Archive pour le Tag 'campagne'

Politique- Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Politique- Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu  dire Élisabeth Borne  qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30. Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » Un discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde et rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales.

Bref plus de compromis et de dialogue. Pour le reste concernant les objectifs,  c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF.. « Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’y aurait  pas de hausse d’impôts.( question comment on finance !)  Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.

La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Borne en rappelant le changement de nom de Pôle Emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine. Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation. Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis. Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu  dire Élisabeth Borne  qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30. Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » Un discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde et rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales.

Bref plus de compromis et de dialogue. Pour le reste concernant les objectifs,  c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF.. « Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’y aurait  pas de hausse d’impôts.( question comment on finance !)  Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.

La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Borne en rappelant le changement de nom de Pôle Emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine. Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation. Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis. Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu Élisabeth bornent qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30.

Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » n discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde est rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales. Bref plus de compromis et de dialogue.

Pour le reste concernant les objectifs c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF..

« Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’irait pas de hausse d’impôts. Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.  La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Morne en rappelant le changement de nom de pôle emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine.

Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation.

Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis.

Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Campagne législatives : Elisabeth Borne, pas à la hauteur

Campagne législatives : Elisabeth Borne, pas à la hauteur 

  • Pascal Perrineau, politologue, estime qu’ Élisabeth Bernard pas été à la hauteur lors  de la campagne électorale des législatives .  Elisabeth Borne n’a pas joué son rôle de chef de la majorité durant la campagne. Par ailleurs, il relativise les résultats dans l’Opinion. 
Le bloc majoritaire a perdu environ trois points, les composantes de la Nupes ont gagné deux ou trois points. Au fond, on assiste à une assez grande stabilité de ces blocs même si, avec la Nupes, une gauche radicale est de retour. »

On évoque beaucoup une « résurrection de la gauche » mais la Nupes dépasse tout juste un quart des voix. « Ce n’est pas un score fabuleux, juge le professeur émérite à Sciences Po. Comparé à ce que des candidats comme Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon ont su attirer au premier tour, c’est même une érosion. 25% à 26% pour un bloc de gauche, en France, ce n’est pas grand-chose. »

Toujours est-il que le résultat reste une déception pour le camp macroniste. « Les forces qui constituent Ensemble! ne sont jamais devenues de vrais partis locaux, analyse Pascal Perrineau. Or une élection législative, c’est aussi une élection locale. Même les députés sortants de la macronie sont souvent inconnus au bataillon ». En outre, « la campagne a été indigente : programme extrêmement tardif, extrêmement flou, manque d’énergie… Et Elisabeth Borne n’a pas joué son rôle de chef de la majorité durant la campagne. »

Si Emmanuel Macron devait décrocher moins de 289 députés à l’issue du second tour, la situation serait-elle comparable à ce qu’a connu François Mitterrand en 1988 ? « Elle serait proche, car en 1988, Mitterrand ne dispose pas de la majorité. Mais il ne lui manque que quelques unités pour atteindre la barre des 289 et le gouvernement de Michel Rocard va de temps en temps s’appuyer sur les élus d’Outre-Mer, sur les centristes et les modérés, de temps en temps les communistes… Et il y avait l’article 49.3 qui a été utilisé 28 fois, ce qui n’est plus possible aujourd’hui. Ça sera plus difficile, surtout s’il manque une vingtaine de députés (…). Ça apprendra à Emmanuel Macron un peu de culture parlementaire ! On se mettra autour d’une table, on discutera, on cherchera des compromis… Je vis ça plutôt comme une qualité que comme un défaut. »

Pour Pascal Perrineau, « l’électorat est de plus en plus exaspéré qu’on lui dise de voter contre la droite radicale, contre la gauche radicale… Les électeurs ont envie qu’on leur donne de bonnes raisons pour voter. Un projet, une ambition pour le pays et il faut bien reconnaître que ce n’était pas le cas pour ces législatives. »

Campagne électorale Législatives 2022 : une caricature ?

Campagne électorale  Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections législatives 2022 : Une campagne en dehors du sujet

Elections législatives 2022 : Une campagne en dehors du sujet

 

Atone avant le premier tour, le débat politique tourne, depuis, à la caricature. Plutôt que de débattre des graves enjeux du moment, la majorité s’applique à présenter la gauche en menace pour la République et les candidats de la Nupes prétendent dévoiler l’« agenda caché » du président. ( papier du Monde)

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Politique–Campagne Législatives 2022 : une caricature ?

