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Remise en cause des objectifs d’ inflation par les banques centrales

Remise en cause des objectifs d’ inflation par les banques centrales

OPINION. L’épuisement de la capacité fiscale peut conduire à un scénario de « dominance budgétaire » dans lequel la politique monétaire ajuste ses objectifs d’inflation pour préserver la solvabilité des États. Par Éric Mengus, HEC Paris Business School et Guillaume Plantin, Sciences Po. Bref une certaine remise en cause des objectifs d’inflation

 

Depuis 2008, les gouvernements ont émis des quantités importantes de dette publique – l’encours de la dette est désormais égal à 125 % du PIB aux États-Unis et a dépassé cet été la barre des 100 % dans la zone euro. Une part importante de cette dette a été rachetée par les banques centrales qui ont émis en contrepartie des réserves – plus de 30 % du PIB à la Réserve fédérale américaine (Fed) et 60 % à la Banque centrale européenne (BCE).

Jusqu’à présent, les taux d’intérêt bas ont permis un refinancement aisé des dettes publiques. En outre, l’inflation basse justifiait des opérations de soutien monétaire des banques centrales.

Cependant, cette situation risque de prendre fin avec la récente remontée de l’inflation des deux côtés de l’Atlantique. Certains observateurs, en particulier aux États-Unis comme l’économiste John Cochrane, ou encore Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, s’inquiètent aujourd’hui de la capacité des banques centrales à augmenter les taux d’intérêt ou à réduire leurs réserves lorsque cela s’avèrera nécessaire pour atteindre leur objectif de stabilité des prix (un taux d’inflation proche de 2 % pour la Fed et la BCE).

Dans le contexte d’endettement actuel, les États pourraient en effet tirer profit d’une politique monétaire accommodante menant à un niveau élevé d’inflation. La hausse des prix éroderait la valeur réelle des dettes publiques et donc les rendrait plus supportables. Ils auraient ainsi intérêt à entraver tout resserrement entrepris par les banques centrales.

De telles inquiétudes mettent en évidence un risque de basculement de la « dominance monétaire », dans laquelle la banque centrale n’est confrontée à aucun obstacle budgétaire pour atteindre son objectif de stabilité des prix, à une « dominance budgétaire », dans laquelle la politique monétaire cherche d’abord à fixer l’inflation pour assurer la solvabilité de l’autorité fiscale.

Avec un tel passage à la dominance budgétaire, l’inflation, qui est actuellement considérée comme transitoire, pourrait bien devenir plus persistante et, surtout, plus difficile à combattre. Ce risque de dominance budgétaire est d’ailleurs l’objet de dissensions, notamment au sein de l’Eurosystème.

Habituellement, lorsque la banque centrale resserre sa politique monétaire, la hausse des taux d’intérêt augmente la charge de la dette du gouvernement, qui doit alors procéder à une consolidation budgétaire sous forme de hausses d’impôt ou de réduction des dépenses publiques. Étant donné leur endettement massif, les gouvernements pourraient au contraire être tentés de ne pas réduire leurs déficits, voire d’augmenter leur endettement, pour forcer la banque centrale à revenir sur son resserrement monétaire.

Faut-il croire aujourd’hui à un tel scénario ? Dans nos récents travaux de recherche, nous analysons les incitations d’un gouvernement à pousser à la dominance budgétaire ou, au contraire, à se conformer à la dominance monétaire.

Dans le premier cas, ce jeu a été décrit comme un « jeu de la poule mouillée » entre le gouvernement et la banque centrale par l’économiste américain Neil Wallace à la suite de ses travaux avec son Thomas Sargent, prix Nobel d’économie en 2011.

Ce jeu est celui où deux pilotes lancent leurs voitures l’une contre l’autre, le perdant étant le premier qui dévie de sa trajectoire pour éviter la collision : le gouvernement accumule ainsi les déficits alors que la banque centrale maintient sa politique monétaire restrictive jusqu’au moment où l’un cède, soit par consolidation fiscale du côté du gouvernement, soit par de l’inflation du côté de la banque centrale. Le scénario du crash dans lequel personne ne cède correspond ici au défaut souverain.

Ce que nous montrons, tout d’abord, est que la dominance budgétaire dans ce jeu de la poule mouillée nécessite que le gouvernement épuise sa capacité fiscale et rende un défaut crédible : il ne doit plus avoir de marges de financement, ni en termes de réduction de dépenses ni en termes de taxes supplémentaires. En effet, tant que le gouvernement dispose de marges d’ajustement, la politique monétaire peut le forcer à la consolidation fiscale afin d’éviter un défaut.

Comment un gouvernement peut-elle se retrouver dans une telle situation d’épuisement de sa capacité fiscale ? Des chocs comme des récessions ou des crises peuvent l’y mener via la baisse des recettes fiscales ou l’augmentation des dépenses pour le soutien à l’économie.

Nous montrons de plus que l’autorité fiscale peut également épuiser sa capacité fiscale de manière délibérée. En lieu et place d’une consolidation, le gouvernement peut décider d’enregistrer d’importants déficits et d’inonder le marché obligataire.

L’important stock de dette qui en résulte forcera ainsi la banque centrale à augmenter l’inflation à l’avenir pour éroder la valeur de la dette et éviter le défaut souverain. Cela se produira d’autant plus que la dette publique est initialement élevée, que les taux d’intérêt sont bas et peu sensibles à l’émission de dette publique, ou encore que les marges futures d’ajustement fiscal sont faibles.

Le paradoxe de l’inflation préventive

La banque centrale a-t-elle alors le pouvoir de faire pencher la balance vers la dominance monétaire ou, au moins, de réduire le coût inflationniste imposé par la dominance fiscale ?

Paradoxalement, la banque centrale peut avoir intérêt à s’engager dans une inflation préventive. En augmentant l’inflation actuelle, la banque centrale diminue la valeur réelle des passifs passés et ainsi rend la dette à nouveau soutenable pour le gouvernement. Ainsi, cette inflation rend coûteux et inutile une stratégie de victoire à la Pyrrhus d’émission incontrôlée de dette publique.

Le choix pour les banques centrales est donc entre deux options : ou bien laisser un peu filer l’inflation pour desserrer l’étau budgétaire, ou bien l’orthodoxie monétaire au risque de voir les gouvernements réagir violemment en contrecarrant leur action par des émissions massives de dette publique servant à repayer la dette passée. Cette stratégie d’inflation préemptive n’est pas sans risques : en particulier, la banque centrale peut donner l’impression de renier son objectif de stabilité des prix.

