Archive pour le Tag 'budget'

Avec la stagflation déjà un budget de crise

Avec la stagflation, déjà un budget de crise

 

Les mauvais chiffres économiques du premier trimestre et les perspectives vont remettre en cause toutes les prévisions budgétaires. En clair, la plupart des promesses électorales pour la plupart déjà non financées pourront difficilement être tenues. Un papier de la « Tribune » fait sur la situation économique

.Après un fort rebond en 2021 à 7%, la croissance française a stagné au cours du premier trimestre 2022. D’après les chiffres de l’Insee dévoilés ce vendredi 29 avril, le PIB a fait du surplace entre janvier et mars après +0,8% au cours du dernier trimestre 2021 et +3% au troisième trimestre 2021. L’institut de statistiques a révisé fortement ses prévisions trimestrielles par rapport au mois de février (-0,3 point).

« Le PIB  marque le pas au T1 2022 (0,0% en variation trimestrielle). Il porte l’empreinte des 2 chocs exogènes (le Covid avec Omicron en janvier, puis la guerre en Ukraine qui a renforcé l’inflation) qui se sont conjugués pour faire baisser nettement la consommation des ménages », a réagi le chef du département de la conjoncture à l’Insee Julien Pouget sur Twitter.

L’éclatement de la guerre aux portes de l’Union européenne a considérablement assombri les perspectives économiques. Le Fonds monétaire international (FMI) table désormais sur une croissance du PIB de 2,9% en 2022 contre 3,5% en janvier.

Résultat, la France se trouverait déjà, selon plusieurs économistes, dans un scénario de risque « stagflation » (forte inflation et croissance atone). A l’inverse, d’autres estiment qu’à ce stade, compte tenu de l’acquis de croissance prévu sur l’année 2022 (2,4% selon l’Insee), cette hypothèse de stagflation n’est pas encore confirmée.

Alors qu’Emmanuel Macron doit détailler son prochain gouvernement la semaine prochaine, ces mauvais résultats pourraient bien compliquer la tâche du nouvel exécutif. « De toute évidence, la prévision de croissance annuelle de 4% en 2022 faite par le gouvernement à l’automne dernier pour son projet de budget ne tient plus. Elle sera abaissée dans le cadre du collectif budgétaire discuté cet été pour tenir compte des nouvelles circonstances, » a expliqué l’économiste de Oddo BHF, Bruno Cavalier, dans une récente note.

Après le plan de résilience de 7 milliards d’euros annoncé au printemps, le gouvernement va devoir présenter un projet de loi de finances rectificative (PLFR) dès cet été pour pouvoir assurer le financement de nouvelles mesures. En effet, les équipes de Bercy planchent déjà sur de nouvelles aides pour les gros rouleurs et un prolongement du bouclier tarifaire notamment. Les dernières semaines de la campagne présidentielle ont rappelé que le pouvoir d’achat était une question brûlante aux yeux des Français. En outre, les résultats des élections de dimanche dernier ont montré que la France était profondément fracturée avec une extrême droite au plus haut et une abstention au sommet. A l’approche des élections législatives prévues en juin prochain, Emmanuel Macron doit absolument éviter tout embrasement social s’il veut garder la majorité à l’Assemblée nationale.

L’indice des prix à la consommation a grimpé de 4,8% en avril contre 4,5% en mars selon les chiffres toujours provisoires de l’Insee. L’énergie continue de faire monter la fièvre des prix en général mais dans une moindre mesure que lors des premiers mois de l’année. « La principale contribution reste de loin celle de l’énergie mais elle diminue un peu. A l’inverse, les contributions de l’alimentation, des produits manufacturés et des services augmentent », complète Julien Pouget.

Alors que l’année 2021 était marquée principalement par la hausse des prix de l’énergie suite au plongeon spectaculaire de la croissance en 2020, la donne a complètement changé. « Le fait que les taux d’inflation dans les services, dans l’alimentation et dans les produits manufacturés sont tous en hausse, et supérieurs à l’objectif de la BCE, illustre l’élargissement des pressions inflationnistes », explique l’économiste d’ING  Charlotte de Montpellier dans une note.

Portée par les frictions entre l’offre et la demande en 2021 dans le contexte de la reprise, l’inflation a continué d’accélérer fortement au cours du premier trimestre dans le contexte de la guerre en Ukraine. L’invasion de la Russie a provoqué un choc très important sur les marchés de l’énergie sur le Vieux continent obligeant les Etats européens à trouver des solutions pour se passer du gaz et du pétrole russe.

La demande intérieure a pesé sur les chiffres de l’activité entre janvier et mars. « Contrairement aux Etats-Unis où la chute du PIB au premier trimestre est liée à la faiblesse de la demande étrangère, c’est la demande intérieure qui chute en France, contribuant à hauteur de -0.6 point à l’évolution du PIB », ajoute Charlotte de Montpellier.  La consommation des ménages, traditionnel moteur de la croissance tricolore a reculé au cours du premier trimestre à -1,3% après 0,6%.

La flambée des contaminations due au virus Omicron en fin d’année 2021 au moment des fêtes de Noël et pendant les premières semaines de 2022 a considérablement pesé sur le moral des ménages. Du côté des investissements, les chiffres montrent une lente progression à 0,2% contre 0,3% au T4. La dynamique est principalement portée par les entreprises et les administrations publiques. En revanche, les dépenses d’investissement des ménages sont en repli de -1,1%.

Au cours du premier trimestre, le commerce extérieur a contribué positivement à la croissance de l’ordre de 0,1 point. « Les échanges extérieurs continuent également de progresser, mais avec un rythme moindre que fin 2021, notamment grâce à un rebond des exportations de matériels de transport compte tenu de la livraison d’un navire de croisière. Les exportations (+1.5% sur le trimestre) augmentent plus rapidement que les importations (+1.1%), » souligne Charlotte de Montpellier.

Après deux années de marasme, les exportateurs français retrouvent un peu de couleurs mais cette embellie pourrait être de courte durée. Outre les effets dévastateurs de la guerre en Ukraine, la politique zéro covid menée en Chine et les confinements de masse imposés par Pékin chamboulent les chaînes d’approvisionnement dans le monde entier. En France, plusieurs industriels ont déjà fait savoir qu’il devaient ralentir les cadences de production en raison de ces restrictions. D’autres ont choisi de rogner sur leurs marges.

Malgré une croissance atone, le nombre de demandeurs d’emploi a reculé au cours du premier trimestre. D’après les derniers chiffres de la direction statistique du ministère du Travail (Dares), le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a baissé de 5,3% (-164.000) en France métropolitaine par rapport au dernier trimestre 2021 et de 16% sur un an. En parallèle, le nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite a continué d’augmenter (catégorie B) ou s’est stabilisé (catégorie C). « Au total, le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C diminue de 2,8 % sur  ce trimestre  (- 150 000) et de 8,4 % sur un an », soulignent les statisticiens dans un communiqué.

Ces chiffres de croissance moins bons qu’attendus au cours du premier trimestre risquent de peser sur les prochains trimestres.  »La forte hausse de l’inflation, qui se propage désormais de plus en plus largement dans l’économie, pèse sur les revenus des ménages. A cela s’ajoute le pessimisme des ménages, illustré par la forte baisse de la confiance des consommateurs en mars et le fait qu’elle ne se soit pas redressé en avril. Ces deux éléments risquent de modérer encore plus fortement la demande des ménages », indique Charlotte de Montpellier.

Cette demande déprimée devrait peser sur les carnets de commande des entreprises déjà affectées par deux années de pandémie. « La croissance économique française risque donc de rester faible », table Charlotte de Montpellier. « Bien qu’aucun de ces facteurs ne soit suffisant pour faire basculer complètement l’économie française vers la récession, la conjonction de tous ses éléments en même temps augmente drastiquement les risques d’un ou deux trimestres de croissance négatives pour la suite de l’année », ajoute-t-elle. En attendant, le prochain exécutif devra affronter ce coup de mou dans les prochaines semaines.

Bonus malus fiscal écologique de Jadot : piège pour les pauvres et catastrophique pour le budget

Bonus malus fiscal écologique de Jadot : piège pour les pauvres et catastrophique pour le budget

Jadot s’explique   dans les Échos sur son projet de bonus malus fiscal écologique. Un projet plein de bonnes intentions mais qui en fait  risque de défavoriser les plus pauvres qui par nécessité choisissent les produits les moins chers provenant de l’étranger et qui ignorent le plus souvent des contraintes environnementales européennes et françaises  (Cas notamment des marchandises qui subiraient l’ajustement fiscal frontières européennes dont la consommation en France serait particulièrement victime compte tenu de son déficit commercial). Un programme qui prévoit de nombreuses dépenses supplémentaires est caractérisé par un très grand flou sur le plan du financement

 

Vous prônez un bonus-malus écologique sur certains impôts (ISF, IS). Mais comment faire en sorte que ce système ne se transforme pas en usine à gaz ?

Dès que l’on parle d’écologie, on nous ressort l’usine à gaz ! Je ne dis pas que ce sera totalement simple, mais c’était la même chose quand on parlait du nutri-score ou de la performance énergétique des bâtiments. Pourtant sur le sujet des émissions de CO2, les grandes entreprises sont déjà censées pouvoir faire le décompte, preuve que ce n’est pas impossible. De toute façon, c’est un impératif absolu pour éviter un chaos climatique qui déstabiliserait l’économie.

 

Avec ce bonus-malus, une entreprise de BTP française sera toujours plus taxée qu’une entreprise de services ou même un des Gafa…

Nous serons attentifs aux engagements pris. Prenons l’exemple d’une entreprise du BTP : si celle-ci s’engage sur une trajectoire de baisse rapide de l’utilisation du béton carboné, elle ne sera pas pénalisée. Nous voulons accompagner les transitions.

Est-ce que ce sera suffisant pour convaincre un groupe comme Total par exemple ?

Ce groupe doit sortir du paradigme qui est le sien, et qui dit, au fond, que la dernière goutte de pétrole exploitée rapportera toujours plus qu’un panneau solaire. Mais si Total continue d’explorer et d’exploiter des gisements d’énergie fossile, nous verrouillerons tous les outils de soutien public.

Votre programme ne prévoit pas de hausse de la taxe carbone, sauf si les prix de l’énergie venaient à baisser. Pourquoi se passer de cet outil plébiscité par les économistes ?

Au regard de la hausse des prix de l’énergie, je ne souhaite pas aujourd’hui relancer une trajectoire à la hausse de la fiscalité carbone. La priorité doit aller sur les politiques publiques qui décarbonent. Concernant le signal prix pour le carbone, il doit être donné à travers le système européen de quotas carbone (ETS) qui a été dévoyé à cause des quotas gratuits que nous voulons supprimer. J’ai porté au Parlement européen un mécanisme ambitieux d’ ajustement carbone aux frontières de l’Europe pour nous protéger du dumping climatique.

Votre programme prévoit de nombreuses nouvelles dépenses, du chèque énergie porté à 400 euros au recrutement de fonctionnaires en passant par le dégel du point d’indice. Quel est le coût du programme Jadot ?

Ces quatre derniers mois, l’Etat a dépensé 15 à 20 milliards d’euros pour réduire les effets de la hausse des prix de l’énergie, beaucoup plus qu’il n’a dépensé durant tout le quinquennat pour la rénovation thermique. Aujourd’hui, on paye très cher la non-anticipation sur les enjeux de la transition énergétique. Nous allons donc réinvestir.

J’assume totalement le grand retour des services publics avec 200.000 embauches de fonctionnaires, dont la moitié à l’hôpital public. Je veux aussi investir dans l’éducation car il n’y a pas de société innovante, épanouie et démocratique sans cela. Au total, je prévois donc 70 milliards d’euros de dépenses nouvelles, auxquelles il faut rajouter le plan d’investissements de 25 milliards d’euros.

Comment financer de telles dépenses ?

Nous avons déjà annoncé plusieurs mesures. L’ISF climatique doit rapporter 15 milliards, auxquels il faut ajouter la suppression de la baisse des impôts de production (10 milliards) . La hausse de la fiscalité sur l’héritage et de l’impôt sur le revenu pour les plus riches doit rapporter 8 milliards, et la fin de la flat tax générera 7 milliards. Enfin, la réorientation des aides aux entreprises en faveur des activités favorables au climat doit nous faire économiser 18 milliards.

Au final, les dépenses pour les services publics et la justice sociale seront payées par une fiscalité plus juste. Là où j’assume l’emprunt, c’est pour mon plan d’investissement de 25 milliards d’euros par an.

La dette n’est pas un problème ?

La dette qu’on ne peut plus accumuler , elle est climatique. Je veux que la question du grand réchauffement, portée par la science, remplace dans le débat public de cette campagne le grand remplacement qui est une théorie nauséabonde.

Le Pacte de stabilité européen est-il caduc à vos yeux ?

Il n’est pas question pour moi que les dépenses d’investissement pour le climat entrent dans les critères budgétaires. Qu’il y ait au niveau européen une nécessité de maîtrise des budgets, je ne le conteste pas. Mais cela ne doit pas se construire sur un objectif chiffré identique pour tout le monde. Quand j’entends le gouvernement actuel nous promettre le retour du déficit sous 3 % à la fin du prochain quinquennat, c’est une folie d’austérité.

 

Est-ce que vous prévoyez malgré tout des économies pour l’Etat ?

J’ai déjà mentionné les 18 milliards d’aides qui participent au dérèglement climatique – comme la niche fiscale en faveur du kérosène – que nous supprimerons. D’autres économies sont sans doute possibles, par exemple les strates administratives au-dessus de l’hôpital.

Au-delà, il y a aussi des recettes qu’il faut aller chercher. On a sous-investi dans la lutte contre l’évasion fiscale, et je pense que cela peut générer 10 milliards de recettes en plus par an.

Pourquoi privilégier la sortie du nucléaire, alors que c’est la voie la plus coûteuse selon RTE, le régulateur du secteur ?

Permettez-moi de prendre avec beaucoup de recul ces évaluations de RTE sur le prix du nucléaire. L’EPR de Flamanville, c’est 17 milliards de surcoûts par rapport à ce qui était annoncé, pour quelque chose qui n’est pas près de tourner !

Ma priorité reste donc de déployer massivement les énergies renouvelables, comme le font nos voisins, et de réduire progressivement notre parc nucléaire en fonction de ce déploiement. Nous sommes sur la fermeture d’une dizaine de réacteurs d’ici à 2035, c’est dans la loi. Mais ma stratégie n’est pas de fixer le nombre de réacteurs à fermer, elle est de faire des économies d’énergie, de développer les énergies renouvelables et, dès aujourd’hui, de renforcer les compétences dans le nucléaire.

 

De quelle manière ?

Les arrêts pour maintenance ont fortement augmenté et une grande partie est liée à des carences humaines, pas uniquement au vieillissement des centrales. Il y a aussi potentiellement des problèmes génériques sur les réacteurs les plus récents. Les personnels sont de moins en moins formés, or, à partir du moment où on va mettre vingt, vingt-cinq ans pour sortir du nucléaire, il faut des ingénieurs, des ouvriers, qui restent les meilleurs du monde. Il faudra donc investir.

Je suis responsable, je ne mettrai pas en danger notre économie ni la fourniture d’électricité.

En quoi le rachat complet d’EDF par l’Etat est nécessaire ?

Je veux faire d’EDF le bras armé d’une transition écologique très forte. Renationaliser EDF, c’est se financer à meilleur prix – un EPIC coûte moins cher qu’une société anonyme -, mais c’est également pouvoir conserver les barrages sous contrôle public. Enfin, quand nous fermerons un réacteur nucléaire, cela évitera de verser des centaines de millions à des actionnaires qui n’ont pas payé pour ces réacteurs. C’est ce qui s’est passé à Fessenheim.

 

Allez-vous maintenir les aides pour l’achat de voitures électriques ou la priorité doit être de réduire le nombre de voitures ?

Nous doublerons les sommes consacrées à l’achat de véhicules électriques, à 1 milliard d’euros. Les études démontrent qu’entre 2025 et 2027, la voiture électrique sera à parité en termes de prix à l’achat avec une voiture thermique. Une rupture sur les coûts est en train d’avoir lieu, nos constructeurs devraient l’anticiper et non pas y résister .

Mais il est vrai qu’il y aura moins de voitures pour les Français. Ce sera une conséquence : quand les transports collectifs sont plus accessibles, le covoiturage développé, les pistes cyclables sécurisées, etc., une famille pourra passer de deux à une voiture par exemple.

 

Je ne veux pas faire évoluer les gens par la contrainte ou la culpabilisation. Au contraire, c’est en donnant plus de confort, de santé et de pouvoir d’achat qu’on fera évoluer la société. C’est la même chose pour les maisons individuelles : plutôt que d’interdire la construction de nouveaux lotissements, il faut inciter ou aider les bourgs et les villages à se repeupler.

Et vôtre  réduction du temps de travail à 4 jours ?

Je maintiens le cap d’une réduction du temps de travail, c’est le sens de l’histoire. En revanche, je ne réitérerai pas la façon dont les 35 heures ont été mises en oeuvre en France. Je veux donc lancer une Convention citoyenne sur les temps de travail.

La solution peut être différente selon les entreprises. Certaines pourront vouloir passer aux 32 heures en quatre jours, y compris pour améliorer leur productivité. On peut imaginer aussi d’autres systèmes, en prévoyant une coupure de six mois après cinq ans de travail, ou un an au bout de dix ans. La mise en place d’une banque du temps peut aussi permettre à une personne de plus de 50 ans de travailler à mi-temps.

L’écologie est la meilleure alliée du pouvoir d’achat


Les coûts associés à la transition environnementale ne font-ils pas peser une menace sur le pouvoir d’achat des Français ?

Absolument pas, l’écologie est la meilleure alliée du pouvoir d’achat. La force de notre projet est qu’il est le seul à s’attaquer aux dépenses contraintes. Les 10 milliards consacrés à la rénovation thermique permettront de diminuer la facture des ménages intéressés de 600 à 700 euros par an.

Autre exemple : le forfait mobilités durables qui devrait prendre en compte le covoiturage gratuit. Quand vous faites 30 km par jour entre votre domicile et votre travail, vous économisez 1.000 euros par an. C’est le « 13e mois écolo », il n’est pas payé, il est économisé.

Il faut ajouter à cela le SMIC à 1.500 euros que je veux imposer d’ici à 2027, les négociations sur les bas salaires ou le revenu citoyen qui éradiquera la grande pauvreté dans ce pays. Le pouvoir d’achat, cela doit se traduire par la maîtrise de nos vies, pas simplement un pouvoir d’acheter.

Budget France : une dette apocalyptique

Budget France : une dette apocalyptique

 

Agnès Verdier-Molinié, directrice de l’Ifrap et auteure du « Vrai état de la France », s’inquiète des déficits de nos comptes publics. Il est clair qu’à la moindre remontée des taux qui parait incontournable compte tenu de l’inflation qui tourne autour de 5 % en Europe et de 7 % aux États-Unis sur un an, la dette française deviendra apocalyptique avant peu. La France ne rembourse en effet que les intérêts de la dette et le plus souvent en outre en empruntant. Or pendant la crise sanitaire la dette a explosé de 700 milliards en plus en cinq ans. Une dette à des taux très négligeables voire nulles Avec la politique accommodante de la banque centrale européenne mais qui va s’avérer mortelle quand il faudra la payer avec des taux d’intérêt de 4  à 5 %.

Rapporté à chaque ménage cela représente une dette d’environ 100 000 € !

 

Interview dans le JDD

Quel est le bilan du quinquennat Macron en matière de finances publiques?
La dette a explosé : 700 milliards de plus en cinq ans alors qu’elle avait déjà augmenté de 400 milliards pendant le quinquennat de François Hollande. On atteint des niveaux préoccupants, d’autant plus que la stratégie qui consiste à laisser filer l’inflation pour faire à court terme baisser mécaniquement la dette et faire entrer les impôts va vite devenir intenable pour les ressortissants de la zone euro. Les crises sociales pourraient se révéler violentes et Christine Lagarde commence à reconnaître que la Banque centrale va devoir augmenter ses taux cette année. Ce qui pèsera sur la charge annuelle de notre dette. Elle grèvera le budget de la France à hauteur de 39,5 milliards cette année, contre 36,2 en 2020 en comptabilité budgétaire. Le boomerang de la dette est en route.

On dit parfois que la France pourrait se retrouver dans une situation à la grecque ou à l’italienne. Est-ce vrai ou abusif?
Nous avons besoin d’emprunter entre 300 et 400 milliards par an, car les montants de dette qui arrivent à échéance sont énormes. Plus de 180 milliards en 2023. Un taux d’emprunt de 4 % porterait notre charge à 80 milliards d’euros par an.

Quels sont les autres points noirs de notre pays?
Le déficit commercial de la France s’est alourdi, à plus de 80 milliards en 2021 contre 48 en 2016. L’Allemagne est à 183 milliards d’excédent commercial. Même l’Italie a une balance excédentaire! La Péninsule, dont on s’est trop souvent moqué, produit plus de valeur ajoutée dans l’industrie que la France. On décroche. Notre PIB par habitant pointe à la 23e place mondiale. Il était 11e dans les années 1980.

Notre pays crée néanmoins de nombreuses entreprises…
Sur le quasi-million d’entreprises fondées, 90% n’emploient que le créateur : ce sont des entreprises unipersonnelles fondées par nécessité – s’autoemployer – et non par opportunité.

Le gouvernement avance une amélioration sur le front de l’emploi.
À ce stade, j’ai encore quelques doutes. Certes il y a une tension sur l’emploi : les entreprises peinent à recruter pour cause d’inadéquation de la formation. Mais le halo du chômage est hyper élevé. Entre 1,9 et 2 millions de personnes ne sont pas comptées comme chômeurs car elles n’ont pas fait de recherches actives dans les quatre semaines écoulées et qu’elles ne sont pas disponibles dans les quinze jours qui viennent. Si on les réintègre dans les statistiques du chômage, ça fait monter notre taux à plus de 12%. Là où les Allemands sont à 7%.

Pourquoi tant de Français renoncent-ils à chercher un emploi?
Parce que notre modèle social ne les incite pas à le faire! La Cour des comptes vient de souligner que 42% d’une cohorte de bénéficiaires du RSA le touchaient encore sept ans plus tard… Autre indicateur, nous avons un écart de 7 milliards d’heures travaillées en moins par an par rapport aux sept pays les plus proches de nous.

Votre tableau est apocalyptique!
Reconnaissons que la prise de conscience s’est faite sur la nécessité d’arrêter de surtaxer les entreprises, sinon on aurait détruit encore davantage d’emplois. Emmanuel Macron a poursuivi ce que François Hollande avait fait avec le CICE [crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi] et le pacte de responsabilité. Mais pas assez vite ni assez fort. Nos entreprises paient toujours 140 milliards de plus par an d’impôts, taxes et cotisations que leurs homologues de la zone euro. Pendant que nous essayons d’alléger le poids de nos boulets fiscaux et réglementaires, nos voisins européens ne nous attendent pas et continuent de réformer pour garder leurs entreprises et leurs emplois. En 2017, les prélèvements obligatoires s’élevaient à 45,1% du PIB ; en 2021, ils seront probablement à 44,9%. Cela dit, paradoxalement, tout peut encore être sauvé! Comme la France est le pays qui dépense le plus, taxe le plus et travaille le moins, nos marges de manœuvre sont énormes. Et nos capacités de rebond aussi! Si on baisse la dépense publique de 80 à 100 milliards d’euros d’ici à 2030, les impôts des entreprises et des ménages d’un peu plus de 60 milliards avec un maximum de baisse de taxes de production, tout redevient possible. La France pourrait créer alors 2 millions d’emplois supplémentaires dans le secteur marchand tout en équilibrant les comptes publics et en baissant la dette.

Quelles sont vos préconisations pour diminuer la dépense publique de 100 milliards d’ici à 2030?
Ce chiffre semble important. Pourtant, quand on compare ce que dépense notre pays par rapport au reste de la zone euro, nous sommes à 262 milliards d’euros de plus par an! Donc ces 100 milliards d’économie ne représentent même pas la moitié du chemin. En repoussant l’âge de la retraite à 67 ans en 2030, on économise plus de 20 milliards par an. Une allocation sociale unique plafonnée à 90% du smic dégagerait 5 milliards par an d’économies. La suppression des régimes spéciaux : 2,5 milliards. Une réforme de l’assurance chômage pour inciter tous les demandeurs d’emploi à rechercher tout de suite du travail, c’est encore 4 milliards d’économies. On pourrait multiplier les exemples.

Pourquoi l’endettement et la fiscalité sont-ils si peu abordés depuis le début de la campagne électorale?
On entre en campagne beaucoup plus tard à cause de la pandémie, donc bien des questions n’ont pas encore été abordées. Le gouvernement est également soucieux de présenter le meilleur bilan possible et escamote les « gros sujets ». Aujourd’hui, nous sommes dans la phase que l’on pourrait qualifier de préparation de la mariée : la croissance est extraordinaire, le chômage recule, les investisseurs étrangers sont pléthoriques. Mais on ne cachera pas longtemps l’éléphant dans la pièce. Mieux vaut faire l’audit de la France maintenant et avoir conscience des défis qui vont se présenter à nous plutôt que de tout mettre sous le tapis et de se réveiller avec la gueule de bois. Ce livre, Le Vrai État de la France, a vocation à lever les écrans de fumée. Pour que les Français sachent. Avant d’aller voter.

Budget: Le déficit public « réduit » à 3%….en 2027 ( Olivier Dussopt)

Budget: Le déficit public « réduit »  à 3%….en 2027 ( Olivier Dussopt)

 

D’après le gouvernement le déficit public serait ramené à 3 % en 2027. Une échéance suffisamment lointaine pour qu’on ait le temps sans doute de le modifier à plusieurs reprises ! Pour 2021 , ce déficit serait ramené autour de 7 % au lieu des 8,2 % prévus. En cause : une croissance plus soutenue que ce qui était attendu, et le redressement des comptes de la sécurité sociale. Pour 2022, on compte sur un déséquilibre de 5 %. 

La croissance, elle, devrait atteindre 6,7% en 2021 si l’on en croit la dernière prévision de l’Insee. C’est plus que ce qu’avait prévu le gouvernement en septembre dernier, puisqu’il tablait alors sur 6,25%, a rappelé Olivier Dussopt. Quant au déficit de la sécurité sociale, de 40  milliards d’euros en 2020, il « redescendrait en 2021 à environ 25  milliards », a-t-il détaillé.

Enfin, le déficit de l’Etat s’élèverait pour sa part à 171 milliards d’euros, soit « près de 34,5 milliards de moins par rapport à nos dernières prévisions », s’est encore félicité le ministre.

« Tous ces mouvements confortent nos prévisions de déficit à 5% en 2022, puis à 3% en 2027 », a-t-il ajouté. Tout en précisant que la remontée des taux d’intérêt ne remet pas en question l’objectif de 5% de déficit pour cette année.

Le FMI donne sa bénédiction au budget budget 2022, Pas à la dette

Le FMI donne sa bénédiction au budget budget 2022, Pas  à la dette

 Le fonds monétaire international est bien contraint d’approuver la dérive budgétaire de la France qui est loin d’être lle seul dans cette situation. Critiquer la France voire condamner ce budget contraindrait à critiquer aussi bien les États-Unis et bien d’autres. Par comparaison sans doute, le fonds monétaire international valide le budget 2022.

Par contre ,il est toujours critique sur le très fort endettement du pays et d’une façon du général le niveau de ses dépenses. Le Fonds monétaire international (FMI)  a relevé  ses prévisions de croissance pour la France cette année, et donne quitus au projet de budget pour 2022, pourtant critiqué pour son haut niveau de dépenses. « Le projet de loi de finances 2022 constitue un assouplissement budgétaire modéré, ce qui est globalement approprié, compte tenu des risques baissiers » écrit-il dans son rapport annuel sur la France tout juste publié .

L’institution de Washington relève à 6,75 % de croissance pour 2021, alors qu’elle tablait jusque-là sur 6,3 %. Elle suit en cela les projections récentes optimistes de l’Insee ou de la Banque de France , qui anticipent eux aussi le même chiffre. Le FMI juge qu’une « forte reprise économique est en cours, stimulée par le soutien de l’Etat et par d’importants investissements menés par le secteur privé » et met en avant le « fort rebond de la consommation et de l’investissement au cours des deuxième et troisième trimestres ».

Budget 2022 : un dépassement supplémentaire de 10 milliards d’euros

Budget 2022 : un dépassement supplémentaire de 10 milliards d’euros

Officiellement le président de la république a décrété la fin du quoi qu’il en coûte. Pourtant ,il ne cesse de multiplier les mesures sociales et économiques en faveur des électeurs potentiels. Comme les candidats qui lui seront opposés en 2022 lui emboîtent le pas dans ce concours Lépine des cadeaux sociaux, le président va continuer de se montrer généreux vis-à-vis de tout ceux qui seraient susceptibles de lui apporter leurs suffrages. D’ores et déjà d’après des promesses déjà annoncées, il faudra compter un dépassement supplémentaire de 10 milliards d’euros. en 2022  (  4 à 5 milliards d’euros sur deux ans pour le seul chèque carburant ). L’ensemble des annonces se traduira par un déficit supplémentaire de 10 milliards d’euros pour le budget 2022

« Nous faisons face à une flambée des prix du gaz avec une hausse multipliée par dix en période de crise. Il y a une répercussion directe sur les prix de l’électricité. Il y a aussi une hausse des prix à la pompe. Enfin, l’inflation transitoire peut durer. La reprise économique en Europe, aux Etats-Unis et en Chine tire les prix vers le haut [...]   », a expliqué le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ce matin lors d’une réunion avec des journalistes.

« Dans le PLF 2022, il y a une stratégie. Elle repose sur deux piliers : l’investissement et la protection. Pour le premier volet, c’est le plan d’investissement 2030 et le plan compétences. Pour le second volet, nous devons protéger les Français des hausses des prix de l’énergie. Les Français ne doivent pas prendre de plein fouet les effets de l’inflation », a-t-il martelé en marge d’un déplacement dans les Hautes-Alpes.

Emmanuel Macron avait pourtant annoncé « la fin du quoi qu’il en coûte » mais la campagne électorale en cours amènera sans doute sa suspension jusqu’en avril 2022, date des élections présidentielles.

Politique- 2022 :Budget électoral avec baisses d’impôts

Politique- 2022 :Budget électoral avec baisses d’impôts

Comme promis par Emmanuel Macron en 2017 , le gouvernement accélère en 2022 la baisse d’impôts notamment sur les bénéfices des entreprises et la taxe d’habitation

Lors de la présentation du texte mercredi, les locataires de Bercy, Bruno Le Maire (Économie) et Olivier Dussopt (Comptes publics) n’ont pas manqué de se féliciter d’avoir réduit la pression fiscale de 50 milliards d’euros depuis 2017. «Ce n’était pas arrivé depuis vingt ans!», a insisté Bruno Le Maire. Pour emboîter le pas au gouvernement, la plupart des candidats aux présidentielles en 2022 annonces aussi cadeaux fiscaux et augmentation de pouvoir d’achat.

2022:un budget de dépenses électorales

2022: un budget de dépenses électorales

 

Un papier du Monde constate que le gouvernement pour des motifs électoraux ne regarde plus à la dépense. Témoin le budget de 2022. (Extrait)

 

Le projet de budget pour 2022, présenté mercredi 22 septembre, innove en faisant l’impasse sur le coût réel des nouvelles dépenses. Les près de 12 milliards d’euros d’augmentation affichés ne comprennent ni le revenu d’engagement en faveur des jeunes ni la première tranche du plan d’investissements destiné à préparer la France de 2030. Ces mesures ne seront annoncées que dans quelques semaines. Elles représentent un surcoût de près de 50 % par rapport au montant annoncé.

Si cette cuisine budgétaire a agacé le Haut Conseil des finances publiques, qui se refuse à se prononcer sur le réalisme des prévisions de déficit pour 2022, elle est surtout le signe qu’en cette fin de quinquennat l’exécutif ne regarde plus à la dépense. Le contexte s’y prête. D’abord, une campagne présidentielle a toujours tendance à désinhiber la majorité sortante en matière d’équilibre des finances publiques. Emmanuel Macron ne fait pas exception.

 

Certaines défenses étaient sans doute indispensables pour soutenir l’économie mais l’annonce régulière d’engagements financiers correspond davantage aujourd’hui à des annonces électorales

Soutenir massivement l’économie qui menaçait de s’effondrer ne souffre d’aucune contestation. En revanche, beaucoup de dépenses pérennes annoncées en sortie de crise pandémique ne sont pas directement liées à celle-ci. L’opportunisme budgétaire dont a fait preuve le gouvernement l’a conduit à augmenter les dépenses ordinaires de 54 milliards d’euros en l’espace de deux ans. Le rythme de progression en Allemagne a été beaucoup moins rapide, creusant un peu plus l’écart entre les deux économies.


Ségur de la santé, revalorisation des salaires des enseignants, aides aux plus précaires, Beauvau de la sécurité, revitalisation de Marseille… prises une à une, ces mesures répondent à des besoins légitimes. Mais, faute de contreparties en termes d’économies sur d’autres postes, elles sont financées par la dette. C’est aujourd’hui le cas pour la moitié des dépenses publiques.

D’une certaine manière le gouvernement engage la soutenabilité  financière.

La croissance, qui devrait ralentir dès 2023 pour retrouver son rythme d’avant-crise, ne sera pas suffisante pour assurer la soutenabilité de notre dette, pas plus qu’une hausse de la fiscalité. La faiblesse des taux d’intérêt peut en donner l’illusion. Mais faire reposer la souveraineté du pays uniquement sur cet aléa relève d’un pari très risqué.

La campagne présidentielle ne favorise guère, hélas, la prise de conscience. Les candidats déclarés, de gauche comme de droite, se livrent à une surenchère de promesses, comme s’ils se sentaient délivrés des contraintes du pacte de stabilité européen, qui ne sera renégocié qu’au lendemain de l’élection française.

La rigueur de retour après avril 2022

La question de l’efficacité de la dépense publique, pourtant soulevée depuis des années par la Cour des comptes, est en revanche totalement occultée. Cela promet au président qui sera élu en avril 2022 des lendemains qui déchantent.

Budget électoral de 2022: des baisses d’impôts

Budget électoral de 2022: des baisses d’impôts

Comme promis par Emmanuel Macron en 2017 , le gouvernement accélère en 2022 la baisse d’impôts notamment sur les bénéfices des entreprises et la taxe d’habitation

Lors de la présentation du texte mercredi, les locataires de Bercy, Bruno Le Maire (Économie) et Olivier Dussopt (Comptes publics) n’ont pas manqué de se féliciter d’avoir réduit la pression fiscale de 50 milliards d’euros depuis 2017. «Ce n’était pas arrivé depuis vingt ans!», a insisté Bruno Le Maire. Pour emboîter le pas au gouvernement, la plupart des candidats aux présidentielles en 2022 annonces aussi cadeaux fiscaux et augmentation de pouvoir d’achat.

Budget: Le déficit public « limité » à 9 % du PIB ( Bruno Le Maire)

Budget: Le déficit public « limité » à 9 % du PIB ( Bruno Le Maire)

 

La reprise de l’activité économique devrait permettre de limiter le déficit public à 9 % d’après le ministre des finances, Bruno le maire. On est loin évidemment de la règle de 3 % fixés par l’union européenne ( faut-il le rappeler sur proposition en son temps de la France !).

 

Le ministre se félicite toutefois de cette perspective de déficit limité à 9 % alors que dans le projet de loi initial on s’attendait à un déficit supérieur à savoir 9,4 %. De toute façon, le pronostic du ministre des finances est encore prématuré car il reste encore six mois de gestion pour s’assurer de l’exactitude des comptes publics. À 0,4 % près, la différence est marginale. Elle dépendra effectivement non seulement de l’activité économique française, de l’environnement mondial mais aussi du contexte sanitaire général qui pourrait affecter les comportements des consommateurs et des épargnants.

 

La vérité sans doute ce que de toute façon on voit mal comment la France (et d’autres pays d’Europe) pourrait rapidement respecter cet objectif de 3 % du PIB. Surtout si par malheur les taux d’intérêt devaient monter ce qui provoquerait un renchérissement du coût de la dette dans le budget.

Comme pour l’instant les membres de l’union économique sont bien incapables de revoir les critères de gestion budgétaire tout autant que monétaire, les objectifs théoriques demeurent en décalage complet avec la réalité. En effet il ne faut guère compter un rétablissement des équilibres budgétaires conformément aux 3 % en 2023 et même après. On se contente d’affirmer que le rétablissement financier sera progressif. Mais sur quelle période, sur 10 exercices budgétaires, sur 20 , davantage ?

En juin, la Cour des comptes avait estimé que les efforts de rétablissement progressif des finances publiques devraient être réalisés quand l’économie française aura retrouvé son niveau d’activité d’avant-crise. Une perspective complètement impossible qui avait amené la Cour des Comptes à relativiser son propos en déclarant « cette consolidation progressive pourrait débuter en 2023 ». Le problème, c’est jusqu’à quand , jusqu’à la saint-glinglin ?

Budget : une rallonge de 18 milliards en 2021

Budget : une rallonge de 18 milliards en 2021

Le gouvernement n’a pas prévu de rupture brutale avec le soutien économique et social. Contraire,  Une rallonge budgétaire de plus de 18 milliards d’euros est prévue dans le projet de loi de finances rectificatif (PLFR) 2021 – dont 15,5 milliards doivent assurer le financement des mesures d’urgence jusqu’à la fin de l’année, annoncent les ministres de Bercy, Bruno Le Maire (Économie) et Olivier Dussopt (Comptes publics) dans une interview aux Échos.

 

Le  budget rallongé sera présenté ou conseil des ministres le mercredi 2 juin.

Budget et plan de relance de l’UE: les exigences sur l’Etat de droit disparaissent

Budget et plan de relance de l’UE: les exigences sur l’Etat de droit disparaissent

 

Au prix de la suppression des exigences sur l’Etat de droit, la Pologne là Hongrie ont accepté le projet de budget de l’union européenne ainsi que le plan de relance.

La Hongrie et la Pologne avaient opposé leur veto le mois dernier à ce projet de budget et au plan de relance, qui doivent être adoptés à l’unanimité des Vingt-Sept. Ces deux pays, visés par des procédures européennes pour des atteintes à l’indépendance de la justice ou des médias, refusaient une clause conditionnant le versement des fonds au respect de l’état de droit.

L’Allemagne, qui assure la présidence tournante de l’UE, a réussi à obtenir l’unanimité avec un texte complètement ambigu et particulièrement hypocrite.

Aux termes de ce compromis, les dirigeants européens vont adopter une déclaration précisant que le lien entre état de droit et déblocage des fonds sera appliqué objectivement et à la seule fin de garantir une utilisation appropriée de l’argent versé par l’UE, et non pas dans le but de sanctionner des pays dans le cadre de procédures distinctes relatives à l’Etat de droit.

Budget UE: projet de compromis avec la Pologne et la Hongrie

Budget UE: projet de compromis avec la Pologne et la Hongrie

 

Un projet de compromis semble pouvoir être accepté par l’union européenne ainsi que les deux pays en cause,  la Pologne et la Hongrie. Le différend portait  sur des dispositions imposant à la Pologne et à la  Hongrie un meilleur respect de l’État de droit. Certains pays dont la France envisageait  alors de construire un plan de relance et un budget à 25 au lieu de 27. Pratiquement , cette clause de respect du droit devrait disparaître tant dans le budget que dans le plan de relance.

La Pologne et la Hongrie ont accepté une proposition de compromis de l’Allemagne sur le budget de l’Union européenne mais attendent désormais l’approbation d’autres Etats membres dont les Pays-Bas, a déclaré mercredi un haut responsable polonais à Varsovie.  En déplacement à Prague, le président polonais Andrzej Duda a évoqué pour sa part un “accord préliminaire” sur le budget de l’Union européenne et le plan de relance post-pandémie.

“ Convoqués dans l’après-midi par la présidence allemande du Conseil européen, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE se sont montrés “positifs”, a rapporté un diplomate européen de haut rang. Le projet de compromis va désormais faire l’objet d’une analyse approfondie par chacun des Etats membres.

La décision définitive appartiendra ensuite aux chefs d’Etat et de gouvernement, qui se réuniront jeudi et vendredi à Bruxelles.

Un budget européen sans l’accord de la Pologne et de là Hongrie

Un budget européen sans l’accord de la Pologne et de là Hongrie

Le concept de géographie variable pourrait bien être mis en œuvre à l’occasion du budget européen ouvrant 2021–2027. En effet l’union européenne envisage de se passer de l’avis  de la Pologne et de là Hongrie qui s’opposent  en effet aux propositions budgétaires tant qu’on continuera de leur imposer un plus grand respect de l’État de droit.

Bref l’union européenne adopte une sorte de stratégie de contournement mais qui remet quand même en cause les principes de fonctionnement de l’union. La vraie question n’est pas budgétaire, elle est de savoir si la Pologne est là Hongrie remplissent  les critères d’adhésion aux valeurs et aux règles de l’union européenne. La question pourrait aussi se poser pour d’autres pays. Au total, une sorte de remise en cause de cette Europe ingérable qui a voulu absorber des pays aux réalités politiques, sociales, environnementales complètement disparates qui par ailleurs favorisent une distorsion des conditions de concurrence tout autant que des règles démocratiques

Budapest et Varsovie, refusent la clause qui conditionne l’accès à ce fonds au respect de l’état de droit. La Hongrie et la Pologne font toutes deux l’objet de procédures d’infraction pour des atteintes à l’indépendance de la justice ou au droit d’asile.

Si la diplomatie française dit s’efforcer de convaincre les deux pays de lever leur veto, elle n’exclut pas chercher une solution pour contourner l’obstacle.

“Si ceci ne marche pas, et on n’y est pas (…) on sera obligé de trouver d’autres options. La possibilité de recourir à un accord qui ne serait pas un accord à 27, était une des options sur la table.”

Parmi les solutions sur la table, figure celle de la “coopération renforcée”, une procédure grâce à laquelle certains pays européens pourraient mettre en oeuvre eux-mêmes une politique donnée.

Projet de plan européen : comme prévu, bloqué par la Pologne et la Hongrie

Projet de plan  européen : comme prévu, bloqué par la Pologne et la Hongrie

 

 

Il était prévisible que la Pologne et la Hongrie bloquent le plan européen de relance économique subordonné pour leur pays des conditions de respect du droit. Si effectivement l’union économique à une certaine légitimité à reprocher certaines entraves démocratiques aux libertés individuelles et collectives, on comprend mal pourquoi on se saisit de ce plan d’urgence économique pour en faire le reproche aux deux Etats concernés.

La question devrait se poser plus globalement et l’union économique devrait s’interroger sur maintien de ces deux pays dans l’union et non profiter d’un plan d’urgence découlant de la crise sanitaire qui a peu de rapport avec les reproches adressés à la Pologne et à la Hongrie.

Juridiquement la condition imposée par l’union économique à propos du plan de relance est très discutable. Politiquement cela ne grandira pas la commission et l’union économique qui seront nécessairement contraints d’enlever cette conditionnalité pour rendre opérationnel un plan de soutien qui devient de plus en plus urgent eu égard au très net écroulement de l’économie en cette fin 2020.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, est accusé par l’UE et certains pays européens d’atteinte aux principes démocratiques, notamment en matière d’indépendance de la justice et de liberté de la presse. La Pologne est elle aussi visée par des critiques similaires.

Le Conseil européen a décidé au cours de l’été que les futurs versements d’argent issus du prochain budget et du plan de relance économique, qui représentent ensemble environ 1.800 milliards d’euros, seraient liés au respect des normes démocratiques inscrites dans les traités de l’UE.

Ce veto préoccupe les autorités européennes qui ne souhaitent pas retarder leurs prises de décisions alors qu’elles sont déjà confrontées à l’interminable feuilleton du Brexit et aux retombées économiques de la pandémie de coronavirus.

“Je pense qu’il faut de toute façon régler cette question au plus vite”, a déclaré Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, lors d’une téléconférence.

“En ce qui concerne le lien entre le déblocage des fonds et le respect de l’état de droit, c’est quelque chose auquel la Commission a accordé une grande importance dans sa proposition de départ et qui a été discuté de longue date”, a-t-il ajouté.

L’Espagne, particulièrement malmenée par la crise sanitaire et à ce titre un des principaux bénéficiaires du projet de budget, a elle aussi dit son espoir d’une solution rapide.

Le budget 2021 déjà obsolète

Le budget 2021 déjà obsolète

Le projet de budget 2021 a été élaboré sans les orientations annoncées par le président de la république et découlant notamment du couvre-feu. Ces orientations seront complétées aujourd’hui par des mesures annoncées par le Premier ministre. Il y aura bien sûr l’aide aux entreprises, le  soutien de ceux qui vont perdre leur emploi aussi des aides aux ménages les plus défavorisés.

Un ensemble de dispositions qui vont se traduire par des milliards de dépenses supplémentaires. Il convient en effet de prendre en compte le secteur hôtellerie restauration mais aussi le secteur culturel, le secteur événementiel sans parler du secteur amont qui compte à peu près autant d’emplois. Du coup, le budget 2021 discuté à l’Assemblée nationale paraît un peu surréaliste.

C’est un «budget mort-né», il y a eu un «défaut d’anticipation»: à coups de suspensions de séance et de rappels au règlement, les députés d’opposition ont critiqué les annonces d’Emmanuel Macron mercredi soir, en plein examen du budget à l’Assemblée. Avec le couvre-feu, les «hypothèses» économiques du budget 2021 ne «sont plus tenables», a dénoncé la députée LR Véronique Louwagie. Le couvre-feu «va affecter économiquement les restaurants et les salles de spectacles», si «on en est là, c’est qu’il y a eu un défaut d’anticipation», a jugé la patronne du groupe socialiste Valérie Rabault.

Le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt, a admis que se posera «très certainement la question du financement des mesures annoncées ce soir et qui seront précisées demain» par le Premier ministre. Il a évoqué la possibilité d’amender le budget 2021 pendant la navette parlementaire. Concernant 2020, il a aussi cité la dernière loi de finances rectificative (PLFR4) en fin d’année.

Budget : Remise en cause de la sacro sainte règle des 3%

Budget : Remise en cause de la sacro sainte règle des 3%

 

La France qui va crever tous les plafonds des critères européens notamment en matière de déficit et d’endettement sans parler du chômage veut faire sauter les références et s’affranchir de la sacro-sainte règle des 3 %. Mieux ,la France souhaite que l’Europe profite du pacte de croissance pour faire définitivement sauter ce verrou. Observons d’abord que cette règle des 3 % a été inventée un jour par les Français eux-mêmes. Elle est effectivement discutable car elle ne repose sur pas grand-chose. On pourrait tout aussi bien retenir 4 ou 5 %. Par contre, contrairement à ce que pensent certains qui pratiquent la suite en avant,  le principe d’équilibre en moyenne à long terme s’impose pour un État comme pour n’importe quel emprunteur. Un jour ou l’autre la facture doit être réglée soit par remboursement du capital, soit par la montée des intérêts, soit par la dévaluation.

 

Curieusement le secrétaire d’État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, rejoint les positions gauchistes qui considèrent  qu’il n’y a pas de raison de fixer des règles de discipline budgétaire «On ne peut pas imaginer remettre en place le même Pacte» de stabilité et de croissance (PSC), qui fixe ces règles, a-t-il déclaré. «Faut-il des règles budgétaires ? Certainement. Est-ce qu’il faut les revoir ? Certainement aussi», a-t-il ajouté. Certes on comprend que dans une conjoncture de crise assez exceptionnelle on puisse faire fi des principes de gestion budgétaire. D’ailleurs compte tenu de la situation économique,

L’Union européenne a suspendu en mars l’application des règles du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Parmi les obligations que les États membres n’ont plus à respecter actuellement figure la fameuse règle imposant que leur déficit public reste inférieur à 3% de leur produit intérieur brut (PIB).

 «On ne pourra pas remettre en place le Pacte de stabilité tel qu’on l’a connu auparavant parce que la crise est passée par là, parce que nous sommes dans une période où il faudra, encore plus qu’avant la crise, investir pour nos économies», a insisté Clément Beaune, citant en particulier la transition écologique et la transition numérique, érigées en priorités par l’UE. «Nous aurons, à la sortie de la crise, des seuils de déficit, mais plus encore de dette, qui seront très différents du monde qu’on a connu il y a quelques années partout en Europe», a ajouté le responsable français.

Emmanuel Macron avait, avant même la survenance de la crise, estimé en novembre 2019 dans un entretien à The Economist que «le débat autour du 3% dans les budgets nationaux, est un débat d’un autre siècle

De telles déclarations apparaissent particulièrement irresponsables et ne peut que conforter la conviction des pays Nord que les pays du Sud dont la France sont incapables de la moindre discipline et comptent sur la solidarité des pays rigoureux d’une nord.

Afrique du Sud : détournement du budget Coronavirus

Afrique du Sud : détournement du budget Coronavirus

 

Le Figaro révèle un vaste détournement du budget Coronavirus en Afrique du Sud. Pourtant le pays bénéficie d’un des meilleurs systèmes de santé du continent mais les accusations de corruption dans la fourniture d’équipements de protection pour les soignants, notamment via l’attribution des contrats à des sociétés ayant des connexions politiques, se sont récemment multipliées, écornant l’image du président. Kimi Makwetu et son équipe pluridisciplinaire ont repéré de nombreux dysfonctionnements qu’ils ont signalés aux enquêteurs de la police, sur l’allocation du budget spécifique de 147 milliards de rands (7,4 milliards d’euros) prévu pour faire face à la crise.

«Sur la base de ce qui a déjà été audité, il y a des indices clairs de prix gonflés, d’attribution inéquitable de contrats, de fraude potentielle», a-t-il notamment énuméré lors d’une audition télévisée depuis Pretoria. Répondant à la publication de ce rapport, le ministre du Travail Thulas Nxesi a notamment annoncé mercredi l’ouverture de 38 enquêtes pénales.

Allemagne : budget dans le rouge pour la première fois en huit ans

Allemagne : budget dans le rouge pour la première fois en huit ans

Le déficit des comptes publics (Etat, régions, communes et Sécurité sociale) a atteint 51,6 milliards d’euros de janvier à juin, ce qui représente 3,2% du PIB allemand sur la période et dépasse les critères européens, qui fixent une limite de 3% du PIB, a indiqué mardi l’Office de la statistique.

A fin juin 2019, l’Allemagne affichait encore un excédent de 2,7% de ses comptes publics, plaçant le pays au centre de critiques chez ses partenaires commerciaux européens qui regrettaient son manque d’investissement.

Du fait des circonstances exceptionnelles liées à la crise, Berlin a débloqué en urgence en mars 2020 des centaines de milliards d’euros pour son économie. Le gouvernement fédéral avait alors emprunté pour 218,5 milliards d’euros.

Résultat: « le budget de l’État a plongé dans le rouge pour la première fois en huit ans », relève Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque KfW.

Le déficit des comptes publics (Etat, régions, communes et Sécurité sociale) a atteint 51,6 milliards d’euros de janvier à juin, ce qui représente 3,2% du PIB allemand sur la période et dépasse les critères européens, qui fixent une limite de 3% du PIB, a indiqué mardi l’Office de la statistique.

A fin juin 2019, l’Allemagne affichait encore un excédent de 2,7% de ses comptes publics, plaçant le pays au centre de critiques chez ses partenaires commerciaux européens qui regrettaient son manque d’investissement.

 

Mais « c’était à prévoir et c’est juste », car « l’argent public a été investi dans des mesures de stabilisation vastes et rapides », ajoute-t-elle.

Les effets se font sentir sur le climat des affaires mesuré par l’institut IFO, qui est remonté en août pour le quatrième mois d’affilée, selon un communiqué séparé mardi.

L’Office Destatis a par ailleurs réévalué le recul du PIB au deuxième trimestre de 2020 par rapport au précédent, à -9,7% contre -10,1% annoncé initialement, de même que celui du premier trimestre, à -2,0% contre -2,2% indiqué auparavant.

 

Presque tous les secteurs de l’économie ont contribué au recul du PIB d’avril à juin, qui reste « le plus élevé depuis la saisie des statistiques en 1970″, précise Destatis.

La consommation privée a chuté de 10,9% d’avril à juin, alors que de nombreux magasins et restaurants sont restés fermés jusqu’en mai, et les investissements hors construction ont baissé de 19,6%.

Les exportations se sont contractées de plus de 20% contre 16% côté importations, soit un recul plus important que lors de la dernière grande crise de 2009.

Budget européen : une protestation pour la forme du parlement

Budget européen : une protestation pour la forme du parlement

Les négociations particulièrement difficiles relatives au plan de soutien de l’économie européenne récemment décidé par les chefs d’État n’a été accepté qu’au prix d’une certaine diminution du budget habituel de l’Europe ( pour la période de 2021 à 2027). Du coup, le Parlement se fâche et menace même de ne pas voter. Quelques agitations de députés sont sans doute à prévoir, elles seront cependant surmontées après quelques concessions plus ou moins réelles  et le projet de budget européen sera adopté.

 Dans une résolution adoptée jeudi, le Parlement européen prévient qu’il « n’accepte pas en l’état » le futur budget communautaire, revu à la baisse sur l’autel du plan de relance. Ursula von der Leyen a reconnu que les coupes concédées sont « une pilule dure à avaler », manière d’appeler, elle aussi, les Etats membres à un effort supplémentaire.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné, jeudi à Bruxelles devant le Parlement européen, ses propres regrets face à la faiblesse du budget européen prévu pour la période 2021-2027.

Charles Michel, président du Conseil européen, s’est avant tout félicité d’« un signal de confiance, de robustesse » permettant aux Européens de « renouveler pour 30 ans leurs voeux de mariage » (la durée du futur emprunt qui financera la relance). Mais Charles Michel, présidente de la Commission européenne, n’a pas caché que les coupes consenties dans le budget européen (et dans les pans du plan de relance devant le compléter) constituent « une pilule dure à avaler, et je sais que cette assemblée ressent la même chose »« Nous ne l’avalerons pas », a de suite prévenu Manfred Weber, le patron du PPE (droite), le premier groupe du Parlement.

12345...7



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol