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Retraites : Laurent Berger (CFDT) durcit le ton.

Retraites : Laurent Berger (CFDT) durcit le ton.

 

Pour Laurent Berger, très insatisfait de la concertation avec le gouvernement, les choses sont claires ;  si des mesures financières sont prises dès 2020 (allongement de la durée de cotisations par exemple), alors les discussions seront terminées pour la CFDT. Le syndicat se fonde sur les perspectives financières du régime de retraite qui tend  vers l’équilibre. On sent que le leader de la CFDT monte le ton d’une part pour exprimer son mécontentement sur le fond mais aussi sur la forme. Laurent Berger affirme même qu’il y aurait des raisons de se mobiliser sans trop de difficultés sur les retraites si les mesures brutales étaient prises. D’une certaine manière, Laurent Berger exprime aussi son total désaccord avec la manière dont le gouvernement traite les organisations intermédiaires notamment les syndicats. La concertation avec le gouvernement est en effet le plus souvent très formelle. De toute façon, le gouvernement ne tient pratiquement pas compte de l’avis des partenaires sociaux. «S’il s’agit de rendre le fonctionnement du système des retraites plus juste et plus lisible, la CFDT participera à la concertation», explique-t-il ainsi. En revanche, il prévient : «Si l’annonce est doublée d’une mesure applicable dès 2020, par exemple l’augmentation de la durée de cotisations, la discussion sera terminée pour la CFDT.» Laurent Berger a également évoqué la réforme de l’assurance chômage, «totalement injuste», et qui ne semble pourtant pas «agiter les foules». «1,2 million de chômeurs vont voir leurs allocations réduites (…) En 2020, quand les demandeurs d’emploi vont subir les conséquences de cette réforme,

Assurance chômage: ils mentent (Laurent Berger, CFDT)

Assurance chômage: ils mentent (Laurent Berger, CFDT)

Laurent Berger n’a pas une réputation de démagogue. Cette fois, il accuse clairement le gouvernement de mensonge. Ce qu’il dénonce surtout c’est l’habillage que le qui affirme  qu’il s’agit d’un moyen de lutter contre la précarité alors que la CFDT considère qu’au contraire le changement des règles va enfoncer un peu plus les précaires. Il ne s’agit pas d’une véritable réforme structurelle mais plutôt d’un ajustement exclusivement budgétaire. De toute manière, il est vraisemblable que le gouvernement ne changera pas sa réforme car il n’a pas l’habitude de prendre en compte la vie des corps intermédiaires et même du Parlement.

. «C’est une réforme purement budgétaire et qui va faire beaucoup d’économies et sans doute beaucoup plus que celles annoncées, tellement les règles sont dures», a-t-il insisté.

«Il y a un petit sous-jacent qui est que les demandeurs d’emploi, notamment ceux qui alternent des contrats courts et des périodes de chômage, ce serait des profiteurs», a-t-il encore dit. «Et moi je m’insurge contre ça». «J’en ai assez de ces responsables qui font de la communication et qui ne disent pas exactement les choses», a-t-il aussi dit, déplorant «le recul du consentement à la solidarité» en France. La réforme de l’assurance chômage, «on n’en parlera plus dans une semaine et cela va s’ancrer dans la vie quotidienne de milliers, de centaines de milliers de chômeurs», a-t-il regretté.

La CFDT «n’aura de cesse de démontrer que cette réforme, elle est profondément injuste et aura des conséquences très graves», a-t-il dit.

Annonces de Macron : il faut du « concret » et de la « justice » (Laurent Berger,CFDT))

Annonces de Macron : il faut  du « concret » et de la « justice » (Laurent Berger,CFDT))

 

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que Laurent Berger ne s’est pas montré très enthousiaste vis-à-vis du  des gilets jaunes et pas davantage vis-à-vis des conseillers de Macron. Il reproche aux uns  leur orientation sulfureuse et aux autres leur condescendance voire leur mépris vis-à-vis des corps intermédiaires. Bref Laurent Berger a réaffirmé sa posture de syndicaliste près à lutter pour la défense des salariés mais près aussi à négocier même si jusqu’ici le pouvoir n’a pas manifesté un réel intérêt pour la médiation syndicale. Une situation dangereuse pourrait conduire à la remise en cause de la démocratie pour le leader de la CFDT. Pour lui, la relation directe pouvoir citoyen peut déboucher sur des risques de régime totalitaire.  »On a besoin d’un cap clair, pour montrer que la transition écologique peut se faire dans la justice sociale », ainsi que de « mesures concrètes », notamment sur les questions de mobilité domicile/travail, de la rénovation thermique des logements et de la « justice fiscale », a fait valoir le responsable syndical sur BFMTV. « Je ne suis pas anti-riches, mais lorsqu’un pays a besoin de faire des efforts, ils doivent être partagés : ceux qui gagnent plus doivent être mis à contribution davantage », a-t-il ajouté. Déplorant que, dans le cadre du grand débat, « presque 55% des citoyens disent qu’ils aimeraient qu’il y ait moins de solidarité », le patron de la CFDT a fait part de son inquiétude face à une « société qui se délite », « où la solidarité n’a plus de sens ».  »J’ai peur qu’on aille vers une société avec des relents totalitaristes », qui ne soit plus en capacité de « faire se confronter des intérêts divergents pacifiquement pour qu’émergent des compromis ». « Je ne veux pas voir arriver au pouvoir un jour » le Rassemblement national en France, a ajouté Laurent Berger. « On veut continuer à se foutre sur la gueule comme ça tous les samedis, ou on veut essayer de trouver des solutions pour le pays? Moi je veux trouver des solutions pour le pays », a martelé le patron de la CFDT. Avec l’ancien ministre Nicolas Hulot et une quinzaine de responsables associatifs, Laurent Berger a signé une tribune dans le Journal du dimanche appelant à « un profond sursaut politique pour que ce quinquennat » ne soit pas « perdu pour la transition écologique et la justice sociale ».

