Archive pour le Tag 'Biden'

Biden : un président démocrate ou socialiste ? (Gregori Volokhine)

Biden : un président démocrate ou socialiste ? (Gregori Volokhine)

 

Gregori Volokhine,président ,de Meeschaert Financial Services, gérant par délégation de MAM Sustain USA évoque notamment le risque de shutdown aux États-Unis ( dans l’Opinion, extrait).

 

 

Quel peut-être l’impact d’un « shutdown », un arrêt des activités gouvernementales, sur l’économie américaine ?

On a estimé l’impact de celui enregistré sous la présidence Trump (22 décembre 2018-25 janvier 2019), le plus long de l’histoire à ce jour, à moins de 0,1 % du produit intérieur brut. On assiste, aujourd’hui, à un bras de fer, avec des positions très tranchées entre les démocrates et les républicains. Il est très possible que l’on aboutisse à un « shutdown » dont chacun se renverra la responsabilité. Mais le fait est que tout le monde est perdant. C’est stupide.

Qu’en est-il du désaccord sur le relèvement du plafond de la dette ?

C’est une problématique différente. Les démocrates, qui disposent de la majorité des deux chambres du Congrès, n’ont pas forcément besoin du vote de l’opposition républicaine pour relever le plafond. Ils peuvent inclure cette mesure dans le collectif budgétaire mais cela devrait prendre deux semaines et la date limite du 30 septembre sera alors dépassée. C’est un risque, mais on peut penser que les agences de notation attendront avant de dégrader la note des Etats-Unis et de provoquer des réactions extrêmes sur les marchés financiers. Ce serait terrible ! Ce n’est en tout cas dans l’intérêt de personne. Car, contrairement à ce que disent les républicains, le relèvement du plafond de la dette ne vise pas à financer des dépenses futures, mais à régler celles passées. La Réserve fédérale passe son temps à racheter les bons du Trésor quand ils arrivent à maturité. C’est en fait le fonds de roulement du paiement des employés de l’Etat et, généralement, il y a toujours un consensus sur ce sujet.

Jugez-vous nécessaire le plan d’infrastructures de 1 200 milliards de dollars et celui, social et environnemental, de 3 500 milliards ?

Le premier est l’initiative la plus positive de Joe Biden jusque-là. Il faut néanmoins en minimiser l’ampleur dès lors que 500 milliards de dépenses ont déjà été votées. Ce plan est en tout cas justifié. Les infrastructures américaines sont dans un état catastrophique que cela soit les routes, les aéroports ou le réseau électrique. Au point que, dans ce dernier domaine, il est quasiment impossible, aujourd’hui, d’augmenter la part de l’énergie verte aux Etats-Unis, tout simplement parce que le pays n’a pas les infrastructures pour transporter l’électricité. Maintenant, on ne connaît pas les détails de ce plan et on peut craindre certaines initiatives tirées du « Green deal », poussées par l’aile gauche démocrate.

Et l’autre volet ?

Sur le plan humain, il est difficilement critiquable de vouloir aider les classes défavorisées. Que le jardin d’enfants, les années de community college (qui proposent des formations supérieures en deux ans) et les soins dentaires, auditifs et ophtalmologiques pour les personnes âgées soient gratuits part d’un bon sentiment. Le problème, c’est que ce sont des dépenses pérennes et que l’économie américaine ne se portera pas toujours aussi bien qu’aujourd’hui. L’autre source d’inquiétude liée à ce plan est qu’il renforce le poids de l’Etat central dans la vie économique du pays. C’est de la social-démocratie dure comme en a connu la Suède par le passé. Ce qui est contraire à l’esprit même des Etats-Unis, fondés sur le principe de la libre entreprise, le capitalisme. Ce plan va s’accompagner aussi d’une forte pression fiscale. Or, une bonne partie de la performance économique et financière des Etats-Unis, ces dernières années, est due à la baisse de l’impôt sur les sociétés réalisée par Donald Trump. Elle a permis aux entreprises américaines de rapatrier beaucoup d’argent placé à l’étranger sans être pénalisées. Je ne dis pas qu’il ne faut pas taxer plus les sociétés, mais il n’y a pas de raison pour que les Etats-Unis imposent leurs entreprises privées davantage que les autres pays. Passer d’un taux d’impôt sur les sociétés de 21 % à 26,5 %, cela fait beaucoup, sachant qu’elles sont très nombreuses à payer nettement moins de 21 % aujourd’hui !

Ce plan a-t-il une chance d’être voté ?

Les démocrates savent très bien que, pour que Joe Biden laisse une empreinte quelconque durant sa présidence, il faut que ce plan soit adopté. Sinon, on se souviendra de sa gestion du retrait de l’Afghanistan et des élections de mi-mandat de 2022 qu’il devrait perdre sauf miracle !

 

Sous-marins australiens: Une maladresse grave de Biden ; et un espoir de défense européenne?

Sous-marins australiens: Une maladresse grave de Biden  ; et un espoir de défense européenne? 

 

L’annulation de la vente des sous-marins serait-elle un avertissement adressé à la France, un pays qui met constamment en avant la nécessité pour l’Europe de « penser ses intérêts et sa défense » ?, s’interrogent les deux spécialistes en recherche stratégique Valérie Niquet et Marianne Peron-Doise, dans une tribune au « Monde »(Extrait)

Tribune

 

Il y a deux semaines, la France et l’Australie inauguraient leur premier dialogue ministériel « 2 plus 2 », défense-affaires étrangères. Ce partenariat stratégique était fondé sur une analyse commune des dangers qui pèsent sur l’Indo-Pacifique autour d’une Chine particulièrement agressive dans les espaces maritimes. Cette vision partagée, marque de l’engagement de la France en Asie, s’était construite depuis 2016 sur la base de la fourniture de sous-marins conventionnels français à Canberra (les Australiens rejetaient alors toute idée de propulsion nucléaire), mais allait bien au-delà du simple intérêt industriel.

En 2018, c’est en Australie qu’Emmanuel Macron avait donné une impulsion décisive à la vision Indo-Pacifique française lors du fameux discours de Garden Island, dans lequel il définissait un « axe Indo-Pacifique » formé par la France, l’Inde et l’Australie afin de contrebalancer les ambitions hégémoniques chinoises. Il s’agissait alors d’incarner une vision inclusive et coopérative pour rassembler des puissances moyennes que l’unilatéralisme de la stratégie antichinoise de l’administration Trump inquiétait. A cette époque, l’Australie elle-même hésitait à trop s’impliquer dans le Quad, ce dialogue quadrilatéral sur la sécurité rassemblant Canberra, les Etats-Unis, l’Inde et le Japon.

Dès sa signature, le contrat franco-australien [pour l’achat à la France de douze sous-marins conventionnels] avait fait l’objet d’attaques. Pourtant, pour tous ceux, notamment les Etats-Unis et les membres du Quad, mais aussi les pays d’Asie du Sud-Est, qui souhaitent voir l’Union européenne et la France assumer de plus grandes responsabilités dans la sécurité régionale d’une zone vitale pour tous, ce contrat était une garantie de l’engagement français en Indo-Pacifique.

