Archive pour le Tag 'centrale'

Ukraine :Prochain départ de la Russie de la centrale de Zaporijjia ?

Prochain départ de la Russie de la centrale de Zaporijjia ?

Comme à Kherson, la Russie pourrait bien décider de reculer pour ne pas subir une nouvelle défaite dans la zone de la centrale nucléaire de Zaporijjia . Elle pourrait même en confier la gestion à l’agence internationale de l’énergie atomique.

Il y a des signes annonciateurs d’un éventuel départ avec le pillage par les militaires de tout ce qu’ils peuvent emporter en zone russe.
« Ces dernières semaines, nous recevons effectivement des informations sur des signes indiquant qu’ils se préparent peut-être à quitter la (centrale) », a déclaré Petro Kotin, président d’Energoatom, à la télévision nationale.

« Tout d’abord, il y a un très grand nombre d’informations dans les médias russes selon lesquelles il vaudrait la peine de quitter la (centrale) et peut-être en remettre le contrôle à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) », a-t-il ajouté, en référence à l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies.
« On a l’impression qu’ils font leurs valises et volent tout ce qu’ils peuvent. »

Depuis des mois, la Russie et l’Ukraine, qui a été le théâtre du pire accident nucléaire au monde à Tchernobyl en 1986, s’accusent mutuellement de bombarder la centrale de Zaporijjia, qui ne produit plus d’énergie.

Petro Kotin a précisé qu’il était trop tôt pour parler de départ : « Nous ne le voyons pas maintenant, mais ils se préparent (à partir) ». « Tout le personnel (ukrainien) a l’interdiction de passer les postes de contrôle et de se rendre en territoire ukrainien (contrôlé). »

Le chef de l’AIEA a rencontré une délégation russe à Istanbul le 23 novembre pour discuter de la mise en place d’une zone de protection autour de la centrale, la plus grande d’Europe, afin d’éviter une catastrophe nucléaire.

Zaporijjia fournissait environ un cinquième de l’électricité ukrainienne.

Ukraine : La folie des bombardements de la centrale nucléaire de Zaporijia

Ukraine : La folie des bombardements de la centrale nucléaire de Zaporijia

La centrale nucléaire qui comprend six réacteurs est sans doute devenue la cible privilégiée de Poutine pour écraser l’Ukraine et priver le pays d’infrastructures majeures. Le dictature russe acculé et qui accumule les déboires tente sans doute de sauver son régime par des actes inconsidérés qui pourraient y compris conduire à une catastrophe nucléaire.

« Arrêtez cette folie (…) La situation est gravissime », a déploré ce dimanche le patron de l’AIEA ( Agence internationale de sûreté nucléaire). « Ce n’est pas nouveau, on le dit et on le redit (…) la situation est intenable et aujourd’hui on a vu comment ça pouvait se dégrader et mener à des situations gravissimes ».

Pour Rafael Grossi, il est « incroyable » que certains pays considèrent une centrale nucléaire comme « une cible militaire légitime ».
« Des attaques directes sur la centrale »
Le directeur de l’agence a fait savoir que l’AIEA avait « une équipe spécialisée en sécurité » installée sur le site » avec laquelle ils étaient en contact samedi soir afin « d’évaluer les dégâts ». À ce stade, Rafael Grossi a précisé que l’installation avait été « touchée à plusieurs reprises et à des endroits sensibles », notamment dans la zone « où les combustibles usés se trouvent ».
« Ce sont des attaques directes sur la centrale, cela n’avait pas eu lieu depuis cet été. Ça montre l’aggravation évidente de la situation », a poursuivi le directeur général de l’AIEA, qui évoque « une douzaine » de tirs de missiles. Et, selon lui, des attaques ont également lieu sur « les sites qui fournissent l’électricité dont l’installation a besoin ».

Électricité : conséquences de Fessenheim réouverture d’une centrale à charbon !

Électricité : conséquences de Fessenheim réouverture d’une centrale à charbon ! 

 

Alors qu’Engie ne cesse de bassiner l’opinion publique avec son énergie électrique verte ( en faite la même énergie qu’EDF puisqu’il
n’y a qu’un seul réseau de distribution, donc de l’énergie d’origine nucléaire), le gouvernement est contraint de relancer une centrale à charbon !

Conséquence indirecte de la démagogie gouvernementale vis-à-vis de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, il faut maintenant réouvrir la centrale à charbon de Saint-Avold: La centrale à charbon  va bien redémarrer l’hiver prochain « à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne » et des tensions sur le marché de l’énergie, a confirmé dimanche le ministère de la Transition énergétique.

 

Et le gouvernement n’hésite pas à déclarer que cette ouverture  « s’inscrit dans le plan de fermeture » et de l’engagement d’Emmanuel Macron de fermer l’ensemble des centrales à charbon en France « demeure inchangé ».

Saint-Avold fait partie des deux dernières centrales à charbon encore raccordées au réseau électrique, après les mises à l’arrêt des centrales du Havre et de Gardanne, en Provence. La seconde encore en activité est celle de Cordemais, située en Loire-Atlantique. Celle-ci aussi devait cesser son activité en 2022, afin de respecter la promesse d’Emmanuel Macron de fermer toutes les centrales à charbon de France d’ici la fin de son mandat. Mais, il y a quelques mois, sa fermeture a été reportée à 2024, voire 2026. Un projet de reconversion a été abandonné par EDF tandis que RTE estime que le soutien de la centrale au réseau est nécessaire alors que la région pâtit des onze années de retard cumulées sur le chantier de l’EPR de Flamanville.

 

 

Economie-Inflation : la banque centrale (BCE) , le cul entre deux chaises

Economie-Inflation : la banque centrale le cul entre deux chaises

 

 

 

Quand les institutions sont  surtout dominées par les incertitudes, leurs dirigeants se réfugient derrière des statuts d’observateur ; c’est ainsi le cas de Christine Lagarde,  la présidente de la banque centrale européenne constate l’inflation grandissante en Europe mais sans changer de politique. Le problème c’ est que la banque centrale devrait normalement commencer à relever les taux d’intérêt pour lutter contre phrase contre une inflation qui atteint maintenant près de 7.5%  dans l’union européenne. Dans le même , la banque centrale craint d’assommer un peu plus les perspectives de croissance qui pourrait être proches de zéro d’ici la fin de l’année.

Après avoir sauvé l’économie de la zone euro pendant la pandémie grâce aux milliers de milliards du «quoi qu’il en coûte», la Banque centrale européenne (BCE) apparaît impuissante face aux maux du moment: une inflation hors de contrôle et le ralentissement de l’économie lié à la guerre en Ukraine. C’est comme si elle réagissait à contretemps. Trop longtemps, elle a rechigné à s’attaquer à l’inflation, jugée simple manifestation transitoire de hoquets de sortie de crise. C’est désormais l’ennemi public numéro un. À 4,5% en France, 7,3% en Allemagne et 9,8% en Espagne en mars, cette hausse des prix grève les budgets des ménages et contraint les entreprises. Le chiffre de la zone euro, annoncé  ce vendredi,  poursuit son ascension à 7,5% après 5,8% en février. Le pic n’est pas attendu avant l’été.

Inflation : la banque centrale le cul entre deux chaises

Inflation : la banque centrale le cul entre deux chaises

 

 

 

Quand les institutions sont  surtout dominées par les incertitudes, leurs dirigeants se réfugient derrière des statuts d’observateur ; c’est ainsi le cas de Christine Lagarde,  la présidente de la banque centrale européenne constate l’inflation grandissante en Europe mais sans changer de politique. Le problème c’ est que la banque centrale devrait normalement commencer à relever les taux d’intérêt pour lutter contre phrase contre une inflation qui atteint maintenant près de 6 % dans l’union européenne. Dans le même , la banque centrale craint d’assommer un peu plus les perspectives de croissance qui pourrait être proches de zéro d’ici la fin de l’année.

Après avoir sauvé l’économie de la zone euro pendant la pandémie grâce aux milliers de milliards du «quoi qu’il en coûte», la Banque centrale européenne (BCE) apparaît impuissante face aux maux du moment: une inflation hors de contrôle et le ralentissement de l’économie lié à la guerre en Ukraine. C’est comme si elle réagissait à contretemps. Trop longtemps, elle a rechigné à s’attaquer à l’inflation, jugée simple manifestation transitoire de hoquets de sortie de crise. C’est désormais l’ennemi public numéro un. À 4,5% en France, 7,3% en Allemagne et 9,8% en Espagne en mars, cette hausse des prix grève les budgets des ménages et contraint les entreprises. Le chiffre de la zone euro, attendu ce vendredi, devrait poursuivre son ascension après 5,8% en février. Le pic n’est pas attendu avant l’été.

 

Environnement Finistère : la centrale au gaz de Landivisiau mise en service

Environnement Finistère : la centrale au gaz de Landivisiau  mise en service !

Conséquence d’une politique énergétique incohérente, la France apprête à mettre en service la centrale au gaz de Landivisiau. Pas vraiment une orientation très environnementale mais il faut évidemment compenser le déficit de centrales nucléaires qui elles pourtant  ne produisent  pas de carbone.

La centrale électrique alimentée par le gaz de TotalEnergies à Landivisiau, dans le Finistère, contestée pendant dix ans par des associations écologistes, sera mise en service jeudi, a-t-on appris mercredi auprès du fournisseur alternatif d’énergie. «La mise en service commercial de la centrale de Landivisiau est prévue pour ce jeudi 31 mars», a indiqué à l’AFP le groupe. «La centrale est fonctionnelle depuis cet hiver où, durant et en parallèle aux derniers tests, elle a pu soutenir le réseau électrique breton», a précisé la même source.

Dépourvue de centrale nucléaire, la Bretagne ne produit qu’environ 10% à 15% du courant qui y est consommé et importe l’essentiel des régions voisines. Pour remédier à cette situation, un Pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait de nouvelles sources de production d’électricité, dont la centrale de Landivisiau, de 400 mégawatts, construite par Siemens. «La centrale est nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement électrique de la péninsule bretonne», a réitéré mercredi TotalEnergies.

Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la réouverture d’une centrale à charbon

  • Après la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, la réouverture d’une centrale à charbon !

     

    Une vraie politique énergétique de gribouille de la part du gouvernement. En effet la centrale nucléaire de Fessenheim vient à peine d’être fermée définitivement pour faire plaisir aux écolos bobos  que voilà que la France est contrainte de rouvrir en tout cas de prolonger la centrale à charbon de Saint Avold  en Moselle.

    Vraiment un drôle de bilan environnemental notamment sur le plan des émissions de carbone. En fait exactement ce qui s’est produit en Allemagne où la minorité écolo a imposé la fermeture brutale du nucléaire pour tenter y substituer les éoliennes. Un véritable fiasco qui a contraint les Allemands à se rendre dépendant maintenant du gaz russe.

    Certains évidemment vont argumenter sur le faite que cette décision de la France est liée à la situation en Ukraine et à l’objectif de couper les approvisionnements pétroliers et de gaz en provenance de la Russie. La question est cependant structurelle car les gadgets des énergies alternatives certes utiles pour des usages particuliers ne sauraient remplacer la puissance du nucléaire qui constitue par ailleurs un atout énergétique stratégique pour la France.

    Sa fermeture est prévue ce jeudi 31 mars. Mais les difficultés du parc nucléaire d’EDF et les conséquences du conflit en Ukraine pourraient entraîner son redémarrage l’hiver prochain.

    La centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, dont la fermeture est prévue ce jeudi 31 mars, pourrait reprendre du service à l’hiver prochain, compte tenu des déboires rencontrés par le parc nucléaire d’EDF et des conséquences du conflit en Ukraine, a-t-on appris lundi auprès du ministère de la Transition écologique.

    Le président Emmanuel Macron avait promis de fermer d’ici à 2022 les dernières centrales à charbon - facilement mobilisables pour produire de l’électricité en cas de besoin, mais aussi très émettrices de CO2 néfaste pour le climat.

Covid -fin du pass vaccinal et du masque: Du populisme ?

Covid -fin du pass vaccinal et du masque: Du populisme ?

Le  Premier ministre Jean Castex a annoncé la levée du pass vaccinal et la fin du port du masque obligatoire en intérieur à partir du 14 mars, sauf dans les transports collectifs.

Invité du journal télévisé de 13H sur TF1 jeudi, le Premier ministre Jean Castex a annoncé la levée du pass vaccinal et la fin du port obligatoire du masque en intérieur à partir du 14 mars, sauf dans les transports collectifs.

Le pass vaccinal aussi sera suspendu à partir de cette date dans tous les lieux où il est appliqué comme les restaurants, les cafés, les boîtes de nuits ou encore les cinémas. Si c’est possible, c’est parce qu’à l’hôpital aussi la pression se réduit, avec 2.329 malades du Covid-19 admis en soins critiques.

Or, pour le docteur Rochoy, la fin du masque au travail et à l’école notamment, « c’est du populisme électoral pour faire plaisir aux gens. Sur le plan sanitaire cela n’a aucun intérêt ». Le médecin s’inquiète : « Il n’y a aucune chance qu’en retirant le masque on n’ait pas une vague qui arrive. Les gens vont porter le masque dans les transports, puis aller au travail et le retirer, se partager le virus entre eux. Ils vont remettre le masque dans les transports comme ça ils ne contamineront pas d’inconnus, puis ils vont ramener le virus à la maison, contaminer les enfants. Les enfants vont contaminer les élèves, qui vont contaminer leurs propres parents… C’est comme ça que l’épidémie fonctionne depuis le début. »

 

Pour une centrale européenne d’achat de gaz

Pour une centrale européenne d’achat de gaz 

 

L’économiste Christian Stoffaës préconise, dans une tribune au « Monde », de réduire la dépendance des pays de l’Union européenne vis-à-vis du gaz russe en coordonnant l’action des opérateurs privés et des Etats, quitte à s’affranchir du dogme de la libre concurrence.

 

Tribune.

 Les événements en Ukraine viennent de conférer un sens concret à la dépendance énergétique de l’Europe. La menace de couper le gaz, c’est comme la dissuasion nucléaire : on ne peut pas utiliser la bombe, mais elle est là, pesant sur les consciences et sur les comportements.

L’Europe découvre à quel point elle est devenue dépendante du gaz russe, à travers les cris d’alarme des pays de l’Europe centrale et orientale et les réticences de l’Allemagne à mécontenter son puissant fournisseur. Déjà en 2005 et 2009 les conflits gaziers russo-ukrainiens sur le transit du gaz avaient suscité l’inquiétude.

Maintenant que l’Europe a démontré sa capacité à surmonter ses divisions, c’est l’occasion de mettre au débat le projet d’une centrale d’achat de gaz pour répondre à la situation de dissymétrie qui confronte la multiplicité des importateurs au monopole d’exportation de Gazprom, qui, bien plus qu’une simple entreprise géante, est l’incarnation même de l’Etat russe, dont elle reste un des seuls attributs de sa puissance passée, l’instrument majeur de sa politique étrangère et sa principale ressource financière.

Après la première guerre mondiale, les lois de 1928 adoptées sous la IIIe République instaurant un monopole d’Etat sur l’importation de pétrole ont démontré l’efficacité d’une politique dirigiste de sécurité pétrolière.

Dépourvu de gisements sur son territoire métropolitain, l’Etat a su instaurer un régime légal soumettant les importations de pétrole à autorisation. La France, malgré son handicap géologique, a pu ainsi se doter de puissantes entreprises pétrolières et gazières, publiques et privées, qui ont pris toute leur

La réponse appropriée face à un monopole de vente est, en effet, un « monopsone » d’achat, disent les économistes, c’est-à-dire une coordination centralisée des contrats d’achat de gaz autorisant les entreprises gazières européennes à se regrouper pour négocier avec les pays fournisseurs et développer les infrastructures de diversification des routes d’accès.

Une référence utile en droit communautaire est l’agence d’approvisionnement instituée en 1960 par Euratom, l’autre « traité fondateur » de l’Europe, aujourd’hui quelque peu oublié, conclu dans le contexte des inquiétudes sur la sécurité d’approvisionnement nées de la décolonisation, qui attribuait des pouvoirs dirigistes exceptionnels délégués aux opérateurs placés sous le contrôle de l’Agence.

La banque centrale américaine sous la pression de l’opinion publique

La banque centrale américaine sous la pression de l’opinion publique 

L’économiste Raghuram Rajan dénonce, dans sa chronique au « Monde « , la politique d’aide indiscriminée menée aux Etats-Unis aux dépens des finances publiques.

 

 

. L’opinion publique américaine reconnaît en majorité que la pandémie a rendu nécessaires des dépenses de soutien ciblées (par exemple la prolongation de la durée des allocations-chômage) pour protéger les ménages les plus durement touchés. Or, le Congrès a adopté des projets de loi de plusieurs milliers de milliards de dollars proposant une aide indiscriminée, donc tout sauf ciblée.

Ainsi, l’ensemble des petites entreprises a reçu une aide de 800 milliards de dollars dans le cadre du programme d’aide qui leur est destiné. Elle a permis de sauvegarder 2 à 3 millions d’emplois en quatorze mois pour le coût exorbitant de 170 000 à 257 000 dollars par emploi. Pire, seulement 23 à 34 % du budget de ce programme est allé directement aux travailleurs qui auraient autrement perdu leur emploi. Le reste est allé aux créanciers, aux propriétaires d’entreprises et aux actionnaires. Au total, 20 % des salariés les mieux payés auraient touché 75 % de l’aide (The $800 Billion Paycheck Protection Program : Where Did the Money Go and Why Did It Go There ?, David Autor et alii, NBER, janvier 2022).

L’idée qu’une situation sans précédent appelle des mesures sans précédent justifierait ces dépenses illimitées. En réalité, c’est la réponse à la crise financière de 2008 qui a brisé le consensus en faveur de mesures plus prudentes. Le ressentiment persistant de l’opinion publique à l’égard du secteur financier, qui a été davantage aidé que les autres à ce moment-là, a incité les dirigeants des deux grands partis américains à dépenser sans compter lorsque la pandémie a frappé. Mais les allocations de chômage ciblées étaient associées aux démocrates, tandis que les républicains cherchaient à avantager leur propre électorat, les petites entreprises.

Les fractures politiques ont, ainsi, entraîné une augmentation des dépenses non ciblées. Pourtant, les partisans de la rigueur sont restés introuvables : les économistes n’ont eu de cesse d’étouffer leurs voix. De plus en plus d’économistes classiques ont souligné que la faiblesse des taux d’intérêt donnait une marge de manœuvre pour accroître le déficit budgétaire. Ils ajoutaient cependant que si les taux d’intérêt devaient rester bas, les dépenses devaient être raisonnables. Désireux de justifier leur choix, les dirigeants politiques ont ignoré cette mise en garde. Pour eux, seul comptait le début du message…

Dans le passé, la Réserve fédérale (Fed) mettait fin à son soutien monétaire avant que la situation ne dérape, et le Congrès freinait le déficit budgétaire et l’endettement. Mais le désir de la Fed d’éviter des difficultés sur les marchés a suscité davantage de prises de risque. La politique de la Fed a également renforcé la pression sur le Congrès pour qu’il adopte des mesures en faveur des entreprises et des ménages. C’est ce qui a conduit à l’inflation et à la conviction que la Fed ne relèvera pas ses taux.

Banque centrale européenne et taux d’intérêt: en attendant Godot !

Banque centrale européenne et taux d’intérêt: en attendant Godot !

 

Une nouvelle fois la BCE a choisi l’attentisme pour faire face à une inflation galopante qui pourrait bien à la fin tuer le pouvoir d’achat des entreprises et des ménages.

 

Comme d’habitude, Christine Lagarde a fait preuve d’une prudence habituelle chez elle qui consiste surtout à s’aligner le moment venu sur le mouvement majoritaire plutôt que de l’anticiper.

La BCE prévoit que l’inflation refluera dans les prochains mois et reviendra en 2023 puis en 2024 juste en dessous de son objectif de 2%. Mais certains dirigeants de la banque centrale ne cachent pas leurs doutes sur la validité de ce scénario, en s’appuyant sur le fait qu’elle a dû à plusieurs reprises revoir à la hausse ses prévisions d’inflation.

« Cette approche attentiste contraste avec les attentes du marché, qui tablait sur des hausses de taux d’intérêt dès cette année. Cela pourrait accroître la divergence avec les investisseurs qui voient la position de la BCE augmenter le risque sur les actifs obligataires. Compte tenu de l’incertitude sur l’évolution des prix de l’énergie et de possibles nouveaux effets inflationnistes créés par les tensions sur les marchés du travail, il y a des risques que l’inflation persiste, appelant éventuellement à une hausse des taux en 2023″, indique Pietro Baffico, économiste chez abrdn.

 En vérité la BCE suivra  sans doute le mouvement mais le moment venu. « Face à des taux directeurs moyens anticipés proche des 1.00% dans un an pour le G10, Christine Lagarde a laissé la porte ouverte à toutes les options possibles pour 2022. C’est donc possiblement le début d’un revirement monétaire et dans ce contexte les taux courts ont monté de près de 12 points de base. Le mimétisme pourrait donc finalement pousser la BCE à sortir de son isolement monétaire », anticipe pour sa part Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez CANDRIAM.

S’il paraît évident qu’une brutale hausse des taux d’intérêt serait de nature à tuer la dynamique de croissance ( accessoirement à mettre en faillite certains Etats très endettés), inversement ne pas contrôler l’inflation constitue une manière d’amortir la politique de liquidités très accommodante et de la faire  payée à travers une baisse de fait  des revenus du travail, de l’épargne et des retraites.

La difficulté est évidemment de trouver le bon équilibre dans la bonne progressivité mais certainement pas dans l’attentisme……En attendant Godot !

Quel rôle d’une banque centrale ?

Quel rôle dune banque centrale ?

Eric Monnet, directeur d’études à l’EHESS, défend, dans son livre, l’idée que la politique monétaire est une politique publique, et non l’application d’une technique qui garantirait le fonctionnement des « lois de l’économie ». ( analyse du Monde)

Livre. 

C’est l’avantage qu’a l’historien sur l’économiste : on peut difficilement lui faire croire que « c’était mieux avant », ou bien que « ça ne s’est encore jamais fait ». Le regard d’Eric Monnet, historien de la monnaie et de la finance, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, sur le rôle de la Banque centrale européenne (BCE) depuis 2008 permet ainsi de décentrer la polémique qui partage aujourd’hui les économistes en deux camps. Pour les uns, la politique de taux zéro et de rachat massif de titres de dettes d’Etat et d’entreprises « quoi qu’il en coûte » poursuivie par la BCE pour « sauver » successivement les banques (2008), les Etats européens (2011) et finalement l’économie frappée par la pandémie (2020), aurait réveillé les démons de l’inflation et trahit sa mission originelle de préservation de l’équilibre « naturel » des prix. Pour les autres, la BCE a fait ce qu’il fallait, mais toute la difficulté serait de « revenir à la normale » en dégonflant lentement son bilan et en remontant progressivement les taux.

Eric Monnet, lui, rappelle que la mission historique des banques centrales est de préserver les trois fonctionnalités de la monnaie souveraine qu’elles émettent : moyen de paiement, moyen de crédit, moyen d’épargne. La monnaie, c’est-à-dire la valeur de l’argent que chacun a dans sa poche, est un bien public commun, parce que c’est elle qui permet d’acheter de quoi vivre, d’emprunter de quoi investir, de financer par l’impôt les institutions qui protègent, soignent et éduquent le citoyen.

La politique monétaire a pour objectif de protéger la confiance qu’on accorde à cette monnaie, menacée par deux dangers : la trop forte hausse des prix, qui paralyse les échanges – c’est l’inflation ; la crise financière, qui paralyse le crédit et l’activité et fait baisser les prix – c’est la déflation. En cela, les banques centrales remplissent une mission de protection des citoyens contre le risque économique et financier, tout comme l’armée et la police les protègent contre la violence et le crime, l’hôpital contre la maladie, etc. La politique monétaire est une politique publique de l’Etat-providence, et non l’application d’une technique qui garantirait que les « lois de l’économie » puissent s’exprimer en toute liberté sur les marchés.

En utilisant des outils non conventionnels, la BCE a en fait renoué avec des pratiques déjà utilisées par les banques centrales par le passé, par exemple pour reconstruire l’Europe après 1945 : orientation du crédit, soutien à l’investissement public prioritaire, rachat de dette souveraine, etc. Pour l’auteur, elle doit persévérer dans cette voie, en finançant la transition énergétique pour protéger l’économie du risque climatique, en émettant sa propre monnaie numérique pour protéger les citoyens du risque des cryptomonnaies privées. Mais elle doit également, pour protéger son indépendance non seulement vis-à-vis des gouvernements mais aussi des marchés et des banques, accepter que ses choix, décisifs pour le bien public commun qu’est la monnaie, puissent être démocratiquement débattus par un « Conseil européen du crédit » placé auprès du Parlement européen.

Inflation : prudence ou laxisme de la banque centrale européenne

Inflation : prudence ou laxisme de la banque centrale européenne ?
L’économiste Melvyn Krauss approuve, dans une tribune au « Monde », les réticences de la Banque centrale européenne à emboîter le pas à ses homologues anglo-saxons, sur la fin de l’expansion monétaire.

 

Tribune. 

En décembre, les principales banques centrales ont annoncé qu’elles allaient mettre fin à leur politique de facilité monétaire. Seule exception, la Banque centrale européenne (BCE) qui n’envisage pas d’augmenter les taux d’intérêt en 2022, et ceci malgré le risque inflationniste.

La Réserve fédérale américaine (Fed) prévoit de relever son taux directeur à trois reprises cette année, tandis que la Banque d’Angleterre a déjà augmenté son principal taux directeur de 15 points de base. Pour rester fidèle à sa promesse de ne pas augmenter ses taux avant d’avoir redressé son bilan, la Fed va par ailleurs accélérer la réduction progressive de ses achats d’actifs.

Pour autant, la BCE est-elle laxiste face à l’inflation ? Le plus grand tabloïd allemand, Bild, a-t-il raison de se moquer de Christine Lagarde, la présidente de la BCE, en la surnommant « Madame inflation » ?

Non, trois fois non ! Bild reflète l’opinion allemande traditionnelle selon laquelle la BCE doit se préoccuper quasi exclusivement de l’inflation, mais ce point de vue est totalement dépassé dans l’Europe de 2022.

Mme Lagarde sait que l’arrêt des mesures de relance monétaire après une crise est une opération délicate. En faisant grimper le coût du crédit et en étouffant la reprise des pays membres surendettés comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce, une hausse trop rapide des taux d’intérêt pourrait entraîner l’éclatement de la zone euro. Les économistes parlent de « risque de fragmentation ». Cette fragmentation est un problème chronique pour la zone euro car, contrairement à la Fed et à la Banque d’Angleterre, toutes deux soutenues par une autorité budgétaire unique, la BCE fonctionne avec dix-neuf autorités budgétaires indépendantes.

C’est peut-être ce à quoi pensait Christine Lagarde lors de sa conférence de presse de décembre 2021, quand elle a expliqué qu’il fallait avancer graduellement vers une politique monétaire plus resserrée pour éviter une « transition brutale ».

Il n’est pas surprenant que cette déclaration ait provoqué une réponse glaciale du président sortant de la Bundesbank, Jens Weidmann, partisan résolu de l’orthodoxie budgétaire. Le nouveau ministre allemand des finances, Christian Lindner, penche dans le même sens. Il estime que la sensibilité de la BCE au coût des prêts aux pays membres surendettés pourrait la conduire à une lenteur excessive pour mettre fin aux mesures de relance.

D’une certaine manière, M. Lindner a raison. La présidente de la BCE n’est pas pressée de resserrer la politique monétaire, car elle tient à préserver l’intégrité de l’union monétaire lors de la réduction des mesures de relance. Comme un médecin consciencieux, elle ne veut pas précipiter le sevrage d’un toxicomane accroché à un produit fortement addictif. Il ne faut pas s’y tromper, les mesures de relance de la BCE ont eu un effet majeur sur l’économie européenne – au point qu’elle en est devenue dépendante.

 

Futures centrales nucléaires : un besoin de financement de 500 milliards dans l’Union européenne ( Thierry Breton)

Futures centrales nucléaires : un besoin de financement de 500 milliards dans l’Union européenne ( Thierry Breton)

 

En France, le développement du nucléaire décidé par les pouvoirs publics notamment les EPR nouvelle génération , voire les SMR,( petites centrales nucléaires de 1 à 300 MW), va justifier un besoin de financement de leur de 50 milliards. Un chiffre à multiplier par 10 pour l’ensemble de l’union européenne d’après le commissaire européen, qui plaide en faveur de la labellisation verte du nucléaire. Une labellisation qui doit être décidée en principe en janvier 2022

Les centrales nucléaires européennes de nouvelle génération nécessiteront un investissement de «500 milliards d’ici à 2050», estime le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton, qui juge «crucial» d’ouvrir la labellisation verte au nucléaire dans le cadre de la transition énergétique.

«Les centrales nucléaires existantes, à elles seules, nécessiteront 50 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030. Et 500 milliards d’ici à 2050 pour celles de nouvelle génération !», affirme le commissaire français dans un entretien au Journal du dimanche (JDD) .

Un chiffre sans doute approximatif concernant le renforcement de la sécurité des centrales existantes. En effet rien qu’en France le grand carénage va déjà représenter 50 milliards. Or la France dispose de presque 60 réacteurs pour environ 150 en Europe. Conclusion le coût de l’entretien de tous les recteurs européens sera plus proche de 150 milliards que de 50.

Calculé sur la période 2014-2025, ce cout en France été estimé en 2015, à 55 milliards d’euros de 2013, avant d’être réévalué deux fois. D’abord à la baisse en 2018, à 45 milliards d’euros 2013, soit 48,2 milliards d’euros courants, puis à la hausse en octobre 2020, à 49,4 milliards d’euros courants.

«Cette nouvelle estimation intègre essentiellement les premiers enseignements sur les travaux à mener, induits par le processus d’instruction du 4e réexamen périodique des réacteurs 900 MW (les réacteurs concernés par le grand carénage).

Le financement des nouvelles centrales en Europe est sans doute lui aussi assez approximatif. Pour la France le seul coup des EPR nouvelle génération atteindra une cinquantaine de milliards. Mais l’évaluation est difficile à faire compte tenu de la dérive des prix les concernant enregistrées dans le monde entier ( Le prix de départ a été multiplié par 3,5 concernant EDF) . Le chiffre avancé par le commissaire européen de 500 milliards correspondrait à la construction de 50 à 70 nouveaux réacteurs . En l’état de l’opinion européenne, cette perspective peut être discutée. Cependant cette opinion pourra évoluer car la demande d’énergie ne va pas diminuer, elle sera même nécessairement en hausse pour faciliter la transition énergétique.

 

Banque centrale américaine (Fed) la menace d’une politique moins accommodante

Banque centrale américaine (Fed) la menace d’une politique moins accommodante

 

 

Au sein de la banque fédérale américaine , on discute d’une possible réduction des rachats d’actifs à partir du milieu de l’année prochaine Les responsables de la Fed ont envisagé de la possibilité de réduire de 10 milliards de dollars par mois les achats de bons du Trésor américain, montre le document interne à la BCE, même si « plusieurs » participants à la réunion ont exprimé leur préférence pour un resserrement plus rapide des programmes d’achats.

Contrairement à leurs espérances, les experts de la banque centrale ne content plus sur de caractère provisoire de l’inflation. Au lieu de cela, le compte-rendu de la réunion de septembre suggère des inquiétudes croissantes dans les rangs de la Fed à propos de l’inflation, la « plupart » des responsables voyant des risques accrus tandis que « certains » s’inquiètent d’une forte répercussion sur les prix.

Les prix à la consommation aux Etats-Unis ont augmenté de 0,4% le mois dernier, portant l’inflation sur un an à 5,4%, selon les chiffres publiées en début de journée mercredi. Hors énergie et alimentation, la hausse est toutefois ramenée à 0,2% d’un mois sur l’autre et à 4,0% en rythme annuel.

La Fed s’est fixé un objectif d’inflation « flexible » de 2%.

Les mini centrale ( SMR) avenir du nucléaire ?

Les mini centrale ( SMR) avenir du nucléaire ?

Suite aux déclarations du président de la république visant à développer les minis centrales nucléaires, certains médias se demandent si cette technologie n’est pas l’avenir de la filière.

Pour certains pays qui importent une grande partie de leur électricité notamment pays en développement peut-être. Les minis centrales sont plus souples, plus évolutives et moins chères que les centrales classiques.

La France par contre a investi l’essentiel de son potentiel dans les grandes centrales d’une puissance actuelle de 900 MW avec les centres classiques et 1600 MW avec l’EPR. Ce parc reste encore à amortir d’autant qu’on y a engagé des travaux considérables destinés à renforcer la sécurité et en même temps à prolonger la vie des installations d’au moins une vingtaine d’années.

Aujourd’hui le nucléaire produit 70 % de l’électricité française. Reste que des minis centrales pourraient être utiles ne serait-ce par exemple que pour compenser le caractère intermittent de certaines énergies. Ce qui éviterait de recourir à des sources très polluantes en carbone.

Il y a évidemment un enjeu de souveraineté économique derrière le nucléaire qui constitue un des atouts technologiques du pays. Un enjeu aussi de compétitivité internationale. Si la France développe son parc et différentes technologies c’est aussi pour les exporter. De ce point de vue la, France était un peu en retard concernant les minis centrales et leur développement vise à compléter l’offre globale de la France dans ce domaine.

Mais ces minis centrales minis centrales ne présentent guère d’intérêt comme moyen de substitution aux centrales actuelles. On peut même dire et reconnaître que l’objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % est une sorte d’illusion qui découle d’un marchandage passé entre les écologistes et François Hollande. La fermeture des centrales a essentiellement un but d’affichage politique. C’est une erreur économique, énergétique et même écologique. Le prix à payer pour l’instant a été la fermeture d’une centrale de Fessenheim qui pouvait encore fonctionner pendant 20 ou 30 ans.

Comme déjà indiqué avec les énormes travaux engagés pour renforcer la sécurité du parc actuel d’un cout de l’ordre de 50 milliards, la stratégie pertinente est donc d’amortir les installations actuelles en prolongeant leur durée de vie de 20 à 30 ans au moins et non de les remplacer par des minis centrales qui ne peuvent être pour la France qu’un complément.

Ne parlons pas de l’illusion qui voudrait que des énergies alternatives comme les éoliennes le solaire pourrait remplacer le nucléaire. Certes ces synergies peuvent être utiles comme complément mais certainement pas comme axe stratégique pour l’énergie en France.

Climat : l’inertie de la banque centrale européenne

Climat : l’inertie de la banque centrale européenne

 

L’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran juge, dans une tribune au « Monde », les changements annoncés par la BCE bien timorés, tant pour les instruments de sa politique monétaire que pour lutter contre le réchauffement climatique.(extrait)

 

Tribune.

La Banque centrale européenne (BCE) n’avait pas changé sa stratégie de politique monétaire depuis 2003. Il y a un an et demi, elle avait annoncé son intention de la réviser. Les résultats devaient être communiqués à l’automne prochain mais, surprise, ils ont été publiés le 8 juillet.

Il ne fallait pas s’attendre à ce que l’objectif principal de la BCE change, puisque ce sont les traités européens qui le définissent. La BCE continuera de s’efforcer à préserver la stabilité des prix au sein de la zone euro. Elle avait plus de latitude, en revanche, quant à la cible qu’elle définit pour y parvenir. Le changement paraîtra infime au profane : la cible d’inflation antérieure était « inférieure à mais proche de 2 % » ; elle devient symétrique à « 2 % », en insistant sur l’horizon de moyen terme. Tout en déclarant que « les écarts positifs ou négatifs par rapport à l’objectif sont également indésirables », la BCE se donne en fait la possibilité de s’écarter de sa cible à la hausse comme à la baisse.

En clair, elle n’atteignait plus sa cible car sa capacité à influencer l’inflation est devenue faible et ses marges de manœuvre étroites dans un environnement qui, reconnaît-elle, a beaucoup changé. Avec cette nouvelle cible, elle ne l’atteindra pas davantage, mais protège au moins sa crédibilité…


Sa méthode de mesure de l’inflation par les prix à la consommation ne l’avait à vrai dire pas aidée car, ces dernières années, ce sont ceux de l’immobilier et des actifs financiers qui ont augmenté. La BCE veut donc rendre sa mesure plus pertinente en y incluant les coûts des logements occupés par leurs propriétaires, à partir des « loyers imputés » (l’équivalent du loyer que paierait le propriétaire du logement s’il en était le locataire). Captera-t-elle mieux l’évolution des prix de l’immobilier ? Fort peu, car c’est une façon très partielle de les faire entrer dans la mesure de l’inflation.

La « révision stratégique » ne manifeste pas plus d’audace dans la liste des instruments de sa politique. La BCE voit toujours dans ses taux directeurs le principal levier d’action. Mais comme elle s’attend à buter souvent sur le plancher en dessous duquel elle ne pourra plus les baisser, elle admet devoir recourir aux mesures utilisées face à la crise financière hier, sanitaire aujourd’hui, à savoir le « guidage prospectif des anticipations » [la communication millimétrée de ses analyses et de ses prochaines décisions afin d’orienter les anticipations des marchés], le refinancement des banques à des conditions très accommodantes et les achats d’actifs. Le « non conventionnel » devient ainsi conventionnel !

Liban : un détournement de 300 millions de dollars par le gouverneur de la banque centrale

Liban : un détournement de 300 millions de dollars par le gouverneur de la banque centrale

Le contenu de l’enquête suisse visant le puissant gouverneur de la Banque du Liban (BDL) se précise. Des documents officiels ayant fuité dans la presse indiquent que les autorités helvètes soupçonnent Riad Salamé, en poste depuis 1993, et son frère cadet, Raja, de « détournement de fonds au détriment de la Banque du Liban » et de « blanchiment d’argent aggravé » pour des montants estimés à plus de 330 millions de dollars. En novembre dernier, le ministère public de la Confédération helvétique (MPC) a adressé une demande d’entraide judiciaire aux autorités libanaises publiée par un site d’information.

Il y mentionnait en particulier un contrat signé le 6 avril 2002 par le gouverneur de la BDL et Forry Associates LTD, une société enregistrée aux îles Vierges britanniques et dont le bénéficiaire économique serait Raja Salamé. Ce contrat de courtage pour la gestion de produits financiers – bons du Trésor et eurobonds – aurait permis à Forry de toucher entre avril 2002 et octobre 2014 quelque 326 millions de dollars sur un compte à la banque HSBC en Suisse. Ces commissions auraient ensuite été reversées au bénéfice des frères Salamé « ainsi qu’à des membres de leur famille ou de leur entourage immédiat, dont Marianne Howayek », l’assistante du gouverneur, mentionnée dans le dossier sous le statut de témoin assisté.

Banque centrale : changer de modèle pour éviter la catastrophe environnementale et sociale

Banque centrale : changer de modèle pour éviter la catastrophe environnementale et sociale

 

L’économiste Barry Eichengreen affirme, dans sa chronique au Monde , que lutter contre le réchauffement et les inégalités pourrait entrer dans le mandat des banques centrales sans menacer leur indépendance.

Chronique.

 

Nous avons l’habitude de penser que la mission des banques centrales est de veiller à la stabilité des prix et au plus de cibler l’inflation en veillant à la fluidité du système de paiements. Mais avec la crise financière de 2008 et aujourd’hui celle du Covid-19, nous les avons vues intervenir pour soutenir un éventail de plus en plus large de marchés et d’activités, par exemple le système de prêts aux institutions financières venant en aide aux PME fragilisées par la pandémie, le Paycheck Protection Program Liquidity Facility, mis en place par la Réserve fédérale (Fed) des Etats-Unis. Cela n’a plus grand-chose à voir avec la banque centrale qu’a connue la génération de nos parents.

 

Aujourd’hui, Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), et Lael Brainard, qui siège au conseil des gouverneurs de la Fed, ont exhorté les banquiers centraux à l’action face au changement climatique. Dans le contexte du mouvement Black Lives Matter, Maxine Waters, députée de Californie à la Chambre des représentants des Etats-Unis, a incité le président de la Fed, Jerome Powell, à être plus actif concernant les inégalités, et plus encore les inégalités raciales.

Ces appels font pousser des hauts cris aux puristes, qui préviennent que, en chargeant de ces nouvelles responsabilités les banques centrales, on risque de les détourner de leur objectif premier, le contrôle de l’inflation. Surtout, ils craignent que cela ne compromette leur indépendance. L’idée selon laquelle leurs objectifs statutaires sont mieux servis par des mains qui ne dépendent pas d’un mandat électif fait consensus. Mais les banquiers centraux doivent justifier leurs actions et expliquer pourquoi les mesures qu’ils décident servent les objectifs fixés. Avec un mandat beaucoup plus étendu, la justification des mesures prises est plus difficile à communiquer, les succès ou les échecs, plus délicats à juger. Et, dans la mesure où la politique monétaire n’a qu’une influence limitée sur le changement climatique ou les inégalités, intégrer ces variables à leurs cibles, c’est condamner les banques centrales à l’échec, et leur indépendance opérationnelle pourrait alors être reconsidérée par des politiques que ces fiascos laisseraient insatisfaits.

Ces arguments ne sont pas sans pertinence. En même temps, les banquiers centraux ne peuvent s’abandonner à l’inaction alors que l’urgence demande que tout le monde soit à la manœuvre. Le changement climatique et le creusement des inégalités ouvrent des crises proprement existentielles. Si les banquiers centraux les ignoraient, cela apparaîtrait comme une démonstration hautaine et dangereuse de leur indifférence. Et leur indépendance serait dès lors réellement en danger.

Climat: c’est aussi le rôle de la banque centrale européenne

Climat: c’est aussi le rôle de la banque centrale européenne

Frank Elderson, membre du directoire de la Banque centrale européenne, affirme dans une tribune au « Monde » que l’action de la BCE en matière environnementale est bien conforme à son mandat.

Tribune. La lutte contre le changement climatique exige des mesures urgentes, le temps nous étant désormais compté. La Banque centrale européenne (BCE) doit s’engager à jouer son rôle.

Mais notre engagement ne va pas sans soulever des questions : pourquoi la BCE devrait-elle se soucier du changement climatique ? Celui-ci entre-t-il dans le cadre de son mandat ? Ce sont là des questions importantes que nous prenons au sérieux : en effet, l’Union européenne (UE) est fondée sur l’Etat de droit, et la BCE ne peut agir que dans les limites fixées par les traités constitutifs.

Au moment de la rédaction du mandat de la BCE, la lutte contre le changement climatique n’avait pas le caractère urgent qu’elle revêt aujourd’hui. Et pourtant, les auteurs de ce mandat ont fait preuve de sagesse en nous fournissant des règles et principes quant à ce que nous devons faire, ce que nous pouvons faire et quant aux limites de notre responsabilité face aux futurs défis à relever, y compris le changement climatique. Une lecture attentive des traités révèle qu’ils définissent une marge de manœuvre vitale à l’intérieur de laquelle nous devons maintenant prendre nos décisions.

Premièrement, l’objectif principal de la BCE est de maintenir la stabilité des prix. Or le changement climatique peut avoir une incidence directe sur l’inflation, notamment lorsque des inondations ou des sécheresses à répétition détruisent les cultures et font augmenter les prix des produits alimentaires.

Les politiques d’atténuation peuvent aussi avoir un effet, direct ou indirect, sur les prix à la consommation tels que ceux de l’électricité et de l’essence, par exemple en accroissant les coûts de production. Ces questions sont clairement au cœur de notre mandat. En outre, l’efficacité de la politique monétaire pourrait être entravée par les conséquences des changements structurels liés au climat ou par des perturbations du système financier.

Ainsi, la création de crédit pourrait pâtir de pertes résultant de catastrophes et d’actifs échoués. Tant au cours de la crise de la dette souveraine que pendant la pandémie actuelle, la BCE a mené des actions résolues et mis au point de nouveaux outils de politique monétaire visant à préserver le caractère unique et l’efficacité de celle-ci. La Cour de justice de l’Union européenne a confirmé que la prise en compte des conditions préalables à la poursuite de notre objectif premier relève de notre mandat de maintien de la stabilité des prix.

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