Politique–Campagne Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections législatives 2022 : Une campagne à côté de la plaque

Elections législatives 2022 : Une campagne à côté de la plaque

 

Atone avant le premier tour, le débat politique tourne, depuis, à la caricature. Plutôt que de débattre des graves enjeux du moment, la majorité s’applique à présenter la gauche en menace pour la République et les candidats de la Nupes prétendent dévoiler l’« agenda caché » du président. ( papier du Monde)

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Campagne Législatives 2022 : une caricature ?

 Campagne Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Présidentielle 2022 : une campagne électorale ennuyeuse (Véronique Reille-Soulte)

Présidentielle 2022 : une  campagne électorale ennuyeuse (Véronique Reille-Soulte)

Spécialiste de la communication d’influence, à la tête d’un cabinet de conseil, experte de l’analyse de l’opinion, Véronique Reille-Soulte scrute les réseaux sociaux. Pour elle, cette campagne présidentielle est très singulière. ( la Tribune).

 

LA TRIBUNE – Que vous apprend l’analyse des réseaux sociaux sur l’intérêt que portent les Français à cette campagne présidentielle ?

VÉRONIQUE REILLE-SOULTE -

Rarement, nous avons vu si peu d’intérêt de la part des Français pour une élection présidentielle. Le sujet s’est longtemps effacé derrière la guerre en Ukraine, le Covid, la question du pouvoir d’achat, etc. Les citoyens étaient pris par d’autres préoccupations. Même aujourd’hui, à quelques jours du scrutin, l’intérêt n’est pas aussi manifeste que lors des précédentes présidentielles.

Est-ce dû au président sortant qui est candidat à sa réélection alors qu’on voit un effet « drapeau » se dessiner ? Les internautes se disent sans doute : « à quoi bon, puisque les jeux sont faits ». Même si, bien entendu, ce n’est pas le cas. On constate surtout  – et c’est très marqué sur les réseaux sociaux – qu’il n’y a pas d’engagement autour d’Emmanuel Macron – qui est pourtant désigné comme le favori – alors qu’en 2017, il avait bénéficié d’une forte phase de curiosité. En général, cette séquence est suivie par une phase d’intérêt, de notoriété. Puis par une phase d’engagement, d’adhésion – on partage, on commente, on like, on reprend les propos.

Politique Macron : une campagne électorale pas très professionnelle et d ’une grande insouciance

Politique Macron : une campagne électorale pas très professionnelle et d ’une grande insouciance

 

 

 

Percuté par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron entend s’appuyer sur son bilan global notamment économique pour briguer un second mandat, malgré un programme qui semble peiner à convaincre, souligne Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Tellement certain d’être réélu face à Marine Le Pen, le président monarque n’a guère pris de temps et de soins pour préparer la campagne électorale. Il a sans doute considérer que sa personnalité et sa supériorité seront suffisantes pour lui assurer la victoire. Le problème c’est que d’une part le bilan n’est pas évident notamment sur le plan économique et que les promesses paraissent particulièrement brouillonnes et manquent sérieusement de hauteur et de perspectives .Bref le président s’aperçoit peut-être tardivement qu’il serait temps de prendre la campagne électorale un peu au sérieux car les sondages désormais menacent

 

 

Chronique.

 

C’est peu dire qu’il était attendu. Après des semaines de spéculations en tous sens sur le fond et la forme, Emmanuel Macron a finalement choisi de présenter son programme lors d’une conférence de presse devant plusieurs dizaines de journalistes, le 17 mars. Exit, l’effervescence interrogative qui accompagnait le même exercice cinq ans plus tôt, en mars 2017. A l’époque, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et ministre de l’économie, qui avait démissionné quelques mois plus tôt pour se lancer en solo, faisait figure d’outsider, promettant de rebattre les cartes du jeu politique. Entouré d’économistes de renom (Jean Pisani-Ferry, Philippe Martin, Philippe Aghion…), il avait aussi à cœur d’asseoir sa crédibilité, notamment en matière de politique économique.

Cinq ans plus tard, c’est un président éprouvé par trois crises majeures – sociale, avec les « gilets jaunes », sanitaire, avec le Covid-19, géopolitique, avec la guerre en Ukraine – qui se présente pour un second mandat. Et c’est davantage comme un professeur devant ses élèves, avec une présentation en plusieurs parties et sous-parties égrenée durant plus de quatre heures, qu’est apparu le chef de l’Etat.

Mesures amendées dans les jours suivants par son entourage ou le gouvernement, comme le RSA conditionné à quinze ou vingt heures d’activité ou de formation, chiffrage approximatif ne disant rien de la réelle manière de faire les économies nécessaires pour financer les dépenses engagées… Le président candidat n’est pas parvenu à dissiper l’impression d’éparpillement et d’impréparation, les jours suivants.

Macron compte sur son bilan

Pourtant, jurent ses soutiens, en amont, le travail a été fait : réunions de commissions, envoi de notes… Alors, manque de temps ? D’intérêt ? Depuis un mois, l’invasion russe bouleverse le calendrier du président, qui a longtemps espéré bénéficier d’une « fenêtre » plus apaisée pour se présenter après les deux années de pandémie. Elle modifie aussi les priorités des Français, toujours plus soucieux de leur pouvoir d’achat.

« Soit Macron et Kohler [le secrétaire général de l’Elysée] n’ont pas eu le temps de se pencher sur les détails du projet, et d’arbitrer précisément – or, s’ils ne tranchent pas, personne ne le fait –, soit ils ont voulu se laisser de la marge de manœuvre », lâche, déconcerté, un soutien de la première heure.

idat compte sur un élément majeur pour continuer à le porter : son bilan. Bilan économique avec le redressement de l’économie et la baisse du chômage, qui a atteint 7,4 % fin 2021, et capacité à traverser lesdites crises. Le 17 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a insisté sur sa « crédibilité liée aux cinq dernières années » : « Je tâche de faire ce que je dis et j’essaie de dire à chaque fois ce que je fais. »

Macron : une campagne électorale d’une grande confusion et d’une grande insouciance

Macron : une campagne électorale d’une grande confusion et d’une grande insouciance

 

 

 

Percuté par la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron entend s’appuyer sur son bilan économique pour briguer un second mandat, malgré un programme qui semble peiner à convaincre, souligne Audrey Tonnelier, journaliste au « Monde », dans sa chronique.

Tellement certain d’être réélu face à Marine Le Pen, le président monarque n’a guère pris de temps et de soins pour préparer la campagne électorale. Il a sans doute considérer que sa personnalité et sa supériorité seront suffisantes pour lui assurer la victoire. Le problème c’est que d’une part le bilan n’est pas évident notamment sur le plan économique et que les promesses paraissent particulièrement brouillonnes et manquent sérieusement de hauteur et de perspectives .Bref le président s’aperçoit peut-être tardivement qu’il serait temps de prendre la campagne électorale un peu au sérieux car les sondages désormais menacent

 

 

Chronique.

 

C’est peu dire qu’il était attendu. Après des semaines de spéculations en tous sens sur le fond et la forme, Emmanuel Macron a finalement choisi de présenter son programme lors d’une conférence de presse devant plusieurs dizaines de journalistes, le 17 mars. Exit, l’effervescence interrogative qui accompagnait le même exercice cinq ans plus tôt, en mars 2017. A l’époque, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée et ministre de l’économie, qui avait démissionné quelques mois plus tôt pour se lancer en solo, faisait figure d’outsider, promettant de rebattre les cartes du jeu politique. Entouré d’économistes de renom (Jean Pisani-Ferry, Philippe Martin, Philippe Aghion…), il avait aussi à cœur d’asseoir sa crédibilité, notamment en matière de politique économique.

Cinq ans plus tard, c’est un président éprouvé par trois crises majeures – sociale, avec les « gilets jaunes », sanitaire, avec le Covid-19, géopolitique, avec la guerre en Ukraine – qui se présente pour un second mandat. Et c’est davantage comme un professeur devant ses élèves, avec une présentation en plusieurs parties et sous-parties égrenée durant plus de quatre heures, qu’est apparu le chef de l’Etat.

Mesures amendées dans les jours suivants par son entourage ou le gouvernement, comme le RSA conditionné à quinze ou vingt heures d’activité ou de formation, chiffrage approximatif ne disant rien de la réelle manière de faire les économies nécessaires pour financer les dépenses engagées… Le président candidat n’est pas parvenu à dissiper l’impression d’éparpillement et d’impréparation, les jours suivants.

Macron compte sur son bilan

Pourtant, jurent ses soutiens, en amont, le travail a été fait : réunions de commissions, envoi de notes… Alors, manque de temps ? D’intérêt ? Depuis un mois, l’invasion russe bouleverse le calendrier du président, qui a longtemps espéré bénéficier d’une « fenêtre » plus apaisée pour se présenter après les deux années de pandémie. Elle modifie aussi les priorités des Français, toujours plus soucieux de leur pouvoir d’achat.

« Soit Macron et Kohler [le secrétaire général de l’Elysée] n’ont pas eu le temps de se pencher sur les détails du projet, et d’arbitrer précisément – or, s’ils ne tranchent pas, personne ne le fait –, soit ils ont voulu se laisser de la marge de manœuvre », lâche, déconcerté, un soutien de la première heure.

idat compte sur un élément majeur pour continuer à le porter : son bilan. Bilan économique avec le redressement de l’économie et la baisse du chômage, qui a atteint 7,4 % fin 2021, et capacité à traverser lesdites crises. Le 17 mars, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Emmanuel Macron a insisté sur sa « crédibilité liée aux cinq dernières années » : « Je tâche de faire ce que je dis et j’essaie de dire à chaque fois ce que je fais. »

Politique: Macron, une non campagne du funambule !

Politique: Macron, une non campagne du funambule  !

 

par Charlotte Euzen dans l’Opinion.

 

Lors de la campagne de 2017, Emmanuel Macron choisissait la stratégie du risque extrême, conjuguant audace, courage et provocation pour conquérir les urnes. Sa ligne politique et sa méthode, construites sur la disruption et la rupture, portaient en leur sein la volonté de renverser un système et de se livrer tout entier à la bataille des hommes et des idées. L’audace et l’assurance palliaient alors l’absence de passé politique et de parti.

Ce « moment Macron », où un système politique se décompose tandis qu’un aventurier du pouvoir s’impose à tous a souvent été perçu comme une élection par effraction. Il s’agissait tout au moins d’un interstice unique durant lequel un homme de 39 ans, nouveau venu en politique, réunissait l’ingéniosité et le brio pour convertir en quelques mois une ambition intime en destin présidentiel.

On ne saurait trop dire l’ampleur des crises qui ont ensuite traversé ce quinquennat. Face à des décisions soudaines et nécessaires, il serait injuste de ne pas retenir également le rythme haletant des réformes, la vision puissante de l’Europe donnée lors du discours de la Sorbonne ou les solides convictions qui habitaient le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme. Alors que le pays affrontait des drames inconnus, le Président continuait à aller au-devant des critiques et à donner des coups de pied dans la fourmilière. Funambule suspendu au-dessus d’un quinquennat déchiré par les crises et les convulsions, Emmanuel Macron, insensible au vertige, persévérait à proposer, à transformer et à réformer.

A 23 jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’Europe, confrontée au « retour du tragique », est redevenue un champ de bataille. Le Président s’y consacre totalement. La campagne présidentielle, de fait, s’enlise. Son goût pour la confrontation et pour le débat musclé dans lequel il excelle est remisé au second plan. Rarement une campagne avait été autant dé-risquée.

Le 14 mars, Emmanuel Macron accepte de participer à l’émission « La France face à la guerre » à la condition de ne croiser aucun des autres candidats. Sur un sujet lourd de sens et de conséquence, le Président a plus que jamais précédé le candidat, transformant sa profession de foi en bilan de son mandat. Le 17, il a tenu une conférence de presse lors de laquelle il détaillait les grandes lignes de son programme, mais avec des questions sans relance des journalistes. Son goût pour les exercices périlleux et les acrobaties vertigineuses s’est ainsi mué en une posture conservatrice qui fige aujourd’hui le Président en exercice et étouffe le candidat conquérant. Un grand écart qui a de quoi étonner peut-être et décevoir sûrement.

Potentiellement réélu dans quelques jours sans enthousiasme, à l’issue d’une campagne atone, le nouveau quinquennat débuterait par l’installation à l’Elysée d’une fonction présidentielle plus que d’un Président. A l’opposé de l’élan qu’il avait créé en 2017 autour de sa vision et de son charisme. A l’opposé de l’image forgée par cinq années à la tête de l’Etat.

Pourtant, remporter l’élection de 2017 sous le signe de l’audace et de l’espoir puis inscrire la campagne de 2022 dans la rationalité et une forme de fatalité, n’est-ce pas finalement la plus grande prise de risque de la présidence d’Emmanuel Macron ? Prendre le risque de ne pas en prendre. Proposer une présidence fonctionnelle qui élude les ambitions et les espérances. Emmanuel Macron nous avait habitués à des pirouettes plus spectaculaires : le rêve d’envol et de hauteur fait place à un funambule qui a choisi un fil au plus près du sol. Reste à savoir s’il s’agira d’un pari gagnant. En avril certes, mais surtout tout au long du quinquennat.

Charlotte Euzen est associée au sein du cabinet de conseil en communication Tilder. Elle est l’auteure de Funambules, le discours politique décrypté, paru aux Editions du Rocher le 9 mars.

La cause animale : sujet de campagne électorale ?

La cause animale : sujet de campagne électorale ?

 

Pour la philosophe Corine Pelluchon, la domination de l’humain sur la nature et les autres êtres vivants est aujourd’hui questionnée. Un mouvement auquel n’échappent pas les candidats à l’élection présidentielle, qui portent une attention inédite au bien-être animal.

 

Un sujet de nature anthropologique qui mérite sans doute attention même s’il ne justifie pas l’existence d’un parti spécifique dans cette campagne électorale  NDLR

 

La philosophe Corine Pelluchon, professeure à l’université Gustave-Eiffel et autrice de Manifeste animaliste. Politiser la cause animale (Alma éditeur, 2016, réédité chez Rivages poche en 2021), analyse la place accordée aux animaux dans la campagne présidentielle.

La quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle mentionnent la condition animale dans leur programme. Le sujet a-t-il acquis une légitimité politique ?

Oui, la population attend des réponses concrètes, une amélioration substantielle de la condition animale et cette question n’est plus périphérique. La première raison tient à ce que la condition animale n’est pas seulement importante pour les animaux : elle a aussi une dimension stratégique, car la violence envers les animaux est le miroir d’un modèle de développement aberrant sur le plan environnemental, sanitaire et social.

Le bien-être animal n’est pas séparable de la transition vers un modèle plus soutenable et plus juste. La deuxième raison est que l’attention au bien-être animal témoigne d’une révolution anthropologique dans la manière dont l’humain pense son rapport aux autres êtres sensibles. L’humain n’est pas comme les autres vivants, mais il n’est pas non plus extérieur à la nature. L’avenir, c’est de reconsidérer notre place dans la nature, et nos devoirs ou notre responsabilité à l’égard des autres vivants.

 

La cause animale est aussi la cause de l’humanité, et elle est universelle. De fait, certains partis s’en emparent davantage que d’autres, mais elle appartient à tous. Un consensus se forme sur plusieurs sujets, même si tout le monde n’a pas le même horizon.

Je trouve la campagne actuelle intéressante, avec des propositions de la part de plusieurs candidats. Est-ce qu’il y a de l’opportunisme ? Oui, et c’est normal dans une campagne présidentielle. Cependant, les politiques font partie de la société, qui, dans sa grande majorité, reconnaît que cette question est importante, et ils le comprennent. Je suis persuadée que le prochain président, quel qu’il soit, fera plus de choses pour la condition animale.

 

Pour mettre fin aux cages ou à l’élevage intensif, il faut remettre en cause des structures économiques en place. Il est vrai que la critique du capitalisme est plus facilement portée par la gauche que par la droite, mais presque tous admettent que le modèle actuel de production est problématique.

Quant à la chasse à courre et à la corrida, on touche à des représentations de la virilité et à une image de la puissance de l’humain sur la nature qui construisent l’identité de certains groupes. D’où les résistances. Cependant, on ne peut pas défendre l’empathie et le « care » [souci de l’autre] et tolérer le spectacle d’animaux suppliciés.

Présidentielle : Macron brocanteur de campagne électorale

Présidentielle : Macron brocanteur de campagne électorale

 

Visiblement le programme du président candidat ressemble à une sorte de ramassis d’idées et de revendications un peu sur le mode de l’auberge Espagnole. Pas vraiment de souffle, ni de stratégie mais un inventaire à la Prévert picoréici ou là dans les programmes des autres candidatschez Pécresse.

Dernier exemple en date la perspective d’une autonomie pour les territoires d’outre-mer. Une conséquence directe de la mort de Colonna  et des manifestations en Corse qui ne renforce pas l’autorité de l’État et la cohérence de la politique.

