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Ukraine : Des conséquences sur les importations de blé en Afrique

 Ukraine : Des conséquences sur les importations de blé en Afrique 

 

 

Traditionnellement cultivés en Afrique, mil, sorgho, fonio, maïs et orge sont délaissés au profit du blé. Le continent devrait davantage les exploiter pour éviter les risques de pénurie alimentaire engendrés par le conflit russo-ukrainien, explique Njoya Tikum, du bureau sous-régional du PNUD pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, dans une tribune au « Monde ».

 

La crise ukrainienne provoque de graves problèmes d’approvisionnement de blé à l’Afrique mais aussi le renchérissement des arrêts alimentaires importés comme le riz. NDLR

Les céréales ukrainiennes s’acheminent lentement par cargos vers le monde, depuis l’accord du 22 juillet entre Moscou et Ankara visant à établir des couloirs de navigation sécurisés. Mais ces 20 à 25 millions de tonnes de blé et de maïs bloquées dans les ports de la mer Noire vont-elles suffire à combler la pénurie provoquée en Afrique par le conflit russo-ukrainien et la sécheresse qui sévit ?

Des chiffres sont martelés partout, comme si la dépendance à l’égard du blé russe et ukrainien – 30 % de la production mondiale – relevait d’une fatalité. Certes, la situation est alarmante. Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’Afrique est confrontée à une pénurie d’au moins 30 millions de tonnes métriques de denrées alimentaires, en particulier de blé, de maïs et de soja importés. Cette situation se révèle encore plus dramatique pour certains pays, tels que l’Egypte – qui importe jusqu’à 85 % de ses besoins en blé de la Russie et de l’Ukraine.

Cependant, pour prendre du recul, d’autres chiffres tout aussi importants méritent d’être rappelés. Ainsi, en Côte d’Ivoire, le manioc représente la deuxième culture après l’igname, avec une production de 6,4 millions de tonnes par an. Une abondante ressource pour fabriquer du pain – ce que les autorités encouragent, même si les consommateurs estiment le produit local de moindre qualité.

De ce point de vue, une évolution des mentalités est essentielle afin de promouvoir des habitudes alimentaires moins extraverties. Le Togo n’a pas attendu le conflit en Ukraine pour décider, fin 2019, de l’incorporation de 15 % de céréales locales dans la préparation du pain. L’Egypte, de son côté, recommande aux boulangers la fabrication du pain à base de patate douce.

Le sort de l’Afrique sur la question de la sécurité alimentaire ne se joue pas dans l’actuelle crise des importations de blé. Le continent ne devrait plus cultiver de nouvelles dépendances, mais plutôt ses propres céréales. Mil, sorgho, fonio, manioc, maïs et orge représentent des bases alimentaires dans nombre de pays au sud du Sahara. Elles sont parfois délaissées pour des produits importés jugés meilleurs, dans ce qu’il faut bien considérer comme un effet de la mondialisation, mais aussi d’une forme d’aliénation postcoloniale.

Le Sénégal importe environ 600 000 tonnes de blé par an contre 100 000 dans les années 1980, en raison d’une mode qui fait fureur dans les villes : le sandwich, rebaptisé « pain-thon » au pays de Senghor. Pas moins de 8 millions de baguettes de blé sont consommées chaque jour pour une population de 16 millions d’habitants.

Blé : récolte en baisse de 2 à 3 % en France

Blé : récolte en baisse de 2 à 3 % en France

 

La France pourra continuer de combler en partie le déficit ukrainien de blé puisqu’elle exporte environ 50 % de sa production.

Selon Intercéréales et Arvalis -organisme de recherche appliquée financé et géré par les producteurs-, le rendement du blé tendre devrait atteindre  »69,5 q/ha en France en 2022, soit une baisse de 2 % par rapport à 2021 et de 3 % par rapport à la moyenne des 10 dernières années ». Quant à la qualité, qui détermine l’usage et la destination finale des céréales, et qui est donc déterminante pour satisfaire les exigences des marchés en France
et à l’international, la teneur moyenne en protéines est  »estimée à 11,6 %, une valeur correspondant à la moyenne décennale ».

La filière souligne que « cette moyenne nationale masque néanmoins des
hétérogénéités importantes dans les territoires, en raison principalement des stress hydrique et thermique, et plus ponctuellement des épisodes de gel et de grêle ».

La filière rappelle aussi que « ces données restent des prévisions et que la réalité des rendements et de la qualité de la récolte ne seront effectivement vérifiées qu’à la fin de celle-ci ».

La France, premier producteur européen de blé tendre, a produit en moyenne 33,4 millions de tonnes de blé sur la période 2017-2021. Elle exporte la moitié de cette production, vers l’Union européenne (50%) et des pays tiers.

Production mondiale de blé par pays
Pays Production (tonnes) Production par personne (Kg) Superficie (en hectares) Rendement (Kg / Hectare)
Blé : récolte en baisse de 2 à 3 % en France dans actu-économie politique 98614cda-6d26-45e3-9520-0485a90e63d8 République populaire de Chine 131 447 224 94,304 24 268 794 5 416,3
210f3b89-33ca-4453-93c0-8a39521bb918 2 à 3 % dans agriculture Inde 99 700 000 74,599 29 580 000 3 370,5
32afe3db-7d9e-4889-8d3f-4fc2a5762419 baisse Fédération de Russie 72 136 149 491,133 26 472 051 2 725
561cf002-ba3a-4a18-8ccc-d8e3b89ca049 blé États-Unis d’Amérique 51 286 540 156,474 16 027 750 3 199,9
df0c2e69-e1ea-4b29-98e2-a0f3fe94a0ba de France 35 798 234 531,944 5 231 615 6 842,7
e897741a-4815-4d23-8f50-b205700ea6f6 en Canada 31 769 200 853,699 9 881 000 3 215,2
7d564f0f-d72c-4b64-8571-0dd5f2a7c307 France Pakistan 25 076 149 124,218 8 797 227 2 850,5
206feb91-cd26-45c1-80a4-59bca7f0b530 récolte Ukraine 24 652 840 583,308 6 619 600 3 724,2
4bd73e84-6858-416b-8c34-d5e01b45526f Australie 20 941 134 835,993 10 919 180 1 917,8
c9c4893c-e5ad-4e2b-ae84-21eecf26c58b Allemagne 20 263 500 244,903 3 036 300 6 673,7
29ecab90-9959-4c99-8e82-2bfa8b49b63a Turquie 20 000 000 247,493 7 288 622 2 744
c624819f-7f1b-4089-8981-e0cdaa7c6bc6 Argentine 18 518 045 416,187 5 822 173 3 180,6
da7ad0e7-b193-46bd-b72e-c4e8f9f4a7db Iran 14 500 000 177,355 6 700 000 2 164,2
e1f0b224-7d94-4b42-9318-cb168bee0110 Kazakhstan 13 944 108 763,124 11 354 380 1 228,1
930c4215-fe39-4899-862c-83d0e0e3a12f Royaume-Uni 13 555 000 205,254 1 748 000 7 754,6
806a7fcc-a2e3-41d8-af80-6b0171c05b66 Roumanie 10 143 671 519,549 2 112 307 4 802,2
e3bcb426-2d1e-4ec7-b84d-cfa7492d0cf9 Pologne 9 820 315 255,514 2 417 227 4 062,6
c6de7972-ece6-4fd3-89c0-8f2272c071f9 Égypte 8 800 000 90,26 1 315 490 6 689,5
b7e5fb7a-72de-4592-8876-910fe47c3400 Espagne 7 989 906 171,239 2 063 683 3 871,7
924e3c9e-5ea5-43e5-abef-fb8999969548 Maroc 7 320 620 210,516 2 842 748 2 575,2
2d7caa8a-b3f6-4afb-910a-168f43910b63 Italie 6 932 943 114,715 1 821 725 3 805,7
8433d70d-59a8-46a5-9ab1-3156e32be23d Bulgarie 5 832 449 827,294 1 212 012 4 812,2
dbdb2a75-1cfb-4b23-9d5c-e6eade574ed5 Brésil 5 418 711 25,861 2 065 254 2 623,8
82ce3d0d-bb12-4f94-817d-70663319c588 Ouzbékistan 5 410 760 165,7 1 311 376 4 126
51ed4a24-bef7-440b-8562-b54e4adab582 Hongrie 5 245 890 536,884 1 029 523 5 095,5
300f2563-38b2-4ffe-8464-563716bc276a Tchéquie 4 417 841 416,253 819 690 5 389,6
59e91c75-4a8a-44aa-b8fc-9a19d20c7fae Éthiopie 4 238 836 39,418 1 748 972 2 423,6
74c3b4d1-b498-4cf8-b3ee-f018cbd38141 Algérie 3 981 219 93,575 2 087 003 1 907,6
b4f0c57c-9e33-454b-a295-f9ff413e785a Afghanistan 3 613 300 114,435 1 635 000 2 210
4e8ad7d3-f241-4f9f-ad47-09b4160fa7d1 Irak 3 211 382 81,632 1 180 443 2 720,5
bbb605d1-ae56-4af5-9813-ea582addb542 Mexique 2 943 445 23,597 541 345 5 437,3
6209e0b6-e13c-4066-8045-521bfd48fb0e Serbie 2 941 601 420,142 643 083 4 574,2
93248cac-933b-4b7a-b2ef-7ab6aa5f7540 Lituanie 2 838 899 1 013,625 772 885 3 673,1
8bffe0ed-d868-4641-8af6-dcd489dd359b Danemark 2 654 819 458,521 425 806 6 234,8
0baec591-7ad0-4f6f-8b26-d58854564c75 Azerbaïdjan 1 991 683 201,219 677 834 2 938,3
4480851f-2683-4567-99eb-de47ee699813 Népal 1 949 001 66,704 706 843 2 757,3
6bf15b17-638a-433d-ac87-51a868506a11 Slovaquie 1 927 926 354,195 403 372 4 779,5
59dd5f89-7473-42ad-87d8-984ce52a730c Afrique du Sud 1 868 000 32,36 503 350 3 711,1
457f53f1-b28c-469c-9af7-d5dcc1738e24 Biélorussie 1 814 765 191,467 659 861 2 750,2
d63d661e-974d-4a40-9e9b-911cddd4f0f3 Belgique 1 652 249 144,722 195 686 8 443,4
22846974-2a42-4962-89b3-84849ba6ffb5 Suède 1 620 300 159,298 372 500 4 349,8
532f21a2-53c1-464f-a5ee-13cb2ccc4d53 Tunisie 1 500 000 131,047 846 939 1 771,1
ad7caa4e-ee11-4fd8-a525-e3b362dd0da4 Chili 1 469 003 83,59 236 415 6 213,7
00605fe3-e449-457e-bdac-840968f4bf50 Lettonie 1 431 600 743,418 417 200 3 431,4
d673df08-13df-4939-9f81-561b00586380 Autriche 1 370 960 155,118 292 654 4 684,6
5a371f41-17b2-41b5-b0b5-aa28c4c9fcdb Syrie 1 200 000 65,63 600 000 2 000
13a53e9a-0c60-4406-a885-013c1cacde50 Moldavie 1 162 778 327,46 372 076 3 125,1
c55f7598-5d4d-4ffe-8d4a-50ae8d657321 Bangladesh 1 099 373 6,658 351 228 3 130,1
bca94488-a4f1-4a22-b4af-750fd4d099ce Grèce 1 072 940 99,64 404 490 2 652,6
e4d79884-d366-4b06-93ad-4f34acb2b2b6 Turkménistan 1 000 000 170,897 936 488 1 067,8
f551c039-df89-4f41-b2b8-c8a726eb13db Pays-Bas 985 297 57,114 111 697 8 821,2
e4f13b9b-1952-4f90-a3f5-5322be1fc710 Tadjikistan 778 986 87,223 255 549 3 048,3
eb38fe53-6706-48cb-bb91-38f91e875927 Japon 764 900 6,047 211 900 3 609,7
b6ed4426-f780-4842-9d4b-a6c33028c069 Croatie 744 405 177,573 138 456 5 376,5
d6c0b46d-0b7b-45f4-9d23-2d8e2ec0319e Paraguay 722 400 102,425 430 000 1 680
7704f6bf-7036-4a18-b19f-55fdd9e0f3f4 Kirghizistan 615 926 97,622 253 804 2 426,8
b3e0e233-d5bd-40fd-8ada-b443d253afba Soudan 595 000 14,584 226 000 2 632,7
ebc8899a-6a2d-43e0-8df2-51b3048f50fb Arabie saoudite 586 413 17,55 89 756 6 533,4
46950d48-1a62-48d8-aadf-0b545ed0653d Irlande 506 800 104,344 58 000 8 737,9
bf80abfc-9cec-459e-ae11-380f48f10925 Suisse 497 250 58,549 88 135 5 641,9
bda640c7-34ab-4518-aea5-f8f30f28afd1 Finlande 494 700 89,654 177 800 2 782,3
2fdcf340-d736-4602-bba2-d909e830b613 Estonie 450 265 341,334 154 579 2 912,8
a29253e1-1a3b-45ea-8178-10233c4733f0 Uruguay 440 000 125,5 186 000 2 365,6
58e05d37-41b0-41fd-9eff-34b632d6fd20 Mongolie 436 115 135,269 342 666 1 272,7
3d1ab558-bddb-4aae-b0ec-0601be317ba5 Nouvelle-Zélande 371 027 75,702 41 411 8 959,6
9a4b9ad0-0203-43b9-98dc-dc636cd92030 Kenya 336 600 6,606 133 147 2 528
6f398245-3840-4e6f-aba9-f5733b1272e6 Bolivie 301 689 26,681 199 569 1 511,7
f7d07433-760b-45b9-ada5-5f61961313e9 Bosnie-Herzégovine 295 810 78,165 73 591 4 019,6
a2f3b283-d2ff-4e30-af64-01b813e85298 Macédoine (pays) 241 106 116,179 70 987 3 396,5
4aabdbb5-8f26-4783-8dc5-9d4ae460634f Albanie 240 294 83,717 65 072 3 692,7
c663830d-72d2-4b74-a918-d2ecfa297648 Pérou 195 088 6,245 126 638 1 540,5
8928a13d-6871-43af-b5a3-f3c8cc9e6abe Arménie 187 453 63,12 66 378 2 824
1a2f582f-df9b-4db7-b789-1770ded48879 Libye 138 770 21,445 179 558 772,8
054828a3-0184-412e-89e2-e276c860709d Liban 135 411 22,222 40 216 3 367,1
7cb3091f-1dd2-4c7e-a983-f61df7069677 Birmanie 134 372 2,495 74 142 1 812,4
b4189947-309b-499a-9f49-45a018edf617 Norvège 123 500 23,248 58 512 2 110,7
cb8856aa-03fa-49e6-9b6f-eb440a40a417 Slovénie 121 901 58,978 27 822 4 381,5
d2d7f972-a5b2-4104-a822-7d98d4daaf1e Zambie 114 463 6,778 21 675 5 280,8
659b515e-90e2-46f8-84e7-dedaca5a88ab Géorgie 107 100 28,716 43 300 2 473,4
8132e19c-c391-404f-b3fe-6e6c87d3ed31 Yémen 105 503 3,649 64 530 1 634,9
80842dab-e33b-4eb3-842c-fde2f02f9fa6 Tanzanie 104 870 1,935 94 549 1 109,2
f6661872-d426-4c76-83b3-7ffa9ac5320d Luxembourg 78 409 130,246 12 984 6 038,9
44f4bb98-682d-48d6-bdaa-18a1e102abc6 Israël 70 500 7,914 52 900 1 332,7
841960e7-01da-406d-bd11-30df4b9cd3bb Portugal 67 749 6,583 27 025 2 506,9
da175222-98a9-4c26-b190-836094693473 Nigéria 65 433 0,331 82 882 789,5
0ec5eaba-483a-44d2-b631-e95682ebdfaa Zimbabwe 41 488 2,794 20 734 2 001
02037ac0-2d2c-43bc-a18c-a28e5981863b Corée du Sud 37 577 0,728 10 279 3 655,8
8855ed86-06ee-415c-8aac-d2e1832974d5 Corée du Nord 35 000 1,367 23 867 1 466,5
6c50fe27-8323-4aca-9201-93e9c867a7cc Territoires Palestiniens 34 167 7,509 15 413 2 216,8
b860ff67-4f0d-4e35-b743-e94529b2ba59 Mali 29 185 1,527 8 240 3 541,9
cd98293b-cdf8-4898-bbb3-eb995fc8d8ca Érythrée 28 939 5,578 25 597 1 130,6
9710bc61-ae66-454e-a3d0-43d22ffa7f44 Ouganda 23 597 0,608 15 340 1 538,3
6e9ace5c-5713-4c87-89fd-9ed40721e8a1 Burundi 22 751 2,13 16 145 1 409,2
ef79ae1c-b217-402e-9d1a-326dbe2abfdf Mozambique 21 105 0,731 18 176 1 161,2
d9f3ec7a-fc2f-44ef-ac2a-ebb7e7eece54 Jordanie 20 668 2,02 18 049 1 145,1
b7b1f65b-83fe-45d7-bb2e-676147325191 Chypre 18 054 21,121 8 485 2 127,8
9074127f-da21-4744-86ec-4fb8c9e1e0e3 Malte 12 208 25,663 2 403 5 079,6
86b8a01c-d50d-4b0d-808b-668d975b07b3 Colombie 11 139 0,223 6 811 1 635,5
b7d696e1-065b-4cc8-bed4-50b409d69d08 Rwanda 10 875 0,906 10 761 1 010,6
dccadb52-e3af-4c48-8b2b-b40426efaa9a Lesotho 9 058 4,003 8 686 1 042,9
98e03791-6d7a-4733-8f11-c9fbd717f4d6 Mauritanie 7 349 1,845 3 408 2 156,6
6ee38b6b-d948-4cb4-a095-6c74e3f23201 Taïwan 6 724 0,285 2 604 2 582,6
4b919e87-43a0-4722-8fbc-f3399e22d2d6 Madagascar 6 322 0,241 2 634 2 400,6
0e213c39-4059-4c7d-8a36-a05457115bff Congo-Kinshasa 6 309 0,078 4 912 1 284,4
1c978065-7c71-4482-b7a4-1f0c8f837336 Namibie 6 094 2,525 1 149 5 306,1
749868d2-c45b-4b9d-99f9-a255b77057ef Équateur 5 398 0,316 3 149 1 714,2
2766f281-4864-44fc-944d-42d4da680baf Niger 4 807 0,224 1 623 2 961,5
f6f5376f-a6a4-4a4c-a8c8-4d8cfba12d2a Bhoutan 4 141 5,695 2 130 1 943,9
9cd503e3-c095-46f2-bdd1-85e4267ac4eb Oman 3 579 0,714 929 3 852,5
90f585a1-5aa5-4c89-9d70-40145201fc02 Angola 2 820 0,096 2 579 1 093,5
488daea2-16e9-4023-9330-743a312e4147 Monténégro 2 467 3,964 769 3 208,8
a5a28fac-880e-42b8-88d4-f3d65f52791b Tchad 1 798 0,117 801 2 244
ec573fad-8945-4eec-a061-57243c8d1458 Thaïlande 1 351 0,02 1 221 1 106,2
75075cab-7ce2-47f4-bc9f-e4aa45caab4d Guatemala 1 282 0,074 594 2 156,6
56756e86-fceb-4509-b031-4dc2aed37eb7 Honduras 1 248 0,138 2 238 557,7
6a22740f-b368-488e-bee5-2723159b59f9 Somalie 1 033 0,068 2 586 399,4
0a67fc92-fcf7-4009-87bc-cb80bb5535cc Cameroun 938 0,039 706 1 329,3
b496dd18-bda0-4d54-aa83-237b35694bd1 Malawi 729 0,041 592 1 231,4
85172dd5-d1a3-497c-8d1f-efbdc14a6b49 Swaziland 713 0,615 393 1 814,6
e0ba40ce-5f7d-45b5-a1ba-14dd3b9581ac Venezuela 144 0,005 49 2 972,4
7b994a7d-acb4-45ec-8529-a662eba78fd8 Botswana 104 0,045 130 800
1b2c0a1c-2490-4d09-9e30-7a953cdcec22 Émirats arabes unis 30 0,003 10 3 000
5ae3d05b-ecb4-458d-b6bc-68e6c6608e06 Qatar 15 0,006 6 2 500
8c0c95da-a386-4a7d-9421-7ee1334fe533 Koweït 9 0,002 3 3 000

Nouvel envol du prix du blé

Nouvel envol du prix du blé

La Récente décision de l’Inde  ‘interdire les exportations de blé fait encore grimper le prix de la tonne de blé.(Même si l’Inde n’était pas un acteur majeur par station céréales marché mondial . Ce prix dépasse ainsi le précédent record, le 13 mai dernier, qui atteignait 422 euros la tonne à l’ouverture suite aux nouvelles prévisions mondiales américaines qui sabraient d’un tiers la production ukrainienne de blé pour 2022/2023. Ce nouveau record s’inscrit dans une tendance à la hausse depuis plusieurs mois. Le prix du blé a en effet augmenté de 40% en trois mois et le marché est très tendu du fait des risques de sécheresse dans le sud des États-Unis et en Europe de l’Ouest.

Inflation : le blé passe de 280 € la tonne à 410 euros en une semaine

Inflation : le blé passe de 280 € la tonne à 410 euros en une semaine

Une véritable explosion du prix des céréales suite à la guerre en Ukraine notamment du blé. De quoi faire exploser aussi l’inflation.

« A court terme, les cours du blé vont monter« , a déclaré samedi 5 mars sur franceinfo Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales. Le prix des céréales augmente fortement depuis le début de la guerre en Ukraine.

Quelle est la situation sur le marché des céréales et notamment du blé ?

Jean-François Loiseau : Nous sommes au-dessus de 410 euros la tonne de blé. Avant la guerre, il y a une semaine, le prix était de 280 euros la tonne. A court terme, les cours vont monter parce que nous sommes au printemps, que la Russie et l’Ukraine sont deux grands producteurs de blé et surtout exportateurs de blé vers des pays comme le Maghreb, le proche et le moyen Orient. Il y a une tension parce que certains de ces pays-là ont des besoins en blé et donc on anticipe de fortes demandes.

Risque de spéculation en France ?

Non pas du tout. Les agriculteurs ont déjà vendu 90% de leur campagne. Le blé se récolte en juillet et en décembre les deux tiers ou les trois quarts sont vendus. Il reste quelques tonnes, mais ce n’est pas ça qui fait la spéculation, c’est la raréfaction. La Russie produit 90 millions de tonnes de blé et en exporte à peu près 45. La France c’est 35 millions de tonnes produite et 10 millions à l’export. Il y a une peur de l’ensemble des acheteurs sur le plan mondial parce que l’Ukraine et la Russie ont pris une telle dimension depuis 20 ans que certains pays du pourtour méditerranéen et d’Europe sont en dépendance. C’est vraiment la peur de manquer à court et moyen terme.

Les acheteurs internationaux se battent-ils pour obtenir les stocks restants ?

Les stocks français sont demandés pour des clients en France et en Europe. L’Espagne et l’Italie achètent beaucoup de maïs en Ukraine et la difficulté que nous avons aujourd’hui c’est qu’aucun bateau ne sort de la mer noire. Donc, la Russie gère, en plus de cette guerre, la hausse du prix du blé et la famine dans quelques mois dans certains pays.

Est-ce que des choses vont être mises en place pour aider les éleveurs français ?

Nous allons mettre en place des mécanismes de solidarité entre nos filières. A court terme, nous allons mettre en culture les terres en jachères. C’est important de pouvoir cultiver au maximum. Il faut réarmer l’agriculture et l’agroalimentaire en France et en Europe. Nous devons, dans un esprit de baisse de la chimie et du CO2, produire beaucoup plus dans la chaîne agricole.

Agriculture: L’envolée du prix du blé

Agriculture: L’envolée du prix du blé

Le blé a enregistré une hausse de l’ordre de 50 à 60 % sur une année pour atteindre environ 300 € la tonne. En cause une moindre production dans certains pays et des achats de masse effectuée par la Chine.

« Les prix sont fous, confie Rémi Depoix, président de Cerealis, fournisseur de blé meunier français en Afrique. La tonne de blé dur, celui des pâtes, évolue entre 500 et 600 dollars. » Il a gagné 60 % en un an.

La hausse est aussi alimentée par une spéculation sur les matières premières alimentaires comme sur les autres. A l’esprit de tous les observateurs, le souvenir de 2008. Après la crise financière, les cours du blé s’étaient emballés. Ils avaient, déjà, approché les 300 euros la tonne.

Le risque c’est évidemment une augmentation des denrées alimentaires à base de blé avec des hausses de leur de 10 % de certains produits mais surtout des risques de famine dans des pays en développement. Le blé est en effet essentiellement cultivé dans moins de 10 pays dans le monde mais importé par tous les autres ; la crise affecte les deux catégories de blé, qu’il soit tendre – celui qu’on utilise pour le pain et la pâtisserie – ou dur, celui qui sert à fabriquer pâtes et semoules. Au Canada, la sécheresse a grillé les épis. La récolte de blé tendre, attendue à 30 millions de tonnes, en atteindra à peine 24 millions. « Les huit principaux acteurs mondiaux ont enregistré de nettes baisses de production, constate Arthur Portier, expert chez Agritel, une société spécialisée dans l’analyse des marchés agricoles. La Russie, touchée elle aussi par la sécheresse, n’a récolté que 75 millions de tonnes sur les 80 attendues. En France, ce sont les inondations qui ont réduit la récolte des 38,5 millions de tonnes à moins de 35 millions ».

L’envolée du prix du blé

L’envolée du prix du blé

Le blé a enregistré une hausse de l’ordre de 50 à 60 % sur une année pour atteindre environ 300 € la tonne. En cause une moindre production dans certains pays et des achats de masse effectuée par la Chine.

« Les prix sont fous, confie Rémi Depoix, président de Cerealis, fournisseur de blé meunier français en Afrique. La tonne de blé dur, celui des pâtes, évolue entre 500 et 600 dollars. » Il a gagné 60 % en un an.

La hausse est aussi alimentée par une spéculation sur les matières premières alimentaires comme sur les autres. A l’esprit de tous les observateurs, le souvenir de 2008. Après la crise financière, les cours du blé s’étaient emballés. Ils avaient, déjà, approché les 300 euros la tonne.

Le risque c’est évidemment une augmentation des denrées alimentaires à base de blé avec des hausses de leur de 10 % de certains produits mais surtout des risques de famine dans des pays en développement. Le blé est en effet essentiellement cultivé dans moins de 10 pays dans le monde mais importé par tous les autres ; la crise affecte les deux catégories de blé, qu’il soit tendre – celui qu’on utilise pour le pain et la pâtisserie – ou dur, celui qui sert à fabriquer pâtes et semoules. Au Canada, la sécheresse a grillé les épis. La récolte de blé tendre, attendue à 30 millions de tonnes, en atteindra à peine 24 millions. « Les huit principaux acteurs mondiaux ont enregistré de nettes baisses de production, constate Arthur Portier, expert chez Agritel, une société spécialisée dans l’analyse des marchés agricoles. La Russie, touchée elle aussi par la sécheresse, n’a récolté que 75 millions de tonnes sur les 80 attendues. En France, ce sont les inondations qui ont réduit la récolte des 38,5 millions de tonnes à moins de 35 millions ».

Le prix du blé s’envole

  • Le prix du blé s’envole
  • Comme la plupart des matières premières, le prix du blé est au plus haut et cette inflation pourrait se transmettre rapidement à nombre de produits alimentaires ( voir autre article) . Le blé a été victime des aléas du climat dans certaines régions, de la reprise de la demande en Chine et de la spéculation. Le blé de printemps a atteint vendredi 15 octobre son plus haut niveau depuis neuf ans, toujours propulsé par une mauvaise récolte due à la sécheresse, tirant avec lui le blé d’hiver, mais aussi le maïs. Le Hard Red Spring Wheat, variété standard cotée à Minneapolis, a grimpé jusqu’à 9,80 dollars le boisseau (environ 27 kg), pour la première fois depuis fin juillet 2012. À Paris la tonne de blé se négocie autour de 275 € la tonne soit une augmentation d’environ 35 % depuis un an.

PÉNURIE DE BLÉ: LA FNSEA CRITIQUE LA HAUSSE DU PRIX DES PÂTES

PÉNURIE DE BLÉ:  LA FNSEA CRITIQUE LA HAUSSE DU PRIX DES PÂTES

 

Alors que les industriels de l’alimentation ne cessent lier sur le tassement des récoltes mondiales pour justifier une hausse des pâtes alimentaires, la FNSEA considèrent qu’il faut limiter l’impact. « Il faut relativiser », a assuré Christiane Lambert sur BFM Business. « Si par exemple le prix du blé dur augmente de 10%, ça va représenter quatre centimes de plus par kilo de pâtes. On en consomme 9,1 kg [...] ça fait 36 centimes par an par personne. »

En France, le prix du blé dur a déjà augmenté d’environ 30% sur un mois, à 110 euros la tonne, indique la FNSEA dans une note interne consultée par l’AFP. Si le prix du blé dur augmente dans une telle proportion sur l’année, le syndicat majoritaire des agriculteurs prévoit ainsi une hausse de 12 centimes par kilo de pâtes, soit un total d’un peu plus d’un euro par an et par personne en moyenne.

.Le Sifpaf (syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires) et le CFSI (Comité français de la semoulerie industrielle) demandaient dans un communiqué commun aux distributeurs de répercuter « l’explosion du prix du blé dur dans les prix de vente ».

 

Céréales : prix du blé en hausse

Céréales : prix du blé en hausse

La situation météo internationale fait monter le prix du blé car les récoltes ne seront pas aussi importantes qu’attendu dans certains pays. En France par contre les perspectives sont bonnes pour 2021

On s’attend en effet en France  à une augmentation due notamment à une forte hausse des surfaces (16 %) par rapport à une année 2019/20 marquée par des pluies diluviennes qui avaient touché une grande partie ouest de l’Hexagone, empêchant nombre de céréaliers de semer des cultures d’hiver. Les rendements sont également attendus en forte progression.

Le «Soft Red Winter» (SRW), variété cotée à Chicago, a gagné 13% en une semaine, pour atteindre des niveaux qu’il n’avait plus connus depuis la mi-mai. Selon Jack Scoville, de la maison de courtage Price Futures Group, le marché a aussi été sensible à une rumeur de relèvement de la demande chinoise, qui s’apprêterait à acheter davantage de blé d’hiver américain. Cette hausse inattendue des importations serait en grande partie liée aux graves inondations qui ravagent actuellement l’est de la Chine, en particulier la province du Henan, l’une des grandes régions de culture du blé, ce qui devrait affecter les rendements.

Le boisseau de blé pour livraison en septembre a fini à 7,1075 dollars contre 7,0050 dollars mardi, en progression de 1,46%. Le boisseau de maïs (environ 25 kg) pour livraison en décembre a terminé à 5,6850 dollars contre 5,6575 dollars à la clôture précédente, en hausse de 0,48%. Le boisseau de soja (environ 27 kg) pour livraison en novembre a conclu à 13,8975 dollars contre 13,8850 dollars, quasiment stable (+0,09%).

«Le blé français : un enjeu pour le futur».

«Le blé français : un enjeu pour le futur».

 

Sébastien Abis,  directeur du Club Déméter et chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), développe l’enjeu de la production de blé français dans l’Opinion. Sébastien Abis est aussi codirecteur de l’ouvrage annuel Le Déméter, qui explore les grandes thématiques agroalimentaires mondiales

 

 

En raison d’un excès de pluie à l’automne 2019, au moment des semis, et d’un printemps 2020 trop sec qui ont impacté les rendements, la dernière moisson en blé de la France n’est pas très élevée : 29,2 millions de tonnes (Mt). C’est la seconde moins bonne depuis le début du XXIe siècle ; la moyenne annuelle des vingt dernières années se situant à 35,6 Mt. Pour autant, trois considérations doivent être faites pour contrer certains discours négatifs qui circulent actuellement à propos de la filière blé, qui reste l’un des fleurons de l’agriculture française.

Le premier rappel insiste sur le contexte global. En 2020, sur la planète, ce sont 760 Mt qui sont produites. Un chiffre record, à comparer avec les 600 Mt de la production mondiale au début des années 2000. Si la Chine et l’Inde sont les deux premiers pays producteurs, avec 135 et 105 Mt respectivement, c’est ensuite la Russie, avec 80 Mt qui occupe la troisième marche du podium. Dans le cadre de son réarmement agricole, Moscou a pleinement misé sur son potentiel céréalier. Le pays produit deux fois plus de blé aujourd’hui qu’il y a 20 ans.

Il ne faut pas oublier les États-Unis, avec 50 Mt, puis le Canada à 30 Mt et l’Ukraine à 27 Mt. Surtout, il convient de préciser que dix pays réalisent à eux seuls 80% de la production mondiale de blé, alors que ce produit est consommé sur tous les continents, quotidiennement et plusieurs fois par jour. Ces chiffres permettent donc de situer la place de la France à l’échelle globale. Notre pays est le 5e ou 6e producteur selon les années, mais figure bien dans cette catégorie de nations céréalières privilégiées.

Nous ne saurions être complets si nous ne mentionnons pas le fait que l’Union européenne constitue la première puissance en blé de la planète, avec une récolte qui oscille entre 130 et 150 Mt par an. C’est le résultat d’une Union à 27 Etats membres : libre à chacun d’interpréter ce que cela confère en avantage stratégique dans le monde contemporain.

Surplus. Mais revenons au cas de la France, pour ajouter son rang à l’export. Les deux géants chinois et indien produisent du blé pour nourrir une population colossale. Ce ne sont pas des exportateurs de blé, à la différence de la France, qui peut consacrer en moyenne la moitié de sa récolte au commerce vers les pays européens ou plus lointains. Avec des besoins domestiques de 20 Mt environ, la France dispose de surplus mobilisables à l’export conséquents chaque année, la positionnant au 4e ou 5e rang mondial ces dernières années, derrière la Russie, les États-Unis, le Canada et parfois l’Ukraine. En outre, la qualité des blés confère à la France une notoriété réelle sur les marchés internationaux, tout comme elle satisfait aux attentes des consommateurs d’ici et d’ailleurs.

Le second rappel concerne le temps long. D’abord, la France n’a pas toujours été autosuffisante en céréales. Elle importait massivement du blé depuis l’étranger jusque dans les années 1960, en particulier des anciennes colonies nord-africaines. Sa production n’était que de 10 Mt. C’est l’ambition d’indépendance alimentaire alors fixée à l’époque, tant dans l’Hexagone qu’au niveau européen, qui offre un cadre politique aux agriculteurs prévisible et stimulant. La hausse des rendements développe la performance céréalière de la France, qui devient le premier producteur européen et ne quitte plus depuis ce rang. Ensuite, sur le temps long, nous pouvons dépasser les chiffres des moissons estivales ou des moyennes annuelles.

Petit pays. Raisonnons un instant en dynamiques. La France a produit 750 Mt de blé au XXIe siècle, soit l’équivalent de la récolte mondiale 2020. Pas mal pour un si petit pays, où les surfaces dédiées au blé s’avèrent dix fois inférieures à celles de Russie qui s’est réarmée depuis deux décennies en matière agricole et céréalière. Mais, avec 1 170 Mt produites depuis vingt ans, la Russie n’écrase pas radicalement la France si l’on prend soin de regarder les choses sur la durée. La réalité, c’est que l’écart se creuse entre les deux pays depuis le début des années 2010. La Russie a produit 300 Mt de blé de plus que la France, là où le différentiel n’était que de 100 Mt au cours de la décennie 2000.

Les changements climatiques et réglementaires, le poids de la fiscalité et un soutien des pouvoirs publics sans doute moindre que par le passé fragilisent les performances céréalières ces dernières années en France. Là où la Russie investit et accélère, la France a plutôt eu tendance à hésiter et à stagner. C’est la photographie des dix dernières années, mais dont l’impression est bien moindre si l’on regarde la dynamique sur vingt ans.

Et comme en géopolitique le temps long compte énormément, il convient de ne pas démultiplier les messages négatifs sur la France du blé car dans la durée, c’est avec du positif que nous devons l’évaluer. Les chiffres de production et à l’export ont un sens. Quand on parle de blé, la taille de la France grossit considérablement sur un planisphère. Au moment où nous prétendons être une puissance repère dans le monde, il est sans aucun doute opportun de pouvoir nommer des domaines dans lesquels la France représente concrètement un point de repère.

Le troisième rappel porte sur le rôle de la géographie. Alors que le débat est vif sur la mondialisation et l’étirement parfois excessif des flux de marchandises, il faut valoriser la régionalisation du commerce céréalier de la France. Celle-ci est premièrement européenne, puisque ce sont en moyenne 6 à 8 Mt qui sont exportées chaque année dans les pays communautaires depuis le début du siècle. Mais la régionalisation est également méditerranéenne, puisque cet espace représente un marché comparable à celui de l’UE. A l’échelle du globe, la France du blé pratique donc plutôt le circuit court !

Cela ne l’empêche pas de vendre des quantités en Afrique de l’Ouest et parfois à la Chine mais, là encore, les statistiques sur deux décennies sont implacables : la France a exporté 335 Mt de blé au total, 155 Mt vers les pays européens, 125 Mt vers le Sud et l’Est du bassin méditerranéen. Et soyons plus précis vis-à-vis de ces voisins méridionaux. Quatre pays (Algérie, Égypte, Maroc et Tunisie) ont importé 110 Mt de blé français en 20 ans, dont 60 Mt pour la seule Algérie. L’Afrique du Nord, c’est donc en moyenne 35% à 40% des exportations totales de la France chaque année.

Pour le dire autrement, un hectare de blé sur cinq récolté en France se retrouve consommé de l’autre côté de la Méditerranée. Cette mer apparaît souvent comme une zone de fractures. Elle est aussi un espace de coopérations et de solidarités dans des secteurs indispensables à la vie des populations.

D’ailleurs la France, malgré la crise de la Covid-19 et les contraintes inévitables que cela a posées en termes de logistique, a su être au rendez-vous de ces engagements et des besoins des pays méditerranéens. Notre pays ne s’est pas replié sur lui-même et n’a pas suspendu le commerce de produits de première nécessité. L’exportation de blé sur la campagne 2019-2020 qui vient de s’achever a été record vers les pays tiers : 13,5 Mt, dont 8,5 vers les quatre pays nord-africains. Entre les hinterlands céréaliers, les opérateurs de la filière et les principaux terminaux portuaires (Rouen, Dunkerque, La Pallice), les activités furent intenses pour rapprocher la terre et la mer, et donc l’offre hexagonale de la demande européenne, méditerranéenne, voire asiatique (1,6 Mt vers la Chine). En somme, le blé français n’a pas vécu de confinement.

A ces éléments géographiques depuis deux décennies feront écho de probables variables déterminantes à l’avenir. Pour lutter contre les émissions de CO2, la vitesse des navires devrait se réduire. Or les frais de transport entrent pleinement dans la composition du prix des approvisionnements de matière première comme le blé. La proximité géographique pourrait donc jouer un rôle accru.

De même, la France ne peut ignorer que l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient constituent la région la plus fortement dépendante des marchés internationaux pour se nourrir. Les besoins céréaliers s’accroissent. Les importations de blé y sont passées de 30 à 60 Mt par an au cours des deux dernières décennies. En raison des chocs météorologiques, des stress hydrique et foncier, et sans parler de potentiels nouveaux soubresauts politiques, ces pays du sud et de l’est de la Méditerranée compteront sur les rares nations produisant et exportant du blé. C’est l’histoire au futur. Reste à voir si la France veut ou non en écrire encore quelques pages.

Un dernier rappel mérite aussi d’être fait : les Français ne manqueront pas de blé cette année. Même avec une récolte dégradée en dessous des 30 Mt, c’est largement suffisant pour couvrir tous les besoins du marché national. Le prix du pain n’augmentera pas, la farine sera présente dans les commerces et la sécurité alimentaire de base sera garantie dans notre pays. Il est parfois utile que cela soit dit. Mais cela ne doit pas non plus masquer la situation difficile dans laquelle se trouvent certains agriculteurs céréaliers, dont la moitié pourrait ne pas dégager de revenus en 2020.

Et cela aussi, il faut le souligner : la France ne saurait durablement rester une grande nation céréalière sans agriculteurs à même de nourrir sa puissance. A ce titre, précisons que l’objectif de souveraineté alimentaire fixé dans le plan de relance passe, certes, par la réduction de dépendances envers l’extérieur, mais aussi et surtout par de la constance dans les domaines où la France agricole s’avère indépendante et sait rayonner à l’international.

 

Blé : des récoltes abondantes mais qui font s’écrouler les cours

Blé : des récoltes abondantes mais qui font s’écrouler les cours

 

Dans un contexte de canicule, on s’est évidemment réjoui d’une récolte assez exceptionnelle pour les blés en 2019. Les céréales n’ont en effet pas eu trop à souffrir de la sécheresse qui est intervenue un peu avant les moissons. Du coup les céréaliers ce réjouissaient de cette situation. Le problème c’est que les moissons ont été également exceptionnelles dans bien d’autres pays et en particulier dans les pays de l’Est. Une année m^me exceptionnelle pour les moissons. Pour la France malgré la sécheresse, les 250 000 céréaliers ont récolté 38,2 millions de tonnes de blé tendre, la principale céréale cultivée dans le pays. Il s’agit du meilleur résultat après le record de 2015. Pourtant, les agriculteurs sont inquiets car les moissons ont été très bonnes aussi dans les pays de l’Est et les récoltes massives font baisser les prix. Il est probable que compte tenu de l’offre disponible les prix des céréales et en particulier du blé seront inférieurs en 2009 à ce de 2018, une baisse de l’ordre de 40 euros (Blé tendre 09/2019 165,5€, Chicago au 20 aout).

Ce qui est énorme compte tenu déjà de la baisse de rentabilité en France. Du coup nombre de céréaliers, les petits et moyens, risquent  de voir leur situation encore se détériorer. Cela pose évidemment la question du mode de production industrielle (en 2019 le rendement est près de 80 quintaux à l’hectare pour le blé tendre). Il y a la concurrence des pays de l’Est qui fausse les conditions par rapport à l’union européenne et la France en particulier. Avec la perspective du CETA accord commercial, avec le Canada et plus tard du Mercosur, accord commercial avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay, l’environnement concurrentiel va encore se dégrader. La situation deviendrait alors non seulement pour les producteurs de viande mais aussi pour les céréaliers.

Hausse des cours du blé, du maïs et du soja

Hausse des cours du blé, du  maïs et du soja

 

Une hausse des cours du maïs, du blé et du soja pourrait être la conséquence de la sécheresse qui a servi aux États-Unis. Les pluies récentes ne permettront sans doute pas d’obtenir le niveau de production attendu. Les conséquences pourraient être mondiales car nombre d’autres régions ont également été concernées par la sécheresse.

Blé : record de production mondiale de blé

Blé : record de production  mondiale de blé

 

La France n’a vraiment pas eu de chance avec sa production de blé notamment du fait de la sécheresse. Sa  productions a rarement été aussi faible et les prix aussi bas du fait du record de production mondiale. L’année dernière, la récolte de blé française avait atteint un niveau exceptionnel de 40,4 millions de tonnes. En 2016, il s’agira d’un nouveau record, négatif cette fois, pour l’Hexagone : les agriculteurs n’ont pas connu d’aussi mauvaise moisson depuis la grande sécheresse qui a touché la France en 1976. Mais en 2016, il faudra se contenter de 32 millions de tonnes environ.  Déjà annoncée comme record, la production mondiale de blé passe de 751,2 millions de tonnes (Mt) à 752,7 Mt, grâce une augmentation de 1,6 Mt en Argentine, de 500.000 tonnes en Russie, et de 300.000 tonnes en Union européenne. L’USDA souligne que le stock de report américain (une fois comptabilisé les stocks de départ plus la production, moins les importations et exportations et la consommation intérieure) va « atteindre un niveau record jamais atteint depuis la fin des années 1980″, à 253,3 Mt. Cependant, ces éléments ont été en grande partie occultés pour les analystes par l’annonce du premier chiffre officiel des surfaces plantées en blé d’hiver aux Etats-Unis « en baisse de 10%, au plus bas depuis 1909″, a déclaré Alexandre Boy analyste au cabinet Agritel. Les prix à la Bourse de Chicago sont « au plus bas depuis 2005″, indique le rapport.  »Avec des prix 30% en dessous des coûts de production, cela n’incite pas les producteurs américains à faire du blé en ce moment », selon M. Boy qui estime que c’est un facteur « haussier pour le marché ». Les Etats-Unis, premier producteur mondial de maïs ont revu à la baisse de 2 Mt la production à 384,7 Mt, entrainant une révision à la baisse de la production mondiale de maïs, quasi équivalente, à 1.038 Mt. Le géant américain a également revu à la baisse sa production de soja à 117,2 Mt, « un signal positif pour les marchés, alors que les opérateurs tablaient plutôt sur une augmentation », selon M. Boy. Cet élément est tout de même compensé par une révision à la hausse de la production de soja au Brésil de 2 Mt à 104 Mt, portant la production mondiale à 337,8 Mt, en baisse de seulement 150.000 tonnes par rapport au moins précédent.

 

Blé-maïs : maintien des cours

Blé-maïs : maintien des cours

 

Une bonne nouvelle pour la France dont la production s’est révélée relativement faible en raison de la sécheresse.  Hier, le cours de la tonne de blé progressait de 75 centimes d’euro sur l’échéance de décembre, à 164,75 euros et était inchangé sur celle de mars à 168,75 euros, dans un volume d’échanges très soutenu de plus de 31.000 lots. « Des gens qui attendaient que le plancher casse à 160 euros », se sont finalement décidés à acheter, selon un analyste du cabinet Inter-Courtage, qui relevait le regain de compétitivité persistant du blé européen, dû à la faiblesse récurrente ces derniers jours de l’euro face au dollar.  »L’euro, en faiblissant comme ça, a apporté un peu de compétitivité chez nous », soulignait cet analyste, qui constatait que le maïs suivait le blé dans cette tendance. Le maïs, lui, était inchangé sur le contrat de janvier, à 164 euros, et gagnait 25 centimes d’euro sur l’échéance de mars, à 166 euros, dans un volume d’échanges assez faible de quelque 470 lots.  »En maïs, les cours évoluent peu, malgré une récolte française qui pourrait ne pas dépasser les 11,5 millions de tonnes », selon les analystes d’Agritel.

 

Trop de blé de mauvaise qualité

Trop de blé de mauvaise qualité

 

 

D’après un article de BFM la récolte de blé sera exceptionnelle au plan mondial, l’inverse en France du fait des conditions climatiques. Le paradoxe cependant c’est qu’au plan international on risque de manquer de blé de bonne qualité, celui notamment destiné à la fabrication du pain. Ou les limites du productivisme qui affecte la nature des productions. Un phénomène pas vraiment nouveau qui appauvrit cependant à la fois les producteurs et le contenu des produits. Après avoir craint de mauvaises récoltes, les agriculteurs du monde se retrouvent avec de gigantesques stocks de grains. Contrairement à ce que les observateurs du marché des céréales avaient anticipé l’année dernière, les prix du blé notamment sont en train de dégringoler, sur fond de récoltes record. C’est un scénario totalement inattendu qui est en train de se jouer sur le marché des céréales. L’année dernière, avec l’abondance des phénomènes climatiques spécifiques, El Nino entre autres, et des prévisions météo très peu encourageantes, l’ensemble du monde agricole s’attendait à de mauvaises récoltes et a des cours qui auraient dû se tendre cette année. C’est pour cela que les céréaliers du monde ont tenté par tous les moyens de compenser, en plantant nettement plus que prévu, afin que les récoltes ne soient pas trop mauvaises, car ils anticipaient beaucoup de pertes. C’est précisément l’inverse qui s’est produit. Malgré quelques cas particuliers comme les inondations en France notamment, l’année s’est au contraire très bien passée. Pas de froid excessif lors de la saison hivernale, un taux d’humidité optimal et un très bon rendement des surfaces cultivables. Le résultat, selon la FAO, l’organisme agricole de l’ONU: une situation de très nette surproduction qui va perdurer. À vouloir trop prévenir, les producteurs ont trop planté et trop produit. Le prix standard du boisseau de blé est donc tombé à 3,83 dollars à Chicago, son plus bas niveau enregistré depuis 2006. Les prix du maïs et du soja, eux aussi, signent des plus bas pluriannuels, par effet d’entraînement. Mais c’est bien le blé qui reste dans une situation inquiétante pour beaucoup d’observateurs. Car ce ne sont pas des récoltes simplement meilleures qu’attendues, qu’ont réalisé les agriculteurs. Mais des récoltes record dans certains cas. Pour les mois d’hiver, les États-Unis ont engrangé 45 millions de tonnes de blé, une hausse de 21% sur un an. Le Canada est sur le point de signer sa 2ème meilleure récolte en 25 ans, avec 30,5 millions de tonnes. Et cela ne touche pas que le continent américain: l’Australie va même récolter 26,5 millions de tonnes, la meilleure depuis 5 ans, et la Russie, avec 70 millions, va devenir cette année le plus grand exportateur mondial de cette céréale… alors qu’il y a quelques décennies, le pays était même obligé d’importer du blé américain pour subvenir à ses besoins! Au total, le monde agricole aura produit cette année autour de 743 millions de tonnes de blé, selon les chiffres de l’International Grains Council. Un niveau record, avec une hausse de 1% sur un an. Les observateurs notent tous les signes d’un marché surapprovisionné: les producteurs commençant même à travers le monde à connaître des problèmes de stockage, laissant parfois le blé stocké à l’extérieur des silos, tant ils sont déjà pleins. Pour autant, cette forte baisse des prix signifie-t-elle une baisse des revenus pour les agriculteurs, et une baisse des produits alimentaires de base? Pas si sûr, répondent les experts. Car la vraie problématique quand il est question de blé est celle de la qualité. Et là aucune prévision possible… Le moment de la récolte étant le plus souvent la grande inconnue. Si le blé de bonne et très bonne qualité est employé pour la fabrication de la farine de boulanger, la farine de qualité moyenne ou basse est rachetée à prix plus modéré par les grands industriels de l’agro-alimentaire, pour fabriquer gâteaux et viennoiseries de base. Et pour l’instant, même si le marché manque de chiffres précis, les indicateurs semblent vouloir montrer que le blé de moyenne et basse qualité va être le plus abondant. Et là, on n’est plus dans une « simple » situation de surapprovisionnement: on va vers un marché agro-alimentaire mondial déséquilibré, avec un déficit de matière première pour les produits de qualité supérieure, et une surabondance de blé à faible valeur ajoutée. « Si on en croit les dernières indications », remarque le cabinet d’analyse américain US Wheat Associates, « on est endroit de se demander s’il y aura même assez de ‘bon blé’ pour tout le monde cette année. Et d’une situation de surapprovisionnement général, on pourrait assister à une situation de pénurie sur le blé de qualité ». De quoi prévoir une volatilité des cours sans doute jamais vue sur la fin d’année.

(Avec La Tribune)

Crise agricole : blé, volailles, œufs, lait, porcs

Crise agricole : blé, volailles, œufs, lait, porcs

Dernier mauvais coup en date, la décision ex-abrupto de la Commission européenne jeudi de supprimer les subventions aux exportations de volailles, insoutenable pour une filière déjà mal en point même si la France était le dernier bénéficiaire de ce système pour lui permettre de contrer la concurrence du Brésil.   »C’est une catastrophe: on a 5.000 emplois au tapis dans les trois mois », a affirmé à l’AFP Christian Marinov, président de la Confédération française avicole (CFA) qui convient que l’affaire était dans les tuyaux mais pour plus tard, à l’automne.  Sur les principaux marchés du poulet congelé à l’export, en particulier le Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Jordanie, Émirats), les volatiles français subissent la concurrence très forte du Brésil, « 30 à 50% moins cher », a expliqué M. Marinov. « Cela nous fait très mal ». Il parle même d’un « coup de poignard dans le dos ».  Les groupes Doux et Tilly-Sabco, principaux exportateurs de volaille en Europe, comptent plus de 2.000 salariés travaillant à l’export, selon une source proche de la filière.  En vérité, sans ces « restitutions » européennes, qui ont représenté plus de 55 millions d’euros (pour 264.754 tonnes) sur les 12 derniers mois (à 93% pour la France), le poulet français n’a aucune chance. Or, a souligné Xavier Beulin, le président de la puissante FNSEA, « au-delà de ces deux entreprises, c’est toute la filière avicole qui risque de ressentir l’onde de choc ».   »On a 2,5 millions de mètres carrés qui produisent du poulet pour l’export: qu’en fait-on? » a-t-il demandé.  M. Beulin, qui a décidé d’en appeler au chef de l?État, explique comme les équilibres du marché sont fragiles: imaginons, dit-il, que 10 à 20% des éleveurs qui travaillaient pour l’export se redéploient sur le secteur « premium » des poulets à label: « On déstabilisera tout », a-t-il conclu.  Simultanément, le secteur de la volaille est aussi confronté à une surproduction d??ufs et à l’effondrement des cours. Les producteurs qui ont investi l’an passé pour mettre leurs installations aux normes européennes du bien-être animal -provoquant pendant les travaux un déficit- élèvent aujourd’hui trop de poules - »un bon 5% », selon M. Marinov.  Résultat: un ?uf qui coûte 6,50 centimes d’euros à produire est payé 4,50 aux quelque 3.000 producteurs français. Et pendant ce temps les importations continuent à bas coût, en provenance d’Espagne notamment. Or la consommation reste stable.   »C’est vrai qu’entre la volaille, le porc, les oeufs et le lait, on a quatre filières en crise profonde », a confirmé M. Beulin.  Les producteurs de lait qui ont obtenu en avril une revalorisation des prix de 25 euros pour 1.000 litres, loin de rattraper la hausse d’environ 30% des couts de l’alimentation animale, restent sur leur faim.   »Tout le monde est dans la confrontation », indiquait vendredi à l’AFP le médiateur du ministère sur les prix agricoles, qui a dû convoquer les différents acteurs ce mois-ci pour calmer les esprits. La Fédération de l’industrie laitière a même dénoncé « un climat perpétuel de lutte de classe » pour illustrer les tensions en cours.  Au total, ce sont toutes les filières animales qui souffrent. En rendant les conclusions de leur mission d’information sur la viande, jeudi, les sénateurs alignaient les « chiffres inquiétants » des filières concernées: 2 millions de porcs produits en moins sur la décennie; 44% des poulets consommés sont aujourd’hui importés (contre 8% en 1990); quant aux effectifs de bovins ils ont baissé de 20% et ceux d’ovins de 31% en 20 ans.  Mais, quand l’élevage décline, toute la filière industrielle est à la peine: « Le secteur de l’abattage-découpe est en surcapacité » constatent les sénateurs. Or, rappellent-ils, l’industrie de la viande en France représente près de 5.000 entreprises et 230.000 employés. Dont bon nombre risquent de passer un été avec un moral à marée basse.

 

Blé OGM : plainte contre Monsanto

Blé OGM : plainte contre Monsanto

Un agriculteur américain a porté plainte contre le géant de l’agrochimie Monsanto, l’accusant de « négligence grossière » et demandant à être indemnisé de pertes de revenus à la suite de l’annonce de la découverte de blé OGM développé par Monsanto aux Etats-Unis. La plainte d’Ernest Barnes a été enregistrée lundi dans le Kansas, un Etat agricole du centre des Etats-Unis qui exporte 90% de sa production de blé. « Nous nous attendons à ce que d’autres plaintes soient bientôt déposées » sur le même sujet et « il est probable qu’elles soient consolidées » en plainte en nom collectif, a déclaré mardi à l’AFP Warren Burns, avocat de l’agriculteur. M. Barnes demande à être indemnisé à hauteur d’ »au moins 100.000 dollars » pour les pertes qui pourraient survenir d’un impact sur les cours des contrats à terme sur le blé, qui déterminent le prix des contrats à l’exportation. Cette plainte intervient après la découverte, la semaine dernière, de blé OGM, neuf ans après l’arrêt d’un programme de recherche de Monsanto. Les cours du blé ont reculé immédiatement après cette découverte, avant de rebondir par la suite. Le volume des exportations pourrait pâtir de cette découverte. Depuis mercredi, le Japon et la Corée du Sud ont en effet suspendu une partie de leurs importations de blé américain et l’Union européenne a demandé à ses Etats-membres de tester leurs importations de blé américain et de ne pas les mettre en vente si elles comportaient du blé OGM.

 

 

 

 

 

Blé et maïs : baisse des cours pour 2013 ?

Blé et maïs : baisse des cours  pour 2013 ?

Contrairement à 2013, les cours du blé et du maïs pourraient bien baisser en 2013. Les Etats-Unis prévoient en effet une récolte « record » de maïs dans le monde et de blé en hausse de 3% pour la campagne 2013/2014 après les difficultés consécutives à la sécheresse l’an dernier, selon les estimations du ministère de l’Agriculture (USDA) publiées ce vendredi 10 mai. La récolte de maïs atteindrait 966 millions de tonnes et celle de blé 701 millions de tonnes, selon les premières estimations de l’USDA.

 

Maîs, blé, soja : envol des prix et risque de crise alimentaire surtout en Afrique

Maîs, blé, soja : envol des prix et risque de crise alimentaire surtout en Afrique

 

En un mois, les prix du maïs, du blé et du soja se sont envolés de 30 ou 50%, atteignant ou dépassant leur niveau de 2007-08 et faisant resurgir le spectre d’une crise alimentaire et des émeutes de la faim. « Alors qu’il y a quelques semaines nous étions optimistes, la situation s’est retournée d’un seul coup et nous sommes maintenant inquiets », reconnaît Abdolreza Abbassian, économiste pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il y a encore peu, la récolte mondiale de blé était attendue en léger recul mais tous les experts pensaient que ce serait compensé par une production record de maïs. Las, la sécheresse américaine a balayé toutes ces prévisions optimistes. Depuis le début du mois de juin, les grandes plaines agricoles américaines sont soumises à des températures extrêmes et un sévère manque d’eau, ce qui endommage les cultures notamment de maïs et de soja. Et les Etats-Unis restent un acteur incontournable dans le monde agricole: ils représentent plus de la moitié des exportations de maïs dans le monde, un quart de celles de blé et un tiers de celles de soja. « Les stocks mondiaux de céréales disponibles sur le marché sont à leur plus bas niveau historique. Le garde-manger n’est plus aussi rempli », a reconnu Marc Sadler, un expert de la Banque mondiale. Conséquence: les prix flambent et atteignent des niveaux proches voire supérieurs dans certains cas à ceux de 2008, année où les pays importateurs les plus pauvres avaient été secoués par des émeutes de la faim. « S’il est trop tôt pour s’inquiéter outre mesure, la Banque mondiale surveille la situation de près pour évaluer les impacts potentiels pour nos clients », a précisé M. Sadler. Déjà en alerte, les organisations internationales s’accrochent néanmoins à quelques signaux positifs et notamment la situation du riz. Cette céréale dont trois milliards d’humains dépendent devrait enregistrer une production record cette année et les prix ne suivent pas ceux du blé et du maïs. « Nous allons avoir une saison difficile mais si cela ne se dégrade pas davantage nous devrions éviter la situation de 2008″, estime M. Abbassian. Toutefois, les nouvelles venues des Etats-Unis sont de plus en plus alarmantes: les experts estiment que la canicule pourrait perdurer tout l’été et même jusqu’en octobre, grignotant donc encore un peu le potentiel des cultures et poussant probablement les prix vers des niveaux jamais atteints. En mars, la FAO estimait déjà que la facture en céréales des pays pauvres importateurs atteindrait un niveau record en 2012. Avec des cours qui explosent et un taux de change défavorable, l’addition risque de devenir réellement insupportable pour ces pays. « La hausse actuelle des prix est une catastrophe pour les pays d’Afrique de l’Ouest déjà dans une situation désastreuse », explique Malek Triki, porte-parole du programme alimentaire mondial dans cette zone. En juillet, les prix des céréales ont atteint leur plus haut niveau de l’année, mettant à mal les ménages dont les réserves ont été épuisées depuis longtemps, relate celui-ci. « Alors que 18 millions de personnes souffrent déjà de la faim dans le Sahel, cette flambée est très alarmante », confirme Clara Jamart d’Oxfam France. Pour l’ONG, malgré la prise de conscience en 2008 après les émeutes de la faim et les tentatives du G20, rien n’a été réglé. « La situation alimentaire est tellement tendue qu’il suffit de n’importe quel aléa dans un grand pays producteur pour que tout bascule et que tout s’emballe. Nous n’avons pas réglé le problème et, pour ne rien arranger, la spéculation est toujours là ».

 




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