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Crise en Catalogne : Macron, réveille-toi !

Crise en  Catalogne : Macron,  réveille-toi !

La crise catalane illustre le rapport de plus en plus lâche à l’Europe. Nombre d’européens prennent leur distance avec Bruxelles et se réfugient  dans le nationalisme voire l’identité régionale y compris avec des dérives populistes voire xénophobes,  Une Europe trop lointaine, trop bureaucratique sans réelle identité politique. (Ou alors celle du sulfureux luxembourgeois Juncker, ancien Premier ministre d’un paradis fiscal ; on fait mieux comme incarnation !) Or la crise catalane commence à se répercuter sur l’économie et la bourse. Jusqu’alors politiques et experts se réfugiaient dans l’hypocrite ligne politique consistant à renvoyer la balle aux espagnols. Il ne faut surtout pas intervenir  prétendaient certains docteurs de l’immobilisme.  Dans la crise catalane, tout le monde ou presque s’est trompé. La première erreur est venue des indépendantistes, qui ont voulu forcer le destin avec un référendum non représentatif. La seconde erreur est à imputer à l’intransigeance de Madrid et à la répression exercée contre les dirigeants du gouvernement catalan. Mais l’union européenne et Macron lui-même se sont aussi plantés en considérant de manière hypocrite que cette question relevait de l’exclusive responsabilité des Espagnols. Résultat avec la victoire des indépendantistes, on revient au point de départ en pire. Or pour éviter l’euro scepticisme qui gagne partout en Europe, il serait sans doute opportun de reconsidérer le rôle des régions non pas en tant qu’entité  indépendante mais en tant que zones d’identité économique et culturelle davantage autonome (comme la région Basque ou les régions allemandes).  La perspective à long terme serait de créer une Europe fédérale et des Etats eux-mêmes fédéraux. La question se posera de toute manière dans de nombreux pays avec les velléités d’indépendance en Espagne bien sûr mais aussi en Italie, en Belgique, en Grande-Bretagne et en France même avec la question Corse ou la nouvelle Calédonie. Jusque-là l’Europe et Macron n’ont pas voulu se mouiller dans cette affaire complexe et laisse l’Espagne se dépatouiller. En cause,  évidemment les velléités d’indépendance de certaines régions qui pourraient être encouragées par la démarche scissionniste  des catalans. L’Europe ne voulait  même pas envisager la perspective d’une éventuelle médiation. Du coup, la crise ne pouvait que s’approfondir surtout après l’emprisonnement des dirigeants catalans. Certes l’appel à la négociation du président catalan ne manquait  pas d’ambiguïté mais c’est une perche qu’on aurait dû  saisir à la fois par  le gouvernement espagnol et même par  l’Europe. Son nouvel appel doit être entendu.  D’une certaine manière,  l’affaire catalane offre  une opportunité de réfléchir à la perspective d’une Europe fédérale s’appuyant sur des Etats eux-mêmes largement plus décentralisés. Une sorte d’Europe fédérale s’appuyant sur des Etats eux-mêmes fédéraux. Au lieu de cela, on a privilégié le conflit dont les conséquences pourraient être particulièrement malheureuses tant pour l’Espagne que pour l’Europe. L’immobilisme européen constitue en fait un encouragement à tous les nationalismes et tous les indépendantismes. L’Europe doit siffler la fin de la récréation, imposer sa médiation et ses valeurs à Madrid comme à Barcelone. Que Macron se pose en sauveur du Sahel, c’est bien, c’est utile et nécessaire,  mais il faudra qu’il mette aussi les mains dans le cambouis de questions géographiquement plus proches. Sauver le climat, sauver la planète, c’est bien mais traiter, le problème corse ou catalan c’est sans doute moins glorieux mais cependant  nécessaire.

 

Catalogne : maintenant virer Rajoy

Catalogne : maintenant virer  Rajoy

Il est clair qu’après le désaveu électoral sans précédent, la seule solution pour sortir l’Espagne serait de virer ce premier ministre qui n’a fait que jeter de l’huile  sur le feu du brasier catalan.( étant entendu que Puigdemont n’a pas été sans responsabilité).  De toute manière ce premier ministre n’a déjà pas de majorité, il ne tient que grâce à du marchandage avec les élus basques auxquels il accorde des facilités qu’ils refusent à la Catalogne. Pas fou Rajoy refuse des élections nationales et veut se maintenir jusqu’en 2020. Pourtant  lui et son parti sont impliqués dans des affaires de corruption et a perdu son pari concernant la catalogne. Il comptait sur les sélections au Parlement régional catalan pour éliminer les indépendantistes. Cette élection n’a strictement rien changé et d’une certaine manière la répression et  l’emprisonnement de responsables ont sans doute conforté le camp des électeurs indépendantistes. Le pire c’est que Rajoy une veut même pas saisir la main tendue par Puigdemont, qu’il refuse de le rencontrer et même maintient les poursuites judiciaires qui le contraignent à l’exil. Il serait temps que  l’union européenne se réveille et tape un peu sur la table pour contraindre ce premier ministre à dialoguer enfin. Tout le monde (indépendantistes compris)  a désormais bien admis  que pour le moyen et le court terme la question n’était pas celle de l’indépendance mais d’une plus grande autonomie de la Catalogne un peu sur le modèle Basque. L’entêtement de Rajoy pourrait coûter très cher à l’Espagne mais aussi à l’union économique. C’est une grave défaite électorale, un pari politique perdu par le gouvernement de Madrid puisque les indépendantistes ont de nouveau remporté la majorité absolue au Parlement catalan. Depuis Bruxelles, Carles Puigdemont a proposé de rencontrer Rajoy mai aussitôt, le Premier ministre espagnol a refusé cette main tendue. Il a même félicité  le parti d’Inés Arrimadas, Ciudadanos, qui remporte le plus de sièges, 37 sur 135. (Notons que le parti de Rajoy une obtenue que quatre sièges !). Une formation centriste hostile à l’indépendance. Mais face au bloc indépendantiste, son parti reste minoritaire. Les prochains jours seront déterminants pour savoir qui prendra la tête du Parlement catalan.

 

Catalogne : retour à la case départ

Catalogne : retour à la case départ

 

On serait tenté de dire tout : ça pour ça !  car la situation politique de la Catalogne revient à la case départ avec à peu près la même majorité séparatiste au Parlement régional. Pire le score du parti pouvoir central est ridicule. Cette situation ne clarifie pas la problématique de l’indépendance de la Catalogne. En effet si les indépendantistes obtiennent effectivement la majorité au gouvernement régional par contre la population est toujours aussi divisée sur la question de l’indépendance.  Pour sortir de l’impasse, il  faudra évidemment que les uns et les autres mettent beaucoup d’eau dans leur vin. Peut-être même au point  de ne plus percevoir le goût du vin. Côté séparatiste, il est clair que la revendication d’indépendance n’a aucun avenir dans un cadre européen. Côté pouvoir central, on doit renoncer à éliminer les parties indépendantistes par la force. De ce point de vue, l’emprisonnement ou l’éloignement des anciens dirigeants du gouvernement régional a constitué une erreur stratégique fondamentale de la part de Mariano Rajoy – La seule issue possible pour le cours et le moyen terme est d’accorder une plus large autonomie à la Catalogne sur le modèle de ce qui a été consenti aux Basques.  Les résultats des élections sont sans appel, les candidats de Junts per Catalunya, de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et de la CUP (Candidature d‘unité populaire) disposeront de 70 sièges sur 135 au parlement régional, soit deux de plus que la majorité absolue, tout en étant minoritaires en voix. Le bloc séparatiste comptait 72 élus dans la précédente assemblée, élue en 2015. Signe de l‘enjeu du scrutin, la participation a connu un niveau record, de 82%, contre 75% lors des précédentes élections en 2015. Les indépendantistes disposent à nouveau d‘une majorité, mais réduite, et ils pourraient avoir du mal à former un gouvernement. Prié de dire s‘il allait rencontrer Carles Puigdemont, le premier ministre s‘est contenté de répondre qu‘il devait s‘entretenir avec les responsables de Ciudadanos. Son Parti populaire (PP), conservateur, n‘a obtenu que trois sièges jeudi, contre onze dans l‘assemblée sortante, et la percée de Ciudadanos le fragilise au niveau national.  L‘ancien vice-président du gouvernement de Catalogne Oriol Junqueras, et plusieurs autres dirigeants catalans sont encore en détention provisoire, ainsi que les chefs des deux principales associations séparatistes.

Elections Catalogne : une claque pour Madrid

Elections Catalogne : une claque pour Madrid

Au vu des résultats partiels, les élections en Catalogne constituent une véritable claque pour Madrid. En effet les partis indépendantistes pourraient- conserver leur majorité absolue au Parlement régional à l‘issue des élections de jeudi, selon des résultats partiels publiés par l‘exécutif catalan après dépouillement de 52% des bulletins. C’est un immense désaveu pour le gouvernement de Mariano Rajoy. Un gouvernement politiquement déjà très affaibli et qui s’est embourbé dans la crise catalane. Certes les indépendantistes eux-mêmes n’ont pas fait preuve d’une grande intelligence politique en radicalisant leur position et surtout en organisant un référendum non représentatif concernant l’indépendance. Finalement,  le chef du gouvernement espagnol se trouve face à une situation encore pire qu’avant les élections d’ hier. Une situation totalement bloquée du fait de l’intransigeance des deux parties. En outre et surtout le fait d’avoir mis des responsables catalans en prison a constitué une magistrale erreur politique et a pesé sur le vote en faveur des indépendantistes. Il faut espérer maintenant que les deux parties prendront conscience de l’impasse dans laquelle ils se sont engagés mutuellement et qu’elles  pourront cette fois négocier une sortie de crise assurant davantage d’autonomie à la Catalogne. D‘après les projections réalisées à partir des résultats portant sur 52% des suffrages, les mouvements séparatistes obtiendraient 70 élus, soit deux de plus que la majorité absolue, dans le Parlement de 135 sièges. Si la tendance se confirme, il s‘agirait d‘un succès majeur pour les séparatistes, qui paraissaient affaiblis par la saga de la “vraie-fausse” déclaration d‘indépendance de l‘automne, après le référendum d‘autodétermination illégal du 1er octobre qui a débouché sur la suspension de l‘autonomie de la Catalogne et la fuite à Bruxelles de son président, Carles Puigdemont. Oriol Junqueras, qui a fait campagne de la prison où il est incarcéré dans la banlieue de Madrid, a cependant laissé la porte ouverte à la négociation avec Madrid  “Je peux vous assurer que nous sommes des démocrates avant d’être des séparatistes et que la fin (obtenir l‘indépendance) ne justifie pas toujours les moyens”, a-t-il dit dans une interview par écrit accordée à Reuters. Lors de récents rassemblements, de nombreux partisans de la sécession ont paru reconnaître qu‘obtenir l‘indépendance sans le consentement de l‘Espagne n’était plus le but recherché.

Crise Catalogne : le grand silence de l’Europe

Catalogne : le grand silence de l’Europe

Dans une tribune Antoine Rayroux, professeur de science politique à Concordia University expliquait  pourquoi l’Europe est aussi silencieuse à propos de la crise en catalogne. (La Tribune)

« Mercredi 4 octobre, le Parlement européen a tenu un débat en séance plénière intitulé « Constitution, état de droit et droits fondamentaux en Espagne à la lumière des événements en Catalogne ». Pressée depuis plusieurs semaines de se prononcer sur la question catalane, l’Union européenne ne pouvait rester totalement silencieuse plus longtemps. En effet, le gouvernement catalan de Carles Puigdemont demande à l’Europe de s’impliquer dans une médiation avec le gouvernement espagnol suite au vote sur le référendum pour l’indépendance de la Catalogne tenu le 1er octobre. Il n’est pas non plus impossible que les violences policières constatées la journée du vote, qui ont causé plusieurs centaines de blessés, soient portées devant la Cour européenne des droits de l’homme. Déjà, dès le lendemain du vote l’Organisation des Nations Unies, par la voix de son Haut Commissaire au droit de l’homme, exprimait son inquiétude face à la situation et demandait au gouvernement de Mariano Rajoy d’enquêter. Car si celui-ci a mené la bataille sur le front de la légalité constitutionnelle et du respect de l’état de droit, il a, depuis le 1er octobre, sans doute perdu celle des images. Pourtant, pendant des semaines les instances européennes sont restées muettes. Pour comprendre ce silence gêné sur la question catalane, il importe d’opérer deux distinctions : entre les États membres de l’Union européenne et les institutions européennes ; et entre la position adoptée sur le principe de l’autodétermination de la Catalogne et la réaction à l’égard des violences policières. A la fois les gouvernements européens et les représentants des institutions européennes ont répété comme un leitmotiv, ces dernières semaines, que la question catalane relevait de l’État et de la société espagnole uniquement, et qu’ils n’avaient pas vocation à s’immiscer dans le débat. Cette position est le reflet de plusieurs principes traditionnels des relations internationales : la primauté de la souveraineté nationale, l’unité de l’État et la non-intervention dans ses affaires intérieures. Ainsi, aucun des 28 États membres de l’UE n’est en faveur de la sécession de la Catalogne, et tous soutiennent la position du gouvernement de Madrid. Naturellement, certains États membres sont plus sensibles que d’autres à la question du séparatisme, étant eux-mêmes confrontés à des risques plus ou moins similaires. Outre le Royaume-Uni (Écosse) et l’Espagne, cas bien connus, c’est notamment le cas de la Belgique (Flandre), de l’Italie (Sud-Tyrol, Vénétie, Padanie et Sardaigne) et dans une moindre mesure de la France (Corse) ou de la Finlande (îles Åland). Des mouvements séparatistes existent dans la plupart des autres pays de l’Union, mais le soutien populaire à l’autodétermination s’y limite le plus souvent à moins de 10 %. En outre, l’Espagne constitue un partenaire européen important, cinquième économie de l’UE et cinquième État le plus peuplé, ce qui lui donne un poids significatif au sein du Conseil de l’UE – l’institution européenne qui représente les États membres (le poids de chaque État dans le système décisionnel est en partie proportionnel à sa population). Pour les autres membres de l’Union, il n’existe aucun intérêt politique à s’aliéner le gouvernement de Madrid. Dès lors, il est difficile d’imaginer que les présidents de la Commission européenne ou du Conseil européen prennent position. Le rôle de ce dernier, Donald Tusk, est d’agir comme médiateur des intérêts nationaux exprimés par les chefs d’État et de gouvernement lors de leurs rencontres au sein du Conseil européen. Il n’a pas la légitimité pour se prononcer sur la question catalane si les États membres ne le souhaitent pas. Quant à la Commission européenne, en tant que garante de l’intérêt général de l’UE, sa position est plus sujette à débat. On pourrait en effet argumenter que le projet européen est par définition un projet de dépassement de la souveraineté nationale et que les peuples européens ne sont pas réductibles au cadre étatique. D’ailleurs, la Catalogne possède une représentation diplomatique à Bruxelles, et elle est régulièrement consultée par la Commission sur des enjeux de politique régionale. Cependant, pour son président Jean-Claude Juncker, prendre position représente un risque politique majeur. La Commission est régulièrement accusée par les États et les opinions publiques européennes de promouvoir le modèle d’un « super-État » qui violerait la souveraineté nationale ; il semble logique que Juncker soit réticent à alimenter cette critique. Concernant la Commission européenne, la principale question qui lui est adressée dans le débat sur le séparatisme catalan s’est également posée dans le cas de l’Écosse : qu’adviendrait-il du statut d’une Catalogne ou d’une Écosse indépendante au sein de l’UE ? Depuis 2004, la Commission s’en tient à la doctrine dite Prodi, du nom de l’ancien président de l’exécutif européen qui avait répondu, alors qu’il était interpellé sur le sujet par un parlementaire européen, que les traités européens cessaient de s’appliquer sur les territoires d’un État né d’une sécession. Par conséquent, ce nouvel État catalan devrait passer par la procédure d’adhésion régulière, qui implique notamment un vote favorable unanime des États membres, incluant bien sûr l’Espagne. Les fondements juridiques de cette position sont principalement l’article 4 du traité sur l’UE, qui rappelle l’obligation pour les institutions européennes de respecter les structures politiques et constitutionnelles nationales des États membres, ainsi que la jurisprudence des Nations Unies, qui généralement considère qu’un État issu d’une sécession doit formellement demander son adhésion à l’ONU. Certes, le débat juridique n’est pas tranché, car le cas d’une sécession n’est pas formellement prévu par les traités européens, mais il ne semble pas plaider en faveur de Barcelone. D’un point de vue politique, le débat avait rebondi en 2016, suite au Brexit. La première ministre de l’Écosse Nicola Sturgeon, en visite à Bruxelles, avait évoqué le possible maintien dans l’UE d’une Écosse éventuellement indépendante. Accueillie au Parlement européen et à la Commission, elle s’était vue opposer une fin de non-recevoir au Conseil, en raison du refus de l’Espagne et de la France notamment de la rencontrer. Bien sûr, aucun des éléments mentionnés ci-dessus ne saurait constituer un frein insurmontable à la condamnation formelle des violences policières du dimanche 1er octobre, lors desquelles près de 900 citoyens catalans ont été blessés. Les gouvernements européens sont restés passablement muets, de même que le président du Conseil européen Donald Tusk qui s’est contenté d’une brève déclaration sur Twitter. La déclaration publiée par le porte-parole de la Commission européenne le lendemain du vote mentionnait quant à elle que « la violence ne saurait être un instrument politique », mais elle insistait avant tout, une nouvelle fois, sur le bien-fondé de la posture légaliste défendue par le gouvernement espagnol. Invitée à clarifier sa position lors du débat tenu au Parlement européen le 4 octobre, la Commission, par la voix de son vice-président Frans Timmermans, est même allée plus loin, en considérant que le gouvernement espagnol avait fait un « usage proportionné » de la force, rendu nécessaire par la violation de l’état de droit que représentait le référendum catalan inconstitutionnel. Alors que cette posture se fonde sur la légitimité du gouvernement espagnol à faire usage du monopole de la violence légitime (ici : les forces de gendarmerie de la Guardia Civil) afin de garantir le respect de l’état de droit, la question à laquelle sont confrontées les autorités européennes est la suivante : dans quelle mesure les violences observées de façon évidente lors du vote constituent-elles une violation de ce même principe de l’état de droit ? Contrairement aux fausses informations véhiculées sur Twitter, aucun article du traité sur l’UE ne prévoit la suspension d’un État membre qui ferait usage de la force militaire contre sa propre population. En revanche, il existe bel et bien une procédure de sanction en cas de violation par un État membre des valeurs de l’UE, définies à l’article 2 du traité, au rang desquelles le respect de l’état de droit et des droits de l’homme. La procédure est complexe, et étant données les réactions officielles de ces derniers jours (ou leur absence), il est très peu probable de la voir mise en œuvre dans le cas présent. Elle suppose d’abord qu’une des institutions européennes constate une infraction possible à l’article 2 et amène l’État incriminé à venir défendre sa position devant les autres. En 2017, de telles procédures ont été ouvertes contre la Hongrie et la Pologne. Mais ensuite, le vote sur une violation de l’article 2, qui peut éventuellement amener à des sanctions telles qu’une suspension du droit de vote au Conseil, doit recevoir l’appui unanime des États membres. Un tel appui unanime des États est plus qu’improbable, et d’ailleurs, jamais dans l’histoire de l’UE cette procédure de sanction n’a été mise en œuvre. Si l’Europe a jusqu’à présent décidé de garder le silence autant que possible, elle pourrait bien devoir malgré elle se positionner davantage sur le conflit dans les semaines à venir. Le débat sur la réponse européenne à la question catalane est loin d’être terminé. »

Catalogne : pour une Europe fédérale et des Etats fédéraux

Catalogne : pour une Europe fédérale et des Etats fédéraux

Dans la crise catalane tout le monde ou presque s’est trompé. La première erreur est venue des indépendantistes qui ont voulu forcer le destin avec un référendum non représentatif. La seconde erreur est à imputer à l’intransigeance de Madrid et à la répression exercée contre les dirigeants du gouvernement catalan. Mais l’union européenne et Macron lui-même se sont aussi plantés en considérant de manière hypocrite que cette question relevait de l’exclusive responsabilité des Espagnols. Résultat avec la victoire des indépendantistes, on revient au point de départ en pire. Or pour éviter l’euro scepticisme qui gagne partout en Europe, il serait sans doute opportun de reconsidérer le rôle des régions non pas en tant qu’entité  indépendante mais en tant que zones d’identité économique et culturelle davantage autonome. La perspective à long terme serait de créer une Europe fédérale et des Etats eux-mêmes fédéraux. La question se posera de toute manière dans de nombreux pays avec les velléités d’indépendance en Espagne bien sûr mais aussi en Italie, en Belgique, en Grande-Bretagne et en France même avec la question Corse ou la nouvelle Calédonie. Jusque-là l’Europe et Macron n’ont pas voulu se mouiller dans cette affaire complexe et laisse l’Espagne se dépatouiller. En cause,  évidemment les velléités d’indépendance de certaines régions qui pourraient être encouragées par la démarche scissionniste  des catalans. L’Europe ne voulait  même pas envisager la perspective d’une éventuelle médiation. Du coup, la crise ne pouvait que s’approfondir surtout après l’emprisonnement des dirigeants catalans. . Certes l’appel à la négociation du président catalan ne manquait  pas d’ambiguïté mais c’est une perche qu’on aurait dû  saisir à la fois par  le gouvernement espagnol et même par  l’Europe. D’une certaine manière, e l’affaire catalane offre  une opportunité de réfléchir à la perspective d’une Europe fédérale s’appuyant sur des Etats eux-mêmes largement plus décentralisés. Une sorte d’Europe fédérale s’appuyant sur des Etats eux-mêmes fédéraux. Au lieu de cela on a privilégié le conflit dont les conséquences pourraient être particulièrement malheureuses tant pour l’Espagne que pour l’Europe.

