Archive pour le Tag 'Bitcoin'

Une régulation nécessaire du «spéculatif» bitcoin pour Christine Lagarde

Une régulation nécessaire du «spéculatif» bitcoin pour Christine Lagarde

 

Petit à petit les Banques centrales se réveillent pour constater la spéculation relative des cryptomonnaies  comme le bitcoin. Il serait temps car cette spéculation est très malsaine et pourrait un jour en s’écroulant contaminer l’ensemble du système financier. Par ailleurs ,il y a l’enjeu stratégique de la souveraineté monétaire.

 

En effet les protagonistes des monnaies virtuelles entendent remettre en cause la souveraineté monétaire des pays. On n’y substituerait des cryptomonnaies  qui ne serait plus contrôlées par les Etats et donc aux mains des financiers et des spéculateurs.

 

Comme d’autres banquiers centraux ces derniers temps, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, appelle à un encadrement du bitcoin. La cryptomonnaie est un «actif spéculatif, qui a servi à des affaires bizarres et certaines activités de blanchiment d’argent totalement répréhensibles», a-t-elle déclaré, mercredi, lors d’une conférence organisée par l’agence Reuters. «Il doit y avoir une réglementation. Il faut l’appliquer et s’accorder sur ce point au niveau mondial car, s’il y a une échappatoire, celle-ci sera utilisée», a poursuivi la gardienne de l’euro.

 

Les évolutions du bitcoin ont reflété ces derniers jours ce caractère très spéculatif. Enfonçant les records les uns après les autres, il a dépassé successivement les 20.000, les 30.000 puis les 40.000 dollars, avant de plonger de quelque 20% dans la journée de lundi. Sur l’ensemble de l’année 2020, le cours du bitcoin a quadruplé.

Rebond du dollar…… et du bitcoin

Rebond du dollar…… et du bitcoin

Il faut encore s’attendre à des mouvements de yo-yo pour le dollar mais aussi pour le bitcoin. Le dollar a augmenté au cours de quatre des cinq dernières séances de négociation alors que la perspective de nouvelles mesures de relance a pesé sur les obligations d’État américaines, faisant passer le rendement de référence du Trésor au-dessus de 1% pour la première fois depuis mars.

Le Bitcoin a également conservé les gains de 10% réalisés mercredi en rebondissant après avoir glissé de près de 12000 dollars par rapport à un sommet historique de 42000 dollars atteint la semaine dernière.

Cependant, de nombreux analystes s’attendent à ce que le rebond de la devise soit temporaire, car il y a une accumulation de positions baissières sur le dollar .

Bitcoin : des records en hausse et en baisse

Bitcoin : des records en hausse et en baisse

 

Il y a peine quelques jours le bitcoin  a franchi la barre symbolique des 40 000 dollars. ,

Il ne faut sans doute pas confondre totalement la technologie Blockchain et la monnaie numérique. La technologie Blockchain permet dans différents secteurs et pas seulement sur le plan monétaire des opérations particulièrement complexes, sures et à l’abri de toute manipulation. Le bitcoin et les autres monnaies numériques s’appuient sur cette technologie. La question est de savoir quel sera l’avenir de cette monnaie qui fait l’objet depuis sa création d’une énorme spéculation. Certains considèrent y compris dans le monde bancaire qu’il  il s’agit de la monnaie d’avenir. Une monnaie internationale qui sera à l’abri des aléas économiques et financiers des Etats tout autant que de la gestion des banques centrales.

 

En fait un moyen d’enlever la souveraineté monétaire aux Etats, c’est-à-dire une grande partie tout simplement de sa souveraineté. Ces monnaies numériques seraient aussi une sorte de valeur refuge un peu comme l’or.

En 2020, le prix a quadruplé, et même avec la correction des dernières heures, le bitcoin reste en hausse de plus de 20% depuis le début de l’année. Vendredi, il s’est aventuré autour de 42.000 dollars. «Quoi que vous pensiez de l’avenir des cryptomonnaies, il ne faut pas nier qu’il s’agit d’actifs très volatils, et sont donc parmi les plus risqués» des investissements, a commenté Laith Khalaf, analyste chez AJ Bell. Le régulateur du marché britannique, la FCA, a d’ailleurs publié lundi un avertissement: «si les consommateurs investissent (dans les cryptomonnaies), ils doivent être préparer à perdre tout leur argent».


Bitcoin : la spéculation continue

Bitcoin : la spéculation continue

 

 

Un nouveau record pour le bitcoin à 40 000 $ mais immédiatement suivi d’une chute de 5 %. Les gros opérateurs ont commencé à ramasser la mise. Certes, la technologie blockchaîn n’est pas en cause, elle permet de traiter avec sûreté, rapidité sans intermédiaire nombreux d’informations dans de nombreux secteurs et pas seulement dans la finance. Le bitcoin est l’une de ces applications.

Il s’agit d’une monnaie virtuelle comme il en existe une centaine d’autres. Le problème politique fondamental,  c’est que les soutiens du bitcoin veulent s’affranchir des monnaies nationales. La monnaie virtuelle détiendrait ainsi une sorte de souveraineté mondiale qui mettrait les monnaies nationales en tutelle. Il y a aussi les simples spéculateurs qui poussent à la hausse en sachant très bien que les indices ne montent jamais au jusqu’au ciel et qu’il est bon de prendre ses bénéfices avant la chute.

 Notons aussi que les pays comme la Chine vont transformer tout simplement leur monnaie classique en monnaie virtuelle coupante ainsi toute perspective de monnaie privée. D’autres pays suivront car abandonner la souveraineté monétaire s’est abandonnés la souveraineté dans tous les autres domaines d’intérêt général.

Bitcoin jusqu’à $146.000, selon JPM…… ou écroulement !

Bitcoin jusqu’à $146.000, selon JPM…… ou écroulement !

La folie du bitcoin l’a fait plus que tripler de valeur au cours des six derniers mois pour atteindre un record à 34.800 dollars (28.380,36 euros) le 2 janvier. JP Morgan prévoit encore des envolés exceptionnelles sous réserve que les risques de volatilité se réduisent.

Autant dire que le bitcoin peut encore s’envoler ou s’écrouler. En cause,  le fait que nombre de pays envisagent de créer leurs propres monnaies numériques soit à côté de la monnaie classique, soi-même pour la remplacer comme en Chine. Dès lor,s  les monnaies numériques privées pourraient alors s’écrouler. De toute manière les pays ne laisseront jamais les monnaies privées s’approprier la souveraineté monétaire.

“Compte tenu de l’ampleur des placements dans l’or, s’il y a des sorties massives de l’or en tant que monnaie ‘alternative’, cela implique un gros potentiel de hausse pour le bitcoin sur le long terme”, ajoutent les spécialistes de la banque de Wall Street.

Le mouvement favorable pour le bitcoin pourrait être amplifié par l’arrivée des jeunes générations chez les investisseurs, plus sensibles à “l’or numérique” qu’aux traditionnels lingots, poursuivent-ils.

Selon JP Morgan si  la “ferveur spéculative actuelle” peut encore faire monter le bitcoin entre 50.000 et 100.000 dollars, de tels niveaux ne seront pas viables tant que la volatilité associée à cette cryptomonnaie ne se sera pas atténuée, préviennent-ils.

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Jacques Baudron, de l’Université Paris Sud pose la problématique des monnaies virtuelles à considérer comme des monnaies ou des jeux spéculatifs. Article de la Tribune

 

Du sommet de ses fragiles hauts et bas, le bitcoin domine  ( il vient d’atteindre 30 000 $ , un record NDLR, ).  Mais, nous prévient-on, le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque, et les monnaies virtuelles ne sont pas des créances. Que signifie cette affirmation ? Pour le savoir, il faut d’abord comprendre pourquoi une monnaie est une créance.

Les premières créances, des histoires d’orfèvres

Durant la première moitié du XVIIe siècle, les orfèvres font partie des rares métiers à même de tenir tête à l’aigrefin. Ils sont en effet dotés, pour leur activité, de coffres forts. Les riches négociants, particulièrement vulnérables, ont donc tôt fait de les solliciter pour y abriter leurs métaux précieux. L’affaire n’est évidemment pas gratuite : elle se fait contre une reconnaissance de dettes nominative et, bien entendu, une juste rémunération pour le service rendu. Sur présentation de ce papier, tout ou partie des métaux précieux déposés pouvait être retiré.

Les choses évoluant, les reconnaissances de dette deviennent anonymes et mentionnent seulement le montant d’or exigible en contrepartie. Les reconnaissances de dette étant bien plus faciles à manipuler que l’or, elles sont rapidement préférées pour les échanges de biens ou services. Ces billets, échangeables contre le poids d’or mentionné, constituent des créances.

Les orfèvres disposent en permanence dans leur coffre de réserves d’or qui dort. Les commerces quant à eux cherchent des fonds pour le développement de leurs activités et les deux parties trouvent rapidement un terrain d’entente sur la base de billets-reconnaissances de dettes identiques à ceux des déposants. Ces reconnaissances de dettes ont une vie éphémère : elles sont détruites dès libération de la dette.

Mise en place du mécanisme de création monétaire

Les orfèvres ne tardent pas à constater que l’or entre et sort mais que le niveau des stocks ne descend pas en dessous d’un certain seuil. Statistiquement, tous les emprunteurs ne présentent pas leur reconnaissance de dette au même moment. D’où l’idée de proposer plus de reconnaissances de dette qu’il n’y a d’or. Le total des montants inscrits sur les billets-reconnaissances de dette émis est supérieur au poids d’or chargé de le garantir. Le risque existe de se trouver démuni face à un afflux de demandes de remboursement, mais il est visiblement mesuré, puisque le système se développe. Cela dit, le modèle mis en place pour renflouer l’après-Louis XIV par John Law a tout de même montré en 1720 qu’une demande simultanée de tous les utilisateurs ne relève pas que de la théorie !

Le mécanisme de création monétaire est né. Quand un commerçant emprunte, il perçoit ses billets imprimés par l’orfèvre. La somme est reportée dans les registres. Des billets-reconnaissances de dette sont émis, et le niveau d’or dans les coffres ne change pas. Le commerçant utilise ces billets-reconnaissances de dette pour payer ses fournisseurs, qui les utiliseront à leur tour pour rémunérer des collaborateurs, qui pourront eux-mêmes les employer pour acheter du pain et ainsi de suite. La monnaie circule, et tous ces échanges ont pour point d’origine une simple écriture dans un registre…

L’histoire n’est pas finie : quand le commerçant rembourse sa dette, l’orfèvre détruit la reconnaissance de dette. Création monétaire et destruction monétaire se suivent avec un bilan non nul : l’activité du commerçant augmente et l’orfèvre touche des intérêts. Les trois attributs qui définissent la monnaie depuis Aristote sont là : elle est acceptée, divisible et durable. Acceptée, car la monnaie est garantie par la confiance que l’on a dans la réserve d’or. Divisible, car elle permet d’échanger des heures de travail contre du pain, puisque tous sont mesurés en unité de compte commune. Durable, car la monnaie a une certaine stabilité qui lui est donnée par sa référence à l’or. La quantité de monnaie nécessaire à l’acquisition de pain est la même – à l’inflation près – qu’on acquière cette denrée à un moment donné ou un an après.

Monnaie d’État, banque centrale et banques commerciales

Ce mécanisme est aujourd’hui utilisé par les états. Toutefois si dans un premier temps la monnaie s’appuyait effectivement sur une contrepartie en métal précieux, le glissement vers une valeur décrétée arbitrairement par l’État est désormais d’usage. La monnaie émise est dite fiduciaire, car elle demande de faire confiance à l’État. C’est lui qui décrète arbitrairement sa valeur. L’euro, par exemple, est l’équivalent de l’or pour les orfèvres. Leur rôle est aujourd’hui tenu par la Banque centrale européenne, qui émet les billets et pièces en circulation. L’État, de son côté, édicte deux règles : refuser la monnaie nationale en règlement d’une dette est illégal ainsi que s’acquitter de l’impôt avec une autre monnaie. Avec de telles règles, l’acceptation est plus facile…

Classiquement, dans un état la banque centrale émet la monnaie nationale et applique la politique monétaire du gouvernement. De leur côté, les banques commerciales distribuent la monnaie de la banque centrale et gèrent des services comme les prêts avec de la monnaie scripturale, c’est-à-dire dont les mouvements sont enregistrés dans les comptes. Un virement de cent euros ne signifie pas que cent euros en billets sont dans une boîte, c’est uniquement une écriture. Une autre écriture débitera le compte suite à un règlement par carte.

Globalement, la masse monétaire est créée à 95% par les banques commerciales et 5% par les banques centrales. La banque commerciale est légalement tenue de disposer d’une réserve de 1% de ses encours en monnaie d’État auprès de la banque centrale. Notons que la masse monétaire créée par l’obtention du crédit et détruite lors du remboursement couvre le principal, mais pas les intérêts. Ceux-ci devront être financés par ailleurs, typiquement par de nouveaux prêts.

Et les monnaies virtuelles ?

Si la monnaie scripturale vous permet à tout moment d’exiger de votre banque la contrepartie des écritures en monnaie nationale physique, rien de tel n’est proposé avec la monnaie virtuelle. La monnaie virtuelle ne conserve que les écritures. Par construction, seul persiste dans le processus l’aspect scriptural de la monnaie – toute transaction est inscrite de manière indélébile – mais sa totale indépendance vis-à-vis des autres monnaies l’empêche de s’appuyer sur une valeur ou monnaie quelconque. On dit également qu’il n’y a pas de valeur intrinsèque. L’expression « monnaie virtuelle » frise donc l’oxymore.

En effet, sans valeur intrinsèque aucune des 1.300 monnaies virtuelles ne répond à la définition aristotélicienne de la monnaie. Les monnaies virtuelles sont certes de mieux en mieux acceptées, et l’on ne peut nier qu’elles sont divisibles : elles permettent de mesurer la valeur des biens et de faire des comparaisons. Mais elles ne sont pas durables. En effet, la monnaie permet de différer un achat pour « plus tard », au meilleur moment. Encore faut-il que « plus tard » le pouvoir d’achat de cette monnaie soit du même ordre. Or, la définition de la monnaie virtuelle précise qu’elle ne s’appuie sur aucun élément qui assurerait sa stabilité. Cela étant posé, renier Aristote et dire que « le bitcoin est une monnaie » simplifie beaucoup les discussions…

Où pourrait se situer la valeur intrinsèque du volatil bitcoin s’il en avait une ? Pour ma part je vois deux pistes : les transferts de fonds rapides et les « ICO » (initial coin offering), qui consistent à proposer de participer au financement d’un projet non pas en entrant dans le capital ou en prêtant des fonds, mais en pré-achetant des services que le projet proposera. Ethereum pas exemple proposait des ether, Uber aurait pu proposer des courses, Air France des Miles. Les participations, très intéressantes dans la phase initiale, peuvent être échangées par la suite sur les marchés ; ces produits financiers sont connus sous le nom de token.

Une valeur tributaire de l’émotivité

En définitive, le cours du bitcoin est totalement mené par l’offre et la demande. Un achat est effectué en pariant sur le fait que « quelqu’un » sera prêt à racheter à un prix supérieur. S’agirait-il d’une sorte d’action ? Pas tout à fait. Une action est un acte de propriété avec droit de vote qui définit une valeur dont ne dispose pas la monnaie virtuelle. D’un type d’obligation ? Non plus, car une obligation est un prêt.

Au final, une monnaie virtuelle est sans référence. Il n’y a pas de valeur « raisonnablement » haute ou basse. Les fluctuations épousent l’humeur du moment, les émotions depuis l’engouement jusqu’au dépit en mouvements inattendus, voire surprenants. Son cours est imprédictible. Ce n’est pas parce qu’il est haut qu’il ne montera pas encore plus haut. Mais il peut aussi bien chuter.

______

Par Jacques Baudron, Chargé de cours technologies virtuelles licence MRT, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Bitcoin : des records aléatoires

Bitcoin : des records aléatoires

 

Les cryptomonnaies  notamment le bitcoin font l’objet d’une spéculation particulièrement dangereuse. Certes technologiquement la technique du Blockchain  permet d’assurer la gestion des informations – pas seulement financières – de manière rapide et très sécurisée. Pour autant l’avenir des cryptomonnaies n’est pas assurée d’autant que l’objectif est de se substituer aux monnaies classiques des pays ou zones.

 

Des pays qui n’accepteront jamais une remise en cause de leur souveraineté monétaire qui remettrait aussi en cause leur souveraineté dans tous les domaines. Une régulation interviendra nécessairement le moment venu et le bitcoin pourrait s’effondrer aussi vite qu’il a progressé.

 

2020 a été pourtant une année particulièrement faste pour le bitcoin, dont le cours s’est envolé de 295 % depuis janvier ! Cette hausse a débuté en octobre et est liée à l’intérêt grandissant de grands investisseurs institutionnels. Fin octobre, le géant des paiements en ligne Paypal a lancé un service d’achat, vente et paiement en cryptomonnaie. « L’utilisation du bitcoin par des investisseurs traditionnels ne fait que commencer », ont prévenu les analystes de la banque JPMorgan, qui comparent la monnaie numérique et décentralisée à l’or. Toutefois, après la flambée des cours de décembre, certains experts redoutent des prises de bénéfices et donc une baisse des cours.

Economie-La valeur du bitcoin : jusqu’où

La valeur du bitcoin : jusqu’où ?

 

 

Il y a peine quelques jours le bitcoin  a franchi la barre symbolique des 20.000 dollars. , Nouvelle progression ce 19 décembre, puisque un seul bitcoin s’échange contre environ 23.500 dollars, soit plus de 19.000 euros.

Il ne faut sans doute pas confondre totalement la technologie Blockchain et la monnaie numérique. La technologie Blockchain permet dans différents secteurs et pas seulement sur le plan monétaire des opérations particulièrement complexes, sures et à l’abri de toute manipulation. Le bitcoin et les autres monnaies numériques s’appuient sur cette technologie. La question est de savoir quel sera l’avenir de cette monnaie qui fait l’objet depuis sa création d’une énorme spéculation. Certains considèrent y compris dans le monde bancaire qu’il  il s’agit de la monnaie d’avenir. Une monnaie internationale qui sera à l’abri des aléas économiques et financiers des Etats tout autant que de la gestion des banques centrales.

 

En fait un moyen d’enlever la souveraineté monétaire aux Etats, c’est-à-dire une grande partie tout simplement de sa souveraineté. Ces monnaies numériques seraient aussi une sorte de valeur refuge un peu comme l’or.