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Par Éric Mengus, Professeur associé en économie et sciences de la décision, HEC Paris Business School et Guillaume Plantin, Professor, Research and Faculty Dean , Sciences Po

Politique monétaire banques centrales : la baisse du rachat d’actifs avant la baisse des taux

Politique monétaire banques centrales  : la baisse du rachat d’actifs avant la baisse des taux

 

 

La banque centrale américaine donne le ton des orientation des institutions monétaires. Il n’est pas question pour l’instant de rompre brutalement avec la politique accommodante. On commencera par réduire le programme de rachat d’actifs et ce n’est sans doute que vers le milieu ou la fin de 2022 que la question de l’augmentation des taux sera clairement posée. Une politique qui devrait être suivie par les autres banques centrales y comprit la banque centrale européenne. Cela d’autant plus que la croissance–réelle– en Europe est beaucoup moins dynamique qu’outre-Atlantique .

 Concernant la banque centrale européenne en outre la diminution des rachats d’actifs sera d’autant plus aisée que les critères budgétaires européens en vigueur jusque-là sont mis entre parenthèses. Une augmentation des taux prématurés aurait des effets très négatifs sur l’inflation et surtout la croissance :

 «Alors que le moment est proche de réduire nos achats d’actifs, il serait prématuré de resserrer la politique en augmentant les taux maintenant», car cela aurait pour effet «de ralentir la croissance de l’emploi», a déclaré Powell, lors d’une conférence virtuelle. «Nous sommes sur la bonne voie pour commencer à réduire progressivement nos achats d’actifs qui, si l’économie évolue globalement comme prévu, seront achevés d’ici le milieu de l’année prochaine», a-t-il de nouveau indiqué.

Les achats d’actifs, l’un des outils anti-crise de la Fed, s’élèvent à 120 milliards de dollars par mois. L’institution veut, maintenant que la reprise économique est lancée, les ramener progressivement à zéro.

Mini centrales nucléaires : Macron veut développer la technologie

Mini centrales nucléaires : Macron veut développer la technologie

Emmanuel Macron  a manifesté son attention d’accélérer le développement en France de la technologie des petits réacteurs modulaires, ou small modular reactors (SMR).

Le SMR devrait en effet figurer dans la rallonge de 30 milliards d’euros au plan de relance. Ce n’est pas une surprise – l’inverse l’aurait été. « Le soutien du président de la République au projet de SMR est connu, rappelle-t-on dans l’entourage du chef de l’État. Ce projet bénéficie de financements de France Relance (le plan de relance présenté en septembre 2020)».

Emmanuel Macron avait déjà mentionné le dossier du SMR lors de son discours du Creusot, en janvier dernier. «Avec une enveloppe de 50 millions d’euros, le plan de relance investi sur deux ans dans la réalisation d’un avant-projet sommaire et engage ainsi la France dans la compétition mondiale sur les SMR, avait-il déclaré devant la filière nucléaire réunie dans l’usine historique de Framatome. Il nous faut rapidement rattraper le retard, considérer aussi toutes les options de partenariat envisageables et nous positionner sur ce segment.» Un segment où la France est en retard et veut compléter son offre nucléaire globale ( centrales classiques, centrales EPR et mini centrales). Un enjeu de souveraineté nationale mais aussi un enjeu économique pour la France et ses exportations.

L’intérêt des mini centrales nucléaires

L’intérêt des mini centrales nucléaires

 

Comme déjà indiqué dans d’autres articles, l’intérêt des minis centrales nucléaires et de fournir à des conditions économiques et techniques intéressantes des outils de production d’électricité et d’assurer ainsi une partie de la souveraineté énergétique. Les principaux clients pour ces minis centrales devraient être des pays en développement qui importent  l’essentiel de l’électricité de l’étranger.

Pour les pays développés,  la demande sera différente dans la mesure où ces pays disposent déjà d’outils de production d’électricité qui assurent  une grande partie de leur souveraineté énergétique. Ces mini centrales nucléaires pourraient aussi servir pour combler le caractère intermittent de certaines énergies alternatives comme les éoliennes et le solaire. ( Aujourd’hui cette intermittence est assurée le plus souvent par du charbon ou du pétrole ! ). Au-delà de la production d’électricité ces petits réacteurs peuvent être également utilisés dans d’autres objectifs par exemple :

- Dessalement de l’eau de mer et production d’eau douce : Les usines de dessalement utilisent actuellement des centrales thermiques pour générer de la chaleur. Les SMR, capables de produire de la chaleur et de l’électricité pourraient remplacer ces centrales thermiques pour le dessalement de l’eau de mer sans générer de gaz à effets de serre.

- Production d’hydrogène sans CO2 : L’hydrogène est considéré comme une source d’énergie du futur (par exemple pour les piles à combustible). Actuellement, la production d’hydrogène repose à 95 % sur le traitement d’hydrocarbures par des procédés fortement émetteurs de CO2. L’hydrogène pourrait être produit sans C02 à partir d’électricité, via l’électrolyse, ou de la chaleur par des processus catalytiques. Les SMR, sont à la fois sources d’électricité et de chaleur. Comme pour le dessalement de l’eau de mer, ils contribueraient au développement de la production d’un hydrogène propre.

- Chauffages urbains et industriels : La production de chaleur est l’un des principaux postes de consommation d’énergie. Obtenue généralement à partir des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) elle émet beaucoup de CO2. Les SMR, mini centrales nucléaires, sont des installations thermiques pouvant (aussi) produire de l’eau chaude ou de la vapeur. Ils pourraient alors être déployés en étant simplement branchés en remplacement des capacités existantes. pour alimenter les réseaux de chauffage urbain ou des sites industriels.

- Équilibrage et pilotage des réseaux électriques : Les énergies renouvelables non pilotables, tels le solaire ou l’éolien, sont intermittentes. Les SMR pourraient être un outil pour l’équilibrage d’un réseau électrique bas carbone durant les épisodes où les énergies renouvelables sont insuffisantes. En sens inverse, dans des périodes de faible demande d’électricité ou quand la production des renouvelables est élevée, ils seraient utilisés au chauffage urbain, à la désalinisation ou la production d’hydrogène.

Le développement de la filière française des minis centrales nucléaires

Le développement de la filière française des minis centrales nucléaires

 

 

La technologie n’est pas nouvelle et de nombreux projets et réalisations existent dans le monde notamment aux États-Unis et pas seulement.  (source Wikipédia)

 

Sur la base de concepts en réflexion préliminaire et étude depuis les années 2005/2010 chez TechnicAtome, les études d’ingénierie préliminaires ont été lancées en 2018 d’un projet de 150 à 170 mégawatts électriques, développé par EDF, TechnicAtome, Naval Group et le CEA. Ce petit réacteur modulaire dénommé « NUWARD », projet porté par un consortium réunissant EDF, le CEA, TechnicAtome et Naval Group, a été présenté le 17 septembre 2019 à la conférence générale annuelle de l’AIEA. La technologie/filière de base est celle (classique et éprouvée) des réacteurs REP, très compacts et modulaires. Cependant le concept comporte des innovations importantes en termes de sûreté passive (sans sources électriques) et de simplifications d’exploitation.

Le produit proposé à l’exportation est une petite centrale de 340 MWe composée de 2 réacteurs identiques de 170 MW. EDF et ses partenaires comptent soumettre en 2022 un premier dossier d’option de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire et finaliser en 2026 l’ensemble du design et les spécificités techniques de cette nouvelle centrale, en vue d’une entrée sur le marché entre 2035 et 2040. Le projet vise avant tout le marché à l’export, mais EDF discute avec les pouvoirs publics pour installer au préalable un démonstrateur en France.

Inégalités: Nouveau sujet des banques centrales ?

Inégalités: Nouveau sujet des banques centrales ? 

 

La pandémie de Covid-19 a amplifié un peu plus encore la hausse des inégalités déjà à l’œuvre avant la crise. Si les banques centrales ne peuvent pas freiner cette tendance, elles peuvent néanmoins contribuer à l’atténuer, explique dans le Monde  Luiz Awazu Pereira da Silva, directeur général adjoint de la Banque des règlements internationaux. Mardi 29 juin, l’institution a publié son rapport annuel, dans lequel elle s’inquiète également de l’hétérogénéité de la reprise.

Quelles séquelles la récession engendrée par la pandémie de Covid-19 laissera-t-elle sur nos économies ?

Cette crise a été très grave, mais un peu moins qu’on aurait pu le craindre, grâce à l’action coordonnée des banques centrales et des politiques budgétaires visant à en limiter les effets. Elle laissera néanmoins de sérieuses séquelles en matière d’emploi, d’inégalités, et sur les secteurs les plus touchés.

Les incertitudes sont nombreuses : comment les ménages utiliseront-ils l’épargne accumulée ces derniers mois ? Dans quelles mesures certains services basculeront-ils vers le numérique, avec un contenu en emploi différent ? La reprise se fera-t-elle avec la même empreinte carbone ? Cette crise offre la possibilité de rebâtir une croissance plus verte, mais aussi de penser une réponse coordonnée au niveau mondial dans la lutte contre les pandémies.

Comment cette crise va-t-elle creuser les inégalités ?

Elle a accentué les tendances déjà à l’œuvre ces dernières années. A savoir l’augmentation des inégalités de revenus et de patrimoine, dans le sillage de la révolution technologique et de la mondialisation, qui ont toutes deux fragilisé les moins qualifiés. Réduire ces inégalités passera par des politiques structurelles complexes, notamment en matière de formation et de qualification.

Les politiques monétaires expansionnistes ont-elles contribué à creuser ces inégalités ?

Comme nous l’indiquons dans le rapport, ces dernières années, les inégalités sont devenues un sujet de préoccupation qui retient de plus en plus l’attention de la communauté des banques centrales. Ces dernières reconnaissent qu’il est important de les étudier afin de mieux comprendre comment elles peuvent influer sur l’efficacité de leurs mesures.

Nucléaire : le débat relancé par le Sénat sur la fermeture des centrales

Nucléaire : le débat relancé par le Sénat sur la fermeture des centrales

 

 

Les sénateurs ont relancé le débat sur le nucléaire à l’occasion de la loi  Climat en exigeant qu’aucune fermeture de centrales nucléaires ne soit réalisée sans que parallèlement les pertes de production d’électricité ne soient compensées par d’autres modes alternatifs. D’une certaine manière les sénateurs prennent auquel le gouvernement de son idéologie. Les élus de la Chambre haute ont en effet inséré un nouvel article visant à conditionner la fermeture des centrales « à la production d’énergies renouvelables et bas carbone équivalentes ». Déposé par Stéphane Piednoir (LR, Maine-et-Loire), l’amendement vise à s’assurer qu’aucune fermeture ne puisse intervenir « sans que les marges nécessaires à l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité n’aient été prises en compte ».

« Il n’y a pas ceux qui veulent du tout nucléaire, ceux qui veulent du tout renouvelable, il y a simplement dans cet hémicycle des élus de la République qui souhaitent que nous ne soyons pas en black-out », a fait valoir la présidente LR de la commission des Affaires économiques, Sophie Primas.

Une disposition qui permettra aussi de « conforter l’objectif de décarbonisation du texte », tout en assurant la fiabilité de la fourniture d’énergie électrique, a assuré le rapporteur Daniel Gremillet (LR) – l’énergie nucléaire étant peu productrice de gaz à effet de serre.

À noter la nullité de la réponse de la ministre de l’écologie Barbara Pompidou « J’aimerais tellement que ce soit si simple. On ferme une centrale et hop, on met à la place des énergies renouvelables. [...] La politique énergétique est beaucoup plus complexe que ça ! [...] « 

Une complexité que visiblement la ministre de l’écologie a du mal à prendre en compte elle-même

Car l’atome reste la principale source d’électricité de l’Hexagone : il représente aujourd’hui plus de 70% du mix énergétique français total – contre moins de 20% pour le solaire et l’éolien. Un constat qui a conduit le sénateur Stéphane Piednoir à se questionner, dans l’Hémicycle, sur la manière de parvenir à l’objectif de 50% d’ici à 2025. « On décrète qu’on va fermer un tiers de nos réacteurs comme ça, sans réfléchir aux capacités de production qu’on peut mettre en compensation », s’est-il étonné face à Barbara Pompili.

« Il y a un certain nombre de réacteurs qui vont s’arrêter et c’est normal. C’est le cycle de vie des centrales nucléaires, comme il y a un cycle de vie des éoliennes, comme pour tout », s’est défendu la ministre de la Transition écologique. Qui sans doute se croyait dans une cour d’école primaire!

L’argent des banques centrales profite-t-il à l’économie ?

L’argent des banques centrales profite-t-il à l’économie ? 

 

 

L’économiste,Jézabel Couppey-Soubeyran doute, dans sa chronique au « Monde », des vertus écologiques et économiques des achats massifs de titres par les banques centrales, qui bénéficient essentiellement à la sphère financière.

 

Chronique.

 

 Les banques centrales du monde entier ont répondu à la pandémie en amplifiant leurs programmes d’achats de titres mis en place depuis la crise financière de 2007-2008. Ces opérations ont pris une place prépondérante dans la politique monétaire. Pour l’Eurosystème – c’est-à-dire la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales de la zone euro –, les titres détenus à des fins de politique monétaire représentent désormais plus de la moitié du bilan consolidé (53 % à fin avril 2020) contre… rien vingt ans plus tôt ! Les 4 000 milliards d’euros environ correspondants constituent un portefeuille de titres plus épais que celui du plus important fonds de pension du monde, le fonds japonais GPIF.


La BCE peut-elle au moins se targuer, comme le font aujourd’hui de plus en plus de fonds d’investissement, d’appliquer les critères de gestion responsable à la mode, les critères ESG (E pour environnement, S pour social, G pour gouvernance) ? Toujours pas, et les ONG comme Reclaim Finance ou Oxfam et Les Amis de la Terre dénoncent régulièrement le problème : tant que la BCE ne tiendra pas compte du bilan carbone des émetteurs de titres qu’elle achète, elle contribuera au réchauffement de la planète et entravera la transition écologique. En avril, la Banque centrale de Belgique a ainsi été attaquée en justice par l’ONG ClientEarth pour atteinte au climat.

Cela pourrait changer. Dans un rapport récent, le Network for Greening the Financial System (NGFS), réseau de huit banques centrales et de superviseurs créé en 2017 pour travailler au verdissement du secteur financier, le laisse entendre (« Adapting central bank operations to a hotter world. Reviewing some options », mars 2021). Ce sera sans doute le cas pour les banques centrales de l’Eurosystème à l’issue de la révision stratégique de la BCE, dont les résultats devraient être connus d’ici à l’été. C’est bien engagé aussi du côté de la Banque d’Angleterre, la première à avoir communiqué, en 2020, ses expositions au risque climatique. De quoi donner le « la » aux marchés financiers.


Cela étant, on rappellera qu’une banque centrale n’est pas un fonds d’investissement, mais une institution au service du bien commun. Et il ne lui suffira pas de trier les actifs qu’elle achète pour contribuer à la transition écologique. D’une part, la logique de la « responsabilité sociale » et du « développement durable » n’a, pour le moment, pas fait des miracles pour verdir la finance – faute d’adeptes et question de temps, diront les optimistes. D’autre part, les titres privés ne sont qu’une petite fraction du portefeuille des banques centrales, l’essentiel étant des titres publics, et c’est plutôt par ce biais-là qu’elles devraient agir. Mais c’est une autre paire de manches, et le rapport du NGFS ne s’y aventure pas, comme le relève l’Institut Veblen. Faudrait-il en effet que la banque centrale disqualifie les titres des Etats les moins vertueux sur le plan écologique ? C’est peu envisageable, et potentiellement contre-productif pour les pays concernés, qui auraient encore plus de mal à engager leur transition une fois sanctionnés par les marchés. Ou devrait-elle se coordonner en amont avec les Etats pour que les titres de leurs emprunts éligibles aux rachats d’actifs servent à financer un volet suffisant de dépenses écologiques ? Mais de tels accords entailleraient la sacro-sainte indépendance des banques centrales…

Climat : suppression des subventions pour les centrales à charbon (G 7)

Climat : suppression des subventions pour les centrales à charbon (G 7)

Les ministres de l’Environnement de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni ont promis « des efforts ambitieux et accélérés » pour réduire leurs émissions de CO2.

Pour réduire les émissions de CO2, les pays du G7 veulent des mesures concrètes vers la fin absolue de nouvelles aides publiques directes à la génération d’électricité à partir du charbon d’ici à la fin 2021″.

Le président de la COP26, Alok Sharma, s’est également félicité d’un « signal clair pour la planète que le charbon est en voie de disparition », le présentant comme un « pas majeur vers une économie à zéro émission ».

Initialement prévu pour novembre 2020, ce sommet qui réunira des dirigeants issus de 196 pays, ainsi que des entreprises et des experts, avait été repoussé l’an dernier en raison du Covid-19.

Au delà du charbon, les pays du G7 se sont mis d’accord pour « accélérer de manière significative » leurs efforts pour se défaire des hydrocarbures pour les transports dans la décennie à venir.

Ils ont promis d’agir en « champions » de la diversité en préservant ou protégeant au moins 30% des terres et 30% des océans de la planète pour enrayer les pertes en manière de diversité.

Cette semaine, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a estimé que le monde devait renoncer « maintenant » à tout nouveau projet pétrolier ou gazier, au-delà de ceux déjà approuvés, pour atteindre d’ici 2050 la neutralité carbone et avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

 

Ces bulles alimentées par les milliards de liquidités des banques centrales

Ces bulles alimentées par les milliards de liquidités des banques centrales

 

 

Les milliards de liquidités déversées généreusement par les banques centrales de la plupart des zones économiques ont surtout pour objet évidemment de soutenir l’économie et particulièrement la croissance. Ceci étant,  cet argent gratuit est également de façon assez massive pour soutenir de manière artificielle les cours de la bourse. En effet les fondamentaux des entreprises à savoir notamment les chiffres d’affaires et la rentabilité ne justifient pas l’envolée des cours. Une partie de l’argent disponible va donc se placer dans les produits financiers boursiers et participe à la création de bulles.

 

La vérité c’est qu’une partie des facilités monétaires accordés aux banques servent à la spéculation mondiale. On voit mal par exemple en France qui pourrait justifier de la hausse du CAC  40 de plus de 60 % en un an. De la même manière, on voit mal aussi comment expliquer l’envolée extraordinaire et irresponsable de certaines cryptomonnaies  comme le bitcoin. Il y a aussi les bulles obligataires et les bulles immobilières. Cette dernière en particulier qui exclut désormais compte tenu de la folie des prix tost les ménages moyens. À Paris par exemple il faut un minimum de revenus de 7 à 8000 € pour prétendre acheter un logement de taille modeste.

 

autant dire que dans certaines grandes villes, l’immobilier est devenu un objet de spéculation qui n’a plus rien à voir avec le logement De l’Europe à l’Asie en passant par les États-Unis, les indices boursiers semblent immunisés contre ces mauvaises nouvelles. Les plans de soutien massifs déployés par les gouvernements et les banques centrales pour contrer les effets néfastes de la crise sanitaire ont galvanisé les investisseurs. adobe stock

«La déconnexion entre Wall Street et Main Street (l’économie réelle) ne pose pas de problème tant que les banques centrales interviennent», expliquaient récemment les spécialistes de l’agence de notation Fitch. «Les valorisations sont élevées» sur les marchés, mais «cela fait partie des effets secondaires du traitement de choc de la crise» abondaient les analystes d’Axa IM.  Des analystes qui toutefois oublient l’éventualité d’une remontée des taux d’intérêt et de l’inflation qui ne sont pas le seul produit de l’action des banques centrales.

Énergie : retour aux centrales à charbon en France

Énergie : retour aux centrales à charbon en France

La crise sanitaire -ajoutée aux incohérences de la politique énergétique- conduit actuellement la France à remettre en service certains centrales à charbon. On pourrait même manquer d’électricité cet hiver signale EDF. La chute brutale des températures fin septembre qui va générer un pic de consommation qui  devrait confirmer cette hypothèse. En cause,  la fermeture de Fessenheim uniquement pour satisfaire les écolos ( une fermeture qui nous conduira à acheter de l’électricité à l’Allemagne produite par des centrales à charbon.).

 

La crise sanitaire, elle a retardé les opérations d’entretien des centrales dont certaines sont immobilisées. Quant aux énergies alternatives elle relève du fantasme. Les éoliennes par exemple qui ne produisent pas grand-chose pour un coût exorbitant et qui ont manqué de vent. Bref au total, la France a été contrainte de remettre en service des centrales à charbon.

 

La France a, par ailleurs, été globalement importatrice d’électricité ces derniers jours. Ces importations proviennent en grande partie d’Allemagne .

Une des principales raisons réside dans la très faible disponibilité du parc de réacteurs nucléaires d’EDF. Sur ses 56 réacteurs, 24 sont actuellement à l’arrêt. Les causes sont multiples, et dépassent largement la fermeture de Fessenheim.

A Chooz (Ardennes), les deux réacteurs d’EDF sont maintenus à l’arrêt à cause de leur impact potentiel sur le débit de la Meuse, déjà limité du fait de la météo. A Cattenom, à Penly, à Blayais, à Flamanville, au Bugey et à Paluel, les programmes de maintenance ont été prolongés sur un ou plusieurs réacteurs à cause de nouvelles avaries techniques. Enfin, deux réacteurs sont visés par des mesures d’économies de combustibles destinées à faire face à un hiver tendu du fait du décalage des travaux de maintenance en pleine crise sanitaire.

 « La concomitance de ce contexte avec le grand carénage [le programme qui vise à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires d'EDF, NDLR] crée un embouteillage d’opérations de maintenance », confirme EDF. A cela vient s’ajouter la fermeture de la centrale Fessenheim. Achevée en juin, celle-ci a mécaniquement retiré deux réacteurs du réseau électrique français.

Le nucléaire n’est toutefois pas le seul responsable de ce phénomène. En Europe, la météo joue aussi en défaveur des énergies vertes et en particulier de l’éolien. « Un anticyclone s’est déployé sur l’Europe et entraîne des vents très faibles », précise RTE. La semaine passée l’éolien a ainsi fourni 2% du mix électrique français.

Énergie : retour aux centrales à charbon en France

Énergie : retour aux centrales à charbon en France

La crise sanitaire ajoutée aux incohérences de la politique énergétique conduise actuellement la France à remettre en service certains centrales à charbon. On pourrait même manquer d’électricité cet hiver signale EDF. En cause la fermeture de Fessenheim uniquement pour satisfaire les écolos entre parenthèses une fermeture qui nous conduira à acheter de l’électricité à l’Allemagne produite par des centrales à charbon.). La crise sanitaire, elle a retardé les opérations d’entretien des centrales dont certaines sont immobilisées. Quant aux énergies alternatives elle relève du fantasme. Les éoliennes par exemple qui ne produisent pas grand-chose pour un coût exorbitant et qui ont manqué devant. Bref au total la France a été contrainte de remettre en service des centrales à charbon.

 La France a, par ailleurs, été globalement importatrice d’électricité ces derniers jours. Ces importations proviennent en grande partie d’Allemagne .

En cause : la très faible disponibilité du parc de réacteurs nucléaires d’EDF. Sur ses 56 réacteurs, 24 sont actuellement à l’arrêt. Les causes sont multiples, et dépassent largement la fermeture de Fessenheim.

A Chooz (Ardennes), les deux réacteurs d’EDF sont maintenus à l’arrêt à cause de leur impact potentiel sur le débit de la Meuse, déjà limité du fait de la météo. A Cattenom, à Penly, à Blayais, à Flamanville, au Bugey et à Paluel, les programmes de maintenance ont été prolongés sur un ou plusieurs réacteurs à cause de nouvelles avaries techniques. Enfin, deux réacteurs sont visés par des mesures d’économies de combustibles destinées à faire face à un hiver tendu du fait du décalage des travaux de maintenance en pleine crise sanitaire.

 « La concomitance de ce contexte avec le grand carénage [le programme qui vise à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires d'EDF, NDLR] crée un embouteillage d’opérations de maintenance », confirme EDF. A cela vient s’ajouter la fermeture de la centrale Fessenheim. Achevée en juin, celle-ci a mécaniquement retiré deux réacteurs du réseau électrique français.

Le nucléaire n’est toutefois pas le seul responsable de ce phénomène. En Europe, la météo joue aussi en défaveur des énergies vertes et en particulier de l’éolien. « Un anticyclone s’est déployé sur l’Europe et entraîne des vents très faibles », précise RTE. La semaine passée l’éolien a ainsi fourni 2% du mix électrique français.

 

Crise économique: Les banques centrales sont perdues

 Crise économique: Les banques centrales sont perdues

 

 

Par Michel Santi, économiste (*) qui considère que les banques centrales ont utilisé la plupart de leurs armes et se trouvent même aujourd’hui démuni face à la crise. (Chronique dans la Tribune.)

 

 

Les banques centrales sont perdues, et les banquiers centraux avouent aujourd’hui à mots couverts que leurs outils et autres instruments de politique monétaire utilisés depuis des décennies pour rectifier les cycles économiques ne fonctionnent plus !

Eh oui: elles ont perdu leur touche magique, ces banques centrales qui ne sont plus omnipotentes, y compris la plus puissante d’entre elles, à savoir la Réserve fédérale US.

Elles qui jouissent -et qui sont, à juste titre, fières et jalouses- de leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et de la bureaucratie des États, elles qui ont bénéficié pendant longtemps du pouvoir quasi-miraculeux et privilégié de régulation des cycles de l’activité économique, elles qui ont longtemps assumé les décisions – parfois impopulaires et souvent controversées – en matière de taux d’intérêts tout en affichant ostensiblement leur indifférence aux pressions exercées par les politiques, ce sont elles désormais qui plaident pour que les dépenses publique, pour que la politique budgétaire et pour que la fiscalité viennent à la rescousse – ce qui, en soi, est une reconnaissance implicite de leur faiblesse.

Est-ce à dire que le paradigme sur lequel elles ont été édifiées, et qui consistait à stabiliser le système suite aux paniques bancaires du 19e et du début du 20e siècles, est devenu dépassé, périmé ? Elles qui, après Bretton Woods et après l’instauration des taux de change flottants, étaient les gardiennes de cette sacro-sainte stabilité des prix théorisée par Milton Friedman.

Elles ont hélas concentré tous leurs efforts sur la surveillance du palier quasi-dogmatique des 2% d’inflation qui était le seuil critique à ne surtout pas dépasser afin que ce système puisse prospérer.

Elles ont tout sacrifié à l’aune de ce repoussoir des 2%, y compris la préservation du plein emploi et la promotion de la croissance reléguées loin, très loin, derrière la protection des épargnants et des rentiers.

Ironie du sort, il serait tentant, aujourd’hui, de les féliciter. N’ont-elles pas remporté de haute main cette lutte contre l’inflation qui est désormais une denrée extraordinairement rare ? En fait, la combinaison de leur obsession vis-à-vis de l’inflation, de leur concentration sur cette seule et unique priorité, et de la prolifération de ce palier des 2% à travers toutes les banques centrales du monde (qui en cela ont suivi la Fed et la BCE après la Bundesbank) a engendré une sorte de suicide collectif car nul ne sait plus actuellement de quelle manière faire resurgir un tout petit peu d’inflation.

Mais ne jetons pas la pierre aux seuls banquiers centraux car c’est, en réalité, la globalité de la corporation des économistes traditionnels, orthodoxes, «mainstream» qui est désormais sur un siège éjectable pour n’avoir voulu admettre que le capitalisme est fondamentalement vecteur d’instabilité, et pour n’avoir pas voulu intégrer les composantes essentielles – comme la dette et comme l’argent – dans leurs modèles économiques.

Il suffisait pourtant de s’intéresser aux travaux et à l’hypothèse de l’instabilité financière de Hyman Minsky pour se départir – ou au moins pour questionner – leurs certitudes quant à l’équilibre des marchés et de l’économie auquel s’accroche toujours un certain nombre d’entre eux ! Pourtant, les crises sont inévitables, les bulles spéculatives humaines, comme sont intenables certains niveaux d’endettement du secteur privé générateurs de déséquilibres profonds qui nécessitent des ajustements violents à intervalles réguliers.

L’expérience des Hommes montre qu’il leur est très ardu de remettre en question les schémas intellectuels dans lesquels ils sont confortablement installés, qu’il leur est quasiment impossible d’en adopter d’autres qui soient plus radicaux. Déplorant le manque d’enthousiasme de ses contemporains pour ses découvertes pourtant géniales sur l’électromagnétisme, le physicien Max Planck notait que la science n’avance qu’«un enterrement à la fois». Il en va de même pour l’économie et pour les marchés financiers – il est vrai – familiers des hécatombes.

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(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.

Il vient de publier «Fauteuil 37» préfacé par Edgar Morin

« La transition d’une économie de marché capitaliste à une économie administrée par les banques centrales » ?

« La transition d’une économie de marché capitaliste à une économie administrée par les banques centrales » ?

L’économiste Christopher Dembik constate, dans une tribune au « Monde », que les immenses injections de liquidité des banques centrales – s’émancipant de leur mission de maintien de la stabilité des prix – en ont fait les principaux arbitres du marché des dettes souveraines.

Tribune.

 

Le 24 mars, la Banque centrale européenne (BCE) a levé un verrou majeur qui limitait jusqu’à présent sa marge de manœuvre. Dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie qui mobilise 750 milliards d’euros jusqu’à la fin de l’année, elle a annoncé qu’elle s’autorisait temporairement à racheter au-delà de la limite de 33 % de la dette d’un pays, et peut désormais intervenir sur l’ensemble de la courbe des taux, pour des maturités allant jusqu’à trente et un ans. Le quantitative easing (QE, ou « facilité de liquidité ») est désormais sans limite en zone euro.

Quinze autres banques centrales au niveau mondial ont annoncé des mesures similaires en l’espace d’un mois. La crise du coronavirus symbolise ainsi la transition d’une économie de marché capitaliste à une économie administrée par les banques centrales. En moins de dix ans, celles-ci se sont émancipées de leur mission de maintien de la stabilité des prix, héritée des années 1980, et se sont substituées au marché sur la longue durée, devenant ainsi des market makers, c’est-à-dire des faiseurs de prix.

Cette évolution est particulièrement visible sur le segment hautement stratégique de la dette souveraine des pays développés. Selon les données de la Banque des règlements internationaux, les banques centrales au niveau mondial détiennent, par exemple, environ 80 % de la dette souveraine allemande et environ 70 % de la dette souveraine française.

 Ces pourcentages sont amenés à augmenter dans les années à venir du fait de l’accentuation des programmes de rachats d’actifs. Alors qu’il y a quelques années de cela on évoquait le processus de normalisation de la politique monétaire, le choc du coronavirus semble indiquer clairement qu’il ne sera pas possible de sortir des taux bas et du QE dans les prochaines années. Les Anglo-saxons parlent même de « QE infinity » pour évoquer cette possibilité.

Pour la zone euro, il s’agit de l’aboutissement d’une évolution débutée en juillet 2012 lorsque Mario Draghi, alors président de la BCE, prononce son fameux « whatever it takes », pour affirmer son engagement à tout faire pour endiguer la crise de la dette souveraine européenne et lutter contre le risque déflationniste.

La BCE est contrainte d’intervenir pour pallier l’inaction des Etats, qui ne parviennent pas à s’entendre sur l’émission d’obligations communes (les « eurobonds ») et pour endiguer la spéculation financière qui fragilise les pays du sud de l’union monétaire. Rapidement confrontée au taux plancher à 0 % dès le début de la crise financière de 2007-2008, la BCE fait son aggiornamento et s’engage dans des mesures non conventionnelles, directement inspirées des expériences de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque du Japon…. »

 

Les banques centrales impuissantes ?

Les  banques centrales impuissantes  ?

 

Les Banques centrales qui gèrent la politique monétaire sont actuellement la cible de responsables politiques cela vaut  pour la FED mise en cause à de nombreuses reprises par Trump et qui en très peu de temps a du modifié ses taux  directeurs. Cela vaut aussi pour la BCE dont on estime que son plan de soutien et insuffisant. Le problème général, c’est que la plupart des banques fédérales ont déjà utilisé la plupart de leurs armes du fait de politique de plus en plus accommodante depuis des années. À tel point que les taux directeurs sont proches de zéro -certains même négatifs–;  les banques centrales ont aussi procédé à des rachats massifs d’actifs permettant à certaines entreprises et aux Etats de retrouver un peu d’oxygène budgétaire mais parfois artificielle. Le problème, c’est que les banques centrales manquent de munitions à moins d’arroser encore davantage les marchés de liquidités. Un effet hélicoptère qui pourrait entraîner une grave crise financière en particulier une renaissance brutale de l’inflation. Pour parler simplement, il s’agirait d’emballer la planche  les billets, une manœuvre qui a ses limites. Pour être efficaces, les politiques monétaires doivent nécessairement maintenir leur caractère accommodant voire amplifié mais surtout aussi être articulées avec les politiques budgétaires et fiscales. L’urgence est en effet de soutenir la demande à un moment de très grande fragilité de l’offre.  le Coronavirus ne saurait être responsable de tout. En fait, cette catastrophe sanitaire agit comme une sorte d’étincelle pour révéler une crise conjoncturelle structurelle. On assiste en effet à une double crise en matière économique : une crise de l’offre aussi une crise de la demande, les deux bien antérieures au virus chinois.

Jérôme Powell, le patron de la Fed,  suggérait lui-même qu’une baisse des taux risquait d’avoir peu d’effet.

« Nous reconnaissons qu’une baisse de taux ne réduira pas le taux d’infection et que cela ne résoudra pas les problèmes de chaînes d’approvisionnement. Nous avons cela en tête », avait-il déclaré lors d’une conférence de presse improvisée.

Mêmes doutes concernant l’efficacité de telles mesures sur la demande.

« Si vous ne voulez pas faire un voyage d’affaires ou aller à un concert, le fait que la Fed abaisse ses taux ne changera probablement pas votre décision, qui se fonde sur votre peur du virus », commentait, à l’AFP, Karl Haeling de la banque allemande LBBW.

Pis encore, de nombreux spécialistes s’interrogent sur les risques d’une trop grande précipitation, redoutant que les banques centrales se retrouvent dans les semaines à venir « sans aucune munition » pour agir si l’épidémie perdure.

« La capacité des banques centrales à faire face à un choc est très réduite et cela participe à l’envolée du stress sur les marchés »,  estime l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores.

« Le geste rapide de la Fed pourrait être catastrophique si la pandémie venait à se poursuivre car cela restreint les possibilités de la réserve fédérale américaine pour rassurer les marchés. Le manque de liquidité fait craindre de plus en plus une crise financière sans précédent », commente Vincent Boy, analyste marché chez IG France.« En effet, le monde est inondé de liquidité depuis 10 ans alors même que l’économie se portait bien mais au vu de l’ampleur de la crise à venir les banques centrales mondiales pourraient se retrouver sans marges de manœuvre pour soutenir l’économie mondiale », poursuit-il.

Selon ce même analyste :

« Les économies du monde entier devraient plutôt se concentrer sur le ralentissement de la propagation, puis annoncer des mesures fiscales et budgétaires immédiates et efficaces avant d’intervenir au niveau monétaire »« Si l’épidémie perdure et si les petits commerçants ne sont pas massivement soutenus, une relance monétaire sur un tissu économique décimé n’aura aucun impact et mènera probablement à la prise crise financière que le monde est connu », prévient-il.

A la question de savoir si les banques centrales avaient perdu de leur aura sur les marchés, Stéphane Boujnah, le patron de l’opérateur boursier paneuropéen Euronext, a répondu, sur France Inter, que la crise actuelle «sans les mécanismes en place des liquidités dites abondantes serait beaucoup plus grave». Mais, a-t-il reconnu, les marchés considèrent que les réponses «les plus pertinentes» sont «les messages de relance et de soutien budgétaires».

 

Des projets de mini centrales nucléaires y compris portables

Des projets de mini centrales nucléaires y compris portables

Le projet américain de fabriquer des mini centrales nucléaires d’une capacité de 1 à 5 mégawatts et pesant moins de 40 tonnes, transportables à bord d’un camion, d’un train, d’un bateau ou d’un avion, et qui soient aisément mises en service ou fermées.

« Un réacteur sûr, petit et mobile accorderait aux unités d’emporter une source d’énergie quasiment illimitée et propre, qui leur permettrait d’étendre ou de consolider des opérations pendant des périodes prolongées partout sur la planète », note le communiqué.

Le risque est cependant que le camion contenant la centrale portable soit bombardé et que les militaires autour de lui soient contaminés par la radioactivité, selon Edwin Lyman, un expert du risque nucléaire pour le « Bulletin of the atomic scientists ». Ou alors, l’ennemi pourrait s’en emparer et même s’il n’utilisait pas l’énergie pour ses propres troupes, il pourrait fabriquer avec le combustible des « bombes sales », ces armes qui utilisent un explosif conventionnel pour disséminer des substances radioactives avec l’effet de souffle, ajoute-t-il.

Le Pentagone travaille par ailleurs sur un autre projet de « micro réacteur nucléaire » destiné aux installations militaires sur le sol américain. Ce projet de « très petits réacteurs modulaires (vSMR) », d’une puissance de 2 à 10 mégawatts, est destiné à permettre aux bases militaires américaines de continuer à fonctionner si les réseaux électriques étaient désactivés, par une cyberattaque par exemple.

Ce projet, financé depuis 2019 par le Pentagone, pourrait être testé dès 2023 sur un site du ministère américain de l’Energie, selon un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews.

Les banques centrales ne séduisent plus, non mais elles engraissent quand même la spéculation !

Les banques centrales ne séduisent plus, non mais elles engraissent quand même  la spéculation !

Andy Warwick, gérant chez Newton (BNY Mellon Investment Management) met en cause l’influence des banques centrales sur l’économie et les marchés. Si effectivement ces banques centrales  ont pour la plupart épuisé leurs munitions destinées au soutien de l’économie par contre les marchés eux se sont gavés de ces liquidités à bon marché pour soutenir des cotes complètement déconnectées des réalités économiques.  Les largesses des instituts d’émission ont contribué à faire prospérer les actifs financiers mais pas à relancer l’économie réelle et elles ont nourri un mécontentement qui s’exprime notamment dans la montée des populismes, a dit Andy Warwick  mercredi à des investisseurs lors d’une conférence à Paris.

“La Banque centrale européenne est plus accommodante que jamais, la Réserve fédérale l’est encore et la Banque du Japon ne cessera jamais de l’être mais leurs politiques monétaires ont échoué”, a-t-il dit. Si les actions restent soutenues par les injections massives de liquidité par les banques centrales, le marché obligataire et les indicateurs économiques avancés adressent des signaux inquiétants, selon le gérant.

“De nombreux voyants d’alerte sont au rouge”, a-t-il dit.

Une forme d’accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine, auquel Donald Trump pourrait avoir intérêt s’il veut être réélu l’an prochain pourrait offrir aux actifs risqués un rebond de quelques mois, estime Andy Warwick. Un redécollage durable ne serait cependant possible, selon cet ancien de BlackRock, que si la Chine relançait la machine avec une stimulation monétaire massive. “C’est peu probable parce qu’elle pense d’abord et surtout à protéger son économie”, a-t-il dit.

Les banques centrales occidentales ont pour leur part épuisé leur arsenal, ce qui explique pourquoi elles ne cessent d’appeler la politique budgétaire à prendre le relais, a-t-il ajouté.

“Il faut quelque chose de structurel, comme une politique de relance budgétaire massive dans les économies occidentales qui ferait repartir l’inflation”, a dit le gérant de Newton. Dans ce contexte, la société de gestion privilégie la préservation du capital de ses clients et se tourne vers des actifs comme la dette émergente et le crédit à duration courte, sans oublier des actifs refuges comme l’or, a-t-il dit.

