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Politique–un besoin d’Europe mais plus efficace

Politique–un besoin d’Europe mais plus efficace

 

À moins de deux mois des élections européennes, alors que la campagne pour élire un nouveau parlement est lancée, on peut s’interroger : que pensent les Français de l’Europe ? Les enquêtes eurobaromètres de 2023 apportent un éclairage saisissant : les Français sont devenus méfiants à l’égard de l’Union. Au printemps 2023, seulement 34 % font confiance à l’Union alors que c’est le cas de 47 % des Européens. 48 % se disent très pessimistes sur le futur de l’Union, le plus fort pourcentage des 27 pays membres. Les Français sont aussi les plus nombreux à juger mauvaise la situation économique de l’Union (52 % contre 44 % en Europe). Ils sont encore les plus réticents à l’égard du plan européen de relance économique de 800 milliards d’euros, jugé efficace par seulement 35 % (et inefficace pour 38 %). Cela dit, 69 % jugent aussi mauvaise la situation de l’économie nationale et 46 % estiment que leur qualité de vie s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. Ces chiffres défavorables concernant l’Union peuvent donc probablement s’expliquer à la fois par une défiance spécifique envers l’Europe mais aussi par un pessimisme général à l’égard des institutions et des politiques publiques, qui tend à se renforcer selon le Baromètre de la confiance politique.

 

Par Pierre Bréchon, Professeur émérite de science politique, Sciences Po Grenoble dans The Conversation France


Remontons dans le temps pour comprendre l’évolution de l’opinion des Français à l’égard de l’Union européenne. Le Traité de Rome instituant un partenariat économique entre six pays (Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) a été signé en 1957. Jusqu’au début des années 1990, l’opinion publique française était favorable à cette entente qui devait permettre d’éviter la guerre entre Européens et de construire la paix, tout en accélérant la croissance économique et le développement des pays alliés. Cet optimisme était facilité par le caractère encore embryonnaire de la construction européenne. Si les élites politiques françaises ont fortement contribué à l’émergence progressive de l’Union, ce n’était pas un sujet important de la vie politique. L’opinion laissait faire les élites qui ont construit d’abord une politique agricole commune, puis développé des actions dans de nombreux autres domaines. On a parlé d’un fonctionnement au « consensus permissif » de l’opinion publique jusqu’à la fin des années 1980.

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Pendant les années 1970, entre 52 % et 68 % des Français interrogés par les enquêtes Eurobaromètre considèrent que « l’appartenance de la France à l’Union européenne est une bonne chose ». Ce fort soutien monte même au début des années 1980 pour atteindre son summum à l’automne 1987 (74 %), alors que la Commission est présidée par Jacques Delors et qu’est adopté l’Acte unique européen visant à dynamiser l’intégration des pays membres.

On a pu aussi montrer que le soutien à la construction européenne était à l’époque un peu plus fort en période de prospérité économique et un peu plus faible lorsque l’économie connaissait une période de crise. Les aspirations européennes se développent lorsque l’économie se porte bien, aussi bien en France que dans les autres pays. Au contraire, lorsque les difficultés économiques se font sentir, les tentations de repli sur les États-nations émergent. L’Union n’était donc pas perçue comme une solution pour faire face aux aléas de la conjoncture économique. Il est possible que la situation ait évolué depuis, la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine ayant montré que l’Union pouvait être fort utile dans ces situations.

Dans le prolongement de l’Acte unique, le traité de Maastricht vient en 1992 concrétiser les avancées de la construction européenne, listant les 17 domaines de compétences pour des politiques publiques de l’Union. Il adopte le principe d’une future monnaie commune et annonce une politique étrangère et de sécurité plus intégrée ; il instaure aussi une citoyenneté européenne. On s’attendait à une ratification assez facile du traité. Ce ne fut pas le cas, notamment en lien avec un résultat très serré du référendum français pour son adoption : seulement 51 % des suffrages exprimés y ont été favorables (avec une abstention relativement faible de 31,3 % des inscrits) après une campagne intense où les partisans du oui ont perdu beaucoup de terrain, le référendum devenant en partie un choix pour ou contre le président François Mitterrand. Les catégories populaires ont voté à 60 % pour le non alors que les cadres y ont été largement favorables. Ce clivage social est assez constant, montrant que l’Union convainc davantage les catégories favorisées que les catégories populaires.

Les années 1990 ont donc ouvert une période où la question européenne s’est politisée et clivée. L’euroscepticisme devient une constante. Les Français, dans leur majorité, ne souhaitent pas que la France sorte de l’Union. Néanmoins, ils sont dubitatifs sur les politiques menées et sur les modes d’action de l’Union, avec des décisions nécessairement longues à adopter et une technocratie bruxelloise qui exaspère beaucoup de milieux professionnels qui doivent s’y soumettre. La confiance en l’Union européenne devient assez souvent minoritaire dans les sondages semestriels Eurobaromètres.

L’Union va accepter en 2003 son élargissement à huit pays de l’est européen, plus Chypre et Malte. Pour adapter les règles de l’Union à cette évolution majeure et pour mieux assurer l’intégration des États membres, consolider le respect des valeurs communes par les pays membres et protéger les droits des citoyens, les institutions européennes (commission, chefs d’État et parlement) ont négocié un nouveau traité, se donnant le nom de Constitution pour l’Europe, ce qui résonne comme l’établissement d’un État.

Un nouveau référendum est organisé en France en 2005 pour sa ratification et là, stupeur : 54,7 % des Français votent non, avec seulement 30,7 % d’abstention. Les sondages préélectoraux, jusqu’à deux mois et demi du scrutin, donnaient le oui majoritaire à au moins 60 % des suffrages. Comme en 1992, la campagne a attisé les peurs d’une partie de l’électorat. Une portion de la gauche fonde son rejet sur l’établissement d’une Europe libérale et défend une Europe beaucoup plus sociale, alors qu’une (petite) partie de la droite fustige la perte de souveraineté nationale et la possible entrée de la Turquie dans l’Union. Ce résultat montre le décalage entre l’électorat et une classe politique très largement favorable à ce renforcement institutionnel, puisque plus de 90 % des députés français avaient approuvé le texte quelques mois auparavant.
Depuis, si les Français restent toujours attachés à l’existence de l’Union européenne, ils portent souvent des jugements très négatifs sur les politiques mises en œuvre. Ainsi, en 2019, 65 % disaient que le fonctionnement de l’Union n’était pas efficace. Dans le dernier eurobaromètre, à l’automne 2023, 55 % se disent attachés à l’UE et 62 % se sentent citoyens européens. 38 % ont une image positive de l’UE (28 % négative) et 36 % n’arrivent pas à se situer, montrant que l’image de l’UE n’est pas très affirmée, les connaissances sur l’Union restant relativement faibles. La distinction entre un sentiment général plutôt pro-européen et une perception beaucoup plus critique de la politique européenne caractérise toujours le rapport des Français à l’UE. Seulement 45 % sont satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans l’UE et seuls 35 % déclarent lui faire confiance (55 % pas confiance).

Il existe toutefois un paradoxe : entre 60 et 77 % des Français se disent favorables à des politiques publiques communes pour la défense et la sécurité, l’énergie, la politique commerciale commune, les migrations, la santé, une politique étrangère commune. La demande d’Europe est forte, mais les politiques suivies ne satisfont pas et beaucoup voudraient que la souveraineté nationale soit mieux préservée. En 2022, 58 % des Français estimaient qu’« Il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe ».

Un besoin d’Europe plus efficace

Un besoin d’Europe plus efficace

À moins de deux mois des élections européennes, alors que la campagne pour élire un nouveau parlement est lancée, on peut s’interroger : que pensent les Français de l’Europe ?

Les enquêtes eurobaromètres de 2023 apportent un éclairage saisissant : les Français sont devenus méfiants à l’égard de l’Union. Au printemps 2023, seulement 34 % font confiance à l’Union alors que c’est le cas de 47 % des Européens. 48 % se disent très pessimistes sur le futur de l’Union, le plus fort pourcentage des 27 pays membres. Les Français sont aussi les plus nombreux à juger mauvaise la situation économique de l’Union (52 % contre 44 % en Europe). Ils sont encore les plus réticents à l’égard du plan européen de relance économique de 800 milliards d’euros, jugé efficace par seulement 35 % (et inefficace pour 38 %). Cela dit, 69 % jugent aussi mauvaise la situation de l’économie nationale et 46 % estiment que leur qualité de vie s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. Ces chiffres défavorables concernant l’Union peuvent donc probablement s’expliquer à la fois par une défiance spécifique envers l’Europe mais aussi par un pessimisme général à l’égard des institutions et des politiques publiques, qui tend à se renforcer selon le Baromètre de la confiance politique.

 

Par Pierre Bréchon, Professeur émérite de science politique, Sciences Po Grenoble dans The Conversation France
Remontons dans le temps pour comprendre l’évolution de l’opinion des Français à l’égard de l’Union européenne. Le Traité de Rome instituant un partenariat économique entre six pays (Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) a été signé en 1957. Jusqu’au début des années 1990, l’opinion publique française était favorable à cette entente qui devait permettre d’éviter la guerre entre Européens et de construire la paix, tout en accélérant la croissance économique et le développement des pays alliés. Cet optimisme était facilité par le caractère encore embryonnaire de la construction européenne. Si les élites politiques françaises ont fortement contribué à l’émergence progressive de l’Union, ce n’était pas un sujet important de la vie politique. L’opinion laissait faire les élites qui ont construit d’abord une politique agricole commune, puis développé des actions dans de nombreux autres domaines. On a parlé d’un fonctionnement au « consensus permissif » de l’opinion publique jusqu’à la fin des années 1980.

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Pendant les années 1970, entre 52 % et 68 % des Français interrogés par les enquêtes Eurobaromètre considèrent que « l’appartenance de la France à l’Union européenne est une bonne chose ». Ce fort soutien monte même au début des années 1980 pour atteindre son summum à l’automne 1987 (74 %), alors que la Commission est présidée par Jacques Delors et qu’est adopté l’Acte unique européen visant à dynamiser l’intégration des pays membres.

On a pu aussi montrer que le soutien à la construction européenne était à l’époque un peu plus fort en période de prospérité économique et un peu plus faible lorsque l’économie connaissait une période de crise. Les aspirations européennes se développent lorsque l’économie se porte bien, aussi bien en France que dans les autres pays. Au contraire, lorsque les difficultés économiques se font sentir, les tentations de repli sur les États-nations émergent. L’Union n’était donc pas perçue comme une solution pour faire face aux aléas de la conjoncture économique. Il est possible que la situation ait évolué depuis, la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine ayant montré que l’Union pouvait être fort utile dans ces situations.

Dans le prolongement de l’Acte unique, le traité de Maastricht vient en 1992 concrétiser les avancées de la construction européenne, listant les 17 domaines de compétences pour des politiques publiques de l’Union. Il adopte le principe d’une future monnaie commune et annonce une politique étrangère et de sécurité plus intégrée ; il instaure aussi une citoyenneté européenne. On s’attendait à une ratification assez facile du traité. Ce ne fut pas le cas, notamment en lien avec un résultat très serré du référendum français pour son adoption : seulement 51 % des suffrages exprimés y ont été favorables (avec une abstention relativement faible de 31,3 % des inscrits) après une campagne intense où les partisans du oui ont perdu beaucoup de terrain, le référendum devenant en partie un choix pour ou contre le président François Mitterrand. Les catégories populaires ont voté à 60 % pour le non alors que les cadres y ont été largement favorables. Ce clivage social est assez constant, montrant que l’Union convainc davantage les catégories favorisées que les catégories populaires.

Les années 1990 ont donc ouvert une période où la question européenne s’est politisée et clivée. L’euroscepticisme devient une constante. Les Français, dans leur majorité, ne souhaitent pas que la France sorte de l’Union. Néanmoins, ils sont dubitatifs sur les politiques menées et sur les modes d’action de l’Union, avec des décisions nécessairement longues à adopter et une technocratie bruxelloise qui exaspère beaucoup de milieux professionnels qui doivent s’y soumettre. La confiance en l’Union européenne devient assez souvent minoritaire dans les sondages semestriels Eurobaromètres.

L’Union va accepter en 2003 son élargissement à huit pays de l’est européen, plus Chypre et Malte. Pour adapter les règles de l’Union à cette évolution majeure et pour mieux assurer l’intégration des États membres, consolider le respect des valeurs communes par les pays membres et protéger les droits des citoyens, les institutions européennes (commission, chefs d’État et parlement) ont négocié un nouveau traité, se donnant le nom de Constitution pour l’Europe, ce qui résonne comme l’établissement d’un État.

Un nouveau référendum est organisé en France en 2005 pour sa ratification et là, stupeur : 54,7 % des Français votent non, avec seulement 30,7 % d’abstention. Les sondages préélectoraux, jusqu’à deux mois et demi du scrutin, donnaient le oui majoritaire à au moins 60 % des suffrages. Comme en 1992, la campagne a attisé les peurs d’une partie de l’électorat. Une portion de la gauche fonde son rejet sur l’établissement d’une Europe libérale et défend une Europe beaucoup plus sociale, alors qu’une (petite) partie de la droite fustige la perte de souveraineté nationale et la possible entrée de la Turquie dans l’Union. Ce résultat montre le décalage entre l’électorat et une classe politique très largement favorable à ce renforcement institutionnel, puisque plus de 90 % des députés français avaient approuvé le texte quelques mois auparavant.
Depuis, si les Français restent toujours attachés à l’existence de l’Union européenne, ils portent souvent des jugements très négatifs sur les politiques mises en œuvre. Ainsi, en 2019, 65 % disaient que le fonctionnement de l’Union n’était pas efficace. Dans le dernier eurobaromètre, à l’automne 2023, 55 % se disent attachés à l’UE et 62 % se sentent citoyens européens. 38 % ont une image positive de l’UE (28 % négative) et 36 % n’arrivent pas à se situer, montrant que l’image de l’UE n’est pas très affirmée, les connaissances sur l’Union restant relativement faibles. La distinction entre un sentiment général plutôt pro-européen et une perception beaucoup plus critique de la politique européenne caractérise toujours le rapport des Français à l’UE. Seulement 45 % sont satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans l’UE et seuls 35 % déclarent lui faire confiance (55 % pas confiance).

Il existe toutefois un paradoxe : entre 60 et 77 % des Français se disent favorables à des politiques publiques communes pour la défense et la sécurité, l’énergie, la politique commerciale commune, les migrations, la santé, une politique étrangère commune. La demande d’Europe est forte, mais les politiques suivies ne satisfont pas et beaucoup voudraient que la souveraineté nationale soit mieux préservée. En 2022, 58 % des Français estimaient qu’« Il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe ».

Un besoin d’Europe aujourd’hui trop inefficace

À moins de deux mois des élections européennes, alors que la campagne pour élire un nouveau parlement est lancée, on peut s’interroger : que pensent les Français de l’Europe ?

Les enquêtes eurobaromètres de 2023 apportent un éclairage saisissant : les Français sont devenus méfiants à l’égard de l’Union. Au printemps 2023, seulement 34 % font confiance à l’Union alors que c’est le cas de 47 % des Européens. 48 % se disent très pessimistes sur le futur de l’Union, le plus fort pourcentage des 27 pays membres. Les Français sont aussi les plus nombreux à juger mauvaise la situation économique de l’Union (52 % contre 44 % en Europe). Ils sont encore les plus réticents à l’égard du plan européen de relance économique de 800 milliards d’euros, jugé efficace par seulement 35 % (et inefficace pour 38 %). Cela dit, 69 % jugent aussi mauvaise la situation de l’économie nationale et 46 % estiment que leur qualité de vie s’est dégradée au cours des 12 derniers mois. Ces chiffres défavorables concernant l’Union peuvent donc probablement s’expliquer à la fois par une défiance spécifique envers l’Europe mais aussi par un pessimisme général à l’égard des institutions et des politiques publiques, qui tend à se renforcer selon le Baromètre de la confiance politique.

 

Par , Professeur émérite de science politique, Sciences Po Grenoble dans The Conversation France

Remontons dans le temps pour comprendre l’évolution de l’opinion des Français à l’égard de l’Union européenne. Le Traité de Rome instituant un partenariat économique entre six pays (Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) a été signé en 1957. Jusqu’au début des années 1990, l’opinion publique française était favorable à cette entente qui devait permettre d’éviter la guerre entre Européens et de construire la paix, tout en accélérant la croissance économique et le développement des pays alliés. Cet optimisme était facilité par le caractère encore embryonnaire de la construction européenne. Si les élites politiques françaises ont fortement contribué à l’émergence progressive de l’Union, ce n’était pas un sujet important de la vie politique. L’opinion laissait faire les élites qui ont construit d’abord une politique agricole commune, puis développé des actions dans de nombreux autres domaines. On a parlé d’un fonctionnement au « consensus permissif » de l’opinion publique jusqu’à la fin des années 1980.

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Pendant les années 1970, entre 52 % et 68 % des Français interrogés par les enquêtes Eurobaromètre considèrent que « l’appartenance de la France à l’Union européenne est une bonne chose ». Ce fort soutien monte même au début des années 1980 pour atteindre son summum à l’automne 1987 (74 %), alors que la Commission est présidée par Jacques Delors et qu’est adopté l’Acte unique européen visant à dynamiser l’intégration des pays membres.

On a pu aussi montrer que le soutien à la construction européenne était à l’époque un peu plus fort en période de prospérité économique et un peu plus faible lorsque l’économie connaissait une période de crise. Les aspirations européennes se développent lorsque l’économie se porte bien, aussi bien en France que dans les autres pays. Au contraire, lorsque les difficultés économiques se font sentir, les tentations de repli sur les États-nations émergent. L’Union n’était donc pas perçue comme une solution pour faire face aux aléas de la conjoncture économique. Il est possible que la situation ait évolué depuis, la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine ayant montré que l’Union pouvait être fort utile dans ces situations.

Dans le prolongement de l’Acte unique, le traité de Maastricht vient en 1992 concrétiser les avancées de la construction européenne, listant les 17 domaines de compétences pour des politiques publiques de l’Union. Il adopte le principe d’une future monnaie commune et annonce une politique étrangère et de sécurité plus intégrée ; il instaure aussi une citoyenneté européenne. On s’attendait à une ratification assez facile du traité. Ce ne fut pas le cas, notamment en lien avec un résultat très serré du référendum français pour son adoption : seulement 51 % des suffrages exprimés y ont été favorables (avec une abstention relativement faible de 31,3 % des inscrits) après une campagne intense où les partisans du oui ont perdu beaucoup de terrain, le référendum devenant en partie un choix pour ou contre le président François Mitterrand. Les catégories populaires ont voté à 60 % pour le non alors que les cadres y ont été largement favorables. Ce clivage social est assez constant, montrant que l’Union convainc davantage les catégories favorisées que les catégories populaires.

Les années 1990 ont donc ouvert une période où la question européenne s’est politisée et clivée. L’euroscepticisme devient une constante. Les Français, dans leur majorité, ne souhaitent pas que la France sorte de l’Union. Néanmoins, ils sont dubitatifs sur les politiques menées et sur les modes d’action de l’Union, avec des décisions nécessairement longues à adopter et une technocratie bruxelloise qui exaspère beaucoup de milieux professionnels qui doivent s’y soumettre. La confiance en l’Union européenne devient assez souvent minoritaire dans les sondages semestriels Eurobaromètres.

L’Union va accepter en 2003 son élargissement à huit pays de l’est européen, plus Chypre et Malte. Pour adapter les règles de l’Union à cette évolution majeure et pour mieux assurer l’intégration des États membres, consolider le respect des valeurs communes par les pays membres et protéger les droits des citoyens, les institutions européennes (commission, chefs d’État et parlement) ont négocié un nouveau traité, se donnant le nom de Constitution pour l’Europe, ce qui résonne comme l’établissement d’un État.

Un nouveau référendum est organisé en France en 2005 pour sa ratification et là, stupeur : 54,7 % des Français votent non, avec seulement 30,7 % d’abstention. Les sondages préélectoraux, jusqu’à deux mois et demi du scrutin, donnaient le oui majoritaire à au moins 60 % des suffrages. Comme en 1992, la campagne a attisé les peurs d’une partie de l’électorat. Une portion de la gauche fonde son rejet sur l’établissement d’une Europe libérale et défend une Europe beaucoup plus sociale, alors qu’une (petite) partie de la droite fustige la perte de souveraineté nationale et la possible entrée de la Turquie dans l’Union. Ce résultat montre le décalage entre l’électorat et une classe politique très largement favorable à ce renforcement institutionnel, puisque plus de 90 % des députés français avaient approuvé le texte quelques mois auparavant.

Depuis, si les Français restent toujours attachés à l’existence de l’Union européenne, ils portent souvent des jugements très négatifs sur les politiques mises en œuvre. Ainsi, en 2019, 65 % disaient que le fonctionnement de l’Union n’était pas efficace. Dans le dernier eurobaromètre, à l’automne 2023, 55 % se disent attachés à l’UE et 62 % se sentent citoyens européens. 38 % ont une image positive de l’UE (28 % négative) et 36 % n’arrivent pas à se situer, montrant que l’image de l’UE n’est pas très affirmée, les connaissances sur l’Union restant relativement faibles. La distinction entre un sentiment général plutôt pro-européen et une perception beaucoup plus critique de la politique européenne caractérise toujours le rapport des Français à l’UE. Seulement 45 % sont satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans l’UE et seuls 35 % déclarent lui faire confiance (55 % pas confiance).

Il existe toutefois un paradoxe : entre 60 et 77 % des Français se disent favorables à des politiques publiques communes pour la défense et la sécurité, l’énergie, la politique commerciale commune, les migrations, la santé, une politique étrangère commune. La demande d’Europe est forte, mais les politiques suivies ne satisfont pas et beaucoup voudraient que la souveraineté nationale soit mieux préservée. En 2022, 58 % des Français estimaient qu’« Il faut renforcer les pouvoirs de décision de notre pays même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe ».

Réseau Electricité : un besoin de 100 milliards d’euros ( RTE)

Réseau Electricité : un besoin de 100 milliards d’euros ( RTE)

L e gestionnaire des lignes à haute tension, RTE, a dévoilé jeudi son plan de modernisation du réseau, qu’il évalue à 100 milliards d’euros d’ici à 2040, mais la Commission de régulation de l’énergie (CRE) est  critique vis-à-vis des besoins de financement et veut exploiter les « flexibilités », c’est-à-dire la capacité à moduler la puissance de production ou de consommation pendant une période définie, afin de maintenir l’équilibre du réseau électrique. L’objectif : écraser la pointe, c’est-à-dire le pic de demande lors des moments les plus critiques. Avec aussi à la clé une modification et sans doute une augmentation de la tarification.

Côté offre, il s’agirait, par exemple, de mobiliser davantage les batteries électriques pour stocker de l’électricité afin de la réinjecter au bon moment. De fait, ces appareils deviendront cruciaux avec la croissance des énergies renouvelables à la production intermittente, c’est-à-dire variable selon la météo.

Le  régulateur devrait s’attaquer à la question des tarifs heures pleines/heures creuses, auxquels près de la moitié des Français au tarif réglementé de vente d’EDF ont souscrit. Car cette option, dont les horaires sont fixes, ne se soucie pas des creux et les pics réels sur le réseau à chaque instant.

Rama Yade avait raison : Macron a besoin d’un test psychologique

Rama Yade avait raison : Macron a besoin d’un test psychologique

Rama Yade,ancienne ministre de Sarkozy avait fait connaître en 2017 qu’elle n’apprécie pas du tout la candidature de Macron. Elle considérait alors que le candidat Macon était trop immature et qu’il convenait de vérifier l’équilibre psychologique de l’intéressé. Dans une interview accordée à la matinale d’i-Télé en février 2017, elle déclarait « Au-delà de la transparence financière ou encore des 500 parrainages requis pour se présenter, notre pays devrait ajouter un autre critère : l’équilibre psychologique », avant d’ajouter : « C’est important ! Comme pour les pilotes d’avion. On évalue leur état psychologique. »

Dans son viseur ? Emmanuel Macron, « On savait qu’il n’avait pas de programme. On ne peut pas dire le matin que la colonisation est un crime contre l’humanité et s’en excuser le soir », a argumenté l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy avant de prendre le même exemple sur les déclarations d’Emmanuel Macron sur la Manif pour tous ou encore la légalisation du cannabis.

Pour Rama Yade, le candidat du mouvement En Marche n’avait aucune légitimité pour être l’outsider numéro 1 de la présidentielle : « Il y a un problème. Ce candidat n’est pas prêt. Les Français ne le connaissait pas il y a encore un an. On ne peut pas surgir ainsi en passant du coq à l’âne du matin jusqu’au soir. La France, c’est trop sérieux pour qu’à sa tête, on ait des amateurs. »

Finalement sept ans après, on peut encore s’interroger concernant l’équilibre psychologique d’un président qui se saoule lui-même de son propre bavardage contradictoire, confus et hors sol manifestant un égocentrisme maladif et qui confond théâtre et réalité.

On objectera à juste titre que d’autres dans auraientt sans doute justifié une vérification de leur équilibre psychologique tellement on compte de présidents incompétents, dangereux et même déments dans l’actuelle période de l’histoire ( Trump, Poutine, Erdogan, Xi, le président nord coréen, les mollahs d’Iran et bien d’autres comme Macron qui se prennent pour Jupiter ou ses prophètes !

Démocraties en Europe: un besoin de légitimité

Démocraties en Europe: un besoin de légitimité

par
Pierre Bréchon
Professeur émérite de science politique, Sciences Po Grenoble, Auteurs historiques, The Conversation France

Avec l’usage fréquent depuis 2022 de l’article 49.3 de la Constitution pour faire plus facilement adopter des lois contestées, beaucoup de Français estiment que notre système politique est peu démocratique. Plusieurs pays européens ont vu se développer depuis deux décennies des systèmes politiques plus ou moins autoritaires, notamment en Pologne et en Hongrie. Des partis politiques de droite radicale sont de plus en plus implantés dans le paysage politique de presque tous les pays. Dans le même temps, les élites politiques, notamment les parlementaires, sont fortement critiquées : elles seraient corrompues, trop coupées du peuple, incapables d’entendre ses besoins et de faire adopter des lois efficaces. Plusieurs pays, dont la France, ont connu des révoltes de jeunes qui seraient le signe d’un mal-être sociétal. Sans compter les attentats terroristes qui fragilisent aussi les sociétés européennes. Les démocraties européennes seraient donc en crise. Au-delà des événements sur lesquels les médias concentrent leur attention, que peut-on savoir des valeurs des Européens et plus particulièrement de leur attachement à la démocratie ?

Un nombre important de pays européens sont membres de l’Union européenne. Ils sont donc censés s’organiser en conformité avec des principes fondamentaux énoncés dans les traités de l’Union. Selon l’article 2 :

« L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. Ces valeurs sont communes aux États membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes ».
Beau programme, mais les enquêtes faites auprès des Européens montrent que ceux-ci sont loin d’être des citoyens aussi vertueux dans le soutien aux valeurs qui fondent l’Union que les traités l’affirment. L’ouvrage collectif que je viens de coordonner, Les Européens et leurs valeurs. Entre individualisme et individualisation, le montre clairement. Il est bâti sur l’analyse des résultats de la European Values Studies (EVS), une grande enquête faite par des chercheurs européens tous les neuf ans pour analyser les transformations des valeurs dans les différentes parties du continent (près de 60 000 interviewés dans 34 pays entre 2017 et 2020).

Les données révèlent que, contrairement à ce que beaucoup pensent, les valeurs de solidarité se développent – lentement – face aux tentations de repli individualiste. Les volontés d’autonomie et de libre choix de leur vie par les individus s’affirment très fortement dans le domaine familial, politique, dans les rapports au travail et même à la religion.

Mais l’attachement des Européens à la démocratie, question centrale de cet article, est moins évident. Plusieurs questions permettent de l’évaluer. Certes, pratiquement tous les Européens se disent adeptes du système démocratique et les trois quarts jugent important de vivre dans un pays organisé sur cette base. 57 % voudraient pouvoir davantage faire entendre leurs besoins au travail et dans leur environnement quotidien. Les attentes de démocratie sont donc élevées. Mais les critiques et l’insatisfaction domine : seulement un tiers des Européens jugent que leur pays est gouverné démocratiquement et seulement 20 % sont satisfaits du fonctionnement du système politique. Ceci est le signe d’une crise de la représentation.

Seulement 38 % de « démocrates exclusifs »

L’enthousiasme apparent des Européens à l’égard du système démocratique doit être fortement relativisé. En effet, pour beaucoup, le choix du système démocratique n’est pas exclusif. 52 % d’entre eux accepteraient un gouvernement d’experts qui prennent les décisions, 32 % trouveraient bon le pouvoir d’un leader autoritaire et 14 % pourraient même soutenir un régime militaire. Au total, il n’y a que 38 % de « démocrates exclusifs » qui trouvent bonne la démocratie mais mauvais les autres systèmes. Dans une assez large partie de la population, les valeurs démocratiques ne sont donc pas profondément ancrées. Lorsqu’une crise politique survient, la tentation peut être forte d’encourager un système anti-démocratique.

Si beaucoup d’Européens considèrent positivement la démocratie, ils n’en ont pas tous la même conception. Des caractéristiques centrales de la démocratie représentative (élections libres, droits civiques, égalité des hommes et des femmes) sont jugées essentielles par le plus grand nombre.

Certains sont aussi attachés à des aspects économiques. Pour eux, l’aide aux chômeurs, la redistribution par l’impôt, l’égalisation des revenus sont aussi des dimensions essentielles d’une démocratie. Ces attentes économiques sont plus importantes en Europe du Sud et en Russie.

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Enfin, l’enquête testait trois caractéristiques habituellement considérées comme non démocratiques : l’obéissance aux gouvernants, l’armée prenant le pouvoir, la régulation du politique par le pouvoir religieux. Certes, ces valeurs ne sont pas souvent considérées comme essentielles à une démocratie. Mais obéir aux gouvernants est considéré par 57 % de Russes et 45 % d’Européens du Sud comme une caractéristique forte de la démocratie. L’obéissance de principe aux gouvernants ne permet pas de les critiquer et de protester, ce qui est pourtant un droit fondamental dans une démocratie.

Où est-on le plus attaché à la démocratie ?

Les démocrates exclusifs sont nettement plus nombreux dans les pays nordiques, en Europe de l’Ouest et du Sud qu’à l’est du continent, notamment dans des pays qui ont adhéré à l’Union au début des années 2000. Et l’attachement exclusif à la démocratie ne semble pas avoir beaucoup varié en 20 ans.

D’après la carte, la démocratie semble assez solide en Tchéquie, Lituanie et Estonie, elle est beaucoup plus fragile en Croatie et Roumanie (seulement 10 % et 8 % de démocrates exclusifs). Cela pose particulièrement question puisqu’il s’agit de deux pays membres de l’Union, qui doivent donc respecter ses valeurs.

En Europe de l’Ouest, les Allemands et les Suisses sont nettement plus attachés à la démocratie que les Français. Ceux-ci ne sont guère plus démocrates exclusifs que la moyenne des Européens : si 89 % jugent que la démocratie est un bon système, 48 % disent la même chose pour un gouvernement des experts, 23 % pour le pouvoir autoritaire d’un homme fort et 13 % pour un gouvernement de l’armée.

En Russie, au vu du leadership poutinien, les résultats de l’enquête peuvent étonner. Le niveau de démocrates exclusifs est aussi élevé en Russie (41 %) que dans plusieurs autres pays européens, notamment la France (40 %). 81 % des Russes considèrent en effet la démocratie comme un bon système. 32 % d’entre eux accepteraient le gouvernement d’un leader autoritaire et 19 % des militaires. Le niveau de soutien à un régime d’experts est particulièrement bas par rapport à beaucoup de pays, seuls 38 % l’accepteraient, ce qui sonne comme un désaveu des technocrates de l’entourage présidentiel, jugés responsable de tout ce qui va mal.

Au total, la démocratie est donc plus fragile qu’on ne le croit dans beaucoup de pays de l’Union européenne. Les responsables politiques et les acteurs de la société civile devraient réfléchir aux moyens de renforcer l’attachement des citoyens au système démocratique. Dans un contexte où les élus sont très fortement critiqués, les démocraties ont besoin de se relégitimer.

Aide alimentaire : comment orienter vers ceux qui en ont le plus besoin

Aide alimentaire : comment orienter  vers ceux qui en ont le plus besoin

Pierre-Emmanuel Arduin et Doudja Saïdi-Kabeche, chercheurs en sciences de gestion, montrent, dans une tribune au « Monde », comment certaines épiceries solidaires et cantines sociales arrivent à mieux aider les étudiants et travailleurs pauvres qui ont faim en France, tout en préservant leur dignité, grâce à des outils numériques.

 

Avec la hausse incessante des prix, de plus en plus de Français éprouvent des difficultés pour s’acheter à manger en quantité et en qualité suffisantes. Le gouvernement versera courant septembre une aide d’urgence aux bénéficiaires des minima sociaux, de 100 euros par foyer, avec 50 euros supplémentaires par enfant. Mais cela ne réglera pas la question.

Les épiceries solidaires, centres de distribution et autres cantines sociales font face à une vague montante de demandeurs. Jusqu’à 4 millions de familles, selon l’Insee, se nourrissent aujourd’hui en partie d’aliments récupérés gratuitement.

Comment agir pour rendre cette aide alimentaire plus socialement acceptable ? C’est l’objet de nos recherches. Les Nations unies définissent, en effet, la sécurité alimentaire comme une situation de disponibilité des denrées nécessaires, mais aussi d’acceptabilité sociale de cette offre de nourriture. Or le système d’aide alimentaire actuel, qui s’appuie surtout sur des distributions gratuites, met parfois à mal la dignité des personnes.

Des étudiants et travailleurs pauvres, qui, jusqu’à il y a peu, faisaient leurs courses normalement, se mêlent désormais dans les files d’attente à des personnes en situation de très grande précarité (difficultés sociales, de santé, réfugiés, etc.).

Les quelque 200 000 bénévoles qui assurent les distributions alimentaires sont tenus, par les textes français et européens, d’assurer en même temps un accompagnement humain des personnes. Or, face à l’augmentation du nombre des bénéficiaires, ils n’ont souvent pas le temps aujourd’hui d’apporter ce soutien social et psychologique à ceux qui en ont réellement besoin.

KIEV a un urgent besoin d’armes

 KIEV a un urgent besoin d’armes

La position de l’Occident et de l’OTAN paraît particulièrement floue voir contradictoire et lâche. Comment en effet comprendre qu’après des mois de conflit, l’Ukraine qui partage les mêmes valeurs que l’Occident ne puisse pas disposer des armes pourtant promises.

Officiellement les raisons sont multiples. Il y a notamment le fait que ces armes doivent essentiellement transiter par la Pologne puisque notamment l’accès maritime est bloqué par la Russie.

Les pays concernés avancent aussi le fait qu’ ils ne peuvent déshabiller trop largement leurs propres équipements militaires. Mais ces arguments cachent en fait une réticence politique à fournir trop d’armement à l’Ukraine. Par crainte sans doute des réactions russes. Enfin il y a les illusions diplomatiques notamment de Macron qui pensent que le dialogue peut dans la période aboutir à une issue de paix négociées. Une illusion actuellement évidemment. De ce point de vue la France est très critiquée par les ex pays de l’Est.

L’Otan à travers la voix de son secrétaire général a enfin reconnu ce que dit depuis des semaines et des semaines le président de l’Ukraine à savoir l’insuffisance d’armes fournies notamment lourdes . Le rapport n’est même pas de 1 à 10.

L’Otan a commencé à « intensifier » ses livraisons d’armes à Kiev, a expliqué Jens Stoltenberg ce mardi, notant que les Ukrainiens « dépendent absolument de ces livraisons pour faire face à l’agression brutale de la Russie ».

Les pays occidentaux devraient envoyer à Kiev davantage d’armes lourdes pour l’aider à combattre l’armée russe qui progresse dans l’est de l’Ukraine, a déclaré ce mardi soir le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

L’Ukraine ne cesse de demander aux Occidentaux de lui livrer davantage d’armes et équipements militaires perfectionnés pour faire face à l’invasion russe, et reproche à certains pays européens de traîner les pieds.

A la veille du sommet, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et son homologue danoise Mette Frederiksen ont reçu Jens Stoltenberg et plusieurs dirigeants européens, dont le chef du gouvernement polonais Mateusz Morawiecki, dont le pays est voisin de l’Ukraine.

« Nous n’en avons pas fait assez pour défendre l’Ukraine, soutenir le peuple ukrainien, sa liberté et sa souveraineté », a dit Mateusz Morawiecki au cours de la même conférence de presse.

« C’est la raison pour laquelle je vous exhorte […) à en faire beaucoup plus pour livrer des armes et de l’artillerie à l’Ukraine. Ils en ont besoin pour défendre leur pays », a-t-il dit, jugeant que les pays occidentaux ruineraient leur « crédibilité » en cas de défaite de l’Ukraine face à la Russie.

« Ce serait un échec total et un désastre pour l’Union européenne, nos valeurs, et pour l’Otan », a-t-il jugé.

Financement public : un besoin d’au moins 50 milliards supplémentaires par an

Financement public : un besoin d’au moins 50 milliards supplémentaires par an 

 

L’économiste Jean Pisani-Ferry  estime, dans sa chronique, à environ 50 milliards d’euros par an les besoins supplémentaires de financement public pour les secteurs de l’éducation, de la santé, de la transition écologique, de la défense…( Le Monde)

 

C’est en vain qu’on chercherait les mots « dette » ou « déficit » dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron. Pendant la campagne, la question des finances publiques n’a pas été posée (sauf, avec le succès que l’on sait, par Valérie Pécresse). Il est temps d’y venir.

Le problème n’est pas l’imminence de la menace. Les récentes prévisions de la Commission européenne estiment une baisse de 5 points du ratio de dette entre 2020 et 2023. Et si les taux ont un peu remonté, ils restent très faibles en termes réels. On doit certes envisager la possibilité d’une vraie récession, et on peut imaginer un retour de l’inquiétude sur les marchés, par exemple en cas de tensions politiques en Italie. Mais, fondamentalement, ce n’est pas cela qui doit nous alarmer.

Le problème n’est pas non plus que le gouvernement mobilise les finances publiques dans la lutte contre l’inflation. Pour hétérodoxes qu’ils soient, tarifs régulés, baisses de TVA et subventions ciblées sont des réponses utiles qui permettent de préserver le pouvoir d’achat et de contenir la montée des anticipations d’inflation. La France a payé plus cher que cela pour restaurer sa compétitivité.

Le problème n’est pas, enfin, le pari sur le plein-emploi. Comme l’a écrit Patrick Artus dans ces colonnes, il est grand temps de cesser de prendre pour une fatalité ce qui, chez nombre de nos voisins, ne l’est plus depuis des lustres. Le sous-emploi de masse est une calamité économique et sociale à laquelle nous nous sommes trop longtemps résignés et dont les effets sont massifs. Imagine-t-on, par exemple, qu’en 2019 la dépense budgétaire pour l’emploi (indemnisation, formation, allégements, incitations) s’est élevée à 144 milliards contre 128 milliards pour l’éducation (de l’école primaire au doctorat) ? En mettant 20 milliards de plus sur l’éducation, de combien améliorerait-on, à terme, la performance sur l’emploi ?

La bonne stratégie budgétaire n’est ainsi pas de mettre la cape parce que le temps s’assombrit. Elle est d’investir à bon escient pour corriger nos travers et relever le niveau d’activité. Mais cela ne doit pas empêcher de compter. Et c’est là que le bât blesse.

Dans les vingt prochaines années, la France va devoir dépenser nettement plus pour l’éducation. Plus que les tests PISA, un peu abstraits, les reportages sur la difficulté à recruter des enseignants ou la surprise des enfants ukrainiens face au médiocre niveau mathématique de nos écoles ont souligné l’ampleur de notre retard. Quant à l’université et à la recherche publique, elles sont sinistrées. Combien faudra-t-il ? Certainement plus de 10 milliards par an.

Futures centrales nucléaires : un besoin de financement de 500 milliards dans l’Union européenne ( Thierry Breton)

Futures centrales nucléaires : un besoin de financement de 500 milliards dans l’Union européenne ( Thierry Breton)

 

En France, le développement du nucléaire décidé par les pouvoirs publics notamment les EPR nouvelle génération , voire les SMR,( petites centrales nucléaires de 1 à 300 MW), va justifier un besoin de financement de leur de 50 milliards. Un chiffre à multiplier par 10 pour l’ensemble de l’union européenne d’après le commissaire européen, qui plaide en faveur de la labellisation verte du nucléaire. Une labellisation qui doit être décidée en principe en janvier 2022

Les centrales nucléaires européennes de nouvelle génération nécessiteront un investissement de «500 milliards d’ici à 2050», estime le commissaire européen au Marché intérieur Thierry Breton, qui juge «crucial» d’ouvrir la labellisation verte au nucléaire dans le cadre de la transition énergétique.

«Les centrales nucléaires existantes, à elles seules, nécessiteront 50 milliards d’euros d’investissements d’ici à 2030. Et 500 milliards d’ici à 2050 pour celles de nouvelle génération !», affirme le commissaire français dans un entretien au Journal du dimanche (JDD) .

Un chiffre sans doute approximatif concernant le renforcement de la sécurité des centrales existantes. En effet rien qu’en France le grand carénage va déjà représenter 50 milliards. Or la France dispose de presque 60 réacteurs pour environ 150 en Europe. Conclusion le coût de l’entretien de tous les recteurs européens sera plus proche de 150 milliards que de 50.

Calculé sur la période 2014-2025, ce cout en France été estimé en 2015, à 55 milliards d’euros de 2013, avant d’être réévalué deux fois. D’abord à la baisse en 2018, à 45 milliards d’euros 2013, soit 48,2 milliards d’euros courants, puis à la hausse en octobre 2020, à 49,4 milliards d’euros courants.

«Cette nouvelle estimation intègre essentiellement les premiers enseignements sur les travaux à mener, induits par le processus d’instruction du 4e réexamen périodique des réacteurs 900 MW (les réacteurs concernés par le grand carénage).

Le financement des nouvelles centrales en Europe est sans doute lui aussi assez approximatif. Pour la France le seul coup des EPR nouvelle génération atteindra une cinquantaine de milliards. Mais l’évaluation est difficile à faire compte tenu de la dérive des prix les concernant enregistrées dans le monde entier ( Le prix de départ a été multiplié par 3,5 concernant EDF) . Le chiffre avancé par le commissaire européen de 500 milliards correspondrait à la construction de 50 à 70 nouveaux réacteurs . En l’état de l’opinion européenne, cette perspective peut être discutée. Cependant cette opinion pourra évoluer car la demande d’énergie ne va pas diminuer, elle sera même nécessairement en hausse pour faciliter la transition énergétique.

 

Un besoin de 40 000 avions neufs d’ici 20 ans

  • Un besoin de 40 000 avions neufs d’ici 20 ans 

 

D’après Airbus même si les taux de croissance de la mobilité aérienne ont  tendance à diminuer pour des motifs environnementaux, les besoinbd’appareils vont continuer d’augmenter de manière considérable. En cause justement la prise en compte de la problématique écologique qui impose des avions à la fois moins polluant et moins gourmand en carburant sans compter les autres améliorations techniques.

Par ailleurs d’ici 20 ou 30 ans d’hydrogène pourrait bien prendre la place du kérosène et permettre ainsi la suppression de toute émission nocive notamment de carbone.

Airbus  estime que les compagnies aériennes prendront livraison de 39.000 avions neufs de plus de 100 places, non pas en 2038 comme il le prévoyait en 2019, mais en 2040. Soi près de 2000 avions neufs par an en moyenne. Et ce, alors qu’Airbus a pourtant revu ses prévisions de croissance du trafic passagers à la baisse.

La répartition entre les différents segments de marché évolue marginalement. Airbus anticipe toujours un besoin pour 29.700 monocouloirs pour des vols court et moyen-courriers sur lesquels il positionne ses A220 et A320 NEO, 5.300 avions long-courriers de moyenne capacité avec les A321XLR et A330 NEO, et enfin 4.000 gros-porteurs avec l’A350. Seule la part de ce dernier segment tend à se réduire relativement significativement avec 120 appareils prévus en moins par rapport à 2019.Une conséquence sans doute des changements intervenus dans les processus de production et de distribution au plan mondial.

«Nucléaire : un besoin pour l’Europe »

 «Nucléaire : un besoin pour l’Europe »

 

Le nucléaire est crucial pour l’Europe déclare une dizaine de pays européens. ( Tribune dans le Figaro.

TRIBUNE -

 

L’enjeu est crucial: avons-nous réellement l’ambition de lutter contre le changement climatique et de conquérir notre indépendance énergétique? Allons-nous faire appel à nos meilleures armes pour décarboner notre économie?

Le réchauffement climatique est la bataille d’aujourd’hui, pas de demain. Dans son dernier rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (IPCC) a été très clair dans ses prévisions: notre objectif de limiter notre réchauffement à 1,5° ou 2 °C au XXIe siècle, ne pourra être atteint que si nous diminuons drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre dans les huit ans à venir.

La hausse des prix de l’énergie montre aussi combien il est important de réduire très rapidement notre dépendance énergétique vis-à-vis des pays étrangers. Les tensions dans la fourniture d’énergie seront de plus en plus fréquentes. Nous n’avons pas d’autre choix que de diversifier nos sources d’approvisionnement, en faisant attention à ne pas augmenter nos importations d’énergie

2022 : Macron a surtout besoin d’un projet (Dominique Reynié)

2022 : Macron a surtout besoin d’un projet (Dominique Reynié)

Macron surtout  devra miser sur sa vision de l’avenir plus que sur ses réalisations à la tête du pays, selon le politologue Dominique Reynié, invité d’Europe 1, dimanche.

ANALYSE

De quel(s) levier(s) Emmanuel Macron dispose-t-il en vue de sa probable campagne présidentielle de 2022 ? À sept mois de l’échéance, et sans avoir indiqué qu’il comptait se présenter à sa succession, le chef de l’État doit d’abord gérer une crise sanitaire du coronavirus qui n’en finit pas. Dans ce contexte difficile, le camp du président de la République a connu avec les élections régionales et départementales de juin dernier un scrutin très compliqué, n’engrangeant aucune région ni département. Pour le politologue Dominique Reynié, directeur général de la fondation Fondapol et invité d’Europe 1, dimanche, cela rebat les cartes pour la présidentielle.

« Jusqu’aux élections régionales et départementales, il y avait cette idée qu’Emmanuel Macron allait être réélu sans coup férir parce qu’il allait avoir en face de lui Marine Le Pen et qu’il lui suffirait de jouer sur le thème du barrage à la candidate du Rassemblement national », rembobine Dominique Reynié au micro de Charles Villeneuve. « Ça, c’est terminé et c’est plutôt une bonne nouvelle. »

Désormais, Emmanuel Macron devra choisir une autre stratégie pour rester à l’Élysée l’année prochaine. « Il faudra que le chef de l’Etat puisse présenter aux Français non seulement un bilan de son action qui a été difficile sur cinq ans, tout le monde en a été témoin, notamment en raison de cette pandémie, mais aussi des projets, avec un discours et une vision », insiste le politologue.

Cela pourrait-il passer par une réforme des retraites repoussée à cause du Covid-19 ? « Que la réforme des retraites ait lieu avant l’élection présidentielle, ça ne paraît pas raisonnable de l’imaginer », balaie en tout cas Dominique Reynié, pour qui la campagne à venir « restera dominée par la question sanitaire et obscurcie par le contexte économique ». Désormais indécise aux yeux de Dominique Reynié, l’élection présidentielle sera-t-elle la plus surprenante de l’histoire de la Ve République ?

 

Présidentielle 2022 : la France a besoin de quelqu’un qui inspire confiance

Présidentielle 2022 : la France a besoin de quelqu’un qui inspire confiance 

L’économiste Nicolas-Jean Brehon dresse, pour « Le Monde , extrait», le portrait d’un candidat idéal de la droite à l’élection présidentielle .

 

Tribune.

 

Ils y pensent depuis longtemps et se préparent à la guerre. Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, par ordre donné par les sondages. Frères ennemis mais au passé bien composé : tous les trois anciens ministres, parfois dans le même gouvernement, tous les trois présidents de région, réélus en juin avec de bons scores. Comment les départager afin qu’un seul représente la droite à la prochaine élection présidentielle ?

L’hypothèse Marine Le Pen s’est éloignée. Le débat calamiteux face à Emmanuel Macron restera son boulet et les échecs des régionales ont cassé la dynamique. .

Déjà, ils ne s’aiment pas, ce qui est fréquent en politique, mais après la primaire, ils vont se détester et rejouer la pièce Chirac-Giscard en 1981 où le premier faisait semblant de soutenir le second mais poussait ses fidèles à l’éliminer. Les petits noms circulent dans les couloirs des assemblées. Même sans légende, on les reconnaîtra. Il y a celui qui a « l’air d’un vendeur de voitures »« faux derche » et « Miaou… » En politique, on se courbe devant le vainqueur, car il y a des postes à pourvoir, mais avant, on brocarde les prétendants. On se souvient du délectable et récréatif « Flanby » [surnom donné à François Hollande]. L’impétrant s’en est bien sorti mais d’autres se(a)igneurs l’auraient certainement pendu au croc de boucher.

La primaire présente de gros risques. Chacun sent bien qu’aucun n’a vraiment la carrure. Un outsider ? Michel Barnier ? Tellement terne ! Bruno Retailleau ? Trop peu visible ! François Baroin ? Trop indécis ! Quant à Nicolas Sarkozy, il teste son audience avec ses séances de dédicaces du Temps des tempêtes [L’Observatoire, 2020] mais il y a un pas entre un succès de librairie et un succès électoral. Personne, au fond, sauf un. Un, peut-être. Un, sans doute. Quelqu’un qui serait en mesure d’éviter cette « guerre des trois », nouvelle preuve de « la droite la plus bête du monde », selon la fameuse expression de Guy Mollet en 1957. Essayons un portrait rapide.

Après Macron l’inédit, il faut un homme d’expérience. Les Français ont eu leur parenthèse de jeunisme avec des députés et des ministres sortis de nulle part et passablement dépassés. Il faut être opérationnel immédiatement, connaître suffisamment de monde pour recruter les meilleurs, sur d’autres critères que l’âge et la bonne volonté. Il y a cent jours pour agir.

L’hydrogène a besoin du nucléaire

L’hydrogène a besoin du nucléaire

 

 

Ce que justifie Gérard Longuet  sénateur LR de la Meuse, ancien ministre , vice-président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques  dans l’Opinion.

 

 

L’Europe vise les dix millions de tonnes d’hydrogène renouvelable d’ici à 2030. Quelle serait la quantité d’électricité nécessaire à mobiliser pour atteindre cette production ?

L’hydrogène n’est pas une source, c’est un vecteur d’énergie qui demande beaucoup d’électricité pour être produit. Afin de fabriquer 10 millions de tonnes donc, 550 TWh sont nécessaires (on a besoin en moyenne de 55 kWh par kg d’hydrogène). Et l’Union européenne a déclaré que l’intégralité de cette production serait d’origine renouvelable, tandis qu’elle est actuellement, en France, à 95 % d’origine fossile. L’objectif visé pourrait ainsi représenter 150 000 éoliennes terrestres, ou 800 000 hectares de panneaux solaires, dans des ordres de grandeurs approximatifs… Des chiffres aberrants.

Est-ce réaliste ?

Non, appelons un chat un chat, l’Union européenne doit se montrer plus ouverte sur la question nucléaire. Elle doit également prendre en compte la solution de captage de CO2 de l’hydrogène produit par reformage du méthane, qui est une autre façon d’isoler la molécule sans émissions de gaz à effet de serre.

Mais l’Allemagne défend cette position 100 % renouvelable, arguments à l’appui…

Les Allemands disent très clairement que cette énergie sera importée. Un projet « Desertec » de photovoltaïques dans le Sahara est en réflexion. A condition, cependant, que les pays propriétaires de ce territoire l’acceptent, qu’ils en sécurisent le fonctionnement et en garantissent un certain équilibre économique pour amortir les investissements. J’ajoute que, lorsque l’on transforme une énergie en vecteur de stockage que l’on transporte, on perd entre 20 et 50 % de l’énergie d’origine. Donc je pense que l’Europe raconte des histoires quand elle nous dit que l’on peut produire dix millions de tonnes d’hydrogène renouvelable.

Où se situe la France sur cette question ?

Nous sommes dans une position intermédiaire car nous pouvons produire de l’hydrogène nucléaire. Or, la Programmation pluriannuelle de l’énergie ambitionne d’abaisser la part du nucléaire dans le mix énergétique français à 50 % d’ici à 2030. Il faudrait donc, je pense, ajouter à ce mix dédié à notre consommation, une production consacrée à l’hydrogène ayant une part nucléaire à repenser.

« Le renouvelable a sa place. Mais à cela doit s’ajouter davantage de nucléaire, sous des formes différentes, comme les technologies SMR, c’est-à-dire de petits réacteurs modulaires »

Est-ce que cela demanderait de construire de nouveaux réacteurs ?

Oui. En sachant que les territoires qui en sont dépourvus ne veulent pas en accueillir, comme la Bretagne. Il y a plusieurs zones en France qui se trouvent en fragilité électrique à cause d’une production insuffisante et d’une densité de réseaux trop forte à certains endroits. Impossible de faire de l’hydrogène dans ces conditions.

Sommes-nous face à un dilemme insoluble, entre un besoin d’hydrogène décarboné (idéal pour la mobilité lourde) et une capacité électrique insuffisante pour le produire ?

Non, c’est à mon avis totalement soluble. Le renouvelable a sa place, on peut augmenter les éoliennes dans les zones à faible densité de population jusqu’au moment où cela ne sera plus acceptable. Mais à cela doit s’ajouter davantage de nucléaire, sous des formes différentes, comme les technologies SMR, c’est-à-dire de petits réacteurs modulaires fabriqués à la chaîne pour le dire rapidement. Ces installations ont des plus petites puissances et sont, par conséquent, plus sûres.

N’est-il pas envisageable, par ailleurs, que notre consommation électrique gagne en efficience ou tende vers une certaine sobriété, pour équilibrer le mix et compenser l’arrivée de l’hydrogène ?

Je ne le crois pas. Il y a une demande d’électricité croissante pour toute la société numérique. Certes, ce secteur permet d’optimiser tel ou tel système, en le rendant plus sobre et plus intelligent, mais cela reste une source importante de consommation. Regardez l’augmentation des data centers. Il faut également prendre en compte le chauffage, avec la multiplication des pompes à chaleur ainsi que le développement de la mobilité électrique. Je ne vois pas pourquoi, ni comment, cette demande devrait baisser. Et le discours sur l’hydrogène est incohérent de ce point de vue là. Cela demande de réfléchir sur le long terme à notre manière de transformer l’industrie. Pour ma part, je préfère la décarboner avec la science, qu’avec la décroissance. L’homme a toujours choisi l’innovation.

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