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CFDT: une caisse de grève de 140 millions

CFDT: une caisse de grève de 140 millions

Depuis 1973, la CFDT dispose d’une caisse de grève pour compenser en partie à ses adhérents les pertes liées aux arrêts de travail. Cette caisse est alimentée par une partie des cotisations.

En 2023, le premier syndicat de salariés du privé dispose d’un trésor de guerre de 141 millions d’euros pour soutenir ses adhérents en cas de grève.

La CFDT dispose de quoi verser à ses 600 000 adhérents une compensation financière équivalant à 86 % du SMIC pendant 7 jours de grève. Les conditions sont claires : il faut être adhérent, avoir cotisé depuis plus de six mois, ne pas seulement être inscrit au début d’un conflit et avoir passé plus de sept heures à faire la grève.

La compensation s’élève à 7,70 euros de l’heure. Quant aux nouveaux membres, ils ne peuvent que recevoir la moitié de la somme. Mais cette assistance financière a des limites mais elle peut être très utile dans le cas de conflit Locaux.

Pour l’heure, la CFDT est pleinement engagée contre la réforme des retraites. Plus d’un million de manifestants se sont mobilisés en France, jeudi 19 janvier, alors que le temps semble jouer pour l’exécutif. Les syndicats, unis, ont appelé à une nouvelle journée de grève pour le 31 janvier.

Réforme des retraites : trop brutale pour la CFDT

Réforme des retraites : trop brutale pour la CFDT

La CFDT dit clairement non à la réforme et a dénoncé une mesure « brutale » et « injuste » concernant l’âge.Ce sont en effet surtout les salariés les moins favorisés et en longue carrière qui seront les premières victimes.

Pour la CFDT, c’est un non définitif: le premier syndicat français a assuré qu’il se mobiliserait en cas de report à 64 ou 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite, tel qu’envisagé par le gouvernement dans sa réforme des retraites. Une telle mesure serait « brutale » et « injuste », a confirmé ce mardi soir sur BFM Business la secrétaire général adjointe de la CFDT, Marylise Léon. Élisabeth Borne recevait ce mardi les dirigeants des organisations syndicales à Matignon avant la présentation de la réforme prévue la semaine prochaine.

« On saisit toutes les occasions possibles pour argumenter et essayer de convaincre le gouvernement que ce n’est pas du tout une bonne idée », a souligné Marylise Léon.

Le principal scandale réside dans le fait que cette réforme ne sera pas applicable aux fonctionnaires et aux régimes spéciaux qui vont bénéficier de la clause grand-père. Seuls les nouveaux entrants seront donc concernés. La réforme sera donc étalée sur 40 ou 50 ans. Une différence avec le privé qui déjà doit atteindre au moins 65 ans pour une retraite pleine dès maintenant. En effet avec la réforme -dite Touraine- en vigueur, il faut aujourd’hui 43 sans de cotisations pour prétendre à une retraite entière. Comme l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 23 ans, cela conduit à 66 ans. Pir, le gouvernement envisage d’augmenter encore le nombre d’années de cotisation pour passer à 45 ans.

Cette réforme très conjoncturelle n’a aucun sens. En effet le report à 64 ou 65 ans n’aura aucun effet sur le marché du travail des seniors dont un tiers seulement travail encore. Il y a un report des économies du régime de retraite sur les dépenses d’une part du régime d’assurance chômage, d’autre part de l’assurance-maladie.

Le couperet d’un âge général pour tous n’a aucun sens ni économiquement et encore moins socialement. En effet dans certains métiers du tertiaire on peut sans dommage prolongé l’âge de la retraite jusqu’à presque 70 ans alors que dans certains métiers manuels très pénibles nombre de salariés sont déjà usés à 55 ans.

La CFDT serait-elle prête à accepter un recul de l’âge légal en contrepartie de mesures sur la pénibilité ou les carrières longues ? « Je vais être très claire: la réponse est non », a assuré la responsable syndicale, fermant la porte à tout inflexion de la CFDT sur le sujet. L’emploi des seniors ou la reconnaissance de la pénibilité sont des questions « extrêmement importantes » qui ne « peuvent pas être juste des ajustements que le gouvernement concéderait parce qu’il fait une mesure extrêmement brutale », a-t-elle souligné, martelant que le « cœur du sujet » restait l’âge légal.

Pour Marylise Léon, « il y aura beau avoir toutes les mesures d’adaptation pour faire en sorte que ceux qui commencent tôt à travailler puissent ne pas partir à 65 ans », le report de l’âge légal de départ est « d’abord une mesure extrêmement brutale ».

Réforme Retraites : la stratégie de la CFDT

Réforme Retraites : la stratégie de la CFDT


Si la CFDT a, dans le passé, accompagné les réformes des retraites du gouvernement, le syndicat réformiste se montre aujourd’hui très hostile à la réforme des retraites proposée par Emmanuel Macron. Son chef de file Laurent Berger promet qu’il n’hésitera pas à se mobilier contre cette reforme qu’il juge extrêmement dure pour les travailleurs et extrêmement injuste. Pour autant, il saura garder ses distances si les mobilisations devaient se radicaliser. Décryptage de la stratégie du premier syndicat de France dans un article de
la Tribune

Un papier intéressant mais qui fait l’impasse sur le passif enregistré au cours des années entre la CFDT et Macron. La CFDT de tout temps a toujours été un syndicat réformiste recherchant le compromis et des résultats de l’action syndicale. Le seul problème, c’est que Macron a écrasé les syndicats de son mépris comme il a écrasé les institutions représentatives y compris le Parlement. Aujourd’hui, la réforme des retraites offre l’occasion d’un règlement de compte dont les conséquences politiques pourraient être graves pour Macron. Le risque est en effet d’entraîner le pays dans un naufrage économique, social bien sûr, mais aussi politique. NDLR

« Non, la CFDT n’a pas changé de position, s’agace Laurent Berger, le numéro 1 du syndicat réformiste. Nous avons toujours dit que nous étions opposés au recul de l’âge légal de départ à la retraite, que ce soit 64 ou 65 ans ».

De fait, même si le secrétaire général de la CFDT affirme avoir le sentiment que le gouvernement va décider de reporter l’âge de départ à 64 ans, – avec une accélération de la réforme Touraine qui augmente la durée de cotisation-, il entend bien se battre contre cette réforme. Et pour cause, le recul de l’âge est depuis toujours, considéré par la CFDT, comme la plus mauvaise des solutions, car la plus injuste. Elle pénalise surtout ceux qui ont démarré tôt leur vie professionnelle, les obligeant à travailler jusqu’à la borne d’âge fixée par la loi.
La CFDT sera dans l’opposition comme les autres syndicats.

Aussi, Laurent Berger ne mâche-t-il pas ses mots après son entretien avec la Première ministre, mardi 3 janvier. Il dénonce une réforme extrêmement dure pour les travailleurs, la plus dure depuis des décennies.

Sans nier la nécessité de rééquilibrer financièrement le système des retraites, il assure que « l’on pouvait faire autrement » et que le gouvernement choisit la méthode la plus violente pour les travailleurs. Par ailleurs, selon la CFDT, dans la mesure où le gouvernement entend engranger des recettes pour payer l’école, l’hôpital, la transition écologique…. Il rompt avec une forme de contrat démocratique. Cette réforme vise à faire peser sur les seuls actifs les besoins financiers de la Nation.

Et si dans le passé, la CFDT a accompagné les réformes des retraites du gouvernement, comme en 2003, ce qui lui a valu des déchirures internes, cette fois, pas de doute, le syndicat réformiste sera du côté de la contestation. En juin dernier, lors de son Congrès à Lyon, la centrale est apparue très unie derrière ce positionnement. « Contrairement à la CGT très divisée, la CFDT est homogène », rappelle Rémi Bourguignon, chercheur et spécialiste des relations sociales.

Laurent Berger a déjà prévu de participer à une intersyndicale qui se tiendra mardi prochain. En effet, toutes les centrales ont d’ores et déjà décidé de se réunir le soir même de la présentation de la réforme par le gouvernement, le 10 janvier. Une telle unité regroupant une dizaine de syndicats et d’associations n’a pas vu le jour depuis 2010. A l’issue de cette rencontre, une journée d’action unitaire et de grèves sera fixée. Le jeudi 19 janvier et mardi 24 sont déjà inscrits sur les tablettes. Les syndicats trancheront.

Ce mois de janvier, Laurent Berger devrait donc défiler aux côtés de Philippe Martinez de la CGT. Mais alors que depuis 2016, et la loi Travail, toutes les mobilisations sont parasitées par des mouvements de violence des Black Block, la CFDT cherchera au maximum à rester dans des manifestations pacifistes. Elle jouera la carte de la responsabilités . Autrement dit, si le mouvement se radicalisait, notamment à la CGT, avec des débordements, elle pourrait vite en sortir.

Par ailleurs, dans cette intersyndicale, elle entend toutefois ne pas se renier. « Pas question de changer, pour être avec les autres », assure un cadre du syndicat de Belleville. Pour l’instant, le seul motif de mobilisation qui met tout le monde d’accord est le report de l’âge ….

Malgré tout, la CFDT ne cache pas son intention de continuer à discuter avec l’exécutif… Même si à ses yeux, les avancées possibles sont minces, le syndicat entend bien peser pour les obtenir. Evidemment, en haut de la pile, se trouve la reconnaissance de la pénibilité, chère à la CFDT. Le gouvernement travaille sur un dispositif en fin de carrière avec une visite médicale… « C’est un peu l’usine à gaz, et ça risque de créer du ressentiment, car en fait on a pas assez de médecins du travail …. Il faut donc pousser l’exécutif à dégager des moyens », plaide par exemple l’entourage de Laurent Berger.

Autre sujet que la CFDT surveille comme le lait sur le feu : les carrières longues. C’est le prédécesseur de Laurent Berger, François Chérèque qui avait obtenu cette mesure pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. Pas question de la brader aujourd’hui. Mais il y a aussi la question du minimum de retraites à 85 % du SMIC etc …
Pour faire entendre sa voix, la CFDT multiplie déjà son lobbying auprès des parlementaires.

Reste qu’à la centrale de Belleville, le pessimisme est de mise. Car même si la CFDT réussit à peser dans la réforme, à se faire entendre, il ne fait aucun doute que le gouvernement appliquera ses mesures et ira jusqu’au bout. « Car l’intention est surtout dogmatique, politique », juge encore Laurent Berger. Et le syndicalisme pourrait s’en trouver encore affaibli.

Surtout, dans un contexte d’inflation, de fatigue démocratique intense, personne ne sait comment le corps social réagira. Le risque de voir des mouvements alternatifs, spontanés, type Gilets Jaunes, est important. Il n’est pas exclu non plus, que face à cette réforme, il y ait beaucoup de résignation et de ressentiment …. Ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle. Car ce qui ne s’exprime pas, risque toujours de ressurgir de façon bien plus violente.

Réforme des retraites : trop brutale pour la CFDT

Réforme des retraites : trop brutale pour la CFDT

La CFDT dit clairement non à la réforme et a dénoncé une mesure « brutale » et « injuste » concernant l’âge.Ce sont en effet surtout les salariés les moins favorisés et en longue carrière qui seront les premières victimes.

Pour la CFDT, c’est un non définitif: le premier syndicat français a assuré qu’il se mobiliserait en cas de report à 64 ou 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite, tel qu’envisagé par le gouvernement dans sa réforme des retraites. Une telle mesure serait « brutale » et « injuste », a confirmé ce mardi soir sur BFM Business la secrétaire général adjointe de la CFDT, Marylise Léon. Élisabeth Borne recevait ce mardi les dirigeants des organisations syndicales à Matignon avant la présentation de la réforme prévue la semaine prochaine.

