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Bitcoin : la chute

Bitcoin : la chute

 

Evolution toujours aussi erratique du bitcoin qui est tombé brièvement en dessous des 5.900 dollars pour un bitcoin, revenant à son plus bas niveau avant la flambée des cours fin 2017. Le bitcoin baisse «lentement mais sûrement», a commenté Jordan Hiscott, analyste pour Ayondo Market. Si plusieurs explications peuvent être avancées, «le piratage de plateformes d’échange est préjudiciable à la confiance dans les cryptoactifs», a-t-il expliqué. Récemment, plusieurs histoires de piratages de cryptomonnaies ont en effet fait baisser les cours. Il y a environ dix jours, près de 26 millions d’euros de cryptomonnaies ont été volés sur Bithumb, une plateforme basée en Corée du Sud. Et neuf jours plus tôt, c’est une autre plateforme sud-coréenne, Coinrail, qui avait été piratée, pour un montant dérobé de l’ordre de 31 millions d’euros, ce qui avait fait brutalement chuter le cours du bitcoin de plus de 13%. Les opérations de dépôt et retrait y sont toujours suspendues depuis. Cette chute du bitcoin (et autres équivalents) ne discréditent cependant pas la technique du blockchain dont le bitcoin n’est qu’une application très partielle soumise par ailleurs aux turbulences de la spéculation.

 

Bitcoin : soupçon de manipulation aux Etats-Unis

Bitcoin : soupçon de manipulation aux Etats-Unis

. La CFTC, l’autorité américaine de régulation des marchés à terme et des produits dérivés, a adressé une injonction (subpoena) à Bitstamp, Coinbase, itBit et Kraken, quatre des principales bourses de monnaies virtuelles. Dans celle-ci, elle leur demande de lui fournir des données sur des transactions portant sur des échanges d’instruments financiers permettant de spéculer sur la hausse ou la baisse du bitcoin (futures), révèle le Wall Street Journal. La CFTC, qui a autorisé fin 2017 ces échanges donnant une légitimité au bitcoin, a eu recours aux gros moyens pour forcer ces plateformes à lui communiquer des informations dont elle a besoin pour son enquête. Au départ, les plateformes n’ont pas voulu se plier à la demande du régulateur, affirme le journal. La CFTC et le ministère de la Justice (DoJ) ont ouvert en mai une enquête criminelle sur des manipulations potentielles des cours du bitcoin. Les autorités soupçonnent des traders de « spoofing », une pratique de marché visant à placer de faux ordres et à les retirer rapidement. Ces ordres non exécutés font bouger les prix des actifs dans une direction bénéfique pour les traders voulant exécuter l’ordre d’un client, ou les prix des contrats à terme dans une direction favorable aux traders qui doivent clôturer des positions. Le « spoofing » a été rendu illégal par la loi de régulation financière Dodd-Frank, adoptée en 2010 pour éviter une nouvelle crise financière. Les devises virtuelles sont particulièrement volatiles: le bitcoin a par exemple frôlé le seuil de 20.000 dollars l’unité lors d’une ascension folle en décembre, avant de chuter brutalement. Outre leur volatilité, les régulateurs s’inquiètent de l’absence de régulation existant sur les plateformes d’échange de cryptomonnaies, ce qui en fait des actifs prisés de trafiquants souhaitant blanchir de l’argent sale.

L’avenir du bitcoin et de la Blockchain (Eric Larchevêque)

L’avenir du bitcoin et  de la Blockchain (Eric Larchevêque)

Eric Larchevêque, directeur général de Ledger, s’exprime sur l’avenir du bitcoin et  de la Blockchain, dans une interview à  LA TRIBUNE –

 

 Quand avez-vous découvert le Bitcoin et qu’est-ce qui vous a séduit dans cette « monnaie virtuelle » ?

ERIC LARCHEVÊQUE - J’étais à la recherche d’une nouvelle aventure professionnelle en 2013 après avoir vendu à High Co le comparateur de prix sur mobile que j’avais créé en 2010 (Prixing). Je me suis alors plongé dans l’univers du Bitcoin, j’ai beaucoup lu et j’ai été frappé par l’éclair quand j’ai fini par comprendre les implications de cette technologie, cette notion de confiance décentralisée : c’est la quatrième révolution industrielle ! Quand j’ai créé ma première startup (France Cyber Media), en 1996, à l’époque où l’Internet supplantait le Minitel, j’ai vu à quel point la transformation technologique pouvait avoir un impact sur la société. Je me suis dit qu’il allait se passer la même chose avec la technologie Blockchain qui rebat les cartes de la finance et de la confiance.

En revanche, je n’avais pas d’idée de business modèle. Avec mon associé Thomas France, co-fondateur de Ledger, nous avons eu envie d’ouvrir un lieu physique, très horizontal, où échanger et expliquer ce qu’était le Bitcoin. Nous avons choisi un nom un peu désuet pour rassurer, La Maison du Bitcoin, qui a ouvert dans le 2e arrondissement de Paris au printemps 2014. C’était juste après la chute de la plateforme Mt. Gox, tout le monde disait que le Bitcoin était officiellement mort. Nous voulions expliquer que derrière ces « monnaies virtuelles » —  on parle plutôt de « crypto-actifs » maintenant — il y avait cette technologie Blockchain. Nous avons mené ce projet sur nos fonds propres. Notre modèle économique c’était de faire le pari qu’il allait se passer quelque chose !

L’intérêt de ce lieu a été de concentrer tous les acteurs de l’écosystème, en y organisant des hackathons, des meet-ups, etc. Nous avons ainsi croisé la route de deux startups, BTChip de Nicolas Bacca, qui venait de l’univers de la carte à puce (Oberthur) et avait développé la première version d’un coffre digital hardware (électronique), produit techniquement très performant, mais sans interface, d’un usage trop complexe, et Chronocoin, de Joel Pobeda, qui vendait des bitcoins envoyés par UPS, sous contre-signature pour vérifier l’identité et éviter la fraude : il lui fallait un moyen de sécuriser l’envoi des clés privées. Nous avons décidé de fusionner en septembre 2014. Mon associé et moi apportions la vision entrepreneuriale et la mise en musique du projet pour attirer des investisseurs. La première version du produit, Ledger Nano, sans écran, a été lancée en octobre 2014, et tout est allé assez vite.


Quel est le principe de ce « coffre » à la fois digital et physique ?

Notre ambition était de dépoussiérer la technologie de sécurité des cartes à puce dans le but de créer un coffre digital pour cryptomonnaies. Si vous perdez la clé privée d’accès à votre compte en cryptomonnaies ou qu’on vous la vole, vous ne pouvez plus y accéder, tout est perdu. Sous sa forme de clé USB, le Nano S est un véritable ordinateur embarqué, avec un système d’exploitation que nous avons développé. Dans ce petit boîtier, l’important c’est la carte à puce qui permet de sécuriser la clé privée d’un portefeuille de crypto-actifs. Grâce à ce format de clé USB, nous pouvons intégrer un écran où l’on peut vérifier ce que l’on signe et non pas envoyer un ordre à l’aveugle.

 
Votre produit est « made in Vierzon ». Pourquoi ce choix ?

J’ai passé toute mon enfance à Vierzon, où ma famille a un passé industriel : mon grand-père avait créé une fabrique de porcelaine, Larchevêque, qui a fini par péricliter dans les années 1980. Mais c’est en fait le fruit d’une coïncidence incroyable : Joel Pobeda avait installé Chronocoin à Vierzon. C’est une fierté d’avoir une unité de production dans cette ville, un peu sinistrée : nous sommes l’entreprise qui a créé le plus d’emplois l’an dernier. Nous sommes 80 à Paris et une cinquantaine à Vierzon, dans la production, la logistique, l’ingénierie et l’assistance client. Nous y construisons le « Ledger plex » et nous allons créer une centaine d’emplois dans les années à venir. Nous sponsorisons aussi les équipes de foot, de rugby etc, et participons à l’émergence d’un « Silicon Berry ». C’est un projet personnel et émotionnel de pouvoir réindustrialiser la région et poursuivre ainsi l’histoire familiale.

Vous avez vendu plus de 1,2 million de ces « coffres digitaux ». Qui sont les acheteurs ?

Nous avons connu une croissance extraordinaire ces derniers mois. C’est un motif de fierté pour tous dans l’entreprise, d’autant qu’il est difficile de percer avec un produit d’électronique grand public et conçu en France. Nous avons vendu ces 1,2 million de coffres pour cryptomonnaies dans 165 pays, environ un tiers en Europe, un tiers aux États-Unis et un tiers en Asie. Les ventes sont complètement corrélées au marché des cryptomonnaies qui est passé d’une capitalisation de quelques dizaines de milliards de dollars à 850 milliards en décembre et oscille aujourd’hui entre 300 et 400 milliards de dollars. Quand le cours du Bitcoin monte, cela crée un tel cirque médiatique que de nouveaux acheteurs arrivent et ont besoin de s’équiper pour protéger leurs portefeuilles. Les ventes sont moins importantes en cas de baisse des cours.

L’an dernier, nous ne pouvions plus suivre la demande, nous avons été en rupture de stock pendant l’été et les deux premiers mois de 2018. Nous avions prévu de vendre 60.000 unités en 2017 et nous en avons écoulé près d’un million !Nous avons dû revoir entièrement nos outils de production, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain. Nous avons vu nos produits sur eBay à des prix absurdes, plusieurs centaines de dollars (contre un prix public de 95 euros).

Cela démontre aussi la véritable utilité de notre produit : je rencontre beaucoup de gens qui me disent merci, ce coffre digital leur permet de passer de meilleures nuits. On peut le porter sur soi, comme un portefeuille, ou le laisser au coffre à la banque s’il s’agit de sommes conséquentes. Il n’y a pas de limite de stockage, puisque c’est la clé privée d’accès aux comptes qui est sauvegardée : ce sont comme des « bons au porteur » digitaux.

Selon une enquête récente de Deloitte, 75% des Français connaissent les cryptomonnaies et 7%, soit 3 millions de personnes, seraient utilisateurs de cryptomonnaies. Ces chiffres vous semblent-ils crédibles ?

Même Jean-Pierre Pernaut en a parlé dans son journal télévisé, le taux de notoriété n’est pas étonnant ! Cependant, il n’y a probablement pas 3 millions de Français qui possèdent des crypto-actifs, ce chiffre paraît très optimiste ! Certes, c’était un peu l’émeute en décembre à la Maison du Bitcoin et l’intérêt semble transcender toutes les classes d’âge et sociales. D’après ma perception du marché, il y a quelques centaines de milliers d’utilisateurs de crypto-actifs en France, on s’approche peut-être du million.

A-t-il été difficile de lever des fonds, du fait de la défiance de certains investisseurs ?

Nous avons réalisé une première levée de fonds de 1,3 million d’euros en février 2015 auprès du fonds français Xange et de business angels, comme Fred Potter, le fondateur de Netatmo, et Pascal Gauthier, de Criteo. Thomas, mon associé, est parti ouvrir une filiale à San Francisco, où se fait tout le développement « crypto » et Blockchain : si on n’est pas dans la Silicon Valley, on n’existe pas ! Il était important d’être là-bas pour présenter nos produits et « évangéliser » les produits de sécurité. Nous avons procédé à plusieurs itérations du produit et lancé le Nano S avec un écran, en juin 2016. Le marché était encore tout petit, nous étions moins d’une vingtaine chez Ledger et à peine à l’équilibre. Nous avons réalisé un deuxième tour de table de 7 millions d’euros en mars 2017, auprès de la Maif notamment. Quand le marché a vraiment accéléré en 2017, notre marque, qui a bénéficié du bouche-à-oreille, était déjà un peu connue dans l’écosystème et l’enjeu de la sécurité était bien compris.

La croissance de Ledger a été verticale. Pascal Gauthier (ex-directeur opérationnel de Criteo) nous a rejoint pour son expertise opérationnelle de structuration de l’entreprise, afin de mettre en place les fonctions supports (finance, RH, juridique) et nous permettre d’accélérer. Nous avons réalisé un tour de table de 60 millions d’euros pour dérouler notre feuille de route à cinq ans. Notre ambition est de créer un géant technologique européen des applications de la Blockchain, en particulier des cryptomonnaies. La première étape, c’est l’électronique grand public avec ce coffre digital, la deuxième étape, ce sont les entreprises et les services, nous avons lancé des solutions pour les institutions financières, la troisième étape, à plus long terme, ce sera l’Internet des objets et toute l’industrie.

La technologie Blockchain ne coûte-t-elle pas cher pour le seul stockage ? Des experts relèvent que ce n’est pas l’alpha et l’oméga pour tous les secteurs…

La Blockchain n’est pas la solution à tous les problèmes, ce ne sera pas la seule technologie utilisée. Cependant, elle a beaucoup de sens dans des cas d’usage qui peuvent représenter des marchés importants.
Premier exemple : tout ce qui touche à l’énergie, aux smart grids, à la voiture autonome ou électrique. Si on se projette dans le futur, le véhicule connecté dans la smart city va avoir besoin de se recharger par induction au feu rouge, payer un parking, un péage, etc : son trajet va être ponctué de 50 opérations où se produira un échange de flux physiques et financiers entre plusieurs acteurs qui peuvent être réalisés sous la forme de « smart contracts » [contrats « intelligents » déclenchés automatiquement selon des paramètres prédéfinis]. Utiliser un protocole pair-à-pair distribué comme la Blockchain a plus de sens et apportera plus de flexibilité qu’un système centralisé.

Deuxième exemple l’industrie 4.0 et la « supply-chain »(chaîne d’approvisionnement), où doit s’opérer le lien entre matières premières et flux financiers. Avec la Blockchain, on va pouvoir interconnecter tous les acteurs et permettre à une usine de se reconfigurer en fonction de la demande.

Le troisième exemple est un peu au fondement de tout cela : créer des cryptomonnaies d’État. C’est une manière de répondre aux questions de régulation que se posent les pouvoirs publics. Il s’agirait tout simplement de publier un décret qui autorise les banques à émettre, de façon centralisée, des tokens (jetons numériques) d’une valeur d’un euro. L’intérêt de la Blockchain c’est le « smart contract », la possibilité d’ajouter des fonctions programmables dans l’argent et de pouvoir ainsi permettre à un véhicule d’avoir un portefeuille pour se recharger à un réseau électrique intelligent. Je sais bien qu’on ne pourra jamais payer en bitcoins à la pompe ! D’ici quelques années, avec des vitesses d’adoption différentes entre les États-Unis, l’Europe et certaines micro-nations, on verra l’arrivée de cryptomonnaies d’État, que l’on peut aussi qualifier de « stable coins », des « crypto » ayant une valeur d’un pour un avec une monnaie ayant cours légal.

Ces « stable coins » permettront de débloquer des tas de « smart contracts », comme ceux que l’on voit apparaître dans l’assurance pour un retard d’avion : ça n’a pas de sens de rembourser les assurés en ethers alors qu’il y a un coût de couverture des fluctuations du cours, il faut le faire en euros. Or l’un des grands frottements financiers dans les métiers de l’assurance réside dans la gestion pour compte de tiers, avec tous les coûts de conformité, d’audit, de connaissance client (KYC). Si on met les fonds dans un « smart contract », qui est l’équivalent d’un séquestre automatisé, connecté à ce que l’on appelle des « oracles » qui prédisent le retard des avions, le débouclement du contrat d’assurance se fait de manière totalement automatisée, sans intervention humaine. In fine, la prime est plus faible, le produit est plus performant et le client a plus de chances de le choisir. C’est ce qu’apporte la « révolution Blockchain » : pouvoir qualifier des événements financiers en même temps que des événements physiques et déboucler tout cela de manière automatisée.

 

Pour Ledger, cela peut représenter des contrats d’équipements. Par exemple, des micro-Etats tels que la Barbade, qui ont perdu une partie de leur business off-shore avec le durcissement des lois internationales, cherchent une nouvelle source de revenus et ont la chance d’avoir une monnaie arrimée au dollar, plutôt stable : ils travaillent à un projet d’émettre des crypto-dollars dotés de toutes les qualités des « smart contracts ». D’autres pays, comme la Chine, la Russie et l’Iran, se posent la question d’émettre leurs propres cryptomonnaies qui pourraient répondre à des problématiques de sanctions internationales et d’embargo. Je pense que, plutôt qu’essayer de réguler les cryptomonnaies, les États vont prendre le problème à l’envers et créer leurs propres cryptomonnaies.
La tendance n’est-elle pas plutôt à la régulation ? Le sujet a été débattu au G20, deux missions d’information au Parlement en sont chargées et la loi Pacte doit l’aborder aussi.

C’est vrai, nous participons d’ailleurs à ces missions d’information parlementaires et nous avons recruté des personnes telles que Nathalie de Gaulle, comme directrice des affaires gouvernementales et banques centrales [ex-directrice de campagne de Bruno Le Maire, ex-Société Générale CIB et Engie, Ndlr] pour y apporter notre vision. Dans le futur, dans trois ou cinq ans, il est probable que les États s’emparent de la problématique en émettant leurs propres cryptomonnaies. C’est un futur possible et sûrement le plus souhaitable pour la croissance des usages grand public des « smart contracts », et qui n’empêche en rien le développement parallèle des blockchains décentralisées.

La Banque de France prône un encadrement clair des crypto-actifs et la création d’un statut de prestataire de service en crypto-actifs. Faut-il un cadre réglementaire ?

Aujourd’hui, il y a une zone grise. Par exemple, la Maison du Bitcoin, qui fait plutôt un métier de broker (courtier) en achat et vente de crypto, opère dans un vide juridique. Il est évidemment souhaitable de créer un cadre pour permettre à ces entreprises d’exercer de façon contrôlée, ce qui est clé pour avoir accès au système bancaire. C’est le plus grand problème rencontré aujourd’hui par les sociétés de l’univers des crypto. Il a été compliqué de pouvoir simplement ouvrir un compte en banque pour la Maison du Bitcoin, nous avons finalement trouvé auprès de Fidor [néobanque allemande rachetée par le groupe BPCE], et même pour Ledger alors que l’on vend de l’électronique, on n’intervient pas sur les cryptomonnaies et on est bien capitalisé. Certaines banques ne souhaitent pas travailler avec nous par crainte d’un risque de réputation. J’ai encadré les lettres de refus à côté de mon bureau ! Nous avons trouvé depuis plusieurs banques. Malgré les discours sur l’innovation et les startups, le banquier reste frileux par rapport à cet univers des crypto-actifs.

S’il est nécessaire d’avoir un cadre juridique dès que l’on rentre dans un univers où l’on gère de l’argent fiduciaire, comme dans le système bancaire classique, certaines propositions sont inapplicables et impossibles, comme celle d’exiger de faire du « KYC », de la connaissance client sur tout portefeuille de cryptomonnaies [qui figure dans le projet de directive européenne anti-blanchiment]. C’est comme si on l’exigeait des vendeurs de coffre-fort, ça n’aurait aucun sens. Le marché est mondial et cela viendrait limiter l’usage des coffres à crypto dans une zone géographique précise. Le plus grand danger serait de tuer la compétitivité européenne : on se retrouverait avec des GAFA Blockchain dans cinq ans. J’espère que le gouvernement l’a compris et que nous arriverons, tout en protégeant le consommateur contre le risque spéculatif, à avoir un cadre juridique qui ne tue pas l’innovation ou la déplace à l’étranger. Nous sommes heureux et fiers d’être Français, d’avoir un héritage de 40 ans de savoir-faire dans la carte à puce, domaine que ne maîtrisent pas les Américains.

La traçabilité est pourtant possible avec la Blockchain, on peut identifier des bitcoins d’origine douteuse, non ?

Tout à fait. Un bitcoin n’est pas totalement fongible et il existe des outils de traçabilité et d’analyse statistique pour identifier l’origine de bitcoins « teintés » (« tainted » c’est-à-dire ternis, corrompus). Ce n’est pas une preuve absolue, mais une analyse statistique, un scoring de bitcoins présentant une forte probabilité d’être issus d’un piratage, d’un vol sur une place de marché. Dans l’enquête sur Silk Road [marché noir du « darknet » fermé par le FBI en 2013, Ndlr], le procureur a dit avoir pu la résoudre grâce à la traçabilité du bitcoin. Ce dernier n’est pas anonyme, mais pseudo-anonyme : même si on ne pourra jamais, d’un point de vue pratique, avoir un KYC sur les clés privées, on aura toujours des outils permettant à la police de faire son travail. La Maison du Bitcoin a par exemple collaboré à de nombreuses enquêtes sur des affaires diverses. Le Bitcoin n’est pas une zone de non-droit. Par ailleurs, unerécente étude de l’entreprise britannique Elliptic [éditeur de logiciels de cybersécurité crypto] a estimé à moins de 1% la part des bitcoins utilisés pour des usages illégaux, sur l’ensemble des transactions sur la Blockchain. Interpol n’a pas non plus identifié de connexion entre le Bitcoin et le financement du terrorisme.