Participants à tous les dialogues Shangri-La [réunion annuelle des experts et responsables sécuritaires d’Asie] à Singapour depuis 2012, les ministres de la défense Le Drian, et des armées, Parly ont été en pointe sur l’affirmation d’un intérêt partagé pour la liberté de navigation maritime, le respect des règles de droit et le multilatéralisme, valeurs constamment mises en avant par Washington et ses alliés, dont le Japon. Enfin, la France a été l’élément moteur qui a porté la définition d’une stratégie de l’Union européenne pour l’Indo-Pacifique, dont la publication, malheureuse coïncidence, intervient au lendemain de l’annonce, le 15 septembre, de l’abandon du contrat français par l’Australie

Économie : D. Brandeis Inspirateur de Joe Biden

 Économie : D. Brandeis Inspirateur de Joe Biden 

Le président américain s’inspire notamment de Louis D. Brandeis, juge à la Cour suprême et père intellectuel du « New Deal » de Roosevelt, détaille l’historien Romain Huret dans une tribune au « Monde »(Extrait)

 

Tribune.

Le président Franklin Delano Roosevelt le surnommait le « vieux Isaïe », ses conseillers l’adoraient et, au lendemain de la crise de 1929, les Etats-Unis suivirent ses propositions de régulation du capitalisme. Mal connu en France, Louis D. Brandeis (1856-1941) est sans doute l’un des juges de la Cour suprême des Etats-Unis les plus importants du XXe siècle et l’un des théoriciens d’une « troisième voie » américaine dans le domaine économique et social.

Brandeis a toujours eu une obsession : le gigantisme du capitalisme et ses conséquences sociales et politiques. Depuis le début du XXe siècle, il observe des réorganisations industrielles partout, donnant naissance à des entreprises colossales, comparées par beaucoup à des pieuvres.

 

L’image est forte et renvoie aux tentacules qui enserrent tous les aspects de la vie quotidienne. Les chefs d’entreprise tiennent entre leurs mains le pays tout entier, financent les campagnes, réduisent au silence les syndicats et imposent des taux d’imposition dérisoirement bas.

Pour Brandeis et ses disciples, tous enseignants ou étudiants dans les grandes universités du pays, il est nécessaire de revenir à une tradition américaine de petites entreprises, parfaitement insérées dans le tissu social et économique et tournées vers le bien-être des communautés.

La société crée des liens d’interdépendance entre tous les citoyens, et les capitaines d’industrie ne sont pas au-dessus de cette loi sociale. Pour Brandeis comme pour bien d’autres intellectuels et réformistes, il n’existe pas de richesse sans société.

Dans son livre, Other People’s Money, and How the Bankers Use It (« l’argent des autres, et comment les banquiers l’utilisent », 1914, non traduit), très critique sur le monde bancaire, Brandeis invite à réguler et à moraliser le capitalisme.

L’effondrement de l’économie en 1929 ne fait que confirmer ses craintes sur la démesure du capitalisme. Les années 1920 ont donné naissance à un renforcement des concentrations industrielles, facilitées par une fiscalité très avantageuse et l’apparition des nouveaux marchés en Europe et en Amérique latine. Le capitalisme a alors atteint un stade inconnu jusqu’alors. Au lendemain du krach de Wall Street, ses vues prophétiques transforment Brandeis en oracle, et son livre contre la jungle bancaire et industrielle devient un best-seller pour une population en mal de repères.

Avec beaucoup de nostalgie, le « vieux Isaïe » regrette l’accélération du temps avec l’entrée dans l’âge industriel. Concentrations, monopoles, trusts, conglomérats ont transformé le capitalisme des premiers temps. Loin des promesses de l’égalité républicaine, le pays connaît une croissance forte et inédite des inégalités à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Antitrust : « Biden veut réguler la concurrence

Antitrust : « Biden veut réguler la concurrence

 

Parce que la mondialisation et la révolution numérique ont bouleversé la vie des Américains, la politique actuelle menée par Joe Biden vise à ramener les Etats-Unis aux sources de la cohésion sociale, estime le politiste Yannick Mireur, dans une tribune au « Monde ».(extrait)

 

Tribune.

Le décret présidentiel sur la concurrence du 9 juillet 2021 résume le profil politique de Joe Biden, et ouvre un nouveau cycle de l’économie politique américaine, qui alterne depuis plus de cent ans en faveur du marché ou de sa régulation. L’objectif, à travers cet outil typiquement américain de l’antitrust, est de favoriser la compétitivité, mais aussi l’équité dans la poursuite du rêve américain.

Pragmatique, sensible aux réalités économiques, M. Biden n’a pas combattu le tournant libéral du Parti démocrate sous Clinton puis Obama, mais n’a pas rompu avec l’aile proche des syndicats et de la question ouvrière.

Son intuition et la raison sont cependant mieux alignées aujourd’hui autour d’un constat simple : le capitalisme américain a besoin d’être ressourcé et il le sera en stimulant la concurrence ; le pacte social a besoin d’être retrempé et il le sera dans une économie qui n’exacerbe pas les épreuves de la vie.

En favorisant la concurrence au bénéfice du pouvoir d’achat des familles, l’antitrust peut être un instrument de justice sociale. Joe Biden parle de « politique étrangère des classes moyennes » parce que la mondialisation et la révolution numérique suggèrent de lier explicitement la condition sociale des Américains ordinaires à l’environnement international, où le fait majeur des vingt dernières années est l’avènement de la Chine.

C’est cette tension sino-américaine, extériorisée par Trump, plus que les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et leur emprise sur leurs utilisateurs, qui détermine ce choix de l’antitrust. L’Amérique doit garder la tête du peloton économique pour continuer d’être une grande puissance, or depuis quarante ans la concurrence émulatrice n’a cessé de s’y éroder.

Le document de la Maison Blanche le rappelle en préambule : « Pendant des décennies, les fusions d’entreprises se sont accélérées. Dans 75 % des industries américaines, un plus petit nombre de grandes entreprises contrôlent plus que ce qu’elles contrôlaient il y a vingt ans. (…) Au total, on estime aujourd’hui que des prix plus élevés et des salaires plus bas causés par le manque de concurrence coûtent au foyer américain médian 5 000 dollars par an ».

Alors que Ronald Reagan avait utilisé la dérégulation pour revigorer un marché entravé par la bureaucratie, Biden recourt à l’aiguillon de la concurrence. L’industrie numérique de la tech et ses GAFA en situation de quasi-monopole appellent une régulation, comme on le fit après 1900 pour le pétrole puis les télécommunications

Limites du multilatéralisme de Joe Biden

Limites du multilatéralisme de Joe Biden  

 

Le président des Etats-Unis entend d’un côté lutter contre la crise climatique et de l’autre promouvoir les valeurs démocratiques, analyse l’économiste Kemal Dervis dans une tribune au « Monde ».(extrait)

 

Tribune.

En avril, le président américain Joe Biden a réuni 40 dirigeants mondiaux pour un sommet virtuel sur la lutte contre la crise climatique. Parmi ceux-ci, il y avait des représentants des principaux pays émetteurs, tels que le président russe Vladimir Poutine et le président chinois Xi Jinping, ainsi que des chefs d’Etat particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Des dirigeants de la société civile et des entreprises y ont également participé. M. Biden et de nombreux autres participants ont annoncé des politiques plus ambitieuses en vue du sommet des Nations unies sur le changement climatique (COP26) en novembre.

Les 9 et 10 décembre, Biden remplira une promesse préélectorale en organisant un autre rassemblement virtuel, baptisé « Sommet pour la démocratie ». Bien que les détails n’aient pas encore été divulgués, la réunion se concentrera sur « la défense contre l’autoritarisme, la lutte contre la corruption et la promotion du respect des droits humains ». M. Biden invitera à nouveau des responsables de gouvernements, de la société civile et du secteur privé.

Les objectifs des deux sommets illustrent des aspects très différents de la coopération multilatérale. La réduction des émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le changement climatique est l’archétype du bien public mondial (BPM), entraînant des avantages à la fois non rivaux et non exclusifs. Leur accumulation dans un pays ne diminue pas les avantages pour les autres, et personne ne peut en être exclu une fois qu’ils sont fournis.

Cela donne généralement lieu à un problème de passager clandestin, car chaque pays est incité à minimiser ses propres coûts pour fournir le BPM et à compter, à la place, sur les contributions des autres. Récemment, les nouvelles technologies permettant d’obtenir des avantages économiques nets d’une transformation verte ont réduit le problème, mais ne l’ont pas éliminé. Une coopération mondiale est par conséquent nécessaire pour y remédier.

En revanche, la démocratie et les droits de l’homme, bien qu’ils puissent générer des externalités positives, ne rentrent pas dans cette définition du bien public mondial, parce que leurs avantages bénéficient presque uniquement aux citoyens des pays qui les pratiquent. Atteindre les objectifs du sommet de Biden sur la démocratie dépendra donc beaucoup plus de valeurs communes et partagées.

Alors que la coopération sur les BPM peut se dérouler de manière pragmatique avec une participation mondiale, la coopération basée sur les valeurs et les croyances, elle, implique le défi de déterminer quels gouvernements peuvent être éligibles. Poutine et Xi Jinping ne seront vraisemblablement pas invités en décembre, car ils pratiquent et revendiquent des valeurs différentes de celles des démocraties libérales.

Biden et Johnson torpillent le marché du siècle de sous-marins pour l’Australie

Biden et Johnson torpillent le marché du siècle de sous-marins pour l’Australie

 

 

Après l’accord stratégique de défense entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni («AUKUS» )  , l’Australie a annulé le contrat du siècle des sous-marins que devait fournir la France. Ce partenariat de sécurité conduit l’Australie à annuler sa commande à la France

 

«La décision que nous avons prise de ne pas continuer avec les sous-marins de classe Attack et de prendre un autre chemin n’est pas un changement d’avis, c’est un changement de besoin», a déclaré Scott Morrison, qui a également annoncé l’achat de missiles américains Tomahawk.

 

 

Afghanistan : un discours « América first » de Biden

Afghanistan : un discours « América first » de Biden

 

Benjamin Haddad, chercheur en relations internationales, directeur « Europe » au think tank Atlantic council de Washington analyse le discours de Biden après le retrait des troupes américaines en Afghanistan, il estime que c’est un discours « que n’aurait pas répudié Donald Trump » car « ici, on était beaucoup plus dans un discours America first ».(

 C’est un discours assez long, près de trente minutes, comment l’analysez-vous ?

Benjamin Haddad : C’est vrai mais c’est un discours assez énergique et offensif. Au-delà de la question de l’Afghanistan, c’était un discours de vision et de doctrine de politique étrangère.

Joe Biden a essayé de remettre sa décision dans le contexte plus large des priorités des Etats-Unis : la compétition stratégique avec la Chine, la Russie, ce qu’il a appelé la défense des intérêts vitaux des Etats-Unis. Il a expliqué que ce type d’opération [en Afghanistan] n’en faisait plus partie.

Puis, il a parlé aussi du Nation building, le fait de construire des États à l’étranger, de transformer des régimes, des sociétés. Cela a été un peu l’une des axes de la politique étrangère américaine, en tout cas depuis les années Bush… Tout ça, c’est fini.

A cet égard, ce qui était frappant, c’est que Donald Trump n’aurait pas répudié ce discours. On est très loin ici des accents America is back : l’Alliance des démocraties, la défense de la démocratie libérale dans le leadership américain qu’on avait entendu lors de la campagne de Joe Biden ou au début de sa présidence. Ici, on était beaucoup plus dans un discours America First : défense des intérêts vitaux des Etats-Unis. C’est un message aussi que les alliés européens, les Allemands ou les Britanniques,feraient bien d’entendre. En particulier ceux qui étaient très impliqués dans l’opération afghane et qui ont été traumatisés par ce retrait précipité.

Est-ce que ça signifie réellement que c’est la fin de toute intervention militaire dans un pays étranger ?

Il faut être effectivement un peu prudent. Ce qui est certain, c’est que c’est son intention. Il l’a dit, il n’est pas le premier à le dire. Au fond, il est dans la continuité de ses deux prédécesseurs. Il avait été le vice-président de Barack Obama et l’un des voix les plus non-interventionnistes dans l’administration de Barack Obama. Mais bien sûr, on voit des continuités avec Donald Trump. Il l’a dit d’ailleurs lui-même il ne fait qu’appliquer l’accord qui avait été trouvé par Donald Trump avec les talibans à Doha en mai 2020.

Mais les guerres éternelles, comme on dit aux Etats-Unis, ont parfois une tendance à se rappeler aux bons souvenirs des Américains. Barack Obama en avait été la victime, évidemment, avec l’émergence de Daech en Irak et en Syrie. L’agression russe contre l’Ukraine aussi. Les combats en Afghanistan sont peut être terminés pour les Américains, mais on voit aujourd’hui les représailles menées par les talibans contre un certain nombre d’Afghans.

Joe Biden a fait allusion aux autres menaces, la cybercriminalité, mais aussi la Chine et la Russie. Qu’est-ce qu’il faut comprendre par là. Qu’est-ce que vous comprenez dans la nouvelle façon de faire de la politique internationale pour les Etats-Unis ?

Ce qui est certain, c’est que Joe Biden, voyait dans cet engagement en Afghanistan coûtent des troupes, de l’énergie, du capital politique et évidemment de l’argent, alors que l’attention devrait être focalisée sur la rivalité stratégique avec la Chine.  C’est l’une des priorités.

La question aujourd’hui est de savoir quelle lecture font les Russes ou les Chinois de ce retrait précipité qui n’a évidemment pas été « un succès extraordinaire », comme l’a dit le président Biden, au contraire. La couverture médiatique mondiale qui en est faite est plutôt celle d’une débâcle. Pour la crédibilité des Américains vis-à-vis de leurs adversaires stratégiques, effectivement, la question se pose.

Origine COVID: la Chine cache l’origine d’après Biden

Origine COVID: la Chine cache l’origine d’après Biden

 

 

 

On sait évidemment qu’une mission de l’organisation mondiale de la santé a été très encadrée par les Chinois afin de limiter les investigations. Du coup, cette mission n’aura pas servi à grand-chose pour rechercher l’origine de la pandémie.

 

Depuis, nombre de pays souhaitent des enquêtes complémentaires y  compris sur place. Mais les Chinois sont toujours opposés à la nouvelle venue d’experts internationaux sur place. Le président américain accuse clairement la Chine de dissimuler l’origine de cette crise sanitaire.

 

«Des informations cruciales sur les origines de la pandémie existent en Chine, et pourtant depuis le début, des responsables gouvernementaux en Chine oeuvrent pour empêcher les enquêteurs internationaux et les acteurs mondiaux de la santé publique d’y accéder», a écrit le président américain dans un communiqué. «A ce jour, la Chine continue de rejeter les appels à la transparence et de cacher des informations, alors même que le bilan de cette pandémie continue de grimper», a-t-il ajouté.

BIDEN ET JOHNSON SE RÉVEILLENT ET PARTICIPERONT À UN G7 VIRTUEL SUR L’AFGHANISTAN

BIDEN ET JOHNSON SE RÉVEILLENT ET PARTICIPERONT À UN G7 VIRTUEL SUR L’AFGHANISTAN

 

Comme la plupart des dirigeants occidentaux, Biden  et Johnson se réveillent et se sont mis d’accord pour un G7 sur les conséquences de la victoire des talibans en Afghanistan.

 Le président américain Joe Biden et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont convenu lors d’un entretien téléphonique mardi de participer la semaine prochaine à un sommet virtuel du G7 sur l’Afghanistan, ont fait savoir la Maison Blanche et Downing Street dans deux communiqués.

Les deux hommes ont « salué la coopération des Etats-Unis et du Royaume-Uni » dans les opérations d’évacuation en Afghanistan, selon les services du Premier ministre britannique.

Ils ont également évoqué « le besoin de poursuivre une étroite coopération entre alliés et partenaires démocratiques » au sujet du pays, désormais aux mains des talibans, a indiqué de son côté la présidence américaine.

Plan Biden de 1.200 milliards adopté par le Sénat

Plan Biden de 1.200 milliards adopté par le Sénat

C e plan d’environ 1000 milliards d’euros devrait booster  encore l’économie américaine.

Les routes figurent parmi les mieux dotées du plan, avec 110 milliards pour des rénovations « mettant l’accent sur l’atténuation du changement climatique, la résilience, l’équité et la sécurité de tous les utilisateurs, y compris les cyclistes et les piétons », selon la Maison Blanche.

Ainsi, quelque 40 milliards seront consacrés à la réparation ou au remplacement de ponts anciens. Les fleuves et canaux, ainsi que les ports, seront eux dotés de 17 milliards. Et 25 milliards supplémentaires financeraient des projets dans les aéroports.

La Maison Blanche évoque « le plus gros investissement dans le transport ferroviaire de voyageurs depuis la création d’Amtrak (entreprise ferroviaire américaine publique) il y a 50 ans », avec 66 milliards pour la modernisation de l’infrastructure ferroviaire destinée aux voyageurs et la création de nouvelles liaisons ferroviaires entre villes, y compris en train à grande vitesse.

Une enveloppe totale de 50 milliards doit également financer des mesures destinées à réduire les émissions et à atténuer l’impact du changement climatique, auxquels s’ajoutent 21 milliards pour le nettoyage des anciennes mines et 15 milliards au remplacement des conduites d’eau qui comportent du plomb – ce qui ne représente toutefois qu’un tiers du montant nécessaire pour les remplacer à l’échelle nationale, selon le Natural Resources Defense Council.

Pour stimuler le marché des véhicules électriques, 7,5 milliards seraient consacrés à la construction d’un réseau national de bornes de rechargement pour les voitures. Le projet de loi consacre en outre 5 milliards à des bus scolaires zéro-émission, les fameux bus jaunes américains.

Protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Biden donne une leçon de libéralisme et de concurrence dont la France ferait bien de s’inspirer. Par Eugène Daronnat, Membre du Comité Exécutif d’Objectif France.( Dans la Tribune, extrait)

Il avait été décrit comme timide. A 78 ans, beaucoup de commentateurs pensaient que le mandat de Joe Biden allait être un mandat de transition. A peine élu, les scénarios sur la prise de pouvoir de Kamala Harris en cours de Présidence étaient déjà évoqués. Celui que l’on surnommait « sleepy Joe » a pris à contre-courant la plupart des observateurs, marquant une véritable rupture avec la présidence de Donald Trump, et le réveil des Etats-Unis sur la scène internationale, notamment à travers le retour du multilatéralisme.

En première ligne sur la nouvelle fiscalité sur les multinationales, le Président Américain a confirmé que c’était bien grâce aux Etats-Unis, et aux Etats-Unis seulement que ces avancées avaient été rendues possibles, même s’il ne faut pas être dupe sur les intérêts défendus par les Américains dans cette affaire : les Etats-Unis seront en effet le 1er bénéficiaire de cette mesure visant à faire payer l’impôt sur les sociétés dans le pays d’origine des entreprises « délocalisant » leur fiscalité à l’étranger.

Joe Biden s’est trouvé beaucoup de soutiens en France quand il a décidé d’augmenter la fiscalité sur les entreprises, en faisant passer l’impôt sur les sociétés de 21% à 28% (il était de 28% en France en 2020). Augmenter les impôts, le rêve Français devenu réalité outre-Atlantique, quelques semaines après que les Etats-Unis aient réalisé un plan d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars, avec des chèques de relance directement adressés aux ménages américains.

Le Président Américain a surpris son monde ces dernières semaines, avec un décret visant à renforcer la concurrence dans l’économie américaine. Inaudible en France où les termes concurrence et libéralisme sont des épouvantails, Joe Biden se place dans la lignée de la tradition américaine, avec une économie ouverte, libérale, mais qui pour autant n’oublie pas sa finalité : servir le consommateur.

Dans ce décret, il est notamment écrit : « La promesse américaine d’une prospérité large et durable découle d’une économie ouverte et compétitive ».

Puis ensuite : « Pour les travailleurs, un marché compétitif créé plus d’emplois de qualité, avec la liberté économique de changer de travail ou de négocier un meilleur salaire ». Nous sommes loin d’une politique de nivellement par le bas !

Concrètement, ce texte prévoit l’ouverture à la concurrence de secteurs dans lesquels les Américains ont peu de choix. Baisse des prix des médicaments, possibilité d’accéder à un nouveau fournisseur d’accès à internet, plus de transparence dans la présentation de certains services : par des mesures concrètes, Joe Biden souhaite montrer que « le capitalisme sans concurrence, ce n’est plus du capitalisme, c’est de l’exploitation. ». Son administration évalue à plusieurs milliers de dollars par an la perte d’argent pour les ménages, liée à une trop grande concentration de l’économie.

 

Les Etats-Unis vivent plus que nous une situation d’inégalités économique et patrimoniales, avec une scission claire entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Avec ces annonces, Joe Biden prend une orientation assumée : seule la concurrence, l’économie ouverte (en intérieur) permettront à toute une génération d’américains d’accéder à la prospérité.

Loin des caricatures du libéralisme en France, le Président des Etats-Unis nous montre que le (véritable) libéralisme, ce n’est pas la loi du plus fort, c’est l’intérêt du plus faible.

Il s’agit d’une véritable leçon pour la France, alors que notre logiciel de pensée nous pousse à croire que plus de normes, plus de lois, plus de textes contribuent à nous protéger. C’est exactement le contraire.

La seule complexité administrative se fait aujourd’hui clairement au détriment des plus faibles. Ceux qui ont les moyens de comprendre, d’interpréter des procédures, des textes de loi tirent leur épingle du jeu, les autres sont condamnés à échouer. Pour honorer sa promesse d’égalité, la France ferait bien de s’inspirer de Joe Biden, en convoquant une révolution administrative, avec le retour de plus de liberté, de plus de transparence.

Car en France plus qu’ailleurs, le système économique est sclérosé. De manière symétrique, en France plus qu’ailleurs, le système politique est paralysé. Il est temps de réconcilier le consommateur, le citoyen avec un système économique, démocratique qui ne se fasse plus dans l’intérêt de quelques-uns, au détriment de tous. Dans tout cela, le rôle de l’Etat n’est pas d’être omniprésent, mais de créer les conditions pour que chacun puisse s’accomplir, quel que soit son héritage patrimonial, culturel, éducatif.

C’est cela que nous apprend Joe Biden. La prospérité est à la portée de tous.

Néolibéralisme et Protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Biden donne une leçon de libéralisme et de concurrence dont la France ferait bien de s’inspirer. Par Eugène Daronnat, Membre du Comité Exécutif d’Objectif France.( Dans la Tribune, extrait)

Il avait été décrit comme timide. A 78 ans, beaucoup de commentateurs pensaient que le mandat de Joe Biden allait être un mandat de transition. A peine élu, les scénarios sur la prise de pouvoir de Kamala Harris en cours de Présidence étaient déjà évoqués. Celui que l’on surnommait « sleepy Joe » a pris à contre-courant la plupart des observateurs, marquant une véritable rupture avec la présidence de Donald Trump, et le réveil des Etats-Unis sur la scène internationale, notamment à travers le retour du multilatéralisme.

En première ligne sur la nouvelle fiscalité sur les multinationales, le Président Américain a confirmé que c’était bien grâce aux Etats-Unis, et aux Etats-Unis seulement que ces avancées avaient été rendues possibles, même s’il ne faut pas être dupe sur les intérêts défendus par les Américains dans cette affaire : les Etats-Unis seront en effet le 1er bénéficiaire de cette mesure visant à faire payer l’impôt sur les sociétés dans le pays d’origine des entreprises « délocalisant » leur fiscalité à l’étranger.

Joe Biden s’est trouvé beaucoup de soutiens en France quand il a décidé d’augmenter la fiscalité sur les entreprises, en faisant passer l’impôt sur les sociétés de 21% à 28% (il était de 28% en France en 2020). Augmenter les impôts, le rêve Français devenu réalité outre-Atlantique, quelques semaines après que les Etats-Unis aient réalisé un plan d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars, avec des chèques de relance directement adressés aux ménages américains.

Le Président Américain a surpris son monde ces dernières semaines, avec un décret visant à renforcer la concurrence dans l’économie américaine. Inaudible en France où les termes concurrence et libéralisme sont des épouvantails, Joe Biden se place dans la lignée de la tradition américaine, avec une économie ouverte, libérale, mais qui pour autant n’oublie pas sa finalité : servir le consommateur.

Dans ce décret, il est notamment écrit : « La promesse américaine d’une prospérité large et durable découle d’une économie ouverte et compétitive ».

Puis ensuite : « Pour les travailleurs, un marché compétitif créé plus d’emplois de qualité, avec la liberté économique de changer de travail ou de négocier un meilleur salaire ». Nous sommes loin d’une politique de nivellement par le bas !

Concrètement, ce texte prévoit l’ouverture à la concurrence de secteurs dans lesquels les Américains ont peu de choix. Baisse des prix des médicaments, possibilité d’accéder à un nouveau fournisseur d’accès à internet, plus de transparence dans la présentation de certains services : par des mesures concrètes, Joe Biden souhaite montrer que « le capitalisme sans concurrence, ce n’est plus du capitalisme, c’est de l’exploitation. ». Son administration évalue à plusieurs milliers de dollars par an la perte d’argent pour les ménages, liée à une trop grande concentration de l’économie.

 

Les Etats-Unis vivent plus que nous une situation d’inégalités économique et patrimoniales, avec une scission claire entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Avec ces annonces, Joe Biden prend une orientation assumée : seule la concurrence, l’économie ouverte (en intérieur) permettront à toute une génération d’américains d’accéder à la prospérité.

Loin des caricatures du libéralisme en France, le Président des Etats-Unis nous montre que le (véritable) libéralisme, ce n’est pas la loi du plus fort, c’est l’intérêt du plus faible.

Il s’agit d’une véritable leçon pour la France, alors que notre logiciel de pensée nous pousse à croire que plus de normes, plus de lois, plus de textes contribuent à nous protéger. C’est exactement le contraire.

La seule complexité administrative se fait aujourd’hui clairement au détriment des plus faibles. Ceux qui ont les moyens de comprendre, d’interpréter des procédures, des textes de loi tirent leur épingle du jeu, les autres sont condamnés à échouer. Pour honorer sa promesse d’égalité, la France ferait bien de s’inspirer de Joe Biden, en convoquant une révolution administrative, avec le retour de plus de liberté, de plus de transparence.

Car en France plus qu’ailleurs, le système économique est sclérosé. De manière symétrique, en France plus qu’ailleurs, le système politique est paralysé. Il est temps de réconcilier le consommateur, le citoyen avec un système économique, démocratique qui ne se fasse plus dans l’intérêt de quelques-uns, au détriment de tous. Dans tout cela, le rôle de l’Etat n’est pas d’être omniprésent, mais de créer les conditions pour que chacun puisse s’accomplir, quel que soit son héritage patrimonial, culturel, éducatif.

C’est cela que nous apprend Joe Biden. La prospérité est à la portée de tous.

Economie-Libéralisme et protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Economie-Libéralisme et protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Biden donne une leçon de libéralisme et de concurrence dont la France ferait bien de s’inspirer. Par Eugène Daronnat, Membre du Comité Exécutif d’Objectif France.( Dans la Tribune, extrait)

Il avait été décrit comme timide. A 78 ans, beaucoup de commentateurs pensaient que le mandat de Joe Biden allait être un mandat de transition. A peine élu, les scénarios sur la prise de pouvoir de Kamala Harris en cours de Présidence étaient déjà évoqués. Celui que l’on surnommait « sleepy Joe » a pris à contre-courant la plupart des observateurs, marquant une véritable rupture avec la présidence de Donald Trump, et le réveil des Etats-Unis sur la scène internationale, notamment à travers le retour du multilatéralisme.

En première ligne sur la nouvelle fiscalité sur les multinationales, le Président Américain a confirmé que c’était bien grâce aux Etats-Unis, et aux Etats-Unis seulement que ces avancées avaient été rendues possibles, même s’il ne faut pas être dupe sur les intérêts défendus par les Américains dans cette affaire : les Etats-Unis seront en effet le 1er bénéficiaire de cette mesure visant à faire payer l’impôt sur les sociétés dans le pays d’origine des entreprises « délocalisant » leur fiscalité à l’étranger.

Joe Biden s’est trouvé beaucoup de soutiens en France quand il a décidé d’augmenter la fiscalité sur les entreprises, en faisant passer l’impôt sur les sociétés de 21% à 28% (il était de 28% en France en 2020). Augmenter les impôts, le rêve Français devenu réalité outre-Atlantique, quelques semaines après que les Etats-Unis aient réalisé un plan d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars, avec des chèques de relance directement adressés aux ménages américains.

Le Président Américain a surpris son monde ces dernières semaines, avec un décret visant à renforcer la concurrence dans l’économie américaine. Inaudible en France où les termes concurrence et libéralisme sont des épouvantails, Joe Biden se place dans la lignée de la tradition américaine, avec une économie ouverte, libérale, mais qui pour autant n’oublie pas sa finalité : servir le consommateur.

Dans ce décret, il est notamment écrit : « La promesse américaine d’une prospérité large et durable découle d’une économie ouverte et compétitive ».

Puis ensuite : « Pour les travailleurs, un marché compétitif créé plus d’emplois de qualité, avec la liberté économique de changer de travail ou de négocier un meilleur salaire ». Nous sommes loin d’une politique de nivellement par le bas !

Concrètement, ce texte prévoit l’ouverture à la concurrence de secteurs dans lesquels les Américains ont peu de choix. Baisse des prix des médicaments, possibilité d’accéder à un nouveau fournisseur d’accès à internet, plus de transparence dans la présentation de certains services : par des mesures concrètes, Joe Biden souhaite montrer que « le capitalisme sans concurrence, ce n’est plus du capitalisme, c’est de l’exploitation. ». Son administration évalue à plusieurs milliers de dollars par an la perte d’argent pour les ménages, liée à une trop grande concentration de l’économie.

 

Les Etats-Unis vivent plus que nous une situation d’inégalités économique et patrimoniales, avec une scission claire entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Avec ces annonces, Joe Biden prend une orientation assumée : seule la concurrence, l’économie ouverte (en intérieur) permettront à toute une génération d’américains d’accéder à la prospérité.

Loin des caricatures du libéralisme en France, le Président des Etats-Unis nous montre que le (véritable) libéralisme, ce n’est pas la loi du plus fort, c’est l’intérêt du plus faible.

Il s’agit d’une véritable leçon pour la France, alors que notre logiciel de pensée nous pousse à croire que plus de normes, plus de lois, plus de textes contribuent à nous protéger. C’est exactement le contraire.

La seule complexité administrative se fait aujourd’hui clairement au détriment des plus faibles. Ceux qui ont les moyens de comprendre, d’interpréter des procédures, des textes de loi tirent leur épingle du jeu, les autres sont condamnés à échouer. Pour honorer sa promesse d’égalité, la France ferait bien de s’inspirer de Joe Biden, en convoquant une révolution administrative, avec le retour de plus de liberté, de plus de transparence.

Car en France plus qu’ailleurs, le système économique est sclérosé. De manière symétrique, en France plus qu’ailleurs, le système politique est paralysé. Il est temps de réconcilier le consommateur, le citoyen avec un système économique, démocratique qui ne se fasse plus dans l’intérêt de quelques-uns, au détriment de tous. Dans tout cela, le rôle de l’Etat n’est pas d’être omniprésent, mais de créer les conditions pour que chacun puisse s’accomplir, quel que soit son héritage patrimonial, culturel, éducatif.

C’est cela que nous apprend Joe Biden. La prospérité est à la portée de tous.

Libéralisme et protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Libéralisme et protectionnisme : la leçon de Biden à la France !

Biden donne une leçon de libéralisme et de concurrence dont la France ferait bien de s’inspirer. Par Eugène Daronnat, Membre du Comité Exécutif d’Objectif France.( Dans la tribune, extrait)

Il avait été décrit comme timide. A 78 ans, beaucoup de commentateurs pensaient que le mandat de Joe Biden allait être un mandat de transition. A peine élu, les scénarios sur la prise de pouvoir de Kamala Harris en cours de Présidence étaient déjà évoqués. Celui que l’on surnommait « sleepy Joe » a pris à contre-courant la plupart des observateurs, marquant une véritable rupture avec la présidence de Donald Trump, et le réveil des Etats-Unis sur la scène internationale, notamment à travers le retour du multilatéralisme.

En première ligne sur la nouvelle fiscalité sur les multinationales, le Président Américain a confirmé que c’était bien grâce aux Etats-Unis, et aux Etats-Unis seulement que ces avancées avaient été rendues possibles, même s’il ne faut pas être dupe sur les intérêts défendus par les Américains dans cette affaire : les Etats-Unis seront en effet le 1er bénéficiaire de cette mesure visant à faire payer l’impôt sur les sociétés dans le pays d’origine des entreprises « délocalisant » leur fiscalité à l’étranger.

Joe Biden s’est trouvé beaucoup de soutiens en France quand il a décidé d’augmenter la fiscalité sur les entreprises, en faisant passer l’impôt sur les sociétés de 21% à 28% (il était de 28% en France en 2020). Augmenter les impôts, le rêve Français devenu réalité outre-Atlantique, quelques semaines après que les Etats-Unis aient réalisé un plan d’investissement de plusieurs centaines de milliards de dollars, avec des chèques de relance directement adressés aux ménages américains.

Le Président Américain a surpris son monde ces dernières semaines, avec un décret visant à renforcer la concurrence dans l’économie américaine. Inaudible en France où les termes concurrence et libéralisme sont des épouvantails, Joe Biden se place dans la lignée de la tradition américaine, avec une économie ouverte, libérale, mais qui pour autant n’oublie pas sa finalité : servir le consommateur.

Dans ce décret, il est notamment écrit : « La promesse américaine d’une prospérité large et durable découle d’une économie ouverte et compétitive ».

Puis ensuite : « Pour les travailleurs, un marché compétitif créé plus d’emplois de qualité, avec la liberté économique de changer de travail ou de négocier un meilleur salaire ». Nous sommes loin d’une politique de nivellement par le bas !

Concrètement, ce texte prévoit l’ouverture à la concurrence de secteurs dans lesquels les Américains ont peu de choix. Baisse des prix des médicaments, possibilité d’accéder à un nouveau fournisseur d’accès à internet, plus de transparence dans la présentation de certains services : par des mesures concrètes, Joe Biden souhaite montrer que « le capitalisme sans concurrence, ce n’est plus du capitalisme, c’est de l’exploitation. ». Son administration évalue à plusieurs milliers de dollars par an la perte d’argent pour les ménages, liée à une trop grande concentration de l’économie.

 

Les Etats-Unis vivent plus que nous une situation d’inégalités économique et patrimoniales, avec une scission claire entre les gagnants et les perdants de la mondialisation. Avec ces annonces, Joe Biden prend une orientation assumée : seule la concurrence, l’économie ouverte (en intérieur) permettront à toute une génération d’américains d’accéder à la prospérité.

Loin des caricatures du libéralisme en France, le Président des Etats-Unis nous montre que le (véritable) libéralisme, ce n’est pas la loi du plus fort, c’est l’intérêt du plus faible.

Il s’agit d’une véritable leçon pour la France, alors que notre logiciel de pensée nous pousse à croire que plus de normes, plus de lois, plus de textes contribuent à nous protéger. C’est exactement le contraire.

La seule complexité administrative se fait aujourd’hui clairement au détriment des plus faibles. Ceux qui ont les moyens de comprendre, d’interpréter des procédures, des textes de loi tirent leur épingle du jeu, les autres sont condamnés à échouer. Pour honorer sa promesse d’égalité, la France ferait bien de s’inspirer de Joe Biden, en convoquant une révolution administrative, avec le retour de plus de liberté, de plus de transparence.

Car en France plus qu’ailleurs, le système économique est sclérosé. De manière symétrique, en France plus qu’ailleurs, le système politique est paralysé. Il est temps de réconcilier le consommateur, le citoyen avec un système économique, démocratique qui ne se fasse plus dans l’intérêt de quelques-uns, au détriment de tous. Dans tout cela, le rôle de l’Etat n’est pas d’être omniprésent, mais de créer les conditions pour que chacun puisse s’accomplir, quel que soit son héritage patrimonial, culturel, éducatif.

C’est cela que nous apprend Joe Biden. La prospérité est à la portée de tous.

Biden dépendant de Pékin

Biden dépendant de Pékin 

L’économiste Xavier Dupret observe dans une tribune au « Monde » que le prochain krach financier à Wall Street rendra Washington dépendant de Pékin, troisième détenteur de la dette souveraine américaine

 

 

Tribune.
 C’est peu dire que l’ambiance n’est plus au beau fixe entre Washington et Pékin. Depuis la rencontre houleuse d’Anchorage le 18 mars, les choses semblent limpides. L’heure est aux sujets qui fâchent et le dernier sommet de l’OTAN le 14 juin n’a fait qu’accentuer les tensions. Joe Biden pourrait néanmoins être contraint de revenir dans les mois qui viennent à davantage de coopération avec le gouvernement chinois. En cause, le danger avéré d’une crise financière outre-Atlantique. 

Le ratio entre la capitalisation boursière et le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis, un instrument de mesure élaboré par Warren Buffett en 2001 lors de l’effondrement du Nasdaq, vient de franchir un seuil critique. Fin juin, il s’élevait à 130 %. A l’été 2007, lorsque la bulle des subprimes a éclaté, la valeur totale des instruments financiers à Wall Street représentait 137 % du PIB américain.

 


 Bien sûr, un indicateur considéré isolément ne permet jamais de discerner de façon indiscutable les évolutions potentielles des marchés, mais on ne rétorquera pas trop vite que « cette fois, le contexte est différent ». Il est difficile de soutenir que les investisseurs sortiront forcément à temps de la bulle pour procéder à la réallocation de leurs portefeuilles dans la mesure où, précisément, les alternatives font défaut.

Ces dernières années, les cours ont été principalement tirés vers le haut en raison de l’attrait pour les valeurs de l’industrie du numérique. De ce point de vue, la baisse drastique des taux décidée à la suite à la pandémie n’a fait qu’attiser cet appétit. Lorsque la survalorisation de cette catégorie de titres deviendra intenable, la poule aux œufs d’or sera morte et il sera compliqué de se déporter vers des valeurs classiques.

 

C’est que les actions des secteurs traditionnels ont déjà largement intégré le rebond de 2021 après avoir, somme toute, peu souffert en 2020. A l’époque, l’action non conventionnelle de la Réserve fédérale américaine leur avait évité de connaître un plongeon trop marqué.

 

Voilà sans doute pourquoi, dans son rapport sur la stabilité financière de mai, la banque centrale américaine n’y est pas allée par quatre chemins en s’étonnant du « niveau élevé de certains actifs par rapport aux normes historiques » avant de préciser que « dans ce contexte, les cours peuvent être vulnérables en cas de baisse de l’appétit pour le risque ». On ne saurait être plus explicite. Bref, la question n’est finalement pas de savoir si une déflagration financière va frapper les Etats-Unis, mais davantage quand elle surviendra. Etant donné le niveau actuel de ses taux nominaux, il ne restera sans doute plus à la Fed qu’à se diriger en territoire négatif. Les marges de manœuvre de l’administration Biden face à Pékin se réduiront alors sensiblement.

Biden s’attaque aux cryptomonnaies

Biden s’attaque aux cryptomonnaies

L’administration Biden a annoncé jeudi vouloir neutraliser l’angle mort fiscal que représentent les cryptomonnaies et propose, dans le cadre de sa réforme fiscale, de les inclure dans les déclarations de revenus. Les entreprises qui reçoivent des sommes en cryptomonnaie devraient ainsi être tenues de les déclarer au-delà de 10.000 dollars, souligne jeudi le département du Trésor, dans un document qui détaille des mesures visant à réduire l’évasion fiscale.

Biden impose un cessez-le-feu à Israël

Biden impose un cessez-le-feu à Israël

 

La résolution que prévoyait la France à l’ONU sur le conflit entre Israël et les palestiniens a sans doute réveillé Biden. En effet ce dernier s’est opposé à ce que d’autres pays que les États-Unis tentent de gérer la situation particulièrement dangereuse. En clair Biden a imposé un cessez-le-feu à Israël. Un cessez-le-feu ensuite accepté par les belligérants.

«L’audace de Joe Biden»

«L’audace de Joe Biden»

« Le regard attentif que les progressistes du monde entier portent sur Joe Biden montre que l’enjeu dépasse de loin la symbolique des 100 jours », analyse Matt Browne dans le Wall Street Journal. 

 

Les 100 premiers jours d’un Président nouvellement élu revêtent une dimension symbolique importante et leur évaluation est déterminante pour le succès d’un mandat. Joe Biden ne déroge pas à la règle, mais le regard attentif que les progressistes du monde entier portent sur lui montre que l’enjeu dépasse de loin la symbolique des 100 jours. Les progressistes évaluent en effet non seulement ses premiers succès, mais font également un premier bilan de son positionnement, manifestement en rupture avec le paradigme hérité de la « troisième voie » qu’avaient suivie ses prédécesseurs.

Capital politique. En premier lieu, il faut avoir à l’esprit qu’en matière de stratégie politique comme de l’utilisation de son « capital politique », Joe Biden a fait le choix d’un changement radical. Je me souviens, au début des années 2000, d’une conversation animée en marge d’un sommet sur la gouvernance progressiste. Les conseillers de Tony Blair essayaient de persuader ceux de Gerhard Schrœder de faire avancer les réformes jugées indispensables sur le marché du travail en Allemagne. L’idée clef était de savoir s’il fallait intervenir dès que possible, au début d’un mandat, afin de « faire les choses difficiles pendant que vous en avez le capital politique » et dans l’espoir d’en recueillir les bénéfices politiques par la suite. La suite, nous la connaissons, Schrœder a fait le choix d’attendre, et beaucoup affirment qu’au final c’est Angela Merkel qui en a récolté les bénéfices politiques attendus.

C’est pour cette raison que Joe Biden n’a pas perdu de temps pour mettre en œuvre son programme. Et finalement, le risque d’un impact négatif sur son capital politique ne s’est à ce stade pas concrétisé. Lorsqu’il a prêté serment, chacun avait conscience que la capacité de Biden à distribuer rapidement des vaccins et à faire passer une large réforme budgétaire pour endiguer le ralentissement économique semblait plus que faible. Et pourtant, les difficultés se sont avérées bien moins importantes que prévu.

En faisant preuve d’une si grande célérité, Biden n’a en réalité aucunement érodé son capital politique. Au contraire, il a clairement fait le choix d’investir dans un programme certes risqué, mais qui a produit des dividendes politiques immédiatement – et c’est déjà un fait notable

Les décisions politiques de Biden ont été très largement soutenues par le grand public – mieux encore, le rejet et le doute sur la vaccination a diminué – et même, fait notable, au sein du Parti républicain. De plus, le grand public est venu fortement soutenir son intention de financer les investissements d’avenir dans les infrastructures de transport, les énergies renouvelables, l’éducation et la garde d’enfants, financés par la taxation des entreprises les plus riches et rentables.

En agissant ainsi, avec une telle audace (l’audace, dans le titre, fait référence à Obama et son ouvrage The audacity of Hope) et en faisant preuve d’une si grande célérité, Biden n’a en réalité aucunement érodé son capital politique. Au contraire, il a clairement fait le choix d’investir dans un programme certes risqué, mais qui a produit des dividendes politiques immédiatement – et c’est déjà un fait notable.

En second lieu, le programme de relance de Biden repose sur une philosophie économique fondamentalement différente de celle qui sous-tendait la « troisième voie ». Sa décision, par exemple, de fournir un soutien inconditionnel à ceux qui en ont besoin ou de promouvoir l’idée d’une aide universelle à la garde des enfants contraste fortement avec l’approche des années 1990 et 2000, où les prestations d’aide sociale étaient toujours liées à des incitations conditionnées à un retour à l’activité.

De plus, alors que la politique de la « troisième voie » cherchait à encourager les entreprises avec des réductions d’impôts destinées à soutenir la croissance pour faire croître « la part du gâteau » de chacun dans les fruits de la croissance, le plan dédié aux familles annoncé par Biden réalise l’exact contraire. Son plan sera exclusivement financé par les impôts des sociétés les plus riches et rentables de son pays. Or, la vision de l’économie ici à l’œuvre est très différente : il ne s’agit plus de parts de croissance à redistribuer, mais cela repose sur la conviction qu’une partie fondamentale de l’économie – la santé, l’éducation et le bien-être des travailleurs – est au cœur de la croissance économique et doit faire l’objet d’un investissement massif, quoiqu’il en coûte par ailleurs.

Enfin, Biden a adopté une position beaucoup plus critique et agressive que ses prédécesseurs Obama ou Clinton à l’égard de la mondialisation. Les tenants de la troisième voie pensaient généralement qu’il n’y avait pas grand-chose à faire pour limiter certains des effets les plus négatifs de la mondialisation. Même Gordon Brown a pu comparer la finance mondiale aux mouvements des oiseaux migrateurs, affirmant que le capital international fuirait toujours les environnements hostiles au profit des climats plus tempérés.

Biden marque un changement significatif par rapport à la politique progressiste de ses prédécesseurs et se rapproche davantage de la politique d’après-guerre menée par Franklin Delano Roosevelt

C’est tout le contraire de l’initiative de Joe Biden et de sa secrétaire au Trésor, Janet Yellen. Ils ont déjà proposé un taux de base global pour l’impôt sur les sociétés et la suppression des paradis fiscaux qui ont jusqu’à présent permis aux entreprises multinationales d’optimiser largement les montants de leurs redevances à travers le monde. Enfin, au cours de ses 100 premiers jours, Biden a également clairement affiché sa volonté de reprendre l’initiative sur le climat, en organisant un sommet des leaders mondiaux pour la Journée de la Terre.

Et, pour l’avenir, le président semble avoir l’intention de compléter cet internationalisme économique et climatique par une défense encore plus forte des valeurs démocratiques dans le monde. Or, si la pandémie peut l’empêcher d’organiser un sommet pour la démocratie au cours de sa première année de mandat, il apparaît évident que sa volonté d’affronter les ennemis de la démocratie, à l’intérieur de ses frontières comme à l’extérieur, est bien plus grande que ses prédécesseurs.

Ainsi, la volonté de Joe Biden de faire preuve d’audace pour rebâtir une meilleure politique, plus juste, plus verte, s’incarne dans cette nouvelle vision économique, tout comme dans cette volonté de s’attacher à une compréhension plus profonde de l’impact du contexte mondial sur la politique intérieure de son pays. En ce sens, il marque un changement significatif par rapport à la politique progressiste de ses prédécesseurs et se rapproche davantage de la politique d’après-guerre menée par Franklin Delano Roosevelt. La question de savoir si ce choix inspirera les progressistes au-delà de ses frontières reste entière.

Toutefois, dans les faits, il faut simplement constater que le capital politique de Biden ne s’est pas érodé jusqu’à présent. Bien au contraire, il n’a fait que croître. Mais les défis les plus difficiles restent à relever. Et bien que ses initiatives politiques aient été populaires jusqu’à maintenant, il n’en reste pas moins que beaucoup de ceux qui ont voté pour le président Biden s’attendaient à ce qu’il soit beaucoup plus prudent et mesuré qu’il ne l’a été jusque-là. Il est encore bien trop tôt pour dire si c’était un choix gagnant.

Il est certain, en revanche, que Joe Biden a sans aucun doute fait un choix de départ très audacieux.

Matt Browne est fondateur de Global Progress et Senior Fellow au Center for American Progress, à Washington DC

Pour une gouvernance mondiale avec Biden

Pour une gouvernance mondiale avec Biden 

L’ancien ambassadeur Michel Duclos propose, dans une tribune au « Monde », que les deux pays, France et Etats-Unis,  portent l’idée d’une commission internationale d’experts pour définir un nouveau « consensus » économique.

 

Tribune.

Lors de la dernière édition du Forum de Paris pour la paix, en novembre 2020, le président Macron a proposé le lancement d’un débat international sur l’organisation du monde après le Covid-19. Il a parlé à ce sujet de l’opportunité de définir un nouveau consensus international – « le consensus de Paris ou de n’importe où » –, par référence au « consensus de Washington » qui avait prévalu dans les années 1990 dans le contexte du sauvetage des économies d’un certain nombre de pays, plombés par leur endettement massif – l’Argentine notamment.

Nous étions alors à l’époque Reagan et Thatcher. Le « consensus de Washington » édictait un ensemble de mesures inspirées par le néolibéralisme : privatisations, équilibre budgétaire, déréglementation à tout-va, etc. M. Macron n’a pas tort de faire valoir que la gestion de l’économie mondiale doit maintenant répondre à de tout autres principes. Il en cite deux en particulier : la lutte contre le changement climatique, la réduction des inégalités. Ces deux facteurs structurants de la phase actuelle de la mondialisation ne peuvent plus être considérés comme des « externalités », ils doivent être au contraire au cœur d’une gouvernance globale refondée à la lumière de l’ordalie du coronavirus.

Cinq ou six mois plus tard, il faut constater que le débat souhaité par le président français n’a pas décollé. On peut trouver à cela au moins deux raisons. D’abord, il est difficile de se projeter dans « le monde d’après » alors que la pandémie continue de répandre la mort et la désolation dans des continents entiers. Ensuite, une nouvelle administration s’est installée à Washington. A sa tête, un président pas du tout « endormi » mais au contraire dynamique, poussant un programme de type rooseveltien, et attirant à lui la lumière.

 

S’agissant de la gouvernance mondiale, il convient de s’arrêter sur une sorte de paradoxe : l’administration Biden rejoint un agenda qui a été ces dernières années celui des Européens, et de la France en particulier ; elle réintègre l’accord de Paris et l’Organisation mondiale de la santé ; elle prend sa part dans des initiatives telles que l’Accélérateur ACT mis en place en avril 2020 pour partager avec tous les pays les outils de lutte contre le Covid ; elle avance sur la taxation des sociétés.

Sondage États-Unis : Les Américains majoritairement satisfaits de Biden

 

Sondage États-Unis : Les Américains majoritairement satisfaits de Biden

Deux sondages donnent respectivement 58 % et 52 % d’approbation pour l’action du président américain depuis son arrivée à la Maison Blanche. Les deux tiers du pays approuvant notamment sa gestion de la pandémie.

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