Puigdemont : pas de retour en Espagne avant les élections de Catalogne

Puigdemont : pas de retour en Espagne avant les élections de Catalogne

 

La situation de Puigdemont ,ancien président de la Catalogne, devient de plus en plus ubuesque. Il ne peut pas retourner en Espagne car il risque d’être aussitôt arrêté, jugé voire éventuellement être interdit de candidature à l’élection en Catalogne prévue le 21 décembre. Du cou,p il reste sous la protection juridique de la Belgique où  il s’est réfugié pour faire valoir ses droits y compris celui de se présenter comme candidat aux élections régionales de ce 21 décembre. Il est clair que dans cette affaire l’Espagne ne se grandit pas. En effet , il aurait été plus simple d’attendre les élections de décembre avant éventuellement d’entamer des poursuites juridiques à l’encontre de l’ancien président de Catalogne. Des poursuites juridiques par ailleurs très contestable car la question ne se situe pas sur le terrain du droit mais sur celui de la politique. À la décharge de l’Espagne, il faut aussi reconnaître que Puigdemont  a accumulé plusieurs maladresses et  erreurs notamment en organisant un référendum illégal et non représentatif. Le président catalan destitué Carles Puigdemont et ses ministres, réclamés par la justice espagnole, resteront en Belgique au-delà des élections prévues en Catalogne le 21 décembre, en raison des recours qui seront déposés contre leur extradition, a affirmé samedi son avocat. « Quoi qu’il arrive, ils seront (à Bruxelles) au minimum jusqu’au 21 décembre, et je calcule que cela ira même jusqu’à mi-janvier en principe », a déclaré Jaume Alonso Cuevillas à la radio catalane Rac1. « Je suis convaincu que quoi qu’il se passe il y aura recours en appel et recours en cassation » pour éviter que la Belgique les renvoie en Espagne, a-t-il expliqué. L’ancien président s’est réfugié en Belgique avec quatre de ses ministres après que le gouvernement espagnol a mis sous tutelle la Catalogne qui venait de déclarer unilatéralement l’indépendance le 28 octobre. Comme les autres dirigeants indépendantistes catalans qui ont préparé cette tentative de sécession, il est inculpé pour rébellion, sédition et détournement de fonds public. Après sa fuite, les autres membres du gouvernement destitué ont été placés en détention préventive. Carles Puigdemont est cependant candidat aux élections régionales, à la tête de sa propre liste, et prétend s’il l’emporte être rétabli comme « président légitime » du gouvernement catalan. En cas de victoire, Carles Puigdemont « a manifesté son intention de venir être investi comme président de la Generalitat (exécutif catalan), indépendamment de ce qui se passe avec la justice belge », a ajouté l’avocat. A propos de l’audience prévue lundi devant la justice belge, à laquelle l’Espagne a demandé l’extradition de Carles Puigdemont, « nous ne savons pas combien de temps cela durera, ni si les personnes mises en cause seront appelées à déclarer », a-t-il précisé.

 

Catalogne : Madrid cherche l’incident

Catalogne : Madrid cherche l’incident

 

De toute évidence, Madrid cherche maintenant l’incident pour mettre au pas la Catalogne. Le Premier ministre espagnol fait preuve d’une hypocrisie particulièrement irresponsable. D’un côté,  il indique que  le président déchu de la Catalogne Carles Puigdemont pourra se présenter aux élections du 21 décembre mais de l’autre, ils le menacent de 15 à 30 ans de prison. Une bien curieuse façon de rechercher l’apaisement. Certes l’ancien président de la Catalogne n’est pas exempt de responsabilités puisqu’il a pris le risque d’un référendum sur l’indépendance. Mais un référendum non représentatif et qui de toute façon a démontré qu’une minorité de catalans était pour l’indépendance. Menacer  maintenant Carles Puigdemont (et 13 membres de l‘administration de la région) témoigne d’une pure provocation. En réalité Madrid instrumentalise le conflit catalan pour renforcer un pouvoir politique bien affaibli avant ces événements (et qui permet aussi de mettre  un voile pudique sur les affaires de corruption. Le  Premier ministre espagnol voudrait fabriquer des indépendantistes qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Rajoy  a sans doute gardé le souvenir de certaines méthodes autoritaires.  À l’origine militant de l’Union nationale espagnole (UNE)3, il a adhèré au début des années 1980 à l’Alliance populaire (AP), parti de la droite conservatrice conduit par Manuel Fraga, Galicien et ancien ministre de Francisco Franco..  On s’étonne en effet de l’acharnement de Rajoy vis-à-vis de  l’ancien président de la Catalogne d’autant plus que ce dernier  a indiqué mardi qu‘il accepterait le verdict des élections régionales anticipées qui ont été convoquées pour le 21 décembre par le gouvernement.  Cependant la Haute cour d’Espagne a indiqué mardi qu’elle avait convoqué le président déchu de la Catalogne Carles Puigdemont et 13 membres de l’administration de la région pour qu’ils témoignent devant elle jeudi et vendredi. /Photo prise le 31 octobre 2017/REUTERS/Yves Herman La haute juridiction ajoute qu‘elle a entamé une procédure pour rébellion, sédition et abus de confiance à l‘encontre de Puigdemont et d‘autres dirigeants catalans. Le système judiciaire espagnol prévoit qu‘il appartient à un juge de décider si Puigdemont doit être placé en détention pendant le temps de l‘enquête et lors d‘un éventuel procès. L’ancien président de la Catalogne est menacé de 15 à 30 ans de prison. Carles Puigdemont et cinq autre dirigeants catalans sont arrivés lundi à Bruxelles et devraient donc  rester en Belgique en attendant d‘avoir les “garanties” d‘un “traitement juste, indépendant” de la part des autorités espagnoles.

Catalogne : Puigdemont, menacé de 30 ans prison

Catalogne : Puigdemont, menacé de 30 ans prison

On ne peut pas dire que Madrid recherche réellement l’apaisement en Catalogne avec cette menace de 30 ans de prison qui plane sur la tête de Carles Puigdemont. Madrid voudrait jeter de l’huile  sur le feu qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Certes on peut considérer que le référendum du 1er octobre concernant l’indépendance était à la fois illégal et non représentatif. Pour autant en multipliant les actes de répression, Madrid donne le sentiment de rechercher la provocation. Il est clair qu’il aurait été politiquement plus intelligent d’attendre le résultat des nouvelles élections prévues le 21 décembre avant d’engager un processus de répression qui ne peut que diviser encore un peu plus la population catalane. Carles Puigdemont  n’est évidemment pas sans responsabilité mais Madrid en multipliant les actes répressifs contribuent largement à encourager la division en Catalogne. La présidente destituée du Parlement catalan, Carme Forcadell (et 5 autres responsables), va être prochainement convoquée devant la Cour suprême en vue de son inculpation après la déclaration d’indépendance de la région espagnole, a annoncé mardi à l’AFP une source judiciaire. Le parquet général de l’Etat a par ailleurs demandé l’inculpation, pour les mêmes faits, du président catalan destitué Carles Puigdemont. L’Audience nationale, tribunal spécialisé dans les affaires complexes, n’a pas encore annoncé si elle acceptait cette requête pour laquelle elle est compétente selon le parquet. La majorité indépendantiste du parlement catalan a voté vendredi une déclaration d’indépendance de sa région, immédiatement mise sous tutelle par Madrid, qui a destitué son exécutif, dissout le parlement, convoqué des élections régionales pour le 21 décembre et menacent maintenant les responsables catalans de 15 à 30 ans de prison pour actes de rébellion et sédition. Visiblement Rajoy n’est guère adepte de la « clémence de d’Auguste » et instrumentalise l’affaire Catalane pour  renforcer un pouvoir qui était affaibli avant ces événements.

Catalogne : appel à la résistance…. Démocratique, pour l’instant

Catalogne : appel  à la résistance…. Démocratique, pour l’instant

 

Carles Puigdemont a lancé un appel à la résistance démocratique après la destitution des instances  régionales par Madrid. On voit mal comment cette résistance pourrait se limiter à des formes passives dans la mesure où nécessairement Madrid voudra imposer par la force la nouvelle administration centrale. De fait en même temps que la suppression des institutions régionales les lois régionales seront aussi mises en cause. Il est clair que les catalans ne se laisseront pas faire sans réagir. Cela d’autant plus que le Premier ministre espagnol en difficulté avant cette affaire se sent maintenant pousser des ailes et d’une certaine manière instrumentalise la Catalogne pour renforcer son propre pouvoir en Espagne. On comprend que Puigdemont  ait décidé d’afficher une résistance passive. Il sait en effet que tout dérapage verbal pourrait lui valoir une arrestation est sans doute une lourde condamnation. D’une certaine manière, les responsables de Barcelone comme ceux de Madrid jouent avec le feu car il y aura nécessairement des réactions y compris violentes comme lors du 1er octobre. Il pourrait en être de même lors nouvelles élections prévues le 21 décembre si par exemple des maires  indépendantistes refusent d’organiser le scrutin. De toute manière, Madrid comme Barcelone portent une lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation. Il aurait été en effet beaucoup plus simple de convenir conjointement e la nécessité de nouvelles élections mais sans aucune mesure répressive et sans suspension des institutions catalanes. Dans une brève déclaration samedi, Carles Puigdemont a accusé Madrid d’“agression préméditée” contre la volonté du peuple catalan de se constituer en Etat indépendant. “Il est très clair que la meilleure manière de défendre les gains obtenus jusqu‘ici est une opposition démocratique à l‘article 155”, a déclaré Carles Puigdemont. L‘article 155 de la Constitution espagnole est la disposition juridique qui a permis la mise sous tutelle directe du pouvoir central de la région de Catalogne. Mais, le président déchu de la Généralité de Catalogne est resté vague sur les mesures à prendre par les partisans de la sécession alors que les autorités madrilènes ont commencé à prendre des mesures de gestion directe de la région.

Catalogne : «Un risque d’affrontements dans les prochaines semaines»

Catalogne : «Un risque d’affrontements dans les prochaines semaines»

Selon la chercheuse Barbara Loyer, Madrid et Barcelone sont désormais «dans une impasse». En principe, la situation est claire: la Catalogne se proclame comme un État à part entière au même titre que l’Espagne ou la France. Pour  Barbara Loyer, directrice de l’Institut français de géopolitique à Paris 8, cette résolution «n’a rien de symbolique». «La feuille de route des autorités catalanes est assez claire. Ils se sont inspirés du modèle slovène – la Slovénie est devenue indépendante en 1991. Madrid n’a pas pris la mesure de l’ampleur de la grogne en Catalogne et ils ont été pris au piège», analyse la chercheuse. Selon elle, les dirigeants favorables à l’indépendance n’ont pas agi à l’aveugle et ont étudié depuis «plusieurs années les modalités que devrait prendre la République autonome de Catalogne. En cela, ce n’est absolument pas symbolique mais réel».  Pour Barbara Loyer, «Madrid et Barcelone ont opté, depuis le début de la crise, pour l’option la plus radicale». «Jusqu’en 2010, une négociation avec la Catalogne était possible pour lui accorder plus d’autonomie, mais le gouvernement espagnol n’a pas répondu aux attentes des Catalans et leurs velléités d’indépendance se sont accrues. Aujourd’hui, le risque est de ne pas pouvoir revenir en arrière», analyse-t-elle.  Selon elle, «le risque d’affrontements est important dans les prochaines semaines car la société civile est fragmentée». «Je ne vois pas comment il est possible de sortir de cette impasse», indique-t-elle.  «Je n’ai pas de boule de cristal, mais si Madrid et la Catalogne campent sur leurs positions, sans véritable référendum, il y a un risque d’affrontements importants. «

Catalogne : la logique de l’affrontement

Catalogne : la logique de  l’affrontement

 

 

À Madrid comme à Barcelone on a délibérément choisi une logique d’affrontement dont on mesure mal aujourd’hui les conséquences. La raison aurait voulu qu’on organise des élections de manière sereine mais sans mesures répressives à l’égard du Parlement régional. Or Madrid a voulu montrer ses muscles a suspendu l’exécutif de Catalogne et dissous le Parlement régional. Ces mesures répressives n’étaient vraiment pas nécessaires. De leur côté,  les indépendantistes ont aussi fait dans la provocation en déclarant l’indépendance sans élection préalable légale (la précédente consultation sur l’indépendance outre le fait qu’elle était illégale n’a réuni qu’environ 40 % de votants). Dans cette affaire les deux perdants seront à la fois la Catalogne st l’Espagne. L’Espagne un pays qui commençait juste à sortir la tête de l’eau après une crise économique particulièrement sévère.-  “Nous pensons qu‘il est urgent d‘entendre les citoyens catalans, tous les citoyens, de sorte qu‘ils puissent décider leur avenir, et nul ne peut agir en leur nom en dehors de la loi”, a déclaré le chef du gouvernement espagnol à l‘issue d‘un conseil extraordinaire des ministres. Autorisé dans l‘après-midi par le Sénat à prendre les premières mesures de mise sous tutelle de la Catalogne, conformément à l‘article 155 de la Constitution, jamais appliqué, il a annoncé que le président de la Generalitat de Catalogne, Carles Puigdemont, son vice-président, Oriol Junqueras, et les autres conseillers du gouvernement autonome de même que le chef des Mossos d‘Esquadra, la police de Catalogne, étaient destitués. Le Parlement est dissous et des élections auront lieu le 21 décembre. Rajoy a précisé que les ministères du gouvernement central assumeraient les pouvoirs de l‘administration catalane et que les délégations de la Généralité de Catalogne à l’étranger seraient fermées. Reste à savoir comment les mesures décidées par Madrid seront appliquées et dans quelle mesure les Catalans les accepteront. Certains partisans de l‘indépendance ont appelé à une campagne de désobéissance civile. “Maintenant, la répression va être terrible mais nous devons prendre ce que nous pourrons. Nous devons résister et demander de l‘aide quand ce sera nécessaire”, confiait Jordi Cases, un agriculteur de la province de Lleida croisé vendredi soir parmi les manifestants indépendantistes.

Catalogne : l’humiliation que veut infliger Madrid est particulièrement dangereuse

Catalogne : l’humiliation que veut infliger Madrid est particulièrement dangereuse

S’il est clair que la perspective d’indépendance de la Catalogne paraît assez illusoire et que les indépendantistes se sont engagés dans une voie sans issue, par contre l’humiliation que veut imposer Madrid au gouvernement régional de Catalogne paraît particulièrement irresponsable. Pourquoi en effet suspendre l’autonomie de la Catalogne, éliminer maintenant les responsables régionaux alors que le principe d’une élection est décidé. Seule cette élections permettra de mesurer le poids réel des indépendantistes aujourd’hui minoritaires (autour de 40 %) mais dans le poids  pourrait augmenter avec les mesures répressives inutiles du gouvernement espagnol. On chercherait l’incident qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Le problème c’est que la situation risque leurs d’être ingérable. De ce point de vue,  l’appel du ministre espagnol des affaires étrangères paraît particulièrement inconséquent. En effet, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, a invité dimanche les Catalans à accepter l‘autorité de Madrid et à ignorer les instructions des dirigeants indépendantistes de la région. Derrière cette affaire il faut bien voir que le parti du Premier ministre espagnol cherche à se reconstruire une virginité et se sert aussi de la catalogne pour étouffer les affaires de corruption. Notamment une affaire de marchés publics truqués implique de nombreux élus locaux dont l’ex-secrétaire général du PP à Madrid, Francisco Granados. L’« opération Punica » a conduit à l’interpellation d’une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles nombre de responsables du PP, à Madrid et dans plusieurs mairies et régions autonomes. Ils auraient perçu des pots-de-vin en échange de l’attribution de contrats d’une valeur d’environ 250 millions d’euros. Des scandales à répétition qui ont nettement affaibli le parti en place mais aussi les socialistes également impliqué. D’après les derniers sondages, Podemos (« Nous pouvons »), une formation politique de la gauche radicale issue du mouvement des indignados (« les indignés »), se situerait désormais en tête des intentions de vote. Selon l’institut Metroscopia, la jeune formation recueillerait 27,7 % des voix, presque 14 points de plus qu’il y a un mois, face au PSOE (26,2 %) et au PP, qui s’effondrerait avec seulement 20,7 %. Dès lors on comprend mieux l’acharnement de Madrid contre les dirigeants catalans. Un acharnement incompréhensible sans cela car il est clair que les gens indépendantistes sont maintenant tellement acculés qu’ils ne peuvent qu’accepter les sélections. Inutile donc de prendre des mesures répressives pour les humilier davantage. .

Catalogne : l’épreuve de force continue

Catalogne : l’épreuve de force continue

 

 

Le premier ministre espagnol a choisi l’épreuve de force en décidant d’utiliser l’arme lourde que constitue l’article 155 de la Constitution. Il s’agit de suspendre l’autonomie de la Catalogne est en même temps le président du gouvernement régional et de prévoir des élections dans un délai de six mois. Officiellement on va contourner la difficulté en considérant qu’on seulement suspend et qu’on destitue des responsables qui se sont mis hors-la-loi. Ce n’est évidemment pas la meilleure méthode pour favoriser l’apaisement entre les deux partis actuellement en conflit. Il aurait sans doute été plus raisonnable de négocier des devenues indispensables mais sans prendre de mesures de rétorsion à l’égard de la Catalogne. Madrid voulait voudrait accroître l’influence des indépendantistes qu’elle ne s’y prendrait pas autrement alors que ces indépendantistes ne représentent que de l’ordre de 40 % de l’opinion en Catalogne.  Après un conseil extraordinaire des ministres, le président du gouvernement a choisi de révoquer président, vice-président (Oriol Junqueras), et ministres régionaux de la Catalogne. Il s’agit seulement selon lui de destituer « les personnes qui ont placé ce gouvernement hors la loi », en faisant voter des lois contraires à la constitution espagnole et au statut d’autonomie de la Catalogne. Leurs fonctions seront exercées  »en principe par les ministères [nationaux] aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle ». Cette décision devra être validée par un vote le 27 octobre du Sénat, où le parti de Mariano Rajoy dispose d’une majorité absolue. Le président du gouvernement s’est aussi assuré de l’appui du parti socialiste (PSOE), principale force d’opposition, et des centristes de Ciudadanos. Si la chambre approuve les mesures demandés par le conservateur dans les jours qui viennent, le parlement catalan continuera d’exercer ses fonctions jusqu’à sa dissolution mais ne pourra pas élire un nouveau président du gouvernement en remplacement de Carles Puigdemont ni voter de nouvelles lois contraires à la constitution et au statut de cette région autonome. Mariano Rajoy prétend revenir à la légalité en Catalogne, rétablir la coexistence dans une communauté qui s’est déchirée depuis des mois sur la question de l’indépendance, et préserver le redressement économique dans une des régions les plus riches d’Espagne.  »Tout cela va rentrer dans l’ordre, sans faire davantage de tort à qui que ce soit », a assuré le président du gouvernement.

 

 

Catalogne : élections en janvier

Catalogne : élections en janvier

 

Des élections régionales pourraient être imposées en Catalogne en vertu de l’application de l’article 155 de la constitution. Une solution finalement raisonnable mais qui va s’imposer par la force alors qu’elle aurait pu être négociée entre d’une part Madrid et Barcelone. Madrid a en effet choisi le rapport de force et veut en profiter pour suspendre en même temps l’autonomie de la Catalogne jusqu’à ces élections et éliminer  de fait  le président régional. Ce passage en force n’est pas forcément très habile politiquement car il risque de susciter davantage de vocations d’indépendantistes alors qu’ils sont aujourd’hui minoritaires (autour de 40 %). De ce point de vue la responsabilité du conflit est largement partagée. Elle revient cependant en premier au gouvernement régional de Catalogne qui certes avait gagné les élections en Catalogne mais qui était loin d’être majoritaire pour se permettre de d’envisager l’indépendance. En outre le référendum n’a pas été organisé dans des conditions démocratiques satisfaisantes (autour de 43 % de votants). Mais la responsabilité incombe aussi un gouvernement de Madrid un peu englué dans des affaires de corruption qu’il espère masquer avec des appels à  l’unité nationale.  Le président du gouvernement espagnol doit réunir samedi un conseil des ministres extraordinaire pour entamer le processus de suspension de l’autonomie. Une décision prise après l’expiration jeudi de l’ultimatum au président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, Madrid estimant qu’il n’a pas répondu à ses exigences de retour à la légalité. Les mesures de suspension de l’autonomie seront donc définies samedi. Une commission spéciale, qui doit être formée pour en débattre, se réunira probablement lundi. Puis Carles Puigdemont sera autorisé à faire valoir ses arguments et le Sénat, où les conservateurs du Parti populaire de Rajoy sont majoritaires, pourrait se prononcer vendredi sur la suspension de l’autonomie lors d’une séance plénière, a annoncé une porte-parole de la chambre haute.  L’idée d’élections anticipées est discutée depuis plusieurs semaines entre les dirigeants des partis politiques nationaux. Le gouvernement espagnol semblait prêt, selon plusieurs sources, à abandonner l’article 155 si Puigdemont convoquait lui-même ces élections anticipées. Car certes le «oui» à l’indépendance a recueilli 90% des voix lors du référendum du 1er octobre, mais la majeure partie des opposants à l’indépendance a boycotté ce scrutin, pour lequel la participation a été de 43%.

 

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