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Relance budgétaire : Lagarde (BCE) soutient le plan franco allemand

Relance budgétaire : Lagarde (BCE) soutient le plan franco allemand

 

Christine Lagarde, directrice de la banque centrale européenne sou tient le plan d’aide budgétaire proposé par Macron et Merkel. “Les propositions franco-allemandes sont ambitieuses, ciblées et bienvenues. Elles ouvrent la voie à un emprunt à long terme effectué par la Commission européenne, et surtout, elles permettent l’attribution d’aides budgétaires directes conséquentes en faveur des Etats membres les plus touchés par la crise”, estime-t-elle dans cette interview également accordée au quotidien italien Corriere della Sera, au quotidien allemand Handelsblatt et au journal espagnol El Mundo.

Observons cependant que les qualificatifs employés par Christine Lagarde sont peut-être un peu excessifs. Pas sûr en effet que les propositions soient suffisamment ambitieuses, elles ne sont pas non plus très ciblées. Sans parler des réticences inévitables de certains pays qui ne voudront pas être solidaires pour des prêts consentis à des pays considérés comme trop laxistes.

“Cela témoigne de l’esprit de solidarité et de responsabilité évoqués par la chancelière (Angela Merkel) la semaine dernière. Il ne peut y avoir de renforcement de la solidarité financière sans une plus grande coordination de décisions au niveau européen”, poursuit Christine Lagarde.

La France et l’Allemagne ont proposé lundi que le plan de relance européen, actuellement en préparation à Bruxelles, soit doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires pour les pays du bloc les plus touchés par l’épidémie de coronavirus qui a quasiment paralysé l’activité économique du continent.

Cette proposition constitue cependant un tournant dans la position de l’Allemagne qui était jusqu’à présent ouvertement opposée à l’idée de l’émission d’une dette commune.

Remarquons toutefois que ce plan ne prévoit pas de relance commune sur des secteurs stratégiques. Pour l’instant il s’agit surtout d’un plan de sauvetage des secteurs les plus en difficulté. Rappelant que le choc économique provoqué par la pandémie est “considérable” et “inégalé en temps de paix” et que les scénarios de Francfort vont d’une récession de 5 à 12% pour la zone euro cette année, avec une hypothèse centrale à 8%, la présidente de la BCE ajoute que la Banque centrale européenne reverra ses projections le 4 juin

“Mais nous anticipons, dans le scénario le plus sévère, une chute du produit intérieur brut de 15% sur le seul deuxième trimestre”, indique-t-elle.

Christine Lagarde estime par ailleurs que “cette crise est une bonne occasion de moderniser les modalités du Pacte de stabilité et de croissance, aujourd’hui suspendu”.

“Pour évaluer la soutenabilité de la dette, il ne faut pas se focaliser sur le niveau de dette sur PIB. Il faut prendre en compte le niveau de croissance, et les taux d’intérêt en vigueur. Ces deux éléments sont déterminants.”

“Je crois, ajoute-t-elle, que les termes du Pacte de stabilité et de croissance devront être revus et simplifiés avant que l’on songe à le réinstaurer, lorsque nous serons sortis de cette crise.” De quoi faire sortir de leurs gonds certains pays adhérents de l’orthodoxie financière

« Pour une nouvelle doctrine budgétaire »

« Pour une nouvelle doctrine budgétaire » 

Le professeur de droit public Michel Bouvier appelle dans une tribune au « Monde » à créer une nouvelle doctrine de gestion budgétaire qui soit déployée à l’échelle de

Tribune. Au-delà de la crise économique, que le confinement et l’arrêt des activités rendent visible aux yeux de tous, c’est aussi à la crise d’un modèle politique, moins perceptible, à laquelle nous sommes confrontés. L’Etat qui, il y a une quarantaine d’années, a entamé dans le monde occidental un processus de déconstruction, n’a toujours pas atteint une forme stable.

Il n’est pas parvenu, notamment, à établir des rapports suffisamment clairs avec un marché économique et financier que, tantôt il prétend piloter, tantôt il laisse libre de se réguler. Ainsi, les soixante-dix dernières années ont-elles vu s’imposer successivement deux mystiques : de la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’aux années 1970, celle de l’Etat régulateur de l’économie et de la société ; puis, avec l’entrée dans la crise économique du milieu des années 1970, une mystique du marché a supplanté la première et placé les finances publiques au cœur de toutes les critiques.

Les finances publiques ne constituaient plus l’instrument idéal des politiques volontaristes et interventionnistes menées par l’Etat. Bien au contraire, il s’agissait d’en réduire l’influence afin de limiter son pouvoir et restaurer une régulation par le marché. Il fallait même selon l’expression de certains libéraux proches de la théorie conservatrice américaine « affamer la bête », lui couper les vivres, autrement dit réduire les impôts pour limiter les dépenses.

De même, le besoin légitime de moderniser une gestion publique archaïque a conduit à transposer aux collectivités locales et à l’Etat les outils de gestion de l’entreprise, en favorisant dans le secteur public une culture gestionnaire. Assurément, elle était nécessaire, mais ce besoin de maîtriser les dépenses publiques s’est trop souvent transformé en une véritable idéologie, avec les préjugés, les excès et finalement l’intransigeance qui caractérisent toutes les idéologues.

Les modes de gestion les plus sophistiqués se sont épanouis tout au long de ces quarante dernières années, et c’est à corps perdu que s’y sont jetés nombre de responsables des administrations publiques, pensant de bonne foi œuvrer pour le bien public.

Cette vision de la gestion publique n’a pas été sans conséquences sur les choix ultérieurs. Les responsables politiques se sont trouvés dans un cadre d’informations et d’analyses qui, de fait, les conduit à adopter un modèle de raisonnement inadapté à la réalité vécue par la majorité des citoyens, et qui peut même les éloigner des urgences qui sont les leurs. »

 

zone euro : une micro relance budgétaire

zone euro : une micro relance budgétaire

 

Une fois de plus les responsables des différents pays de la zone euro se sont rencontrés pour  évoquer le fantôme souvent abordé de la relance économique. Une question déjà 1000 fois discutées mais qui généralement n’aboutit pas à grand-chose. C’est encore le cas avec cette rencontre des ministres des Finances de la zone euro qui doivent se pencher lundi sur un document appelant à une politique budgétaire plus favorable à la croissance, en espérant que l’Allemagne sera enfin décidée à utiliser ces excédents budgétaires.

De toute manière les recommandations attendues visent à inciter chaque pays de manière complètement autonome à décider ou non d’une relance budgétaire mais globalement en respectant les critères de Maastricht,  le déficit de chaque pays un maximum de 3 % du PIB .

En fait, une politique pas très volontariste puisqu’elle s’inscrit dans le contexte des contraintes actuelles. Pire, ces contraintes seront encore plus sévères dans la mesure où les perspectives de croissance économique vont réduire les possibilités budgétaires donc réduire en même temps les champs d’action de chaque pays.

Autant dire que les ministres des finances de la zone euro ne vont  rien décider. Depuis des années, les 19 pays de la zone euro s’en tiennent à plaider pour une politique budgétaire “globalement neutre” dans leurs recommandations annuelles.

L’Allemagne est jusqu’ici restée sourde aux appels répétés de la Banque centrale européenne (BCE) et de ses partenaires lui demandant d’investir davantage pour stimuler la croissance économique de l’ensemble du bloc, se contentant d’inviter des pays comme la Grèce et l’Italie à des mesures d’austérité pour réduire leur dette et leur déficit budgétaire.

Mais les craintes croissantes d’une récession de l’économie allemande, accentuées par l’impact potentiel de l’épidémie de coronavirus Covid-19 qui sévit en Chine, pourraient pousser Berlin à amender sa position.

“Si les risques baissiers venaient à se matérialiser, les réponses budgétaires devraient être différenciées afin de générer une posture assurant plus de soutien à l’échelle agrégée”, peut-on lire dans un document européen, conformément à l’ébauche à laquelle Reuters avait eu accès il y a dix jours. Une formulation tellement vague, tellement pauvre qu’elle indique déjà que l’orientation n’est pas du tout à la hauteur de l’enjeu.

Il n’apparaît pas clairement dans ce document comment la zone euro définit un ralentissement dont l’ampleur nécessite de déclencher des politiques plus expansionnistes.

L’examen de ce document figure au programme de la réunion de l’Eurogroupe ce lundi après-midi à Bruxelles et selon des responsables européens, le texte devrait être adopté mardi par les ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne réunis en Ecofin.

Ce document souligne qu’une augmentation des dépenses publiques devra se faire conformément aux règles budgétaires de l’Union européenne, qui imposent notamment de contenir le déficit public sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB).

La traduction concrète de cette future recommandation relève de la seule initiative des gouvernements nationaux.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a déclaré à plusieurs reprises que l’Allemagne disposait des ressources nécessaires pour faire face à une crise économique.

L’économie allemande est au bord de la récession mais affiche un excédent budgétaire estimé à 1,5% du PIB au titre de 2019, selon les chiffres de l’office fédéral de la statistique Destatis.

Le déficit budgétaire français : au-dessus des 3 % du PIB

Le déficit budgétaire français : au-dessus des 3 % du PIB

On approche dangereusement des 100 milliards de déficits budgétaires par mois . En fait, globalement la France a laissé filer le budget. En effet, le déficit représentait  2,6 % du PIB en 2018;  il atteindra au moins 3,1 % du PIB en 2019. La situation devrait s’améliorer en 2020 du mois théoriquement dans la mesure où les hypothèses de recettes peuvent être largement discutées. Les résultats de 2019 ont été affectés d’une part par l’absence de maîtrise des dépenses mais aussi par des recettes en recul du fait du net tassement de la croissance limitée à 1,2 % en 2019. Le déficit du budget de l’État français s’est établi à 92,837 milliards d’euros à fin décembre 2019, se creusant par rapport à son niveau de 76,002 milliards d’euros à la même période un an plus tôt, selon les données publiées mardi 4 février par le ministère de l’Action et des Comptes publics.

Dans le détail, les dépenses ont augmenté de 1,9%, se chiffrant à 397,98 milliards d’euros contre 390,69 milliards l’année dernière sur la même période. Cette hausse n’a pas été compensé par une augmentation des recettes, qui ont chuté de 4,1% sur la période, passant de 313,78 de 301,07 milliards d’euros.

Retraites: volet budgétaire reporté ?

Retraites: volet budgétaire  reporté ?

Il semble bien que face à la mobilisation de la grève du 5 décembre, le gouvernement soit contraint de faire marche arrière à propos des mesures dites paramétriques c’est-à-dire des mesures d’ajustement financières ( montant des cotisations, âge de la retraite, niveau des pensions ). On se contenterait dans un premier temps du caractère systémique de la réforme. Donc de cette fameuse réforme dite universelle qui crée tellement d’incertitudes  chez les futurs retraités et même si les pensionnés actuels. S’agit-il d’un renoncement ? Sans doute pas mais d’un décalage de plusieurs années. En clair un report après les prochaines élections présidentielles. Le recul du gouvernement s’explique par le niveau de mobilisation. Sur cette question, deux lignes s’affrontaient au sein du gouvernement : la ligne défendue par le Premier ministre, Lemaire  et Darmanin pour toute suite réduire les dépenses du régime tandis que d’autres considéraient qu’il convenait  d’abord de faire la réforme systémique avant d’en modifier les aspects paramétriques. En clair Macron a lâché son Premier ministre et les anciens républicains Lemaire et Darmanin  sur cette question. La réforme des retraites ne doit pas comporter « immédiatement » de volet budgétaire, tel un allongement du temps de travail, a déclaré jeudi soir le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, au premier soir d’une mouvement social massif.

« Il ne faut pas être bêtement budgétaire, pas tout de suite », a-t-il déclaré sur France 2.

Au moins 800.000 personnes sont descendues dans la rue au cours de la journée et des secteurs entiers d’activité ont tourné au ralenti dans le cadre d’une mobilisation massive contre le projet de réforme des retraites, sur lequel l’exécutif réfléchit à d’ultimes arbitrages avant de le détailler d’ici quelques jours.

L’une des grandes incertitudes concerne la mise en place, à côté de la réforme structurelle, de mesures budgétaires destinées à résorber le déficit à venir du système, estimé à une dizaine de milliards d’euros en 2025. Parmi les  options possibles, l’exécutif ne veut ni augmenter les cotisations, ni baisser les pensions, ni relever l’âge légal de départ. Reste un allongement de la durée de cotisation, mais la CFDT, principal syndicat à ne pas s’opposer frontalement à la réforme, y est opposée.

« Notre proposition, c’est pas de baisser les pensions, c’est pas d’augmenter les cotisations, mais c’est de travailler plus longtemps puisqu’on vit plus longtemps », a confirmé Gérald Darmanin.

Mais « est-ce qu’on est pressé au point qu’il faut le faire [...] dès l’année prochaine ? », s’est interrogé le ministre. « Il ne faut pas casser la réforme sociale que nous voulons porter [...] en faisant effectivement une réforme budgétaire immédiatement. » « C’est une discussion qu’il faut avoir ensemble », a-t-il conclu, renvoyant aux annonces que doit faire le Premier ministre, Edouard Philippe, la semaine prochaine.

Jusqu’à maintenant, l’entourage du Premier ministre a toutefois plutôt défendu la mise en place d’un volet budgétaire, estimant qu’il fallait s’attaquer au déficit en même temps qu’au système de retraites dans son ensemble. Un report à 2021 des mesures d’économies, notamment, « n’est pas arbitré » à ce stade, assurait-on jeudi soir autour d’Edouard Philippe.

Déficit budgétaire en 2020 : amélioration très théorique

Déficit budgétaire en 2020 : amélioration très théorique

 

 

Comme habitude, le ministre du budget fait une  présentation très flatteuse du budget 2020. D’abord en cause des réductions de dépenses publiques qui ne seront pas réellement réalisées aussi des prévisions économiques hypothétiques. Bref, les deux méthodes classiques pour  satisfaire les critères de l’union européenne et accessoirement la Cour des Comptes. On hypothèque aussi la poursuite de la très grande faiblesse des taux d’intérêt dont on sait par ailleurs qu’ils provoqueront un jour une crise du système financier et notamment une envolée de l’inflation. La croissance est très hypothétique comme dans le budget 2018 dans les prévisions ont été régulièrement revues en baisse. Au total pour l’année en cours, on atteindra péniblement 1,2 % de croissance du PIB. Pour 2020 les incertitudes sont générales dans le monde et toute perspective de croissance génère le plus grand doute. On  sait que le commerce international aura encore tendance à se détériorer donc aussi les importations. Les g investissements eux sont aussi atones. On espère tous dans la plupart des pays les soutiens des consommateurs qui eux choisissent plutôt l’attentisme en laissant par exemple leur épargne dormir sur des livrets voire sur des comptes courants. Il est probable que la croissance 2020 sera très affectée au plan mondial. Pour la France, atteindre 1 % constituera déjà un exploit. Ce qui discrédite les prévisions d’amélioration du déficit budgétaire en dépit des argumentations du ministre du budget

“C’est l’Etat qui supporte l’essentiel des baisses d’impôts (on va supprimer seulement un cinquantaine de fonctionnaires dans les directions centrales ! NDLR …) mais le déficit de l’Etat est en nette amélioration”, a souligné le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, lors d’une conférence de presse commune avec le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire.

La prévision de déficit 2019 a été revue en nette baisse par rapport au montant de 107,7 milliards d’euros voté dans la loi de finances initiale, à 96,3 milliards, profitant notamment de la réduction de la charge de la dette dans un contexte de taux bas (1,9 milliard d’euros) ou encore de l’amélioration des recettes fiscales, en partie sous l’effet de l’amélioration du taux de recouvrement de l’impôt sur le revenu liée à l’instauration du prélèvement à la source.

Le déficit de l’Etat a été alourdi cette année par le coût ponctuel d’environ 20 milliards d’euros de la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et pour l’emploi (CICE) en baisse de charge pérenne, ainsi que par celui des mesures d’urgence décidées en décembre dernier pour tenter de désamorcer la contestation des “Gilets jaunes”.

Désireux, selon les termes de Bruno Le Maire, de concilier “constance (de la) politique budgétaire (et) financière”, mais aussi d’”apporter des réponses (…) à la crise sociale que la France a traversée”, le gouvernement, après un début de quinquennat marqué par des allègements fiscaux et sociaux plus conséquents pour les entreprises et les investisseurs que pour les ménages, a inversé la tendance cette année, avec une baisse de 9,3 milliards d’euros des prélèvements obligatoires sur les ménages et une diminution de 1,0 milliard de ceux sur les entreprises.

Au total, le taux de prélèvements obligatoires devrait revenir à 44,3% du produit intérieur brut (PIB) l’an prochain, en baisse de 0,3 point par rapport à cette année et de 0,9 point par rapport à 2017, soit près de l’objectif fixé à un point pour l’ensemble du quinquennat.

Comme annoncé par une source à Bercy mi-septembre, le projet de loi de finances pour 2020, qui doit être présenté vendredi en conseil des ministres, a été établi sur une prévision de croissance de 1,3% l’an prochain et table sur une réduction du déficit public, qui passera de 3,1% cette année (impact du CICE inclus) à 2,2% l’an prochain.

États-Unis: le déficit budgétaire se creuse en juillet davantage que prévu

États-Unis: le déficit budgétaire se creuse en juillet davantage que prévu

 

Le président américain qui critique la Chine pour les manipulations de sa monnaie ne fait finalement pas autre chose, lui, en aggravant le déficit du budget. Une manière finalement de faire encore davantage de fausse monnaie. Ainsi le déficit budgétaire en juillet à encore largement dérapé. Le déficit budgétaire des Etats-Unis avait déjà  bondi de 17% pour l’exercice 2018, représentant désormais 3,9% du produit intérieur brut (PIB) sous l’effet d’un accroissement des dépenses militaires et de sécurité nationale, combiné à une baisse des recettes fiscales.

Le déficit des finances de l’Etat fédéral s’est établi à 779 milliards de dollars sur les douze mois de l’année budgétaire, clos fin septembre, contre 666 milliards en 2017 (3,5% du PIB), selon les chiffres du Trésor américain rendus publics lundi. Il s’agit de son plus haut niveau depuis 2012, a précisé l’administration et

Le déficit budgétaire des Etats-Unis s’est encore détérioré en juillet, faisant déjà grimper le déficit des dix premiers mois de l’exercice fiscal à un niveau supérieur à celui de l’ensemble de l’année dernière.

 

Selon les comptes du Trésor américain publiés jeudi, le déficit mensuel s’est établi à 120 milliards de dollars en juillet, contre 77 milliards un an plus tôt, soit un bond de 56%.

C’est davantage que les prévisions des analystes, qui visaient un manque à gagner de 100 milliards de dollars sur le mois.

Adieu à l’équilibre budgétaire en 2022 (Cour des comptes)

Adieu à l’équilibre budgétaire en 2022 (cour des comptes)

 

À juste titre, la Cour des Comptes s’inquiète de la dérive aussi bien du budget que de la dette contrairement à ce qui se passe dans la plupart des autres pays de l’union européenne. On se souvient que Macron avait promis le retour à l’équilibre en 2022, un équilibre qui semble repoussé bien au-delà. Deux plusieurs raisons à cela  une dérive des dépenses (on attend encore le grand plan de réduction du train de vie de l’État), une diminution des recettes consécutives au tassement économique (PIB limité sans doute 1,2 au lieu de 1,5, un taux pourtant pas déjà extraordinaire). La véritable raison,  c’est que nous sommes déjà entrés dans une période électorale. Il y a d’abord les municipales en 2020 que la république en marche veut gagner pour s’ancrer enfin dans les territoires et ne plus demeurer un parti virtuel. Ensuite s’engagera immédiatement la campagne pour les présidentielles qui n’est pas forcément gagnée d’avance par Macron si l’on en juge les sondages. Sa seule certitude semble qu’il pourrait battre son éternelle, adversaire Marine Le Pen. Mais ici l’échéance présidentielle un autre concurrent pourrait peut-être émerger soudainement comme on le constate dans plusieurs pays où les citoyens se laissent tenter par le dégagisme. Dans son programme de stabilité budgétaire, envoyé fin avril à Bruxelles, le gouvernement a abaissé ses objectifs budgétaires afin de tenir compte du ralentissement de la croissance et des mesures d’urgence annoncées face au mouvement des « Gilets jaunes ». Selon le ministère de l’Économie et des Finances, le déficit public devrait ainsi atteindre 3,1% du produit intérieur brut (PIB) cette année, puis 2% du PIB en 2020, 1,6% en 2021 et 1,2% en 2022 – alors que le gouvernement prévoyait à l’origine un quasi retour à l’équilibre budgétaire pour la fin du quinquennat. La dette publique, quant à elle, devrait passer de 98,4% en 2018 à 96,8% en 2022, après un pic à 98,9% cette année. Sur l’ensemble du quinquennat, la baisse atteindrait 1,6 point de PIB, alors que l’exécutif promettait initialement un recul de cinq points de PIB.

Le déficit budgétaire recule au premier semestre

Le déficit budgétaire recule au premier semestre

 

 

Un tout petit recul du déficit au premier semestre essentiellement dues à des mécaniques comptables. Cependant un recul annoncé à grand renfort de trompettes sans doute pour rassurer Bruxelles. La deuxième partie de l’année sera autrement plus difficile avec le recul des rentrées fiscales dues au tassement de la croissance ; Il faut noter que par ailleurs les dépenses n’évoluent guère. En gros que les efforts de l’Etat sont très marginaux ; Concernant les dépenses, au 30 juin, elles s’établissaient à 199,9 milliards d’euros contre 201,5 milliards un an plus tôt. Cette évolution recouvre une quasi-stabilité des dépenses du budget général (à 171,6 milliards d’euros contre 172 milliards à fin juin 2017) et une baisse des prélèvements sur recettes (28,3 milliards d’euros, en amélioration de 1,2 milliard). Bercy explique cette situation par « l’effet notamment du remplacement d’une partie de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales [et] par le transfert d’une fraction de TVA aux régions depuis le 1er janvier 2018 ».

À la même date, les recettes s’élevaient à 159,4 milliards d’euros, contre 160,2 milliards à fin juin 2017. Les recettes fiscales nettes ont diminué de 2,3 % à périmètre courant, soit 3,5 milliards d’euros de moins par rapport à la fin juin 2017. Cette situation est liée à la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI). (Un petit cadeau de 3 milliards de la part de Macron aux plus fortunés soumis à l’ancien ISFF)Les recettes non fiscales s’inscrivent quant à elles en hausse de 3,6 milliards d’euros par rapport au 30 juin 2017, notamment du fait de l’encaissement plus précoce du dividende versé par la Banque de France.

Le FMI demande davantage de rigueur budgétaire à la France

Le FMI demande davantage  de rigueur budgétaire à la France

De manière très diplomatique mais ferme le fonds monétaire international invite le gouvernement français à engager  réellement des efforts pour la réduction du déficit public. En effet,  contrairement aux déclarations tonitruantes, rien n’a été fait dans ce domaine en 2017 et de déficit a même légèrement encore dérivé. En 2018, il sera sans doute de même car le gouvernement s’est trompé sur ses prévisions de croissance. On comptait sur une hausse du produit intérieur brut de 2 % alors qu’on devrait être autour de 1,6 %. Le manque de rentrées fiscales sera considérable et le gouvernement n’aura pas le courage d’engager des réformes pour  réduire le déficit.  La restructuration évoquée dans le rapport CAP 22 ne pourrait pas prouver provoquer d’effet  positif avant 2019 et de toute façon pouvoir se montre très prudent par rapport à cette réforme et jusque-là a même refusé de publier officiellement le rapport. Sans doute conscient de cette situation le fonds monétaire international rappelle donc alors la France qui sur le sujet se contente surtout de promesses et cela depuis très longtemps. «Pour atteindre les objectifs (de réduction du déficit), de profondes réformes de la dépense publique sont nécessaires à tous les niveaux du gouvernement», a expliqué la cheffe de mission du FMI pour la France, Delia Velculescu, à l’occasion de la publication de l’évaluation annuelle de l’économie française. «Le succès de la stratégie dépendra avant tout de sa crédibilité», a-t-elle ajouté. «La France a déjà bien avancé dans la réparation de la toiture (…), mais le gouvernement devrait profiter de la fenêtre d’opportunités actuelle pour poursuivre les réformes, s’assurer que la reprise est durable et renforcer la résistance aux chocs», a assuré Delia Velculescu. En attendant, le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l’Hexagone cette année, à 1,8%.Dans un communiqué, Bercy retient que le FMI «accueille tout particulièrement favorablement» les réformes menées par le gouvernement depuis le début du quinquennat (ordonnances sur le marché du travail, réforme fiscale, réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage). «Le FMI relève le rythme élevé des réformes, estimant à cet égard que la France compte parmi les pays les plus actifs en Europe en termes de réformes structurelles. Cette appréciation du FMI conforte le gouvernement dans sa volonté de poursuivre la transformation économique du pays engagée depuis plus d’un an», écrit le ministère de l’Économie.

 

Audiovisuel public : une réformette budgétaire

Audiovisuel public : une  réformette budgétaire

Il n’y aura pas de grand soir pour l’audiovisuel public mais simplement du bricolage pour économiser de l’ordre de 10% des 4 milliards que coute le fonctionnement. Il s’agit surtout de préoccupations budgétaires qui ne prennent pas en compte l’énorme révolution médiatique depuis 10 ou 20  ans notamment du fait de la multiplication des chaines télé et du numérique. Certes certaines chaines et radio sont utiles mais beaucoup font double emploi avec le privé et n’apportent pas de réelle valeur ajoutée. Pire, le cout du fonctionnement est tel (notamment le cout du personnel) que le service public consacre l’essentiel de budget au fonctionnement et ne dispos plus assez de moyens pour la production. Moderniser l’offre tout en faisant des économies. C’est tout l’enjeu de la réforme (à risque) de l’audiovisuel public piloté par la ministre de la Culture Françoise Nyssen et dont les premières propositions ont été dévoilées à la presse ce lundi. Pas de grand chamboulement, mais des pistes pour lancer un média jeunesse en basculant la chaîne France 4 sur le numérique ou rapprocher France 3 et France Bleu afin de renforcer les programmes régionaux.

La réforme vise à créer plus de synergies entre les groupes France Télévision, Radio France, France Médias Monde (France 24, RFI), l’INA, Arte et TV5 Monde, qui comptent quelque 17.000 salariés. Par là, l’État cherche aussi à réaliser des économies, chiffrées entre 250 et 500 millions d’euros d’ici à 2022, principalement à France Télévisions, selon la presse, sur un budget total de 3,9 milliards d’euros en 2018.

Etats-Unis : Hausse du déficit budgétaire

Etats-Unis : Hausse du déficit budgétaire

Une hausse du déficit, 209 milliards de dollars contre 176 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 18%, selon les chiffres annoncés par le Trésor mercredi. Pour l’année fiscale 2017 (du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017), le déficit atteint 3,5 % du PIB. Le déficit budgétaire avait  certes été aggravé, notamment par la hausse des dépenses militaires voulue par le nouveau président américain, mais si les dépenses du budget fédérales ont atteint 3,98 billions de dollars pour des recettes de 3,32 billions, c’est d’abord à cause de l’augmentation enregistrée par des postes budgétaires qui ne peuvent être changés qu’avec une réforme structurelle votée par le Congrès, et non sur décision du pouvoir exécutif : dépenses de sécurité sociale, programmes Medicare et Medicaid et remboursement des intérêts de la dette publique.   Une dette publique fédérale de 20 billions de dollars affichée qui pourrait bien être très éloignée de la réalité, car elle ne prend pas en compte d’importants engagements financiers hors-budget. Selon certains économistes, la vraie dette nationale des États-Unis serait dix fois plus élevée. Pas de quoi la réduite avec le déficit enregistré en mars.  Les recettes du Trésor ont reculé en mars de 3% pour s’établir à 211 milliards de dollars. Du côté des dépenses, elles ont grimpé de 7% à 420 milliards de dollars. Sur les six premiers mois de l’année budgétaire, qui commence le 1er octobre, le déficit atteint 600 milliards de dollars contre 527 milliards sur la même période l’année précédente. Sur l’ensemble de l’exercice 2016-2017, le déficit budgétaire des Etats-Unis avait grimpé de 13,6% à 666 milliards de dollars. Le Trésor a précisé qu’ajusté de différents éléments saisonniers et de modifications dans le calendrier des recettes et dépenses, le déficit sur le mois de mars est de 165 milliards de dollars contre 134 milliards un an plus tôt.

 

Darmanin et Le Maire annoncent un excédent budgétaire en 2022

Darmanin et Le Maire annoncent un excédent budgétaire en 2022

 

 

L’année 2017 s’est soldée sur un déficit meilleur que prévu, à 2,6% au lieu de 2.9%. . Un résultat qui doit surtout à uen croissance plus forte qu’attendue. Les recettes fiscales augmentent tandis que les dépenses sociales sont mieux maitrisées. Bercy anticipe désormais un déficit à 2,3% cette année (au lieu de 2,6% attendu). Puis table sur une réduction régulière jusqu’à la fin du quinquennat, grâce à des économies réalisées chaque année -dont on ne connaît pas encore le détail. 2022 se terminerait ainsi, selon Bercy, sur un excédent budgétaire (de 0,3%). La dette, elle va continuer d’augmenter encore pendant quelques ânées tant que l’équilibre ne sera pas réalisée Elle passerait à 96,4% du PIB en 2018 (après 97% en 2017), avant de refluer de 7,8 points sur le quinquennat et d’atteindre 89,2% du PIB en 2022. Des résultats qui sont cependant très dépendants du niveau de croissance, c’est à dire de l’activité internationale et de la dynamique interne. Notamment de la consommation et de la balance commerciale.

 

 

Allemagne: plus de leçon budgétaire aux autres pays

Allemagne: plus de leçon budgétaire  aux autres pays

 

 

Le remplacement de Wolfgang Schäuble par le social-démocrate Olaf Scholz (SPD), au ministère des Finances constitue évidemment un changement assez fondamental en matière de doctrine budgétaire. Certes,  il ne faut pas s’attendre à ce que le nouveau ministre des finances lâche complètement la bride concernant l’équilibre budgétaire et la dette mais il est vraisemblable qu’  il se montra montrera plus souple en Allemagne dont les excédents sont par ailleurs souvent critiqués tant par l’union économique que par le fonds monétaire international. Surtout le nouveau ministre des finances allemand promet d’abandonner la posture du donneur de leçons à toute l’Europe. Encore une fois cela ne signifie pas que le laxisme le plus total va succéder à l’ancienne doctrine budgétaire mais qu’il y a des chances  pour qu’on se montre un peu plus conciliant notamment soutenir les économies un peu faiblarde des pays à fort taux de chômage. De toute manière avec la croissance qui revient mécaniquement les équilibres financiers devraien t s’améliorer dans la plupart des pays européens. Le nouveau ministre des finances allemand, estime que l’Allemagne « ne doit pas dicter aux autres Etats européens comment ils devraient se développer », dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Der Spiegel.« Des erreurs ont certainement été commises dans le passé », ajoute-t-il, une allusion claire à la position très rigoriste adoptée dans le passé par le conservateur Wolfgang Schäuble, gardien de l’orthodoxie budgétaire dans son pays et en Europe. Wolfgang Schäuble n’hésitait pas à réprimander les pays du sud.  Le ministère des Finances était depuis huit ans la chasse gardée du parti chrétien-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, qui a dû abandonner ce portefeuille-clé aux sociaux-démocrates pour arracher un accord de coalition cette semaine avec le SPD et rester au pouvoir. Cet accord, où la signature social-démocrate est nettement palpable, apporte un soutien prudent aux idées de réformes pro-européennes lancées par le président français Emmanuel Macron.

Un recul du déficit budgétaire essentiellement du à la croissance

 Un recul du  déficit budgétaire essentiellement du à la croissance

On peut évidemment se réjouir de la réduction du déficit budgétaire 2017 mais cette évolution ne découle pas d’une diminution des dépenses puisque ces dernières augmentent mais d’une croissance de la fiscalité en raison d’une activité économique plus dynamique. Il devrait en être de même 2018. En clair, les trous du budget  sont moins importants en raison de phénomènes conjoncturels mais pas de réformes structurelles  du (concernant notamment la réforme de l’État et des collectivités publiques en général). Le déficit budgétaire a en effet reculé de 8,4 milliards d’euros sur les dix premiers mois de l’année, atteignant 77,1 milliards d’euros fin octobre contre 85,5 milliards à la même date un an plus tôt, a annoncé vendredi le ministère des Finances. Cette dynamique s’explique notamment par une hausse des recettes fiscales, en particulier des recettes issues de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), précise le ministère dans un communiqué. Au 31 octobre 2017, les recettes nettes de l’Etat se sont établies à 260,1 milliards d’euros, contre 251,8 milliards voilà un an, soit une hausse de 8,3 milliards d’euros. Selon le ministère des Finances, les seules recettes fiscales ont augmenté en un an de 8,1 milliards d’euros, et celles issues de la TVA de 5,3 milliards d’euros. Cette amélioration a permis de compenser en grande partie la hausse des dépenses, qui ont atteint 328,3 milliards d’euros, contre 318,3 milliards au 31 octobre 2016. Cette hausse, selon le ministère, est liée à la recapitalisation d’Areva, financée sur crédits budgétaires pour 1,5 milliard d’euros, et à la révision à la hausse des dépenses des ministères actée dans le projet de loi de finances présenté fin septembre. Le budget de l’Etat a par ailleurs bénéficié d’une amélioration des « comptes spéciaux », utilisés pour des opérations ponctuelles et spécifiques, comme la vente d’actions publiques. Le solde de ces comptes s’est établi fin octobre à -8,9 milliards d’euros, contre -19 milliards il y a un an, précise Bercy, qui explique cette amélioration par des reversements par la Coface de sommes liées à l’aide au commerce extérieur et par un décalage dans le temps des remboursements prévus pour le préfinancement de la politique agricole commune.

 

Excédent budgétaire allemand de 14 milliards et 70 milliards de déficit pour la France

Excédent budgétaire allemand  de 14 milliards et 70 milliards de déficit pour la France

 

14 milliards d’excédents pour l’Allemagne à mettre en rapport avec les 70 milliards de déficits pour la France. En 2017, le ministère des Finances allemand prévoyait jusqu‘ici un budget à l’équilibre, même si plusieurs instituts économiques ont déjà projeté pour les années à venir des excédents records pour les finances publiques allemandes, lesquelles englobent les Länder. La nouvelle projection avancée par le Spiegel est une bonne nouvelle pour le bloc conservateur CDU-CSU d‘Angela Merkel, le Parti libéral-démocrate (FDP) et les écologistes qui ont entamé des négociations en vue de former une coalition gouvernementale. Si elles étaient mises en œuvre en l’état, leurs propositions combinées augmenteraient en effet les dépenses publiques d‘une centaine de milliards d‘euros au cours des quatre prochaines années.

L’équilibre budgétaire menacé par la suppression de la taxe sur les dividendes

L’équilibre budgétaire menacé par la suppression de la taxe sur les dividendes

 

Une taxe considérée comme  illégale qui risque de coûter cher au budget et même de mettre en cause la réduction du déficit.   La fin de la taxe de 3% sur les dividendes  a en effet été sous-estimée et pourrait coûter 10 milliards d‘euros à l‘Etat selon une nouvelle évaluation du ministère de l‘Economie et des Finances, rapporte le Figaro dans son édition à paraître vendredi. Dans son projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2018 à 2022, le gouvernement a estimé que l’État pourrait avoir à rembourser 300 millions d’euros en 2018, puis 1,8 milliard chaque année en 2019, 2020 et 2021, aux entreprises qui ont dû s’acquitter de cette taxe ces dernières années, ce qui représente un coût total de 5,7 milliards d’euros. Saisi en juillet par le Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel a estimé vendredi que cette différence de situation méconnaissait les « principes d’égalité devant la loi et devant les charges publiques » et jugé dès lors que c’était « contraire à la Constitution ». Cette contribution avait été mise en place en 2012 peu après l’arrivée de François Hollande à la présidence pour compenser une perte de recettes budgétaires et encourager les entreprises à réinvestir leurs bénéfices. Au-delà du manque à gagner, c‘est surtout le coût des contentieux engagés par les grands groupes qui devrait peser sur les finances publiques. Le gouvernement a prévu dans le budget 2018 une provision de 300 millions d‘euros pour ces litiges. “Si le gouvernement ne compense pas le coût du contentieux par des économies ou des recettes supplémentaires, l‘objectif de parvenir à 2,6% de déficit par rapport au PIB en 2018 sera largement dépassé”, écrit Le Figaro. Selon Le Figaro, l‘exécutif négocie par ailleurs avec l‘Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe les grands groupes, pour étaler ses remboursements sur dix ans.

Le gouvernement veut conjuguer économie, fiscalité et équilibre budgétaire

Le gouvernement veut conjuguer économie, fiscalité et équilibre budgétaire

 

Le gouvernement français s’engage dans un difficile exercice pour conjuguer à la fois les économies budgétaires, réduire la fiscalité et en même temps mieux rééquilibrer le déficit public. Si les économies budgétaires sont cohérentes avec la recherche d’un meilleur équilibre des déficits par contre la réduction de la fiscalité, elle, constitue une réelle difficulté pour cet équilibre. La baisse de la fiscalité pourrait atteindre environ 10 milliards en 2018. Elle devrait être compensée par des économies budgétaires d’un montant d’environ 20 milliards. Ces deux opérations combinées permettant d’atteindre environ 2,8 % du PIB pour le déficit public. Dans un entretien à paraître mercredi dans Les Echos, le chef du gouvernement confirme en outre la mise en oeuvre dès 2018 des principales mesures fiscales du programme présidentiel d’Emmanuel Macron, dont les réformes de l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) et de la fiscalité de l’épargne. Celle de la taxe d’habitation, que l’exécutif entend supprimer pour 80% des foyers, fera l’objet d’une première étape l’an prochain, pour un coût de trois milliards d’euros. « Nous voulons provoquer un effet de souffle fiscal en faveur de l’investissement, de l’emploi et de la croissance », dit Edouard Philippe aux Echos. »Nous voulons donner confiance aux acteurs économiques, avec de la visibilité et des engagements précis », a-t-il ajouté. Le tout se traduira par une baisse de 11 milliards d’euros de la pression fiscale en 2018, soit plus de 0,5 point de PIB, en tenant compte des mesures déjà prises à la fin du précédent quinquennat, comme la baisse de l’impôt sur les sociétés, sur lesquelles le nouveau gouvernement ne reviendra pas. Pour les financer, il mise sur une croissance économique qui atteindrait 1,6% cette année, se calant ainsi sur la dernière prévision de l’Insee, puis 1,7% l’an prochain, alors que la trajectoire du dernier gouvernement socialiste tablait sur 1,5% en 2017 comme en 2018. S’agissant du déficit public, le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin a annoncé mardi 4,5 milliards d’économies nouvelles pour le ramener cette année à 3% du PIB comme la France s’y est engagée auprès de ses partenaires européens. L’objectif de 2,8% affiché par l’ancien exécutif a été battu en brèche par le rapport de la Cour des comptes sur l’état des finances publiques. Le nouveau pouvoir vise maintenant 2,7% à l’horizon 2018. Cela passera par un effort d’ »au moins » 20 milliards d’euros d’économies l’an prochain via une stabilité en volume des dépenses de la sphère publique et en valeur pour ce qui est des seules dépenses de l’Etat, a souligné Edouard Philippe. La nouvelle trajectoire que le gouvernement soumettra aux commissions des Finances des deux chambres du Parlement ce mercredi prévoit en outre une baisse de cinq points sur l’ensemble du quinquennat du ratio dette publique/PIB qui s’inscrivait à 96,3% fin 2016. L’effort demandé parallèlement aux collectivités locales sera discuté lors de la conférence des territoires prévue la semaine prochaine, le Premier ministre évoquant à nouveau sur ce point la suppression possible d’un des trois échelons territoriaux en dessous de la région. Il a encore confirmé que, pour compenser la hausse controversée de la Contribution sociale généralisée (CSG), qui doit permettre de compenser les baisses de cotisations sociales des salariés mises en œuvre dès 2018, des mesures seront prévues à destination des indépendants et des fonctionnaires.

Déficit budgétaire : pour une réévaluation de toutes les dépenses

Déficit budgétaire : pour une réévaluation de toutes les dépenses

 

 

De manière diplomatique, la cour des comptes a considéré que le budget était insincère. On clair,  on a truqué l’équilibre qui prévoyait de ramener le déficit à 2.8% du Pib ‘ après 3.4% en 2016). Du coup sur la tendance le déficit atteindra 3,2%. Il manque 8 milliards. Ce qu’avait prévu le sénat lors de l’examen du budget initial.

 

« L’analyse de la budgétisation prévue pour l’État en 2017 confirme le constat d’un budget de campagne : les dépenses dérapent de près de 10 milliards d’euros, la masse salariale et les effectifs augmentent et de nombreuses sous-budgétisations affectent la crédibilité du solde budgétaire prévisionnel présenté pour un montant compris entre 3,1 et 5,2 milliards d’euros. Du côté des recettes, le constat n’est guère plus brillant : les estimations revêtent un caractère particulièrement optimiste en raison à la fois d’une prévision de croissance supérieure à celle du consensus des économistes et d’une élasticité à la croissance probablement surévaluée. Il est donc à craindre que le déficit budgétaire de l’État ne connaisse pas en 2017 l’amélioration prévue par le présent projet de loi de finances, et ce malgré des effets positifs artificiels résultant de certains jeux d’écriture, en particulier le reversement de 4 milliards d’euros de la Coface au nouveau compte de commerce « Soutien au commerce extérieur », qui diminue d’autant le déficit sans pour autant améliorer d’une quelconque façon la situation financière de l’État. Le budget de l’État pour 2017 est donc irréaliste…..le  Gouvernement crée des charges d’un montant très important qui ne pèseront pas sur l’exercice budgétaire 2017 et dont l’impact se fera sentir à partir de 2018. Ainsi, la double budgétisation en autorisations d’engagement et crédits de paiement lui permet d’engager des dépenses sans en assumer l’impact sur le solde budgétaire, puisque celui-ci n’intègre que les décaissements de crédits de paiement. En particulier, doit être signalé le choix de ne pas inscrire de crédits de paiement sur le troisième programme des investissements d’avenir (PIA 3), pour un montant de 10 milliards d’euros. Au total, ce sont plus de 12 milliards d’euros de dépenses qui sont budgétées en autorisations d’engagement seulement et ne donneront lieu à décaissement de crédits de paiement qu’à compter de l’exercice 2018. Le Gouvernement annonce aussi plusieurs mesures en recettes dont l’impact budgétaire porte sur les exercices postérieurs à 2017, pour un montant de 11,8 milliards d’euros à horizon 2020. Au total, le projet de budget 2017 présenté par le Gouvernement créé 24 milliards d’euros de charges nouvelles qui n’auront un impact budgétaire effectif qu’à partir de 2018. »

. Le Premier ministre, Edouard Philippe, s’est cependant engagé à contenir le déficit à 3% du PIB à la fin de l’année, après 3,4% fin 2016, et à mettre « un terme à la spirale de l’augmentation continue de nos déficits », après la publication du rapport. Les huit milliards d’euros « de chèques en bois » dénoncés par Edouard Philippe jeudi représentent le dérapage par rapport à la cible de 2,8% du précédent gouvernement, accueillie avec scepticisme par le Haut conseil des finances publiques (HCFP) à la botte du gouvernement)  et qui était plus optimiste que les prévisions des grandes organisations internationales. Outre les arbitrages budgétaires sur ces économies, le gouvernement va devoir décider des modalités de mise en oeuvre des réformes fiscales qu’Emmanuel Macron comptait mettre sur les rails en 2018, comme la suppression de la taxe d’habitation, la réforme de l’ISF ou la baisse de l’impôt sur les sociétés. Bref il va falloir raboter sérieusement à la fois pour réduire les dépenses mais aussi pour financer les nouvelles mesures. Or le budget est depuis longtemps incontrôlable. Plus de 300 milliards de dépenses nettes annuelles et environ 70 milliards de déficit. Comme dans une  entreprise, la seule méthode serait de faire  réévaluer toutes les dépenses par des organismes réellement indépendants. Le budget est en effet hors contrôle depuis longtemps, nourrit le déficit, la dette publique (100% du Pib) en dépit du plus haut niveau de prélèvement obligatoire. De toute évidence, il faut changer de méthode.

Ségolène Royal en justice pour cavalerie budgétaire

Ségolène Royal en justice pour cavalerie budgétaire

 

Dépôt de plaintes contre les responsables de la dégradation des comptes régionaux de l’ex-région Poitou-Charentes dirigée par Ségolène Royal de 2004 à 2014 par  l’opposition de droite au Conseil régional de Nouvelle Aquitaine Les élus se reposent sur le rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) présenté le 19 décembre dernier et qui faisait état d’une situation financière dégradée dans l’ancienne région dont Ségolène Royal avait la charge et qui a été intégrée dans la Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes). « La région Poitou-Charentes a signé pour 197 millions d’euros d’emprunts toxiques dont 46 millions d’euros d’emprunts très toxiques, et 97 millions d’euros moyennement toxiques et la défaisance de ces prêts est estimée aujourd’hui à 46 millions d’euros », a dit Yves d’Amécourt, vice-président du groupe LR-CPNT, lors d’une conférence de presse. Il a dénoncé une « cavalerie budgétaire » qui a eu pour effet de manière instantanée de faire passer la capacité de désendettement de la région Nouvelle-Aquitaine de 4,5 ans en 2015 à 7,5 ans en raison de la situation en Poitou-Charentes.  Parmi les autres griefs retenus figurent l’absence de délégation de signature du directeur du budget, l’absence de mise en concurrence des établissements bancaires avant la contraction de ces emprunts et la violation des règles d’information de l’assemblée. La Chambre avait aussi chiffré à 111,6 millions d’euros les retards de paiement et soulignait que de nombreux créanciers de l’ancienne Poitou-Charentes avaient été mis en difficulté. Le groupe d’opposition doit faire une demande au président socialiste de la région, Alain Rousset, d’engager les poursuites en déposant une plainte auprès du procureur de la République et de saisir le procureur financier près la CRC pour que celui-ci puisse saisir la Cour de discipline budgétaire et financière. La procédure administrative implique que la région Nouvelle Aquitaine engage les poursuites. En cas de refus, le groupe LR-CPNT devrait alors se rapprocher du tribunal administratif pour obtenir l’autorisation de se substituer à la région.  Ségolène Royal a pour sa part dénoncé une « violente campagne de dénigrement » et estimé, en se reposant notamment sur le fait que l’insincérité des comptes n’avait pas été retenue par la CRC, que « les accusations jetées en pâture pour discréditer sans preuve sont ainsi clairement démenties. »  « On est sur un champ de mines », avait répondu Alain Rousset qui se demandait « si on est allé à la même école pour apprendre à lire et à compter. »

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