Archive pour le Tag 'BCE; artillerie lourde; ou pétard mouillé ?'

BCE : artillerie lourde ou pétard mouillé ?

BCE : artillerie lourde ou pétard mouillé ?

Difficile d’entendre des voix discordantes après l’annonce du rachat d’obligations par la BCE. L’éloge est unanime ; résumé, la BCE a sorti son artillerie lourde, l’euro est sauvé. Certes la BCE a bougé en promettant d’intervenir mais il faut une autre condition qu’on va mettre des jours voire des semaines à comprendre. A savoir, la demande officielle de l’Etat qui souhaite et les contreparties en termes d’austérité. Car Ce programme sera enclenché à la condition stricte que les Etats qui souhaitent en bénéficier aient auparavant fait appel à l’aide des fonds de secours européens, le FESF, provisoire, et le MES, son futur successeur. En clair, il faudra qu’un pays comme l’Espagne, très réticent jusqu’à présent, réclame officiellement cette aide avant qu’il ne puisse être mise en œuvre.  L’Espagne, qui a déjà adopté des mesures d’austérité douloureuses, se refuse pour l’instant à faire appel à une aide globale européenne -après celle obtenue pour ses banques- tant qu’elle ne sait pas ce qu’il lui sera demandé comme sacrifice. Or il y a deux risques dans le pays demandeurs d’aides, le premier que l’austérité tue la croissance, le second qu’on ne tienne pas les objectifs de rééquilibrage budgétaires demandés. Deux exemples récents, la Grèce qui n’a jamais tenu les objectifs fixés par les différents plans européennes de soutien ; l’Espagne qui a bien engagé des réformes mais le paie en terme croissance et de chômage. De toute manière dans les deux cas les objectifs budgétaires ne sont pas atteints. C’est précisément ce que craint l’Allemagne. Dans un communiqué jeudi après-midi, la Bundesbank a réitéré ses critiques.   »Si ce programme conduit les Etats à repousser les réformes nécessaires, cela va de nouveau saper la confiance dans la capacité des responsables politiques à résoudre la crise », a-t-elle estimé. La vraie question est de savoir si ce plan de la BCE est ou non réaliste. Avec la récession, les besoins de financement de pays en difficultés vont croitre et les demandes daides plus nombreuses. Pour obtenir ces aides (comme en Grèce), les pays demandeurs vont tout accepter comme contrepartie et sachant sans doute que certaines ne seront jamais satisfaites. Autant dire alors que c’est la planche à billets européenne qui va financer (donc à terme l’inflation). Inversement si un pays s’en tient strictement aux mesures d’assainissement, il va tuer sa croissance, augmenter son chômage et se mettre dans une situation encore plus difficile tant sur le plan économique que social. Impossible aujourd’hui de faire entendre une voix différente tellement l’éloge se unanime ; c’est le temps des moutons de Panurge ; dans les jours et les semaines à venir ce sont pourtant les vrais questions que posent ce plan qui vont émerger ; on sera alors mieux informé pour savoir si la BCE a sorti son artillerie lourde ou un pétard mouillé.

 

 




L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol