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UE- taxation des Gafa : c’est pas pour demain !

UE- taxation des Gafa : c’est pas pour demain !

 

La question de la taxation des Gafa révèle ce qu’est réellement l’Europe,  une espèce de kaléidoscope de pays sans véritable ligne politique commune. Ces géants du numériques réalisent d’énormes bénéfices en Europe mais ne payent que des impôts très marginaux. Cela en raison de la délocalisation théorique de leur lieu de production. Du coup, la France avait pris l’initiative d’instituer une  taxe sur le chiffre d’affaire puisqu’il est impossible de cerner avec précision le bénéfice réalisé dans chaque pays.  .Lemaire avait annoncé récemment un  taxe de 2% à6 du chiffre d’affaires sur les GAFA mais qui sera en fait plus proche des 3%. Ou même rien du tout.  En cause, les différences d’appréciations des différents pays européens dont certains font du dumping fiscal un atout de compétitivité pour attirer les sièges sociaux. Compte tenu des montages juridiques des GAFA pour favoriser l’optimisation fiscale, il est à peu près impossible de cerner ‘le montant des bénéfices réalisés dans chaque pays. Du coup c’est sur le chiffre d’affaires que porterait la nouvelle fiscalité.  Quel sera le taux de taxation? « La fourchette va de 2% et 6% ; on sera plus près de 2 que de 6″, confiait Lemaire-t-il. À ceux qui jugeraient la mesure trop modeste, Le Maire répond d’avance : « C’est un point de départ. Je préfère un texte applicable très vite plutôt que des négociations interminables. On l’améliorera par la suite. » Le ministre veut croire que les résistances faiblissent en Europe, même en Irlande et au Luxembourg, pour qui l’optimisation fiscale est une manne. Mais  le projet de taxation des géants du numérique présenté le mois dernier par la Commission européenne a été accueilli avec scepticisme par certains Etats membres et par le secrétaire général de l’OCDE, qui ont plaidé pour une approche à l’échelle internationale plutôt qu’européenne. Autant dire uen renvoi à la St Glinglin. E plus maintenant même l’Allemagne met des réserves par peur de se voir imposer en retour des taxes sur les exportions vers les Etats-Unis. Et l’OCDE qui émet des réserves !  Ces réserves se sont manifestées lors d’une réunion de l’Ecofin samedi à Sofia, au cours de laquelle les ministres de l’Economie européens se sont penchés première fois sur ce projet. Cependant  le ministre des Finances allemand Olaf Scholz, qui a pris ses fonctions le mois dernier, n’a pas pris position clairement sur le sujet. Cette attitude pourrait indiquer une évolution de la position de l’Allemagne, qui avait dans un premier temps soutenu l’initiative lancée par la France en septembre dernier pour aboutir à une taxation plus équitable des “Gafa”. Olaf Scholz, qui n’a pas pris la parole pendant la réunion ministérielle, a simplement déclaré à la presse qu’il était nécessaire de traiter la “question morale” de la taxation des groupes numériques, sans préciser la façon de résoudre le problème. Des responsables européens ont dit que Berlin craignait que plusieurs entreprises allemandes ne soient concernées par cette taxe et s’inquiétait d’éventuelles mesures de représailles susceptibles de pénaliser les exportations allemandes. Présent à la réunion, le secrétaire général de l’OCDE (Organisation de coopération et développement économiques) Angel Gurria avait auparavant mis en garde les ministres contre toute précipitation.

Gérald Darmanin :  » l’impôt à la source, c’est clair » !

Gérald Darmanin :  » l’impôt à la source, c’est clair » !

Pour Darmanin c’est clair comme de l’eau de source. En plus presqu’indolore. Bref,  une vraie martingale pour Bercy qui pourra discrètement augmenter l’impôt  en faisant porter la responsabilité aux entreprises doublement punies  par la lourdeur du dispositif et par le manque à gagner sur les salaires qui leur sera imputé. Bref, les entreprises vont faire ce qui était de la responsabilité d’une banque.  Darmanin s’explique dans le JDD :

« L’impôt s’adaptera à votre vie, assure-t-il ainsi. C’est une grande simplification. Désormais, le contribuable paiera l’impôt sur le revenu au moment où il le percevra. » Le ministre explique également pourquoi il faut choisir entre trois taux d’imposition sur la déclaration de revenus reçus par les foyers ces derniers jours : « Ceux qui veulent la simplicité choisiront le taux qui leur est proposé par défaut, c’est-à-dire le taux qui prend en compte leurs revenus et leur situation familiale. C’est ce taux qui permet d’ajuster l’impôt à votre situation. Mais vous aurez aussi la possibilité – facultative – de choisir un taux individualisé (qui ne prend pas en compte la situation familiale) ou un taux neutre (qui ne prend pas en compte l’ensemble des revenus). »

Gérald Darmanin précise également que 2018 sera bien une année blanche (« les Français ne paieront jamais les impôts de cette année »), à moins d’un « revenu exceptionnel », une prime par exemple. En revanche, insiste le ministre, « rien ne change » concernant les réductions d’impôts : « L’impôt à la source n’est pas une réforme du calcul de l’impôt, mais de la façon de le payer. »

Contrôle des chômeurs, oui mais l’insertion c’est mieux

Contrôle des chômeurs, oui mais l’insertion c’est mieux

 

Depuis quelque temps le gouvernemenet tombe dans le populisme en opposant des catégories sociales aux autres. Il est clair t qu’on trouvera une majorité pour contrôler et sanctionner les chômeurs.  Mais le contrôle des chômeurs ne saurait constituer la mesure phare  pour gérer  un problème qui constitue la pire inégalité sociale. Certes une très petite minorité de chômeurs trichent  avec le régime d’assurance chômage mais la question centrale consiste à réinsérer professionnellement et socialement des personnes qui perdent peu à peu contact avec la société. Ce n’est pas une politique de culpabilisation  qui permettra de réinsérer les marginaux mais une politique d’accompagnement intégrant bien sûr la formation, la réadaptation professionnelle et les aspects psychologiques. Encore une fois on ne peut nier que certains chômeurs profitent du système mais pour l’essentiel la plupart souffrent  de leur situation. C’est à cette souffrance qu’il faut répondre, c’est au manque de formation qu’il faut faire face et c’est avec des opérations d’insertion qu’on permettra assez chômeurs de réintégrer pleinement la communauté économique et sociale. Pas sûr que de ce point de vue les salariés de Pole emploi soient très armés intégrer les différents aspects déjà évoqués. On ferait mieux plutôt que de culpabiliser l’ensemble des chômeurs d’une part évidemment de développer la croissance car sans croissants pas d’emploi. D’autre part pour les chômeurs vraiment en difficulté de développer les entreprises d’insertion qui permettent chômeurs de reprendre contact avec la vie professionnelle, de se former, de retrouver une dignité et des perspectives d’emploi plus durable. De ce point de vue,  le plan du gouvernement est surtout centré sur les contrôles et sanctions et pas suffisamment sur l’insertion.  Pas étonnant si  les arbitrages du gouvernement annoncés lundi pour le contrôle des chômeurs ont suscité de vives réactions des organisations syndicales. Les sanctions seront  donc allégées lorsque le chômeur manquera sans motif valable un rendez-vous avec son conseiller Pôle emploi – ce qui représente 70% des motifs de sanction. A l’inverse, elles seront alourdies pour ceux dont les recherches sont considérées comme insuffisantes, en cas de refus d’une offre raisonnable ou de non participation au journal de bord. Un chômeur qui manquera un rendez-vous avec son conseiller sera ainsi radié pendant quinze jours, contrairement à deux mois aujourd’hui. Mais au premier manquement (insuffisance de recherche, par exemple), le demandeur d’emploi verra ses allocations supprimées pendant un mois, au deuxième manquement, pendant deux mois et au troisième, pendant quatre mois. Le gouvernement n’a pas confirmé ce barème, précisant qu’il ferait l’objet de discussions avec les partenaires sociaux. “On voit qu’il y a une volonté de renforcer largement le contrôle des demandeurs d’emploi, plus qu’il y a une volonté de renforcer l’accompagnement”, a déclaré Yvan Ricordeau, secrétaire national de la CFDT.

80km/h : c’est courageux mais c’est idiot et injuste

80km/h : c’est courageux mais c’est idiot et injuste

 

S’attaquer uen nouvelle fois à la vitesse facteur essentiel de risque sur la route est courageux mais  le faire de cette manière relève de l’entêtement. Visiblement,  le Premier ministre veut sa réforme à lui car Macron n’est pas spécialement favorable à cette orientation qui frappe surtout les zones rurales. Une orientation impopulaire qui concerne uen nouvelle fois la France profonde. Un mesure idiote car elle n’intègre pas  les différences de caractères accidentogènes. Une mesure injuste car elle frappe ceux qui n’ont pas les moyens de résider dans des appartements urbains trop chers.  On ne peut aussi s’empêcher d’interroger pour savoir sil s’agit de faire baisser la dangerosité de la route ou d’augmenter les recettes fiscales liées aux infractions de vitesse. Les radars automatiques rapportent en effet de l’ordre de 1 milliards par an ; avec une vitesse de 80, il sera facile de multiplier rapidement ce chiffre par 2 ou 3. Pourtant la mesure  parait  en apparence de bon sens : réduire la vitesse pour limiter la gravité et le nombre d’accidents. On sait en effet que la vitesse et l’alcool sont les deux facteurs explicatifs majeurs qui affectent l’insécurité routière. Pour autant,  une mesure de portée générale n’est pas forcément très pertinente. En effet sur certaines portions, même une vitesse à 80 km/h peu se révéler dangereuse  alors que sur d’autres une vitesse à 100 km/h ne présente que peu de danger. La vérité, c’est qu’il conviendrait de mettre en place une régulation de la vitesse beaucoup plus fine adaptée à chaque tronçon en fonction de la dangerosité. De ce point de vue,  il fauta regretter que l’Etat ne disposent d’aucun outils réellement scientifique pour analyser l’accidentologie. Du coup la hausse comme la baisse du nombre d’accidents n’est jamais expliqué ou alors  de manière fantaisiste.  Une philosophie par exemple qui est pratiquée dans les chemins de fer pourtant un transport guidé où  les risques est beaucoup moindres.  Le Conseil national de la sécurité routière (CNRS) - organe purement consultatif – avait déjà préconisé cette réduction de la vitesse en 2013. Au lieu de le suivre, le gouvernement d’alors s’était tourné bien plus tard, en 2015, vers une expérimentation de deux ans sur quatre axes en France.  Achevée depuis cet été, celle-ci est mise de côté. Le nouveau gouvernement, en effet, ne souhaite pas communiquer sur ses résultats, une manière de dire que cette expérimentation telle qu’elle a été conçue ne peut sérieusement être reprise. Sous dimensionnée dans la durée mais aussi dans le nombre d’axes choisis, ses données ne peuvent être exploitées d’après le gouvernemenet ! Notons que des pays qui avaient abaissé la VL sont en train de la relever pour des motifs de sécurité. L’absence d’approche réellement scientifique permet évidemment toutes les approximations.

 

SNCF: C’est comme Johny Halliday, tout le monde parle sans vraiment connaitre !

SNCF: C’est comme Johny Halliday, tout le monde parle sans vraiment connaitre !

Pour la a problématique SNCF, tout le monde a son avis comme sur la succession de Johnny Halliday mais sans vraiment connaître l’affaire. Alors le débat très réducteur voir caricatural nourrit les pour et les contre. Pour la SNCF, ce qu’on sait,  c’est qu’il fauta réformer mais quoi ? Là c’est le grand flou. Du coup,  on amalgame la question du statut, la mise en concurrence, le régime juridique de l’entreprise, les petites lignes, l’endettement. Des sujet qui entretiennent certaines interrelations forcément mais pas toujours évidentes pour affirmer que cela va moderniser l’entreprise. Pour tout dire l’analyse est un peu bâclée et la réforme abordée avec confusion et précipitation. On voit mal  ce qui va changer entre le statut d’entreprise nationale de la SNCF et celui de l’actuel EPIC. Notons que la société a déjà été nationale avec un statut de société anonyme avant 1982. Peut-être pour favoriser l’entre l’arrivée d’actionnaires privés. Mais il faudra vraiment du courage à ces derniers compte tenu de la condition d’exploitation du rail sans parler de son endettement. Second élément la question de l’endettement près de 45 milliards. C’est évidemment énorme mais cela résulte surtout de l’accumulation des décisions de l’État qui a imposé le développement de lignes nouvelles TGV alors que la SNCF n’avait pas le premier sou pour les financer. Notons d’ailleurs que le gouvernement ne propose aucun mécanisme d’apurement de cette dette contrairement à ce qu’on fait les Allemands. La question de la rentabilité des petites lignes qui justifieraient leur suppression est évidemment ridicule. On peut et on doit changer le mode d’exploitation de ces lignes. Cependant prendre le prétexte que sur la moitié du réseau ferroviaire seulement 2 % du trafic sont concernés pour justifier la fermeture  ne peut que participer à la désertification de nombre de territoires. Avec un tel raisonnement pourrait fermer 90 % du réseau routier. On oublie évidemment de prendre en compte la dimension d’aménagement du territoire et de développement durable. La mise en concurrence suppose de préciser les conditions exploitation des nouveaux exploitants en particulier concernant les péages et là rien n’est précisé. Quant au statut des cheminots, il est évidemment à revoir mais faire porter tout le pds de la réforme aux nouveaux entrants ne paraît pas particulièrement courageux et équitable. Bref tout cela sent le travail précipité et même bâclé.

Compensation baisse APL : c’est pas pour demain

Compensation baisse APL : c’est pas pour demain

Il est possible que la baisse des APL ne correspond coïncide pas avec la baisse équivalente des loyers de la part des organismes HLM. Cela essentiellement des questions techniques et administratives. Cette compensation  requiert en effet un partage d‘information entre les caisses d‘allocation familiales qui calculent le montant des APL et les bailleurs. Ces derniers visent désormais une mise en œuvre d‘ici avril-mai avec effet rétroactif au 1er février. Mais il est possible que des délais supplémentaires soient nécessaires aux bailleurs du coup la compensation pourrait être effectuée avec environ six mois de retard. Ce qui ne sera pas sans poser de problème de trésorerie aux allocataires mais peut-être aussi aux bailleurs qui devront subir des coupes par ailleurs. Avant même la publication du projet de loi, les mesures de baisse des APL du parc social adoptées dans le cadre du budget 2018 ont éprouvé des acteurs du logement social, chargés de mettre en œuvre ces coupes. Des indicateurs de l‘Union sociale pour l‘habitat montrent un fléchissement de la construction de logements sociaux. Selon un rapport publié fin janvier par la fédération, 92.900 logements sociaux ont été agréés en 2017 contre 100.300 en 2016. “Ce repli est à relier d‘une part à la réduction des crédits alloués par l‘Etat au Fonds national des aides à la pierre (-96 millions d‘euros) au cours de l’été et d‘autre part à l‘inquiétude soulevée par les baisses de ressources pour les organismes HLM qu‘entraîne la mise en place de la réduction de loyer de solidarité (RLS)”, estime la fédération.

Politique africaine : « C’est un changement de méthode profond » ! (Macron)

Politique africaine : « C’est un changement de méthode profond » ! (Macron)

 

Pas sûr que la posture de Macron vis-à-vis de l’Afrique soit très différente de celle de ses prédécesseurs. Pour preuve déjà,  chaque fois qu’il visite un pays il sort le carnet de chèques (en Tunisie il y a quelques jours au Sénégal maintenant). Or on sait combien ces annonces sont illusoires car en fait elles s’inscrivent dans une enveloppe budgétaire déjà déterminée et de ce point de vue la France a réduit l’aide au  développement qu’elle s’est elle-même fixée ou que les organisations internationales recommandent. Pire, cette  aide est en régression. On objectera que tout ne se réduit pas à une question de volume de l’enveloppe financière, il n’empêche que le discours doit être en cohérence avec la pratique.  La question est aussi de  savoir comment utiliser ces aides financières, comment sont-elles contrôlées et évaluées. La vérité c’est que la plus grande partie de ces aides s’évapore sous le chaud soleil africain dans les superstructures nationales locales dans des O.N.G. dont le fonctionnement est plus proche de celui d’une administration que d’une association. Certes certaines O.N.G. notamment moyennes et petites font un travail remarquable par contre dans certaines grosses organisations, les permanents ont parfois tendance à confondre développement du tourisme. La vraie révolution du deux développement  consisterait à régler directement la facture au fournisseur. Le transfert via des institutions, superstructures et autres grosses O.N.G. favorise l’évaporation des contributions financières au développement. De ce point de vue, on peut adhérer en partie seulement au discours du président de la république qui rêve un peu en déclarant « C’est un changement de méthode profond, explique le Président au JDD. Nous avons défini des priorités : éducation, santé, environnement, français et culture. Il s’agit désormais de travailler sur des projets concrets qui correspondent dans ce cadre à la stratégie des gouvernements ou des sociétés civiles. Il s’agit aussi d’assurer un suivi dans la durée. La France ne doit plus être une sorte de pays rêvé, dans lequel tout le monde peut s’imaginer un avenir rêvé, mais elle doit agir sur le terrain. La jeunesse africaine a à se construire un avenir choisi. C’est tout l’objet de ce déplacement au Sénégal. Aider le gouvernement sur l’éducation. Porter des projets qui changent la vie concrète des sénégalaises et des sénégalais : le TER, la construction des collèges, la lutte contre l’érosion côtière à Saint-Louis. »

L’obsolescence programmée, c’est quoi ?

L’obsolescence programmée, c’est quoi ? 

 

Schématiquement c’est l’art de soutenir une croissance inutile. Certes on ne peut nier que le renouvellement de certains produits est nécessaire pour intégrer les progrès techniques permettant à ses produits être davantage efficaces, économes en matière et énergie. Bref pour mettre à disposition du consommateur des produits plus performants. Ceci étant,  le taux de renouvellement est aussi largement encouragé pour  développer le chiffre d’affaires des firmes. On s’appuie sur des effets de mode. Ainsi par exemple concernant les nouvelles technologies de l’information certes des problèmes existent  dans la mesure où les informations sont de plus en plus gourmandes en capacité. Cependant en imposant l’augmentation des capacités du soft (systèmes,  logiciels etc.) ont contraint le moment venu à acheter également un nouveau matériel adapté. Cela vaut en particulier pour les ordinateurs, les Smartphones la télévision et autre objets connectés. En outre les nouveaux matériels sont de plus en plus fragiles car conçus  pour durer quelques années seulement parfois deux ans comme les imprimantes qui sont impossibles à démonter.  Le promoteur immobilier américain Bernard London parle «d’obsolescence imposée» pour stimuler l’industrie et la croissance.  «Toute notre économie est basée sur l’obsolescence programmée (…). Nous fabriquons de bons produits, nous poussons les gens à les acheter, et puis l’année suivante nous introduisons délibérément quelque chose qui va rendre ces produits démodés, dépassés, obsolètes. Nous faisons cela pour une raison évidente: gagner de l’argent», disait Brooks Stevens, designer industriel américain disparu en 1995.  L’obsolescence programmée est une stratégie malheureusement courante pour les entreprises consistant à planifier « la mort prématurée » de leurs produits, obligeant les consommateurs à en acheter de nouveaux. Elle se définit ainsi : l’obsolescence programmée ou planifiée est le processus par lequel un bien devient obsolète pour un utilisateur donné, parce que l’objet en question n’est plus à la mode ou qu’il n’est plus utilisable.

En clair, certains produits sont prévus pour ne plus fonctionner ou être passés de mode après un certain temps d’utilisation afin de forcer le consommateur à les remplacer. Cette technique est particulièrement utilisée par les constructeurs d’appareils électroniques (ordinateurs, téléphones, consoles…) et électroménagers (réfrigérateurs, machines à laver…). Selon l’UFC-Que Choisir(1), la durée de vie moyenne des appareils électroménagers courants oscillerait aujourd’hui entre 6 à 8 ou 9 ans contre 10 à 12 ans auparavant. Par exemple :

  • un ordinateur portable aurait une durée de vie comprise entre 5 et 8 ans,
  • une télévision de 8 ans,
  • un téléphone portable de 4 ans,
  • un réfrigérateur de 10 ans.

D’autres produits sont connus pour faire l’objet d’une conception prévoyant leur obsolescence programmée : les imprimantes, et les smartphone sans parler des voitures qui ne sont plus réparables par le mécanicien du coin.

 

Quelques autres chiffres sur l’obsolescence programmée:

La durée des appareils suivants est artificiellement maintenue très basse :

  • Les ordinateurs portables durent entre deux ans et demi et cinq ans au maximum. De plus, il est souvent difficile de les ouvrir, surtout quand des marques comme Apple créent des vis nouvelles pour chaque appareil.
  • Les écrans plats ne résistent pas plus longtemps et connaissent un taux de panne qui peut atteindre 34 % au bout de 4 ans pour certains modèles.
  • Les imprimantes destinées au grand public fonctionnent trois ans en moyenne.
  • Les batteries de smartphones et de tablettes seraient conçues pour ne pas dépasser de 300 à 400 cycles de charge, ce qui représente à peine de deux à trois ans d’utilisation.

D’un autre côté, les dépenses de réparation ont chuté de 40 % de 1997 à 2007 et seuls 44 % des appareils tombés en panne seraient réparés.
À titre d’exemple, il était autrefois relativement aisé de  changer les roulements du tambour d’un lave-linge. Mais de nos jours, les cuves sont fabriquées avec des roulements sertis : s’ils cassent, il faut changer tout l’appareil.

 

Brexit: c’est pas si grave  » (OMC)

Brexit: c’est pas si grave  » (OMC)

 

 

C’est en substance ce que dit le patron de l’organisation mondiale du commerce (OMC), Roberto Azevedo,  c’est-à-dire à peu près le contraire de ce qu’il avait affirmé avant le Brexit. Avant le référendum britannique du 23 juin 2016 en faveur du Brexit, le patron de l’OMC avait averti qu’une sortie de l’UE risquait d’entraîner pour les exportateurs britanniques 5,6 milliards de livres par an de droits de douane supplémentaires. Il avait également prévu que Londres devrait négocier de nouveaux accords commerciaux avec les 58 pays liés au bloc européen par un accord de libre-échange. Pourquoi ce changement de position ? Tout simplement parce qu’on est très loin d’un accord entre l’union européenne et le Royaume Uni. Cela en raison de divergences de fond sur la facture à régler par les Britanniques, sur le futur accord commercial mais aussi en raison de l’impréparation totale du gouvernement britannique L’absence d’accord commercial avec l’Union européenne au moment du Brexit ne serait « pas la fin du monde » pour le Royaume-Uni, même si cela pourrait entraîner « des rigidités et des coûts » pour ce pays, a donc estimé dimanche le patron de l’OMC, Roberto Azevedo. Sans accord commercial au moment de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, celui-ci se verrait appliquer les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’est-à-dire des barrières douanières et tarifaires. « Environ la moitié du commerce du Royaume-Uni est déjà soumise aux règles de l’OMC – avec les Etats-Unis, la Chine et plusieurs grands pays émergents où l’UE ne dispose pas d’accords commerciaux », a déclaré Roberto Azevedo dans un entretien avec le journal britannique The Sunday Telegraph. « Ainsi, si le commerce du Royaume-Uni avec l’UE est régi par les règles de l’OMC, ce n’est pas la fin du monde », a-t-il ajouté, tout en estimant préférable la conclusion d’un accord de libre-échange (ALE) entre les deux parties. Le Royaume-Uni a prévu de quitter le marché unique européen et l’Union douanière en se retirant de l’UE le 29 mars 2019, tout en espérant pouvoir conclure d’ici là un accord de libre-échange avec Bruxelles. Mais l’UE refuse d’entamer des négociations sur la future relation commerciale sans accord préalable sur trois dossiers qu’elle juge prioritaires, dont la facture du divorce et la frontière entre les deux Irlande, alimentant l’hypothèse de la possibilité d’une absence d’accord.

Optimisation fiscale ou fraude fiscale, c’est différent !

Optimisation fiscale  ou  fraude  fiscale c’est différent !

Grand débat sémantique autour de l’évitement  fiscale s’agit-il d’une fraude ou d’une optimisation. Dans un cas,  ce serait condamnable mais pas dans l’autre. Le résultat c’est que légal ou pas, l’optimisation aboutit au fait que des entreprise ne payent pratiquement pas grand-chose comme fiscalité sur les bénfices tandis que les PME qui n’ont pas de superstructure juridique et fiscale en payent 35%. Juridiquement l’optimalisation  fiscale  serait normal, légale et non condamnable y compris sur le plan moral à l’inverse de la fraude. La frontière est tellement mince qu’elle autorise à mettre les deux concepts dans le même sac.   L’Avocate au Barreau de Paris, spécialiste du droit pénal et du droit de la presse, Delphine Meillet  défend pourtant  la thèse que l’évasion fiscale et l’optimisation  sont deux concepts très différents. Pourtant l’objectif est bien le même : optimiser pour payer moins d’impôts. Dans un cas, on s’affranchit des règles mais dans l’autre on «  sollicite le droit » pour le contourner. La réalité,  c’est que la plupart des grandes entreprise ne payent que quelques % (autour de 3% en moyenne) sur les bénéfices quand des entreprises moins importantes en payent plus de 35%. Certaines multinationales comme Nike ne payent même rien du tout ni aux Etats-Unis ni aux Pays –bas (Pays européen qui constitue aussi un véritable paradis fiscal comme encore le Luxembourg).  On a évidemment du mal à adhérer à la distinction sémantique de l’avocate : « Hier les Panama Papers. Aujourd’hui les Paradise Papers. Le nom est quasiment le même, le dossier est porté par les mêmes journalistes, le traitement par la presse est à l’identique… L’un et l’autre, portés par le même consortium international de journalistes d’investigation, n’ont pourtant rien à voir. D’un côté un système massif de fraude fiscale ; de l’autre, des opérations fiscales déclarées et légales. D’un côté, des chefs d’Etat et des chefs d’entreprise impliqués dans des opérations d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent et de l’autre des entreprises à la réussite exceptionnelle, la reine d’Angleterre, Shakira… et Bernard Arnault en tête de proue. Il ne faut pas être un expert de la fiscalité internationale pour comprendre qu’il y a un gouffre entre ces deux “scandales”, que rien ne relie. » L’avocate défend évidemment ses client, c’est son métier. Reste que l’optimisation priverait la France d’environ 20 milliards d’après des économistes de l’université des Nations-Unis. (La fraude totale pouvant se chiffrer à 50 ou 60 milliards).

Optimisation fiscale et évasion fiscale c’est différent ! (Delphine Meillet, avocate)

Optimisation fiscale et évasion fiscale c’est différent ! (Delphine Meillet, avocate)

L’Avocate au Barreau de Paris, spécialiste du droit pénal et du droit de la presse, Delphine Meillet  défend la thèse que l’évasion fiscale et l’optimisation  sont deux concepts très différents. Pourtant l’objectif est bien le même : optimiser pour payer moins d’impôts. Dans un cas, on s’affranchit des règles mais dans l’autre on «  sollicite le droit » pour le contourner. La réalité c’est que la plupart des grandes entreprise ne payent que quelques % sur les bénéfices quand des entreprises moins importantes en payent plus de 30%. Certaines multinationales comme Nike ne payent même rien du tout ni aux Etats-Unis ni aux Pays –bas (Pays européen qui constitue aussi un véritable paradis fiscal comme encore le Luxembourg).  On a évidemment du mal à adhérer à la distinction sémantique de l’avocate : « Hier les Panama Papers. Aujourd’hui les Paradise Papers. Le nom est quasiment le même, le dossier est porté par les mêmes journalistes, le traitement par la presse est à l’identique… L’un et l’autre, portés par le même consortium international de journalistes d’investigation, n’ont pourtant rien à voir. D’un côté un système massif de fraude fiscale ; de l’autre, des opérations fiscales déclarées et légales. D’un côté, des chefs d’Etat et des chefs d’entreprise impliqués dans des opérations d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent et de l’autre des entreprises à la réussite exceptionnelle, la reine d’Angleterre, Shakira… et Bernard Arnault en tête de proue. Il ne faut pas être un expert de la fiscalité internationale pour comprendre qu’il y a un gouffre entre ces deux “scandales”, que rien ne relie. »

Affaire Kerviel : c’est la policière qui est mise en examen !