« On saisit toutes les occasions possibles pour argumenter et essayer de convaincre le gouvernement que ce n’est pas du tout une bonne idée », a souligné Marylise Léon.

Le principal scandale réside dans le fait que cette réforme ne sera pas applicable aux fonctionnaires et aux régimes spéciaux qui vont bénéficier de la clause grand-père. Seuls les nouveaux entrants seront donc concernés. La réforme sera donc étalée sur 40 ou 50 ans. Une différence avec le privé qui déjà doit atteindre au moins 65 ans pour une retraite pleine dès maintenant. En effet avec la réforme -dite Touraine- en vigueur, il faut aujourd’hui 43 sans de cotisations pour prétendre à une retraite entière. Comme l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 23 ans, cela conduit à 66 ans. Pir, le gouvernement envisage d’augmenter encore le nombre d’années de cotisation pour passer à 45 ans.

Cette réforme très conjoncturelle n’a aucun sens. En effet le report à 64 ou 65 ans n’aura aucun effet sur le marché du travail des seniors dont un tiers seulement travail encore. Il y a un report des économies du régime de retraite sur les dépenses d’une part du régime d’assurance chômage, d’autre part de l’assurance-maladie.

Le couperet d’un âge général pour tous n’a aucun sens ni économiquement et encore moins socialement. En effet dans certains métiers du tertiaire on peut sans dommage prolongé l’âge de la retraite jusqu’à presque 70 ans alors que dans certains métiers manuels très pénibles nombre de salariés sont déjà usés à 55 ans.

La CFDT serait-elle prête à accepter un recul de l’âge légal en contrepartie de mesures sur la pénibilité ou les carrières longues ? « Je vais être très claire: la réponse est non », a assuré la responsable syndicale, fermant la porte à tout inflexion de la CFDT sur le sujet. L’emploi des seniors ou la reconnaissance de la pénibilité sont des questions « extrêmement importantes » qui ne « peuvent pas être juste des ajustements que le gouvernement concéderait parce qu’il fait une mesure extrêmement brutale », a-t-elle souligné, martelant que le « cœur du sujet » restait l’âge légal.

Pour Marylise Léon, « il y aura beau avoir toutes les mesures d’adaptation pour faire en sorte que ceux qui commencent tôt à travailler puissent ne pas partir à 65 ans », le report de l’âge légal de départ est « d’abord une mesure extrêmement brutale ».

ÂGE DE DÉPART À LA RETRAITE: trop brutal pour la CFDT

ÂGE DE DÉPART À LA RETRAITE: trop brutal pour la CFDT

La CFDT dit clairement non à la réforme et a dénoncé une mesure « brutale » et « injuste » concernant l’âge..

Pour la CFDT, c’est un non définitif: le premier syndicat français a assuré qu’il se mobiliserait en cas de report à 64 ou 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite, tel qu’envisagé par le gouvernement dans sa réforme des retraites. Une telle mesure serait « brutale » et « injuste », a confirmé ce mardi soir sur BFM Business la secrétaire général adjointe de la CFDT, Marylise Léon. Élisabeth Borne recevait ce mardi les dirigeants des organisations syndicales à Matignon avant la présentation de la réforme prévue la semaine prochaine.

« On saisit toutes les occasions possibles pour argumenter et essayer de convaincre le gouvernement que ce n’est pas du tout une bonne idée », a souligné Marylise Léon.

Le principal scandale réside dans le fait que cette réforme ne sera pas applicable aux fonctionnaires et aux régimes spéciaux qui vont bénéficier de la clause grand-père. Seuls les nouveaux entrants seront donc concernés. La réforme sera donc étalée sur 40 ou 50 ans. Une différence avec le privé qui déjà doit atteindre au moins 65 ans pour une retraite pleine dès maintenant. En effet avec la réforme -dite Touraine- en vigueur, il faut aujourd’hui 43 sans de cotisations pour prétendre à une retraite entière. Comme l’âge moyen d’entrée sur le marché du travail est de 23 ans, cela conduit à 66 ans. Pir, le gouvernement envisage d’augmenter encore le nombre d’années de cotisation pour passer à 45 ans.

Cette réforme très conjoncturelle n’a aucun sens. En effet le report à 64 ou 65 ans n’aura aucun effet sur le marché du travail des seniors dont un tiers seulement travail encore. Il y a un report des économies du régime de retraite sur les dépenses d’une part du régime d’assurance chômage, d’autre part de l’assurance-maladie.

Le couperet d’un âge général pour tous n’a aucun sens ni économiquement et encore moins socialement. En effet dans certains métiers du tertiaire on peut sans dommage prolongé l’âge de la retraite jusqu’à presque 70 ans alors que dans certains métiers manuels très pénibles nombre de salariés sont déjà usés à 55 ans.

La CFDT serait-elle prête à accepter un recul de l’âge légal en contrepartie de mesures sur la pénibilité ou les carrières longues ? « Je vais être très claire: la réponse est non », a assuré la responsable syndicale, fermant la porte à tout inflexion de la CFDT sur le sujet. L’emploi des seniors ou la reconnaissance de la pénibilité sont des questions « extrêmement importantes » qui ne « peuvent pas être juste des ajustements que le gouvernement concéderait parce qu’il fait une mesure extrêmement brutale », a-t-elle souligné, martelant que le « cœur du sujet » restait l’âge légal.

Pour Marylise Léon, « il y aura beau avoir toutes les mesures d’adaptation pour faire en sorte que ceux qui commencent tôt à travailler puissent ne pas partir à 65 ans », le report de l’âge légal de départ est « d’abord une mesure extrêmement brutale ».

Réforme des retraites et Macron : la guerre aussi avec la CFDT

Réforme des retraites et Macron : la guerre aussi avec la CFDT

Le président de la république comptait bien sur l’appui du syndicat réformiste CFDT pour faire passer sa réforme des retraites. Un pronostic complètement contrarié par la décision de la CFDT d’affronter clairement le projet gouvernemental.

L’opposition n’est pas nouvelle, elle se nourrit surtout de la condescendance voire du mépris de Macron pour les syndicats et les institutions en général. Macron déteste tout ce qui est organisé et préfère -comme les gauchistes -les collectifs spontanés choisis au hasard. Bref une sorte de philosophie libertaro capitaliste, un peu comme Elon Musk.

Tout au long de ses mandats Maccon a toujours négligé la démocratie collective organisée et en particulier les syndicats. Ils pensaient récupérer le soutien de la CFDT avec quelques friandises mais aujourd’hui il paye le prix de sa condescendance.

Le 8 septembre, lors de la première séance du Conseil national de la refondation, Emmanuel Macron s’est arrangé pour déjeuner à côté de Laurent Berger, le leader de la CFDT, et lui glisser un mot sur la réforme des retraites. « Il faut extraire cette dent malade », lui souffle le président de la République. « Toute la mâchoire va venir avec », réplique du tac au tac le syndicaliste. Trois mois plus tard, le climat ne s’est guère apaisé. Laurent Berger est vent debout contre le report de l’âge de départ à 65 ans et l’Elysée laisse fuiter dans la presse que le patron du syndicat réformiste serait « moins courageux » que ses prédécesseurs, Nicole Notat et François Chérèque…

Macron, lui, fait preuve d’une autre forme de courage : décaler le calendrier de la réforme. Jusqu’à quand ?

Social et syndicats: Le mépris de Macron pour les syndicats y compris la CFDT

Social et syndicats: Le mépris de Macron pour les syndicats y compris la CFDT

C’est vraiment pour la forme que Macron a reçu les syndicats à propos de la réforme des retraites. Il n’a pas changé d’un iota son projet. Pas vraiment étonnant, de manière systématique, Macron contourne les institutions représentatives à fin de décider seul. Il s’est même mis à dos la CFDT pourtant relativement ouverte et prête à des compromis gagnant-gagnant.

Attaqué de toute part, Macron n’a pas trouvé mieux que de critiquer les syndicats et la CFDT en particulier au cours du conseil des ministres. Une critique qui n’avait guère de légitimité dans le cadre d’un conseil des ministres mais macron a l’habitude d’y faire son numéro de One man show pour parler de tout et de rien, et surtout de rien.

Macron entretient de curieux rapports avec la démocratie; ainsi en permanence, il aura cherché à écarter toutes les organisations représentatives pour leur substituer de pseudo conventions avec des citoyens tirés au hasard dont la plupart ne connaissent rien au sujet, qui peuvent être facilement manipulés voire pas du tout motivés pour participer à cette concertation bidon.

Ce qui est en cause dans la critique de la CFDT au conseil des ministres, c’est bien entendu sa position concernant la future réforme des retraites qui ne prend pas suffisamment en compte la réalité des conditions de travil pour fixer un âge de départ (la pénibilité) et la nécessité d’encourager autrement le travail des seniors ; en effet aujourd’hui près de la moitié de ceux qui partent en retraite ne sont déjà plus sur le marché du travail.

Sur la réforme des retraites, pourtant, la CFDT semblait sinon un allié possible, du moins un acteur de bonne volonté. Mais les positions se sont durcies des deux côtés, malgré le rôle d’agent d’ambiance que s’efforce de jouer Matignon. Laurent Berger est déterminé dans son refus des 65 ans et s’implique à fond dans l’intersyndicale formée sur la question des retraites. Tout en plaidant pour la modération en son sein.

De son côté, le chef de l’Etat entend montrer qu’il est fidèle à l’esprit de la réforme courageuse. Il ne veut pas reculer sur l’âge : ce sera 65 ans ou 64 ans, accompagné dans ce cas d’une accélération de l’augmentation de la durée de cotisation. Le Président est attentif aux commentaires à venir : il ne veut pas que l’on dise que les mesures sympathiques effacent la rigueur du recul de l’âge (Relatif pour les régimes spéciaux en tout cas décalé, ce qui constitue une grave inégalité sans parler des fonctionnaires qui semblent épargnées par la réforme.) . Le compagnonnage de la CFDT paraît donc de plus en plus aléatoire. Tout comme celui de LR, dont les députés n’ont pas envie de se mouiller en approuvant une mesure impopulaire.

Le mépris de Macron pour les syndicats y compris la CFDT

Le mépris de Macron pour les syndicats y compris la CFDT

De manière systématique, Macron contourne les institutions représentatives à fin de décider seul. Il s’est même mis à dos la CFDT pourtant relativement ouverte et prête à des compromis gagnant-gagnant.

Attaqué de toute part, Macron n’a pas trouvé mieux que de critiquer les syndicats et la CFDT en particulier au cours du conseil des ministres. Une critique qui n’avait guère de légitimité dans le cadre d’un conseil des ministres mais macron a l’habitude d’y faire son numéro de One man show pour parler de tout et de rien, et surtout de rien.

Macron entretient de curieux rapports avec la démocratie; ainsi en permanence, il aura cherché à écarter toutes les organisations représentatives pour leur substituer de pseudo conventions avec des citoyens tirés au hasard dont la plupart ne connaissent rien au sujet, qui peuvent être facilement manipulés voire pas du tout motivés pour participer à cette concertation bidon.

Ce qui est en cause dans la critique de la CFDT au conseil des ministres, c’est bien entendu sa position concernant la future réforme des retraites qui ne prend pas suffisamment en compte la réalité des conditions de travil pour fixer un âge de départ (la pénibilité) et la nécessité d’encourager autrement le travail des seniors ; en effet aujourd’hui près de la moitié de ceux qui partent en retraite ne sont déjà plus sur le marché du travail.

Sur la réforme des retraites, pourtant, la CFDT semblait sinon un allié possible, du moins un acteur de bonne volonté. Mais les positions se sont durcies des deux côtés, malgré le rôle d’agent d’ambiance que s’efforce de jouer Matignon. Laurent Berger est déterminé dans son refus des 65 ans et s’implique à fond dans l’intersyndicale formée sur la question des retraites. Tout en plaidant pour la modération en son sein.

De son côté, le chef de l’Etat entend montrer qu’il est fidèle à l’esprit de la réforme courageuse. Il ne veut pas reculer sur l’âge : ce sera 65 ans ou 64 ans, accompagné dans ce cas d’une accélération de l’augmentation de la durée de cotisation. Le Président est attentif aux commentaires à venir : il ne veut pas que l’on dise que les mesures sympathiques effacent la rigueur du recul de l’âge (Relatif pour les régimes spéciaux en tout cas décalé, ce qui constitue une grave inégalité sans parler des fonctionnaires qui semblent épargnées par la réforme.) . Le compagnonnage de la CFDT paraît donc de plus en plus aléatoire. Tout comme celui de LR, dont les députés n’ont pas envie de se mouiller en approuvant une mesure impopulaire.

Report de l’âge légal de la retraite: la CFDT dit non

Report de l’âge légal de la retraite: la CFDT dit non

La CFDT, syndicat majoritaire France, n’est pas contre une réforme des retraites dont elle admet le déséquilibre financier au moins à terme .
Par contre, elle s’oppose aux symboles très politiques des 65 ou 64 ans considérant qu’un âge moyen pour tous est particulièrement injuste.

Injuste et ridicule à la fois comment peut-on en effet comparer les conditions de travail d’un couvreur par exemple avec celle d’un employé municipal d’ailleurs qui ne sera pas concerné puisque fonctionnaire !

Certes des métiers du tertiaire peuvent être aussi affectés par des conditions de travail difficiles y compris chez certains cadres mais pas tous et pas partout.
À terme.

L’idée générale qui devrait prévaloir est donc d’adapter le départ de la retraite en fonction de la pénibilité et aussi de la durée de cotisation. Bref une réforme fine qui vise l’efficacité et la justice sociale.

Dans certains métiers et dans certaines fonctions, on peut sans dommage continuer de travailler jusqu’à 64 ou 65 ans mais dans d’autres c’est complètement invraisemblable. Pas étonnant si la moitié des futurs retraités entre 60 et 65 ans ont déjà quitté le marché du travail. Cela d’autant plus que rien n’est fait pour jouer sérieusement sur le travail des seniors.Le projet de réforme des retraites sera présenté le 15 décembre aux partenaires sociaux. Il contient notamment un « report progressif » de l’âge légal de départ à 64 ou 65 ans

« Il n’y a aucune avancée sociale », a dénoncé vendredi 2 décembre sur France Culture Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, après les annonces d’Elisabeth Borne sur la réforme des retraites. « On ne nous dit rien sur la pénibilité, on ne nous dit rien sur les carrières longues », souligne Laurent Berger. La CFDT met en avant ses « propositions qui sont de ne pas reporter l’âge légal de départ en retraite, de jouer sur l’emploi des seniors ».

D’ici le 15 décembre et la présentation d’un texte par le gouvernement, la CFDT va « jouer le jeu de la concertation », assure son secrétaire général. Ensuite, « c’est clair », avertit Laurent Berger : « S’il y a report de l’âge légal de départ en retraite, aujourd’hui, comme hier, comme avant-hier », la CFDT « s’opposera par tous les moyens », notamment en essayant « de s’y opposer de façon intersyndicale ».

Laurent Berger affirme que les syndicats sont « très déterminés à agir et à sortir au même moment sur une date » de mobilisation. « Personne ne sortira une date avant. » « Si le gouvernement voulait nous pousser à aller à la faute à une mobilisation le 20 décembre parce que tout le monde aurait la tête ailleurs, c’est loupé sur ce coup-là », ajoute le patron de la CFDT.

La Première ministre, de son coté, affirme qu’un « report progressif » de l’âge légal de départ à la retraite (actuellement à 62 ans) à « 65 ans d’ici à 2031″ permettra « de ramener le système à l’équilibre dans les dix ans ». « Les chiffres sont là, ils sont implacables. On a un déficit qui dépassera les 12 milliards d’euros en 2027 et continuera à se creuser si l’on ne fait rien », plaide-t-elle dans Le Parisien.
Mais « on peut discuter » d’un « autre chemin », assure-t-elle, tout en excluant d’emblée « de baisser le montant des retraites ou d’alourdir le coût du travail par des cotisations supplémentaires ». Le gouvernement « sera à l’écoute des propositions des uns et des autres », assure Elisabeth Borne, interrogée sur la possibilité d’un report de l’âge de départ à 64 ans en contrepartie d’un allongement de la durée de cotisation.

Réforme des retraites: non au report de l’âge de départ ( CFDT)

Réforme des retraites: non au report de l’âge de départ ! ( CFDT)

Laurent Berger, le secrétaire général du premier syndicat de France réitère sa position en disant non au report de l’âge de départ. Un positionnement qui ne facilitera pas la réforme des retraites tellement voulue par Macron comme symbole de sa politique.

Il faut rappeler que la CFDT a toujours été favorable à une véritable réforme des retraites avec un système universel plus juste. Mais la CFDT veut qu’on prenne surtout en compte la durée de cotisation et les inégalités des conditions de travail.

Macron, lui ,cherche surtout un totem sur l’âge qui puisse surtout satisfaire les  » Républicains », eux aussi complètement aveuglés par la seule mesure d’âge.

Le patron du premier syndicat de France ne veut donc pas d’une mesure d’âge pour réformer les retraites. Il juge le climat social ambiant très inquiétant.
Emmanuel Macron a proposé, mercredi dernier, aux partenaires sociaux de ne pas relever l’âge légal de départ en retraite à 65 ans, comme il l’a promis durant sa campagne, mais à 64 ans, en contrepartie d’une hausse de la durée de cotisation pour bénéficier d’une pension à taux plein. Une ouverture à laquelle, dans un entretien au Figaro, Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, répond par la négative. Il explique pourquoi.

LE FIGARO. – Emmanuel Macron propose de ne pas repousser l’âge légal jusqu’à 65 ans si vous acceptez de relever la durée de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. Que lui répondez-vous?
Laurent BERGER. – D’aucuns ont parlé d’une main tendue du président, mais ce n’en est pas une. En faisant cette proposition, il privilégie le compromis politique au compromis social, en s’adressant plus aux députés LR et centristes qu’aux partenaires sociaux. Avec cette proposition, Emmanuel Macron se préoccupe plus des conditions du vote de son futur projet…

« Total » : des patrons hors-sol( CFDT)

« Total » : des patrons hors-sol( CFDT)

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent berger, considère que nombre de grands patrons sont hors sol du fait qu’ils affichent presque avec arrogance des salaires indécents en pleine période d’inflation. Cet affichage irresponsable a sans doute participé d’ailleurs au mécontentement de l’opinion publique vis-à-vis de la hausse des prix et de la baisse du pouvoir d’achat. Même les explications du patron de Total sur son salaire peuvent susciter le sourire ou plutôt l’indignation.

En effet, le patron de Total n’est pas fatigué de la gestion du conflit mais surtout des accusations concernant son salaire. Il répond donc de façon assez maladroite aux critiques dont il a fait l’objet. Il est vrai que sa rémunération n’est pas supérieure à celle qui se pratique à l’étranger mais elle n’en est pas moins indécente.
En outre, il est particulièrement hypocrite d’affirmer que c’est le conseil d’administration qui décide. Comme on le sait les conseils d’administration sont composés pour l’essentiel d’administrateurs très complaisants qu’on retrouve d’ailleurs dans la plupart des grandes sociétés.

« Je suis fatigué de cette accusation de “m’être augmenté de 52%” – voici la vraie évolution de ma rémunération depuis 2017 – elle est constante sauf 2020 car j’ai volontairement amputé mon salaire et ma part variable a normalement baissé avec les résultats de TotalEnergies, a déclaré Patrick Pouyanné avec un graphique à l’appui. Et ce n’est pas moi qui fixe ma rémunération mais le conseil d’administration de TotalEnergies qui le fixe et les actionnaires qui l’approuvent – il est certes élevé mais comparable à mes pairs du CAC40 et bien moins élevé que celui des autres majors européens et américains. »
Le salaire annuel du patron TotalEnergies s’est toujours situé autour des 6 millions d’euros à l’exception de l’année 2020 où il est tombé sous la barre des 4 millions d’euros.

TOTAL: Un accord avec la CFDT mais refusé par LA CGT

TOTAL: Un accord avec la CFDT mais refusé par LA CGT

Le représentant du syndicat CFDT aux négociations pour les salaires chez TotalEnergies a annoncé vendredi qu’un compromis avait été trouvé dans la nuit avec la direction pour une augmentation des salaires de 7%, mais sans la CGT.

« L’équipe de négociation CFDT donne un avis favorable aux mesures qui sont sur la table », a déclaré Geoffrey Caillon, coordinateur CFDT dans le groupe pétrolier, peu après 3h30 du matin.

La CFDT va soumettre la proposition, qui inclut aussi une prime allant de 3000 à 6000 euros, à ses adhérents, et doit être signée avant midi vendredi. Le syndicat CFE-CGC va également consulter ses adhérents mais semblait encline à signer.

« Notre délégation a émis une position plutôt favorable à la signature », a déclaré Dominique Convert, coordinateur CFE-CGC TotalEnergies. « Ca peut pas continuer comme ça », a-t-il dit.
« Une mesure pour les bas salaires »

Les deux syndicats représentent plus de 56% parmi les quatre syndicats représentatifs Plus tôt dans la nuit, la CGT avait quitté les négociations, insatisfaite des propositions d’augmentation formulées par la direction.

Retraite à 65 ans : la CFDT dit non

Retraite à 65 ans : la CFDT dit non

La CFDT ne boycottera pas les concertations qui vont démarrer mais est opposé à un recul de l’âge de départ en retraite. Il souhaite réfléchir avec les autres syndicats à des actions communes. (dans le JDD, extrait). Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger , n’est plus aussi coopératif qu’en 2018 quand il s’agissait de discuter d’une réforme systémique des retraites. « Les 65 ans, on va les combattre », assène le leader du premier syndicat français. Et d’ajouter : « C’est une mesure qui pénalise surtout ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui ont des carrières hachées et pénibles, les femmes. »

Le gouvernement a décidé de laisser du temps au temps sur la réforme des retraites. Vous êtes satisfait ?
On a évité le passage en force qu’aurait constitué un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour reculer l’âge légal de départ en retraite. Nous avons tout fait pour combattre un tel scénario. Mais la CFDT ne discutera pas avec un sablier sur la table, dans l’urgence. Pourquoi le gouvernement veut-il cette réforme ? Pour réduire le déficit qui n’est pas hors de contrôle ou financer autre chose ? Pour améliorer le système et le rendre plus juste ? Il faut être clair avec les salariés. Sur l’emploi des seniors, la pénibilité, la retraite progressive, les parcours des femmes, la CFDT a des propositions. Mais on est opposés au recul de l’âge de départ à 65 ans. C’est une mesure qui pénalise surtout ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui ont des carrières hachées et pénibles, les femmes.

Soixante-cinq ans, c’est niet ? Même avec des mesures de compensation ?
C’est niet. Aujourd’hui, le facteur âge n’a plus grand sens : les salariés partent en moyenne à 63,1 ans. Reculer à 65 ans, c’est une mesure brutale. Pas question de discuter avec un pistolet sur la tempe du genre « c’est ça ou rien ». Le gouvernement a troublé le jeu en parlant de financement de la santé, de l’écologie, de l’éducation. Mais ça n’est pas aux actifs de payer les politiques publiques ! Il ne faut pas mélanger les comptes sociaux et ceux de la nation. Notre système des retraites est solide mais injuste. C’est cela qu’il faut corriger.
Lundi, vous vous retrouvez avec les autres syndicats. Allez-vous participer aux concertations ?
Depuis l’été, on se voit régulièrement avec les autres organisations syndicales. Notre objectif est d’établir des propositions communes et d’envisager des actions ensemble. Il ne s’agit pas pour la CFDT de boycotter les concertations avec le gouvernement. Mais il faudra que le dialogue soit ouvert et loyal. Il y a de nombreux sujets sur lesquels nous avons des propositions telles que le minimum contributif, la pénibilité, l’emploi des seniors… Mais les 65 ans, on va les combattre. Vous savez, quand j’échange avec le gouvernement, je n’ai pas le syndrome de Stockholm, je n’épouse pas leurs thèses pour autant.

En 2018, vous étiez plus ouvert au dialogue…
J’entends dire que la CFDT n’assumerait pas ses responsabilités. C’est faux et nous n’avons de leçons à recevoir de personne. Certains commentateurs et acteurs politiques ont la mémoire courte. Nous avons toujours joué le jeu de la négociation. Mais la situation du régime n’a rien à voir avec celle de 2003, de 2010 ou 2013. À ceux qui disent qu’il faut remettre la France au travail, je réponds qu’il n’y a jamais eu autant de travailleurs, 800 000 emplois ont été créés depuis le Covid. Un élu a même affirmé que rien n’avait été fait depuis trente-cinq ans. Et la réforme Balladur de 1993 ? Le passage à quarante ans de cotisations en 2003 ? Le recul à 62 ans de l’âge de départ en 2010 ? Et la réforme Touraine de 2013 ? Arrêtons de prendre les Français pour des idiots. Le risque de déséquilibre budgétaire lié au baby-boom a été maîtrisé. Quand le gouvernement se met dans un corner en refusant de parler du partage de la richesse et de la taxation du capital, on finit par faire croire aux Français que la seule façon de financer les politiques publiques, c’est de travailler plus longtemps. Il y a d’autres leviers, en particulier la fiscalité.
Lire aussi – PLFSS, PLFRSS ou projet de loi adhoc, on vous explique ce que ça change pour la réforme des retraites

Irez-vous aux prochaines réunions du Conseil national de la refondation ?
La force de la CFDT, c’est sa cohérence. J’avais dit que si le gouvernement passait en force, on n’irait plus. Ça n’est pas le cas, on continuera donc d’y participer. Car nous voulons parler transition écologique, santé, éducation, évolutions du travail. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans lien avec les retraites.
Organiserez-vous des manifestations en cas de passage à 65 ans ?
Des mobilisations sont organisées dans de nombreuses entreprises pour obtenir de meilleurs salaires. Et elles font bouger les lignes. Sans vouloir préempter la réunion de lundi, je souhaite qu’on puisse construire des expressions en commun et ça ne passe pas seulement par des manifestations. Dans cette période délicate, le syndicalisme doit agir de concert. De notre côté, il n’y aura pas de jeu de dupes.


Faut-il taxer les entreprises qui n’embauchent pas de seniors ?

Le taux d’emploi des seniors atteint 33 % en France contre 70 % en Suède. On ne va pas pouvoir discuter de l’allongement de la durée de carrière si on ne résout pas le sort de tous ceux qui sont mis dehors avant la retraite ! Le patronat a une responsabilité. Il faut obliger les entreprises à garder et embaucher des seniors alors même qu’elles disent peiner à recruter. La contrainte ne peut pas reposer uniquement sur les travailleurs. Mais aussi sur les employeurs. Qu’est-ce qu’a révélé la pandémie ? Que notre pays ne tenait pas sans un certain nombre d’agents publics et de travailleurs de seconde ligne. On ne va donc pas laisser passer une réforme qui les pénaliserait en premier.
Sur la réforme de l’assurance chômage, allez-vous vous engager dans des concertations alors que vous refusez une modulation des règles en fonction de la conjoncture ?
La contracyclicité, on n’en veut pas. C’est un piège. La concertation est donc toute faite. Tant qu’on n’aura pas compris que le problème du chômage est avant tout lié à une absence de formation pour 30 % des emplois vacants, d’attractivité et de mobilité, de logement et de garde d’enfants, on fera des mesures qui tombent à côté de la plaque. Il faut investir dans une logique d’accompagnement global, au plus près du terrain.

Emmanuel Macron a-t-il changé de méthode ?
Il a lancé le CNR, il a écarté un coup de force sur les retraites. Nous jugerons aux actes.
Irez-vous à la marche contre la vie chère organisée le 16 octobre par les Insoumis ?
Non, comme tous les autres syndicats. Il ne faut pas confondre démarche politique et action syndicale. Chacun doit être dans son rôle. Personne ne représentera les travailleurs à la place des syndicats.

Réforme des retraites : Berger (CFDT), Mobilisé contre le passage en force

Réforme des retraites : Berger (CFDT),  mobilisé contre le passage en force

 

Le secrétaire de la CFDT a averti le gouvernement, il n’acceptera pas le passage en force d’une réforme des retraites. Rarement on a trouvé la CFDT aussi décidée face aux intentions du gouvernement. Sur France Inter, Laurent Berger a clairement dit qu’il était prêt à l’affrontement et à la mobilisation. Un langage assez surprenant a priori pour une organisation qui fait toujours valoir le dialogue et le compromis sur la rupture et l’agitation politico- syndicale.

L’affrontement est nourri par aussi la question de la réforme nouvelle de l’assurance chômage mais peut-être encore davantage par le peu de considération de Macron vis-à-vis des partenaires sociaux. En effet Macron a beaucoup promis en matière de méthode participative mais en réalité il a souvent décidé seul et sans tenir compte des vis-à-vis des corps intermédiaires voire des institutions.Exemple, la multiplication des conventions dites citoyennes,  sortes  de manipulations pour contourner les institutions.

