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Affaire Agnès Buzyn, le procès de la démocratie

Affaire Agnès Buzyn, le procès de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, juristes, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la fois non compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.

« Procès Buzyn » : comment évaluer la responsabilité des ministres

« Procès Buzyn » : comment évaluer la responsabilité des ministres

  • Fabien Bottini, qualifié aux fonctions de Professeur des Universités en droit public, Université Le Havre Normandie pose la problématique juridique de jugement des ministres ( dans le JDD, extrait)

Une approche intéressante mais essentiellement juridique qui fait trop l’impasse sur la crise démocratique.NDLR

Les conséquences judiciaires de la crise sanitaire relancent une nouvelle fois le débat récurrent sur la responsabilité des membres du gouvernement.

Une responsabilité pénale ou simplement politique?

Ceux-ci doivent-ils être pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions ou bien leur responsabilité ne peut-elle être que politique? La sanction la plus adaptée aux manquements des devoirs de leur charge est-elle en d’autres termes la prison et/ou une peine d’amende ou la simple perte de leur mandat? Qui des parlementaires ou des simples justiciables et du juge pénal est dans tous les cas mieux à même d’engager leur responsabilité et de les juger? Faut-il traiter de façon différente les délits intentionnels (comme la corruption) et non intentionnels (comme la mise en danger de la vie d’autrui)?

Depuis la Révolution française ces questions n’ont de cesse de diviser élus, juristes et citoyens eux – mêmes, deux thèses s’affrontant en la matière.

La première est celle de la responsabilité exclusivement politique des membres du gouvernement surtout lorsqu’ils sont mis en cause ès qualité pour des infractions non intentionnelles, comme c’est souvent le cas dans les scandales sanitaires. L’impossibilité de tout prévoir, la complexité du monde moderne, la nécessité d’éviter une paralysie de la prise de décision publique sont autant d’arguments invoqués à l’appui de cette solution.

Mais ces arguments sont réversibles, notamment parce que l’inaction par crainte de poursuites pénales peut elle-même être pénalement répréhensible. Sans compter que les va-et-vient des politiques entre sphère publique et sphère privée a atteint une telle ampleur de nos jours, que la perte de la fonction ministérielle n’apparaît plus comme une véritable sanction : puisque les membres du gouvernement peuvent valoriser sur le marché le réseau d’influence qu’ils ont tissé pendant leur mandat en devenant avocats d’affaires ou en se livrant à une activité de conseil.

C’est la raison pour laquelle la thèse de la responsabilité exclusivement politique est contestée par celle d’une responsabilité également pénale. Nul n’étant au-dessus des lois en démocratie, il est nécessaire, disent ses partisans, que les membres du gouvernement, puissent également rendre compte des violations qu’ils commettent à la loi pénale. Car l’exemple doit venir d’en haut, comme l’enseigne la doctrine du gouvernement spéculaire – entendu comme un gouvernement miroir de la société – depuis le IXe siècle.

D’autant que les actes détachables de l’exercice de leurs fonctions, tels que des faits de corruption, de subornation de témoins ou d’abus de biens sociaux, sont déjà jugés selon les règles ordinaires.

La procédure pénale a en effet considérablement évolué au tournant des années 1980, sous l’influence de la Cour européenne des droits de l’Homme, pour garantir à tout prévenu, simple particulier ou décideur public, son droit à un procès équitable devant un tribunal indépendant et impartial du pouvoir politique et faire en sorte que la loi pénale soit la même pour tous, « soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse » comme le commande l’article 6 de la DDHC.

Qui pour engager la responsabilité des ministres?

Qui pour engager la responsabilité des ministres : les parlementaires et une juridiction d’exception ou les citoyens et le juge pénal?

Quelle que soit la thèse retenue, la question se pose en effet de la procédure à suivre et de la juridiction compétente pour les poursuivre et, éventuellement, les condamner à raison de faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Doivent-ils être directement destitués dans le cas de la responsabilité politique par les citoyens eux-mêmes lorsqu’ils refusent de quitter la fonction, comme c’est le cas aux États-Unis où un pouvoir de « recall » (c’est-à-dire de révocation) leur est parfois reconnu? Ou bien faut-il laisser au parlement seul le soin de les renverser?

Cette solution existe en droit français où l’Assemblée nationale – et non le Sénat – a le pouvoir d’engager la responsabilité collective des membres du gouvernement en votant une motion de censure contre l’ensemble des ministres, en se transformant ainsi en une sorte de juridiction d’exception politique. Aucune n’a toutefois jamais aboutie ni même été déposée pour dénoncer la mise en cause pénale d’un ministre.

Ne faudrait-il pour cette raison pas aller plus loin et reconnaître aux chambres un pouvoir de révocation individuelle, de façon à destituer le seul ministre mis en cause ès qualité pour sa gestion des affaires? Certains le pensent et voient même dans l’absence de cette faculté la raison première de la pénalisation – entendue comme le recours au juge pénal – de la responsabilité ministérielle.

Mais une telle réforme suffirait-elle à renforcer la confiance des citoyens envers le fonctionnement des institutions? Sa mise en œuvre effective ne se heurterait-elle pas à la solidarité de fait qui existe en pratique entre la majorité et ses ministres, conduisant celle-ci à protéger ceux-là envers et contre tout, au nom de la maxime latine : hodie tibi, cras mihi (« aujourd’hui moi, demain toi »)? Rien n’est moins sûr. C’est pourquoi les partisans de leur responsabilité pénale préconisent de confier leur jugement au juge du même nom, pour qu’ils répondent de leurs actes devant lui comme n’importe quel justiciable.

La Cour de justice de la République fait l’unanimité contre elle

Créée dans le contexte de l’affaire du sang contaminé en 1993, la Cour de justice de la République peut être vue comme la tentative de trouver une solution de compromis entre les thèses politique et pénale.

À la thèse pénale, elle empreinte l’idée que le filtrage des plaintes visant les ministres, l’instruction des faits qui leur sont reprochés et leur jugement doivent être confiés à des instances où siègent des magistrats judiciaires expérimentés dont l’un préside la Cour.

Mais à la thèse politique, on doit la présence de magistrats administratifs et financiers dans l’instance chargée de trier les plaintes – ceux-ci étant considéré plus à même de comprendre les contraintes du mandat ministériel – et une surreprésentation des parlementaires dans l’instance de jugement au détriment des magistrats professionnels (12 contre 3).

Or, à l’usage, l’institution n’a pas fait ses preuves, tant elle nourrit le soupçon de partialité envers le ministre poursuivi.

Qu’il soit du côté de la majorité ou de l’opposition, il est toujours facile de voir rétrospectivement dans le sens du verdict le résultat d’un complot, à tort ou à raison : qu’il lui soit trop clément et la majorité lui aura été favorable ; qu’il soit trop sévère et elle l’aura cloué au pilori.

Le poison du soupçon pèse donc sur la crédibilité de la Cour dont la décision est toujours jugée trop politique. Sous couvert de respecter les idéaux de la démocratie libérale, la justice d’exception qu’elle incarne les méconnaît pour cette raison : en ignorant que la démocratie postule en toutes circonstances le respect de la volonté générale ; et le libéralisme l’obligation de chacun d’assumer personnellement la responsabilité de ses actes dans le respect de son droit à un procès équitable – surtout lorsqu’il s’agit de faits pénalement répréhensibles.

Comment appliquer « la rigueur de la loi » soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ?

À la question de savoir comment faire pour que les ministres soient placés sous toute la « rigueur de la loi », « soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse », et que leur droit élémentaire à un procès équitable soit pleinement respecté, le rapport Jospin de 2012 et le projet de révision constitutionnelle du 9 mai 2018 s’accordent dans les grandes lignes sur une solution alternative. Celle-ci revient à confier leurs poursuites au juge pénal, sous réserve d’aménagements à la procédure suivie devant lui, pour tenir compte des spécificités du mandat ministériel.

Une telle évolution est facilitée par l’essor des procédés de déontologie qui permettent de prévenir les manquements au devoir de probité qui ont longtemps constitué la première cause de poursuites contre les élus. Dès lors en effet que de tels mécanismes existent, les risques de poursuites se trouvent considérablement atténués sur le terrain des infractions intentionnelles et les ministres redoutent moins d’être mis en cause pour de tels faits.

C’est sans doute pourquoi le rapport comme le projet de révision proposaient tous deux de confier l’instruction et le jugement des plaintes les visant à un collège de magistrats expérimentés. S’ils divergent sur les modalités concrètes de leur désignation, on pourrait imaginer de confier à un panel de trois magistrats siégeant d’ordinaire dans les Chambres de l’instruction des Cours d’appel l’instruction à charge ET à décharge des faits qui leur sont reprochés.

Il serait de même possible d’imaginer que l’affaire soit délocalisée loin de Paris, par exemple à Bordeaux, pour prévenir les tentatives de pression sur ces juges et ceux de la formation de jugement éventuellement saisie de l’affaire.

La tentation de soustraire les ministres à toute responsabilité pénale non intentionnelle

Mais un examen attentif du projet de révision de 2018 montre que l’idée d’une réforme achoppe toujours sur un point : celui de la responsabilité pénale des ministres pour des faits non intentionnels.

Le projet voulait en effet conditionner les poursuites de ceux coupables d’inaction au fait que

« Le choix de ne pas agir leur est directement et personnellement imputable. »(art. 13)

Ce qui serait concrètement revenu à dire, si la réforme était passée, que toutes les plaintes déposées contre les membres du gouvernement dans le contexte de la crise sanitaire auraient été déclarées irrecevables.

On imagine l’impact sur l’opinion publique du sentiment d’injustice que les victimes ou leurs familles n’auraient pas manqué d’éprouver alors même qu’une telle réforme paraît des plus inutiles : les conditions à réunir pour pouvoir retenir la condamnation d’un justiciable au titre des délits non intentionnels ont été réformées en 2000, de façon à trouver un point d’équilibre satisfaisant entre ce qui relève de la faute pénale et ce qui lui est étranger.

La relaxe d’un certain nombre d’exécutifs locaux poursuivis pour de tels faits le prouve. Remédier à la crise de la démocratie suppose que les gouvernants en prennent conscience, s’ils veulent véritablement substituer à la Cour de justice de la République un régime de responsabilité conforme à l’idéal républicain de bonne administration de la justice.

 

 

Fabien Bottini, Qualifié aux fonctions de Professeur des Universités en droit public, Université Le Havre NormandieCet article est republié à partir de The Conversation .

Affaire Buzyn : La démocratie en question

Affaire Buzyn : La démocratie en question

Un papier du « Monde » (extrait) qui évoque l’insuffisance de démocratie

La mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » d’Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la santé, par la Cour de justice de la République dans le cadre la gestion de la pandémie de SARS-CoV-2 pose plusieurs questions importantes sur le fonctionnement des institutions. La mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui » de l’ex-ministre de la santé Agnès Buzyn par la commission d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR), vendredi 10 septembre, a suscité beaucoup d’émoi – pas toujours pour de bonnes raisons. L’information judiciaire ouverte à l’été 2020 à la suite de plaintes déposées par des soignants et des familles de patients porte sur les soupçons de manque d’anticipation par le gouvernement d’un risque épidémique mondial et de mauvaises décisions ou de non-décisions une fois la pandémie de SARS-CoV-2 survenue.

 Cette première mise en examen spectaculaire pourrait être suivie d’autres. Edouard Philippe, alors premier ministre, et Olivier Véran, le successeur de Mme Buzyn, étaient également aux avant-postes des responsabilités au début de la crise sanitaire. Cette mise en examen a été décidée, rappelons-le, sur la base d’éléments dont nous ne disposons pas, par une commission d’instruction composée de trois magistrats professionnels statutairement indépendants. C’est une étape de procédure importante, car elle traduit l’existence d’indices graves et concordants, mais Mme Buzyn reste présumée innocente.

Le débat est ailleurs. Il ne porte pas sur ce que font les juges, mais sur ce que nous, citoyens, associations, syndicats, élus locaux ou parlementaires, nous attendons d’eux. La justice pénale est appelée ici à se prononcer, fût-ce par la voie de cette juridiction d’exception qu’est la CJR, sur des décisions prises par un gouvernement face à une crise inédite.

En l’occurrence, il ne s’agit pas d’enquêter sur des malversations ou des conflits d’intérêts dans la conduite des affaires publiques. Il s’agit de savoir si, compte tenu des informations disponibles au cours de ces semaines cruciales, les bonnes décisions ont été prises au bon moment et si la vérité, ou plus exactement l’état des connaissances à un instant T, n’aurait pas été cachée aux citoyens pour de mauvaises raisons. Bref, de savoir si les personnes chargées de la politique de santé publique ont été à la hauteur de leurs responsabilités.

 Recourir au droit pénal pour sanctionner les éventuelles incompétences de tel ou tel ministre est d’abord un aveu d’échec des contre-pouvoirs démocratiques. Certes, le Parlement a été rapidement saisi. Des commissions d’enquête, à l’Assemblée nationale et au Sénat, ont fait apparaître l’état d’impréparation dans lequel se trouvait l’administration de la santé. Elles ont bien identifié les responsabilités, mais, faute de pouvoir réclamer des sanctions, leur travail a surtout consisté à émettre des recommandations pour l’avenir. On touche là aux limites des institutions de la Ve République.

 Venu des pratiques anglo-saxonnes, le recours au juge pour trancher toute question privée ou publique est un progrès dans un Etat de droit. Mais il ne doit pas conduire à poser à la justice des questions qui ne relèvent pas de sa mission. Quant au sort de la CJR, cette juridiction bancale, c’est une nouvelle démonstration qu’il aurait dû être réglé depuis longtemps, comme François Hollande en 2012 puis Emmanuel Macron en 2017 s’y étaient engagés.

Crise Covid : Les déclarations contradictoires d’ Agnès Buzyn (et du gouvernement !)

Crise Covid : Les déclarations contradictoires d’ Agnès Buzyn (et du gouvernement !)

Le 24 janvier 2020, l’ancienne ministre de la santé a déclaré « les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles« , comme le rapporte France Bleu, avant de préciser que cette analyse pourrait « évoluer ».

Le 26 janvier 2020 : elle affirme que les masques chirurgicaux sont « totalement inutiles » pour les personnes non contaminées. « Ce sont des masques qu’il faut mettre quand on est malade pour éviter d’envoyer des microbes à son entourage », assure-t-elle le 26 janvier. « Après, il y a des masques de protection pour des personnes en contact étroit avec des personnes malades. Ce sont des masques qui sont essentiellement réservés au personnel soignant, présents dans les hôpitaux. »

Selon elle, il n’y a alors « aucune indication à acheter des masques ;pour la population française. » Par ailleurs, elle précise que « des dizaines de millions de masques » sont en stock en cas d’épidémie. « Si un jour nous devions proposer de porter des masques à telle ou telle population, les autorités sanitaires les distribueraient. »

Après sa défaite électorale à la mairie de Paris, elle déclare le 17 mars 2020 : « Je savais que la vague du tsunami était devant nous » « Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. » Elle assure avoir alerté l’Elysée et Matignon dès janvier sur le « danger » potentiel du coronavirus. Au sujet des élections municipales, elle ajoute :  »Depuis le début, je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. »

Le 30 juin 2020, elle affirme : « Je n’ai à aucun moment sous-estimé le risque »« Vous ne pouvez pas dire qu’on n’a pas été réactifs », martèle quelques mois plus tard l’ex-ministre de la Santé. En juin, elle est entendue par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale chargée d’évaluer la gestion de l’épidémie en France. Agnès Buzyn y affirme avoir alerté l’Elysée et Matignon  »autour du 11 janvier ».

Notons que l’actuel ministre de la santé et les autres membres du gouvernement se sont autant contredits ensuite.

Agnès Buzyn : Un procès pour rien ?

Agnès Buzyn : Un procès pour rien ?

 

Après la mise en examen de l’ancienne ministre devant la Cour de justice de la République, les deux juristes Olivier Beaud et Cécile Guérin-Bargues estiment, dans une tribune au « Monde », que le risque est grand de voir les attentes des plaignants déçues.

 

Tribune. 

 

Comme les émigrés de l’Ancien Régime, les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR) n’ont « rien appris et ils ont tout oublié ». Plus de vingt ans après l’affaire du sang contaminé, ils viennent de mettre en examen Agnès Buzyn, ministre de la santé de mai 2017 à février 2020, pour « mise en danger de la vie d’autrui » en raison du rôle qu’elle a joué dans la gestion de l’épidémie de Covid-19. Ils estiment donc que son prétendu défaut d’anticipation ou son éventuelle incompétence relèvent de la responsabilité pénale.

On retrouve ici le cocktail explosif du drame du sang contaminé : un problème sanitaire majeur et des familles endeuillées qui, encouragées par leurs avocats, cherchent à imputer, par la voie pénale, la responsabilité de leurs souffrances aux gouvernants et décideurs publics. Dans un cas comme dans l’autre, les magistrats de la commission d’instruction de la CJR leur ont emboîté le pas, en tablant sur la contestable élasticité du droit pénal et sur la possibilité qui leur est offerte de requalifier pénalement les faits.

En adoptant ici une incrimination définie de manière aussi vague que la « mise en danger de la vie d’autrui », les magistrats tombent dans une lecture rétroactive des faits, prompte à condamner des décisions ministérielles pourtant prises dans une période d’incertitude scientifique maximale quant à l’étendue et à la dangerosité du Covid-19.

La liberté d’action de la ministre, contrainte par la pénurie de masques, et le contexte politique, marqué par la volonté de la grande majorité des responsables politiques de maintenir les élections municipales de mars 2020, seront probablement minorés. L’instruction, éminemment complexe dans un tel dossier, sera encore ralentie par l’existence de procédures parallèles nées de plaintes relatives aux mêmes faits mais déposées devant les juridictions ordinaires, car visant des décideurs publics qui ne sont pas des « membres du gouvernement », pour lesquels seule la CJR est compétente (article 68-1 de la Constitution).

La suite de l’histoire est pourtant écrite. Incapable de résister à la pression d’une opinion publique qui exige qu’on lui rende des comptes, la commission d’instruction saisira la juridiction de jugement. Il reviendra alors à trois magistrats issus de la Cour de cassation et à douze parlementaires de tenter de déterminer s’il y a bien eu, de la part de la ministre, une violation délibérée d’une règle de prudence ou de sécurité.

Société-Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

Société-Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la fois non compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.

Covid : Les déclarations contradictoires d’ Agnès Buzyn (et du gouvernement !)

Covid : Les déclarations contradictoires d’ Agnès Buzyn  (et du gouvernement !)

Le 24 janvier 2020, l’ancienne ministre de la santé a déclaré « les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles« , comme le rapporte France Bleu, avant de préciser que cette analyse pourrait « évoluer ».

 Le 26 janvier 2020 : elle affirme que les masques chirurgicaux sont « totalement inutiles » pour les personnes non contaminées. « Ce sont des masques qu’il faut mettre quand on est malade pour éviter d’envoyer des microbes à son entourage », assure-t-elle le 26 janvier. « Après, il y a des masques de protection pour des personnes en contact étroit avec des personnes malades. Ce sont des masques qui sont essentiellement réservés au personnel soignant, présents dans les hôpitaux. »

Selon elle, il n’y a alors « aucune indication à acheter des masques ;pour la population française. » Par ailleurs, elle précise que « des dizaines de millions de masques » sont en stock en cas d’épidémie. « Si un jour nous devions proposer de porter des masques à telle ou telle population, les autorités sanitaires les distribueraient. »

Après sa défaite électorale à la mairie de Paris, elle déclare le 17 mars 2020 : « Je savais que la vague du tsunami était devant nous » « Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. » Elle assure avoir alerté l’Elysée et Matignon dès janvier sur le « danger » potentiel du coronavirus. Au sujet des élections municipales, elle ajoute :  »Depuis le début, je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. »

Le 30 juin 2020, elle affirme : « Je n’ai à aucun moment sous-estimé le risque »« Vous ne pouvez pas dire qu’on n’a pas été réactifs », martèle quelques mois plus tard l’ex-ministre de la Santé. En juin, elle est entendue par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale chargée d’évaluer la gestion de l’épidémie en France. Agnès Buzyn y affirme avoir alerté l’Elysée et Matignon  »autour du 11 janvier ».

Notons que l’actuel ministre de la santé et les autres membres du gouvernement se sont autant contredits.

 

Le JDD premier avocat d’Agnès Buzyn

Le JDD premier avocat d’Agnès Buzyn

 Le directeur de la rédaction du JDD, Hervé Gattegno prend sa plume de soutien à Macron avec certains arguments pertinents, d’autres très partisans et même vulgaires.

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Depuis vendredi, la France est le seul pays au monde où un responsable public est traduit devant la justice pénale pour sa gestion de la crise sanitaire. L’épidémie de Covid-19 ayant frappé la quasi-totalité de la planète et les gouvernements l’ayant affrontée comme ils ont pu, avec des hésitations compréhensibles et des errements comparables, faut-il en déduire que nos dirigeants ont fait pire qu’ailleurs ou que nos juges sont plus perspicaces? D’évidence, ce n’est ni l’un ni l’autre. Avec la mise en examen d’Agnès Buzyn, une étape nouvelle est franchie dans le conflit de pouvoir entre la magistrature et le monde politique.

Contrairement à ce que croient les jobards et disent les démagogues, cette offensive ne nous place pas aux avant-postes mais à l’arrière-garde de la démocratie. Elle est à la fois déraisonnable, déloyale et dévastatrice.

La déraison s’exprime dans le choix des indices retenus contre l’ex-ministre : il ne tient aucun compte de la stupeur et de l’incertitude qui ont entouré l’irruption du virus. Sur les masques comme pour les tests, on ne peut décemment reprocher à Agnès Buzyn de n’avoir pas discerné l’an dernier ce qui est établi aujourd’hui. Quand les experts eux-mêmes se divisent, un ministre est-il censé en savoir plus que les savants? On voit mal, du reste, quelle compétence permettrait aux juges de la CJR d’en décider.

Seuls juges de leurs propres actions, les juges imposent leur pouvoir sans contre-pouvoir.

La déloyauté réside dans la violation délibérée par des magistrats de la séparation des pouvoirs, principe qui n’est pas destiné à protéger ceux qui les détiennent mais les citoyens au nom desquels ils sont exercés. En reprochant à Agnès Buzyn d’avoir « mis en danger » les ­Français par ses décisions (ou son indécision), c’est bien une politique de santé que la CJR s’autorise à apprécier – pour ne pas dire à condamner. En cela, les magistrats outrepassent leurs missions. Mais à l’inverse des ministres, nul ne les sanctionnera pour cela : seuls juges de leurs propres actions, les juges imposent leur pouvoir sans contre-pouvoir. Peut-être est-il temps d’en finir avec cette anomalie.

La dévastation découle de tout ce qui précède. La gestion de la pandémie par Emmanuel Macron et ses gouvernements n’est certes pas au-dessus de toute critique (Édouard Philippe l’a humblement admis en son temps) ; mais en jetant sur elle le soupçon d’une intention malveillante, les juges de la CJR versent dans le populisme judiciaire. Ils ne peuvent ignorer qu’ils sapent la crédibilité d’une politique sanitaire déjà difficile à imposer dans un pays rétif aux injonctions bien plus qu’aux injections. Observons d’ailleurs leur constance : en octobre 2020, c’est au lendemain de l’annonce du couvre-feu dans les grandes villes que les domiciles des ministres visés par l’enquête avaient été perquisitionnés – surprenant calendrier.

L’autre effet désastreux de tels dévoiements est, paradoxalement, l’affaissement de la justice : autant que les gouvernants qu’ils cherchent à concurrencer, les magistrats doivent, pour rester légitimes, garder le respect des citoyens. Attiser la défiance ne les aidera pas à inspirer la confiance.

Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

Covid-19 -procès Agnès Buzyn: la mise en cause de la démocratie

 

Globalement, la classe politique et même le monde médiatique s’indignent de la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn. Le principal argument réside dans le fait qu’à l’époque des déclarations et des actions de la ministre, la connaissance médicale pouvait largement expliquer les contradictions de la politique sanitaire. Un argument qui peut être entendu. Dans le monde entier on a effectivement minimisé au début l’impact du virus et donc la nécessité de politiques très volontaristes.

 Mais au-delà de cet aspect très précis qui justifie la mise en examen de l’ancienne ministre de la santé, se pose la question de savoir comment évaluer la responsabilité des politiques. La plupart des observateurs, politiques et journalistes, considèrent  que cette évaluation et les éventuelles sanctions doivent avoir lieu dans le cadre des élections et que la justice n’a pas à s’immiscer dans la politique pour en juger la pertinence. Le problème, c’est qu’Agnès Buzyn mise en examen devant le tribunal pénal ne sera sans doute pas candidate à une prochaine élection nationale. À noter aussi que certains membres du gouvernement comme Agnès Buzyn n’ont jamais affronté de scrutin national.

Sur le fond, ce qui caractérise le monde politique, c’est l’absence d’évaluation de leur action en cours de mandat. Pour simplifier, on pourrait considérer que la démocratie en est encore au stade néandertalien. Elle se limite au dépôt d’un bulletin fois tous les quatre ou cinq ans. Entre-temps , des pseudos concertations sont organisées dans nombre d’organismes qui ne servent pas à grand-chose. Des organismes le plus souvent à la foisnon compétents et sociologiquement non représentatifs.

Le mode de régulation de la vie politique par la justice n’est sans doute pas le moyen le plus intelligent et le plus efficace pour réguler l’action politique. Pour autant , la question se pose de savoir comment combler le grand vide démocratique entre deux élections sachant que pour se faire élire, des politiques promettent notamment beaucoup et tiennent peu leurs engagements. La démocratie et donc faussée dès le départ avec des promesses illusoires, un manque de compétence générale et une grande insuffisance de connaissances des réalités sociales et sociétales. Bref, le procès d’Agnès Buzyn et sans doute d’autres ministres est la mise en cause d’un modèle démocratique devenu obsolète.

Agnès Buzyn devant la Cour de Justice de la République

Agnès Buzyn devant la Cour de Justice de la République

Selon une information du Monde.fr, Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, est convoquée ce vendredi devant les juges d’instruction de la Cour de justice de la République (CJR) sur les chefs d’« abstention de combattre un sinistre » et de « mise en danger de la vie d’autrui » dans le cadre de la crise du ­Covid.

 

Encore une affaire qui risque de finir en eau de boudin pour deux raisons. La première est que la cour de justice de la république constitue une cour d’exception réservée aux ministres et composée en majorité de politiques.

 

Dans la plupart des cas, la cour de justice n’a prononcé que des peines très symboliques ou rien du tout. La seconde raison c’est que tout le gouvernement a été impliqué dans les erreurs de gestion de la crise sanitaire. Une sanction contre l’ancienne ministre de la santé risquerait de faire jurisprudence.( Rappelons-nous au départ l’affaire du masque par exemple que les responsables considéraient comme inutiles), puis le manque de masques quand il a été rendu obligatoire. De ce point de vue le ministre actuel de la santé a tenu des propos encore plus contradictoires que ceux d’ Agnès Buzin.

CORONAVIRUS: INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE CONTRE PHILIPPE, BUZYN ET VÉRAN : du pipeau

CORONAVIRUS: INFORMATION JUDICIAIRE OUVERTE CONTRE PHILIPPE, BUZYN ET VÉRAN : du pipeau

 

Comme déjà indiqué à plusieurs reprises,  des enquêtes préliminaires comme les enquêtes plus formelles décidées par la commission dépendant de la cour de justice de la république relève de l’agitation médiatique. Une question préalable toutefois : faut-il ou non judiciariser les insuffisances de gestion d’un gouvernement où trouver un mode de régulation qui permette  un contrôle démocratique régulier.

Il y a déjà plusieurs semaines qu’est envisagée cette ouverture d’information judiciaire concernant Édouard Philippe, l’ancienne ministre de la santé et l’actuel. Le problème est que cette procédure est ouverte sous la tutelle de la cour de justice de la république, justice exception qui n’a jamais puni pratiquement personne. Et pour cause puisque cette cour de justice de la république comprend neuf élus et trois magistrats !

Conclusion beaucoup d’agitation, sans doute beaucoup d’audiences, de roulements de tambour dans les médias, des affaires qui vont traîner des mois, voire des années. Et au final rien ou pas grand-chose.

Pourtant Le procureur général près la Cour de cassation a publié un communiqué ce mardi: il y annonce l’ouverture d’une information judiciaire du chef d’abstention de combattre un sinistre, délit prévu et réprimé par m’article 223-7 du code pénal, pour des faits commis à Paris courant 2019 et 2020, contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran. Cette information judiciaire porte plus précisément sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus.

Cette procédure judiciaire succède à la décision, prise le 3 juillet, de la commission des requêtes de la Cour de Justice de la République (CJR) de transmettre plusieurs plaintes relatives au traitement par l’Etat de la crise du Covid-19 au procureur général près la Cour de cassation, François Molins. La conduite de l’information judiciaire a été confiée par ce dernier à la commission d’instruction de la CJR.

 

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

Information judiciaire demandée contre Philippe, Buzyn et Véran : du vent

La plupart des médias reprennent  en chœur l’information relative au lancement d’une information judiciaire contre Édouard Philippe, Buzyn et Véran à propos de la gestion de la crise sanitaire. Mais évidemment cette information judiciaire a été confiée à la cour de justice de la république, institution particulièrement bienveillante à l’égard de membres du gouvernement et qui n’a jamais pris la moindre sanction significative et pour cause. C’est une justice d’exception puisque la cour est composée de neuf politiques et de trois magistrats.

 

Au pire ( comme pour la présidente actuelle de la BC, Christine Lagarde dans l’affaire tapie) , la cour de justice de la république fera les gros yeux aux intéressés si des fautes y compris graves leur étaient imputées. La commission des requêtes de la Cour de justice de la République a donc annoncé vendredi avoir transmis au procureur général près la Cour de cassation neuf plaintes contre Edouard Philippe, Agnès Buzyn et Olivier Véran en vue de l’ouverture d’une information judiciaire pour leur gestion de l’épidémie provoquée par le nouveau coronavirus en France.

Edouard Philippe, Premier ministre jusque ce vendredi, Agnès Buzyn et Olivier Véran, qui se sont succédé au ministère de la Santé, sont visés par des plaintes pour “abstention de combattre un sinistre”.

“Il appartient désormais au procureur général – lié par les termes de cette décision – d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre de M. Edouard Philippe, de Mme Agnès Buzyn et de M. Olivier Véran”, écrit la Cour de justice de la République dans un communiqué.

La Cour de justice de la République précise que le délit cité est passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Une précision qui s’impose car la cour de justice n’a pratiquement jamais puni personne.

Municipales à Paris : le calvaire continue pour Agnès Buzyn

Municipales à Paris : le calvaire continue pour Agnès Buzyn

C’est une sorte de calvaire politique que subit Agnès Buzin  confirmée comme candidate officielle de la république en marche à Paris. Une sorte d’épreuve car ses chances sont insignifiantes. En outre, elle a perdu son statut de ministre est sans doute en même temps ses perspectives de carrière politique. Dernière blessure, l’hypothèse de son emplacement par le secrétaire général de la république en marche, Guerini. Un remplacement vite démenti mais qui a apporté un trouble supplémentaire à la candidature de l’ancienne ministre de la santé.

. Agnès Buzyn sera bien la candidate de La République en marche à la mairie de Paris pour le second tour. Elle a confirmé mardi devant ses troupes sa « candidature et sa détermination » en vue du scrutin du 28 juin, selon plusieurs participants de cette réunion interne. « Je suis pleinement engagée, déterminée, combative. On y va. », a-t-elle assuré.

L’incertitude et la fébrilité régnaient au sein des marcheurs parisiens. Mardi matin, quatre jours après que le premier ministre a confirmé l’organisation du second tour des élections municipales le 28 juin, Agnès Buzyn devait réunir par visioconférence ses têtes de liste à 8h, avant une seconde réunion à 9h, avec son équipe de campagne. L’ancienne ministre de la Santé, en retrait et silencieuse après avoir qualifié de «mascarade» le maintien du premier tour des élections municipales en pleine crise sanitaire, devait, selon plusieurs cadres internes, annoncer qu’elle reprenait sa campagne pour le second tour.. «Ce n’est plus tenable, elle comprend que ça va être l’horreur», s’alarmait un candidat, lundi soir. «Elle a changé plusieurs fois d’avis depuis ce week-end, et hésite encore à repartir en campagne, croit savoir un ministre. Il y a beaucoup d’irresponsabilité de la part des responsables LREM qui font le siège d’Agnès tous les jours pour la convaincre d’y retourner, et recommencent encore et encore. Le risque, c’est qu’elle finisse par abandonner définitivement à une semaine de l’élection quand on aura déposé les listes, on aura l’air malin.»

Coronavirus : plaintes déposées contre Édouard Philippe, Olivier Véran ou Agnès Buzyn

Coronavirus : plaintes déposées contre Édouard Philippe, Olivier Véran ou Agnès Buzyn

Les plaintes ont été déposées par deux associations et trois particuliers pour des faits de mise en danger de la vie d’autrui, ou de non-assistance à personne en danger, ou d’homicide involontaire, ou encore en vertu de l’article 223-7 du code pénal disant que « quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ».

Par ailleurs, une sixième plainte pour « entrave aux mesures d’assistance » visant Agnès Buzyn et Edouard Philippe est en route vers la Cour de justice de la République.Notons que les accusés ne risquent pas grand chose puisque la cour très spéciale est composée de 9 politiques et de 3 magistrats ! Jusqu’alors elle n’a prononcé que des sanctions anecdotiques.  Elle a été déposée par un Francilien de 46 ans diagnostiqué positif au covid-19 à la mi-mars, selon son avocat Nabil Boudi.

« S’il y a eu des manquements de la part d’un certain nombre de personnes qui sont au gouvernement, ces manquements doivent être sanctionnés. Face à une crise d’une telle ampleur, on ne peut pas avoir des ministres qui tergiversent », explique l’avocat à franceinfo, « on ne cherche pas à ce qu’il y ait des sanctions, on ne cherche pas à ce qu’il y ait des condamnations, ce n’est pas l’objet de la plainte ».

L’objet de la plainte avant tout c’est l’ouverture d’une enquête pour déterminer qui a failli dans sa mission.Me Nabil Boudià franceinfo

Dans la plainte que franceinfo a pu consulter, son client regrette qu’il « aura ainsi fallu attendre plus d’un mois et demi, depuis l’annonce, le 24 janvier 2020, par Madame Buzyn, alors Ministre de la Santé, des deux premiers cas confirmés sur le sol français et européen pour agir ». Il s’appuie notamment sur les « confessions accablantes » d’Agnès Buzyn dans un entretien publié le 17 mars dans le journal Le Monde, témoignant du « manque de réactivité du gouvernement » malgré ses nombreuses alertes.

En plus de ces plaintes-là, la semaine précédente, un collectif de soignants avait déjà déposé plainte contre le Premier ministre et l’ancienne ministre de la Santé les accusant de s’être  »abstenus » de prendre à temps des mesures pour endiguer l’épidémie de coronavirus.

 

Agnès Buzyn, bouc-émissaire idéale pour cacher la déroute électorale de LREM

 

 

La plupart des médias ont choisi de piétiner Agnès Buzyn déjà à terre pour ses propos accablants concernant à la fois la mascarade des municipales et le retard du gouvernement concernant la crise sanitaire. Avant cet épisode , les mêmes médias tressaient  des louanges  à la ministre de la santé comme ils ont l’habitude de le faire à l’égard du gouvernement en général. Quitte  parfois même à sortir des sondages bidon spécialité du JDD notamment ( Hidalgo menacée à Paris, Dati en tête par exemple , sondage repris par tous les médias). (Cette fois c’est un chercheur en sciences politiques qui dans un latin de messe de psychologue et de pythie politiste enfonce à son tour l’intéressée dans le JDD. La lecture vaut le détour ! Tout y est abordé sauf l’essentiel à savoir d’une part la catastrophe électorale générale de la république en marche à Paris bien sûr mais partout sur le territoire ;  surtout on fait l’impasse sur les défaillances dramatiques de la gestion de crise par le gouvernement et le Premier ministre en particulier. une défaillance qui continue avec le manque dramatique de masques, de respirateurs, de tests , le manque aussi de courage politique. Une analyse psycho pour  Bruno Cautrès, chercheur en sciences politiques, Sciences Po – USPC qui  s ‘est livré à ce curieux exercice  pour satisfaire sans doute aussi le cruel manque d’articles du journal. La confirmation également  que l’enseignement des instituts politiques souvent relève du bla-bla  de nature scientiste. (et les références bibliographiques n’y changent rien!)

 

« L’interview d’Agnès Buzyn publiée dans Le Monde du 17 mars revenant sur la manière dont elle avait vécu son départ du gouvernement et sa campagne électorale pour les municipales à Paris, s’inscrit dans une tradition politique bien connue : la « bombe » lâchée dans les heures ou les jours qui suivent une défaite électorale. On évoque parfois le syndrome de dépression ou de décompression postélectorale. Les lendemains de défaite sont une étape difficile à gérer au plan humain et politique comme l’a récemment bien montré l’ouvrage dirigé par Frédéric Louault et Cédric Pellen (La Défaite électorale. Productions, appropriations, bifurcations, Presses Universitaires de Rennes, 2019).

Au plan humain, il n’est pas rare de voir les candidats passer en quelques heures de la posture conquérante (« on va gagner! ») à un syndrome d’abattement ou même d’effondrement : une combinaison de fatigue psychologique et physique, de déception face aux résultats, parfois teintée d’amertume.

Les partis politiques « de la vielle école » connaissent bien ce syndrome, ou son exact opposé, l’euphorie de la victoire (qui fait oublier qu’il y a un deuxième tour ou qui fait perdre au vainqueur final le sens des réalités). Analysant en profondeur les ressorts de l’engagement et de la participation à une campagne électorale, le politiste Alain Faure, spécialiste des élus ruraux et du pouvoir local, a recueilli de nombreux témoignages d’élus qui évoquent avec nostalgie et affects leur première campagne électorale.

Il évoque même (dans une communication à un colloque) une « empreinte affective » durable la première rencontre avec le suffrage universel : « La première exposition de soi, la rencontre avec des mentors, la prise publique de parole et le dénouement par les urnes semblent avoir placé ces éligibles dans une ivresse insoupçonnée et inoubliable. »

Les équipes de campagne des partis politiques tentent d’ailleurs de canaliser le mieux possible les débordements émotionnels de leurs candidats. Les « vieux routards » de la politique savent qu’il faut tenir sa langue dans les heures et jours qui suivent les élections et plus particulièrement en cas de défaite : « il ne faut pas insulter l’avenir », disent-ils souvent, une règle d’or de la politique.

La lecture de cette interview suscite trois réactions. Première réaction, la plus instinctive : la consternation et même le choc. On peut en fait se demander si nous n’avons pas assisté en direct à une fin de parcours politique d’Agnès Buzyn : la candidate, arrivée troisième du premier tour avec 17,3% des voix, pourra-t-elle se présenter devant les électeurs le 21 juin après une telle « bombe », et d’ailleurs le veut-elle ?

La tonalité de l’interview et plusieurs déclarations (« je me demande ce que je vais faire de ma vie », « c’est ma part de liberté, de citoyenne et de médecin », « je n’ai plus de boulot ») font apparaître qu’Agnès Buzyn semble mentalement sortie des élections municipales. A priori, impossible de s’en remettre vis-à-vis des électeurs (à commencer par les siens) et encore plus impossible pour elle d’enfiler à nouveau le costume de candidate.

Une sortie de la vie politique, en forme de « coming out » libérateur : comme si le rôle de candidate, dans le contexte que nous vivons, avait été trop lourd à porter et vécu comme un rôle de composition, plus imposé par les circonstances que choisi. Ministre oui, candidate non ou plus difficilement. Ce profil existe dans notre vie politique qui a déjà compté des talents n’arrivant pas à passer l’obstacle du suffrage universel ou ne le souhaitant pas, par exemple l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Le malaise de la « mascarade »

Les explications confuses que la candidate a données par la suite, n’ont fait qu’accentuer le malaise que l’on ressent. Malgré les éléments de langage distillés ensuite, plusieurs énoncés terribles contenus dans l’interview au Monde resteront collés au nom de la candidate. La ministre aurait eu conscience que la gravité de la situation sanitaire empêcherait les élections municipales d’avoir lieu ; la candidate a vécu ces élections comme une « mascarade ».

Agnès Buzyn a quitté des fonctions éminentes dans une période sanitaire dramatique pour concourir à une élection dont elle pensait qu’elle n’aurait pas lieu… ; elle a conduit une campagne électorale (qui comporte des négociations ou discussions avec d’autres candidats) vécue (et qualifiée a posteriori) comme une « mascarade », un terme dont les acceptions recouvrent d’ailleurs aussi bien « comédie hypocrite » que « mise en scène trompeuse »…

La seconde réaction est moins instinctive et choquée. Elle prend davantage appui sur les sciences sociales, notamment la sociologie politique des émotions. Ce courant de recherche a développé la thèse d’un « citoyen sentimental », proposée au début des années 2000 par le spécialiste américain de psychologie politique, George Marcus. Dans ses travaux, George Marcus montre que notre cerveau prend appui simultanément sur la « raison » et les émotions pour penser la politique.

Loin d’être un obstacle au jugement politique, une camisole aveuglante, les émotions feraient partie intégrante du « raisonnement politique » : privé de ses émotions l’être humain ne sait en fait plus décider. De nombreux travaux de recherches conduits par la psychologie politique (par exemple chez Pavlos Vassilopoulos) ont confirmé que raison et émotions constituent une combinatoire essentielle des décisions et évaluations politiques. Si la peur, l’anxiété ou la colère font partie des émotions qui agissent fortement sur les choix politiques, elles ne conduisent pas nécessairement les électeurs qui ressentent ces émotions à des comportements ou attitudes extrêmes.

Système 1, Système 2

Ces travaux montrent aussi que le cerveau humain fonctionne selon deux modes opératoires, que nous passons nos journées à combiner : d’un côté la logique des « habitudes acquises » et de l’enthousiasme spontané ; d’un autre côté la logique de la « surveillance », attentive aux modifications de l’environnement, qui fonctionne à l’anxiété mais favorise l’esprit critique.

Cette thèse rappelle celle avancée par Daniel Kahneman, lauréat du Prix Nobel d’économie et spécialiste notamment des « biais cognitifs », dans son livre mythique Système 1, Système 2 : Les deux vitesses de la pensée. Selon Kahneman, nous opérons nos activités cérébrales selon deux modes : le « système 1″ qui est rapide, instinctif, émotionnel mais peu précis et le « système 2″ qui est plus lent, plus réfléchi, plus logique et plus précis. Daniel Kahneman montre à quel point les « biais cognitifs » nous conduisent, notamment en mode « système 1″, à commettre des erreurs de jugement et à développer fausses peurs, aversions infondées ou erreurs de jugement.

Une « sentimentalité » toute politique

Si nous sommes bien ces « citoyens sentimentaux » ou ces « cerveaux politiques à deux vitesses », aucune raison pour que les hommes et femmes politiques échappent à cette règle. Dans le cas d’Agnès Buzyn, remarquons tout d’abord la grande part de « sentimentalité » qui caractérise sa communication : elle a pleuré en quittant ses fonctions de ministre, elle répond en larmes aux questions d’Ariane Chemin dans Le Monde et sa campagne électorale a beaucoup mis en avant son « empathie », sa « douceur », « sa proximité » avec les gens. S’il s’agissait de créer un clivage d’image avec Anne Hidalgo et Rachida Dati (renvoyant en creux une image de dureté et machines de guerre électorale à propos de ses concurrentes), ce « storytelling » nous disait quelque chose d’important.

Si l’on suit les travaux du politiste Christian Le Bart, nous sommes entrés dans l’ère de la « démocratie émotionnelle ». Les travaux remarquables de ce spécialiste des émotions et de la mise en scène du politique, montrent l’affirmation d’une tendance « lacrymal-fusionnelle » dans nos démocraties : les larmes, les émotions, la compassion, l’empathie, la proximité comme l’ultime tentative de combler le gouffre abyssal du déficit démocratique comme en témoigne la profonde défiance des Français vis-à-vis du politique.

Ethique de responsabilité

Cette tendance au débordement émotionnel de nos hommes et femmes politiques n’a-t-elle pas joué un mauvais tour à Agnès Buzyn? D’une part en mettant trop en exergue son profil humain pendant sa campagne au détriment de ses propositions, les rendant inaudibles en fait ; d’autre part, en s’épanchant trop vite et trop maladroitement dans les colonnes du Monde? Un coup de grisou du « système 1″, mais tellement spectaculaire et fracassant dans sa spontanéité et sa dimension émotionnelle que le « système 2″ ne peut plus rien pour récupérer et rattraper l’affaire.

Le recours aux sciences sociales peut nous rendre un dernier service pour comprendre l’énigme du quasi « suicide politique » qui s’est commis sous nos yeux. Depuis la célèbre conférence de Max Weber en 1919, on sait que la « vocation » du « savant » et celle de l’acteur politique ne peuvent se confondre. Pour Weber, « l’éthique de responsabilité » c’est l’action en termes de moyens fins, inspirée par la philosophie politique de Machiavel.

C’est la morale de l’action de l’homme d’Etat qui va accepter, au nom d’un intérêt supérieur et du bien commun, d’employer des moyens que la morale réprouve. Weber a beaucoup réfléchi aux limites de cette « éthique de responsabilité », que la société ne peut suivre jusqu’au bout sauf à ériger en morale commune des principes inacceptables. La « morale de conviction » incite à agir selon ses sentiments sans référence aux conséquences.

Dans sa préface à l’édition 1959 du Savant et le Politique (de Max Weber), Raymond Aron résumait en ces termes l’opposition entre les deux « vocations » du savant et du politique : « On ne peut pas être en même temps homme d’action et homme d’études, sans porter atteinte à la dignité de l’un et de l’autre, sans manquer à la vocation de l’un et de l’autre. »

 

Il ajoutait qu’il ne fallait pas en conclure que cette distinction fondamentale excluait en même temps, chez Weber, les liens entre l’un et l’autre : « La science qu’il conçoit est celle qui est susceptible de servir l’homme d’action ». Cette position rejoint celle de Durkheim (dans la première préface à La Division du travail social) qui décrivait ainsi le rôle social du savant :  »De ce que nous nous proposons avant tout d’étudier la réalité, il ne s’ensuit pas que nous renoncions à l’améliorer […] Nous devons être, avant tout, des conseilleurs, des éducateurs. Nous sommes faits pour aider nos contemporains à se reconnaître dans leurs idées et dans leurs sentiments beaucoup plutôt que pour les gouverner ; et dans l’état de confusion mentale où nous vivons, quel rôle plus utile à jouer? »

En jetant le masque d’une « mascarade » qui ne lui convenait plus, Agnès Buzyn vient d’illustrer à la perfection le conflit de loyauté tragique entre « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité » qui attend tout savant qui rentre en politique. L’espace d’une interview dans Le Monde, le cerveau du médecin et de l’universitaire a repris le dessus sur celui du politique. Est-ce définitif? C’est entre les lignes le sentiment que l’on a. Il est évident qu’Agnès Buzyn devra très vite trancher le nœud gordien. La République en marche pour une troisième candidature à la mairie de Paris? Décidément, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas…!

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

 

Coronavirus : poursuites judiciaires contre Agnès Buzyn ou Édouard Philippe ?

Coronavirus : poursuites judiciaires contre Agnès Buzyn ou Édouard Philippe ?

Après les propos d’Agnès Buzyn,  ancienne ministre de la santé, affirmant dans le Monde que le gouvernement savait que l’organisation des élections municipales constituait un danger majeur pour la santé, par ailleurs que ces élections seraient une mascarade en prévision notamment des abstentions, certains médias posent la question de la responsabilité d’Agnès Buzyn, du gouvernement et surtout du premier ministre. Agnès Buzyn affirme  qu’elle a notamment informé dès janvier le gouvernement de la catastrophe sanitaire qui se préparait mais que ces recommandations n’ont pas été intégrées par le gouvernement. Du coup,  s’il devait y avoir une information judiciaire, elle devrait sans doute davantage viser Édouard Philippe qu’ Agnès Buzyn. En effet, c’est bien le Premier ministre qui en toute irresponsabilité a décidé d’inviter les électeurs à se rendre dans les bureaux de vote au risque d’une plus grande contamination et qui dans le même discours, le même jour, a recommandé le confinement. Nul doute que nombre de personnes supplémentaires du être infectées  à l’occasion de ces élections et le premier ministre et le responsable de cette situation. D’une manière générale, il est responsable d’une politique sanitaire complètement contradictoire qui a alterné entre la minimisation des risques et les propos inutilement inquiétants. Le tout alimentant largement encore davantage la panique. Il est aussi largement responsable de l’insuffisance scandaleuse des moyens sanitaires en équipements et en personnel. La France manque de tout, de lits en soin intente intensifs, de matériel respiratoire, de tests et même de masques. Le changement de ton et de politique est intervenu seulement après le du président de la république qui a décrété l’état de guerre. Le seul problème c’est que le gouvernement ne prend toujours pas les moyens découlant de ce discours guerrier.

Il faut rappeler les paroles rassurantes mais irresponsables du premier ministre.

« On a posé la question hier au comité scientifique. On leur a demandé, ‘est-ce que le fait d’aller dans un bureau de vote, parfois d’attendre un peu, ensuite de voter puis de repartir, est-ce que ça présente un risque pour les personnes les plus fragiles?’ », a-t-il rapporté.

Selon lui, ledit comité a répondu au gouvernement qu’il n’y avait aucune raison scientifique de penser que le déplacement pour voter aux municipales serait plus dangereux « que d’aller faire ses courses ». À condition de respecter une distance minimale. Le ministère de l’Intérieur préconise un marquage au sol afin de maintenir environ un mètre entre chaque électeur à chaque étape du vote. Il faut regretter c’est le caractère complètement contradictoire et irresponsable de la part du gouvernement en plus cautionné par certains scientifiques très complaisants qui devraient quand même comprendre que les bureaux de vote vont se transformer en espace d’incubation impossible à désinfecter après le passage de chaque électeur.

« La vérité, c’est que les maires (…) ont parfaitement compris l’enjeu, pour faire en sorte, par exemple, que quand une personne fragile arrive au bureau de vote, dans toute la mesure du possible, ce ne soit pas elle qui fasse la queue, (…) qu’elle puisse passer plus rapidement dans l’isoloir et ensuite devant l’urne pour pouvoir, là encore, limiter les risques », a-t-il développé.

 

 

Et le Premier ministre de rappeler qu’on peut aller voter « avec son stylo » et que du matériel sanitaire ( ! ) sera mis à disposition des électeurs dans les bureaux de vote. Ses déclarations irresponsables justifient effectivement un information judiciaire.

 

Buzyn dénonce la « mascarade » des municipales

Buzyn dénonce la « mascarade » des municipales

La plupart des politiques et des grands médias tombent à bras raccourcis sur l’ancienne ministre de la santé Agnès Buzyn pour avoir dénoncé la mascarade des municipales aussi pour avoir critiqué l’attentisme du gouvernement vis-à-vis de la crise du Coronavirus. Certes on pourra regretter cette espèce d’acte de contrition un peu tardif, de la même manière qu’on pourra aussi regretter qu’au-delà des enjeux,  ces révélations soient aussi  alimentées par l’énorme déception de l’intéressée d’avoir perdu son job  politique. Pas étonnant compte tenu de la typologie des responsables qui entourent Macron qui sont pour la plupart des arrivistes. L’amertume et les pleurs de l’ancienne ministre de la santé font écho à ceux  de Rugy lui aussi jeté en pâture à l’opinion publique et dont l’ascension politique s’est brutalement arrêtée.

De ce point de vue Macron n’a guère d’état d’âme, il se sert de ses courtisans quand il en a besoin et s’il le faut il les condamne à la déchéance. Ce fut le cas de Rudy qui occupait la très confortable place de président de l’assemblée nationale et auquel Macron a demandé–c’est-à-dire imposé- de prendre la gestion du portefeuille de l’écologie après le départ de Hulot. Il est clair que de Rudy a perdu beaucoup au change d’autant plus qu’il s’est pris les pieds dans le tapis des excès de  pouvoirs.

Même chose pour l’ancienne ministre de la santé; elle aussi confortablement installée dans un très grand ministère et dont Macron a demandé le sacrifice pour remplacer le sulfureux Griveaux. Condamnée par Macron, elle a été condamnée par le suffrage universel et maintenant par la morale politique des médias. Pourtant elle a parfaitement raison de dire que cette campagne électorale maintenue pour le premier tour des municipales aura été une vaste mascarade dont est responsable surtout le Premier ministre, copie conforme de Juppé en version plus cool mais en moins intelligente.

Le Premier ministre a torpillé l’élection municipale d’abord en décidant de les maintenir contre toutes les évidences. Ensuite, en préconisant  à la fois la mobilité des électeurs et l’immobilité des Français dans le même discours pour le même jour. Ce discours irresponsable méritera une condamnation historique et sans doute justifiera un changement de Premier ministre.

Agnès Buzyn a aussi dénoncé l’immobilisme du gouvernement indiquant notamment qu’elle avait attiré l’attention du gouvernement sur l’ampleur possible de l’épidémie dès le début de janvier mais qui n’en a pas été tenu compte.

Agnès Buzyn fait part ainsi des doutes qui l’ont assaillie au moment de remplacer au pied levé Benjamin Griveaux il y a un mois pour briguer la mairie de Paris, après l’abandon de ce dernier à la suite de la diffusion de vidéos à caractère sexuel. Emmanuel Macron était alors intervenu pour la convaincre.“Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu”, déclare Agnès Buzyn, qui a mené à Paris la première campagne politique de sa carrière.

Après avoir réuni 17,6% des voix, loin derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo (29,3%) et la candidate Les Républicains Rachida Dati (22,7%), Agnès Buzyn a suspendu lundi sa campagne pour le second tour, qui a d’ailleurs été reporté sine die par le président de la République en raison de la pandémie qui oblige les Français à rester chez eux.“Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus”, déclare Agnès Buzyn au Monde. “On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée.”

Dans un communiqué en forme de mise au point, Agnès Buzyn dit regretter la “tonalité” de l’article du Monde et explique avoir utilisé le terme “mascarade” pour désigner “le fait de débuter des discussions de fusions de listes électorales dans le contexte que l’on connaît.”

Sur France 2, le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé dans la soirée qu’Agnès Buzyn avait effectivement alerté dès le mois de janvier sur le sérieux de l’épidémie en Chine et, a-t-il ajouté, c’est pour cela qu’un certain nombre de réunions ont été organisées dès le mois de janvier. Mais il a indiqué que les avis divergeaient alors sur ce que serait l’évolution de l’épidémie.

Quant au maintien du premier tour des élections municipales, dimanche dernier, le chef du gouvernement a déclaré que cette décision était “fondée sur des motifs scientifiques” et “parfaitement assumée”. Une argumentation très critiquable. D’abord parce que malheureusement les scientifiques eux-mêmes étaient très partagés et que certains chapeaux à plumes de la médecine se sont comportés en courtisans vis-à-vis du pouvoir. En plus, le fait d’indiquer que la décision est pleinement assumée n’ajoute pas la moindre pertinence à l’argumentation. Cette expression en l’occurrence ne veut  strictement rien dire.

Écologie : «une idéologie» selon Buzyn !!!

Écologie : «une idéologie»  selon Buzyn  !!!

 

L’approximation intellectuelle caractérise un certain nombre de membres gouvernement arrivés là un peu par hasard avec leur seul bagage professionnel. Un manque évident de connaissances des réalités socio- économiques, d’expérience politique voir même de culture. C’est le cas quand Agnès Buzyn  récuse le mot écologie le considérant comme un terme trop idéologique.  Une confusion sémantique grave pour cette ancienne hospitalière  sans doute compétente dans son domaine mais dramatiquement inculte en matière de politique et en l’occurrence en matière d’écologie. En effet il n’y a nullement opposition contradiction entre environnement et écologie.

L’environnement est considéré comme étant le cadre naturel dans lequel l’homme vit. Ainsi, l’environnement est tout ce qui nous entoure et l’écologie est la science qui sert à la protéger.

Le drame de la république en marche ce révèle à travers les propos aberrants de sa candidate à Paris et témoigne de leur nullité politique voir intellectuelle. Candidate en faveur de l’«environnement», plutôt que de l’«écologie»Pourtant lancée à la conquête du vote «vert» à Paris, Agnès Buzyn a tenu à marquer cette distinction, vendredi sur France Info«Je n’aime pas le mot écologie, parce que derrière il y a toute une idéologie qui est parfois punitive», a expliqué la cheffe de file des «marcheurs» dans la capitale, à huit jours des élections municipales. Le pire c’est que c’est le gouvernement lui-même qui a donné à l’écologie son caractère punitif avec les fameuses taxes sur le carburant qui a donné lieu mouvement des gilets jaunes. En plus l’ex ministre de la santé , candidate à Paris a vraiment la mémoire courte. D’autant que parallèlement le gouvernement travaille toujours sur la perspective d’une nouvelle taxe carbone !

 Cette dimension «punitive», dénoncée aussi dans les rangs de la droite et du Rassemblement national, «c’est ce que je reproche à la municipalité actuelle», a-t-elle appuyé. Tout en déplorant une «bétonisation» et les «ravages de la pollution», dans une ville «en surchauffe», dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, alliée aux écologistes d’Europe Écologie-Les Verts et aux communistes.

En prenant cette précaution linguistique, la candidate LREM se dédit aussi elle-même. Sur le terrain, Agnès Buzyn ne se prive pas de vanter une «écologie du quotidien», en promettant dans son programme la rénovation les bois de Boulogne et de Vincennes, la végétalisation des quais de Seine ou encore l’interdiction des cars de tourisme. Le 19 février dernier, elle décrivait même «l’écologie» comme une «évidence». On peut défendre la chose, sans pour autant porter dans son cœur le mot.

Sondage Municipales à Paris : Hidalgo en tête, Buzyn à 22%

Sondage Municipales à Paris : Hidalgo en tête, Buzyn à 22% !

 

Il convient sans doute de se méfier particulièrement en ce moment des possibilités de manipulation des sondages. Cela vaut particulièrement pour Paris où la stabilisation des intentions de vote est mal assurée. Brutalement, d’après un sondage Ifop-Fiducial pour le « JDD » et « Sud Radio », Agnès Buzyn  serait remontée à 22 % à la hauteur de Rachida Dati et rejoignant presque Anne Hidalgo. Il faut dire que ce sondage provient du JDD et de Sud-Radio soutiens inconditionnels de Macron et qui ont la particularité de diffuser des consultations de l’opinion publique très favorables au pouvoir. Ainsi encore aujourd’hui, le JDD est à peu près le seul à afficher une remontée de Macron dans l’opinion publique quand les autres sondages montrent une stagnation ou une baisse.

D’après ce sondage curieux moins d’un mois des élections municipales, Anne Hidalgo se maintient en tête des intentions de vote pour la mairie de Paris. D’après un sondage IFOP-Fiducial pour le JDD et Sud Radio* dévoilé ce dimanche, l’édile socialiste recueille 24% des voix pour le premier tour. Un score en baisse de 1%, dans la marge d’erreur, par rapport au dernier sondage de janvier. De son côté, la candidate LR et ancienne ministre Rachida Dati se classe en seconde position avec 22% des voix, à plus 3 points.

 

Mais la surprise de ce sondage vient du camp de la majorité, puisqu’Agnès Buzyn récolte 22% des intentions de vote pour le premier tour du 15 mars. Une semaine après avoir remplacé au pied levé Benjamin Griveaux, poussé à jeter l’éponge par la diffusion d’une vidéo à caractère sexuel, l’ex-ministre de la Santé et des Solidarités fait mieux que le champion parisien déchu de la majorité. La nouvelle challenger pour le fauteuil parisien récolte 4 points de plus que son prédécesseur, et se retrouve en troisième position à trois points de Rachida Dati.

Un sondage contredit par un autre effectué à peu près la même période,

Un sondage* Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo publié jeudi 20 février. La candidate LR Rachida Dati est créditée de 20% des voix, juste devant Agnès Buzyn (19%), désignée dimanche dernier comme candidate LREM après le retrait de Benjamin Griveaux.

La liste du candidat EELV David Belliard est en quatrième position avec 13% d’intentions de vote. Cédric Villani, exclu de LREM, recueille quant à lui 9%. La candidate de La France insoumise (LFI) Danielle Simonnet arrive en sixième position avec 5% d’intentions de vote. Derrière, la liste de Serge Federbusch, soutenue par le RN, est créditée de 4%. Gaspard Gantzer obtient 1,5% et Marcel Campion 1%.

Concernant la notoriété des candidats, 96% des personnes interrogées connaissent Anne Hidalgo et 46% d’entre elles ont une bonne opinion de la maire de Paris (50% une mauvaise). 94% connaissent Rachida Dati avec 41% de bonne opinion et 53% de mauvaise). Cédric Villani tout comme Agnès Buzyn sont connus par 87% des personnes interrogées qui ont, à 53%, une bonne opinion de Cédric Villani (34% une mauvaise). Agnès Buzyn jouit elle de 49% de bonne opinion et de 38% de mauvaise.

*Ce dernier sondage a été réalisé du 18 au 19 février auprès de 1 000 personnes inscrites sur les listes électorales de Paris, constituant un échantillon représentatif des habitants de Paris âgés de 18 ans et plus.

 

Sondage Municipales à Paris : Anne Hidalgo devant Dati et Buzyn

Sondage Municipales à Paris : Anne Hidalgo devant Dati et Buzyn

Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, est en tête des intentions de vote pour le premier tour des municipales de Paris avec 24% des intentions de vote, selon un sondage* Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo publié jeudi 20 février.

 

La candidate LR Rachida Dati est créditée de 20% des voix, juste devant Agnès Buzyn (19%), désignée dimanche dernier comme candidate LREM après le retrait de Benjamin Griveaux.

La liste du candidat EELV David Belliard est en quatrième position avec 13% d’intentions de vote. Cédric Villani, exclu de LREM, recueille quant à lui 9%. La candidate de La France insoumise (LFI) Danielle Simonnet arrive en sixième position avec 5% d’intentions de vote. Derrière, la liste de Serge Federbusch, soutenue par le RN, est créditée de 4%. Gaspard Gantzer obtient 1,5% et Marcel Campion 1%.

Concernant la notoriété des candidats, 96% des personnes interrogées connaissent Anne Hidalgo et 46% d’entre elles ont une bonne opinion de la maire de Paris (50% une mauvaise). 94% connaissent Rachida Dati avec 41% de bonne opinion et 53% de mauvaise). Cédric Villani tout comme Agnès Buzyn sont connus par 87% des personnes interrogées qui ont, à 53%, une bonne opinion de Cédric Villani (34% une mauvaise). Agnès Buzyn jouit elle de 49% de bonne opinion et de 38% de mauvaise.

*Ce sondage a été réalisé du 18 au 19 février auprès de 1 000 personnes inscrites sur les listes électorales de Paris, constituant un échantillon représentatif des habitants de Paris âgés de 18 ans et plus.

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