Affaire Kerviel : c’est la policière qui est mise en examen !

 

Dans l’affaire de la Société générale l’indécent voir au ridicule. Une affaire qui démontre que la justice se couche devant la puissance de l’institution financière. Non seulement la justice continue de faire porter le chapeau au seul Kerviel en étouffant ses arguments sur la responsabilité de la banque concernant l’énormes de la perte de 5 milliards mais en plus la justice met  maintenant en examen la policière qui avait recueilli les confidences d’une magistrate qui mettait en cause la responsabilité de la banque. Certes juridiquement cette policière n’avait sans doute pas à enregistrer de manière clandestine cette magistrate mais au-delà de la forme reste le fond à savoir que la justice ne veut pas être impliquée de quelque manière que ce soit dans un scandale qu’elle tente d’étouffer . L’ancienne policière de la Brigade financière, Nathalie Le Roy, a donc été mise en examen à Lille le 16 août dans l’affaire de l’enregistrement, à son insu, d’une magistrate qui avait été produit devant la justice par la défense de l’ex-trader Jérôme Kerviel, a appris l’AFP vendredi de source judiciaire. Comme l’a révélé le Journal du Dimanche dimanche dernier, la policière a été mise en examen pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » dans cette instruction ouverte à Paris puis dépaysée à Lille après une plainte de cette magistrate du parquet de Paris, désormais à la retraite, Chantal de Leiris.   »Nathalie Le Roy a fait cela de manière tout à fait désintéressée. Tous les critères juridiques sont réunis pour qu’elle bénéficie du statut de lanceuse d’alerte », a commenté l’avocat de la policière Gilles-William Goldnadel. Chargée de l’enquête Kerviel, l’ancienne policière avait elle-même procédé à l’enregistrement, mi-juin 2015, lors d’un rendez-vous dans un café parisien avec cette magistrate, vice-procureur au parquet de Paris pendant l’enquête sur les agissements de Jérôme Kerviel à la Société générale. Durant cette conversation, la vice-procureur donnait du crédit à l’hypothèse d’une enquête biaisée en faveur de la banque, assurant que les juges étaient « sous la coupe » des avocats de la Société générale.  »La Société générale n’a pas eu prise sur moi, ni sur la Brigade financière », avait rectifié la magistrate publiquement, avant de porter plainte.

« Le bordel, «c’est vous, les journalistes, qui le mettez»(Macron)

« Le bordel, «c’est vous, les journalistes,  qui le mettez»(Macron)

 

 

Le bordel, «c’est vous qui le mettez».  La plaisanterie, lâchée par Emmanuel Macron aux journalistes ce vendredi, en dit long sur la vision du chef de l’État du rôle des médias dans la polémique autour de ses propos sur ceux «qui foutent le bordel» au lieu de chercher du travail. Interrogé lors d’une séance de questions-réponses aux «24 H du bâtiment» avec des acteurs du secteur, Macron a tout fait pour relativiser la portée de cette sortie controversée. «On a plus parlé de péripéties sur ce déplacement que du fond de ce que nous avons annoncé avec les ministres du Travail et de l’Education nationale, qui est fondamental», a-t-il regretté. Un moyen de rappeler l’objectif premier de ce déplacement à Egletons, en Corrèze, consacré aux projets pour la formation, et qui devait conclure la contre-offensive sociale du chef de l’État après les débats houleux sur le budget. «Si les gens s’intéressaient à la vie du pays, ils auraient plutôt dû parler de ce qu’on a dit dans cette table ronde. On a parlé des vrais problèmes des vrais gens, et des vraies propositions pour vraiment protéger», a poursuivi le président de la République.

Opel : oui à l’électrique, si c’est rentable

Opel : oui à  l’électrique, si c’est rentable

 

Ce qu’a déclaré Carlos Tavares, président du directoire du constructeur automobile français, cité dimanche par Bild am Sonntag. “Nous, PSA, allons mettre cette technologie à la disposition d‘Opel pour aller plus loin dans l’électrification. Si Opel veut un jour devenir une marque entièrement électrique, cela nous convient, à condition que ce soit rentable”, a dit Carlos Tavares. Un impératif qui s’impose de la même manière ou presque à tous les constructeurs la question est en effet de savoir quand la voiture électrique aura  une place significative dans le marché et à quelle  condition. Pour l’instant il est clair que les utilisateurs que les automobilistes ne sont pas prêts à dépenser 10 ou 20 000 € supplémentaires pour posséder  leur propre véhicule. En outre, il faudra que l’autonomie des voitures puisse permettre d’effectuer au moins 400 km. Cela pourrait remettre en cause le concept actuel d’automobile et son mode de production. Bref une véritable révolution pour le secteur industriel concerné. Pas sûr non plus que ces véhicules électriques soient possédés en propre par les utilisateurs surtout si le prix demeure encore difficilement accessible pour certains. Il se pourrait que la location prenne le pas sur l’acquisition dans la mesure une automobile en moyenne est utilisée à peine une heure sur 24 heures et qu’il est donc difficile d’amortir un prix d’achat important. Il faut que les véhicules électriques parviennent à trouver leur place sur le marché sans la moindre subvention, a donc  ajouté le patron de PSA. . De nombreux constructeurs automobiles perçoivent la voiture électrique comme l‘avenir du secteur, pour des raisons environnementales, et cette évolution, encouragée par les pouvoirs publics dans de nombreux pays, a été accélérée avec les affaires  des émissions polluantes des véhicules diesel de Volkswagen ou encore de PSA en France.

Eolien ….. C’est du vent ?…

Eolien ….. C’est du vent ?…

Et si l’éolien n’était que du vent en tout cas une illusion énergétique, aussi  un scandale financier. Ce qu’estime Jacques Attali dans une tribune de l’Express.

 

« L’impérieuse nécessité de la  réduction des émissions des gaz à effet de serre conduit parfois à des politiques absurdes, résultats de la précipitation d’hommes politiques (pour qui l’écologie représente d’abord des voix), et de l’avidité d’entreprises (pour qui le « vert » représente surtout des profits).
Ainsi du développement des éoliennes, considérées aujourd’hui comme une source incontournable d’énergies renouvelables, au même titre que le solaire.
Sans parler de leur dimension esthétique, ni de leur pollution sonore, que chacun peut apprécier à sa guise,  leur utilité, dans une politique de croissance durable, est hautement problématique. Ces grandes machines sont déployées aujourd’hui à très grande vitesse, partout dans le monde, du Texas à la Chine, à l’image de l’Allemagne, qui dispose aujourd’hui du plus grand parc éolien du monde, représentant une puissance de 25.000 MW. D’autres pays ambitionnent des niveaux équivalents : le Royaume-Uni projette d’installer une puissance éolienne de 33.000 MW ; les Pays-Bas parlent de 6.000, seulement en off-shore ; et la France veut atteindre en dix ans la même puissance que l’Allemagne. Ces objectifs, en apparence considérables, sont en fait dérisoires : En Allemagne, toutes ces éoliennes, saturant le territoire, représentent à peine 5% de la consommation de l’électricité du pays, contre 25 % pour le nucléaire, qui ne disparaitra pas. En France, où à peine un huitième de cette puissance est installée, il faudrait construire 1.400 éoliennes chaque année pour satisfaire la seule augmentation annuelle de la consommation électrique ; et plus de 2.100 pour produire autant qu’une seule centrale nucléaire. De plus, c’est une énergie très incertaine, qui ne peut être produite qu’à des moments improbables, quand il y a du vent (et pas n’importe lequel) et donc pas lors d’anticyclone. Au total, une éolienne ne produit annuellement que l’équivalent de 2000 heures de sa puissance maximale. Aussi, l’énergie éolienne ne se développe que si est mise en place une gestion très fine des prévisions météorologiques, avec des investissements importants, pour intégrer cette multitude de productions locales dans les réseaux. Cela exige d’énormes subventions (qui, en France, portent le taux de rentabilité sur fonds propre à 22 % en moyenne et même à 40 % sur les sites les plus venteux) et l’abandon de bien des contrôles.
Au total, c’est donc une énergie très envahissante, attirant toutes les cupidités. Si l’Allemagne a atteint les limites de ce que son territoire peut supporter, la France est partie dans le même délire : alors que la loi Montagne et la loi Littoral contrôlent très rigoureusement la construction d’immeubles et d’usines, les autorités régionales développent les éoliennes sans pratiquement aucun contrôle : deux permis de construire ont même été accordés à moins de 20 km du Mont-Saint-Michel. Et les éoliennes off-shore se développent aussi sans aucun contrôle de leurs impacts sur le tissu littoral.
Le moment est venu au moins d’une pause, pour en mesurer toutes les dimensions, avant que le vent n’emporte nos illusions. »

Éducation : « L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme » (Jean-Michel Blanquer)

Éducation : « L’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme » (Jean-Michel Blanquer)

 

 

Le nouveau ministre de l’éducation explique sa vision de l’école dans uen interview au JDD.

 

 

L’école va-t-elle changer dès la rentrée?
Oui, des réalisations concrètes voient le jour : le dédoublement des classes de CP du réseau d’éducation prioritaire renforcée, le dispositif "devoirs faits&quot , l’adaptation des rythmes scolaires, la restauration des classes bilangues, des sections européennes et du latin. Pour aller de l’avant, on doit toujours analyser les forces et les faiblesses de ce dont on hérite. Depuis mon arrivée, j’ai engagé ce processus afin de préserver ce qui est bon et d’améliorer ce qui ne fonctionne pas. L’ensemble de mes actions se résume en la volonté de bâtir l’école de la confiance.

Près d’un tiers des écoles repassent à la semaine de quatre jours dès septembre. N’est-ce pas précipité?
Un tiers des communes (37 %), en accord avec les conseils d’école, souhaitent revenir à quatre jours de classe dès cette rentrée. Cela concerne un quart des élèves en primaire (28 %). Ce mouvement montre que la possibilité que nous avons offerte correspondait bien à un besoin du terrain et que la mise en place de la semaine de quatre jours et demi n’avait pas été bien vécue partout. A contrario, dans d’autres cas, la situation actuelle est satisfaisante. Nous devons avoir une approche pragmatique : aucune étude ne montre la supériorité d’une formule sur une autre. D’après les premières analyses, ce sont plutôt les communes rurales qui ont préféré revenir aux quatre jours. À nous de les accompagner dans leur nouveau projet éducatif. Pour cela, nous allons mobiliser des moyens en faveur d’un mercredi de qualité et travaillons avec le Premier ministre pour une pérennisation du fonds de soutien aux activités périscolaires pour les communes qui restent à quatre jours et demi.

Vous rouvrez un chantier qui avait empoisonné le quinquennat précédent. N’est-ce pas un risque?
J’essaie au contraire de cicatriser quelques plaies et d’arriver à une position d’équilibre. L’erreur de 2013 a été de vouloir plaquer une formule uniformément. En août 2012, quand toutes les écoles étaient à quatre jours, je disais qu’une partie devrait passer à quatre jours et demi. Puis quand tout le monde était à quatre et demi, j’ai pensé qu’une partie aurait intérêt à revenir à quatre jours. Ce n’est pas un effet de balancier que je prône mais une souplesse pour tenir compte des situations locales.

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Quel est votre projet pour l’école primaire?
Notre priorité, c’est de voir 100% des élèves réussir leur CP. Aujourd’hui, plus de 20 % sortent de l’école primaire sans savoir correctement lire, écrire, compter et respecter autrui. Nous allons concentrer notre attention sur ces 750.000 élèves. Pour cela, une mesure dont l’efficacité a été internationalement reconnue sera mise en place : diviser par deux le nombre d’élèves dans ces classes en zone d’éducation prioritaire renforcée. Il nous faudra aussi travailler sur la qualité pédagogique, le recrutement des enseignants et, bien sûr, leur formation.

Combien y aura-t-il de CP à 12 élèves à la rentrée?
En réseau prioritaire renforcé, 2.500 classes vont bénéficier de deux maîtres dès septembre. Dans 70% des cas, les locaux permettent d’avoir deux classes de 12 élèves au lieu d’une de 24. Ailleurs, deux enseignants interviendront ensemble dans la classe. On peut utiliser des salles vides, en construire de nouvelles, monter des cloisons… Mais en aucun cas, comme j’ai pu l’entendre parfois, on ne mettra des rideaux ou des paravents!

Beaucoup de professeurs regrettent que cela siphonne le dispositif ‘Plus de maîtres que de classes’ (dans lequel un enseignant supplémentaire co-intervient à différents niveaux d’une même école)…
Arrêtons les faux procès. Nous concentrons une partie de ce dispositif sur les classes de CP en réseau prioritaire, nous ne le supprimons pas : 50 % des « maîtres plus » sont maintenus. Je veux pouvoir évaluer objectivement les résultats de ces deux dispositifs qui vont coexister.

Dans le secondaire, comment se traduit l’assouplissement de la réforme du collège?
D’abord, l’ensemble des classes bilangues est en passe d’être rétabli, soit 1.200 classes dès la rentrée. Nous rouvrons aussi les parcours européens. Et les cours de latin et de grec sont restaurés chaque fois que c’est possible. C’est un enjeu de civilisation : quelles que soient nos origines, nous ne venons pas de nulle part. Nos racines gréco-latines structurent notre langage, donc notre vie.

Vous revenez là aussi sur une réforme de votre prédécesseur…
Revenir en arrière n’est pas ma méthode, je ne détricote pas. Les enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) peuvent être une bonne chose. Ils restent l’objet d’une épreuve au brevet. Si un établissement est satisfait avec plusieurs EPI, il est libre de les déployer. Ce que nous apportons, c’est davantage de liberté dans le choix de leurs thématiques.

Vous prônez la liberté et l’autonomie : l’école privée constitue-elle un modèle pour vous?
Je suis profondément habité par la valeur et la force de l’école publique. Si la plus grande fuite observée vers le privé depuis des décennies a eu lieu à la rentrée 2016, il y a une raison : en imposant des mesures uniformes, la réforme du collège a cassé l’attractivité des établissements publics. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’inspirer du privé, mais aussi des modèles étrangers et surtout des études scientifiques. Le vrai ennemi du service public, c’est l’égalitarisme ; son ami, la liberté. La liberté bien conçue favorise l’égalité. Beaucoup de syndicats peuvent entendre cela.

Prime aux professeurs, ‘Devoirs faits’ et APB

Au collège, vous lancez le programme ‘Devoirs faits’ : les élèves feront leurs devoirs avant de rentrer chez eux. Est-ce vraiment réalisable partout dès cette année?
Nous proposerons des études dirigées à tous les collégiens qui le souhaitent. Le dispositif sera opérationnel à la Toussaint. Nous comptons sur l’implication des professeurs en heures supplémentaires, la transformation du métier d’assistant d’éducation, la mobilisation de 10.000 jeunes en service civique et le soutien des associations. Nous voulons que les devoirs ne soient plus une source d’inégalité entre élèves mais une chance pour tous.

La plateforme APB angoisse beaucoup de parents. La ministre de l’Enseignement supérieur a lancé lundi une concertation sur l’entrée à l’université. Que proposez-vous pour en finir avec les tirages au sort? 
Je comprends l’angoisse des parents. Le tirage au sort est la négation de toutes les valeurs que nous prônons : le mérite et la réussite des élèves grâce à une bonne orientation. Nous allons travailler à une cohérence et à un rebond : la cohérence, à travers une politique d’orientation profondément revisitée dès le début du lycée ; le rebond, avec la réforme du baccalauréat sur laquelle nous entamerons une concertation dès l’automne.

La prime de 3.000 euros promise aux professeurs allant exercer dans les quartiers les plus défavorisés (REP+) sera-t-elle versée cette année?
Notre volonté est d’attirer et de maintenir des professeurs expérimentés dans ces territoires en grande difficulté. Cette prime est un élément de motivation dont nous étudions les modalités de déploiement au cours du quinquennat.

« Passer de l’internat prison à l’internat liberté »

Lundi, lors de la Conférence des territoires, le Président a indiqué vouloir donner à la ruralité « les mêmes chances de réussir ». Cela implique-t-il l’école?
Nous voulons donner envie aux familles d’envoyer leurs enfants dans les écoles rurales. La relance d’une politique volontariste des internats à la rentrée 2018 participe de cette dynamique. Il faut passer de l’internat prison tel qu’il est perçu à l’internat liberté, qui allie rigueur (usage raisonné des écrans, temps de sommeil respectés…) et bonheur (épanouissement personnel et activités culturelles et sportives). C’est une clé pour redevenir un modèle éducatif attractif à l’échelle internationale.

Comment allez-vous créer ces ‘internats liberté’?
La cible privilégiée, ce sont les 36.000 places disponibles dans les internats existants des collèges et des lycées. D’ici à fin décembre, nous allons discuter avec les collectivités territoriales pour identifier les places libres, élaborer une stratégie et porter une ambition pédagogique, pourquoi pas dans des départements expérimentaux. La France a un capital éducatif exceptionnel, à nous de le réveiller.

 Faut-il réduire les grandes vacances?
Il n’y a pas d’engagement présidentiel en la matière. Mais à chaque fois qu’on parle du rythme de l’enfant au XXIe siècle, on doit se poser la question des vacances, qu’il s’agisse de l’été ou des vacances intermédiaires. C’est un sujet plus important que celui du rythme hebdomadaire.

Dans le cadre de l’initiative ‘Un livre pour les vacances’, vous avez offert Les Fables de La Fontaine aux CM2 de trois académies. Laquelle vous inspire le plus?
Le laboureur et ses enfants. Un cultivateur confie à ses enfants qu’il a un trésor caché dans son champ. À sa mort, ils remuent la terre et ne trouvent aucun magot, mais le champ devient de plus en plus fertile. C’est la morale de l’école : en travaillant, on se crée le plus grand des trésors.

 

FN : «Le problème, c’est Marine Le Pen»

FN : «Le problème, c’est Marine Le Pen»

Finalement le principal handicap du Front National pourrait bien être Marine Le Pen elle-même. Ce que pense d’anciens cadres du parti qui estiment  que Marine Payne n’a aucune vision et aucune stratégie ;  des critiques qui ne sont sans doute pas sans fondement. D’un certain point de vue, Marine Payne est à la fois un atout mais aussi un handicap pour le Front national. Héritière d’un parti et d’un nom elle parvient à être relativement populaire à partir d’un positionnement protestataire systématique de type poujadiste  mais sans réel projet économique et social. Le fameux débat avec Macron a montré toutes les limites de l’intéressés qui contrairement à son père ou à sa nièce Marion Maréchal Le Pen manque totalement d’épaisseur idéologique et tout simplement de culture. Ce que confirment plusieurs anciens cadres du FN dans le Figaro. «Finalement, au FN comme au PS, il n’y a rien à refonder. On peut essayer d’habiller ces partis comme on veut, ils ont chacun un cœur nucléaire. Celui du Front national c’est l’immigration», tranche Jean-Claude Martinez.., l’ex-dissident en désignant Marine Le Pen comme la «seule responsable des défaites» du Front national.  Eric Pinel, autre ex-dissident estime que le FN est en perte de repères. «Avant qu’elle prenne la présidence du FN, nous avions remarqué une dérive programmatique importante. Le parti a trouvé de nouveaux électeurs mais beaucoup se demandent où va le mouvement», pointe l’ancien directeur de cabinet de Bruno Gollnisch. Il a passé plus de dix ans au FN (1998-2008). «Finalement, Philippot collait bien à la volonté de Marine Le Pen de faire un FN light. Il a apporté une méthode et des informations sondagières mais finalement, en s’éloignant du terrain des idées, on glisse vers celui de la démagogie», blâme l’ex-conseiller écologie du FN. Mêmes critiques chez Carl Lang. Frontiste de 1978 à 2009, celui qui occupa deux fois le siège de secrétaire général et une fois celui de vice-président fait porter le poids des tourments frontistes sur les épaules de Marine Le Pen et de sa «démagogie populiste de gauche». «Le problème, ce n’est pas le parti, c’est elle», insiste-t-il.

« Ici c’est la France, pas la Russie », dit le communiste Mélenchon

« Ici c’est la France, pas la Russie », dit le communiste Mélenchon

 

Le paradoxe et l’outrance discréditent  un peu plus un Mélenchon qui ne se remet pas de sa défaire aux présidentielles, défaite au demeurant honorable. Cependant l’audience de Mélenchon ne cesse de s’effriter depuis. En cause la reprise de sa rhétorique  de fureur et de bruit, sa radicalité et son agressivité. Aussi sa lamentable décision de ne pas se déclarer nettement contre le FN. L’égo a pris le pas sur les valeurs républicaines. Du coup, il tente de se rattraper avec des propos qui touchent au ridicule en comparant la France à la Russie. Lui, le communiste, qui a toujours manifesté une bienveillance coupable à l’égard des régimes de dictature comme Cuba ou  le Venezuela.   « Ici c’est la France, pas la Russie », a donc déclaré vendredi Jean-Luc Mélenchon, qui s’inquiète de la probable hégémonie de La République en Marche à l’Assemblée nationale « avec moins de représentants de l’opposition qu’il n’y en a en Russie ». Le chef de file de La France insoumise affronte dimanche au second tour des élections législatives la candidate LREM dans la IVe circonscription des Bouches-du-Rhône. Il a recueilli 34,3% des voix au premier tour contre 22,7% à son adversaire. Selon une enquête Opinionway publiée jeudi, le parti d’Emmanuel Macron serait en passe de remporter 440 à 470 à l’Assemblée, qui en compte 577. « Si une Assemblée ça doit être une armée qui a le doigt sur la couture du pantalon, ce n’est la peine de faire une assemblée, on appelle ça une dictature », a déclaré Jean-Luc Mélenchon sur Europe 1. L’ancien ministre de Lionel Jospin estime que conférer les pleins pouvoirs à Emmanuel Macron est à la fois malsain et risqué. « Cet homme va finir réellement par croire qu’il marche sur les eaux. La situation, de ce point de vue, n’est pas saine. Ici c’est la France, pas la Russie », a-t-il lancé. L’hebdomadaire britannique The Economist consacre la Une de son nouveau numéro au président français que l’on voit, souriant, main dans la poche, marcher sur l’eau avec ce titre : « Le sauveur de l’Europe? » « On va se retrouver avec moins de représentants de l’opposition qu’il n’y en a en Russie », a poursuivi Jean-Luc Mélenchon en appelant les abstentionnistes du premier tour – plus d’un électeur sur deux – à se mobiliser dimanche. « Le risque est considérable: l’ordre public social va être dévasté par la remise en cause de tout le Code du travail ; l’ordre des libertés publiques va être dévasté par l’introduction de l’état d’urgence dans la loi ordinaire; un homme tout seul qui s’autoproclame jupitérien et un concert de louanges médiatiques qui est absolument ahurissant », détaille-t-il. Jean-Luc Mélenchon espère pouvoir former un groupe à l’Assemblée (quinze députés minimum) qui soit « articulé avec le mouvement social ». « Si vous croyez que les travailleurs de ce pays et les salariés d’une manière générale vont se laisser tondre simplement parce que tous les hebdomadaires du pays publient la photo souriante du jeune prince, vous rêvez », a-t-il dit. « Le dégagisme est à l’oeuvre (…) et vous verrez que ce sera le tour de M. Macron bientôt quand les gens vont s’apercevoir qu’ils ont fichu dehors Les Républicains et le PS. Ce n’est pas pour manger un potage qui contient les deux à la fois », a ajouté Jean-Luc Mélenchon. Bref du Georges Marchais avec 40 ans de retard, du populisme d’autant plus inadmissible que l’homme ne manque pas de culture.

Proportionnelle : c’est pas pour demain

Proportionnelle : c’est pas pour demain

Finalement la proportionnelle qui avait été annoncée pourrait avoir du plomb dans l’aile.  Officiellement,  il s’agirait d’une question de calendrier. Effectivement le plan de travail du Parlement risque d’être très chargé par les innombrables réformes nécessaires à la modernisation du pays. La question de la proportionnelle n’est donc pas forcément prioritaire. Cela d’autant plus que le mode de scrutin actuel présente pour Macron un avantage majeur à savoir la marginalisation des principaux partis d’opposition. Si par hypothèse le quinquennat de Macron  devait être réussi, la mise en œuvre du mode de scrutin actuel pourrait bien tuer définitivement la plupart des partis république en marche exceptée. Cette réforme, qui avait été annoncée par le chef de l’Etat pour la fin de l’année, pourrait prendre du retard, selon une source gouvernementale citée par franceinfo, notamment en raison d’un calendrier parlementaire chargé. « Il y a un problème d’urgence », a souligné de son côté le président de la Commission nationale d’investiture de La République en marche, Jean-Paul Delevoye, sur Europe 1. « Le président de la République a très clairement fixé l’urgence pour les six prochains mois pour être au rendez-vous des législatives allemandes et retrouver un crédit que la France a perdu en Europe », a-t-il ajouté. »Le président de la République a fixé ses priorités, formation professionnelle, assurance chômage, liberté d’entreprise », a-t-il ajouté. « Et je crois qu’après il y aura un temps et j’espère pour la mi-quinquennat ou le post-quinquennat où effectivement nous pourrons réfléchir à la (…) modification institutionnelle qui permettra effectivement je l’espère une dose de proportionnelle ». Contacté par Reuters, l’entourage du chef de l’Etat a indiqué que rien n’avait encore été décidé pour l’heure. L’élection des députés se déroule actuellement au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, qui devrait permettre au mouvement d’Emmanuel Macron d’obtenir une écrasante majorité absolue avec moins d’un tiers des voix. L’introduction de la proportionnelle, l’un des termes de l’alliance conclue entre Emmanuel Macron et le président du Modem, François Bayrou, est réclamée de longue date par le Front national.

Changement de nom du FN , c’est bidon »(Jean-Marie Le Pen)

Changement de nom du FN , c’est bidon »(Jean-Marie Le Pen)

 

Le vice-président du parti, Florian Philippot, envisage de changer le nom du parti. Mais Jean-Marie Le Pen n’est pas de cet avis. Il explique au Figaro que « le changement de nom, c’est comme le changement du climat, c’est bidon ». Le fondateur du Front national « observe un certain nombre de failles, y compris sur le plan technique puisqu’il y a eu des problèmes d’affiches et de bulletins de vote (…) Je constate que le Front national est probablement le seul parti politique au monde qui n’a pas de journal ». Il ajoute : « La pensée politique si Marine Le Pen quitte le terrain de l’euro, sans doute se privera-t-elle des services de monsieur Philippot.  « .  Quant au rôle de Marine Le Pen dans l’opposition, Jean-Marie Le Pen juge que sa fille « sera amenée à animer une opposition radicale au macronisme.

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