Il faut replacer le débat dans un cadre plus posé et factuel. Cela fait partie du rôle de Ledger, qui n’a pas besoin d’un statut particulier pour opérer, de porter ce débat et d’éviter la mise en place de réglementations absurdes. Aujourd’hui on ne peut plus ignorer les crypto-actifs et les pouvoirs publics ont compris que ceux-ci étaient là pour durer. Il y a en outre une réelle volonté de la part de ce gouvernement de créer des champions français et la crainte de rater un nouveau virage, après celui de l’Internet. Je suis donc assez optimiste et je crois assez peu à une régulation absurde : les acteurs technologiques bénéficient d’une certaine bienveillance. Le pragmatisme devrait l’emporter sur le manque de courage.


Quid de la fiscalité ?

Aujourd’hui, la fiscalité sur les crypto-actifs est confiscatoire : on peut se retrouver à payer 70% d’impôt sur la plus-value [il faut la déclarer en tant que bénéfice non commercial (BNC) si l’activité d’achat-revente en euros est occasionnelle, et comme bénéfice industriel et commercial (BIC) s’il s’agit d’une activité régulière]. Tout le monde voit bien que c’est une recette pour un désastre et que cela dissuade de déclarer. J’ai l’impression que l’on se dirige vers une sorte de « flat-tax » de l’ordre d’un tiers.Ce serait clair, simple et acceptable, et une véritable libération pour certaines entreprises du secteur qui envisageraient l’avenir de façon plus posée.
Le Bitcoin est né après la crise financière de 2008 et d’une défiance à l’égard du système. Cet aspect-là vous a-t-il séduit ? Et quid de l’attrait spéculatif pour l’ex-joueur de poker professionnel que vous êtes ?

En plus des aspects technologiques, la résistance à la censure de la Blockchain et du Bitcoin et la capacité de créer une réserve de valeur alternative m’ont complètement séduit. D’un point de vue économique et philosophique, je me suis toujours inquiété de la course à la dette, de la solution dangereuse pour les générations futures de la planche à billets. Il y a un délitement de la confiance dans les États et les institutions et j’ai vu le Bitcoin comme une réponse à cela. Le citoyen a besoin d’alternatives, ce n’est pas forcément un acte révolutionnaire ou anarchiste. Je ne suis pas libertarien ni révolutionnaire, je crois en l’Etat et dans les banques, qui remplissent des fonctions essentielles. Paradoxalement, les cryptomonnaies répondent au besoin très profond de possession, c’est une de leurs fonctions qui m’a séduit, dans un environnement de plus en plus « cashless », ce qui revient pour moi un peu à une privation de liberté, car tout y est contrôlé, vérifié. Le Bitcoin c’est fondamentalement du cash, ou de l’or, une réserve de valeur.

Je suis un défenseur des espèces. Le cash, c’est agréable et difficilement remplaçable. On ne peut pas vous le prendre, vous en faites ce que vous voulez, le Bitcoin c’est la même chose, c’est une alternative au cash. En France, on aura du mal à faire disparaître le cash. Mais je pense qu’on a besoin d’une monnaie plus efficace et la solution pourrait être de l’émettre sous forme de cryptomonnaie légale.

Pourquoi avoir levé des fonds classiquement auprès de sociétés de capital-risque et non par Initial Coin Offering, l’émission de jetons numériques, mode de financement très prisé des startups de la Blockchain ?

Quand on fait une ICO, cette opération est censée être la dernière levée de fonds, la sortie. Et d’un point de vue technique, émettre un « token d’utilité » [jeton servant ensuite à payer un service sur la plateforme qui l’émet] n’aurait pas de sens et serait complètement artificiel pour Ledger. Surtout, notre vision est de construire un géant technologique, dans la durée : cette feuille de route va s’écrire en passant par des levées de fonds normales, avec des investisseurs qualifiés qui vont aider à notre développement dans certaines régions, comme Korelya et Cathay Capital en Asie, et des investisseurs à l’esprit entrepreneur comme Draper.

Si un jour nous devions procéder à une Initial Coin Offering, ce serait plutôt ce que l’on appelle une « IPCO », en « tokenisant » les actions de l’entreprise : ce serait une belle histoire, puisque nous pourrions stocker les actions sur nos propres produits ! Mais le cadre juridique n’est pas encore là.

 

Comment voyez-vous évoluer le marché des cryptomonnaies ?

Personne ne peut faire de prédictions et il est difficile de dire si cette période de consolidation plutôt calme va durer six ou dix-huit mois, mais elle n’a rien à voir avec celle qui a suivi la chute de Mt.Gox : de nombreux acteurs technologiques du secteur dans le monde entier, qui ont des réserves confortables de cash, recrutent, innovent. Tout cet écosystème travaille sur des cas d’usages, des produits, des solutions qui verront le jour petit à petit et donneront une dimension d’utilité plus importante aux cryptomonnaies, qui étaient en grande partie de la spéculation jusqu’ici, pour revenir dans un cycle plus positif, moins violent avec de meilleurs fondamentaux à long terme.

Tickets restaurant : bientôt en bitcoin ?

Tickets  restaurant : bientôt en bitcoin ?

 

Il semblerait que dans certains cas les titres restaurant servent de monnaie virtuelle et discrète aussi bien pour payer des salariés que des fournisseurs. Certains commerçants utiliseraient à des fins personnelles les titres restaurant remis par leurs clients pour régler leurs achats. Certains employeurs paieraient au « black » leurs salariés avec des titres restaurant. L’Inspection du Travail entend débusquer ces fraudes en interrogeant des employeurs et des salariés. L’Inspection du Travail s’est penchée sur un dossier des plus vastes: l’utilisation frauduleuse des titres restaurant. La fraude serait importante car le paiement par tickets restaurant est équivalent au black. L’inspection du travail mène une grande enquête sur le sujet en ce moment auprès de restaurateurs qui, au lieu de se faire rembourser les titres restaurants par la Centrale de Règlement des Titres, s’en servent pour payer leurs  propres achats ou qui payent tout ou partie des salaires du personnel. L’administration envisagerait comme réplique de dématérialiser les titres pour empêcher qu’ils ne se transforment en monnaie virtuelle. Justement dans certaines entreprises on penserait à  substituer au titre restaurant le paiement en bitcoin. Une dématérialisation via cette monnaie virtuelle qui serait encore plus incontrôlable. L’affaire des titres restaurant montre que les institutions financières comme les Etats craignent par dessus tout que le contrôle de la monnaie leur échappe notamment pour en fiscaliser une  partie et prélever leur dime via des taux d’intérêts et des coûts de transaction. L’utilisation des titres restaurant – papier ou dématérialisés – est limitée à un montant maximum de 19 euros par jour et les restaurateurs ne doivent pas rendre la monnaie. Les titres restaurant ne sont pas en principe utilisables les dimanches et jours fériés, sauf décision contraire de l’employeur au bénéfice exclusif des salariés travaillant pendant ces mêmes jours.

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Bitcoin : monnaie ou jeu spéculatif

Jacques Baudron, de l’Université Paris Sud pose la problématique des monnaies virtuelles à considérer comme des monnaies ou des jeux spéculatifs. Article de la Tribune

 

Du sommet de ses fragiles hauts et bas, le bitcoin domine l’affiche depuis plusieurs mois. Mais, nous prévient-on, le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque, et les monnaies virtuelles ne sont pas des créances. Que signifie cette affirmation ? Pour le savoir, il faut d’abord comprendre pourquoi une monnaie est une créance.

Les premières créances, des histoires d’orfèvres

Durant la première moitié du XVIIe siècle, les orfèvres font partie des rares métiers à même de tenir tête à l’aigrefin. Ils sont en effet dotés, pour leur activité, de coffres forts. Les riches négociants, particulièrement vulnérables, ont donc tôt fait de les solliciter pour y abriter leurs métaux précieux. L’affaire n’est évidemment pas gratuite : elle se fait contre une reconnaissance de dettes nominative et, bien entendu, une juste rémunération pour le service rendu. Sur présentation de ce papier, tout ou partie des métaux précieux déposés pouvait être retiré.

Les choses évoluant, les reconnaissances de dette deviennent anonymes et mentionnent seulement le montant d’or exigible en contrepartie. Les reconnaissances de dette étant bien plus faciles à manipuler que l’or, elles sont rapidement préférées pour les échanges de biens ou services. Ces billets, échangeables contre le poids d’or mentionné, constituent des créances.

Les orfèvres disposent en permanence dans leur coffre de réserves d’or qui dort. Les commerces quant à eux cherchent des fonds pour le développement de leurs activités et les deux parties trouvent rapidement un terrain d’entente sur la base de billets-reconnaissances de dettes identiques à ceux des déposants. Ces reconnaissances de dettes ont une vie éphémère : elles sont détruites dès libération de la dette.

Mise en place du mécanisme de création monétaire

Les orfèvres ne tardent pas à constater que l’or entre et sort mais que le niveau des stocks ne descend pas en dessous d’un certain seuil. Statistiquement, tous les emprunteurs ne présentent pas leur reconnaissance de dette au même moment. D’où l’idée de proposer plus de reconnaissances de dette qu’il n’y a d’or. Le total des montants inscrits sur les billets-reconnaissances de dette émis est supérieur au poids d’or chargé de le garantir. Le risque existe de se trouver démuni face à un afflux de demandes de remboursement, mais il est visiblement mesuré, puisque le système se développe. Cela dit, le modèle mis en place pour renflouer l’après-Louis XIV par John Law a tout de même montré en 1720 qu’une demande simultanée de tous les utilisateurs ne relève pas que de la théorie !

Le mécanisme de création monétaire est né. Quand un commerçant emprunte, il perçoit ses billets imprimés par l’orfèvre. La somme est reportée dans les registres. Des billets-reconnaissances de dette sont émis, et le niveau d’or dans les coffres ne change pas. Le commerçant utilise ces billets-reconnaissances de dette pour payer ses fournisseurs, qui les utiliseront à leur tour pour rémunérer des collaborateurs, qui pourront eux-mêmes les employer pour acheter du pain et ainsi de suite. La monnaie circule, et tous ces échanges ont pour point d’origine une simple écriture dans un registre…

L’histoire n’est pas finie : quand le commerçant rembourse sa dette, l’orfèvre détruit la reconnaissance de dette. Création monétaire et destruction monétaire se suivent avec un bilan non nul : l’activité du commerçant augmente et l’orfèvre touche des intérêts. Les trois attributs qui définissent la monnaie depuis Aristote sont là : elle est acceptée, divisible et durable. Acceptée, car la monnaie est garantie par la confiance que l’on a dans la réserve d’or. Divisible, car elle permet d’échanger des heures de travail contre du pain, puisque tous sont mesurés en unité de compte commune. Durable, car la monnaie a une certaine stabilité qui lui est donnée par sa référence à l’or. La quantité de monnaie nécessaire à l’acquisition de pain est la même – à l’inflation près – qu’on acquière cette denrée à un moment donné ou un an après.

Monnaie d’État, banque centrale et banques commerciales

Ce mécanisme est aujourd’hui utilisé par les états. Toutefois si dans un premier temps la monnaie s’appuyait effectivement sur une contrepartie en métal précieux, le glissement vers une valeur décrétée arbitrairement par l’État est désormais d’usage. La monnaie émise est dite fiduciaire, car elle demande de faire confiance à l’État. C’est lui qui décrète arbitrairement sa valeur. L’euro, par exemple, est l’équivalent de l’or pour les orfèvres. Leur rôle est aujourd’hui tenu par la Banque centrale européenne, qui émet les billets et pièces en circulation. L’État, de son côté, édicte deux règles : refuser la monnaie nationale en règlement d’une dette est illégal ainsi que s’acquitter de l’impôt avec une autre monnaie. Avec de telles règles, l’acceptation est plus facile…

Classiquement, dans un état la banque centrale émet la monnaie nationale et applique la politique monétaire du gouvernement. De leur côté, les banques commerciales distribuent la monnaie de la banque centrale et gèrent des services comme les prêts avec de la monnaie scripturale, c’est-à-dire dont les mouvements sont enregistrés dans les comptes. Un virement de cent euros ne signifie pas que cent euros en billets sont dans une boîte, c’est uniquement une écriture. Une autre écriture débitera le compte suite à un règlement par carte.

Globalement, la masse monétaire est créée à 95% par les banques commerciales et 5% par les banques centrales. La banque commerciale est légalement tenue de disposer d’une réserve de 1% de ses encours en monnaie d’État auprès de la banque centrale. Notons que la masse monétaire créée par l’obtention du crédit et détruite lors du remboursement couvre le principal, mais pas les intérêts. Ceux-ci devront être financés par ailleurs, typiquement par de nouveaux prêts.

Et les monnaies virtuelles ?

Si la monnaie scripturale vous permet à tout moment d’exiger de votre banque la contrepartie des écritures en monnaie nationale physique, rien de tel n’est proposé avec la monnaie virtuelle. La monnaie virtuelle ne conserve que les écritures. Par construction, seul persiste dans le processus l’aspect scriptural de la monnaie – toute transaction est inscrite de manière indélébile – mais sa totale indépendance vis-à-vis des autres monnaies l’empêche de s’appuyer sur une valeur ou monnaie quelconque. On dit également qu’il n’y a pas de valeur intrinsèque. L’expression « monnaie virtuelle » frise donc l’oxymore.

En effet, sans valeur intrinsèque aucune des 1.300 monnaies virtuelles ne répond à la définition aristotélicienne de la monnaie. Les monnaies virtuelles sont certes de mieux en mieux acceptées, et l’on ne peut nier qu’elles sont divisibles : elles permettent de mesurer la valeur des biens et de faire des comparaisons. Mais elles ne sont pas durables. En effet, la monnaie permet de différer un achat pour « plus tard », au meilleur moment. Encore faut-il que « plus tard » le pouvoir d’achat de cette monnaie soit du même ordre. Or, la définition de la monnaie virtuelle précise qu’elle ne s’appuie sur aucun élément qui assurerait sa stabilité. Cela étant posé, renier Aristote et dire que « le bitcoin est une monnaie » simplifie beaucoup les discussions…

Où pourrait se situer la valeur intrinsèque du volatil bitcoin s’il en avait une ? Pour ma part je vois deux pistes : les transferts de fonds rapides et les « ICO » (initial coin offering), qui consistent à proposer de participer au financement d’un projet non pas en entrant dans le capital ou en prêtant des fonds, mais en pré-achetant des services que le projet proposera. Ethereum pas exemple proposait des ether, Uber aurait pu proposer des courses, Air France des Miles. Les participations, très intéressantes dans la phase initiale, peuvent être échangées par la suite sur les marchés ; ces produits financiers sont connus sous le nom de token.

Une valeur tributaire de l’émotivité

En définitive, le cours du bitcoin est totalement mené par l’offre et la demande. Un achat est effectué en pariant sur le fait que « quelqu’un » sera prêt à racheter à un prix supérieur. S’agirait-il d’une sorte d’action ? Pas tout à fait. Une action est un acte de propriété avec droit de vote qui définit une valeur dont ne dispose pas la monnaie virtuelle. D’un type d’obligation ? Non plus, car une obligation est un prêt.

Au final, une monnaie virtuelle est sans référence. Il n’y a pas de valeur « raisonnablement » haute ou basse. Les fluctuations épousent l’humeur du moment, les émotions depuis l’engouement jusqu’au dépit en mouvements inattendus, voire surprenants. Son cours est imprédictible. Ce n’est pas parce qu’il est haut qu’il ne montera pas encore plus haut. Mais il peut aussi bien chuter.

Affirmer qu’il s’agit d’une bulle est bien confortable, mais avec huit mille dollars mi-novembre, on pouvait pronostiquer un éclatement. Las, il s’est alors produit un nouvel envol, et le doublement du cours en quinze jours. Imprévisible, le bitcoin est un produit parfait pour les amateurs d’émotion forte et de jeu. Tout ça parce qu’une monnaie virtuelle n’est pas une créance…

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Par Jacques Baudron, Chargé de cours technologies virtuelles licence MRT, Université Paris Sud – Université Paris-Saclay

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation

Bitcoin, l’utopie (Par Michel Santi, économiste)

Bitcoin, l’utopie (Par Michel Santi, économiste)

Dans une interview à la tribune Michel Santi, économiste, évoque les limites et les contradictions du bitcoin

 

«  Le bitcoin instrument de paiement semble pour le moins compromis car nul ne voudra s’en séparer s’il devait beaucoup s’apprécier tandis que nul ne voudra le détenir s’il venait à s’effondrer ! En effet, pourquoi dépenser une valeur dont le cours s’envole comme celle du Bitcoin propulsé de 900 à 19.000 dollars en une année ? Transposer cette logique au dollar ou à l’euro reviendrait à paralyser littéralement l’économie car nul ne dépenserait plus son argent en attendant de devenir riche ! À moins d’augmenter massivement l’approvisionnement en bitcoin, comme le pratiquent couramment les banques centrales en activant leur planche à billets ? Hypothèse balayée avec horreur par les «Bitcoineurs» dont la raison d’être est précisément le rejet de l’interventionnisme étatique, et dont les angoisses profondes voire existentielles, puisent leurs sources dans la mythologie hyper inflationniste de Weimar et du Zimbabwe… Le bitcoin ne serait-il pas le refuge ultime face à des gouvernements indignes de confiance dont la seule action serait de dévaluer la monnaie ? Selon moi, les Bitcoineurs sont donc à classer en deux catégories : les grands naïfs d’une part et, d’autre part, les révisionnistes soucieux de révolutionner les règles du système financier qui deviendrait dès lors invulnérables, car indépendant et décorrélé de la bourse comme de la politique. Les adeptes du bitcoin sont en fait un genre d’agent Mulder de la série «X-Files» nous exhortant à ne croire en personne qui n’a décidément pas compris que l’économie ne fonctionne que grâce à un ingrédient : la confiance. Pour autant, cette obsession idéologique sur laquelle prospère le bitcoin est poussée jusqu’à des extrêmes quasi-maladifs nuisant fondamentalement à son développement. En l’état, il n’autorise que 7 transactions par seconde quand Visa et Master Card en permettent 55.000 ! Sauf à en augmenter la mémoire, ce à quoi se refusent catégoriquement les Bitcoineurs, ou à instaurer des coûts de transaction en contradiction flagrante avec un attribut majeur de cet instrument réputé éliminer tous frais inhérents aux échanges. Comble du ridicule et preuve ultime de l’amateurisme du monde selon bitcoin : la conférence prévue le week-end dernier à Miami censée en représenter l’apothéose se vit contrainte de refuser tout paiement en bitcoin pour cause de frais élevés et d’un système dépassé par le nombre de transactions.. La raison d’être du bitcoin étant de court-circuiter le système, toute augmentation substantielle de bande passant permettant d’accélérer les transactions ouvrirait ainsi la porte à un jeu d’influence entre producteurs de bitcoin, qui deviendrait dès lors un immense marché favorisant l’émergence de gros joueurs, à l’image même du marché et du système actuels qui sont honnis par les Bitcoineurs. Ceux-ci entendent effectivement conserver au bitcoin sa «pureté» qui les mettra à l’abri et les immunisera contre un système centralisé, corrompu, à tout le moins mal géré. Pourtant, que penser de la consommation énergétique pharaonique du bitcoin dont le potentiel de nuisance est gigantesque pour la planète comme pour la société ? Comment escamoter le fait que le peu de bitcoins produits utilisent déjà 0.1% de l’électricité mondiale, et que l’appréciation de ses cours entraînera fatalement une accélération de sa fabrication, et donc une aggravation dangereuse de consommation électrique ? On prévoit en effet que ce n’est pas moins de 0.6% de l’électricité mondiale qui sera consommée en 2018 pour la fabrication du bitcoin. Produit grâce au charbon, il n’est donc pas moins polluant qu’une usine de produits chimique ou qu’un véhicule Diesel, et il serait même responsable de l’envolée récente des prix du pétrole ! La technologie bitcoin – certes révolutionnaire – n’est est pas moins réactionnaire et masque désormais très péniblement l’implosion inéluctable de sa bulle spéculative l’ayant déjà fait perdre en quelques heures plus de 50 milliards de dollars de capitalisation ! Au moins internet était-il utilisé déjà par la moitié des ménages US lors de la liquéfaction des valeurs technologiques en 2000. Google, Amazon et AOL existaient en effet déjà à cette époque et il était relativement facile de se rendre compte des potentialités gigantesques offertes par cet outil alors même que la bulle implosait. Impossible d’en dire autant aujourd’hui avec le bitcoin, et même avec la technologie Blockchain, dont même les plus ardents défenseurs peinent à entrevoir les applications concrètes pour la consommation de masse de demain. »

Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et Directeur Général d’Art Trading & Finance.

Bitcoin : Nabilla pour, Warren Buffett contre, Quel expert suivre ?

 

 

Warren Buffett qui condamne la cryptomonnaie. JP Morgan qui condamne aussi et s’excuse le lendemain, Goldman Sachs pour, comme Paypal. Les Echos qui expliquent que la valeur du bitcoin ne pourra baisser car la monnaie sera toujours indispensable aux transactions douteuses du fait du caractère aujourd’hui anonyme du bitcoin. Pas étonnant que la playmate  Nabila participe à un débat aussi touffu puisque l’expertise paraît aussi  contradictoire. Même l’autorité des marchés qui rappelle à l’ordre l’ex star de téléréalité. En fait beaucoup qui s’expriment sur le sujet y compris au plus haut niveau n’y connaissent après près rien, par exemple Warren Buffet. Il faut dire que le mécanisme des cryptomonnaie est assez complexe. Un mécanisme qui vise surtout à accélérer et à rendre moins coûteuse les transactions financières grâce à l’échange de données automatiques entre ordinateurs. De ce point de vue,  l’outil sera pérennisé et viendra même mettre en péril les mécanismes de transaction en monnaie classique à moins qu’elle ne développe elle aussi des crypto menées adossées. Après, se pose la question de la valeur du bitcoin et d’une façon plus générale des cryptomonnaie. Et la spéculation autorise n’importe quel excès à la hausse comme à la baisse. Aucune autorité ne peut garantir le cours du bitcoin  qui navigue uniquement non pas en fonction de l’évolution de opérations  financières réalisée mais uniquement fonction de la spéculation. Du coup, il faut nécessairement s’attendre à un coup de tabac un jour au l’autre comme le prévoit notamment Warren Buffett :    »Je peux dire presque avec une quasi certitude que les cryptomonnaie en général vont mal finir » a déclaré le deuxième homme le plus riche du monde, Warren Buffett, sur CNBC qui lui demandait s’il possédait des bitcoins. (Crédits : CNBC)Le milliardaire américain de 87 ans, considéré comme un des investisseurs les plus avisés, serait prêt à parier à long terme sur la baisse du bitcoin et de toutes les monnaies virtuelles. Longtemps resté à l’écart des valeurs technologiques, le deuxième homme le plus riche du monde reconnaît toutefois qu’il n’y connait rien en cryptomonnaie. De Nabila à Jamie Dimon, le Pdg de la banque JP Morgan, qui n’a pas son opinion sur le bitcoin ? L’une des voix les plus respectées à Wall Street vient de livrer la sienne : Warren Buffett, le deuxième homme le plus riche du monde selon le classement Forbes, n’en possède pas et n’a pas l’intention d’en acheter, convaincu d’un avenir peu radieux pour les monnaies virtuelles. Interrogé sur la chaîne CNBC, le milliardaire de 87 ans, à la fortune estimée à plus de 87 milliards de dollars, a confié sa méfiance : « Je peux dire avec une quasi-certitude que les cryptomonnaies en général vont mal finir », a-t-il déclaré. Auréolée d’une couronne de cœurs numériques envoyés par ses fans, l’ex-vedette de téléréalité Nabilla (rendue célèbre par son fameux « allo quoi ? ») conseille à ses abonnés, dans une vidéo publiée sur son compte Snapchat, d’aller acheter du bitcoin, « la nouvelle monnaie, genre la monnaie du futur », sur une plateforme tenue par des traders « qui font ça depuis des années.» « Même si vous n’y connaissez rien, ça vous permet de gagner de l’argent sans investir beaucoup. Moi j’ai dû mettre 1.000 euros et j’ai déjà gagné 800 euros. Mais vous pouvez faire beaucoup moins », ajoute la jeune femme qui fait apparaître un lien vers la page Facebook de ladite plateforme,Traderlebitcoin, établie en Andorre. « C’est vraiment sûr c’est vraiment cool. Vous pouvez y aller les yeux fermés » assure-t-elle. Vous pouvez toujours récupérer l’argent [...] Y a rien à perdre, c’est gratuit. » Il n’y a effectivement pas de frais de courtage sur la plateforme qui se dit sponsorisée par eToro, courtier sur le marché des changes converti aux cryptomonnaies, établi à Chypre, qui se présente comme « le plus grand réseau de trading social et d’investissement.» Postée lundi soir sur Youtube par un certain Trader Cryptos, la vidéo, sorte de publicité à peine déguisée, a fait réagir sur les réseaux sociaux, notamment dans les milieux de la Fintech, en ironisant sur le mode « non, mais allo, l’AMF?« . L’Autorité des marchés financiers (AMF), dont les missions consistent à « réguler, informer, protéger », a réagi le lendemain sur Twitter sans s’adresser directement à la célébrité mais en mentionnant son nom :

 

 

AMF

✔@AMF_actu

#Nabilla Le #Bitcoin c’est très risqué ! On peut perdre toute sa mise. Pas de placement miracle. Restez à l’écart.

19:34 – 9 janv. 2018

Casser le Bitcoin : en supprimant l’anonymat

Casser le Bitcoin : en supprimant l’anonymat

 

Pour casser sulfureuse cryptomonnaie,  c’est au tour d’un des membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) de proposer la solution pour réguler le Bitcoin. Pour stopper la spéculation sur le bitcoin propose de supprimer l’anonymat voire même d’imposer une TVA. L’idée générale est de réguler la crypto menée pour empêcher le blanchiment de capitaux aussi de freiner la spéculation et la constitution d’une bulle même si les taux monnaient représentent encore une part très faible des échanges financiers.  Quelques  centimes en 2009 mais 16 000 dollars actuellement Voila l’évolution du bitcoin qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, déclarent l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers.  Vendredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif”. Le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes.  Le Bitcoin est passé d’environ 1.000 dollars en janvier à plus de 16.000 dollars à la mi-décembre, une ascension vertigineuse faisant craindre une bulle, même dans les milieux financiers rompus à la spéculation et à la volatilité. Le président de la banque centrale autrichienne estime que le Bitcoin est avant tout une mode et souligne l’impossibilité à terme de généraliser les paiements avec une monnaie dont le cours est aussi volatile.

Le Petro vénézuélien, « bitcoin » ou titres de dette

Le Petro vénézuélien, « bitcoin »   ou titres de dette

 Empêtré dans ses dérives financières -notamment la corruption- et ses dérives également démocratiques -suspension du parlement élu-,  le président vénézuélien victime d’un blocus de la part des États-Unis sort de son chapeau à bitcoin vénézuélien dont la valeur serait équivalente à un baril de pétrole. En réalité pas véritablement une crypto monnaie se fondant sur la transaction de produits échangés mais une sorte de titre de dette pour permettre au Venezuela de payer la facture de ses importations. En clair les exportateurs étrangers seraient payés avec les futurs extractions de pétrole Le baril de brut vénézuélien a fini la semaine dernière à 56,57 dollars, selon le ministère du Pétrole. Le prix moyen en 2017 a été de 46,45 dollars après 35,15 dollars l’année précédente. Nicolas Maduro avait annoncé le 3 décembre la création de cette monnaie virtuelle, baptisée Petro, qui devrait être basée sur la richesse pétrolière du Venezuela dont les réserves sont parmi les importantes au monde.  Le Venezuela, mis en difficulté par la chute des cours de l’or noir dont il tire 96% de ses devises, est acculé à restructurer une dette extérieure estimée à environ 150 milliards de dollars par certains experts. Le pays et sa compagnie pétrolière PDVSA sont déjà considérés comme étant partiellement en défaut de paiement par plusieurs agences de notation. La population souffre de graves pénuries d’aliments et de médicaments, faute d’argent pour les importer.

Bitcoin : une valeur nulle (Michaël Malquarti) ?

Bitcoin : une valeur nulle  (Michaël Malquarti) ?

 « A l’approche des fêtes, un mot est sur toutes les lèvres: bitcoin. Son prix a plus que décuplé cette année, alors que depuis son apparition en 2009 il avait déjà décuplé, puis décuplé, puis décuplé, puis décuplé. Bien évidemment, c’est intrigant. Alors, pour ne pas rater le phénomène de cette période festive, voici la recette de ce cocktail à faire tourner la tête: dans un grand verre «old-fashioned», versez une bonne mesure de libertarianisme, quelques traits de théorie du complot aromatisée à l’or et une tasse de buzz pétillant sur la nouvelle économie numérique; mélangez vigoureusement pour obtenir une émulsion; ajoutez une larme de confusion financière ou économique, un ou deux shots de cupidité, puis saupoudrez d’un mélange de sophismes de votre choix; faites flamber. Succès garanti.  Le libertarianisme a le vent en poupe en ce début de XXIe siècle. La crise aidant, les institutions traditionnelles sont parfois perçues comme obsolètes et responsables de nos maux. Plutôt que de les réformer, certains rêvent aujourd’hui de les supprimer au profit d’un pouvoir total rendu à l’individu – et accessoirement à certaines sociétés privées.  Ce courant peut prendre la forme un peu poussiéreuse de l’anti-étatisme obsessionnel d’une Ayn Rand ou d’un Friedrich von Hayek, ou celle plus «cool» et quasi messianique des grands prêtres de l’économie du partage. Mais quoi qu’il en soit, c’est dans cette atmosphère de défiance qu’est apparu le bitcoin, une «pièce électronique» sans émetteur central et donc affranchissante. Mais de quoi au juste? On ne sait pas trop. Des patrons de la finance mondiale? La cotation récente de contrats à terme sur le bitcoin à la bourse de Chicago peut nous permettre d’en douter. Des lois contre le blanchiment ou le crime organisé? Mais est-ce là la révolution tant souhaitée? En tout cas pas de l’inflation spoliatrice, fantasme des conspirationnistes amateurs d’or et maintenant de bitcoin, car s’il est une chose que les banques centrales ont réussi à faire, c’est bien de garantir la stabilité des monnaies. Par construction, sans institution émettrice pour ajuster sa quantité, le bitcoin ne pourra jamais avoir cette qualité. Ce qui est certain, en revanche, c’est que, avant même d’être une solution, le bitcoin est déjà un problème: la puissance requise pour son fonctionnement serait équivalente aujourd’hui à la consommation électrique d’un petit Etat européen, et elle continue à croître, exponentiellement. Intimement liée au renouveau du libertarianisme, il y a la révolution numérique qui permet de rêver d’une nouvelle organisation sociale, économique, voire d’un nouvel individu. Toutes les règles et méthodes du passé vont changer, nous dit-on. C’est là que l’on trouve le premier sophisme des partisans du bitcoin: les sceptiques ne sont que des conservateurs bornés et incapables d’imaginer un monde différent. La valeur fondamentale, la loi, la logique même? Des reliques d’un passé bientôt révolu. Comme politiques et régulateurs ne veulent surtout pas être accusés de freiner le progrès, ils laissent faire. Pire, ils apportent une caution implicite en autorisant des organisations régulées ou sous contrôle étatique à rejoindre la fête, que ce soit par appât du gain ou par simple vanité. Mais tout cela ne suffit pas encore à expliquer la tonicité du bitcoin. Il faut y ajouter une grande confusion sur le rôle et le fonctionnement des marchés financiers. Dans l’esprit de beaucoup, y compris malheureusement dans celui de certains acteurs du secteur, la finance n’est qu’un vaste casino où des spéculateurs cupides se battent dans un jeu d’offre et de demande insensé sans lien concret avec l’économie réelle. Selon cette vision trompeuse, la question de la valeur fondamentale du bitcoin n’a du coup plus aucun sens et ses détenteurs ne se la posent donc pas. Or, en réalité, à un facteur deux ou trois près, les professionnels de la finance s’accordent sur le «juste prix» de n’importe quel actif financier. Pour le bitcoin, il n’y a pas de consensus même à un facteur cent ou mille près. On a là l’élément parfait pour une bulle spéculative: aucun ancrage aussi faible soit-il avec une réalité concrète. Un, dix, mille, un milliard de dollars, comment savoir quel est le juste prix du bitcoin? Ne serait-ce pas en fait zéro? Dans un raisonnement circulaire et franchement absurde, le bitcoin tirerait sa valeur de ses coûts de production. Comme s’il suffisait de dépenser de l’énergie, pour créer de la valeur. A défaut d’obtenir un semblant de raisonnement ou d’estimation, c’est ici généralement qu’on fait appel au sophisme le plus puissant: la blockchain est une invention révolutionnaire – c’est vrai – et d’une très grande valeur; le bitcoin se base sur la blockchain; le bitcoin a donc une très grande valeur. C’est équivalent à dire qu’un billet de Monopoly tire sa valeur de la presse utilisée pour l’imprimer. Finalement, le tout baigne dans une incompréhension généralisée de la monnaie, ce qui permet le dernier sophisme: le papier des billets de banque n’a pas de valeur, le support matériel du bitcoin n’a pas de valeur, le bitcoin est donc une sorte de billet de banque et, comme celui-ci, il a une valeur. Le support d’une monnaie est bien évidemment anecdotique; c’est sa nature qui compte. En vérité, le billet de banque tire sa valeur du pouvoir libératoire que lui confère la loi, en premier lieu en ce qui concerne l’obligation de payer ses impôts, en second lieu celle de payer ses dettes. Et cet attribut est d’une très grande valeur: il garantit notre liberté. Le bitcoin quant à lui n’a pas et n’aura jamais cours légal, encore moins dans l’idéal libertarien de compétition entre monnaies privées, dont l’acceptation ne saurait être imposée par la loi. Or, n’étant par ailleurs ni une marchandise, ni une créance – cette dernière étant en fait la seule nature possible d’une monnaie privée – le bitcoin n’est en fait rien. Ou seulement un cocktail, explosif s’entend.

* Gérant de portefeuille, Quaero Capital. Auteur d’un essai à paraître sur la réforme du système monétaire. Tribune sur le Temps

Nouvelle chute du bitcoin

Nouvelle chute du bitcoin

La chute du bitcoin était attendu, elle ne remet pas forcément en cause le concept de crypto monnaie mais sa valeur et sa régulation. La monnaie n’est en fait qu’une convention qui s’est substituée au troc pour faciliter les échanges. C’est monnaie représente une valeur garantie par les banques centrales et autres institutions financières. Le bitcoin n’obéit à aucune de ces logiques, il ne fait l’objet d’aucune reconnaissance officielle au plan mondial et n’est régulée par personne. Ceci étant, il s’agit d’un système qui permet de simplifier les transactions financières et de les rendre moins coûteuse. Un système pourrait le moment venu être approprié par les banques centrales. En attendant le bitcoin évolue au gré du vent de la spéculation. la cryptomonnaie, qui frôlait les 20.000 dollars lundi, est passée sous la barre de 13.000 dollars vendredi en fin d’après-midi. Soit une baisse de 35% en l’espace de cinq jours. La chute a été particulièrement brutale entre jeudi et vendredi, où le prix du bitcoin a perdu 4000 dollars en quelques heures. Coinbase, l’une des principales plateformes d’achat et de vente de cryptomonnaie, a même annoncé la suspension temporaire des échanges à cause du trop grand nombre de connexions. Le bitcoin est ce qu’on appelle une cryptomonnaie, une monnaie virtuelle. On peut l’acheter et la revendre via des plateformes en ligne. La particularité du bitcoin est que son cours est indépendant de toute banque centrale: toutes les transactions sont vérifiées par les «nœuds» du réseau, c’est-à-dire les ordinateurs d’utilisateurs de la cryptomonnaie. Le bitcoin fait l’objet d’une spéculation particulièrement intense ces derniers mois. Il y a un an, la devise virtuelle valait moins de mille dollars à l’unité, soit une augmentation d’au moins 1300% en douze mois. Elle a attiré l’intérêt d’internautes et d’entreprises du monde entier, ainsi que les inquiétudes de nombreuses autorités.

Bitcoin : une bulle qui va éclater mais pas la technologie

Bitcoin : une bulle qui va éclater mais pas la technologie

C’est l’avis  de  KENNETH ROGOFF Professeur à l’université de Harvard  dans un article des Echos. Le Bitcoin vient de perdre brutalement 4000 dollars (actuellement à 14 000 dollars), du coup cette réflexion prend du relief.

 

Extraits :

 

« Certains évangélistes du bitcoin le voient grimper  beaucoup plus haut dans les années qui viennent. Ce qui va se passer ensuite va dépendre, en grande partie, de la manière dont les gouvernements vont réagir. Vont-ils tolérer les systèmes de paiement anonymes qui facilitent l’évasion fiscale et le crime ? Vont-ils créer leurs propres devises numériques ? Une autre question clef est de savoir avec quel degré de réussite les nombreux  concurrents du bitcoin peuvent pénétrer le marché. En principe, il est extrêmement facile de cloner ou d’améliorer la technologie du bitcoin. Ce qui est moins simple est de dupliquer la place de leader atteinte par le bitcoin en termes de crédibilité et dans le grand écosystème d’applications qui s’est construit autour de lui. Pour l’instant, l’environnement réglementaire reste une foire d’empoigne. Le gouvernement chinois, préoccupé par l’utilisation du bitcoin dans la fuite de capitaux et la fraude fiscale, a  récemment interdit les échanges de bitcoins. Le Japon, de son côté, a inscrit le bitcoin comme monnaie légale, dans une apparente tentative de devenir le centre mondial de la technologie financière. Dans la Silicon Valley, les cadres à l’affût investissent à la fois dans le bitcoin et injectent de l’argent dans ses concurrents. Le plus important d’entre eux est  l’ethereum . Son ambition est de grande envergure, comparable à celle d’Amazon. Elle consiste à permettre à ses utilisateurs d’employer la même technologie générale pour négocier et conclure des « contrats intelligents » pour à peu près tout. Au début du mois d’octobre, la capitalisation boursière d’Ethereum s’établissait à 28 milliards de dollars, contre 72 milliards de dollars pour le bitcoin. Ripple, une plate-forme soutenue par le secteur bancaire afin de réduire les coûts de transaction pour les transferts interbancaires et d’outre-mer, se classe loin derrière à 9 milliards de dollars. Derrière les trois premiers se trouvent des douzaines de nouveaux concurrents. La plupart des experts s’accordent à dire que l’ingénieuse technologie derrière les monnaies virtuelles peut avoir de vastes applications dans le domaine de la cybersécurité, qui pose l’un des plus grands défis actuels contre la stabilité du système financier mondial. Pour de nombreux développeurs, l’objectif d’obtenir un mécanisme de paiement meilleur marché et plus sécurisé a supplanté l’ambition du bitcoin de remplacer les dollars. Mais c’est de la folie de penser que le bitcoin sera autorisé à supplanter une monnaie émise par une banque centrale. C’est une chose pour les gouvernements de permettre de petites transactions anonymes avec des monnaies virtuelles. C’en est une autre d’autoriser les paiements anonymes à grande échelle, ce qui pourrait rendre extrêmement difficile la perception des impôts ou le contrôle de l’activité criminelle. Il sera intéressant de voir comment l’expérience japonaise va évoluer. Le gouvernement a indiqué qu’il va surveiller les échanges en bitcoins pour être à l’affût des  activités criminelles et pour recueillir des informations sur les détenteurs de dépôts. Néanmoins, nous pouvons être certains que l’évasion fiscale mondiale va chercher des manières d’acquérir des bitcoins de manière anonyme à l’étranger puis de blanchir son argent par le biais de comptes japonais. En adoptant les monnaies virtuelles, le Japon risque de devenir un paradis fiscal comparable à la Suisse - avec des lois sur le secret bancaire inséparables de la technologie. Si le bitcoin est dépouillé de son quasi-anonymat, il risque d’être difficile de justifier son prix actuel. Va-t-il tomber à zéro si les gouvernements deviennent capables de parfaitement observer les transactions ? Peut-être pas. Même si les transactions en bitcoin nécessitent un montant exorbitant d’électricité, avec quelques améliorations, le bitcoin pourrait encore battre les 2 % de frais des grandes banques sur les cartes de crédit et de débit. Enfin, il est difficile de voir ce qui peut empêcher  les banques centrales de créer leurs propres devises numériques et d’utiliser la réglementation, afin de faire pencher la balance en leur faveur jusqu’à ce qu’elles remportent la partie. La longue histoire des monnaies nous indique que ce que le secteur privé fait innover, l’Etat finit par le réglementer et par se l’approprier. Je n’ai aucune idée du prix que le bitcoin va atteindre au cours des deux prochaines années, mais il n’y a aucune raison de s’attendre à ce que l’argent virtuel évite un sort semblable. Kenneth Rogoff est professeur d’économie et de sciences politiques à l’université de Harvard. Cet article est publié en collaboration avec Project Syndicate 2017. »

 

Chute du bitcoin, pourquoi ?

Chute du bitcoin, pourquoi ? 

La valeur du bitcoin a brutalement chuté en Asie de presque 19 000 $ à 16 000 $. En cause,  la faillite  de Youbit, l’un des poids lourds du secteur en Corée du Sud mais aussi une correction qui était inévitable et qui n’est sans doute pas terminée. En effet le bitcoin est passé de  quelques centimes à sa création  à  16 000 dollars actuellement ! Voila l’évolution du bitcoin qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière,  l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, déclaraient l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers., le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes. Après avoir franchi les barres des 12.000, 13.000 et 14.000 dollars, la crypto-monnaie la plus célèbre a atteint le seuil des 15.000 puis des 18.000 dollars sa capitalisation autour de 300 milliards de dollars. Au premier abord, ces chiffres impressionnent. Pourtant, le bitcoin et les crypto-monnaies en général, restent des actifs « marginaux » quand on les compare aux autres classes d’actifs. En effet, alors que beaucoup d’investisseurs espèrent voir le bitcoin remplacer pièces et billets dans les années à venir, on voit mal la crypto-monnaie se substituer à la monnaie fiduciaire. En effet, la capitalisation du bitcoin ne représente aujourd’hui que 3,4% de la valeur de tous les billets et pièces en circulation dans le monde. Et même si l’on englobe le reste des crypto-monnaies, soit 400 milliards de dollars en tout, elles ne représentent encore « que » 5,3% de la masse monétaire fiduciaire totale. « Je vais proposer à la prochaine présidence du G20, la présidence argentine, (qu’à) l’occasion du sommet du G20 en avril nous ayons une discussion tous ensemble sur cette question du bitcoin, sur l’évaluation des risques et sur les possibilités de régulation du bitcoin«, a-t-il déclaré le ministre de l’économie, lors du Live Politique sur LCI. Cette annonce intervient alors que la cryptomonnaie a gagné plus de 1.700% depuis le début de l’année, alimentant les craintes d’une bulle susceptible d’éclater de manière spectaculaire.  « Le marché est affecté à la fois par la nouvelle du piratage de la plateforme sud-coréenne et par des ajustements de positions des investisseurs après les récentes envolées » du cours du bitcoin, selon Raita Yamaguchi, consultant du Nomura Research Institute interrogé par l’AFP. Plutôt que l’éclatement d’une bulle spéculative, « c’est une correction de court terme qui était complètement prévisible », plaide Thomas Glucksmann, responsable du marketing de la plateforme d’échanges Gatecoin basée à Hong Kong, cité par l’agence Bloomberg.

La France veut un G20 pour réguler le bitcoin

La France veut un G20 pour réguler le bitcoin

 

Le ministre de l’économie souhaite que le prochain G20 aborde la question du bitcoin et de sa régulation. Il n’a sans doute pas tort de proposer une discussion sur le sujet mais il est peu vraisemblable que le G20 adopte des positions précises. En cause d’abord le faite que le G20ne décide jamais rien de précis. Deuxièmement parce que la régulation des monnaies n’a jamais été possible jusqu’à maintenant ; chaque banque centrale étant responsable de ce champ. Des banques centrales qui par ailleurs ont souvent pour objectif d’influencer de manière artificielle la valeur de leur monnaie en fonction de leurs propres intérêts. Enfin la question du bitcoin paraît sans doute trop complexe pour être abordée maintenant,  nombre d’experts sont d’ailleurs bien incapables de comprendre son enjeu voire son fonctionnement. Quelques centimes en 2009 mais autour de 16 000 dollars actuellement ! Voila l’évolution du bitcoin qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, déclaraient l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers., le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes. Après avoir franchi les barres des 12.000, 13.000 et 14.000 dollars, la crypto-monnaie la plus célèbre a atteint le seuil des 15.000 puis des 16.000 dollars sa capitalisation autour de 300 milliards de dollars. Au premier abord, ces chiffres impressionnent. Pourtant, le bitcoin et les crypto-monnaies en général, restent des actifs « marginaux » quand on les compare aux autres classes d’actifs. En effet, alors que beaucoup d’investisseurs espèrent voir le bitcoin remplacer pièces et billets dans les années à venir, on voit mal la crypto-monnaie se substituer à la monnaie fiduciaire. En effet, la capitalisation du bitcoin ne représente aujourd’hui que 3,4% de la valeur de tous les billets et pièces en circulation dans le monde. Et même si l’on englobe le reste des crypto-monnaies, soit 400 milliards de dollars en tout, elles ne représentent encore « que » 5,3% de la masse monétaire fiduciaire totale. « Je vais proposer à la prochaine présidence du G20, la présidence argentine, (qu’à) l’occasion du sommet du G20 en avril nous ayons une discussion tous ensemble sur cette question du bitcoin, sur l’évaluation des risques et sur les possibilités de régulation du bitcoin« , a-t-il déclaré le ministre de l’économie, lors du Live Politique sur LCI. Cette annonce intervient alors que la cryptomonnaie a gagné plus de 1.700% depuis le début de l’année, alimentant les craintes d’une bulle susceptible d’éclater de manière spectaculaire.

Bitcoin : une monnaie spéculative pour Axel Weber (UBS)

Bitcoin : une monnaie spéculative pour Axel Weber (UBS)

Le président du conseil d’administration de la banque suisse UBS Axel Weber, ancien patron de la Deutsche Bank estime que le  principal problème est qu’en l’absence de banque centrale et d’un émetteur contrôlant la fourniture de bitcoins, la valeur est uniquement déterminée par la demande ce qui conduit à d’ »énormes fluctuations de prix dans les deux sens ». Aussi, la banque UBS a décidé de conseiller de manière explicite à ses clients de ne pas investir dans la monnaie virtuelle, a dit M. Weber, soulignant que la banque ne la considérait pas comme « valable et durable ». Pour protéger les investisseurs qui ne tiennent pas compte de l’avis de la banque, « les  régulateurs sont nécessaires », a conclu le président de l’UBS. Quelques centimes en 2009 mais environ 19000 dollars aujourd’hui ! Voila l’évolution du dollar qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, ont aussi déclaré  l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers.   Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif”.Notons que le bitcoin valait seulement quelques centimes en 2009 ! Le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes. la devise numérique atteint  pour une capitalisation autour de 300  milliards de dollars. Ces chiffres impressionnent. Pourtant, le bitcoin et les crypto-monnaies en général, restent des actifs « marginaux » quand on les compare aux autres classes d’actifs. En effet, alors que beaucoup d’investisseurs espèrent voir le bitcoin remplacer pièces et billets dans les années à venir, on voit mal la crypto-monnaie se substituer à la monnaie fiduciaire. En effet, la capitalisation du bitcoin ne représente aujourd’hui que 3,4% de la valeur de tous les billets et pièces en circulation dans le monde. Et même si l’on englobe le reste des crypto-monnaies, soit 400 milliards de dollars en tout, elles ne représentent encore « que » 5,3% de la masse monétaire fiduciaire totale.

Bitcoin : baisse de plus de 12%

Bitcoin : baisse  de plus de 12%

Le cours du bitcoin a dégringolé de plus de 12% dans les échanges asiatiques volatils vendredi, tombant en dessous du niveau de 15 000 $ après avoir touché un record de plus de 16 000 $ un peu plus tôt. Le bitcoin est en baisse de 12,6% sur l’échange Bitstamp à 14 500,76 $ à 05h30 GMT, après avoir atteint un niveau record de 16 666,66 $.

 

Bitcoin : bientôt la grande correction

Bitcoin : bientôt la grande correction

Quel centime en 2009 mais 16 000 dollars ce jeudi ! Voila l’évolution du dollar qui monte plus haut que les cieux. Une crypto monnaie qui ne représente cependant qu’environ 270 milliards à comparer aux 80 000 milliards de la monnaie fiduciaire. En dépit des avantages évidents du taux monnaie concernant la réduction des coûts de transaction financière l’évolution du cours du bitcoin est évidemment surréaliste et la correction sera sévère Car l’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. « Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, déclarent l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers.  Vendredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif”. Le bitcoin est retombé autour de 11.000 dollars lundi après avoir atteint la veille un nouveau record à près de 11.800, alors qu‘il s’échangeait autour de 10.000 dollars début 2017.Notons que le bitcoin valait seulement quelques centimes en 2009 ! le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes. Après avoir franchi les barres des 12.000, 13.000 et 14.000 dollars mercredi, la crypto-monnaie la plus célèbre vient de dépasser ce jeudi le seuil des 15.000 puis des 16.000 dollars. Ainsi, en l’espace d’un peu plus de 24 heures, la devise numérique a vu son prix progresser de plus de 35% portant sa capitalisation au-dessus des 270 milliards de dollars. Au premier abord, ces chiffres impressionnent. Pourtant, le bitcoin et les crypto-monnaies en général, restent des actifs « marginaux » quand on les compare aux autres classes d’actifs. En effet, alors que beaucoup d’investisseurs espèrent voir le bitcoin remplacer pièces et billets dans les années à venir, on voit mal la crypto-monnaie se substituer à la monnaie fiduciaire. En effet, la capitalisation du bitcoin ne représente aujourd’hui que 3,4% de la valeur de tous les billets et pièces en circulation dans le monde. Et même si l’on englobe le reste des crypto-monnaies, soit 400 milliards de dollars en tout, elles ne représentent encore « que » 5,3% de la masse monétaire fiduciaire totale.

 » Bitcoin : un moyen de se libérer des banques et des Etats » (GUILLAUME MAUJEAN)

 « Bitcoin : un moyen de se libérer des banques et des Etats « (GUILLAUME MAUJEAN)

 

 

Dans une tribune aux Echos, (GUILLAUME MAUJEAN), Rédacteur en chef « Finance et Marchés,  explique de son point de vue les enjeux du bitcoin

 

«  Voilà une semaine qu’on ne parle que de ça et pourtant, avouez-le, vous n’avez toujours rien compris au bitcoin. Vous savez que c’est une monnaie virtuelle. Mais quel est l’intérêt d’une monnaie avec laquelle on ne peut quasiment rien payer au quotidien ? Vous savez que c’est un formidable instrument de spéculation. Que si vous aviez eu la bonne idée d’en acheter pour une petite centaine d’euros il y a sept ans, vous seriez aujourd’hui millionnaire. Mais vous savez aussi que  la bulle de ce nouvel or numérique ne demande qu’à éclater . Et pourtant, il faut prendre le bitcoin très au sérieux. Notre incrédulité face à ce phénomène est sans doute la même que celle que nous avions devant l’avènement d’Internet, devant les premiers réseaux sociaux ou la création de Wikipedia. Alors oui, le bitcoin est un instrument très difficile à saisir. Oui, il est parfois utilisé pour blanchir l’argent sale ou financer des activités illicites. Oui, l’emballement actuel des marchés est parfaitement irrationnel, et les épargnants qui seraient tentés de prendre le train en marche ont intérêt à apprécier les montagnes russes. Mais tous ces éléments ne doivent pas masquer l’essentiel. Au-delà de ses acrobaties boursières, le bitcoin  nous raconte une histoire . Il est né en 2009, juste après le déclenchement de la crise financière du siècle, et ce n’est évidemment pas une coïncidence. Il a pris son essor peu après qu’Edward Snowden a révélé comment la NSA organisait une surveillance de masse des citoyens, et ce n’est pas un hasard non plus. Car le bitcoin rassemble une communauté porteuse d’un projet politique : libérer la monnaie de l’Etat et des banques. Il porte des valeurs et une idéologie : la revendication d’une devise pure et apatride, la promotion des libertés individuelles, la défense du marché libre… Au moment où un certain  Satoshi Nakamoto fonde le bitcoin, l’explosion des subprimes et la faillite de Lehman Brothers ont jeté le discrédit sur l’industrie bancaire. Les Etats sont condamnés à venir à la rescousse des établissements en perdition. Les banques centrales font alorstourner la planche à billets. Elles injectent des milliers de milliards de dollars dans l’économie pour éviter un remake de la Grande Dépression. Avec l’aide des régulateurs se met alors en place une forme de « répression financière » pour contenir le fardeau d’une dette qui n’a cessé de s’envoler, au grand dam des épargnants. Le bitcoin s’inscrit clairement en opposition à ce nouvel ordre monétaire, dans un mouvement de contestation des pouvoirs politiques et bancaires, jugés incapables d’offrir une monnaie de qualité. Le bitcoin, lui, ne dépend d’aucun Etat, d’aucune banque, ni d’aucune autorité centrale. Il n’y a aucune possibilité d’éroder sa valeur en menant une politique inflationniste ou en faisant tourner la « planche à billets », puisque les règles du jeu ont été fixées dès le départ et sont immuables. C’est un algorithme qui se charge d’organiser toutes les émissions, qui vont aller décroissant jusqu’en 2140. Il n’y aura donc jamais plus de 21 millions de bitcoins en circulation.La rareté de la monnaie est inscrite dans le « code » qui fait office de règle intangible de politique monétaire. Chaque bitcoin est unique. L’historique de tous ses propriétaires successifs est gardé en mémoire par la fameuse « chaîne de blocs », mais tous les propriétaires restent anonymes. Une monnaie qui peut s’échanger librement partout dans le monde, qui ne laisse pas de traces, qui ne réclame aucuns frais de transactions bancaires… C’est la pierre de touche d’un système où les individus sont enfin affranchis de tout arbitraire politique. Le moyen de se libérer de l’emprise de l’Etat et du contrôle que celui-ci exerce sur les informations relevant de la sphère privée.  Le rêve de la philosophe Ayn Rand et des libertariens qui devient réalité .  « Les préoccupations ne sont pas seulement d’ordre technique (sécurisation des données par le cryptage), elles sont aussi philosophiques et politiques : il s’agit de réfléchir aux moyens de contourner le monopole acquis par l’Etat pour le contrôle de l’offre de monnaie et de restituer les pleins pouvoirs d’utilisation de celle-ci à la communauté », résument les économistes Odile Lakomski-Laguerre et Ludovic Desmedt dans une  étude éclairante (1). Mais pour que le système perdure et s’étende, encore faut-il qu’il rencontre une forme d’adhésion collective. Le bitcoin était au départ curiosité de geeks. Puis il a séduit une communauté de libertariens qui honnit toute forme d’intervention de l’Etat ou des régulateurs publics, qui place la liberté individuelle au rang de ses valeurs suprêmes, qui accorde aux machines et aux codes informatiques davantage de légitimité qu’à l’intelligence humaine. Et qui rêve donc de faire des cryptodevises un véritable système financier alternatif. Ses défenseurs les plus enthousiastes le rêvent en secret : le bitcoin annonce un nouvel ordre monétaire et, donc, économique. Mais il peut aussi être étouffé ou stoppé net. Aux cours actuels, le bitcoin capitalise quelque 160 milliards de dollars. C’est à la fois beaucoup pour une devise si jeune – l’équivalent d’un groupe centenaire comme Coca-Cola. Et une goutte d’eau au regard des 80.000 milliards de liquidités dans le monde. Voilà sans doute pourquoi les Etats, les banquiers centraux ou les régulateurs regardent de haut cet ovni financier. Quand il prendra encore plus de valeur, quand les particuliers pourront acheter davantage de biens avec leurs bitcoins, autrement dit quand il commencera à menacer leur propre autorité, les gouvernements s’y intéresseront sûrement de plus près. Et chercheront alors des moyens de l’éradiquer, comme Washington cassa un Standard Oil un peu trop puissant à son goût au début du XXe siècle. Le bitcoin a déjà résisté à bien des secousses – krachs à répétition, faillites de plates-formes frauduleuses, vagues de piratage. Pourra-t-il résister au réveil des pouvoirs publics ?

(1)  « L’alternative monétaire bitcoin : une perspective institutionnaliste » (dans « La Revue de la régulation », automne

Bitcoin : attention à la correction

Bitcoin : attention à la correction   

 

“L’achat/vente et l’investissement en bitcoins s’effectuent à ce jour en dehors de tout marché réglementé. Les investisseurs s’exposent par conséquent à des risques de perte très élevés en cas de correction”, déclarent l‘Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le superviseur des établissements financiers.  Vendredi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait de même mis en garde contre tout investissement dans le bitcoin, qualifié d’“actif spéculatif”. Le bitcoin est retombé autour de 11.000 dollars lundi après avoir atteint la veille un nouveau record à près de 11.800, alors qu‘il s’échangeait autour de 10.000 dollars début 2017.Notons que le bitcoin valait seulement quelques centimes en 2009 ! le bitcoin constitue sans doute une crypto monnaie moderne qui permet de faire des économies de gestion sur les transactions financières  mais de tels rendements sont évidemment surréalistes.

Le créateur du Bitcoin : un australien

Le créateur du Bitcoin : un australien

 

 

L’entrepreneur australien Craig Wright a déclaré être « la cheville ouvrière » du Bitcoin, créé il y a sept ans. Son identité avait été percée à jour par des médias spécialisés alors qu’il opérait jusque-là sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. La fin d’un mystère qui a débuté en 2009. Après des années de spéculations, le véritable créateur de la monnaie numérique bitcoin a révélé lundi son identité à la BBC, The Economist et au magazine GQ: il s’agit de l’entrepreneur australien Craig Wright. Il a précisé s’être senti contraint de dévoiler son identité pour préserver ses proches qui sont poursuivis par des journalistes depuis que le magazine américain Wired et le site spécialisé Gizmodo ont avancé en décembre 2015, après une enquête, que l’entrepreneur australien était un des possibles créateurs du Bitcoin. « J’en ai été la cheville ouvrière, mais d’autres personnes m’ont apporté une aide », a déclaré Craig Wright au micro de la BBC à propos de la monnaie numérique. Il a ajouté que Hal Finney, un cryptographe réputé, était un des ingénieurs ayant contribué à créer le Bitcoin. Pour prouver ses dires, Craig Wright a fourni des pièces connues comme étant seulement détenues par le créateur du Bitcoin pour prouver qu’il en était bien l’inventeur, précise la BBC. Lors d’une rencontre, il a ainsi signé numériquement des messages en utilisant des clés cryptographiques créées aux premiers jours du développement de cette crypto-monnaie. The Economist a dit cependant ne pas être entièrement convaincu. « Notre conclusion est que M. Wright pourrait bien être M. Nakamoto, mais des questions importantes demeurent », a nuancé l’hebdomadaire. Et d’ajouter : « De fait, il pourrait bien ne jamais être possible d’établir, au-delà du doute raisonnable, qui a véritablement créé le Bitcoin. » Les médias traquent depuis plusieurs années le ou les mystérieux informaticiens qui, derrière ce pseudonyme, ont conçu en 2009 le logiciel à l’origine du Bitcoin. Craig Wright a toutefois expliqué ne pas avoir révélé son identité  »parce qu’[il]le voulai[t]« . « Ce n’est pas mon choix. [...] Je ne veux vraiment pas être l’image publique de quoi que ce soit. [...] Je veux travailler, continuer de faire ce qui me plaît. Je ne veux pas d’argent. Je ne veux pas de gloire. Je ne veux pas d’adoration. Je veux juste qu’on me laisse tranquille. » Comme le rappelle la BBC, il y a environ 15,5 millions de bitcoins actuellement en circulation dans le monde et Satoshi Nakamoto serait en possession d’un million d’entre eux, auxquels personne n’aurait jamais accédé. Sachant qu’à ce jour la valeur du bitcoin est de 441,9 dollars (385 euros), cela laisserait donc Craig Wright à la tête d’une fortune de près de 450 millions de dollars. Nombreux sont toutefois ceux à penser que, la véritable valeur du bitcoin se trouve dans la technologie de cryptage utlisée : la Blockchain. Ce protocole cryptographique, en théorie inviolable et totalement privé, permet à des inconnus de réaliser des transactions dans un cadre totalement sécurisé, sans intermédiaire, chaque maillon de la chaîne étant le garant de l’ensemble dans un alignement des intérêts du tout et des parties. La technologie s’inspire du piratage de fichiers musicaux des années 1990, « de pair à pair » (peer-to-peer ou P2P), mais en beaucoup plus puissant. Après avoir donné naissance au Bitcoin, la Blockchain pourrait trouver des applications inédites dans tous les secteurs où intervient un « tiers de confiance » et engendrer ainsi une sorte d’économie « horizontale », complètement décentralisée.

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(La tribune avec Reuters et AFP)




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