De la même manière que Macron vient de découvrir le problème du pouvoir d’achat en promettant de tripler la prime spéciale. ( Avec une inflation prévisible supérieure à 5 % une disposition déjà obsolète)

Le candidat Macron plaide donc aussi  maintenant pour «l’émancipation» des Outre-mer. ( ( Et pourquoi pas aussi une autonomie des régions hexagonales comme en Allemagne ?)

«Il y a pas d’émancipation, d’abord, s’il n’y a pas un vrai investissement en continu dans l’école», «il n’y a pas d’émancipation réelle si on n’est pas bien soigné», et le troisième point «c’est de réussir à baisser fortement le chômage», a déclaré le candidat Emmanuel Macron .
Emmanuel Macron admet que le plein emploi dans les Outre-Mer «n’est pas atteignable d’ici cinq ans», mais il indique vouloir «aller plus vite dans la formation, développer des filières économiques locales», car ce sont des territoires qui importent encore trop leur énergie, leur alimentation. La stratégie pour ces territoires, est donc selon Emmanuel Macron «celle qui répond à la baisse du chômage, à la vie chère parce qu’elle est très liée au fait qu’on importe beaucoup trop de choses, en particulier des denrées alimentaires».

Pour atteindre l’émancipation, il faut selon lui «produire davantage» localement, faire «pivoter» et «diversifier la production» sur «des terres agricoles encore trop fléchées vers des productions historiques», comme la canne à sucre ou la banane aux Antilles. Des évidences connues depuis longtemps qui n’ont pas font pas forcément une politique !

Présidentielle: un élection…… sans campagne

 Présidentielle: un élection…… sans campagne

 

La campagne électorale ne fait guère recette auprès de l’opinion publique. En cause, un environnement économique, sanitaire et géo politique qui écrase les promesses des candidats. Des candidats dans la plupart des programmes sont d’ailleurs complètement inadaptés à l’environnement en général et aux bouleversements économiques, technologiques et environnementaux à venir. En effet la tendance future sera de tendre dans beaucoup de domaines vers une plus grande souveraineté économique et les processus de production et de distribution vont se trouver modifiés non sans conséquences y compris au plan financier et social.

D’une certaine manière, les programmes sont à peu près tous obsolètes. Pour preuve même celui du président candidat dont 65 % des Français environ pensent qu’il ne changera pas grand-chose.

 «Le désintérêt des français pour la présidentielle se constate également dans les médias, traditionnels et numériques» estimes un papier de l’opinion. Dernier élément marquant le peu d’enthousiasme vis-à-vis de la campagne électorale des perspectives d’abstention importante se situant entre 30 et 35 pour cent qui s’ajoutent aux 20 % de noms inscrits ou mal inscrits. Soit au moins un Français sur deux.

Les campagnes électorales possèdent habituellement leur propre liturgie. Elles contribuent, tel un alambic démocratique, à un puissant écrémage des candidats tant l’exercice est exigeant de vérité et de rudesse, de savoir-faire et de savoir être. La mobilisation des électeurs doit conduire au «sacre» de son dirigeant ou de son représentant. Faut-il encore que le peuple soit au rendez-vous.

Si par nature, chaque campagne est inédite, celle que nous vivons frise le hors norme. Avec une guerre majeure sur notre continent, sur fond d’une crise sanitaire qui n’en finit pas et qui a accentué les sentiments de «la régression démocratique» et de «la société de l’indifférence» pour reprendre le titre de deux essais de Gérard-Alain Slama parus en 2002 et 2010, le scrutin se trouve relégué dans les esprits. Faute d’un récit collectif, les démocraties sont en crise. La ferveur des Ukrainiens pour la défense de leur pays, aspirant à nos valeurs, devrait être un sujet d’engagement suffisamment fort pour porter haut les couleurs de notre démocratie en allant voter. L’absence de suspense et la perspective d’un deuxième tour relevant

Ainsi, toutes les études montrent le désintérêt, si ce n’est le désarroi, des électeurs. Ainsi selon l’institut BVA, «à trois semaines du premier tour, 69% des Français inscrits sur les listes électorales seulement déclarent s’intéresser à cette élection. Ce niveau d’intérêt est nettement moins élevé qu’en 2017 à pareille échéance du scrutin (74%)». De fait, les campagnes ne battent pas leur plein dans les médias. Si la télévision semble retrouver son lustre, elle le doit plus à la multiplication des formats et des émissions qu’à leurs audiences tout en tentant de respecter le principe d’équité, renforcé à présent, rappelé par l’Arcom.

Si les audiences valaient vote, en observant l’exposition médiatique des candidats en janvier et février selon Tagaday pour Le Journal du Dimanche, Eric Zemmour serait élu. Les audiences ne font pas l’élection, pas plus que les sondages ou la jauge des meetings. Même si, et c’est remarquable, les candidats les plus radicaux, comme Eric Zemmour ou Jean-Luc Mélenchon, sont ceux qui convoquent le plus de monde dans leurs manifestations publiques. S’agissant des audiences télévisées, l’émission de TF1 «La France face à la guerre» du 14 mars a de peu dépassé la barre des quatre millions de téléspectateurs. Deux fois moins que le grand débat – certes, il y avait débat – du premier tour de l’élection de 2017.

Le strict respect de l’égalité des temps de parole à partir de lundi prochain, 28 mars, ne devrait pas contribuer à mettre les candidats plus en lumière au risque d’éteindre progressivement leur mise en lumière. Comme à chaque campagne, chacun s’émouvra de règles anciennes et dépassées avant d’oublier de les modifier au cours des cinq années suivantes.

. Internet avec ses réseaux sociaux et ses sites Web ne prend pas le relais pour autant. Le numérique s’est imposé dans l’espace public comme un amplificateur des débats. Et pourtant, il peine, lui aussi, à trouver sa place dans la campagne électorale. Les équipes sont moins aguerries, comme en témoigne une série de messages, formant une analyse du débat «La France face à la guerre» , postée sur Twitter par Nicolas Vanderbiest. Il en ressort que là aussi que «seules les équipes de Mélenchon et de Zemmour (20 % des audiences) ont des activités concertées». Les communautés d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, qui avaient fait florès en 2017, se sont évaporées. Les espoirs de trouver une campagne revigorante en ligne seront vite déçus renforçant une impression d’atonie générale.

L’absence d’une campagne électorale digne de ce nom risque de transformer les scrutins à venir, la présidentielle en avril, les législatives en juin, en exutoire. Une démocratie comme la nôtre n’aurait rien à gagner au chamboule-tout dans une période aussi critique qui n’a pas besoin de cela pour «couronner le tout» si l’on peut dire. Il est encore temps pour chacun des acteurs de jouer sa partition : les candidats pour porter et défendre leurs projets, les médias pour les éclairer et les citoyens pour en juger.

Par David Lacombled est président de la Villa numéris.

Macron: une non campagne du funambule !

Macron: une non campagne du funambule  !

 

par Charlotte Euzen dans l’Opinion.

 

Lors de la campagne de 2017, Emmanuel Macron choisissait la stratégie du risque extrême, conjuguant audace, courage et provocation pour conquérir les urnes. Sa ligne politique et sa méthode, construites sur la disruption et la rupture, portaient en leur sein la volonté de renverser un système et de se livrer tout entier à la bataille des hommes et des idées. L’audace et l’assurance palliaient alors l’absence de passé politique et de parti.

Ce « moment Macron », où un système politique se décompose tandis qu’un aventurier du pouvoir s’impose à tous a souvent été perçu comme une élection par effraction. Il s’agissait tout au moins d’un interstice unique durant lequel un homme de 39 ans, nouveau venu en politique, réunissait l’ingéniosité et le brio pour convertir en quelques mois une ambition intime en destin présidentiel.

On ne saurait trop dire l’ampleur des crises qui ont ensuite traversé ce quinquennat. Face à des décisions soudaines et nécessaires, il serait injuste de ne pas retenir également le rythme haletant des réformes, la vision puissante de l’Europe donnée lors du discours de la Sorbonne ou les solides convictions qui habitaient le discours d’Emmanuel Macron sur le séparatisme. Alors que le pays affrontait des drames inconnus, le Président continuait à aller au-devant des critiques et à donner des coups de pied dans la fourmilière. Funambule suspendu au-dessus d’un quinquennat déchiré par les crises et les convulsions, Emmanuel Macron, insensible au vertige, persévérait à proposer, à transformer et à réformer.

A 23 jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’Europe, confrontée au « retour du tragique », est redevenue un champ de bataille. Le Président s’y consacre totalement. La campagne présidentielle, de fait, s’enlise. Son goût pour la confrontation et pour le débat musclé dans lequel il excelle est remisé au second plan. Rarement une campagne avait été autant dé-risquée.

Le 14 mars, Emmanuel Macron accepte de participer à l’émission « La France face à la guerre » à la condition de ne croiser aucun des autres candidats. Sur un sujet lourd de sens et de conséquence, le Président a plus que jamais précédé le candidat, transformant sa profession de foi en bilan de son mandat. Le 17, il a tenu une conférence de presse lors de laquelle il détaillait les grandes lignes de son programme, mais avec des questions sans relance des journalistes. Son goût pour les exercices périlleux et les acrobaties vertigineuses s’est ainsi mué en une posture conservatrice qui fige aujourd’hui le Président en exercice et étouffe le candidat conquérant. Un grand écart qui a de quoi étonner peut-être et décevoir sûrement.

Potentiellement réélu dans quelques jours sans enthousiasme, à l’issue d’une campagne atone, le nouveau quinquennat débuterait par l’installation à l’Elysée d’une fonction présidentielle plus que d’un Président. A l’opposé de l’élan qu’il avait créé en 2017 autour de sa vision et de son charisme. A l’opposé de l’image forgée par cinq années à la tête de l’Etat.

Pourtant, remporter l’élection de 2017 sous le signe de l’audace et de l’espoir puis inscrire la campagne de 2022 dans la rationalité et une forme de fatalité, n’est-ce pas finalement la plus grande prise de risque de la présidence d’Emmanuel Macron ? Prendre le risque de ne pas en prendre. Proposer une présidence fonctionnelle qui élude les ambitions et les espérances. Emmanuel Macron nous avait habitués à des pirouettes plus spectaculaires : le rêve d’envol et de hauteur fait place à un funambule qui a choisi un fil au plus près du sol. Reste à savoir s’il s’agira d’un pari gagnant. En avril certes, mais surtout tout au long du quinquennat.

Charlotte Euzen est associée au sein du cabinet de conseil en communication Tilder. Elle est l’auteure de Funambules, le discours politique décrypté, paru aux Editions du Rocher le 9 mars.

Echéance Présidentielle : la campagne électorale étouffée

Echéance Présidentielle : la campagne électorale étouffée

 

 

Dans les faits, la campagne électorale qui avait à peine démarré est déjà terminée. La quasi-totalité des médias consacrent l’essentiel de leurs informations à la guerre de l’Ukraine. Les positions de campagne électorale sont traitées comme des faits divers et de manière très succinctes.

 En cause, le danger que représente désormais un élargissement éventuel de l’invasion, e une guerre nucléaire ,et de toute manière les conséquences mondiale sur l’économie. Des conséquences caractérisées par une baisse de la croissance et une envolée de l’inflation en particulier sur les matières premières y compris alimentaires.

La seconde raison de cette absence de campagne tient au changement des priorités pour les Français. Certes , la question du pouvoir d’achat vient en premier en d’après un récent sondage d’Ipsos mais la question de la guerre vient derrière bien avant les autres sujets environnement santé par exemple.

Comme il est vraisemblable que la guerre en Ukraine sera de plus en plus longue et de plus en plus dramatique, cet événement risque même de devenir la première préoccupation et le sujet politique central.

 Or dans ce domaine Marine Le Pen, Zemmour et Mélenchon n’ont pas été d’une grande clarté quant à leur positionnement politique. Pour être juste, ils ont même considéré que la perspective d’une guerre par Poutine relevait de l’intoxication. En dépit de leur revirement, ils  vont payer la facture électorale de leur curieuse conception de la démocratie.

C’est sans doute dans un fauteuil que Macron sera réélu. La seule qui pourrait s’opposer à lui avec une certaine pertinence ,Valérie Pécresse, n’arrive cependant pas à imprimer dans l’opinion, sans parler des coups b s  qu’elle reçoit au sein de son parti même .

Conclusion, il n’y aura pas de véritable campagne électorale. Macrno s’est déjà affranchie d’une déclaration solennelle avec une petite lettre assez intemporelle qui montre qu’il entend enjamber l’événement.

 Pour l’instant le sondage donne raison avec une perspective de 30 % des intentions de vote au premier tour. Marine peine vient en seconde position avec seulement la moitié des intentions de vote de Macron.

12345...7



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol