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Société– » La nature en ville » ou les villes à la campagne !

Société– » La nature en ville » ou les villes à la campagne !

 

par Emmanuel Desmaizières, Icade Promotion)

 

 

C’est le dilemme de l’urbanisation: faut-il faire entrer la campagne dans les villes où comme le disait l’humoriste Alphonse Allais transporter les villes à la campagne ? La contribution d’Emmanuel Desmaizières peine à convaincre surtout avec la proposition « d’un arbre par habitant »  y compris sur le balcon. La vraie question non abordée est celle de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. 

Inter view

Les promoteurs ne peuvent plus faire comme avant et doivent adopter une stratégie bas-carbone pour réduire leur empreinte environnementale. Illustration avec le groupe Icade. (Cet article est extrait de T La Revue n°12 – « Climat : Et si on changeait nous aussi ? », actuellement en kiosque).

 

 

Lors de la présentation de votre stratégie bas-carbone en septembre 2021, Icade a lancé une filiale baptisée « Urbain des bois » et s’est engagée à faire certifier 100 % de ses programmes de bureaux neufs de plus de 5 000 m2, ainsi que 50 % de ses logements par le label d’État « Énergie positive et réduction carbone ». Un an après, où en êtes-vous dans vos démarches ?

Emmanuel Desmaizières Nous avons atteint nos objectifs, et avons même accéléré ! En effet, nous avons décidé d’aligner nos trois métiers sur une trajectoire 1,5 °C, conformément à l’Accord de Paris. Pour ce faire, nous nous sommes fixé, pour le pôle Promotion, de réduire nos émissions carbone de nos activités de 41 % entre 2019 et 2030. D’ores et déjà, la majorité de nos projets sont bas-carbone et, pour la plupart, dépassent largement les exigences de la Réglementation Environnementale (RE2020). Chez Icade Promotion, nous avons par exemple plus de 475 000 m2 de projets en construction bois, en cours ou livrés. Par exemple, le Village des athlètes à Saint-Ouen-sur-Seine, en construction mixte bois/béton bas-carbone et éco-conçu avec du réemploi, n’émettra que 740 kg de CO2 par mètre carré, soit 50 % de moins par rapport à un programme traditionnel.

L’économie circulaire va-t-elle devenir la norme dans le BTP ?

E.D. Nous avons été précurseurs en la matière en créant avec Egis, dès 2017, Cycle Up, une plateforme de réemploi pour mettre à disposition des matériaux d’un chantier A à un chantier B. Nous récupérons ainsi des cloisons, des portes, des sanitaires ou encore des faux planchers que nous réinstallons dans des projets neufs. Force est de constater que l’ensemble du secteur s’est saisi de ce levier et que le réemploi fait désormais partie du cahier des charges des grandes opérations qui sont menées. À titre d’exemple, sur le Village des athlètes, 75 % des matériaux mis en œuvre de façon temporaire pour la phase Jeux seront réemployés dans la phase héritage.

Début 2022, le groupe a pris l’engagement de faire certifier sa trajectoire « zéro émission nette » alignée 1,5 °C par l’organisme international SBTi (Science Based Targets initiative). Où en êtes-vous ?

E.D. C’est chose faite, depuis le 6 octobre dernier : l’initiative Science Based Targets (SBTi) a validé nos objectifs de décarbonation à l’horizon 2030 et 2050 pour chacun de nos trois métiers, conformément aux attentes du Net-Zero Standard. Nous sommes très fiers de cette reconnaissance par un organisme indépendant de référence. En amont de cela, nous avions proposé au vote de nos actionnaires nos stratégies climat & biodiversité lors de notre assemblée générale d’avril dernier. La résolution (« Say on climate & biodiversity ») a été approuvée à plus de 99 % ! Tous les ans, nous mesurerons notre empreinte carbone et l’atteinte de nos objectifs.