Le texte de cette tribune  

Des responsables d’associations et de syndicats pour articuler dès maintenant transition écologique et justice sociale et qui dénonce au passage la confusion entre ras le bol fiscal et justice fiscale. (Dans le JDD)

«  Nous n’avons plus le temps d’attendre. Pour démultiplier nos efforts pour le climat et la biodiversité. Pour donner des perspectives aux plus fragiles et isolés d’entre nous. Pour remettre les salariés de ce pays au cœur de la vie économique. Nous n’avons vraiment plus de temps à perdre, alors, comme beaucoup de Français, nous appelons à un profond sursaut politique pour que ce quinquennat ne soit pas un quinquennat perdu pour la transition écologique et la justice sociale.

Mais force est de constater que les dernières semaines ont fait place à un concert de voix politiques en faveur d’une interprétation très réductrice de l’expression des Français. L’urgence de la baisse des dépenses publiques et des impôts serait la principale leçon à tirer de cinq mois d’occupation des ronds-points, de marches pour le climat sans précédents et de quatre mois de grand débat auquel plus d’un million de citoyens et la société civile se sont prêtés.

Le sujet est épineux alors il ne faut pas entendre ce que nous n’écrivons pas. Payer plus ou moins d’impôts et de taxes n’est pas un petit sujet dans le quotidien de chacun. Mais là où certains veulent voir un ras-le-bol fiscal, nous voyons un ras-le-bol de l’injustice fiscale. La nuance est de taille. Et, disons-le, réduire certaines ­dépenses ne ferait pas de mal à notre pays. Bien au contraire. Que l’on pense notamment aux 12 milliards d’euros ­dépensés chaque année en soutien aux énergies fossiles, alors qu’il manque tant de moyens pour isoler les 7 millions de passoires énergétiques, garantir l’accès de tous aux services publics ou dans le lien associatif, facteur de lien social et de vitalité démocratique. Mais dépenser mieux n’est pas un préalable à investir plus. Ces chantiers doivent être menés de front.

 

Les auteurs de la tribune :

  • Nicolas Hulot, président d’honneur de la FNH
  • Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
  • Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre
  • Claire Hédon, présidente d’ATD Quart Monde
  • Orlane François, présidente de la Fage
  • Philippe Jahshan, président du Mouvement associatif
  • Véronique Fayet, Présidente du Secours Catholique-Caritas France
  • Michel Dubromel, Président de FNE
  • Patrick Doutreligne Président de l’Uniopss
  • Laurent Escure Secrétaire général de l’UNSA
  • Jean-Michel Ducomte, Président de la Ligue de l’enseignement
  • Jean-Baptiste de Foucauld, Coordinateur du Pacte civique
  • Bernard Chevassus-au-Louis, Président de Humanité et Biodiversité
  • Morgane Créach, Directrice générale du Réseau Action Climat
  • Pierre Segura, Président de la Fédération nationale des Francas
  • Pierre Henry, Directeur général de France terre d’asile

 

 

 

Pour un « Grenelle du pouvoir d’achat (L. Berger, CFDT)

Pour  un « Grenelle du pouvoir d’achat (L. Berger, CFDT)

C’est la seconde fois que Laurent Berger tend une perche au gouvernement pour se sortir du bourbier social et politique actuel. Il propose un Grenelle du pouvoir d’achat et d’une façon plus générale du pouvoir de vivre incluant la question du logement et du déplacement mais aussi l’environnement. Bref Laurent Berger regrette évidemment l’indifférence voire le mépris du gouvernement à l’égard des corps intermédiaires et de l’hystérisation qui caractérise la période actuelle du fait  du face-à-face direct entre Macron et les citoyens qui se retrouvent dans le mouvement des gilets jaunes. Laurent Berger considère qu’il manque à tout le moins c’est un cap, une vision partagée par une majorité de salariés et de citoyens. Pas sûr cependant que cet appel soit mieux ’écoutée que le précédent si l’on se réfère par exemple aux conditions d’organisation du grand débat qui consiste surtout en un dialogue entre les citoyens et le pouvoir. Un pouvoir  omniprésent dans les médias qui écrase le débat et décidera ce qu’il veut en matière de suite. Ce que pensent d’ailleurs les Français pour 62 % d’entre eux qui considèrent que le gouvernement n’intégrera pas les propositions qui pourraient ressortir de cette grande consultation. Le problème du grand débat c’est que c’est surtout un monologue du pouvoir et non un vrai dialogue. Témoin la posture de Macron, qui répond de manière professorale à des questions mais ne s’inscrit jamais dans un véritable débat

Macron, accélérateur de la colère sociale (Laurent Berger, CFDT)

Macron, accélérateur de la colère sociale (Laurent Berger, CFDT)

 

Le mesuré  secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, dénonce la responsabilité de Macron dans expression de la colère des gilets jaunes. De fait en ignorant les corps intermédiaires, Macron a grandement favorisé cet affrontement direct entre lui et les couches populaires. (Interview JDD)

La pratique du pouvoir d’Emmanuel Macron est-elle à l’origine de la colère sociale actuelle?
Elle l’a accélérée. Ce sentiment que rien n’existe entre le pouvoir et le peuple a provoqué un retour de balle. Le président porte une responsabilité, il y a eu défaillance.

Comment sortir de la crise?
Il faut partager le pouvoir et ­associer davantage les corps intermédiaires ainsi que les citoyens. Il y a donc une question de méthode et de priorités : justice fiscale, transition écologique, répartition des richesses, démocratie participative. Je ne fais pas de l’ISF un totem, mais il faut que les plus hauts revenus soient davantage mis à contribution. Nous devons éteindre collectivement l’incendie. On ne peut pas vivre dans une société hystérisée. Portons des discours responsables. J’assume d’avoir dit que l’extrême droite manipulait les Gilets jaunes, qu’imposer le port d’un Gilet était totalitaire. Chacun doit arrêter de jouer sa partition. Si le gouvernement est capable d’entendre, tant mieux. Sinon la crise s’aggravera.

C’est à rebours de ce qui a été fait?
Le président de la République n’a plus le choix. Il faut une inflexion avec des politiques sociales qui réduisent les inégalités, redonnent du pouvoir d’intervention aux citoyens. Je ne veux pas que la France ressemble à l’Italie ou la Hongrie. Et il y a un risque. On ne peut plus se parler sans s’agresser. La première chose que je ferai quand je ne serai plus secrétaire général, c’est de quitter Twitter! Quand la nuance disparaît, l’intelligence recule, la violence essaime et devient légitime. J’en appelle à l’apaisement. Je ne serai pas de ceux qui prônent le durcissement pour mieux se parer dans des certitudes. Je veux participer à ce que notre pays soit plus juste et fraternel.

Macron ignore même la CFDT

Macron ignore même la CFDT

Le problème central de Macron c’est qu’il ne peut s’appuyer sur aucune structure intermédiaire cela d’autant plus que le parti en marche est une organisation complètement virtuelle. Bref le macronisme n’est pas implanté sur le terrain. Or dès le départ Macron a voulu tuer tout inter $médiation aussi bien politique que syndicale ou associative. Le monarque républicain entendait conduire un dialogue direct avec les Français. De ce point de vue on peut dire qu’il a réussi son coup mais cette démocratie directe lui revient comme un boomerang et aujourd’hui il ne sait plus comment s’y prendre essayer de sortir de cette crise sociale devenue aussi politique. Laurent Berger le secrétaire général de la CFDT au début du mouvement avait proposé une démarche de médiation qui n’a reçu que mépris de la part pouvoir. Preuve encore, Laurent Berger déclare qu’il n’a eu aucun contact avec l’Élysée depuis un mois. “On est dans une impasse. On a un mouvement violent (…) et on a face à cela un gouvernement qui considère qu’il va pouvoir trouver les solutions tout seul, et ça ne marche pas”, a-t-il poursuivi, regrettant de ne pas avoir eu de contact avec le président de la République depuis le 10 décembre dernier, jour de présentation des mesures d’urgence sur le pouvoir d’achat. Pour le syndicaliste, le “grand débat” qui doit débuter le 15 janvier doit s’accompagner “d’une discussion avec les organisations syndicales, patronales, avec les élus locaux”.

Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton

  • Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton
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  • il y a quelques jours la CFDT est  devenue officiellement  le premier syndicat français,  privé et public confondus. Le résultat d’un long travail d’une cinquantaine d’années pour bâtir une stratégie ayant pour objet d’aboutir à des résultats et non de se  limiter à la protestation souvent stérile voire de nature politicienne. Pour autant, cela implique désormais des responsabilités nouvelles pour cette organisation dont la communication voire les propositions ne sont pas à la hauteur de ce que représente aujourd’hui un premier syndicat. Certes récemment, Laurent Berger a proposé une forme de Grenelle pour structurer la négociation sur les revendications économiques et sociales des gilets jaunes. Une nouvelle fois, il n’a reçu que mépris d’un gouvernement qui depuis sa mise en place s’est efforcé de tuer toutes les organisations intermédiaires. Une volonté délibérée de la part de Macron Le boomerang est revenu en pleine figure car il y a évidemment nécessité de transformer un mécontentement en revendication crédible. Jusque-là les gilets jaunes ont surtout fait émerger des besoins, souvent très légitimes mais ces besoins n’ont pas été transformés en demandes revendicatives cohérentes. Le cahier de doléances des gilets jaunes ressemble plutôt à une auberge espagnole, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de l’hétérogénéité sociologique des participants à ce mouvement, des différences idéologiques aussi, sans parler du manque d’expérience sociale des intéressés. La CFDT en tant que syndicat devrait recentrer son action dans le champ social des entreprises et en particulier mettre l’accent sur la question du pouvoir d’achat qui domine et de très loin les autres revendications. Il faut partir de ce pouvoir d’achat pour faire un lien cohérent avec la politique fiscale et énergétique. Il serait temps aussi de réclamer avec une autre force une participation des salariés à la gestion des entreprises, comme en Allemagne. L’objectif étant de permettre aux deux parties (patronale et syndicale) de comprendre  les problématiques respectives   Ce n’est pas la proposition d’un grand débat type grand bazar qui peut faciliter la cohérence d’une plate-forme revendicative négociable. On ne pourra pas revenir sur ce grand débat dont on sait qu’il ne peut pas aboutir à grand-chose sauf sur des queues de cerises. Parallèlement, la CFDT se doit donc de cogner un peu plus fort sur la table afin d’imposer des vrais négociations structurées sur des thèmes syndicaux majeurs comme le pouvoir d’achat. Pas forcément en passant par des journées interprofessionnelles caractérisées par des manifs dans la rue mais par des impulsions par branches qui permettent de s’adapter aux réalités économiques et sociales de chaque secteur, voire de chaque région Il est temps que la CFDT prenne conscience de son nouveau rôle, se fasse entendre pour ne pas participer à ce phénomène pathétique de  l’extinction progressive du syndicalisme.

 

Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton

 

Syndicats : Il serait temps que la CFDT monte un peu le ton

 

 

On a appris il y a quelques jours que la CFDT était devenue officiellement  le premier syndicat français,  privé et public confondus. Le résultat d’un long travail d’une cinquantaine d’années pour bâtir une stratégie ayant pour objet d’aboutir à des résultats et non de se  limiers à la protestation souvent stérile voire de nature politicienne. Pour autant, cela implique désormais des responsabilités nouvelles pour cette organisation dont la communication voire les propositions ne sont pas à la hauteur de ce que représente aujourd’hui un premier syndicat. Certes récemment , Laurent Berger a proposé une forme de Grenelle pour structurer la négociation sur les revendications économiques et sociales des gilets jaunes. Une nouvelle fois, il n’a reçu que mépris d’un gouvernement qui depuis sa mise en place s’est efforcé de tuer toute les organisations intermédiaires. Une volonté délibérée de la part de Macron Le boomerang est revenu en pleine figure car il y a évidemment nécessité de transformer un mécontentement en revendication crédible. Jusque-là les gilets jaunes ont surtout fait émerger des besoins, souvent très légitimes mais ces besoins n’ont pas été transformés en demandes revendicatives cohérentes. Le cahier de doléances des gilets jaunes ressemble plutôt à une auberge espagnole, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de l’hétérogénéité sociologique des participants à ce mouvement, des différences idéologiques aussi sans parler du manque d’expérience sociale des intéressés. La CFDT en tant que syndicat devrait recentrer son action dans le champ social des entreprises et en particulier mettre l’accent sur la question du pouvoir d’achat qui domine et de très loin les autres revendications. Il faut partir de ce pouvoir d’achat pour faire un lien cohérent avec la politique fiscale et énergétique. Il serait temps aussi de réclamer avec une autre force une participation des salariés à la gestion des entreprises, comme en Allemagne.  Ce n’est pas la proposition d’un grand débat type grand bazar qui peut faciliter la cohérence d’une plate-forme revendicative négociable. On ne pourra pas revenir sur ce grand débat dont on sait qu’il ne peut pas aboutir à grand-chose sauf sur des queues de cerises. Parallèlement, la CFDT se doit donc de cogner un peu plus fort sur la table afin d’imposer des vrais négociations structurées sur des thèmes syndicaux majeurs comme le pouvoir d’achat. Pas forcément en passant par des journées interprofessionnelles caractérisées par des manifs dans la rue mais par des impulsions par branches qui permettent de s’adapter aux réalités économiques et sociales de chaque secteur, voire de chaque région Il est temps que la CFDT prenne conscience de son nouveau rôle, se fasse entendre pour ne pas participer à ce phénomène pathétique de  l’extinction progressive du syndicalisme.

La CFDT, devant la CGT, devient le premier syndicat français

La CFDT, devant la CGT,  devient le premier syndicat français

 

Pas de triomphalisme à la CFDT après cette véritable révolution dans le paysage syndical. Il faut dire qu’il ne s’agit pas d’une évolution brutale du rapport de force entre les organisations mais d’une transformation progressive qui a débuté il y a 50 ans pour la CFDT et qui produit ce résultat significatif seulement aujourd’hui. En clair, ce sont deux formes de syndicalisme qui s’oppose  depuis longtemps ; l’un à contenu essentiellement contestataire sur fond d’idéologie plus ou moins marxiste l’autre constitue  syndicalisme progressiste qui fait de la négociation et des résultats l’objet social premier. La progression des syndicats réformistes est d’ailleurs générale elle concerne aussi par exemple l’UNSA. Cette progression est également liée aux transformations économiques et sociologiques dans le pays. La perte de pans entiers industriels a grandement nui à la CGT (on a perdu 1,5 millions d’emplois industriels en une vingtaine d’années) et d’une certaine manière ce déclin a aussi été favorisé par des positions radicales illusoires. La CFDT, elle, entend articuler les problématiques sociales et économiques afin de définir une stratégie gagnante pour les salariés. Pour parler simple la CGT est un syndicat à caractère révolutionnaire et la CFDT un syndicat à vocation réformiste. La CFDT devient donc  devant la CGT le premier syndicat français secteurs privé et public confondus. La CGT est détrônée alors qu’elle dominait depuis sa création en 1895. «La CFDT porte un syndicalisme humaniste, proche des travailleurs, efficace dans l’amélioration de leur quotidien. C’est lui qui est aujourd’hui porté à la première place!», a immédiatement réagi, dans un tweet, Laurent Berger, le secrétaire général de la centrale progressiste et réformiste. Reste que le syndicalisme globalement n’est pas dans une forme optimale. En cause évidemment la crise notamment depuis 2008 mais aussi une certaines cultures individualistes qui éloignent les citoyens des formes d’organisation collective sauf quand de temps en temps comme avec les idées jaunes la cocotte-minute explose. Parmi les facteurs explicatifs de l’affaiblissement syndical particulier en France le fait aussi que le patronat fait tout pour marginaliser les syndicats et qu’il n’y a pas de véritable dialogue entre les partenaires sociaux et avec le gouvernement. Pour preuve récente le fait que Macon s’est complètement assis sur la médiation syndicale en tentant de les déborder par un direct un débat direct avec les Français. Finalement une forme de populisme qui est qui lui est revenu comme un boomerang avec le mouvement des gilets jaunes. Notons que la progression de la CFDT doit aussi beaucoup au fait  qu’elle s’est enfin débarrassée des gauchistes pour clarifier sa ligne syndicale. Ce que FO par exemple n’a pas fait d’où cette relative paralysie, cette contradiction et souvent cette fuite en avant.

