Archive pour le Tag 'Biden'

Biden et Arabie Saoudite : rappel des droits humains

Biden et Arabie Saoudite : rappel des droits humains

 

Lors de son entretien téléphonique avec le roi d’Arabie Saoudite, le président américain a rappelé qu’il souhaitait renforcer les liens réciproques entre les deux pays avec cependant une précaution oratoire indiquant que sur certains sujets pourraient subsister des positions différentes. Le président américain a notamment insisté sur le problème des droits humains, question récurrente en Arabie Saoudite comme dans la plupart des monarchies arabes.

Le président américain, qui a rappelé le «partenariat de longue date» et «historique» entre les deux pays alliés, a aussi «souligné l’importance que les États-Unis placent dans les droits humains universels et dans l’État de droit», a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué. À cet égard, «il a relevé de manière positive la récente libération de plusieurs militants américano-saoudiens et de Mme Loujain al-Hathloul», une militante féministe.

Les deux dirigeants ont discuté des efforts américains pour mettre fin à la guerre au Yémen, où Joe Biden a stoppé le soutien de Washington à la coalition militaire dirigée par Ryad. «Le président a dit au roi Salmane qu’il œuvrerait pour rendre les relations bilatérales aussi fortes et transparentes que possible», a ajouté la Maison Blanche.

 

L’entretien n’a pas évoqué l’affaire Jamal Khashoggi, qui devrait mettre en cause le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, malgré les dénégations du royaume. Mais le gouvernement américain avait auparavant fait savoir qu’il serait dévoilé «très bientôt», après le coup de fil entre Joe Biden et le monarque.

Economie-Le retour de l’inflation avec Biden ?

Economie-Le retour de l’inflation avec Biden ?

L’administration Biden se prépare à gaspiller ses ressources dans une guerre contre le Covid-19 et entend embarquer ses partenaires du G7 dans sa politique dépensière, analyse Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique. (Extraits)

Chronique. Les fautes les plus graves sont en général commises en début de mandat, lorsque l’état de grâce justifie le respect des promesses de campagne, au diable la raison. Le plan de relance de Joe Biden, d’un montant souhaité de 1 900 milliards de dollars (environ 1 565 milliards d’euros), soit près de 15 % du PIB américain, en fait partie. Il risque de faire resurgir un fantôme disparu, l’inflation, et de provoquer en réaction une hausse des taux d’intérêt, précipitant l’Amérique en récession.

L’alarme a été sonnée par les plus grands pontes de l’école keynésienne américaine, Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, célèbre pour avoir critiqué l’austérité trop vite imposée dans la foulée de la crise financière de 2008. M. Summers a mis en garde contre des pressions inflationnistes « comme on n’en a pas connu depuis une génération »« Le plan de 1 900 milliards pourrait conduire à une telle surchauffe de l’économie qu’il en serait contre-productif », a renchéri M. Blanchard.

A force d’avoir entendu les Cassandre annoncer le retour de l’inflation, plus personne n’écoute. Pourtant, le danger existe. Si l’on en est arrivé là, c’est à cause des multiples approximations du discours électoral de Joe Biden. M. Biden assure ne pas vouloir répéter l’erreur de 2009, lorsque le stimulus budgétaire de Barack Obama fut insuffisant pour retrouver le plein-emploi.

Mais c’est loin d’avoir été le cas en 2020, et c’est là qu’intervient le deuxième point : les démocrates refusent de dire que quelque chose de bien fut accompli sous Trump, avec un plan de soutien massif à l’économie, qui a laissé les Américains plus riches en 2020 qu’en 2019. Ce constat entre en contradiction avec le discours de M. Biden, consistant à décrire une Amérique sans âme ni solidarité.

Troisième problème, M. Biden parle de la situation de 2021 comme si l’Amérique faisait face au début de la crise due au Covid-19. En réalité, il va devoir gérer l’an II, celui de la convalescence. Dix millions d’emplois manquent à l’appel, les minorités afro-américaines et hispaniques sont les plus durement touchées : personne ne remet en cause l’impérieuse nécessité de les aider, mais le très coûteux chèque individuel de 1 400 dollars que Joe Biden veut envoyer indifféremment aux Américains gagnant moins de 75 000 dollars promet d’être ruineux.

Biden pour la reconquête économique mondiale des États-Unis

Biden pour la reconquête économique mondiale des États-Unis

L’économiste Nicolas Goetzmann estime, dans une tribune au « Monde », qu’en soutenant massivement la croissance, le nouveau locataire de la Maison Blanche poursuit la plus importante réorientation de la stratégie économique américaine depuis quarante ans, afin de contrer les ambitions de la Chine.

Tribune. 

 

« Le moment est venu de voir grand ». Le 12 février, à l’occasion d’un échange avec ses partenaires du G7, la secrétaire au Trésor des Etats-Unis Janet Yellen plaidait en faveur d’une relance économique d’ampleur coordonnée, tout en soulignant la nécessité d’un retour au multilatéralisme. Elle déclarait aussi : « Nous accordons une haute priorité à l’approfondissement de notre engagement international et au renforcement de nos alliances. »

Depuis plusieurs mois, Washington démontre en effet son intention de soutenir massivement sa croissance au cours des prochaines années. Une décision qui s’observe aussi bien par le changement de stratégie de politique monétaire dévoilée le 27 août 2020, que par la volonté politique affirmée de soutenir l’économie du pays par la voie budgétaire pour des montants records.

Après le Cares Act de 2 200 milliards de dollars [environ 1815 milliards d’euros] de mars 2020, son complément de 900 milliards voté à la fin décembre, la nouvelle administration américaine s’apprête à négocier un programme d’un montant de 1 900 milliards de dollars, et ce, dans l’attente d’un soutien supplémentaire apporté au développement des infrastructures américaines. De façon manifeste, les Etats-Unis veulent en finir avec un niveau de croissance aujourd’hui considéré comme sous optimal.

 

Ainsi, après plusieurs décennies de déceptions, de progression des inégalités, de stagnation des salaires, de chômage trop élevé, les Etats-Unis modifient leur orientation économique dans un objectif de croissance maximale. Mais cette stratégie de sortie de crise révèle également une préoccupation géopolitique.

En effet, alors que le Global Times – rattaché au Parti communiste chinois – annonçait le 29 janvier que le produit intérieur brut (PIB) chinois sera en mesure de dépasser celui des Etats-Unis avant l’année 2030 – faisant du pays la première puissance économique mondiale –, Joe Biden déclarait, dans un discours prononcé le 4 février qu’« aucun pays sur cette planète – pas plus la Chine qu’un autre pays – ne pourra nous égaler » si les maux qui rongent le pays venaient à être corrigés.

Cette juxtaposition des intérêts intérieurs et extérieurs n’est pas voilée par Joe Biden, qui poursuit : « Il n’y aura plus de frontière entre la politique étrangère et la politique intérieure. Chaque action que nous entreprenons dans notre conduite à l’étranger, nous devons la réaliser en pensant aux familles de travailleurs américains. La promotion d’une politique étrangère en faveur de la classe moyenne exige une concentration urgente sur notre économie intérieure, notre renouveau économique. »

La Chine nous bouffera prévient Biden

La Chine nous bouffera prévient Biden

Ce n’est pas fidèlement la citation de Biden commentant son échange téléphonique avec le président chinois Xi; Biden a déclaré à peu près la même chose à savoir que la Chine mangera notre déjeuner. En clair sur le fond,  les oppositions entre la Chine et des États-Unis ne vont pas se modifier après le départ de Trump même si sur la forme le président américain nouvellement élu entend ne pas provoquer inutilement et rechercher à chaque fois des compromis s’ils sont possibles.

Jeudi, Biden a déclaré à un groupe bipartisan de sénateurs américains lors d’une réunion sur la nécessité de moderniser l’infrastructure américaine que les États-Unis devaient améliorer leur jeu face au défi chinois.

Biden a déclaré qu’il avait parlé à Xi pendant deux heures mercredi soir et a averti les sénateurs: «Si nous ne bougeons pas, ils vont manger notre déjeuner.»

«Ils investissent des milliards de dollars dans toute une série de problèmes liés aux transports, à l’environnement et à toute une gamme d’autres choses. Nous devons juste intensifier. »

La Maison Blanche a déclaré que Biden avait souligné à Xi qu’il était une priorité des États-Unis de préserver un Indo-Pacifique libre et ouvert, une région où les États-Unis et la Chine sont des rivaux stratégiques majeurs.

Il a également exprimé des préoccupations «fondamentales» concernant les pratiques commerciales «coercitives et injustes» de Pékin, ainsi que les questions de droits de l’homme, y compris la répression de la Chine à Hong Kong et le traitement des musulmans au Xinjiang, et ses actions de plus en plus affirmées en Asie, y compris envers Taiwan.

La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré que Biden avait également exprimé sa préoccupation concernant le manque de transparence de la Chine sur le coronavirus.

Toutes les questions de droits mentionnées par Biden sont celles dont Pékin a explicitement dit à son administration de rester en dehors.

 

 

Xi a déclaré que la confrontation à Biden serait un «désastre» et que les deux parties devraient rétablir les moyens d’éviter les erreurs de jugement, a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères.

Xi a maintenu un ton intransigeant sur Hong Kong, le Xinjiang et Taiwan, les qualifiant de «souveraineté et d’intégrité territoriale», espérait-il que Washington aborderait avec prudence.

Cet appel était le premier entre les dirigeants chinois et américains depuis que Xi s’est entretenu avec l’ancien président Donald Trump le 27 mars dernier, il y a près de 11 mois. Depuis, les relations entre les deux plus grandes économies du monde ont plongé.

Trump a accusé la Chine d’avoir déclenché la pandémie de COVID-19 et a lancé une série d’actions contre la Chine, y compris une guerre commerciale et des sanctions contre les responsables chinois et les entreprises considérées comme des menaces pour la sécurité.

Xi a félicité Biden pour son élection dans un message en novembre, même si Biden l’avait traité de «voyou» pendant la campagne et avait promis de diriger un effort international

Un responsable américain a déclaré que Washington était en position de force après des consultations avec ses alliés et partenaires pour faire part de ses préoccupations concernant «les activités agressives et les abus de la Chine».

Il a déclaré que l’administration examinerait dans les mois à venir l’ajout de «nouvelles restrictions ciblées» sur les exportations de technologies sensibles vers la Chine et qu’il n’y aurait pas de mesures rapides pour lever les tarifs de l’administration Trump sur les importations chinoises.

Biden : fermeté face à la Chine

Biden : fermeté face à la Chine

Je n’hésiterai jamais à faire usage de la force pour défendre les intérêts vitaux du peuple américain et de nos alliés lorsque ce sera nécessaire. » A déclaré Biden après son entretien téléphonique avec le président chinois.

 

Le président américain a exprimé ses «profondes inquiétudes» concernant les pratiques économiques «injustes et coercitives» de Pékin, la répression à Hongkong et les «violations des droits humains» dans le Xinjiang où vit la minorité musulmane ouïghoure. Les deux dirigeants ont aussi échangé, selon le compte rendu de la Maison Blanche, sur la pandémie de Covid-19 et les «défis communs» que représentent la sécurité sanitaire mondiale et le changement climatique.

 

Joe Biden avait rappelé le mois dernier au Premier ministre japonais Yoshihide Suga «l’engagement indéfectible» des États-Unis à protéger le Japon, y compris l’archipel inhabité des Senkaku, appelé Diaoyu en chinois et revendiqué par Pékin. Dans un appel téléphonique mercredi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a exprimé auprès de son homologue japonais, Toshimitsu Motegi, son «inquiétude» face aux incursions de la Chine dans les eaux japonaises. Blinken a réaffirmé que l’archipel des Senkaku tombait sous le coup du traité liant les deux nations pour se défendre en cas d’attaque, selon le porte-parole du département d’État, Ned Price.

 

. S’il a clairement affiché sa volonté de rupture avec la politique étrangère de Donald Trump, c’est l’un des rares dossiers où il pourrait, sur le fond, prôner une certaine continuité avec son prédécesseur. Dans un entretien diffusé dimanche sur CBS, Joe Bien a prévenu que la rivalité entre les États-Unis et la Chine prendrait la forme d’une «compétition extrême», tout en assurant qu’il voulait éviter un «conflit» entre les deux pays. Interrogé sur son homologue chinois, il avait ajouté: «Il est très dur. Il n’a pas, et je ne dis pas cela comme une critique, c’est juste la réalité, il n’a pas une once de démocratie en lui».

 

Un haut responsable de l’administration, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a par ailleurs réaffirmé mercredi que les taxes douanières sur les produits chinois mises en place sous la présidence Trump restaient pour l’heure en place, dans l’attente d’un réexamen global de la stratégie commerciale américaine. 

Régulation des GAFAM : une priorité aussi pour Biden

Régulation des GAFAM : une priorité aussi pour Biden

 

Il est probable que Joe Biden ne reviendra pas sur l’intention déjà exprimée par son prédécesseur de mettre au pas les GAFA  aujourd’hui en situation de monopole et qui contrôlent de plus en plus non seulement la vie économique mais aussi politique voire culturelle. Une régulation qui de toute évidence ne pourra avoir d’effet qu’à l’échelle mondiale tellement la pieuvre des grands du numérique s’est développée partout. En octobre dernier, le sous-comité antimonopole du House Judiciary Committee (un comité de la Chambre des représentants, composé de juristes, qui s’occupe notamment des affaires liées à la compétition et aux monopoles) a rendu un rapport de 449 pages, fruit de seize mois de travail, sur les pratiques anticoncurrentielles menées par Apple, Amazon, Google et Facebook. Une enquête antimonopole est actuellement menée contre Google par le Département de la Justice, et une autre est en cours à l’encontre de Facebook de la part de la Federal Trade Commission (agence gouvernementale notamment chargée du contrôle des pratiques commerciales anticoncurrentielles).

Peu probable que l’arrivée de Biden à la Maison-Blanche mette fin à ces dernières, selon Darrell West, chercheur à la Brookings Institution, un laboratoire d’idées non partisan basé à Washington. « La question qui se pose est celle de la fougue que l’administration Biden va mettre dans la poursuite de ces deux enquêtes. L’administration précédente voulait démanteler Facebook, et celle-ci va notamment devoir décider si elle compte revenir sur les fusions précédentes « 

 

Charbon australien : reprise des importations chinoises grâce à Biden

Charbon australien : reprise des importations chinoises grâce à Biden

 

On sait que les relations économiques et politiques devenues détestables entre la Chine et l’Australie. La Chine avait d’ailleurs imposé un embargo sur les importations australiennes de charbon à titre de représailles. La Chine considérait  que l’Australie constituait l’avant-garde américaine dans la guerre engagée par les États-Unis vis-à-vis de l’empire du milieu. Mais brutalement la Chine a changé de discours vis-à-vis des États-Unis sitôt la victoire de Biden confirmée. Elle espère un changement de politique – qui n’est pourtant pas assurée –et dans ce cadre tente de normaliser sa politique diplomatique et économique avec les pays avec lesquels elle entretenait des relations très conflictuelles comme avec l’Australie.

 

Didier Julienne, Président de Commodities & Resources » (*). Explique dans la Tribune ce revirement.

 

 

Depuis octobre 2020, les bateaux chargés de charbon australien n’étaient plus autorisés à décharger leur cargaison dans les ports chinois. Sachant que les importations chinoises de charbon australien représentent environ 30 % des exportations charbonnières de Canberra, les quantités en attente de débarquement représentent un mois et demi du flux habituel entre l’Australie et la Chine. Comment comprendre une fin non confirmée d’un éventuel embargo non déclaré ?

Depuis ce blocus qui ne dit pas son nom, la production de charbon sidérurgique des mines nationales ou les importations de Mongolie restent insuffisantes par rapport à la forte production d’acier chinoise en hausse continue. En conséquence, les prix de charbon métallurgique pékinois ont augmenté d’environ 70 %.

Températures hivernales

Les importations de l’autre charbon australien, celui utilisé dans les centrales électriques, ont, elles aussi, été interdites. Mais le surcroît de consommation électrique liée aux températures hivernales amollit l’interdit, car les mines chinoises, les importations indonésiennes ou russes n’ont jamais réussi à totalement remplacer les volumes de Sydney. Les basses températures hivernales qui frappent la Chine et les Etats voisins, Corée et Japon, entraînaient une hausse des prix en fonction des pays exportateurs — Indonésie, Colombie, Australie ou Afrique du Sud — de 55 % à 100 % depuis août dernier.

Le grand gagnant de cet hiver rigoureux est le gaz naturel. Le prix de GNL asiatique a été multiplié par 15 depuis mai 2020 et par 4 depuis fin novembre. Il est donc plus que normal que le nœud autour des importations de charbon australien se desserre, que les prix se détendent et que les températures à l’intérieur des bâtiments publics du parti communiste chinois remontent. Tout comme l’éclairage nocturne, ils étaient mis à contribution pour économiser l’énergie.

Explication conspirationniste

Une autre explication, totalement conspirationniste, de cette détente pourrait s’inspirer de la série télévisée australienne « Pine Gap ». L’Australie y est prise en étau entre son allié étatsunien dont le président va-t-en guerre lui demande son appui dans un conflit contre Pékin en mer de Chine, et son premier client, la Chine, qui, en retour d’une continuation de ses importations de matières premières, lui demande sa neutralité dans ce même conflit.

 

Dans la réalité, l’interdiction du charbon australien n’ayant jamais été officialisée, sa suppression ne le sera pas non plus, et c’est sans aucun doute le hasard hivernal qui conjugue la détente autour des importations et l’arrivée de Joe Biden dans ses fonctions.

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(*) Didier Julienne anime un blog sur les problématiques industrielles et géopolitiques liées aux marchés des métaux. Il est aussi auteur sur LaTribune.fr.

Climat : Biden rejoint l’accord international

Climat : Biden rejoint l’accord international

 

Trois gestes très symboliques et très significatifs de Biden pour rompre avec la politique environnementale de Trump. D’une part les États-Unis vont reprendre leur place dans l’accord mondial sur le climat. Deuxièmement Biden s’oppose à un projet d’oléoduc avec le Canada enfin il décide d’un moratoire sur l’exploitation du gaz et du pétrole dans l’Arctique.

Biden a promis de mettre les États-Unis sur la voie des émissions nettes nulles d’ici 2050 pour égaler les réductions mondiales importantes et rapides que les scientifiques jugent nécessaires pour éviter les effets les plus dévastateurs du réchauffement climatique, en utilisant des freins sur les combustibles fossiles et des investissements massifs dans énergie propre.

Le chemin ne sera pas facile, avec les divisions politiques aux États-Unis, l’opposition des sociétés de combustibles fossiles et les partenaires internationaux méfiants préoccupés par les changements de politique américaine qui font obstacle.

«Nous nous sommes beaucoup écartés ces quatre dernières années avec un négationniste du climat dans le bureau ovale», a déclaré John Podesta, conseiller de l’ancien président Barack Obama qui a contribué à l’élaboration de l’Accord de Paris de 2015. «Nous entrons sur la scène internationale avec un déficit de crédibilité.»

Les ordonnances de Biden exigent également que les agences gouvernementales envisagent de réviser les normes d’efficacité énergétique des véhicules et les réductions des émissions de méthane, et d’étudier la possibilité de repousser les limites des monuments nationaux de nature sauvage que l’administration Trump a réduits en taille.

Alors que les défenseurs de l’environnement étaient ravis des commandes, les groupes industriels et les conservateurs les ont critiqués.

Le gouverneur républicain de l’Alaska, Mike Dunleavy, s’est moqué de la décision de Biden de fermer les travaux pétroliers et gaziers dans le Arctic National Wildlife Refuge, affirmant que le nouveau président «semble tenir sa promesse de transformer l’Alaska en un grand parc national».

L’American Petroleum Institute, le principal groupe de pression de l’industrie pétrolière et gazière du pays, a déclaré qu’il pensait que le blocage de l’oléoduc Keystone XL était un «pas en arrière».

«Cette décision malavisée entravera la reprise économique américaine, sapera la sécurité énergétique nord-américaine et tendra les relations avec l’un des plus grands alliés de l’Amérique», a déclaré le président de l’API Mike Sommers.

Brian Deese, directeur du Conseil économique national de Biden, a déclaré à Reuters que les États-Unis espèrent encourager d’autres grands émetteurs à également «pousser leur ambition, alors même que nous devons démontrer notre capacité à revenir sur scène et à faire preuve de leadership».

Pete Betts, chercheur associé au groupe de réflexion londonien Chatham House qui a dirigé les négociations sur le climat pour l’Union européenne lorsque l’accord de Paris a été conclu, a déclaré que les États-Unis devront également tenir leurs promesses par des engagements financiers.

Les États-Unis sous Obama se sont engagés à verser 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat pour aider les pays vulnérables à lutter contre le changement climatique. Jusqu’à présent, il n’a livré qu’un milliard de dollars.

«Les États-Unis devront mettre de l’argent sur la table et encourager les autres à faire de même», a-t-il déclaré.

Climat, santé etc. : Biden revient sur les décisions de Trump

Climat, santé etc. : Biden revient sur les décisions de Trump  

 

Il s’agit de rompre de manière symbolique mais aussi réelle avec les orientations les plus significatives de Trump notamment sur le climat et la santé. La fameuse construction du mur avec le Mexique sera aussi abandonnée.

«Certaines des actions exécutives que je vais signer aujourd’hui vont aider à changer le cours de la crise COVID, nous allons lutter contre le changement climatique d’une manière que nous n’avons pas encore fait et faire progresser l’équité raciale et soutenir d’autres communautés mal desservies », a déclaré Biden. «Ce ne sont que des points de départ»

Biden a notamment signé un document pour entamer le processus de réintégration dans l’accord de Paris sur le climat et a publié une ordonnance de grande envergure visant à lutter contre le changement climatique, y compris la révocation du permis présidentiel accordé au litige oléoduc Keystone XL.

Parmi une série d’ordonnances concernant l’immigration, Biden a révoqué la déclaration d’urgence de Trump qui a aidé à financer la construction d’un mur frontalier et a mis fin à une interdiction de voyager dans certains pays à majorité musulmane.

Les plans du premier jour n’étaient que le début d’une vague d’actions exécutives que Biden prendrait peu après son entrée en fonction, a déclaré son attachée de presse, Jen Psaki.

« Dans les jours et les semaines à venir, nous annoncerons des actions supplémentaires de l’exécutif pour faire face à ces défis et tenir les promesses du président élu au peuple américain », a déclaré Psaki.

D’autres actions incluraient la révocation de l’interdiction du service militaire par les Américains transgenres et le renversement d’une politique qui bloque le financement américain pour les programmes à l’étranger liés à l’avortement.

Sur le plan économique, Biden a demandé aux Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis de prolonger un moratoire sur les expulsions jusqu’à la fin du mois de mars et au ministère de l’Éducation de suspendre les paiements de prêts étudiants jusqu’à la fin de septembre.

Hommage de Biden aux 400000 morts du COVID-19

Hommage de Biden aux  400000 morts du COVID-19

Un hommage de Biden et de la vice-présidente aux 400 000 morts du Covid 19 aux États-Unis. Une marque de respect évidemment pour les victimes autant qu’une accusation à l’égard de Trump complètement inconséquent vis-à-vis du drame de la pandémie notamment chez les plus pauvres.

Les cérémonies dirigées par Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris depuis la base du Lincoln Memorial ont marqué le premier clin d’œil officiel du gouvernement fédéral au bilan effroyable de la pandémie.

«Pour guérir, nous devons nous souvenir. C’est parfois difficile à retenir, mais c’est comme ça que nous guérissons. Il est important de le faire en tant que nation », a déclaré Biden pour lancer un hommage qui comprenait des célébrations dans les villes du pays.

Pendant qu’il parlait, 400 lampes électriques bordant les côtés de la Reflecting Pool du mémorial ont été allumées pour honorer les vies perdues, suivies de la performance de la star du gospel Yolanda Adams de la chanson «Hallelujah», puis un moment de silence.

Les États-Unis ont dépassé mardi 24 millions d’infections connues au COVID-19 et 400000 vies perdues depuis le premier décès documenté de COVID-19 dans le pays en février 2020, selon un décompte de Reuters. Le pays a enregistré en moyenne plus de 200 000 nouveaux cas et 3 220 décès par jour au cours de la semaine dernière, et a le nombre de décès par COVID-19 le plus élevé au monde.

La perte incessante de vies humaines a mis une pression particulière sur les professionnels de la santé dans les tranchées de la pandémie.

«Vous êtes juste entouré de toutes ces horribles maladies que vous ne pouvez pas réparer – tout le temps», a déclaré le Dr Mangala Narasimhan, qui supervise les équipes de soins intensifs des hôpitaux Northwell Health, le plus grand fournisseur de soins de santé de l’État de New York.

 

« Les États ont déploré le manque de financement et de soutien du gouvernement fédéral pour leur rôle dans la campagne, et affirment que les approvisionnements ne répondent pas à la demande des travailleurs de la santé, des personnes âgées et d’autres personnes désignées comme les premiers en ligne pour les vaccins.

Les infections en forte augmentation ont poussé les salles d’urgence des hôpitaux, les unités de soins intensifs, les baies d’ambulance et les morgues à déborder au cours du mois dernier, en particulier à Los Angeles et dans ses environs. Ghaly a déclaré que le nombre de cas devrait continuer d’augmenter au cours des deux prochaines semaines, mais moins rapidement que les responsables l’avaient craint, preuve que les restrictions sur les activités commerciales et sociales fonctionnaient.

Plan de relance Biden : soutien mais aussi interrogations sur le coût et l’inflation

Plan de relance Biden : soutien mais aussi interrogations sur le coût et l’inflation

Beaucoup à Wall Street se félicitent  de ce plan de relance mais certains s’inquiètent déjà de son coût  et de ses conséquences sur l’inflation sitôt que l’économie reprendra.

«À l’heure actuelle, les marchés célèbrent le stimulus supplémentaire et le considèrent comme un pont plus solide vers une économie entièrement rouverte», a déclaré Jeff Buchbinder, stratège en actions pour LPL Financial.

«De l’autre côté, il y a la possibilité que les marchés devront payer pour cela sous la forme de taux d’intérêt nettement plus élevés ou de hausses d’impôts qui pourraient plafonner les évaluations des actions», a-t-il déclaré.

Les valorisations boursières inquiètent déjà certains investisseurs, qui craignent que les bénéfices devront être exceptionnellement solides dans l’année à venir pour justifier les multiples élevés. Le S&P 500 se négocie à 22,3 fois les estimations de bénéfices prévisionnels, près de son sommet historique de 24,4 depuis mars 2000, selon FactSet.

Le S&P 500 a chuté de près de 0,4% jeudi et est en hausse d’environ 1,1% depuis début janvier. Le rallye de l’année a été mené en grande partie par les valeurs cycliques qui bénéficient d’un plan de relance, y compris les banques, qui sont en hausse de plus de 10% depuis le début de l’année.

Pendant ce temps, les lauréats de l’année dernière, comme le secteur de la technologie, ont baissé de près de 1% au cours de la même période. La hausse des rendements menace de peser sur les entreprises dont les flux de trésorerie sont de plus longue durée tels que les actions technologiques et de croissance.

Le plan de Biden pour stimuler l’économie grâce à un plan de sauvetage intervient à un moment où une flambée des cas de coronavirus oblige les entreprises et les investisseurs à réduire leurs estimations de la fin de la pandémie.

Les demandes de chômage initiales ont atteint 965 000 la semaine dernière, a déclaré jeudi le ministère du Travail, leur plus haut niveau depuis août et bien au-dessus des 795 000 anticipés par les économistes interrogés par Reuters. Dans l’ensemble, les pertes d’emplois en décembre ont diminué pour la première fois en huit mois.

La hausse des rendements obligataires, quant à elle, fait craindre une inflation imminente une fois que l’économie commencera à se redresser. Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a déclaré dans un discours jeudi qu’il ne s’attendait pas à ce que la banque centrale commence à réduire ses achats mensuels d’obligations «trop tôt».

« Ce n’est pas le moment de parler de sortie », a-t-il déclaré.

a été plus lent que prévu à peu près partout», a-t-il déclaré.

Esty Dwek, responsable de la stratégie de marché mondial chez Natixis Investment Managers, a déclaré qu’elle s’attend à ce que le marché boursier trébuche plus tard cette année alors que les investisseurs commencent à évaluer la possibilité d’une hausse des taux d’imposition des sociétés et des particuliers que la nouvelle administration pourrait imposer.

«Il y a une nécessité aujourd’hui qui l’emporte sur la préoccupation à long terme», a-t-elle déclaré. «Il y a un souci d’inflation à venir, mais je ne vois pas cela se produire bientôt.»

Plan de relance Biden : des réactions positives et des interrogations sur l’inflation

Plan de relance Biden : des réactions positives et des interrogations sur l’inflation

 

Globalement ,les milieux d’affaires sont plutôt positifs après l’annonce d’un énorme plan de soutien à l’économie par Biden. À noter toutefois des interrogations sur le réveil de l’inflation face à cette nouvelle montagne de liquidités.

PETER TUZ, PRÉSIDENT, CONSEILLER EN INVESTISSEMENT CHASE, CHARLOTTESVILLE, VIRGINIA

«D’après ce que j’ai vu jusqu’à présent, le plan ressemble à ce que je pense que le monde attendait.»

«Le marché étudie ce plan pour maintenir l’économie forte au premier trimestre et on espère qu’au deuxième trimestre et pour le reste de l’année, nous serons suffisamment vaccinés là où l’économie se redresse d’elle-même sans ces extraordinaires colis d’aide. »

OLIVER PURSCHE, PRÉSIDENT ET CHEF DES PLACEMENTS, BRONSON MEADOWS CAPITAL MANAGEMENT, FAIRFIELD, CONNECTICUT

«C’est beaucoup d’argent, mais c’est dans la fourchette de ce qui était attendu. Même lorsque nous nous sommes vendus à la clôture, les petites capitalisations se sont bien comportées, et je pense que c’est parce que les mesures de relance de 2 000 $ profiteront massivement aux consommateurs à faible revenu. Ils vont faire leurs achats dans les petites entreprises. »

«Vous pouvez toujours affirmer qu’il faut faire plus. Mais c’est à peu près tout ce que le Congrès peut supporter en ce moment, même avec une majorité démocrate. Je n’ai rien vu qui dise que c’est ça. Il y a plus sur la route si nécessaire. Le président (Jerome) Powell nous a déjà dit que la Fed ne voyait pas une augmentation des taux d’intérêt de si tôt. L’inflation est à distance même si les rendements obligataires ont augmenté au cours des deux dernières semaines. Je me sens plutôt bien dans les choses. En général, le ciel est plus clair.

CHUCK CARLSON, DIRECTEUR GÉNÉRAL, HORIZON INVESTMENT SERVICES, HAMMOND, INDIANA est cependant plus mesuré et estime que cette injection massive pourrait raviver l’inflation.

«Vous pourriez aussi bien commencer en grand. Je pense qu’à un moment donné, alors que la sagesse conventionnelle à Wall Street est que le marché est enthousiasmé par la relance, il pourrait y avoir trop de bonnes choses. Il y a une certaine prise de conscience que jeter 2 billions de dollars supplémentaires dans le mélange est exagéré. Ce sera intéressant si cela commence à être le récit. Il y a cette préoccupation sous-jacente que l’inflation pourrait reprendre »

TRUMP : refus d’assister à la prestation de serment de Biden

TRUMP : refus d’assister à la prestation de serment de Biden

 

Encore un caprice supplémentaire de la part de Trump coupable évidemment d’insurrection et d’envahissement du Capitole qui a aussi coûté la vie à cinq personnes. Ttump  refuse de participer à la cérémonie de prestation de serment de Biden. Un nouveau crachat en direction de la démocratie. Une attitude qui relève peut-être moins de considérations politiques que de perturbations psychiatriques chez l’intéressé. Beaucoup de personnalités politiques considèrent que Trump  est en effet un malade mental en plus d’être inculte et extrémiste.

En boudant le serment de Joe Biden, Donald Trump s’enlise dans une fin de mandat chaotique, alors qu’il avait promis une passation de pouvoir « ordonnée ». Ce refus marque une nouvelle fois sa dénégation de la victoire démocrate aux élections et fera de lui le premier président à refuser d’assister à la prestation de serment de son successeur depuis Andrew

 

« Insurrection » et tentative de « coup d’État » à Washington ( Biden)

« Insurrection » et tentative de « coup d’État » à Washington ( Biden)

“Ce n’est pas une manifestation, c’est une insurrection”, a déclaré Biden après l’envahissement du capital par les supporters de 30 chauffés à blanc par Trump  qui refuse toujours de reconnaître sa défaite et accuse le monde entier d’en être responsable à commencer par les médias.

D’une certaine manière, Trump a joué  les pompiers pyromanes. Il a d’abord tenu un énorme meeting où il n’a cessé d’accuser la presse, les démocrates et les institutions. Il a mis sous pression le vice président pour lui demander d’annuler la victoire de Biden lors de la cérémonie du congrès au Capitole. Il a invité ses partisans à se rendre au Capitole. Lesquels ont pris son message au pied de la lettre en envahissant ce haut lieu de la démocratie. EnsuiteTrump  a fait marche arrière. Après avoir provoqué le pire des arts et connus les États-Unis, il a demandé à ses fans de se retirer .

“Je demande à cette foule de se retirer et de laisser la démocratie faire son oeuvre”, a ajouté Joe Biden, priant au passage le président en exercice de se présenter à la télévision pour que “cesse le siège ». Réagissant dans une vidéo publiée sur Twitter, Donald Trump a réaffirmé que sa victoire lui avait été volée tout en demandant à ses partisans de quitter les lieux.“Vous devez rentrer chez vous, nous avons besoin de paix”, a-t-il dit.

Réunis en Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat américains avaient ouvert plus tôt la procédure visant à certifier le résultat du vote des grands électeurs qui a abouti en décembre à la désignation de Joe Biden comme vainqueur de la présidentielle de novembre.

Leurs travaux ont été interrompus lorsqu’une foule d’émeutiers s’est approchée du Capitole avant d’y pénétrer, conduisant des policiers acculés à sortir leurs armes à feu. Selon plusieurs médias américains des coups de feu ont été tirés et une personne, au moins, a été blessée.

Sur CNN, où peu de commentateurs cachent leur hostilité à l’encontre de Donald Trump, des journalistes médusés ont évoqué une “tentative de coup d’Etat” et accusé le président américain d’être responsable et d’avoir encouragé l’insurrection.

De fait, Donald Trump avait électrisé quelques heures plus tôt la foule réunie non loin de la Maison blanche en dénonçant les médias et Hillary Clinton, son adversaire de la présidentielle de 2016, ou en présentant les victoires électorales démocrates comme des “explosions de conneries”.

Parmi ces manifestants figuraient un certain nombre de membres de groupes d’extrême droite dont certains appartiennent au mouvement des “Proud Boys” dont le chef, Enrique Tarrio, a été mis à l’écart de la capitale américaine par les autorités locales.

En 2021, Joe Biden pour une politique internationale apaisée

En 2021, Joe Biden pour une politique internationale apaisée

Après la fureur et la folie médiatique de Trump, le nouveau président américain Joe Biden promet une politique américaine apaisée tant à l’intérieur qu’au plan mondial. Certes il ne faut pas croire que les États-Unis vont abandonner la défense de leurs intérêts. Sur le fond il n’y aura peut-être pas d’immenses changements.

Par contre dans la forme,  les relations avec les autres pays redeviendront plus traditionnelles. Biden va tenter de renouer des relations normalisées avec la plupart des grands pays. Il s’efforcera chaque fois que possible de privilégier la négociation et le compromis. Reste cependant des questions complexes à résoudre notamment les relations économiques avec la Chine de plus en plus envahissante partout.

De ce point de vue l’Amérique n’a guère apprécié que l’Europe se précipite vers un accord sur les investissements entre la Chine et l’union européenne. Un accord surtout poussé par l’Allemagne qui veut gagner des parts de marché en Asie mais qui risque d’en perdre aux États-Unis. Parmi les questions difficiles à régler,  il y a aussi les relations avec l’Iran. L’Iran qui a manifesté des signes positifs vis-à-vis de l’élection de Joe Biden et espère un compromis compte tenu de la situation économique dramatique dans laquelle elle se situe.

Etats-Unis : les enjeux du Sénat pour la présidence Biden?

Etats-Unis : les enjeux du Sénat pour la présidence Biden?

Jérôme Viala-Gaudefroy, maître de conférence à l’université Cergy Paris, revient sur les enjeux de l’élection sénatoriale dans l’état de Géorgie et l’impact de cette dernière sur la présidence de Joe Biden.

 

Bien que Donald Trump continue de contester les résultats de l’élection présidentielle, la victoire de Joe Biden et de Kamala Harris est actée. Le Collège électoral a voté le 14 décembre, donnant une majorité de 306 voix aux candidats démocrates. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a même officiellement félicité les nouveaux élus. Mais la question de savoir comment le nouveau président va pouvoir gouverner un pays si divisé reste entière.

Si les démocrates sont assurés de garder leur majorité à la Chambre des représentants, ils y ont toutefois perdu une douzaine de sièges. Au Sénat, la bataille continue. Pour le moment, sur les 100 sièges de sénateurs, les républicains en ont remporté 50 et les démocrates 48, deux sièges de l’Etat de Géorgie restant à pourvoir. Cette situation, pour le moins inhabituelle, vient du fait qu’aucun candidat en Géorgie n’a obtenu plus de 50% des voix en novembre. La loi électorale géorgienne, legs de la résistance à la déségrégation des années 1960, prévoit un second tour avec les deux candidats en tête dans chaque course.

 

Dans l’hypothèse où les démocrates gagnent ces deux sièges au Sénat, ils atteindront alors l’égalité des voix (50). Mais ils auront effectivement la majorité, puisqu’en cas d’égalité des votes, le vice-président, en la personne de Kamala D. Harris, a le droit de vote.

L’enjeu semble de taille. Cette élection pour les deux sièges de Géorgie, qui en réalité a déjà commencé depuis le 14 décembre, et se terminera le 5 janvier prochain, est décisive pour savoir qui des républicains ou des démocrates aura la majorité au Sénat. Peut-elle, à elle seule, également déterminer la capacité de Joe Biden et des démocrates à gouverner?

C’est l’impression que donne la couverture médiatique de ce nouveau scrutin. Le New York Times la qualifie ainsi d’ »élection spéciale la plus exceptionnelle de l’histoire de l’Amérique ». La réalité est plus complexe et nuancée : le fonctionnement institutionnel des Etats-Unis laisse une marge de manœuvre, certes étroite mais réelle, au président, avec ou sans majorité parlementaire, et donne un rôle non négligeable à la minorité au Sénat.

 

Pour le comprendre, il faut regarder de plus près le pouvoir très particulier du Sénat américain. La Constitution américaine, basée sur le principe de la séparation des pouvoirs, définit un système fédéraliste de freins et contrepoids qui donne au Sénat un rôle majeur. En plus de sa fonction législative, il a ainsi le pouvoir de donner (ou non) son « consentement » aux nominations par le président des membres de son cabinet (postes ministériels, secrétaires adjoints, ou sous-secrétaires) ou des juges fédéraux (à la Cour suprême, dans les cours d’appel et dans les tribunaux de district.)

Historiquement, les candidats aux postes les plus importants de la branche exécutive du gouvernement fédéral, du cabinet ou de la haute administration sont très majoritairement approuvés par le Sénat au début du premier mandat d’un président, avec un taux de confirmation de 95% au cours des 28 dernières années. Il y a, toutefois, peu de précédents historiques à un premier mandat présidentiel avec un Sénat dominé par l’autre parti. Pour cela, il faut remonter à 1989 avec l’élection de George H. Bush où, pour la première fois, un candidat au cabinet d’un futur président a été rejeté. Or nous sommes, désormais, dans un contexte hyperpartisan.

D’ores et déjà, certains républicains ont exprimé leur opposition à certaines nominations. Cependant, un simple vote majoritaire suffit à confirmer un candidat et le chef des républicains, Mitch McConnell, a envoyé quelques signaux positifs. On peut penser que même s’ils conservent le contrôle du Sénat, la plupart des sénateurs républicains ne s’opposeront qu’aux candidats qu’ils jugent réellement répréhensibles. Et, dans le pire des scénarios, Joe Biden pourrait éventuellement suivre l’exemple de Donald Trump et installer des membres de cabinet « intérimaires » (acting secretaries) qui n’ont pas besoin de confirmation.

En revanche, un Sénat majoritairement républicain réduirait considérablement la marge de manœuvre pour la confirmation des juges. Au mieux, quelques juges modérés dans les tribunaux inférieurs pourraient alors être nommés. Cela ne permettrait donc pas de contrebalancer les nombreuses nominations de juges effectuées par Donald Trump (près d’un quart de tous les juges fédéraux en activité et trois juges à la Cour suprême), souvent jeunes et très conservateurs. Or le système de freins et contrepoids confère un grand pouvoir aux tribunaux fédéraux et à la Cour suprême.

Ainsi, quelle que soit la majorité au Sénat, la capacité des démocrates à mettre en œuvre des lois dans certains domaines (réglementation électorale, contrôle des armes à feu, extension des soins de santé, changement climatique, voire les mesures sanitaires contre le coronavirus), risque d’être sérieusement contrainte par ces juges conservateurs. Même avec une majorité démocrate au Sénat, les démocrates seront limités dans leur capacité de nomination de juges par le fait même qu’il y a beaucoup moins de postes de juges vacants.

Par ailleurs, une réforme judiciaire d’ampleur est peu susceptible de voir le jour faute, pour le président, d’un soutien de démocrates centristes, comme Joe Manchin, qui n’y seront pas favorables. Et, bien évidemment, si le contrôle du Sénat revient aux républicains, aucune réforme ne saurait être envisagée.

Du point de vue législatif, une simple majorité de 51 voix suffit, en théorie, pour faire adopter une loi par le Sénat. En réalité, en dehors de quelques législations spécifiques liées aux règles budgétaires, tout sénateur peut bloquer une loi en faisant de l’obstruction (filibuster). Il faut alors un vote de motion dit de « clôture » avec une super majorité de 60 voix pour lever cette obstruction, une procédure largement utilisée dans les dernières décennies.

Les règles procédurales du Sénat peuvent être modifiées par une majorité simple, comme en 2013 et 2017. Mais, avec un président démocrate, les républicains n’auront aucun intérêt à la faire et certains sénateurs démocrates plus conservateurs, tels que le sénateur Joe Manchin, ont déjà annoncé leur opposition à un vote mettant fin à l’obstruction parlementaire, même en cas de majorité démocrate.

Quelle que soit la majorité au Sénat, l’ambition affichée des démocrates pendant la campagne devra donc être revue à la baisse. Ils devront tenir compte d’un certain nombre de membres conservateurs dans leur propre camp, comme Joe Manchin ou la sénatrice Kyrsten Sinema. D’un autre côté, ce sont ces mêmes sénateurs qui seront plus à même de coopérer avec les républicains les plus modérés. Le système législatif américain fait qu’en réalité très peu de lois sont adoptées sans le soutien des deux partis. L’analyse de deux chercheurs américains en sciences politiques, James M. Curry and Frances E. Lee, remet en cause l’idée reçue selon laquelle une majorité au Sénat est cruciale pour gouverner.

Comme souvent en politique, les relations interpersonnelles jouent un rôle majeur. La longue et bonne relation, souvent qualifiée d’amitié, qu’entretiennent Joe Biden et Mitch McConnell, est de bon augure pour que des compromis aient lieu sur un certain nombre de sujets, comme l’immigration (sur la régularisation des Dreamers notamment). Mais il ne faut pas oublier que McConnell est déterminé à maintenir l’influence des républicains : il sera d’autant plus enclin à faire des compromis s’il ne contrôle pas le Sénat.

Tout ce que nous avons évoqué ici pourrait être suspendu au pouvoir de nuisance de Donald Trump. Si, en général, les présidents perdent rapidement leur influence lorsqu’ils quittent leurs fonctions, Trump est atypique. Il est impossible de savoir ce qu’il en sera après le 20 janvier, surtout s’il laisse planer l’idée qu’il se représentera en 2024 (et ce même s’il y a peu de chances qu’il se concentre sur les procédures législatives).

Les élections du 5 janvier en Géorgie seront un premier test : gagner les deux sièges dans cet Etat, qui demeure conservateur malgré une démographie changeante, est un défi pour les démocrates mais pas impossible à atteindre. En effet, les fausses affirmations de Trump selon lesquelles l’élection a été truquée pourraient dissuader certains républicains de voter, et ce d’autant qu’il tire à boulets rouges sur le gouverneur et le secrétaire d’Etat de Géorgie, tous deux républicains.

Il est aussi probable que Donald Trump sera, à cette période, surtout focalisé sur la confirmation officielle du résultat des élections du Collège électoral par les deux chambres du Congrès le 6 janvier, jusqu’ici une simple formalité. L’annonce des résultats, qui doit être faite par le vice-président Mike Pence, républicain, sera vue comme un véritable test de loyauté. Et si l’élection est contestée par des membres des deux Chambres, il faudra alors procéder à un vote dans chacune d’entre elles. Si certains élus républicains, comme le représentant Mo Brooks ou le sénateur Tommy Tuberville annoncent vouloir le faire, ils n’ont pas la majorité pour renverser le résultat final. Mais le vote forcerait chaque républicain à se positionner. Ce qui pourrait diviser et affaiblir le parti, ce contre quoi se bat Mitch McConnell.

La difficulté principale pour Joe Biden ne viendra sans doute pas de la couleur de la majorité au Sénat après le 6 janvier. A court terme, les républicains comme les démocrates ont tout intérêt à insister sur l’importance des enjeux des élections en Géorgie pour motiver leurs troupes et collecter des fonds. Les médias peuvent en faire les gros titres, surtout en cas de suspense si le décompte des résultats dure plusieurs jours et si l’élection est contestée. En réalité, à plus long terme, c’est la remise en cause du processus démocratique par Donald Trump qui aura le plus gros impact sur une administration Biden vue comme illégitime : les trois quarts des républicains, soit 60 millions d’Américains, continuent de croire que les élections ont été truquées.

 

Cet article est republié à partir de The Conversation

 

Joe Biden dénonce l’attitude d’obstruction de Trump

Joe Biden dénonce l’attitude d’obstruction de Trump 

 

Progressivement le ton monte chez le futur président américain, Joe Biden . Le futur président s’agace de plus en plus des tentatives d’obstruction de TRUMP sur le budget et sur la santé. Le président élu américain Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, s’est entretenu lundi 28 décembre avec les prochains responsables de la diplomatie et de la sécurité de son administration. Lors d’une brève allocution à l’issue de cette rencontre, il a déploré «l’obstruction» de certains responsables du Pentagone dans la transition en cours. «Nous n’avons tout simplement pas toute l’information dont nous avons besoin», a-t-il affirmé, dénonçant une attitude «irresponsable».

Joe Biden officiellement et largement élu

Joe Biden officiellement et largement élu

Biden obtient 306 voix contre 232 pour Trump, et dépasse son adversaire de 7 millions de voix à l’échelle nationale.

 Alors qu’il s’était jusqu’à présent abstenu de polémiquer avec Donald Trump, qui conteste depuis six semaines le résultat de l’élection, Joe Biden a cette fois clairement mis en cause l’attitude du président sortant. Rappelant que Trump avait pu déposer «toutes les plaintes qu’il avait voulu», il a insisté sur le fait qu’«aucune n’avait été reçue». Biden a ajouté qu’il avait remporté la victoire avec la même marge que Trump en 2016, que ce dernier avait qualifiée de «raz-de-marée».

Cependant Trump n’a toujours pas donné signe de son intention de reconnaître sa défaite, même si ses options se réduisent. Alors que la date du 14 décembre avait été mentionnée par l’entourage du président comme la seule élection «officielle», l’un des proches conseillers de la Maison Blanche, Stephen Miller, a suggéré que les contestations pourraient se poursuivre jusqu’à la date de l’investiture. «La seule date mentionnée dans la constitution est le 20 janvier», a-t-il dit dans un entretien à la chaîne Fox News. «Nous avons donc largement le temps pour corriger les erreurs de ce résultat électoral frauduleux et certifier Donald Trump comme le vainqueur de l’élection.»

La victoire de Biden confirmée aujourd’hui

La victoire de Biden confirmée aujourd’hui

 

Le collège électoral s’apprête à confirmer la victoire de Biden, malgré les protestations de Trump

Les 538 grands électeurs devraient confirmer la nette victoire de Biden.

Biden a remporté le nombre record de 81,28 millions de voix, soit 51,3%, contre 74,22 millions et 46,8% au président républicain sortant. Cependant Trump conteste toujours l’élection qu’il considère comme truquée.

.«Comment des États et des responsables politiques peuvent-ils confirmer une élection où la fraude et les irrégularités ont été démontrées?», a-t-il même demandé. Or, son camp n’a pas été en mesure d’apporter le moindre élément probant pour étayer ses accusations, et ses recours en justice ont quasiment tous été rejetés.

Règlement de compte Trump: une enquête fiscale sur le fils de Joe Biden

Règlement de compte Trump: une enquête fiscale sur le fils de Joe Biden

 

Ce n’est sans doute que le début d’un vaste processus de règlement de comptes. En effet, à l’initiative de Trump  une enquête fiscale a été diligentée concernant le fils de au Biden. On sait évidemment que Trump lui-même, sa famille sont eux-mêmes soupçonnés de fraude fiscale.

Cette affaire pourrait bien revenir comme boomerang dans la figure de Trump par parenthèses n’a jamais voulu diffuser sa situation fiscale.

Le président sortant Donald Trump avait qualifié au cours de la campagne présidentielle la famille Biden d’«entreprise criminelle», pointant notamment les affaires de Hunter Biden en Ukraine et en Chine au moment où son père était vice-président de Barack Obama (2009-2017). Il accuse notamment Joe Biden d’avoir obtenu le limogeage d’un procureur ukrainien pour protéger de poursuites pour corruption contre une entreprise gazière, Burisma, dont son fils siégeait alors au conseil d’administration.

 

Cette «affaire ukrainienne» avait valu à Donald Trump une procédure historique en destitution après avoir été accusé par l’opposition démocrate d’avoir abusé de ses fonctions présidentielles en faisant pression sur l’Ukraine pour qu’elle enquête sur son rival politique et les activités commerciales de son fils.

 

 

 

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