La CFDT a depuis 2017 multiplié  les appels à la concertation dans le cadre des institutions démocratiques. Elle n’a guère été récompensée par Macron qui une fois élue a « marché  sur le ventre des partenaires sociaux »estime Laurent Berger. Il est vrai que Macron emploie la même méthode de mépris des corps intermédiaires qu’il s’agisse des partenaires sociaux, des institutions de participation ou même du Parlement. Une vision et une pratique plus monarchiques que républicaines

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a demandé « de la loyauté à tous les étages ». « S’il y a déloyauté en passant par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), la CFDT arrêtera les discussions dans le cadre du Conseil national de la refondation (CNR) », a averti le syndicaliste.

« Le président a été élu par les citoyens qui ont voté contre la candidate d’extrême droite. Et il leur marcherait sur la gueule ? », s’est indigné Laurent Berger.

En cas de passage en force ou « quelle que soit la décision du couple de l’exécutif (…) d’intégrer une réforme des retraites dans le PLFSS avec un report de l’âge légal de la retraite, nous serons en opposition frontale », a martelé le syndicaliste.

De son côté François Bayrou qui préside le conseil national de rénovation appelle l’exécutif à prendre « le temps de la pédagogie »« La question des retraites, ce n’est pas seulement une question pour le gouvernement, mais pour toute la société française. Ce n’est pas une question pour l’immédiat, mais pour les décennies qui viennent. C’est donc le moment de rassembler plutôt que d’opposer », poursuit-il comme un avertissement.

Et François Bayrou de renvoyer aux engagements du président-candidat Emmanuel Macron:  « [Il] a proposé dès sa campagne présidentielle une nouvelle méthode, celle de la concertation, de la construction de solutions en commun. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a voulu et créé le Conseil national de la refondation. Or le passage en force, c’est le contraire de l’esprit du CNR qui réclame d’examiner les problèmes ensemble ».

« Avec cette méthode, avec un travail préalable en commun, j’ai la conviction qu’elle peut être adoptée dès l’été 2023 », estime-t-il.

Avant d’asséner: « Le président a dit dans sa campagne que les Français n’en pouvaient plus des réformes qui tombaient toutes faites du sommet. Je défends ce message. Et quel effet cela aurait-il dans une Assemblée sans majorité ? »

En cas de 49-3 sur une loi aussi cruciale, certains alertent en effet sur un possible retour des « Gilets jaunes » ou, du moins, d’une poussée de colère populaire. « Le choix d’imposer des décisions sans prendre le temps de convaincre, de rechercher ensemble des voies de sortie renforcerait ce risque. C’est une réforme qui ne peut pas se faire au détour d’un amendement », affirme le centriste.

Ce dernier défend en même temps une réforme « nécessaire et vitale ».

« Il serait irresponsable de ne pas la réaliser. Une partie importante des grandes sensibilités du pays en est persuadée », enchaîne-t-il.

Sur le fond du texte, François Bayrou considère que l’objectif vise à  « l’équilibre du système des retraites pour qu’il ne pèse pas sur le budget de la nation ». « Ce n’est pas une réforme budgétaire. C’est une réforme de société », dit-il encore. Et de conclure: « La condition du succès, c’est que les Français trouvent la réforme juste ». 

La CFDT contre la réforme des retraites ?

La CFDT contre la réforme des retraites ?

 

Dans un article des Échos, on note le net raidissement de la CFDT vis-à-vis du gouvernement en particulier sur les retraites suite à son congrès de juin 2022 à Lyon (papier des Echos)

La CFDT n’a pas tourné le dos au réformisme à Lyon ( lors de son congrès en juin). Un amendement du Sgen Nord-Pas-de-Calais critiquant « la politique systématique de déficits publics depuis près de quarante ans, génératrice d’une dette trop importante » a par exemple été adopté par 76,12 % des voix. Elle a aussi continué à travailler sur des projets concrets, comme cette banque des temps et son Compte-épargne temps universel, repris par le gouvernement.

Mais la confédération a clairement durci ses positions, la construction d’un « rapport de force » étant promue au rang de priorité syndicale. Cela s’est traduit sur les retraites. 2022 aura été l’exact opposé de 2010 qui avait vu la centrale valider une hausse de la durée de cotisation en lien avec celle de l’espérance de vie par 59 % des voix. Fruit de l’exaspération des cédétistes et de leur absence de confiance dans Emmanuel Macron, sa suppression a été validée par 67,5 % des mandats .

« Prudents et échaudés, les militants ont verrouillé la position de la CFDT », résume un ancien dirigeant confédéral. Il ne s’agit pas d’une remise en cause de la direction cédétiste . Laurent Berger ne sort pas affaibli en interne de son congrès, il a même été mieux élu qu’en 2018. Mais ce verrouillage pourrait réduire son pouvoir d’influence face à un exécutif pas forcément enclin à composer.

Il va aussi compliquer la tâche du gouvernement alors qu’Emmanuel Macron a promis un changement de méthode fondé sur le dialogue. Avec sa fin de non-recevoir cédétiste, la piste d’une accélération de l’allongement de la durée de cotisation de la loi Touraine, privilégiée par l’aile gauche de la majorité présidentielle, a du plomb dans l’aile. Cela pourrait conforter les tenants du passage de l’âge légal à 65 ans au sein de l’exécutif, qui considéreront qu’il n’y a donc rien à négocier et qu’il n’y a pas forcément lieu d’attendre.

De quoi justifier un retour au calendrier initial qui prévoyait d’ouvrir le dossier dès maintenant après l’annonce d’un report du débat à la rentrée ? En tout cas, les propos de la Première ministre sur France 2 le 15 juin interrogent. Elisabeth Borne a en effet affirmé à la veille du vote des cédétistes que « les discussions s’ouvriront cet été ».

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