Archive pour le Tag 'bénéfice'

Super bénéfice de TotalEnergies : Macron ment !

Super bénéfice de TotalEnergies : Macron ment !

Il y a quelques jours à la télévision Macron interrogé sur les supers profits de Total a osé affirmer que cette entreprise multinationale ne faisait pas un euro de bénéfice en France et que l’essentiel des profits venait d’activités à l’international.

Effectivement la majeure partie de l’activité de Total se développe au niveau international. Cependant Total assure aussi une activité en France qui est nettement bénéficiaire. Le problème comme pour la plupart des multinationales c’est qu’on procède à des transferts fiscaux qui permettent d’échapper aux impôts dans les pays à forte fiscalité. La technique comptable est classique, il s’agit d’externaliser les profits dans les pays à faible fiscalité ou même sans fiscalité du tout et inversement d’internaliser des couts dans les pays à haut niveau d’impôts.

Il n’est pas étonnant que Macron soutienne ce mécanisme, lui l’ancien banquier au service de la finance.
L’argument de Macron vise d’une part à s’opposer à la mise en place d’une taxation des super profits en même temps de s’opposer aussi à un rattrapage des salaires et revenus sur l’inflation. Bref, un immense transfert financier anti redistributif.

Les Français payent la note avec l’inflation et les multinationales encaissent les dividendes de la même inflation car les superprofits de Total sont surtout du à la hausse des cours de l’énergie notamment du gaz.

Le groupe pétrolier français TotalEnergies a annoncé jeudi 27 octobre 2022 que son bénéfice s’était encore envolé de 43 % au troisième trimestre par rapport au même trimestre de 2021, et s’établissait à 6,6 milliards de dollars.

Les 6,6 milliards de dollars de bénéfices annoncés par TotalEnergies pour le troisième trimestre s’ajoutent aux 5,7 milliards du deuxième trimestre et aux 4,9 milliards du premier trimestre. En 2022, TotalEnergies a déjà réalisé en neuf mois plus de bénéfices que sur l’année 2021 entière. Et le quatrième trimestre 2022 devrait encore creuser l’écart.

Total: Encore un bénéfice en très forte hausse

Total: Encore un bénéfice en très forte hausse

La nouvelle annonce du bénéfice pour le troisième trimestre de Total va sans doute alimenter encore en France voire ailleurs la question des superprofits. En effet Total vient d’annoncer ce troisième trimestre une hausse de 43 %, pour un bénéfice net de 6,6 milliards de dollars. Et cela juste au moment où Macron il y a deux jours à la télévision a confirmé qu’il se posait toujours à une fiscalité spécifique sur ces profits.

Il est évident que les oppositions au pouvoir vont se saisir de ce nouveau chiffre pour critiquer la politique gouvernementale et sa proximité avec les intérêts économiques et financiers privés. Notons toutefois que ce bénéfice est essentiellement réalisé au plan international qu’il est largement le résultat d’une spéculation mais aussi d’une exploitation des ressources dans les pays producteurs.

TotalEnergies a enregistré au troisième trimestre un résultat net ajusté de 9,9 milliards de dollars (contre 4,8 milliards au T3 2021), un Ebitda ajusté de 19,4 milliards (+74%) et une marge brute d’autofinancement de 11,7 milliards (+46%), avec une production d’hydrocarbures de 2,669 millions de barils par jour (Mb/j), en repli de 5%. Le groupe a aussi confirmé l’augmentation de 5% de ses acomptes sur dividende pour 2022 en proposant un montant de 0,69 euro par action au titre du troisième trimestre, en ligne avec sa politique de hausse présentée en février.

Il table toujours sur des investissements nets de l’ordre de 16 milliards de dollars cette année, dont 25% consacrés aux « énergies décarbonées », et a réitéré sa stratégie d’allocation de 35% à 40% de son cash-flow à ses actionnaires, après avoir précédemment annoncé au moins 7 milliards de rachats d’action pour 2022.

En France il y a toujours eu une grande proximité entre les intérêts pétroliers et les intérêts politiques. Ainsi Total a-t-il pu absorber Elf suite au scandale politico financier.

Les révélations de Loïk Le Floch-Prigent ( ancien président d’ELF ) , lors d`un entretien au Figaro et Aujourd`hui en France en 2001, révèle tout un système mis en place en 1967, dès la naissance d’Elf:

 » En créant Elf à côté de Total, les gaullistes voulaient un véritable bras séculier d’État, en particulier en Afrique (…). Une sorte d’officine de renseignements dans les pays pétroliers. Sous la présidence de François Mitterrand, le système est resté managé par André Tarallo (P-DG d’Elf Gabon), en liaison avec les milieux gaullistes (…). Les deux têtes de pont étaient Jacques Chirac et Charles Pasqua (…). L’argent du pétrole est là, il y en a pour tout le monde. (…)
Un grand nombre de personnes au sein de l’État étaient parfaitement au courant des sommes en jeu et des dangers de cette procédure. Tous les présidents de la République, tous les secrétaires généraux étaient informés des montants et des pays destinataires. Les ministres des Finances étaient également au courant des détails les plus importants. Au final, pour chaque opération, une quarantaine de personnes savaient tout, et en temps réel (…). Sur ce sujet, pas un homme politique, pas un, ne peut jouer les Saint-Just. Ça suffit. (…)
L’affaire Elf ne porte pas sur les années 1989-1993 mais sur la période 1973-2001. On ne peut réellement le comprendre qu’à la lumière des relations complexes entre la société pétrolière, le pouvoir politique en place et les différents États concernés.  » Complexité réelle, mais dont la finalité est simple en ce qui concerne le continent africain : Elf fut et reste une pièce essentielle du dispositif néo-colonial mis en place par Paris, quelques années après les indépendances, afin de maintenir sa tutelle économique et politique sur les pays de son ancien pré carré formellement émancipés. Les « soleils des indépendances », pour reprendre le titre de l’écrivain africain Ahmadou Kourouma, étaient par avance brouillés. »

Un bénéfice de 62,5 milliards de dollars pour les cinq grandes sociétés pétrolières

Un bénéfice trimestriel  de 62,5 milliards de dollars pour les cinq grandes sociétés pétrolières

 

 

Ce n’est pas vraiment une découverte: plus les cours du pétrole sont hauts et plus les pétroliers (et les Etats via la fiscalité) engrangent de bénéfices . l’Etat  récupère davantage  de TVA sur l’énergie. Ses recettes fiscales gagnent 24 milliards d’euros supplémentaires en 2022, soit +8% sur l’ensemble de ses prélèvements. Sans compter la part de TVA perçue par les collectivités territoriales et la sécurité sociale. Au total, sur toutes les administrations publiques centrales, locales et sociales c’est 50 milliards d’impôts, taxes et cotisations qui rentrent en plus dans les caisses publiques en 2022.    De quoi s’étonner car la logique devrait être inverse. En cause, la position quasi hégémonique des grandes sociétés pétrolières. Comme TotalEnergies, Shell, ExxonMobil et Chevron, le géant britannique BP a vu son bénéfice s’envoler au deuxième trimestre pour atteindre 9,26 milliards de dollars. Tirés par la flambée des prix des hydrocarbures, les profits de ces cinq majors atteignent 62,4 milliards de dollars, soit l’équivalent du PIB de la Bulgarie. De quoi faire grincer des dents, à l’heure où les ménages, en Europe comme aux Etats-Unis, voient leur pouvoir d’achat s’éroder avec l’inflation.

Au total, les cinq plus grandes entreprises du secteur ont engrangé 62,46 milliards de dollars de bénéfices au cours des trois derniers mois. ( TotalEnergies 5,7 milliards, BP 9,26 milliards, Chevron 11,6 milliards, ExxonMobil 17,9 milliard et Shell 18 milliards). A titre de comparaison, c’est peu ou prou l’équivalent du PIB de la Bulgarie en 2020.

En hausse depuis plus d’un an en raison du rebond de la demande des entreprises et des ménages après la pandémie, il a été propulsé à des niveaux plus vus depuis 2008 au printemps dernier, suite aux sanctions imposées à la Russie après qu’elle ait envahi l’Ukraine le 24 février. Le gaz, de son côté, s’envole de nouveau depuis que la Russie réduit progressivement ses livraisons vers les Vingt-Sept.

Sur le Vieux Continent, ces bénéfices pharaoniques ont fait naître de vifs débats autour de la mise en place d’une taxe temporaire sur les « superprofits » des multinationales alors que de nombreux ménages ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder avec la hausse du coût de la vie. Ainsi, en mai dernier, Londres a annoncé la création d’une taxe exceptionnelle sur le secteur de l’énergie afin d’aider à financer en partie les aides gouvernementales destinées aux ménages les plus modestes. L’Italie a adopté une approche similaire.

Une taxe temporaire a également été mise en place en Espagne et au Portugal. Ces deux pays de la péninsule ibérique ont obtenu une dérogation de la part de Bruxelles pour s’écarter temporairement des règles du marché européen de l’électricité. Objectif : limiter le prix du gaz fourni aux centrales électriques gazières pendant un an. Les gaziers seront compensés et recevront la différence entre le prix du marché et le tarif plafonné. Cette compensation sera financée par une taxe sur les bénéfices perçus par les compagnies électriques.

En France, la piste d’une « taxe exceptionnelle » sur les « bénéfices exceptionnels » des fournisseurs d’hydrocarbures, des prestataires de transports maritimes ou encore des concessionnaires d’autoroutes a été totalement écartée par les parlementaires ce mardi 2 août. Cette piste, d’abord évoquée au printemps dernier, a resurgi ces derniers jours après le doublement des profits de TotalEnergies au deuxième trimestre.

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a redit son opposition au « réflexe pavlovien de la taxe ».  »Une taxe n’a jamais amélioré la vie de nos compatriotes. Ils ont besoin d’argent dans leurs poches, pas dans les poches de l’Etat », a appuyé le ministre.

Sous pression, TotalEnergies a toutefois annoncé il y a quelques jours qu’il appliquera une remise à la pompe de 20 centimes par litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis à 10 centimes par litre sur le reste de l’année.

 

Total : un « petit » bénéfice de 5,7 milliards pour le premier semestre

Total : un « petit » bénéfice de 5,7 milliards pour le premier semestre

 

TotalEnergies peut dire ouf et merci à l’Assemblée nationale dont une  majorité s’est battue pour éviter de mettre en place une taxe sur les superprofits.  Pas étonnant que l’entreprise pour éviter trop de critiques sur l’ampleur de ses bénéfices ait décidé d’une petite ristourne de 0,20 € par litre de carburant pendant une période. Le pire c’est qu’une grande partie des bénéfices de l’année sera consacrée à l’inutile rachat par la société de ses actions pour un montant de 7 milliards ! (extrait du papier de la Tribune)

En effet en plein débat sur la taxation des « superprofits » liés à la guerre en Ukraine, TotalEnergies affiche des résultats exceptionnels. Porté par l’envolée mondiale des cours du pétrole et du gaz, son résultat net ajusté s’élève à 9,8 milliards de dollars, soit plus de 18 milliards sur le semestre, a communiqué l’entreprise ce jeudi. « C’est presque un record », relève Ahmed Ben Salem, analyste oil and gas chez Oddo BHF. De fait, la crise actuelle lui permet d’engranger des recettes mirobolantes, et d’exploser ses bénéfices.

« Les effets de l’invasion de l’Ukraine par la Russie sur les marchés énergétiques se sont poursuivis au deuxième trimestre, les prix du pétrole dépassant les 110 dollars le baril en moyenne sur le trimestre », a commenté le PDG Patrick Pouyanné, cité dans un communiqué.

La major a néanmoins souscrit dans ses comptes du deuxième trimestre une nouvelle provision de 3,5 milliards de dollars, liée à l’impact potentiel des sanctions internationales sur la valeur de sa participation dans le groupe russe Novatek (dont le groupe tricolore détient 19,4% des parts). Mais même en prenant en compte cet élément exceptionnel, le résultat net de l’entreprise atteint toujours 5,7 milliards de dollars, soit plus qu’un doublement par rapport au second trimestre de 2021.

De quoi donner raison à Patrick Pouyanné, qui assurait fin mars que l’exposition du groupe à la Russie était finalement « très gérable ». De fait, aux quatre coins du globe, l’entreprise continue sur sa lancée après ses profits records de 16 milliards de dollars sur l’année 2021 (soit les plus élevés depuis au moins quinze ans). Bref, loin de voir sa situation financière se fragiliser, le géant français des hydrocarbures gagne toujours beaucoup d’argent.

 

Cette santé plus que solide lui permet de relever son objectif de rachats d’actions, et de maintenir la hausse des dividendes que la direction avait promise aux actionnaires. « Le groupe avait planifié 4 milliards de rachats d’actions cette année. Mais la réalité a dépassé les attentes avec la flambée des prix des combustibles fossiles », note Ahmed Ben Salem. Résultat : TotalEnergies « a déjà racheté 3 milliards sur le premier semestre de l’année », et annoncé 2 milliards supplémentaires sur le prochain trimestre. « Si cela continue jusqu’à la fin de l’année, on sera plutôt autour de 7 milliards ! », estime l’analyste.

 

Un réarmement allemand au bénéfice des Américains ?

Un  réarmement allemand au bénéfice des Américains ?

Le réarmement allemand ne passera pas forcément par le développement des programmes en coopération avec la France, estime le groupe Vauban. Il profitera d’abord à l’industrie allemande et à ses maîtres d’oeuvre, qui pourront grâce à l’augmentation du budget de la défense, développer de nouvelles briques technologiques. Il profitera enfin aux groupes de défense américains. Par le groupe Vauban.

 

Le 27 février, sous le contrecoup de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le Chancelier Scholz a évoqué un changement d’époque (Zeitenwende) en annonçant un réarmement massif de la Bundeswehr par deux leviers : la création d’un fonds spécial (Sondervermögen) doté de 100 milliards d’euros et un budget de défense à plus de 2% du PIB. Largement analysée tant à Paris qu’à Berlin comme un bond en avant positif pour la coopération bilatérale, l’augmentation massive des budgets d’investissements de la Bundeswehr pourrait paradoxalement aboutir à un enterrement de première classe des projets franco-allemands déjà moribonds.

Des acquisitions américaines loin d’être des solutions de transition

Certes, le ton a changé : dans le discours du 27 février, les projets avec la France sont décrits comme des « priorités absolues » pour le Chancelier : c’est la première fois en effet que la nouvelle coalition exprime de tels sentiments publics envers la France. Dans le contrat de coalition du 24 novembre 2021, la France avait été mentionnée mais rapidement, sans aucune mention de programmes clés, et juste avant d’autres partenaires puissants comme les Pays-Bas et la Norvège ou des voisins les plus proches comme la Pologne ou les États des Balkans (page 136).

Ces commentaires, pour bienvenues qu’ils soient, l’ont été cependant après de nombreuses déceptions enregistrées par Paris, qui ont ébranlé les fondements mêmes d’une coopération bilatérale étroite et de confiance. Il y eut d’abord le choix du P-8 Poseidon, comme solution transitoire, vécue à Paris comme une trahison brutale de l’Allemagne sur un programme de patrouilleur maritime – le MAWS - où elle avait obtenu pourtant la part du Lion, écartant les seuls industriels capables de construire un tel appareil et l’option de location d’Atlantique 2 français. Dans sa session du 23 juin 2021, le Bundestag a certes pris soin de qualifier cette décision de « solution de transition », mais l’avion de Boeing est un nouvel appareil dont la durée de vie et le coût – 1,43 milliard d’euros pour 5 unités – laissent en réalité très peu de chances à une résurrection du MAWS.

Il y eut ensuite le refus allemand de financer le programme de modernisation et d’extension capacitaire du Tigre Mark-3 avec, en filigrane, la tentation allemande de faire comme l’Australie : se débarrasser d’un hélicoptère mal aimé (car ne servant pas en opérations extérieures et souvent indisponible) et acheter de l’Apache. Si ce projet n’a pas – encore ? – vu le jour, la participation allemande au programme de modernisation de cette plateforme emblématique de la coopération européenne, même dans le domaine des systèmes d’armes air-sol, n’est toujours pas l’ordre du jour à la Hardthöhe

Il y eut enfin le faux psychodrame du successeur du Tornado pour la mission nucléaire de l’OTAN ; dans un premier temps, l’ancienne coalition avait penché, on le sait, pour la solution d’une flotte mixte : 40 Super Hornet pour la frappe nucléaire et 15 Super Growler pour la guerre électronique et la destruction des défenses sol-air ennemies. La Luftwaffe, qui avait clairement opté dès le début de ce dossier pour le choix du F-35A Lightening, s’était vue rappelée à l’ordre, et son chef, le général Müllner fut limogé ; dans un deuxième temps, la nouvelle coalition au pouvoir avait laissé entendre dans son contrat de coalition qu’elle prendrait le temps de la réflexion s’agissant de la mission nucléaire, laissant ainsi planer le doute sur la poursuite même de celle-ci ; dans un troisième temps (en février), le chancelier avait admis à huis clos qu’il allait acheter une petite quantité de F-35A (18) afin de maintenir la capacité nucléaire au service de l’OTAN, mais sans renoncer au projet SCAF.

Cet habile compromis vendu à un Paris réticent mais soulagé n’a pas tenu devant les impérieuses nécessités opérationnelles : une flotte de 35 appareils étant le minimum requis compte tenu de l’attrition toujours à prévoir s’agissant d’une mission de largage d’une bombe nucléaire à gravitation (en 2022 !), de la faible disponibilité du F-35A et de la formation nécessaire des équipages, l’habile compromis imaginé à la Chancellerie a volé en éclat : la commande sera bel et bien du format imaginé pour le Super Hornet, c’est-à-dire conséquente et équivalente à la commande belge (34) et coûteuse (2,8 milliards d’euros au bas mot).

Ces choix allemands, pour motivés qu’ils soient, ne sont pas cependant des solutions de transition, mais bel et bien des solutions du long terme puisque les deux plateformes américaines qui seront prochainement contractualisées sont les dernières générations des matériels chacun dans leur catégorie : le provisoire est en réalité une solution de 35 ans au moins avec la tentation évidente du côté des opérationnels allemands de les prolonger par des commandes additionnelles…

La servitude volontaire de l’Allemagne aux Etats-Unis

Ces développements illustrent une vérité crue : l’Allemagne n’a jamais importé de matériel français et a toujours considéré avec méfiance les projets bilatéraux. La raison de fond en est connue mais constamment oblitérée par l’optimisme naïf et altruiste de Paris : l’Allemagne, comme tous les autres pays de l’Alliance Atlantique hormis la France, considère que les Etats-Unis seuls peuvent lui apporter la paix, surtout en ces temps troublés par la guerre russo-ukrainienne. Déjà, le contrat de coalition avait purement et simplement évacué l’autonomie stratégique européenne à la française (alors que la précédente coalition en avait débattu même si ce fut brutalement) et prévenu que les initiatives européennes ne pouvaient en aucun cas se faire hors de l’OTAN mais en complémentarité obligée avec elle.

Depuis le 15 juin 1963, date à laquelle le Bundestag avait imposé au Traité de l’Élysée son préambule interprétatif ruinant tout espoir de constituer une défense franco-allemande étroite, la France bute sur cet ancrage allemand à l’OTAN, que sa réintégration en 2009 dans le commandement intégré n’a rien changé… L’Allemagne, de son côté, confirme la définition de l’OTAN donnée par le premier secrétaire général de l’OTAN (1952-1957), Lord Ismay : « to get the U.S in, the Soviets out and the Germans down ». La guerre russo-ukrainienne, comme naguère la Guerre froide, illustre l’actualité du mot humoristique mais réaliste du général britannique… Avec le fonds spécial, l’Allemagne ne fait en réalité qu’accepter enfin les charges financières de sa servitude volontaire et confirmer son statut d’allié aligné sur la politique étrangère des Etats-Unis.

Alors, dans ce contexte, peut-on s’attendre vraiment à ce que la Chancellerie en tire la conclusion qu’il faut épargner la France après l’avoir si brutalement traitée ?

Une analyse plus fine des déclarations de M. Scholz et de la scène industrielle et politique allemande laisse à penser que les déceptions devraient perdurer pour la France.

Premièrement, et c’est une tendance logique, le réarmement allemand devrait aller en priorité à l’industrie allemande de défense. Après tant d’années de pénurie, il faut en effet s’attendre que cet afflux massif de crédits soit investi principalement dans le « Standort » industriel allemand pour préserver les emplois et développer des technologies clés considérées comme devant être protégées par l’État fédéral. C’est le sens des décisions prises en 2015 et en 2019. La politique industrielle de protection des grands maîtres d’œuvre nationaux (KMW, Rheinmetall, Hensoldt, Diehl, OHB, TKMS et Lürssen) sera enfin financée par le Fonds spécial. Ce n’est pas un hasard si Rheinmetall a souhaité préempter le débat sur l’utilisation de ces crédits en proposant un paquet global de 42 milliards d’euros (près de la moitié du Fonds spécial !) composé de ses solutions (munitions, véhicules blindés PUMA, drones, radars et défense aérienne). ThyssenKrupp a également suspendu son projet de spin-off de sa filiale navale, TKMS, et ce n’est pas un hasard si TKMS envisage l’acquisition de nouvelles infrastructures de production (chez MV Werften)… Gageons que d’autres entreprises allemandes font de même de leur côté pour capter la partie la plus importante du Fonds spécial.

Deuxièmement, le développement coûteux d’une version « ECR-SEAD » de l’Eurofighter (une ineptie, soit-dit en passant, pour un chasseur conçu uniquement pour un rôle otanien d’intercepteur) devrait conduire Manching à développer de nouvelles briques technologiques et donc conduire Airbus Allemagne à de nouvelles exigences en dans le programme SCAF, ajoutant de nouvelles difficultés à une négociation franco-allemande déjà compliquée par les exigences allemandes en matière de commandes de vol, de propriétés intellectuelle (le fameux background) et de gouvernance générale du programme d’avion (la fameuse « co-co-co »).

Troisièmement et enfin, la liste des matériels que le ministère de la Défense souhaite acquérir, va multiplier les difficultés d’interopérabilité avec les programmes et systèmes français, surtout quand ces matériels sont américains.

Le fonds spécial ne règle rien des problèmes inhérents à la coopération franco-allemande. Au bilan, ces trois facteurs nouveaux déséquilibreront à coup sûr une coopération bilatérale, qui est avant tout politique et non menée dans le cadre d’une convergence de fond sur la doctrine d’emploi des forces. L’Allemagne poursuivra donc la politique d’armement qui est conforme à sa doctrine : américaine pour acheter sa sécurité et nationale pour faire vivre son industrie d’armement et mieux négocier les coopérations industrielles à son profit. Les programmes en coopération seront peut-être menés en partie avec la France, mais déjà sur nombre de segments, celle-ci est déjà laissée de côté. On l’a déjà vu avec le domaine spatial où l’Allemagne a choisi de briser l’accord bilatéral de Schwerin en choisissant de construire en national sa capacité d’observation optique ; on le voit actuellement avec l’alliance Airbus-Boeing pour le programme de remplacement des CH-53, on le verra demain avec le refus allemand de participer à l’armement air-sol du Tigre Mark-3.

Ajoutons enfin pour que le tableau soit complet que le projet de loi sur l’exportation d’armement, en cours d’élaboration au ministère de l’économie jusqu’à l’été, continue de faire peser une épée de Damoclès sur l’exportation de matériels français intégrant des sous-ensembles allemands, et continuera d’être la source de tensions futures entre Paris et Berlin. Avec une telle injection de crédits dans la sa défense, Berlin pourrait ainsi revenir au schéma de l’ancien Vice-Chancelier (SPD), Sigmar Gabriel : un budget annuel de défense robuste combiné avec des coopérations européennes ne nécessite plus d’exportations d’armement hors d’Europe et de l’OTAN… C’est à cette solution que poussent les écologistes allemands, le Parlement européen, les ONG et les institutions financières qui acceptent encore de financer la défense…

C’est pourquoi le Fonds spécial, loin de donner un nouvel élan à la coopération franco-allemande, pourrait, en fait, l’enterrer.

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(1) Le groupe Vauban regroupe une vingtaine de spécialistes en activité des questions de Défense.

Bourse de Paris : l’envolée avant prise de bénéfice !

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Comme d’habitude, c’est un peu le même rituel qui se déroule dans les milieux boursiers avec une envolée des cours vers la fin de l’année avant correction et prise de bénéfice. L’argent n’a pas manqué cette année grâce notamment à la générosité de la banque centrale européenne qui a inondé l’économie mais aussi les milieux financiers. Pour preuve de cette excellente santé financière, nombre d’entreprises se sont engagés dans la voie du rachat d’actions. Une opération complètement inutile sur le plan stratégique mais qui permet de gonfler les cours avant d’encaisser le fruit des hausses et de les faire payer ensuite aux naïfs de la bourse.

L’année se termine donc en beauté à la Bourse de Paris. Le CAC 40 grimpé de 0,76% mardi et a battu son record absolu en clôture, à 7.181,11 points, s’affranchissant des craintes liées à la propagation du variant Omicron. Au cours de la séance, il est monté jusqu’à 7.187,76 points, un niveau également inédit. Ses précédents records en séance (7.183,08 points) et à la clôture (7.156,85 points) dataient de mi-novembre. Depuis le début de l’année, le CAC 40 grimpe de plus de 29%, du jamais vu en 20 ans.

D’une certaine manière c’est le grand paradoxe de l’année 2021, année de crise sanitaire, année de redressement économique ( mais le retard demeure encore sur 2019) et d’amélioration du volume de liquidités des entreprises.

Le quoi qu’il en coûte était nécessaire mais il a été déversé sans condition vraiment contraignante et sans ciblage précis . De sorte que l’argent gratuit offert aux banques par la BCE n’a pas servi seulement qu’à soutenir l’économie. Il a aussi servi à soutenir inutilement les cours boursiers. Pour preuve cette augmentation de 30 % des cours complètement déconnectés de l’évolution des activités et de la vraie rentabilité des entreprises.

Bénéfice BNP : 1,17 milliards pour le premier trimestre

Bénéfice BNP : 1,17 milliards pour le premier trimestre

 

Les résultats sont plutôt bons pour la BNP en particulier grâce aux opérations de marché. Le bénéfice net a augmenté de 37,9% à 1,77 milliard d’euros (2,14 milliards de dollars) par rapport à l’année précédente, dépassant la prévision moyenne de 1,20 milliard dans un sondage d’analystes compilé par Refinitiv.

Le chiffre d’affaires est en hausse de 8,6% à 11,83 milliards d’euros, au-dessus des 11,2 milliards attendus par les analystes.

Dans ses activités de banque de financement et d’investissement, le chiffre d’affaires a augmenté de 24,3%, soutenu par un bond de 41,4% de son activité marchés.

BNP Paribas a déclaré qu’un rebond des opérations sur actions a compensé une baisse de 15,7% des opérations sur titres à revenu fixe, devises et matières premières.

«Les activités de dérivés primaires, de crédit et de matières premières se sont très bien comportées mais le contexte était moins favorable qu’au premier trimestre 2020 pour les activités de taux et de change», a indiqué la banque dans un communiqué.

L’activité actions de BNP a rapporté 697 millions d’euros, une bonne performance par rapport à l’an dernier, lorsque des suspensions généralisées de dividendes ont anéanti l’ensemble de ses bénéfices.

La banque a élargi ses activités sur les actions, en achetant les unités de courtage de premier ordre et de négociation électronique de Deutsche Bank en 2019. Le mois dernier, elle a annoncé qu’elle prendrait le contrôle total de sa société de courtage en actions Exane pour renforcer ses activités européennes.

Cependant, ses activités plus importantes de titres à revenu fixe, de matières premières et de devises ont été à la traîne de ses concurrents. Les revenus des ventes de titres à revenu fixe et de devises de Deutsche Bank ont ​​augmenté de 34%, tandis que Goldman Sachs a enregistré une hausse de 31% de ces transactions.

Les actions de BNP Paribas ont gagné 24,7% jusqu’à présent cette année, surperformant une hausse de 23,8% pour l’indice Stoxx Europe 600 Banks.

Bénéfice BNP : 1,17 milliards pour le premier trimestre

Bénéfice BNP : 1,17 milliards pour le premier trimestre

 

Les résultats sont plutôt bons pour la BNP en particulier grâce aux opérations de marché. Le bénéfice net a augmenté de 37,9% à 1,77 milliard d’euros (2,14 milliards de dollars) par rapport à l’année précédente, dépassant la prévision moyenne de 1,20 milliard dans un sondage d’analystes compilé par Refinitiv.

Le chiffre d’affaires est en hausse de 8,6% à 11,83 milliards d’euros, au-dessus des 11,2 milliards attendus par les analystes.

Dans ses activités de banque de financement et d’investissement, le chiffre d’affaires a augmenté de 24,3%, soutenu par un bond de 41,4% de son activité marchés.

BNP Paribas a déclaré qu’un rebond des opérations sur actions a compensé une baisse de 15,7% des opérations sur titres à revenu fixe, devises et matières premières.

«Les activités de dérivés primaires, de crédit et de matières premières se sont très bien comportées mais le contexte était moins favorable qu’au premier trimestre 2020 pour les activités de taux et de change», a indiqué la banque dans un communiqué.

L’activité actions de BNP a rapporté 697 millions d’euros, une bonne performance par rapport à l’an dernier, lorsque des suspensions généralisées de dividendes ont anéanti l’ensemble de ses bénéfices.

La banque a élargi ses activités sur les actions, en achetant les unités de courtage de premier ordre et de négociation électronique de Deutsche Bank en 2019. Le mois dernier, elle a annoncé qu’elle prendrait le contrôle total de sa société de courtage en actions Exane pour renforcer ses activités européennes.

Cependant, ses activités plus importantes de titres à revenu fixe, de matières premières et de devises ont été à la traîne de ses concurrents. Les revenus des ventes de titres à revenu fixe et de devises de Deutsche Bank ont ​​augmenté de 34%, tandis que Goldman Sachs a enregistré une hausse de 31% de ces transactions.

Les actions de BNP Paribas ont gagné 24,7% jusqu’à présent cette année, surperformant une hausse de 23,8% pour l’indice Stoxx Europe 600 Banks.

Facebook : un bénéfice de près de 10 milliards

Facebook : un bénéfice de près de 10 milliards

Facebook a quasiment doublé son bénéfice net en un an, à 9,5 milliards de dollars au premier trimestre, signe que le géant des réseaux sociaux a su capitaliser sur la transition accélérée des consommateurs vers internet pendant la pandémie.

Son chiffre d’affaires, 26,2 milliards de dollars (+48%), issu essentiellement des recettes publicitaires, est aussi largement supérieur aux attentes du marché, qui a salué la performance de l’entreprise : son titre prenait 5% lors des échanges électroniques après la clôture de Wall Street mercredi.

Selon eMarketer, Facebook est bien parti pour dépasser les 100 milliards de dollars de revenus publicitaires nets pour la première fois en 2021, et ainsi conserver la deuxième position en termes de parts de marché mondiales (23,7%), derrière Google (28,6%), qui a aussi surpassé les attentes au premier trimestre.

Orange: un recul du bénéfice

Orange: un recul du bénéfice

L’opérateur télécoms Orange a annoncé jeudi un bénéfice net en recul d’un peu plus de 10% (-10,7%) sur le semestre, à 1,04 milliard d’euros, qui s’explique principalement par une hausse des provisions liées aux risques et litiges, et confirmé ses objectifs pour l’année. Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du groupe est resté en progression de 1%, à 20,77 milliards d’euros, principalement grâce à une croissance de ses ventes en France, malgré la période de confinement lié au Covid-19, ainsi que sur le marché entreprises, avec Orange Business Services (OBS), et en Afrique et Moyen-Orient.

Sur le deuxième trimestre, le plus concerné par la crise provoquée par la pandémie du coronavirus, l’opérateur historique conserve un chiffre d’affaires quasi stable (-0,1%), la progression des ventes en France (+2,8%) venant compenser le recul plus marqué en Espagne (-6,8%) et dans le reste de l’Europe (-5,1%). « Le groupe démontre sa très bonne résistance dans un contexte de crise sans précédent. des résultats qui reflètent des tendances commerciales solides malgré le quasi arrêt de l’économie notamment en France. La France ainsi que l’Afrique et Moyen-Orient sont en croissance et font plus que compenser la totalité de la baisse des autres segments », a détaillé le directeur financier du groupe, Ramon Fernandez, lors d’une conférence de presse téléphonique.

 

L’Oréal: ça baigne, bénéfice net de +8,8%)

 

L’Oréal: ça baigne, bénéfice net de +8,8%)

 

 

Évidemment on ne peut que se réjouir qu’une grande multi nationale localisée en France se porte bien. Cela contribue au dynamisme de la croissance même si pour l’essentiel le chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger. Pour autant, on peut s’interroger sur l’ampleur du bénéfice net en 2018 qui a atteint, 8 % soient près de 4 milliards. D’un point de vue éthique, on peut légitimement se demander si ces profits sont acceptables. Une autre question sera celle de leur distribution ! Un dynamisme qui est sans doute imputable au management qui sait  valoriser ses produits et surtout le rêve qui y est associé (exemple le fantasme des crèmes qui effacent les rides !). L’Oréal a en effet annoncé aujourd’hui un bénéfice net de 3,89 milliards d’euros en 2018, une hausse de 8,8% sur un an, ainsi qu’un nouveau record de rentabilité, grâce au dynamisme de ses divisions haut de gamme L’Oréal Luxe et Cosmétique Active. La marge d’exploitation du géant mondial des cosmétiques a atteint 18,3% l’an dernier, dépassant son précédent record de 18% en 2017. Ses ventes annuelles ont totalisé 26,9 milliards d’euros, légèrement meilleures que prévu et représentant une croissance de 7,1% à taux de change et périmètre constants, soit leur plus forte progression annuelle depuis 2007.

 

Bénéfice Total : un bond de hausse 83% grâce aux hausses du pétrole au deuxième trimestre

Bénéfice Total : un bond de hausse 83% grâce aux hausses du pétrole au deuxième trimestre

 

 Total peut dire merci à la hausse du pétrole. Le bénéfice net du groupe publié ce 26 juillet a bondi de 83% à 3,72 milliards de dollars et son bénéfice net ajusté, qui exclut des éléments volatils et exceptionnels, a progressé pour sa part de 44% à 3,55 milliards, un niveau cependant en-dessous des attentes des analystes qui tablaient sur 3,67 milliards de dollars. Le groupe a une nouvelle fois bénéficié de la remontée du prix du baril depuis la fin de l’année dernière – le baril de brut valant en moyenne 74,4 dollars au deuxième trimestre contre 49,9 dollars un an plus tôt. Au premier trimestre, il ne valait encore que 66,8 dollars. Les résultats de Total ont également été tirés par l’activité d’exploration et de production d’hydrocarbures : le groupe a produit 2,717 millions de barils équivalent pétrole en moyenne par jour, soit une hausse de 8,7%. 

 

EDF : un bénéfice relatif

EDF : un bénéfice relatif

 

EDF annonce un bénéfice de l’ordre de 2 milliards. Un bénéfice toutefois virtuel quand on connaît l’ampleur de l’endettement, le plan de cession d’actifs, le soutien de l’État dans différents domaines et surtout l’ampleur des investissements à réaliser.  . Pas sûr que cela soit suffisant pour faire remonter l’action qui a perdu 90 % de sa valeur Les baisses de respectivement 3,9% de la production nucléaire et de 16% pour l’hydroélectricité ont plombé les résultats d’EDF sur le premier semestre de l’année. Le chiffre d’affaires s’établit à 35,7 milliards d’euros (-2,6%), pour un bénéfice net en baisse de 3,7% à 2 milliards d’euros et un Ebitda qui chute de 21,8% à 7 milliards d’euros. Les « conditions de marché » ont également pesé sur ces résultats, notamment le dispositif de l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique) qui contraint l’opérateur national à vendre une partie de sa production à ses concurrents alternatifs à un prix régulé (aujourd’hui fixé à 42 euros le mégawattheure) alors qu’il a dû dans le même temps s’approvisionner à des tarifs de marché au plus haut afin de faire face à la demande de ses clients. En outre, la pression concurrentielle a rogné sur les marges de l’opérateur. Interrogé sur sa réaction à la décision du Conseil d’État de mettre un terme aux tarifs régulés du gaz jugés contraires au droit communautaire, le PDG de l’entreprise publique a tenu à souligner lors d’un point presse téléphonique les différences avec l’électricité. «Clairement le Conseil d’État signale qu’il perçoit différemment la situation du gaz et de l’électricité, a-t-il indiqué lors d’une conférence avec des analystes financiers, rappelant que l’électricité est à la fois un besoin essentiel pour les gens – alors que le gaz ne l’est pas  - et n’est pas substituable.» Pourtant, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot avait indiqué devant le Sénat mi-juillet que la France allait devoir obéir aux injonctions de Bruxelles concernant la suppression des tarifs réglementés pour les deux types d’énergie. «Il en va du gaz comme de l’électricité, à un moment ou à un autre, il faudra s’y plier», avait-il déclaré devant des sénateurs. En clair Hulot soutient la baisse des prix de l’électricité ! Une petite contradiction avec ses deux autres déclarations relatives au prix de l’énergie.

EDF: bénéfice net en baisse

 

EDF: bénéfice net en baisse

EDF a publié mardi un résultat net part du groupe en forte baisse au titre de 2015, pénalisé par des dépréciations d’actifs, et a annoncé une baisse de son dividende. L’électricien public, dont l’Etat français détient 84,9% du capital, a toutefois redit son ambition de générer un flux de trésorerie (cash flow) positif en 2018 après dividendes (hors projet du compteur « intelligent » Linky). Pour 2016, le groupe vise un Ebitda compris entre 16,3 et 16,8 milliards d’euros, un ratio d’endettement financier net sur Ebitda entre 2 et 2,5 fois et un taux de distribution du résultat net courant compris entre 55% et 65%. EDF a enregistré au titre de 2015 un résultat net part du groupe de 1.187 millions d’euros (-67,9%), un résultat net courant de 4.822 millions (-0,6%), un Ebitda de 17.601 millions (+3,9% en organique et hors rattrapage tarifaire) et un chiffre d’affaires de 75.006 millions (+2,2% en variation brute, -1,8% en organique). Le groupe propose un dividende de 1,10 euro par action, contre 1,25 euro au titre de 2014, avec une option de paiement en actions nouvelles que l’Etat s’est engagé à choisir, ce qui évitera à EDF une sortie de cash de 1,8 milliard d’euros. Selon un consensus réalisé par Reuters (médiane), les analystes attendaient un résultat net part du groupe de 1.355 millions d’euros, un résultat net courant de 4.291 millions, un Ebitda de 17.411 millions et un dividende de 1,25 euro. Le PDG, Jean-Bernard Lévy, a dit lors d’une conférence téléphonique que la décision finale d’investissement dans le projet d’EPR britannique d’Hinkley Point approchait mais qu’il restait des points à régler avec les partenaires chinois et qu’EDF devait étudier son « équation » financière pour tenir compte de la baisse des prix de marché.

 

(Avec AFP)

Commerce extérieur : un bénéfice de 200 milliards pour l’Allemagne et un déficit de 60 milliards pour la France

Commerce extérieur : un bénéfice de 200 milliards pour l’Allemagne et un déficit de 60 milliards pour la France

Trop de fiscalité et  absence de politique industrielle,  les deux facteurs explicatifs du différentiel de résultat entre les deux pays. Une conséquence : un chômage galopant en France. Le résultat est sans appel: l’Allemagne a enregistré un excédent record de 198 milliards d’euros alors que la France a été, une nouvelle fois, dans le rouge à hauteur de 61 milliards d’euros, soit cependant 12 milliards de moins qu’en 2011. Les exportations allemandes représentent plus du double de celles de la France, à 1.094 milliards contre 435 milliards d’euros. Ce décrochage, loin d’être nouveau, est dû à un ensemble de facteurs structurels. Voici lesquels.  « Depuis une quinzaine d’années, l’Allemagne s’est spécialisée sur des produits à haute valeur ajoutée et a réorganisé son secteur productif en ce sens », alors que la France n’a pas fait ce choix et a « un problème de spécialisation sectorielle », explique Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo. L’Allemagne produit des biens d’équipements (automobiles, machines-outils…) réputés de qualité. Ces biens ont un succès certain auprès des pays émergents qui montent en gamme et choisissent de s’équiper en optant pour les fournisseurs germaniques.  Contrairement à la France, dont Arnaud Montebourg n’a cessé d’expliquer qu’elle était pénalisée par l’euro fort, l’Allemagne résiste bien à l’appréciation de la monnaie unique qui s’échange actuellement  à 1,35 euro pour un dollar.  La qualité de ses produits lui permet de supporter l’effet prix occasionné par le haut niveau de la devise. Autre explication: l’euro fort a aussi pour effet de diminuer les prix des importations. L’Allemagne a ainsi pu s’approvisionner à moindre coût en matières premières pour son industrie.  Dans une récente note intitulée France-Allemagne, convergence de vues?, Caroline Newhouse de BNP Paribas écrit que « les parts de marché de la France ont baissé de près de 40% depuis une décennie »‘. « En outre, l’industrie française a pâti vis-à-vis de l’Allemagne de l’évolution du coût du travail, et en particulier des cotisations sociales payées par les employeurs », poursuit-elle. Dans une étude de 2011, le Coe Rexecode, un think tank libéral, estimait que l’écart de coûts salariaux unitaires entre les deux pays s’élevait à 14%.  Le Medef évalue à environ 116 milliards d’euros le montant des prélèvements à supprimer pour que la France comble son écart de compétitivité avec l’Allemagne.  Sans reprendre les chiffres de l’organisation patronale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en évoquant une baisse de l’impôt sur les sociétés, déclarait mi-janvier sur France Inter « qu’il faut harmoniser avec l’Allemagne, il ne s’agit pas de baisser pour baisser ».

 




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