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Macron et Le Pen candidats “attrape-tout »

Macron et Le Pen  candidats “attrape-tout »

 

Quatre chercheurs à l’origine du site La Boussole présidentielle estiment, dans une tribune au « Monde », que les deux candidats qualifiés au second tour se sont démarqués car ils ont su s’adresser à une plus grande diversité d’électeurs que leur plus proche poursuivant, Jean-Luc Mélenchon.

 

 

Le second tour de l’élection présidentielle du 24 avril, qui s’est soldé par la réélection d’Emmanuel Macron au terme d’une campagne d’entre-deux-tours pleine de suspense, laisse de nombreuses questions sans réponse.

S’il est acquis que les deux candidats finalistes incarnent deux France profondément clivées sur les plans sociologique, politique, générationnel et territorial, comment ceux-ci sont-ils d’abord parvenus à se distinguer de leurs concurrents ? Quel rôle ont ensuite joué leur programme et leur capacité à apparaître comme présidentiable dans la course finale ?

Les données tirées de La Boussole présidentielle, un site développé par une équipe de chercheurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) auquel plus de 350 000 personnes ont contribué par leurs réponses, fournissent des enseignements éclairants sur ces questions.

 

La Boussole présidentielle, comme toutes les applications du type Système d’aide au vote, repose sur la notion de proximité entre un électeur et son « candidat naturel ». Autrement dit, elle permet à l’utilisateur d’identifier le candidat dont il est le plus proche. Pour ce faire, on procède d’abord à un travail de codage qui permet de placer les candidats, selon leurs propositions programmatiques sur différents enjeux, dans un espace politique à deux dimensions : une dimension socio-économique et une dimension socio-culturelle. Ensuite, les utilisateurs de La Boussole, en fonction de leurs réponses sur ces mêmes enjeux, sont positionnés dans cet espace.

Pour toute élection présidentielle, la capacité des candidats à fidéliser leur « noyau dur » mais aussi à attirer des électeurs qui leur sont moins proches est une dimension stratégique fondamentale de ce scrutin à deux tours. Vote par conviction et vote stratégique (appelé « vote utile » dans le langage courant) peuvent se mêler dans les scores du premier comme du second tour pour produire la victoire. Dans une élection comme celle de 2022, avec des repères idéologiques brouillés et un système partisan en pleine recomposition, le « vote sur enjeu » et « l’effet candidat » (la capacité à convaincre de sa « présidentialité ») deviennent des clés de compréhension majeures de la compétition électorale.

Les données de La Boussole présidentielle du Cevipof, recueillies auprès d’électeurs sûrs de leur choix pour le premier tour, révèlent les dessous de l’intrigue qui s’est dénouée le 24 avril. Deux grands enseignements peuvent en être tirés : l’un concerne la distance des électeurs envers les programmes des candidats, l’autre concerne l’image que ces mêmes électeurs ont des candidats.

Présidentielle : Quatre candidats d’organisations communistes !

Présidentielle  : Quatre candidats d’organisation communiste !

 

La France présente plusieurs particularités politiques et visiblement n’est guère satisfaite de l’état de sa démocratie. Pour preuve régulièrement les anciens présidents ne sont pas réélus. Un phénomène qui pourrait se reproduire avec Macron sans virage social rapide.

Parmi ces particularités non relevées par les grands médias la présence de quatre organisations communistes qui présentent chacune un candidat. Il y a bien sûr le traditionnel parti communiste toujours présent même s’il est devenu marginal. Il faut y ajouter les insoumis avec Mélenchon qui s’affiche depuis longtemps comme un communiste convaincu. Sans oublier lutte ouvrière, micro parti gauchiste communiste et le nouveau parti anticapitaliste anciennement la ligue communiste révolutionnaire.

En terme de sondage Mélenchon domine mais le total communiste atteint le score surprenant de 15 à 20 %. Un score surprenant dans un pays développé auquel on propose les méthodes obsolètes de la lutte des classes et du marxisme pur et dur. Bref si l’on se réfère aux régimes communistes actuels, la domination d’une clique voire la dictature …. au nom du peuple !

Pour preuve , il y a une grande porosité avec le parti opposé de Marine Le Pen qui a été la principale bénéficiaire de l’affaiblissement de la gauche, extrémistes compris. La démonstration sans doute de l’idéologie molle des partis communistes français mais aussi d’un manque de rigueur d’une partie de la population qui peut passer ainsi brutalement de l’extrême gauche à l’extrême droite. La France est sans doute malade du fait des politiques mais aussi du fait d’électeurs aux convictions peu stables et contradictoires.

Ukraine: Appel aux candidats de la présidentielle

Ukraine: Appel aux candidats de la présidentielle

Dans une tribune sur franceinfo, les responsables de l’ONG Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) appellent les candidats à l’élection présidentielle à prendre position sur la guerre en Ukraine et sur les autres conflits « où le droit humanitaire international est bafoué ».

 

À moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle en France, et alors qu’une guerre se déroule aux portes de l’Union européenne, deux médecins, anesthésistes-réanimateurs et responsables de l’UOSSM, appellent les candidats à se positionner sur la fin des hostilités, l’accueil des réfugiés, la reconstruction après les combats. En Ukraine, mais pas seulement. 

 

La guerre s’est invitée au cœur de l’espace européen. Inédit, impensable, inacceptable, les condamnations pleuvent et la solidarité se met en branle à raison. Et pourtant ce n’était pas faute d’alerter et de crier à l’aide depuis 11 ans, non loin de là se déroulait déjà le pire…

Bombardements, villes assiégées, réfugiés en fuite sur les routes bondées, hôpitaux détruits etc. Nous, médecins humanitaires français et syriens et comme tous les Syriens dans le monde, sommes foudroyés par ce sentiment de déjà-vu tragique, cette réminiscence traumatique d’un désastre humanitaire, passé sous silence. C’est bien la Syrie dont il est question. Non pas pour mettre dos à dos Syriens et Ukrainiens, dans une concurrence morbide de la tragédie mais bien dans un rapprochement solidaire, dans une réciprocité ferme et sans faille de condamnation d’une stratégie militaire russe à l’œuvre depuis des années en Syrie, dont personne n’a tiré les leçons.

Alep, Ghouta, Idleb…Elles ont vécu l’agonie d’une destruction méticuleuse. D’abord bombardées, puis assiégées, affamées, sans électricité ni chauffage ni eau potable, leurs habitants n’ont pas eu d’autre choix que de fuir leur foyer à l’intérieur du pays comme déplacés ou à l’extérieur du pays comme réfugiés de guerre si tant est que ce statut leur est accordé, le terme de migrant leur étant plus souvent accolé.

. Selon les estimations de Janez Lenarcic, commissaire européen à l’aide humanitaire et à la réaction aux crises, « sept millions d’Ukrainiens vont être déplacés » et cela risque d’engendrer « la plus grande crise humanitaire sur notre continent depuis de très nombreuses années ». Des chiffres non sans rappeler ceux des réfugiés syriens qui représentaient en 2021 un cinquième des réfugiés dans le monde, soit la plus grande crise de déplacés jamais connue. La Syrie faisait ainsi office de prémisse d’une politique militaire russe déjà à l’œuvre, laboratoire d’une stratégie du siège et de l’effroi. Les Syriens ont vécu dans l’indifférence des sanctions internationales ce que vivent aujourd’hui les Ukrainiens. 

L’invasion et les bombardements sur l’Ukraine, par l’armée de Vladimir Poutine, nous rappelle avec amertume et colère l’enlisement de la guerre en Syrie, au temps où une révolution populaire s’est muée en guerre internationale avec la Russie en premier défenseur de l’innommable et de l’horreur :  la guerre chimique, les attaques aériennes sur les civils et les hôpitaux de façon indifférenciée, la mort directe ou indirecte par manque d’accès aux soins de près de deux millions de personnes en 11 ans, du déplacement de millions de populations et d’une génération d’enfants sacrifiée. L’entrave à l’accès humanitaire transfrontalier est aussi une constante avec une aide internationale empêchée par des couloirs humanitaires fermés ou réduits qui asphyxient les populations.

Cette tribune n’a pas vocation à être une indignation de plus. À l’heure où les sujets internationaux, absents du débat des présidentielles 2022 durant de longs mois, se sont imposés de force, en cette date symbolique du 15 mars, qui marque le triste anniversaire de la révolution et de la guerre en Syrie, de la mort du droit humanitaire international et de l’échec de la communauté internationale à prendre sa part pour la paix, nous, soignants engagés en Syrie et solidaires du peuple ukrainien, prenons la parole.

Les Français sont préoccupés par les questions internationales et humanitaires. Ils sont sensibilisés, mobilisés, fondamentalement humanistes. Pour preuve, notre pétition sur Change.org qui avait récoltée près de 200 000 signatures sur l’arrêt des bombardements et du ciblage des hôpitaux en Syrie. C’est au nom des Français et de leur solidarité que nous nous adressons à vous, qui postulez à l’autorité suprême de la présidence de la République.

Nous vivons un moment de l’histoire, un tournant de la politique française et européenne, où la guerre s’est invitée sur notre continent. Nous ne pouvons plus l’ignorer comme nous l’avons fait pour d’autres conflits dont celui qui nous porte  depuis 11 ans en Syrie.

La France doit prendre sa part dans l’engagement pour la paix en Ukraine, en Syrie, au Yemen et ailleurs, là où le droit humanitaire international est bafoué. Quelle sera votre voix ? Quelle part pour la France dans la défense du droit humanitaire international ?

La communauté internationale a trop longtemps laissé faire en Syrie, la guerre éclate aujourd’hui en Ukraine, comment vous positionnerez-vous demain ailleurs dans le monde ?

Nous demandons solennellement au futur.e président.e, au-delà des voeux pieux, de nous présenter leur plan pour leurs 100 premiers jours.

- Que ferez-vous pour l’application des résolutions votées aux Nations Unies pour la mise en place d’une trêve immédiate et un cessez-le-feu ? (résolution 2401 de 2018 du Conseil de sécurité des Nations unies pour une trêve en Syrie et résolution A/ES-11/L.1 pour un cessez-le-feu immédiat en Ukraine)

- Que ferez-vous pour un engagement de toutes les parties aux conflits en Syrie et en Ukraine de se conformer à leurs obligations en vertu du droit international humanitaire, de protéger les populations et de garantir la protection des structures sanitaires ?

- Que ferez-vous pour la mise en place immédiate d’une zone de désescalade de la violence en Ukraine et son respect en Syrie ?

- Que ferez-vous pour garantir un accès sans entrave à l’aide humanitaire et permettre l’’ouverture et la protection de tous les couloirs humanitaires pour assurer un acheminement immédiat de l’aide internationale vitale en Ukraine et en Syrie ? Depuis 2020 en Syrie, seul un couloir humanitaire sur quatre est toujours ouvert pour l’acheminement de l’aide humanitaire internationale.

- Que ferez-vous pour débloquer des fonds d’urgence pour la réhabilitation du système sanitaire, éducatif, alimentation, eau, logement en Syrie et prévenir une grave crise humanitaire en Ukraine ?

- Que ferez-vous pour garantir un exercice libre des organisations humanitaires d’intervenir sans restriction en Syrie et en Ukraine ?

Les signataires :

Dr. Ziad Alissa, président de l’UOSSM France, anesthésiste-réanimateur
Pr Raphaël Pitti, rResponsable formation del’UOSSM France, anesthésiste-réanimateur

PRÉSIDENTIELLE: 12 candidats, pour quoi faire ?

PRÉSIDENTIELLE: 12 candidats, pour quoi faire ?

 

12 candidats ont finalement été retenus pour l’élection présidentielle. C’est évidemment ridicule car au moins la moitié n ‘ obtiendront que des scores complètement anecdotiques. Surtout ils ne représentent pas grand-chose dans la société ni en termes d’organisation ou de représentativité. La plupart n’ont d’ailleurs occupé que les fonctions publiques assez mineures qui ne leur permet pas d’appréhender une problématique de gestion globale d’un pays. En réalité pour une bonne moitié l’objectif est surtout de satisfaire un ego démesuré pour montrer sa bobine à la télé.Curieusement il est souvent plus facile d’être candidat comme président de la république que maire d’une ville moyenne de 50 000 habitants.

 

De ce point de vue la France est un des rares pays à afficher une telle cacophonie. Tout est sans doute à revoir dans la qualification des candidats a commencé par l’investiture de maires eux-mêmes. Qualifié pour juger de la pertinence d’une candidature présidentielle. À tout le moins il conviendrait de définir des critères démocratiques, des critères d’évaluation pour autoriser seulement les candidats ayant déjà prouvé leurs compétences au service de l’intérêt général et non des marginaux parfois sympathiques mais qui n’ont pas leur place dans une telle élection.

Guerre en Ukraine et les impostures de certains candidats aux présidentielles

 Guerre en Ukraine et  les impostures de certains candidats aux présidentielles

 

Tous ceux qui se prétendaient gaulliens sont pris à revers par l’offensive menée par Vladimir Poutine. L’enjeu de la campagne présidentielle est désormais de réarmer les démocraties face aux dangers qui les menacent, observe dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

 

Le déclenchement de la guerre en Ukraine au beau milieu de la campagne présidentielle française a mis le théâtre politique français sens dessus dessous. Des acteurs qui pensaient tenir le haut du pavé sont soudain pris à revers.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui espérait creuser l’écart avec ses concurrents, a le plus grand mal à justifier l’aveuglement dont il a fait preuve à l’égard de Vladimir Poutine, qu’il décrivait naguère comme une victime injustement agressée par l’OTAN. L’antiaméricanisme qui sert de grille de lecture à l’« insoumis » ne saurait tout justifier. Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts) et Anne Hidalgo (Parti socialiste), devenus les défenseurs les plus zélés du peuple ukrainien, se font fort de le lui rappeler depuis quelques jours, espérant au passage rééquilibrer un tant soit peu la balance électorale en leur faveur.

 

A droite et à l’extrême droite, l’explication est tout aussi musclée entre Valérie Pécresse et ses deux concurrents, Eric Zemmour et Marine Le Pen (Rassemblemant national), qui n’ont cessé de faire les yeux doux à l’autocrate, de l’excuser, de plaider sa cause. « Poutine le patriote », vantait, il y a peu, le chef de file de Reconquête !, Poutine auquel la candidate d’extrême droite avait rendu visite en mars 2017, un mois avant le premier tour de la présidentielle, pensant en faire un parrain de choix. Bas les masques !

Débusqué aussi François Fillon, qui siégeait au conseil d’administration de deux groupes pétroliers russes dont l’un proche de Vladimir Poutine. Alors que ce dernier venait de déclencher les hostilités, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy lui trouvait encore des excuses. Ce n’est que sous l’opprobre qu’il s’est résolu à démissionner de ses mandats. Fossoyeur de la droite lors de l’élection présidentielle de 2017, il était en train de plomber la campagne de celle qui tente cahin-caha de relever le flambeau.

Rarement un événement extérieur aura autant mis à nu les acteurs et dévoilé les impostures. Les thuriféraires de la voix singulière de la France, les contempteurs de l’Union européenne (UE) sont tombés dans le piège poutinien. Ils se disaient gaulliens. Ils n’ont fait que démontrer leur coupable faiblesse à l’égard d’un dirigeant doté de l’arme nucléaire et qui n’en fait qu’à sa tête.

 

D’aucuns s’inquiètent que la campagne présidentielle, qui a tant de mal à prendre, puisse être phagocytée par la guerre en Ukraine. Il faut au contraire s’en réjouir car l’événement, par sa brutalité, a pour effet de remettre les pendules à l’heure. La France est devenue dangereusement vulnérable. Si elle veut compter dans les affaires du monde, elle doit s’en donner les moyens. Par deux fois sous ce quinquennat, l’alerte a sonné.

La Guerre en Ukraine révèle les impostures de certains candidats aux présidentielles

La Guerre en Ukraine révèle les impostures de certains candidats aux présidentielles

 

Tous ceux qui se prétendaient gaulliens sont pris à revers par l’offensive menée par Vladimir Poutine. L’enjeu de la campagne présidentielle est désormais de réarmer les démocraties face aux dangers qui les menacent, observe dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

 

 

Le déclenchement de la guerre en Ukraine au beau milieu de la campagne présidentielle française a mis le théâtre politique français sens dessus dessous. Des acteurs qui pensaient tenir le haut du pavé sont soudain pris à revers.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui espérait creuser l’écart avec ses concurrents, a le plus grand mal à justifier l’aveuglement dont il a fait preuve à l’égard de Vladimir Poutine, qu’il décrivait naguère comme une victime injustement agressée par l’OTAN. L’antiaméricanisme qui sert de grille de lecture à l’« insoumis » ne saurait tout justifier. Yannick Jadot (Europe Ecologie-Les Verts) et Anne Hidalgo (Parti socialiste), devenus les défenseurs les plus zélés du peuple ukrainien, se font fort de le lui rappeler depuis quelques jours, espérant au passage rééquilibrer un tant soit peu la balance électorale en leur faveur.

 

A droite et à l’extrême droite, l’explication est tout aussi musclée entre Valérie Pécresse et ses deux concurrents, Eric Zemmour et Marine Le Pen (Rassemblemant national), qui n’ont cessé de faire les yeux doux à l’autocrate, de l’excuser, de plaider sa cause. « Poutine le patriote », vantait, il y a peu, le chef de file de Reconquête !, Poutine auquel la candidate d’extrême droite avait rendu visite en mars 2017, un mois avant le premier tour de la présidentielle, pensant en faire un parrain de choix. Bas les masques !

Débusqué aussi François Fillon, qui siégeait au conseil d’administration de deux groupes pétroliers russes dont l’un proche de Vladimir Poutine. Alors que ce dernier venait de déclencher les hostilités, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy lui trouvait encore des excuses. Ce n’est que sous l’opprobre qu’il s’est résolu à démissionner de ses mandats. Fossoyeur de la droite lors de l’élection présidentielle de 2017, il était en train de plomber la campagne de celle qui tente cahin-caha de relever le flambeau.

Rarement un événement extérieur aura autant mis à nu les acteurs et dévoilé les impostures. Les thuriféraires de la voix singulière de la France, les contempteurs de l’Union européenne (UE) sont tombés dans le piège poutinien. Ils se disaient gaulliens. Ils n’ont fait que démontrer leur coupable faiblesse à l’égard d’un dirigeant doté de l’arme nucléaire et qui n’en fait qu’à sa tête.

 

D’aucuns s’inquiètent que la campagne présidentielle, qui a tant de mal à prendre, puisse être phagocytée par la guerre en Ukraine. Il faut au contraire s’en réjouir car l’événement, par sa brutalité, a pour effet de remettre les pendules à l’heure. La France est devenue dangereusement vulnérable. Si elle veut compter dans les affaires du monde, elle doit s’en donner les moyens. Par deux fois sous ce quinquennat, l’alerte a sonné.

Présidentielle 2022 : le parrainage va balayer des candidats

Présidentielle 2022 : le parrainage va balayer des candidats

Il  ne reste qu’une dizaine de jours pour trouver les parrainages nécessaires  ( 500) qui légitiment  une candidature aux élections présidentielles. Plusieurs candidats pourraient ne pas réussir à atteindre le seuil fixé notamment Christiane Taubira, Poutou, Hélène Thouy, candidate Animaliste  et même Nicolas Dupont Aignan. Pour certains ce n’est pas très grave car en fait ils ne représentent pas grand-chose ( Il y a actuellement environ 90 candidats à la candidature !), pour d’autres c’est plus inquiétant notamment ceux auxquels on attribue autour de 10 % des intentions de vote. De toute évidence, un nouveau processus de parrainage mérite d’être mis en œuvre car la douzaine de candidatures retenues est évidemment excessive. Certains ne sont là en effet que pour satisfaire leur ego alors que leur représentativité est proche de zéro.

A sept semaines du scrutin, six candidats sont assurés de se présenter. Dans le trio de tête, on retrouve Valérie Pécresse (1 945 parrainages), Emmanuel Macron (1 345), qui ne s’est toutefois pas encore officiellement déclaré, et Anne Hidalgo (1 074). Les candidates LR et PS ainsi que le président sortant viennent d’être rejoints par Nathalie Arthaud (529), ex aequo avec Fabien Roussel (529) et Jean Lassalle (503), selon le dernier décompte publié par le Conseil constitutionnel, le 17 février.

Pour les autres candidats, la place n’est toujours pas garantie. Si Yannick Jadot s’approche du seuil des 500 parrainages avec seulement 10 signatures manquantes, d’autres, comme Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Eric Zemmour, Philippe Poutou, Christiane Taubira et Hélène Thouy, sont loin de la barre des 500 signatures. Il ne leur reste plus que 12 jours pour les trouver, et certains font part de leur inquiétude à l’idée de ne pas les obtenir.

Campagne électorale : les Français déçus des candidats

Campagne électorale : les Français déçus des candidats

Selon une étude réalisée par OpinionWay, les Français sont très déçus de la campagne électorale et des candidats. Ce n’est sans doute pas une surprise si les abstentions pourraient être records lors  de l’élection présidentielle avec une perspective de 35 %  à ajouter aux non-inscrits de 10 %, soit près de la moitié des Français qui ne iraient pas voter.

« Dans l’ensemble, les Français sont extrêmement critiques envers leur classe politique. Il y a beaucoup d’indifférence vis-à-vis de la campagne, même si on remarque une certaine demande d’espoir et de renouveau. C’est sur ces leviers que les candidats pourraient mobiliser les électeurs », analyse Charlotte Cahuzac, directrice des études qualitatives pour OpinionWay.

L’étude se concentre sur les cinq candidats régulièrement sondés au-dessus des 10 % d’intentions de vote dans le baromètre quotidien OpinionWay-Kéa Partners pour « Les Echos » . Pas encore officiellement candidat, Emmanuel Macron s’en sort le mieux et jouit d’une bonne image auprès de 40 % des personnes interrogées. Un chiffre qui tombe à 37 % pour Valérie Pécresse et 35 % pour Marine Le Pen .Dans le détail, les Français sont une grande majorité à percevoir Emmanuel Macron comme le « président des riches » et comme un président de « droite ». Les critiques revenant le plus souvent évoquent une personnalité « arrogante » et « méprisante » ainsi qu’une dimension « monarchique » et « autoritaire » dans sa façon de gouverner.

De son côté, Valérie Pécresse apparaît aux yeux de ses détracteurs comme un « Macron au féminin » qui ne ferait ni mieux ni différemment si elle accédait à l’Elysée. La candidate des Républicains incarne toutefois la compétence mais aussi un certain renouveau du casting politique.

L’irruption d’Eric Zemmour dans la campagne est par ailleurs une des causes principales de la relative « ringardisation » de Marine Le Pen. Beaucoup d’électeurs d’extrême-droite apprécient l’« audace » et la « détermination » de l’ancien polémiste. Mais il est très vivement rejeté par le reste du spectre électoral, et plus particulièrement par les sympathisants de gauche.

Si ses compétences de chef d’Etat potentiel sont largement remises en question, c’est surtout son discours qui inquiète les Français. Pour le définir, les mots « haineux », « intolérant », « raciste », « misogyne » et « homophobe » reviennent régulièrement.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon pâtit surtout de sa personnalité. Les sondés le définissent comme « caractériel » ou « hargneux ». Certains le disent aussi « froid » et « mégalomane

(*)L’étude a été réalisée du 4 au 14 février auprès d’un échantillon d’environ 1.500 personnes. La méthodologie qualitative repose sur l’analyse d’une question ouverte posée à l’ensemble de l’échantillon : Quel sentiment vous inspire chacun des candidats suivants ?

Candidats au Conseil constitutionnel : un manque de clarté

Candidats au Conseil constitutionnel : un manque de clarté

Professeur de droit Julien Jeanneney, dans une tribune au « Monde » dénonce le manque de clarté vis-à-vis des candidats au conseil constitutionnel.

 

Notons que la question de la présence de politiques au conseil constitutionnel n’est pas abordée ici or c’est une question fondamentale NDLR !

 

Tribune. 

Ce devait être un progrès admirable, mais la chose, pour l’instant, ne peut que décevoir. Longtemps menée dans l’ombre, la nomination triennale de trois membres du Conseil constitutionnel jouit, depuis peu, d’une publicité bienvenue. Depuis 2010, les candidats sont soumis à une audition parlementaire publique, diffusée à la télévision. Depuis 2013, les parlementaires doivent, ensuite, ratifier ou rejeter ces choix.

Nées de la révision constitutionnelle de 2008, conçues en contrepoint d’une extension des pouvoirs du Conseil constitutionnel, ces auditions ne devaient présenter, en principe, que des avantages. Par elles, les parlementaires sauraient faire émerger, au regard de tous, les qualités intellectuelles et civiques des candidats, leur vision de la Constitution et de la fonction juridictionnelle, leur connaissance de la jurisprudence. Soucieuses d’éviter un camouflet, les autorités de nomination se trouveraient incitées à privilégier des candidats sérieux. Ceux qui sont manifestement inadaptés à la fonction de juge constitutionnel, enfin, seraient désormais refusés.

 

Un vent venu d’Amérique avait soufflé sur cette réforme. Aux Etats-Unis, les candidats proposés par le président pour rejoindre la Cour suprême sont, depuis 1955, systématiquement interrogés par les membres d’une commission du Sénat. Depuis 1981, cette audition est retransmise à la télévision. Redoutable, l’épreuve influence, en amont, les choix présidentiels : à l’exception notable [en 2005] de Harriet Miers [à l’époque conseillère juridique à la Maison Blanche], dont George W. Bush, informé de ses faiblesses par des sénateurs [et à la demande de cette dernière], a retiré la candidature par crainte du ridicule, tous les candidats proposés depuis trois décennies étaient, par-delà leurs sensibilités politiques, d’éminents juristes à la trajectoire universitaire et professionnelle irréprochable. 

Hélas, en France, ces objectifs n’ont pas été atteints. En témoignent les vingt et une auditions de candidats au Conseil constitutionnel depuis 2010. La raison en est simple : les parlementaires n’y tiennent leur rôle, dans l’ensemble, que de façon superficielle.

Sans doute faut-il reconnaître qu’ils sont soumis à deux contraintes fâcheuses, sur lesquelles ils n’ont pas de prise directe.

La première est d’ordre arithmétique. La révision constitutionnelle de 2008 soumet le blocage d’une telle candidature à une exigence trop forte, qui mériterait d’être assouplie : une majorité qualifiée des trois cinquièmes des suffrages exprimés. A quoi s’ajoutent les solidarités partisanes, les mécanismes du parlementarisme rationalisé et le fait majoritaire. Chacun le perçoit : sauf coup de théâtre extraordinaire, ces auditions sont destinées à n’avoir aucune conséquence.

Pouvoir d’achat: les candidats à la présidentielle à côté du problème

Pouvoir d’achat: les candidats à la présidentielle à côté du problème

 

Contrairement aux affirmations du gouvernement et d’experts complaisants, l’inflation n’aura certainement pas un caractère très provisoire. Elle s’installe au contraire dans le paysage économique de manière durable. Ainsi en 2021 sur un an elle a déjà atteint 3 %. Pour 2022, l’INSEE prévoit un dérapage en milieu d’année de l’art de 3,5 % sur un an. Des votations qui évidemment se cumulent et sont loin d’être compensées par les augmentations de revenus.

Du coup les Français estiment que cette question n’est pas suffisamment prise en compte par les candidats à la présidentielle

Le retour en boomerang de l’inflation depuis quelques mois donne des sueurs froides au gouvernement, dont l’obsession première, en pleine campagne présidentielle, est d’éviter coûte que coûte que tous les efforts consentis pour améliorer le niveau de vie des Français soient anéantis.

La crainte des ménages est, il est vrai, réelle. Certes, selon une récente note de la direction générale du Trésor, le pouvoir d’achat a en réalité augmenté de façon significative, entre 4 % et 6 %, selon le profil des foyers, au cours des cinq dernières années. Et ce, principalement grâce aux massives baisses d’impôts engagées à l’instar de la suppression progressive de la taxe d’habitation pour tous d’ici 2023. Toutefois, les prix à la consommation, déjà en hausse de 2,9 % en janvier sur un an, devraient encore fortement augmenter de plus de 3 % ces prochains mois, selon l’Insee. Outre l’explosion des prix de l’énergie observée depuis le mois de septembre, ceux des produits alimentaires et des produits manufacturés. Il y a aussi et surtout peut-être l’augmentation des dépenses contraintes qui représentent au moins 40 % du budget des ménages les moins favorisés. Une augmentation insidieuse notamment des services qui discrètement se glissent dans les prélèvements automatiques des factures.

Le pouvoir d’achat apparaît comme le sujet le plus important pour une nette majorité d’électeurs de la France insoumise (74%), mais également pour ceux du Parti socialiste (55%) et du Rassemblement national (57%). Chez les sympathisants d’Europe Écologie Les Verts, c’est néanmoins l’environnement qui est plébiscité à 73%, et c’est l’immigration pour les partisans de Reconquête! (75%).

Par ailleurs, 67% des Français interrogés estiment que l’élection présidentielle de 2022 pourrait avoir un impact sur leur pouvoir d’achat. Un constat partagé par une majorité des sympathisants de tous les bords politiques. Cependant, aucun candidat n’est jugé suffisamment crédible.

Le pouvoir d’achat apparaît comme le sujet le plus important pour une nette majorité d’électeurs de la France insoumise (74%), mais également pour ceux du Parti socialiste (55%) et du Rassemblement national (57%). Chez les sympathisants d’Europe Écologie Les Verts, c’est néanmoins l’environnement qui est plébiscité à 73%, et c’est l’immigration pour les partisans de Reconquête! (75%).

Par ailleurs, 67% des Français interrogés estiment que l’élection présidentielle de 2022 pourrait avoir un impact sur leur pouvoir d’achat. Un constat partagé par une majorité des sympathisants de tous les bords politiques. Cependant, aucun candidat n’est jugé suffisamment crédible. L’élection de Marine Le Pen est perçue comme pouvant avoir l’impact le plus positif sur le pouvoir d’achat, pour 26% des sondés, devant Jean-Luc Mélenchon (23%), Valérie Pécresse (18%) et Emmanuel Macron (17%).

La mesure jugée la plus efficace dans l’amélioration du pouvoir d’achat (89%) est celle portée à la fois par Marine Le Pen et Anne Hidalgo, qui consiste à baisser la TVA sur l’électricité, le gaz et les carburants. Vient ensuite la proposition de Jean-Luc Mélenchon de baisser la TVA et de bloquer les prix des produits de première nécessité (88%), puis celle d’Éric Zemmour et de Valérie Pécresse de défiscaliser les heures supplémentaires (83%).

. Vient ensuite la proposition de Jean-Luc Mélenchon de baisser la TVA et de bloquer les prix des produits de première nécessité (88%), puis celle d’Éric Zemmour et de Valérie Pécresse de défiscaliser les heures supplémentaires (83%).

Une insuffisance de parrainages qui va éliminer nombre de candidats

Une insuffisance de parrainages qui va éliminer nombre de candidats

 

La multiplication des candidatures à gauche comme à droite va faire émerger la problématique des parrainages dont on peut par ailleurs discuter du principe. En effet l’éparpillement des candidatures va réduire le nombre de soutiens potentiels de maires . En outre certains partis vont donner des instructions pour interdire le parrainage de candidats concurrents.

 

Certes certains petits candidats n’ont sans doute rien à faire dans une élection présidentielle;  ils ne peuvent prétendre atteindre que 1 ou 2 % des voix. Il en va différemment pour les plus importants qui pourraient eux aussi être éliminés, ce qui poserait un grave problème de démocratie et remettrait en cause ce parrainage par les maires .Parmi les plus menacés, figurent Taubira, Dupont Aignan,  mais aussi Mélenchon.

L’état des parrainages au 5 février déclarés au conseil constitutionnel.

Emmanuel MACRON

529 parrainages

Valérie PÉCRESSE

324 parrainages

Anne HIDALGO

266 parrainages

Fabien ROUSSEL

159 parrainages

Nathalie ARTHAUD

138 parrainages

Jean-Luc MÉLENCHON

100 parrainages

Yannick JADOT

80 parrainages

Nicolas DUPONT-AIGNAN

77 parrainages

Éric ZEMMOUR

58 parrainages

Philippe POUTOU

54 parrainages

Marine LE PEN

35 parrainages

Christiane TAUBIRA

parrainages

Source : Conseil constitutionnel

Héritage : les propositions des candidats

 

Héritage : les propositions des candidats

 

 

Un article des Echos résume la position des principaux candidats face à la question controversée de l’héritage et des droits de succession.(Extraits)

 

De fait, taxer l’héritage à la famille reste mal vécu, quelle que soit la classe sociale. D’autant plus que les Français ont tendance à surévaluer le niveau de cette imposition : en réalité, seulement de 10 à 25 % des successions seraient soumises à des droits.

Cette forte impopularité avait poussé Emmanuel Macron à prudemment battre en retraite sur le sujet . En 2016, il assurait que « si on a une préférence pour le risque face à la rente, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF ». Mais le futur président avait refusé d’inclure un renforcement des droits de succession dans son programme, malgré la demande pressante des économistes qui le conseillaient.

Christophe Castaner, à la tête d’En marche, avait tenté de redonner vie à l’idée en 2018, avant de se faire sévèrement rabrouer par le chef de l’Etat. Depuis, c’est le silence radio dans la majorité sur le sujet, et personne ne sait si Emmanuel Macron abordera le dossier dans sa future campagne.

Pécresse pour un allégement

Il pourrait pourtant y trouver une occasion de se démarquer de sa rivale la plus dangereuse selon les sondages, Valérie Pécresse . La candidate LR veut aller à rebours d’un renforcement des droits de succession.

Dans son programme figure déjà l’idée d’autoriser un don défiscalisé de 100.000 euros maximum par les parents et grands-parents (50.000 euros pour les oncles et tantes) tous les six ans, alors qu’aujourd’hui, ce n’est possible que tous les quinze ans pour les parents. « Nous avons également l’intention de faire des propositions allégeant la fiscalité des successions », assure son entourage.

Le Pen veut favoriser l’enracinement

Du côté de l’extrême droite, Marine Le Pen veut, elle aussi, réduire le délai entre deux donations, à dix ans pour sa part. Les biens immobiliers jusqu’à 300.000 euros seraient également exonérés « pour favoriser l’enracinement et la transmission ».

Quant à Eric Zemmour , il propose de défiscaliser les dons jusqu’à 200.000 euros tous les dix ans pour les parents et grands-parents. Autre mesure : la suppression des droits de succession sur les transmissions d’entreprises familiales.

Réflexions chez Jadot et Hidalgo

A gauche, même si on y est favorable, le renforcement de la fiscalité sur les successions n’est pas forcément beaucoup mis en avant. Yannick Jadot martèle ainsi depuis plusieurs semaines son intention d’instaurer un « ISF climat », mais ses propositions en matière d’héritage restent encore à finaliser.

« Le problème de l’impopularité des taxes sur l’héritage nourrit une certaine timidité », reconnaît Christine Pirès-Beaune, députée PS du Puy-de-Dôme. Celle-ci avait déposé une proposition de loi sur le sujet en 2020, dont les principales mesures (prise en compte de toutes les transmissions successorales reçues au cours d’une vie, abattement rehaussé de 100.000 à 300.000 euros) devraient être reprises par Anne Hidalgo si elle se maintient comme candidate PS.

Mélenchon pour un héritage maximum

Du côté des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon veut notamment créer un héritage maximum pour les plus grandes fortunes, avec un plafonnement à 12 millions d’euros représentant 100 fois le patrimoine net médian.

Présidentielle 2022 : 30 à 50 candidats, la soupe est bonne !

Présidentielle 2022 : 30 à 50 candidats, la soupe est bonne !

Une trentaine de candidats ont déjà fait part de leur intention de se présenter en 2022. Une vingtaine d’autres pourrait le faire d’ici avril de l’année prochaine. Évidemment tous ne seront pas retenus. En 2017, 11 seulement, si l’on peut dire, avaient réussi à obtenir le nombre de signatures suffisantes. La particularité en France ,c’est que beaucoup de candidats déjà perdants se représentent encore, certains pour la deuxième ou la troisième fois. Certains très marginaux n’obtiendront que de 1 à 2 % mais c’est évidemment le moment de leur vie : apparaître sur le petit écran pour satisfaire leur ego. Pour d’autres, un peu plus sérieux , il s’agit de conquérir le pouvoir avec quelques chances de succès. Dans ce cas là, il ne sont que trois ou quatre.

Cet engouement démocratique pour la fonction présidentielle est aussi significatif du fait que la politique nourrit son homme. Certes tous ne visent pas la magistrature suprême et des milliers et des milliers de la superstructure politique (élus locaux, conseillers départementaux, conseillers de communauté, conseillers régionaux, députés, sénateurs etc.) vivent de cette activité pendant des années voire des dizaines d’années.

Certains candidats n’ont strictement aucune chance et sont là pour témoigner de leurs idées plus ou moins farfelues et ou de leur idéologie ( les trotskistes, le parti Animaliste, un maire transgenre et les inoxydable Jean Lassalle ou Asselineau.

Cette espèce de foire aux candidats ne grandit pas la France. Cela démontre au contraire l’affaiblissement des organisations qui normalement doivent assurer la médiation entre le pouvoir et les citoyens. Beaucoup de ces candidats sérieux vont même cacher leur organisation d’origine avec des slogans aussi médiocres que  : « ensemble, l’avenir c’est demain ». Bref le dégré zéro de la politique . Et pour se faire élire ou tenter, en multiplie évidemment les promesses de réévaluation notamment des salaires de chaque catégorie sociale. Un vrai concours Lépine de la démagogie qui démontre  qu’à défaut d’idées certains candidats ne manquent pas d’appétit pour la soupe du pouvoir. Pas étonnant si un personnage comme Zemmour émerge dans un environnement politique d’une telle médiocrité. De ce point de vue Macron avait montré le chemin en 2017.

Présidentielle: visite des candidats chez les « indigènes des territoires »

Présidentielle: visite des candidats chez les « indigènes des territoires »

 

Ce n’est sans doute pas un hasard si la plupart ont choisi la province pour annoncer leur participation à la présidentielle de 2022. En réalité, il y a un grand changement ; il ne s’agit plus de province, mot tombé dans la désuétude mais de territoires mots plus nobles que campagne, province ou terre éloignée.

 

D’une manière générale et pas seulement en politique, le terme territoire a effacé le mot province. Pour quelle raison scientifique ? Sans doute aucune mais pour des raisons de mode sémantique.

 

En politique, les gilets jaunes sont aussi passés par la et il est de bon ton de marquer la sensibilité provinciale de l’élite politique. Dans les faits malheureusement, la France est caractérisée par une hyper centralisation dans tous les domaines autour de Paris. C’est toujours là que tout se discute, tout se négocie, tout se décide.

 

La province a perdu de son attrait et de sa vigueur avec la désindustrialisation de la France. Elle ne pesait déjà pas lourd par rapport à Paris avant la mondialisation et la décrépitude industrielle française. Le mot territoire n’a guère de sens car il recouvre des réalités très diverses. Il y a une quinzaine de villes françaises de grande dimension.

Une  sorte de super agglo qui regroupe souvent la plus grande partie des habitants de la région et de l’activité économique. Quelques villes moyennes qui survivent avec difficulté grâce à quelques emplois tertiaires, beaucoup de retraités et des activités touristiques. Des petites villes souvent au bord de l’agonie qui progressivement sont privées de tout service public ou presque. Enfin le monde rural complètement désertique et dont l’avenir sera assuré par les résidents secondaires le temps des beaux jours. Seuls quelques vieux indigènes s’entête  à y rester.

 

Mais pour les élites parisiennes qui briguent les voix de tous les Français, hors  le périphérique parisien,  tout est territoire et tout est peuplé d’ indigène qu’il faut bien accepter de visiter pour recueillir leurs suffrages. La visite sera d’ailleurs largement commentée dans la presse locale qui se borne à traiter les faits divers comme les chiens écrasés. Une presse d’ailleurs en voie de disparition tellement le contenu est indigent.

 

Le président de la république lui-même a entamé un immense tour de France qui va durer des mois pour visiter ces indigènes, sorte de gaulois velléitaires qui s’entêtent  à refuser de rejoindre la région parisienne. Pas d’autres solutions donc que de faire une excursion en zone inconnue des territoires pour marquer sa relation féodale aux peuplades provinciales éloignées.

Elections Russie : Le parti de Poutine avec 40 % des voix dans une élection sans candidats d’opposition

Elections  Russie : Le parti de Poutine avec 40 % des voix dans une élection sans candidats d’opposition

 

Le parti de Poutine a récolté 43,39% des voix dans une élection où tous les candidats opposés officiellement à Poutine ont été interdits, selon des résultats préliminaires portant sur 21% des bureaux de vote. « 

Le parti du Kremlin devance les communistes du KPRF (22,82%) et semble assuré de conserver une large majorité à la Douma, la chambre basse du Parlement, même si ces résultats préliminaires témoignent d’une baisse par rapport à 2016. Russie Unie avait alors obtenu 54,2% des voix et les communistes 13,3%.

Le Kremlin a  écarté tous les concurrents les plus dangereux pour assurer à son parti, Russie unie, la majorité des sièges à la Douma. Les partisans de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny ont en réaction appelé à voter pour les candidats les mieux placés pour battre ceux de Russie Unie, bien souvent des communistes.

Primaire EELV: cinq candidats dans trois fonctionnaires

Primaire EELV: cinq candidats dans trois fonctionnaires

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2022: cinq candidats dont trois fonctionnaires  ou assimilés, soit une sur-représentation de responsables payés par les deniers publics. Ce qui explique souvent la radicalité des intéressés assurés de toucher leur salaire et qui ignorent la menace sur l’emploi tout autant que les réalités sociaux économiques. Cinq prétendants sont donc sur la ligne de départ: Sandrine Rousseau, enseignante-chercheuse en sciences économiques de 49 ans, ex-vice-présidente du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et ex-cadre dirigeante du parti; Éric Piolle, 48 ans, ancien cadre dirigeant de Hewlett-Packard et maire de Grenoble depuis 2014; Yannick Jadot, 53 ans, ancien responsable de Greenpeace France et député européen depuis 2009, vainqueur de la primaire d’EELV en 2016 avant de rejoindre le PS Benoît Hamon; Delphine Batho, 48 ans, ex-ministre et députée des Deux-Sèvres; Jean-Marc Governatori, enfin, âgé de 62 ans. L’ancien entrepreneur, écologiste centriste et conseiller municipal de Nice s’est imposé par voie de justice après la tentative d’exclusion du pôle écologiste de la formation de Corinne Lepage, qui lui apportait la majorité des parrainages nécessaires.

Démocratie–Election présidentielle de 2022 : déjà une bonne trentaine de candidats ou le folklore français

Démocratie–Election présidentielle de 2022 : déjà une bonne trentaine de candidats ou le folklore français

 

Si la crise démocratique en France se caractérise par une abstention de plus en plus inquiétante, par contre le nombre de candidats à la candidature ne faiblit pas. Cela vaut à peu près pour toutes les élections, de l’élection locale à l’élection présidentielle. Certains candidats présentent un  CV citoyen relativement étoffé tandis que d’autres sont de parfaits inconnus sans aucune expérience sociale. Même pour l’élection présidentielle , 30 à 50 candidats sont déjà sur les rangs. ( Et il manque encore les chasseurs, les pêcheurs, les boulistes et les joueurs du PMU notamment !)

Au final, on comptera seulement une bonne dizaine d’aspirants présidents, ce qui est déjà largement ridicule au regard des pratiques démocratiques internationales des pays développés. De toute évidence, une remise à plat complète de notre système démocratique s’impose notamment du fait que les élus ne sont réellement désignés que par une très petite partie du corps électoral. ( 10 % par exemple pour des élus locaux, départementaux ou régionaux, parfois moins ; pour les présidentielles l’abstention était déjà d’environ 25 % en 2017. À noter aussi qu’il faudrait tenir compte de 12 millions de mal ou non inscrits, soit 25 % des votants. La moitié des électeurs ne vote donc pas et les élus  recueillent au mieux 25 % des voix et dans certaines élections même moins de 10 %. Pour les présidentielles ,le vainqueur représentera un peu plus de 25 % au second tour.( Un peu plus de 10 % au premier tour).

Certains candidats sont là pour témoigner de leur posture plus ou moins iconoclaste ou tout simplement pour satisfaire un ego surdimensionné qui leur permet de façon presque rituelle d’apparaître sur le petit écran tous les cinq ans.

 

Il faut vraiment que la crise démocratique soit profonde en France pour se  laisser aller à une pantomime qui nourrit aussi le désintérêt voir le mépris du système politique.Notons que les candidats sortis de nulle part comme Macron donnent une légitimité supplémentaire à tous les fantaisistes qui se proposent de gérer la France alors que sans doute il ne serait pas capable de gérer une épicerie du coin.

Le JDD fait l’inventaire de cette espèce d’inventaire à la Prévert des candidats à la candidature.

Pour vous aider à y voir plus clair, le JDD a recensé les candidats officiellement déclarés, ceux qui passeront par des primaires ou encore ceux qui sont pressentis pour se présenter.

 

Les candidats

 

Ces responsables ont officialisé leur candidature ou bien ont déjà été désignés par leur mouvement. Il leur faut encore trouver les 500 parrainages d’élus d’ici à début 2022 pour se qualifier pour le premier tour. Les voici classés dans l’ordre chronologique de leur candidature, du plus récent au plus ancien.

Florian Philippot, ancien numéro deux du FN qui a fondé en 2017 le parti souverainiste Les Patriotes, a annoncé le mercredi 14 juillet 2021 sa candidature à la présidentielle.

Philippe Poutou* a été désigné pour la troisième fois de suite candidat par le Nouveau parti anticapitaliste, a annoncé sa formation lundi 28 juin 2021.

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), a été investi par ses militants à l’issue d’un vote organisé du 7 mai au 9 mai 2021. La dernière candidature communiste remonte à 2007 puisque le PCF s’était allié à Jean-Luc Mélenchon lors des deux précédentes présidentielles.

Xavier Bertrand a officialisé sa candidature à la présidentielle dans un entretien au Point le 24 mars 2021, sans passer par une primaire à droite. L’ex-ministre et secrétaire général de l’UMP, parti qu’il a quitté en 2017, conditionne cette ambition à une réélection à la tête de la Région Hauts-de-France, qu’il obtient le 27 juin.

Jean Lassalle*, président du parti Résistons, a confirmé à l’AFP le 16 mars 2021 sa deuxième candidature à la présidentielle, après celle de 2017.

Nathalie Arthaud* a vu sa troisième candidature consécutive être validée par le 50e congrès de Lutte ouvrière, les 19 et 20 décembre 2020.

Jean-Luc Mélenchon* a annoncé sa candidature, la troisième après 2012 et 2017, le 8 novembre 2020 au 20-Heures de TF1. La condition qu’il s’est lui-même fixée – recueillir 150.000 parrainages citoyens – a été atteinte quatre jours plus tard.

Nicolas Dupont-Aignan* s’est déclaré pour la troisième fois de suite candidat à la présidentielle, le 26 septembre 2020 lors de la rentrée de son parti, Debout la France, à Paris.

Jean-Frédéric Poisson a annoncé dans Valeurs actuelles sa candidature le 16 juillet 2020, en tant que président du Parti chrétien-démocrate, rebaptisé depuis « VIA, la voie du peuple ». Il se présente cette fois directement à la présidentielle, après être passé par la primaire de droite en 2016, dont il avait terminé à l’avant-dernière place.

Marine Le Pen*, finaliste de la dernière présidentielle, a fait part le 16 janvier 2020 lors de ses voeux à la presse de sa « décision » de briguer pour la troisième fois Elysée, après 2012 et 2017. Le Rassemblement national doit entériner cette candidature lors de son congrès prévu les 3 et 4 juillet à Perpignan.

François Asselineau*, président de l’UPR, a annoncé dès le 4 avril 2019 sur France 2 son intention d’être « candidat à la prochaine présidentielle ».

Eric Piolle, le maire de Grenoble, a confirmé sa candidature à cette primaire dans un entretien à France Bleu Isère diffusé mardi 29 juin 2021.

Delphine Batho, députée et présidente de Génération Ecologie, a officialisé sa candidature lundi 5 juillet 2021 sur BFMTV.

Sandrine Rousseau, ancienne secrétaire nationale adjointe d’EELV, a annoncé aux militants de son parti dès le 26 octobre 2020 son intention de se présenter à la primaire écologiste de septembre 2021.

Yannick Jadot, tête de liste EELV aux européennes de 2019, a officialisé mercredi 30 juin 2021 au 20-Heures de TF1 être candidat à la présidentielle via la primaire écologiste. Il avait déjà remporté la primaire de l’écologie en 2016 avant de renoncer à sa candidature présidentielle en s’alliant au PS alors mené par Benoît Hamon.

  • Valérie Pécresse a officialisé jeudi 22 juillet sa candidature à la présidentielle. Réélue fin juin à la tête de la Région Ile-de-France, la dirigeante du mouvement Libres!, qui a quitté LR en 2019, a toujours souhaité une « primaire la plus ouverte possible » pour la droite.
  • Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) et chef de service des urgences, a confirmé sa candidature sur France Info le 4 juillet. 

Ils sont pressentis :

  • Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, nourrirait des ambitions pour 2022 que l’intéressé ne confirme pas publiquement. L’ex-président des Républicains, en retrait de la scène nationale depuis sa démission consécutive à la débâcle de son camp aux européennes de 2019, n’est « pas dans une course de vitesse », a-t-il indiqué lundi 28 juin au lendemain de sa réélection aux régionales.
  • Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a déjà fait part de son intérêt d’être candidat à cette primaire, qu’il appelle de ses voeux.
  • Michel Barnier, l’ancien négociateur du Brexit pour l’UE, a expliqué en avril au Point avoir un « projet d’ambition » et « de rassemblement du pays », tout en précisant qu’il se décidera sur une candidature à l’automne 2021.
  • David Lisnard, maire LR de Cannes, a indiqué le 7 juillet 2021 sur BFMTV Nice Côté d’Azur qu’il pourrait « participer » à une primaire de la droite, tout en ne souhaitant pas l’annoncer formellement. Il avait présenté le 9 juin 2021 une ébauche de programme dans la perspective de 2022.
  • Rachida Dati, maire LR du 7e arrondissement de Paris, avait déclaré en septembre 2020 au quotidien britannique The Times vouloir « gagner l’élection présidentielle de 2022″. Elle n’a pas confirmé sa candidature mais entend peser en vue de cette échéance.
  • Pierre Larrouturou, fondateur de Nouvelle Donne, élu député européen en 2019 sur la liste PS-Place publique, a annoncé sa candidature le 6 juillet 2021 dans un entretien à Ouest-France via cette primaire citoyenne.
  • Gérard Filoche, ex-PS aujourd’hui à la tête du mouvement Gauche démocratique et sociale (GDS), s’est déclaré candidat le 10 juillet 2021.
  • Sandrine Rousseau, déjà candidate à la primaire écologiste, s’est engagée en cas de victoire à passer également par cette primaire citoyenne.

En outre :

  • Gaël Giraud, économiste et membre de la liste des 12 personnalités proposées, a jugé cette « initiative bienvenue » et estimé que les candidats à cette primaire devaient « y participer pleinement ».
  • Charlotte Marchandise, ancienne maire adjointe de Rennes en charge de la santé, a fait part de son intérêt le 8 juillet 2021 mais n’est pas dans la liste de 12 personnalités pouvant, à ce stade, récolter des parrainages. Elle a déjà remporté une primaire citoyenne en 2016 mais n’avait pas récolté ses 500 parrainages pour se présenter en 2017

 

  • Emmanuel Macron* refuse pour l’heure de se prononcer ouvertement sur la perspective de briguer un second mandat présidentiel mais son camp fait tout comme. Le chef de l’Etat ne devrait pas officialiser sa candidature avant 2022.
  • Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, a donné jeudi 1er juillet « rendez-vous à la rentrée » pour une éventuelle candidature à la présidentielle mais a déjà effectué un premier rassemblement d’élus de gauche le 12 juillet à Villeurbanne (Seine-Saint-Denis) au cours duquelle elle s’est vue remettre 500 premières signatures d’élus la soutenant.
  • Arnaud Montebourg, ex-ministre PS, a dit le 10 juin vouloir « peser » sur la présidentielle et s’est dit  »disponible pour cette perspective sérieuse d’une candidature unique » à gauche. Celui qui s’est mis en retrait de la vie politique depuis 2017 ne serait pas favorable à une primaire, lui qui a échoué à chaque fois à ce stade en 2012 et en 2017.
  • Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI réélu à la fin mai, s’est dit favorable à ce que sa formation présente un candidat en 2022. Il a indiqué que son parti arrêterait « à l’automne » sa position.
  • Eric Zemmour, polémiste d’extrême droite et figure de la chaîne de télévision CNews, cache de moins en moins son ambition présidentielle. L’association de financement du parti « Les amis d’Eric Zemmour » a été agréée mercredi 30 juin par la Commission nationale des comptes de campagne et l’homme doit sortir un livre en septembre.
  • Hélène Thouy, co-fondatrice du Parti animaliste, a annoncé jeudi 1er juillet sa candidature à la présidentielle.
  • Alexandre Langlois, policier et secrétaire général du syndicat Vigi, a annoncé sa candidature en juin 2021.
  • Clara Egger, enseignante-chercheuse aux Pays-Bas, est candidate depuis le 26 avril 2021 avec « le mouvement espoir RIC 2022″, qui défend l’introduction d’un référendum d’initiative citoyenne dans la Constitution.
  • Anasse Kazib, délégué syndical de Sud Rail et figure de la grève des cheminots en 2018, a annoncé en avril 2021 sa « pré-candidature » au sein du NPA, qu’il quitte ensuite.
  • Marie Cau, devenue en 2020 la première maire transgenre de France, à Tilloy-lez-Marchiennes (Nord) a annoncé son « souhait » d’être candidate à l’élection présidentielle, le 19 mars 2021 dans une interview à La Voix du Nord.
  • Jacline Mouraud, l’une des premières égéries du mouvement des Gilets jaunes, a annoncé le 7 décembre 2020 à l’AFP son souhait « de participer à l’élection présidentielle de 2022″.
  • Eric Drouet, leader des Gilets jaunes lors du conflit social de 2018-2019, a déclaré sa candidature le 18 octobre 2020.
  • Antoine Martinez, général, ancien officier de l’armée de l’air et récent signataire d’une tribune dans Valeurs actuelles sur le « délitement » de la France, s’est déclaré le 10 juillet 2020.
  • Hadama Traoré, militant associatif d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a indiqué en juin 2020 au Parisien qu’il va « aller » à la présidentielle avec son collectif « La Révolution est en marche ».
  • Gilles Lazzarini, chef d’entreprise et fondateur d’une ONG environnementale, a annoncé en juin 2020 son souhait de candidat, à la tête de son parti « P5″, le parti politique pour la paix et pour la protection de la planète.
  • Joachim Son-Forget, député non-inscrit élu en 2017 avec l’étiquette LREM, a indiqué le 12 février 2020 dans l’émission Touche pas à mon poste qu’il comptait être candidat en 2022.

Election présidentielle de 2022 : déjà une bonne trentaine de candidats ou le folklore français

Election présidentielle de 2022 : déjà une bonne trentaine de candidats ou le folklore français

 

Si la crise démocratique en France se caractérise par une abstention de plus en plus inquiétante, par contre le nombre de candidats à la candidature ne faiblit pas. Cela vaut à peu près pour toutes les élections, de l’élection locale à l’élection présidentielle. Certains candidats présentent CV citoyen relativement étoffé tandis que d’autres sont de parfaits inconnus sans aucune expérience sociale. Même pour l’élection présidentielle , 30 à 50 candidats sont déjà sur les rangs. ( Et il manque encore les chasseurs, les pêcheurs, les boulistes et les joueurs du PMU notamment !)

Au final, on comptera seulement une bonne dizaine d’aspirant président, ce qui est déjà largement ridicule au regard des pratiques démocratiques internationales des pays développés. De toute évidence, une remise à plat complète de notre système démocratique s’impose notamment du fait que les élus ne sont réellement désignés que par une très petite partie du corps électoral. ( 10 % par exemple pour des élus locaux, départementaux ou régionaux, parfois moins ; pour les présidentielles l’abstention était déjà d’environ 25 % en 2017. À noter aussi qu’il faudrait tenir compte de 12 millions de mal ou non inscrits, soit 25 % des votants. La moitié des électeurs ne vote donc pas et les élus  recueillent au mieux 25 % des voix et dans certaines élections même moins de 10 %. Pour les présidentielles le vainqueur représentera un peu plus de 25 % au second tour.

Certains candidats sont là pour témoigner de leur posture plus ou moins iconoclaste ou tout simplement pour satisfaire un ego surdimensionné qui leur permet de façon presque rituelle d’apparaître sur le petit écran tous les cinq ans.

 

Il faut vraiment que la crise démocratique soit profonde en France pour se  laisser aller à une pantomime qui nourrit aussi le désintérêt voir le mépris du système politique.Notons que les candidats sortis de nulle part comme Macron donnent une légitimité supplémentaire à tous les fantaisistes qui se proposent de gérer la France alors que sans doute il ne serait pas capable de gérer une épicerie du coin.

Le JDD fait l’inventaire de cette espèce d’inventaire à la Prévert des candidats à la candidature.

Pour vous aider à y voir plus clair, le JDD a recensé les candidats officiellement déclarés, ceux qui passeront par des primaires ou encore ceux qui sont pressentis pour se présenter.

 

Les candidats

 

Ces responsables ont officialisé leur candidature ou bien ont déjà été désignés par leur mouvement. Il leur faut encore trouver les 500 parrainages d’élus d’ici à début 2022 pour se qualifier pour le premier tour. Les voici classés dans l’ordre chronologique de leur candidature, du plus récent au plus ancien.

Florian Philippot, ancien numéro deux du FN qui a fondé en 2017 le parti souverainiste Les Patriotes, a annoncé le mercredi 14 juillet 2021 sa candidature à la présidentielle.

Philippe Poutou* a été désigné pour la troisième fois de suite candidat par le Nouveau parti anticapitaliste, a annoncé sa formation lundi 28 juin 2021.

Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), a été investi par ses militants à l’issue d’un vote organisé du 7 mai au 9 mai 2021. La dernière candidature communiste remonte à 2007 puisque le PCF s’était allié à Jean-Luc Mélenchon lors des deux précédentes présidentielles.

Xavier Bertrand a officialisé sa candidature à la présidentielle dans un entretien au Point le 24 mars 2021, sans passer par une primaire à droite. L’ex-ministre et secrétaire général de l’UMP, parti qu’il a quitté en 2017, conditionne cette ambition à une réélection à la tête de la Région Hauts-de-France, qu’il obtient le 27 juin.

Jean Lassalle*, président du parti Résistons, a confirmé à l’AFP le 16 mars 2021 sa deuxième candidature à la présidentielle, après celle de 2017.

Nathalie Arthaud* a vu sa troisième candidature consécutive être validée par le 50e congrès de Lutte ouvrière, les 19 et 20 décembre 2020.

Jean-Luc Mélenchon* a annoncé sa candidature, la troisième après 2012 et 2017, le 8 novembre 2020 au 20-Heures de TF1. La condition qu’il s’est lui-même fixée – recueillir 150.000 parrainages citoyens – a été atteinte quatre jours plus tard.

Nicolas Dupont-Aignan* s’est déclaré pour la troisième fois de suite candidat à la présidentielle, le 26 septembre 2020 lors de la rentrée de son parti, Debout la France, à Paris.

Jean-Frédéric Poisson a annoncé dans Valeurs actuelles sa candidature le 16 juillet 2020, en tant que président du Parti chrétien-démocrate, rebaptisé depuis « VIA, la voie du peuple ». Il se présente cette fois directement à la présidentielle, après être passé par la primaire de droite en 2016, dont il avait terminé à l’avant-dernière place.

Marine Le Pen*, finaliste de la dernière présidentielle, a fait part le 16 janvier 2020 lors de ses voeux à la presse de sa « décision » de briguer pour la troisième fois Elysée, après 2012 et 2017. Le Rassemblement national doit entériner cette candidature lors de son congrès prévu les 3 et 4 juillet à Perpignan.

François Asselineau*, président de l’UPR, a annoncé dès le 4 avril 2019 sur France 2 son intention d’être « candidat à la prochaine présidentielle ».

Eric Piolle, le maire de Grenoble, a confirmé sa candidature à cette primaire dans un entretien à France Bleu Isère diffusé mardi 29 juin 2021.

Delphine Batho, députée et présidente de Génération Ecologie, a officialisé sa candidature lundi 5 juillet 2021 sur BFMTV.

Sandrine Rousseau, ancienne secrétaire nationale adjointe d’EELV, a annoncé aux militants de son parti dès le 26 octobre 2020 son intention de se présenter à la primaire écologiste de septembre 2021.

Yannick Jadot, tête de liste EELV aux européennes de 2019, a officialisé mercredi 30 juin 2021 au 20-Heures de TF1 être candidat à la présidentielle via la primaire écologiste. Il avait déjà remporté la primaire de l’écologie en 2016 avant de renoncer à sa candidature présidentielle en s’alliant au PS alors mené par Benoît Hamon.

  • Valérie Pécresse a officialisé jeudi 22 juillet sa candidature à la présidentielle. Réélue fin juin à la tête de la Région Ile-de-France, la dirigeante du mouvement Libres!, qui a quitté LR en 2019, a toujours souhaité une « primaire la plus ouverte possible » pour la droite.
  • Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine) et chef de service des urgences, a confirmé sa candidature sur France Info le 4 juillet. 

Ils sont pressentis :

  • Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, nourrirait des ambitions pour 2022 que l’intéressé ne confirme pas publiquement. L’ex-président des Républicains, en retrait de la scène nationale depuis sa démission consécutive à la débâcle de son camp aux européennes de 2019, n’est « pas dans une course de vitesse », a-t-il indiqué lundi 28 juin au lendemain de sa réélection aux régionales.
  • Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, a déjà fait part de son intérêt d’être candidat à cette primaire, qu’il appelle de ses voeux.
  • Michel Barnier, l’ancien négociateur du Brexit pour l’UE, a expliqué en avril au Point avoir un « projet d’ambition » et « de rassemblement du pays », tout en précisant qu’il se décidera sur une candidature à l’automne 2021.
  • David Lisnard, maire LR de Cannes, a indiqué le 7 juillet 2021 sur BFMTV Nice Côté d’Azur qu’il pourrait « participer » à une primaire de la droite, tout en ne souhaitant pas l’annoncer formellement. Il avait présenté le 9 juin 2021 une ébauche de programme dans la perspective de 2022.
  • Rachida Dati, maire LR du 7e arrondissement de Paris, avait déclaré en septembre 2020 au quotidien britannique The Times vouloir « gagner l’élection présidentielle de 2022″. Elle n’a pas confirmé sa candidature mais entend peser en vue de cette échéance.
  • Pierre Larrouturou, fondateur de Nouvelle Donne, élu député européen en 2019 sur la liste PS-Place publique, a annoncé sa candidature le 6 juillet 2021 dans un entretien à Ouest-France via cette primaire citoyenne.
  • Gérard Filoche, ex-PS aujourd’hui à la tête du mouvement Gauche démocratique et sociale (GDS), s’est déclaré candidat le 10 juillet 2021.
  • Sandrine Rousseau, déjà candidate à la primaire écologiste, s’est engagée en cas de victoire à passer également par cette primaire citoyenne.

En outre :

  • Gaël Giraud, économiste et membre de la liste des 12 personnalités proposées, a jugé cette « initiative bienvenue » et estimé que les candidats à cette primaire devaient « y participer pleinement ».
  • Charlotte Marchandise, ancienne maire adjointe de Rennes en charge de la santé, a fait part de son intérêt le 8 juillet 2021 mais n’est pas dans la liste de 12 personnalités pouvant, à ce stade, récolter des parrainages. Elle a déjà remporté une primaire citoyenne en 2016 mais n’avait pas récolté ses 500 parrainages pour se présenter en 2017

 

  • Emmanuel Macron* refuse pour l’heure de se prononcer ouvertement sur la perspective de briguer un second mandat présidentiel mais son camp fait tout comme. Le chef de l’Etat ne devrait pas officialiser sa candidature avant 2022.
  • Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, a donné jeudi 1er juillet « rendez-vous à la rentrée » pour une éventuelle candidature à la présidentielle mais a déjà effectué un premier rassemblement d’élus de gauche le 12 juillet à Villeurbanne (Seine-Saint-Denis) au cours duquelle elle s’est vue remettre 500 premières signatures d’élus la soutenant.
  • Arnaud Montebourg, ex-ministre PS, a dit le 10 juin vouloir « peser » sur la présidentielle et s’est dit  »disponible pour cette perspective sérieuse d’une candidature unique » à gauche. Celui qui s’est mis en retrait de la vie politique depuis 2017 ne serait pas favorable à une primaire, lui qui a échoué à chaque fois à ce stade en 2012 et en 2017.
  • Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI réélu à la fin mai, s’est dit favorable à ce que sa formation présente un candidat en 2022. Il a indiqué que son parti arrêterait « à l’automne » sa position.
  • Eric Zemmour, polémiste d’extrême droite et figure de la chaîne de télévision CNews, cache de moins en moins son ambition présidentielle. L’association de financement du parti « Les amis d’Eric Zemmour » a été agréée mercredi 30 juin par la Commission nationale des comptes de campagne et l’homme doit sortir un livre en septembre.
  • Hélène Thouy, co-fondatrice du Parti animaliste, a annoncé jeudi 1er juillet sa candidature à la présidentielle.
  • Alexandre Langlois, policier et secrétaire général du syndicat Vigi, a annoncé sa candidature en juin 2021.
  • Clara Egger, enseignante-chercheuse aux Pays-Bas, est candidate depuis le 26 avril 2021 avec « le mouvement espoir RIC 2022″, qui défend l’introduction d’un référendum d’initiative citoyenne dans la Constitution.
  • Anasse Kazib, délégué syndical de Sud Rail et figure de la grève des cheminots en 2018, a annoncé en avril 2021 sa « pré-candidature » au sein du NPA, qu’il quitte ensuite.
  • Marie Cau, devenue en 2020 la première maire transgenre de France, à Tilloy-lez-Marchiennes (Nord) a annoncé son « souhait » d’être candidate à l’élection présidentielle, le 19 mars 2021 dans une interview à La Voix du Nord.
  • Jacline Mouraud, l’une des premières égéries du mouvement des Gilets jaunes, a annoncé le 7 décembre 2020 à l’AFP son souhait « de participer à l’élection présidentielle de 2022″.
  • Eric Drouet, leader des Gilets jaunes lors du conflit social de 2018-2019, a déclaré sa candidature le 18 octobre 2020.
  • Antoine Martinez, général, ancien officier de l’armée de l’air et récent signataire d’une tribune dans Valeurs actuelles sur le « délitement » de la France, s’est déclaré le 10 juillet 2020.
  • Hadama Traoré, militant associatif d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), a indiqué en juin 2020 au Parisien qu’il va « aller » à la présidentielle avec son collectif « La Révolution est en marche ».
  • Gilles Lazzarini, chef d’entreprise et fondateur d’une ONG environnementale, a annoncé en juin 2020 son souhait de candidat, à la tête de son parti « P5″, le parti politique pour la paix et pour la protection de la planète.
  • Joachim Son-Forget, député non-inscrit élu en 2017 avec l’étiquette LREM, a indiqué le 12 février 2020 dans l’émission Touche pas à mon poste qu’il comptait être candidat en 2022.

Régionales et départementales 2021 : énorme défaite des membres du gouvernement candidats

 Régionales et départementales 2021 : énorme défaite des membres du gouvernement candidats

 

défaite  historique la majorité en place   nettement balayée lors des élections régionales avec un score ne dépassant pas 11 % . Derrière, la droite grand vainqueur, la gauche et les écolos. Les résultats les plus significatifs :

 

Île-de-France

 

Le candidat macroniste qui conduisait la liste, Laurent Saint-Martin, est arrivé quatrième derrière la présidente ex-LR sortante (44,9%), l’écologiste Julien Bayou (33,3%) et le vice-président du RN Jordan Bardella (11,4%).

Centre Val de Loire

Le  ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement a été placé en quatrième position à l’échelle de la région (16%). Il arrive derrière le président PS sortant, François Bonneau (39%), le candidat RN Aleksandra Nicolic (25%), et le député LR Nicolas Forissier (20%).

Régionales en Nouvelle-Aquitaine

La ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens combattants a obtenu 13% des voix en Nouvelle-Aquitaine. Elle se place loin derrière le président PS sortant Alain Rousset, réélu pour un cinquième mandat (39%).

 Régionales dans le Grand Est

La ministre déléguée chargée de l’Insertion, Brigitte Klinkert, obtient 13% des voix dans la région Grand Est. Elle termine loin derrière le président LR sortant Jean Rottner (39%).

Démocratie et mode de désignation des candidats : la fin du vote à la papa ?

Démocratie et mode de désignation des candidats : la fin du vote à la papa ?

A dix-huit mois de la présidentielle, les partisans de la primaire, contestée depuis les échecs de Benoît Hamon et François Fillon en 2017, essaient de redonner du crédit à ce mode de désignation. Jusqu’à chercher l’inspiration dans des vidéos YouTube de mathématiciens

Matthieu Deprieck    dans un papier de l’opinion engage une réflexion sur le mode de désignation des candidats aux élections.

Bruno Retailleau propose d’organiser une primaire à droite autour d’un nouveau mode de scrutin, le « vote préférentiel ». La République en marche en a choisi un autre pour ces élections internes : le « jugement majoritaire ». A gauche, la Fondation Jean-Jaurès regarde, elle, du côté des Etats-Unis.

A la mort de Valéry Giscard d’Estaing, une vidéo a ressurgi sur Twitter. Dans le studio d’Europe 1, Edouard Philippe, encore loin d’être Premier ministre, se souvenait de la leçon qu’il avait reçue de VGE à la création de l’UMP, ancêtre des Républicains. Cela ne marchera pas, avait asséné l’ex-Président, parce que « vous n’avez pas changé le mode de scrutin. C’est le mode de scrutin qui détermine la structuration de la vie politique. »

Deux décennies plus tard, dans le petit monde politique, quelques hommes et femmes d’appareil s’accrochent à cette sentence. A droite, à gauche, au centre, ils essaient de secouer le cocotier républicain pour en faire tomber le bon vieux vote, qui élimine plus qu’il ne désigne.

La proximité de la présidentielle n’y est pas pour rien. « Les primaires de 2016 ont représenté une expérience traumatisante pour le PS et Les Républicains. Elles ont désigné deux candidats soutenus par la base militante au prix d’une compétition qui a divisé leur camp », rappelle Chloé Ridel, cofondatrice de l’association Mieux voter. De nombreux ténors jurent aujourd’hui qu’on ne les y reprendra plus. En face, les défenseurs de la primaire se creusent les méninges pour la réhabiliter.

« Rien compris ». Pour convaincre ses camarades, le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau s’est tourné vers le « vote préférentiel », inspiré par un membre de son équipe, nourri aux vidéos de mathématiciens youtubeurs. Au moment de se lancer vers 2022, le sénateur de Vendée s’est souvenu des résultats d’une enquête menée cinq ans plus tôt auprès des sympathisants LR. Une majorité regrettait les attaques entre Alain Juppé et François Fillon dans l’entre-deux tours de la primaire. Comment éviter pareille confrontation, s’est-il alors demandé. Simple : en supprimant le second tour.

Le « vote préférentiel » le permet. « Ce mode de scrutin à un tour pourrait faire consensus, pour plus de sérénité et d’unité », écrit-il dans son document de présentation, envoyé aux 278 000 personnes qui constituent le fichier utilisé par François Fillon en 2017. 500 ont répondu qu’ils ne voulaient plus entendre parler de la primaire, 500 autres ont trouvé le système intéressant.

Il est pourtant complexe. L’électeur est invité à classer tous les prétendants. Si un candidat figure en première position sur 50 % des bulletins, il est élu. Sinon, le candidat qui récolte le moins de premières places est éliminé et ses bulletins sont réaffectés à celui qui y figure en deuxième choix. Ainsi de suite jusqu’à ce qu’un impétrant franchisse le seuil de 50 % de votes. « Franchement, je n’ai rien compris », a raillé sur Europe 1, Xavier Bertrand.

«  Excellent  » ou «  passable  ». En Australie, où ce mode de désignation est utilisé, le dépouillement peut prendre des heures, reconnaît l’équipe de Bruno Retailleau, qui se dit ouverte aux alternatives. Elle va d’ailleurs recevoir l’association Mieux voter, qui promeut, elle, le « jugement majoritaire ». Dans ce cas de figure, il ne s’agit plus de classer les candidats mais de leur attribuer une mention de « excellent » à « insuffisant », en passant par « bien » ou « passable ».

Le « jugement majoritaire » n’est pas qu’une lubie de geeks. La République en marche vient de l’utiliser pour désigner les animateurs de ses centaines de comités locaux. « Au début, il y a eu des réticences à abandonner le système majoritaire classique. Aujourd’hui, il y a de l’impatience », assure Justine Henry, cheville ouvrière de cette révolution. Elle y voit de nombreux avantages : « Les candidats sont élus avec une majorité pour eux alors que dans le système traditionnel, ils récoltent au maximum 30 % des suffrages. »

Chloé Ridel de l’association Mieux voter a récemment présenté le « jugement majoritaire » à Europe Ecologie-Les Verts. Le « parlement » du parti réfléchissait à l’adopter pour sa primaire prévue avant la fin septembre 2021. La majorité était emballée mais la décision est tombée : « Nous ne souhaitons pas l’expérimenter sur un vote aussi capital. » La bataille entre Yannick Jadot et Eric Piolle promet d’être assez intense pour ne pas ajouter une inconnue supplémentaire.

A l’américaine. Cela n’étonne pas Emeric Bréhier, directeur de l’Observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès. Changer le mode de désignation, c’est acter une rupture avec une tradition ancrée depuis des décennies dans l’histoire française. En 2010, il comptait parmi les membres du groupe de travail dirigé par Arnaud Montebourg pour rénover le Parti socialiste. Le futur ministre de François Hollande avait commencé à réfléchir à un mode de scrutin inspiré des primaires américaines. L’idée n’était pas allée très loin, faute de soutiens. « Déjà, convaincre de l’utilité d’organiser une primaire avait été difficile, alors installer un mode de désignation innovant… », souffle Emeric Bréhier.

Avec Sébastien Roy, l’ex-député PS a rédigé une note pour la Fondation Jean-Jaurès dans laquelle il propose une organisation pour une primaire de gauche en 2021. Le nom choisi a tout d’une fable de La Fontaine : l’escargot et l’entonnoir.

« Escargot » parce que le scrutin serait réparti sur cinq week-ends consécutifs. Chaque groupe de régions serait appelé aux urnes à tour de rôle. « Entonnoir » parce qu’à chaque session, le ou les candidats n’ayant pas atteint un seuil préalablement défini seraient éliminés. Un tel scrutin serait plus facile à organiser, argue Emeric Bréhier : « Pour tenir 10 000 bureaux de vote, il faut trouver 40 000 personnes sur tout le territoire. » Le PS en serait aujourd’hui incapable. Le gain politique ne serait pas non plus à négliger : « Avec une exposition politique plus longue, des candidatures pourraient briser le plafond de verre et monter en puissance. Qui en 2008 croyait aux chances de Barack Obama lorsqu’il s’est lancé à la conquête de la Maison Blanche ? »

Les résistances au changement sont fortes. Le débat sur le vote par correspondance l’a montré. De tous ceux qui y étaient favorables dans la majorité, il ne reste plus que le MoDem. Très tôt, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin avait douché les espoirs, s’interrogeant sur « cette volonté d’américaniser notre système institutionnel ».

Avec les mêmes arguments, la mission d’information du Sénat sur le vote à distance a rejeté l’idée d’amender le mode de scrutin pour les régionales et départementales de juin 2021. L’unité de temps et de lieu fait partie du « rituel républicain », estime le président de la commission des lois, le sénateur LR François-Noël Buffet : « Le décret pris par le Premier ministre indique bien qu’il convoque les électeurs. La concrétisation de cette convocation, c’est le passage par l’isoloir. »

Les portes de la présidentielle restent donc pour l’instant fermées au nez des révolutionnaires du « vote préférentiel », du « jugement prioritaire » ou de « l’escargot et de l’entonnoir ». Ils continuent malgré tout de pousser si ce n’est pour 2022, au moins pour 2027.

 

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