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La CFDT contre la réforme des retraites ?

La CFDT contre la réforme des retraites ?

 

Dans un article des Échos, on note le net raidissement de la CFDT vis-à-vis du gouvernement en particulier sur les retraites suite à son congrès de juin 2022 à Lyon (papier des Echos)

La CFDT n’a pas tourné le dos au réformisme à Lyon ( lors de son congrès en juin). Un amendement du Sgen Nord-Pas-de-Calais critiquant « la politique systématique de déficits publics depuis près de quarante ans, génératrice d’une dette trop importante » a par exemple été adopté par 76,12 % des voix. Elle a aussi continué à travailler sur des projets concrets, comme cette banque des temps et son Compte-épargne temps universel, repris par le gouvernement.

Mais la confédération a clairement durci ses positions, la construction d’un « rapport de force » étant promue au rang de priorité syndicale. Cela s’est traduit sur les retraites. 2022 aura été l’exact opposé de 2010 qui avait vu la centrale valider une hausse de la durée de cotisation en lien avec celle de l’espérance de vie par 59 % des voix. Fruit de l’exaspération des cédétistes et de leur absence de confiance dans Emmanuel Macron, sa suppression a été validée par 67,5 % des mandats .

« Prudents et échaudés, les militants ont verrouillé la position de la CFDT », résume un ancien dirigeant confédéral. Il ne s’agit pas d’une remise en cause de la direction cédétiste . Laurent Berger ne sort pas affaibli en interne de son congrès, il a même été mieux élu qu’en 2018. Mais ce verrouillage pourrait réduire son pouvoir d’influence face à un exécutif pas forcément enclin à composer.

Il va aussi compliquer la tâche du gouvernement alors qu’Emmanuel Macron a promis un changement de méthode fondé sur le dialogue. Avec sa fin de non-recevoir cédétiste, la piste d’une accélération de l’allongement de la durée de cotisation de la loi Touraine, privilégiée par l’aile gauche de la majorité présidentielle, a du plomb dans l’aile. Cela pourrait conforter les tenants du passage de l’âge légal à 65 ans au sein de l’exécutif, qui considéreront qu’il n’y a donc rien à négocier et qu’il n’y a pas forcément lieu d’attendre.

De quoi justifier un retour au calendrier initial qui prévoyait d’ouvrir le dossier dès maintenant après l’annonce d’un report du débat à la rentrée ? En tout cas, les propos de la Première ministre sur France 2 le 15 juin interrogent. Elisabeth Borne a en effet affirmé à la veille du vote des cédétistes que « les discussions s’ouvriront cet été ».

Syndicalisme « S’adapter ou mourir » (CFDT)

Syndicalisme « S’adapter ou mourir » (CFDT)

Le secrétaire général de la CFDT ne le nie pas : le syndicalisme est en danger de mort, pris en tenailles des profondes transformations (télétravail, digitalisation, plateformisation, externalisations, désaffection de la jeunesse) qui fragilisent son terreau : les collectifs « physiques » de travail, là où se tissent les liens humains et sociaux. Un paradoxe, car le syndicalisme n’a peut-être jamais été aussi essentiel, afin de riposter à la déshumanisation, lente et sournoise, dont ces mutations menacent le travail. (Cet article est issu de T La Revue de La Tribune – N°9 « Travailler, est-ce bien raisonnable? », actuellement en kiosque)

 

Depuis mars 2020 et l’irruption de la pandémie de Covid-19, le travail connaît des mutations importantes, brutales et inédites. S’en porte-t-il forcément moins bien ?

LAURENT BERGER - Tout dépend des déterminants que nous affectons au travail. Si l’on se réfère aux actes de production, qu’il s’agisse de biens ou de services, les travailleurs ont répondu présent. Et cela quelle que soit leur situation, en présentiel ou en télétravail – rappelons que 70 % des salariés exercent une activité non éligible à ce dernier. Les entreprises n’ont aucune raison de se plaindre de l’implication et du soin que les salariés ont apportés à tenir leur emploi. En revanche, un autre volet du travail jette l’ombre sur votre question : la manière dont l’exercice du travail a été appréhendé, expérimenté et vécu à l’épreuve de la vie personnelle. Et dans ce domaine, nous sommes loin de pouvoir en tirer tous les enseignements.

D’abord, il y a le télétravail, objet d’immenses paradoxes auxquels la CFDT elle-même est nécessairement confrontée, comme toute entreprise. Des collaborateurs ou adhérents y ont goûté avec plaisir, d’autres en sont écœurés. Tout dépend bien sûr du contexte – logement, distance, situation familiale, etc. Sur les manières de coopérer, l’efficacité des réunions, la dimension affective, la compétence collective, nous n’avons pas fini de mesurer les effets vertueux et ceux délétères. Toutefois, je ne peux m’empêcher de considérer que le sens du travail, par nature lié aux interactions humaines et sociales, pâtit globalement de ce phénomène. Ce qui fait qu’un emploi « humanise » : dialoguer, rencontrer, rire, parfois ferrailler, se constituer des amitiés (et même des amours), bref partager, se délite dans cette digitalisation accélérée du travail. Bien sûr aussi, le télétravail met en péril l’étanchéité des temps professionnel et personnel. Chez beaucoup, ces temps se sont entremêlés, la ligne de frontière est de plus en plus indétectable, ouvrant les vannes d’une intensification et d’une pression supplémentaires.

Enfin, que dire de tous ces travailleurs auparavant invisibilisés et dont on a « découvert » l’immense utilité… et l’immense injustice à laquelle le manque de reconnaissance et des rémunérations indigentes les confrontent ? Travailleurs du commerce, de la logistique, de l’agroalimentaire, du nettoyage, de la sécurité privée, ils sont enfin un peu mieux considérés. Et que dire des professionnels du soin ? Voilà plus de dix ans qu’à la CFDT nous alertons sur la situation dramatique de l’hôpital, et il a fallu une crise pandémique pour que politiques, médias et opinion publique s’en saisissent !

Le télétravail accélère la fragmentation des espaces et des moments « physiques » du travail collectif, il dissémine et isole les salariés, il met au défi les liens humains et sociaux, l’esprit de coopération, le sentiment d’appartenance, l’intelligence partagée, le « management humain » : pour ces raisons, il est un poison pour les organisations syndicales…

Les deux années extrêmement difficiles que nous avons tous passées l’ont été aussi pour les organisations syndicales – songez par exemple dans nombre d’entreprises que nous n’avions pas accès aux boîtes mail professionnelles des salariés, ce qui nous aurait permis d’entrer en contact avec eux. Le lien interpersonnel se tisse dans la confiance, et cette dernière dans l’action collective. Laquelle est contestée dans un contexte de modification durable des organisations du travail où entretenir le lien avec les travailleurs sera plus compliqué. Nous ne savons pas si cela traduit un reflux du collectif au bénéfice de la singularité de chacun ; or le télétravail précise cette dernière selon les conditions dans lesquelles on l’exerce et la manière dont on veut (ou non) l’inscrire dans une perspective collective. Comment reconstruire du collectif en prise avec le télétravail : voilà un immense défi pour les entreprises, mais aussi pour les organisations syndicales exhortées à se réinventer.

Faut-il craindre que les entreprises se saisissent de ce phénomène – spontané ou contraint – d’individualisation pour externaliser toujours plus, pour atomiser davantage les collectifs du travail – notamment en se déchargeant des contrats au profit de l’auto-entrepreneuriat ?

Le risque est à plusieurs niveaux. Faire télétravailler à 95 % condamne toute opportunité de rencontres « physiques » et d’interaction sociale. Et en effet, poussée à son paroxysme, la logique d’autonomisation des fonctions peut amener à externaliser les postes, et à substituer au salariat le statut d’entrepreneur individuel. À propos de ce statut qui a connu en 2021 un vif succès, on a tendance à se focaliser sur la face émergée de l’iceberg (indépendance, gestion de son temps et de son lieu de travail, etc.) mais sous la ligne de flottaison les dangers sont nombreux. Être salarié ou prestataire ne donne pas accès aux mêmes droits. Et ne confère pas au travail un même « sens ».

Justement, la quête de sens fait résonance avec une lame de fond, que la pandémie a exacerbée : la digitalisation (et, sous-jacentes, la dématérialisation et la délocalisation) du travail, qui concerne tout particulièrement une jeunesse par nature très peu sensible au syndicalisme. Comment vous adaptez-vous à ce qui ressemble à un péril pour les organisations syndicales ?

Le défi de réhumaniser les relations doit composer avec cette réalité du digital. Laquelle va bien davantage bouleverser le travail que l’emploi. Continuer de créer du lien, continuer de nourrir un sentiment commun d’appartenance à la condition de travailleur, continuer de traiter tout ce qui altère l’épanouissement au travail : risques d’aliénation, d’intensification, de précarisation, d’isolement, de statut dégradé, etc. Le défi est de continuer d’avoir un regard sur l’évolution du travail et de faire la démonstration de notre utilité – notamment en donnant une existence, une reconnaissance à tous ces emplois « invisibles ».

Le syndicalisme doit choisir : s’adapter ou mourir. Et au profit des droits à construire, il doit solliciter un levier capital : celui de la régulation, axé sur le partage de la valeur et de la gouvernance. Il faut absolument rééquilibrer les pouvoirs dans l’entreprise.

Le salut peut-il venir de l’Europe ? En tant que président de la Confédération européenne des syndicats (CES), qu’attendez-vous de manière concrète et réaliste de la présidence française de l’Union européenne qui s’étire jusqu’en juin ?

Un salaire minimum dans toute l’Europe n’est plus une utopie. Cette convergence sociale est indispensable. Ce sera compliqué, mais on peut y parvenir. Autres sujets : lutter contre l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes, un véritable scandale dont les entreprises se rendent coupables en dépit des lois. Accroître la protection et la couverture sociale des travailleurs indépendants, très vulnérables – une directive sur la présomption de salariat est en projet, qui mettrait fin à l’exploitation elle aussi scandaleuse de l’auto-entrepreneuriat « subi » ; que l’on cesse de nous prendre pour des abrutis en affirmant que l’on est pleinement heureux de traverser Paris sous la pluie et livrer une pizza pour quelques dizaines de centimes ! Enfin, au niveau européen, nous pouvons peser sur le comportement social et environnemental des entreprises – en leur sein mais surtout chez leurs sous-traitants hors Europe, dans les pays dépourvus de normes exigeantes. C’est l’objectif du combat que la CES mène en faveur d’une directive sur le devoir de vigilance au niveau européen.

Sur le thème du travail, que restera-t-il du quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Une approche minimum. La priorité a été donnée à l’emploi (meilleur accès, moins de règles et de contraintes) avec un certain succès sur des points en particulier comme l’apprentissage, et donc le travail a été traité comme un « sous-produit ». Rien des attributs du travail que nous venons d’évoquer n’a été abordé. Pendant la pandémie, de bonnes mesures en faveur des travailleurs et de l’activité ont été mises en œuvre. Du futur président, j’attends qu’il décrète l’organisation de grandes Assises du travail, dédiées à cerner ce qu’est et ce que doit devenir le travail : qu’est-il désormais, à quoi et qui sert-il, comment inoculer du sens, par quels moyens faire lien, comment répartir la valeur, quelles organisations, etc. Une approche globale – sociologique, philosophique, économique, managériale, organisationnelle – pour positionner le travail au cœur de notre épanouissement, et au cœur de la société.

À quelles conditions le travail peut-il « faire réconciliation » entre l’employé et l’employeur ?

Juste avant d’entrer dans l’usine, de s’attabler à son bureau, d’ouvrir son commerce, ou d’enclencher le moteur de son camion, le travailleur ne sort pas son cerveau du crâne pour le laisser à la porte ! Tout travailleur peut être contributeur de son propre travail, de l’amélioration de son travail, d’une meilleure performance au travail, et donc il participe substantiellement à la réussite économique et sociale de l’entreprise… si on lui en donne la possibilité. Cela requiert quelques conditions : être écouté, considéré, respecté, configurer le travail pour qu’il soit source d’émancipation et de réalisation de soi, cultiver les opportunités de coopération et de partage – à tous points de vue, y compris dans la gouvernance. Il y a une place pour l’humanisme au travail.

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Article issu de T La Revue n°9 « Travailler, est-ce bien raisonnable? » – Actuellement en kiosque et disponible sur kiosque.latribune.fr/t-la-revue

Réforme des retraites : la CFDT contre

Réforme des retraites : la CFDT contre

Sur  franceinfo, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a exprimé son désaccord sur la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron. Selon lui, le système est « quasiment à l’équilibre ».

« Je ne comprends pas le point de départ, l’objectif, de cette réforme », a indiqué Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, vendredi 29 avril sur franceinfo, concernant la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron avec le recul de l’âge légal à 65 ans.  »Si l’objectif de cette réforme c’est l’équilibre des comptes des retraites, il n’y a pas besoin d’aller sur un report de l’âge légal », a-t-il estimé.

S’il s’agit de financer la dépendance sans augmenter les impôts, « je suis en désaccord », a poursuivi Laurent Berger. « Financer la perte d’autonomie est un sujet très important, a précisé le patron de la CFDT, mais il y a d’autres possibilités pour le faire ». Il a ainsi proposé de mettre en place  »une taxation sur la transmission de patrimoine », autrement dit taxer les successions.  »C’est l’une des inégalités les plus fortes dans notre pays », a-t-il assuré, soulignant que « 10% de la population détient 50% du patrimoine ».

La CFDT s’est dite  »opposée au report de l’âge légal » de départ à la retraite, convaincue qu’il faut « rester à 62 ans ». Laurent Berger a par ailleurs réagi à la proposition de Jean-Luc Mélenchon, candidat malheureux de La France insoumise à la présidentielle, de fixer l’âge de départ à 60 ans.  »Soyons sérieux, s’il a trouvé la recette magique pour financer la retraite à 60 ans, et pourquoi pas à 45 ans tant qu’on y est, tant mieux », a-t-il raillé.

Il a également plaidé en faveur « d’un système de retraite plus juste« . « Notre richesse, c’est notre système de retraite par répartition, il est quasiment à l’équilibre, son problème c’est son injustice intrinsèque », a-t-il expliqué, pointant du doigt le cas des femmes qui ont  »en moyenne autour de 20 à 30% de retraite en moins que les hommes ». Il a par ailleurs défendu une retraite minimale  »équivalente au Smic », pour  »ceux qui ont travaillé toute leur vie », soit « 1 300 euros net », là où Emmanuel Macron propose 1 100 euros.

Présidentielle: Laurent Berger engage la CFDT

 Présidentielle: Laurent Berger engage la CFDT 

On comprend évidemment que l’analyse de la CFDT se heurte le plus souvent au orientation du front national. L’extrême droite et les syndicats ont rarement fait bon ménage. Laurent Berger procède donc à une analyse critique de plusieurs orientations de Marine Le Pen.

Par contre, Laurent Berger commet sans doute une erreur de se prononcer en fait pour Macron. Pas davantage qu’une organisation patronale ou professionnelle, un syndicat n’a pour vocation de s’immiscer dans des choix d’organisations politiques. Laurent Berger en général est assez pertinent dans ses prises de position. Il ne doit cependant pas oublier l’affaiblissement historique des organisations syndicales précisément en raison de leur engagement politicien trop marqué. L’ensemble du mouvement syndical s’est largement discrédité par des positions inspirées d’intentions politiques. De ce point de vue, la CFDT,  premier syndicat en France, a bien fait de couper le cordon ombilical avec un parti socialiste en décomposition. Même avec des précautions oratoires, la CFDT ne doit pas se lier à Macron. NDLR 

Le leader de la CFDT appelle à voter Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle. Il précise, dans un entretien au « Monde », que cet acte ne vaut « ni approbation de l’action qu’il a menée ni adhésion à son programme ».

Avant le second tour de l’élection présidentielle, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, expose les raisons pour lesquelles son syndicat, le premier de France, appelle à se prononcer en faveur du chef de l’Etat sortant.

Pourquoi avez-vous appelé, dès le soir du 10 avril, à « battre le Rassemblement national » en votant pour Emmanuel Macron ?

Notre engagement est basé sur des valeurs qui sont fortes : la démocratie, l’émancipation, la solidarité, l’égalité. Nous sommes en contradiction totale avec le programme de Marine Le Pen. Elle veut inscrire la priorité nationale dans la Constitution par le biais d’un référendum. Elle veut rétablir le délit de séjour irrégulier et interdire les aides sociales aux immigrés. Sans parler de sa politique internationale, synonyme de complaisance à l’égard de pays comme la Russie, ou des mesures qu’elle soutient en matière de sécurité.

Qu’elle le veuille ou pas, elle est à la tête d’un parti d’extrême droite, dont l’orientation est incompatible avec ce que porte la CFDT. Il ne faut donc pas tergiverser. A partir du moment où l’extrême droite est au second tour – et nous le regrettons –, la CFDT vote pour le candidat qui est en face. Nous ne sommes pas à l’heure du choix d’un programme politique, nous sommes à l’heure du choix de la défense de la démocratie.

Elle se présente comme la candidate du « dialogue social ». Vous n’y êtes pas sensible ?

Dans les pays où cette idéologie a triomphé dans les urnes, les gouvernements ont adopté des pratiques qui n’étaient pas compatibles avec les projets et les valeurs de la CFDT. Aujourd’hui, elle tente de se rendre respectable mais son programme n’accorde de place ni au progrès social ni au dialogue social. L’extrême droite, quand elle prend le pouvoir, met les syndicats à sa main dans les entreprises. Elle annihile la liberté de la presse. Elle combat les contre-pouvoirs et la CFDT, ainsi que les autres organisations de salariés, en sont un.

 

Son projet en matière de retraites n’est-il pas de nature à contrebalancer votre analyse ?

Il n’est pas crédible. Elle dit qu’elle accorde du pouvoir d’achat maintenant, mais par le biais d’exonérations de cotisations patronales. Cela nous paraît très contradictoire car une telle politique nuit au financement de la protection sociale, donc – in fine – au pouvoir d’achat des ménages. Ce que nous voulons, ce sont des droits pour tous les travailleurs, quelle que soit leur nationalité, leur couleur de peau, leur singularité. Marine Le Pen, elle, nous promet une société du rejet, qui accentue les discriminations. On ne peut pas l’appréhender comme une candidate lambda, car le risque est grand qu’elle essaye d’instaurer un pouvoir autoritaire. Les expériences de ces dernières années, en Europe et hors d’Europe, prouvent que, à chaque fois, les travailleurs paient un très lourd tribut.

La CFDT veut une reconnaissance pour travailleuses essentielles

La CFDT veut une reconnaissance pour travailleuses essentielles

Sur  une estrade au centre de la très symbolique place du Panthéon, où sont enterrés surtout de grands hommes, Laurent Berger a souhaité «braquer le projecteur» sur les travailleuses qui occupent trop souvent des métiers déconsidérés et sont «invisibles », selon le nouveau terme consacré. «Écoutez les travailleuses, leurs revendications salariales, leurs aspirations (…) sinon vous trouverez la CFDT sur votre chemin», a scandé son secrétaire général avant de lancer un opportun «Aux travailleuses essentielles, la France reconnaissante».

Baptisé «Lumière sur les essentielles », ce rassemblement était une réédition, plus ciblée, de celui du 3 février qui se voulait un soutien à l’ensemble des travailleurs de la «deuxième ligne». Un peu plus confidentielle aussi avec quelques centaines de militants seulement… Émaillée de témoignages de salariées des laboratoires, des entreprises de l’agroalimentaire, de l’hôtellerie, d’éducatrices ou encore d’aides à domicile, la manifestation, rythmée par une playlist d’artistes classées féministes, visait à montrer que la reconnaissance pécuniaire, bien qu’essentielle, n’est pas suffisante. «Ce que nous voulons, ce sont de meilleures conditions de travail, l’évolution de nos parcours professionnels pour que nos métiers deviennent attractifs», expliquaient plusieurs militantes encouragées par Laurent Berger pour qui le 8 mars serait désormais… tous les jours.

Orpea: des « salopards » et des profits partout révoltants ( Laurent Berger, CFDT)

Orpea: des « salopards » et des profits partout révoltants  ( Laurent Berger, CFDT)

L’actualité politique, économique et sociale ne manque pas de sujets questionnant l’éthique. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, s’exprime sur deux d’entre eux, brûlants : Orpea et les entreprises qui ont révélé des profits 2021 records. Ses mots, d’une rage inhabituelle, traduisent une immense colère : les dirigeants du groupe de maisons de retraite « sont des salopards qui devront payer cher », ceux des secondes « devront rendre », notamment la part que leurs gains doivent à la solidarité de l’Etat et des pouvoirs publics dans la gestion de la crise.( la Tribune)

 Le « scandale Orpea » révélé par le journaliste Victor Castanet dans Les fossoyeurs (Fayard) n’en finit pas de bouleverser l’opinion publique. Car il est au croisement d’enjeux humains, médicaux, sociaux, managériaux, financiers et spéculatifs qui concernent toute la société. Est-ce le paroxysme de la « crise du travail » ?

LAURENT BERGER- Il faut condamner sans appel ce qu’il s’est passé chez Orpea. Je le dis haut et fort : les responsables sont des salopards. Salopards à l’égard des personnes âgées, à l’égard de leurs travailleurs, à l’égard des syndicalistes – le livre Les fossoyeurs a révélé une répression syndicale hors norme. Je réclame à leur endroit une commission d’enquête, les poursuites que dictent leur comportement et leurs exactions, et les peines afférentes les plus sévères. Si les faits sont avérés, ils devront payer cher.

Mais au-delà, il faut faire oeuvre d’une grande prudence : assimiler à Orpea tous les acteurs, qu’ils soient des secteurs privé ou public, lucratif ou associatif, serait une immense erreur. La tentation de tout amalgame est délétère. D’abord c’est profondément injuste vis-à-vis des salariés. Car qui sont-ils dans leur grande majorité ? Des travailleurs extraordinairement mobilisés et dévoués, en dépit de rémunérations très insuffisantes. Donner le sentiment qu’ils sont acteurs d’une maltraitance dont seuls leurs dirigeants et leurs actionnaires sont coupables est terrible.

C’est également injuste à l’égard des familles, qui n’ont pas d’autre choix que de placer leurs aînés dans ces établissements et qui ajoutent à cette possible « culpabilité » celle de « savoir », désormais, de quoi peuvent être capables les organisations de ces maisons. Ils sont pris doublement en otage, et c’est odieux.

Il est d’autant plus essentiel de briser cette tentation de l’amalgame, si populaire à l’ère de l’hystérisation et de la simplification à tous crins. Il ne reflète nullement la réalité. Quiconque, et c’est mon cas, a visité des établissements publics comme privés en a rencontré qui sont remarquablement tenus, où les résidents sont considérés et traités avec humanité grâce à un personnel et à des directions impliqués et responsables.

Le soin des plus vulnérables doit-il échapper aux règles marchandes ? Voilà une question centrale. La tranchez-vous ?

Le secteur privé du soin et de la dépendance est-il parfait ? Non. Le secteur public du soin et de la dépendance est-il parfait ? Non plus. Loin s’en faut. Mais la responsabilité nous échoit collectivement. Investit-on assez dans le grand âge ? Non. Le gouvernement a renoncé à la loi Grand âge et autonomie, pourtant promise. La puissance publique, les parlementaires, le gouvernement ont failli. Quant à l’imposition de règles de fonctionnement interne et au contrôle dans les établissements, si déterminants, ces mêmes acteurs publics ont été faibles ou absents. C’est incompréhensible : comment est-ce possible quand on parle à la fois d’argent public et d’individus, qui plus est vulnérables ? Enfin, il est capital d’investir massivement dans ces métiers-là, surtout qu’à l’avenir les besoins seront exponentiels.

Ces enjeux de régulation, de formation et de recrutement, ce n’est sûrement pas en se défoulant sur l’Ehpad bashing qu’on va les accomplir. Si seulement, en revanche, il permettait de soulever LA question cardinale : pourquoi n’investit-on pas davantage dans ces secteurs du soin où l’on confie ce qui nous est le plus cher : nos proches ?…

Autre sujet éthique épineux pour certains : en 2021, les cinq principales banques françaises ont cumulé 31 milliards d’euros de résultats nets, TotalEnergies a atteint 16 milliards de dollars de profits, et le bénéfice consolidé des entreprises du CAC 40 a tutoyé les 140 milliards d’euros. Ces résultats historiques ont été obtenus « notamment » parce que l’Etat et l’Europe ont soutenu l’économie et le social – et pendant qu’une grande partie de la France était plongée dans les drames, aussi bien humains qu’entrepreneuriaux. Concernant TotalEnergies, on ajoutera que ce succès résulte dans sa grande majorité de son activité dans les hydrocarbures, et intervient au moment où la crise du coût énergétique affecte durement le pouvoir d’achat des Français. Y a-t-il là un sujet éthique profond ?

Voilà la preuve que nous sommes au bout de la logique du capitalisme débridé. Ce n’est plus supportable et donc ce n’est plus tolérable. Ces deux dernières années, à quoi l’économie doit-elle d’avoir survécu ? A la puissance publique et ses nombreuses aides, aux impôts, à l’investissement des travailleurs, à la mobilisation du monde associatif comme à celle des partenaires sociaux (accords APLD pour maintenir l’emploi, etc.). Personne ne peut oser le nier. Et c’est ainsi que l’économie se porte bien mieux qu’on pouvait le redouter. Maintenant, il faut rendre. Ces entreprises doivent rendre. Comment ? De trois manières. D’abord, une plus juste répartition de la richesse via des négociations salariales de branches exigeantes. Quand je vois certaines de ces entreprises (Auchan, Bonduelle, etc.) accumuler d’immenses profits et concéder des miettes aux salariés, cela me révulse.

D’autre part, l’État doit maintenant s’engager dans une véritable conditionnalité des aides publiques – notamment au maintien et au développement de l’emploi de qualité -, dans une véritable répartition de la richesse, et dans une véritable bascule en faveur de la transition écologique. Et il faut appliquer un contrôle social aux aides versées. C’est ce que la CFDT propose à travers l’avis conforme du CSE (comité social et économique) ; les représentants du personnel doivent pouvoir s’assurer que les aides versées ont été justement utilisées.

Enfin, les entreprises doivent adopter des règles d’éthique bien plus strictes. Et en premier lieu abandonner le principe, insupportable, d’optimisation fiscale. Rappelons à quoi elle sert en priorité : soustraire aux salariés une partie de la richesse créée pour la convertir en dividendes. La fiscalité doit, aux fins de cette meilleure répartition de la richesse, être refondue autour de deux axes : un meilleur partage au sein de la chaîne de valeur – en faveur par exemple des sous-traitants - ; et aligner la taxation des revenus du capital sur celle des revenus du travail. Cette mesure est capitale, si on veut donner à la fois au travail sa juste valeur et au capital sa simple valeur.

Pouvoir d’achat : sujet central de la présidentielle ? (CFDT)

Pouvoir d’achat : sujet central de la présidentielle ? (CFDT)

Le pouvoir d’achat devrait devenir un des sujets majeurs de la campagne électorale de 2022 déclare Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Il est question de plus en plus brûlante compte tenu de la dérive de l’inflation. Une inflation proche de 3 % sur un an en France (et encore avec un indice des prix à la consommation obsolète de l’INSEE qui sous-estime notamment la forte hausse des dépenses contraintes).

Dans la pratique pour l’instant, on ne perçoit que des intentions de l’augmentation de leurs 1 % aussi bien sur les salaires, Les retraites que sur l’épargne. Bilan une perte de pouvoir d’achat d’au moins 2 % pour les revenus du travail et l’épargne.

Les différents sondages semblent montrer que cette préoccupation devient majeure dans l’opinion. D’après un sondage de Misgroup effectué fin décembre 2021 le pouvoir d’achat figurait en tête des préoccupations pour 72 % des interrogés. Suivez la question de la santé avec 59 %, ensuite la justice avec 53 % puis la santé 51 % et la fiscalité 49 %. Les autres sujets suivent plus loin.

Alors que l’élection présidentielle approche à grands pas et que l’inflation s’installe dans le paysage français, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, juge dans un entretien accordé au Journal du Dimanche que le pouvoir d’achat est une « préoccupation essentielle dans le monde du travail [qui] doit devenir un sujet dans la campagne. Car elle en dissimule une autre : la faiblesse des salaires ».

Selon lui, cette question est «centrale». Le secrétaire général de la CFDT explique que la résurgence de ce thème est notamment liée à «la remontée de l’inflation et un poids grandissant des dépenses contraintes (énergie, alimentation, logement).» Laurent Berger regrette que ce thème ne s’impose pas davantage dans la campagne. «Sans doute parce qu’il y a une forme de déconnexion du débat public, y compris médiatique, avec la réalité vécue par les citoyens, et avec le quotidien des travailleurs en particulier», explique-t-il.

Pour le secrétaire général de la CFDT «il y a une responsabilité de la puissance publique. Mais aussi des entreprises. L’État ne peut pas tout.» Laurent Berger pose notamment la question «de la contrepartie des aides publiques versées aux entreprises», en mettant en avant que «l’État n’a pas à combler les carences des entreprises».

 

Ordonnances travail : Opération ratée (CFDT)

Ordonnances travail :Opération ratée (CFDT)

On pouvait espérer que les ordonnances travail permettraient un dialogue plus serein et plus approfondi entre les organisations représentant les salariés et les directions d’entreprise. Le problème c’est que contrairement aux espérances l’extension du champ du dialogue aux questions économiques, sociales, d’hygiène et de sécurité a rendu encore davantage confus la problématique de la concertation. En fait le comité social et économique entre parenthèse CSE) ressemble à une espèce d’auberge espagnole où tout et rien sont abordés, sans vraiment de compétences et sans moyens suffisants avec en plus souvent avec un grand éloignement géographique.Le 16 décembre 2021, le comité d’évaluation des ordonnances travail piloté par France stratégie A publié un bilan relativement mitigé. Le 7 janvier, la CFDT analyse plus particulièrement les résultats de la fusion des instances représentatives du personnel en un lieu unique, le comité social et économique (CSE). Le 10 janvier, le ministère du Travail organise une réunion entre l’Etat, les organisations patronales et syndicales pour élaborer un plan d’accompagnement pour la mise en œuvre des ordonnances.

 Laurent Berger, son secrétaire général, vient de dresser un réquisitoire contre l’une des mesures phare des ordonnances sur le droit du travail de 2017 : la fusion des trois instances représentatives du personnel (IRP), délégué du personnel, comité d’entreprise et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail ( CHSCT) en une seule, le comité social et économique (CSE). « Ce devait être le grand chantier de rénovation, mais la cible est ratée », affirme Laurent Berger, le 7 janvier.On est évidemment très loin de la concertation à l’allemande qui va jusqu’à la cogestion. En France chacun protège son près carré, l’intérêt patronal d’un côté, l’intérêt salarial de l’autre. En outre en plus des questions de compétence, se pose le problème de la culture entrepreneuriale qui considère les syndicats comme plutôt un obstacle et de l’autre le problème souvent de syndicats contestataires qui refusent d’entrer dans la problématique de gestion d’une entreprise.

Réforme des retraites : du rafistolage (CFDT)

Réforme des retraites : du rafistolage (CFDT)

« Nous n’avons été contactés par personne sur le fait qu’il y aurait des petits rafistolages sur la question des retraites », assure Laurent Berger, rappelant que « la CFDT pense qu’un système de retraites plus juste doit être construit. »

Selon Laurent Berger, invité de l’émission Calvi 3D, le calendrier ne permet pas de faire passer une « réforme sérieuse » avant l’élection présidentielle qui se déroulera dans huit mois.

« On ne peut pas faire du rafistolage d’ici à l’élection présidentielle », affirme le secrétaire général de la CFDT, affirmant que « le sujet des retraites est trop sérieux pour en faire un enjeu électoral ».

Concertation sur les retraites : la CFDT dit non pour l’instant

Concertation sur les retraites : la CFDT dit non pour l’instant

Pour la CFDT pour l’instant, une concertation sur les retraites « n’a pas lieu d’être », alors qu’il « n’y a pas de voie de passage pour une quelconque réforme d’ici 2022 ». Et de préciser : « Toute concertation qui s’opérerait serait un peu lunaire (…) On ne va pas se mettre à discuter avec un gouvernement pour nourrir le programme d’un candidat. Ça n’a pas de sens. »

Depuis des années, la CFDT se bat pour la création d’un système universel. Elle ne conteste donc pas la nécessité d’une réforme, à condition que le but soit de rendre le système plus juste et pas d’augmenter l’âge de départ à la retraite. Du coup la concertation proposée par le ministre semble vouée un échec.

Réforme des Retraites- »Non à la politisation » (CFDT)

Réforme des Retraites- »Non à la politisation » (CFDT)

  • D’une certaine manière, et depuis déjà longtemps, la CFDT refuse que la réforme des retraites devienne un enjeu électoraliste pour montrer qui sera le plus réformateur au contraire le plus social. ( Notons que le Medef est aussi d’accord pour le report après les présidentielles de la réforme des retraites car elle craint également la dérive des promesses avant 2022).
  • Compte tenu du paysage politique Il n’est pas impossible que certains ultra-libéraux proposent un report de l’âge de la retraite jusqu’à 70 ans alors qu’à l’inverse des gauchistes proposent une retraite à 55 ans.
  • À ce petit jeu, on risque de déboucher sur des propositions particulièrement démagogiques et incohérentes. Pourtant la CFDT  n’est pas opposée à la réforme en privilégiant l’allongement de la durée de cotisation. Un phénomène d’ailleurs largement entamé  puisque dans le privé, le départ réel s’effectue après 63 ans. Reste que la moitié des prétendants à la retraite sont au chômage et que se posent  aussi les conditions de maintien des seniors  dans l’emploi.
  • La CFDT estime que le scénario de départ à la retraite de 62 à 64 ans, sérieusement envisagé par le gouvernement selon Les Echos, serait particulièrement préjudiciable aux « travailleurs de la deuxième ligne ». « Ça ne passera pas comme ça, c’est impossible », a-indiqué la CFDT, n’excluant pas de redescendre dans la rue si, malgré tout, le gouvernement garde ce cap. « Ce qui est sûr, c’est que la CFDT est opposée à un relèvement brutal de l’âge de départ en retraite. Le faire cet automne, parce que c’est la seule voie de passage, c’est politiquement dingue, et socialement, ce sera explosif ».
  • Laurent Berger a d’ailleurs tenu à mettre en avant ce qu’il considère comme « un point de départ assez injuste ». « On fait croire que les choses seraient statiques aujourd’hui. Or la durée de cotisation continue d’augmenter et les gens continuent de partir de plus en plus tard, parce qu’il y a la loi Touraine, avec l’augmentation de la durée de cotisation », a-t-il expliqué. Le leader de la CFDT s’est toutefois dit ouvert à la discussion, qu’il s’agisse de « l’évolution de notre système de protection sociale ou de nos services publics », tout en refusant catégoriquement « les deals qui n’ont pas de sens ».

Retraite-Non à la politisation de la réforme (CFDT)

Retraite-Non à la politisation de la réforme (CFDT)

  • D’une certaine manière, et depuis déjà longtemps, la CFDT refuse que la réforme des retraites devienne un enjeu électoraliste pour montrer qui sera le plus réformateur au contraire le plus social. ( Notons que le Medef est aussi d’accord pour le report après les présidentielles de la réforme des retraites car elle craint également la dérive des promesses avant 2022).
  • À ce petit jeu, on risque de déboucher sur des propositions particulièrement démagogiques et incohérentes. Pourtant la CFDT  n’est pas opposée à la réforme en privilégiant l’allongement de la durée de cotisation. Un phénomène d’ailleurs largement entamé  puisque dans le privé, le départ réel s’effectue après 63 ans. Reste que la moitié des prétendants à la retraite sont au chômage et que se posent  aussi les conditions de maintien des seniors  dans l’emploi.
  • La CFDT estime que le scénario de départ à la retraite de 62 à 64 ans, sérieusement envisagé par le gouvernement selon Les Echos, serait particulièrement préjudiciable aux « travailleurs de la deuxième ligne ». « Ça ne passera pas comme ça, c’est impossible », a-indiqué la CFDT, n’excluant pas de redescendre dans la rue si, malgré tout, le gouvernement garde ce cap. « Ce qui est sûr, c’est que la CFDT est opposée à un relèvement brutal de l’âge de départ en retraite. Le faire cet automne, parce que c’est la seule voie de passage, c’est politiquement dingue, et socialement, ce sera explosif ».
  • Laurent Berger a d’ailleurs tenu à mettre en avant ce qu’il considère comme « un point de départ assez injuste ». « On fait croire que les choses seraient statiques aujourd’hui. Or la durée de cotisation continue d’augmenter et les gens continuent de partir de plus en plus tard, parce qu’il y a la loi Touraine, avec l’augmentation de la durée de cotisation », a-t-il expliqué. Le leader de la CFDT s’est toutefois dit ouvert à la discussion, qu’il s’agisse de « l’évolution de notre système de protection sociale ou de nos services publics », tout en refusant catégoriquement « les deals qui n’ont pas de sens ».

Social-Non à la politisation de la réforme des retraites (CFDT)

Social-Non à la politisation de la réforme des retraites (CFDT)

  • D’une certaine manière et depuis déjà longtemps, la CFDT refuse que la réforme des retraites devienne un enjeu électoraliste pour montrer qui sera le plus réformateur au contraire le plus social. À ce petit jeu, on risque de déboucher sur des propositions particulièrement démagogiques et incohérentes. Pourtant la CFDT  n’est pas opposée à la réforme en privilégiant l’allongement de la durée de cotisation. Un phénomène d’ailleurs largement court puisque dans le privé, le départ réel s’effectue après 63 ans. Reste que la moitié des prétendants à la retraite sont au chômage et que se posent  aussi les conditions de maintien des seniors  dans l’emploi.
  • Estime que le scénario de départ à la retraite de 62 à 64 ans, sérieusement envisagé par le gouvernement selon Les Echos, serait particulièrement préjudiciable aux « travailleurs de la deuxième ligne ». « Ça ne passera pas comme ça, c’est impossible », a-t-il prédit, n’excluant pas de redescendre dans la rue si, malgré tout, le gouvernement garde ce cap. « Ce qui est sûr, c’est que la CFDT est opposée à un relèvement brutal de l’âge de départ en retraite. Le faire cet automne, parce que c’est la seule voie de passage, c’est politiquement dingue, et socialement, ce sera explosif », a-t-il affirmé.
  • Réforme des retraites : « C’est politiquement totalement dingue, et socialement ce sera explosif », déclare Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT
  • Laurent Berger a d’ailleurs tenu à mettre en avant ce qu’il considère comme « un point de départ assez injuste ». « On fait croire que les choses seraient statiques aujourd’hui. Or la durée de cotisation continue d’augmenter et les gens continuent de partir de plus en plus tard, parce qu’il y a la loi Touraine, avec l’augmentation de la durée de cotisation », a-t-il expliqué. Le leader de la CFDT s’est toutefois dit ouvert à la discussion, qu’il s’agisse de « l’évolution de notre système de protection sociale ou de nos services publics », tout en refusant catégoriquement « les deals qui n’ont pas de sens ».

Non à la politisation de la réforme des retraites (CFDT)

  • Non à la politisation de la réforme des retraites (CFDT)
  • D’une certaine manière et depuis déjà longtemps, la CFDT refuse que la réforme des retraites devienne un enjeu électoraliste pour montrer qui sera le plus réformateur au contraire le plus social. À ce petit jeu on risque de déboucher sur des propositions particulièrement démagogiques et incohérentes. Pourtant laCFDT  n’est pas opposée à la réforme en privilégiant l’allongement de la durée de cotisation. Un phénomène d’ailleurs largement court puisque dans le privé, le départ réel s’effectue après 63 ans. Reste que la moitié des prétendants à la retraite sont au chômage et que se posent  aussi les conditions de maintien des séniors  dans l’emploi.
  • Estime que le scénario de départ à la retraite de 62 à 64 ans, sérieusement envisagé par le gouvernement selon Les Echos, serait particulièrement préjudiciable aux « travailleurs de la deuxième ligne ». « Ça ne passera pas comme ça, c’est impossible », a-t-il prédit, n’excluant pas de redescendre dans la rue si, malgré tout, le gouvernement garde ce cap. « Ce qui est sûr, c’est que la CFDT est opposée à un relèvement brutal de l’âge de départ en retraite. Le faire cet automne, parce que c’est la seule voie de passage, c’est politiquement dingue, et socialement, ce sera explosif », a-t-il affirmé.
  • Réforme des retraites : « C’est politiquement totalement dingue, et socialement ce sera explosif », déclare Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT
  • Laurent Berger a d’ailleurs tenu à mettre en avant ce qu’il considère comme « un point de départ assez injuste ». « On fait croire que les choses seraient statiques aujourd’hui. Or la durée de cotisation continue d’augmenter et les gens continuent de partir de plus en plus tard, parce qu’il y a la loi Touraine, avec l’augmentation de la durée de cotisation », a-t-il expliqué. Le leader de la CFDT s’est toutefois dit ouvert à la discussion, qu’il s’agisse de « l’évolution de notre système de protection sociale ou de nos services publics », tout en refusant catégoriquement « les deals qui n’ont pas de sens ».

Laurent Berger , CFDT, contre la suppression des tickets restaurant

Laurent Berger , CFDT, contre la suppression des tickets restaurant

A juste titre le patron de la CFDT, Laurent Berger critique les entreprises qui ont refusé de s’inscrire pleinement dans les possibilités de télétravail. Le responsable syndical critique aussi les entreprises qui elle ont appliqué le télétravail mais en ont profité pour supprimer les tickets restaurant qui constituent  évidemment un accessoire de rémunération.

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises dont on se demande à quoi il sert, a tenu à relativiser : «de nombreuses entreprises sont en difficulté. Elles n’enlèvent pas les tickets restaurant par plaisir.»

 

Première observation Alain griset ne connaît rien aux accords salariaux, deuxième observation télétravail ou pas, le repas de midi génère des frais.

Salaire : pour une hausse de 15 % dans le secteur médical (CFDT)

Salaire : pour une hausse de 15 % dans le secteur médical (CFDT)

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, constate :

 

« que les fiches de paie des femmes dans le secteur médico-social sont inférieures à la moyenne de plus de 25 %» et «leurs conditions de travail et d’emploi sont marquées par un fort recours au temps partiel et aux contrats précaires, une sinistralité élevée, un taux important d’arrêts de travail et une absence de reconnaissance de la pénibilité de leurs emplois».

 

Il appelle dans une tribune publiée par le JDD à une hausse immédiate de 15% des salaires dans le secteur social et médico-social, où les salariés sont «aux trois quarts des femmes» qui devraient être «LA grande cause du quinquennat», à ses yeux.

Crise: jouer collectif et non de manière individuelle ou technocratique (Berger,CFDT)

Crise: jouer collectif et non de manière individuelle ou technocratique (Berger,CFDT)

 

Le secrétaire général de la CFDT paraît conscient de l’ampleur de la crise et propose de la gérer de manière plus collective en tenant compte des réalités sectorielles et locales et en intégrant les perspectives du monde d’après .

“Il y a sans doute plusieurs scénarios possibles, du moins pire au pire. Mais il n’y en n’a pas de bon. La récession qu’on est en train de connaître n’a sans doute pas de précédent dans l’histoire”, a déclaré Laurent Berger lors d’une interview accordée à Reuters.

“Soit on décide, parce que ça va être difficile, de rester planqués les uns et les autres (…), soit, on se relève les manches et on se dit : ‘qu’est ce qu’on fait’?”

La période de confinement a déjà entraîné en France une contraction de l’économie sans précédent, de près de 6% au premier trimestre.

Pour Laurent Berger, il va falloir travailler “filière par filière, territoire par territoire”, pour préserver un maximum d’emplois et en développer d’autres.

Il plaide notamment pour un meilleur accompagnement des entreprises, des aides renforcées pour les chômeurs, un transfert plus facile de compétences d’un secteur à l’autre, un soutien pour les jeunes arrivant sur le marché du travail et, surtout, des investissements massifs dans des secteurs créateurs d’emplois.

“J’ai redis au ministère du travail qu’il fallait jouer en offensif : où sont les secteurs où on peut créer de l’emplois? La transition écologique en est un”, dit le syndicaliste qui cite également le secteur des aides à la personne.

“Il y a beaucoup de raisons d’avoir des inquiétudes mais il y a beaucoup d’opportunités si on veut construire (…) un modèle économique plus vertueux sur la question sociale et environnementale, un modèle de société plus inclusif”, a-t-il souligné.

Ce modèle ne peut être imposé verticalement par l’exécutif, ajoute-t-il, appelant ainsi au lancement dès cet été d’une grande conférence sociale et écologique, réunissant corps intermédiaires et gouvernants, pour fixer les grands principes de cette réforme. »

Renault: la CGT « irresponsable « pour la CFDT

Renault: la CGT « irresponsable « pour la CFDT

 

Le Tribunal du Havre a ordonné jeudi l’arrêt de la production de l’usine à la suite d’une procédure en référé portée par la CGT Sandouville.

“Ce qui s’était passé à Sandouville, c’était un dialogue social assez exemplaire sur la reprise d’activité en toute sécurité pour les travailleurs”, a déclaré Laurent Berger sur France inter. “La posture de la CGT est irresponsable et infondée.”

“La réalité, c’est que l’usine va rester fermée lundi, que les 700 intérimaires vont être renvoyés chez eux. Donc je pense qu’il faut arrêter ce type de pratique et qu’il faut plutôt favoriser le dialogue social”, a-t-il ajouté.

“On voit bien qu’il y a deux attitudes syndicales : il y a celles qui sont prêtes à tout pour stopper l’activité – et ce n’est pas un service rendu aux travailleurs (…)- et celles, qui sont plus nombreuses à Renault, qui veulent négocier des conditions de reprise acceptables en toute sécurité.”

L’usine, qui employait l’an dernier environ 1.900 personnes, avait été la deuxième usine française de Renault à reprendre une activité partielle fin avril. A l’arrêt depuis mi-mars à cause de l’épidémie de coronavirus, le site produit le Renault Trafic et des dérivés du fourgon pour Fiat et Nissan.

« Travailler plus ». Laurent Berger CFDT règle ses comptes avec Macron

« Travailler plus ». Laurent Berger  CFDT règle ses comptes avec Macron

 

Une réaction assez curieuse et brutale de la part du secrétaire général de la CFDT qui oppose un non définitif à la proposition du gouvernement et du patronat de travailler plus pour compenser la perte de production pendant la crise sanitaire. D’une certaine façon,  il s’agit du réponse du » berger » à la bergère. En effet, Laurent Berger n’aura guère apprécié tout au long de l’épisode de la réforme des retraites et avant celle de l’Unedic- la position très étatiste de Macron qui en quelque sorte s’est complètement assis sur la concertation des partenaires sociaux. À de nombreuses reprises Laurent Berger a proposé sa médiation y compris d’ailleurs lors de la révolte des gilets jaunes.

À aucun moment il n’a été entendu et la stratégie du gouvernement a consisté à faire semblant d’écouter les organisations syndicales mais à poursuivre ses objectifs. Il est clair que le gouvernement aura besoin des partenaires sociaux pour engager des négociations sur la nécessité de redresser une économie qui va dans un premier temps se traduire par une vague de défaillance sans précédent et faire monter le chômage jusqu’à 20 % au lieu de 8 % 2019. Macron va sans doute promettre de  changer de logiciel, c’est-à-dire officiellement annoncé l’abandon de réformes qui n’ont jamais eu le soutien majoritaire de l’opinion publique.

Il va sans doute également tenter de proposer ce que Gilles Legendre vient d’appeler le « pacte républicain », c’est-à-dire une autre façon de gouverner en intégrant des analyses et des stratégies différentes de celles prises en compte jusque-là. Bref une forme de dialogue réel avec la société française. Le problème c’est que cette proposition intervient seulement pour faire admettre la rigueur. D’où cette réplique cinglante de la CFDT. Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a en effet jugé dimanche soir «indécente» la piste esquissée ce week-end par le gouvernement et le Medef qui consisterait à «travailler plus» à l’issue de la crise liée à l’épidémie de coronavirus pour redresser l’économie française.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a estimé, dans une interview publiée dans nos colonnes samedi, qu’il faudrait à l’issue de la crise se poser la question «du temps de travail, des jours fériés et des congés payés» pour accompagner la reprise économique.

Le même jour, la secrétaire d’État à l’Économie Agnès Pannier-Runacher a prévenu qu’il faudrait «probablement travailler plus que nous ne l’avons fait avant» et «mettre les bouchées doubles pour créer de la richesse collective» à l’heure où la France fait face à la pire récession économique depuis 1945.«C’est totalement indécent», a réagi Laurent Berger sur France 2. «Aujourd’hui, les travailleurs comme tout le monde sont en train de payer le coût de cette crise. Ce n’est pas à eux de payer ensuite par des slogans qui sont lancés aujourd’hui, les vieilles lunes qui reviennent».

«Puisque certains, notamment le patronat, veulent parler de la suite, on ferait mieux de parler de comment les entreprises contribueront demain au bien commun, quels seront leurs engagements pour développer une économie plus vertueuse», a-t-il ajouté, jugeant la polémique «indigne». Le numéro un de la centrale réformiste a par ailleurs estimé que la réforme des retraites – suspendue en raison de la crise liée à l’épidémie de coronavirus – n’était «plus d’actualité».

Pas de dividendes: la ministre du travail d’accord avec le CFDT

Pas de dividendes: la ministre du travail d’accord avec le CFDT

“Je comprends la démarche de la CFDT et avec Bruno Le Maire ( ndlr, le ministre de l’Economie), nous pensons que, pour commencer, pour les entreprises où l’Etat est actionnaire, même minoritaire, on va leur demander de ne pas verser de dividendes en tout cas à des particuliers, à des individus”, a-t-elle dit sur CNews en réponse à une question sur la demande de la confédération syndicale de suspendre le versement des dividendes cette année.

“Je crois que dans ce contexte, tout le monde doit montrer que le partage de la valeur, c’est aussi une solidarité et donc c’est la démarche qu’on va pousser”, a-t-elle ajouté.

L’Etat dispose notamment de participations dans ADP, Airbus, Air France-KLM, EDF, Engie, Eramet, la FDJ, Orange, Renault, Safran et Thales.

Le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu, a déclaré que le groupe avait besoin d’un peu de temps avant de se prononcer sur ce sujet.

“Les questions posées autour du dividende sont de bonnes questions. Laissons au conseil d’administration le temps d’absorber toutes les informations venant du groupe et de prendre dans ce domaine la décision qui nous paraîtra la plus sage”, a-t-il déclaré sur BFM Business.

L’absence de dividende priverait l’Etat d’importantes recettes. Pour Engie, dont il détient une participation 23,6%, l’abandon du dividende représenterait ainsi un manque à gagner de quelque 461 millions d’euros pour Bercy.

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