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Budget France : un pays ingouvernable

Budget France : un pays ingouvernable
Vraisemblablement le cirque va continuer de se produire au sein de l’Assemblée nationale concernant le projet de budget. En effet la question n’est pas de traiter les finances du pays mais de se positionner dans la perspective des élections prochaines : municipales, législatives et présidentielles. Du coup, chaque parti affiche son programme démagogique , irresponsable et contradictoire. De toute façon, cet exercice fallacieux n’aboutira à rien et le budget initial sera appliqué par ordonnance faute de majorité ou alors c’est l’ancien budget de 2025 qui sera mis en œuvre par 12e. L’assemblée nationale n’aura servi strictement à rien sinon qu’à afficher des postures électoralistes.
La première responsabilité de ce chaos incombe donc aux organisations politiques qui pourtant ne représentent pas grand-chose dans le pays. La plupart ne sont que des groupuscules d’écuries de présidentiables composés de responsables, de courtisans et d’aspirants à la candidature. La plupart des chiffres relatifs au nombre d’adhérents sont complètement erronées : quelques milliers au plus dans chaque parti. Et les élections au sein de chaque organisation sont toutes bidonnées. À ce manque de représentativité s’ajoutent l’incompétence et le manque de courage. Signalons aussi le décalage complet de cette classe politique sur le plan sociologique. La plupart des élus politiques actuellement sont presque tous issus de milieux de la petite bourgeoisie voire de la grande : très peu de représentants du monde de la production, beaucoup d’anciens fonctionnaires et assimilés, de professionnels de la politique passés dans des instituts politiques. Peu de vrais experts en particulier en matière économique.
Au lieu de se pencher prioritairement sur la question fondamentale de l’ampleur des dépenses, l’Assemblée nationale s’est focalisée sur les recettes en organisant un vaste concours Lépine fiscal alors que le pays détient évidemment déjà le record mondial de prélèvements obligatoires; or le budget ne pourra réellement et durablement être rééquilibré qu’après une réduction drastique de la dépense devenue complètement incontrôlable à tous les étages administratifs et politiques. Il y a notamment le montant que représente la masse salariale des fonctionnaires mais il faudrait y ajouter le coût des équipements qui leur sont nécessaires ainsi que le coût qu’il génère vis-à-vis du monde de la production et de la croissance.
Pour éviter d’avoir à se livrer à cet exercice de rigueur, on jette du brouillard sur les dépenses alors qu’il conviendrait d’effectuer partout une évaluation de l’action publique même dans les secteurs les plus sensibles. Partout en effet des économies sont possibles avec d’autres organisations, d’autres affectations, aussi le transfert au privé d’activités qui n’ont rien de régalien. Ainsi ces véritables armées de jardiniers recrutés massivement par une immense majorité de collectivités locales. Mais on pourrait multiplier les exemples -dans le champ national comme local – d’activités inutiles ou douteuses qui se reproduisent elles-mêmes avec des budgets toujours en hausse. La France compte en moyenne à population comparable 1 million de fonctionnaires en plus par rapport à la moyenne européenne et 2 millions en plus par rapport à l’Allemagne. La France compte un nombre d’étagères administratives inutiles qui complexifient la vie réelle et affecte aussi bien le budget que la compétitivité.
Si ces dérives se produisent elles sont aussi le fruit d’une grave méconnaissance de la problématique économique et financière de la part des responsables mais aussi des citoyens. D’une certaine manière, le citoyen français a le système et les responsables politiques qu’il mérite. En France, le débat se réduit le plus souvent à une approche marxiste face à une approche ultra libérale. Bref une caricature de confrontation démocratique moderne. La plupart des politiques sont des guignols qui récitent leur catéchisme idéologique mais qui une fois au pouvoir font à peu près le contraire ou pire rien du tout. Ainsi la France va payer encore longtemps la démagogie de Mitterrand avec la retraite à 60 ans et celle de Jospin Aubry avec les 35 heures. Elle paiera encore longtemps les dépenses incontrôlées des gouvernements qui ont pratiquement tous laissés filer le budget. Cela vaut aussi pour la droite.
La vérité c’est que le train de vie de la France dérive grâce à la compensation avec l’Allemagne. L’euro assure le pouvoir d’achat des Français mais c’est l’Allemagne qui soutient sa valeur grâce à sa productivité, à sa compétitivité et à ses exportations. Sans l’euro, la France aurait sans doute dévalué sa monnaie au moins deux fois dans une proportion de 20 à 30 % si l’on s’en tient aux fondamentaux qui rendent compte de la valeur réelle d’une économie et de sa représentation monétaire. Des dévaluations qui auraient entraîné automatiquement de fortes inflations et des pertes de pouvoir d’achat.
Faute de compétence, de lucidité du courage la France restera encore ingouvernable pendant des années.

cour des comptes

« La fonction publique française – comprenant l’État, les collectivités territoriales et les établissements hospitaliers – emploie aujourd’hui 5,8 millions d’agents. Entre 2017 et 2025, les effectifs ont augmenté de 278 000 agents (hors contrats aidés), une croissance qui pèse mécaniquement sur les finances publiques. En 2024, les rémunérations versées aux agents publics sont estimées à 357 milliards d’euros, un niveau comparable aux dépenses de retraite. Selon l’OCDE, l’emploi dans les administrations publiques représente en 2023 22 % de l’emploi total en France, contre 16 % au Royaume-Uni, 13 % en Italie et 11 % en Allemagne, pour une moyenne de 18 % dans l’ensemble des pays membres. Si la France alignait sa fonction publique sur cette moyenne, cela représenterait près d’un million d’agents en moins. Dans cette perspective, et afin de fonder les réformes nécessaires sur des données rigoureuses, Contribuables Associés appelle la Cour des comptes à mener une analyse approfondie de la masse salariale, du temps de travail – marqué par de fortes disparités – et de la productivité dans les trois versants de la fonction publique. »

Budget : 50 ans de dérive financière et maintenant la facture !

Budget : 50 ans de dérive financière et maintenant la facture !

Fin mars 2025, la dette publique française atteint 3,345 milliards d’euros, soit 114 % du PIB. Avec un déficit de 168 milliards d’euros et une hausse des taux d’intérêt, le pays se retrouve dans une situation périlleuse. Comment réagir face à cette crise imminente ? Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, professeurs à l’Essec
Marc Guyot et Radu Vranceanu dans La Tribune

Fin mars, la dette publique française a atteint les 3,345 milliards d’euros, soit 114 % du PIB. L’année dernière l’État a dépensé 1,670 milliard d’euros (57,2 % du PIB), tout en collectant moins, pour un déficit de 168 milliards d’euros. Les années Macron n’ont constitué qu’une accélération, certes majeure, dans le trio Dépenses publiques — Déficit budgétaire — Dette publique, qui a été pratiqué par tous les gouvernements précédents. Tant que le taux d’intérêt à long terme demeurait inférieur au taux de croissance, il n’y avait pas trop de souci à se faire à part le transfert de dettes aux générations futures. Après le Covid19, l’économie française a basculé dans une situation nouvelle et périlleuse avec des taux d’intérêt supérieurs à la croissance nominale, rendant la glissade de la dette publique extrêmement inquiétante, y compris à court terme. En effet, la glissade continue de la dette en proportion du PIB, va finir par alarmer les investisseurs générant potentiellement une crise financière de grande ampleur.

Les taux d’intérêt augmentent pour différentes raisons, structurelles et conjoncturelles. Cependant, le différentiel de taux en faveur de l’Italie ou de la Grèce, signifie clairement que le facteur « risque de soutenabilité » joue de manière significative sur les taux français. En conséquence, il n’y a pas d’alternative au rééquilibrage des finances publiques par la réduction du déficit public, voire retrouver un surplus primaire (hors charge de la dette), pour faire diminuer cette prime.

Siffler la fin de cette fête de 50 ans et le début de l’austérité est tombé sur François Bayrou puisque c’est lui qui est Premier ministre. Il aurait certes préféré ne pas boire de ce calice, mais en réalité il n’a pas le choix. Pour ramener le déficit public à 4,6 % du PIB en 2026, le gouvernent a chiffré le rééquilibrage budgétaire à 43,8 milliards d’euros. Il a tenté de répartir au mieux l’ajustement, dans le cadre des contraintes imposées par les différentes forces politiques. Le gros des économies, 30 milliards d’euros, concernera la dépense publique qui n’augmentera pas autant que prévu (1,722 milliard d’euros au lieu de 1,752 milliard d’euros). Certaines missions de l’État verront leur budget diminuer, d’autres comme les Armées, la Justice et l’Intérieur vont augmenter. La charge de la dette devra également augmenter. La différence proviendra d’impôts qui devraient augmenter avec la non-indexation des tranches d’imposition ou la suppression de l’abattement de 10 % pour frais professionnels pour les retraités, et autres niches fiscales.

François Bayrou mise sur le fait qu’un programme d’économie minimale et touchant un peu tout le monde est plus facilement acceptable qu’un programme qui pèserait uniquement sur des catégories bien identifiables et comportant des mesures choc comme une hausse significative de la TVA ou la suppression des aides massives aux associations censées s’autofinancer.

Dans un monde où le bon sens prévaudrait, ce programme minimaliste d’une extrême prudence politique devrait être accepté. Dans notre monde politique de court terme où les partis rivalisent de populisme pour arracher le succès aux prochaines élections, notamment les législatives à venir ainsi que les élections municipales, régionales, nationales ou européennes. Pour un parti d’opposition, valider le projet de François Bayrou reviendrait à confirmer les bons choix du Premier ministre et donc de diminuer ses propres chances de succès. LFI, le PS et les Verts sur sa gauche, le RN sur sa droite sont vent debout sans que Bayrou ne sente de soutien fort sur sa base Renaissance et LR. Abandonner des jours fériés serait une atteinte à l’identité nationale ; supprimer telle niche fiscale détruirait le tissu social, l’injustice serait partout.

Les représentants des différentes catégories de Français eux-mêmes s’engouffrent dans cette cacophonie politique, chacun cherchant à préserver ses acquis. Chacune est prête à accepter des sacrifices venant des autres, comme le montre les nombreux sondages. Ceux qui ne prennent pas l’avion souhaitent des taxes sur le transport aérien, mais s’opposent aux taxes sur le carburant. Ceux dont le patrimoine les situe dans les 90 % des moins riches souhaitent une taxe sur les 10 %. L’argument de justice sociale s’étale sur tous les refus et toutes les exigences sur autrui. À l’extrême gauche on demande plus de subventions pour tout, à l’extrême droite, moins d’aides à l’insertion des immigrés et moins de contribution européenne.

Tout cela découle d’une structure politique qui laisse peu de place à la coopération et du fait qu’en sept ans, les gouvernements d’Emmanuel Macron ont fait régulièrement des cadeaux à toutes les parties prenantes sans jamais se préoccuper du financement, miracle rendu possible par l’endettement à taux bas. Ce manque de prévoyance, typique de ceux qui dépensent l’argent des autres, n’a eu d’équivalent politique que dans la dissolution désastreuse de l’Assemblée, qui a conduit à la configuration politique ingouvernable que nous connaissons.

À l’automne, il est fort probable que les partis politiques poussent François Bayrou vers la sortie. Emmanuel Macron choisira-t-il de dissoudre à nouveau l’Assemblée nationale ; nul ne peut dire ce qu’il adviendra. Mais on peut anticiper sans peine que le cynisme, l’égoïsme et la non-coopération vont s’accentuer, poussant un peu plus les finances publiques françaises vers le point de non-retour. Face à cet état de confusion permanent, une crise de grande ampleur devient presque un espoir. En effet, elle permettrait de purger un système devenu irrécupérable. Des pays comme la Grèce ou le Portugal, ayant traversé des crises sévères, sont repartis sur de bonnes bases après avoir mis en œuvre les réformes structurelles nécessaires et coupé le robinet de dépenses.

Le programme de Javier Milei en Argentine est une version maximaliste d’un programme de réforme structurel : transferts vers le privé de nombreux services publics, coupes drastiques dans les salaires et les effectifs de la fonction publique, réaffectation de la main-d’œuvre vers le secteur privé, libéralisation du marché du travail et des nombreux prix administrés. Cela peut paraître brutal pour la France, car nous ne sommes pas en situation d’hyper-inflation. En revanche, la productivité stagne, la croissance est atone, l’innovation est à la traine, la désindustrialisation est manifeste. Libéraliser l’économie pourrait produire plus de richesses, plus d’emplois, et plus de perspectives pour les entrepreneurs. La France a de nombreux atouts, mais pour les mettre en valeur, il faut rompre avec 50 ans de pratiques populistes et enfin réformer comme tant d’autres pays ont fini par le faire.

Budget et croissance : la France vers la stagnation

Budget et croissance : la France vers la stagnation

Allianz Trade prévoit que le projets de budget de Bayrou pourrait avoir un impact négatif de 0,6 % sur le PIB autant dirent une croissance presque zéro puisque dans le même temps on prévoit pour 2025 un PIB dont l’augmentation est réduite à 0,6 % contre 1,1 % en 2024. De ce fait, les prévisions de recettes fiscales sont d’ores et déjà obsolètes car mécaniquement moins d’activité réduit les ressources pour le budget de l’État. Sans parler de l’effet des incertitudes économiques et politiques sur l’attitude des investisseurs comme des consommateurs. Par ailleurs, la croissance mondiale restera atone à +2,5 % en 2025, son plus faible niveau depuis 2008 en dehors des périodes de récession.

Les prévisions pour les États-Unis ont été revues à la hausse de +0,8 point de pourcentage à +1,6 % pour 2025-2026 en raison de la baisse des droits de douane effectifs.

La zone euro devrait enregistrer une croissance de +1,2 % en 2025, largement tirée par les petites économies.
En France, un ralentissement de la croissance économique est attendu en 2025 (+0,6% vs +1,1% en 2024), avant un léger rebond en 2026 à +1,1%.

Bayrou : un projet de budget déjà techniquement et politiquement obsolète

Bayrou : un projet de budget déjà techniquement et politiquement obsolète

Le seul intérêt du débat autour du projet de budget deux Bayrou aura sans doute été de favoriser une plus grande sensibilisation sur la situation assez dramatique des finances de la France. Pour le reste, on peut légitimement considérer que ce projet du Premier ministre est à la fois obsolète du point de vue technique et politique.

Sur le plan technique , les prévisions de recettes vont se révéler assez rapidement obsolètes. En effet les rentrées fiscales en dépit de la non révision des barèmes vont se montrer assez inférieures aux prévisions. En cause une croissance qui ne sera pas au rendez-vous. Au mieux il faut s’attendre à une stagnation de l’économie. On sait en effet que la consommation alimente surtout la croissance en France. Les salaires et les prestations sociales désindexées donc vont diminuer et affecter négativement la dynamique de l’activité économique donc aussi les ressources fiscales.

L’environnement international et les mesures douanières de Trump vont aussi constituer un environnement défavorable aux échanges et aux croissances internes. Le pouvoir d’achat des particuliers mais aussi des entreprises sera affecté par la hausse des droits de douane. Le problème des finances publiques de la France est double il s’agit de réduire des dépenses qui actuellement produisent un déficit annuel de leurs 150 milliards par an . D’où la nécessité d’emprunter pour boucher les trous avec une perspective de charge financière de 100 milliards d’ici 2030, soit le premier budget du pays. Les mesures Bayrou ( 43 milliards d’économies théoriques) sont loin d’être à la hauteur des enjeux.

Pour résumer il propose le blocage des salaires et des prestations sociales, la hausse des impôts sur le revenu provoqué par le figeage du barème et la suppression de deux jours fériés. Le très net tassement de la croissance voire sa régression vont venir peser négativement sur les dépenses sociales. Les incertitudes politiques par ailleurs vont encourager l’attentisme aussi bien dans le domaine des investissements que dans celui de la consommation.

Mais ce budget va surtout souffrir du climat politique délétère et n’a aucune chance d’être soutenu par une majorité dans une l’assemblée nationale complètement irresponsable. Pire une motion de censure paraît incontournable pour des motifs d’orientations tout autant que par vraie démagogie en perspective des prochaines élections municipales. Au final après plusieurs semaines de discussions assez inutiles, la France risque d’être condamnée à se passer de budget voté par l’Assemblée nationale. On devra alors se soumettre encore à une loi spéciale, vraie année blanche celle-là, qui ne va pas rassurer à l’intérieur du pays mais aussi qui ne va pas satisfaire les investisseurs extérieurs et notamment les prêteurs quant à la vraie volonté de réformer en profondeur et de manière durable la gestion financière du pays.

La France vit au-dessus de ses moyens depuis 30 à 50 ans, du fait d’une dépense incontrôlée; tout autant que par son insuffisance de production de richesses : de l’ordre de 15 % en moins par rapport aux voisins européens. Il faudrait aussi faire le lien avec les autres facteurs explicatifs du déclassement de la France comme par exemple l’écroulement du niveau scolaire et la dépréciation de la valeur travail.

Déficits et budget: Bayrou veut des efforts de tous

Sur LCI, le Premier ministre a dressé les vagues contours des pistes pour réduire la dette publique, sans les dévoiler. L’objectif serait de ramener le déficit public à 4,6% du PIB d’ici 2026.

Le déficit est « à 5,8% » du produit intérieur brut, « nous allons cette année passer à 5,4% et l’année prochaine, (…) nous allons aller vers 4,6% », a-t-il affirmé, en soulignant que « le gouvernement va dire ce que sont les contraintes, les efforts nécessaires de tous mais sans dévoiler ses pistes.

Le Premier ministre a expliqué vouloir que « tout le monde participe » à l’effort d’économie d’environ 40 milliards d’euros pour le prochain budget. « Il peut y avoir ici ou là des efforts particuliers mais je ne crois pas que ce soit par l’impôt que l’on résout des problèmes de cet ordre », a-t-il ajouté, avançant la piste d’une réduction des « dépenses publiques », comme « certaines dépenses sociales », qui « devront être contrôlées ». « Si la prospérité venait des impôts, puisque nous avons les impôts les plus importants du monde, nous serions les plus riches du monde », a-t-il fini, en appelant au « bon sens ».

Budget 2026 : les pistes pour sortir des déficits

Budget 2026 : les pistes pour sortir des déficits

Après deux années noires en 2023 et 2024, le Premier ministre exhorte les Français à faire des efforts. Comment le pays en est-il arrivé là ? Face à une multitude de défis et d’idées divergentes, la France peine à trouver une direction claire. Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière. dans la Tribune

Certains soutiennent que les 40 milliards d’économies recherchés par le gouvernement pourraient être obtenus par une réduction des dépenses, sans toujours mesurer les conséquences récessives. D’autres estiment que taxer les plus aisés ou les retraités est la solution, sans se préoccuper du rendement réel de ces mesures. D’autres encore menacent de censurer le gouvernement en cas d’instauration d’une TVA sociale ou de nouvelles taxes, sans prendre en compte l’impact sur le pouvoir d’achat. Le Premier ministre appelle tous les Français à contribuer à l’effort de redressement des finances publiques, un engagement potentiellement durable, sans entrer dans les détails. En examinant l’évolution des dépenses par mission et en proposant quelques pistes pour aider le gouvernement à sortir de l’impasse, quelle peut être la réponse ?

Comprendre les missions de l’État
« Les missions correspondent aux grandes politiques de l’État…Une mission est créée à l’initiative du Gouvernement et peut être ministérielle ou interministérielle. La mission regroupe un ensemble de programmes concourant à une même politique publique…Les parlementaires ne peuvent pas proposer des amendements se traduisant par la création ou l’aggravation du niveau global des dépenses au niveau des missions, ou par une diminution des ressources de l’État. De même, seul le Gouvernement a la faculté de créer une mission ou de redéployer des crédits entre des programmes de missions différentes ».

Sur 844 milliards d’euros, les six missions les plus importantes : 148,31 milliards d’euros pour les remboursements et les dégrèvements, 134,29 milliards d’euros d’avances aux collectivités territoriales, 93,5 milliards d’euros pour la défense, 87,8 milliards d’euros pour l’enseignement scolaire, 69,34 milliards d’euros pour les pensions et 56 milliards d’euros pour l’engagement financier de l’État.

La mission remboursement et dégrèvements (148,31 milliards d’euros) est la mission la plus importante du budget général. Ce ne sont pas réellement des dépenses mais ce sont des restitutions d’excédents d’impôts ou taxes qui s’analysent comme des recettes en moins. De même cette mission enregistre des opérations « pour ordre ». Les opérations d’ordre budgétaires se caractérisent par le fait qu’elles concernent toujours à la fois une opération de dépense obligatoire et une opération de recette budgétaire pour un montant identique. Ce qui est criant c’est l’évolution de cette mission. Les remboursements et dégrèvements d’impôts d’État se sont établis à 99,91 milliards d’euros en 2017. Pour 2025 le total est de 148,31 milliards d’euros. Depuis 2001, les crédits de la mission ont une hausse de 142%. Depuis 2017 cette hausse est de 49,04% alors que l’évolution de la TVA est de -32,21% et les impôts sociétés de 28,77%. La faiblesse de la TVA s’explique en grande partie par la chute de l’industrie, de la consommation et par l’ampleur des demandes de remboursement. En France, sans industrie, la croissance se fait uniquement par la consommation. En ce qui concerne les demandes de remboursement de TVA, il est nécessaire d’accentuer la présence de l’Administration sur le terrain afin d’accroître l’effet dissuasif vis-à-vis des fraudeurs potentiels.

La mission avance aux collectivités territoriales (134,29 milliards d’euros). C’est le plus important des comptes de concours financiers, en plus des recouvrements des impôts locaux … cette mission est constituée par les transferts de charges et fractions de TVA attribuées aux collectivités afin de compenser les pertes de recettes liées à la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales (23,4 milliards d’euros de recettes en 2016 pour les collectivités locales) et de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises.

La mission défense (93,5 milliards d’euros). Avec le soutien de la politique de défense, préparation et emploi des forces et de leurs équipements des forces, cette mission dépasse la mission enseignement scolaire (87,8 milliards d’euros).

La mission pension (69,34 Md€). Les pensions civiles et militaires de retraite … sont au sixième rang dans les missions de l’État. Les dépenses de personnel de l’État dans le budget 2025 s’élèvent plutôt à 226,57 milliards d’euros. Ils se ventilent ainsi : 91,62 milliards d’euros pour rémunérer l’activité, 65 milliards d’euros pour payer les cotisations et contributions sociales et 67,3 milliards d’euros (comptes d’affectation spéciales) pour couvrir les subventions d’équilibre aux régimes de la fonction publique.

La mission engagement financier de l’État (56 Md€). Cette mission est composée de plusieurs programmes hétérogènes dont le plus important est la charge de la dette qui représente 54,21 Md€. Au 31 mars 2024, la part des non-résidents dans la détention de titres de dette de long terme s’est établie à 58,2%. En d’autres termes c’est une détérioration de la balance de paiement de la France de 31,55 Md€.

Pour les missions qui préoccupent les Français. Solidarités et insertion 30,31 milliards d’euros, criminalité et violences 26,10 milliards d’euros, écologie 22,93 milliards d’euros, travail et emploi 19,86 milliards d’euros, la justice 12,20 milliards d’euros et la santé 1,49 milliards d’euros.

La mission non apparente de la politique de l’offre. Avec 156,88 milliards d’euros versés en 2019 et près de 200 milliards d’euros en 2023, les subventions aux entreprises sont devenues le premier poste de dépenses de l’État français. Cette aide s’est élevée à près de 260,4 milliards d’euros d’après la cour des comptes avec le déploiement massif des aides en réponse à la pandémie. Cette somme vient de plusieurs missions de l’État : subvention, garantie financière, prise de participation, exonérations fiscales et sociales, réparties sur plusieurs ministères, collectivités et les comptes la Sécurité sociale.

« Un problème sans solution est un problème mal posé ». Albert Einstein. Notre Premier ministre a un problème de budget pour 2026. Il va présenter ses choix au début du mois de juillet : une année blanche, une TVA sociale, etc. Il y a peut-être d’autres solutions :

Investir pour la croissance.

En 2017, la TVA nette s’élevait à 149,27 milliards d’euros, elle chute à 101,44 milliards d’euros en 2025 alors que les autres contributions fiscales nettes passent de 30,1 à 84,14 milliards d’euros. Cette chute de TVA s’explique par le manque de croissance. Le gouvernement peut créer une TVA sociale additionnelle, mais cette augmentation de TVA ne pourra être considérée comme une nouvelle recette. Ce qu’on appelle TVA sociale c’est l’augmentation du taux de TVA en affectant les recettes fiscales correspondantes au budget de la Sécurité sociale tout en diminuant les cotisations de la même valeur. Mais si les entreprises utilisent cette baisse pour rémunérer les actionnaires sans baisser les prix hors TVA il y a perte de pouvoirs d’achat. In fine c’est une nouvelle aide pour les entreprises dans le cadre de la politique de l’offre payée par tous les Français. Le déficit public s’élève à 5,8 % du PIB, la dette publique à 113,0 % du PIB. L’endettement extérieur de la France s’est fortement accru à la suite des crises majeures. Il faudrait de nouveaux Livrets réglementés pour investir, stimuler la croissance et prévoir de nouveaux budgets. En 2024, le taux d’épargne des ménages a atteint 18,2 % de leur revenu disponible brut, marquant une progression de 1,3 point par rapport à 2023. L’État français devrait créer immédiatement des Livrets réglementés et spécialisés gérés par des établissements de crédit publics et paritaires pour les missions qui préoccupent les Français : sécurité, santé, écologie, etc. Chaque citoyen doit décider de la destination de son argent. Avec des plafonds de versement, ces livrets seraient garantis et rémunérés. Les nouveaux contrats devraient présenter plusieurs atouts pour les consommateurs : flexibilité, frais de gestion nuls, pas de frais de transfert, avantages fiscaux, stabilité du contrat, etc. À titre d’exemple, pour un investissement de 47 milliards d’euros par an, le multiplicateur budgétaire étant évalué à 1% sur 1 an (OFCE). Le PIB sera dynamisé de 47 milliards d’euros. Dans une économie comme la France, caractérisée par une pression fiscale de 43,2%, la recette fiscale additionnelle serait de 20 milliards d’euros sur la première année.

Renforcer les budgets des collectivités.
Les constats de financement de la Cour des comptes du 12 octobre 2022 : « l’autonomie financière progresse mais ne rend pas compte de la perception des élus locaux d’une perte de maîtrise de leurs ressources, en raison de la part croissante de la fiscalité nationale au sein de leurs ressources propres… Les modalités de compensation des transferts de compétences ont conduit à rigidifier et émietter les transferts de fiscalité, au risque d’altérer la lisibilité d’ensemble de la fiscalité nationale partagée ». Pour compenser la perte des recettes liée à la suppression de la taxe d’habitation, les collectivités locales touchent l’intégralité de la taxe foncière, qui a énormément augmentée depuis 2017. Les départements, qui recevaient jusqu’à présent une partie de cette taxe foncière, se voient affecter une partie de la TVA. Avec les recettes de TVA en chutent il est nécessaire de revoir les modalités de compensation. La France devrait créer immédiatement un fonds de décentralisation rural de 20 milliards d’euros par an et réduire la moitié de cette somme de l’affectation de la TVA aux collectivités soit 10 milliards d’euros. La Banque centrale Européenne BCE doit accorder des découverts à un nouvel établissement public de crédit ou à la Caisse des dépôts et consignations aux mêmes taux que ceux pratiqués pour les banques commerciales. Ces mêmes établissements publics pourraient ensuite prêter aux collectivités directement aux mêmes taux plus une très faible rémunération sur le long terme. La BCE créerait de la liquidité qui serait utilisée à développer des fonds qui serviraient à accompagner le développement rural. Du point de vue des Traités européens, il n’existe aucune barrière juridique à un prêt de la BCE à un établissement public de crédit Français. Voir l’article 123-2 traité de Lisbonne : « Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne, du même traitement que les établissements privés de crédit ».

Provisionner les pensions.
L’idée, comme au Québec ou chez nos sénateurs, est de provisionner les pensions de l’État. Il faudrait redimensionner le Fonds de réserve pour les retraites (FRR) via des bons du Trésor à long terme à un taux fixe et intérêts annuels avantageux, gérés par le Trésor public. Leurs revenus devraient être exonérés de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux et garantis par l’État. Cette somme devrait être placée dans un nouvel établissement public de crédit ou à la Caisse des Dépôts et Consignation pour contribuer au développement économique. Le but serait que d’ici 2060, petit à petit, l’État puisse accumuler des fonds français et se libérer de cette dépense par la création d’une richesse nette (rendement financier – rémunération des bons du trésor). Exemple si l’État emprunte à 30 ans à un taux d’environ 4%, et la rémunération des bons du trésor est égale aux taux de rémunération du Livret A (2,4%), il faut un concours citoyen d’environ 600 milliards d’euros (égal à l’encours du Livret A et LDDS), pour générer une richesse nette d’environ 10 milliards d’euros.

Réduire l’engagement financier de l’État.
Le programme de financement pour 2025 prévoit des émissions à moyen et long terme nettes des rachats à hauteur de 300 milliards d’euros. Solliciter l’épargne des Français en créant de Livrets réglementés et des bons du Trésor pour investir ; emprunter directement à la BCE ; c’est réduire l’endettement extérieur et diminuer l’engagement financier.

Reconsidérer la politique de l’offre.
En France les aides aux entreprises deviennent irraisonnables au regard du droit européen. Malgré toutes les aides, la productivité s’effondre. Entre les années 2000 et 2022 la croissance du PIB par heure travaillée en Europe a été uniquement de 1,2%. De 1990 à 2022, la France a gagné en 33 ans en moyenne 0,85% par an. Ajuster cette politique serait une approche équitable. Réduire de 10 milliards d’euros par an sur 5 ans, c’est possible :

Attribuer mieux les aides en améliorant les subventions pour la recherche, le développement et l’investissement immatériel en capital. Les subventions doivent être accordées en proportion du chiffre d’affaires réalisé en France, par des sociétés ayant leurs sièges sociaux en France ;
Financer les fonds propres des entreprises de tailles intermédiaire ETI par la Bourse ;
Centraliser toutes les aides disponibles dans un fonds de développement des PME PMI pour participer à la création de 700 000 entreprises innovantes et régionales par an. Ce fonds attribuera des prêts en franchise de remboursement à taux zéro.
2026 une « année blanche » ou « quatrième année noire » ?
L’idée d’un gel total des dépenses, y compris celles ajustées à l’inflation, circule dans la presse. Dans un contexte où le gouvernement est sans majorité, les partis politiques scrutent les faux pas du Premier ministre, tandis que les agences de notation attendent des mesures concrètes pour être rassurées. L’Europe, quant à elle, surveille la France de près, notamment après le rejet symbolique des réformes structurelles à l’Assemblée. Cette hypothèse explosive d’un gel des prestations sociales, des retraites et des dotations aux collectivités locales intervient alors que l’inflation moyenne prévue pour 2025 devrait rester sous les 1 %. Ainsi, après deux années difficiles en 2023 et 2024, 2025 et 2026 pourraient-elles aussi être marquées par une conjoncture économique préoccupante ?

Budget vacances d’été en hausse

Budget vacances d’été en hausse

Hausse des intentions de départ cet été et budget moyen en forte progression mais une majorité des vacanciers prévoit de faire des sacrifices.

Selon une enquête CSA Research pour Cofidis, 63% d’entre eux envisagent de partir en vacances , un niveau jamais atteint depuis 2022. En parallèle, le budget moyen alloué à ces congés atteint 2035 euros, en hausse de 185 euros par rapport à 2024. Cette embellie reste cependant contrastée : la contrainte budgétaire reste vive, surtout pour les foyers les plus modestes. Les cadres supérieurs prévoient ainsi de dépenser 2477 euros en moyenne, contre 1512 euros pour les catégories populaires. Chez ces dernières, le budget n’avait pas été aussi bas depuis trois ans.

Par ailleurs, plus d’un Français sur deux (52%) ne partira pas, principalement par manque de moyens. Ils n’étaient que 36% à évoquer cet obstacle l’an dernier. Un constat cohérent avec celui des vacanciers : 87% perçoivent une hausse des prix sur les dépenses liées à leurs congés, et 69% prévoient de restreindre leur budget.

Référendum et budget : un contournement de notre démocratie parlementaire

Référendum sur le budget : un contournement de notre démocratie parlementaire

Les assemblées parlementaires sont nées du droit des représentants à voter l’impôt. En proposant de contourner l’Assemblée nationale et le Sénat, François Bayrou envoie un message « fleurant le poujadisme dans une version modernisée », estime l’économiste Isabelle This Saint-Jean dans une tribune au « Monde ».

Faire face aux défis écologiques, économiques, technologiques et géopolitiques de notre époque, sans remettre en cause notre modèle social (et venir ainsi aggraver la poussée de l’extrême droite), est une tâche d’autant plus complexe que l’état des finances publiques de la France est aujourd’hui fortement dégradé. Faut-il rappeler sa dette à 3 305 milliards d’euros, soit 113 % du produit intérieur brut (PIB), les intérêts versés, qui s’élèvent à 58 milliards d’euros, et son déficit à 5,8 % du PIB ? Placée, depuis juillet 2024, en procédure de déficit excessif, la France, budget après budget, décret d’annulation après décret d’annulation, « surgels » après gels, court désormais après des dizaines de milliards d’euros d’économies. Pour le budget 2026, ce sera 40 milliards.

Le débat budgétaire, qui détermine le cadre financier de l’ensemble des politiques publiques, souvent terriblement technique et difficilement compréhensible par les non-spécialistes, est donc plus que jamais essentiel. Ne faut-il pas alors saluer la proposition de François Bayrou de faire adopter par le biais d’un référendum un « plan d’ensemble » sur la réduction des déficits et de la dette et de redonner ainsi à tous la possibilité de se prononcer sur un choix aussi fondamental ? Certes, on comprend l’intérêt pour un gouvernement qui n’a pas de majorité de limiter au maximum l’épreuve du débat parlementaire et de pouvoir se prévaloir du « soutien » du peuple français. Toutefois, cette idée est dangereuse et va à l’encontre des principes qui sont au fondement de la démocratie parlementaire.

Comme on peut le lire sur le site de la direction de l’information légale et administrative rattachée aux services mêmes du premier ministre, « les assemblées parlementaires jouent un rôle primordial dans l’organisation des finances publiques, car elles sont nées du droit des représentants à voter l’impôt ». Ce rôle des assemblées dans le vote et le contrôle du budget s’est en effet construit dans l’opposition à la royauté, et ce dès le Moyen Age. Mais c’est avec la Révolution française et la convocation des Etats généraux de 1789 que les pouvoirs financiers du Parlement sont clairement établis et qu’ils ne cesseront dès lors de croître. Ils sont clairement réaffirmés dans l’article 47 de la Constitution de 1958, qui acte que le Parlement « vote les projets de loi de finances dans les conditions prévues par une loi organique ». Le gouvernement devra donc l’intégrer même si avec la dissolution nous avions déjà assisté à la remise en cause de tous les usages qui règlent la discussion budgétaire .

Référendum sur le budget : un contournement de notre démocratie parlementaire

Référendum sur le budget : un contournement de notre démocratie parlementaire

Les assemblées parlementaires sont nées du droit des représentants à voter l’impôt. En proposant de contourner l’Assemblée nationale et le Sénat, François Bayrou envoie un message « fleurant le poujadisme dans une version modernisée », estime l’économiste Isabelle This Saint-Jean dans une tribune au « Monde ».

Faire face aux défis écologiques, économiques, technologiques et géopolitiques de notre époque, sans remettre en cause notre modèle social (et venir ainsi aggraver la poussée de l’extrême droite), est une tâche d’autant plus complexe que l’état des finances publiques de la France est aujourd’hui fortement dégradé. Faut-il rappeler sa dette à 3 305 milliards d’euros, soit 113 % du produit intérieur brut (PIB), les intérêts versés, qui s’élèvent à 58 milliards d’euros, et son déficit à 5,8 % du PIB ? Placée, depuis juillet 2024, en procédure de déficit excessif, la France, budget après budget, décret d’annulation après décret d’annulation, « surgels » après gels, court désormais après des dizaines de milliards d’euros d’économies. Pour le budget 2026, ce sera 40 milliards.

Le débat budgétaire, qui détermine le cadre financier de l’ensemble des politiques publiques, souvent terriblement technique et difficilement compréhensible par les non-spécialistes, est donc plus que jamais essentiel. Ne faut-il pas alors saluer la proposition de François Bayrou de faire adopter par le biais d’un référendum un « plan d’ensemble » sur la réduction des déficits et de la dette et de redonner ainsi à tous la possibilité de se prononcer sur un choix aussi fondamental ? Certes, on comprend l’intérêt pour un gouvernement qui n’a pas de majorité de limiter au maximum l’épreuve du débat parlementaire et de pouvoir se prévaloir du « soutien » du peuple français. Toutefois, cette idée est dangereuse et va à l’encontre des principes qui sont au fondement de la démocratie parlementaire.

Comme on peut le lire sur le site de la direction de l’information légale et administrative rattachée aux services mêmes du premier ministre, « les assemblées parlementaires jouent un rôle primordial dans l’organisation des finances publiques, car elles sont nées du droit des représentants à voter l’impôt ». Ce rôle des assemblées dans le vote et le contrôle du budget s’est en effet construit dans l’opposition à la royauté, et ce dès le Moyen Age. Mais c’est avec la Révolution française et la convocation des Etats généraux de 1789 que les pouvoirs financiers du Parlement sont clairement établis et qu’ils ne cesseront dès lors de croître. Ils sont clairement réaffirmés dans l’article 47 de la Constitution de 1958, qui acte que le Parlement « vote les projets de loi de finances dans les conditions prévues par une loi organique ». Le gouvernement devra donc l’intégrer même si avec la dissolution nous avions déjà assisté à la remise en cause de tous les usages qui règlent la discussion budgétaire .

Budget : Macron fusille le projet le référendum de Bayrou

Budget : Macon fusille le projet le référendum de Bayrou

Par avance Macon a déjà fusillé le projet de référendum de Bayrou sur le budget. Deux raisons à cela d’abord cette idée ne vient pas de l’Élysée ! Ensuite la faisabilité d’une telle consultation est très douteuse. Enfin ce référendum risque de se transformer en consultation pour condamner le pouvoir en place a commencer par le président de la république qui parle souvent de référendum mais n’en décide jamais.

Emmanuel Macron estime donc qu’il est « difficile » à ce stade de se prononcer sur l’idée d’un référendum avancée par le premier ministre François Bayrou pour faire adopter un «plan d’ensemble» sur la réduction des déficits et de la dette, a indiqué dimanche un proche du président. «Le premier ministre évoque un plan de réformes et d’économies et il est difficile de dire quoi que ce soit tant que ce plan n’est pas présenté», a dit ce proche à l’AFP.

Le premier ministre François Bayrou a évoqué la possibilité de tenir un référendum sur «un plan cohérent, avec des propositions claires, lisibles» visant à réduire les déficits et la dette, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD). «C’est un plan d’ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l’ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas», a-t-il déclaré.

40 milliards d’euros à trouver pour respecter ses objectifs
François Bayrou, qui a prévenu Emmanuel Macron de sa proposition, a rappelé que la tenue d’un référendum était une prérogative du chef de l’État. «Le gouvernement propose, le président décide. Mais la question de l’adhésion des Français aux réformes est bien la question centrale», a-t-il dit.

Le gouvernement de François Bayrou, qui est parvenu à faire adopter les budgets 2025 de l’État et de la sécurité sociale en début d’année, en échappant à une série de motions de censure, est désormais engagé dans la préparation du budget pour 2026. Il estime qu’il lui faut trouver 40 milliards d’euros pour respecter ses objectifs de réduction du déficit public, et entend présenter ses propositions pour le budget 2026 d’ici au 14 juillet.

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Un référendum sur le budget ! ou l’illusion démocratique (Bayrou)

Un référendum sur le budget ! ou l’illusion démocratique (Bayrou)

Quand le pouvoir politique n’a plus ni courage et ou ni d’idées, il sollicite une nouvelle fois l’hypothèse d’un référendum. Il est évident que la complexité de la problématique budgétaire rendrait impossible toute consultation. En outre la question tournerait vite autour de « voulez-vous ou non des impôts supplémentaires ? » Bref, il y aurait vite un détournement de consultation. C’est pourtant ce qu’envisage ce premier ministre réduit à l’immobilisme presque total faute de soutien politique.

Cette affaire de nouveau référendum d’une certaine manière ressemble aussi à l’autre consultation envisagée par Macron sur les horaires scolaires. Le procédé marque de courage évident. En plus une arnaque politique car ces référendums ne se dérouleront pas; ils tourneraient vite à une consultation pour ou contre le pouvoir en place.

En multipliant les pseudos initiatives de référendum et autres conventions citoyennes, le pouvoir politique discrédite en même temps la démocratie représentative. Le travail des élus est de proposer avant les élections et de décider ensuite et non de tourner autour du pot en envisageant une démocratie directe impossible et dangereuse.

Le Premier ministre François Bayrou a pourtant évoqué la possibilité de tenir un référendum sur «un plan cohérent, avec des propositions claires, lisibles» visant à réduire les déficits et la dette, dans un entretien au Journal du Dimanche (JDD) mis en ligne samedi soir.

«C’est un plan d’ensemble que je veux soumettre, il demandera des efforts à tout le monde, et par l’ampleur qui doit être la sienne, il ne peut réussir si le peuple français ne le soutient pas», a-t-il déclaré, tout en rappelant qu’«un référendum ne peut être décidé que par le président de la République». «Le gouvernement propose, le président décide. Mais la question de l’adhésion des Français aux réformes est bien la question centrale», a-t-il poursuivi.

Budget 2026 : Économies supplémentaires de 40 milliards d’euros ( Éric Lombard)

budget 2026 : Économies supplémentaires de 40 milliards d’euros ( Éric Lombard)

Le budget 2025 nécessitera une économie supplémentaire «très considérable» pour maintenir le cap des 3% de déficit en 2029, selon Éric Lombard. Le ministre de l’Économie a chiffré cet effort supplémentaire à «40 milliards d’euros» ce dimanche au micro de BFM .

Pas de «cure d’austérité». «Ce n’est pas le bon mot, car la réalité est que nous dépensons en dépenses publiques 57% de la richesse nationale. C’est 10% supérieur à la moyenne européenne, affirme-t-il. Nous dépensons beaucoup et nous pensons que nous pouvons dépenser mieux.» Le gouvernement entend toujours ramener le déficit public à 5,4% du PIB cette année, un objectif «tenable car nous avons décidé la semaine dernière de diminuer de 5 milliards d’euros les dépenses». Pour 2026, Bercy vise 4,6%, avant d’amorcer une trajectoire qui ramènera le déficit sous les 3% à horizon 2029, conformément à ses engagements européens.

Assemblée et Budget : 64 % des Français satisfaits de la non-censure.

Assemblée et  Budget : 64 % des Français satisfaits de la non-censure.

Deux tiers des Français (64 %), qui se disent satisfaits que le gouvernement n’ait pas été renversé, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro. Le Parti socialiste (PS) et le Rassemblement national (RN), qui n’ont pas voté la motion de censure, peuvent se rassurer : leurs sympathisants jugent qu’ils ont bien fait de ne pas s’y associer (respectivement 72 % et 66 % d’entre eux).

Budget: vote lundi

Budget: vote lundi

François Bayrou aura recours à lundi à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter à l’Assemblée nationale le projet de loi de finances (PLF) 2025. 

 

« Maintenant, il faut passer sans tarder à l’adoption. Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget. Le seul moyen, c’est d’engager la responsabilité du gouvernement. Ce sera fait ce lundi », a déclaré le Premier ministre au quotidien.

François Bayrou entend aussi engager la responsabilité de son gouvernement sur ce texte « sans retard », en raison d’un « devoir d’urgence ».

« Si tout va bien, dans dix jours, la France aura enfin les budgets indispensables à la vie de la nation », affirme-t-il à la Tribune dimanche.

A la question de savoir s’il craint une censure de son gouvernement en réaction, le Premier ministre met en avant « la colère » prévisible des Français.

Le chef du gouvernement a par ailleurs réitéré sa promesse d’un déficit en 2025 de 5,4%.

Finances publiques : vote sur le budget lundi

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François Bayrou aura recours à lundi à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter à l’Assemblée nationale le projet de loi de finances (PLF) 2025. 

 

« Maintenant, il faut passer sans tarder à l’adoption. Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget. Le seul moyen, c’est d’engager la responsabilité du gouvernement. Ce sera fait ce lundi », a déclaré le Premier ministre au quotidien.

François Bayrou entend aussi engager la responsabilité de son gouvernement sur ce texte « sans retard », en raison d’un « devoir d’urgence ».

« Si tout va bien, dans dix jours, la France aura enfin les budgets indispensables à la vie de la nation », affirme-t-il à la Tribune dimanche.

A la question de savoir s’il craint une censure de son gouvernement en réaction, le Premier ministre met en avant « la colère » prévisible des Français.

Le chef du gouvernement a par ailleurs réitéré sa promesse d’un déficit en 2025 de 5,4%.

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