Cahuzac : un départ forcé
La démission hier soir du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, après l’ouverture d’une information judiciaire sur des soupçons de détention d’un compte bancaire caché en Suisse, est largement commenté par la presse nationale et régionale qui la trouve « logique » et y voit une nouvelle « tuile » pour le gouvernement et le chef de l’Etat. « Sa responsabilité politique et morale lui commandait simplement de quitter Bercy. La gestion du budget de la France en cette période de désarroi économique imposait à Jérôme Cahuzac de se retirer », écrit Eric Decouty dans Libération qui titre en Une « son compte est bon ». Pour Le Figaro et Paul Henri du Limbert : « le maintien au gouvernement du ministre du Budget n’était plus possible ». Et de souligner : « En temps de crise économique aiguë, aucune suspicion ne peut peser sur ceux qui décident de la politique du pays. » Le journal conservateur titre en Une, « Cahuzac : la démission choc ». Les Echos fait sa une sur « le départ forcé d’un pilier du dispositif Hollande ». »Il était en sursis depuis des semaines! Aussi ne faut-il pas être surpris par la démission de Jérôme Cahuzac », note Hervé Chabaud (L’Union/L’Ardennais). « Il a seulement fait son devoir », pour Jacques Camus (La Montagne Centre France) qui explique : « les conclusions de la police scientifique et l’ouverture d’une information judiciaire rendaient nécessaires sa démission. »A lain Dusart, dans l’Est Républicain constate : « La stratégie de défense de Jérôme Cahuzac s’est effondrée hier. Les experts ont parlé. » Même constat pour Henry Lauret (Le Télégramme) : « Le budgétaire orthodoxe qui rassurait l’Europe, les marchés et les économistes parisiens, est tombé. » « Jérôme Cahuzac n’a pas eu d’autre choix », assure Hervé Favre pour La Voix du Nord. « C’est une décision sage, qui n’enlève rien à son sérieux et ne préjuge surtout pas de sa culpabilité », précise Michel Urvoy dans Ouest-France. Une décision qui « ébranle tout le dispositif gouvernemental », assure Philippe Waucampt (Le Républicain Lorrain), « fragilise François Hollande » (Alain Dusart). Henry Lauret reconnaît dans cette démission: « un pépin politique pour François Hollande dont le ministre du Budget était l’un des proches. » Un mot repris par Francis Laffon (L’Alsace): « un tel épisode constitue un embarras supplémentaire au sein d’une majorité collectionnant les pépins avec une assiduité rare. » Patrice Chabanet (Le Journal de la Haute-Marne) estime que c’est « une tuile de plus » et elle « ne pouvait pas tomber plus mal pour un François Hollande en pleine débâcle sondagière. » « C’est une nouvelle et énorme tuile qui tombe sur les pieds de François Hollande et Jean-Marc Ayrault« , renchérit Hervé Favre dans La Voix du Nord. « C’est en tout cas un très mauvais coup pour François Hollande qui perd là l’un de ses plus proches conseillers », confirme Jean-Michel Servant (Le Midi Libre). Denis Daumin (La Nouvelle République du Centre Ouest) fait référence à la boxe et commente: « l’uppercut, le gouvernement le prend en pleine face. » « Le duo Hollande-Ayrault ne pouvait plus se permettre de laisser se développer un climat de tension et de suspicion », juge Pascal Coquis (Les Dernières Nouvelles d’Alsace). « L’onde de choc provoquée par la démission de Cahuzac va bien au-delà des dérives d’un gouvernement chahuté par les évènements et par l’opinion. Elle ébranle un peu plus la classe politique, trouble son image, » déplore enfin Jean-Louis Hervois dans la Charente Libre.