Le bitcoin  a déjà perdu brusquement la moitié de sa valeur pour aujourd’hui atteindre des records qui sont dûs  surtout à la spéculation en raison de la tourmente monétaire incontournable qui suivra LA CRISE SANITAIRE. Reste à savoir si les états accepteront de perdre cette souveraineté ESSENTIELLE. La monnaie numérique ne pourra assurer son avenir que si elle avait vraiment régulée et acceptée  par les autorités MONETAIRES.

La valeur du bitcoin : jusqu’où ?

La valeur du bitcoin : jusqu’où ?

 

 

Il y a peine quelques jours le bitcoin  a franchi la barre symbolique des 20.000 dollars. , Nouvelle progression ce 19 décembre, puisque un seul bitcoin s’échange contre environ 23.500 dollars, soit plus de 19.000 euros.

Il ne faut sans doute pas confondre totalement la technologie Blockchain et la monnaie numérique. La technologie Blockchain permet dans différents secteurs et pas seulement sur le plan monétaire des opérations particulièrement complexes, sures et à l’abri de toute manipulation. Le bitcoin et les autres monnaies numériques s’appuient sur cette technologie. La question est de savoir quel sera l’avenir de cette monnaie qui fait l’objet depuis sa création d’une énorme spéculation. Certains considèrent y compris dans le monde bancaire qu’il  il s’agit de la monnaie d’avenir. Une monnaie internationale qui sera à l’abri des aléas économiques et financiers des Etats tout autant que de la gestion des banques centrales.

 

En fait un moyen d’enlever la souveraineté monétaire aux Etats, c’est-à-dire une grande partie tout simplement de sa souveraineté. Ces monnaies numériques seraient aussi une sorte de valeur refuge un peu comme l’or.

Le bitcoin  a déjà perdu brusquement la moitié de sa valeur pour aujourd’hui atteindre des records qui sont dûs  surtout à la spéculation en raison de la tourmente monétaire incontournable qui suivra LA CRISE SANITAIRE. Reste à savoir si les états accepteront de perdre cette souveraineté ESSENTIELLE. La monnaie numérique ne pourra assurer son avenir que si elle avait vraiment régulée et acceptée  par les autorités MONETAIRES.

Bitcoin : pourquoi ce succès ?

Bitcoin : pourquoi ce succès ?

 

  •  
  •  

Christopher Dembick, chef économiste chez Saxo Bank explique sur Europe 1 les raisons du succès tout en invitant à la prudence

INTERVIEW

Le bitcoin a dépassé pour la première fois de son histoire les 20.000 dollars l’unité, triplant sa valeur sur un an. Christopher Dembick, chef économiste chez Saxo Bank, explique au micro d’Europe 1 les raisons qui peuvent expliquer le succès de cette cryptomonnaie. Car au-delà de battre des records, elle intéresse de plus en plus les investisseurs mais aussi les particuliers, et force les gouvernements à la prendre en compte. L’économiste met toutefois en garde contre les possibles « vents contraires » qui rendent ce placement risqué.

Un retour sur investissement sans équivalents

Pour Christopher Dembick, la première explication est conjoncturelle. Avec la pandémie de coronavirus, « les investisseurs ont cherché des alternatives aux investissements classiques que sont la bourse, les actions, les valeurs des entreprises », ce qui les a menés vers le bitcoin. 

Ce phénomène en a entrainé un autre : l’émergence d’investisseurs dit « additionnels ». « Les très grandes entreprises comme les fonds de pension, les sociétés financières américaines comme Blackrock, ont décidé d’investir dans les cryptomonnaies. Elles se disent que cela peut être un investissement intéressant parce qu’il y a eu une hausse phénoménale sur les derniers mois. Quelqu’un qui investissait en France sur le bitcoin en début d’année aurait eu une appréciation de plus de 160 % de son investissement », un retour sur investissement sans équivalent, explique le chef économiste de Saxo Bank. 

Paiements facilités et maitrise de l’inflation

Plus largement, le bitcoin et les cryptomonnaies ont deux intérêts. Le premier à court terme, pour tout le monde, c’est de transférer de l’argent à l’international « dans un laps de temps réduit et pour un coût beaucoup plus faible qu’en recourant à une banque », détaille Christopher Dembick. À long terme, les libertaires considèrent que les devises traditionnelles vont disparaitre et « qu’il faudra utiliser d’autres monnaies ». 

Et face à ces monnaies, le bitcoin dispose d’un autre avantage car « la masse monétaire de bitcoins est limitée. Vous ne pouvez pas avoir une émission de bitcoins à l’infini qui créerait de l’inflation qui pourrait être négative pour le pouvoir d’achat des ménages », relève l’économiste. Ainsi, certains y voient un moyen de maitriser l’inflation. 

La fiabilité du bitcoin en question

Ce qui change dans ce record, c’est qu’il témoigne d’un « phénomène de fond et non d’un épiphénomène où l’intérêt diminue quelques semaines après », considère Christopher Dembick. « De grands acteurs du numérique comme Paypal mais aussi des petites entreprises dans certaines grandes villes acceptent le bitcoin. Les banques centrales s’intéressent aussi aujourd’hui aux monnaies virtuelles. Il y a un consensus sur le fait qu’il faut accepter le bitcoin car c’est un moyen de paiement comme un autre, à l’instar du billet ou de la carte bancaire », estime-t-il.

Pour autant, la fiabilité du bitcoin demeure toujours son principal point faible. « Le problème aujourd’hui c’est que l’évolution du prix est extrêmement importante, il y a une très forte volatilité. On a connu par le passé, après une forte envolée du bitcoin, une très forte baisse. C’est pour cela qu’il faut être extrêmement prudent », met en garde l’économiste. Cette baisse pourrait notamment provenir des gouvernements qui, menacés dans leur souveraineté monétaire par les cryptomonnaies, vont vouloir une « régulation et les encadrer du jour au lendemain ».

Bitcoin : record à 20 800 $

Bitcoin : record à 20 800 $

 

Face aux risques d’inflation, de dévaluation de fait de certaines monnaies, le bitcoin apparaît de plus en plus comme une sorte de valeur refuge à l’abri des aléas économiques et financiers de chaque État.  Les investisseurs par ailleurs espère un jour que le bit coin pourra se substituer en grande partie aux monnaies traditionnelles.

Le bitcoin a donc inscrit un record à 20.800 dollars avant de revenir à 20.545,03 dollars à 14h30 GMT, soit une hausse de 5,71%.

Depuis le début d’année, il a bondi de plus de 170% .

Pour autant, la fiabilité du bitcoin demeure toujours son principal point faible. « Le problème aujourd’hui c’est que l’évolution du prix est extrêmement importante, il y a une très forte volatilité. On a connu par le passé, après une forte envolée du bitcoin, une très forte baisse. C’est pour cela qu’il faut être extrêmement prudent », indique certains experts. Cette baisse pourrait notamment provenir des gouvernements qui, menacés dans leur souveraineté monétaire par les cryptomonnaies, vont vouloir une « régulation et les encadrer du jour au lendemain ».

 

Bitcoin : la chute

Bitcoin : la chute

 

Evolution toujours aussi erratique du bitcoin qui est tombé brièvement en dessous des 5.900 dollars pour un bitcoin, revenant à son plus bas niveau avant la flambée des cours fin 2017. Le bitcoin baisse «lentement mais sûrement», a commenté Jordan Hiscott, analyste pour Ayondo Market. Si plusieurs explications peuvent être avancées, «le piratage de plateformes d’échange est préjudiciable à la confiance dans les cryptoactifs», a-t-il expliqué. Récemment, plusieurs histoires de piratages de cryptomonnaies ont en effet fait baisser les cours. Il y a environ dix jours, près de 26 millions d’euros de cryptomonnaies ont été volés sur Bithumb, une plateforme basée en Corée du Sud. Et neuf jours plus tôt, c’est une autre plateforme sud-coréenne, Coinrail, qui avait été piratée, pour un montant dérobé de l’ordre de 31 millions d’euros, ce qui avait fait brutalement chuter le cours du bitcoin de plus de 13%. Les opérations de dépôt et retrait y sont toujours suspendues depuis. Cette chute du bitcoin (et autres équivalents) ne discréditent cependant pas la technique du blockchain dont le bitcoin n’est qu’une application très partielle soumise par ailleurs aux turbulences de la spéculation.

 

Bitcoin : soupçon de manipulation aux Etats-Unis

Bitcoin : soupçon de manipulation aux Etats-Unis

. La CFTC, l’autorité américaine de régulation des marchés à terme et des produits dérivés, a adressé une injonction (subpoena) à Bitstamp, Coinbase, itBit et Kraken, quatre des principales bourses de monnaies virtuelles. Dans celle-ci, elle leur demande de lui fournir des données sur des transactions portant sur des échanges d’instruments financiers permettant de spéculer sur la hausse ou la baisse du bitcoin (futures), révèle le Wall Street Journal. La CFTC, qui a autorisé fin 2017 ces échanges donnant une légitimité au bitcoin, a eu recours aux gros moyens pour forcer ces plateformes à lui communiquer des informations dont elle a besoin pour son enquête. Au départ, les plateformes n’ont pas voulu se plier à la demande du régulateur, affirme le journal. La CFTC et le ministère de la Justice (DoJ) ont ouvert en mai une enquête criminelle sur des manipulations potentielles des cours du bitcoin. Les autorités soupçonnent des traders de « spoofing », une pratique de marché visant à placer de faux ordres et à les retirer rapidement. Ces ordres non exécutés font bouger les prix des actifs dans une direction bénéfique pour les traders voulant exécuter l’ordre d’un client, ou les prix des contrats à terme dans une direction favorable aux traders qui doivent clôturer des positions. Le « spoofing » a été rendu illégal par la loi de régulation financière Dodd-Frank, adoptée en 2010 pour éviter une nouvelle crise financière. Les devises virtuelles sont particulièrement volatiles: le bitcoin a par exemple frôlé le seuil de 20.000 dollars l’unité lors d’une ascension folle en décembre, avant de chuter brutalement. Outre leur volatilité, les régulateurs s’inquiètent de l’absence de régulation existant sur les plateformes d’échange de cryptomonnaies, ce qui en fait des actifs prisés de trafiquants souhaitant blanchir de l’argent sale.

L’avenir du bitcoin et de la Blockchain (Eric Larchevêque)

L’avenir du bitcoin et  de la Blockchain (Eric Larchevêque)

Eric Larchevêque, directeur général de Ledger, s’exprime sur l’avenir du bitcoin et  de la Blockchain, dans une interview à  LA TRIBUNE –

 

 Quand avez-vous découvert le Bitcoin et qu’est-ce qui vous a séduit dans cette « monnaie virtuelle » ?

ERIC LARCHEVÊQUE - J’étais à la recherche d’une nouvelle aventure professionnelle en 2013 après avoir vendu à High Co le comparateur de prix sur mobile que j’avais créé en 2010 (Prixing). Je me suis alors plongé dans l’univers du Bitcoin, j’ai beaucoup lu et j’ai été frappé par l’éclair quand j’ai fini par comprendre les implications de cette technologie, cette notion de confiance décentralisée : c’est la quatrième révolution industrielle ! Quand j’ai créé ma première startup (France Cyber Media), en 1996, à l’époque où l’Internet supplantait le Minitel, j’ai vu à quel point la transformation technologique pouvait avoir un impact sur la société. Je me suis dit qu’il allait se passer la même chose avec la technologie Blockchain qui rebat les cartes de la finance et de la confiance.

En revanche, je n’avais pas d’idée de business modèle. Avec mon associé Thomas France, co-fondateur de Ledger, nous avons eu envie d’ouvrir un lieu physique, très horizontal, où échanger et expliquer ce qu’était le Bitcoin. Nous avons choisi un nom un peu désuet pour rassurer, La Maison du Bitcoin, qui a ouvert dans le 2e arrondissement de Paris au printemps 2014. C’était juste après la chute de la plateforme Mt. Gox, tout le monde disait que le Bitcoin était officiellement mort. Nous voulions expliquer que derrière ces « monnaies virtuelles » —  on parle plutôt de « crypto-actifs » maintenant — il y avait cette technologie Blockchain. Nous avons mené ce projet sur nos fonds propres. Notre modèle économique c’était de faire le pari qu’il allait se passer quelque chose !

L’intérêt de ce lieu a été de concentrer tous les acteurs de l’écosystème, en y organisant des hackathons, des meet-ups, etc. Nous avons ainsi croisé la route de deux startups, BTChip de Nicolas Bacca, qui venait de l’univers de la carte à puce (Oberthur) et avait développé la première version d’un coffre digital hardware (électronique), produit techniquement très performant, mais sans interface, d’un usage trop complexe, et Chronocoin, de Joel Pobeda, qui vendait des bitcoins envoyés par UPS, sous contre-signature pour vérifier l’identité et éviter la fraude : il lui fallait un moyen de sécuriser l’envoi des clés privées. Nous avons décidé de fusionner en septembre 2014. Mon associé et moi apportions la vision entrepreneuriale et la mise en musique du projet pour attirer des investisseurs. La première version du produit, Ledger Nano, sans écran, a été lancée en octobre 2014, et tout est allé assez vite.


Quel est le principe de ce « coffre » à la fois digital et physique ?

Notre ambition était de dépoussiérer la technologie de sécurité des cartes à puce dans le but de créer un coffre digital pour cryptomonnaies. Si vous perdez la clé privée d’accès à votre compte en cryptomonnaies ou qu’on vous la vole, vous ne pouvez plus y accéder, tout est perdu. Sous sa forme de clé USB, le Nano S est un véritable ordinateur embarqué, avec un système d’exploitation que nous avons développé. Dans ce petit boîtier, l’important c’est la carte à puce qui permet de sécuriser la clé privée d’un portefeuille de crypto-actifs. Grâce à ce format de clé USB, nous pouvons intégrer un écran où l’on peut vérifier ce que l’on signe et non pas envoyer un ordre à l’aveugle.

 
Votre produit est « made in Vierzon ». Pourquoi ce choix ?

J’ai passé toute mon enfance à Vierzon, où ma famille a un passé industriel : mon grand-père avait créé une fabrique de porcelaine, Larchevêque, qui a fini par péricliter dans les années 1980. Mais c’est en fait le fruit d’une coïncidence incroyable : Joel Pobeda avait installé Chronocoin à Vierzon. C’est une fierté d’avoir une unité de production dans cette ville, un peu sinistrée : nous sommes l’entreprise qui a créé le plus d’emplois l’an dernier. Nous sommes 80 à Paris et une cinquantaine à Vierzon, dans la production, la logistique, l’ingénierie et l’assistance client. Nous y construisons le « Ledger plex » et nous allons créer une centaine d’emplois dans les années à venir. Nous sponsorisons aussi les équipes de foot, de rugby etc, et participons à l’émergence d’un « Silicon Berry ». C’est un projet personnel et émotionnel de pouvoir réindustrialiser la région et poursuivre ainsi l’histoire familiale.

Vous avez vendu plus de 1,2 million de ces « coffres digitaux ». Qui sont les acheteurs ?

Nous avons connu une croissance extraordinaire ces derniers mois. C’est un motif de fierté pour tous dans l’entreprise, d’autant qu’il est difficile de percer avec un produit d’électronique grand public et conçu en France. Nous avons vendu ces 1,2 million de coffres pour cryptomonnaies dans 165 pays, environ un tiers en Europe, un tiers aux États-Unis et un tiers en Asie. Les ventes sont complètement corrélées au marché des cryptomonnaies qui est passé d’une capitalisation de quelques dizaines de milliards de dollars à 850 milliards en décembre et oscille aujourd’hui entre 300 et 400 milliards de dollars. Quand le cours du Bitcoin monte, cela crée un tel cirque médiatique que de nouveaux acheteurs arrivent et ont besoin de s’équiper pour protéger leurs portefeuilles. Les ventes sont moins importantes en cas de baisse des cours.

L’an dernier, nous ne pouvions plus suivre la demande, nous avons été en rupture de stock pendant l’été et les deux premiers mois de 2018. Nous avions prévu de vendre 60.000 unités en 2017 et nous en avons écoulé près d’un million !Nous avons dû revoir entièrement nos outils de production, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain. Nous avons vu nos produits sur eBay à des prix absurdes, plusieurs centaines de dollars (contre un prix public de 95 euros).

Cela démontre aussi la véritable utilité de notre produit : je rencontre beaucoup de gens qui me disent merci, ce coffre digital leur permet de passer de meilleures nuits. On peut le porter sur soi, comme un portefeuille, ou le laisser au coffre à la banque s’il s’agit de sommes conséquentes. Il n’y a pas de limite de stockage, puisque c’est la clé privée d’accès aux comptes qui est sauvegardée : ce sont comme des « bons au porteur » digitaux.

Selon une enquête récente de Deloitte, 75% des Français connaissent les cryptomonnaies et 7%, soit 3 millions de personnes, seraient utilisateurs de cryptomonnaies. Ces chiffres vous semblent-ils crédibles ?

Même Jean-Pierre Pernaut en a parlé dans son journal télévisé, le taux de notoriété n’est pas étonnant ! Cependant, il n’y a probablement pas 3 millions de Français qui possèdent des crypto-actifs, ce chiffre paraît très optimiste ! Certes, c’était un peu l’émeute en décembre à la Maison du Bitcoin et l’intérêt semble transcender toutes les classes d’âge et sociales. D’après ma perception du marché, il y a quelques centaines de milliers d’utilisateurs de crypto-actifs en France, on s’approche peut-être du million.

A-t-il été difficile de lever des fonds, du fait de la défiance de certains investisseurs ?

Nous avons réalisé une première levée de fonds de 1,3 million d’euros en février 2015 auprès du fonds français Xange et de business angels, comme Fred Potter, le fondateur de Netatmo, et Pascal Gauthier, de Criteo. Thomas, mon associé, est parti ouvrir une filiale à San Francisco, où se fait tout le développement « crypto » et Blockchain : si on n’est pas dans la Silicon Valley, on n’existe pas ! Il était important d’être là-bas pour présenter nos produits et « évangéliser » les produits de sécurité. Nous avons procédé à plusieurs itérations du produit et lancé le Nano S avec un écran, en juin 2016. Le marché était encore tout petit, nous étions moins d’une vingtaine chez Ledger et à peine à l’équilibre. Nous avons réalisé un deuxième tour de table de 7 millions d’euros en mars 2017, auprès de la Maif notamment. Quand le marché a vraiment accéléré en 2017, notre marque, qui a bénéficié du bouche-à-oreille, était déjà un peu connue dans l’écosystème et l’enjeu de la sécurité était bien compris.

La croissance de Ledger a été verticale. Pascal Gauthier (ex-directeur opérationnel de Criteo) nous a rejoint pour son expertise opérationnelle de structuration de l’entreprise, afin de mettre en place les fonctions supports (finance, RH, juridique) et nous permettre d’accélérer. Nous avons réalisé un tour de table de 60 millions d’euros pour dérouler notre feuille de route à cinq ans. Notre ambition est de créer un géant technologique européen des applications de la Blockchain, en particulier des cryptomonnaies. La première étape, c’est l’électronique grand public avec ce coffre digital, la deuxième étape, ce sont les entreprises et les services, nous avons lancé des solutions pour les institutions financières, la troisième étape, à plus long terme, ce sera l’Internet des objets et toute l’industrie.

La technologie Blockchain ne coûte-t-elle pas cher pour le seul stockage ? Des experts relèvent que ce n’est pas l’alpha et l’oméga pour tous les secteurs…

La Blockchain n’est pas la solution à tous les problèmes, ce ne sera pas la seule technologie utilisée. Cependant, elle a beaucoup de sens dans des cas d’usage qui peuvent représenter des marchés importants.
Premier exemple : tout ce qui touche à l’énergie, aux smart grids, à la voiture autonome ou électrique. Si on se projette dans le futur, le véhicule connecté dans la smart city va avoir besoin de se recharger par induction au feu rouge, payer un parking, un péage, etc : son trajet va être ponctué de 50 opérations où se produira un échange de flux physiques et financiers entre plusieurs acteurs qui peuvent être réalisés sous la forme de « smart contracts » [contrats « intelligents » déclenchés automatiquement selon des paramètres prédéfinis]. Utiliser un protocole pair-à-pair distribué comme la Blockchain a plus de sens et apportera plus de flexibilité qu’un système centralisé.

Deuxième exemple l’industrie 4.0 et la « supply-chain »(chaîne d’approvisionnement), où doit s’opérer le lien entre matières premières et flux financiers. Avec la Blockchain, on va pouvoir interconnecter tous les acteurs et permettre à une usine de se reconfigurer en fonction de la demande.

Le troisième exemple est un peu au fondement de tout cela : créer des cryptomonnaies d’État. C’est une manière de répondre aux questions de régulation que se posent les pouvoirs publics. Il s’agirait tout simplement de publier un décret qui autorise les banques à émettre, de façon centralisée, des tokens (jetons numériques) d’une valeur d’un euro. L’intérêt de la Blockchain c’est le « smart contract », la possibilité d’ajouter des fonctions programmables dans l’argent et de pouvoir ainsi permettre à un véhicule d’avoir un portefeuille pour se recharger à un réseau électrique intelligent. Je sais bien qu’on ne pourra jamais payer en bitcoins à la pompe ! D’ici quelques années, avec des vitesses d’adoption différentes entre les États-Unis, l’Europe et certaines micro-nations, on verra l’arrivée de cryptomonnaies d’État, que l’on peut aussi qualifier de « stable coins », des « crypto » ayant une valeur d’un pour un avec une monnaie ayant cours légal.

Ces « stable coins » permettront de débloquer des tas de « smart contracts », comme ceux que l’on voit apparaître dans l’assurance pour un retard d’avion : ça n’a pas de sens de rembourser les assurés en ethers alors qu’il y a un coût de couverture des fluctuations du cours, il faut le faire en euros. Or l’un des grands frottements financiers dans les métiers de l’assurance réside dans la gestion pour compte de tiers, avec tous les coûts de conformité, d’audit, de connaissance client (KYC). Si on met les fonds dans un « smart contract », qui est l’équivalent d’un séquestre automatisé, connecté à ce que l’on appelle des « oracles » qui prédisent le retard des avions, le débouclement du contrat d’assurance se fait de manière totalement automatisée, sans intervention humaine. In fine, la prime est plus faible, le produit est plus performant et le client a plus de chances de le choisir. C’est ce qu’apporte la « révolution Blockchain » : pouvoir qualifier des événements financiers en même temps que des événements physiques et déboucler tout cela de manière automatisée.

 

Pour Ledger, cela peut représenter des contrats d’équipements. Par exemple, des micro-Etats tels que la Barbade, qui ont perdu une partie de leur business off-shore avec le durcissement des lois internationales, cherchent une nouvelle source de revenus et ont la chance d’avoir une monnaie arrimée au dollar, plutôt stable : ils travaillent à un projet d’émettre des crypto-dollars dotés de toutes les qualités des « smart contracts ». D’autres pays, comme la Chine, la Russie et l’Iran, se posent la question d’émettre leurs propres cryptomonnaies qui pourraient répondre à des problématiques de sanctions internationales et d’embargo. Je pense que, plutôt qu’essayer de réguler les cryptomonnaies, les États vont prendre le problème à l’envers et créer leurs propres cryptomonnaies.
La tendance n’est-elle pas plutôt à la régulation ? Le sujet a été débattu au G20, deux missions d’information au Parlement en sont chargées et la loi Pacte doit l’aborder aussi.

C’est vrai, nous participons d’ailleurs à ces missions d’information parlementaires et nous avons recruté des personnes telles que Nathalie de Gaulle, comme directrice des affaires gouvernementales et banques centrales [ex-directrice de campagne de Bruno Le Maire, ex-Société Générale CIB et Engie, Ndlr] pour y apporter notre vision. Dans le futur, dans trois ou cinq ans, il est probable que les États s’emparent de la problématique en émettant leurs propres cryptomonnaies. C’est un futur possible et sûrement le plus souhaitable pour la croissance des usages grand public des « smart contracts », et qui n’empêche en rien le développement parallèle des blockchains décentralisées.

La Banque de France prône un encadrement clair des crypto-actifs et la création d’un statut de prestataire de service en crypto-actifs. Faut-il un cadre réglementaire ?

Aujourd’hui, il y a une zone grise. Par exemple, la Maison du Bitcoin, qui fait plutôt un métier de broker (courtier) en achat et vente de crypto, opère dans un vide juridique. Il est évidemment souhaitable de créer un cadre pour permettre à ces entreprises d’exercer de façon contrôlée, ce qui est clé pour avoir accès au système bancaire. C’est le plus grand problème rencontré aujourd’hui par les sociétés de l’univers des crypto. Il a été compliqué de pouvoir simplement ouvrir un compte en banque pour la Maison du Bitcoin, nous avons finalement trouvé auprès de Fidor [néobanque allemande rachetée par le groupe BPCE], et même pour Ledger alors que l’on vend de l’électronique, on n’intervient pas sur les cryptomonnaies et on est bien capitalisé. Certaines banques ne souhaitent pas travailler avec nous par crainte d’un risque de réputation. J’ai encadré les lettres de refus à côté de mon bureau ! Nous avons trouvé depuis plusieurs banques. Malgré les discours sur l’innovation et les startups, le banquier reste frileux par rapport à cet univers des crypto-actifs.

S’il est nécessaire d’avoir un cadre juridique dès que l’on rentre dans un univers où l’on gère de l’argent fiduciaire, comme dans le système bancaire classique, certaines propositions sont inapplicables et impossibles, comme celle d’exiger de faire du « KYC », de la connaissance client sur tout portefeuille de cryptomonnaies [qui figure dans le projet de directive européenne anti-blanchiment]. C’est comme si on l’exigeait des vendeurs de coffre-fort, ça n’aurait aucun sens. Le marché est mondial et cela viendrait limiter l’usage des coffres à crypto dans une zone géographique précise. Le plus grand danger serait de tuer la compétitivité européenne : on se retrouverait avec des GAFA Blockchain dans cinq ans. J’espère que le gouvernement l’a compris et que nous arriverons, tout en protégeant le consommateur contre le risque spéculatif, à avoir un cadre juridique qui ne tue pas l’innovation ou la déplace à l’étranger. Nous sommes heureux et fiers d’être Français, d’avoir un héritage de 40 ans de savoir-faire dans la carte à puce, domaine que ne maîtrisent pas les Américains.

La traçabilité est pourtant possible avec la Blockchain, on peut identifier des bitcoins d’origine douteuse, non ?

Tout à fait. Un bitcoin n’est pas totalement fongible et il existe des outils de traçabilité et d’analyse statistique pour identifier l’origine de bitcoins « teintés » (« tainted » c’est-à-dire ternis, corrompus). Ce n’est pas une preuve absolue, mais une analyse statistique, un scoring de bitcoins présentant une forte probabilité d’être issus d’un piratage, d’un vol sur une place de marché. Dans l’enquête sur Silk Road [marché noir du « darknet » fermé par le FBI en 2013, Ndlr], le procureur a dit avoir pu la résoudre grâce à la traçabilité du bitcoin. Ce dernier n’est pas anonyme, mais pseudo-anonyme : même si on ne pourra jamais, d’un point de vue pratique, avoir un KYC sur les clés privées, on aura toujours des outils permettant à la police de faire son travail. La Maison du Bitcoin a par exemple collaboré à de nombreuses enquêtes sur des affaires diverses. Le Bitcoin n’est pas une zone de non-droit. Par ailleurs, unerécente étude de l’entreprise britannique Elliptic [éditeur de logiciels de cybersécurité crypto] a estimé à moins de 1% la part des bitcoins utilisés pour des usages illégaux, sur l’ensemble des transactions sur la Blockchain. Interpol n’a pas non plus identifié de connexion entre le Bitcoin et le financement du terrorisme.

Il faut replacer le débat dans un cadre plus posé et factuel. Cela fait partie du rôle de Ledger, qui n’a pas besoin d’un statut particulier pour opérer, de porter ce débat et d’éviter la mise en place de réglementations absurdes. Aujourd’hui on ne peut plus ignorer les crypto-actifs et les pouvoirs publics ont compris que ceux-ci étaient là pour durer. Il y a en outre une réelle volonté de la part de ce gouvernement de créer des champions français et la crainte de rater un nouveau virage, après celui de l’Internet. Je suis donc assez optimiste et je crois assez peu à une régulation absurde : les acteurs technologiques bénéficient d’une certaine bienveillance. Le pragmatisme devrait l’emporter sur le manque de courage.


Quid de la fiscalité ?

Aujourd’hui, la fiscalité sur les crypto-actifs est confiscatoire : on peut se retrouver à payer 70% d’impôt sur la plus-value [il faut la déclarer en tant que bénéfice non commercial (BNC) si l’activité d’achat-revente en euros est occasionnelle, et comme bénéfice industriel et commercial (BIC) s’il s’agit d’une activité régulière]. Tout le monde voit bien que c’est une recette pour un désastre et que cela dissuade de déclarer. J’ai l’impression que l’on se dirige vers une sorte de « flat-tax » de l’ordre d’un tiers.Ce serait clair, simple et acceptable, et une véritable libération pour certaines entreprises du secteur qui envisageraient l’avenir de façon plus posée.
Le Bitcoin est né après la crise financière de 2008 et d’une défiance à l’égard du système. Cet aspect-là vous a-t-il séduit ? Et quid de l’attrait spéculatif pour l’ex-joueur de poker professionnel que vous êtes ?

En plus des aspects technologiques, la résistance à la censure de la Blockchain et du Bitcoin et la capacité de créer une réserve de valeur alternative m’ont complètement séduit. D’un point de vue économique et philosophique, je me suis toujours inquiété de la course à la dette, de la solution dangereuse pour les générations futures de la planche à billets. Il y a un délitement de la confiance dans les États et les institutions et j’ai vu le Bitcoin comme une réponse à cela. Le citoyen a besoin d’alternatives, ce n’est pas forcément un acte révolutionnaire ou anarchiste. Je ne suis pas libertarien ni révolutionnaire, je crois en l’Etat et dans les banques, qui remplissent des fonctions essentielles. Paradoxalement, les cryptomonnaies répondent au besoin très profond de possession, c’est une de leurs fonctions qui m’a séduit, dans un environnement de plus en plus « cashless », ce qui revient pour moi un peu à une privation de liberté, car tout y est contrôlé, vérifié. Le Bitcoin c’est fondamentalement du cash, ou de l’or, une réserve de valeur.

Je suis un défenseur des espèces. Le cash, c’est agréable et difficilement remplaçable. On ne peut pas vous le prendre, vous en faites ce que vous voulez, le Bitcoin c’est la même chose, c’est une alternative au cash. En France, on aura du mal à faire disparaître le cash. Mais je pense qu’on a besoin d’une monnaie plus efficace et la solution pourrait être de l’émettre sous forme de cryptomonnaie légale.

Pourquoi avoir levé des fonds classiquement auprès de sociétés de capital-risque et non par Initial Coin Offering, l’émission de jetons numériques, mode de financement très prisé des startups de la Blockchain ?

Quand on fait une ICO, cette opération est censée être la dernière levée de fonds, la sortie. Et d’un point de vue technique, émettre un « token d’utilité » [jeton servant ensuite à payer un service sur la plateforme qui l’émet] n’aurait pas de sens et serait complètement artificiel pour Ledger. Surtout, notre vision est de construire un géant technologique, dans la durée : cette feuille de route va s’écrire en passant par des levées de fonds normales, avec des investisseurs qualifiés qui vont aider à notre développement dans certaines régions, comme Korelya et Cathay Capital en Asie, et des investisseurs à l’esprit entrepreneur comme Draper.

Si un jour nous devions procéder à une Initial Coin Offering, ce serait plutôt ce que l’on appelle une « IPCO », en « tokenisant » les actions de l’entreprise : ce serait une belle histoire, puisque nous pourrions stocker les actions sur nos propres produits ! Mais le cadre juridique n’est pas encore là.

 

Comment voyez-vous évoluer le marché des cryptomonnaies ?

Personne ne peut faire de prédictions et il est difficile de dire si cette période de consolidation plutôt calme va durer six ou dix-huit mois, mais elle n’a rien à voir avec celle qui a suivi la chute de Mt.Gox : de nombreux acteurs technologiques du secteur dans le monde entier, qui ont des réserves confortables de cash, recrutent, innovent. Tout cet écosystème travaille sur des cas d’usages, des produits, des solutions qui verront le jour petit à petit et donneront une dimension d’utilité plus importante aux cryptomonnaies, qui étaient en grande partie de la spéculation jusqu’ici, pour revenir dans un cycle plus positif, moins violent avec de meilleurs fondamentaux à long terme.

Tickets restaurant : bientôt en bitcoin ?

Tickets  restaurant : bientôt en bitcoin ?

 

Il semblerait que dans certains cas les titres restaurant servent de monnaie virtuelle et discrète aussi bien pour payer des salariés que des fournisseurs. Certains commerçants utiliseraient à des fins personnelles les titres restaurant remis par leurs clients pour régler leurs achats. Certains employeurs paieraient au « black » leurs salariés avec des titres restaurant. L’Inspection du Travail entend débusquer ces fraudes en interrogeant des employeurs et des salariés. L’Inspection du Travail s’est penchée sur un dossier des plus vastes: l’utilisation frauduleuse des titres restaurant. La fraude serait importante car le paiement par tickets restaurant est équivalent au black. L’inspection du travail mène une grande enquête sur le sujet en ce moment auprès de restaurateurs qui, au lieu de se faire rembourser les titres restaurants par la Centrale de Règlement des Titres, s’en servent pour payer leurs  propres achats ou qui payent tout ou partie des salaires du personnel. L’administration envisagerait comme réplique de dématérialiser les titres pour empêcher qu’ils ne se transforment en monnaie virtuelle. Justement dans certaines entreprises on penserait à  substituer au titre restaurant le paiement en bitcoin. Une dématérialisation via cette monnaie virtuelle qui serait encore plus incontrôlable. L’affaire des titres restaurant montre que les institutions financières comme les Etats craignent par dessus tout que le contrôle de la monnaie leur échappe notamment pour en fiscaliser une  partie et prélever leur dime via des taux d’intérêts et des coûts de transaction. L’utilisation des titres restaurant – papier ou dématérialisés – est limitée à un montant maximum de 19 euros par jour et les restaurateurs ne doivent pas rendre la monnaie. Les titres restaurant ne sont pas en principe utilisables les dimanches et jours fériés, sauf décision contraire de l’employeur au bénéfice exclusif des salariés travaillant pendant ces mêmes jours.

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Jacques Baudron, de l’Université Paris Sud pose la problématique des monnaies virtuelles à considérer comme des monnaies ou des jeux spéculatifs. Article de la Tribune

 

Du sommet de ses fragiles hauts et bas, le bitcoin domine l’affiche depuis plusieurs mois. Mais, nous prévient-on, le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque, et les monnaies virtuelles ne sont pas des créances. Que signifie cette affirmation ? Pour le savoir, il faut d’abord comprendre pourquoi une monnaie est une créance.

Les premières créances, des histoires d’orfèvres

Durant la première moitié du XVIIe siècle, les orfèvres font partie des rares métiers à même de tenir tête à l’aigrefin. Ils sont en effet dotés, pour leur activité, de coffres forts. Les riches négociants, particulièrement vulnérables, ont donc tôt fait de les solliciter pour y abriter leurs métaux précieux. L’affaire n’est évidemment pas gratuite : elle se fait contre une reconnaissance de dettes nominative et, bien entendu, une juste rémunération pour le service rendu. Sur présentation de ce papier, tout ou partie des métaux précieux déposés pouvait être retiré.

Les choses évoluant, les reconnaissances de dette deviennent anonymes et mentionnent seulement le montant d’or exigible en contrepartie. Les reconnaissances de dette étant bien plus faciles à manipuler que l’or, elles sont rapidement préférées pour les échanges de biens ou services. Ces billets, échangeables contre le poids d’or mentionné, constituent des créances.

Les orfèvres disposent en permanence dans leur coffre de réserves d’or qui dort. Les commerces quant à eux cherchent des fonds pour le développement de leurs activités et les deux parties trouvent rapidement un terrain d’entente sur la base de billets-reconnaissances de dettes identiques à ceux des déposants. Ces reconnaissances de dettes ont une vie éphémère : elles sont détruites dès libération de la dette.

Mise en place du mécanisme de création monétaire

Les orfèvres ne tardent pas à constater que l’or entre et sort mais que le niveau des stocks ne descend pas en dessous d’un certain seuil. Statistiquement, tous les emprunteurs ne présentent pas leur reconnaissance de dette au même moment. D’où l’idée de proposer plus de reconnaissances de dette qu’il n’y a d’or. Le total des montants inscrits sur les billets-reconnaissances de dette émis est supérieur au poids d’or chargé de le garantir. Le risque existe de se trouver démuni face à un afflux de demandes de remboursement, mais il est visiblement mesuré, puisque le système se développe. Cela dit, le modèle mis en place pour renflouer l’après-Louis XIV par John Law a tout de même montré en 1720 qu’une demande simultanée de tous les utilisateurs ne relève pas que de la théorie !

Le mécanisme de création monétaire est né. Quand un commerçant emprunte, il perçoit ses billets imprimés par l’orfèvre. La somme est reportée dans les registres. Des billets-reconnaissances de dette sont émis, et le niveau d’or dans les coffres ne change pas. Le commerçant utilise ces billets-reconnaissances de dette pour payer ses fournisseurs, qui les utiliseront à leur tour pour rémunérer des collaborateurs, qui pourront eux-mêmes les employer pour acheter du pain et ainsi de suite. La monnaie circule, et tous ces échanges ont pour point d’origine une simple écriture dans un registre…

L’histoire n’est pas finie : quand le commerçant rembourse sa dette, l’orfèvre détruit la reconnaissance de dette. Création monétaire et destruction monétaire se suivent avec un bilan non nul : l’activité du commerçant augmente et l’orfèvre touche des intérêts. Les trois attributs qui définissent la monnaie depuis Aristote sont là : elle est acceptée, divisible et durable. Acceptée, car la monnaie est garantie par la confiance que l’on a dans la réserve d’or. Divisible, car elle permet d’échanger des heures de travail contre du pain, puisque tous sont mesurés en unité de compte commune. Durable, car la monnaie a une certaine stabilité qui lui est donnée par sa référence à l’or. La quantité de monnaie nécessaire à l’acquisition de pain est la même – à l’inflation près – qu’on acquière cette denrée à un moment donné ou un an après.

Monnaie d’État, banque centrale et banques commerciales

Ce mécanisme est aujourd’hui utilisé par les états. Toutefois si dans un premier temps la monnaie s’appuyait effectivement sur une contrepartie en métal précieux, le glissement vers une valeur décrétée arbitrairement par l’État est désormais d’usage. La monnaie émise est dite fiduciaire, car elle demande de faire confiance à l’État. C’est lui qui décrète arbitrairement sa valeur. L’euro, par exemple, est l’équivalent de l’or pour les orfèvres. Leur rôle est aujourd’hui tenu par la Banque centrale européenne, qui émet les billets et pièces en circulation. L’État, de son côté, édicte deux règles : refuser la monnaie nationale en règlement d’une dette est illégal ainsi que s’acquitter de l’impôt avec une autre monnaie. Avec de telles règles, l’acceptation est plus facile…

Classiquement, dans un état la banque centrale émet la monnaie nationale et applique la politique monétaire du gouvernement. De leur côté, les banques commerciales distribuent la monnaie de la banque centrale et gèrent des services comme les prêts avec de la monnaie scripturale, c’est-à-dire dont les mouvements sont enregistrés dans les comptes. Un virement de cent euros ne signifie pas que cent euros en billets sont dans une boîte, c’est uniquement une écriture. Une autre écriture débitera le compte suite à un règlement par carte.

Globalement, la masse monétaire est créée à 95% par les banques commerciales et 5% par les banques centrales. La banque commerciale est légalement tenue de disposer d’une réserve de 1% de ses encours en monnaie d’État auprès de la banque centrale. Notons que la masse monétaire créée par l’obtention du crédit et détruite lors du remboursement couvre le principal, mais pas les intérêts. Ceux-ci devront être financés par ailleurs, typiquement par de nouveaux prêts.

Et les monnaies virtuelles ?

Si la monnaie scripturale vous permet à tout moment d’exiger de votre banque la contrepartie des écritures en monnaie nationale physique, rien de tel n’est proposé avec la monnaie virtuelle. La monnaie virtuelle ne conserve que les écritures. Par construction, seul persiste dans le processus l’aspect scriptural de la monnaie – toute transaction est inscrite de manière indélébile – mais sa totale indépendance vis-à-vis des autres monnaies l’empêche de s’appuyer sur une valeur ou monnaie quelconque. On dit également qu’il n’y a pas de valeur intrinsèque. L’expression « monnaie virtuelle » frise donc l’oxymore.

En effet, sans valeur intrinsèque aucune des 1.300 monnaies virtuelles ne répond à la définition aristotélicienne de la monnaie. Les monnaies virtuelles sont certes de mieux en mieux acceptées, et l’on ne peut nier qu’elles sont divisibles : elles permettent de mesurer la valeur des biens et de faire des comparaisons. Mais elles ne sont pas durables. En effet, la monnaie permet de différer un achat pour « plus tard », au meilleur moment. Encore faut-il que « plus tard » le pouvoir d’achat de cette monnaie soit du même ordre. Or, la définition de la monnaie virtuelle précise qu’elle ne s’appuie sur aucun élément qui assurerait sa stabilité. Cela étant posé, renier Aristote et dire que « le bitcoin est une monnaie » simplifie beaucoup les discussions…

Où pourrait se situer la valeur intrinsèque du volatil bitcoin s’il en avait une ? Pour ma part je vois deux pistes : les transferts de fonds rapides et les « ICO » (initial coin offering), qui consistent à proposer de participer au financement d’un projet non pas en entrant dans le capital ou en prêtant des fonds, mais en pré-achetant des services que le projet proposera. Ethereum pas exemple proposait des ether, Uber aurait pu proposer des courses, Air France des Miles. Les participations, très intéressantes dans la phase initiale, peuvent être échangées par la suite sur les marchés ; ces produits financiers sont connus sous le nom de token.

Une valeur tributaire de l’émotivité

En définitive, le cours du bitcoin est totalement mené par l’offre et la demande. Un achat est effectué en pariant sur le fait que « quelqu’un » sera prêt à racheter à un prix supérieur. S’agirait-il d’une sorte d’action ? Pas tout à fait. Une action est un acte de propriété avec droit de vote qui définit une valeur dont ne dispose pas la monnaie virtuelle. D’un type d’obligation ? Non plus, car une obligation est un prêt.

Au final, une monnaie virtuelle est sans référence. Il n’y a pas de valeur « raisonnablement » haute ou basse. Les fluctuations épousent l’humeur du moment, les émotions depuis l’engouement jusqu’au dépit en mouvements inattendus, voire surprenants. Son cours est imprédictible. Ce n’est pas parce qu’il est haut qu’il ne montera pas encore plus haut. Mais il peut aussi bien chuter.

Affirmer qu’il s’agit d’une bulle est bien confortable, mais avec huit mille dollars mi-novembre, on pouvait pronostiquer un éclatement. Las, il s’est alors produit un nouvel envol, et le doublement du cours en quinze jours. Imprévisible, le bitcoin est un produit parfait pour les amateurs d’émotion forte et de jeu. Tout ça parce qu’une monnaie virtuelle n’est pas une créance…

______

Par Jacques Baudron, Chargé de cours technologies virtuelles licence MRT, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Bitcoin, l’utopie (Par Michel Santi, économiste)

Bitcoin, l’utopie (Par Michel Santi, économiste)

Dans une interview à la tribune Michel Santi, économiste, évoque les limites et les contradictions du bitcoin

 

«  Le bitcoin instrument de paiement semble pour le moins compromis car nul ne voudra s’en séparer s’il devait beaucoup s’apprécier tandis que nul ne voudra le détenir s’il venait à s’effondrer ! En effet, pourquoi dépenser une valeur dont le cours s’envole comme celle du Bitcoin propulsé de 900 à 19.000 dollars en une année ? Transposer cette logique au dollar ou à l’euro reviendrait à paralyser littéralement l’économie car nul ne dépenserait plus son argent en attendant de devenir riche ! À moins d’augmenter massivement l’approvisionnement en bitcoin, comme le pratiquent couramment les banques centrales en activant leur planche à billets ? Hypothèse balayée avec horreur par les «Bitcoineurs» dont la raison d’être est précisément le rejet de l’interventionnisme étatique, et dont les angoisses profondes voire existentielles, puisent leurs sources dans la mythologie hyper inflationniste de Weimar et du Zimbabwe… Le bitcoin ne serait-il pas le refuge ultime face à des gouvernements indignes de confiance dont la seule action serait de dévaluer la monnaie ? Selon moi, les Bitcoineurs sont donc à classer en deux catégories : les grands naïfs d’une part et, d’autre part, les révisionnistes soucieux de révolutionner les règles du système financier qui deviendrait dès lors invulnérables, car indépendant et décorrélé de la bourse comme de la politique. Les adeptes du bitcoin sont en fait un genre d’agent Mulder de la série «X-Files» nous exhortant à ne croire en personne qui n’a décidément pas compris que l’économie ne fonctionne que grâce à un ingrédient : la confiance. Pour autant, cette obsession idéologique sur laquelle prospère le bitcoin est poussée jusqu’à des extrêmes quasi-maladifs nuisant fondamentalement à son développement. En l’état, il n’autorise que 7 transactions par seconde quand Visa et Master Card en permettent 55.000 ! Sauf à en augmenter la mémoire, ce à quoi se refusent catégoriquement les Bitcoineurs, ou à instaurer des coûts de transaction en contradiction flagrante avec un attribut majeur de cet instrument réputé éliminer tous frais inhérents aux échanges. Comble du ridicule et preuve ultime de l’amateurisme du monde selon bitcoin : la conférence prévue le week-end dernier à Miami censée en représenter l’apothéose se vit contrainte de refuser tout paiement en bitcoin pour cause de frais élevés et d’un système dépassé par le nombre de transactions.. La raison d’être du bitcoin étant de court-circuiter le système, toute augmentation substantielle de bande passant permettant d’accélérer les transactions ouvrirait ainsi la porte à un jeu d’influence entre producteurs de bitcoin, qui deviendrait dès lors un immense marché favorisant l’émergence de gros joueurs, à l’image même du marché et du système actuels qui sont honnis par les Bitcoineurs. Ceux-ci entendent effectivement conserver au bitcoin sa «pureté» qui les mettra à l’abri et les immunisera contre un système centralisé, corrompu, à tout le moins mal géré. Pourtant, que penser de la consommation énergétique pharaonique du bitcoin dont le potentiel de nuisance est gigantesque pour la planète comme pour la société ? Comment escamoter le fait que le peu de bitcoins produits utilisent déjà 0.1% de l’électricité mondiale, et que l’appréciation de ses cours entraînera fatalement une accélération de sa fabrication, et donc une aggravation dangereuse de consommation électrique ? On prévoit en effet que ce n’est pas moins de 0.6% de l’électricité mondiale qui sera consommée en 2018 pour la fabrication du bitcoin. Produit grâce au charbon, il n’est donc pas moins polluant qu’une usine de produits chimique ou qu’un véhicule Diesel, et il serait même responsable de l’envolée récente des prix du pétrole ! La technologie bitcoin – certes révolutionnaire – n’est est pas moins réactionnaire et masque désormais très péniblement l’implosion inéluctable de sa bulle spéculative l’ayant déjà fait perdre en quelques heures plus de 50 milliards de dollars de capitalisation ! Au moins internet était-il utilisé déjà par la moitié des ménages US lors de la liquéfaction des valeurs technologiques en 2000. Google, Amazon et AOL existaient en effet déjà à cette époque et il était relativement facile de se rendre compte des potentialités gigantesques offertes par cet outil alors même que la bulle implosait. Impossible d’en dire autant aujourd’hui avec le bitcoin, et même avec la technologie Blockchain, dont même les plus ardents défenseurs peinent à entrevoir les applications concrètes pour la consommation de masse de demain. »

Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d’Art Trading & Finance.

Bitcoin : Nabilla pour, Warren Buffett contre, Quel expert suivre ?

 

 

Warren Buffett qui condamne la cryptomonnaie. JP Morgan qui condamne aussi et s’excuse le lendemain, Goldman Sachs pour, comme Paypal. Les Echos qui expliquent que la valeur du bitcoin ne pourra baisser car la monnaie sera toujours indispensable aux transactions douteuses du fait du caractère aujourd’hui anonyme du bitcoin. Pas étonnant que la playmate  Nabila participe à un débat aussi touffu puisque l’expertise paraît aussi  contradictoire. Même l’autorité des marchés qui rappelle à l’ordre l’ex star de téléréalité. En fait beaucoup qui s’expriment sur le sujet y compris au plus haut niveau n’y connaissent après près rien, par exemple Warren Buffet. Il faut dire que le mécanisme des cryptomonnaie est assez complexe. Un mécanisme qui vise surtout à accélérer et à rendre moins coûteuse les transactions financières grâce à l’échange de données automatiques entre ordinateurs. De ce point de vue,  l’outil sera pérennisé et viendra même mettre en péril les mécanismes de transaction en monnaie classique à moins qu’elle ne développe elle aussi des crypto menées adossées. Après, se pose la question de la valeur du bitcoin et d’une façon plus générale des cryptomonnaie. Et la spéculation autorise n’importe quel excès à la hausse comme à la baisse. Aucune autorité ne peut garantir le cours du bitcoin  qui navigue uniquement non pas en fonction de l’évolution de opérations  financières réalisée mais uniquement fonction de la spéculation. Du coup, il faut nécessairement s’attendre à un coup de tabac un jour au l’autre comme le prévoit notamment Warren Buffett :    »Je peux dire presque avec une quasi certitude que les cryptomonnaie en général vont mal finir » a déclaré le deuxième homme le plus riche du monde, Warren Buffett, sur CNBC qui lui demandait s’il possédait des bitcoins. (Crédits : CNBC)Le milliardaire américain de 87 ans, considéré comme un des investisseurs les plus avisés, serait prêt à parier à long terme sur la baisse du bitcoin et de toutes les monnaies virtuelles. Longtemps resté à l’écart des valeurs technologiques, le deuxième homme le plus riche du monde reconnaît toutefois qu’il n’y connait rien en cryptomonnaie. De Nabila à Jamie Dimon, le Pdg de la banque JP Morgan, qui n’a pas son opinion sur le bitcoin ? L’une des voix les plus respectées à Wall Street vient de livrer la sienne : Warren Buffett, le deuxième homme le plus riche du monde selon le classement Forbes, n’en possède pas et n’a pas l’intention d’en acheter, convaincu d’un avenir peu radieux pour les monnaies virtuelles. Interrogé sur la chaîne CNBC, le milliardaire de 87 ans, à la fortune estimée à plus de 87 milliards de dollars, a confié sa méfiance : « Je peux dire avec une quasi-certitude que les cryptomonnaies en général vont mal finir », a-t-il déclaré. Auréolée d’une couronne de cœurs numériques envoyés par ses fans, l’ex-vedette de téléréalité Nabilla (rendue célèbre par son fameux « allo quoi ? ») conseille à ses abonnés, dans une vidéo publiée sur son compte Snapchat, d’aller acheter du bitcoin, « la nouvelle monnaie, genre la monnaie du futur », sur une plateforme tenue par des traders « qui font ça depuis des années.» « Même si vous n’y connaissez rien, ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup. Moi j’ai dû mettre 1.000 euros et j’ai déjà gagné 800 euros. Mais vous pouvez faire beaucoup moins », ajoute la jeune femme qui fait apparaître un lien vers la page Facebook de ladite plateforme,Traderlebitcoin, établie en Andorre. « C’est vraiment sûr c’est vraiment cool. Vous pouvez y aller les yeux fermés » assure-t-elle. Vous pouvez toujours récupérer l’argent [...] Y a rien à perdre, c’est gratuit. » Il n’y a effectivement pas de frais de courtage sur la plateforme qui se dit sponsorisée par eToro, courtier sur le marché des changes converti aux cryptomonnaies, établi à Chypre, qui se présente comme « le plus grand réseau de trading social et d’investissement.» Postée lundi soir sur Youtube par un certain Trader Cryptos, la vidéo, sorte de publicité à peine déguisée, a fait réagir sur les réseaux sociaux, notamment dans les milieux de la Fintech, en ironisant sur le mode « non, mais allo, l’AMF?« . L’Autorité des marchés financiers (AMF), dont les missions consistent à « réguler, informer, protéger », a réagi le lendemain sur Twitter sans s’adresser directement à la célébrité mais en mentionnant son nom :

 

 

AMF

✔@AMF_actu

#Nabilla Le #Bitcoin c’est très risqué ! On peut perdre toute sa mise. Pas de placement miracle. Restez à l’écart.

19:34 – 9 janv. 2018

Casser le Bitcoin : en supprimant l’anonymat

Casser le Bitcoin : en supprimant l’anonymat

 

Pour casser sulfureuse cryptomonnaie,  c’est au tour d’un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) de proposer la solution pour réguler le Bitcoin. Pour stopper la spéculation sur le bitcoin propose de supprimer l’anonymat voire même d’imposer une TVA. L’idée générale est de réguler la crypto menée pour empêcher le blanchiment de capitaux aussi de freiner la spéculation et la constitution d’une bulle même si les taux monnaient représentent encore une part très faible des échanges financiers.  Quelques  centimes en 2009 mais 16 000 dollars actuellement Voila l’évolution du bitcoin qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, déclarent l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers.  Vendredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif”. Le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes.  Le Bitcoin est passé d’environ 1.000 dollars en janvier à plus de 16.000 dollars à la mi-décembre, une ascension vertigineuse faisant craindre une bulle, même dans les milieux financiers rompus à la spéculation et à la volatilité. Le président de la banque centrale autrichienne estime que le Bitcoin est avant tout une mode et souligne l’impossibilité à terme de généraliser les paiements avec une monnaie dont le cours est aussi volatile.

Le Petro vénézuélien, « bitcoin » ou titres de dette

Le Petro vénézuélien, « bitcoin »   ou titres de dette

 Empêtré dans ses dérives financières -notamment la corruption- et ses dérives également démocratiques -suspension du parlement élu-,  le président vénézuélien victime d’un blocus de la part des États-Unis sort de son chapeau à bitcoin vénézuélien dont la valeur serait équivalente à un baril de pétrole. En réalité pas véritablement une crypto monnaie se fondant sur la transaction de produits échangés mais une sorte de titre de dette pour permettre au Venezuela de payer la facture de ses importations. En clair les exportateurs étrangers seraient payés avec les futurs extractions de pétrole Le baril de brut vénézuélien a fini la semaine dernière à 56,57 dollars, selon le ministère du Pétrole. Le prix moyen en 2017 a été de 46,45 dollars après 35,15 dollars l’année précédente. Nicolas Maduro avait annoncé le 3 décembre la création de cette monnaie virtuelle, baptisée Petro, qui devrait être basée sur la richesse pétrolière du Venezuela dont les réserves sont parmi les importantes au monde.  Le Venezuela, mis en difficulté par la chute des cours de l’or noir dont il tire 96% de ses devises, est acculé à restructurer une dette extérieure estimée à environ 150 milliards de dollars par certains experts. Le pays et sa compagnie pétrolière PDVSA sont déjà considérés comme étant partiellement en défaut de paiement par plusieurs agences de notation. La population souffre de graves pénuries d’aliments et de médicaments, faute d’argent pour les importer.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol