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Santé: Des vertus sanitaires du cannabis ?

Santé: Des vertus sanitaires  du cannabis ?

 

Selon les scientifiques, les nouveaux progrès technologiques pourraient révolutionner la façon dont les substances dérivées du cannabis sont obtenues et consommées, et peut-être contribuer à libérer le potentiel de la plante comme source de thérapies médicales

Un article du Wall Street Journal ( Extrait)

Le cannabis, nom de la famille de plantes à feuilles comprenant la marijuana et le chanvre, est surtout connu pour le THC qui fait planer ceux qui en consomment. Mais il contient aussi de nombreux autres éléments chimiques. Ses dérivés non toxiques, comme le CBD, ont proliféré au cours des cinq dernières années. Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique, les chercheurs qui planchent sur de nouveaux produits et les investisseurs se demandent ce que ces plantes peuvent offrir d’autre.

Les scientifiques estiment qu’il existe au moins une centaine de cannabinoïdes, une classe de composés organiques — dont les noms sont souvent abrégés en sigles de trois ou quatre lettres — que l’on trouve principalement dans le cannabis. Le THC et le CBD y sont présents en abondance, et la Food and Drug Administration, le régulateur américain des produits alimentaires et des médicaments, les a déjà autorisés sous certaines formes. Mais de nombreuses autres molécules peuvent avoir des effets thérapeutiques, et toutes les variétés ne produisent pas tous les cannabinoïdes. Des composés rares et intrigants, comme le CBM et le CBD-V, nécessiteraient de pratiquer des sélections de plants pendant des années pour réussir à créer une chaîne de production stable et peu coûteuse.

Les chercheurs affirment que la biologie de synthèse, une technologie qui s’appuie sur l’ingénierie des levures, des algues ou des bactéries pour produire des composés en cuve de fermentation, leur permettra de produire rapidement des molécules sans être confrontés aux coûts et à la complexité liés à la culture du chanvre ou de la marijuana.

Selon les scientifiques, cette technologie pourrait révolutionner la façon dont les substances dérivées du cannabis sont obtenues et consommées, et peut-être contribuer à libérer le potentiel de la plante comme source de thérapies médicales. Les premières études montrent que le cannabigérol, ou CBG, par exemple, est prometteur pour le traitement de troubles neurologiques tels que la maladie de Huntington.

Bien que des questions subsistent sur l’efficacité des composés isolés du reste de la plante de cannabis, les progrès de la biosynthèse permettront de disposer d’un médicament expérimental purifié et homogène, et d’accélérer la compréhension scientifique des toxicités et des avantages potentiels de chaque molécule, selon les chercheurs qui travaillent sur le cannabis. Les analystes de la banque d’investissement Raymond James prévoient que l’industrie émergente des cannabinoïdes biosynthétiques générera un chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars dans le monde d’ici à 2025. Et ce, malgré les complications juridiques potentielles liées à la vente de produits dérivés du cannabis, même si leurs composés ont été cultivés en laboratoire.

« Le potentiel de la plante de marijuana est énorme. Plus nous pourrons connaître ses composants, plus nous pourrons faire avancer la science », explique le docteur David Shurtleff, directeur adjoint du National Center for Complementary and Integrative Health des National Institutes of Health.

Au sein des entreprises de biotech, l’essor récent de la recherche et développement sur la biosynthèse moléculaire a des répercussions qui vont bien au-delà du cannabis. Une analyse de McKinsey datant de 2020 prédit que ces « biomolécules » pèseront bientôt plusieurs milliers de milliards de dollars au niveau mondial dans des secteurs aussi divers que l’agriculture, la santé ou la production d’énergie. Certaines vitamines sont d’ailleurs déjà produites par biosynthèse.

Dans l’industrie du cannabis, cette technologie est particulièrement prometteuse, selon les chercheurs et les chefs d’entreprise, en raison de la multiplicité des composés susceptibles d’être utilisés à des fins thérapeutiques, de la rareté des recherches existantes sur le sujet, ainsi que de la difficulté et du coût de leur production par synthèse chimique ou sélection traditionnelle des plantes.

Voici comment les choses fonctionnent. Tout d’abord, les scientifiques identifient les enzymes d’une plante de cannabis qui contiennent la blueprint chimique permettant de produire le composé désiré. Ensuite, ils séquencent ces enzymes pour isoler leur ADN, puis ils insèrent les gènes dans un micro-organisme comme la levure, en utilisant une technologie d’édition de gènes comme Crispr ou la technique plus traditionnelle de recombinaison homologue. La levure est ensuite alimentée en oxygène, en sucre et en nutriments, puis mélangée à de l’eau dans une cuve de fermentation, selon un processus comparable au brassage de la bière. Au bout de quelques jours, la levure commence à sécréter le cannabinoïde. Les scientifiques ajoutent enfin un solvant organique, comme de l’huile, dans la cuve de fermentation, afin d’absorber les composés venant d’être produits et de libérer une solution de cannabinoïdes pouvant être exploitée par la suite.

L’ensemble du processus prend environ une semaine, alors qu’il faut jusqu’à six mois pour faire pousser et récolter une plante. C’est moins cher, plus simple et plus durable car il n’y a ni besoin de champs entiers de cannabis, ni de procédés d’extraction gourmands en d’énergie, selon le docteur Jeff Chen, fondateur de la Cannabis Research Initiative de l’UCLA.

« Cette technique change la donne pour la recherche, explique-t-il. Elle permet d’étudier les effets de chaque cannabinoïde pris individuellement. C’est très difficile à faire, voire impossible, lorsque vous travaillez avec la matière végétale elle-même ou des extraits de plantes. »

Les entreprises spécialisées dans la biosynthèse des cannabinoïdes ne s’intéressent généralement pas au THC, car le marché de la marijuana dans les Etats est étroitement réglementé.

Au lieu de cela, ils se concentrent sur des composés mystérieux que peu d’humains ont testés, qui portent des noms comme CBE et CBC. Chaque cannabinoïde paraît avoir un effet propre. Alors que le THC a tendance à provoquer des « foncedalles », le THC-V semble, au contraire, couper l’appétit, selon les premières études. D’autres cannabinoïdes pourraient avoir une influence sur toutes sortes de choses, comme la pression sanguine ou la densité osseuse, selon les recherches qui ont, jusqu’à maintenant, été principalement menées sur des souris.

Les cannabinoïdes « peuvent avoir un potentiel thérapeutique pour presque toutes les maladies humaines », ont écrit Pál Pacher et George Kunos, deux chercheurs du National Health Institute, en 2013, en s’appuyant les premières données sur la manière dont les différents composés de la plante de cannabis agissaient sur l’organisme.

Si cette hypothèse se vérifie, la biosynthèse pourrait être la technologie qui permettra aux chercheurs de déterminer quels composés sont efficaces, lesquels sont nocifs et comment ils peuvent être combinés pour traiter diverses affections.

Aux Etats-Unis, la recherche clinique sur le cannabis reste freinée par des réglementations fédérales contraignantes. Il est très difficile d’obtenir l’autorisation de procéder à des essais sur des êtres humains, et il a été encore plus délicat d’avoir accès à une variété de cannabinoïdes à l’Université du Mississippi, où se trouve la seule culture légale de cannabis destinée à la recherche dans le pays. Les études plus approfondies sur le cannabis et les cannabinoïdes émanent généralement d’autres pays, comme Israël et les Pays-Bas. Même si l’on ne sait pas encore comment les régulateurs traiteront le statut juridique des cannabinoïdes biosynthétiques, les chercheurs se veulent cependant optimistes.

Jusqu’à présent, les produits contenant des cannabinoïdes biosynthétiques sont rares. La marque de soins cosmétiques High Beauty vend chez Macy’s un traitement contre l’acné contenant du CBG biosynthétique, dont les premières recherches indiquent qu’il a des propriétés anti-inflammatoires. Ce CBG est fabriqué par Lygos, une biotech basée à Berkeley, en Californie.

Parmi les autres entreprises travaillant sur les cannabinoïdes biosynthétiques, on peut citer Willow Biosciences — basé à Vancouver, au Canada — , qui travaille en partenariat avec Curia et Ginkgo Bioworks, une entreprise de biologie synthétique établie à Boston qui s’est associée au producteur canadien de cannabis Cronos.

En 2014, lorsque Jason Poulos, bioingénieur chez Lygos, a commencé à travailler sur les cannabinoïdes biosynthétiques, ses amis ont plaisanté en disant qu’il était un « défoncé ». Aujourd’hui, il espère produire en masse des cannabinoïdes pour certaines des plus grandes entreprises et institutions de recherche du monde.

« Nous voulons être le fournisseur de ces composants pour tous », déclare le docteur Poulos.

Reste que certains de ces composés peuvent avoir des effets négatifs à certaines doses. « C’est une substance qui est métabolisée, et si l’on en abuse, elle fera des dégâts sur votre foie, prévient le docteur Poulos. Nous devons nous attendre à ce que tous les cannabinoïdes aient une courbe de toxicité similaire à celle du CBD. »

Par ailleurs, pour de nombreux chercheurs, militants et hommes d’affaires spécialisés dans le cannabis, se battre pour fabriquer, découvrir et vendre des produits à base d’un seul cannabinoïde est une perte de temps. Selon eux, pris isolément, aucun cannabinoïde ne sera jamais capable de reproduire les bienfaits apportés par la plante entière et son cocktail de composés principaux et secondaires — une théorie connue sous le nom d’« effet d’entourage ».

« L’idée de recourir à la biosynthèse pour augmenter la production de cannabinoïdes d’importance secondaire n’est pas une percée scientifique, mais il y a un vrai potentiel pour développer des produits qui peuvent être commercialisés et pour convaincre les gens de les utiliser. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Cannabis au volant : Darmanin fait du cirque !

Cannabis au volant : Darmanin fait du cirque 

 

 

Le chef du département de psychiatrie-addictologie à l’hôpital université Paul Brousse Amine Benyamina estime que le ministre de l’intérieur fait du cirque à propos du cannabis au volant.( Interview France Info, extrait)

Pensez-vous que les dépistages annoncés par le ministre de l’Intérieur vont permettre de réduire la mortalité sur les routes ?

Il est très difficile de contrôler ce que consomment les personnes qui prennent le volant, en dehors des stupéfiants qui sont interdits, il y a le contrôle des médicaments, de l’alcool… C’est une bonne idée pour limiter les morts sur la route, simplement il faut revenir un peu sur les statistiques. Ce qui tue le plus actuellement, ce ne sont pas les stupéfiants. Le cannabis tue 120 personnes, l’alcool 42 000 et le tabac 75 000. J’aurais aimé lire, dans l’interview qu’a faite notre ministre de l’Intérieur, sa stratégie de lutte contre la consommation d’alcool au volant. On voit bien le séquençage du ministre de l’Intérieur sur la question des drogues. Il dit qu’il s’attaque au fléau de la drogue, c’est tant mieux, mais j’ai quand même le sentiment qu’on est encore sur une manière de stigmatiser les drogués plus que la drogue, puisque la lutte contre la drogue en vérité, c’est une politique qui est basée sur trois éléments essentiels : la prévention, le soin et l’ordre. Il a en charge l’ordre en tant que ministre de l’Intérieur, mais quid de la prévention et du soin ? Quid des drogues dont on sait maintenant qu’elles sont pourvoyeuses de mort ? La première qui tue sur la route en France, c’est l’alcool.

Diriez-vous que vous êtes donc dubitatif face à ces annonces ?

Je ne suis pas dubitatif, je suis pragmatique. Je vois comment le ministre de l’Intérieur est en train de traiter la question de la drogue. Je ne veux pas lui faire de procès d’intention, ce sont toujours de bonnes nouvelles quand on s’attaque à un fléau qui tue les jeunes et les moins jeunes. En revanche, je m’étonne qu’il n’y ait pas de volet de réduction des risques liés à l’alcool, qui très clairement montrerait son intérêt à la fois en France dans d’autres situations et partout dans le monde. On a souvent le sentiment qu’il y a une opposition entre une politique de santé pragmatique et une politique d’affichage des muscles de l’Intérieur. On en a besoin, mais très clairement c’est une politique de l’affichage. On voit bien que c’est une séquence de communication avec une interview ce matin dans Le Figaro et un déplacement à Cavaillon. Quid de la politique de soins ? On l’attend. On a toujours l’impression que le ministre de l’Intérieur s’affiche pour montrer les chiffres. Je vous rappelle simplement qu’il y a quelques années on a quand même émis un rapport extrêmement sérieux et on s’est rendu compte que, concernant les accidents liés au cannabis, il y avait plus de fantasmes que de réalité sur le terrain. Le cannabis a un impact, mais bien moins important que celui de l’alcool et on a confondu les deux quand, dans le cocktail alcool-cannabis, on a mis en avant le cannabis.

Gérald Darmanin oublie-t-il de lutter contre les risques liés à l’alcool ?

Je pense qu’il n’oublie pas, c’est une volonté de sa part de mettre en avant la problématique de la drogue et dire qu’il est là pour lutter contre ça. Je le comprends. Il est dans son rôle. En revanche, la racine même de la lutte contre le cannabis et les drogues n’est pas que dans la répression, elle est dans la prévention, dans la promotion des structures comme les salles de consommation à moindre risque, c’est dans le vrai débat sur la modification de la loi concernant le cannabis pour couper les problématiques à la base. C’est très clairement de son ressort et des possibilités de sa compétence, et on a le sentiment qu’il n’y a rien. Contre l’alcool, on le sait, il y a une vraie frilosité avec ce gouvernement, on verra bien ce que ça va donner dans les mois à venir.

La légalisation du cannabis ensuite celle de la cocaïne, puis de l’héroïne ?

La légalisation du cannabis ensuite celle de la cocaïne, puis de l’héroïne ?

Il est légitime que les autorités s’interrogent sur la de la guerre entre la drogue. Une guerre gagnée pour l’instant par les trafiquants en France un des pays au monde les plus touchés. Désabusés par l’inefficacité des moyens mis en œuvre aujourd’hui certains prônent la légalisation du cannabis.

Une légalisation qui effectivement dans certains pays a conduit à faire diminuer l’usage de cette drogue. Le problème c’est que la France est tellement contaminée et les réseaux tellement importants que risque de se substituer au trafic du cannabis celui de la cocaïne voir de l’héroïne et autres drogues très dures.

Le risque c’est aussi de faire glisser la consommation de cannabis vers la cocaïne voire vers l’héroïne avec l’augmentation de l’offre qui influence les usages.

Dès maintenant se pose donc la question de savoir si le pays serait davantage en capacité de contrôler le trafic de cocaïne puis celui de l’héroïne. Faudra-t-il le moment venu progressivement légaliser  la consommation de ces deux types de drogues ?

Les réponses ne sont pas évidentes surtout en France où l’économie de quartiers sensibles repose essentiellement sur un trafic illicite qui fait vivre de l’ordre de 300 000 personnes. Pour le moins le questionnement est légitime.

« Pour la légalisation du cannabis  » ?

« Pour la  légalisation du cannabis  » ? 

 

Cinquante ans après la loi de 1970 réprimant l’usage et le trafic de stupéfiants, l’action publique ne protège en rien la jeunesse des risques du cannabis, constate le sociologueAlain Ehrenberg  qui préconise la légalisation et non pas la dépénalisation.

 

 

Dans un entretien publié par Le Figaro dans son édition du 19 avril, le président de la République s’est déclaré très défavorable à la dépénalisation des usages du cannabis, affirmant que « les stups ont besoin d’un coup de frein et pas d’un coup de publicité ».

Si la dépénalisation, qui est une mauvaise solution parce qu’elle ne touche pas à la production et au trafic, suscite l’hostilité d’Emmanuel Macron, la légalisation est évidemment encore moins envisageable. Or, c’est elle qui devrait être au centre d’un débat politique jusqu’à présent inexistant.

Malheureusement, le président a adopté ce ton assertif et moralisateur qui caractérise la pensée des gouvernements successifs depuis des décennies, ton qui délégitime tout débat au nom du slogan vague qu’est la protection de notre jeunesse. Or, un débat est essentiel en démocratie parce qu’il permet de clarifier devant l’opinion les raisons de changer ou de ne pas changer de politique. Ce débat est d’autant plus nécessaire que les Français et, surtout, les addictologues (qui sont quand même en première ligne des problèmes sanitaires et psychologiques) sont favorables au changement.

 

Notre législation sur les stupéfiants date de 1970. Prévoyant la répression pénale de l’usage et du trafic, elle a pour objectif de s’attaquer en même temps à l’offre et à la demande. Cinquante plus tard, le constat sur le cannabis est sans appel : la consommation est forte (en 2018, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 16,1 % des élèves de 3e ont consommé dans l’année et 42,4 % des terminales l’ont expérimenté) et les trafics sont florissants.

Il faut regarder ces faits en face, tout particulièrement en regard du critère d’efficacité des politiques publiques. Les gouvernements successifs jusqu’à aujourd’hui ne se sont jamais posé la question de l’efficacité de l’action publique. Or, celle-ci est une question essentielle en démocratie.

Activité répressive chronophage

La raison principale avancée pour ne rien changer est que le cannabis comporte des dangers, ce qui est tout à fait exact. Mais si une politique devait se fonder sur ce seul critère, il y a bien longtemps qu’on aurait interdit le tabac et l’alcool.

Un rapport du cercle de réflexion Terra Nova publié en octobre 2020 montre que l’activité répressive est très chronophage pour la police et la justice. Au sein des services de police « l’impression générale (…) est de “vider l’océan avec une petite cuillère” », ce qui suscite un fort sentiment de lassitude chez les fonctionnaires. Au niveau de la justice et de l’administration pénitentiaire, 14,7 % de la population incarcérée l’est pour infraction à la législation sur les stupéfiants, ce qui implique en amont une série d’actes judiciaires qui prennent du temps et engorgent les tribunaux.

Politique : Le «non au cannabis» torpille la diversité de la majorité

  • Politique : Le «non au cannabis» torpille la diversité de la majorité

 

  • dans le Figaro le journaliste Matthieu Deprieck estime que d’une certaine façon Macon a brutalement coupé l’air sous le pied des contestataires de la majorité qui sans doute aurait souhaité un débat plus ouvert laissant la place en particulier à la libéralisation du cannabis. Notons que la France est le pays au monde le plus consommateur de cette drogue qui fait surtout des ravages dans la jeunesse.

Article du Figaro

  • Le « oui, mais », le « en même temps », les « deux jambes », les phrases à rallonge. De tout cela, il n’était pour une fois pas question dans la bouche d’Emmanuel Macron. Dans un entretien au Figaro lundi, le chef de l’Etat a enfilé les habits du ministre de l’Intérieur pour résumer tout le mal qu’il pense du cannabis : « Dire que le haschisch est innocent est plus qu’un mensonge. Sur le plan cognitif, les effets sont désastreux. Combien de jeunes, parce qu’ils commencent à fumer au collège, sortent totalement du système scolaire et gâchent leurs chances ? Et je ne parle même pas des effets de glissement vers des drogues plus dures (…) On se roule un joint dans son salon et à la fin on alimente la plus importante des sources d’insécurité. »
  • Le président, jadis libéral, a éteint toute nuance sur un sujet, qui, justement, en réclame. Les vingt-huit députés membres de la mission d’information portant sur les usages du cannabis en savent quelque chose. Ils ont couvert toutes les sensibilités politiques et les six commissions permanentes de l’Assemblée pour, au terme d’un an d’auditions, conclure qu’on ne répond pas au cannabis « oui » ou « non ».
  • « C’est un sujet compliqué », confirme Agnès Firmin Le Bodo, députée Agir de Seine-Maritime. Elue de droite, ancienne adjointe à la sécurité au Havre, professionnelle de santé, elle était « plutôt opposée à ce que l’on autorise certains usages ». Après plus d’un an de travaux, elle a « lentement évolué vers l’idée que nous pouvons trouver un juste milieu ».
  • « Effets délétères ». « Si nous voulions arrêter tous les consommateurs, il faudrait procéder à 330 millions d’interpellations par an. Nous n’avons ni les moyens humains, ni les moyens financiers de mener une telle politique », ajoute Caroline Janvier, député LREM du Loiret, rapporteur du volet « cannabis récréatif ». De fait, la seule répression n’a pas empêché la France de devenir le premier consommateur de joints en Europe.
  • Ce sera une des leçons des deux rapports remis ces prochains jours : début mai pour le volet récréatif, à la mi-mai pour le rapport général, incluant le thérapeutique et le bien-être. Les députés de la majorité attendaient ce moment pour relancer le débat autour de la réglementation. Dans un souci d’apaisement, ils avaient écarté l’idée de déposer une proposition de loi et misaient plutôt sur des éléments à transmettre à leur futur candidat présidentiel. « Le débat doit avoir lieu en 2022. On ne peut pas l’ouvrir à la hussarde maintenant », explique Caroline Janvier.
  • « Rien ne dit que la vérité d’avril 2021 sera celle de janvier 2022 »
  • La position de fermeté prise par Emmanuel Macron vient leur couper l’herbe sous le pied. Comment espérer ouvrir un débat quand le futur candidat semble déjà sûr de lui ? Les députés de la majorité se raccrochent à ce qu’ils peuvent. « Sa position n’est pas si ferme que cela. Le Président dit qu’il faut un débat, eh bien, débattons », s’exclame Ludovic Mendes, député LREM de Moselle. « Cette consultation pourrait être intéressante si elle met vraiment à plat tous les enjeux de la consommation de cannabis », abonde le député LREM et porte-parole du parti, Roland Lescure. « La réflexion ne fait que commencer. Le Président propose un débat. Le rapport parlementaire peut l’alimenter. Il nous appartient de convaincre les Français que la légalisation est la meilleure solution », affirme Caroline Janvier.
  • Affaire de mots. Dans Le Figaro, le chef de l’Etat envisage effectivement un « grand débat national » mais son intitulé laisse peu d’espoir aux réformateurs : il devrait porter sur « la consommation de drogue et ses effets délétères ».
  • « Nous ferons notre travail en montrant que le débat est plus complexe que cela », ne se démonte pas Ludovic Mendes quand Roland Lescure espère que le chef de l’Etat lira les rapports de la mission d’information dont il fait partie. La porte n’est pas fermée, veulent-ils croire, même le député LREM des quartiers nord de Marseille, Saïd Ahamada, qui pourtant salue la fermeté d’Emmanuel Macron. « Les consommateurs de cannabis sont coresponsables de la situation dans les quartiers difficiles. Ils ont du sang sur les mains », dit-il, tout en jugeant que la question de la légalisation se posera, mais plus tard, quand la situation autour des points de deal sera revenue à un niveau plus contrôlable.
  • De toute façon, « rien ne dit que la vérité d’avril 2021 sera celle de janvier 2022 », se rassure un député de la majorité, favorable à ce que son futur candidat « bouge » sur la question lors de la prochaine présidentielle. Déjà en 2017, le cannabis avait valu à Emmanuel Macron des critiques en inconstance. Dans son livre Révolution, il semblait prendre position pour un assouplissement de la loi. Quand, quelques semaines plus tard, dans Le Figaro (déjà), il affirmait ne pas croire « à la dépénalisation des petites doses ». Il disait en réalité la même chose : il faut dresser des contraventions aux consommateurs plutôt que de les menacer de peines de prison inappliquées. Ce n’était qu’une affaire de mots : tendres dans Révolution, durs dans Le Figaro.

Cannabis : législation inefficace pour 80 % des Français

Cannabis : législation inefficace pour 80 % des Français

Si 80 % des Français jugent inefficace la législation vis-à-vis du cannabis par contre ils sont beaucoup plus partagés concernant une possible libéralisation de la consommation Plus d’un Français sur deux souhaite que la question de la législation du cannabis soit abordée dans les débats de la prochaine campagne présidentielle. Selon un sondage Ipsos divulgué ce lundi 10 octobre, 52% des personnes interrogées sont ainsi favorables à l’ouverture de ce débat et 47% sont contre. Le sondage révèle aussi que la moitié des Français est favorable à une autorisation de consommation de cannabis pour les majeurs, légèrement plus que ceux qui y sont hostiles (49%) et 1% ne se prononcent pas. Parmi les personnes interrogées, 52% jugent également que la vente de cannabis sous le contrôle de l’État serait efficace, 47% jugeant le contraire. Si le modèle à adopter ne fait pas encore l’unanimité, les Français s’accordent massivement, à 84%, pour considérer que la législation actuelle est inefficace, et cela pour toutes les tranches d’âge. Enfin, un quart des personnes interrogées reconnaît avoir déjà consommé du cannabis et 73% répondent « non jamais ». Cette enquête a été réalisée par internet du 27 au 29 septembre auprès de 1.097 personnes à la demande de SOS Addictions, du Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) de Sciences Po et du Cnam, à l’occasion d’un Colloque sur la légalisation du cannabis qui se tient lundi 10 octobre au Sénat.

(Avec AFP

Un plan d’urgence pour le cannabis ?

Un plan d’urgence pour le cannabis ?

 

C’est le grand patron de la lutte antidrogue qui le dit : « On est face à une entreprise qui va déposer le bilan, c’est le but ». Du coup après les plans d’urgence nombreux qui ont concerné de nombreux secteurs économiques dans l’industrie, dans l’agriculture, la question se pose d’un plan d’urgence pour les vendeurs de cannabis. On pourrait imaginer qu’ils puissent être attributaires du RSA mais pour la plupart ils en sont déjà bénéficiaires. Malheureusement  ce RSA offre un niveau de rémunération très inférieur aux revenus habituels. De là à prévoir un RSA spécial cannabis ! C’est évidemment tout un pan de l’économie qui se trouve menacé. Comme Hollande était encore présent à Marseille lieu de la découverte des 6 t de drogue, on s’étonne qu’il n’ait pas envisagé un plan à la mesure du désastre économique. Une table ronde aurait pourtant été utile pour réunir producteurs, intermédiaires, financeurs, distributeurs afin de rationaliser l’organisation de la filière du cannabis et mieux répartir les profits entre les acteurs. Dans une vision économique encore plus large on pourrait même envisager la reconversion de nombres  de productions agricoles vers le cannabis. Une manière peut-être de résoudre la crise actuelle.  En une seule fois donc, près de 3% de la consommation annuelle de résine de cannabis en France a été saisie. Les enquêteurs ont été félicités par le chef de l’État en personne. François Hollande a salué la prise la plus spectaculaire depuis 5 ansPrès de 6.000 kilos de résine de cannabis, soit 15 millions d’euros de marchandise, ont été saisis, dimanche 26 juillet, à Vitrolles dans les Bouches-du-Rhône. On est face à des organisations criminelles qui se comportent comme des entreprises dans une économie de marché Trois suspects ont été interpellés. La drogue arrivait du Maroc, via l’Espagne, et devait alimenter la région marseillaise, l’Ile-de-France, et sans doute même l’Italie. Tout un réseau, toute une entreprise a donc été ébranlée. Comme l’explique le commissaire Clément Vivès, chef de la mission de lutte anti-drogue à la direction de la police nationale : « On est face à des organisations criminelles qui se comportent comme des entreprises dans une économie de marché – illicite – mais dans laquelle on retrouve les producteurs, les transporteurs logisticiens, les financeurs). »  « On est certains qu’une telle quantité de six tonnes n’est pas destinée à la revente d’une zone de sécurité prioritaire ou quartier sensible marseillais. Là, en l’occurrence, ils ont clairement perdu, se félicite le commissaire. On est face à une entreprise qui va déposer le bilan, c’est le but« .

 

Six tonnes de cannabis saisies : Hollande sur le coup !

Six tonnes de cannabis saisies : Hollande sur le coup !

 

Tout est bon dans le cochon, comme dans la communication. Désormais à chaque vol de mobylette Hollande sera sur le coup. Histoire de remonter dans les sondages. Il avait déjà annoncé lui-même un futur attentat, cette fois il est à Marseille où on a découvert 6 tonnes de cannabis. Il ya fort à parier que Hollande sera encore sur le terrain si la brigade antiterroriste parvient à arrêter un voleur de poules. Trois hommes soupçonnés d’alimenter un important trafic de drogue ont donc  été interpellés dimanche à Marseille et à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) au cours d’une opération qui a permis la saisie de près de six tonnes de cannabis, a annoncé lundi Bernard Cazeneuve. Il s’agit de la plus grosse saisie de cannabis en France par les forces de police depuis 2011, précise le ministre de l’Intérieur qui s’est rendu à Marseille avec François Hollande à la mi-journée.   »C’est un trafic international », a déclaré le chef de l’Etat à la presse, saluant la coopération avec les autorités marocaines et espagnoles. « On ne sait pas si les drogues qui ont été saisies n’auraient pas été envoyées ensuite dans d’autres pays, on pense à l’Italie ».  Au cours de la perquisition de la villa occupée par les trois individus, les policiers ont découvert 5,64 tonnes de résine de cannabis, selon le communiqué du ministère de l’Intérieur. La fouille d’un véhicule a également permis de trouver 150 kg de drogue supplémentaires.   »Ce sont des trafiquants, pour ceux qui ont été arrêtés, qui sont domiciliés dans la région parisienne mais qui visiblement avaient des complicités ici, il y avait un domicile qui avait été choisi pour accueillir cette drogue et pour la distribuer », a indiqué François Hollande. « Ce sont maintenant les complices qu’il nous faut rechercher, trouver et faire condamner ».   »L’enquête n’est pas finie », a-t-il ajouté, « mais c’est vrai qu’il va y avoir par des recoupements qui vont pouvoir être faits et par les informations qui ont déjà été recueillies des conséquences directes sur un certain nombre de trafiquants qui aujourd’hui doivent s’inquiéter ».  Selon le chef adjoint de l’office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), les trois hommes interpellés, originaires d’Ile-de-France, ont le « profil de trafiquants logisticiens qui ont une valeur importante pour une organisation criminelle ». « Le trafic était sans doute destiné aux cités parisiennes voire à des pays étrangers », a dit Patrick Laberche à la presse. » On va pouvoir remonter sur la piste de trafiquants aguerris et d’envergure ».  Au total, la valeur de la drogue saisie lors de l’opération est estimée à 15 millions d’euros.

 

Cannabis : les français contre la dépénalisation

Cannabis : les français contre la dépénalisation

 

Une majorité de Français n’est pas favorable à la dépénalisation du cannabis. C’est ce que révèle un sondage de l’institut Harris Interactive réalisé pour le quotidien gratuit 20Minutes et publié jeudi. « Les sympathisants de gauche sont plutôt favorables à la dépénalisation (de 55% pour les électeurs de François Hollande à 68 % pour ceux qui ont voté Jean-Luc Mélenchon », écrit le quotidien, précisant qu’à droite, les électeurs de Marine Le Pen (26%) sont plus favorables à la dépénalisation que ceux de Nicolas Sarkozy (17%). En début de semaine, le ministre de l’Education, Vincent Peillon avait déclaré être favorable à l’ouverture d’un débat autour de la pénalisation. Des propos qui avaient déclenché une vague de réactions et de critiques dans la classe politique.

 

 

Cannabis : ministre du logement pour, ministre de l’école aussi, Ayrault contre, et Touraine ?

Cannabis : ministre du logement pour, ministre de l’école aussi, Ayrault contre, et Touraine ?

 

Pas facile de gérer quand on est aux affaires. Dans l’opposition tout va bien ; on permet tout et n’importe quoi (à droite comme à gauche). En situation de gestion, on s’aperçoit vite que les dossiers sont complexes et que les slogans d’hier sont bien désuets. Alors on se rabat sur des thèmes secondaires. Duflot, qui voit bien que la question du logement n’est pas évidente, se prononce pour le cannabis dépénalisé, Peillon, qui mesure l’ampleur de la décomposition du système scolaire, aussi. Ne parlons pas de Montebourg car là c’est caricatural comme Cahuzac. Mariage gay, cannabis, des thèmes qu’on ne peut mépriser mais qui ne sont sans doute pas la priorité politique du moment. Du coup, les ministres en difficultés dans leur champ de compétences ont tendance à s’exprimer sur des sujets  qui ne les concernent pas. Vraiment pas facile la politique ; on veut le pouvoir, ça c’est sûr mais quand on le détient ne sait pas quoi en faire ou on fait n’importe quoi. Et pourtant en France, nous bénéficions d’une classe politique professionnalisée (qui confond carrière et mandat) ; on se demande quelle serait la situation s’ils étaient amateurs ? Populisme ? Non, réalisme car la langue de bois, l’incompétence et le vide ne résistent  plus à la capacité d’analyse de la société. Bref, le grand décalage. A moins de fumer un joint dépénalisé pour se persuader que finalemenet ça va s’arranger.

 

Duflot a fumé la moquette ministérielle

Duflot a fumé la moquette ministérielle

Duflot, comme  la plupart des responsables écolos ont un goût prononcé pour les bavures et l’échec ; Le gouvernement a donc pris ses distances avec la ministre écologiste Cécile Duflot, qui s’est attirée les certes n’a fait que rappeler sur RMC et BFMTV la « position » de son parti depuis « très longtemps », à savoir la dépénalisation de cette drogue douce – le cannabis-, plus consommée en France que dans la plupart des autres pays européens.  L’objectif de la dépénalisation serait « double », selon la candidate EELV aux législatives à Paris: « faire baisser le trafic » tout en ayant une « politique de santé publique ». « Il faut considérer que le cannabis, c’est comme l’alcool et le tabac, même régime: une politique de santé publique et de prévention, notamment vis-à-vis des plus jeunes »‘, a résumé Mme Duflot, qui « sait que ce n’est pas la position du gouvernement ».  Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, interpellé mardi par la presse dans les couloirs du Sénat, n’a en effet pas tardé prendre ses distances avec sa ministre. « Le gouvernement n’a rien dit sur ce sujet », a lâché le chef du gouvernement, interrogé à plusieurs reprises en marge de la réunion hebdomadaire du groupe PS.  Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est lui aussi un opposant résolu à toute forme de légalisation ou dépénalisation, « au nom même des valeurs de gauche ». En juin 2011, le nouvel homme fort de la place Beauvau avait ainsi critiqué la proposition d’un groupe de travail socialiste présidé par Daniel Vaillant, préconisant la « légalisation contrôlée du cannabis » et la mise en place d’une véritable « filière nationale ».  Sans attendre la mise au point du chef du gouvernement, l’UMP a trouvé l’occasion d’attaquer la gauche à l’aube d’élections législatives qui s’annoncent difficiles pour la majorité sortante. Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a jugé « irresponsable » que Mme Duflot, ait pu rouvrir le débat sans être « vraiment démentie » par le gouvernement.  Même sil s’agit d’un rappel des positions des écolos vis-à-vis du cannabis, la posture de Duflot constitue pour le moins une erreur d’agenda voire une irresponsabilité politique totale. Les verts donnent l’impression de se complaire dans la défaite et au moins de réussir dans ce domaine. Duflot en la circonstance à fumé la moquette ministérielle et pourrait bien se retrouver sur le tapis au prochain remaniement.

 




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