Archive pour le Tag 'Castaner)'

Castaner : toujours au gouvernement et en « même temps » en marche

Castaner  : toujours au gouvernement et en « même temps » en marche

 

Castaner devra sans doute disposer d’un certain don de l’ubiquité pour remplir à la fois sa fonction de responsable du mouvement en marche et en même temps de secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. On sait que Castaner  voulait absolument conserver son portefeuille ministériel dans la mesure où il est convaincu que la responsabilité de patron d’en marche est une fonction relativement virtuelle. En effet le mouvement en marche relève davantage d’un club de fans que d’une véritable organisation politique. Les adhérents comme les militants n’ont pratiquement pas droit à la parole. Ils sont juste autorisés à prendre connaissance des communiqués du gouvernement et à les diffuser dans leur entourage. Il n’y a aucun débat politique démocratique au sein des marcheurs. D’ailleurs le mouvement ne dispose d’aucune structure locale, départementale ou régionale seulement  ayant autorité pour participer à la définition de la politique nationale. Le mouvement est complètement centralisé et cadenassé par Macron. Rien d’original ou de pertinent ne pourra sortir de ce mouvement qui ressemble surtout un club de supporters de foot. Du coup Castaner aura davantage l’occasion de se mettre en valeur en exerçant son mandat de secrétaire d’État au Parlement.  Pour cet ancien socialiste, élu des Alpes-de-Haute-Provence, faire partie du gouvernement était une consécration, un aboutissement qu’il ne voulait pas lâcher. L’ancien maire de Forcalquier est également très attaché aux liens qu’il a tissés avec les parlementaires. «Ce lien permanent avec les députés sera de toute façon tout aussi important en tant que responsable du mouvement», plaidait-il dans Le Figaro . Le premier ministre Édouard Philippe l’avait lui-même défendu mardi matin, déclarant qu’il était «tout à fait capable» d’exercer les deux fonctions, citant au passage les exemples de Nicolas Sarkozy en 2006 et André Rossinot en 1986… Conserver son bureau à l’hôtel de Clermont était loin d’être acquis pour Christophe Castaner. Ce délicat mélange des genres -  l’animation du parti présidentiel d’un côté, l’échange et la confrontation avec les groupes parlementaires de l’autre - passe mal en interne et fait tousser l’opposition. En petit comité, des députés LREM exprimaient ces derniers jours leurs réticences à voir le patron du mouvement majoritaire conserver ses fonctions au Parlement. «Ce sera un angle d’attaque bien trop facile pour l’opposition», déplorait une parlementaire. « S’il se sent capable de faire des journées de 48 heures, tant mieux », a ironisé la députée LREM Barbara Pompili. L’une des dirigeantes du mouvement, Astrid Panosyan, a souligné dans la presse que le cumul de ces deux fonctions «posait problème». «On a besoin d’une distance entre le mouvement et l’exécutif», a pointé une autre cadre de La République en marche. «Je ne comprends pas pourquoi Emmanuel Macron prend ce risque, il privilégie là l’amitié à la cohérence», grince encore un parlementaire. Au QG du mouvement, rue Sainte-Anne, où on espérait enfin se relancer avec un chef, les permanents font eux aussi grise mine. «C’est le choix du président de la République. Mais on avait besoin de quelqu’un à plein-temps», regrette l’un d’eux. «S’il n’était pas resté ministre, il aurait de toute façon déprimé et pas fait le job au mouvement, croit savoir un fidèle du chef de l’État. Il n’y avait que des mauvais choix.»

Castaner « non rémunéré à la tête de La République En Marche » : une fumisterie démagogique

Castaner  « non  rémunéré  à  la tête  de  La  République  En  Marche » :  une fumisterie  démagogique

 

Dans une interview sur Atlantico, Erik Neveu sociologue, professeur à Sciences Po Rennes analyse  la signification de la responsabilité bénévole de Castaner à la tête de la république en marche.

: Christophe Castaner fraîchement élu délégué général de La République en Marche ne sera pas rémunéré pour ses nouvelles fonctions, n’est-il pas démagogique pour le parti de traiter cette fonction « à la légère?

Erik Neveu : L’hypothèse d’un cumul entre fonction ministérielle, statut de porte parole du gouvernement et leader de parti traduit un bien vieux syndrome de la politique professionnelle : l’illusion de pouvoir tout faire à la fois. Les qualités de M Castaner sont certainement éminentes, mais qui peut croire qu’il puisse assurer à la fois trois fonctions qui demandent un fort investissement et beaucoup de réactivité ? Alors désintérêt pour la formation partisane « En Marche » ? On est porté à prêter au président plus d’intelligence politique que cela. Qu’on la nomme parti ou mouvement, il a besoin d’une structure de coordination dans la perspective d’élections à venir et cela d’autant plus que l’enchantement du moment électoral est retombé comme un soufflé ; les sondages le montrent. A défaut d’avoir l’Explication à majuscule d’une stratégie qui surprend on peut formuler quelques hypothèses. Mettre à la tête de la formation un « délégué général » (pas un président) pas trop connu et éventuellement pris dans une pluralité de tâches c’est éviter qu’une tête ne dépasse trop, qu’un pouvoir peut être distinct s’organise. La réanimation d’ « En Marche » peut aussi être pensée comme le fait d’une équipe exécutive et non d’une seule personne. N’excluons pas non plus une vision managériale qui ferait croire qu’une organisation politique se gère « comme une entreprise »… au risque d’oublier qu’elle repose sur de la croyance, sur le désir des adhérents de contribuer en actes à des changements sociaux.

 

En voyant l’engagement militant comme du « bénévolat », comme l’indique Christophe Castaner, ne peut pas également regretter une approche « censitaire » de l’engagement politique ? N’est-il pas sain et « normal » que les cadres d’un parti soient rémunérés, assurant ainsi que l’engagement politique ne soit pas réservé à ceux qui peuvent l’assumer financièrement ?

Il est tentant de répondre, en le regrettant, que la politique est censitaire par nature. Un classique de la science politique s’appelle « Le Cens Caché » (Daniel Gaxie, Seuil, 1978). Il montre combien dans les faits l’intérêt pour les activités politiques est très inégalement répandu. Il faut une combinaison de temps libre, d’éducation, de sentiment de sa légitimité à opiner sur la marche du monde pour être actif en politique. Et cette combinaison se retrouve plus souvent chez des intellectuels, des cadres, des haut-fonctionnaires que chez l’artisan du village ou la caissière de l’hypermarché. Un des rares mécanismes qui ait contrecarré cela a tenu dans l’action volontariste d’organisations comme hier les partis communistes ou les mouvements de jeunesse chrétienne pour former méthodiquement des personnes socialement moins favorisées. Rendre la politique ouverte à une plus grande variété de profils sociaux, d’expériences c’est en effet aussi faire qu’elle ne demande pas une fortune personnelle. La création à la fin du XIX° de l’indemnité parlementaire est une victoire démocratique, elle libère l’élu de l’obligation d’être riche ou de la dépendance à un parrain. Il y a donc quelque chose de surprenant à  présenter comme un signe de modernité l’oubli de ce tournant démocratique. Qu’un dirigeant ou un permanent de parti soit payé pour un vrai travail n’est pas ce qui suscite l’indignation. Il y a un problème de professionnalisation de la politique : mais il tient bien plus dans le fait d’entamer à vingt ans une carrière de collaborateur d’élu et à ne jamais quitter le microcosme politique, il tient à des privilèges (régime de retraite, revenus non imposables), à des abus (emplois fictifs, rémunérations sans rapport avec le travail fourni). Avancer vers la dé-professionnalisation de la politique ce n’est pas mettre en scène un bénévolat apparent, mais par exemple inventer des dispositifs qui permettent à un élu de revenir sans dégâts dans la vie normale après un ou deux mandats. Que proposer à la profession libérale qui a pu perdre sa clientèle, à l’ingénieur ou au chercheur qui à « décroché » de l’avancée des savoirs et techniques. Si le monde nouveau d’une politique moins professionnelle est à explorer, ce serait dans de telles directions.

Plus largement, que révèle cet épisode de ce que doit être un parti politique au sens d’En marche et d’Emmanuel Macron ? Faut-il parler de fracture avec la tradition politique du pays, tendant à faire d’un parti l’intermédiaire entre le peuple et le gouvernement ?

 

Le mode de choix, assez modérément démocratique puisque le gros des membres ne vote pas, au profit d’un collège électoral restreint, rappelle plutôt un retour à des procédures des formations gaullistes de jadis, sans parler du vote à main levées ! S’il y a une fracture, c’est d’abord celle qui s’est marquée entre le corps social et les partis perçus comme impuissants à changer les conditions de vie, infidèles à leurs engagements, peuplés d’élites éloignées de l’expérience quotidienne du grand nombre. « En Marche » -mais d’une autre manière « La France insoumise »- a voulu réinventer une connexion souple et forte entre la société et le pouvoir politique. L’opération a réussi électoralement. A défaut de démocratiser la politique, elle a recomposé vers le pôle du privé et de l’entreprise le recrutement de ses professionnels. Au stade actuel ce sont les limites de cette forme participative nouvelle qui ressortent : adhérents réduits à un statut de fan-club, difficulté à stabiliser les soutiens apparus pendant la campagne, poids persistant de professionnels de la politique pas toujours tombés de la dernière pluie (C Castaner est maire depuis 2001, ancien député socialiste). Quelle que soit l’équipe dirigeante d’« En marche », elle ne pourra échapper à un choix. Soit le mouvement est pensé comme simple haut-parleur de la parole présidentielle et relais de ses prises de position : sa nécrose est alors assurée. Soit l’exploration d’une forme politique nouvelle y cherche un vrai outil de remontée des suggestions, expériences et propositions d’une base sociale un peu ancrée dans la diversité du monde réel, et des tensions et frictions avec l’exécutif surgiront inévitablement. Courir ce risque serait certainement un choix plus porteur de possibilités que le premier…encore faut-il n’être pas bunkérisé dans la certitude de son omniscience et de celles des ‘technos’ qui vous entourent.

 

LREM : les militants trop abandonnés (Castaner)

LREM : les militants trop abandonnés (Castaner)

C’est en substance ce qu’a reconnu Christophe Castaner à l’occasion de son élection comme délégué général de la république en marche. De fait,  la dynamique qui partait du bas avant l’élection de Macron  s’est inversée  désormais les adhérents ont l’impression de ne servir à rien. Castaner  qui lui a une véritable expérience politique est bien obligé d’en convenir, il va falloir sérieusement rectifier le tir. Le risque est en effet double d’abord que les militants soient comme actuellement privés totalement de parole au profit des oligarques et technos responsables autoproclamés de la république en marche et qu’ils se mettent  en sommeil comme la plupart  d’entre eux. Second risque, celui d’avoir un gouvernement un peu hors-sol sans appui, sans relais sur le terrain et donc à la merci des les aléas de la cote de popularité d’Emmanuel Macron. Castaner  devra changer de choses et sans doute d’abord se montrer moins condescendant voire moins méprisant à l’égard de la base de la république en marche.  “Ces derniers mois, nous avons commis des erreurs”, admet le secrétaire d‘Etat aux Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement. “On a désincarné le mouvement, on a donné l’impression d‘abandonner les militants. Nous sommes tous passés à autre chose : Emmanuel Macron est devenu président, les personnalités emblématiques sont devenues ministre ou député. Trop de choses ont été laissées de côté”, explique-t-il. Selon lui, LREM “aurait dû être un meilleur relais de l‘action gouvernementale” et n‘a pas été “assez en soutien” de ses adhérents. “Ma première priorité, c‘est donc de retrouver l‘ADN du mouvement : ouvert, libre, bienveillant, proche des territoires et utile aux citoyens.” Pour être utile, le mouvement doit s‘emparer de quelques grandes causes à définir et les accompagner, comme l’égalité entre femmes et hommes, la préservation de l‘environnement sur un territoire donné ou une cause médicale, estime-t-il. Castaner a sans doute raison de souligner ces thèmes qui paraissent cependant limiter l’action politique de base aux questions sociétales comme si les autres problématiques relevaient  uniquement de la décision d’élus nationaux. La vraie question est de savoir si la république en marche veut se transformer en véritable parti politique démocratique ou se limiter à un mouvement de fans de Macon

La République En Marche : Castaner élu, avec un score de Corée du Nord

La République En Marche : Castaner élu, avec un score de Corée du Nord

  • Pas de surprise, Castaner a été élu délégué général de la république en marche avec un score de Corée du Nord. Le bureau exécutif lui a été élu à main levée avec aussi un score à la chinoise. De toute façon, il ne pouvait en être autrement car Castaner avait été désigné par Macron et il était le seul candidat. Cependant il ne sera pas le président mais seulement le délégué général car Macon n’a pas voulu de président pour son mouvement dans la mesure où le président c’est lui. Le concept même de parti n’est pas retenu et la république en marche demeure une sorte de d’organisation hybride entre mouvement politique et mouvement de supporters. Toutes les structures de décision sont complètement centralisées. Certes il existe des comités locaux mais un peu à l’image des cercles Tupperware. On peut discuter éventuellement mais de toute façon ces  comités locaux sont un peu hors sol. Ils ne sont pas habilités à faire de propositions officielles. Par ailleurs,  il n’existe aucune structure départementale ou  régionale. L’ensemble du dispositif relève du centralisme démocratique sous la houlette de responsables nationaux auto proclamés. La doctrine est claire : avant les élections tout doit partir du bas, les idées comme les propositions de candidats. Après les élections, tout doit partir du haut et l’action politique du mouvement en marche se résume à un site Internet qui diffuse les communiqués du gouvernement.  La candidature de Christophe Castaner a donc été largement validée par le bureau exécutif de la République En Marche, ce lundi 6 novembre. Dans un communiqué, le mouvement politique fondé par Emmanuel Macron indique que « le conseil d’administration de La République En Marche a validé la candidature de Christophe Castaner à la fonction de délégué général. Celle-ci remplit les conditions de parrainages fixées par le règlement d’installation des nouvelles instances ».  Joint par RTL.fr, la sémiologue Mariette Darrigrand souligne que le terme de « délégué général » correspond-il à la philosophie du mouvement politique, selon la sémiologue : « Cela renforce le côté jupitérien d’Emmanuel Macron. Il envoie son délégué vers les Français. Il reste le chef ». Il existe toutefois un aspect négatif à l’utilisation de ce terme. « Il y a un risque d’infantilisation du délégué avec des notions qui évoquent le délégué de classe, le délégué syndical… Cela fait référence à un personnage secondaire. ‘Délégué’, c’est un mot banal, enfantin, plat ».  Mariette Darrigrand estime aussi que l’expression de « délégué général » apparaît comme « faible et pas au niveau des enjeux actuels. Même si les mots se différencient de ceux des autres partis politiques, ce choix n’est qu’un pas de côté, il manque d’innovation. On reste dans l’idée de la tradition régalienne de la démocratie ».

Sondage LREM – désignation de Castaner par Macron : choquant pour 52% des Français

Sondage LREM  - désignation de Castaner par Macron : choquant pour 52% des Français

 

Pendant la campagne électorale en marche se caractérisait par une démarche originale: tout devait partir du bas : les réflexions, les propositions, les futurs responsables. Mais depuis l’élection de Macron c’est l’inverse ;  tout part du haut.  Les responsables sont désignés par des dirigeants autoproclamés et les adhérents n’ont plus droit à la parole. La démocratie dans le mouvement en marche est complètement cadenassée, témoin par exemple la désignation par Macron lui-même du futur responsable d’une organisation qui refuse même le mot parti et veut demeurer un club de fans. Les Français sont sévères vis-à-vis de la république en marche.  Selon les résultats d’un sondage Odoxa pour Le Figaro et Franceinfo, La République en marche (LREM) n’aurait en effet pas grand-chose à envier aux autres grandes formations politiques du pays dont elle se faisait pourtant fort de renouveler les pratiques. Plus d’un Français sur deux juge ainsi choquantes les modalités de l’élection prévue de Christophe Castaner. Trois quarts d’entre eux estiment en outre que LREM n’est pas un parti plus démocratique que les autres. Un jugement d’autant plus sévère que le parti du président de la République s’était structuré et bâti sur la promesse d’un renouvellement des pratiques politiques. D’ailleurs, sur les promesses de se montrer plus démocratique, plus à l’écoute de ses adhérents et plus soucieux de la moralité, LREM ne convainc pas. Seulement un quart des Français estime que le parti remplit les deux premiers critères, et à peine plus d’un tiers juge qu’il remplit le troisième. Bref, après l’élection, c’est la déception, même si, pour l’heure, le jugement des Français porte plus sur LREM que sur l’action du président de la République.

Castaner patron d’en Marche : le choix du monarque.

Castaner patron d’en Marche : le choix du monarque. 

Macron avait bien manifesté l’intention de révolutionner la vie démocratique mais finalement il reprend d les méthodes de la politique à l’ancienne en désignant les oligarques les plus fidèles au poste de responsabilité y compris dans le parti en marche, davantage un mouvement ou un club de fans qu’une véritable organisation démocratique. La nomination de Castaner à la tête de la république en marche découle incontestablement du choix du monarque. Il est vraisemblable que Castaner obtiendra un score à la chinoise lors de son élection comme responsable de la république en marche. À moins de trouver des  candidatures de témoignages pour donner l’illusion démocratique. Sûrement pas un candidat de la base puisque la base est absente de l’organisme de direction. 25 % seulement des adhérents seront présents dans l’organisme de direction est encore tirés  au sort,  comme au  loto. Le pire ennemi de Macon ce ne sont sans doute pas les formations politiques d’opposition toute plus ou moins en voie de recomposition voire pour certaines d’extinction. Le pire ennemi pour Macron c’est sans doute lui-même et le centralisme démocratique qu’il impose à tous les étages. Certes les Français se réjouissent qu’Emmanuel Macon fasse preuve d’une autorité qui a grandement manqué notamment à Hollande. Par contre,  ils risquent  de moins supporter cette espèce d’attitude monarchique qui touche parfois d’ailleurs au ridicule comme sa longue marche lors de la  cérémonie relative à son investiture ou encore lors de la signature des ordonnances. Il faudra que le jeune Macon ne s’enivre pas trop de son propre parfum d’autant qu’il n’est entouré que de courtisans qui n’osent pas émettre la moindre critique. Malgré la promesse de «renouveau», certaines pratiques ont la vie dure… Comme en témoignent les derniers rebondissements au sein de La République en marche. Alors que le parti peine à exister et se cherche un nouveau chef depuis l’élection présidentielle, Christophe Castaner a accepté de faire acte de candidature ce mercredi matin. Sauf que, comme l’a révélé le journal Les Échos, le porte-parole du gouvernement ne s’est pas décidé tout seul: c’est Emmanuel Macron qui l’a choisi, après de longues tractations, et qui a exigé de lui qu’il se lance. Il le lui a annoncé lors d’un dîner privé qui s’est tenu à l’Élysée lundi soir. Au sein de l’opposition, plusieurs voix se sont immédiatement élevées cette «désignation» élyséenne, qui illustrerait le cruel manque de démocratie qui frappe le parti de la majorité. «Donc le nouveau monde de Macron, c’est choisir seul dans son bureau élyséen Castaner patron de LREM. Euh… et le vote des militants?», a interrogé le député PS du Val-de-Marne, Luc Carvounas, sur Twitter. «Pas de vote, pas de consultation, l’Élysée décide!! Il est beau ce nouveau monde!», avait déjà asséné le député FN du Nord, Sébastien Chenu, toujours sur le même réseau social. «Désigné candidat unique par le président, Christophe Castaner bientôt élu par une base unanime… LREM devient LRMAP: La République marche au pas», a quant à elle ajouté la sénatrice EELV de Paris, Esther Benbassa.

 

 

LREM : nouvelle preuve du centralisme démocratique, Macron choisit Castaner

LREM : nouvelle preuve du centralisme démocratique, Macron choisit Castaner

Inutile de tourner autour du pot Macron choisit encore la voie du centralisme démocratique pour désigner le futur responsable du parti en marche. Un parti déjà inexistant localement dont les dirigeants désignés par le niveau central lui-même autoproclamé. Par exemple dans l’organe directeur 25 % seulement des l adhérents seront autorisés à faire entendre leur voix (en plus tirés au sort comme au loto). On comprend que l’Élysée soit mécontent que cette information ait été diffusée. En effet, la présidence de la république ne veut pas prêter le flanc davantage à sa conception de la centralisation extrême pouvoir qui se traduit notamment par des ministres complètement tétanisés par la crainte d’être sermonnés voir exclus par Macon. Par des parlementaires qui peinent à exister mais qui se contente de cette situation car ils ne sont redevables en réalité qu’à Macron. Enfin le parti en marche est une fiction, totalement centralisé et dirigés par des responsables nationaux autoproclamés et ou désignés par Macron. En réalité, c’est Macron  qui décide de tout. Le pire c’est que Castaner  était assez réticent à se porter candidat à la tête mouvement en marche. « Ce n’est pas mon sport préféré » avait-il même déclaré à Laurent Neumann de BFM. Il a fallu que Macron insiste beaucoup pour qu’il accepte de devenir délégué général (il n’y a même pas de secrétaire ni de président, une fonction en fait assumée par Macron. Au-delà du fonctionnement du « parti » En Marche se pose surtout la question du risque politique lié à l’ultra personnalisation du pouvoir. Hors Emmanuel Macron, aucun dirigeant, aucun ministre, aucun dirigeant  ne parvient à incarner le changement politique voulu par les français lors des dernières élections. Au plan national, les ministres sont à peine connus, le Premier ministre lui-même manifeste une discrétion inédite sous la 5éme république. Plusieurs enquêtes ont montré que les électeurs ignoraient le plus souvent le nom de leurs députés .Au plan local, c’est le désert politique total, pas de vraie structure, pas de vie collective, pas d’implication dans les problématiques territoriales et pas de relais de la politique nationale. Les comités En Marche sont réduit à des clubs de supporters et pour la majorité n’ont plus aucune vie. Or les réformes économiques, sociales, environnementales et sociétales se heurtent nécessairement aux contradictions et au corporatisme de la société française. Face à ces  réactions En Marche ne dispose d’aucun outil politique de masse pour faire remonter à temps les sensibilités locales et sectorielles, pour apporter des contributions, pour faire partager les problématiques, pour expliquer l’objet des réformes et pour  relayer le discours du gouvernement. Pour schématiser, tout repose uniquement sur Emmanuel Macron. Or on sait que la vie politique échappe rarement à des aléas qui peuvent nuire gravement à la popularité voire remettre en cause  la légitimité d’un gouvernement.  L’hyper concentration du pouvoir, type parti communiste des années 50, qui peuvent expliquer les dégâts provoqués par les frondeurs de François Hollande-  constitue cependant un risque majeur : celui de voir s’écrouler aussi vite qu’il était monté le mouvement de réforme En Marche. De ce point de vue,  le fonctionnement proposé pour la « la république en marche » n’est ni acceptable démocratiquement, ni pertinent sur le plan politique. Principal  reproche,  notamment le fait que les adhérents (tirés au sort) ne représente que 25 % du principal organisme directeur de l’organisation. Les 75 % restants sont attribués aux grands élus politiques. Le biais c’est que précisément ces 75 % d’élus politiques n’ont pas été désignés par la base mais par le sommet. Par exemple les candidatures à la députation ont toutes été examinées et décidées par un petit comité central. Du coup, on se demande légitimement  si le mouvement la république en marche va vraiment se transformer en parti dont les responsables seront élus par les adhérents ou s’il ne restera pas une sorte de club de supporters n’ayant pas voix au chapitre. Notons que les référents départementaux, sorte de secrétaires départementaux sont  aussi désignés par le sommet. On objecte à la direction que c’est pour éviter les baronnies; pas sûr que des commissaires politiques désignés d’en haut soient plus démocratiques ! La future organisation est donc fortement teintée   de centralisme démocratique ;  elle est  dirigée en fait par des élus politiques non choisis par la base. Quant au site de la république en marche, seul lien avec les adhérents, c’est une sorte de très mauvaise et très partielle revue de presse.  Le quasi absence de vie démocratique et de vie tout court s’est déjà traduite par un fait politique majeur à savoir une grande désillusion lors  des élections sénatoriales. Pas étonnant dans la mesure où les grands électeurs que constituent les maires  n’ont pratiquement pas été sollicités par des instances locales d’En  Marche.  On peut comprendre que dans l’urgence, En Marche ait mis en place un fonctionnement centralisé mais pour des raisons démocratiques et politiques, ce mouvement devra à l’avenir  se construire sur d’autres bases …ou prend le risque de disparaître aussi vite.

Pas d’augmentation d’impôts pour le moment (Castaner)

Pas d’augmentation d’impôts pour le moment  (Castaner)

 

Bien que constatant  une sérieuse dérive des comptes par rapport aux prévisions du gouvernement Hollande, l’équipe d’Emmanuel Macron  affirme qu’elle ne procédera pas à une modification législative du budget et que globalement il n’y aura pas d’augmentation de la fiscalité. En clair,  on laissera filer le déficit pour 2017. Au lieu des 2,7 % de déficit budgétaire, on devrait sans doute dépasser les 3 %. Les correctifs seront donc effectués dans le projet de loi de finances pour 2018 : économies bien sûr mais aussi fiscalité. Il n’y aura pas de collectif budgétaire ni d’augmentation d’impôts pour compenser un éventuel dérapage des dépenses qui mettrait en danger l’objectif de réduction du déficit, a déclaré dimanche le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner. « Il n’y aura pas de collectif budgétaire, il n’y aura pas de loi de finance rectificative », a-t-il dit lors du Grand Jury sur LCI, RTL et Le Figaro, réaffirmant la position du gouvernement.  Par exemple à propos du diesel dont Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, veut aligner la fiscalité avec celle de l’essence, Christophe Castaner a affirmé qu’« aujourd’hui, rien n’est arrêté ». « Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, vont travailler », a-t-il ajouté.  »Une fois qu’on aura la photographie précise, ils feront des propositions », a-t-il dit, en rappelant que la fiscalité du diesel, dont l’écart avec l’essence est « illogique« , était « une mesure de santé publique ». La Cour des Compte doit rendre jeudi un audit demandé par le nouveau gouvernement afin d’avoir « une photographie » des comptes publics. Christophe Castaner s’attend à « des dérives sur la gestions de nos comptes » lors des premiers mois de l’année 2017. « Nous corrigerons le tir par une gestion ministère par ministère », a indiqué le porte-parole du gouvernement.

Un retour de Bayrou ? (Castaner)

Un retour de Bayrou ? (Castaner)

 

Sans doute pour adoucir la sanction qui a visé le MoDem et en particulier son leader, le porte-parole du gouvernement a déclaré que le retour de Bayrou était envisageable au sein de l’équipe gouvernementale.  Une perspective peu probable pas seulement en raison de l’affaire des emplois fictifs d’assistants parlementaires mais en raison de la personnalité même de Bayrou : une personnalité relativement ingérable.  Le recasage de François Bayrou pourrait par ailleurs être effectué dans une autre institution comme le  constitutionnel. « Je sais qu’il a une place dans la vie politique française et que, si effectivement il est libéré de cette pression du moment, il a toute sa place dans la vie politique française. Il peut l’avoir dans le gouvernement », a-t-il dit sur LCI. Éphémère ministre de la Justice, le maire de Pau a démissionné mercredi à cause de l’enquête ouverte début juin sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires de députés européens du MoDem. D’après Christophe Castaner, une fois qu’il sera réhabilité, François Bayrou aurait « toute sa place » non seulement au gouvernement mais aussi comme président d’une institution, ou au Conseil Constitutionnel. François Bayrou a rejeté les accusations touchant le mouvement politique qu’il a créé en 2007 et qu’il préside depuis. « L’emploi au MoDem a été normal, régulier et légal », s’est-il une nouvelle fois défendu vendredi dans Sud Ouest. « Dans une période de mauvaise passe comme toutes les formations politiques en ont connu, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, des gens de confiance. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux. On leur a recommandé ces gens-là », a avancé l’ancien ministre.

 




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol