Archive pour le Tag 'capitaliste'

Elon Musk: archétype du capitaliste populiste, manipulateur et « libertaire »

Elon Musk: archétype du capitaliste populiste et « libertaire »

 

Elan Musk est sans doute archétype du capitaliste populiste et « libertaire ». Contre l’impôt, contre la démocratie (surtout pas de syndicat) et contre la monnaie nationale.  En organisant un sondage sur Twitter pour savoir s’il devait vendre une partie de ses actions Tesla, l’homme le plus riche au monde s’est une fois de plus mué en roi des trolls, aux dépens de la gouvernance de sa société, des régulateurs boursiers et du gouvernement américain, estime Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».

 

Chronique.

 

Après le populisme politique, voilà qu’émerge un populisme actionnarial. Comment en effet appeler autrement l’initiative prise il y a quelques jours par Elon Musk sur Twitter ? Le fantasque entrepreneur a fait mine de prendre le pouls de ses 63 millions d’abonnés sur le réseau social pour savoir s’il devait, oui ou non, vendre 10 % de ses actions Tesla.

Sous prétexte de répondre aux critiques selon lesquelles ne pas taxer les plus-values latentes d’un portefeuille boursier serait assimilé à de l’évasion fiscale, le patron du constructeur de voitures électriques se dit prêt à réaliser ses gains, et donc à payer des impôts, si tant est que ses followers lui donnent le feu vert. Ce qu’ont fait 58 % des 3,5 millions de comptes qui ont participé à la consultation.

L’enjeu n’est pas mince. Selon FactSet, M. Musk possède 17 % du capital de Tesla, dont la valorisation totale dépasse les 1 000 milliards de dollars (874 milliards d’euros). Dix pour cent de son patrimoine équivalent donc à une vingtaine de milliards, soit deux fois la valeur de Renault ! Mercredi 10 novembreM. Musk avait déjà empoché 5 milliards de dollars en exerçant une partie de ses stock-options.

Démagogie la plus totale

En faisant valider l’opération par la vox populi sur Twitter, l’homme le plus riche au monde s’est une fois de plus mué en roi des trolls, c’est-à-dire en provocateur patenté du Web, aux dépens de la gouvernance de sa société, des régulateurs boursiers et du gouvernement américain, le tout dans la démagogie la plus totale.

Le premier visé est le gouvernement. Le but est de fustiger les intentions de l’administration Biden de taxer les plus grosses fortunes du pays. A ce stade, face aux réticences du Congrès, l’idée a fait long feu. Qu’à cela ne tienne, M. Musk a toujours eu un rapport compliqué à l’impôt.

Le siège social de Tesla vient ainsi de quitter la Californie pour le Texas, une terre plus clémente sur le plan fiscal. Le leader mondial de la voiture électrique, dont la capitalisation dépasse celle de l’ensemble de tous les autres constructeurs, n’a sans doute plus besoin de l’écosystème de la Silicon Valley, après en avoir bien profité.

Peu importe également que Tesla ait bénéficié des largesses des contribuables sous l’administration Obama, lorsqu’il s’est agi, en 2009, de prêter 465 millions de dollars à M. Musk pour financer le développement de son premier modèle. Peu importe aussi que son autre entreprise, SpaceX, vive largement de la commande publique.

M. Musk avait tout intérêt à se délester d’une partie de son patrimoine d’ici à 2022 : l’impôt fédéral sur les gains du capital va passer de 23,8 % à 31,8 %. Mais, bien sûr, qu’on n’aille pas imaginer un calcul mesquin : ce sont ses followers qui lui ont demandé de le faire.

« La transition d’une économie de marché capitaliste à une économie administrée par les banques centrales » ?

« La transition d’une économie de marché capitaliste à une économie administrée par les banques centrales » ?

L’économiste Christopher Dembik constate, dans une tribune au « Monde », que les immenses injections de liquidité des banques centrales – s’émancipant de leur mission de maintien de la stabilité des prix – en ont fait les principaux arbitres du marché des dettes souveraines.

Tribune.

 

Le 24 mars, la Banque centrale européenne (BCE) a levé un verrou majeur qui limitait jusqu’à présent sa marge de manœuvre. Dans le cadre du programme d’achats d’urgence face à la pandémie qui mobilise 750 milliards d’euros jusqu’à la fin de l’année, elle a annoncé qu’elle s’autorisait temporairement à racheter au-delà de la limite de 33 % de la dette d’un pays, et peut désormais intervenir sur l’ensemble de la courbe des taux, pour des maturités allant jusqu’à trente et un ans. Le quantitative easing (QE, ou « facilité de liquidité ») est désormais sans limite en zone euro.

Quinze autres banques centrales au niveau mondial ont annoncé des mesures similaires en l’espace d’un mois. La crise du coronavirus symbolise ainsi la transition d’une économie de marché capitaliste à une économie administrée par les banques centrales. En moins de dix ans, celles-ci se sont émancipées de leur mission de maintien de la stabilité des prix, héritée des années 1980, et se sont substituées au marché sur la longue durée, devenant ainsi des market makers, c’est-à-dire des faiseurs de prix.

Cette évolution est particulièrement visible sur le segment hautement stratégique de la dette souveraine des pays développés. Selon les données de la Banque des règlements internationaux, les banques centrales au niveau mondial détiennent, par exemple, environ 80 % de la dette souveraine allemande et environ 70 % de la dette souveraine française.

 Ces pourcentages sont amenés à augmenter dans les années à venir du fait de l’accentuation des programmes de rachats d’actifs. Alors qu’il y a quelques années de cela on évoquait le processus de normalisation de la politique monétaire, le choc du coronavirus semble indiquer clairement qu’il ne sera pas possible de sortir des taux bas et du QE dans les prochaines années. Les Anglo-saxons parlent même de « QE infinity » pour évoquer cette possibilité.

Pour la zone euro, il s’agit de l’aboutissement d’une évolution débutée en juillet 2012 lorsque Mario Draghi, alors président de la BCE, prononce son fameux « whatever it takes », pour affirmer son engagement à tout faire pour endiguer la crise de la dette souveraine européenne et lutter contre le risque déflationniste.

La BCE est contrainte d’intervenir pour pallier l’inaction des Etats, qui ne parviennent pas à s’entendre sur l’émission d’obligations communes (les « eurobonds ») et pour endiguer la spéculation financière qui fragilise les pays du sud de l’union monétaire. Rapidement confrontée au taux plancher à 0 % dès le début de la crise financière de 2007-2008, la BCE fait son aggiornamento et s’engage dans des mesures non conventionnelles, directement inspirées des expériences de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque du Japon…. »

 

Etats-Unis: hausse de l’emploi et baisse des salaires, la martingale capitaliste

Etats-Unis: hausse de l’emploi et baisse des salaires, la martingale capitaliste

Pas sûr que la martingale capitaliste  qui combine hausse de l ‘emploi (avec évidemment hausse de l’activité. Les estimations de croissance annualisée du produit intérieur brut du trimestre de janvier à mars sont autour d’un taux de 2%. L’économie a crû de 2,5% au quatrième trimestre)  et baisse des salaires fonctionnent très longtemps surtout avec l’accroissement des inégalités aux Etats-Unis (comme ailleurs).  Nécessairement, les salaires devraient repartir à la hausse  nourrissant uen inflation qui elle même encouragera la demande d’augmentation du pouvoir d’achat. Une inflation nourrie également par la hausse des taxe d’intérêt et par les taxes Trump qui vont renchérir les importations.  L’économie américaine a créé 313.000 emplois le mois dernier, portée par des créations d’emplois dans le secteur de la construction au plus haut depuis 2007, a annoncé vendredi le département du Travail. L’augmentation des créations de postes le mois dernier a atteint son plus haut niveau depuis juillet 2016 et s’inscrit nettement au-dessus des quelque 100.000 créations d’emplois par mois nécessaires pour suivre le rythme de croissance de la population américaine en âge de travailler. Les statistiques de l’emploi pour les mois de décembre et de janvier ont été révisées pour faire état de 54.000 emplois créés en plus par rapport aux premières estimations. La rémunération horaire moyenne a augmenté de quatre cents à 26,75 dollars, soit de 0,1%, en février, après avoir progressé de 0,3% le mois précédent. La hausse annuelle des salaires ressort ainsi à 2,6% contre 2,8% en janvier. Le taux de chômage est resté inchangé à un plus bas de 17 ans de 4,1% en février. La durée de la semaine de travail moyenne a rebondi, à 34,5 heures, le mois dernier après avoir légèrement fléchi à 34,4 heures en janvier. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne 200.000 créations d’emplois en février, une hausse du salaire horaire de 0,2% et un taux de chômage de 4,0%. Sachant que les responsables de la Réserve fédérale considèrent que le marché du travail est proche ou un peu au-delà du plein emploi, la modération de la croissance des salaires le mois dernier ne changera probablement rien aux attentes d’un relèvement des taux d’intérêt de la banque centrale américaine à l’issue de sa réunion des 20 et 21 mars. La lenteur de la croissance des salaires pourrait toutefois tempérer les anticipations de quatre hausses de taux cette année au lieu des trois prévues. Les investisseurs espèrent que le resserrement des conditions du marché du travail va accélérer la croissance des salaires cette année et pousser l’inflation vers l’objectif de 2% de la Fed. Les spéculations autour d’une augmentation du nombre de hausse de taux prévus par la banque centrale ont été favorisées par les propos de son président, Jerome Powell, qui a dit au Congrès la semaine dernière que “ses perspectives personnelles pour l’économie se sont renforcées depuis décembre”. Si Jerome Powell a déclaré qu’il n’y avait aucune preuve de la surchauffe de l’économie, il a cependant ajouté “ce que nous ne souhaitons pas voir se produire, c’est de rater le virage”. “Le marché du travail se tend mais la croissance des salaires est modérée. De bonnes nouvelles pour tout le monde, Main Street et Wall Street”, dit Quincy Krosby, responsable de la stratégie chez Prudential Financial. Pour toute monde peut-^ter pas mais pour les actionnaires sûrement.

Record de dividendes ou la folie capitaliste

Record de dividendes ou la folie capitaliste

Personne ne peut contester sans doute, hormis quelques bobos gauchistes et quelques apparatchiks, que les le capitalisme et l’économie de marché sont les systèmes les moins pires pour gérer l’économie. Pour le capitalisme le principe est simple, les épargnants mettent leurs fonds à disposition d’une entreprise qui en retour rémunère leurs investissements via des dividendes. Comme souvent, ce n’est pas le principe qui est en cause mais la manière dont il est appliqué. Et de ce point de vue lorsque les dividendes versés deviennent outranciers voir dangereux alors se posent la question de la régulation des profits. Or après des dividendes déjà record en 2016 et qui augmentent de plus de 7 % au cours du second trimestre 2017 sont irresponsables quand on sait que l’inflation tourne autour de 1 %. D’après le cabinet Janus Henderson, les 1200 plus grosses sociétés cotées en Bourse ont versé 447,5 milliards de dollars de dividendes au cours du deuxième trimestre. Ce qui constitue un nouveau record. D’après le cabinet Janus Henderson, qui a analysé les 1200 sociétés les plus importantes en termes de capitalisation, les dividendes qu’elles ont distribués n’ont jamais été aussi élevés que lors du deuxième trimestre 2017 avec pas moins de 447,5 milliards de dollars reversés aux actionnaires, soit une hausse de 5,4% en glissement annuel. Hors effets de change, les dividendes ont même augmenté de 7,2%, ce qui représente la plus forte hausse depuis fin 2015. Pour la France  2016, les entreprises du seul CAC 40 ont distribué pas moins de 55,7 milliards d’euros sous forme de dividendes et de rachat d’actions, selon les calculs de la lettre d’information financière Vernimmen.net. Ce n’est pas un record mais presque puisqu’elles se sont rapprochées des 56 milliards versés en 2014 et surtout des 57,1 milliards distribués en 2007, juste avant la crise financière. La progression est notable par rapport à l’an dernier (43 milliards de dollars) et surtout par rapport à la moyenne de ces dernières années, autour de 43 milliards, une fois retraitée des dividendes et rachats exceptionnels. En France, les dividendes versés sont restés quasiment stables au cours du deuxième trimestre (40,6 milliards de dollars contre 41 milliards un an plus tôt) malgré la présence de deux groupes français (Sanofi et BNP Paribas) parmi les principaux payeurs de dividendes à l’échelle internationale (voir tableau ci-dessous). Pour la fin de l’année, Janus Henderson se montre assez optimiste et estime que les dividendes devraient désormais atteindre le montant record de 1208 milliards de dollars. 

«Une révolution capitaliste en marche» ? (O. Milliet)

 «Une révolution capitaliste en marche» ? (O.  Milliet)

Dans une interview au Figaro,  – le président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), explique pourquoi le capital-investissement peut se faire une place à coté de l’actionnariat, familial, boursier et d’État. Surtout en France où le très grand nombre de PME souffre de manque d’investissements.

 

Le capital-investissement trouve-t-il sa place en France?

Olivier MILLET. - Sa vocation première est d’aider les entreprises à grandir. Ainsi, l’investissement des fonds de capital-investissement doit permettre à la start-up de devenir une PME, à la PME une très belle société (ETI). Dans un monde en pleine transformation, ces entreprises même puissantes en France ont besoin d’être accompagnées à l’étranger, d’être aidées à mener et financer des acquisitions pour se renforcer sur leur secteur. Pour l’heure, de très nombreuses entreprises françaises de petite taille ont du mal à franchir ce cap. La France compte beaucoup plus de PME que la Grande-Bretagne et l’Allemagne, mais ces dernières réalisent des chiffres d’affaires bien inférieurs. Pour autant, les choses sont en train de changer et le capital-investissement a beaucoup évolué et grandi depuis trente ans. Au premier semestre, les fonds membres de l’Afic ont investi 5,5 milliards d’euros dans plus de 1000 entreprises. Ce montant est en hausse de près de 50 % par rapport au premier semestre 2015. Nous avons retrouvé les niveaux d’avant crise.

Le contexte actuel est-il favorable au développement des fonds d’investissement?

Une véritable révolution capitaliste est en marche. Le capital-investissement émerge comme le quatrième pilier du capitalisme, plus collectif et adapté à l’air du temps, aux côtés des formes plus traditionnelles de l’actionnariat, familial, boursier et d’État. Il est désormais structuré et très segmenté. Les investisseurs professionnels ont vocation à apporter des compétences pointues aux entreprises dont ils sont actionnaires pendant six ans en moyenne, ce qui donne du temps pour déployer une stratégie et accompagner le développement. De plus, les enjeux sociaux, environnementaux et ceux liés à la gouvernance occupent pour nous une place de plus en plus importante.




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