Archive pour le Tag 'bio'

Alimentaire pourquoi la vente de produits bio patine

Alimentaire pourquoi La vente de produits bio patine

par
Stéphane Bellon
Ingénieur de recherche en agronomie, Inrae dans The Conversation

Avec près de 2,8 millions d’hectares cultivés en bio, soit 10 % de la surface agricole française, la France occupait en 2021 le premier rang de l’Union européenne (UE), devant l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, et la Suède. Dans l’UE-27, les surfaces dédiées à la bio s’élevaient à 9,4 millions d’hectares en 2012 et à 15,6 millions d’hectares en 2021, soit une hausse de 66 % largement portée par la France.
Dans le même temps, le nombre d’exploitations engagées en bio a bondi en France, passant de 23 100 en 2011 à 58 400 en 2021 (soit 13 % des exploitations agricoles). Hausse d’autant plus remarquable qu’elle s’est produite dans un contexte de diminution de 2,3 % par an de la quantité totale d’exploitations agricoles françaises entre 2010 et 2020.

Pourtant, le développement de la bio marque le pas depuis quelques mois. Les signes de ce ralentissement, amorcé en 2020 voire un peu avant sur certains produits, sont multiples : déséquilibre entre offre et demande, aboutissant à des produits bio reclassés en conventionnel ; fermeture de magasins spécialisés ; dé-certifications ou déconversions de producteurs… La part de consommateurs réguliers d’une alimentation bio chutait de 16 % entre fin 2021 et fin 2022, et la part des personnes n’ayant pas consommé de produits alimentaires biologiques sur un an atteignait les 17 % en 2022 – le double de 2021.

Le phénomène se prolonge et la période d’inflation n’arrange rien, quand bien même les prix des produits bio n’augmentent pas autant que leurs substituts conventionnels.

Plusieurs éléments se dégagent pour expliquer cette situation.

Si la bio a été jusqu’à la fin du XXe siècle le principal modèle alternatif construit et référencé en France, il est aujourd’hui concurrencé par d’innombrables allégations mieux-disantes sur des performances précises : « Zéro résidu de pesticides », « sans sulfites ajoutés », « sans nitrites », « vegan », etc.

Mais aussi par des moins-disantes ou en tous les cas moins coûteuses pour les producteurs, et par un très grand nombre de cahiers des charges publics ou privés comme les engagements de coopératives sur Agriconfiance ou les filières de qualité de la grande distribution. Au-delà de positions opportunistes, certains de ces opérateurs pourraient plutôt aller vers des engagements contractuels, comme en Suisse où deux acteurs majeurs (Coop et Migros) se sont impliqués de longue date pour soutenir le secteur bio.

Tous ces labels viennent lui faire de l’ombre voire créent de la confusion lors d’un acte d’achat. Ils peuvent aussi s’inspirer de la bio, mais sans prendre en compte l’ensemble du système et des services rendus (sol, biodiversité, eau, etc.). Ainsi, la mention HVE portée par le ministère de l’Agriculture, fait l’objet de débats concernant les niveaux d’exigence des pratiques associées et des aides qui lui sont octroyées.

De même, l’institutionnalisation de l’agroécologie, sans être assortie d’un marché spécifique, génère des synergies mais aussi des concurrences avec la bio, qui reste à ce stade le modèle le plus abouti de toutes les agricultures écologisées.

Dans un contexte de hausse générale des prix, l’alimentation bio devient par ailleurs une variable d’ajustement dans l’arbitrage des dépenses alimentaires des ménages, malgré une inflation moindre des produits bio. La contraction de la demande alimentaire bio touche à la fois les grandes et moyennes surfaces et les distributeurs spécialisés. La vente directe semble en revanche se maintenir, après avoir déjà fait preuve de résilience pendant les confinements liés au Covid.

L’écart de prix au profit de la bio dans les prix de détail est de nouveau questionné, même s’il varie selon les produits et les circuits de commercialisation. Dans le cas du lait de vache par exemple, les prix payés aux producteurs bio et conventionnel convergent entre 2021 et 2022, alors que pour les consommateurs un écart significatif des prix de vente au détail persiste entre laits bio et conventionnel.

Mais pour les éleveurs bio, le maintien d’un différentiel de prix suffisant est justifié pour amortir des coûts de production supérieurs – les aliments du bétail représentant un surcoût de près de 50 %.

Les préoccupations environnementales et de santé restent les principales raisons qui conduisent les consommateurs à acheter des produits bio, mais ces attentes sociétales peuvent aussi être présentes dans des critères de « production locale » qui sont plus souvent mis en avant dans différentes enquêtes de consommation.

À ce titre, le fait que l’étiquetage des produits en magasin ait jusqu’ici privilégié l’aspect nutritionnel (Nutriscore) affecte la bio. Cela pourrait évoluer avec la mise en place d’autres types d’étiquetage prenant en compte les impacts environnementaux ou sociaux des modes de production.

La part des produits bio dans le panier est en baisse avec 6 % en valeur en 2022 contre 6,4 en 2021.

Mais d’autres attentes, parfois concurrentes, guident ou déterminent aussi l’acte d’achat : la proximité (circuits courts vs bio industrialisée) ; une juste rémunération des producteurs ; la réduction des émissions de GES, de l’usage de plastique ou de cuivre ; le bien-être animal, etc.

Des acteurs de la bio s’en saisissent en intégrant par exemple des critères d’équité, sans que les réponses apportées soient toujours accessibles au grand public. Des argumentaires restent à étayer et il apparaît nécessaire de mieux informer les citoyens sur ce qu’est la bio et quels sont ses impacts.

Les contrôles et la certification des opérateurs de la bio demeurent une garantie de sa crédibilité.

La question du soutien public entre aussi en jeu. Les aides européennes et le programme « Ambition Bio 2017 » français ont encouragé les agriculteurs avec des incitations financières pour la conversion et l’installation en bio : la courbe de croissance des surfaces ou du nombre d’exploitations bio révèle l’impact essentiel des politiques de soutien, avec des incitations financières à la conversion et à l’installation en bio.

Mais les multiples retards dans le paiement des aides aux agriculteurs bio et la suppression en 2017 de « l’aide au maintien » (préservée dans certaines régions) ont ensuite freiné de nombreux producteurs, et les objectifs de croissance du programme suivant.

Le rapport de la Cour des comptes sur l’évaluation du soutien de l’État à la bio est plutôt critique sur la réalisation des ambitions affichées (objectifs de 15 % des terres ou de 20 % de produits bio dans les cantines publiques en 2022 non atteints, ¼ des exploitations bio qui ne touchent pas d’aides). Il inclut 12 recommandations, en particulier pour éclairer les citoyens et les consommateurs sur l’impact environnemental et sanitaire de l’agriculture biologique et pour réorienter les soutiens publics à l’agriculture en sa faveur.

Le rôle des politiques publiques est également d’assurer les conditions de fonctionnement et de régulation des marchés. L’élaboration et l’évolution des cahiers des charges des signes de qualité en fait partie, tout comme l’accompagnement scientifique et technique ou le fonds de structuration des filières.

La réglementation européenne reconnaît au dessein de la bio le rôle de fournir « des biens publics contribuant à la protection de l’environnement et du bien-être animal ainsi qu’au développement rural ». Ces biens publics sont le plus souvent considérés comme des externalités positives, ouvrant sur des bénéfices pour la société dans son ensemble (préservation de la biodiversité, qualité des sols, de l’eau et de l’air…).

Au-delà, l’intervention publique devrait aussi aider à surmonter la phase actuelle de ralentissement et conduire à repenser le « juste » prix des produits bio en intégrant leurs bénéfices (externalités positives), aujourd’hui non marchands. Le consommateur ne pourra pas à lui seul les prendre en charge, en particulier en période de crise.

Aussi, au-delà d’un soutien à la conversion en AB, l’État devrait poursuivre l’effort financier avec des aides pérennes, qui seraient une reconnaissance et une rémunération des services rendus à la collectivité, comme cela existe dans plusieurs pays européens.

Cette reconquête conditionnera à la fois la capacité pour la bio d’apparaître comme autre chose qu’un simple label « sans » (intrants de synthèse), et de générer un meilleur consentement à payer pour des services rendus autres que la fourniture d’aliments sains, tout en améliorant la viabilité des fermes en bio et l’accessibilité de leurs produits aux consommateurs. Ceci renvoie à des enjeux d’organisation des chaînes de valeur, encore sous-estimés par les professionnels et les pouvoirs publics.

La croissance rapide de la bio constatée au cours des dernières années masque des différences selon les productions concernées. Des contrastes régionaux apparaissent également, y compris en matière de soutien local.

Si la bio des pionniers devrait perdurer, celle des opportunistes pourrait disparaître, se transformer ou de se différencier. Et malgré les déconversions, cette phase de croissance aura au moins fait bouger les lignes : la bio demeure source d’inspiration pour une agriculture plus vertueuse.

Il est bien sûr délicat de faire coïncider des réponses à des effets inflationnistes très circonstanciels avec des trajectoires de transition agricole qui s’opèrent sur le moyen ou le long terme.

Mais l’objectif de 25 % de surface en bio à horizon 2030, énoncé dans le pacte vert européen, est un appel à une stratégie ambitieuse où la France doit garder une place forte.

Agriculture : pourquoi La vente de produits bio patine

Agriculture : pourquoi La vente de produits bio patine

par
Stéphane Bellon
Ingénieur de recherche en agronomie, Inrae dans The Conversation

Avec près de 2,8 millions d’hectares cultivés en bio, soit 10 % de la surface agricole française, la France occupait en 2021 le premier rang de l’Union européenne (UE), devant l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, et la Suède. Dans l’UE-27, les surfaces dédiées à la bio s’élevaient à 9,4 millions d’hectares en 2012 et à 15,6 millions d’hectares en 2021, soit une hausse de 66 % largement portée par la France.

Dans le même temps, le nombre d’exploitations engagées en bio a bondi en France, passant de 23 100 en 2011 à 58 400 en 2021 (soit 13 % des exploitations agricoles). Hausse d’autant plus remarquable qu’elle s’est produite dans un contexte de diminution de 2,3 % par an de la quantité totale d’exploitations agricoles françaises entre 2010 et 2020.

Pourtant, le développement de la bio marque le pas depuis quelques mois. Les signes de ce ralentissement, amorcé en 2020 voire un peu avant sur certains produits, sont multiples : déséquilibre entre offre et demande, aboutissant à des produits bio reclassés en conventionnel ; fermeture de magasins spécialisés ; dé-certifications ou déconversions de producteurs… La part de consommateurs réguliers d’une alimentation bio chutait de 16 % entre fin 2021 et fin 2022, et la part des personnes n’ayant pas consommé de produits alimentaires biologiques sur un an atteignait les 17 % en 2022 – le double de 2021.

Le phénomène se prolonge et la période d’inflation n’arrange rien, quand bien même les prix des produits bio n’augmentent pas autant que leurs substituts conventionnels.

Plusieurs éléments se dégagent pour expliquer cette situation.

Si la bio a été jusqu’à la fin du XXe siècle le principal modèle alternatif construit et référencé en France, il est aujourd’hui concurrencé par d’innombrables allégations mieux-disantes sur des performances précises : « Zéro résidu de pesticides », « sans sulfites ajoutés », « sans nitrites », « vegan », etc.

Mais aussi par des moins-disantes ou en tous les cas moins coûteuses pour les producteurs, et par un très grand nombre de cahiers des charges publics ou privés comme les engagements de coopératives sur Agriconfiance ou les filières de qualité de la grande distribution. Au-delà de positions opportunistes, certains de ces opérateurs pourraient plutôt aller vers des engagements contractuels, comme en Suisse où deux acteurs majeurs (Coop et Migros) se sont impliqués de longue date pour soutenir le secteur bio.

Tous ces labels viennent lui faire de l’ombre voire créent de la confusion lors d’un acte d’achat. Ils peuvent aussi s’inspirer de la bio, mais sans prendre en compte l’ensemble du système et des services rendus (sol, biodiversité, eau, etc.). Ainsi, la mention HVE portée par le ministère de l’Agriculture, fait l’objet de débats concernant les niveaux d’exigence des pratiques associées et des aides qui lui sont octroyées.

De même, l’institutionnalisation de l’agroécologie, sans être assortie d’un marché spécifique, génère des synergies mais aussi des concurrences avec la bio, qui reste à ce stade le modèle le plus abouti de toutes les agricultures écologisées.

Dans un contexte de hausse générale des prix, l’alimentation bio devient par ailleurs une variable d’ajustement dans l’arbitrage des dépenses alimentaires des ménages, malgré une inflation moindre des produits bio. La contraction de la demande alimentaire bio touche à la fois les grandes et moyennes surfaces et les distributeurs spécialisés. La vente directe semble en revanche se maintenir, après avoir déjà fait preuve de résilience pendant les confinements liés au Covid.

L’écart de prix au profit de la bio dans les prix de détail est de nouveau questionné, même s’il varie selon les produits et les circuits de commercialisation. Dans le cas du lait de vache par exemple, les prix payés aux producteurs bio et conventionnel convergent entre 2021 et 2022, alors que pour les consommateurs un écart significatif des prix de vente au détail persiste entre laits bio et conventionnel.

Mais pour les éleveurs bio, le maintien d’un différentiel de prix suffisant est justifié pour amortir des coûts de production supérieurs – les aliments du bétail représentant un surcoût de près de 50 %.

Les préoccupations environnementales et de santé restent les principales raisons qui conduisent les consommateurs à acheter des produits bio, mais ces attentes sociétales peuvent aussi être présentes dans des critères de « production locale » qui sont plus souvent mis en avant dans différentes enquêtes de consommation.

À ce titre, le fait que l’étiquetage des produits en magasin ait jusqu’ici privilégié l’aspect nutritionnel (Nutriscore) affecte la bio. Cela pourrait évoluer avec la mise en place d’autres types d’étiquetage prenant en compte les impacts environnementaux ou sociaux des modes de production.

La part des produits bio dans le panier est en baisse avec 6 % en valeur en 2022 contre 6,4 en 2021.

Mais d’autres attentes, parfois concurrentes, guident ou déterminent aussi l’acte d’achat : la proximité (circuits courts vs bio industrialisée) ; une juste rémunération des producteurs ; la réduction des émissions de GES, de l’usage de plastique ou de cuivre ; le bien-être animal, etc.

Des acteurs de la bio s’en saisissent en intégrant par exemple des critères d’équité, sans que les réponses apportées soient toujours accessibles au grand public. Des argumentaires restent à étayer et il apparaît nécessaire de mieux informer les citoyens sur ce qu’est la bio et quels sont ses impacts.

Les contrôles et la certification des opérateurs de la bio demeurent une garantie de sa crédibilité.

La question du soutien public entre aussi en jeu. Les aides européennes et le programme « Ambition Bio 2017 » français ont encouragé les agriculteurs avec des incitations financières pour la conversion et l’installation en bio : la courbe de croissance des surfaces ou du nombre d’exploitations bio révèle l’impact essentiel des politiques de soutien, avec des incitations financières à la conversion et à l’installation en bio.

Mais les multiples retards dans le paiement des aides aux agriculteurs bio et la suppression en 2017 de « l’aide au maintien » (préservée dans certaines régions) ont ensuite freiné de nombreux producteurs, et les objectifs de croissance du programme suivant.

Le rapport de la Cour des comptes sur l’évaluation du soutien de l’État à la bio est plutôt critique sur la réalisation des ambitions affichées (objectifs de 15 % des terres ou de 20 % de produits bio dans les cantines publiques en 2022 non atteints, ¼ des exploitations bio qui ne touchent pas d’aides). Il inclut 12 recommandations, en particulier pour éclairer les citoyens et les consommateurs sur l’impact environnemental et sanitaire de l’agriculture biologique et pour réorienter les soutiens publics à l’agriculture en sa faveur.

Le rôle des politiques publiques est également d’assurer les conditions de fonctionnement et de régulation des marchés. L’élaboration et l’évolution des cahiers des charges des signes de qualité en fait partie, tout comme l’accompagnement scientifique et technique ou le fonds de structuration des filières.

La réglementation européenne reconnaît au dessein de la bio le rôle de fournir « des biens publics contribuant à la protection de l’environnement et du bien-être animal ainsi qu’au développement rural ». Ces biens publics sont le plus souvent considérés comme des externalités positives, ouvrant sur des bénéfices pour la société dans son ensemble (préservation de la biodiversité, qualité des sols, de l’eau et de l’air…).

Au-delà, l’intervention publique devrait aussi aider à surmonter la phase actuelle de ralentissement et conduire à repenser le « juste » prix des produits bio en intégrant leurs bénéfices (externalités positives), aujourd’hui non marchands. Le consommateur ne pourra pas à lui seul les prendre en charge, en particulier en période de crise.

Aussi, au-delà d’un soutien à la conversion en AB, l’État devrait poursuivre l’effort financier avec des aides pérennes, qui seraient une reconnaissance et une rémunération des services rendus à la collectivité, comme cela existe dans plusieurs pays européens.

Cette reconquête conditionnera à la fois la capacité pour la bio d’apparaître comme autre chose qu’un simple label « sans » (intrants de synthèse), et de générer un meilleur consentement à payer pour des services rendus autres que la fourniture d’aliments sains, tout en améliorant la viabilité des fermes en bio et l’accessibilité de leurs produits aux consommateurs. Ceci renvoie à des enjeux d’organisation des chaînes de valeur, encore sous-estimés par les professionnels et les pouvoirs publics.

La croissance rapide de la bio constatée au cours des dernières années masque des différences selon les productions concernées. Des contrastes régionaux apparaissent également, y compris en matière de soutien local.

Si la bio des pionniers devrait perdurer, celle des opportunistes pourrait disparaître, se transformer ou de se différencier. Et malgré les déconversions, cette phase de croissance aura au moins fait bouger les lignes : la bio demeure source d’inspiration pour une agriculture plus vertueuse.

Il est bien sûr délicat de faire coïncider des réponses à des effets inflationnistes très circonstanciels avec des trajectoires de transition agricole qui s’opèrent sur le moyen ou le long terme.

Mais l’objectif de 25 % de surface en bio à horizon 2030, énoncé dans le pacte vert européen, est un appel à une stratégie ambitieuse où la France doit garder une place forte.

Alimentation: Le bio en net recul, pourquoi ?

Alimentation: Le bio en net recul, pourquoi ?

Il y a plusieurs facteurs explicatifs au recul net du bio. D’abord un facteur conjoncturel avec la baisse parfois dramatique du pouvoir d’achat pour des ménages. En effet, pour les salariés le pouvoir d’achat n’a pour l’instant augmenté qu’à peine de 3 % quand l’inflation est mesurée ( avec parcimonie pour ne pas dire davantage) à 6 % par l’INSEE. Une augmentation des prix beaucoup plus significative pour les produits alimentaires qui approche les 20%.

L’autre facteur explicatif et plus structurel à savoir la prise de conscience du caractère relatif de certains produits bio avec en particulier la jungle des labels et il faut bien le dire du trafic.À noter qu’environ 50 % des produits bio sont importés !

En France, on a commencé à faire le ménage mais les labels sont encore trop confus et dans la réalité il est difficile de distinguer ce qui est réellement bio d’autant que la moitié des produits bio sont importés de l’étranger notamment de l’Espagne qui ,c’est le moins qu’on puisse dire n’a pas tout à fait les mêmes critères de qualité . Dernier élément ,c’est la tendance à substituer éventuellement aux produits des produits locaux y compris chez le producteur. Des produits qui ne s’affichent pas nécessairement comme bio mais des produits qui aussi davantage d’être plus compétitif et plus frais

. Les grandes surfaces fournissent 70 % de leur nourriture aux Français, mais seulement 50 % dans le bio. La vente directe à la ferme et les boutiques d’artisans et de commerçants représentent 18 % des ventes.

Inflation : les produits bio s’écroulent

Inflation : les produits bio s’écroulent

Face à l’inflation, les ménages revoient la structure de leurs dépenses en particulier dans l’alimentaire. Globalement, on observe des changements de marque pour des produits moins chers. Le bio est particulièrement victime de ce changement de comportement. Et cela d’autant plus que le concept de bio n’est pas réellement encadré.

« Il y a un recul en volume de la consommation, probablement de l’ordre de 7 à 10% sur l’année 2022. Et de 10 à 12% dans les enseignes spécialisées », observe Pierrick de Ronne, président de Biocoop et de la Maison de la Bio qui regroupe les professionnels du secteur.

Le secteur avait pourtant triplé son volume de ventes au cours de la dernière décennie, en passant de 4 à 12 milliards d’euros. Si 2020 avait été marquée par une hausse de 12% du marché bio, dans un contexte où les ménages confinés étaient prêts à investir davantage dans l’alimentation en raison notamment d’une épargne accrue, l’année 2021 s’est néanmoins terminée par une baisse de 1,3%, qui s’accélère brutalement cette année.

Producteurs, distributeurs et économistes pointent unanimement l’effet de l’inflation alimentaire, qui pourrait culminer à 15% en fin d’année, largement au-dessus de l’inflation générale.

Aujourd’hui la tendance est plutôt à l’achat sur les produits discounts. En cause le faite que les produits bio affichent des prix supérieurs de 30 à 50 % par rapport aux autres.

Le bio en net recul : pourquoi

Le bio en net recul : pourquoi

 

Il y a plusieurs facteurs explicatifs au recul net du bio. D’abord un facteur conjoncturel avec  la baisse parfois dramatique du pouvoir d’achat pour des ménages. En effet, pour les salariés le pouvoir d’achat n’a pour l’instant augmenté qu’à peine de 3 % quand l’inflation est mesurée ( avec parcimonie pour ne pas dire davantage) à 5 % par l’INSEE. Une augmentation des prix beaucoup plus significative pour les produits alimentaires qui approche les 1o%. .

L’autre facteur explicatif et plus structurel à savoir la prise de conscience du caractère relatif de certains produits bio avec en particulier la jungle des labels et il faut bien le dire du trafic.

En France, on a commencé à faire le ménage mais les labels sont encore trop confus et dans la réalité il est difficile de distinguer ce qui est réellement bio d’autant que la moitié des produits bio sont importés de l’étranger notamment de l’Espagne qui ,c’est le moins qu’on puisse dire n’a pas tout à fait les mêmes critères de qualité . Dernier élément ,c’est la tendance à substituer éventuellement aux produits des produits locaux y compris chez le producteur. Des produits qui ne s’affichent pas nécessairement comme bio mais des produits qui aussi davantage d’être plus compétitif et plus frais

. Les grandes surfaces fournissent 70 % de leur nourriture aux Français, mais seulement 50 % dans le bio. La vente directe à la ferme et les boutiques d’artisans et de commerçants représentent 18 % des ventes. Elles continuent de bien se porter. Leurs chiffres d’affaires progressent respectivement de 5,8 % et 7,9 % en 2021.

Consommation bio en baisse

Consommation bio en baisse

 

En 2021, pour la première fois après des années de croissance à deux chiffres, le marché des produits bio a fléchi, avec une baisse des ventes de 3,1% en valeur par rapport à 2020, selon l’Institut de recherche et d’innovation (IRI), cité par l’AFP.

Un recul du bio assez net est sans doute lié à la crise sanitaire mais aussi à une modification des comportements. Il y a sans doute d’abord la crise du pouvoir d’achat que provoque l’inflation et qui réduit les marges de manœuvre des ménages pour des produits bio en général plus chers.

Il y a enfin le maquis des labels qui découragent les consommateurs.
Des interrogations aussi sur le caractère réellement bio de certains produits dont on sait que plus de la moitié provient de l’étranger sans nécessairement les mêmes garanties que celles imposées en France. Un autre phénomène serait celui de la préférence des produits locaux pas forcément référés bio par rapport à des produits bio dont on connaît mal l’origine.

La baisse et parfois très importante importante pour certains produits: -18% pour la farine, -12% pour le beurre, -7% pour le lait et -6% pour les œufs, précise la même source, alors que le chiffre d’affaires global de la grande consommation alimentaire n’a perdu que 0,3% par rapport à l’année précédente, selon le groupe Nielsen.

L’écroulement des prix remet évidemment en est en cause l’équilibre économique des filières.Du coup certains producteurs risquent de revenir au conventionnel ou tout simplement de disparaître.

 

Alimentation–Le local préféré au bio ?

AlimentationLe local préféré au bio ?

 

 

Il y aurait deux tiers des Français qui achèteraient des produits bio. Cependant la tendance serait maintenant de privilégier le local par rapport au bio. Plusieurs facteurs explicatifs à ce phénomène;  parfois le doute qui peut peser sur certains produits bio puisque au moins la moitié provient de l’étranger et que ces produits ne sont pas toujours soumis aux mêmes exigences écologiques qu’en France. Le deuxième facteur est constitué par le prix avec des différences sensibles pouvant aller presque jusqu’au double par rapport aux produits traités.

Toutefois l’origine locale des produits ne garantit pas le caractère biologique évidemment. Simplement cela manifeste le souci de réduire l’impact logistique, son coût et ses incidences sur l’environnement.

La préférence des produits locaux est surtout motivée par le souci de diminuer de manière drastique le circuit production distribution sachant que des produits parfois très simples comme les yaourts par exemple exigent des milliers de kilomètres avant de rejoindre l’étal des supermarchés. Il en est de même pour nombre d’autres produits industriels

 

Le local préféré au bio ?

Le local préféré au bio ?

 

 

Il y aurait deux tiers des Français qui achèteraient des produits bio. Cependant la tendance serait maintenant de privilégier le local par rapport au bio. Plusieurs facteurs explicatifs à ce phénomène;  parfois le doute qui peut peser sur certains produits bio puisque au moins la moitié provient de l’étranger et que ces produits ne sont pas toujours soumis aux mêmes exigences écologiques qu’en France. Le deuxième facteur est constitué par le prix avec des différences sensibles pouvant aller presque jusqu’au double par rapport aux produits traités.

Toutefois l’origine locale des produits ne garantit pas le caractère biologique évidemment. Simplement cela manifeste le souci de réduire l’impact logistique, son coût et ses incidences sur l’environnement.

La préférence des produits locaux est surtout motivée par le souci de diminuer de manière drastique le circuit production distribution sachant que des produits parfois très simples comme les yaourts par exemple exigent des milliers de kilomètres avant de rejoindre l’étal des supermarchés. Il en est de même pour nombre d’autres produits industriels

 

 

 

 

Agriculture : « La filière bio française victime de la nouvelle PAC

Agriculture : « La filière bio française victime de la nouvelle PAC

Loïc Madeline, secrétaire national chargé de la PAC à la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), annonce au JDD que « la filière bio en sera la grande perdante » de la nouvelle PAC. « Le ministre annoncera que les aides nous concernant vont passer de 80 à 70 euros par hectare et par an pour 2023-2027″, déplore-t-il.

Qu’attendez-vous des arbitrages rendus vendredi par le ministre de l’Agriculture?
Julien Denormandie va faire la promotion de la HVE [la certification "Haute valeur environnementale" qui garantit une agriculture protégeant la biodiversité sans pour autant être biologique, NDLR] en la mettant au même niveau que le bio, avec une aide, qui sera confirmée vendredi, de 70 euros par hectare et par an. Non seulement tout le monde va y perdre – les exploitants bio touchaient 80 euros par hectare et par an – mais l’incitation de passer au bio, et non pas seulement à la HVE, sera plus faible.

 

Dans le cadre de la nouvelle PAC, le « paiement vert », qui devait inciter à la conversion au bio, va être supprimé pour un « éco-régime ». Concrètement, qu’est-ce que cela change?
Cela ne va rien changer et c’est là le gros risque. Le « paiement vert », créé pour la PAC de 2016 à 2022, est un situation d’échec : ce dispositif n’est pas très sélectif et n’encourage pas beaucoup d’exploitations à passer au bio. « L’éco-régime » s’inscrit dans le « green deal » promu par la commission européenne qui milite pour une stratégie en faveur de la biodiversité avec des engagements forts. Mais, passé les grands mots, les arbitrages autour de cet « éco-régime » vont faire de la filière bio la grande perdante.

 

Pourquoi?
Il y a d’abord l’abaissement de 80 à 70 euros par hectare et par an. Mais il y a aussi l’abandon progressif de l’aide au maintien au sein du bio. Aujourd’hui, il y a deux leviers pour effectuer sa transformation : l’aide à la conversion à l’agriculture biologique pour cinq ans et, ensuite, l’aide au maintien. Car un exploitant, une fois qu’il a réalisé la conversion, doit pouvoir amortir les lourds investissements qu’il a effectués. Et cela se fait souvent sur dix ans. Pour remplacer l’aide au maintien abandonnée, la Fnab avait imaginé un « paiement pour service environnemental » qui rentrerait dans le cadre du futur « éco-régime » de la PAC. Mais cette idée a été complètement écartée par le gouvernement.

 

Julien Denormandie a assuré que la future PAC permettrait à la filière bio d’obtenir non plus 250 millions d’euros mais 340 millions d’euros entre 2023 et 2027…
Il faut décrypter ce chiffre. Il s’agit d’une somme maximale atteinte en 2027 si 18% des surfaces agricoles en France sont converties en biologique. Aujourd’hui, nous sommes autour des 10% et le ministère de l’Agriculture estimait un objectif à 12 ou 13% en 2022, quand Emmanuel Macron, en 2017, promettait d’atteindre les 15%. Les 18%, nous en sommes donc bien loin!

 

Y a-t-il un risque qu’une proportion non négligeable d’agriculteurs arrêtent de faire du bio?
Je ne me risquerai à aucun pronostic. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, la plupart des agriculteurs qui passent du conventionnel au bio établissent un plan de conversion sur dix ans. Mais, avec une aide à la conversion qui s’arrête au bout de cinq ans, beaucoup vont au devant de difficultés financières sans l’existence d’un mécanisme de soutien tel que celui-ci que nous proposions.

 

L’avenir de la filière est-il menacé?
Absolument pas. Le secteur restera toujours dynamique, avec, aujourd’hui, 47.000 exploitations. Mais nous nous dirigeons vers une possible stagnation. D’abord, environ 17.000 fermes émargent au crédit d’impôt du gouvernement mais sont trop petites, dans leurs dimensions, pour obtenir les aides de la PAC. Ces petites exploitations sont très souples et bénéficient des circuits courts, avec de la vente directe par exemple. Ce modèle va continuer de proliférer. Le problème vient plutôt des grosses exploitations – des fermes de plus de 80-100 hectares – , qu’il faut convaincre pour parvenir à l’objectif de 18% en 2027. C’est celles-ci qui hésitent à passer au bio sans aide au maintien.

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

 

Total ou Boeing annonce la venue du bio kérosène, un vrai contresens énergétique et environnemental. La réalité, c’est que les avions se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique écologique.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant ou pour recycler des vieilles huiles  comme l’une des frites par exemple !

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.Les annonces de Total dans ce domaine sont tout aussi illusoires. Notons que sur le strict plan énergétique pour produire 1 l de carburant il faut aussi entre . 0,3 et 0,6 l de pétrole (il faut un litre  de pétrole pour fabriquer 1 kg d’engrais azotés par exemple)

Alimentation : le bio à la mode… et à toutes les sauces

Alimentation : le bio à la mode… et à toutes les sauces

L’envie du bio, le besoin et même la demande ne cessent d’augmenter. Reste que se posent  de nombreuses questions sur le vrai caractère bio d’autant que la moitié de ces produits sont importés de l’étranger. Se pose aussi la question du prix qui n’est pas toujours justifié . Et il y a ce discours surdimensionné à l’égard des produits dits naturels

 

Leclerc a fait très fort dans une  pub : « on peut manger bio, boire bio, goûter bio, se laver bio sourire bio, s’hydrater bio, presser bio, assaisonner, picorer bio, mélanger bio etc. »  ne manque plus que respirer, penser, pisser bio.  Bref c’est la grande vague un taxe de la mode bio. Notons que sur la photo de la pub figurent des bananes lisses comme du plastique et qui ont dû échapper au traitement de DTT encore en vigueur dans de nombreuses exploitations bananières industrielles.

Subitement tout est devenu bio, même les prix qui ont pris un petit coup au passage. Certes on ne peut que ce réjouir sans doute de la tendance à vouloir manger et utiliser des produits plus naturels. Reste que le vrai bio constitue sauf rares exceptions une fumisterie ;  exemple quand des animaux sont élevés avec du soja au OGM provenant du Brésil ou d’ailleurs. Une partie non négligeable des engrais et autres pesticides s’évaporent avec l’eau et viennent arroser toutes les plantes sans distinction. Sans parler de la pollution  des nappes profondes.

Peut-on considérer qu’un produit est bio quand,  par exemple, il a effectué des milliers et des milliers de kilomètres, subi aussi des transformations sans parler de ses conditions réelles de production. Le vrai bio n’existe sans doute pas car tout est plus ou moins contaminé y compris par les l’emballage et les manipulations. Dans le bio encore plus qu’ailleurs les références constituent une véritable jungle et  sont complètement bidons. L’idéal est encore, quand c’est possible, de consommer des produits locaux dont on connaît les producteurs et ce n’est pas toujours une garantie suffisante. Pour un peu les grandes marques nous vendraient l’amour bio si elle pouvait !

Doublement des surfaces bio en France ?

Doublement des surfaces bio  en France ?

Le bio est évidemment à la mode en France mais les productions sont encore bien insuffisantes pour satisfaire la demande. Environ la moitié des productions bio viennent  de l’étranger en raison de conditions économiques et sociales plus favorables. Un problème de conversion des mentalités mais aussi d’établissement de conditions économiques équitables par rapport aux importations.

 

C’était l’objectif fixé par le gouvernement pendant le quinquennat de passer de 6,5% à 15% de surfaces agricoles en bio entre 2017 et 2022. Un objectif impossible à atteindre

Fin 2019, 8,5% des terres étaient consacrées à une production en conversion ou déjà certifiée agriculture biologique (AB). « On sera probablement autour de 9,5 ou 10% pour l’année 2020″, prédit Guillaume Riou, le président de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab), lui aussi pessimiste. Au regard des dynamiques en cours, un rapport sénatorial publié l’an dernier invitait d’ores et déjà le gouvernement à renommer son plan Ambition bio 2022 « Ambition bio (au mieux) 2026″. 

Après l’échec du Grenelle de l’environnement de 2008, qui visait les 15% de surfaces en bio dès 2013, la France risque une nouvelle fois de manquer sa cible.

Bio et santé , quel rapport ?

Bio et  santé , quel rapport ?

 

La crise sanitaire aura eu notamment pour conséquence de remettre en débat les questions de qualité des produits, de relocalisation, de conditions de production et de lien avec la santé. Des liens particuliers entre bio et santé qui ne sont pas aussi automatiques et aussi mécaniques qu’on pourrait l’imaginer. Il y a certes moins de chimie et moins d’eau dans la plupart des produits bio mais la question de la relation avec la santé mérite encore de nombreux approfondissements comme en témoigne une étude déjà diffusée par le Figaro. Emmanuelle Kesse-Guyot, épidémiologiste à l’Institut national de la recherche agroalimentaire (Inra), «il est compliqué aujourd’hui d’apporter une réponse ferme sur les bienfaits comparés de l’alimentation biologique et de l’alimentation traditionnelle».

Un constat partagé par Denis Corpet, professeur à l’École nationale vétérinaire de Toulouse et spécialiste en nutrition: «Cela ne signifie pas que manger bio n’est pas meilleur pour la santé, mais que cela reste difficile à prouver pour le moment.» De fait, les études menées sur la qualité nutritionnelle des aliments issus de l’agriculture biologique sont encore peu probantes. «Il en est ressorti qu’il y avait assez peu de différences au niveau des nutriments, indique Emmanuelle Kesse-Guyot. Ainsi, l’agriculture conventionnelle est plus riche en protéines, alors que l’agriculture biologique est plus riche en matière sèche [autrement dit ce qui reste du produit lorsque l'eau est retirée, NDLR] ou en micro-nutriments comme la vitamine C ou le phosphore

 

Mais elle ajoute: «Cela ne permet pas de tirer des conclusions plus larges, car ces études sont réalisées sur quelques aliments spécifiques.» Denis Corpet la rejoint sur ce point: «Le problème avec le bio, c’est qu’il est difficile de généraliser: selon le produit, on peut aussi bien montrer que c’est meilleur ou que c’est moins bon.»

Ce dernier tient aussi à relativiser les données sur la qualité nutritionnelle des produits biologiques. «Cueillis plus tard, ils sont aussi cultivés plus près du consommateur qui reçoit donc des produits plus frais, donc moins déshydratés et plus riches en matière sèche. Mais cela n’a pas de lien avec le fait qu’ils sont biologiques. C’est un peu comme lorsqu’on cultive son propre jardin, ajoute-t-il. Les tomates du potager sont meilleures, qu’elles soient biologiques ou pas.»

 

En revanche, les aliments bio ont sans conteste l’avantage de ne pas contenir de pesticides issus de l’industrie phytosanitaire. Or la dangerosité de ces derniers ne fait pas débat. «Il est établi que les pesticides organochlorés qui sont interdits en France, sont extrêmement nocifs, souligne Emmanuelle Kesse-Guyot. D’autres familles de pesticides, comme les organophosphorés, le plus connu étant le Roundup, ont certes un impact moins important mais moins bien identifié. Ils sont par ailleurs toxiques à haute dose. Des études ont prouvé qu’il existait un lien entre pesticides et cancers, notamment chez les agriculteurs qui les manipulent.» On peut souligner en outre que la maladie de Parkinson est aussi plus fréquente chez les exploitants en contact avec les pesticides.

Denis Corpet souhaite toutefois nuancer ce constat: «Les doses auxquelles sont exposés les agriculteurs n’ont rien à voir avec celles, encadrées par la loi, que l’on absorbe en mangeant un fruit ou un légume traité. Pour relativiser, rappelons qu’un verre de vin qui contient 13 grammes d’alcool est aussi cancérigène que 25 millions de pommes traitées au Captan [un pesticide utilisé contre la tavelure, un champignon, NDLR], qui en contiennent en tout 2,9 grammes.»

 

Mais manger bio est plus qu’un choix alimentaire, c’est un mode de vie. «Les personnes consommant ces produits font plus de sport, mangent plus sainement. Elles ont souvent un niveau d’études plus élevé et donc une meilleure prise en charge médicale», pointe Emmanuelle Kesse-Guyot. Difficile alors de faire la part des choses entre les bénéfices de l’alimentation biologique stricto sensu et ceux du mode de vie qui y est généralement associé.

Pour tenter d’y voir plus clair Emmanuelle Kesse-Guyot coordonne l’étude BioNutrinet qui a commencé en février dernier dans le cadre du programme Nutrinet-Santé lancé en 2009 pour évaluer les relations entre la nutrition et la santé. «L’objectif est d’abord de mieux identifier la population qui consomme des aliments biologiques, puis de déterminer la part de ces aliments dans l’alimentation générale, détaille-t-elle. C’est sur le long terme, en fonction des données recueillies, qu’il sera possible de faire un lien entre alimentation biologique et santé.» Il va donc falloir patienter encore un peu…

 

La grande distribution met la main sur le bio

La grande distribution met la main sur le bio

 

 un chiffre d’affaires de près de 12 milliards en 2019 et une progressions de 14 %. Désormais la grande distribution a pris la plus grande part de marché ( 55 % parenthèse. En cause les efforts faits par les industriels ont multiplié les références bio. Une avancée certaine vers une plus grande qualité des produits. Reste cependant à vérifier le caractère réellement bio de certaines productions. Comme par exemple les œufs nourris en partie avec des farines plus ou moins de synthèse dont la composition peut être douteuse. Ceci étant dans toutes les grandes surfaces la plupart des œufs  sont présentés comme bio. En fait,  cela correspond surtout au caractère d’élevages en plein air ( 3000 poules maxi) et à des critères d’alimentation. On n’impose  pourtant seulement 50 % de matières végétales dans la nourriture supposée elle aussi bio mais et le reste ?

D’après  Philippe Henry, le président de l’agence en charge de la promotion de l’agriculture bio en France des œufs bios qui sont le produit le plus consommé en AB».

Notons que d’une façon générale pas confondre produit bio et produits français car il y a au moins 40 % du bio qui vient de l’étranger

Certains puristes du secteur, qu’ils soient distributeurs ou fabricants, comme Biocoop ou Jardin Bio, déplorent ainsi une démocratisation du label et un développement à marche forcée défavorable à la philosophie initiale du concept. «Le modèle de magasin spécialisé progresse toujours autant, tempère-t-on à l’Agence Bio. N’oublions pas que s’il n’y avait pas la grande distribution, nous n’en serions pas là. Il faut juste être attentif à ne pas avoir le même rapport de force qu’en conventionnel, pour garder un modèle durable». Et cela en privilégiant notamment les circuits courts et les productions réellement hexagonales

 

Le bio remis en cause pendant le confinement

Le bio remis en cause pendant le confinement

Paradoxalement c’est le plastique qui aura été vainqueur de la lutte des emballages l’heure du confinement. Il s’agissait en effet de favoriser des mesures barrière. Si aucun emballage ne remplit totalement cette fonction barrière, cette ruée a fait exploser de 30 %, fin mars, la demande de plastique chez les industriels notamment agroalimentaires. Certes, la demande s’est depuis tassée avec la fin du stockage, mais elle reste en croissance. Et si les plasturgistes regroupés au sein de la fédération Elipso assurent qu’il n’y aura pas de hausse de l’emballage plastique en 2020, cette non-inflation ne sera due qu’à la dégringolade dans d’autres secteurs, comme la restauration hors domicile ou l’automobile.

 

 

 

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