Et qu’en est-il en matière de consommations d’énergie ? Avant même les politiques de sobriété, le directeur général d’Icade, Olivier Wigniolle, expliquait à La Tribune que vous pouviez les diminuer de 20 % grâce aux outils de modélisation pour analyser les cycles de vie des bâtiments…

E.D. Nous devons être au rendez-vous de ce niveau de performance énergétique et bas-carbone, que ce soit en termes d’isolation et de performance thermique, ou en termes de biodiversité. Par exemple, à Versailles, nous développons sur une friche militaire de 19 hectares les « Jardins de Gally » qui mêlent 12 hectares de pleine terre et 50 000 m2 : 550 logements, 5 000 m² d’activités professionnelles, 5 000 m² d’hôtels, une halle, une crèche ou encore une école. Nous avons renaturé 20 % du terrain initial avec de lourdes étapes de dépollution de désartificialisation et de désimperméabilisation. Cette cité-jardin, où nous avons planté 4 000 arbres, sera ouverte sur l’espace public.

Est-ce la déclinaison de votre programme « Un arbre, Un habitant » ?

E.D. Pour tous les logements familiaux que nous produisons, soit 6 000 à 7 000 par an, nous nous engageons à planter un arbre par habitant. Sachant qu’un appartement compte en moyenne 2,5 personnes, cela en fait 15 000 au total. Par exemple, sur chaque balcon ou terrasse, nous planterons un arbre mono-tige grâce à « Symbiose by Icade », nouvelle offre lancée par un de nos collaborateurs, qui permet d’alimenter en eau les espaces extérieurs sans être relié au réseau. À l’heure de la non-artificialisation des sols, nous devons faire entrer la nature en ville.

Justement, comment abordez-vous le sujet de la non-artificialisation des sols ?

E.D. Nous nous appuyons sur les règlements d’urbanisme, comme PLU ou PLU intercommunal. En parallèle, afin d’évaluer la biodiversité positive de nos opérations, nous mesurons le coefficient de biotope par surface (CBS) entre la phase d’avant- et d’après-projet, grâce à un outil de diagnostic de biodiversité. En 2021, 46 % de nos nouvelles constructions affichaient une biodiversité positive. Enfin, au travers de nos projets d’aménagement urbain portés par nos équipes

 » La nature en ville » ou les villes à la campagne !

 » La nature en ville » ou les villes à la campagne !

par Emmanuel Desmaizières, Icade Promotion)

C’est le dilemme de l’urbanisation: faut-il faire entrer la campagne dans les villes où comme le disait l’humoriste Alphonse Allais transporter les villes à la campagne ? La contribution d’Emmanuel Desmaizières peine à convaincre surtout avec la proposition « d’un arbre par habitant »  y compris sur le balcon. la vraie question non abordée est celle de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire. 

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Les promoteurs ne peuvent plus faire comme avant et doivent adopter une stratégie bas-carbone pour réduire leur empreinte environnementale. Illustration avec le groupe Icade. (Cet article est extrait de T La Revue n°12 – « Climat : Et si on changeait nous aussi ? », actuellement en kiosque).

 

 

Lors de la présentation de votre stratégie bas-carbone en septembre 2021, Icade a lancé une filiale baptisée « Urbain des bois » et s’est engagée à faire certifier 100 % de ses programmes de bureaux neufs de plus de 5 000 m2, ainsi que 50 % de ses logements par le label d’État « Énergie positive et réduction carbone ». Un an après, où en êtes-vous dans vos démarches ?

Emmanuel Desmaizières Nous avons atteint nos objectifs, et avons même accéléré ! En effet, nous avons décidé d’aligner nos trois métiers sur une trajectoire 1,5 °C, conformément à l’Accord de Paris. Pour ce faire, nous nous sommes fixé, pour le pôle Promotion, de réduire nos émissions carbone de nos activités de 41 % entre 2019 et 2030. D’ores et déjà, la majorité de nos projets sont bas-carbone et, pour la plupart, dépassent largement les exigences de la Réglementation Environnementale (RE2020). Chez Icade Promotion, nous avons par exemple plus de 475 000 m2 de projets en construction bois, en cours ou livrés. Par exemple, le Village des athlètes à Saint-Ouen-sur-Seine, en construction mixte bois/béton bas-carbone et éco-conçu avec du réemploi, n’émettra que 740 kg de CO2 par mètre carré, soit 50 % de moins par rapport à un programme traditionnel.

L’économie circulaire va-t-elle devenir la norme dans le BTP ?

E.D. Nous avons été précurseurs en la matière en créant avec Egis, dès 2017, Cycle Up, une plateforme de réemploi pour mettre à disposition des matériaux d’un chantier A à un chantier B. Nous récupérons ainsi des cloisons, des portes, des sanitaires ou encore des faux planchers que nous réinstallons dans des projets neufs. Force est de constater que l’ensemble du secteur s’est saisi de ce levier et que le réemploi fait désormais partie du cahier des charges des grandes opérations qui sont menées. À titre d’exemple, sur le Village des athlètes, 75 % des matériaux mis en œuvre de façon temporaire pour la phase Jeux seront réemployés dans la phase héritage.

Début 2022, le groupe a pris l’engagement de faire certifier sa trajectoire « zéro émission nette » alignée 1,5 °C par l’organisme international SBTi (Science Based Targets initiative). Où en êtes-vous ?

E.D. C’est chose faite, depuis le 6 octobre dernier : l’initiative Science Based Targets (SBTi) a validé nos objectifs de décarbonation à l’horizon 2030 et 2050 pour chacun de nos trois métiers, conformément aux attentes du Net-Zero Standard. Nous sommes très fiers de cette reconnaissance par un organisme indépendant de référence. En amont de cela, nous avions proposé au vote de nos actionnaires nos stratégies climat & biodiversité lors de notre assemblée générale d’avril dernier. La résolution (« Say on climate & biodiversity ») a été approuvée à plus de 99 % ! Tous les ans, nous mesurerons notre empreinte carbone et l’atteinte de nos objectifs.

Et qu’en est-il en matière de consommations d’énergie ? Avant même les politiques de sobriété, le directeur général d’Icade, Olivier Wigniolle, expliquait à La Tribune que vous pouviez les diminuer de 20 % grâce aux outils de modélisation pour analyser les cycles de vie des bâtiments…

E.D. Nous devons être au rendez-vous de ce niveau de performance énergétique et bas-carbone, que ce soit en termes d’isolation et de performance thermique, ou en termes de biodiversité. Par exemple, à Versailles, nous développons sur une friche militaire de 19 hectares les « Jardins de Gally » qui mêlent 12 hectares de pleine terre et 50 000 m2 : 550 logements, 5 000 m² d’activités professionnelles, 5 000 m² d’hôtels, une halle, une crèche ou encore une école. Nous avons renaturé 20 % du terrain initial avec de lourdes étapes de dépollution de désartificialisation et de désimperméabilisation. Cette cité-jardin, où nous avons planté 4 000 arbres, sera ouverte sur l’espace public.

Est-ce la déclinaison de votre programme « Un arbre, Un habitant » ?

E.D. Pour tous les logements familiaux que nous produisons, soit 6 000 à 7 000 par an, nous nous engageons à planter un arbre par habitant. Sachant qu’un appartement compte en moyenne 2,5 personnes, cela en fait 15 000 au total. Par exemple, sur chaque balcon ou terrasse, nous planterons un arbre mono-tige grâce à « Symbiose by Icade », nouvelle offre lancée par un de nos collaborateurs, qui permet d’alimenter en eau les espaces extérieurs sans être relié au réseau. À l’heure de la non-artificialisation des sols, nous devons faire entrer la nature en ville.

Justement, comment abordez-vous le sujet de la non-artificialisation des sols ?

E.D. Nous nous appuyons sur les règlements d’urbanisme, comme PLU ou PLU intercommunal. En parallèle, afin d’évaluer la biodiversité positive de nos opérations, nous mesurons le coefficient de biotope par surface (CBS) entre la phase d’avant- et d’après-projet, grâce à un outil de diagnostic de biodiversité. En 2021, 46 % de nos nouvelles constructions affichaient une biodiversité positive. Enfin, au travers de nos projets d’aménagement urbain portés par nos équipes Synergies Urbaines, et de notre nouvelle offre AfterWork dédiée à la restructuration et à la transformation des bureaux, nous construisons la ville sur la ville et participons à l’atteinte de l’objectif de zéro artificialisation nette de la France.

« Renaissance « : une campagne d’adhésion avec cotisation à 30 € par an, Pourquoi pas 3 euros ?

« Renaissance » : une campagne d’adhésion avec cotisation à 30 € par an, Pourquoi pas 3 euros ?

Les partis politiques tentent de renforcer des effectifs qui ne cessent de s’effriter partout y compris dans le parti pouvoir en marche reconvertie en « Renaissance ».
« Renaissance » mise sur une vaste campagne d’affichage et de tractage pour séduire de nouveaux adhérents.

Un véritable naufrage pour le parti du président « Renaissance  » qui devaient succéder à l’organisation « En marche » . Pour remobiliser dans le camp du pouvoir, les partisans de Macron avaient décidé de constituer un énorme parti visant à regrouper 400 000 adhérents.

En vérité, la campagne de recrutement du nouveau parti du pouvoir est un véritable fiasco puisque « Renaissance » ne doit regrouper qu’environ 10 000 personnes

Cet échec est double d’une part ce parti qui avait pour vocation de regrouper en son sein la totalité des sensibilités de la majorité n’est pas parvenue à son objectif. Les centristes de François Bayrou ont refusé de rejoindre l’organisation commune. Par ailleurs Édouard Philippe cultive sa différence avec son parti « horizons »totalement centré sur la perspective des élections présidentielles de 2027.

Par ailleurs, la tendance de gauche au sein de la majorité présidentielle ne cesse de s’affaiblir et de se fondre dans les orientations conservatrices de Macron.La plupart des anciens socialistes ralliés à Macron ont vendu leur âme pour un portefeuille. Ils tentent vainement exister mais sont complètement marginalisés par le recentrage nettement à droite du président de la république.

On objectera à juste titre que la plupart des partis politiques en France ne regroupent qu’une infime partie des adhérents potentiels. Les plus importants partis ne regroupent même pas 100 000 adhérents réels. La plupart des partis sont d’ailleurs davantage des clubs d’élus et de militants que des partis de masse.

Pour remonter la pente, le parti « renaissance » va créer une adhésion à 30 € par an. Pourquoi pas aussi 3 euros ?

Le parti de la majorité présidentielle va placarder 200 000 affiches et distribuer un demi-million de tracts la semaine prochaine dans tout le pays pour regonfler ses rangs.

Au total, 200 000 affiches seront placardées à travers tout le pays et 500 000 tracts consacrés à la thématique du pouvoir d’achat seront distribués par les équipes de Renaissance. « Blocage des tarifs du gaz et de l’électricité », « suppression de la redevance audiovisuelle » ou encore « aide exceptionnelle de rentrée de 100 euros pour les familles »… La majorité présidentielle a souhaité mettre en avant sur ce tract les différentes mesures qu’elle a prises ces dernières semaines face à la crise énergétique, notamment.

Si, à l’époque, l’adhésion était gratuite, puisqu’il suffisait de cliquer pour devenir « marcheur », le tarif annuel s’élève à présent à 30 euros, selon les informations du service politique de France Télévisions. « D’un mouvement où il n’y avait pas de cotisation, on passe à un parti politique, beaucoup plus structuré, avec un objectif : l’ancrage territorial. L’objectif numéro un, c’est de faire réussir le quinquennat, il reste quatre ans et demi », confie le secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné, à France Télévisions.
« Le président de la République nous a demandé d’être en campagne permanente. Renaissance est d’abord un parti de militants, et il faut qu’il le reste. Il y a une campagne européenne qui s’annonce et qui va nécessiter une grande mobilisation militante », ajoute-t-il. Sans rire évidemment !

Politique- Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Politique- Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu  dire Élisabeth Borne  qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30. Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » Un discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde et rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales.

Bref plus de compromis et de dialogue. Pour le reste concernant les objectifs,  c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF.. « Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’y aurait  pas de hausse d’impôts.( question comment on finance !)  Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.

La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Borne en rappelant le changement de nom de Pôle Emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine. Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation. Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis. Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu  dire Élisabeth Borne  qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30. Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » Un discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde et rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales.

Bref plus de compromis et de dialogue. Pour le reste concernant les objectifs,  c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF.. « Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’y aurait  pas de hausse d’impôts.( question comment on finance !)  Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.

La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Borne en rappelant le changement de nom de Pôle Emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine. Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation. Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis. Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Élisabeth Borne : un discours soporifique de curé de campagne

Élisabeth Borne : un discours soporifique  de curé de campagne 

« Aimons nous les uns les autres « aurait pu Élisabeth bornent qui a fait une sorte de discours soporifique d’1 heure 30.

Le thème central était en effet de solliciter une adhésion des députés à la culture du compromis. « L’heure n’est pas à nous compter, mais à nous parler », a assuré la cheffe du gouvernement qui n’a pas demandé un vote de confiance, du fait de la majorité relative au Palais-Bourbon.  » n discours fleuve, très général pour tenter de contenter un peu tout le monde est rassurer à propos du caractère démocratique de la méthode. Allant même jusqu’à envisager de consulter les acteurs économiques comme les organisations syndicales. Bref plus de compromis et de dialogue.

Pour le reste concernant les objectifs c’est un peu l’auberge Espagnole. Élisabeth Borne a traité un peu de tout notamment le pouvoir d’achat, le travail et le plein emploi, l’urgence écologique mais d’une manière tellement vague qu’on peut difficilement retenir une orientation un peu précise.

On retiendra surtout cet appel permanent au compromis lancé à une assemblée très divisée, aussi cette décision n’en explicitée de nationaliser EDF..

« Il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble…. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble…  Nous voulons redonner du sens à la valeur compromis, mais le compromis ce n’est pas se compromettre ». Une dernière formule littérairement esthétique mais qui évidemment ne veut strictement rien dire. On se compromet forcément en lâchant un peu sur ses positions de départ pour aboutir à un compromis.

Sur les thèmes prioritaires la première ministre est restée très vague en envisageant seulement « prolonger bouclier tarifaire sur les prix du gaz et de l’électricité, d’augmenter les revenus du travail, baisser les charges des indépendants ou encore revaloriser les retraites ». Mais sans autre précision des modalités et des niveaux.

Élisabeth Borne a cependant promis qu’il n’irait pas de hausse d’impôts. Elle a longuement parlé de bâtir une société du plein emploi pour la fin du mandat présidentiel mais sans décliner les mesures précises. Un engagement qui ne mange pas de pain et vis-à-vis duquel des forces d’opposition ne peuvent être en désaccord.  La première ministre veut « bâtir la société du plein emploi » en changeant « notre rapport au travail ». Une belle intention mais complètement vide car elle aurait pu parler de la participation. De ce point de vue, Élisabeth Morne en rappelant le changement de nom de pôle emploi en France Emploi montre le caractère insignifiant du changement dans le domaine.

Pour la forme,  la Première ministre a aussi parlé de la réforme des retraites sans doute pour faire plaisir aux Républicains mais sans grande conviction

La question écologique semble aussi reporter loin derrière les priorités. De ce point de vue la première ministre a repris les propos du président concernant la politique énergétique : « Nous déploierons les énergies renouvelables et nous continuerons à investir dans le nucléaire avec la construction de nouveaux réacteurs, car la transition énergétique passe par le nucléaire ». Autre promesse face à l’urgence climatique qui « impose des décisions fortes et radicales »!

Élisabeth Borne aussi traité de la formation notamment des jeunes, de la santé mais de manière tous toujours aussi générale. Elle a aussi annoncé la réforme de l’allocation adulte handicapé et sa déconjugalisation.

Bref au total une sorte d’inventaire à la Prévert en évoquant de façon souvent superficielle les problématiques portées par les différentes sensibilités de l’assemblée mais de manière très approximative et sans engagement concret très précis.

Bref, une sorte de sermon  de curé de campagne particulièrement ennuyeux et soporifique et que la bienveillance des grands médias a souvent qualifié d’exercice presque  réussi !

Campagne législatives : Elisabeth Borne, pas à la hauteur

Campagne législatives : Elisabeth Borne, pas à la hauteur 

  • Pascal Perrineau, politologue, estime qu’ Élisabeth Bernard pas été à la hauteur lors  de la campagne électorale des législatives .  Elisabeth Borne n’a pas joué son rôle de chef de la majorité durant la campagne. Par ailleurs, il relativise les résultats dans l’Opinion. 
Le bloc majoritaire a perdu environ trois points, les composantes de la Nupes ont gagné deux ou trois points. Au fond, on assiste à une assez grande stabilité de ces blocs même si, avec la Nupes, une gauche radicale est de retour. »

On évoque beaucoup une « résurrection de la gauche » mais la Nupes dépasse tout juste un quart des voix. « Ce n’est pas un score fabuleux, juge le professeur émérite à Sciences Po. Comparé à ce que des candidats comme Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon ont su attirer au premier tour, c’est même une érosion. 25% à 26% pour un bloc de gauche, en France, ce n’est pas grand-chose. »

Toujours est-il que le résultat reste une déception pour le camp macroniste. « Les forces qui constituent Ensemble! ne sont jamais devenues de vrais partis locaux, analyse Pascal Perrineau. Or une élection législative, c’est aussi une élection locale. Même les députés sortants de la macronie sont souvent inconnus au bataillon ». En outre, « la campagne a été indigente : programme extrêmement tardif, extrêmement flou, manque d’énergie… Et Elisabeth Borne n’a pas joué son rôle de chef de la majorité durant la campagne. »

Si Emmanuel Macron devait décrocher moins de 289 députés à l’issue du second tour, la situation serait-elle comparable à ce qu’a connu François Mitterrand en 1988 ? « Elle serait proche, car en 1988, Mitterrand ne dispose pas de la majorité. Mais il ne lui manque que quelques unités pour atteindre la barre des 289 et le gouvernement de Michel Rocard va de temps en temps s’appuyer sur les élus d’Outre-Mer, sur les centristes et les modérés, de temps en temps les communistes… Et il y avait l’article 49.3 qui a été utilisé 28 fois, ce qui n’est plus possible aujourd’hui. Ça sera plus difficile, surtout s’il manque une vingtaine de députés (…). Ça apprendra à Emmanuel Macron un peu de culture parlementaire ! On se mettra autour d’une table, on discutera, on cherchera des compromis… Je vis ça plutôt comme une qualité que comme un défaut. »

Pour Pascal Perrineau, « l’électorat est de plus en plus exaspéré qu’on lui dise de voter contre la droite radicale, contre la gauche radicale… Les électeurs ont envie qu’on leur donne de bonnes raisons pour voter. Un projet, une ambition pour le pays et il faut bien reconnaître que ce n’était pas le cas pour ces législatives. »

Campagne électorale Législatives 2022 : une caricature ?

Campagne électorale  Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections législatives 2022 : Une campagne en dehors du sujet

Elections législatives 2022 : Une campagne en dehors du sujet

 

Atone avant le premier tour, le débat politique tourne, depuis, à la caricature. Plutôt que de débattre des graves enjeux du moment, la majorité s’applique à présenter la gauche en menace pour la République et les candidats de la Nupes prétendent dévoiler l’« agenda caché » du président. ( papier du Monde)

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Politique–Campagne Législatives 2022 : une caricature ?

Politique–Campagne Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections législatives 2022 : Une campagne à côté de la plaque

Elections législatives 2022 : Une campagne à côté de la plaque

 

Atone avant le premier tour, le débat politique tourne, depuis, à la caricature. Plutôt que de débattre des graves enjeux du moment, la majorité s’applique à présenter la gauche en menace pour la République et les candidats de la Nupes prétendent dévoiler l’« agenda caché » du président. ( papier du Monde)

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Campagne Législatives 2022 : une caricature ?

 Campagne Législatives 2022 : une caricature ? 

 

Entamée sur de lourds non-dits, la campagne des élections législatives qui prend fin vendredi 17 juin menace de se terminer dans la caricature. Chaque jour, le ton monte un peu plus entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, comme si l’on était encore dans le prolongement du match présidentiel, alors qu’il s’agit d’élire 572 députés (cinq l’ayant déjà été au premier tour) pour un travail primordial d’élaboration de la loi et de contrôle de l’exécutif. L’excessive présidentialisation du régime se lit à travers l’impossibilité d’exister pour les autres acteurs, à commencer par la première ministre, Elisabeth Borne, qui échoue à imprimer sa marque en ce début de quinquennat.( papier du Monde)

 

La feinte dont use depuis des mois le camp présidentiel face au retournement de la conjoncture et à l’impopularité de son projet de retraite à 65 ans est en passe de se retourner contre lui. En en disant le moins possible, le président de la République espérait anesthésier le débat et éviter la cristallisation d’un camp contre lui. En parvenant à réaliser l’union des gauches derrière sa personne, l’« insoumis », qui n’était arrivé qu’en troisième position lors du premier tour de la présidentielle, a déjoué le piège. Il s’est mis en situation de pouvoir priver le président de la République d’une majorité, dimanche 19 juin, si un nombre suffisant d’abstentionnistes le rallient.

 

Depuis, l’Elysée peine à reprendre la main, alternant silence et déclarations dramatiques, comme celle prononcée sur le tarmac de l’aéroport d’Orly, mardi 14 juin. Avant de s’envoler pour la Roumanie, le président de la République a solennellement exhorté les Français à donner « une majorité solide au pays », en soulignant le risque d’ajouter « un désordre français au désordre du monde ».

Il est normal qu’un chef d’Etat fraîchement réélu demande à son peuple de lui donner les moyens de présider. Mais la dramatisation excessive du ton, alors que la campagne s’est déroulée sous anesthésie, comme à distance du chaos du monde, a surpris. Si la France vit, comme le dit Emmanuel Macron, « un moment historique », il eût été nécessaire que les citoyens y soient associés de près.

 

Faute de l’avoir fait, le chef de l’Etat en est réduit à pratiquer ce qu’il a longtemps dénoncé : la politique politicienne. Pour tenter de réveiller les électeurs du centre et de la droite, il s’emploie à rejeter Jean-Luc Mélenchon dans le camp de ceux qui menacent la République. Ce faisant, il renvoie dos à dos l’extrême droite et une partie de la gauche, rompt avec la logique du front républicain qui prévalait depuis 2002, suscite le malaise au sein même de ses troupes, pour un résultat aléatoire. A gauche, la dynamique repose sur la fierté d’avoir retrouvé le chemin de l’union, si bien que, à ce stade, les sorties de route de son porte-drapeau comptent relativement peu, de même que l’incohérence programmatique de la coalition qu’il a fait naître.

 

Se trouvent ainsi réunies les conditions d’une fin de campagne à côté des vrais sujets : plus l’environnement international s’obscurcit, plus les effets du réchauffement climatique deviennent tangibles, plus la France se rétrécit dans des querelles qui n’ont pas lieu d’être. Le camp de la Nupes y prend toute sa part. Depuis dimanche, son propos n’est pas de tenter de crédibiliser un coûteux projet de rupture qui promet la retraite à 60 ans ou le smic à 1 500 euros net, mais de révéler de prétendues hausses d’impôts cachées du projet Macron. La ficelle a beau être grosse, elle est complaisamment relayée, achevant de donner à cette campagne le caractère qu’elle ne devrait pas avoir : celui de ne pas être sérieuse, en des temps d’une extrême gravité.

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Elections Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

Législatives 2022 : une campagne complètement hors du temps !

 

Malgré des prévisions de croissance à la baisse, le retour de l’inflation et la remontée des taux, les responsables politiques ont fait abstraction de ce changement de conjoncture et affichent des programmes coûteux. (papier du Monde)

 

La fête est finie. Mais qui le sait ? Bercés par les illusions du « quoi qu’il en coûte », de l’argent gratuit, d’un endettement sans douleur, d’une reprise économique vigoureuse qui laissait espérer des lendemains qui chantent, les Français doivent se préparer à un atterrissage compliqué.

Depuis quelques mois, les nuages s’amoncellent. Les prévisionnistes sont à l’unisson pour réviser franchement à la baisse les perspectives de croissance, avec, à la clé, des recettes budgétaires moins importantes que prévu. L’inflation fait un retour fracassant en dévorant le pouvoir d’achat des plus fragiles. La Banque centrale européenne (BCE), qui s’est laissé surprendre par la vigueur de la hausse des prix, est poussée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé son premier relèvement des taux directeurs depuis une décennie, augurant une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?

A aucun moment durant cette étrange campagne des élections législatives, les responsables politiques n’ont voulu évoquer ce changement de conjoncture. Ils ont fait comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle tenaient encore. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque de renchérissement de la dette publique, qui dépasse actuellement 110 % de la richesse nationale. Ils continuent de s’accrocher à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition écologique, le nouveau contrat pour l’école ou la remise à flot de l’hôpital public pourront être financés sans hausse d’impôt, pourvu que les Français acceptent de travailler plus. Et, jour après jour, ils dévoilent de coûteuses mesures destinées à préserver le pouvoir d’achat.

Certes, le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par un train de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de ses annonces sont en outre calibrées de façon à éviter une spirale prix-salaires qui viendrait nourrir durablement l’inflation. Mais, en n’osant pas insister sur l’état réel de la conjoncture, en mettant exclusivement le focus sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement sur la défensive. Le flou persistant autour de son très impopulaire projet de réformes des retraites vient encore accroître le malaise.

En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) menée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la relance de la consommation populaire, la taxation des plus riches et la réduction du volume de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année sont censés faire rentrer dans les caisses de l’Etat 267 milliards d’euros. Le chiffrage est cependant contesté par la majorité des économistes, qui soulignent en outre deux dangers : une aggravation du déficit commercial par accroissement massif des importations et le risque d’explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.

L’incontestable dynamique de la Nupes a conduit le chef de l’Etat à concentrer le tir sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de « désordre et de soumission ». Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que, pour faire accepter leur action, les gouvernants devaient impérativement les expliquer. Plus la conjoncture s’assombrit, plus l’indispensable pédagogie se révèle difficile à assumer.

Présidentielle 2022 : une campagne électorale ennuyeuse (Véronique Reille-Soulte)

Présidentielle 2022 : une  campagne électorale ennuyeuse (Véronique Reille-Soulte)

Spécialiste de la communication d’influence, à la tête d’un cabinet de conseil, experte de l’analyse de l’opinion, Véronique Reille-Soulte scrute les réseaux sociaux. Pour elle, cette campagne présidentielle est très singulière. ( la Tribune).

 

LA TRIBUNE – Que vous apprend l’analyse des réseaux sociaux sur l’intérêt que portent les Français à cette campagne présidentielle ?

VÉRONIQUE REILLE-SOULTE -

Rarement, nous avons vu si peu d’intérêt de la part des Français pour une élection présidentielle. Le sujet s’est longtemps effacé derrière la guerre en Ukraine, le Covid, la question du pouvoir d’achat, etc. Les citoyens étaient pris par d’autres préoccupations. Même aujourd’hui, à quelques jours du scrutin, l’intérêt n’est pas aussi manifeste que lors des précédentes présidentielles.

Est-ce dû au président sortant qui est candidat à sa réélection alors qu’on voit un effet « drapeau » se dessiner ? Les internautes se disent sans doute : « à quoi bon, puisque les jeux sont faits ». Même si, bien entendu, ce n’est pas le cas. On constate surtout  – et c’est très marqué sur les réseaux sociaux – qu’il n’y a pas d’engagement autour d’Emmanuel Macron – qui est pourtant désigné comme le favori – alors qu’en 2017, il avait bénéficié d’une forte phase de curiosité. En général, cette séquence est suivie par une phase d’intérêt, de notoriété. Puis par une phase d’engagement, d’adhésion – on partage, on commente, on like, on reprend les propos.

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