Archive pour le Tag 'ce'

Iran: « Le boucher de Téhéran a eu ce qu’il méritait »

Iran: « Le boucher de Téhéran a eu ce qu’il méritait »

D’après le Figaro, « Le boucher de Téhéran a eu ce qu’il méritait ». Ce que pensent sans le dire de nombreux Iraniens après la mort du président suite officiellement un accident d’hélicoptère.

La mort, ce dimanche 19 mai, du très conservateur président iranien, Ebrahim Raissi, dans un crash d’hélicoptère dans la province de l’Azerbaïdjan oriental, signe la fin d’un parcours politique construit dans la violence et le sang. «Depuis ce lundi matin, il règne une étonnante ambiance de fête dès qu’on met les pieds dans une boulangerie ou une épicerie. Les clients se regardent d’un air complice et se félicitent mutuellement au lieu de se présenter leurs condoléances», témoigne une journaliste iranienne contactée à Téhéran.

« Polluants éternels »,PFAS : Ce qu’il faut savoir ?

« Polluants éternels »,PFAS : Ce qu’il faut savoir ?

 

Toxicologue, directeur de l’unité Inserm « pharmacologie, toxicologie et signalisation cellulaire » et chef du service de biochimie métabolique à l’hôpital Necker-enfants malades, Robert Barouki  présente les problèmes posés par ces polluants très persistants dans The Conversation.


The Conversation : que sont les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, plus connues sous l’acronyme « PFAS » (prononcer « pifasse ») ?

Robert Barouki : Le terme PFAS désigne une classe de produits chimiques synthétiques présentant la particularité de posséder dans leur structure une chaîne d’atomes de carbone et de fluor plus ou moins longue.

En raison de leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, ainsi que de leur bonne résistance à la chaleur et de leur grande stabilité chimique, ils entrent aujourd’hui dans la composition de très nombreux produits du quotidien (lubrifiants, peintures, imperméabilisants, mousses ignifuges destinées à la lutte anti-incendie, emballages alimentaires, fils dentaires, cosmétiques, ustensiles de cuisine…).

The Conversation : cette large utilisation pose problème, car un nombre croissant d’études montre que les PFAS ont des effets délétères sur la santé…

RB : En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le PFOA (perfluorooctanoic acid ou PFOA en anglais) comme « cancérogène pour les humains » et le (perfluorooctanesulfonic acid ou PFOS en anglais) comme substance « cancérogène possible pour les humains ».

Au-delà du risque de cancer lié aux PFAS, on sait aujourd’hui que ces produits posent également d’autres problèmes.

L’un des plus préoccupants est leur capacité à perturber la réponse immunitaire. Les travaux de Philippe Grandjean avaient montré dès le début des années 2010 que plus des enfants présentaient des taux élevés de contamination par des composés perfluorés, moins leur réponse à la vaccination était efficace (leur corps produisant moins d’anticorps).

Ces résultats sont très solides, car ils ont pu être reproduits expérimentalement chez l’animal.

Par ailleurs, les effets des PFAS ont aussi été constatés lors de contaminations de l’environnement comme celle, emblématique, survenue à Parkesburg, aux États-Unis. Les travaux scientifiques menés alors ont établi un lien entre l’exposition aux PFAS (notamment via les eaux de boisson) et diverses pathologies : l’hypercholestérolémie, la colite ulcéreuse, les maladies thyroïdiennes, le cancer des testicules, le cancer du rein et l’hypertension induite par la grossesse.

 

Au-delà des altérations des fonctions immunitaires et de l’augmentation du risque de cancers, des études épidémiologiques ont révélé des associations entre l’exposition à certains PFAS spécifiques et divers problèmes de santé : problèmes thyroïdiens, maladies hépatiques et rénales, dysrégulation des lipides et de l’insuline, effets néfastes sur la reproduction et le développement (les femmes exposées aux PFAS durant la grossesse donnent naissance à des bébés dont le poids de naissance est moindre)…

Le problème est que l’on dénombre à l’heure actuelle plusieurs milliers de PFAS, or les travaux scientifiques ne portent que sur quelques-uns d’entre eux seulement. En 2020, l’Autorité européenne de sécurité des aliments – EFSA – a évalué les risques et fixé la dose admissible dans la nourriture pour quatre d’entre eux seulement : le PFOA, le PFOS, l’acide perfluorononanoïque (PFNA) et l’acide perfluorohexane sulfonique (PFHxS).

The Conversation : comment se contamine-t-on ?

RB : Toujours selon l’EFSA, ce sont les produits de la mer, les œufs et les viandes qui contribuent le plus à la contamination par le PFOA et le PFOS. À ce titre, il est intéressant de souligner que les contaminations par les PFAS sont un peu atypiques, elles sont plus élevées dans les catégories socioprofessionnelles plus favorisées, car les personnes qui sont plus à l’aise financièrement consomment plus de poissons ou de produits de la mer.

L’eau destinée à la consommation peut aussi être une source d’exposition, tout comme l’air intérieur et extérieur, les poussières ou les sols contaminés. Des expositions professionnelles peuvent aussi se produire, dans divers secteurs industriels (industrie chimique, textile, électronique…). Les niveaux d’imprégnation les plus élevés sont d’ailleurs relevés chez les employés de sites de fabrication de PFAS.

Une étude récente menée en Europe a révélé que nous avons presque tous des PFAS en nous et qu’environ 10 à 15 % de la population présente une concentration sanguine en PFAS qui dépasse la valeur seuil (celle-ci a été établie de façon très conservative, il ne s’agit pas d’une valeur établissant un seuil de toxicité). Comme avec tous les polluants, les contaminations qui concernent les femmes enceintes et les enfants sont considérées comme les plus problématiques.

The Conversation : la situation est d’autant plus préoccupante que les PFAS sont partout, et pour longtemps…

RB : L’EFSA classe les PFAS dans la catégorie des composés très persistants et très mobiles (« very persistent, very mobile »).

Très persistants, car les PFAS sont très stables. Ils ne sont pas dégradés dans l’environnement, et une fois qu’ils pénètrent dans notre organisme, il est très difficile de les en chasser. Contrairement à certains autres polluants comme le bisphénol A, qui vont être éliminés rapidement dès lors que l’on cesse d’y être exposé, les PFAS persistent dans le corps pendant plusieurs années. Par ailleurs, leurs propriétés chimiques leur permettent de se fixer aux protéines, ils peuvent donc se retrouver un peu partout dans l’organisme.

Malheureusement, les effets de la fixation des PFAS sur les fonctions des protéines ont été très peu étudiés, on ne sait donc pas vraiment quelles en sont les conséquences. Actuellement, on ne connaît pas vraiment le mécanisme d’action de ces composés.

Outre la grande stabilité chimique des PFAS, une autre de leurs propriétés est très problématique. Si l’on observe une molécule de PFAS, on constate qu’elle possède un côté hydrophile (qui aime l’eau) et un côté très hydrophobe (qui aime le gras). Résultat : les PFAS sont à la fois solubles dans les graisses et dans l’eau. Cela les rend très mobiles dans l’environnement. Une fois dans les sols, ils vont pouvoir diffuser, et entraîner non seulement une contamination de la terre ou des sédiments, mais aussi des eaux. Ils peuvent ainsi se retrouver à très grande distance des endroits où ils ont été produits, utilisés, ou jetés (décharges)…

Étant donné l’analogie de structure qui existe entre les milliers de PFAS connus, la grande question est de savoir si les propriétés des trois ou quatre molécules qui ont été le plus étudiées sont partagées par toutes les autres… C’est probable, mais le problème est que pour l’établir scientifiquement, il faudrait refaire les mêmes études sur chaque PFAS connu, ce qui prendrait des décennies…

The Conversation : à ce sujet, les tests réglementaires actuels sont-ils adaptés ?

RB : Il ne faut pas négliger l’avancée qu’a constituée le fait d’imposer des tests réglementaires à l’industrie avant la mise sur le marché de nouveaux produits. Initialement, les tests étaient très rudimentaires. La contrepartie à la mise en place de tests plus élaborés et bien construits a été d’en limiter le nombre.

Le problème est que l’évolution de ces tests se fait très lentement, en regard des nouvelles découvertes scientifiques. Un exemple emblématique est la question des effets de perturbation endocrinienne de certains produits chimiques. Leur existence, soupçonnée depuis les années 1960, a été démontrée depuis plusieurs décennies. Pourtant, à l’heure actuelle, les tests réglementaires ne sont toujours pas conçus pour détecter de tels effets.

Même chose pour l’immunotoxicité : des tests existent, mais ils ne sont pas tous obligatoires. Or, dans le cas des PFAS, c’est la toxicité sur le système immunitaire qui a permis d’établir la valeur seuil. Cela ne correspond pas du tout à l’approche classique (habituellement on se base plutôt sur les effets en matière de cancérogenèse ainsi que quelques autres impacts), et plaide donc pour une évolution des tests pour prendre systématiquement en compte ce genre d’effet.

Le problème est que les modifications proposées doivent être acceptées par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Or, le processus est très lent, et très lourd. Il peut prendre jusqu’à 10 ans. Cela décourage beaucoup de chercheurs, d’autant plus que ces travaux ne sont pas valorisables en tant que recherches scientifiques. Or, les chercheurs sont financés pour trouver de nouveaux résultats, pas pour établir des protocoles de test.

Il faudrait probablement créer un organisme dédié à ce genre de mise au point.

The Conversation : pourrait-on imaginer des alternatives aux PFAS ?

RB : Intellectuellement, je n’exclue pas que la possibilité de mettre au point des composés qui soient dotés des mêmes propriétés, tout en étant plus inoffensifs. Il n’y a pas de raison fondamentale pour que lesdites propriétés soient fatalement associées à de la toxicité. Mais l’on ne pourra en être certain que le jour où l’on comprendra vraiment le mécanisme d’action aboutissant à la toxicité que l’on constate.

En tout cas, pour le moment, je ne pense pas qu’il existe de substituant assez convaincant. Il y a quelques années, on avait parlé du GenX, un PFAS dont la demi-vie (temps nécessaire à une diminution de moitié de la concentration, ndlr) est un peu plus courte que les autres. Mais on s’est aperçu ensuite que lui aussi pose problème

The Conversation : un projet de loi visant à interdire l’utilisation des PFAS est en discussion en France. Le texte a été adopté à l’Assemblée, cependant les députés ont voté pour exclure les ustensiles de cuisine, sous la pression des industriels. Qu’en penser ?

RB : Il est toujours difficile de passer de la science à la décision politique. Il faut souligner que les revêtements des ustensiles de cuisine sont constitués de polymères. Dans un tel cas, les données scientifiques disponibles semblent indiquer que la toxicité n’est pas aussi inquiétante que dans le cas de PFAS « liquides », tels que le PFOA ou le PFOS. Cependant, on dispose de moins d’études concernant les polymères, et de nombreuses questions demeurent : que se passe-t-il quand ils se dégradent ? Risque-t-on d’absorber des particules de polymères ? Avec quelles conséquences ?


Par ailleurs, pour les produire, il faut recourir à des PFAS sous des formes plus problématiques, ce qui pose la question des contaminations professionnelles ou environnementales. Il aurait peut-être été préférable d’interdire également les polymères, tout en accordant un délai aux industriels. Fixer une date limite les aurait probablement poussés à rechercher des alternatives.

The Conversation : faudrait-il envisager un étiquetage spécifique des produits qui contiennent des PFAS ?

RB : Les gens devraient être informés de la composition des produits de consommation, afin de pouvoir connaître les risques et décider s’ils choisissent ou non de s’y exposer. Je suis personnellement favorable à la mise en place d’un étiquetage de type « Toxi-score », inspiré du logo alimentaire « Nutri-score ».

Un tel affichage pourrait également pousser les industriels à rechercher des solutions alternatives, afin de faire du « sans PFAS » un argument marketing…

The Conversation : est-ce qu’il faudrait envisager une recherche systématique des PFAS sur tout le territoire ?

RB : Faire un état des lieux national pourrait être à envisager, même si les zones à surveiller en priorité sont bien entendu celles où sont produits les PFAS.

Quant à l’intérêt d’effectuer un suivi régulier dans le temps, la question mérite d’être posée, mais il est difficile d’y répondre.

The Conversation : existe-t-il des solutions pour décontaminer l’environnement… ou l’être humain ?

RB : C’est très compliqué. Des systèmes de filtration ou d’extraction par chromatographie peuvent améliorer la qualité de l’eau, mais sans éliminer complètement les PFAS. En ce qui concerne les sols, malheureusement, il n’y a pas de solution. On pourrait imaginer essayer de prélever la terre polluée, la traiter, puis la remettre dans le milieu. Des tests en ce sens sont actuellement menés en laboratoire, mais il est inenvisageable de pouvoir les déployer à grande échelle. La situation présente beaucoup de similitudes avec le problème du chlordécone aux Antilles

Quant à employer des médicaments pour éliminer les PFAS de l’organisme, je suis très méfiant. Cela pourrait être une approche à envisager dans le cas d’une contamination massive de travailleurs, par exemple. Une étude a notamment montré que des chélateurs utilisés pour traiter le cholestérol peuvent diminuer de moitié la quantité de PFAS dans le sang. Mais ce n’est pas une solution envisageable à l’échelle d’une population, car tout médicament peut, lui aussi, présenter une certaine toxicité.

PFAS,« polluants éternels »: Ce qu’il faut savoir ?

PFAS,« polluants éternels »: Ce qu’il faut savoir ?

 

Toxicologue, directeur de l’unité Inserm « pharmacologie, toxicologie et signalisation cellulaire » et chef du service de biochimie métabolique à l’hôpital Necker-enfants malades, Robert Barouki  présente les problèmes posés par ces polluants très persistants dans The Conversation.


The Conversation : que sont les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, plus connues sous l’acronyme « PFAS » (prononcer « pifasse ») ?

Robert Barouki : Le terme PFAS désigne une classe de produits chimiques synthétiques présentant la particularité de posséder dans leur structure une chaîne d’atomes de carbone et de fluor plus ou moins longue.

En raison de leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes, ainsi que de leur bonne résistance à la chaleur et de leur grande stabilité chimique, ils entrent aujourd’hui dans la composition de très nombreux produits du quotidien (lubrifiants, peintures, imperméabilisants, mousses ignifuges destinées à la lutte anti-incendie, emballages alimentaires, fils dentaires, cosmétiques, ustensiles de cuisine…).

The Conversation : cette large utilisation pose problème, car un nombre croissant d’études montre que les PFAS ont des effets délétères sur la santé…

RB : En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le PFOA (perfluorooctanoic acid ou PFOA en anglais) comme « cancérogène pour les humains » et le (perfluorooctanesulfonic acid ou PFOS en anglais) comme substance « cancérogène possible pour les humains ».

Au-delà du risque de cancer lié aux PFAS, on sait aujourd’hui que ces produits posent également d’autres problèmes.

L’un des plus préoccupants est leur capacité à perturber la réponse immunitaire. Les travaux de Philippe Grandjean avaient montré dès le début des années 2010 que plus des enfants présentaient des taux élevés de contamination par des composés perfluorés, moins leur réponse à la vaccination était efficace (leur corps produisant moins d’anticorps).

Ces résultats sont très solides, car ils ont pu être reproduits expérimentalement chez l’animal.

Par ailleurs, les effets des PFAS ont aussi été constatés lors de contaminations de l’environnement comme celle, emblématique, survenue à Parkesburg, aux États-Unis. Les travaux scientifiques menés alors ont établi un lien entre l’exposition aux PFAS (notamment via les eaux de boisson) et diverses pathologies : l’hypercholestérolémie, la colite ulcéreuse, les maladies thyroïdiennes, le cancer des testicules, le cancer du rein et l’hypertension induite par la grossesse.

 

Au-delà des altérations des fonctions immunitaires et de l’augmentation du risque de cancers, des études épidémiologiques ont révélé des associations entre l’exposition à certains PFAS spécifiques et divers problèmes de santé : problèmes thyroïdiens, maladies hépatiques et rénales, dysrégulation des lipides et de l’insuline, effets néfastes sur la reproduction et le développement (les femmes exposées aux PFAS durant la grossesse donnent naissance à des bébés dont le poids de naissance est moindre)…

Le problème est que l’on dénombre à l’heure actuelle plusieurs milliers de PFAS, or les travaux scientifiques ne portent que sur quelques-uns d’entre eux seulement. En 2020, l’Autorité européenne de sécurité des aliments – EFSA – a évalué les risques et fixé la dose admissible dans la nourriture pour quatre d’entre eux seulement : le PFOA, le PFOS, l’acide perfluorononanoïque (PFNA) et l’acide perfluorohexane sulfonique (PFHxS).

The Conversation : comment se contamine-t-on ?

RB : Toujours selon l’EFSA, ce sont les produits de la mer, les œufs et les viandes qui contribuent le plus à la contamination par le PFOA et le PFOS. À ce titre, il est intéressant de souligner que les contaminations par les PFAS sont un peu atypiques, elles sont plus élevées dans les catégories socioprofessionnelles plus favorisées, car les personnes qui sont plus à l’aise financièrement consomment plus de poissons ou de produits de la mer.

L’eau destinée à la consommation peut aussi être une source d’exposition, tout comme l’air intérieur et extérieur, les poussières ou les sols contaminés. Des expositions professionnelles peuvent aussi se produire, dans divers secteurs industriels (industrie chimique, textile, électronique…). Les niveaux d’imprégnation les plus élevés sont d’ailleurs relevés chez les employés de sites de fabrication de PFAS.

Une étude récente menée en Europe a révélé que nous avons presque tous des PFAS en nous et qu’environ 10 à 15 % de la population présente une concentration sanguine en PFAS qui dépasse la valeur seuil (celle-ci a été établie de façon très conservative, il ne s’agit pas d’une valeur établissant un seuil de toxicité). Comme avec tous les polluants, les contaminations qui concernent les femmes enceintes et les enfants sont considérées comme les plus problématiques.

The Conversation : la situation est d’autant plus préoccupante que les PFAS sont partout, et pour longtemps…

RB : L’EFSA classe les PFAS dans la catégorie des composés très persistants et très mobiles (« very persistent, very mobile »).

Très persistants, car les PFAS sont très stables. Ils ne sont pas dégradés dans l’environnement, et une fois qu’ils pénètrent dans notre organisme, il est très difficile de les en chasser. Contrairement à certains autres polluants comme le bisphénol A, qui vont être éliminés rapidement dès lors que l’on cesse d’y être exposé, les PFAS persistent dans le corps pendant plusieurs années. Par ailleurs, leurs propriétés chimiques leur permettent de se fixer aux protéines, ils peuvent donc se retrouver un peu partout dans l’organisme.

Malheureusement, les effets de la fixation des PFAS sur les fonctions des protéines ont été très peu étudiés, on ne sait donc pas vraiment quelles en sont les conséquences. Actuellement, on ne connaît pas vraiment le mécanisme d’action de ces composés.

Outre la grande stabilité chimique des PFAS, une autre de leurs propriétés est très problématique. Si l’on observe une molécule de PFAS, on constate qu’elle possède un côté hydrophile (qui aime l’eau) et un côté très hydrophobe (qui aime le gras). Résultat : les PFAS sont à la fois solubles dans les graisses et dans l’eau. Cela les rend très mobiles dans l’environnement. Une fois dans les sols, ils vont pouvoir diffuser, et entraîner non seulement une contamination de la terre ou des sédiments, mais aussi des eaux. Ils peuvent ainsi se retrouver à très grande distance des endroits où ils ont été produits, utilisés, ou jetés (décharges)…

Étant donné l’analogie de structure qui existe entre les milliers de PFAS connus, la grande question est de savoir si les propriétés des trois ou quatre molécules qui ont été le plus étudiées sont partagées par toutes les autres… C’est probable, mais le problème est que pour l’établir scientifiquement, il faudrait refaire les mêmes études sur chaque PFAS connu, ce qui prendrait des décennies…

The Conversation : à ce sujet, les tests réglementaires actuels sont-ils adaptés ?

RB : Il ne faut pas négliger l’avancée qu’a constituée le fait d’imposer des tests réglementaires à l’industrie avant la mise sur le marché de nouveaux produits. Initialement, les tests étaient très rudimentaires. La contrepartie à la mise en place de tests plus élaborés et bien construits a été d’en limiter le nombre.

Le problème est que l’évolution de ces tests se fait très lentement, en regard des nouvelles découvertes scientifiques. Un exemple emblématique est la question des effets de perturbation endocrinienne de certains produits chimiques. Leur existence, soupçonnée depuis les années 1960, a été démontrée depuis plusieurs décennies. Pourtant, à l’heure actuelle, les tests réglementaires ne sont toujours pas conçus pour détecter de tels effets.

Même chose pour l’immunotoxicité : des tests existent, mais ils ne sont pas tous obligatoires. Or, dans le cas des PFAS, c’est la toxicité sur le système immunitaire qui a permis d’établir la valeur seuil. Cela ne correspond pas du tout à l’approche classique (habituellement on se base plutôt sur les effets en matière de cancérogenèse ainsi que quelques autres impacts), et plaide donc pour une évolution des tests pour prendre systématiquement en compte ce genre d’effet.

Le problème est que les modifications proposées doivent être acceptées par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). Or, le processus est très lent, et très lourd. Il peut prendre jusqu’à 10 ans. Cela décourage beaucoup de chercheurs, d’autant plus que ces travaux ne sont pas valorisables en tant que recherches scientifiques. Or, les chercheurs sont financés pour trouver de nouveaux résultats, pas pour établir des protocoles de test.

Il faudrait probablement créer un organisme dédié à ce genre de mise au point.

The Conversation : pourrait-on imaginer des alternatives aux PFAS ?

RB : Intellectuellement, je n’exclue pas que la possibilité de mettre au point des composés qui soient dotés des mêmes propriétés, tout en étant plus inoffensifs. Il n’y a pas de raison fondamentale pour que lesdites propriétés soient fatalement associées à de la toxicité. Mais l’on ne pourra en être certain que le jour où l’on comprendra vraiment le mécanisme d’action aboutissant à la toxicité que l’on constate.

En tout cas, pour le moment, je ne pense pas qu’il existe de substituant assez convaincant. Il y a quelques années, on avait parlé du GenX, un PFAS dont la demi-vie (temps nécessaire à une diminution de moitié de la concentration, ndlr) est un peu plus courte que les autres. Mais on s’est aperçu ensuite que lui aussi pose problème

The Conversation : un projet de loi visant à interdire l’utilisation des PFAS est en discussion en France. Le texte a été adopté à l’Assemblée, cependant les députés ont voté pour exclure les ustensiles de cuisine, sous la pression des industriels. Qu’en penser ?

RB : Il est toujours difficile de passer de la science à la décision politique. Il faut souligner que les revêtements des ustensiles de cuisine sont constitués de polymères. Dans un tel cas, les données scientifiques disponibles semblent indiquer que la toxicité n’est pas aussi inquiétante que dans le cas de PFAS « liquides », tels que le PFOA ou le PFOS. Cependant, on dispose de moins d’études concernant les polymères, et de nombreuses questions demeurent : que se passe-t-il quand ils se dégradent ? Risque-t-on d’absorber des particules de polymères ? Avec quelles conséquences ?


Par ailleurs, pour les produire, il faut recourir à des PFAS sous des formes plus problématiques, ce qui pose la question des contaminations professionnelles ou environnementales. Il aurait peut-être été préférable d’interdire également les polymères, tout en accordant un délai aux industriels. Fixer une date limite les aurait probablement poussés à rechercher des alternatives.

The Conversation : faudrait-il envisager un étiquetage spécifique des produits qui contiennent des PFAS ?

RB : Les gens devraient être informés de la composition des produits de consommation, afin de pouvoir connaître les risques et décider s’ils choisissent ou non de s’y exposer. Je suis personnellement favorable à la mise en place d’un étiquetage de type « Toxi-score », inspiré du logo alimentaire « Nutri-score ».

Un tel affichage pourrait également pousser les industriels à rechercher des solutions alternatives, afin de faire du « sans PFAS » un argument marketing…

The Conversation : est-ce qu’il faudrait envisager une recherche systématique des PFAS sur tout le territoire ?

RB : Faire un état des lieux national pourrait être à envisager, même si les zones à surveiller en priorité sont bien entendu celles où sont produits les PFAS.

Quant à l’intérêt d’effectuer un suivi régulier dans le temps, la question mérite d’être posée, mais il est difficile d’y répondre.

The Conversation : existe-t-il des solutions pour décontaminer l’environnement… ou l’être humain ?

RB : C’est très compliqué. Des systèmes de filtration ou d’extraction par chromatographie peuvent améliorer la qualité de l’eau, mais sans éliminer complètement les PFAS. En ce qui concerne les sols, malheureusement, il n’y a pas de solution. On pourrait imaginer essayer de prélever la terre polluée, la traiter, puis la remettre dans le milieu. Des tests en ce sens sont actuellement menés en laboratoire, mais il est inenvisageable de pouvoir les déployer à grande échelle. La situation présente beaucoup de similitudes avec le problème du chlordécone aux Antilles

Quant à employer des médicaments pour éliminer les PFAS de l’organisme, je suis très méfiant. Cela pourrait être une approche à envisager dans le cas d’une contamination massive de travailleurs, par exemple. Une étude a notamment montré que des chélateurs utilisés pour traiter le cholestérol peuvent diminuer de moitié la quantité de PFAS dans le sang. Mais ce n’est pas une solution envisageable à l’échelle d’une population, car tout médicament peut, lui aussi, présenter une certaine toxicité.

Ce mercredi 7 février: hommage aux victimes du Hamas

Ce mercredi 7 février: hommage aux victimes du Hamas

Une cérémonie aura lieu à Paris, en l’honneur des victimes françaises de l’attaque menée le samedi 7 octobre 2023 par le Hamas en Israël. Ce jour-là, l’offensive du mouvement islamiste a entraîné la mort de plus d’un millier de personnes présentes dans l’État hébreu, en majorité des civils, dont 42 Français.
L’hommage national qui sera rendu par Emmanuel Macron concernera aussi les six autres Français blessés le jour de l’attaque, les quatre otages français du Hamas libérés et les trois autres concitoyens « toujours disparus et présumés otages ».

Le discours d’Emmanuel Macron sera « placé sous le signe universel de la lutte contre l’antisémitisme et à travers lui (…) toutes les formes de haine, de racisme et d’oppression envers des minorités », selon l’entourage du locataire de l’Élysée.

Se pose cependant la question de l’hommage à toutes les victimes notamment du terrorisme.

Un temps mémoriel mériterait d’être décidé mais d’une autre ampleur et de manière plus solennelle.

Crise agricole : pendant ce temps-là les députés discutent de l’IVG !

Crise agricole : pendant ce temps-là les députés discutent de l’IVG !

Alors que la crise agricole ne cesse de s’étendre dans le pays et menace peut-être même de le paralyser, à l’Assemblée nationale à la demande de macro on discute de l’intégration de l’IVG dans la constitution. En réalité ce n’est pas la question de l’IVG qui est en cause mais le faite que macro cherche désespérément n’importe quel sujet qui pourrait pourrait lui permettre d’afficher une majorité fictive.

La question est évidemment complètement surréaliste dans la mesure où aucune famille politique aucune organisation sociale représentative ne remet en cause l’IVG très largement soutenue dans la population.

Il est probable que le Sénat risque de se poser à la manipulation politique de macro considérant que la mesure n’est nullement nécessaire voir qu’elle n’a rien à faire dans la constitution.

Arnaud Beltrame : Ce héros qui mérite un hommage annuel

 

 Arnaud Beltrame  : Ce héros qui mérite un hommage annuel

 

Arnaud Beltrame est ce gendarme  tué à Trèbes en mars 2018 par Redouane Lakdim après avoir pris la place d’otage d’une hôtesse de caisse d’un Super U. Un héros qui mériterait un hommage annuel.  

Grièvement blessé au couteau par Redouane Lakdim après l’assaut lancé par le GIGN de Toulouse en début d’après-midi, Arnaud Beltrame meurt le lendemain à l’hôpital. Quelques jours plus tard, il est élevé au grade de colonel à titre posthume et un hommage national est rendu aux Invalides à ce « héros » dont la « grandeur a sidéré la France », selon Emmanuel Macron.

  Pour la hierachie, la décision d’Arnaud Beltrame « ne correspond pas à la doctrine » et « on pourra débattre sur le sujet à l’envi, mais ce geste, c’est un geste individuel, personnel et héroïque, incontestablement ».

Les proches d’Arnaud Beltrame, décédé lors des attentats de Trèbes et de Carcassonne, sont ce lundi 22 janvier 2024 à Paris pour l’ouverture du procès de ces attaques.

« Arnaud, c’était un battant ». C’est ce que Nicolle Beltrame, la mère d’Arnaud Beltrame décédé dans les attentats de Carcassonne et de Trèbes, voudrait que l’on retienne de son fils. . L’un des frères d’Arnaud Beltrame voudrait que « justice soit rendue pour tout le monde ». « J’attends que tous ceux qui, de près ou de loin, ont fait partie de l’organisation de cet attentat soient identifiés, entendus et jugés s’ils sont coupables. J’espère que la justice sera ferme pour envoyer un signal fort à tous ceux qui pourraient penser passer à l’acte ou aider ce genre de personne. Il n’y a pas de loup solitaire », a déclaré le frère du militaire. « C’est important pour le pays, pour les Français et pour beaucoup d’autres personnes. Il n’y a pas qu’Arnaud, il y a beaucoup de personnes qui attendent quelque chose du procès », a poursuivi son autre frère.

 

 

Rachida Dati à la culture:  » elle n’y connaît rien mais ce n’est pas grave  » !

Rachida Dati à la culture:  » elle n’y connaît rien mais ce n’est pas grave  » !

« Elle n’y connaît rien, mais ce n’est pas grave », a estimé l’ancien Ministre de la culture Frédéric Mitterrand .

Selon lui, la maire du VIIe arrondissement de Paris, exclue du parti Les Républicains (LR) après cette nomination, doit s’entourer d’« une équipe très forte » et d’un « directeur de cabinet de première compétence ». « Je pense qu’elle y arrivera », a déclaré Frédéric Mitterrand quelques heures avant la passation de pouvoir entre l’ancienne ministre de la Culture Rima Abdul-Malak et son successeur.

Une déclaration à double lecture. D’abord du manière générale il est vrai que la plupart des ministres et autres secrétaires d’État sont souvent nommés dans des portefeuilles dont ils ne connaissent rien. Le vrai pouvoir dans les cabinets est assuré par l’entourage du ministre par le directeur de cabinet pour le fond des dossiers et par le chef de cabinet pour les relations politiques.

Une manière aussi sans doute pour Frédéric Mitterrand d’indiquer que les différents ministères des gouvernements Macron ne se caractérisent pas par un grand professionnalisme.

La nomination de Rachida Dati quant à elle relève de savants calculs politiciens qui ont dû surprendre beaucoup à commencer par l’intéressée qui n’a jamais manifesté un grand intérêt pour la question ni même fait preuve d’une grande finesse intellectuelle.

Comme elle le dit elle-même sa principale qualité « c’est d’être une battante ». De ce point de vue , on comprendrait mieux sa place au ministère des sports ou de la propagande.

Sondage histoire- la moitié des 16 24 ans ignorent ce que représente la date de 1789

Sondage histoire- la moitié des 16 24 ans ignorent ce que représente la date de 1789


Après les maths et le français, les jeunes Français ont-ils aussi des difficultés en histoire? Un sondage OpinionWay paru ce dimanche 7 janvier dans La Tribune Dimanche, questionne des jeunes âgés de 16 à 24 ans sur leur connaissance des grands événements historiques. Leur rapport à l’information et leur compréhension de la laïcité sont également évalués.

Les résultats révèlent d’importantes lacunes. Près de la moitié (46%) des sondés ne sait pas par exemple que la Révolution française a eu lieu en 1789, quand près de sept jeunes sur dix (69%) sont incapables de situer quand les femmes ont obtenu le droit de vote en France (1944).

Même chose pour les questions historiques qui concernent l’histoire européenne. Six jeunes sur dix (60%) ne savent pas dater la chute du mur de Berlin en 1989 et 63% ignorent qu’Hitler est parvenu au pouvoir en Allemagne en 1933.

Parmi les questions posées aux sondés, la Shoah occupe une large place. Si plus de six jeunes sur dix (63%) affirment savoir de quoi il s’agit, près d’un sur cinq (17%) dit connaître le terme sans en savoir beaucoup plus et quasiment un sondé sur cinq encore (18%) dit n’en avoir jamais entendu parler.

Antisémitisme: le témoignage de Claire, rescapée de la Shoah âgée de 91 ans
Play Video
Si une très large majorité (85%) dit savoir ce qu’étaient les chambres à gaz, utilisées par l’Allemagne nazie pour exterminer les juifs pendant la Seconde guerre mondiale, et que 61% disent connaître le statut des juifs en 1940, seulement 39% savent ce qu’est la rafle du Vél’ d’Hiv, plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde guerre mondiale.

Sur le régime de Vichy, un certain flou semble régner. 43% des jeunes disent que l’État français a joué un rôle actif dans l’extermination des juifs, quand quasiment la même proportion (41%) assure à l’inverse qu’il n’a agi qu’en exécutant des ordres venus des nazis.

Interrogés également sur la laïcité et la place de la religion dans la société, jusqu’à 45% des sondés avancent que les juifs sont davantage protégés par les autorités que les musulmans et 41% estiment que la laïcité sert avant tout à discriminer les musulmans en France.

Un jeune sur deux soutient cependant le droit à la critique des musulmans (à 52%), des catholiques (52% aussi) et des juifs (50%) au nom de la liberté d’expression.

« Est-ce qu’il est possible d’enseigner l’antisémitisme à des jeunes qui ne savent pas ce qu’est la Shoah, qui ne comprennent pas la spécificité de ce fait historique? », déplore la politologue Chloé Morin qui a commandé cette étude.

De façon plus générale, le sondage s’interroge sur le rapport à l’information des 16-24 ans et révèle le grand écart qui les sépare de leurs aînés. Quand ces derniers s’appuyaient sur les médias papier, télévisés ou radio, près de la moitié (45%) des jeunes choisissent les réseaux sociaux en premier pour s’informer.

Sondage culture- la moitié des 16 24 ans ignorent ce que représente la date de 1789

Sondage culture- la moitié des 16 24 ans ignorent ce que représente la date de 1789


Après les maths et le français, les jeunes Français ont-ils aussi des difficultés en histoire? Un sondage OpinionWay paru ce dimanche 7 janvier dans La Tribune Dimanche, questionne des jeunes âgés de 16 à 24 ans sur leur connaissance des grands événements historiques. Leur rapport à l’information et leur compréhension de la laïcité sont également évalués.

Les résultats révèlent d’importantes lacunes. Près de la moitié (46%) des sondés ne sait pas par exemple que la Révolution française a eu lieu en 1789, quand près de sept jeunes sur dix (69%) sont incapables de situer quand les femmes ont obtenu le droit de vote en France (1944).

Même chose pour les questions historiques qui concernent l’histoire européenne. Six jeunes sur dix (60%) ne savent pas dater la chute du mur de Berlin en 1989 et 63% ignorent qu’Hitler est parvenu au pouvoir en Allemagne en 1933.

Parmi les questions posées aux sondés, la Shoah occupe une large place. Si plus de six jeunes sur dix (63%) affirment savoir de quoi il s’agit, près d’un sur cinq (17%) dit connaître le terme sans en savoir beaucoup plus et quasiment un sondé sur cinq encore (18%) dit n’en avoir jamais entendu parler.

Antisémitisme: le témoignage de Claire, rescapée de la Shoah âgée de 91 ans
Play Video
Si une très large majorité (85%) dit savoir ce qu’étaient les chambres à gaz, utilisées par l’Allemagne nazie pour exterminer les juifs pendant la Seconde guerre mondiale, et que 61% disent connaître le statut des juifs en 1940, seulement 39% savent ce qu’est la rafle du Vél’ d’Hiv, plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde guerre mondiale.

Sur le régime de Vichy, un certain flou semble régner. 43% des jeunes disent que l’État français a joué un rôle actif dans l’extermination des juifs, quand quasiment la même proportion (41%) assure à l’inverse qu’il n’a agi qu’en exécutant des ordres venus des nazis.

Interrogés également sur la laïcité et la place de la religion dans la société, jusqu’à 45% des sondés avancent que les juifs sont davantage protégés par les autorités que les musulmans et 41% estiment que la laïcité sert avant tout à discriminer les musulmans en France.

Un jeune sur deux soutient cependant le droit à la critique des musulmans (à 52%), des catholiques (52% aussi) et des juifs (50%) au nom de la liberté d’expression.

« Est-ce qu’il est possible d’enseigner l’antisémitisme à des jeunes qui ne savent pas ce qu’est la Shoah, qui ne comprennent pas la spécificité de ce fait historique? », déplore la politologue Chloé Morin qui a commandé cette étude.

De façon plus générale, le sondage s’interroge sur le rapport à l’information des 16-24 ans et révèle le grand écart qui les sépare de leurs aînés. Quand ces derniers s’appuyaient sur les médias papier, télévisés ou radio, près de la moitié (45%) des jeunes choisissent les réseaux sociaux en premier pour s’informer.

Ce qui sépare vraiment l’humain de l’animal ?

Ce qui sépare vraiment l’humain de l’animal ?


En ces temps de crise de la biodiversité et de questionnements sur le vivant, la vieille question de la dualité homme-animal est, semble-t-il, toujours d’actualité. Même si le « vraiment » de la question laisse entendre qu’au fond la séparation n’est pas si profonde. Sur le plan de la biologie, de la zoologie même devrait-on préciser, le paradoxe a été levé depuis longtemps. L’homme est un animal. Il ne peut donc se séparer de lui-même. La question n’est donc plus de nature scientifique, mais philosophique et sociologique. Il reste que pour la plupart d’entre nous la réponse scientifique importe peu tant les termes sont connotés. Affirmer que l’homme est un animal a peu de poids. L’affirmation serait-elle admise que la question deviendrait : qu’est-ce qui distingue l’humain des autres animaux ?

par Pascal Tassy
Professeur, paléontologue, paléomammalogie, Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) dans The Conversation

Depuis des siècles les caractéristiques biologiques de l’humanité ont toutes été intégrées dans le panorama des traits des êtres vivants en général et des animaux en particulier. Et pourtant l’homme s’est quasiment toujours singularisé par rapport au reste du monde vivant. Toute une tradition de réflexion philosophique et spirituelle s’oppose à la vision unitaire de la science biologique.

C’est là le grand problème que Linné au 1VIIIe siècle a cru résoudre définitivement. Dans son Systema Naturae dont la 10e édition datant de 1758 est considérée comme le point de départ de la nomenclature zoologique moderne, l’homme, genre Homo, est classé, parmi les animaux, dans l’ordre des Primates – les « premiers », noblesse oblige –, mais en compagnie de trois autres genres : Simia (les singes), Lemur (les lémuriens incluant, pour Linné, le galéopithèque, un petit mammifère arboricole planeur d’Indonésie) et Vespertilio (les chauves-souris).

Ce choix est significatif et fait de Linné un pionnier qui, d’une certaine manière, dépassa les concepts de la majorité de ses successeurs du 1IXe siècle. De fait en 1910, une fois la biologie devenue évolutionniste, l’anatomiste William K. Gregory nomma Archonta un groupe réunissant les primates (singes, lémuriens, homme), les chauves-souris (ordre des chiroptères), le galéopithèque (ordre des dermoptères) à quoi s’ajoutent des mammifères insectivores inconnus de Linné, les toupayes (mammifères arboricoles d’Asie).

L’homme était non seulement un membre des Primates, mais aussi un membre des Mammalia (tous ces termes sont dus à Carl Von Linné). On peut remonter la hiérarchie classificatoire est inclure l’homme dans les amniotes, dans les vertébrés, dans les animaux. Les animaux c’est-à-dire dans les classifications le règne des Animalia, aujourd’hui appelé Metazoa (mot qui signifie la totalité des animaux) – les deux termes sont synonymes.

Le terme de Metazoa à la sonorité incontestablement scientifique ne heurte aucune oreille. Dire que l’homme est un métazoaire ne choque personne. Dire qu’il est un métazoaire parce qu’il est pluricellulaire et possède une protéine qui structure le lien entre les cellules – le collagène – est affaire de spécialistes et empêche invariablement toute percée philosophique. Aucune sensibilité là-dedans. Un animal, c’est autre chose, n’est-ce pas ?

Les successeurs de Linné ont voulu placer l’humain hors du règne animal
Linné à sa manière a été un révolutionnaire. Ses successeurs se sont attachés à défaire le regroupement des Primates. Le naturaliste français Armand de Quatrefages classa en 1861 l’homme seul dans le « règne humain », caractérisé par « l’âme humaine » reprenant une suggestion émise plus de quarante ans auparavant par l’agronome lamarckien Charles-Hélion de Barbançois : classer l’homme dans un règne à part, le « règne moral ».

Quatrefages s’attacha autant à réfléchir à l’unité de l’espèce humaine qu’à analyser la singularité de ses composantes. Pour Quatrefage, en savant positiviste, c’est-à-dire qui s’en tient aux faits, la notion de Règne (la plus haute des catégories de la classification) s’impose à l’esprit humain : les caractères qui définissent l’homme sont évidents et ne sont liés à aucune hypothèse ou théorie.

L’âme humaine, différente de l’âme animale serait un pur fait d’observation. Auparavant, l’anatomiste allemand Johann Friedrich Blumenbach et l’anatomiste français Georges Cuvier opposèrent l’homme seul (ordre des Bimana) aux autres primates (ordre des Quadrumana). Le naturaliste allemand J. C. Illiger avait classé l’homme seul (seul à être debout) dans les Erecta, tandis que l’anatomiste britannique Richard Owen, adversaire résolu du darwinisme, en fit le seul représentant des Archencephala, introduction notable du cerveau comme spécificité humaine.

On peut remarquer toutefois qu’à l’exception de Quatrefages, tous les autres auteurs cités subordonnent l’espèce humaine au règne animal et à la classe des mammifères. On saisit bien la difficulté de ces anatomistes distingués qui, bien conscients des caractères morphologiques et physiologiques qui tout en intégrant parfaitement l’homme dans les mammifères, étaient tentés irrépressiblement, aussi en tant que croyants, de l’opposer au reste de la création.

L’anatomiste, celui qui décide, c’est bien l’homme, Homo sapiens (« l’homme sage » que Linné n’a pas nommé comme tel par hasard). On aura donc compris que ces affirmations taxinomiques ont pour objet de placer l’Homo sapiens à part, en fonction de traits qui lui sont propres, du psychisme à la bipédie, et non d’identifier une séquence de caractères partagés par l’homme et différents animaux.

Que l’homme soit opposé au reste du règne animal ou bien à son plus proche parent animal revient au même. Un évolutionniste tel que Julian Huxley prit en 1957 l’exemple de la classification de l’homme pour illustrer sa conception du « grade évolutif ». L’activité intellectuelle de l’homme est telle qu’elle lui suffit pour concevoir une niche écologique sans précédent. Le cerveau humain situerait l’homme, seul, au niveau de la plus haute des catégories, le règne : le règne des Psychozoa.

On le sait, le plus proche parent vivant de l’homme (Homo) est le chimpanzé (Pan). Dans les années 1960, les premières classifications incluant les deux genres dans la famille des Hominidae firent scandale. Le tableau de famille était dégradé, gâché, détruit.

La biologie moléculaire nous dit que l’homme et les chimpanzés sont presque identiques génétiquement parlant. Mais c’est en pure perte : on reconnaît aisément un homme d’un chimpanzé. On devrait dire : on reconnaît aisément les deux animaux. La baleine bleue et la musaraigne aussi sont des animaux, et même des mammifères, certes bien distincts. Leurs différences sont infiniment plus grandes que celles qui séparent l’homme et le chimpanzé, mais elles ne sont pas importantes à nos yeux d’hommes sages. Philosophiquement parlant, ce ne sont pas elles qui nous concernent. L’anthropocentrisme est patent. En fait, après des centaines de millions d’années d’évolution animale, la lignée humaine est celle des chimpanzés se sont séparées il y a 7 millions d’années environ.

Sept millions d’années d’évolution : voilà qui est responsable de l’existence des humains et des chimpanzés à la surface de la planète. Et rien d’autre.

L’homme est pétri de caractères animaux depuis le liquide amniotique dans lequel baigne l’embryon rappelant les origines aquatiques des animaux jusqu’à l’éminence mentonnière qui fait saillie à l’avant de la mâchoire inférieure (la grande invention ostéologique des humains !) en passant par tous les traits de vertébrés, de tétrapodes, de mammifères et de primates. L’homme n’est qu’un animal comme les autres et différent de tous les autres comme le sont toutes les espèces animales les unes des autres.

Peut-on se contenter d’une telle affirmation ? Les mots du quotidien sont lourds de sens et de contresens. Le verbe persiste, tenace. Malgré l’idéologie et la perte des repères scientifiques, on n’aura pas la mauvaise grâce de s’en plaindre puisque le verbe, après tout, est l’une des caractéristiques d’Homo sapiens, au moins dans la nature actuelle.

Immigration : du bricolage vite fait ce lundi

Immigration : du bricolage vite fait ce lundi

Il est probable qu’on va enregistrer ce lundi un accord entre le gouvernement et les républicains sur un texte très bricolé qui aura encore perdu une grande partie de son objectif en renforçant les contradictions. L’opinion publique pousse pour un accord mais reste à savoir si elle sera aussi enthousiaste vis-à-vis d’un contenu très édulcoré.

La Situation est délicate pour Macron après la claque politique reçue suite au rejet de la proposition de loi du gouvernement par l’Assemblée nationale. D’une certaine manière, il s’agit de mettre en contradiction les républicains du Sénat avec les républicains de l’Assemblée nationale. Le chef de l’État et le gouvernement ont donc choisi de prendre le texte adopté par le Sénat comme base de départ puisqu’il avait évidemment le soutien des sénateurs républicains. Dans le cadre d’une commission mixte paritaire qui réunit sénateurs et députés, on va donc partir du texte en position délicate si les députés décident de voter contre le texte de leurs collègues du Sénat.

La manœuvre est délicate mais peut réussir. En effet l’opposition des républicains à l’Assemblée nationale s’explique surtout pour des motifs politiciens. Sur le fond, il n’y a guère de divergences avec le gouvernement. Mais les républicains veulent trouver une occasion d’importance comme celle du débat sur l’immigration pour bien montrer leurs différences avec la majorité de Macron et préserver ainsi leurs chances pour les prochaines élections à commencer par les européennes. Tout cela relève d’un calcul politique subtil que l’opinion n’est pas forcément en mesure d’apprécier.

Pour emporter l’adhésion maintenant de tous les républicains, le gouvernement sera bien contraint de durcir encore son texte d’autant que cela est souhaité par l’opinion.

Le président de la république voudrait que l’affaire soit bouclée pour la fin de l’année mais les délais paraissent assez difficiles à tenir est la question risquent d’enjamber les fêtes de fin d’année.

Enseignement– «L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire en France»

Enseignement– «L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire en France»

Alors que la France connaît un effondrement historique dans le rapport Pisa, le lien entre immigration et crise de l’école n’est jamais interrogé, remarque l’essayiste et enseignant Joachim Le Floch-Imad, qui montre, chiffres à l’appui, combien ce phénomène aggrave les difficultés de l’Éducation nationale.


Proche de Jean-Pierre Chevènement, Joachim Le Floch-Imad est professeur de culture générale dans le supérieur et essayiste. Il vient de publier « Tolstoï. Une vie philosophique » (Éditions du Cerf, 2023).

En 1989, dans Le niveau monte, Christian Baudelot et Roger Establet se proposaient de « réfuter une vieille idée concernant la prétendue décadence de notre école ». Le déclin éducatif de la France y était jugé absurde et la notion de niveau impossible à définir. Pendant des décennies, cette culture du déni a caractérisé l’essentiel des discours au sein de l’Éducation nationale. La publication des évaluations communes à l’ensemble des collèges comme l’effondrement historique de notre pays dans le classement Pisa publié cette semaine ont depuis contribué à faire céder un certain nombre de digues. Et l’actuel ministre n’a désormais plus d’autre choix que d’en appeler à « un choc des savoirs » et à des mesures ambitieuses pour « élever le niveau de l’école » et « redonner de l’autorité…

Société- «L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire en France»

Société- «L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire en France»

Alors que la France connaît un effondrement historique dans le rapport Pisa, le lien entre immigration et crise de l’école n’est jamais interrogé, remarque l’essayiste et enseignant Joachim Le Floch-Imad, qui montre, chiffres à l’appui, combien ce phénomène aggrave les difficultés de l’Éducation nationale.


Proche de Jean-Pierre Chevènement, Joachim Le Floch-Imad est professeur de culture générale dans le supérieur et essayiste. Il vient de publier « Tolstoï. Une vie philosophique » (Éditions du Cerf, 2023).

En 1989, dans Le niveau monte, Christian Baudelot et Roger Establet se proposaient de « réfuter une vieille idée concernant la prétendue décadence de notre école ». Le déclin éducatif de la France y était jugé absurde et la notion de niveau impossible à définir. Pendant des décennies, cette culture du déni a caractérisé l’essentiel des discours au sein de l’Éducation nationale. La publication des évaluations communes à l’ensemble des collèges comme l’effondrement historique de notre pays dans le classement Pisa publié cette semaine ont depuis contribué à faire céder un certain nombre de digues. Et l’actuel ministre n’a désormais plus d’autre choix que d’en appeler à « un choc des savoirs » et à des mesures ambitieuses pour « élever le niveau de l’école » et « redonner de l’autorité…

«L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire en France»

«L’immigration, ce tabou dans l’effondrement du niveau scolaire en France»

Alors que la France connaît un effondrement historique dans le rapport Pisa, le lien entre immigration et crise de l’école n’est jamais interrogé, remarque l’essayiste et enseignant Joachim Le Floch-Imad, qui montre, chiffres à l’appui, combien ce phénomène aggrave les difficultés de l’Éducation nationale.


Proche de Jean-Pierre Chevènement, Joachim Le Floch-Imad est professeur de culture générale dans le supérieur et essayiste. Il vient de publier « Tolstoï. Une vie philosophique » (Éditions du Cerf, 2023).

En 1989, dans Le niveau monte, Christian Baudelot et Roger Establet se proposaient de « réfuter une vieille idée concernant la prétendue décadence de notre école ». Le déclin éducatif de la France y était jugé absurde et la notion de niveau impossible à définir. Pendant des décennies, cette culture du déni a caractérisé l’essentiel des discours au sein de l’Éducation nationale. La publication des évaluations communes à l’ensemble des collèges comme l’effondrement historique de notre pays dans le classement Pisa publié cette semaine ont depuis contribué à faire céder un certain nombre de digues. Et l’actuel ministre n’a désormais plus d’autre choix que d’en appeler à « un choc des savoirs » et à des mesures ambitieuses pour « élever le niveau de l’école » et « redonner de l’autorité…

« Abattre ce gouvernement  » (Aurélien Pradié)

« Abattre ce gouvernement  » (Aurélien Pradié)

Le député LR du Lot fustige dans la Tribune le projet de loi sur l’immigration réécrit par les sénateurs de son camp. Il regrette la participation d’Éric Ciotti aux rencontres de Saint-Denis vendredi.

Le projet de loi sur l’immigration a été réécrit et durci par les sénateurs LR. Ce texte, qui viendra à l’Assemblée le 11 décembre, vous satisfait-il ?

AURÉLIEN PRADIÉ- Non, car il contient des renoncements. La position de fermeté et de cohérence qui est celle des Républicains depuis le début n’a pas été suivie au Sénat. Le texte qui en sort n’est finalement pas celui des ­Républicains, c’est celui des centristes. Nous n’avons pas le droit de tromper les Français. Le sujet est trop grave pour leur mentir ou tenter de les illusionner. Les intérêts de la nation doivent être supérieurs aux intérêts tactiques d’une majorité ­sénatoriale.

Bruno Retailleau assure pourtant que c’est un texte « de droite ». Le fameux article 3 n’y figure plus…

Le cœur de la tromperie, c’est justement l’article 3 ! Il a été supprimé mais remplacé par un ersatz qui ouvre une brèche immense. Depuis le début, Les ­Républicains ont clamé haut et fort qu’il était hors de question d’ouvrir un nouveau droit opposable à la régularisation pour ceux qui sont entrés irrégulièrement sur le territoire. Mais en inscrivant dans la loi la circulaire Valls, nous ouvrons un nid à jurisprudence dangereux. Avec cet artifice sur un nouvel article, le droit n’est certes plus automatique mais il est encore plus opposable qu’hier. L’initiative viendra du clandestin lui-même et le contentieux va se multiplier sur le sujet. Ce « en même temps » sénatorial est un piège.

Les députés LR devront-ils déposer une motion de censure ?

Je mènerai la bataille pour que la droite ne perde pas en crédibilité et en cohérence. Je ne céderai pas. Le défi migratoire est immense et l’intransigeance politique est devenue une vertu. Si nous reculons, nous perdrons toute crédibilité aux yeux des Français et laisserons à d’autres le soin d’incarner cette fermeté qui est plébiscitée par nos concitoyens. Nous sommes de nombreux députés LR résolus à ne pas vouloir céder. Et si au bout le gouvernement s’entêtait à faire adopter un texte ne répondant pas aux urgences du pays par un 49-3, alors la réponse naturelle serait celle de la motion de censure. Disons les choses clairement : ce gouvernement a été trop ­longtemps soutenu artificiellement par les uns et par les autres, y compris par Les ­Républicains. Il est temps de mettre un terme à sa survie factice. C’est une question de réalisme politique et démocratique.

Le texte contient pourtant beaucoup de mesures réclamées par LR…

Ce texte, y compris son article 3, est un outil de diversion et de divertissement pour occuper l’espace du débat. Il manque l’essentiel, comme n’a cessé de le dire LR : la révision de notre Constitution afin de reprendre le contrôle de notre droit national. Sans cela, tout le reste est vain.

Donc, vous appelez à un cessez-le-feu…

Il ne peut y avoir de cessez-le-feu avec une organisation terroriste. Dans la fureur du temps, les mots doivent être précis. Le cœur des opérations militaires doit être l’éradication des têtes du Hamas. Répondre à la mort que sèment les terroristes par des morts civils est un piège qui conduirait à faire du Hamas un mouvement politique légitime aux yeux de l’opinion palestinienne, à l’instar du Hezbollah au Liban. Si demain la Palestine continue à être un cimetière, nous n’éradiquerons pas le Hamas. Sans reconstruction d’une autorité politique palestinienne forte, le vide sera fatal. C’est le plus grand défi : retrouver des interlocuteurs politiques nouveaux en Palestine comme en Israël.

Marine Le Pen et Jordan Bardella participent à la marche contre l’antisémitisme ce dimanche. Fallait-il refuser leur présence ?

Cette marche est un symbole fort qu’il faut soutenir, sans lâches hésitations. Mais il faut être lucide : dans cette marche, il y aura des imposteurs et des hypocrites. Les imposteurs, ce sont ceux qui, encore aujourd’hui, ne parviennent pas à dire que Jean-Marie Le Pen était antisémite. Ce sont ceux qui, hier, ont expliqué que le maréchal Pétain avait sauvé les Juifs français et qui, aujourd’hui, se présentent devant le mur des Lamentations. Et les hypocrites, c’est cette gauche qui prétend défendre l’égalité, les grandes valeurs humanistes et qui, par petits calculs misérablement électoralistes, bascule définitivement dans le camp disqualifiant de l’antisémitisme.

Est-ce à dire que vous refusez d’y participer ?

J’y participerai, à Paris ou ailleurs. Imposteurs et hypocrites ne doivent pas empêcher une marche sur une bataille aussi essentielle. Mais vous voyez bien le piège dans lequel nous sommes : celui du relativisme. Qu’est-ce qui motive la mobilisation du RN à l’égard des Français juifs ? Ce n’est pas leur amour de nos compatriotes de confession juive, c’est leur haine indifférenciée de nos compatriotes musulmans. La haine des uns ne fera jamais l’amour pour les autres. La lutte contre l’antisémitisme est une lutte universelle. Pas une posture tactique ou opportuniste.

Pour combattre ce terrorisme, jugez-vous nos renseignements suffisamment efficaces ?

La similitude entre les assassinats de nos deux enseignants Samuel Paty et Dominique Bernard m’inquiète. Ils ont été tués par deux anciens élèves qui se sont radicalisés sur le sol national et étaient dans les radars de nos services de renseignement. L’arsenal de ceux-ci est aujourd’hui concentré essentiellement sur la surveillance numérique et nous fait passer à côté de la surveillance humaine fondamentale. Un décalage s’est installé entre nos surveillances « high-tech » et le caractère « low cost » et très individuel de ceux qui passent à l’acte aujourd’hui. Les grands services de renseignement de nos démocraties semblent également aveugles sur la scène internationale. Cela a été le cas en amont de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, de l’attaque du Hamas contre Israël, et à chaque fois la France s’est retrouvée marginalisée ou en difficulté dans sa posture internationale comme en Afrique. À l’heure actuelle, nous n’avons plus aucune présence en Afghanistan, où les talibans ont annoncé la création de 300 écoles du djihad. Les seuls renseignements dont nous disposons nous proviennent du Pakistan. Cela vaut aussi pour le Gabon… Je vais écrire au ministre de l’Intérieur pour lui demander de rendre des comptes à ­l’Assemblée nationale, dans le format qu’il souhaite, sur l’état de nos services de renseignement. Nous devons savoir s’il y a eu des fragilités, notamment dans la perspective des Jeux olympiques. Ne pas poser la question est aujourd’hui devenu irresponsable.

Éric Ciotti se rendra vendredi à la deuxième édition des rencontres de Saint-Denis à l’invitation d’Emmanuel Macron. À raison ?

Je considère qu’il ne faut pas y aller. La comédie a assez duré, on est en train de se faire balader. Autant je comprenais au début que l’on puisse y croire un peu, autant, désormais, y aller, c’est accepter de participer à la comédie présidentielle. Les rencontres de Saint-Denis sont une dérive. Elles n’existent nulle part dans nos institutions. Dans notre Constitution, il y a un gouvernement, un Conseil des ministres, un Parlement. C’est tout. On s’habitue à avoir des bidules et des gadgets auxquels sont invités les uns ou les autres selon le bon vouloir du prince. Pardon de rappeler des fondamentaux, mais la conduite du pays se fait avec les représentants du peuple, pas avec les partis politiques. Imagine-t‑on le général de Gaulle palabrer durant six heures avec les partis politiques ? Nous tombons dans un piège : celui du dévoiement de nos institutions. Des gaullistes ne peuvent accepter d’en être complices.

François-Xavier Bellamy serait-il une bonne tête de liste LR lors des élections européennes de juin ?

François-Xavier Bellamy est un excellent philosophe et un bon député européen.

Dans Tenir bon, votre livre qui sort mercredi, vous écrivez : « Celui ou celle qui dirigera notre pays en 2027 ou au-delà devra davantage avoir le goût du grand soir que celui des petites positions présumées confortables. » Pradié 2027, c’est parti ?

Dans ce livre, je raconte mes origines et mon parcours, qui ont fait mon tempérament. J’y livre des confidences politiques et une part d’intimité. Je consacre un chapitre au temps long qui est la clé de tout. 2027 est-elle une étape ? Sûrement. De quelle nature ? Je n’en sais rien encore, l’avenir le dira. n
Propos recueillis par Jules Pecnard et Ludovic Vigogne
Partager :

Rédiger un commentaire

12345...10



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol