Archive pour le Tag 'beaucoup'

France : seulement 8 millions de personnes vaccinées, beaucoup trop peu

France : seulement  8 millions de personnes vaccinées, beaucoup trop peu

8 millions de vaccinés pour un objectif de 12 millions selon les propres objectifs du gouvernement.  Il faudrait vacciner 400 000 personnes par jour, on en est loin du fait des retards d’AstraZeneca, des dysfonctionnements logistiques et surtout des erreurs de commandes de L’UE. Dans un communiqué, la DGS a indiqué que 7,98 millions de personnes ont reçu une première injection du vaccin, tandis que 2,72 millions de personnes ont reçu les deux doses.

La France compte 4.974 patients en réanimation à cause du COVID-19, montrent les données publiées sur le site Géodes du ministère de la Santé, soit une hausse de 102 patients sur une journée et un pic depuis le 23 avril 2020, au moment de la première vague de l’épidémie de coronavirus dans le pays.

Le pays a enregistré en 24 heures 360 décès supplémentaires imputés au COVID-19 en milieu hospitalier, selon les données officielles, qui font état d’un bilan de 94.956 morts depuis le début de la crise sanitaire.

Par ailleurs, 9.094 nouveaux cas de contamination ont été annoncés, les chiffres du lundi étant traditionnellement plus bas que le reste de la semaine en raison de la lenteur des remontées des données enregistrées le week-end.

Le nombre de personnes hospitalisées a progressé de 610 unités en 24 heures, dépassant le seuil des 600 pour la première fois depuis le 2 décembre, et le total de patients hospitalisés atteint 28.322, franchissant le cap des 28.000 pour la première fois depuis le 2 février dernier pour atteindre un pic sans précédent depuis le 27 novembre.

  

8 millions de vaccinés pour un objectif de 12 millions selon les propres objectifs du gouvernement.  Il faudrait vacciner 400 000 personnes par jour, on en est loin du fait des retards d’AstraZeneca, des dysfonctionnements logistiques et surtout des erreurs de commandes de L’UE. Dans un communiqué, la DGS a indiqué que 7,98 millions de personnes ont reçu une première injection du vaccin, tandis que 2,72 millions de personnes ont reçu les deux doses.

La France compte 4.974 patients en réanimation à cause du COVID-19, montrent les données publiées sur le site Géodes du ministère de la Santé, soit une hausse de 102 patients sur une journée et un pic depuis le 23 avril 2020, au moment de la première vague de l’épidémie de coronavirus dans le pays.

Le pays a enregistré en 24 heures 360 décès supplémentaires imputés au COVID-19 en milieu hospitalier, selon les données officielles, qui font état d’un bilan de 94.956 morts depuis le début de la crise sanitaire.

Par ailleurs, 9.094 nouveaux cas de contamination ont été annoncés, les chiffres du lundi étant traditionnellement plus bas que le reste de la semaine en raison de la lenteur des remontées des données enregistrées le week-end.

Le nombre de personnes hospitalisées a progressé de 610 unités en 24 heures, dépassant le seuil des 600 pour la première fois depuis le 2 décembre, et le total de patients hospitalisés atteint 28.322, franchissant le cap des 28.000 pour la première fois depuis le 2 février dernier pour atteindre un pic sans précédent depuis le 27 novembre.

Le foot français a moins d’intérêt et a perdu beaucoup de valeur

Le foot français a moins d’intérêt et a perdu beaucoup de valeur

 

C ‘est ce que pense Maxime Saada, président du directoire du groupe Canal+. Canal+ qui s’apprête à passer un accord pour la reprise de la ligue 1 après le défaut de la société sino espagnole Médiapro. Certes il s’agit Canal+ de réduire la facture de rachat de la ligue 1 d’autant que Canal+ n’est pas dans une situation financière florissante ayant perdu beaucoup d’aura sous les coups de censure répétés  de Bolloré qui mène les médias comme il mène ses entreprises en Afrique, à la baguette (dernière affaire en cause celle du licenciement de journalistes et d’humoristes de C news,  propriété aussi de Bolloré).

 

Objectivement, le foot français a perdu beaucoup de sa valeur. Trop de matchs du championnat sont assez insipides comparés aux épreuves britanniques, allemandes ou encore espagnoles. S’il y avait un championnat européen, le foot français serait certainement en seconde division. La France possède une seule vraie équipe européenne à savoir le Paris-Saint-Germain financée par le Qatar;  en plus une équipe surtout de mercenaires mais pas vraiment avec un attachement aux valeurs et aux couleurs du club. On verra sans doute d’ailleurs à l’occasion de la baisse incontournable des salaires des joueurs que certains n’hésiteront pas aussitôt d’aller se faire rémunérer de manière plus satisfaisante à l’étranger.

 

Pour tout dire le foot français est particulièrement ennuyeux. Il manque de tout , d’engagement, de condition physique, d’enjeux. Le paradoxe est que ce football français à cependant le privilège de posséder la meilleure politique de formation. Ce qui se traduit chaque année par un exode des jeunes talents que la France elle-même n’est pas capable de valoriser. En cause, aussi des entraîneurs français, eux aussi ,de second rang et qui d’ailleurs n’entraînent  pratiquement aucune grande équipe de club international à la différence des Allemands, des Argentins, des Espagnols par exemple. Le patron de Canal+ sur cette dévalorisation dans le Figaro.

 

Après le retrait de Mediapro, LFP attend un accord avec Canal+. Où en êtes-vous ?
Maxime SAADA. - La Ligue de Football Professionnelle (LFP) vient de récupérer les lots de Mediapro depuis seulement quelques jours. Nous sommes finalement arrivés à la conclusion côté Canal+ qu’il était dans l’intérêt pour toutes les parties prenantes de passer par un appel d’offres. Nous avons donc adresse un courrier à la LFP pour lui indiquer la restitution du lot 3 que BeIN Sports nous a sous-licencié.

 

Avez-vous examiné la possibilité d’une offre de gré à gré ?
Bien sûr. Mais nous n’avons jamais fait d’offre dans ce sens à la LFP car, après réflexion, nous avons conclu qu’il était impossible de passer par cette procédure. Et ce pour trois raisons. La première est qu’il y a incontestablement une perte de confiance entre Canal+ et les responsables du football français. Nous n’avons pas été traités correctement ces dernières années.

L’avantage de l’appel d’offres aujourd’hui c’est sans doute qu’il n’y aura pas beaucoup de candidats et que le prix de la Ligue 1  risque d’être bradé au regard du prix précédent. ((NDLR))

 

Vaccination: « On a perdu beaucoup de temps » (appels de médecins)

Vaccination: « On a perdu beaucoup de temps » (appels de médecins)

Une trentaine de médecins signent une tribune dans Le Parisien mardi, afin de réclamer que la vaccination contre le Covid-19 soit décrétée grande cause nationale. Ces professionnels de santé interpellent en effet le gouvernement sur le démarrage de la campagne de vaccination jugée trop lente en France, et qui n’a selon eux aucune justification médicale, ni scientifique. 

Parmi les signataires, le docteur et chroniqueur pour Europe 1, Jimmy Mohamed. Dans cette tribune, les médecins font en effet plusieurs propositions concernant la stratégie de vaccination du pays. Car comme l’explique Jimmy Mohamed, rien ne justifie de retarder son déploiement à grande échelle.

« Se débrouiller pour avoir des vaccins quoi qu’il en coûte »

« La vaccination est une course contre la montre. On l’a débutée en vaccinant les plus fragiles, les personnes dans les Ehpad, dont on sait qu’elles représentent un tiers des décès. Mais ça veut aussi dire qu’il y a deux tiers des décès hors Ehpad. Et il faut protéger les gens en commençant par protéger les soignants et vacciner tous les volontaires, sans mettre de limite d’âge ou de comorbidité. Et ensuite, vacciner les personnes de plus de 65 ans qui sont volontaires.

On est bloqué par l’Union Européenne, mais on pourrait s’inspirer d’autres pays comme Israël par exemple, qui a fait en sorte d’en acheter suffisamment. Il faudrait activer certains réseaux et se débrouiller pour avoir des vaccins quoi qu’il en coûte, comme l’avait dit le président. Et encore une fois c’est une course contre la montre. On a perdu beaucoup de temps et le variant anglais est présent sur le territoire, Martin Hirsch le disait.

 

 

Vaccination : beaucoup trop lente en France !

Vaccination : beaucoup trop lente en France !

 

L’affaire de la vaccination pourrait bien ressembler à l’affaire des tests et des masques caractérisée par une insuffisance de matériel. Ainsi c’est de manière très anecdotique que la campagne de vaccination a commencé en France tandis que les États-Unis par exemple ont déjà vacciné 2 millions de personnes.

 En France, le rythme prévu est d’un million de personnes vaccinées en un mois ! Même un  passage à 2 millions de personnes en un mois sera insuffisant pour atteindre l’objectif des 35 000 personnes souhaitées en juillet.

On est très loin du compte et à ce rythme-là vaccination va s’étaler toute l’année 2021. Il faut évidemment changer de braquet et vacciner 5 à 6 millions de personnes chaque mois pour se diriger vers une immunité collective.

 

Economie: plan de relance à la rentrée, beaucoup trop tard !

Economie : plan de relance à la rentrée, beaucoup trop tard !

S’il faut se féliciter de l’action du gouvernement et en particulier du ministre de l’économie pour soutenir pendant le pic de l’épidémie aussi bien les entreprises que les salariés, par contre on ne peut que regretter la promesse trop lointaine d’un plan de relance pour septembre octobre. Ce plan doit en effet être décidé dès maintenant pour être appliqué au début de l’été.

On connaît en effet les dégâts du virus sur l’économie et les finances. Concernant l’activité, il faut s’attendre à une baisse du PIB  qui va tourner autour de 15 % sur l’année  soit une perte d’activité d’au moins 100 milliards alors que dans le même temps il faudra mobiliser aussi 100 milliards pour aider les entreprises et soutenir le pouvoir d’achat. Bilan , un trou de  200 milliards.

Sur le plan du chômage, on s’attend à un taux atteignant 20 % au lieu de 8 % fin 2019. Des couts économiques et sociaux supplémentaires. Par ailleurs,  la France déconfine  plus tardivement que les pays voisins et va donc perdre des parts de marché. C’est donc maintenant dans les jours ou les semaines à venir qu’un plan doit être défini non seulement pour soutenir la trésorerie des entreprises privées de tout ou partie de chiffre d’affaires mais aussi pour soutenir la demande.

Le pire danger de l’économie française c’est que s’installe encore davantage qu’ailleurs un climat d’incertitude chez les ménages qui leur fera différer les dépenses d’équipement voir supprimer certaines dépenses de services. On sait que la consommation des ménages est le moteur essentiel de la croissance française (55% du PIB) . Il ne faudrait pas qu’après une crise l’offre vienne  une crise de la demande. Le ministre de l’économie promet un plan de relance en septembre ou octobre, avec des dispositifs ciblés sur les secteurs les plus fragilisés: automobile, restauration, tourisme…

Un délai beaucoup trop tardif qui montre qu’on n’a pas pris suffisamment l’ampleur du tsunami économique et social qui se prépare et va se traduire rapidement dans les chiffres. La première traduction sera la montée de la vague de défaillance et son cortège de chômage.

Coronavirus: plan de relance à la rentrée, beaucoup trop tard !

Coronavirus: plan de relance à la rentrée, beaucoup trop tard !

S’il faut se féliciter de l’action du gouvernement et en particulier du ministre de l’économie pour soutenir pendant le pic de l’épidémie aussi bien les entreprises que les salariés, par contre on ne peut que regretter la promesse trop lointaine d’un plan de relance pour septembre octobre. Ce plan doit en effet être décidé dès maintenant pour être appliqué au début de l’été.

On connaît en effet les dégâts du virus sur l’économie et les finances. Concernant l’activité il faut s’attendre à une baisse du PIB  qui va tourner autour de 15 % sur l’année  soit une perte d’activité d’au moins 100 milliards alors que dans le même temps il faudra mobiliser aussi 100 milliards pour aider les entreprises et soutenir le pouvoir d’achat. Bilan , un trou de 200 milliards.

Sur le plan du chômage, on s’attend à un taux atteignant 20 % au lieu de 8 % fins 2019. Des couts économiques et sociaux supplémentaires. Par ailleurs,  la France déconfine  plus tardivement que les pays voisins et va donc perdre des parts de marché. C’est donc maintenant dans les jours ou les semaines à venir qu’un plan doit être défini non seulement pour soutenir la trésorerie des entreprises privées de tout ou partie de chiffre d’affaires mais aussi pour soutenir la demande

Le pire danger de l’économie française c’est que s’installe encore davantage qu’ailleurs un climat d’incertitude chez les ménages qui leur fera différer les dépenses d’équipement voire supprimer certaines dépenses de services. On sait que la consommation des ménages est le moteur essentiel de la croissance française. Il ne faudrait pas qu’après une crise l’offre vienne  une crise de la demande. Le ministre de l’économie promet un plan de relance en septembre ou octobre, avec des dispositifs ciblés sur les secteurs les plus fragilisés: automobile, restauration, tourisme… Un délai beaucoup trop tardif qui montre qu’on n’a pas pris suffisamment l’ampleur du tsunami économique et social qui se prépare et va se traduire rapidement dans les chiffres. La première traduction sera la montée de la vague de défaillance et son cortège de chômage.

Coronavirus: plan de relance à la rentrée, beaucoup trop tard !

Coronavirus: plan de relance à la rentrée, beaucoup trop tard !

S’il faut se féliciter de l’action du gouvernement et en particulier du ministre de l’économie pour soutenir pendant le pic de l’épidémie aussi bien les entreprises que les salariés, par contre on ne peut que regretter la promesse trop lointaine d’un plan de relance pour septembre octobre. Ce plan doit en effet être décidé dès maintenant pour être appliqué au début de l’été. On connaît en effet les dégâts du virus sur l’économie et les finances. Concernant l’activité il faut s’attendre à une baisse du PIB  qui va tourner autour de 15 % sur l’année  soit une perte d’activité d’au moins 100 milliards alors que dans le même temps il faudra mobiliser aussi 100 milliards pour aider les entreprises et soutenir le pouvoir d’achat. Bilan , un trou de moins de 100 milliards. Sur le plan du chômage, on s’attend à un taux atteignant 20 % au lieu de 8 % fins 2019. Des couts économiques et sociaux supplémentaires. Par ailleurs,  la France déconfine  plus tardivement que les pays voisins et va donc perdre des parts de marché. C’est donc maintenant dans les jours ou les semaines à venir qu’un plan doit être défini non seulement pour soutenir la trésorerie des entreprises privées de tout ou partie de chiffre d’affaires mais aussi pour soutenir la demande. Le pire danger de l’économie française c’est que s’installe encore davantage qu’ailleurs un climat d’incertitude chez les ménages qui leur fera différer les dépenses d’équipement voir supprimer certaines dépenses de services. On sait que la consommation des ménages est le moteur essentiel de la croissance française. Il ne faudrait pas qu’après une crise l’offre vienne  une crise de la demande. Le ministre de l’économie promet un plan de relance en septembre ou octobre, avec des dispositifs ciblés sur les secteurs les plus fragilisés: automobile, restauration, tourisme… Un délai beaucoup trop tardif qui montre qu’on n’a pas pris suffisamment l’ampleur du tsunami économique et social qui se prépare et va se traduire rapidement dans les chiffres. La première traduction sera la montée de la vague de défaillance et son cortège de chômage.

Inflation Zone euro: ralentissement de 0,7 % sans beaucoup de signification

Inflation Zone euro:  ralentissement de 0,7 % sans beaucoup de signification

 

 

On pourrait imputer le ralentissement de l’inflation en zone euro à la baisse des prix du pétrole et à la paralysie de l’économie. L’inflation dans la zone euro a en effet nettement ralenti en mars pour tomber à 0,7% seulement en rythme annuel contre 1,2% en février, montrent vendredi les chiffres définitifs publiés par Eurostat, qui confirment sa première estimation. Mais ce chiffre n’a guère de signification dans la mesure où on constate une nette déformation de la structure de consommation des ménages qui se concentrent surtout sur l’achat de biens essentiels et qui diffèrent une grande partie des autres biens notamment d’équipement.

Chirac : comme beaucoup de président, la conquête du pouvoir comme seul programme

 Chirac : comme beaucoup de président,  la conquête du pouvoir comme seul programme

 

Chirac, incarne sans doute le mieux ces présidents qui n’ont pour programme que la conquête pouvoir. Cela a la différence par exemple de De Gaulle ou de Pompidou. La plupart des autres était surtout animés idéologiquement par la seule volonté de conquête pouvoir suprême. D’un point de vue idéologique, Chirac n’avait guère de colonne vertébrale, il évoluait entre des conceptions libérales et d’autres étatistes au gré des événements et des modes. On objectera que Mitterrand, Sarkozy ou Hollande n’ont guère fait mieux. Tous ont été des bêtes de concours mais uniquement programmé pour gagner des élections, pas pour gérer un pays. Même Macron qui promettait des changements fondamentaux s’exerce désormais au sulfureux slalom politique avec les mêmes contradictions entre l’ultralibéralisme et l’étatisme excessif. Le problème provient sans doute du fait que ce qu’on dit en campagne électorale n’a strictement rien à voir avec ce qu’on peut et ce qu’on doit faire en situation de gestion. Dans l’opposition, il s’agit de rassembler tous les mécontentements en promettant tout et le contraire. Évidemment en situation de gestion, il s’agit d’opérer des choix et de les resituer dans une perspective d’avenir cohérent. Où allaient  Mitterrand, Hollande ou Chirac ? Ils n’en savaient t sans doute rien eux-mêmes surtout préoccupés de plaire en tout cas de ne pas déplaire en vue des perspectives électorales anxiogènes. On retiendra sans doute de Chirac qu’il  était peut-être plus sympathique que d’autres mais son bilan est assez contradictoire et même assez insignifiant. Comme Sarkozy ou Macron maintenant, il se sera pourtant beaucoup agité en substituant l’activisme à une politique cohérente et efficace. Un seul critère par exemple : celui de l’emploi ou tous ont échoué en dépit des promesses. Là encore on objectera que la situation internationale a pu peser sur la conjoncture française. La crise de 2007 sans doute mais ni avant, ni après, on a assisté en France à une réelle inversion des courbes du chômage à la différence d’autres pays. Ajoutons à cela la dérive permanente des grands équilibres qui témoignent quand même d’une certaine incompétence de gestion. Macron de ce point de vue n’échappe pas à la règle. Certes, il a des idées  et même des idées sur tout. Comme Chirac, il parle, il parle mais agit souvent à contresens et ce qui le caractérise, c’est l’énorme décalage entre des discours flamboyants  et la faiblesse de sa pratique. En cause peut-être le mécanisme même de notre système démocratique qui conduit les prétendants au pouvoir à centrer toute leur énergie  sur les seuls échéances électorales. Et cela s’est amplifié avec le quinquennat

 

Balkany, une baronnie comme beaucoup d’autres

Balkany, une baronnie comme beaucoup d’autres

 

Dune certaine manière, il n’est pas surprenant que se développent des baronnies à intérieur de la monarchie républicaine française. Cette monarchie républicaine repose en effet sur les piliers de certaines baronnies,  sortes de charges accordées par le monarque à ses plus fidèles courtisans. On voit bien par exemple comment sont désignées les candidatures aux élections municipales. Pour les grandes villes, les charges sont  attribuées aux oligarques et aux grands courtisans locaux. Cela vaut pour la plupart des grandes agglomérations y compris Paris. Certes ces candidats s’enracinent ensuite mais à l’origine ils sont pour la plupart étrangers à la circonscription transformée en principauté politique. C’était vrai pour Chirac, pour Juppé, pour Mitterrand, pour Hollande plus récemment Griveaux à Paris.

Certains détenteurs de ces charges se croient alors  propriétaire de leurs terres électorales avec tous les privilèges y afférents. Des privilèges dont ils bénéficient  le plus souvent de manière assez discrète mais des privilèges réels. D’autres sont moins discrets et se comportent comme des parvenus. Ce sont ceux-là  que la justice est bien contrainte de punir car leur exhibitionnisme et leurs excès mettent en cause tout le système dont bénéficie de nombreux élus. Des élus qui ont transformé la fonction en carrière.

Patrick Balkany a sans doute poussé le bouchon un peu loin ;  il faut dire qu’il ne respire pas l’intelligence contrairement à son épouse autrement plus stratège. Que reproche que reproche-t-on au prince de Levallois dit Isabelle Balkany sans complexe ? « La population nous soutient y compris lors des élections, dès leur la justice française n’a pas lieu d’intervenir dans cette baronnie » !  Pourtant les excès tout autant que la désinvolture de Patrick Balkany ont conduit quand même la justice à le condamner vendredi à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale et aussitôt envoyé en détention, au terme d’un procès qui sonne comme un premier revers judiciaire pour le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), sous la menace d’une peine plus lourde encore dans une autre procédure.

Son épouse Isabelle, qui est également sa première adjointe à Levallois, a pour sa part été condamnée à trois ans ferme par le tribunal correctionnel de Paris mais elle a échappé au mandat de dépôt et donc à la prison, au moins pour le moment.

Celui qui s’est fait élire à la mairie pour la première fois en 1983 a également écopé d’une peine d’inéligibilité de dix ans – le maximum possible – tout comme son épouse.

Un deuxième jugement attend le couple, le 18 octobre, cette fois pour corruption et blanchiment de fraude fiscale aggravé. Dans ce deuxième volet de l’affaire Balkany, le parquet a demandé une peine de sept ans contre le maire.

200 000 euros en moyenne : Des maisons beaucoup trop chères

200 000 euros  en moyenne : Des maisons beaucoup trop chères

Des chiffres intéressants du site Meilleurs Agents  sur le cout moyen d’une  maison, soit environ 200 000 euros en moyenne. Des coûts exorbitants puisqu’il faudra consacrer presque la moitié du revenu des ménages pendant 20 ans au remboursement de cet investissement (Pour le revenu moyen des ménages).  Une folie financière qu’on pouvait se permettre avant quand l’inflation payait une  parte de l’emprunt et que les salaires progressaient de manière significative mais aujourd’hui économiquement un investissement démentiel surtout avec le manque de illisibilité sur la stabilité des emplois. . En moyenne deux fois plus grande qu’un appartement (112,2 contre 63 m²), la maison française bénéficie dans l’écrasante majorité des cas d’un jardin (95,2% des cas) et d’un parking privatif (85,2%). Parmi les équipements plus rares, seules 10% des logements individuels disposent d’une piscine et 11,9% d’une véranda.

Concernant le nombre de pièces, la maison française en compte 4,9 très précisément sachant qu’elle en compte le moins en Corse (4,4 pièces) et le plus en Alsace (5,2 pièces). Le site Meilleurs Agents nous apprend par ailleurs que c’est en Poitou-Charentes que la proportion de maisons est la plus forte: elles représentent 78% des logements contre seulement 27% en Île-de-France. Pour autant, cela ne signifie pas que les maisons sont très peu présentes en ville. Elles ne représentent, certes, que 1% des logements à Paris mais 43% au Mans ou encore 38% à Amiens, 30% à Nîmes ou même 24% à Bordeaux. Au total, les trois quarts des maisons se trouvent dans des villes de moins de 100.000 habitants.

Arrogance : « Je vais faire beaucoup plus attention » (Macron)

Arrogance : « Je vais faire beaucoup plus attention »  (Macron)

 

 

Devant des journalistes de BFM, Macron a fait son mea culpa et promet à l’avenir d’être moins arrogant. Pas étonnant puisqu’ un récent sondage montré que ce défaut lui était reproché par près de 80 % de l’opinion publique. Pas sûr cependant qu’il tienne sa promesse déjà faite  lorsqu’il avait été interrogé sur le sujet à Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure, le 15 janvier. « Dans le système où nous vivons, cette franchise n’est peut-être plus possible », constate Emmanuel Macron. Il y a encore quelques jours dans le cadre du grand débat Macon s’est permis de dire : « Il faut être sérieux mes enfants !» il s’adressait pourtant un public d’adultes ;  c’est dire le rapport qu’il entretient avec ses interlocuteurs, un rapport professoral et de domination. De toute manière, Macron ne sait pas faire autre chose que de donner des leçons dans tous les domaines alors que lui-même n’a pratiquement aucun vécu social, aucune vraie formation économique et aucune expérience politique. Macron se comporte comme un enfant gâté et mal élevé qui n’a même pas conscience de la posture ridiculement jupitérienne qu’il occupe en permanence. Il suffit de l’observer lors de ses apparitions dans les grands débats. Macron n’échange pas, il se sert d’une question posée en 30 secondes pour délirer pendant 10 minutes sur les vertus de l’ultra libéralisme et sur ses mérites personnels. Le nombre de « je » de « moi » dans ses allocutions est significatif de sa posture de monarque républicain qui considère les citoyens comme des sujets.

Affaire Mélenchon : 70 policiers, 9 magistrats, c’est beaucoup (Larcher)

Affaire Mélenchon : 70 policiers, 9 magistrats, c’est beaucoup (Larcher)

 

Gérard Larcher, président du Sénat, condamne certaines outrances de Mélenchon notamment vis-à-vis de la presse. Cependant il s’étonne de l’importance des moyens déployés par la justice et la police pour l’enquête (soupçons de surfacturation de frais de campagne électorale). On peut ne pas être d’accord avec les journalistes mais la liberté de la presse est consubstantielle à notre état de droit et à la démocratie », a assuré Gérard Larcher. « Le président du Sénat avec un certain humour s’est  cependant interrogé sur le dispositif juridico-policier mis en œuvre dans cette enquête. Une allusion à caractère politique sur cette perquisition un peu surdimensionnée par rapport à l’objet quand on sait par ailleurs que la plupart des candidats à la présidentielle de 2017 (ou des précédentes) sont pour le moins aussi coupables que Mélenchon(. Gérard Larcher regrette que la présence d’un avocat ne soit pas nécessaire lors d’une perquisition judiciaire comme c’est le cas des perquisitions douanières ou administratives Il a indiqué que le Sénat avait proposé cette présence pour les enquêtes du type de celle concernant Mélenchon.

Macron téléphone beaucoup

Macron téléphone beaucoup

 

, Non seulement on médiatise beaucoup les rencontres et autres visites de Macon mais désormais on met aussi en scène les conversations téléphoniques de Macon du chef de l’État. Récemment, on a médiatisé le coup de téléphone de Macon à Poutine. Sans doute parce qu’il convenait de bien mettre en exergue l’intervention du président français en faveur d’un incident actuellement en prison et dont la santé est très précaire. Un sujet qui a sans doute été abordé mais sûrement de manière marginale par rapport aux autres préoccupations concernant les sanctions américaines vis-à-vis de l’Iran aussi vis-à-vis de la Russie sans parler de la question syrienne. Cette mise en scène médiatique des communications téléphoniques et nouvelles. Il faut montrer l’activisme du chef de l’État dont il est vrai l’action devient de plus en plus douteuse en tout cas peu efficace tant sur le plan intérieur qu’internationale. Voir à cet égard l’enterrement de première classe concernant le plan de réforme de l’union économique de Macon.  “Leur échange a notamment porté sur la situation en Syrie, la relation avec l’Iran, et le dossier israélo-palestinien”, dit ce communiqué qui indique qu’Emmanuel Macron était à l’initiative de cet échange.

Donald Trump a confirmé sur Twitter la tenue de cet entretien et précisé que les deux interlocuteurs avaient également abordé la question du commerce.

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme et peu de résultats

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme et peu de résultats 

Un sondage démontre que ce que disait récemment Claude Martin, ancien ambassadeur en Chine et en Allemagne : Macron fait beaucoup d’activisme. Claude Martin brosse un tableau contrasté, et attend du chef de l’État qu’il passe des paroles aux actes. En fait on a du mal à savoir si Macron œuvre pour conforter son image intérieure ou pour réellement peser sur la géopolitique. (Interview la Tribune)

 

 

Quels faits saillants peut-on mettre au crédit et au débit de la politique et des actes du nouveau président de la République ?

CLAUDE MARTIN - Emmanuel Macron a hérité d’une France peu visible et peu audible, affaiblie ces dix dernières années par sa situation économique - manque de compétitivité, instabilité politique et sociale -, par une vision erratique de sa politique à l’extérieur, par la santé vacillante de l’Europe. Ce contexte leste une autre réalité, elle, invariable : mener une action d’envergure est nettement plus difficile sur la scène internationale que sur le plan domestique. En politique étrangère, il faut faire preuve non seulement d’imagination et de volontarisme, mais aussi de clairvoyance, de compétence, de connaissance du terrain, et définir une stratégie. En la matière, il est encore trop tôt pour saisir les intentions et les dispositions du président de la République. Les premiers signes - discours à la Sorbonne et devant l’Acropole démontrant sa détermination européenne ; restauration du dialogue avec la Russie ; prises de position objectives à l’égard des États-Unis - ont été encourageants, car fondés sur le principe, essentiel en diplomatie, du réalisme. Il n’est pas dans le registre de ses deux prédécesseurs qui, en « choisissant » leurs interlocuteurs en fonction de leur degré de « fréquentabilité », ont affaibli l’influence internationale de la France. Dorénavant, l’heure est aux actes, et notamment dans le domaine de l’Europe. La France doit agir comme un guide. C’est véritablement « maintenant » que l’action d’Emmanuel Macron doit s’exprimer et va être jugée.

Vous avez exercé cinquante ans au Quai d’Orsay, et y avez cultivé une grande proximité avec la conception « gaulliste » de la politique internationale de la France. Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron s’en inspirent-ils ?

Le général de Gaulle l’a parfaitement incarné - et cela demeure une règle immuable - : l’Europe, c’est avant tout et fondamentalement un contrat entre la France et l’Allemagne, mobilisant les autres pays moteurs sur une stratégie axée autour de trois objectifs : une politique d’intégration des économies européennes, une politique de défense de l’identité et des spécificités de l’Europe, enfin une politique d’organisation de l’ensemble européen, dont l’élargissement a affaibli la cohésion. Il faut à l’Europe des politiques communes volontaristes. Une Europe de l’action contre celle de l’abstraction.

L’Europe porte des valeurs qui lui sont propres. Les Européens ont en commun une certaine conception de la démocratie, de l’ordre juridique et de la cohésion sociale, ou de la justice. Ils se distinguent par un attachement commun très fort à la nature, à l’environnement, à un art de vivre, qui se reflète jusque dans leur relation à la nourriture. Dans les négociations extérieures de l’Union, avec le Canada ou avec le Mercosur, certains éléments de cette « identité européenne » sont mis en cause. Faut-il y renoncer, pour nous fondre doucement dans le moule mondialiste ? Ou préserver ce qui fait notre différence, une différence à laquelle les Français et les Allemands notamment restent, dans leur majorité, très attachés ? C’est la question qui nous est posée, et à laquelle Emmanuel Macron doit apporter une réponse.

Que doivent entreprendre Angela Merkel et Emmanuel Macron pour que l’axe franco-allemand exerce pleinement son rôle ? Outre-Rhin, la fragile coalition au pouvoir et ce qu’incarne l’impressionnante poussée de l’extrême droite (l’AFD est la troisième formation au Bundestag) peuvent-ils, paradoxalement, le consolider ?

Cette irruption de l’AFD au parlement allemand traduit une montée des peurs, mais surtout une frustration. Les citoyens de tous les pays craignent de perdre, au sein de l’Europe, leur identité. L’Union doit trouver la réponse appropriée à ces craintes, en permettant aux peuples européens de cultiver à la fois une fierté nationale et une fierté européenne, qui ne peut exister que si l’Union développe des politiques mettant en valeur une « identité européenne ». Identité nationale et identité européenne doivent pouvoir se compléter. Si l’Union ne parvient pas à créer un espace dans lequel les Européens éprouvent un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, c’est dans la seule revendication d’identité nationale que les citoyens chercheront refuge.

Le « moteur » franco-allemand a très mal fonctionné depuis dix ans, et il faudra sans doute beaucoup plus que des déclarations chaleureuses pour le relancer. La France doit reconquérir toute sa place dans un tandem où elle n’était plus qu’un partenaire secondaire. Le déséquilibre qui n’a cessé de se creuser cette dernière décennie au fur et à mesure que l’économie allemande prenait le dessus sur sa voisine nous a placés dans une position d’infériorité. Les réformes institutionnelles catastrophiques opérées par le traité de Lisbonne et le « grand élargissement » ont fait le reste : dans le jeu européen, la France pèse aujourd’hui bien moins lourd que l’Allemagne, adossée aux petits pays européens du Nord. Il faut revenir à la parité entre Paris et Berlin, et reconstituer - notamment en rétablissant une relation de confiance avec l’Italie - un équilibre Nord-Sud sans lequel l’Union se brisera tôt ou tard. On ne pourra le faire sans tensions avec l’Allemagne, et le président français devra, pour replacer notre pays au cœur du dispositif européen, aller si nécessaire jusqu’à la crise. Y est-il préparé ? Les mois qui viennent permettront de mesurer sa détermination.

Partout en Europe progressent des mouvements eurosceptiques voire europhobes. Ils ont obtenu la sécession en Grande-Bretagne, sont au pouvoir en Autriche, en Pologne, en Hongrie, possiblement en Italie, constituent respectivement les deuxième et troisième forces politiques en France et en Allemagne. La pensée politique « européenne » d’Emmanuel Macron semble singulièrement isolée…

La construction européenne a été imaginée en deux phases principales : celle d’abord de l’union économique, celle ensuite, à partir de 1973, d’une ouverture à des compétences nouvelles, notamment dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. L’union économique peut se construire entre pays ayant, sur le plan politique intérieur, des sensibilités et des pratiques différentes, sous couvert d’un attachement de principe commun à la démocratie. L’union politique et diplomatique suppose un degré beaucoup plus élevé de convergence sur les « valeurs » et sur le fonctionnement concret du système constitutionnel des pays participants. On peut faire une union économique avec beaucoup de partenaires, mais une union politique ne peut s’envisager qu’avec peu de partenaires. L’erreur du traité de Maastricht a été de vouloir réunir les deux démarches dans une seule construction et de rassembler dans une seule maison des partenaires qui ne voulaient pas, selon les sujets, la même chose. L’élargissement aux pays de l’Est a encore aggravé la situation. On a admis au sein de l’Union, dans la précipitation, pour des raisons « morales », des pays qui n’étaient pas prêts à réaliser l’union économique telle que nous l’entendions, et qui étaient encore moins prêts à accepter les valeurs communes nécessaires à la construction de l’union politique. Il existe deux Europe, séparées par les différences d’histoires et de cultures politiques. Ce qui n’est pas pour arranger la vision et l’action européennes d’Emmanuel Macron.

Vous êtes un grand spécialiste de la diplomatie économique. Son passé professionnel, son ADN, sa pensée et ses inspirateurs politiques, enfin son passage à Bercy donnent d’Emmanuel Macron l’image d’un président en rupture avec ses prédécesseurs et plutôt pertinent dans ce domaine. La réalité correspond-elle à l’hypothèse ?

Qu’est-ce que la « diplomatie économique » ? Elle fait distinguer clairement le rôle de l’État et celui de l’entreprise. Le rôle de l’État (et donc de la diplomatie) est d’évaluer les intérêts politiques, économiques, culturels du pays dans le monde. Sur cette base, le ministère des Affaires étrangères et les ambassades apportent aux entreprises françaises un éclairage sur les situations et l’environnement des pays où elles ambitionnent d’investir ; mais ensuite, aux actionnaires et au management des entreprises - et à eux seuls - de décider de leur stratégie dans lesdits pays. Il est d’autant plus essentiel de respecter cette discipline qu’aujourd’hui la notion d’« intérêt national » est complexe à délimiter. Ainsi, ce dernier est-il de favoriser Renault, dont une partie des véhicules est fabriquée en Turquie, ou Toyota, qui investit massivement à Valenciennes ? Est-il de tout entreprendre pour aider au développement international de grandes marques « françaises » de luxe, dont les produits sont partiellement fabriqués hors de nos frontières et dont les propriétaires sont souvent installés à l’étranger ? Ce dilemme, entre la défense de l’emploi en France et la défense d’entreprises porteuses d’une image de la France mais ne participant pas à l’effort national, complique la réflexion. Tout concourt à la même conclusion. Plutôt que de se substituer aux entreprises, il faut les laisser agir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commis l’un et l’autre l’erreur, pendant leurs déplacements en Chine, de bousculer les dirigeants d’entreprise qui les accompagnaient, pour que ceux-ci signent des contrats prématurés ou risqués. Lors de son voyage en Chine début janvier, Emmanuel Macron a heureusement rompu avec ces pratiques, s’abstenant d’interférer dans les négociations menées par les industriels.

Justement, son savoir-faire en matière nucléaire constitue un élément clé de la stratégie diplomatique de la France. Les vicissitudes financières, judiciaires et technologiques d’Orano (ex-Areva) - qui pénalisent l’ensemble de la filière nucléaire française - l’affectent-elles significativement ?

C’est incontestable. Pourquoi, à l’origine, la Finlande a-t-elle jeté son dévolu sur l’EPR plutôt que sur la technologie russe ? Parce qu’il s’agissait d’un projet franco-allemand. La technologie de l’EPR devait beaucoup aux ingénieurs de KWU, c’est-à-dire de Siemens, fort prisés à Helsinki. Nicolas Sarkozy a tout entrepris pour que Siemens sorte du capital d’Areva, et nous nous sommes retrouvés seuls à porter le projet, face à des Finlandais un peu surpris et certainement amers. Nos divisions internes ont fait le reste. La guerre entre Areva et EDF, notamment sur les projets chinois, s’est développée, et EDF a peu à peu conçu, contre Areva, une stratégie d’alliance avec les partenaires chinois, qu’elle a amenés avec elle sur les projets britanniques. L’éclatement d’Areva, qui a payé les erreurs de gestion d’Anne Lauvergeon, laisse la place libre à une EDF aujourd’hui fortement liée à la Chine. Et en même temps, sur la partie conventionnelle des centrales, Alstom, également démantelé, a cédé ses turbines à General Electric plutôt qu’à Siemens, Une grande ambition européenne s’est évanouie.

Au-delà du nucléaire, comment jugez-vous les premiers pas d’Emmanuel Macron dans cette Chine culturelle, politique, diplomatique que vous connaissez si bien ? La visite qu’il a effectuée en janvier dernier annonce-t-elle un changement profond ou simplement cosmétique des rapports de la France avec Pékin ?

Un simple souvenir. C’était lors du Sommet du G20 à Hangzhou, en 2016. Sur la photo officielle, qui posait aux côtés de Xi Jinping ? Le représentant de la France, qui fut avec éclat le premier grand pays occidental à tendre la main et à sortir la Chine de son isolement ? Non. Le président chinois était entouré d’Angela Merkel, de Recep Tayyip Erdogan et de Vladimir Poutine. François Hollande étant relégué plus loin. Le président français, m’a-t-on rapporté, en avait été blessé. Voilà la réalité dont hérite Emmanuel Macron. La France vue de Pékin pèse peu. Et elle est seule. Elle n’a pas su établir avec l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne (qui reste, malgré le Brexit, un membre important de notre famille) le « pacte européen » qui nous permettrait de peser, ensemble, dans ce très grand pays.

Emmanuel Macron peut-il rétablir la situation ? Pour l’heure, sa politique à l’égard de la Chine n’est pas lisible. Le voyage officiel qu’il a effectué en janvier était une prise de contact - généreusement couverte dans la presse française, au contraire de la presse chinoise. Il faudra de la part du nouveau président des paroles fortes, des actes concrets, des initiatives visibles, pour que les Chinois renouent avec la France un vrai dialogue stratégique.

Les propos d’Emmanuel Macron lors de ce premier déplacement laissent toutefois quelques raisons d’espérer : son attitude, donc, sur le dossier nucléaire ; son intention annoncée de mieux contrôler les investissements chinois dans les secteurs stratégiques ; sa prudence sur le projet des « nouvelles routes de la soie » dans lequel il a choisi, malgré les conseils de certains, de ne pas se précipiter, attendant que les modalités de mise en œuvre et les modalités de financement soient mieux connues. Tout cela reflète une lucidité, utile pour dialoguer sereinement avec Pékin.

Le tour de force constitutionnel de Xi Jinping, dorénavant « autorisé » à régner sans limite au-delà de son mandat actuel, peut-il modifier la stratégie diplomatique de la France à l’égard de la Chine et de ses autres partenaires ?

L’objet de la diplomatie est de servir l’intérêt du pays. La France ne peut définir son action extérieure en fonction des évolutions politiques ou constitutionnelles de ses partenaires. Elle doit considérer d’abord l’importance stratégique de chacun des États avec lesquels elle traite, son influence, ses poids économique, démographique, militaire, scientifique, culturel. Le Général de Gaulle s’est fixé cette règle de conduite dans les affaires internationales : la Chine est et restera, quel que soit son régime, un grand partenaire, parmi d’autres, dans un univers multipolaire.

Or si la France a vu son influence décliner au cours des dernières années, c’est parce qu’elle a cessé de pratiquer ce jeu multipolaire, pour se ranger, comme au temps de la guerre froide, dans « un » camp. En se laissant entraîner dans la douteuse opération de « pacification » en Afghanistan, en réintégrant les structures militaires de l’Otan, en suivant plus souvent que nécessaire les initiatives de Washington, en s’amarrant à des « coalitions occidentales » mal définies, la France a renoncé à faire jouer à l’Europe un rôle spécifique. Et la voici aujourd’hui, en Corée ou ailleurs, enchaînée aux initiatives erratiques du président américain… Le retour à une véritable détente sur la planète passe par la reconstitution d’un monde véritablement multipolaire, dont l’Europe doit être un pilier essentiel.

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme (Joëlle Garriaud-Maylam)

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme (Joëlle Garriaud-Maylam)

Joëlle Garriaud-Maylam, sénateur (LR) représentant les Français de l’étranger, secrétaire de la commission des Affaires étrangères, n’est pas la première à critiquer une diplomatie de nature activiste et peu cohérente du président de la république. En fait nombre de ces déplacements sont surtout à usage interne pour renforcer la position de grand chef d’Etat international de Macron, d’autres sont utiles mais beaucoup sont là pour satisfaire la com. du président de la république.  Dans le JDD, la sénatrice Les Républicains Joëlle Garriaud-Maylam attaque la politique étrangère du Président :

« Emmanuel Macron sait parfaitement que notre sécurité et notre développement se jouent à l’étranger. Il sait aussi que l’image joue un rôle fondamental, il en use et en abuse. Aussi travaillée soit-elle, celle-ci ne peut suffire à effacer la réalité des faits ou l’absence de résultats. C’est dans cette dichotomie entre le discours et la réalité que se trouvent la fragilité du ‘en même temps’ macronien et son manque de clarté stratégique. Ce qui risque de créer des questionnements et d’obérer non seulement la lisibilité de l’action de la France, mais aussi sa crédibilité. Même si l’on sait que la diplomatie est un art de la patience et du travail au long terme, les résultats restent minces, au-delà de quelques coups politiques habiles, comme l’exfiltration du Premier ministre libanais Saad Hariri de Riyad. Mais aussi quelques actions précipitées, comme les frappes en Syrie. Si celles-ci étaient justifiées moralement par le refus des armes chimiques, elles étaient trop hâtives pour ne pas donner un sentiment de malaise. Beaucoup pensent que Macron a trop misé sur la scène internationale, avec une boulimie de déplacements un peu désordonnés, pour occulter les difficultés sur le territoire national. À quoi bon une belle image sur papier glacé, quand les médias du monde entier montrent les voitures incendiées et les atteintes à la sécurité sur le territoire français? Pourtant, cette démarche internationale est indispensable à la France. C’est sur cette base que nous pourrons aussi progresser. Mais il faut qu’elle soit réfléchie et construite. Même si nous devons parler à tout le monde, le ‘en même temps’ ne doit pas s’assimiler à un grand écart et occulter des efforts réels. Nous avons beaucoup d’excellents spécialistes des affaires internationales au Quai d’Orsay et ailleurs. Il faudrait sans doute davantage les écouter. »

 

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme :

Diplomatie de Macron : beaucoup d’activisme :

Claude Martin, ancien ambassadeur en Chine et en Allemagne, brosse un tableau contrasté, et attend du chef de l’État qu’il passe des paroles aux actes. En fait on a du mal à savoir si Macron œuvre pour conforter son image intérieure ou pour réellement peser sur la géopolitique. (Interview la Tribune)

 

 

Quels faits saillants peut-on mettre au crédit et au débit de la politique et des actes du nouveau président de la République ?

CLAUDE MARTIN - Emmanuel Macron a hérité d’une France peu visible et peu audible, affaiblie ces dix dernières années par sa situation économique - manque de compétitivité, instabilité politique et sociale -, par une vision erratique de sa politique à l’extérieur, par la santé vacillante de l’Europe. Ce contexte leste une autre réalité, elle, invariable : mener une action d’envergure est nettement plus difficile sur la scène internationale que sur le plan domestique. En politique étrangère, il faut faire preuve non seulement d’imagination et de volontarisme, mais aussi de clairvoyance, de compétence, de connaissance du terrain, et définir une stratégie. En la matière, il est encore trop tôt pour saisir les intentions et les dispositions du président de la République. Les premiers signes - discours à la Sorbonne et devant l’Acropole démontrant sa détermination européenne ; restauration du dialogue avec la Russie ; prises de position objectives à l’égard des États-Unis - ont été encourageants, car fondés sur le principe, essentiel en diplomatie, du réalisme. Il n’est pas dans le registre de ses deux prédécesseurs qui, en « choisissant » leurs interlocuteurs en fonction de leur degré de « fréquentabilité », ont affaibli l’influence internationale de la France. Dorénavant, l’heure est aux actes, et notamment dans le domaine de l’Europe. La France doit agir comme un guide. C’est véritablement « maintenant » que l’action d’Emmanuel Macron doit s’exprimer et va être jugée.

Vous avez exercé cinquante ans au Quai d’Orsay, et y avez cultivé une grande proximité avec la conception « gaulliste » de la politique internationale de la France. Les premiers pas diplomatiques d’Emmanuel Macron s’en inspirent-ils ?

Le général de Gaulle l’a parfaitement incarné - et cela demeure une règle immuable - : l’Europe, c’est avant tout et fondamentalement un contrat entre la France et l’Allemagne, mobilisant les autres pays moteurs sur une stratégie axée autour de trois objectifs : une politique d’intégration des économies européennes, une politique de défense de l’identité et des spécificités de l’Europe, enfin une politique d’organisation de l’ensemble européen, dont l’élargissement a affaibli la cohésion. Il faut à l’Europe des politiques communes volontaristes. Une Europe de l’action contre celle de l’abstraction.

L’Europe porte des valeurs qui lui sont propres. Les Européens ont en commun une certaine conception de la démocratie, de l’ordre juridique et de la cohésion sociale, ou de la justice. Ils se distinguent par un attachement commun très fort à la nature, à l’environnement, à un art de vivre, qui se reflète jusque dans leur relation à la nourriture. Dans les négociations extérieures de l’Union, avec le Canada ou avec le Mercosur, certains éléments de cette « identité européenne » sont mis en cause. Faut-il y renoncer, pour nous fondre doucement dans le moule mondialiste ? Ou préserver ce qui fait notre différence, une différence à laquelle les Français et les Allemands notamment restent, dans leur majorité, très attachés ? C’est la question qui nous est posée, et à laquelle Emmanuel Macron doit apporter une réponse.

Que doivent entreprendre Angela Merkel et Emmanuel Macron pour que l’axe franco-allemand exerce pleinement son rôle ? Outre-Rhin, la fragile coalition au pouvoir et ce qu’incarne l’impressionnante poussée de l’extrême droite (l’AFD est la troisième formation au Bundestag) peuvent-ils, paradoxalement, le consolider ?

Cette irruption de l’AFD au parlement allemand traduit une montée des peurs, mais surtout une frustration. Les citoyens de tous les pays craignent de perdre, au sein de l’Europe, leur identité. L’Union doit trouver la réponse appropriée à ces craintes, en permettant aux peuples européens de cultiver à la fois une fierté nationale et une fierté européenne, qui ne peut exister que si l’Union développe des politiques mettant en valeur une « identité européenne ». Identité nationale et identité européenne doivent pouvoir se compléter. Si l’Union ne parvient pas à créer un espace dans lequel les Européens éprouvent un sentiment d’appartenance à une même communauté de destin, c’est dans la seule revendication d’identité nationale que les citoyens chercheront refuge.

Le « moteur » franco-allemand a très mal fonctionné depuis dix ans, et il faudra sans doute beaucoup plus que des déclarations chaleureuses pour le relancer. La France doit reconquérir toute sa place dans un tandem où elle n’était plus qu’un partenaire secondaire. Le déséquilibre qui n’a cessé de se creuser cette dernière décennie au fur et à mesure que l’économie allemande prenait le dessus sur sa voisine nous a placés dans une position d’infériorité. Les réformes institutionnelles catastrophiques opérées par le traité de Lisbonne et le « grand élargissement » ont fait le reste : dans le jeu européen, la France pèse aujourd’hui bien moins lourd que l’Allemagne, adossée aux petits pays européens du Nord. Il faut revenir à la parité entre Paris et Berlin, et reconstituer - notamment en rétablissant une relation de confiance avec l’Italie - un équilibre Nord-Sud sans lequel l’Union se brisera tôt ou tard. On ne pourra le faire sans tensions avec l’Allemagne, et le président français devra, pour replacer notre pays au cœur du dispositif européen, aller si nécessaire jusqu’à la crise. Y est-il préparé ? Les mois qui viennent permettront de mesurer sa détermination.

Partout en Europe progressent des mouvements eurosceptiques voire europhobes. Ils ont obtenu la sécession en Grande-Bretagne, sont au pouvoir en Autriche, en Pologne, en Hongrie, possiblement en Italie, constituent respectivement les deuxième et troisième forces politiques en France et en Allemagne. La pensée politique « européenne » d’Emmanuel Macron semble singulièrement isolée…

La construction européenne a été imaginée en deux phases principales : celle d’abord de l’union économique, celle ensuite, à partir de 1973, d’une ouverture à des compétences nouvelles, notamment dans le domaine de la politique étrangère et de la défense. L’union économique peut se construire entre pays ayant, sur le plan politique intérieur, des sensibilités et des pratiques différentes, sous couvert d’un attachement de principe commun à la démocratie. L’union politique et diplomatique suppose un degré beaucoup plus élevé de convergence sur les « valeurs » et sur le fonctionnement concret du système constitutionnel des pays participants. On peut faire une union économique avec beaucoup de partenaires, mais une union politique ne peut s’envisager qu’avec peu de partenaires. L’erreur du traité de Maastricht a été de vouloir réunir les deux démarches dans une seule construction et de rassembler dans une seule maison des partenaires qui ne voulaient pas, selon les sujets, la même chose. L’élargissement aux pays de l’Est a encore aggravé la situation. On a admis au sein de l’Union, dans la précipitation, pour des raisons « morales », des pays qui n’étaient pas prêts à réaliser l’union économique telle que nous l’entendions, et qui étaient encore moins prêts à accepter les valeurs communes nécessaires à la construction de l’union politique. Il existe deux Europe, séparées par les différences d’histoires et de cultures politiques. Ce qui n’est pas pour arranger la vision et l’action européennes d’Emmanuel Macron.

Vous êtes un grand spécialiste de la diplomatie économique. Son passé professionnel, son ADN, sa pensée et ses inspirateurs politiques, enfin son passage à Bercy donnent d’Emmanuel Macron l’image d’un président en rupture avec ses prédécesseurs et plutôt pertinent dans ce domaine. La réalité correspond-elle à l’hypothèse ?

Qu’est-ce que la « diplomatie économique » ? Elle fait distinguer clairement le rôle de l’État et celui de l’entreprise. Le rôle de l’État (et donc de la diplomatie) est d’évaluer les intérêts politiques, économiques, culturels du pays dans le monde. Sur cette base, le ministère des Affaires étrangères et les ambassades apportent aux entreprises françaises un éclairage sur les situations et l’environnement des pays où elles ambitionnent d’investir ; mais ensuite, aux actionnaires et au management des entreprises - et à eux seuls - de décider de leur stratégie dans lesdits pays. Il est d’autant plus essentiel de respecter cette discipline qu’aujourd’hui la notion d’« intérêt national » est complexe à délimiter. Ainsi, ce dernier est-il de favoriser Renault, dont une partie des véhicules est fabriquée en Turquie, ou Toyota, qui investit massivement à Valenciennes ? Est-il de tout entreprendre pour aider au développement international de grandes marques « françaises » de luxe, dont les produits sont partiellement fabriqués hors de nos frontières et dont les propriétaires sont souvent installés à l’étranger ? Ce dilemme, entre la défense de l’emploi en France et la défense d’entreprises porteuses d’une image de la France mais ne participant pas à l’effort national, complique la réflexion. Tout concourt à la même conclusion. Plutôt que de se substituer aux entreprises, il faut les laisser agir. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont commis l’un et l’autre l’erreur, pendant leurs déplacements en Chine, de bousculer les dirigeants d’entreprise qui les accompagnaient, pour que ceux-ci signent des contrats prématurés ou risqués. Lors de son voyage en Chine début janvier, Emmanuel Macron a heureusement rompu avec ces pratiques, s’abstenant d’interférer dans les négociations menées par les industriels.

Justement, son savoir-faire en matière nucléaire constitue un élément clé de la stratégie diplomatique de la France. Les vicissitudes financières, judiciaires et technologiques d’Orano (ex-Areva) - qui pénalisent l’ensemble de la filière nucléaire française - l’affectent-elles significativement ?

C’est incontestable. Pourquoi, à l’origine, la Finlande a-t-elle jeté son dévolu sur l’EPR plutôt que sur la technologie russe ? Parce qu’il s’agissait d’un projet franco-allemand. La technologie de l’EPR devait beaucoup aux ingénieurs de KWU, c’est-à-dire de Siemens, fort prisés à Helsinki. Nicolas Sarkozy a tout entrepris pour que Siemens sorte du capital d’Areva, et nous nous sommes retrouvés seuls à porter le projet, face à des Finlandais un peu surpris et certainement amers. Nos divisions internes ont fait le reste. La guerre entre Areva et EDF, notamment sur les projets chinois, s’est développée, et EDF a peu à peu conçu, contre Areva, une stratégie d’alliance avec les partenaires chinois, qu’elle a amenés avec elle sur les projets britanniques. L’éclatement d’Areva, qui a payé les erreurs de gestion d’Anne Lauvergeon, laisse la place libre à une EDF aujourd’hui fortement liée à la Chine. Et en même temps, sur la partie conventionnelle des centrales, Alstom, également démantelé, a cédé ses turbines à General Electric plutôt qu’à Siemens, Une grande ambition européenne s’est évanouie.

Au-delà du nucléaire, comment jugez-vous les premiers pas d’Emmanuel Macron dans cette Chine culturelle, politique, diplomatique que vous connaissez si bien ? La visite qu’il a effectuée en janvier dernier annonce-t-elle un changement profond ou simplement cosmétique des rapports de la France avec Pékin ?

Un simple souvenir. C’était lors du Sommet du G20 à Hangzhou, en 2016. Sur la photo officielle, qui posait aux côtés de Xi Jinping ? Le représentant de la France, qui fut avec éclat le premier grand pays occidental à tendre la main et à sortir la Chine de son isolement ? Non. Le président chinois était entouré d’Angela Merkel, de Recep Tayyip Erdoğan et de Vladimir Poutine. François Hollande étant relégué plus loin. Le président français, m’a-t-on rapporté, en avait été blessé. Voilà la réalité dont hérite Emmanuel Macron. La France vue de Pékin pèse peu. Et elle est seule. Elle n’a pas su établir avec l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne (qui reste, malgré le Brexit, un membre important de notre famille) le « pacte européen » qui nous permettrait de peser, ensemble, dans ce très grand pays.

Emmanuel Macron peut-il rétablir la situation ? Pour l’heure, sa politique à l’égard de la Chine n’est pas lisible. Le voyage officiel qu’il a effectué en janvier était une prise de contact - généreusement couverte dans la presse française, au contraire de la presse chinoise. Il faudra de la part du nouveau président des paroles fortes, des actes concrets, des initiatives visibles, pour que les Chinois renouent avec la France un vrai dialogue stratégique.

Les propos d’Emmanuel Macron lors de ce premier déplacement laissent toutefois quelques raisons d’espérer : son attitude, donc, sur le dossier nucléaire ; son intention annoncée de mieux contrôler les investissements chinois dans les secteurs stratégiques ; sa prudence sur le projet des « nouvelles routes de la soie » dans lequel il a choisi, malgré les conseils de certains, de ne pas se précipiter, attendant que les modalités de mise en œuvre et les modalités de financement soient mieux connues. Tout cela reflète une lucidité, utile pour dialoguer sereinement avec Pékin.

Le tour de force constitutionnel de Xi Jinping, dorénavant « autorisé » à régner sans limite au-delà de son mandat actuel, peut-il modifier la stratégie diplomatique de la France à l’égard de la Chine et de ses autres partenaires ?

L’objet de la diplomatie est de servir l’intérêt du pays. La France ne peut définir son action extérieure en fonction des évolutions politiques ou constitutionnelles de ses partenaires. Elle doit considérer d’abord l’importance stratégique de chacun des États avec lesquels elle traite, son influence, ses poids économique, démographique, militaire, scientifique, culturel. Le Général de Gaulle s’est fixé cette règle de conduite dans les affaires internationales : la Chine est et restera, quel que soit son régime, un grand partenaire, parmi d’autres, dans un univers multipolaire.

Or si la France a vu son influence décliner au cours des dernières années, c’est parce qu’elle a cessé de pratiquer ce jeu multipolaire, pour se ranger, comme au temps de la guerre froide, dans « un » camp. En se laissant entraîner dans la douteuse opération de « pacification » en Afghanistan, en réintégrant les structures militaires de l’Otan, en suivant plus souvent que nécessaire les initiatives de Washington, en s’amarrant à des « coalitions occidentales » mal définies, la France a renoncé à faire jouer à l’Europe un rôle spécifique. Et la voici aujourd’hui, en Corée ou ailleurs, enchaînée aux initiatives erratiques du président américain… Le retour à une véritable détente sur la planète passe par la reconstitution d’un monde véritablement multipolaire, dont l’Europe doit être un pilier essentiel.

 

Rapport Spinetta SNCF : beaucoup de réflexions de bistrot

Rapport Spinetta SNCF : beaucoup de  réflexions de bistrot

 

Pour justifier la réforme SNCF, l’Opinion sort quelques phrases significatives  contenues dans le rapport. Des évidences, des banalités, des lapalissades au surplus truffées de contradictions

 

L’immobilisme n’est plus une option pour la SNCF. Les sept points qui suivent permettent, si besoin était, de s’en convaincre définitivement dit l’Opinion :

« 1/ Le transport ferroviaire n’est pas en déclin. 
Pourtant, sa situation est préoccupante. Elle s’explique avant tout par les incohérences et les insuffisances de la gouvernance publique ».

 

Une évidence car ce sont surtout les pouvoirs publics qui ont imposé le développement de grands investissements notamment le TGV sans prévoir des modes de financement cohérents.

« 2/ Le redressement financier nécessite un effort considérable du groupe public ferroviaire dans un contexte où la masse salariale comme les coûts augmentent d’environ 2% par an. »

 

Encore uen évidence liée au coût  de l’endettement  et au vieillissement des effectifs lié aux suppressions d’emplois.

 

« 3/ L’ouverture à la concurrence a permis une augmentation des trafics, une amélioration de la qualité de service et une réduction des contributions publiques des pays pionniers. Elle apportera une partie de la réponse aux difficultés françaises. »

La concurrence a joué mais dans un environnement concurrentiel assaini.

4/ L’entrée de nouveaux opérateurs mettra en lumière un écart de « compétitivité important entre la SNCF et ses concurrents. Ne pas le prendre en compte serait condamner la SNCF à disparaître des services régionaux et à être gravement pénalisée pour ses autres activités. »

Encore une banalité ;  la SNCF continue de supporter une dette de 45 milliards grandement imputable à l’Etat (et aussi planquée là pour ne pas  alourdir déficit et dette de l’Etat).

 

 

« 5/ Le statut de cheminot est un sujet récurrent indissociable de la recherche d’un accroissement de la compétitivité. »

 

C’est moins le statut qui est en cause que la productivité. Notons que ce statut, qui évolue toujours, est placé sous l’autorité de l’Etat et non de la SNCF.

« 6/ L’entreprise subit le coût d’excédents d’effectifs. La SNCF doit pouvoir recourir pendant deux ans à des plans de départs volontaires. »

 

Ça c’est la recette de cuisine habituelle comme si la SNCF ne procédait  pas à des suppressions régulière d’emplois (il y a eu jusqu’à 500 000 cheminots, ils sont moins de 150 000). Pourquoi 5000 et pas 20 000 ?

« 7/ L’Etat et les régions consacrent plus de 2 milliards par an à des lignes qui ne supportent que 2% du trafic. C’est en redéployant les moyens là où ils sont les plus utiles que le transport ferroviaire pourra retrouver sa place et sa légitimité ; que l’on pourra renforcer et améliorer la desserte des territoires ruraux, avec des solutions adaptées »

Et combien consacre les collectivités à l’entretien et au développement des routes pour un trafic aussi très faible. Faut-il aussi supprimer ces routes ?

 

Voilà comment à coup de serpes et de banalités on pose la problématique ferroviaire. Certes la situation de la SNCF est grave  mis cela fait 50 ans au moins  que ça dure, certes la gestion de la SNCF est très approximative, certes la productivité est insuffisante mais les représentants de l’Etat au conseil d’administration ont toujours entériné avec servilité les décisions  y compris irresponsables et de l’Etat et de la SNCF.

 

Réseaux sociaux : beaucoup d’intox

Réseaux sociaux : beaucoup d’intox

Pour les Français c’est un peu comme à  la Samaritaine, on n’y trouve un peu tout,  le meilleur et le pire.  Pour preuve certains  sites et autres forums sont considérés comme des vecteurs d’intox. . Les réseaux sociaux sont particulièrement visés par les internautes, une critique justifiée dans la mesure où dominent souvent les avis partisans, les informations approximatives voire  la manipulation. Pas étonnant dans la mesure les sites constituent un véritable maquis de quelque 5 millions d’émetteurs. Sur ces 5 millions sans doute à peine quelques centaines présentent  sans doute un intérêt. Ceci étant les Français considère que globalement Internet constitue une source d’information utile.

Usage d’Internet en France

  • 85% des Français ont accès à Internet
  • 74% y accèdent tous les jours – 95% des 18-24 ans
  • En moyenne, on passe 18 heures par semaine sur Internet
  • 93% ont un mobile, 65% un smartphone, 82% un ordinateur, 40% une tablette
  • En moyenne, on passe 58 minutes par jour sur l’Internet mobile
  • 55% des Français utilisent un navigateur, 48% téléchargent des applications
  • 60% des Français ont effectué au moins un achat en ligne en 2016
  • 25% utilisent Internet pour leur recherche d’emploi
  • 56% sont inscrits sur au moins un réseau social
  • En moyenne, on passe 1h16 par jour sur les réseaux sociaux

 

Selon la 6e édition du baromètre publié lundi par l’Acsel (association de l’économie du numérique)  et La Poste, trois Français sur quatre n’ont pas confiance dans les informations qu’ils trouvent sur les réseaux sociaux. Si 75% des Français disent avoir confiance dans les informations des sites de médias en ligne traditionnels, ils ne sont plus que 32% pour celles trouvées sur les forums, et ce chiffre tombe à 25% pour les informations circulant sur les réseaux sociaux. Seule une minorité de personnes estime que les informations trouvées sur Facebook, Twitter ou encore LinkedIn sont neutres (27%) et fiables (29%). Près de neuf Français sur dix (86%) estiment cependant qu’Internet leur permet d’avoir accès à une diversité de points de vue. Au total, 85% des Français utilisent désormais Internet (contre 70% en 2009), et parmi eux, près de 9 sur 10 se connectent quotidiennement.

 

Retraites : beaucoup trop de régimes différents (Antoine Bozio)

Retraites : beaucoup trop de régimes différents (Antoine Bozio)

Dans une interview à la Tribune Antoine Bozio, 39 ans, professeur à la Paris School of Economics et directeur de l’Institut des politiques publiques, analyse les efforts d’économies que  veut réaliser le gouvernement.

Le gouvernement vient d’annoncer un effort d’économies de 13 milliards d’euros pour les collectivités locales d’ici à 2022. Est-ce leur demander beaucoup?

Antoine Bozio:  »Si on prend du recul on voit que sur les dernières 20 années on a eu une très forte hausse des dépenses publiques et que l’essentiel de ces hausses ne vient pas de l’État mais de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Dans cette optique je ne trouve pas cette idée aberrante. Si on veut considérer l’efficacité de la dépense publique et la réduire de plusieurs points de PIB, on ne pourra pas mettre à contribution uniquement l’État. Et sur l’ensemble du quinquennat, l’effort de 13 milliards ou 0,6 point de PIB est assez proportionnel à la baisse globale de la dépense publique visée (de trois points du PIB, NDLR). L’ordre de grandeur de l’effort demandé n’est donc pas spécialement grand. »

Il y a-t-il des sources d’économies évidentes pour ces collectivités?

 

« Non. On ne les connaît pas très bien parce que ce sont des choses assez peu étudiées. L’ensemble des suivis d’évaluation des politiques publiques est concentré au niveau national. Du coup on s’est retrouvé à avoir une part plus importante des dépenses publiques au niveau des collectivités locales sans avoir consacré autant d’efforts à leur évaluation et à leur suivi. Nous n’avons ainsi pas une vision claire sur ces dépenses locales et nous avons du mal à identifier les sous-jacents de leur augmentation. »

Pensez-vous que l’exonération de la taxe d’habitation les prive d’un levier important?

« De fait, les marges de manœuvre qui existaient pour jouer sur la taxe d’habitation étaient quand même très faibles pour les collectivités. On ne peut pas dire qu’il y ait une énorme perte de souveraineté en matière locale avec ce retrait-là. Je ne suis pas tellement choqué par cela. Et d’un point de vue économique, il est faux de penser qu’il va y avoir des pertes d’efficacité. En revanche, quand vous avez 10 milliards d’euros de baisses de prélèvements à faire, il faut se demander quelle mesure est la plus efficace. Et pour le coup je ne suis pas sûr que l’exonération de la taxe d’habitation créée beaucoup d’effet sur l’activité et l’emploi. Si j’avais à baisser la fiscalité c’est plutôt sur les taxes sur la production et les cotisations sociales employeur que j’agirais. C’est là où il y a plus d’efficacité générale. »

Est-ce que la réforme du capital voulue par l’exécutif (transformation de l’ISF, prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital) peut avoir des impacts importants ?

« C’est une grande question qui est assez peu consensuelle. Mon point de vue est qu’on part d’une situation où il y a eu un important micmac fiscal lors du quinquennat précédent sur la taxation du capital.  Ainsi, essayer de redonner de la clarté et de la transparence à ce système avec un taux forfaitaire, je ne suis pas contre. Mais il paraît risqué de le faire en même temps que la baisse de l’ISF. À la fin, les seuls gains de cette réforme seront pour les 1% les plus riches et le gouvernement risque de ne pas être capable de justifier cette mesure économiquement. Car je pense que les effets en termes d’activité vont être faibles. Les travaux qui existent pour essayer de montrer l’impact de la fiscalité du capital sur la croissance et l’innovation n’ont pas réussi à mettre en évidence un lien de façon très forte. »

Il n’y a donc aucun bénéfice évident?

« Après, il peut y avoir un effet positif sur l’image de la France à l’étranger et auprès des investisseurs qui serait véhiculé par ce type de réforme. Mais il faudrait que cet effet soit suffisamment fort pour bénéficier aux 99% qui ne vont pas être touchés par ces baisses d’impôts. Si vous faites cela et qu’à la fin vous demandez des efforts qui ne profitent qu’aux 1% des plus riches, c’est difficile à justifier ».

Le gouvernement veut tenter à la fois de baisser les dépenses et les impôts? Cela vous semble-t-il être la bonne stratégie?

« J’y suis plutôt favorable. Le problème c’est que l’idée de faire des économies au sens où l’on fait la même chose 10% moins cher est en grande partie fausse. Le véritable choix c’est d’arrêter de faire des choses avec la dépense publique. Et cela demande d’assumer politiquement ces choix d’arrêter totalement des dépenses inefficaces. La question est donc de savoir comment arriver à réduire les dépenses publiques de façon structurelle. Cela prend du temps et nécessite de la mise en place. Et là il y a un problème avec le timing budgétaire. Si vous dites ‘je tiens à ce timing et à mes baisses d’impôts » et qu’en parallèle vos réductions de dépenses vont prendre plus de temps, vous êtes coincés. C’est pour cela que je pense que ce qui était la première réaction d’Édouard Philippe qui était de reporter un peu plus tard les baisses d’impôts était plutôt la bonne. Là on va probablement faire des coupes budgétaires pas durables et pas très efficaces mais qui permettront de donner le gage du redressement des finances publiques. »

En parlant de choix, vous êtes l’inspiration principale d’Emmanuel Macron pour sa future réforme des retraites

« J’ai été contacté par ses conseillers et leur ai parlé de la réforme que j’avais présentée il y a quelques années. C’est une réforme structurelle du système de retraite vers une réforme de type comptes notionnels et qui avait été mise en place en Suède dans les années 90. Nous avons eu des échanges puis je l’ai présentée à Emmanuel Macron et ils l’ont ensuite intégrée. »

Il s’agit donc d’un système par points?

« Si on veut. C’est un système d’euros crédités sur votre compte individuel et qui est converti en pension ou annuités au moment du départ. Ce système s’ajuste explicitement en fonction des évolutions démographiques, comme l’espérance de vie par génération. »

Mais du coup il semble donner peu de visibilité aux futurs retraités?

« Au contraire, avec ce système, quel que soit le taux de croissance ou l’évolution de la démographie, on peut vous garantir le taux de remplacement (le pourcentage de revenu qu’un salarié a lorsqu’il fait valoir ses droits à la retraite, NDLR). À l’heure actuelle, le système et son équilibre sont dépendants des évolutions économiques, c’est-à-dire la croissance, et démographiques. Avec ce système, on ne peut connaître le taux de remplacement car il faut savoir quelle sera la croissance des 30 prochaines années ce qu’absolument personne ne peut vous dire. Et çà c’est un problème que nous nous sommes nous-mêmes créés. Là, le calcul de votre pension va dépendre de façon explicite de ce que l’on peut vous promettre dans un système par répartition. Toutes les évolutions seront prises en compte pour calculer vos droits. Et cette réforme a un gain important: là le gouvernement pourra allez voir Bruxelles et leur dire ‘maintenant le système est à l’équilibre quelles que soient les conditions économiques’. »

Cela suppose quand même d’ajuster le niveau des cotisations…

« Là les cotisations deviennent l’instrument de politique. On va vous dire ‘voilà ce que vous devez cotiser pour avoir tel taux de remplacement dans un système à l’équilibre’. Si vous voulez plus de retraite, il faut cotiser plus. Mais là dans le système actuel on choisit de vous dire par défaut combien on peut vous offrir avec un petit astérisque qui dit « je ne peux le garantir, cela va nous faire du déficit ». Avec la réforme, il y a un choix politique de visibilité. »

Pourquoi ne pas l’avoir dès lors déjà mis en place?

« Le problème est qu’il faut convertir les droits passés dans le nouveau système en comptes notionnels. Vous pouvez ne mettre dans ce système que les gens qui rentrent sur le marché du travail mais à ce moment-là la transition est extrêmement longue, de l’ordre de 45 ans. Il faut arriver à la raccourcir en touchant les gens à 5 ans de la retraite pour convertir leurs cotisations passées et déterminer leurs droits. Il faut ainsi convertir chaque régime dans le nouveau système. Or la difficulté en France est que l’on a de nombreux régimes différents. Mais c’est aussi ce qui fait un autre intérêt de ce type de réforme. À la fois c’est plus compliqué mais c’est une raison supplémentaire pour aller dans ce sens-là. Il est très difficile de justifier d’avoir 35 régimes différents avec des types de droits différents. C’est quelque chose de perçu comme étant très inégalitaires alors qu’il n’est l’est pas tant que cela. Par exemple les primes dans le public ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension. Mais on a quand même le sentiment que les autres sont mieux traités. »

Mais les dernières prévisions du COR (conseil d’orientation des retraites) avec un équilibre d’ici les années 2040 et non plus 2020, n’appellent-elles pas à une réforme plus urgente et plus rapide à mettre en place?

« Sur les prévisions du COR, je trouve qu’on en fait trop sur chaque révision, dans un côté comme de l’autre. Les dernières prévisions étaient plus optimistes que les précédentes on a alors dit ‘il n’y a plus de problèmes’. Là on a un petit changement. En vérité on a aucune idée de ce qu’il en sera de ses chiffres en 2050, il y a plus que l’épaisseur du trait sur l’incertitude de ces projections. »

Il s’agit d’une réforme structurelle, une autre que veut mettre en œuvre le gouvernement est celle du marché du travail. Quels effets peut-elle produire?

« La réforme du marché du travail reste quelque chose de très compliqué, notamment parce qu’il y a énormément d’incertitudes autour du contenu de la réforme elle-même. Néanmoins, beaucoup d’analyses montrent que quand vous augmentez la flexibilité sur le marché du travail, à court terme cela fait monter le chômage et l’effet positif prend lui plus de temps. Il peut être fort donc, mais à long terme. C’est-à-dire autour de cinq ans. Mais quand on a un taux de chômage élevé on sait qu’à court terme, les effets seront négatifs. Même si le gouvernement peut peut-être tabler sur le fait que la conjoncture va aller mieux pour diminuer ces effets. »

Est-ce que vous n’avez pas parfois l’impression que la France est irréformable?

« Je ne crois pas à une quelconque explication culturaliste sur ce sujet. Je crois que les gens sont tout à fait capables de défendre ce qu’ils pensent être bon pour eux ou leur pays. Les Français seraient pour les réformes s’ils pensaient qu’elles étaient une bonne chose. Le problème est que l’on a du mal à faire émerger un consensus sur ces sujets économiques. En France on a tendance à penser qu’il suffit de convaincre une centaine d’énarques pour savoir quelle est la bonne politique à faire et qu’ensuite tout le monde doit être au garde-à-vous pour que cela marche. Or il faut que les gens bougent d’une façon plus large dans le grand public, dans les syndicats, les entreprises, que tout le monde soit convaincu que la politique c’est la bonne voie pour arriver à régler les problèmes. Personne ne pense que le chômage est une bonne chose. »

De plus en plus de jeunes chercheurs en économie partent aux États-Unis. Qu’est-ce qui explique cet exode?

« Ils partent aussi en Angleterre voire en Suisse et aux Pays-Bas. Même s’il est vrai que dans la recherche économique, il y a une domination très forte des États-Unis. Il y a aussi des raisons qui les motivent pour l’intérêt de leurs recherches: ils ont des assistants et sont dans des universités où ils sont aux côtés de trente des meilleurs spécialistes d’un domaine. Ce qui leur permet d’améliorer alors leur carrière et leurs travaux. C’est une bonne chose que nos chercheurs partent voir ce qu’il se fait dans les meilleurs endroits du monde en recherche. Ce serait dramatique s’ils ne le faisaient pas. Cela dit, les Français ont plutôt tendance à revenir. À la Paris School of Economics, nous essayons de nous mettre à niveau. Mais la concurrence avec les meilleures universités américaines est très difficile car elles ont des moyens qui sont colossaux. Et il ne s’agit pas seulement des États-Unis: la Chine investit des milliards dans ses universités pour le classer au meilleur niveau mondial. »

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