Les cryptomonnaies pour remplacer les banques centrales

Les  cryptomonnaies pour remplacer les banques centrales

 

Finalement, un jour les cryptomonnaies  et notamment le projet de Libra de Facebook pourrait bien balayer les banques centrales et notamment la banque centrale européenne. Ce qui est en cause aussi c’est la souveraineté des Etats ou des zones en matière monétaire. Une sorte de tsunami qui ferait sauter les frontières et le champ  des responsabilités précédemment confiées aux banques centrales.  Le rôle des banques centrales en effet de gérer les monnaies en intervenant de manière un peu artificielle  sur leur volume et leur valeur. Bref du bricolage monétaire qui conduit comme en ce moment à surtout fabriquer de la fausse monnaie pour sauver un système financier qui risque l’éclatement. Les cryptomonnaies et surtout le système des blockchains  permettent de gérer la problématique monétaire de manière plus rigoureuse sans interférence avec les intérêts politiques.

En fonction du degré d’acceptation du Libra et du référencement de l’euro dans son panier de réserve, cela pourrait limiter le pouvoir de contrôle de la BCE sur l’euro, perturber le mécanisme de transmission de la politique monétaire en affectant la position des banques de la zone euro en matière de liquidités et miner le rôle international de la monnaie unique, par exemple en réduisant la demande”, a-t-il déclaré.

Cette monnaie virtuelle, non adossée à des Etats ou à des banques centrales et dont le lancement est prévu pour 2020, sera gérée par une association d’entreprises, d’organisations à but non lucratif et d’institutions universitaires.

Ce projet a fait l’objet de nombreuses critiques de la part de responsables politiques et de régulateurs financiers, qui craignent une adoption généralisée par les 2,38 milliards d’utilisateurs de Facebook, une perspective susceptible de menacer la stabilité du système monétaire international voire même la souveraineté de certains pays.

Les ministres de Finances et gouverneurs des banques centrales du G7 ont affiché mi-juillet leur volonté de ne pas permettre au projet Libra de se concrétiser tant qu’un cadre réglementaire n’aura pas été défini pour cet instrument d’ampleur potentiellement systémique.

Libra : ces cryptomonnaies qui menacent les banques centrales

Libra : ces cryptomonnaies qui menacent les banques centrales

 

Il était temps que les autorités monétaires se saisissent de la problématique des cryptomonnaies et notamment de la dernière initiative de Facebook qui avec 27 autres partenaires commerciaux veut imposer sa monnaie. En gros se substituer aux Etats et aux banques centrales. Compte tenu de la puissance commerciale des initiateurs de cette nouvelle menée, il y a fort à parier que certaines banques centrales perdraient leur souveraineté monétaire et les pays avec. Ce qui est en jeu c’est la souveraineté des Etats face à la régulation monétaire. Ce qui est en jeu aussi, c’est l’hypothèse d’une vaste crise financière car il n’est pas certain que les nouvelles crypto menées soient adossées à des actifs réels. Pour preuve la production de Facebook, produit surtout des utilisateurs, repose pour une grande part sur du vent. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a donc annoncé ce vendredi 21 juin la mise en place, dans le cadre du G7, d’une taskforce des banques centrales sur les « stablecoins », ces cryptomonnaies indexées ou adossées à une devise ou un panier de devises, comme le Libra. « Nous venons, avec Bruno Le Maire [le ministre de l'Economie et des Finances] et au nom de la présidence française du G7, de décider la mise en place d’une task-force sur les projets de « stable coins« : le Libra, dont on a beaucoup parlé ces derniers jours, mais pas seulement lui » a déclaré François Villeroy de Galhau, lors d’une allocution à une conférence sur la lutte contre le blanchiment organisée par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).Ce groupe de travail sera dirigé par Benoit Cœuré, actuellement membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE) et président du Comité sur les paiements et les infrastructures de marchés, une des instances de coopération internationale hébergées par la Banque des règlements internationaux (la BRI), la banque des banques Dans un courrier en date du 19 juin adressé à Benoit Cœuré, que la Tribune a pu consulter, le ministre et le gouverneur lui demandent de coordonner le travail de ce groupe qui sera composé « de représentants de haut niveau des banques centrales des pays appartenant au G7 [Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni], ainsi que de représentants du FMI et de la Présidence française du G7».

Le groupe devra « livrer un rapport d’ici à la fin de la présidence française du G7 » soit d’ici à la fin de l’année, et dresser un premier état des réflexions « oral ou écrit, lors de la réunion du G7 [Finances] à Chantilly à la mi-juillet.»

Il a pour mission d’examiner dans les prochains mois « les défis soulevés l’émergence des stable coins, notamment sur le front réglementaire». « La taskforce devra examiner les exigences anti-blanchiment, mais aussi celles de protection des consommateurs, de résilience opérationnelle, ainsi que les éventuelles questions de transmission de la politique monétaire » a précisé le gouverneur.

La cryptomonnaie de Facebook menace les banques centrales

La cryptomonnaie de Facebook menace les banques centrales

 

Comme déjà indiqué sur ce site le projet de création d’une crypte emmenée par Facebook constitue un enjeu majeur et un danger pour la régulation monétaire. Ce que pense aussi Chris Hughes, ancien collaborateur de Facebook dans une tribune publiée dans le Financial Times. En effet il ne s’agit pas seulement de mettre en place un nouveau moyen de paiement déjà discutable mais aussi d’imposer un moyen d’échange et de constituer une monnaie de change. Bref, en s’appuyant sur l’énorme base de données Facebook d’imposer une manière de penser, d’agir et de consommer. Penser comme Facebook ce qui  ne demande guère d’efforts à 80 % des utilisateurs au profil de beauf, agir comme Facebook, acheter comme Facebook et payer avec. Bref se donnait une sorte de souveraineté qui n’appartient jusque-là qu’au pays et aux banques centrales.

Pour Chris Hughes,  cet ancien camarade de Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, à Harvard, les sociétés qui superviseront cette future monnaie numérique, dont le lancement est prévu l’an prochain, privilégieront leurs intérêts privés, c’est-à-dire leurs bénéfices et leur influence, à l’intérêt public. Facebook n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaire de Reuters. Le réseau social a dévoilé mardi sa cryptomonnaie qui doit lui permettre de s’imposer dans les paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans le monde entier grâce à ses milliards d’utilisateurs.Chris Hughes a prôné le mois dernier un éclatement de Facebook en trois entités afin qu’Instagram et WhatsApp, deux applications phares du réseau social, soient séparées du groupe. Facebook fait l’objet de multiples enquêtes dans le monde au sujet de la protection des données de ses utilisateurs et des contenus haineux ou des fausses informations qu’il peut véhiculer.

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