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Immobilier: Menace de bulles

Immobilier: Menace de bulles


Menace de bulles dans l’immobilier à commencer par les SCPI. Au premier semestre 2023, la collecte nette des SCPI s’est élevée à 4,1 milliards d’euros, en repli de 23 % par rapport au premier semestre 2022 entraînant mécaniquement une baisse de la valorisation

Les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) entrent dans une période difficile. Le géant de la gestion d’actifs Amundi a sonné le marché, lundi 24 juillet, en dévaluant de 12% à 17%, les parts de trois de ses principaux fonds immobiliers. Une décision qui pourrait faire tâche d’huile.

BNP Paribas Reim vient d’ailleurs d’annoncer une baisse de la valeur de la part de la SCPI Accimmo, comprise entre 15,28% et 17,28%. En mars dernier, une première alerte était passée presque inaperçue lorsque AEW Patrimoine a revu à la baisse la part de la SCPI Laffitte (-8,44%).« Je pense que quelques autres sociétés vont aussi suivre ce chemin », confie à La Tribune, Frédéric Puzin, cofondateur de la société de gestion Corum.

Officiellement, Amundi explique que cette baisse est due aux difficultés que subit l’immobilier cette année. « Le contexte d’inflation favorise plutôt les rendements locatifs mais la hausse rapide des taux de financement impacte, elle, la demande immobilière, via une baisse des volumes des transactions locatives et elle provoque ainsi la baisse des valorisations des biens », explique Marc Bertrand, directeur général d’Amundi Immobilier.

Selon une étude récente du think tank Terra Nova, les prix de l’immobilier pourraient chuter de 20% en 2023, en raison de la hausse des taux d’intérêt qui rend plus difficile l’accès au crédit pour les nouveaux acquéreurs. Cette situation s’annonce comme une crise majeure pour le secteur immobilier, qui a déjà connu de nombreuses phases difficiles par le passé. Les crédits immobiliers, accessibles à presque tout le monde ces dix dernières années, ont fait grimper les prix à des niveaux insoupçonnés.

Dans son rapport, Terra Nova estime que la hausse des taux d’intérêt est le principal moteur de cette baisse annoncée des prix de l’immobilier. Les taux d’emprunt ont en effet entamé une remontée depuis plusieurs mois, rendant plus difficile l’accès au crédit pour les futurs acquéreurs. Cette situation pourrait ainsi entraîner une baisse significative des prix, notamment pour les biens ne bénéficiant pas d’une situation géographique exceptionnelle ou d’une qualité de construction irréprochable.

Les bulles financières qui se dégonflent

Les secteurs à la mode des énergies propres, des voitures électriques, des actions dans le cannabis et des Spac ont chuté cette année, ce qui n’est pas sans rappeler la période de la bulle Internet

Un article de James Mackintosh  Dans le Wall Street Journal

 

 

L’éclatement de la bulle Internet est-elle en train de se reproduire sous notre nez ? Cette proposition peut sembler étrange, mais il y une ressemblance frappante entre le boom spéculatif de fin 1999-début 2000 et ce qui se passe depuis neuf mois dans les secteurs à la mode des énergies propres, des voitures électriques, des actions dans le cannabis et des Spac.

Si le parallèle se poursuit, cela présage du pire pour les investisseurs qui se sont positionnés sur le tard. Les titres à la mode, l’action Tesla en tête, ont déjà perdu entre un quart et un tiers de leur valeur des pics de cette année. Mais il y a des raisons d’espérer que, contrairement à ce qui s’est passé au changement de millénaire, le malaise ne se propage pas au reste du marché.

Les similarités concernent aussi bien la performance des titres que le comportement des investisseurs. Fin 1999, la peur de manquer le train des valeurs Internet a fait gonfler le Nasdaq Composite de 83 % entre fin septembre et mars 2000. Entre septembre dernier et les plus hauts de cette année, l’ETF solaire d’Invesco a bondi de 88 %, L’ETF mondial énergie propre de Blackrock a grimpé de 81 % et l’ETF innovation d’Ark a pris 70 %.

A l’époque, l’action menant la bulle, Cisco, avait gagné 133 %, tandis que la valeur menant la bulle actuelle, Tesla, a grimpé de 110 % entre septembre et son pic. Les titres Internet avaient globalement triplé, tout comme les actions des entreprises du secteur du cannabis cette fois.

Même le moment de l’année est identique, avec un pic des actions ayant le vent en poupe en février et mars de cette année, tandis que le sommet des valeurs Internet avait été atteint le 10 mars 2000. Après l’éclatement de la bulle, la performance à la mi-juin a suivi le même cours, avec des pertes d’un quart à un tiers par rapport aux sommets de cette année, comparables à une perte d’un quart pour le Nasdaq en 2000 (Cisco a tenu un peu plus longtemps).

Le comportement sur les marchés est similaire également. Fin 1999, la peur de passer à côté d’une affaire a conduit les investisseurs sceptiques sur les valeurs Internet, y compris des investisseurs institutionnels et des hedge funds, à en acheter malgré tout, tandis que les day traders contribuaient à des gains exceptionnels sur une journée pour les introductions en Bourse d’entreprises Internet.

Le dernier trimestre de 2020 correspond au moment où on a finalement pris Tesla au sérieux, après son inclusion au S&P 500 ; le solaire et les énergies propres sont devenues incontournables sans considération de prix pour beaucoup de grandes institutions soucieuses d’afficher leur bonne volonté en matière d’environnement et les Spac ont pris la place des introductions en Bourse de 2000 comme nouveau moyen d’infuser des fonds à des start-up en perte.

Avec le recul, ce que j’avais oublié de la bulle Internet, c’est à quel point le S&P 500 était ennuyeux dans les derniers mois du boom du Nasdaq et de l’éclatement de la bulle. Le S&P a perdu 4 % entre son pic de mars et la mi-juin 2000. Ce n’est pas très différent aujourd’hui où le S&P continue d’atteindre de nouveaux plus-hauts malgré l’effondrement des actions à la mode.

En 2000, il était facile de croire que le reste du marché serait protégé par un abandon des valeurs de forte croissance pour un retour aux actions industrielles stables et bon marché qui avaient été négligées. Et cela a fonctionné, pour un temps. Le S&P a presque atteint son pic de mars 2000 six mois plus tard, avant qu’il n’apparaisse clairement que la fin du boom du Nasdaq donnait un coup de frein à l’économie. Au point bas de 2002, le S&P avait quasiment diminué à la moitié de sa valeur.

Il y a de bonnes raisons de penser que cette fois le marché peut mieux résister à la chute des secteurs en effervescence. Certes, le S&P est presque aussi cher qu’il l’était à l’époque, à 21,2 fois les résultats attendus, selon Refinitiv, contre 22,6 fois en juin 2000. Là encore, il est facile de croire à un changement de cycle avec un passage des actions de croissance aux actions value.

Mais le plongeon du cours des actions de l’énergie propre, des voiture électriques et du cannabis et même la réduction de moitié du bitcoin appauvrissent beaucoup moins les ménages que ne l’avait fait l’éclatement de la bulle Internet à l’époque. En effet, la bulle actuelle est moins généralisée. La bulle du Nasdaq a donné à l’indice une valeur d’environ la moitié de celle du S&P à son pic de 2000. Même avec Tesla, les secteurs en effervescence des neuf derniers mois n’ont accompli qu’une fraction de cela.

Les parties du marché qui ont augmenté puis éclaté ont par ailleurs levé et dépensé moins d’argent que les entreprises Internet et elles emploient moins de salariés. Si les entreprises font faillite avec la chute du cours des actions, cela aura moins d’impact sur l’économie. Moins de grandes entreprises investissent dans une « nouvelle économie » imaginaire et dans les cas où elles investissent, comme pour le passage à la voiture électrique, elles continueront sans doute de le faire pour d’autres raisons, même si les actionnaires se retirent.

De plus, les bons du Trésor apportent plus de soutien aux actions cette fois. En 2000, les investisseurs que le marché actions rendaient nerveux pouvaient obtenir près de 7 % de l’emprunt du Trésor à 10 ans, ce qui rendait un transfert séduisant, particulièrement alors que le consensus sur les résultats attendus du S&P s’établissait à seulement 4% du cours. Cette fois, le rendement du S&P est similaire, mais les emprunts d’Etat n’offrent que 1,5 %.

Bien sûr d’autres menaces pèsent sur l’économie et les actions, mais j’ai bon espoir que la répétition de la bulle Internet au cours des neuf derniers mois ne soit rien de plus qu’une des mini-bulles qui sont apparues avant de disparaître à plusieurs reprises depuis l’instauration d’un marché haussier après 2009. Elle aura simplement été plus grosse que les autres.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Astrid Mélite)

La fin des bulles financières !

La suppression des bulles financières !

 

L’économiste Patrick Artus  décrypte, dans sa chroniqueu u monde, la différence entre une « bulle financière », c’est-à-dire l’écart entre le prix d’un actif et sa valeur fondamentale, et la hausse des prix causée par le seul accroissement de la masse monétaire.

( Une prévision très hasardeuse qui fait l’impasse sur la reprise de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt NDLR)

 

 

Chronique. Quand on commente la hausse très forte des prix de l’immobilier (+ 11 % sur un an aux Etats-Unis malgré la crise), des cours boursiers des sociétés technologiques (hausse de 67 % en un an de l’indice Nasdaq, de 491 % pour l’action Tesla), du prix du bitcoin (+ 710 % en un an), on parle souvent de « bulle ». Mais en réalité, il faut être beaucoup plus précis et distinguer ce qui est effectivement une bulle sur les prix des actifs de ce qui est l’effet de la politique monétaire expansionniste, des taux d’intérêt très bas et de l’excès de liquidité.

 

Rappelons d’abord ce qu’est, en théorie et en réalité, une bulle. Chaque actif (financier, immobilier, action d’entreprise) a une valeur fondamentale, qui est la somme actualisée des revenus futurs (loyers, dividendes…) que procure la détention de l’actif. Mais le prix d’équilibre de l’actif est égal à la somme entre la valeur fondamentale de l’actif et une bulle : toute bulle est en effet acceptable du moment que sa valeur anticipée est égale à sa valeur présente accrue d’un pourcentage égal au taux d’intérêt. Le rendement de la détention d’un actif est en effet égal au taux d’intérêt : à l’équilibre, tous les actifs financiers doivent avoir le même rendement anticipé, qui est le taux d’intérêt sur les obligations.

On peut alors avoir des profils de bulles très étranges. Si, aujourd’hui, la bulle vaut 100 et si le taux d’intérêt est de 2 % par an, la bulle anticipée l’année prochaine doit être de 102. Mais cette bulle peut valoir 1 020 avec une probabilité de 10 %, ou 0 parce qu’elle a éclaté, avec une probabilité de 90 %. Tant que les bulles n’éclatent pas, elles peuvent augmenter de manière exponentielle (comme dans l’exemple ci-dessus, on parle de « bulle stochastique ») et le prix de l’actif (cours boursier, prix de l’immobilier, valeur des entreprises…) peut alors s’écarter considérablement de sa valeur fondamentale.

Rééquilibrage de portefeuille

Même si on parle de bulle pour décrire la forte hausse des prix de certains actifs, il ne s’agit pas de bulle au sens décrit ci-dessus. Pourquoi ? Parce qu’il est de plus en plus difficile de calculer la valeur fondamentale d’un actif. Les politiques monétaires expansionnistes ont en effet conduit à des taux d’intérêt à long terme beaucoup plus faibles que les taux de croissance à long terme.

Dans la zone euro, le taux d’intérêt à dix ans est à peine supérieur à 0, alors que la croissance nominale à long terme est de l’ordre de 3,5 %. La somme actualisée des loyers ou des dividendes futurs n’existe donc pas (elle est arithmétiquement infinie), puisque les loyers ou les dividendes ont un taux de croissance supérieur au taux d’actualisation.

Ces bulles alimentées par les milliards de liquidités des banques centrales

Ces bulles alimentées par les milliards de liquidités des banques centrales

 

 

Les milliards de liquidités déversées généreusement par les banques centrales de la plupart des zones économiques ont surtout pour objet évidemment de soutenir l’économie et particulièrement la croissance. Ceci étant,  cet argent gratuit est également de façon assez massive pour soutenir de manière artificielle les cours de la bourse. En effet les fondamentaux des entreprises à savoir notamment les chiffres d’affaires et la rentabilité ne justifient pas l’envolée des cours. Une partie de l’argent disponible va donc se placer dans les produits financiers boursiers et participe à la création de bulles.

 

La vérité c’est qu’une partie des facilités monétaires accordés aux banques servent à la spéculation mondiale. On voit mal par exemple en France qui pourrait justifier de la hausse du CAC  40 de plus de 60 % en un an. De la même manière, on voit mal aussi comment expliquer l’envolée extraordinaire et irresponsable de certaines cryptomonnaies  comme le bitcoin. Il y a aussi les bulles obligataires et les bulles immobilières. Cette dernière en particulier qui exclut désormais compte tenu de la folie des prix tost les ménages moyens. À Paris par exemple il faut un minimum de revenus de 7 à 8000 € pour prétendre acheter un logement de taille modeste.

 

autant dire que dans certaines grandes villes, l’immobilier est devenu un objet de spéculation qui n’a plus rien à voir avec le logement De l’Europe à l’Asie en passant par les États-Unis, les indices boursiers semblent immunisés contre ces mauvaises nouvelles. Les plans de soutien massifs déployés par les gouvernements et les banques centrales pour contrer les effets néfastes de la crise sanitaire ont galvanisé les investisseurs. adobe stock

«La déconnexion entre Wall Street et Main Street (l’économie réelle) ne pose pas de problème tant que les banques centrales interviennent», expliquaient récemment les spécialistes de l’agence de notation Fitch. «Les valorisations sont élevées» sur les marchés, mais «cela fait partie des effets secondaires du traitement de choc de la crise» abondaient les analystes d’Axa IM.  Des analystes qui toutefois oublient l’éventualité d’une remontée des taux d’intérêt et de l’inflation qui ne sont pas le seul produit de l’action des banques centrales.

Des risques d’éclatement de bulles financières de plus en plus nombreuses

Des risques d’éclatement de bulles financières de plus en plus nombreuses

Inondés par des masses de liquidités les marchés financiers constituent des champs de spéculation qui pourrait se transformer en catastrophe. David Bourghelle, maître de conférences à l’université de Lille, et Jacques Ninet, professeur associé à IAE de Poitiers, estiment dans le JDD qu’on peut redouter un plongeon généralisé de l’ensemble des places boursières américaines, européennes et asiatiques, consécutif à un scénario d’éclatement de bulles localisées.

 

Depuis leur chute impressionnante de février-mars 2020, provoquée par l’irruption de la pandémie, tous les marchés boursiers ont réagi de manière positive mais avec des dynamiques de rebond diverses. Si les places européennes ont tout juste regagné le terrain perdu, certaines bourses asiatiques (Japon, Taiwan, Inde) et les marchés américains sont entrés dans une phase que l’on peut qualifier d’euphorique ou exubérante, au point que la question de la formation de bulles peut légitimement se poser.

D’autant plus légitimement que le NYSE et le Nasdaq, qui viennent de terminer en fanfare leur douzième année de hausse depuis le trou consécutif à la crise des subprimes et qui ne semblent pas vouloir en rester là, demeurent les marchés directeurs de la planète. Bien qu’il n’existe aucune définition d’une bulle financière – et que la théorie financière moderne se refuse à en dresser le constat avant son éclatement – on peut se risquer à en dessiner quelques aspects caractéristiques.

Une bulle d’actif apparaît le plus souvent comme la phase terminale d’une longue séquence haussière, phase pendant laquelle les cours de bourse s’affranchissent nettement de leurs relations habituelles avec les données économiques (micro et macro), selon une métrique bien connue (ratios de capitalisation boursière sur profits, chiffre d’affaires ou actif net d’une part, et capitalisation boursière/PIB d’autre part).

C’est aussi une période pendant laquelle les rendements attendus des actifs sont de plus en plus déterminés par la plus-value escomptée à la revente et de moins en moins par les revenus courants (loyers, dividendes et coupons), dont le taux de rendement diminue à mesure que les prix s’élèvent. En conséquence, les multiples de capitalisation (PE ratio) se haussent très au-dessus de leurs moyennes historiques.

Il est généralement objecté à cette analyse que les conditions monétaires qui prévalent (taux zéro ; quantitative easing), rendent les comparaisons avec les moyennes/médianes historiques non significatives.

Et, surtout, que les montants gigantesques apportés par la puissance publique à l’ensemble des agents non financiers – à travers les plans de relance successifs – expliquent à la fois la résilience surprenante de l’économie américaine (par effet retour de la richesse créée par la hausse du prix des actifs) et l’engouement des (nouveaux) épargnants pour les placements à risque dans une optique de recovery (récupération) générale.

Face à ces arguments, avancés à chaque fois que l’on prétend que « this time is different », une brève revue des conditions de notre époque s’impose pour vérifier leur adéquation aux six caractéristiques communes à tous les cycles bulles/krachs de l’histoire, tels qu’identifiés par Minsky et décrits par Kindelberger (1978), tous deux économistes américains ayant étudiés les crises financières.

  • Le changement d’état : l’achèvement de la mondialisation et de la numérisation de l’économie, le monopole des GAFAM.
  • Le progrès technique à portée universelle : l’IA, les biotechnologies, la voiture propre.
  • La propagation de l’euphorie : les « licornes », les nouveaux « boursicoteurs », la bulle « internautes » ; comme le montre l’affaire GameStop, dont la valeur a subi une spéculation effrénée, facilitée par les plates-formes de trading sans frais et les chats boursiers du type WallStreetBets (fin 2020, aux États-Unis, les investisseurs particuliers représentaient 25% du volume traité sur les marchés, soit une croissance de 150% en un an).
  • Le crédit et l’expansion monétaire : les politiques monétaires non conventionnelles, le traitement des conséquences de la pandémie par l’hyperliquidité et les plans de relance.
  • La complaisance générale : elle aurait été plutôt remplacée par une dichotomie entre exubérance et scepticisme (le niveau de la volatilité implicite des options restant plus élevé que dans les phases de hausse habituelles).
  • Le prêteur en dernier ressort : l’omniprésence des banques centrales et leur soumission aux humeurs des marchés, à l’image de la volte-face de la Réserve fédérale américaine fin 2018 sur la baisse des taux.

Si un certain nombre de caractéristiques communes à toutes les bulles financières semblent bien présentes aujourd’hui, quel cadre théorique faut-il pour autant mobiliser si l’on veut tenter d’appréhender les dynamiques à venir? La théorie financière dominante pense l’évaluation des actifs dans un cadre conceptuel, où le futur est probabilisable (on parle alors d’un monde risqué). Dans ce cadre conceptuel, les bulles d’actifs (divergence entre prix et valeur intrinsèque) sont possibles mais irrationnelles, et leur éclatement, qui marque le retour aux fondamentaux, est imprévisible.

Il en va tout autrement en situation d’incertitude radicale sur l’avenir. Ici, en l’absence d’une connaissance objective du futur, les valeurs fondamentales des actifs sont indéterminées. Elles ne peuvent préexister à l’échange. Les dynamiques boursières sont alors régies par des croyances collectives, produits d’investissements affectifs collectifs. Dans ces conditions, une crise financière ne peut plus être analysée comme le retour des prix de marché à leur hypothétique « vraie » valeur, mais comme une bifurcation brutale du régime collectif des affects de la finance.

Considérant ce cadre théorique, il est possible, lors d’un épisode de bulle, d’identifier une succession de régimes d’affects collectifs. En effet, ceux-ci se traduisent par des séquences émotionnelles distinctes qui déterminent les comportements des investisseurs.

L’émergence d’une bulle et l’atteinte de son paroxysme, puis, son éclatement sont alors associés respectivement :

  • à la naissance et au développement d’une croyance partagée en l’existence d’une catégorie d’actifs (« phantastic object ») dont l’attractivité est telle qu’une proportion grandissante d’investisseurs veulent progressivement en faire l’acquisition (par exemple, les bulbes de tulipe, les valeurs Internet, les actifs titrisés, les biens immobiliers, les dérivés de crédits, les biotechs, les technos…) ;
  • au renversement soudain et inattendu de cette croyance collective, et ce, en l’absence même d’information nouvelle significative, susceptible d’affecter objectivement les valorisations de marché.

À la suite des travaux de Kindelberger, le chercheur canadien Rodrigue propose un scénario standard de cycle bull/krach, distinguant les trois phases ascendantes par leurs acteurs dominants et les thématiques fédératrices mobilisées pour justifier la croissance vigoureuse des cours (par exemple, le discours sur l’état de l’Union de Bill Clinton en janvier 2000 « nous avons créé une nouvelle économie »).

Il résulte de cette analyse que les bulles financières qui sont en train de gonfler depuis quelques mois, voire, quelques années, sont donc soit sur le point de crever (Tesla, bitcoin, Nasdaq, marchés boursiers indien ou taiwanais…), soit en phase de maturation avec pour conséquence inévitable – les mêmes causes provoquant les mêmes effets – leur explosion à venir.
Le scénario qui se dessine serait donc celui de l’éclatement probable, dans un premier temps, de bulles localisées et parvenues à maturité. Toutefois, en raison de la disparition de la croyance partagée en une croissance infinie des cours boursiers qui en résulterait et du processus de contagion mimétique qui s’ensuivrait, c’est probablement un plongeon généralisé de l’ensemble des places boursières américaines, européennes et asiatiques qu’il faudra redouter.

Marchés financiers : Le risque d’éclatement de bulles spéculatives

Marchés financiers : Le risque d’éclatement de bulles spéculatives

 

Jeremy Grantham,  vétéran boursier , cofondateur de la société de gestion d’actifs GMO dénonce sur le site echo.be le comportement spéculatif hystérique. C’est l’une des grandes bulles de l’histoire financière, (extraits )

Le boom Internet, à la fin des années 1990, est un bon exemple. Goldman Sachs avait additionné tous les plans de croissance des fournisseurs internet pour arriver à la conclusion que leur réalisation exigerait que tous les habitants de la planète restent branchés 72 h par jour au réseau. En mars 2000, au sommet de la folie dotcom, la bourse technologique américaine Nasdaq cotait 175 fois ses bénéficesAujourd’hui, le rapport cours-bénéfice est de 40. Il n’était que de 20 il y a un an. Après l’explosion de la bulle technologique en 2000, l’indice Nasdaq a plongé de 82%.

Aujourd’hui, il s’agit de la numérisation, de la révolution verte et de la disruption inédite que la crise du coronavirus a provoquée. Mais la faiblesse des taux d’intérêt joue également un rôle. « Nous sommes coincés dans la bulle de liquidités des banques centrales », a déclaré à ce propos le grand investisseur George Soros. Les investisseurs extrapolent des taux faibles loin dans le futur, justifiant ainsi que les actions puissent coter à des multiples plus élevés que leur moyenne historique.

 

La deuxième phase de la formation de la bulle est le boom. Des success stories impressionnent un nombre croissant d’investisseurs, ce qui fait monter les prix. Cela va de pair avec un accès aisé au crédit, parce que les banques sont prêtes à prendre plus de risques.

La troisième phase est l’euphorie. Elle attire des investisseurs inexpérimentés qui pensent que les hausses de cours du passé continueront dans le futur. « L’annonce de gros gains boursiers suscite l’enthousiasme de la masse des gens », souligne l’économiste Robert Shiller dans son livre « Irrational Exuberance » : « Dans ce processus, les histoires et les rêves se renforcent mutuellement. Les investisseurs se laissent guider par leur envie de gain rapide, leur jalousie des succès des autres et l’ambiance casino. Seule la belle histoire compte encore à leurs yeux. Certes, elle existe souvent dans la réalité, mais les acheteurs ne tiennent plus compte de sa valorisation absurde. »

25%u dernier trimestre de 2020, les investisseurs particuliers représentaient un quart du volume traité Selon lui, la ruée vers Tesla est comparable à celle en faveur des cryptomonnaies comme le bitcoin qui a doublé de valeur en quelques semaines alors qu’aucune personne sensée ne peut lui donner une valeur.

Pour de nombreux experts, le boom des introductions en bourse est le signe que le marché est arrivé à un sommet. Il fait penser au mot FLIPO de la fin des années 1990: un « free lunch at initial public offering », lorsque la souscription aux titres introduits en bourse faisait quasi toujours retentir le tiroir-caisse des investisseurs.

Depuis l’annonce de la découverte de vaccins en novembre, on assiste à une rotation sec

La flambée du cours de toutes petites actions, sans aucune raison, est également un signe inquiétant.  La popularité des trackers sur indices (ETF) a contribué également à la formation d’une bulle. Les Exchange Traded Funds sont des fonds de placement cotés qui investissent dans un indice boursier ou un panier d’actions d’un secteur ou thème particulier concocté par le gestionnaire d’actifs. La  folie acheteuse a ainsi multiplié par trois le cours de l’action depuis le début de 2020.

+400%

« Les particuliers seraient bien inspirés de retenir ceci: le monde financier n’est pas là pour distribuer des cadeaux aux petits investisseurs« , fait remarquer Kristoff Van Houte du bulletin boursier Kroffinvest. « Si une plateforme comme Robinhood permet de négocier gratuitement en bourse, c’est parce qu’elle revend les données à des fonds de couverture qui peuvent ainsi profiter des ordres du petit investisseur, dans ce qui ressemble à des transactions d’initiés légales. La gratuité n’existe pas. Si une action double de prix après une IPO, ce n’est pas parce qu’on voulait faire un cadeau de 100% à l’investisseur, mais parce qu’on trouvait que le prix de l’introduction en bourse était déjà suffisamment élevé.

Il est impossible de prévoir quand une bulle explosera. Souvent, elle grandit encore beaucoup avant d’éclater. Robert Shiller le compare à une avalanche: on peut parfaitement dire que l’accumulation de neige est excessive sur la base de modèles à long terme de la météo et des chutes de neige. Mais quand précisément les tonnes de neige dévaleront les pentes de la montagne, personne n’en sait rien.

 

Un exemple: en 2017, le gestionnaire de patrimoine GAM a constitué un « portefeuille bulle » avec des noms tels que TeslaNetflix et Tencent parce qu’il était convaincu que ces actions étaient trop chères. Mais, depuis lors, au lieu de s’effondrer, la valeur du portefeuille a triplé. Si c’était une bulle, c’est à présent une triple bulle.

« La volatilité est un grand risque pour un shorteur. Les cours des valeurs surévaluées fluctuent Comment l’investisseur convaincu de l’existence de bulles spéculatives sur le marché peut-il en tirer profit?  »L’instinct serait de vendre à découvert (« shorter ») les valeurs surévaluées », répond Ben Inker de GMO. Un « shorteur » vend des actions qu’il ne possède pas, mais qu’il emprunte à d’autres, dans l’espoir de pouvoir les leur revendre à un prix inférieur. « Cela s’avère souvent une mauvaise stratégie« , poursuit Ben Inker. « La volatilité est un grand risque pour un shorteur. (Témoin l’action cette semaine de boursicotiers à Wall Street)

 

« Les actions ‘value’ sont bon marché », confirme Johan Van Geeteruyen. « Cela vise surtout les banques, l’automobile et l’énergie. Nous allouons une pondération plus élevée aux banques à présent que les perspectives économiques s’améliorent et que les taux d’intérêt remontent un peu aux États-Unis. Le secteur automobile aurait mangé son pain noir. Mais nous devons attendre si les clients vont se mettre à acheter en masse des voitures électriques. Pour les voitures de société, les pouvoirs publics devraient les y pousser par voie d’incitants. Mais pour les particuliers habitant à la campagne, passer à l’électrique n’est pas évident. Dans le secteur de l’énergie, les entreprises pétrolières et gazières sont bon marché, mais elles doivent se réinventer pour s’inscrire dans une société durable. Cela implique des risques. Dès lors, je ne vois pas le secteur briller à long terme. »

Si les actions « value » ont bien engagé un mouvement de rattrapage, il n’est pas dit que celui-ci

Mais détenir un portefeuille sans actions de croissance est tout aussi risqué. Si les actions « value » ont bien engagé un mouvement de rattrapage, il n’est pas dit que celui-ci durera. Les investisseurs dépourvus d’actions de croissance réalisent déjà depuis une décennie une performance inférieure à celle du marché. Certes, ces actions sont chères et plus risquées, mais c’est précisément ce segment qui comprend la plupart des valeurs appelées à voir leur cours monter en flèche à la suite de l’une ou l’autre percée.

 

Selon l’investisseur légendaire Warren Buffett, la meilleure protection est encore de rester éloigné de la plupart des actions à la mode et de se concentrer sur la valorisation. « La vie dans une bulle est fabuleuse. Jusqu’à ce qu’une personne sorte une aiguille. Lorsque les deux se rencontreront, une nouvelle génération d’investisseurs aura appris une vieille leçon: c’est quand la spéculation paraît la plus facile qu’elle est la plus dangereuse. »

Risque de bulles financière ? (BCE)

Risque de bulles financière ?  (BCE)

“La politique monétaire, très accommodante risque de favoriser une crise financière »  d’après, Vitor Constancio , vice président de la BCE. “Cela implique que, dans la configuration de risques actuelle, l‘Europe et toutes les autres économies avancées devront prendre la politique macro-prudentielle beaucoup plus au sérieux ou bien elles devront faire face au risque d‘autres crises financières que la politique monétaire ne sait prévenir.”  La BCE constate des turbulences (comprendre spéculation) sur les marchés financiers, un niveau d’endettement important et le développement du Shadow Banking qui échappe évidemment à toute régulation. Du coup les créances douteuses s’accumulent dangereusement dans certaines banques très fragilisées. Une analyse un peu noire de la BCE qui rejoint l’Allemagne opposés  tout plan de relance de la  croissance et qui conteste le laxisme de la BCE.  Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière (FSR), la BCE écrit que les tensions systémiques restent contenues dans la zone euro. Elle identifie néanmoins quatre sources de risques pour les deux prochaines années: l’agitation sur les marchés financiers, la faiblesse des bénéfices dans le secteur financier, des niveaux d’endettement excessifs et le développement d’un système bancaire parallèle (« Shadow Banking »). « Par rapport au FSR de novembre 2015, la plupart des risques se sont accrus », estime la BCE. « Dans le même temps, tous les risques sont clairement enchevêtrés et, s’ils devaient se matérialiser, pourraient se renforcer mutuellement. En effet, tous les risques pourraient être aggravés par une concrétisation des risques baissiers sur la croissance économique. » Les conditions financières sont devenues « plus difficiles » en raison des inquiétudes relatives aux économies émergentes, au renforcement des risques géopolitiques et à de nouveaux accès de volatilité sur les marchés, ce qui alourdit la menace sur la reprise modérée de la zone euro. La BCE insiste sur le niveau élevé des créances douteuses dans certains pays. Elle invite les banques et les autorités à renforcer leurs efforts pour réduire le montant de ces créances douteuses, notamment en facilitant la création de structures de défaisance (« bad banks »).Ces risques ne concernent pas seulement la zone euro mais tous les pays développés (Chine incluse).

Copé : un copinage avec Bygmalion et Coca cola qui fait des bulles

Copé : un copinage avec Bygmalion et Coca cola qui fait des bulles

 

 

Copé c’est comme Sarko une « victime » des medias  et de la justice. En fait ce sont plutôt ses relations troubles avec l’argent qui le transforment en cible. Dernier exemple en date se relations croisées avec Coca- cola et Bygmalion. En effet Jean-François Copé aime beaucoup Coca-Cola, et l’entreprise le lui a bien rendu. Selon Le Point du 9 octobre, le maire de Meaux et le fabricant de sodas se seraient mutuellement rendus d’importants services. L’hebdomadaire relate ainsi que Coca-Cola aurait déboursé 50.000 euros pour que soit exposée une bouteille de Coca datée de 1917 dans le Musée de la Grande Guerre de la ville de Jean-François Copé. Sauf que la bouteille n’aurait jamais été présentée au public… Peut-être parce qu’elle valait en réalité plutôt 20 dollars, selon eBay, rapporte Le Point. L’entreprise serait également un généreux sponsor du festival Musik’Elles depuis 2005 : 30.000 euros en 2011 et 2014, 15.000 euros en 2012. Dans l’autre sens, le chef de file des députés UMP aurait largement participé à la lutte contre la taxe sur les sodas, que voulait mettre en place l’élue UMP Valérie Boyer.  »La majorité d’entre nous n’est pas favorable à la taxe sur les boissons sucrées », aurait-il martelé lors d’une réunion interne. Un autre député, Yves, Bur, assure selon Le Point que Jean-François Copé aurait même menacé sa collègue de la faire échouer à la prochaine élection, au point que celle-ci s’est abstenue lors du vote de son propre amendement. Sa campagne contre la taxe est un échec puisque François Fillon la remet au goût du jour en 2011. Les députés copéistes, Patrick Balkany en tête, tentent le passage d’amendements plus favorables, comme un allègement sur certains types de sodas. En vain. Dernier épisode en 2012. Alors que Jean-François Copé emporte dans la controverse la présidence de l’UMP, Coca-Cola se présente chez l’entreprise Bygmalion, la même accusée d’avoir organisé avec l’UMP une fausse facturation lors de la campagne de Nicolas Sarkozy. Le fabricant de sodas aurait ainsi embauché la société pour des activités diverses et un montant total de 120.000 euros, selon Le Canard Enchaîné. La dirigeante de Coca-Cola France, Dominique Reiniche, reçoit de l’aide pour gérer son compte Twitter et surveiller sa réputation sur internet pour un montant de 15.000 euros. Jean-François Copé la connaît bien, pour l’avoir accompagnée quelques années plus tôt dans sa volonté de favoriser la parité dans les conseils d’administrations

 




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