qui relève de la négociation d’entreprise. Le temps de la concertation est indispensable. Si Emmanuel Macron veut passer à la hussarde, ça ne marchera pas. Il se trompe s’il croit que légiférer par ordonnance dès la rentrée lui permettra d’éviter un conflit social. » la CFDT plaide pour que les patrons français « s’inspirent » aussi du modèle de dialogue social qui s’y applique, notamment sur la cogestion dans l’entreprise. « Emmanuel Macron a évoqué ce sujet pendant la campagne, il est pour nous essentiel », insiste Laurent Berger.

Prud’hommes : la CFDT première place

Prud’hommes : la CFDT  première place 

A compter de l’an prochain, un conseiller prud’homal salariés sur trois sera estampillé CFDT, contre un sur quatre actuellement. La centrale va gagner quelque 550 postes et atteindre un total de 2.348. La CGT, elle, va en perdre 800 et n’en comptera plus que 2.046. Force ouvrière restera stable, avec un millier de conseillers. Dit autrement, la CFDT a aujourd’hui 1.000 conseillers de moins que la CGT, elle en aura 350 de plus qu’elle demain. Ce changement de leadership syndical est bien sûr la conséquence de la perte d’audience de la CGT aux élections professionnelles dans le privé constatée en mars dernier. Mais pas seulement. Son effet sur les effectifs de conseillers prud’homaux a été amplifié par l’entrée en vigueur d’une réforme profonde du mode de désignation des juges prud’homaux. La réforme adoptée en 2016 par ordonnance lui a substitué un mécanisme assis sur l’audience dans le privé, dont la mesure est devenue effective en 2013 côté salariés et cette année seulement côté employeurs.

Macron, le danger du mythe de l’homme providentiel (CFDT)

Macron, le danger du mythe de  l’homme providentiel (CFDT)

 

La CFDT, par la voix de son secrétaire général interpelle Macron sur l’impérative nécessité du dialogue social. L’organisation syndicale prend aussi le contre-pied du front des gauchistes de la CGT, de FO et de l’UNEF qui dès lundi manifestaient à Paris contre les orientations de Macron. Devenue  la première organisation syndicale dans le privé, la CFDT se sent investie désormais d’une responsabilité particulière pour représenter les salariés. Elle rappelle au nouveau président de la république l’impérative nécessité de la concertation avec sans doute à l’esprit l’évolution du droit social qu’envisage de réaliser Macron par  ordonnance. La CFDT redoute vraisemblablement que se constitue un front anti Macron  à l’occasion d’ordonnances qui n’auraient pas fait l’objet d’une consultation suffisante. Le danger est réel car si les gauchistes ne sont pas majoritaires dans le pays,  ils disposent  cependant d’un pouvoir de nuisance certain pour démolir petit à petit la crédibilité gouvernementale. Le dialogue social approfondi peut empêcher cet affrontement  estime  la CFDT qui  invite Macron à prendre en compte les réalités sociales mais aussi politiques. En effet le score réalisé par Macron au deuxième tour ne saurait être interprété comme une adhésion totale de tous les électeurs aux orientations du nouveau président de la république. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a donc adressé mardi une mise en garde au président élu, Emmanuel Macron, contre la tentation de présider seul et de réformer sans concertation, notamment sur le marché du travail. « Je n’ai pas envie de condamner avant même qu’il ait commencé à agir », a dit Laurent Berger. « Je ne vais pas donner ni des bons points ni des mauvais points à ce stade, juste dire qu’il faut prendre en compte la réalité du pays ». Dans une lettre ouverte publiée par Le Monde, il rappelle à l’ex-ministre de l’Economie de François Hollande les « conditions particulières » de son élection, avec deux fois plus de voix que son adversaire du Front national, Marine Le Pen. Ces conditions « vous obligent certes à tenir compte de ceux qui vous ont soutenu mais aussi de ceux qui ont voté pour vous, non par adhésion à votre programme, mais par rejet du Front national », écrit Laurent Berger. « Dans les cinq ans à venir, vous serez à la tête d’un pays qui devra faire face à d’immenses défis. Et, vous le savez bien, vous ne pourrez pas les affronter seul », poursuit-il. « Le mythe de l’homme providentiel, qui décide tout d’en haut, est un mythe dangereux pour notre démocratie. » « Partagez le pouvoir ! Donnez de l’air à notre société ! Laissez de l’espace aux organisations dont la mission est de faire entendre la voix de ceux qui n’en ont pas. Faites confiance aux organisations qui permettent aux individus de s’organiser ensemble pour peser sur leur avenir ! » Le leader du premier syndicat français avertit Emmanuel Macron qu’il ne disposera d’aucun état de grâce et rappelle que l’urgence est d’abord de créer des « emplois de qualité ».

 

Nicole Notat, ex-secrétaire de la CFDT pour Macron

Nicole Notat, ex-secrétaire de la CFDT pour   Macron

 

Officiellement la CFDT comme d’habitude n’apporte son soutien à aucun candidat. La centrale syndicale appelle seulement à voter contre Marine Le Pen. Cependant L’ancienne secrétaire générale de la CFDT Nicole Notat a apporté lundi publiquement son soutien à Emmanuel Macron pour la présidentielle, seule « alternative » selon elle dans ce « scrutin majeur » qui risque d’être « laissé en otage à l’extrême droite ».   »J’apporte mon soutien à sa candidature à la présidence de la République. J’appuie ainsi la démarche qu’il a engagée et les grands axes du projet qu’il porte. Ils correspondent aux défis européens, politiques, économiques, sociaux et écologiques que la France doit relever », a-t-elle déclaré dans un communiqué transmis à l’AFP.
« Voter Macron au premier tour à cette élection, est l’alternative au sombre pronostic qui voudrait que ce scrutin majeur soit une nouvelle fois laissé en otage à l’extrême droite », estime celle qui fut la secrétaire générale de la CFDT de 1992 à 2002 et qui participera lundi à Bercy au meeting du candidat d’En Marche!

Mélenchon : « une vision totalitaire » (CFDT)

Mélenchon : « une vision totalitaire » (CFDT)

 

On le sait le courant ne passe pas bien entre Mélenchon et la CFDT. Il faut dire que Mélenchon est son équipe ont souvent condamné la politique moderniste de la CFDT préférant soutenir les syndicats gauchistes, la CGT et autre syndicats corporatistes. Très centraliste, Mélenchon n’a guère apprécié que le débat sur les conditions de travail puisse désormais être décentralisé au niveau des entreprises. La référence encore réitérée à la mouvance bolivarienne et en particulier au président Chavez du Venezuela a fait bondir Laurent Berger cela d’autant plus que le Venezuela est en pleine décomposition économique et sociale. La CFDT  a exprimé sa colère lors d’une interview donnée sur France Inter, mettant au passage en garde contre les idées que portent le candidat de La France insoumise avec qui il a indiqué ne partager « quasiment aucune » position. « J’ai été choqué qu’il y ait une forme de révérence qui soit faite à ce qui se passe au Venezuela », a déclaré le syndicaliste, dont la centrale soutient un « syndicat libre vénézuélien ». Ajoutant : « Aujourd’hui, on a un pouvoir qui, depuis Chavez, a saigné le pays » et « une population extrêmement pauvre qui vit sous un régime totalitaire ». « Il y a aussi un risque en termes d’une vision assez totalitaire », a-t-il ajouté, citant comme exemple des propos du directeur de campagne du candidat, Manuel Bompard. Ce dernier avait assuré mercredi sur LCP que l’ancien président « Hugo Chavez [avait] largement fait baisser la grande pauvreté dans son pays ». Se défendant de toute  »comparaison hâtive », il a pointé le  »risque d’une vision assez brutale des rapports humains, des rapports sociaux et des rapports politiques que porte parfois Jean-Luc Mélenchon». Laurent Berger a aussi déploré « les comportements et les attaques » contre son syndicat « de la part de gens qui sont autour de Jean-Luc Mélenchon »« Parfois, a-t-il ajouté, il y a des discours qui donnent à penser qu’il y aurait des ennemis, ceux qui ne penseraient pas comme lui. C’est dangereux. »Interpellé par un auditeur, délégué syndical CFDT et électeur de Jean-Luc Mélenchon, il a répondu que, malgré ses critiques, son syndicat n’appellerait pas à battre le candidat de La France insoumise. « La seule consigne de vote, quelles que soient les configurations du second tour, c’est qu’il faut battre le Front national », a répété Laurent Berger.

(Avec AFP)

 

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