Taxer davantage «les très hauts revenus» (Berger ,CFDT)

Taxer davantage «les très hauts revenus» (Berger,CFDT)

 

 

 

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT a été le premier à faire une proposition d’ouverture en suggérant l’organisation d’une vaste concertation sur la politique énergétique et la politique sociale. Une proposition rejetée d’un revers de main par le gouvernement qui reprend aujourd’hui l’idée mais de manière tardive, confuse et contradictoire. Contradictoire car il devrait d’emblée renoncer définitivement à la hausse de fiscalité sur les carburants. Confuse car il remet dans le circuit les partis politiques justement à peu près tous décriés par les gilets jaunes. Confuse car le gouvernement propose d’ouvrir le débat sur la méthode mais en refusant de changer de cap. Tardive car ce qui est aujourd’hui en cause c’est toute la politique économique et sociale et même la représentation nationale. Du coup, s’il reste encore une chance gouvernement de s’en sortir il doit faire une annonce forte du type de celle que fait encore Laurent Berger de la CFDT : à savoir la taxation supplémentaire des très hauts revenus (une manière de réinstaller l’impôt sur la fortune). La réponse au mouvement des « gilets jaunes » ne passera « sûrement pas par le moratoire » sur la fiscalité des carburants, mais par « une tranche d’impôt supplémentaire sur les très hauts revenus » qui « doivent contribuer davantage », a affirmé dimanche le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.  « Le plus grand geste qui pourra être fait, ce n’est sûrement pas le moratoire, même si je comprends qu’en urgence certains voudraient s’y réfugier », a-t-il déclaré lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos. « Le plus grand geste c’est au contraire de considérer que les très hauts revenus dans notre pays doivent contribuer davantage », a-t-il ajouté, affirmant qu’ »il faut rétablir une tranche d’impôt supplémentaire ». Évoquant la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) en début de quinquennat, Laurent Berger a regretté que le gouvernement ait pris « dès le départ une mesure d’aide aux foyers les plus riches », alors que « c’est l’inverse qu’il fallait faire ».

 

Macron n’a pas de politique sociale (Berger, CFDT)

Macron n’a  pas de politique sociale (Berger, CFDT)

 

 

 

Le jugement n’est pas celui d’un gauchiste, d’un corporatiste ou d’un opposant politique mais celui d’un leader syndical responsable qui a fait du  social le cœur de sa stratégie.   »Il n’y a pas de politique sociale digne de ce nom dans notre pays depuis le début du quinquennat », a déclaré Laurent Berger devant des journalistes lors du 42e congrès de la Mutualité française à Montpellier. En dépit des appels réitérés du syndicat réformiste à réellement négocier, Macron a toujours fait preuve du plus grand mépris pour la politique sociale et les organisations qui la défendent. Sa philosophie jupitérienne le conduit à décider seul de tout en marchant sur le ventre des corps intermédiaires et surtout en privilégiant une ligne pro business qui ignore les réalités sociales. Or Macon a déjà peu de légitimité en matière d’économie qu’il confond avec l’intérêt de la finance mais  dans le domaine social, c’est l’ignorance totale et l’indifférence. Pour preuve,  il n’a jamais cherché, comme en Allemagne par exemple à associer davantage les partenaires sociaux aux grandes décisions. La loi pacte témoigne de cette indifférence et de ce mépris pour le social. Pour Macron ceux   qui bénéficient des prestations sociales sont forcément responsables et coupables de leur situation. Une vision évidemment manichéenne qui témoigne d’une méconnaissance totale des réalités concrètes. Mercredi, le chef de l’État était venu au même endroit pour dessiner les grandes lignes d’une « révolution profonde qui redonne leurs droits aux Français », quitte à « contrôler et « responsabiliser » ceux qui ont fini par « s’installer dans une forme d’exclusion ». « La responsabilisation, c’est des moyens accrus pour l’accompagnement, pour aider les personnes en situation difficile à avoir recours aux droits », a réagi M. Berger. »Dans le discours, il y a ce qui est dit autour de il faut responsabiliser, mais il manque le côté il faut protéger », a-t-il observé, ajoutant qu’ »on n’aura pas de politique de lutte contre la pauvreté si on n’assume pas un haut niveau de solidarité dans notre pays ». Le mépris de Macon pour la dimension sociale pourra pourrait lui coûter très cher car c’est sur le résultat du chômage qu’il sera essentiellement jugé et non sur les propos réducteurs et à la mode du modèle de start-up même lorsque le discours est truffé d’anglicismes ridicules. La réalité économique et sociale est autrement plus complexe et mérite un autre traitement.

 

Grève SNCF : la CFDT décide une trêve pendant le bac

Grève SNCF : la CFDT décide une trêve pendant le bac  

La CFDT Cheminots (4e syndicat mais premier syndicat des roulants), a appelé mardi à suspendre le conflit pendant les épreuves du bac, les 18 et 22 juin, dans les TER et RER. Le bac étant source « de stress », le syndicat a souhaité « faciliter les déplacements » des candidats. Cette suspension partielle est aussi pour lui « un signe de bonne volonté » avant la réunion tripartite. Mais l’Unsa ferroviaire (2e syndicat), qui avait proposé en vain la semaine dernière à l’intersyndicale de « mettre la grève entre parenthèses » pendant le bac, a déploré cette décision unilatérale de la CFDT, hors concertation avec ses partenaires. « Une méthode » susceptible de « faire éclater l’unité syndicale », a déploré auprès de l’AFP Roger Dillenseger, son secrétaire général. Dans un communiqué, SUD-Rail assure que « la sortie de la CFDT de l’interfédérale ne sonne pas la fin du mouvement » et propose « aux cheminots d’agir cet été, en ciblant des périodes ».

Congrès CFDT : Laurent Berger renforcé

Congrès  CFDT : Laurent Berger renforcé

 

83,36% ont approuvé le rapport d’activités de Laurent Berger pour les quatre dernières années du mandat du secrétaire général. Certains d’entre eux se sont toutefois montrés critiques vis-à-vis de sa méthode, la jugeant peu efficace face aux réformes sociales d’Emmanuel Macron qui amoindrissent, selon eux, les droits des travailleurs (les réformes du Code du travail, de l’assurance chômage, de la formation professionnelle ou encore de la Fonction publique). Le dirigeant de la CFDT, qui a refusé de manifester aux côtés de la CGT à l’automne dernier pour dénoncer les ordonnances modifiant le Code du travail, a défendu sa ligne de conduite, estimant avoir obtenu des concessions. “A la CFDT, nous exerçons une combativité qui est celle attachée à la recherche de résultats concrets pour les travailleurs”, a-t-il déclaré devant quelque 1.750 délégués syndicaux avant le vote. Reprenant une expression qui avait marqué le monde social en novembre dernier, il ajoute que “le syndicalisme est mortel”. Il est “mortel quand il se limite à dénoncer”, “quand il montre son impuissance et s’enferme dans la spirale d’une radicalité stérile”, “quand il confond son combat avec un combat politique”. “Mais pas le nôtre”, précise-t-il. “Pas le nôtre si nous savons évoluer pour faire face aux défis de notre temps”. Il admet que “dans le contexte actuel”, la centrale devra “réfléchir et expérimenter” d’autre formes d’action pour exprimer ses désaccords, charge qui incombera au nouveau bureau national élu jeudi. Ce bureau doit également renouveler son mandat. Le “gouvernement ne pourra pas continuer quatre ans sur la même ligne”, ajoute-t-il pour rassurer ses militants. “Il n’y aura pas de transformation en profondeur de la société contre ses acteurs, sans ceux qui mettent en œuvre les réformes”.

CFDT : quelle ligne pour affronter le mépris de Macron ?

 

Depuis des années la CFDT a fait de sa ligne réformatrice l’axe de sa stratégie. L’objectif est de privilégier la démocratie sociale en utilisant de manière prioritaire la négociation et non le conflit. Se pose cependant un problème redoutable pour la CFDT, Macron ignore à peu près complètement les syndicats. Ils méprisent évidemment les syndicats gauchistes mais ignore aussi les syndicats modérés. Certes on a constaté quelques rares  négociations positives mais le plus souvent il s’agit surtout de concertation ; le gouvernement ou ses représentants entendent les points de vue syndicaux mais n’en tiennent  pas compte. Sans doute enivré par sa victoire électorale et la crise des partis d’opposition, Macron marche sur le ventre des corps intermédiaires (parlement y compris !). D’une certaine manière, ils les provoquent en annonçant par avance sa proposition finale avant toute confrontation des idées et des projets. Bref la technocratie dans son aspect le plus détestable, une technocratie étatiste de type monarchique forcément très centraliste.  Si on comprend éventuellement l’intérêt de tuer ou de marginaliser les opposants politiques, il en va différemment des organisations syndicales qui ne sont pas des concurrentes politiques potentielles.  Du coup la ligne réformiste de la CFDT a du mal à justifier de son intérêt. Il lui faut en effet des résultats pour se distinguer des syndicats radicalisés pour qui la lutte est plus importante que l’objet même de la grève. Macron comprendra sans doute avec le temps qu’il ne cesse de fabriquer des mécontentements partout. La condescendance, l’indifférence ou le mépris ne peuvent produire qu’à des frustrations. L’exemple le plus significatif est  sans doute celui de la SNCF où on aurait pu avec une vraie négociation éviter cette grève de plus d’un mois qui aura des conséquences sociales mais aussi économiques. Le secrétaire général Laurent Berger briguera un nouveau mandat, après six ans passés à la tête de l’organisation qui est devenue en mai 2017 le premier syndicat dans le secteur privé. Si son poste n’est pas en danger, il entend réaffirmer la ligne directrice de la CFDT, “une ligne qui prône le dialogue social et la démocratie sociale comme méthode de transformation”, dans un contexte où les organisations syndicales durcissent le ton pour s’opposer aux réformes sociales du gouvernement. “Il faut qu’on puisse débattre de notre stratégie syndicale”, a-t-il dit jeudi lors d’un échange avec des membres de l’Association des journalistes de l’information (Ajis). “Le jeu des acteurs aujourd’hui fait qu’on a une absence de patronat en terme d’interlocuteurs”. Et côté gouvernement, il y a une volonté de “jouer bloc contre bloc”, de mener à “l’affrontement plutôt que d’écouter, de concerter vraiment”. La meilleure arme pour y répondre, selon lui, c’est encore l’”argumentation”. Mais le secrétaire général nie tout “raidissement” de la part de la CFDT. “S’il y a une parole forte exprimée par la CFDT, c’est que la façon de concevoir la démocratie sociale, la façon de mettre en oeuvre un certain nombre de réformes (…), ce n’est pas une méthode qui nous convient.”

Grève SNCF : deux semaines importantes (Laurent Berger, CFDT)

Grève SNCF : deux semaines importantes (Laurent Berger, CFDT)

Associée dans la grève SNCF, la CFDT entend cependant se distinguer des syndicats d’extrême gauche. Son objectif est d’aboutir à un compromis qui sauvegarde l’avenir et non la fuite en avant de la radicalité pour la radicalité. Laurent Berger avait déjà prévenu, il fauta avancer sur la dette, le financement des investissements, la non privatisation de la SNCF  et les conditions sociales de ceux qui seront privés du statut. Sur ces 4 points la discussion avance d’autant plus qu’elle est boycottée par Sud et la CGT lors des rencontres au ministère des transports. Pour autant, la CFDT ne veut pas « relâcher la pression » avant la fin du débat parlementaire et juge les deux prochaines semaines « décisives ». « Nous sommes dans les 10 derniers kilomètres » du « marathon » de la réforme de la SNCF, estime son secrétaire général Laurent Berger, « et ce ne sont pas les plus simples à courir ». Dans une interview au JDD, il note les « avancées » dans les discussions avec le gouvernement évoquant notamment la reprise d’une partie de la dette par l’Etat ou « l’incessibilité du capital des trois entités composant la SNCF ». Laurent Berger se dit « très fier du travail accompli par la CFDT cheminots pour porter des amendements permettant d’équilibrer la réforme » même si selon lui « il reste des points à éclaircir ». Il fustige également la participation de la CGT à la manifestation du 26 mai en compagnie notamment de la France insoumise. « Est-ce le rôle d’une organisation syndicale d’aller se perdre dans ces combats-là, au nom d’une soi-disant convergence des luttes qui remet en cause l’indépendance syndicale? » Selon Laurent Berger cette décision « peut engendrer une grosse source de confusion pour le syndicalisme ».

 

SNCF: des promesses à la CFDT et à l’UNSA

SNCF: des promesses à la CFDT et à l’UNSA

Elisabeth Borne a rendu publiques des avancées avec la CFDT et l’UNSA ; Sans doute parce que des négociations avancent sur certains sujets aussi parce que comme la CGT et Sud refusent de participer aux réunions, c’est l’occasion accentuer la division entre les organisations. Les avancées concernent les verrous pour empêcher la privatisation, le statut social de la future SNCF ((même régime, représentations syndicales et convention collective à l’échelle du groupe).) et les conditions de transfert de certains cheminots à la concurrence. Reste ensuite aussi à préciser l’importante question de la reprise de la dette par l’Etat. Ces modifications doivent être intégrées sous la forme d’amendements au texte initial de l’exécutif, dont l’examen doit débuter le 29 mai en séance publique au Sénat. Elles portent sur deux volets : l’unité sociale de la future SNCF et les conditions dans lesquelles certains cheminots seront transférés à la concurrence, une fois le marché ouvert, a précisé la ministre lors d’une audition au Sénat. Devant la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable, elle a également confirmé l’inscription de l’incessibilité des titres de la SNCF, comme le réclamait notamment la CFDT. Au passage, elle a adressé un satisfecit à “deux organisations syndicales qui ont accepté de s’inscrire dans une démarche constructive” par opposition à la CGT et SUD, absentes des dernières réunions de négociations. La CFDT a proposé 42 amendements, l’Unsa une trentaine. “Il y a des avancées”, selon Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT-cheminots, joint par Reuters. “Des avancées notables”, aux yeux de Florent Monteilhet, de l’Unsa-ferroviaire, deuxième force syndicale de la SNCF. Elisabeth Borne a annoncé entre autres “l’ouverture, pour une période transitoire, d’un droit d’option individuel permettant à un cheminot revenant à la SNCF de choisir soit le nouveau cadre contractuel soit le statut”. Les deux organisations réformistes déplorent cependant que soit maintenue la possibilité d’obliger certains cheminots à passer à la concurrence, alors même qu’elles plaident pour un “droit de refus”. “C’est un point important pour nous”, a dit Sébastien Mariani.

 

Berger, CFDT, veut rendre non privatisable la SNCF

Berger, CFDT, veut rendre non privatisable la SNCF

 

Laurent Berger, le patron de la CFDT veut interdire la privatisation de la SNCF.   »Je demande à ce que le gouvernement dise très clairement qu’il n’y aura pas de cessibilité de quelque filiale que ce soit à la SNCF », a-t-il déclaré sur Cnews. »Il ne faut pas » de « vente à la découpe à la SNCF », a insisté le dirigeant de la CFDT, réclamant que « l’incessibilité de la SNCF soit inscrite dans le texte de loi ».   A propos de la consultation lancée par les syndicats CGT-cheminots, Unsa-ferroviaire, SUD-rail et CFDT-cheminots auprès des 147.000 cheminots, à partir de ce lundi et jusqu’au 21 mai, M. Berger a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’un référendum, mais « une modalité d’action ». Elle vise à « expliquer aux cheminots le contenu de cette réforme et discuter avec eux. Ca alimentera les discussions qu’on aura demain avec le gouvernement ».  Affirmant s’appuyer sur un compte-rendu de réunion, SUD-rail a accusé dimanche le gouvernement et Guillaume Pepy d’ »oeuvrer en coulisse pour privatiser et filialiser » la SNCF.  « Les trois entreprises #SNCF, #SNCF Mobilités et #SNCF Réseau, sont et resteront 100% publiques et incessibles: ce n’est pas seulement une promesse, c’est ce que nous avons inscrit dans la loi votée à l’Assemblée nationale ! Nous le confirmerons lors du débat au Sénat », a répondu dans un tweet la ministre des Transportes, Elisabeth Borne.

SNCF : 3 conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : 3  conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

 

Laurent Berger dont le syndicat est largement impliqué dans le conflit SNCF est toutefois lucide ; Il ne le dit pas clairement mais pense que le gouvernement ne reviendra pas sur plusieurs aspects : le statut des cheminots, la concurrence et la transformation juridique de l’entreprise. Du coup pour lui, reste 3 conditions pour sortir des conflits : l’apurement de la dette, le financement des investissements et le contenu de la convention collective qui va se substituer aux statuts pour les nouveaux embauchés.  Laurent berger : «  Ce rendez-vous est pour moi un acte d’ouverture. J’en attends des engagements clairs sur la reprise de la dette, la politique d’investissement de l’Etat dans le ferroviaire et la garantie de l’Etat que l’Union des transports ferroviaires négociera une convention collective de haut niveau en matière notamment de protection sociale… ». Il n’est toutefois pas certain que le gouvernement veuille s’engager sur ces derniers point tellement sa réforme est mal préparée, souvent contradictoire et surtout idéologique. Macron veut en effet une victoire totale, en bref écraser l’entreprise, les cheminots et les syndicats pour montrer se muscles et sa posture de grand réformateur. De leur coté CGT et Sud ne céderont que par épuisement des troupes. Le conflit risque de durer et par parenthèse de tuer la croissance du second trimestre. Un enjeu que ni les uns, ni les autres ne semblent prendre en compte. Bref pour l’instant la radicalité vaut pour les eux camps sauf pour la CFDT qui préférait la négociation.

 

«Pas de politique sociale assumée» (Berger-CFDT)

«Pas de politique sociale assumée» (Berger-CFDT)

 

 

Laurent Berger réagit avec vigueur au manque de considération sociale du gouvernemenet en indiquant qu’il n’a pas en fait de politique sociale ou plus exactement qu’il y en a une mais contre les moins favorisés. Berger dénonce évidemment le manque d’équilibre de la politique de Macron sans doute tout autant que le mépris qu’il témoigne à l’égard  des partenaires sociaux. Certes formellement les syndicats ont été reçus mais le gouvernement n’écoute pas leurs propositions. Une situation qui pour Berger pourrait bien un jour être explosive. Il a par ailleurs fait des ouvertures pour uen sortie honorable de ce conflit qui s’enlise et dont il ne voit pas la sortie pour le moment. Estimant qu’il n’y avait pas de politique sociale assumée Berger appelle Emmanuel Macron à prendre « des mesures fortes sur la pauvreté ». « Si vous me demandiez c’est quoi l’élément aujourd’hui qu’on ne retrouve pas de la campagne d’Emmanuel Macron, je dirais la bienveillance et l’attention aux plus fragiles », a déclaré Laurent Berger lors de l’émission « Le grand rendez-vous » de Cnews, Europe 1 et Les Echos.

« On attend la sortie du plan pauvreté (…), je souhaite qu’il y ait des mesures fortes sur la pauvreté », a-t-il ajouté, estimant qu’ »aujourd’hui, il n’y a pas de politique sociale assumée dans notre pays ». Le gouvernement avait lancé début décembre une concertation sur la lutte contre la pauvreté et a reçu mi-mars les propositions de six groupes de travail, parmi lesquelles il doit trancher.

« On va voir s’il va y avoir une politique qui va aider les personnes en situation de pauvreté à s’en sortir, notamment les jeunes et les familles, ou si on va avoir une politique stigmatisant à l’égard de ceux qui subissent la pauvreté », a ajouté Laurent Berger. Il a par ailleurs estimé qu’ »en termes de méthode », Emmanuel Macron « considère que lui peut tout, et que les corps intermédiaires sont un supplément d’âme, mais pas forcément nécessaire ». « Aujourd’hui, il y a une forme de négation des corps intermédiaires beaucoup trop forte et qui est dangereuse », a ajouté le numéro un de la CFDT. « On ne peut pas dire qu’on n’est pas reçus, mais on est rarement écoutés », une situation qui selon lui concerne aussi les associations et les collectivités territoriales. « Je mets en garde (…) sur l’effectivité des réformes », a-t-il dit. Car « si on considère qu’on peut le faire sans les acteurs sociaux, économiques ou territoriaux, eh bien on va se planter ».

 

SNCF : le conflit va durer (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : le conflit va durer (Laurent Berger, CFDT)

Contrairement à Air France (la CFDT recommande la reprise du travail), Laurent berger adopte une  ligne dure sur la SNCF. En cause, le fait qu’il ne constate aucune réelle ouverture de négociation. Cependant il a ouvert la porte sur les objectifs qui pourraient faire l’objet d’un compromis à savoir la dette, le financement des investissements et les garanties de la convection collective remplaçant le statut des cheminots. De fait le taux moyen des grévistes diminue mais la mobilisation reste pratiquement intacte chez les conducteurs avec toujours autour de 60% de grévistes, ce qui compte tenu des situations de repos et congés représente environ 80%. La grève tient donc même si le soutien populaire s’affaisse légèrement. Berger critique evidemmenet l’absence de négociation mais tout autant la volonté du gouvernemenet d’humilier les cheminots. “L’issue du conflit, c’est d’abord les trains qui circulent normalement mais c’est aussi que les cheminots ne se sentent pas humiliés”, a-t-il ajouté. Il a critiqué ceux qui avaient “fait croire” que les cheminots étaient “ultra-privilégiés” alors que “la moitié d’entre eux sont payés 1,3 fois le smic». Edouard Philippe a proposé mardi aux syndicats de la SNCF menant le mouvement de grève – CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT – de les rencontrer le 7 mai, un rendez-vous qu’ils réclamaient, excédés par la tournure de la concertation avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Pour la CFDT, ce rendez-vous est “extrêmement important” car le gouvernement doit y préciser quel “financement (…) du système ferroviaire il propose”, que ce soit la reprise de la dette – 47 milliards d’euros pour la seule SNCF – ou encore des investissements. Le syndicat attend également des garanties dans la future convention collective remplaçant le statut des cheminots. Près de six Français sur dix (59%) jugent que la grève des cheminots n’est pas justifiée et 62% d’entre eux souhaitent que le gouvernement aille jusqu’au bout dans ce dossier, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

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